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Le Monde invisible - le spiritisme en face de la théologie catholique

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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:55

I. - Différence entre les œuvres de Jésus-Christ et les phénomènes spirites

1. Pour montrer la grande différence qu'il y a entre les œuvres de Jésus-Christ et les phénomènes spirites, il faut observer, premièrement, que notre Sauveur, en accomplissant ses œuvres miraculeuses, si nombreuses et si variées, n'a jamais eu recours à cette mise en scène compliquée et théâtrale, dont les spirites professionnels entourent leurs réunions mystérieuses. Les miracles de Jésus-Christ ne s'accompagnent d'aucune de ces manœuvres étudiées qui abondent dans les séances occultes, telles que le choix habile de lieu, de temps et de personnes, de chambres noires ou demi-obscures, de position spéciale des assistants, assis autour d'une table ou d'un meuble de forme déterminée ; le Christ ne recherchait pas, pour accomplir ses œuvres surnaturelles, un état comateux ou cataleptique, soit en lui-même, soit dans les personnes sur lesquelles il opérait.
Le Sauveur, en effet, faisait ses miracles sans préparation antérieure et sans appareil d'aucune sorte ; il les faisait n'importe en quel lieu et n'importe en quel temps, sur toutes sortes de personnes, sans l'ombre d'une hésitation ; la plupart du temps il opérait instantanément sans jamais s'inquiéter de savoir si les circonstances étaient favorables ou non à ce qu'il avait dessein d'accomplir.
2. En outre, les agents spirites exigent, comme une règle nécessaire, comme une condition de succès, l'exclusion de personnes hostiles à leurs pratiques. Jésus-Christ, au contraire, accomplissait ses miracles aussi bien parmi ses amis que parmi ses ennemis, ces derniers étant souvent plus nombreux que les premiers et prêts à le convaincre d'erreur ou l'accuser de fraude, si le cas avait pu se présenter.
3. Tout ce que le Christ a réalisé de merveilleux porte toujours la marque d'une simplicité, d'un naturel et d'une dignité incomparables, que nous chercherions en vain dans les pratiques spirites. Dans les actes de Notre-Seigneur jamais de ces étranges incidents qui caractérisent les phénomènes des séances occultes : coups répétés, introduction d'un objet dans une boîte fermée ou sortie de cet objet sans ouverture de la boîte, élévation soudaine d'un meuble ou d'une personne, émission spontanée de sons musicaux, et choses semblables. Nous ne voyons pas non plus que Jésus-Christ ait jamais mis en oeuvre sa puissance dans le but d'amuser les multitudes ou de satisfaire leur curiosité, même quand il fut sollicité de le faire par un roi aussi puissant qu'Hérode . En outre, dans les faits spirites, l'intérêt propre, la vaine gloire, et, en général, l'avantage privé sont clairement visibles. Jamais il n'est arrivé, au contraire, que Jésus ait fait usage de sa puissance dans un but de lucre, d'avancement ou de profit personnel d'aucune sorte.
4. Observons encore que les séances spirites ont pour résultat habituel de fatiguer outre mesure la constitution physique de ceux qui y prennent part et plus spécialement du médium, les laissant déprimés nerveusement pendant plusieurs jours, si bien qu'un médium donne rarement plus d'une séance ou deux par semaine, et chaque fois pendant une heure ou deux seulement. Les miracles accomplis par Jésus-Christ, au contraire, l'ont toujours laissé en santé parfaite, en pleine possession de ses facultés physiques et intellectuelles, capable de se livrer à ses saints labeurs tout le long du jour et même tard dans la nuit.
5. Ce que nous venons maintenant d'établir à propos de la différence entre les œuvres merveilleuses du Christ et la production des phénomènes spirites vaut également pour tous les miracles de notre Sauveur, y compris celui de sa glorieuse Transfiguration. Nous faisons mention de ce miracle, parce que les spirites modernes ont tenté de réduire cet événement à une simple manifestation due au contact de Notre-Seigneur avec les âmes des défunts, Moïse et Élie qui, d'après eux, étaient simplement des esprits matérialisés, tels que ceux apparaissant aujourd'hui au cours des séances médiumniques. Si simple, cependant, si sincère est le récit de l'Évangile, qu'il exclut tout soupçon de l'une ou l'autre de ces manœuvres accompagnant d'habitude les phénomènes spirites. Remarquons, en outre, que l'apparition d'Élie ne pouvait en aucune manière être une matérialisation, puisque son âme n'est pas encore séparée de son corps.



