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Message par purgatoire2000 le Ven 3 Jan 2020 - 19:53

@véronique69 a écrit:Applaudissement  pour l'homélie du pape

(.... "forum catholique DEFENDANT  Pape François et SON enseignement")
....


A ma manière je le défend aussi non ! 

Vous aussi d'ailleurs. Qu'en pensez-vous ?
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Message par Isabelle-Marie le Jeu 9 Jan 2020 - 10:31

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Epiphanie : « Adorer, c’est un geste d’amour qui change la vie » (texte complet)

Homélie du pape François sur la joie et l’adoration des mages

L’adoration de Dieu « transforme » l’adorateur, explique le pape François à l’occasion de la messe de Epiphanie, célébrée au Vatican ce lundi 6 janvier 2020.

Il invite à imiter les « mages venus d’Orient » adorer l’Enfant-Dieu à Bethléem: « Adorer, c’est un geste d’amour qui change la vie ».

Le pape a résumé son commentaire dans ce tweet: « L’Évangile d’aujourd’hui (Mt 2, 1-12) nous enseigne que l’homme, quand il n’adore pas Dieu, est amené à adorer son ego. C’est un risque sérieux : se servir de Dieu au lieu de le servir ».

Voici le texte de l’homélie du pape François dans la traduction officielle du Vatican.

Homélie du pape François

Dans l’Evangile (Mt 2, 1-12), nous avons entendu que les Mages commencent par manifester leurs intentions: «Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui» (v. 2). Adorer est l’objectif de leur parcours, le but de leur cheminement. En effet, arrivés à Bethléem, «ils virent l’enfant avec Marie sa mère; et, ils se prosternèrent devant lui» (v. 11). Si nous perdons le sens de l’adoration, nous perdons le sens de la marche de la vie chrétienne, qui est un cheminement vers le Seigneur, non pas vers nous. C’est le risque contre lequel l’Evangile nous met en garde, en présentant, à côté des Mages, des personnages qui n’arrivent pas à adorer.

Il y a surtout le roi Hérode, qui utilise le verbe adorer, mais avec une intention fallacieuse. Il demande, en effet, aux Mages de l’informer sur le lieu où se trouve l’Enfant «pour que – dit-il – j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui» (v. Cool. En réalité, Hérode n’adorait que lui-même, et c’est pourquoi il voulait se libérer de l’Enfant par le mensonge. Qu’est-ce que cela nous enseigne? Que l’homme, quand il n’adore pas Dieu, est amené à adorer son moi. Et même la vie chrétienne, sans adorer le Seigneur, peut devenir un moyen raffiné pour s’affirmer soi-même et son talent: des chrétiens qui ne savent pas adorer, qui ne savent pas prier en adorant. C’est un risque sérieux: nous servir de Dieu plutôt que de servir Dieu. Combien de fois n’avons-nous pas échangé les intérêts de l’Evangile avec les nôtres, combien de fois n’avons-nous pas couvert de religiosité ce qui nous arrangeait, combien de fois n’avons-nous pas confondu le pouvoir selon Dieu, qui est de servir les autres, avec le pouvoir selon le monde, qui est de se servir soi-même!

En plus d’Hérode, il y a d’autres personnes dans l’Evangile qui n’arrivent pas à adorer: ce sont les chefs des prêtres et les scribes du peuple. Ils indiquent à Hérode, avec une précision extrême, où serait né le Messie: à Bethléem de Judée (cf. v. 5). Ils connaissent les prophéties et les citent avec exactitude. Ils savent où aller – des grands théologiens, des grands! –, mais n’y vont pas. De cela aussi, nous pouvons tirer un enseignement. Dans la vie chrétienne, il ne suffit pas de savoir: sans sortir de soi-même, sans rencontrer, sans adorer, on ne connaît pas Dieu. La théologie et l’efficacité pastorale servent à peu de choses ou même à rien si on ne plie pas les genoux; si on ne fait pas comme les Mages, qui ne furent pas seulement des savants organisateurs d’un voyage, mais qui marchèrent et adorèrent. Quand on adore, on se rend compte que la foi ne se réduit pas à un ensemble de belles doctrines, mais qu’elle est la relation avec une Personne vivante à aimer. C’est en étant face à face avec Jésus que nous en connaissons le visage. En adorant, nous découvrons que la vie chrétienne est une histoire d’amour avec Dieu, où les bonnes idées ne suffisent pas, mais qu’il faut lui accorder la priorité, comme le fait un amoureux avec la personne qu’il aime. C’est ainsi que l’Eglise doit être, une adoratrice amoureuse de Jésus son époux.

Au début de l’année, redécouvrons l’adoration comme une exigence de la foi. Si nous savons nous agenouiller devant Jésus, nous vaincrons la tentation de continuer à marcher chacun de son côté. Adorer, en effet, c’est accomplir un exode depuis l’esclavage le plus grand, celui de soi-même. Adorer, c’est mettre le Seigneur au centre pour ne pas être centrés sur nous-mêmes. C’est remettre les choses à leur place, en laissant à Dieu la première place. Adorer, c’est mettre les plans de Dieu avant mon temps, mes droits, mes espaces. C’est accueillir l’enseignement de l’Ecriture: «C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras» (Mt 4, 10). Ton Dieu: adorer c’est se sentir de appartenir mutuellement avec Dieu. C’est lui dire “tu” dans l’intimité, c’est lui apporter notre vie en lui permettant d’entrer dans nos vies. C’est faire descendre sa consolation sur le monde. Adorer, c’est découvrir que, pour prier, il suffit de dire: «Mon Seigneur et mon Dieu!» (Jn 20, 28), et se laisser envahir par sa tendresse.

Adorer, c’est rencontrer Jésus sans une liste des demandes, mais avec l’unique demande de demeurer avec lui. C’est découvrir que la joie et la paix grandissent avec la louange et l’action de grâce. Quand nous adorons, nous permettons à Jésus de nous guérir et de nous changer. En adorant, nous donnons au Seigneur la possibilité de nous transformer avec son amour, d’illuminer nos obscurités, de nous donner la force dans la faiblesse et le courage dans les épreuves. Adorer, c’est aller à l’essentiel: c’est la voie pour nous désintoxiquer de nombreuses choses inutiles, des dépendances qui anesthésient le cœur et engourdissent l’esprit. En adorant, en effet, on apprend à refuser ce qu’il ne faut pas adorer: le dieu argent, le dieu consommation, le dieu plaisir, le dieu succès, notre moi érigé en dieu. Adorer, c’est se faire petit en présence du Très Haut, pour découvrir devant Lui que la grandeur de la vie ne consiste pas dans l’avoir, mais dans le fait d’aimer. Adorer, c’est nous redécouvrir frères et sœurs devant le mystère de l’amour qui surmonte toute distance: c’est puiser le bien à la source, c’est trouver dans le Dieu proche le courage d’approcher les autres. Adorer, c’est savoir se taire devant le Verbe divin, pour apprendre à dire des paroles qui ne blessent pas, mais qui consolent.

Adorer, c’est un geste d’amour qui change la vie. C’est faire comme les Mages: c’est apporter au Seigneur l’or, pour lui dire que rien n’est plus précieux que lui; c’est lui offrir l’encens, pour lui dire que c’est seulement avec lui que notre vie s’élève vers le haut; c’est lui présenter la myrrhe, avec laquelle on oignait les corps blessés et mutilés, pour promettre à Jésus de secourir notre prochain marginalisé et souffrant, parce que là il est présent. D’habitude, nous savons prier – nous demandons, nous remercions le Seigneur –, mais l’Eglise doit encore aller plus loin avec la prière d’adoration, nous devons grandir dans l’adoration. C’est une sagesse que nous devons apprendre tous les jours. Prier en adorant: la prière d’adoration.

Chers frères et sœurs, aujourd’hui chacun de nous peut se demander: “Suis-je un chrétien adorateur?”. De nombreux chrétiens qui prient ne savent pas adorer. Faisons-nous cette demande. Trouvons du temps pour l’adoration dans nos journées et créons des espaces pour l’adoration dans nos communautés. C’est à nous, comme Eglise, de mettre en pratique les paroles que nous avons priées aujourd’hui dans le Psaume: “Toutes les nations, Seigneur, se prosterneront devant toi”. En adorant, nous aussi, nous découvrirons, comme les Mages, le sens de notre cheminement. Et, comme les Mages, nous expérimenterons «une très grande joie» (Mt 2, 10).
[Texte original: Italien]

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Message par Isabelle-Marie le Jeu 9 Jan 2020 - 23:27

Discours au Corps diplomatique : la sollicitude du pape pour le monde

Combattre le trafic d’êtres humains et la misère des migrants forcés

La sollicitude du pape François et de l’Eglise pour le monde entier était en filigrane de son discours du Nouvel An au Corps diplomatique près le Saint-Siège, ce 9 janvier 2020, au Vatican.

Devant les ambassadeurs de 183 Etats qui entretiennent des relations diplomatiques avec le Vatican, le pape a fait un tour du monde des situations préoccupantes, plaidant notamment pour « un monde sans armes nucléaires » : « on ne peut pas construire une véritable paix sur la menace d’un possible anéantissement total de l’humanité ».

Il a dénoncé entre autres la « plaie de l’exploitation et du trafic d’êtres humains, alimenté par des personnes sans scrupules qui exploitent la pauvreté et la souffrance de ceux qui fuient les situations de conflits ou de pauvreté extrême ». « Nombre d’entre eux sont la proie de vraies mafias qui les détiennent dans des conditions inhumaines et dégradantes et en font des objets de tortures, de violences sexuelles, d’extorsions », s’est-il attristé.

Il a appelé à des « solutions durables » à la crise migratoire : « Dans le monde, il existe plusieurs milliers de personnes – avec de légitimes demandes d’asile, de besoins humanitaires et de protection vérifiables -, qui ne sont pas adéquatement identifiées. Un grand nombre d’entre elles risquent leur vie dans des voyages périlleux par voie de terre et surtout par voie de mer. Avec douleur, on continue de constater combien la Mer Méditerranée reste un grand cimetière. »

Discours du pape François

Excellences, Mesdames et Messieurs,

une nouvelle année s’ouvre devant nous et, comme les pleurs d’un enfant à peine né, elle nous invite à la joie et à assumer une attitude d’espérance. Je voudrais que ce mot – espérance –, qui pour les chrétiens est une vertu fondamentale, anime le regard avec lequel nous entrons dans la période qui nous attend.

Certes, espérer exige du réalisme. Espérer exige la prise de conscience des nombreuses questions qui touchent notre époque et des défis qui se profilent à l’horizon. Espérer exige qu’on appelle les problèmes par leur nom et qu’on ait le courage de les affronter. Espérer exige de ne pas oublier que la communauté humaine porte les signes et les blessures des guerres qui se sont succédées dans le temps, avec une capacité destructive croissante, et ne cessent de frapper spécialement les plus pauvres et les plus faibles[1]. Malheureusement, l’année nouvelle ne semble pas être semée de signes encourageants, mais plutôt s’envenimer par des tensions et des violences.

C’est justement à la lumière de ces circonstances que nous ne pouvons pas cesser d’espérer. Espérer exige du courage. Espérer exige la prise de conscience que le mal, la souffrance et la mort ne prévaudront pas et que même les questions les plus complexes peuvent et doivent être affrontées et résolues. L’espérance « est la vertu qui nous met en chemin, qui nous donne des ailes pour aller de l’avant, même quand les obstacles semblent insurmontables »[2].

Dans cet esprit, je vous accueille aujourd’hui, chers Ambassadeurs, afin de vous présenter mes vœux pour la nouvelle année. Je remercie de façon particulière le Doyen du Corps Diplomatique, S.E. Monsieur George Poulides, Ambassadeur de Chypre, pour les paroles cordiales qu’il m’a adressées en votre nom à tous et je vous suis reconnaissant pour votre présence, si nombreuse et significative, ainsi que pour l’engagement que vous dédiez quotidiennement à consolider les relations qui lient le Saint-Siège à Vos Pays et Organisations internationales au service de la coexistence pacifique entre les peuples.

La paix et le développement humain intégral sont, en effet, l’objectif principal du Saint-Siège dans le domaine de son engagement diplomatique. Vers eux sont orientés les efforts de la Secrétairerie d’Etat et des Dicastères de la Curie Romaine, comme aussi ceux des Représentations Pontificales que je remercie pour le dévouement avec lequel elles accomplissent la double mission qui leur est confiée de représenter le Pape, aussi bien auprès des Eglises locales qu’auprès de vos Gouvernements.

Dans cette perspective s’inscrivent également les Accords à caractère général, signés ou ratifiés au cours de l’année qui vient de s’achever, avec la République du Congo, la chère République Centrafricaine, le Burkina Faso et l’Angola, comme aussi l’Accord entre le Saint-Siège et la République Italienne pour l’application de la Convention de Lisbonne sur la reconnaissance des diplômes de l’enseignement supérieur en Europe.

De même, les Voyages Apostoliques, en plus d’être une voie privilégiée à travers laquelle le Successeur de l’Apôtre Pierre confirme ses frères dans la foi, sont une occasion pour favoriser le dialogue au niveau politique et religieux. En 2019, j’ai eu l’occasion de visiter diverses réalités significatives. Je voudrais parcourir avec vous les étapes que j’ai accomplies, en saisissant l’opportunité pour avoir un regard plus large sur certaines questions problématiques de notre temps.

Au début de l’année dernière, à l’occasion des 36ème Journées Mondiales de la Jeunesse, j’ai rencontré à Panama des jeunes provenant des cinq continents, pleins de rêves et d’espérances, réunis là, pour prier et raviver le désir et l’engagement de créer un monde plus humain[3]. C’est toujours une joie et une grande chance de pouvoir rencontrer les jeunes. Ils sont l’avenir et l’espérance de nos sociétés, mais aussi le présent.

Cependant, c’est tristement reconnu, un certain nombre d’adultes, y compris certains membres du clergé, se sont rendus coupables de délits très graves contre la dignité des jeunes, des enfants et des adolescents, en en violant l’innocence et l’intimité. Il s’agit de crimes qui offensent Dieu, causent des dommages physiques, psychologiques et spirituels aux victimes et portent atteinte à la vie des communautés entières[4]. Dans le prolongement de la rencontre avec les épiscopats du monde entier que j’ai convoqués au Vatican en février dernier, le Saint-Siège renouvelle son engagement pour que la lumière soit faite sur les abus commis et que la protection des mineurs soit assurée, à travers un large éventail de normes permettant de faire face à de tels cas dans le domaine du droit canonique et à travers la collaboration avec les autorités civiles, au niveau local et international.

Devant des blessures si graves, il apparaît toutefois encore plus urgent que les adultes ne renoncent pas au devoir d’éducation qui leur revient, mieux encore, qu’ils assument cet engagement avec un zèle plus grand afin de conduire les jeunes à la maturité spirituelle, humaine et sociale.

Pour cette raison, je souhaite promouvoir un évènement mondial le 14 mai prochain qui aura pour thème : Reconstruire le pacte éducatif mondial. Il s’agit d’une rencontre visant à « raviver l’engagement pour et avec les jeunes générations, en renouvelant la passion d’une éducation plus ouverte et plus inclusive, capable d’écoute patiente, de dialogue constructif et de compréhension mutuelle. Il est plus que jamais nécessaire d’unir nos efforts dans une vaste alliance éducative pour former des personnes mûres, capables de surmonter les morcellements et les oppositions, et de recoudre le tissu des relations en vue d’une humanité plus fraternelle »[5].

Tout changement, comme le changement d’époque que nous traversons, demande un cheminement éducatif, la constitution d’un village de l’éducation[6], créant un réseau de relations humaines et ouvertes. Ce village doit mettre au centre la personne, favoriser la créativité et la responsabilité pour une planification de longue durée et former des personnes disponibles à se mettre au service de la communauté.

Il faut donc un concept d’éducation qui embrasse la vaste gamme d’expériences de vie et de processus d’apprentissage et permettent aux jeunes, individuellement et collectivement, de développer leur personnalité. L’éducation ne s’arrête pas dans les salles de classe des écoles ou des Universités, mais elle est assurée principalement en respectant et en renforçant le droit primaire de la famille à éduquer, et le droit des Eglises et des groupements sociaux à soutenir et à collaborer avec les familles dans l’éducation des enfants.

Eduquer exige d’entrer dans un dialogue sincère et loyal avec les jeunes. Ce sont d’abord eux qui doivent nous rappeler l’urgence de cette solidarité intergénérationnelle, qui a malheureusement échoué ces dernières années. En fait, il y a une tendance, dans de nombreuses régions du monde, à se renfermer sur soi, à protéger ses droits et les privilèges acquis ; à concevoir le monde à l’intérieur d’un horizon limité qui traite avec indifférence les personnes âgées et surtout n’offre plus d’espace à la vie naissante. Le vieillissement général d’une partie de la population mondiale, spécialement en Occident, en est une triste et emblématique représentation.

Même si d’une part, nous ne devons pas oublier que les jeunes attendent la parole et l’exemple des adultes, en même temps nous devons avoir bien présent à l’esprit qu’ils ont beaucoup à offrir avec leur enthousiasme, leur engagement et leur soif de vérité, à travers laquelle ils nous rappellent constamment le fait que l’espérance n’est pas une utopie et la paix un bien toujours possible.

Nous l’avons vu dans la manière dont beaucoup de jeunes s’engagent pour sensibiliser les leaders politiques sur la question des changements climatiques. La préservation de notre maison commune doit être une préoccupation de tous et non l’objet d’oppositions idéologiques entre les différentes visions de la réalité, et encore moins entre les générations, puisqu’ « au contact de la nature – comme le rappelait Benoît XVI -, la personne retrouve sa juste dimension, elle redécouvre qu’elle est une créature, petite mais dans le même temps unique, en mesure “d’accueillir Dieu” car intérieurement ouverte à l’infini »[7]. La protection du lieu qui nous a été donné par le Créateur pour vivre ne peut donc pas être négligée, ni se réduire à une problématique élitiste. Les jeunes nous disent qu’il ne peut en être ainsi, puisqu’il existe un défi urgent, à tous les niveaux, de protéger notre maison commune et « d’unir toute la famille humaine dans la recherche d’un développement durable et intégral »[8]. Ils nous rappellent à l’urgence d’une conversion écologique, qui « doit être comprise de manière intégrale, comme une transformation des relations que nous entretenons avec nos sœurs et nos frères, avec les autres êtres vivants, avec la création dans sa très riche variété, avec le Créateur qui est l’origine de toute vie »[9].

Malheureusement, l’urgence de cette conversion écologique semble ne pas être acquise dans la politique internationale, dont la réponse aux problématiques posées par des questions globales comme celle des changements climatiques est encore très faible et source de forte préoccupation. La 25ème Session de la Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP25), qui s’est déroulée à Madrid en décembre dernier, représente une sérieuse sonnette d’alarme concernant la volonté de la Communauté internationale d’affronter avec sagesse et efficacité le phénomène du réchauffement global, qui demande une réponse collective capable de faire prévaloir le bien commun sur les intérêts particuliers.

Ces considérations rappellent à notre attention l’Amérique Latine, en particulier l’Assemblée Spéciale du Synode des Evêques pour la région de l’Amazonie, qui s’est déroulée au Vatican au mois d’octobre dernier. Le Synode a été un évènement essentiellement ecclésial, mû par la volonté de se mettre à l’écoute des espérances et des défis de l’Eglise en Amazonie et d’ouvrir de nouveaux chemins à l’annonce de l’Evangile au Peuple de Dieu, spécialement aux populations indigènes. Cependant, l’Assemblée synodale ne pouvait pas s’abstenir d’aborder également d’autres questions, à commencer par l’écologie intégrale, qui concernent la vie même de cette région, si vaste et importante pour le monde entier, puisque « la forêt amazonienne est un “cœur biologique” pour cette terre de plus en plus menacée »[10].

En plus de la situation dans la région amazonienne, la multiplication des crises politiques dans un nombre croissant de pays du continent américain suscite la préoccupation, avec des tensions et des formes insolites de violences qui aggravent les conflits sociaux et génèrent de graves conséquences socio-économiques et humanitaires. Les polarisations toujours plus fortes n’aident pas à résoudre les problèmes vrais et urgents des citoyens, surtout des plus pauvres et des plus vulnérables, et encore moins la violence qui ne peut en aucun cas être adoptée pour affronter les questions politiques et sociales. Devant cette assemblée, je veux rappeler en particulier le Venezuela, afin que l’engagement à chercher des solutions ne faiblisse pas.

En général, les conflits dans la région américaine, bien qu’ayant des racines diverses, ont en commun les profondes inégalités, les injustices et la corruption endémique, ainsi que les diverses formes de pauvreté, qui sont une offense à la dignité des personnes. Il faut donc que les leaders politiques s’efforcent de rétablir urgemment une culture du dialogue pour le bien commun et pour renforcer les institutions démocratiques et promouvoir le respect de l’état de droit, afin de prévenir des dérives anti-démocratiques, populistes et extrémistes.

Dans mon second voyage en 2019, je me suis rendu aux Emirats Arabes Unis, première visite d’un Successeur de Pierre dans la Péninsule arabique. A Abou Dabi, j’ai signé avec le Grand Imam de Al-Azhar Ahmad al-Tayyib, le Document sur la Fraternité Humaine pour la Paix Mondiale et la coexistence commune. Il s’agit d’un texte important visant à favoriser la compréhension mutuelle entre chrétiens et musulmans et la coexistence dans des sociétés toujours plus multi-ethniques et multi-culturelles, parce que, condamner fermement l’utilisation du « nom de Dieu pour justifier des actes d’homicide, d’exil, de terrorisme et d’oppression »[11], rappelle l’importance du concept de citoyenneté, qui « se base sur l’égalité des droits et des devoirs à l’ombre de laquelle tous jouissent de la justice »[12]. Cela exige le respect de la liberté religieuse et l’engagement à renoncer à l’usage discriminatoire du terme “minorités”, qui porte avec lui les germes du sentiment d’isolement et d’infériorité et prépare le terrain aux hostilités et à la discorde, discriminant les citoyens à partir de l’appartenance religieuse[13]. A cet effet, il est particulièrement important de former les générations futures au dialogue interreligieux, comme voie royale pour la connaissance, la compréhension et le soutien réciproque entre les membres des diverses religions.

Paix et espérance ont été aussi au centre de ma visite au Maroc où, avec sa Majesté le Roi Mohamad VI, j’ai signé un appel conjoint sur Jérusalem, « reconnaissant l’unicité et la sacralité de Jérusalem / Al Qods Acharif et ayant à cœur sa signification spirituelle et sa vocation particulière de Ville de la Paix »[14]. De Jérusalem, Ville chère aux fidèles des trois religions monothéistes, appelée à être un lieu symbole de rencontre et de coexistence pacifique, où se cultive le respect réciproque et le dialogue[15], ma pensée ne peut que s’étendre à toute la Terre Sainte, pour rappeler l’urgence à ce que toute la communauté internationale, avec courage et sincérité et dans le respect du droit international, reconfirme son plein soutien au processus de paix israélo-palestinien.

Un engagement plus assidu et efficace de la part de la Communauté internationale est plus que jamais urgent aussi dans d’autres régions méditerranéennes et du Moyen Orient. Je me réfère surtout à la chape de silence qui risque de recouvrir la guerre qui a dévasté la Syrie au cours de cette décennie. Il est particulièrement urgent de trouver des solutions adéquates et clairvoyantes qui permettent au cher peuple syrien, épuisé par la guerre, de retrouver la paix et d’entamer la construction du pays. Le Saint-Siège accueille favorablement toute initiative visant à poser les bases en vue de la résolution du conflit et exprime, une fois encore sa gratitude à la Jordanie et au Liban pour avoir accueilli et pris en charge, avec de nombreux sacrifices, des milliers de réfugiés syriens. Malheureusement, en plus des fatigues causées par l’accueil, d’autres facteurs d’incertitude économique et politique, au Liban et dans d’autres Etats, sont en train de provoquer des tensions au sein de la population, mettant ultérieurement à risque, la fragile stabilité du Moyen Orient.

Les signes qui parviennent de toute la région sont particulièrement préoccupants, suite à l’élévation de la tension entre l’Iran et les Etats Unis, et qui risquent surtout de mettre à dure épreuve le lent processus de reconstruction de l’Iraq, et aussi de créer les bases d’un conflit à plus grande échelle que nous voudrions tous pouvoir empêcher. Je renouvelle donc mon appel pour que les parties intéressées évitent un durcissement de la confrontation et maintiennent « allumée la flamme du dialogue et de l’autocontrôle »[16] dans le plein respect du droit international.

Ma pensée va aussi au Yémen, qui vit une des plus graves crises humanitaires de l’histoire récente, dans un climat d’indifférence générale de la part de la Communauté internationale, et à la Libye qui, depuis plusieurs années, vit une situation conflictuelle aggravée par des attaques de groupes extrémistes et par une augmentation des violences ces derniers jours. Un tel contexte est un terrain fertile pour cette plaie de l’exploitation et du trafic d’êtres humains, alimenté par des personnes sans scrupules qui exploitent la pauvreté et la souffrance de ceux qui fuient les situations de conflits ou de pauvreté extrême. Parmi eux, nombreux sont la proie de vraies mafias qui les détiennent dans des conditions inhumaines et dégradantes et en font des objets de tortures, de violences sexuelles, d’extorsions.

En général, il convient de relever que dans le monde, il existe plusieurs milliers de personnes – avec de légitimes demandes d’asile, de besoins humanitaires et de protection vérifiables -, qui ne sont pas adéquatement identifiées. Un grand nombre d’entre eux risquent leur vie dans des voyages périlleux par voie de terre et surtout par voie de mer. Avec douleur, on continue de constater combien la Mer Méditerranée reste un grand cimetière[17]. Il est donc plus urgent, que tous les Etats prennent sur eux la responsabilité de trouver des solutions durables.

Pour sa part, le Saint-Siège regarde avec une grande espérance les efforts accomplis par de nombreux pays pour partager le poids de la réinsertion et fournir aux personnes déplacées, en particulier en raison des urgences humanitaires, un endroit sûr pour vivre, une éducation, ainsi que la possibilité de travailler et de se retrouver avec leurs familles.

Chers Ambassadeurs,

Durant les voyages de l’année dernière, j’ai eu l’occasion de toucher aussi trois pays de l’Europe orientale, en rejoignant d’abord la Bulgarie et la Macédoine du Nord et, dans un second temps, la Roumanie. Il s’agit de trois pays différents, réunis cependant pour avoir été, durant des siècles, des ponts entre l’Orient et l’Occident, et un carrefour de cultures, d’ethnies et de civilisations diverses. En les visitant, j’ai pu expérimenter, une fois encore, combien le dialogue et la culture de la rencontre sont importants pour construire des sociétés pacifiques, dans lesquelles chacun puisse exprimer librement sa propre appartenance ethnique et religieuse.

En restant dans le contexte européen, je voudrais rappeler l’importance de soutenir le dialogue et le respect du droit international pour résoudre les « conflits gelés » qui persistent sur le continent – pour certains, depuis des décennies – et qui exigent une solution, à commencer par les situations relatives aux Balkans occidentaux et au Caucase méridional, en particulier la Géorgie. Devant cette assemblée je voudrais, de plus, exprimer l’encouragement du Saint-Siège aux pourparlers sur la réunification de Chypre, qui renforcerait la coopération régionale en favorisant la stabilité de toute la région méditerranéenne, ainsi que sa reconnaissance pour les tentatives visant à résoudre le conflit dans la partie orientale de l’Ukraine et mettre fin à la souffrance de la population.

Le dialogue – et non les armes – est l’instrument essentiel pour résoudre les querelles. A ce propos, je désire, devant cette assemblée, mentionner la contribution offerte, par exemple, en Ukraine par l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), spécialement en cette année du 45° anniversaire de l’Acte final de Helsinki, qui a clôturé la Conférence sur la Sécurité et sur la Coopération en Europe (CSCE), initiée en 1973 pour favoriser l’apaisement et la collaboration entre les pays d’Europe occidentale et d’Europe de l’Est, quand le continent était encore divisé par le rideau de fer. C’était une étape importante d’un processus initié sur les décombres de la Seconde Guerre Mondiale et qui a vu dans le consensus et le dialogue un instrument essentiel pour résoudre les querelles.

Depuis 1949, en Europe occidentale, avec la création du Conseil de l’Europe et l’adoption de la Convention européenne des droits de l’homme qui a suivi, ont été jetées les bases du processus d’intégration européenne, qui trouvèrent dans la Déclaration du 9 mai 1950 du Ministre français des Affaires étrangères de l’époque, Robert Schuman, un pilier fondamental. Schuman affirme que « la paix ne pourra être préservée que par des efforts créatifs, proportionnels aux dangers qui la menacent ». Chez les Pères fondateurs de l’Europe moderne, il y avait la conscience que le continent ne pouvait se remettre du déchirement de la guerre et des nouvelles divisions qui apparaissaient uniquement à travers un processus progressif d’échange d’idéaux et de ressources.

Depuis les premières années, le Saint-Siège a regardé avec intérêt le projet européen, en célébrant le 50° anniversaire de la présence du Saint-Siège comme Observateur auprès du Conseil de l’Europe, de même que l’établissement des relations diplomatiques avec les Communautés européennes de l’époque. Il s’agit d’un intérêt qui entend souligner une idée de construction inclusive, animée d’un esprit participatif et solidaire, capable de faire de l’Europe un exemple d’accueil et d’équité sociale, sous le signe de ces valeurs communes qui en sont la base. Le projet européen continue d’être une garantie fondamentale de développement pour celui qui en fait partie depuis longtemps et une opportunité de paix, après de turbulents conflits et déchirures, pour ces pays qui souhaitent y participer.

Que l’Europe ne perde donc pas le sens de la solidarité qui, des siècles durant, l’a caractérisée, même dans les moments plus difficiles de son histoire. Qu’elle ne perde pas cet esprit qui s’enracine, entre autre, dans la pietas romaine et dans la caritas chrétienne, qui décrivent bien l’âme des peuples européens. L’incendie de la Cathédrale Notre Dame à Paris a montré combien il est fragile et facile de détruire même ce qui semble solide. Les dégâts subis par un édifice, cher non seulement aux catholiques mais significatif pour toute la France et l’humanité tout entière, ont réveillé le thème des valeurs historiques et culturelles de l’Europe et des racines sur lesquelles elle se fonde. Dans un contexte dans lequel les valeurs de référence manquent, il devient plus facile de trouver des éléments de division que de cohésion.

Le trentième anniversaire de la chute du Mur de Berlin nous a mis devant les yeux un des symboles les plus déchirants de la récente histoire du continent, nous rappelant combien il est facile d’ériger des barrières. Le Mur de Berlin demeure emblématique d’une culture de la division qui éloigne les personnes les unes des autres et ouvre la voie à l’extrémisme et à la violence. Nous le remarquons toujours plus dans le langage de haine largement diffusé sur internet et à travers les moyens de communication sociale. Face aux barrières de la haine, nous préférons les ponts de la réconciliation et de la solidarité, face à ce qui éloigne, nous préférons ce qui rapproche, conscients que « aucune paix ne [peut] se consolider (…) si, en même temps, les haines et les rancœurs ne se calment pas au moyen d’une réconciliation fondée sur la charité réciproque »[18], comme écrivait il y a cent ans mon prédécesseur Benoît XV.

Chers Ambassadeurs,

J’ai pu voir des signes de paix et de réconciliation au cours de mon voyage en Afrique où la joie de ceux qui, ensemble, se sentent être un peuple et font face aux difficultés quotidiennes dans un esprit de partage est manifeste. J’ai fait l’expérience du caractère concret de l’espérance à travers de nombreux gestes encourageants, en commençant par les derniers progrès accomplis au Mozambique, avec la signature de l’Accord pour la cessation définitive des hostilités le 1er août dernier.

A Madagascar j’ai pu constater qu’il est possible de construire la sécurité là où il y avait la précarité, de voir l’espérance là où il n’y avait que fatalité, de percevoir de la vie là où beaucoup annonçaient la mort et la destruction[19]. A cet effet, la famille et le sens de la communauté qui permettent d’établir la confiance indispensable à la base de tout rapport humain, sont essentiels. A l’Ile Maurice j’ai remarqué combien « les différentes religions, avec leurs identités propres, travaillent main dans la main pour contribuer à la paix sociale et rappeler la valeur transcendante de la vie contre toutes sortes de réductionnisme »[20]. J’ai confiance que l’enthousiasme que j’ai pu toucher du doigt au cours du voyage continue à se concrétiser par des gestes d’accueil et des projets capables de promouvoir la justice sociale, en évitant les dynamiques de repli sur soi.

Elargissant le regard à d’autres parties du continent, il est douloureux, en revanche, de constater que continuent, en particulier au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Nigeria, des actes de violence contre des personnes innocentes, parmi lesquelles beaucoup de chrétiens persécutés et tués en raison de leur fidélité à l’Evangile. J’exhorte la Communauté internationale à soutenir les efforts que ces pays accomplissent dans la lutte pour vaincre la plaie du terrorisme qui ensanglante toujours plus des parties entières de l’Afrique, comme d’autres régions du monde. A la lumière de ces événements, il est nécessaire que des stratégies soient mises en œuvre avec des interventions non seulement dans le domaine de la sécurité, mais aussi dans la réduction de la pauvreté, du développement et de l’assistance humanitaire, de la promotion du bon gouvernement et des droits civils, de l’amélioration du système de santé. Ce sont les piliers d’un vrai développement social.