II. - Différence entre l'enseignement de Jésus-Christ et les prétendues révélations du Spiritisme

1. Nous arrivons maintenant à la différence entre la doctrine prêchée par Jésus-Christ et les allégations des médiums modernes, présentées par eux comme étant les révélations des esprits désincarnés. Ceux-là même qui sont peu familiers avec le texte des Saintes Écritures peuvent facilement apercevoir la différence immense qui sépare ces racontars futiles des discours de Notre-Seigneur, si remplis de vérités sublimes et pénétrés d'une sagesse et d'une onction toute céleste. Les messages provenant soi-disant d'esprits vivant dans l'au delà, ressemblent plus aux extravagances d'un malade en délire, qu'aux paroles raisonnables d'un homme en bonne santé. Au contraire les paroles prononcées par le Christ et que les Saints Livres nous ont transmises, révèlent toutes une sagesse et une sainteté surhumaines.
2. Ajoutons que les sermons de Notre-Seigneur sont tous marqués au sceau d'une vérité absolue et d'une sincérité parfaite, tandis que le verbiage des esprits est le plus souvent mêlé de fraude et de mensonge. Très fréquemment les esprits se montrent en contradiction flagrante avec eux-mêmes ; il n'est pas rare qu'ils donnent de faux noms ou fournissent des indications dont le contrôle est impossible. Ils se plaisent à des facéties vulgaires et indécentes, soulèvent les assistants par les cheveux ou les tirent par les vêtements, caressent leurs joues, les embrassent, ou se livrent à d'autres actions également ridicules. Or tout ceci répugne à l'idéal élevé qu'incarne la personne sacrée de Jésus-Christ, idéal de dignité, de bonté, de perfection et de vérité.
3. Il y a plus. Non seulement une différence immense existe entre les pratiques spirites et les miracles de Jésus-Christ, entre les révélations des esprits et l'enseignement de notre Sauveur, mais nous voyons en outre que Jésus-Christ s'est proclamé l'ennemi juré des superstitions du spiritisme qu'il n'a cessé de combattre de tout son pouvoir, ainsi que nous allons le démontrer.



III. - Les pratiques spirites combattues par Jésus-Christ

1. On a peine à croire que l'idée puisse venir à un esprit pondéré d'attribuer à Jésus-Christ le caractère d'un médium, voire du plus grand des médiums, alors que toute la vie du Sauveur, nous le savons, oppose la contradiction la plus formelle à une telle assertion. Jamais Jésus ne nous dit que notre devoir est d'aller chercher la vérité auprès des esprits désincarnés. Jamais il ne nous indique la manière de communiquer avec eux. Jamais il ne dicte de règle pour discerner le bien du mal, le vrai du faux dans ces communications. Bien que, en plusieurs occasions, les esprits mauvais l'aient reconnu pour le Messie promis et aient proclamé sa Divinité, néanmoins il refusa toujours d'entrer en communication avec eux. Jamais il n'a cherché à obtenir par eux de secrètes informations.
2. Il y a plus. En racontant les miracles de notre Sauveur, les Évangélistes ont grand soin de rappeler les cas nombreux de possédés qu'on lui présentait pour qu'il les délivrât ; et nous savons comment il chassait effectivement le démon du corps de ces pauvres affligés.
3. Bien loin d'ailleurs de révoquer les condamnations sévères prononcées dans l'ancienne Loi contre la communication avec les esprits des morts, Jésus-Christ les a confirmées de son autorité, protestant qu'il n'était pas venu détruire la Loi mais l'accomplir. Nous pouvons donc, en toute vérité, dire que notre Sauveur, loin d'encourager les pratiques spirites, les a, au contraire, sévèrement condamnées.