De la même manière, il faut encourager les initiatives qui promeuvent la fraternité entre toutes les expressions culturelles, ethniques et religieuses du territoire, spécialement dans la Corne de l’Afrique, au Cameroun, mais aussi en République Démocratique du Congo où, surtout dans les régions orientales du pays, des violences persistent. Les conflits et les urgences humanitaires, aggravées par les bouleversements climatiques, augmentent le nombre des personnes déplacées et se répercutent sur les personnes qui vivent déjà dans un état de grande pauvreté. Un grand nombre de pays pays touchés par ces situations manquent des structures adéquates permettant de subvenir aux besoins de tous ceux qui ont été déplacés.

A cet égard, je voudrais ici souligner qu’il n’existe malheureusement pas encore de réponse internationale cohérente pour faire face au phénomène du déplacement interne, en grande partie parce que celui-ci n’a pas une définition internationale établie, puisqu’il se produit à l’intérieur des frontières nationales. Le résultat est que les personnes déplacées à l’intérieur ne reçoivent pas toujours la protection qu’elles méritent mais dépendent de la capacité à répondre et des politiques de l’Etat dans lequel elles se trouvent.

Récemment le travail de l’United Nations High-Level Panel on Internal Displacement a été initié, j’espère qu’il pourra favoriser l’attention et le soutien mondial pour les personnes déplacées, en faisant des recommandations concrètes.

Dans cette perspective, je regarde aussi le Soudan, avec le souhait que ses citoyens puissent vivre dans la paix et dans la prospérité et collaborer à la croissance démocratique et économique du pays ; la République Centrafricaine où, en février dernier a été signé un Accord global pour mettre fin à plus de cinq années de guerre civile ; le Sud Soudan que j’espère pouvoir visiter dans le cours de cette année et auquel j’ai dédié une journée de retraite en avril dernier avec la présence de responsables du pays et la précieuse contribution de l’Archevêque de Canterbury, Sa Grace Justin Welby, et de l’ex-Modérateur de l’Eglise presbytérienne d’Ecosse, le Révérend John Chalmers. J’ai confiance qu’avec l’aide de la Communauté internationale, ceux qui ont des responsabilités politiques poursuivent le dialogue pour mettre en œuvre les accords établis.

Le dernier voyage de l’année qui vient de s’achever a été en Asie orientale. En Thaïlande, j’ai pu constater l’harmonie apportée par les nombreux groupes ethniques qui constituent le pays, avec leurs diversité philosophique, culturelle et religieuse. Il s’agit d’un rappel important dans le contexte actuel de globalisation qui tend à aplatir les différences et les considérer d’abord en termes économico-financiers, avec le risque d’effacer les caractéristiques essentielles qui distinguent les différents peuples.

Enfin, au Japon j’ai touché du doigt la souffrance et l’horreur que nous sommes capables de nous infliger en tant qu’êtres humains[21]. En écoutant les témoignages de quelques Hibakusha, les survivants aux bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, il m’est apparu évident que l’on ne peut pas construire une véritable paix sur la menace d’un possible anéantissement total de l’humanité provoqué par les armes nucléaires. Les Hibakusha « maintiennent vivante la flamme de la conscience collective, témoignant aux générations successives l’horreur de ce qui est arrivé en août 1945 et les souffrances indicibles qui ont suivi jusqu’à aujourd’hui. Leur témoignage réveille et conserve de cette façon la mémoire des victimes afin que la conscience humaine devienne toujours plus forte face à toute volonté de domination et de destruction»[22], en particulier celle provoquée par les engins à si haut potentiel de destruction, comme les armes nucléaires. Celles-ci, non seulement favorisent un climat de peur, de méfiance et d’hostilité, mais aussi détruisent l’espérance. Leur utilisation est immorale, « un crime, non seulement contre l’homme et sa dignité, mais aussi contre toute possibilité d’avenir dans notre maison commune »[23].

Un monde « sans armes nucléaires est possible et nécessaire»[24], et il est temps que tous ceux qui ont des responsabilités politiques en deviennent pleinement conscients, puisque ce n’est pas la possession dissuasive de puissants moyens de destruction massive qui rend le monde plus sûr, mais plutôt le patient travail de toutes les personnes de bonne volonté qui se dévouent concrètement, chacune dans son domaine, pour édifier un monde de paix, de solidarité et de respect réciproque.

2020 offre une opportunité importante dans cette direction, puisque du 27 avril au 22 mai se tiendra à New York la Xème Conférence d’Examen du Traité de non-prolifération des armes nucléaires. Je souhaite vivement qu’à cette occasion la Communauté internationale réussisse à trouver un consensus final et proactif sur les manières d’actualiser cet instrument juridique international, qui se révèle être encore plus important en un moment comme celui-ci.

Terminant la liste des lieux où je suis allé au cours de l’année qui vient de s’achever, je voudrais avoir une pensée particulière pour un pays que je n’ai pas visité, l’Australie, durement touché ces derniers mois par de longs incendies dont les effets ont atteint aussi d’autres régions de l’Océanie. Je veux assurer le peuple australien, en particulier les victimes et tous ceux qui vivent dans les régions touchées par les feux, de ma proximité et de ma prière.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Cette année, la Communauté internationale rappelle le 75ème anniversaire de la fondation des Nations Unies. Suite aux tragédies expérimentées lors des deux guerres mondiales, avec la Charte des Nations Unies, signée le 26 juin 1945, quarante-six pays ont donné vie à une nouvelle forme de collaboration multilatérale. Les quatre finalités de l’Organisation, définies à l’article 1 de la Charte, restent valides encore aujourd’hui et nous pouvons dire que l’engagement des Nations Unies, durant ces 75 ans a été, en grande partie, un succès, spécialement pour éviter une autre guerre mondiale. Les principes fondateurs de l’Organisation – le désir de la paix, la recherche de la justice, le respect de la dignité de la personne, la coopération humanitaire et l’assistance – expriment les justes aspirations de l’esprit humain et constituent les idéaux qui devraient sous-tendre les relations internationales.

En cet anniversaire, nous voulons réaffirmer tout ce que la famille humaine doit faire pour le bien commun, le critère d’orientation de l’action morale et la perspective qui doit engager chaque pays à collaborer pour garantir l’existence et la sécurité dans la paix de tout autre Etat, dans un esprit d’égale dignité et d’effective solidarité, dans le domaine d’un système juridique fondé sur la justice et sur la recherche de compromis équitables[25].

Une telle action sera d’autant plus efficace que l’on cherchera à surmonter cette approche transversale, utilisée dans le langage et dans les actes des organes internationaux, qui vise à associer les droits fondamentaux à des situations contingentes, en oubliant qu’ils sont intrinsèquement fondés dans la nature même de l’être humain. Quand un clair ancrage objectif manque au vocabulaire des Organisations internationales, on risque de favoriser l’éloignement, et non le rapprochement, des membres de la Communauté internationale, avec la crise conséquente du système multilatéral, qui est malheureusement visible par tous. Dans ce contexte, il apparaît urgent de reprendre le chemin vers une réforme générale du système multilatéral, à partir du système onusien, qui le rende plus efficace, en prenant dûment en considération le contexte géopolitique actuel.

Chers Ambassadeurs,

arrivant à la conclusion de ces réflexions, je désire encore mentionner deux anniversaires qui auront lieu cette année, apparemment étrangers à notre rencontre d’aujourd’hui. Le premier est le 500e anniversaire de la mort de Raphaël, le grand artiste d’Urbino, décédé à Rome le 6 avril 1520. Nous devons à Raphaël un considérable patrimoine d’une inestimable beauté. De même que le génie de l’artiste sait composer harmonieusement des matières brutes et des sons différents en les rendant partie d’une unique œuvre d’art, de même la diplomatie est appelée à harmoniser les particularités des divers peuples et Etats pour édifier un monde de justice et de paix, qui est le beau tableau que nous voudrions pouvoir admirer.

Raphaël a été un fils important d’une époque, celle de la Renaissance, qui a enrichi l’humanité entière. Une époque, non exempte de difficultés, mais animée de confiance et d’espérance. A travers cet artiste éminent, je désire faire parvenir mes vœux cordiaux au Peuple italien, à qui je souhaite de redécouvrir cet esprit d’ouverture au futur qui a caractérisé la Renaissance et qui a rendu cette péninsule si belle et si riche en art, en histoire et en culture.

Un des sujets préférés de la peinture de Raphaël était Marie. Il lui a dédié plusieurs toiles qui peuvent aujourd’hui être admirées dans divers musées du monde. L’Eglise catholique célèbre cette année le soixante-dixième anniversaire de la proclamation de l’Assomption de la Vierge Marie au Ciel. Avec le regard sur Marie, je désire adresser une pensée particulière à toutes les femmes, vingt-cinq ans après la 4ème Conférence mondiale des Nations Unies sur la femme, qui s’est déroulée à Pékin en 1995, en souhaitant que, dans le monde entier, le rôle précieux des femmes dans la société soit toujours plus reconnu et que cesse toute forme d’injustice, d’inégalités et de violence à leur égard. « Toute violence faite à la femme est une profanation de Dieu »[26]. Exercer une violence contre une femme ou l’exploiter n’est pas un simple délit, c’est un crime qui détruit l’harmonie que Dieu a voulu donner au monde : l’harmonie la poésie et la beauté[27].

L’Assomption de Marie nous invite aussi à regarder au-delà, l’accomplissement de notre cheminement terrestre, au jour où la justice et la paix seront pleinement rétablies. Nous nous sentons ainsi encouragés, à travers la diplomatie, qui est notre tentative humaine, imparfaite mais aussi toujours précieuse, à travailler avec zèle pour anticiper les fruits de ce désir de paix, en sachant que le but est possible. Avec cet engagement, je renouvelle à chacun de vous, chers Ambassadeurs et distingués Invités ici réunis, et à chacun de vos Pays mon vœu cordial pour une nouvelle année pleine d’espérance et de bénédictions.

Merci !

https://fr.zenit.org/articles/discours-au-corps-diplomatique-la-sollicitude-du-pape-pour-le-monde/?

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Message par Isabelle-Marie le Dim 12 Jan 2020 - 9:43

Baptême du Seigneur

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Message par Isabelle-Marie le Dim 12 Jan 2020 - 20:47

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« Baptiser un enfant est un acte de justice », affirme le pape

Homélie pour le Baptême de 32 enfants (Traduction intégrale)

Baptiser un enfant est un acte de justice », a affirmé le pape François en célébrant le baptême de 32 enfants – 17 garçons et 15 filles – dans la chapelle Sixtine, ce 12 janvier 2020.

Comme chaque selon la tradition pour la fête du baptême du Seigneur, le pape a baptisé les enfants d’employés du Vatican. « Dans le baptême, a-t-il dit dans son homélie, nous lui donnons un trésor, nous lui donnons un gage : l’Esprit Saint… qui le défendra, l’aidera, durant toute sa vie. »

« Quand un enfant pleure à l’église, c’est un beau sermon », a aussi assuré le pape.

Homélie du pape François

Comme Jésus qui est allé se faire baptiser, vous apportez ainsi vos enfants.

Jésus répond à Jean : “Il convient que nous accomplissions ainsi toute justice” (cf. Mt 3,15). Baptiser un enfant est un acte de justice, pour lui. Et pourquoi ? Parce que dans le Baptême nous lui donnons un trésor, nous lui donnons un gage : l’Esprit Saint. L’enfant sort [du Baptême] avec la force de l’Esprit Saint en lui : l’Esprit qui le défendra, l’aidera, durant toute sa vie. C’est pourquoi il est si important de les baptiser quand ils sont enfants, afin qu’ils grandissent avec la force de l’Esprit Saint.

C’est le message que je voudrais vous donner aujourd’hui. Vous ammenez vos enfants aujourd’hui, [pour qu’ils aient] en eux l’Esprit Saint. Et soyez attentifs à ce qu’ils grandissent avec la lumière, avec la force de l’Esprit-Saint, par les catéchèses, l’accompagnement, l’enseignement, les exemples que vous donnerez chez vous… C’est le message.

Je voudrais vous dire autre chose de fort. Seulement un conseil. Les enfants n’ont pas l’habitude de venir à la Sixtine, c’est la première fois ! Ils n’ont pas l’habitude de rester enfermés dans un lieu peut-être un peu (trop) chaud. Et ils n’ont pas l’habitude d’être habillés comme cela, pour une fête si belle comme celle d’aujourd’hui. Ils sentiront un peu d’inconfort parfois. Et l’un d’eux commencera [à pleurer]… – le concert n’a pas encore commencé ! – l’un commencera, puis l’autre… Ne vous inquiétez pas, laissez pleurer et crier les enfants. Si ton enfant pleure et se plaint, peut-être est-ce parce qu’il a trop chaud : enlevez-lui une épaisseur ; ou parce qu’il a faim : allaitez-le, ici, oui, toujours paisiblement. J’ai dit aussi cela l’an dernier : ils ont une dimension “chorale”: il suffit que l’un d’eux donne le “la” et tout le monde commence, et fait un concert. Ne vous inquiétez pas. C’est un beau sermon quand un enfant pleure à l’église, c’est un beau sermon. Agissez pour qu’il se sente bien et continuons.

N’oubliez pas : vous apportez l’Esprit-Saint en vos enfants.

Traduction de Zenit, Anne Kurian
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Message par Isabelle-Marie le Mer 15 Jan 2020 - 0:52

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Entretien de Martin Scorsese à L’Osservatore Romano

« Je trouve extraordinaire que cet homme soit notre pape »

« Quand je pense au pape François, je dois dire que le premier mot qui me vient à l’esprit est compassion », affirme Martin Scorsese : « Je trouve extraordinaire que cet homme soit notre pape. C’est une bénédiction. Et je considère comme une bénédiction de l’avoir rencontré. »

« Lis les paroles du Saint-Père, invite-t-il : tu te retrouves face à face avec lui et tu te rends compte que c’est un homme qui voit le fondement spirituel de l’Église. »

Le célèbre réalisateur a accordé une interview à Andrea Monda, directeur de L’Osservatore Romano, le 9 janvier 2020. Après une rencontre en 2018, Martin Scorsese et le pape François se sont à nouveau entretenus le 21 octobre dernier : « ils ont repris leur conversation comme peuvent le faire deux vieux amis qui se comprennent au vol, sans aucun effort », précise Andrea Monda. Ils ont entamé « un dialogue simple et profond qui a rapidement porté sur le nom de Dostoïevski, une passion qui leur est commune ». « Après lui avoir demandé des nouvelles de sa femme, poursuit Andrea Monda, le pape a voulu en savoir plus sur son nouveau film, The Irishman, et le réalisateur italo-américain a expliqué qu’il s’agissait d’un film sur le temps et la condition mortelle, l’amitié et la trahison, le remords et le regret du temps passé. »

« La voie du Christ »

« Je considère que la voie du Christ est la seule chose qui rende notre survie possible, a déclaré Scorsese dans son interview : C’est le seul chemin que je vois pour que l’humanité … puisse effectivement changer et évoluer, en s’éloignant de l’anéantissement. J’entends cela non pas au sens culturel, mais spirituel. »

Le réalisateur a noté que « les enseignements du Christ » avaient laissé en lui « une impression profonde » depuis son « plus jeune âge ». Cela « fait partie de ce qui m’a formé, a-t-il ajouté, ce qui signifie que cela fait partie de ce que je suis aujourd’hui ».

« Pour moi, cela n’a jamais vraiment été un choix, a poursuivi Scorcese. Je pense que ce n’est pas si simple d’abandonner ce qui a été formateur d’un point de vue spirituel dans sa propre vie, et changer de foi comme si l’on changeait de vêtement. »

Le réalisateur a expliqué que la question de la spiritualité l’avait « occupé pendant une grande partie » de sa vie et qu’elle était « présente dans la majeure partie » de ses films. Il s’agit de savoir « comment réconcilier le monde extérieur des circonstances avec le monde intérieur de la foi », a-t-il dit : c’est une « question qui m’accompagne depuis toujours et que j’ai abordée de façon différente selon les différents moments de mon existence ».

L’Église, « une question de l’esprit »

Martin Scorsese a affirmé que même si l’Église catholique « est une vaste institution », « une tradition », « une entreprise, une organisation énorme », dans son essence « ce n’est pas une question d’affaires humaines ou mondaines, mais une question de l’esprit ». « C’est cela la pierre, le fondement, a-t-il déclaré : la pratique et le fait de suivre de manière vivante l’exemple du Christ. Le pape François le répète et il demande que nous le reconnaissions. »

« Dans l’Église, a expliqué Scorsese, j’ai appris de ces prêtres diocésains de la rue  que l’on peut être dur à l’extérieur et rempli de compassion à l’intérieur, et que la dureté est une façon de nourrir cette compassion – ou, pourrait-on dire, le commandement de l’amour de Jésus – à l’intérieur de nous. C’est l’un des dons les plus précieux que j’aie jamais reçus. »

Le réalisateur croit que « la confession est un des instruments spirituels les plus puissants dont dispose l’Église » : « C’est un examen authentique de qui tu es, de tous tes doutes, tes peurs et tes transgressions et l’acte même de la confession ouvre la porte à une autre possibilité, celle de réessayer. Même si tu ne reçois pas l’absolution, tu as de toute façon ouvert la porte. »

Avec une traduction d’Hélène Ginabat

https://fr.zenit.org/articles/entretien-de-martin-scorsese-a-losservatore-romano/?
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Message par Isabelle-Marie le Jeu 23 Jan 2020 - 12:51

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France: « Faire entendre la voix du bon sens, de la conscience et de la fraternité humaine », par Mgr Aupetit

A propos du projet de loi français de « bioéthique »

Communiqué du 15 janvier 2020 – de Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris (France) sur le projet de loi français de bioéthique, actuellement débattu au Sénat.

« Si nous nous taisons, les pierres crieront » (cf. Lc 19, 40). Après avoir commencé à détruire la planète, allons-nous laisser défigurer notre humanité ? Qui osera élever la voix ?

À l’heure de l’examen par le Sénat du projet de loi bioéthique, une prise de conscience est urgente. Depuis des années, nous nous engageons toujours plus avant vers une dérive mercantile de pays nantis qui se payent le luxe d’organiser un trafic eugéniste avec l’élimination systématique des plus fragiles, la création d’embryons transgéniques et de chimères.

Comment se fait-il que notre société si soucieuse, à juste titre, du respect de l’écologie pour la planète, le soit si peu quand il s’agit de l’humanité ? Tout est lié.

Je le répète une fois encore : l’enfant est un don à recevoir, pas un dû à fabriquer. L’absence d’un père est une blessure que l’on peut subir, mais il est monstrueux de l’infliger volontairement.

Comme vient de le rappeler le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, il faut garantir au nom de la liberté le droit à l’objection de conscience dans ces domaines.

Il est encore temps pour le législateur de se ressaisir, d’oser dépasser les postures idéologiques et pour tous les citoyens de faire entendre la voix du bon sens, de la conscience et de la fraternité humaine.

+Michel AUPETIT Archevêque de Paris

https://fr.zenit.org/articles/france-faire-entendre-la-voix-du-bon-sens-de-la-conscience-et-de-la-fraternite-humaine-par-mgr-aupetit/?
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Message par Philippe-Antoine le Ven 24 Jan 2020 - 10:27

Le message du pape François au colloque de Davos
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Certains catholiques semblent avoir encore du mal à distinguer l’UNIVERSEL (notion catholique) et le GLOBAL (notion capitaliste libérale). Le message du pape au Forum économique mondial de Davos aide à voir en quoi ces deux notions divergent :




Message du pape François

au Pr Klaus Schwab, président exécutif du Forum économique mondial



<< Alors que le Forum économique mondial célèbre son cinquantième anniversaire, j’adresse mes salutations et mes meilleurs vœux dans la prière à toutes les personnes qui prennent part au rassemblement de cette année. Je vous remercie pour votre invitation à y participer et j’ai demandé au cardinal Peter Turkson, préfet du dicastère pour la Promotion du développement humain intégral, de se faire le représentant du Saint-Siège.

Au cours de ces années, le Forum économique mondial a offert à diverses parties prenantes l’occasion de s’engager à explorer des moyens novateurs et efficaces de construire un monde meilleur. Il a également fourni un espace où la volonté politique et la coopération mutuelle peuvent être guidées et renforcées afin de surmonter l’isolationnisme, l’individualisme et la colonisation idéologique qui caractérisent malheureusement trop de débats contemporains.

À la lumière des défis toujours plus nombreux et interdépendants qui touchent notre monde (cf. Laudato si’, 138 et suivants), le thème que vous avez choisi d’examiner cette année – Parties prenantes pour un monde cohésif et durable – souligne la nécessité d’un engagement plus important à tous les niveaux pour traiter plus efficacement les différents problèmes auxquels l’humanité est confrontée. Au cours des cinq dernières décennies, nous avons été témoins de transformations géopolitiques et de changements importants, de l’économie et des marchés du travail à la technologie numérique et à l’environnement. Nombre de ces évolutions ont été bénéfiques pour l’humanité, tandis que d’autres ont eu des effets négatifs et ont créé des lacunes importantes en matière de développement. Bien que les défis d’aujourd’hui ne soient pas les mêmes que ceux d’il y a un-demi-siècle, un certain nombre de caractéristiques restent d’actualité alors que nous entamons une nouvelle décennie.

La considération primordiale, à ne jamais oublier, est que nous sommes tous membres d’une seule et même famille humaine. L’obligation morale de prendre soin les uns des autres découle de ce fait, tout comme le principe corrélatif qui consiste à mettre la personne humaine, plutôt que la simple poursuite du pouvoir ou du profit, au centre même de l’action publique. Ce devoir, qui incombe en outre aux entreprises et aux gouvernements, est indispensable dans la recherche de solutions équitables aux défis auxquels nous sommes confrontés. Il est donc nécessaire de dépasser les approches technologiques ou économiques à court-terme et de prendre pleinement en considération la dimension éthique dans la recherche de solutions aux problèmes actuels ou dans la proposition d’initiatives pour l’avenir.

Trop souvent, des visions matérialistes ou utilitaristes, parfois cachées, parfois affichées, conduisent à des pratiques et des structures motivées en grande partie, voire uniquement, par les intérêts particuliers. Cette vision considère généralement les autres comme un moyen d’arriver à une fin et entraîne un manque de solidarité et de charité qui, à son tour, engendre une réelle injustice, tandis qu’un développement humain vraiment intégral ne peut vraiment s’épanouir que si tous les membres de la famille humaine sont inclus dans la poursuite du bien commun et y contribuent. En cherchant le véritable progrès, n’oublions pas que piétiner la dignité d’une autre personne, c’est en fait affaiblir sa propre valeur.

Dans ma lettre encyclique Laudato si’, j’ai attiré l’attention sur l’importance d’une « écologie intégrale » qui prenne en compte toutes les implications de la complexité et de l’interconnexion de notre maison commune. Une telle approche éthique renouvelée et intégrée appelle à « un humanisme capable de réunir les différents domaines de la connaissance, notamment l’économie, au service d’une vision plus intégrale et intégrante » (ibid., 141).

Reconnaissant les réalisations de ces cinquante dernières années, j’espère que les participants au Forum de ce jour, et à ceux qui se tiendront à l’avenir, garderont à l’esprit la haute responsabilité morale qui incombe à chacun de nous de rechercher le développement intégral de tous nos frères et sœurs, y compris ceux des générations futures. Puissent vos délibérations conduire à un accroissement de la solidarité, en particulier avec les plus démunis, qui subissent l’injustice sociale et économique et dont l’existence même est menacée.

Je renouvelle mes vœux et ma prière à l’égard de ceux qui participent au Forum, afin que cette réunion porte du fruit et j’invoque sur vous tous les bienfaits de la sagesse de Dieu. >>



(trad. Zenit)





Catéchisme de l'Eglise catholique, § 1911 :

<<  L'unité de la famille humaine, rassemblant des êtres jouissant d'une dignité naturelle égale, implique un bien commun universel. Celui-ci appelle une organisation de la communauté des nations  capable de "pourvoir aux divers besoins des hommes, aussi bien dans le domaine de la vie sociale (alimentation, santé, éducation) que pour faire face à maintes circonstances particulières qui peuvent surgir ici ou là (par exemple : subvenir aux misères des réfugiés, l'assistance aux migrants et à leurs familles... >>  [En italiques, cit. de la constitution Gaudium et spes du deuxième concile du Vatican].
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Message par Isabelle-Marie le Ven 24 Jan 2020 - 15:07

Sur la page française du site Vatican News, l'éditorial d'Andréa Tornielli, directeur du Dicastère pour la Communication du Saint-Siège, à propos du livre du pape émérite Benoît XVI et du cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, sorti chez Fayard le 15 janvier 2020.

 « Une contribution sur le célibat sacerdotal, en filiale obéissance au Pape »

Un livre sur le sacerdoce portant la signature du Pape émérite Joseph Ratzinger et du cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation du culte divin, sera publié en France le 15 janvier.

On apprend dans les extraits fournis par Le Figaro que les auteurs entrent dans le débat sur le célibat et la possibilité d’ordonner des prêtres mariés. Le Pape émérite et le cardinal Sarah – qui se présentent comme deux évêques en « obéissance filiale au Pape François » qui «cherchent la vérité» dans un «esprit d’amour pour l’unité de l’Église» – défendent la discipline du célibat et avancent des raisons qui, selon eux, déconseillent de la changer. La question du célibat occupe 175 pages du volume, avec deux textes, l’un du Pape émérite et l’autre du cardinal, ainsi qu’une introduction et une conclusion signées par les deux.

Le cardinal Sarah, dans son texte, rappelle qu’il y a «un lien ontologique et sacramentel entre le sacerdoce et le célibat. Tout affaiblissement de ce lien remettrait en question le magistère du Concile et des Papes Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI. Je prie le Pape François de nous protéger définitivement d’une telle éventualité en opposant son veto à tout affaiblissement de la loi du célibat sacerdotal, même limité à l’une ou l’autre région». Encore une fois, le Préfet de la Congrégation pour le culte divin va jusqu’à dénoncer «une catastrophe pastorale, une confusion ecclésiologique et un obscurcissement de la compréhension du sacerdoce» dans la possibilité éventuelle d’ordonner des hommes mariés.

Benoît XVI, dans sa brève contribution, réfléchissant sur le sujet, remonte aux racines juives du christianisme, affirmant que le sacerdoce et le célibat sont unis depuis le début de la «nouvelle alliance» de Dieu avec l’humanité, établie par Jésus. Et il rappelle que déjà «dans l’Église ancienne», c’est-à-dire au premier millénaire, «les hommes mariés ne pouvaient recevoir le sacrement de l’ordre que s’ils s’engageaient à l’abstinence sexuelle».

Le célibat sacerdotal n’est pas et n’a jamais été un dogme. C’est une discipline ecclésiastique de l’Église latine qui représente un don précieux, ainsi défini par tous les derniers pontifes. L’Église catholique de rite oriental prévoit la possibilité d’ordonner des hommes mariés prêtres et des exceptions ont également été admises pour l’Église latine, précisément par Benoît XVI dans la Constitution apostolique Anglicanorum coetibus dédiée aux anglicans qui demandent la communion avec l’Église catholique, où il est prévu «d’admettre les hommes mariés au saint Ordre du presbytérat au cas par cas, selon les critères objectifs approuvés par le Saint-Siège».

Il faut aussi rappeler qu’à ce sujet le Pape François s’est exprimé à plusieurs reprises ; lui qui était encore cardinal, dans la conversation du livre avec le Rabbin Abraham Skorka, avait expliqué qu’il était en faveur du maintien du célibat «avec tous les avantages et les inconvénients que cela comporte, car ce sont dix siècles d’expériences positives plus que d’erreurs. La tradition a un poids et une validité».

En janvier dernier, dans un dialogue avec des journalistes sur le vol de retour du Panama, le Pape a rappelé que dans l’Église catholique orientale, l’option du célibat ou du mariage était possible avant le diaconat, mais il a ajouté, au sujet de l’Église latine: «Cette phrase de Saint Paul VI me vient à l’esprit: « Je préfère donner ma vie avant de changer la loi du célibat ». Cela m’est venu à l’esprit et je veux le dire, parce que c’est une phrase courageuse, à un moment plus difficile que celui-ci, 1968/1970… Personnellement, je pense que le célibat est un don pour l’Eglise… Je ne suis pas d’accord pour permettre le célibat optionnel, non».

Dans sa réponse, il a également parlé de la discussion entre théologiens sur la possibilité d’accorder des exemptions pour certaines régions éloignées, comme les îles du Pacifique, en précisant toutefois qu’«il n’y a pas de décision de ma part. Ma décision est: célibat optionnel avant le diaconat, non. C’est le mien, personnel, je ne le ferai pas, cela reste clair. Je suis un « fermé » ? Peut-être. Mais je n’ai pas envie de me mettre devant Dieu avec cette décision.»

En octobre 2019, le Synode sur l’Amazonie a été célébré et le thème a été débattu. Comme on peut le voir dans le document final, certains évêques ont demandé la possibilité d’ordonner des diacres mariés permanents comme prêtres. Il est cependant frappant que le 26 octobre, dans son discours de clôture, le Pape, après avoir suivi toutes les étapes des discours et de la discussion dans la salle, n’ait en aucune façon mentionné le sujet de l’ordination des hommes mariés, même pas en passant. Il a plutôt rappelé les quatre dimensions du Synode: celle relative à l’inculturation, la dimension écologique, la dimension sociale et enfin la dimension pastorale, qui «les inclut toutes».

Dans ce même discours, le Souverain Pontife a parlé de la créativité dans les nouveaux ministères et du rôle de la femme, et en se référant à la rareté du clergé dans certaines zones de mission, il a rappelé que beaucoup de prêtres d’un pays d’Amérique latine sont envoyés aux États-Unis et en Europe pour servir les Églises locales, mais, en retour, de la part de ces pays du Nord, «il n’y en a aucun pour les envoyer dans la zone amazonienne de ce même pays».

Enfin, il est significatif que François, remerciant les médias, leur ait demandé à cette même occasion, en diffusant le document final, de s’attarder surtout sur les diagnostics, «qui sont la partie où le Synode s’est vraiment le mieux exprimé»: le diagnostic culturel, le diagnostic social, le diagnostic pastoral et le diagnostic écologique. Le Pape les a invités à ne pas tomber dans le danger de s’attarder «sur ce qu’ils ont décidé dans cette question disciplinaire, sur ce qu’ils ont décidé dans l’autre, sur le parti qui a gagné et sur celui qui a perdu».

© Vatican News
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Message par Isabelle-Marie le Mar 28 Jan 2020 - 18:05

Dimanche de la Parole de Dieu : « la lettre d’amour qu’il a rédigée pour toi »

« Donne-moi de la place et ta vie changera »

« Le Seigneur te donne sa Parole, pour que tu l’accueilles comme la lettre d’amour qu’il a rédigée pour toi, pour te faire sentir qu’il est proche de toi », a affirmé le pape François lors de la messe qu’il célébrait ce 26 janvier 2020, premier Dimanche de la Parole de Dieu.

Dans son homélie en la basilique Saint-Pierre, le pape a assuré aussi que « la Parole qui nous sauve ne va pas à la recherche de lieux préservés, stérilisés, sûrs. Elle va dans nos complexités, dans nos ténèbres. Aujourd’hui comme hier, Dieu désire visiter ces lieux où nous pensons qu’il ne va pas… Il n’a pas peur d’explorer nos cœurs, nos lieux les plus rudes et les plus difficiles ».

Au lieu d’aller « vers le Seigneur avec quelque prière formelle, en faisant attention que sa vérité ne nous secoue pas à l’intérieur », il a encouragé : « Le temps de vivre pour soi est fini, le temps de vivre avec Dieu et pour Dieu, avec les autres et pour les autres, avec amour et par amour, a commencé. Aujourd’hui, Jésus te répète à toi aussi: ‘Courage, je suis près de toi, donne-moi de la place et ta vie changera!' » Car la Parole de Dieu « provoque la conversion, elle nous secoue, nous libère de la paralysie de l’égoïsme ».

« Pour suivre Jésus les bonnes résolutions ne suffisent pas, mais il faut écouter chaque jour son appel », a conclu le pape : « Pour cela nous avons besoin de sa Parole: écouter, au milieu des milliers de paroles de chaque jour, cette seule Parole qui ne nous parle pas des choses, mais de la vie… Lisons quotidiennement quelques versets de la Bible. Commençons par l’Evangile: tenons-le ouvert sur la table à la maison, portons-le avec nous dans la poche, lisons-le sur le téléphone portable, laissons-le nous inspirer chaque jour. »

Homélie du pape François

«Jésus commença à proclamer». (Mt 4,17). C’est ainsi que l’évangéliste Matthieu introduit le ministère de Jésus. Lui, la Parole de Dieu, il est venu pour nous parler avec ses paroles et avec sa vie. En ce premier Dimanche de la Parole de Dieu, rendons-nous aux origines de sa prédication, aux sources de la Parole de vie. L’Evangile de ce jour nous y aide (Mt 4, 12-23), il nous dit comment, où et à qui Jésus a commencé à prêcher.