IV. - Comparaison impossible entre les miracles de Jésus-Christ et les pratiques spirites

1. Comme conclusion de ce que nous venons d'exposer, nous pouvons affirmer qu'entre les œuvres merveilleuses de Jésus-Christ, démontrant et confirmant par des miracles sa mission divine, et les manifestations spirites, il existe un vaste abîme impossible à franchir.
Tous les prodiges de notre Sauveur, quelle que soit leur nature, furent accomplis par Lui avec une dignité surhumaine, une paix, une possession de soi parfaites, sans une ombre de doute et loin de toute ostentation. Ses miracles furent accomplis pour corroborer un enseignement clairement défini dans les Saintes Écritures, une doctrine qui élève l'homme au-dessus de l'ordre naturel et est en harmonie parfaite avec les plus nobles aspirations de nos cœurs.
Les phénomènes spirites, d'autre part, sont toujours marqués par la variabilité et l'incertitude. Ils apportent avec eux l'empreinte de quelque chose d'antinaturel qui offense la dignité humaine. Ils laissent chez ceux qui les évoquent des signes indubitables d'affaiblissement moral et intellectuel, aussi bien que de dommage physique. Les messages transmis par le moyen de ces phénomènes, au lieu d'améliorer et de perfectionner la vie de l'individu ou de la société, conduisent l'homme à l'ignorance de sa fin réelle qui est le bonheur parfait dans la vision de Dieu.
2. C'est donc une supposition fausse et absurde que de représenter Jésus-Christ comme un spirite, si hautement évolué qu'on puisse le supposer. C'est aussi la plus grave des insultes que l'on puisse faire au Roi divin de l'humanité venu sur la terre dans le but exprès de détruire le règne de Satan, cet ennemi irréconciliable de Dieu et de l'homme, qui manifeste son pouvoir et propage l'erreur dans le monde par le moyen des pratiques spirites.
3. Par conséquent, quiconque a l'amour de la vérité et conserve encore un certain degré de respect et de vénération pour la personne sacrée de Jésus-Christ, quiconque est conscient de sa propre dignité et soucieux du salut de son âme, doit comprendre que son devoir strict est d'éviter des pratiques qui sont une injure grave pour notre divin Rédempteur, qui exposent l'homme à des maux sans nombre pour le corps et pour l'âme et qui ont pour effet immédiat de rabaisser le caractère intellectuel et moral. L'amour et le respect que nous devons à notre Créateur doivent nous persuader de nous abstenir de toute communication avec des êtres qui sont les ennemis jurés de la Divinité. «Ne prenez aucune part, dit saint Paul, aux œuvres stériles des ténèbres, mais plutôt condamnez-les. »

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:55

CHAPITRE V - LES EXORCISMES DE L'ÉGLISE

1. C'est une loi divine, dit le docteur angélique, saint Thomas , que quiconque cède à la suggestion d'un autre pour commettre une faute, est, par punition, soumis au pouvoir de celui à la suggestion duquel il a obéi. Saint Pierre a solennellement affirmé cette vérité quand il a dit : « On est esclave de celui par qui on s'est laissé vaincre ».
Nous comprenons par là facilement comment les spirites professionnels et surtout les médiums, qui se mettent eux-mêmes sous l'influence du démon dont ils deviennent les humbles serviteurs, se placent en même temps sous le joug des passions effrénées dont il est l'instigateur et qui les portent fréquemment à commettre des actions irraisonnables et même immorales et indignes d'un être humain. Le démon, une fois servi par l'homme, grâce à ces pratiques superstitieuses, le soumet aisément à sa tyrannie cruelle et implacable.
2. C'est précisément pour nous affranchir de cette tyrannie diabolique que Jésus-Christ a donné à son Église le pouvoir de délivrer ceux qui sont obsédés par le démon. Ce pouvoir s'exerce par des rites spéciaux que l'on nomme exorcismes. De même que notre Sauveur n'a jamais cessé, pendant sa vie mortelle, de faire la guerre à l'ennemi commun de tout bien, de même il a confié à son Église, qui continue son œuvre sur la terre, le pouvoir de chasser les démons du corps des hommes.
3. Il convient de parler ici de ce pouvoir. Toutefois, pour renseigner le lecteur plus complètement, nous parlerons d'abord des exorcismes que pratiquaient les juifs. Nous expliquerons ensuite brièvement la nature des exorcismes chrétiens et nous terminerons en examinant, pour la résoudre, la question qui se pose au sujet de la différence existant entre les exorcismes et les miracles véritables.