1. Comment a-t-il commencé? Avec une phrase très simple: «Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche» (v.17). Cette phrase est à la base de tous ses discours: nous dire que le règne des cieux est proche. Qu’est-ce que cela signifie? Par règne des cieux, on entend le règne de Dieu, autrement dit, sa manière de régner, de se présenter face à nous. Maintenant, Jésus nous dit que le règne des cieux est proche, que Dieu est proche. Voilà la nouveauté, le premier message: Dieu n’est pas loin, celui qui habite les cieux est descendu sur la terre, il s’est fait homme. Il a ôté les barrières, il a supprimé les distances. Nous ne l’avons pas mérité: il est descendu, il est venu à notre rencontre…

C’est un message de joie: Dieu est venu nous visiter, en personne, en se faisant homme. Il n’a pas pris notre condition humaine par sens de responsabilité, mais par amour. Par amour il a pris notre humanité, parce qu’on prend ce qu’on aime. Dieu a pris notre humanité parce qu’il nous aime et il veut nous donner gratuitement le salut que, seuls, nous ne pouvons pas obtenir. Il désire demeurer avec nous, nous donner la beauté de vivre, la paix du cœur, la joie d’être pardonnés et de nous sentir aimés.

Alors, nous comprenons l’invitation directe de Jésus: « Convertissez-vous », c’est-à-dire « change de vie ». Changez de vie parce qu’une nouvelle manière de vivre a commencé: le temps de vivre pour soi est fini, le temps de vivre avec Dieu et pour Dieu, avec les autres et pour les autres, avec amour et par amour, a commencé. Aujourd’hui, Jésus te répète à toi aussi: « Courage, je suis près de toi, donne-moi de la place et ta vie changera! ». Jésus frappe à la porte. C’est pourquoi le Seigneur te donne sa Parole, pour que tu l’accueilles comme la lettre d’amour qu’il a rédigée pour toi, pour te faire sentir qu’il est proche de toi. Sa Parole nous console et nous encourage. En même temps, elle provoque la conversion, elle nous secoue, nous libère de la paralysie de l’égoïsme. Parce que sa Parole a ce pouvoir: changer la vie, faire passer de l’obscurité à la lumière.

2. Si nous voyons le lieu où Jésus a commencé à prêcher, nous découvrons qu’il a commencé dans les régions considérées alors comme « ténébreuses ». La première lecture et l’Evangile nous parlent en effet, de ceux qui se trouvaient «dans le pays et l’ombre de la mort»: ce sont les habitants du «pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations» (Mt 4, 15-16; cf. Is 8, 23-9,1). Galilée des nations: la région où Jésus a commencé à prêcher était appelée ainsi parce qu’elle était habitée par divers peuples, elle était un vrai mélange de peuples, de langues et de cultures. La Route de la mer, qui était un carrefour, en effet, passait par là. Y vivaient des pécheurs, des commerçants et des étrangers: ce n’était évidemment pas le lieu de la pureté religieuse du peuple élu. Et pourtant, Jésus a commencé par-là: non pas à l’entrée du temple de Jérusalem, mais dans la partie opposée du pays, dans la Galilée des nations, dans un lieu frontière, une périphérie.

Nous pouvons en recueillir un message: la Parole qui nous sauve ne va pas à la recherche de lieux préservés, stérilisés, sûrs. Elle va dans nos complexités, dans nos ténèbres. Aujourd’hui comme hier, Dieu désire visiter ces lieux où nous pensons qu’il ne va pas. Que de fois c’est nous, au contraire, qui fermons la porte, préférant tenir cachées nos confusions, nos opacités et nos duplicités. Nous les scellons en nous, pendant que nous allons vers le Seigneur avec quelque prière formelle, en faisant attention que sa vérité ne nous secoue pas à l’intérieur. C’est une hypocrisie cachée. Mais Jésus, nous dit l’Évangile d’aujourd’hui, «parcourait toute la Galilée; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie» (v. 23): à travers toute cette région multiforme et complexe. De la même façon, il n’a pas peur d’explorer nos cœurs, nos lieux les plus rudes et les plus difficiles. Il sait que seul son pardon nous guérit, que seule sa présence nous transforme, que seule sa Parole nous renouvelle. A lui qui a parcouru la Route de la mer, ouvrons-lui nos routes les plus tortueuses, ce que nous avons en nous et que nous ne voulons pas voir… : laissons entrer en nous sa Parole, qui est «vivante, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles; elle juge des intentions et des pensées du cœur» (He 4, 12).

3. Enfin, à qui Jésus a-t-il commencé à parler? L’Evangile dit: «Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères qui jetaient leurs filets dans la mer; car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit: « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes »» (Mt 4, 18-19)… Les premiers destinataires de l’appel ont été des pêcheurs: non pas des personnes soigneusement choisies selon leurs capacités ou des hommes pieux qui étaient dans le temple en train de prier, mais des gens ordinaires qui travaillaient.

Notons ce que Jésus leur dit: je vous ferai pêcheurs d’hommes. Il parle aux pêcheurs et utilise un langage qui leur est compréhensible. Il les attire à partir de leur vie: il les appelle là où ils sont et comme ils sont, pour les entraîner dans sa mission. «Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent» (v. 20). Pourquoi aussitôt ? Parce qu’ils se sont sentis attirés. Ils n’ont pas été rapides et prêts parce qu’ils avaient reçu un ordre, mais parce qu’ils étaient attirés par l’amour. Pour suivre Jésus les bonnes résolutions ne suffisent pas, mais il faut écouter chaque jour son appel. Lui seul, qui nous connaît et nous aime profondément, nous fait prendre le large dans la mer de la vie. Comme il l’a fait avec ces disciples qui l’ont écouté.

Pour cela nous avons besoin de sa Parole: écouter, au milieu des milliers de paroles de chaque jour, cette seule Parole qui ne nous parle pas des choses, mais de la vie. Chers frères et sœurs, faisons place à la Parole de Dieu! Lisons quotidiennement quelques versets de la Bible. Commençons par l’Evangile: tenons-le ouvert sur la table à la maison, portons-le avec nous dans la poche, lisons-le sur le téléphone portable, laissons-le nous inspirer chaque jour.
Nous découvrirons que Dieu est proche, qu’il illumine nos ténèbres, qu’avec amour il conduit au large notre vie.

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Message par Isabelle-Marie le Jeu 30 Jan 2020 - 0:13

De belles histoires à lire, le top 5 du pape François

Et un discernement à opérer sans cesse

C’est une liste de belles « histoires constructives » que le pape François propose dans son message pour la Journée mondiale des communications sociales, publié ce 24 janvier 2020: 5 auteurs, une femme, trois saints, deux auteurs laïcs – un catholique, un orthodoxe -, de cinq nations – Algérie, Espagne, France, Italie, Russie -.

Il s’agit des Confessions de saint Augustin d’Hippone (aujourd’hui en Algérie), père de l’Eglise;

du Récit du Pèlerin de saint Ignace de Loyola, fondateur des jésuites;

de l’Histoire d’une âme (« Manuscrits autobiographiques ») de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, carmélite et docteur de l’Eglise, chère au pape François (cf. François et Thérèse);

du livre du poète italien Alessandro Manzoni Les Fiancés, étudié en classe par tous les élèves italiens et déjà cités par le pape;

et du roman russe de Fiodor Dostoïevski les Frères Karamazov.

Le pape y admire le jeu des libertés: il les cite parmi « d’innombrables autres récits, qui ont admirablement mis en scène la rencontre entre la liberté de Dieu et celle de l’homme ».

Dans un tweet condensant son message, le pape François invite à « respirer la vérité » d’histoires « constructives »:  « Cette année, je souhaite consacrer le Message pour la JMCS au thème de la narration. Pour ne pas nous perdre, nous devons respirer la vérité des histoires positives, constructives, qui nous aident à trouver nos racines et la force d’avancer ensemble. »

Mais surtout, le message du pape François s’appuie sur les récits bibliques et sur l’Evangile: en pleine Semaine de prière pour l’unité des chrétiens et à la veille du dimanche de la Parole de Dieu c’est certainement une invitation à y (re)lire aussi ces belles « histoires constructives » qui ont façonné le coeur d’Israël et deux mille ans de christianisme. Et à s’inspirer de ce mode de communication « narratif » pour la communication aujourd’hui: « tisser des récits ».

Le pape invite en même temps à opérer sans cesse un discernement, car, écrit-il,  tous les récits ne sont pas bons »: « À une époque où la falsification devient de plus en plus sophistiquée, atteignant des niveaux exponentiels (le deepfake), nous avons besoin de sagesse pour accueillir et créer de beaux, de vrais et de bons récits.»

Plus encore, lorsque le récit est tragique, un espace pourra être ouvert sur l’irruption du beau et du bien: « Même lorsque nous racontons le mal, nous pouvons apprendre à laisser de l’espace à la rédemption, nous pouvons aussi reconnaître, au milieu du mal, le dynamisme du bien et lui faire de la place. »

https://fr.zenit.org/articles/de-belles-histoires-a-lire-la-liste-du-pape-francois/?utm
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Message par Isabelle-Marie le Mar 4 Fév 2020 - 21:44

Messe de la Présentation: le « secret » de la vie consacrée et d’une vieillesse comblée (texte complet)

« Nous devenons aveugles si nous ne regardons pas le Seigneur tous les jours »

Le pape François indique le « secret » de la vie consacrée et de la vieillesse comblée, dans son homélie pour la fête de la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem, Journée mondiale de la vie consacrée, au soir de ce 1er février 2020, en la basilique Saint-Pierre.

Le pape a invité à voir ce que font le vieillard Syméon et la prophétesse Anne, selon le récit de l’Evangile de saint Luc (Lc 2, 22-40).

Le pape a suggéré cette grâce à demander: « Pour avoir le regard juste sur la vie, demandons de savoir voir la grâce de Dieu pour nous, comme Syméon. »


✟Toute l'Actualité de notre Saint-Père le Pape François✟ - Page 13 Cq5dam15

Homélie du pape François

«Mes yeux ont vu le salut» (Lc 2, 30). Ce sont les paroles de Syméon que l’Evangile présente comme un homme simple: «un homme juste et religieux» – dit le texte (v. 25). Mais, de tous les hommes qui étaient au temple, lui seul a vu en Jésus le Sauveur. Qu’a-t-il vu? Un enfant: un petit, fragile et simple enfant. Mais là, il a vu le salut, parce que l’Esprit Saint lui a fait reconnaître dans ce tendre nouveau-né «le Messie du Seigneur» (v. 26). En le prenant dans ses bras, il a perçu, dans la foi, qu’en lui Dieu accomplissait ses promesses. Et lui, Syméon, pouvait s’en aller en paix: il avait vu la grâce qui vaut plus que la vie (cf. Ps 63, 4), et il n’attendait plus rien.

Même vous, chers frères et sœurs consacrés, vous êtes des hommes et des femmes simples qui ont vu le trésor qui vaut plus que tous les avoirs du monde. Pour lui, vous avez laissé des choses précieuses, comme les biens, comme fonder votre famille. Pourquoi l’avez-vous fait? Parce que vous êtes devenus amoureux de Jésus, vous avez vu tout en lui et, captivés par son regard, vous avez laissé le reste. La vie consacrée est cette vision. C’est voir ce qui compte dans la vie. C’est accueillir le don du Seigneur les bras ouverts, comme fit Syméon. Voici ce que voient les yeux des consacrés: la grâce de Dieu reversée dans leurs mains. La consacrée est celle qui, chaque jour, se regarde et dit: “tout est don, tout est grâce”. Chers frères et sœurs, nous ne méritons pas la vie religieuse, c’est un don d’amour que nous avons reçu.

Mes yeux ont vu ton salut. Ce sont les paroles que nous répétons chaque soir pendant les Complies. Avec elles, nous concluons la journée en disant: “Seigneur, mon salut vient de Toi, mes mains ne sont pas vides, mais pleines de ta grâce”. Savoir voir la grâce est le point de départ. Regarder en arrière; relire son histoire et y voir le don fidèle de Dieu: non seulement dans les grands moments de la vie, mais aussi dans les fragilités, dans les faiblesses, dans les misères. Le tentateur, le diable insiste sur nos misères, nos mains vides: “Après toutes ces années tu ne t’es pas amélioré, tu n’as pas réalisé ce que tu pouvais, ils ne t’ont pas laissé faire ce vers quoi tu étais porté, tu n’as pas toujours été fidèle, tu n’es pas capable…” et ainsi de suite. Chacun d’entre nous connaît bien cette histoire, ces paroles. Nous voyons que cela est en partie vrai et nous suivons des pensées et des sentiments qui nous désorientent. Et nous risquons de perdre la boussole, qui est la gratuité de Dieu. Parce que Dieu nous aime toujours et il se donne à nous, même dans nos misères. Saint Jérôme donnait tant de choses au Seigneur et le Seigneur en demandait davantage. Il lui a dit: ‘‘Mais, Seigneur, je t’ai tout donné, tout, que manque-t-il?’’ – ‘‘Tes péchés, tes misères, donne-moi tes misères’’. Lorsque nous gardons le regard fixé sur lui, nous nous ouvrons au pardon qui nous renouvelle et nous sommes confirmés par sa fidélité. Aujourd’hui nous pouvons nous demander: “Moi, vers qui j’oriente mon regard: vers le Seigneur ou vers moi?”. Celui qui sait voir avant tout la grâce de Dieu, découvre l’antidote au manque de confiance et au regard mondain.

Car cette tentation menace la vie religieuse: avoir un regard mondain. C’est le regard qui ne voit plus la grâce de Dieu comme protagoniste de la vie et qui va à la recherche d’un substitut: un peu de succès, une consolation affective, faire finalement ce que je veux. Mais la vie consacrée, lorsqu’elle ne s’articule plus autour de la grâce de Dieu, se replie sur le moi. Elle perd son élan, elle s’installe, elle stagne. Et nous savons ce qui arrive: on réclame ses espaces et ses droits, on se laisse entraîner par des ragots et des méchancetés, on s’indigne pour chaque petite chose qui ne va pas et on entonne les litanies de plaintes– les jérémiades, ‘‘père jérémiades’’, ‘‘sœur jérémiades’’ : au sujet des frères, des sœurs, de la communauté, de l’Eglise, de la société. On ne voit plus le Seigneur dans toute chose, mais seulement le monde avec ses dynamiques, et le cœur se crispe. On prend ainsi de petites habitudes et ont devient pragmatique tandis qu’à l’intérieur augmentent la tristesse et le manque de confiance qui dégénèrent en résignation. Voici ce vers quoi porte le regard mondain. La grande Thérèse disait à ses sœurs: ‘‘Malheur à la sœur qui répète ‘on a commis une injustice à mon égard’, malheur!’’.

Pour avoir le regard juste sur la vie, demandons de savoir voir la grâce de Dieu pour nous, comme Syméon. L’Evangile répète par trois fois qu’il était familier avec l’Esprit Saint, qui était sur lui, qui l’inspirait, qui l’attirait (cf. vv. 25-27). Il était familier avec l’Esprit Saint, avec l’amour de Dieu. La vie consacrée, si elle reste solide dans l’amour du Seigneur, voit la beauté. Elle voit que la pauvreté n’est pas un effort titanesque, mais une liberté supérieure, qui nous donne Dieu et les autres comme les vraies richesses. Elle voit que la chasteté n’est pas une stérilité austère, mais le chemin pour aimer sans posséder. Elle voit que l’obéissance n’est pas une discipline, mais la victoire sur notre anarchie, dans le style de Jésus. Dans une région touchée par le tremblement de terre en Italie – en parlant de pauvreté et de vie communautaire – il y avait un monastère bénédictin détruit et un autre monastère a transféré des sœurs chez eux. Mais elles y sont restées peu de temps: elles n’étaient pas heureuses, elles pensaient au monastère qu’elles avaient quitté, aux gens de là-bas. Et en fin de compte, elles ont décidé de retourner et d’installer le monastère dans deux caravanes. Au lieu d’être dans un grand monastère, à l’aise, elles étaient comme des puces, là, toutes ensemble, mais heureuses dans la pauvreté. Cela s’est passé l’année dernière. C’est beau!

Mes yeux ont vu ton salut. Syméon voit Jésus petit, humble, venu pour servir et non pour être servi, et il se définit lui-même serviteur. Il dit, en effet,: «Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix» (v. 29). Celui qui garde le regard sur Jésus apprend à vivre pour servir. Il n’attend pas que les autres commencent, mais il se met à la recherche du prochain, comme Syméon qui cherchait Jésus au temple. Dans la vie consacrée, où se trouve mon prochain? Voilà la question: où se trouve le prochain? Avant tout, dans sa propre communauté. La grâce de savoir chercher Jésus dans les frères et les sœurs que nous reçus doit être demandée. C’est là que l’on commence à mettre en pratique la charité: là où tu vis, en accueillant les frères et les sœurs avec leur pauvreté, comme Syméon accueillit Jésus simple et pauvre. Aujourd’hui, beaucoup voient dans les autres seulement des obstacles et des complications. Nous avons besoin de regards qui cherchent le prochain, qui rapprochent celui qui est loin. Les religieux et les religieuses, des hommes et des femmes qui vivent pour imiter Jésus, sont appelés à implanter dans le monde son regard, le regard de la compassion, le regard qui va à la recherche de ceux qui sont loin; qui ne condamne pas, mais qui encourage, qui libère, qui console, le regard de la compassion. C’est un leitmotiv de l’Évangile; tant de fois en parlant, Jésus dit: ‘‘il a eu de la compassion’’. C’est l’abaissement de Jésus vers chacun d’entre nous.

Mes yeux ont vu ton salut. Les yeux de Syméon ont vu le salut parce qu’ils l’attendaient (cf. v. 25). C’étaient des yeux qui attendaient, qui espéraient. Ils cherchaient la lumière et ils ont vu la lumière des nations (cf. v. 32). C’étaient des yeux fatigués, mais illuminés d’espérance. Le regard des personnes consacrées ne peut qu’être un regard d’espérance. Savoir espérer. En regardant autour de soi, il est facile de perdre l’espérance: les choses qui ne vont pas, la baisse des vocations…Pèse encore la tentation du regard mondain, qui anéantit l’espérance. Mais regardons l’Evangile et voyons Syméon et Anne: c’étaient des personnes âgées, seules, et pourtant elles n’avaient pas perdu l’espérance, parce qu’elles restaient en contact avec le Seigneur. Anne «ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière» (v. 37). Voici le secret: ne pas s’éloigner du Seigneur, source d’espérance. Nous devenons aveugles si nous ne regardons pas le Seigneur tous les jours, si nous ne l’adorons pas. Adorer le Seigneur!

Chers frères et sœurs, remercions Dieu pour le don de la vie consacrée et demandons un regard nouveau, qui sache voir la grâce, qui sache chercher le prochain, qui sache espérer. Alors, nos yeux verront aussi le salut.

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Message par Isabelle-Marie le Mar 4 Fév 2020 - 22:19

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Document d’Abou Dhabi : le pape salue un « grand événement humanitaire »

Pour « un avenir libéré de la haine » (Traduction intégrale)

Dans un message vidéo aux participants d’une cérémonie pour le 1er anniversaire de la signature du Document sur la Fraternité humaine, ce 4 février 2020 à Abou Dhabi, le pape François salue un « grand événement humanitaire ».

Il formule son espérance en vue d’ « un avenir meilleur pour l’humanité, un avenir libéré de la haine, de la rancœur, de l’extrémisme et du terrorisme, où prévalent les valeurs de la paix, de l’amour et de la fraternité ».

Le pape encourage spécialement le tout nouveau « Prix International de la Fraternité humaine », afin « que soient encouragés tous les modèles vertueux d’hommes et de femmes qui incarnent l’amour en ce monde, à travers des actions et des sacrifices accomplis pour le bien des autres, peu importe qu’ils soient différents par la religion ou par l’appartenance ethnique et culturelle ».

Message vidéo du pape François

Je vous salue tous, ici présents, et je salue en particulier toutes les personnes dans l’humanité qui aident leurs frères pauvres, malades, persécutés et faibles sans faire attention à la religion, la couleur, la race auxquelles ils appartiennent.

Il y a une année, mon frère le Grand Imam Ahmed al-Tayyeb, imam d’Al-Azhar, et moi-même, avons signé un document sur la fraternité humaine dans la chère capitale des Emirats Arabes Unis, Abou Dhabi. Aujourd’hui nous célébrons le premier anniversaire de ce grand événement humanitaire, en espérant un avenir meilleur pour l’humanité, un avenir libéré de la haine, de la rancœur, de l’extrémisme et du terrorisme, où prévalent les valeurs de la paix, de l’amour et de la fraternité.

Aujourd’hui, en ce premier anniversaire, j’exprime mon appréciation pour le soutien offert par les Emirats arabes unis au travail du Comité suprême pour la Fraternité humaine. Je remercie donc pour l’initiative de la Abrahamic House, du lancement du Prix pour la fraternité humaine.

Je suis donc heureux de pouvoir participer à ce moment de présentation au monde du Prix International de la Fraternité humaine, afin que soient encouragés tous les modèles vertueux d’hommes et de femmes qui incarnent l’amour en ce monde, à travers des actions et des sacrifices accomplis pour le bien des autres, peu importe qu’ils soient différents par la religion ou par l’appartenance ethnique et culturelle. Et je demande au Dieu Tout-Puissant de bénir tous les efforts qui sont utiles au bien de l’humanité et qui nous aident à avancer dans la fraternité.

Merci.

Traduction de Zenit, Anne Kurian
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Message par Isabelle-Marie le Mer 12 Fév 2020 - 21:53

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« Querida Amazonia »: synthèse officielle du Vatican

Que des prêtres « choisissent » l’Amazonie

«L’Amazonie bien aimée se présente au monde dans toute sa splendeur, son drame et son mystère». C’est par ces mots que commence l’Exhortation Apostolique post-synodale, Querida Amazonia. Le Souverain Pontife, dans les premiers points, explique «le sens de cette Exhortation» parsemée de références aux documents des Conférences épiscopales des pays de l’Amazonie mais aussi aux poèmes d’auteurs liés à l’Amazonie.

Le Pape souligne qu’il souhaite «exprimer les résonances» que le Synode a provoquées en lui ; et précise qu’il n’entend pas remplacer ou répéter le Document final qu’il invite à lire «dans son intégralité», en espérant que toute l’Eglise se laissera «enrichir et questionner» par ce dernier et que l’Eglise en Amazonie s’engagera «pour son application».

François partage ses «rêves pour l’Amazonie», dont le sort doit concerner tout le monde car cette terre est aussi «la nôtre». Il formule «quatre grands rêves» : que l’Amazonie «lutte pour les droits des plus pauvres», «préserve cette richesse culturelle», «préserve jalousement l’irrésistible beauté naturelle», et enfin, que les communautés chrétiennes soient «capables de se donner et de s’incarner en Amazonie».

Le rêve social : l’Église aux côtés des opprimés

Le premier chapitre de Querida Amazonia est consacré au «rêve social» et souligne qu’ «une vraie approche écologique» est aussi une «approche sociale». Tout en appréciant le «bien-vivre» des indigènes, il met en garde contre le «conservatisme» qui ne se préoccupe que de l’environnement. Sur un ton vibrant, François parle d’»injustice et crime». Il rappelle que Benoît XVI avait déjà dénoncé «la dévastation de l’environnement en Amazonie». Les peuples originels, prévient-il, sont soumis à l’«asservissement» de la part des pouvoirs locaux et extérieurs. Pour le Pape, les opérations économiques qui alimentent la dévastation, les meurtres, et la corruption, méritent le nom d’«injustice et crime». Et comme Jean-Paul II, il réaffirme que la mondialisation ne doit pas devenir un nouveau colonialisme.

Que les pauvres soient entendus sur l’avenir de l’Amazonie

Face à une telle injustice, le Souverain Pontife demande de «s’indigner et demander pardon». Pour François, il faut des «réseaux de solidarité et de développement». Il appelle tout le monde, y compris les dirigeants politiques, à s’engager. Puis, le Pape s’arrête sur la question du «sens communautaire». Il rappelle que pour les peuples amazoniens, les relations humaines «sont imprégnées de la nature environnante». C’est pourquoi, écrit-il, ils vivent un véritable «déracinement» lorsqu’ils sont «contraints d’immigrer en ville». La dernière partie du premier chapitre est consacrée aux «institutions dégradées» et au «dialogue social». Le Pape dénonce le mal de la corruption qui empoisonne l’État et ses institutions. Il espère que l’Amazonie deviendra «un lieu de dialogue social» avant tout «avec les derniers». Que la voix des pauvres, avertit le Pape, soit «la voix la plus forte» sur l’Amazonie. Le rêve culturel : prendre soin du polyèdre amazonien Le deuxième chapitre est consacré au «rêve culturel». François précise dès le début que «promouvoir l’Amazonie» ne signifie pas «la coloniser culturellement». Il utilise ainsi une image qui lui est chère : «le polyèdre amazonien». Il est nécessaire de lutter contre la «colonisation post-moderne», et il est tout autant urgent de «prendre soin des racines». Citant Laudato Sì et Christus Vivit, il souligne que la «vision consumériste de l’être humain» tend à «homogénéiser les cultures» et que cela impacte surtout les jeunes. C’est à eux que le Pape demande de «prendre en charge les racines» et de «retrouver la mémoire perdue».

Non à l’indigénisme fermé, la nécessité d’une rencontre interculturelle

L’Exhortation poursuit sur la «rencontre interculturelle». Même les «cultures prétendument plus évoluées», observe François, peuvent apprendre des ethnies qui ont «développé un trésor culturel en étant liées à la nature». La diversité n’est donc pas «une frontière» mais «un pont». Le Pape dit non à un «indigénisme complètement fermé». La dernière partie de ce chapitre concerne les «cultures menacées» et les populations à risque, avec une recommandation pour tout projet concernant l’Amazonie : «il faut inclure la perspective des droits des peuples». Ceux-ci, précise le Saint-Père, «peuvent difficilement rester intacts» si l’environnement dans lequel ils sont nés et se sont développés «se détériore».

Le rêve écologique : combiner le souci de l’environnement et celui de l’homme

Le troisième chapitre, «Un rêve écologique», est celui qui est le plus étroitement lié à l’encyclique Laudato Sì. Dans l’introduction, il est souligné qu’en Amazonie, il existe une relation étroite entre l’être humain et la nature. Prendre soin de nos frères comme le Seigneur prend soin de nous, écrit le Pape, «est la première écologie dont nous avons besoin». La protection de l’environnement et la prise en charge des pauvres sont «inséparables». François se penche ensuite sur le «rêve fait d’eau», citant Pablo Neruda et d’autres poètes locaux sur la force et la beauté du fleuve Amazone. Avec leurs poèmes, écrit-il, ils «nous aident à nous libérer du paradigme technocratique et consumériste qui détruit la nature».

A l’écoute du cri de l’Amazonie, que le développement soit durable

François estime qu’il est urgent d’écouter «le cri de l’Amazonie», et rappelle que l’équilibre planétaire dépend de la santé de cette vaste région. Il y a, écrit-il, des puissants intérêts pas uniquement au niveau local, mais également internationaux. La solution n’est donc pas «l’internationalisation» de l’Amazonie, mais plutôt l’accroissement de «la responsabilité des gouvernements nationaux». Le développement durable, poursuit-il, exige que les habitants soient toujours informés des projets qui les concernent et souhaite la création d’un «système normatif» avec des «limites infranchissables». Il appelle en conséquence à la «prophétie de la contemplation». En écoutant les peuples originels, souligne-t-il, on peut aimer l’Amazonie «et pas seulement l’utiliser» ; on peut y trouver «un lieu théologique, un espace où Dieu lui-même se montre et appelle ses enfants». La dernière partie du troisième chapitre porte sur «éducation et habitudes écologiques». Le Pape souligne que l’écologie n’est pas une question technique, mais qu’elle comporte toujours «un aspect éducatif».

Le rêve ecclésial : développer une Eglise à visage amazonien

Le dernier chapitre, le plus substantiel, est consacré «plus directement» aux pasteurs et aux fidèles catholiques et se concentre sur le «rêve ecclésial». Le Pape invite à «développer une Eglise au visage amazonien» à travers une «grande annonce missionnaire», une «annonce indispensable en Amazonie». Pour le Saint-Père, il ne suffit pas d’apporter un «message social». Ces peuples ont «le droit à l’annonce de l’Evangile», écrit-il, sinon «toute structure ecclésiale se transformera en une ONG». Une partie importante est donc consacrée à l’inculturation. Reprenant Gaudium et Spes, François parle de «l’inculturation» comme d’un processus qui «porte à sa plénitude à la lumière de l’Évangile» ce qu’il y a de bon dans les cultures amazoniennes.

Une nouvelle inculturation de l’Evangile en Amazonie

François approfondit la question en soulignant les «chemins d’inculturation en Amazonie». Les valeurs présentes dans les communautés d’origine, écrit-il, doivent être prises en compte «dans l’évangélisation». Et dans les deux paragraphes suivants, il s’attarde sur l’«inculturation sociale et spirituelle», pour souligner que, étant donnée la pauvreté de nombreux d’habitants de l’Amazonie, l’inculturation doit avoir «une odeur fortement sociale». Parallèlement, cependant, la dimension sociale doit être intégrée à la dimension «spirituelle».

Des sacrements accessibles à tous, en particulier aux pauvres…

L’Exhortation indique les «points de départ pour une sainteté amazonienne» qui ne doit pas copier les «modèles des autres régions». Elle souligne qu’«Il est possible de recueillir d’une certaine manière un symbole autochtone sans le qualifier nécessairement d’idolâtrie». On peut valoriser, peut-on lire ensuite, un mythe «chargé de sens spirituel» sans nécessairement le considérer comme «une erreur païenne». Il en va de même pour certaines fêtes religieuses qui, bien qu’elles nécessitent un «processus de purification», «contiennent une signification sacrée».

Un autre passage significatif de Querida Amazonia porte sur l’inculturation de la liturgie. Le Souverain Pontife note que le Concile Vatican II avait déjà appelé à un effort d’«inculturation de la liturgie chez les peuples autochtones». Il rappelle également, dans une note, que lors du Synode, «la proposition d’élaborer un rite amazonien» a germé. Les sacrements, exhorte François, «doivent être accessibles surtout aux pauvres». L’Église, poursuit-il rappelant Amoris laetitia, ne peut pas être transformée en «douane».

Les évêques d’Amérique latine envoient des missionnaires en Amazonie

A cela s’ajoute le thème de «l’inculturation de la ministérialité» auquel l’Eglise doit apporter une réponse «courageuse». Pour le Pape, «une plus grande fréquence de la célébration de l’Eucharistie» doit être garantie. A cet égard, il rappelle qu’il est important de «déterminer ce qui est plus spécifique au prêtre». La réponse, lit-on, se trouve dans le sacrement de l’Ordre Sacré qui établit que seul le prêtre peut présider l’Eucharistie. Comment, alors, «assurer ce ministère sacerdotal» dans les régions éloignées ? François exhorte tous les évêques, en particulier ceux d’Amérique latine, «à être plus généreux», en orientant ceux qui «montrent une vocation missionnaire» à choisir l’Amazonie et les invite à revoir la formation des prêtres.

Favoriser un protagonisme des laïcs dans les communautés

Après les Sacrements, Querida Amazonia se penche sur les «communautés pleines de vie» dans lesquelles les laïcs doivent assumer «des responsabilités importantes». Pour le Pape, en effet, il ne s’agit pas «seulement de faciliter une plus grande présence des ministres ordonnés». Un objectif «très limité» si l’on ne suscite pas une «nouvelle vie dans les communautés». De nouveaux «services laïcs» sont donc nécessaires. Ce n’est qu’à travers «un rôle important des laïcs», rappelle-t-il, que l’Eglise pourra répondre aux «défis de l’Amazonie». Pour le Souverain Pontife, les personnes consacrées occupent également une place spécifique, tandis qu’il rappelle le rôle des communautés de base qui ont défendu les droits sociaux et encourage en particulier l’activité du REPAM et des «équipes missionnaires itinérantes».

De nouveaux espaces pour les femmes, mais sans cléricalisation

Le Pape a consacré un espace à part à la force et au don des femmes. Il reconnaît qu’en Amazonie, certaines communautés ne se sont maintenues que «grâce à la présence de femmes fortes et généreuses». Il avertit cependant qu’il ne faut pas réduire «l’Eglise à des structures fonctionnelles». Si tel était le cas, de fait, elles ne se verraient attribuer un rôle que si elles avaient accès à l’Ordre Sacré. Pour le Pape, la cléricalisation des femmes doit être rejetée, en accueillant plutôt une modalité de contribution féminine qui prolonge «la force et la tendresse de Marie». Il encourage l’émergence de nouveaux services pour les femmes, qui – avec la reconnaissance publique des évêques – influencent les décisions pour les communautés.

Lutte commune des chrétiens pour défendre les pauvres de l’Amazonie

Il faut «élargir des horizons au-delà des conflits» estime François, et se laisser interpeller par l’Amazonie pour «surmonter des perspectives limitées» qui «demeurent enfermées dans des aspects partiels». Le quatrième chapitre se termine sur le thème de la «cohabitation œcuménique et interreligieuse» au profit de laquelle le Pape invite les croyants à «trouver des espaces pour discuter et pour agir ensemble pour le bien commun». «Comment ne pas lutter ensemble ? – demande François : «Comment ne pas prier ensemble et travailler côte à côte pour défendre les pauvres de l’Amazonie ?