Dernière édition par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:56, édité 1 fois

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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:56

I. - Les Exorcismes chez les Juifs

1. C'est un fait avéré que la Synagogue eut, avant la fondation de l'Église Chrétienne, ses exorcistes, ainsi qu'en témoigne la Sainte Écriture. C'est ainsi que lorsque les juifs accusèrent Jésus-Christ de chasser les démons par le prince des démons, le Sauveur leur répondit : « Si moi je chasse les démons par Béelzébub, par qui vos fils les chassent-ils ? » . Il reconnaissait donc ainsi à la Synagogue un certain pouvoir d'exorciser les possédés. Et quand certains Juifs, qui ne comptaient pas parmi ses disciples, se servirent du nom du Christ pour exorciser les possédés, chose que les disciples voyaient avec déplaisir, Jésus ne les priva pas pour autant de ce pouvoir.
2. Encore plus explicite est le témoignage des Actes des Apôtres, où il est raconté que des exorcistes juifs ayant vu que saint Paul chassait les démons au nom de Jésus-Christ, essayèrent, mais vainement, de faire de même.
3. La manière dont ces exorcistes juifs exerçaient leur office comportait, pour la plus grande partie, un mélange de pratiques superstitieuses. Ils se servaient de charmes, d'herbes et de filtres, comme les magiciens et les sorciers avaient coutume de le faire et le font encore aujourd'hui. Josèphe rapporte qu'ils se servaient, d'une certaine manière, de poèmes spéciaux, qu'ils prétendaient avoir été composés par Salomon lui-même.
4. Le docteur angélique, saint Thomas, examinant cette question , dit que si Salomon a vraiment composé ces poèmes avant sa chute dans l'idolâtrie, on doit les garder comme de pures et saintes prières sinon, on doit les rejeter comme superstitieuses, magiques et illicites. De fait, ni la tradition juive, ni la tradition chrétienne, ne reconnaissent comme authentiques ces poèmes attribués au célèbre roi. On les rejette donc avec raison comme apocryphes, sinon comme une production littéraire sans intérêt d'aucune sorte.



II. - Les Exorcismes chrétiens

1. L'office d'exorciste, dans l'Église Catholique, est un ordre ecclésiastique par lequel un clerc reçoit le pouvoir spirituel d'imposer les mains aux énergumènes, baptisés ou non, et de lire sur eux les exorcismes rituels, pour contraindre les démons à quitter les corps des possédés.
2. Cet ordre n'a pas été directement institué par Notre-Seigneur, mais plutôt par l'Église, en vertu du pouvoir surnaturel que son divin fondateur lui a transmis d'instituer des rites ordonnés au bien général de la société chrétienne.
Nous n'avons pas de preuve que cet ordre fut conféré ou exercé au cours des trois premiers siècles de l'Église. Mais au commencement du quatrième, nous trouvons des clercs spécialement députés dans les Églises chrétiennes des diverses parties du monde, pour se servir de ce rite et délivrer de la tyrannie de Satan ces malheureuses victimes.
3. Aux premiers siècles de l'Église, alors que, la foi était extrêmement vive, les chrétiens possédaient en général, ce pouvoir, de même qu'ils possédaient le don des langues, de prophétie ou d'interprétation des langues. Non que tous les chrétiens possédassent ces dons, tous et chacun sans distinction, mais l'Esprit de Dieu « qui les distribue à chacun en particulier comme il lui plaît » , les répandait parmi les fidèles, donnant tel don à celui-ci, tel autre à celui-là, pour l'édification de l'Église.
4. Il semble que les fidèles aient exercé ce pouvoir même en faveur des païens, et l'on peut à ce sujet citer l'autorité de Tertullien, écrivant dans son Apologie : «Qui donc, hors les chrétiens, pourrait arracher vos âmes et vos corps à ces ennemis cachés qui mènent tous les hommes à la ruine ? Je parle des démons qui vous assiègent et dont nous vous délivrons sans récompense et sans salaire. Ce nous serait une vengeance suffisante de les laisser vous posséder librement. Mais vous, par contre, oubliant le bienfait d'une telle protection, vous avez préféré traiter en ennemis des personnes qui non seulement ne vous font aucun mal, mais qui vous sont, en réalité, nécessaires : soit, ces personnes sont bien des ennemis, mais des ennemis de l'erreur, non pas de l'homme.  »
5. Mais ce n'est pas seulement aux premiers temps de l'Église que des chrétiens privilégiés ont exercé ce pouvoir de chasser les démons. L'histoire ecclésiastique nous apprend, en effet, qu'un grand nombre de Saints l'ont, de tout temps, exercé. Il suffit de lire la vie des serviteurs de Dieu qui se distinguèrent par leur vertu et leur sainteté pour se convaincre du pouvoir que Notre-Seigneur leur a donné sur ces ennemis de l'humanité. Nous voyons en effet, que les Saints, tantôt par la parole, tantôt par leur seule présence ou par le contact d'un objet leur appartenant ou encore par leurs reliques corporelles, ont mis fréquemment en fuite les mauvais esprits, soit des corps que ceux-ci affligeaient, soit des lieux qu'ils infestaient.
6. L'Église, pour sa part, a institué le rite spécial dont nous avons parlé, pour obtenir de Dieu, au moyen d'exorcismes appropriés, la délivrance des énergumènes assaillis par ces esprits malins, qui cherchent à nuire à l'homme non seulement en le molestant dans son corps et dans ses facultés, internes et externes, mais aussi en infestant ses demeures, ses animaux, ses plantes, etc. C'est précisément pour fournir un remède à ces maux que la Sainte Église a institué ces exorcismes qui, cependant, ne peuvent être pratiqués que par permission expresse des Ordinaires du lieu. Cette permission est nécessaire en particulier quand il s'agit d'obsession occasionnée par les pratiques spirites, et cela précisément à cause de la difficulté de distinguer les effets diaboliques des phénomènes d'ordre naturel.

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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:57