Confions l’Amazonie et ses peuples à Marie

François conclut Querida Amazonia par une prière à la Mère de l’Amazonie. «Mère, regarde les pauvres de l’Amazonie», récite un passage de sa prière, «parce que leur maison est en cours de destruction pour des intérêts mesquins (…) Touche la sensibilité des puissants parce que même si nous sentons qu’il est tard tu nous appelles à sauver ce qui vit encore».

Copyright – Vatican News

https://fr.zenit.org/articles/querida-amazonia-synthese-officielle-du-vatican/?utm_
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Message par Philippe-Antoine le Jeu 13 Fév 2020 - 20:31


CATHOLICISME
Amazonie : “Le pape a une sensibilité missionnaire intégratrice”
Publié le 13/02/2020 à 14h17 - Modifié le 13/02/2020 à 14h23
Interview Marie-Lucile Kubacki, à Rome

Représentation de la déesse Pachamama. Fernando Podolski/Istock
Représentation de la déesse Pachamama. Fernando Podolski/Istock

Un même principe d’intégration anime l’exhortation apostolique sur l’Amazonie, Querida Amazonia et celle sur la famille,Amoris Lætitia, estime Jean-Miguel Garrigues, dominicain, théologien, membre de l'Académie théologique pontificale.[...]

La suite dans le lien ci-dessous :

http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/amazonie-le-pape-a-une-sensibilite-missionnaire-integratrice-13-02-2020-103883_16.php
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Message par Isabelle-Marie Hier à 11:09

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Message par Isabelle-Marie Aujourd'hui à 10:13

Région de la Méditerranée : le pape exhorte à combattre la peur nationaliste et à reconstruire les liens

Rencontre avec les évêques à Bari (Texte intégral)

Combattre les peurs nationaliste et reconstruire les liens : c’est la mission que le pape François confie aux évêques de la région méditerranéenne qu’il a rencontrés à Bari, en Italie du sud, sur la côte adriatique, ce 23 février 2020. Dans la poursuite du bien commun, il a recommandé de se laisser guider par « les attentes des pauvres gens ».

Lors de cette deuxième visite dans cette ville où sont conservées les reliques de saint Nicolas, le pape participait à une Rencontre de réflexion et de spiritualité ‘Frontière méditerranéenne de la paix’. A son atterrissage en hélicoptère à 8h15 sur la place Christophe Colomb à Bari, il a été accueilli par l’archevêque du lieu, Mgr Francesco Cacucci, ainsi que par le président de la région des Pouilles, le préfet et le maire de Bari.

Après avoir rejoint en papamobile la basilique pontificale de saint Nicolas, le pape a participé à la rencontre avec une soixantaine d’évêques de vingt pays de la Méditerranée, qu’il a exhortés à « reconstruire les liens qui ont été coupés, relever les villes détruites par la violence… susciter de l’espérance à celui qui l’a perdue, et exhorter celui qui est fermé sur lui-même à ne pas craindre le frère ».

Donner sur la Méditerranée représente « une extraordinaire potentialité », a-t-il affirmé dans son discours : « Ne laissons pas se répandre, par esprit nationaliste, la conviction du contraire, c’est-à-dire que les Etats moins accessibles et géographiquement plus isolés seraient privilégiés. Seul le dialogue permet de se rencontrer, de dépasser les préjugés et les stéréotypes, de se raconter et de se mieux connaître soi-même. »

Le pape a aussi fustigé la guerre, « une folie à laquelle nous ne pouvons pas nous résigner » : « parce qu’il est fou de détruire des maisons, des ponts, des entreprises, des hôpitaux, de tuer des personnes et d’anéantir des ressources au lieu de construire des relations humaines et économiques ». « Il n’y a, pour personne, aucune alternative à la paix », a-t-il insisté. « La guerre apparaît comme l’échec de tout projet humain et divin. »

Il a longuement pris la défense des migrants et des réfugiés, contre les replis nationalistes qui voient les flux migratoires « comme une invasion » : « En divers contextes sociaux un sentiment d’indifférence, et même de refus, est répandu… Un sentiment de peur s’introduit ». Mais, a-t-il averti, « la rhétorique de l’affrontement des civilisations ne sert qu’à justifier la violence et à alimenter la haine ».

Le pape a pointé du doigt « la défaillance, ou du moins la faiblesse, de la politique et le sectarisme », causes « des radicalismes et du terrorisme ». Il a plaidé pour « la protection des minorités et de la liberté religieuse » : « La persécution dont sont victimes surtout – mais pas seulement – les communautés chrétiennes est une blessure qui déchire notre cœur et ne peut pas nous laisser indifférents. »

Enfin, le pape François a souhaité « une collaboration plus active entre les groupes religieux et les diverses communautés », car « ceux qui se salissent ensemble les mains pour construire la paix et pratiquer l’accueil ne pourront plus se combattre pour des motifs de foi, mais ils parcourront les voies de la confrontation respectueuse, de la solidarité réciproque, de la recherche de l’unité ».

Après avoir salué chacun des évêques, le pape est descendu dans la crypte de la basilique pour vénérer les reliques de saint Nicolas – évêque de Myre, reconnu par les fidèles de différentes Eglises et confessions chrétiennes comme défenseur des plus faibles et des persécutés, protecteur des jeunes filles, des marins, des enfants – et saluer la communauté des dominicains.

Discours du pape François

Chers frères,

Je suis heureux de vous rencontrer et reconnaissant envers chacun de vous pour avoir accepté l’invitation de la Conférence Episcopale Italienne à participer à cette rencontre qui réunit les Eglises de la Méditerranée. Lorsque, en son temps, le Cardinal Bassetti m’a présenté l’initiative, je l’ai accueillie immédiatement avec joie, entrevoyant en elle la possibilité d’engager un processus d’écoute et d’échange par lequel contribuer à l’édification de la paix dans cette région cruciale du monde. C’est pourquoi j’ai voulu être présent et témoigner de la valeur contenue dans le nouveau paradigme de fraternité et de collégialité dont vous êtes l’expression.

Je trouve significatif le choix d’organiser cette rencontre dans la ville de Bari, si importante pour les liens qu’elle entretient avec le Moyen-Orient comme avec le continent africain, signe éloquent qui montre à quel point sont profondes les relations entre les peuples et les traditions différentes. De plus, le diocèse de Bari entretient depuis toujours le dialogue œcuménique et interreligieux, en veillant sans relâche à établir des liens d’estime réciproque et de fraternité. Ce n’est pas un hasard si, ici justement, il y a un an et demi, j’ai choisi de rencontrer les responsables des communautés chrétiennes du Moyen-Orient pour un moment important d’échange et de communion, qui aide des Eglises sœurs à marcher ensemble et à se sentir plus proches.

Dans ce contexte particulier, vous vous êtes réunis pour réfléchir sur la vocation et le destin de la Méditerranée, sur la transmission de la foi et la promotion de la paix. Le Mare nostrum est le lieu physique et spirituel dans lequel notre civilisation a pris forme, comme résultat de la rencontre de plusieurs peuples. Justement en vertu de sa configuration, cette mer oblige les peuples et les cultures riverains à une constante proximité, en les invitant à faire mémoire de ce qui les unit, et à rappeler que c’est seulement en vivant dans la concorde qu’ils peuvent jouir des opportunités que cette région offre du point de vue des ressources, de la beauté du territoire, des différentes traditions humaines.

De nos jours, l’importance de cette région n’a pas diminué suite aux dynamiques déterminées par la globalisation ; au contraire, cette dernière a accentué le rôle de la Méditerranée, ce carrefour d’intérêts et d’évènements significatifs du point de vue social, politique, religieux et économique. La Méditerranée demeure une zone stratégique dont l’équilibre reflète ses effets sur les autres parties du monde.

On peut dire que ses dimensions sont inversement proportionnelles à sa grandeur, ce qui amène à la comparer à un lac plus qu’à un océan, comme l’a fait Giorgio La Pira. En la définissant comme “le grand lac de Tibériade”, il a suggéré une analogie entre le temps de Jésus et le nôtre, entre l’environnement dans lequel il vivait et celui dans lequel vivent les peuples qui l’habitent aujourd’hui. Et de même que Jésus a œuvré dans un contexte hétérogène de cultures et de croyances, nous nous situons aussi dans un contexte polyédrique et multiforme, affecté par des divisions et des inégalités qui en augmentent l’instabilité. Dans cet épicentre de lignes profondes de rupture et de conflits économiques, religieux, confessionnels et politiques, nous sommes appelés à offrir notre témoignage d’unité et de paix. Nous le faisons à partir de notre foi et de l’appartenance à l’Eglise, en nous demandant quelle est la contribution que, comme disciples du Seigneur, nous pouvons offrir à tous les hommes et les femmes de la région méditerranéenne.

La transmission de la foi ne peut que tirer profit du patrimoine dont la Méditerranée est dépositaire. C’est un patrimoine gardé par les communautés chrétiennes, rendu vivant grâce à la catéchèse et la célébration des sacrements, la formation des consciences et l’écoute personnelle et communautaire de la Parole du Seigneur. En particulier, l’expérience chrétienne trouve dans la piété populaire une expression aussi significative qu’indispensable : vraiment, la dévotion du peuple est, principalement, l’expression d’une foi simple et authentique.

Le patrimoine artistique qui unit les contenus de la foi à la richesse des cultures, à la beauté des œuvres d’art, est aussi d’une énorme potentialité dans cette région. C’est un patrimoine qui attire continuellement des millions de visiteurs du monde entier et qui doit être gardé avec soin, tel un héritage précieux reçu “en prêt” et à remettre aux générations futures.

Dans ce contexte, l’annonce de l’Evangile ne peut pas se séparer de l’engagement pour le bien commun et nous pousse à agir comme des infatigables ouvriers de paix. Aujourd’hui la région de la Méditerranée est menacée par de nombreux foyers d’instabilité et de guerre, soit dans le Moyen-Orient, soit dans les divers Etats de l’Afrique du Nord, comme aussi entre les différentes ethnies et groupes religieux et confessionnels ; nous ne pouvons pas oublier le conflit encore irrésolu entre juifs et palestiniens, avec le danger des solutions non équitables, et donc porteuses de nouvelles crises.

La guerre – qui oriente les ressources vers l’achat des armes et l’effort militaire, en les détournant des fonctions vitales d’une société, comme le soutien aux familles, à la santé et à l’instruction – est contraire à la raison, selon l’enseignement de saint Jean XXIII (Cf. Enc. Pacem in terris, n. 114 ; 127). En d’autres termes, elle est une authentique folie parce qu’il est fou de détruire des maisons, des ponts, des entreprises, des hôpitaux, de tuer des personnes et d’anéantir des ressources au lieu de construire des relations humaines et économiques. Elle est une folie à laquelle nous ne pouvons pas nous résigner : jamais la guerre ne pourra être considérée comme normale ou acceptée comme une voie inéluctable pour résoudre des divergences et des intérêts opposés.

La fin ultime de toute société humaine est la paix, au point qu’on peut répéter qu’« il n’y a, pour personne, aucune alternative à la paix ».[1] Il n’y a aucune alternative sensée à la paix, parce que tout projet d’exploitation et de suprématie dégrade à la fois celui qui frappe et celui qui est frappé, et révèle une conception myope de la réalité puisqu’il prive d’avenir non seulement l’autre, mais aussi soi-même. La guerre apparaît comme l’échec de tout projet humain et divin : il suffit de visiter un paysage ou une ville, théâtres d’un conflit, pour se rendre compte comment, à cause de la haine, le jardin s’est transformé en terre désolée et inhospitalière, et le paradis terrestre en enfer.

(…)

L’édification de la paix, que l’Eglise et toute institution civile doivent toujours considérer comme une priorité, a comme présupposé indispensable la justice. Elle est foulée aux pieds là où sont ignorées les exigences des personnes et là où les intérêts économiques d’une partie prévalent sur les droits des individus et de la communauté. La justice est entravée, en outre, par la culture du rejet qui traite les personnes comme si elles étaient des choses, et qui génère et accroît les inégalités de manière flagrante, de sorte que, sur les rives de la même mer, certaines sociétés vivent dans l’abondance tandis que, dans d’autres, de nombreuses personnes se battent pour la survie. Les nombreuses œuvres de charité, d’éducation et de formation mises en œuvre par les communautés chrétiennes contribuent de manière décisive à la lutte contre cette culture. Et chaque fois que les diocèses, les paroisses, les associations, le volontariat ou des individus s’efforcent de soutenir celui qui est abandonné ou dans le besoin, l’Evangile acquiert une nouvelle force d’attraction.

Dans la poursuite du bien commun – qui est un autre nom de la paix -, il faut assumer le critère indiqué par le même La Pira : se laisser guider par « les attentes des pauvres gens ».[2] Ce principe, qui n’est jamais identifiable à des calculs ou à des raisons de convenances, s’il est assumé sérieusement, permet un changement anthropologique radical qui rend chacun plus humain.
A quoi sert, du reste, une société qui atteint toujours de nouveaux résultats technologiques, mais qui devient moins solidaire envers celui qui est dans le besoin ? Par l’annonce évangélique, nous transmettons, au contraire, la logique selon laquelle il n’y a pas de derniers, et nous nous efforçons à ce que l’Eglise, par un engagement toujours plus actif, soit le signe de l’attention privilégiée pour les petits et les pauvres, parce que « les parties du corps qui paraissent les plus délicates sont indispensables » (1Co 12, 22) et que « si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance » (1Co 12, 26).

Parmi ceux qui, dans la région Méditerranéenne, peinent le plus, il y’a ceux qui fuient la guerre ou qui laissent leur terre en quête d’une vie digne de l’homme. Le nombre de ces frères – contraints d’abandonner affections et patrie et de s’exposer à des conditions d’extrême précarité – a augmenté à cause de la multiplication des conflits et des conditions climatiques et environnementales dramatiques de régions toujours plus vastes. Il est facile de prévoir que ce phénomène, avec ses dynamiques de l’époque actuelle, marquera profondément la région méditerranéenne. C’est pour cela que les Etats et les communautés religieuses ne peuvent pas ne pas être préparés. Les pays traversés par les flux migratoires et ceux de la destination finale sont concernés, mais également les gouvernements et les Eglises des Etats de provenance des migrants qui, avec le départ de tant de jeunes, voient leur avenir appauvri.

Nous sommes conscients qu’en divers contextes sociaux un sentiment d’indifférence, et même de refus, est répandu, qui fait penser au comportement, stigmatisé dans de nombreuses paraboles évangéliques, de ceux qui s’enferment dans leur richesse et leur autonomie, sans remarquer celui qui, par ses paroles ou simplement par son état d’indigence, demande de l’aide. Un sentiment de peur s’introduit, qui pousse à ériger ses défenses face à ce qui est présenté instrumentalement comme une invasion. La rhétorique de l’affrontement des civilisations ne sert qu’à justifier la violence et à alimenter la haine. La défaillance, ou du moins la faiblesse, de la politique et le sectarisme sont les causes des radicalismes et du terrorisme. La communauté internationale s’est contentée d’interventions militaires alors qu’elle devrait mettre en place des institutions qui garantissent des opportunités égales et des lieux où les citoyens auraient la possibilité de prendre en charge le bien commun.

A notre tour, frères, élevons la voix pour demander aux gouvernements la protection des minorités et de la liberté religieuse. La persécution dont sont victimes surtout – mais pas seulement – les communautés chrétiennes est une blessure qui déchire notre cœur et ne peut pas nous laisser indifférents.

Dans le même temps, nous n’accepterons jamais que celui qui cherche l’espérance en prenant la mer meurt sans recevoir de secours, ou que celui qui arrive de loin devienne la victime d’exploitation sexuelle, soit sous-payé ou recruté par les mafias.
Certes, l’accueil et une intégration digne sont des étapes d’un processus qui n’est pas facile. Cependant, il est impensable de s’y engager en construisant des murs. En faisant ainsi, au contraire, on s’interdit l’accès à la richesse dont l’autre est porteur et qui constitue toujours une occasion de croissance. Quand on nie le désir de communion, inscrit dans le cœur de l’homme et dans l’histoire des peuples, on contrecarre le processus d’unification de la famille humaine qui se fraie un chemin déjà entre mille adversités.

La Méditerranée a une vocation particulière en ce sens : elle est la mer du métissage, « culturellement toujours ouverte à la rencontre, au dialogue et à l’inculturation réciproque ».[3] Donner sur la Méditerranée représente donc une extraordinaire potentialité : ne laissons pas se répandre, par esprit nationaliste, la conviction du contraire, c’est-à-dire que les Etats moins accessibles et géographiquement plus isolés seraient privilégiés. Seul le dialogue permet de se rencontrer, de dépasser les préjugés et les stéréotypes, de se raconter et de se mieux connaître soi-même. En ce sens, une opportunité particulière se rencontre chez les nouvelles générations, lorsque l’accès aux ressources leur est assuré et qu’elles sont mises dans des conditions qui leur permettent de devenir les protagonistes de leur chemin : apparaissent alors la sève capable de générer avenir, et l’espérance.

Ce résultat est possible seulement là où il y a un accueil, non pas superficiel mais sincère et bienveillant, pratiqué par tous et à tous les niveaux, sur le plan quotidien des relations interpersonnelles comme sur le plan politique et institutionnel, et promu par ceux qui œuvrent dans la culture et ont une responsabilité plus grande vis à vis de l’opinion publique.

Pour celui qui croit à l’Evangile, le dialogue n’a pas seulement une valeur anthropologique, mais aussi théologique. Ecouter le frère n’est pas seulement un acte de charité mais aussi un moyen pour se mettre à l’écoute de l’Esprit de Dieu qui œuvre certainement chez l’autre et parle au-delà des frontières dans lesquelles nous sommes souvent tentés de brider la vérité. Nous connaissons aussi la valeur de l’hospitalité : « Elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges » (He 13, 2).

Il faut élaborer une théologie de l’accueil et du dialogue qui réinterprète et repropose l’enseignement biblique. Elle peut être élaborée seulement si l’on s’efforce par tous les moyens de faire le premier pas et en n’excluant pas les semences de vérité dont les autres sont dépositaires. De cette manière, la confrontation entre les contenus des diverses fois pourra concerner non seulement les vérités crues, mais aussi des thèmes spécifiques qui deviennent des points qualifiants de toute la doctrine.

Trop souvent, l’histoire a connu des antagonismes et des luttes fondés sur la conviction faussée que nous défendons Dieu en combattant celui qui ne partage pas notre credo. En réalité, les extrémismes et les fondamentalismes nient la dignité de l’homme et sa liberté religieuse, en causant un déclin moral et en favorisant une conception antagoniste des rapports humains. C’est aussi pourquoi une rencontre plus vivante entre les diverses fois religieuses, portée par un respect sincère et par une volonté de paix, devient urgente.

Une telle rencontre, portée par la conscience – fixée dans le Document sur la Fraternité signé à Abou Dhabi – que « les vrais enseignements des religions invitent à demeurer ancrés dans les valeurs de la paix ; à soutenir les valeurs de la connaissance réciproque, de la fraternité humaine et de la coexistence commune ». Par conséquent, concernant le soutien des pauvres et l’accueil des migrants, on peut réaliser également une collaboration plus active entre les groupes religieux et les diverses communautés de sorte que la confrontation soit animée d’intentions communes et soit accompagnée d’un engagement concret. Ceux qui se salissent ensemble les mains pour construire la paix et pratiquer l’accueil ne pourront plus se combattre pour des motifs de foi, mais ils parcourront les voies de la confrontation respectueuse, de la solidarité réciproque, de la recherche de l’unité.

Voilà les vœux que je désire vous communiquer, chers confrères, en conclusion de la rencontre fructueuse et consolante de ces jours. Je vous confie à l’intercession de l’Apôtre Paul qui, le premier, a traversé la Méditerranée en affrontant les dangers et les adversités en tout genre pour porter l’Evangile du Christ à tous : que son exemple vous indique les voies sur lesquelles poursuivre le joyeux et libérant engagement de transmettre la foi à notre temps.

Comme mission je vous livre les paroles du prophète Isaïe pour qu’elles donnent de l’espérance et communiquent de la force, à vous et à vos communautés respectives. Devant la désolation de Jérusalem à la suite de l’exil, le prophète ne cesse pas d’entrevoir un avenir de paix et de prospérité : « Ils rebâtiront les ruines antiques, ils relèveront les demeures dévastées des ancêtres, ils restaureront les villes en ruines, dévastées depuis des générations » (Is 61, 4). Voilà l’œuvre que le Seigneur vous confie pour cette région de la Méditerranée : reconstruire les liens qui ont été coupés, relever les villes détruites par la violence, faire fleurir un jardin là où sont aujourd’hui des terres desséchées, susciter de l’espérance à celui qui l’a perdue, et exhorter celui qui est fermé sur lui-même à ne pas craindre le frère. Que le Seigneur accompagne vos pas et qu’il bénisse votre œuvre de réconciliation et de paix.

© Librairie éditrice du Vatican
_______________________
[1] Conclusion du dialogue avec les chefs des Eglises et des communautés chrétiennes du Moyen Orient, Bari, 7 juillet 2018.
[2] G. La Pira, « Le attese della povera gente », in Cronache sociali 1/1950.
[3] Ibid.
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Message par Isabelle-Marie Aujourd'hui à 10:17

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Messe à Bari : « Aimer et pardonner, c’est vivre comme des vainqueurs »

L’unique extrémisme chrétien (Homélie intégrale)

« Aimer et pardonner, c’est vivre comme des vainqueurs », a affirmé le pape François en célébrant une messe à Bari, dans le sud de l’Italie, ce 23 février 2020. « C’est l’unique extrémisme chrétien », a-t-il ajouté et la plus grande révolution de l’histoire : l’amour.

Après avoir rencontré les évêques de la région méditerranéenne dans la basilique Saint-Nicolas de Bari, le pape a rejoint le Corso Vittorio Emanuele II pour la messe dominicale en plein air. Dans son homélie, il a médité sur la parole du Christ : « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent. »

« C’est la nouveauté chrétienne. C’est la différence chrétienne », a assuré le pape : « Prier et aimer : voici ce que nous devons faire … Sur l’amour envers tous, nous n’acceptons pas d’excuses, nous ne prêchons pas des complaisances confortables. Le Seigneur n’a pas été complaisant, il n’a pas fait de concessions, il nous a demandé l’extrémisme de la charité. »

Et d’exhorter : « Ne te préoccupe pas de la méchanceté des autres, de celui qui pense mal de toi. Commence au contraire par désarmer ton cœur par amour de Jésus », notamment en cessant de se plaindre de « ce qui ne va pas ».  En effet, « la culture de la haine se combat en luttant contre le culte de la plainte ».

La logique de Jésus « est perdante aux yeux du monde, mais gagnante aux yeux de Dieu », a souligné le pape par ailleurs : « Nous perdrons si nous défendons la foi par la force. »

« Aujourd’hui Jésus, avec son amour sans limites, met haut la barre de notre humanité », a-t-il conclu, en exhortant : « Choisissons aujourd’hui l’amour, même s’il coûte, même s’il va à contre-courant. Ne nous laissons pas conditionner par la pensée commune, ne nous contentons pas des demi-mesures. »

Homélie du pape François

Jésus cite la loi ancienne : « Œil pour œil, et dent pour dent » (Mt 5, 38 ; Ex 21, 24). Nous savons ce que cela voulait dire : à celui qui te prend quelque chose, tu lui prendras la même chose. C’était en réalité un grand progrès parce cela empêchait des représailles plus graves : si quelqu’un t’a fait du mal, tu lui rendras avec la même mesure, tu ne pourras pas lui faire pire. Équilibrer les différends était un pas en avant. Et pourtant Jésus va plus loin, bien plus loin : « Moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant » (Mt 5, 39). Mais comment, Seigneur ? Si quelqu’un pense mal de moi, si quelqu’un me fait du mal, je ne peux pas le lui rendre avec la même monnaie ? “Non”, dit Jésus : non-violence, aucune violence.

Nous pouvons penser que l’enseignement de Jésus poursuit une stratégie : à la fin, le mauvais renoncera. Mais ce n’est pas cela le motif pour lequel Jésus demande d’aimer même celui qui nous fait du mal. Quelle est la raison ? Que le Père, notre Père, aime toujours tout le monde, même si cela n’est pas réciproque. Il « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (v. 45). Et aujourd’hui, dans la première Lecture, il nous dit : « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint » (Lv 19, 2). Autrement dit : “Vivez comme moi, cherchez ce que je cherche”. Jésus a fait ainsi. Il n’a pas pointé du doigt ceux qui l’ont condamné injustement et tué cruellement, mais il leur a ouvert les bras sur la croix. Et il a pardonné à celui qui a mis les clous dans ses poignets (cf. Lc 23, 33-34).

Alors, si nous voulons être disciples du Christ, si nous voulons nous dire chrétiens, c’est le chemin. Aimés de Dieu, nous sommes appelés à aimer ; pardonnés, à pardonner ; touchés par l’amour, à donner l’amour sans attendre que les autres commencent ; sauvés gratuitement, à ne rechercher aucun bénéfice dans le bien que nous faisons. Mais tu pourrais dire : “Mais Jésus exagère ! Il dit même : « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent » (Mt 5, 44) ; il parle ainsi pour attirer l’attention, mais il ne le pense peut-être pas vraiment”. Si bien sûr ! Jésus n’use pas de paradoxes, il parle sans ambages. Il est direct et clair. Il cite la loi ancienne et il dit solennellement : “Mais moi, je vous dis : aimez vos ennemis”. Ce sont des paroles voulues, précises.

Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent. C’est la nouveauté chrétienne. C’est la différence chrétienne. Prier et aimer : voici ce que nous devons faire ; et pas seulement envers celui qui nous aime, pas seulement envers les amis, pas seulement envers notre peuple. Parce que l’amour de Jésus ne connaît pas de frontières ni de barrières. Le Seigneur nous demande le courage d’un amour sans calculs. Parce que la mesure de Jésus est l’amour sans mesure. Combien de fois n’avons-nous pas négligé ses requêtes, en nous comportant comme tout le monde ! Et pourtant, le commandement de l’amour n’est pas une simple provocation, il se trouve au cœur de l’Evangile. Sur l’amour envers tous, nous n’acceptons pas d’excuses, nous ne prêchons pas des complaisances confortables. Le Seigneur n’a pas été complaisant, il n’a pas fait de concessions, il nous a demandé l’extrémisme de la charité. C’est l’unique extrémisme chrétien : celui de l’amour.

Aimez vos ennemis. Ça nous fera du bien de répéter à nous-mêmes ces paroles et de les appliquer aux personnes qui nous maltraitent, qui nous dérangent, que nous avons du mal à accueillir, qui nous enlèvent la sérénité. Aimez vos ennemis. Ça nous fera aussi du bien de nous poser des questions : “Moi, de quoi je me préoccupe dans la vie : des ennemis, de celui qui me veut du mal ? Ou d’aimer ?”. Ne te préoccupe pas de la méchanceté des autres, de celui qui pense mal de toi. Commence au contraire par désarmer ton cœur par amour de Jésus. Parce que celui qui aime Dieu n’a pas d’ennemis dans le cœur. Le culte à Dieu est le contraire de la culture de la haine. Et la culture de la haine se combat en luttant contre le culte de la plainte. Combien de fois nous nous plaignons pour ce que nous ne recevons pas, pour ce qui ne va pas ! Jésus sait que beaucoup de choses ne vont pas, qu’il y aura toujours quelqu’un qui nous voudra du mal, même quelqu’un qui nous persécutera. Mais il nous demande seulement de prier et d’aimer. Voici la révolution de Jésus, la plus grande de
l’histoire : de l’ennemi à haïr à l’ennemi à aimer, du culte de la plainte à la culture du don. Si nous appartenons à Jésus, c’est le chemin !

Mais tu peux objecter : “Je comprends la grandeur de l’idéal, mais dans la vie c’est autre chose ! Si j’aime et si je pardonne, je ne survis pas dans ce monde où prévaut la logique de la force et où il semble que chacun ne pense qu’à soi”. Mais alors, la logique de Jésus est-elle perdante ? Elle est perdante aux yeux du monde, mais gagnante aux yeux de Dieu. Saint Paul nous a dit dans la deuxième Lecture : « Que personne ne s’y trompe, car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu » (1 Co 3, 18-19). Dieu voit plus loin. Il sait comment l’on gagne. Il sait que le mal se vainc seulement par le bien. Il nous a sauvés ainsi : non par le glaive mais par la croix. Aimer et pardonner, c’est vivre comme des vainqueurs. Nous perdrons si nous défendons la foi par la force. Le Seigneur répéterait, à nous aussi, les paroles qu’il a dites à Pierre à Gethsémani : « Remets ton épée au fourreau » (Jn 18, 11). Dans les Gethsémani d’aujourd’hui, dans notre monde indifférent et injuste, où il semble qu’on assiste à l’agonie de l’espérance, le chrétien ne peut pas faire comme ces disciples qui ont d’abord pris l’épée avant de s’enfuir. Non, la solution n’est pas de sortir l’épée contre quelqu’un et encore moins de fuir les temps que nous vivons. La solution est la voie de Jésus : l’amour actif, l’amour humble, l’amour « jusqu’au bout » (Jn 13, 1).

Chers frères et sœurs, aujourd’hui Jésus, avec son amour sans limites, met haut la barre de notre humanité. A la fin, nous pouvons nous demander : “Et nous, allons-nous réussir ?”. Si le but avait été impossible, le Seigneur ne nous aurait pas demandé de l’atteindre. Mais seuls, c’est difficile ; c’est une grâce qui doit être demandée. Demander à Dieu la force d’aimer, lui dire : “Seigneur, aide-moi à aimer, enseigne-moi à pardonner. Je ne peux pas tout seul, j’ai besoin de Toi”. Et la grâce de voir les autres, non pas comme des obstacles et des complications, mais comme des frères et des sœurs à aimer, doit être demandée. Très souvent, nous demandons des aides et des grâces pour nous, mais nous demandons si peu de savoir aimer ! Nous ne demandons pas assez de savoir vivre le cœur de l’Evangile, d’être vraiment chrétiens. Mais « au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour » (S. JEAN DE LA CROIX, Parole de lumière et d’amour, 57). Choisissons aujourd’hui l’amour, même s’il coûte, même s’il va à contre-courant. Ne nous laissons pas conditionner par la pensée commune, ne nous contentons pas des demi-mesures. Accueillons le défi de Jésus, le défi de la charité. Nous serons de vrais chrétiens et le monde sera plus humain.

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Message par Isabelle-Marie Aujourd'hui à 10:30

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Méditerranée : une région « si importante pour la paix dans le monde »

Paroles du pape à l’angélus à Bari (Traduction intégrale)

« Faire grandir la culture de la rencontre et du dialogue dans cette région si importante pour la paix dans le monde », c’est l’encouragement du pape François aux évêques de la région méditerranéenne qu’il a rencontrés ce 23 février 2020, à Bari.

Après la messe qu’il a célébrée en plein air sur le Corso Vittorio Emanuele II, le pape a prié l’angélus avec la foule, introduisant la prière mariale en remerciant la soixantaine d’évêques venus de 20 pays du rivage méditerranéen.

Voici notre traduction des paroles du pape qui a aussi lancé un appel pour la Syrie.

Paroles du pape à l’angélus

Chers frères et sœurs,

Tandis que nous sommes réunis afin de prier et de réfléchir à la paix et au sort des peuples qui donnent sur la Méditerranée, sur l’autre rive de cette mer, en particulier au nord-ouest de la Syrie, se consume une immense tragédie. De nos cœurs de pasteurs, s’élève un appel aux acteurs impliqués et à la communauté internationale, afin que se taise le fracas des armes, et que l’on écoute les gémissements des plus petits et des sans-défense ; pour que l’on mette de côté les calculs et les intérêts pour protéger les vies des civils et de nombreux enfants innocents qui en paient les conséquences. Prions le Seigneur, afin qu’il touche les cœurs et que tout le monde puisse dépasser la logique de l’affrontement, de la haine et de la vengeance pour se redécouvrir frères, enfants d’un seul Père, qui fait briller le soleil sur les bons et sur les mauvais (cf. Mt 5,45).

Invoquons l’Esprit Saint pour que chacun de nous, à partir de gestes d’amour quotidiens, contribue à construire des relations nouvelles, inspirées par la compréhension, par l’accueil, par la patience, en posant ainsi les conditions pour expérimenter la joie de l’Evangile et la répandre dans tous les domaines de la vie. Que la Vierge Marie, l’“Etoile de la Mer” [Sainte Mère de Dieu] vers laquelle nous regardons comme exemple le plus élevé de fidélité à Jésus et à sa parole, nous aide à marcher sur cette voie.

Avant de réciter ensemble l’Angélus, je remercie du fond du cœur tous les évêques et ceux qui ont participé à cette rencontre sur la Méditerranée comme frontière de paix ; ainsi que tous ceux – et ils sont nombreux ! – qui ont travaillé de diverses façons pour sa bonne réussite. Merci à tous pour sa bonne réussite. Merci à tous ! Vous avez contribué à faire grandir la culture de la rencontre et du dialogue dans cette région si importante pour la paix dans le monde.

Traduction de Zenit, Anne Kurian

Messe et Angelus à Bari avec le Pape François

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