III. - Comparaison entre les exorcismes et les miracles

1. On aimera peut-être à savoir si cette libération de l'obsession diabolique ou des attaques de la part d'animaux nuisibles, qui s'opère, soit par les prières des Saints, soit par les exorcismes de l'Église, est un miracle dans le sens strict du mot.
Nous répondons à cette question : si ces effets sont produits sans qu'il soit fait usage du rite d'exorcisme institué dans ce but, on peut les qualifier justement de miracles. La raison en est que, dans ce cas, le thaumaturge opère formellement comme ministre ou instrument de Dieu et partage d'une certaine façon son pouvoir d'autorité. C'est pour cela que ce genre de délivrance a lieu en général instantanément et sans aucune résistance de la part du démon, comme l'insinue la Sainte Écriture parlant des délivrances de cette sorte, accomplies par Jésus-Christ pendant sa vie mortelle.
2. Le cas est tout à fait différent quand cette délivrance a lieu par les exorcismes de l'Église. A vrai dire, les effets de ces exorcismes n'appartiennent pas au domaine des miracles proprement dits, puisque la personne autorisée qui les accomplit en vertu du rite institué dans ce but, n'est pas, strictement parlant, un instrument dans la production de ces effets, mais agit comme cause principale. De fait, l'exorciste ne dit pas au démon : « Que Dieu t'exorcise », mais : « Je t'exorcise au nom de Dieu ». De même quand il s'agit de chasser des champs ou des maisons les animaux nuisibles, l'exorciste se sert de termes de commandement, usant ainsi du pouvoir qu'il possède en vertu de son ordination et de la délégation de l'Évêque.
Les effets de cette nature appartiennent donc plutôt aux « ministères » dont parle saint Paul dans sa première épître aux Corinthiens qu'à cette grâce spéciale « gratis data », que l'on appelle « operatio virtutum ».
3. Mais, quel que soit le cas, l'effet désiré ne peut en règle générale se produire, là où la foi fait défaut. Or la foi peut faire défaut dans la personne obsédée, ou dans l'exorciste.
Il est bien naturel que si un énergumène ne croit pas en la puissance des exorcismes de l'Église ou dans celle des Saints, il ne mérite pas d'être par eux délivré du démon, sauf dans le cas où Dieu veut, pour l'édification de son Église, montrer sa puissance même sur les sujets rebelles à ses bienfaits, comme dans le cas des païens auxquels, avons-nous dit , Tertullien fait allusion.
4. Quant à la personne qui chasse le démon, il est évident que la foi, chez elle, est nécessaire pour obtenir ce résultat. Car, si c'est un Saint qui produit cet effet, il possède certainement, avec les autres vertus, la foi surnaturelle ; si c'est un exorciste, il doit au moins avoir la foi requise dans les ministres des sacrements. Une preuve convaincante que l'usage d'objets sacrés, l'invocation du nom de Jésus-Christ ou même les exorcismes de l'Église sont insuffisants quand la foi manque, nous est fournie dans les Actes des Apôtres, là où saint Luc fait mention de certains exorcistes juifs, fils du grand-prêtre Sceva. Ceux-ci, ayant vu que saint Paul, en invoquant le nom de Jésus-Christ, avait chassé les démons du corps des possédés, voulurent opérer de même. Mais comme ils manquaient de cette foi véritable qui est l'âme même des exorcismes, ils échouèrent misérablement. Le malheureux qu'ils avaient tenté d'exorciser « se jeta sur eux, s'en rendit maître et les maltraita si fort, qu'ils s'enfuirent de cette maison nus et blessés ».

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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:57

QUATRIÈME PARTIE - HYPNOTISME ET TELEPATHIE

1. Nous avons vu, dans la précédente partie de cet ouvrage, comment les divers phénomènes spirites qui suscitent l'admiration d'un grand nombre et auxquels sont reliées des communications nouvelles et étranges dans l'ordre spéculatif aussi bien que dans l'ordre moral et pratique, surpassent le pouvoir des agents physiques et non seulement peuvent, mais doivent être attribués à une classe de substances ou intelligences spirituelles d'un caractère immoral, bas et pervers, bien que douées d'une science et d'un pouvoir merveilleux.
Toutefois, comme le spiritisme, pris dans son acception générale, a donné naissance, au cours des temps, à de nouvelles formes d'occultisme, parmi lesquelles l'hypnotisme et la télépathie tiennent une place éminente, il sera utile d'examiner quelle relation ces pratiques et autres semblables ont avec les phénomènes que nous avons étudiés jusqu'ici. Nous serons ainsi à même de savoir ce qu'il faut penser de la moralité des expériences liées à ces pratiques.
2. Nous traiterons donc ici de l'hypnotisme et de la télépathie. Mais il convient d'observer que sous ces deux titres sont comprises toutes les diverses formes d'occultisme qui, développées surtout au cours des années récentes, dérivent comme d'une même source du spiritisme intellectuel. Nous voulons parler de la clairvoyance, de la clairaudience, des pressentiments et de ce que l'on appelle communément transmission de pensée. Toutes ces formes et autres semblables ne sont pas logiquement distinctes entre elles et par suite ne s'excluent pas l'une l'autre ; ainsi l'hypnotisme et la télépathie, par exemple, n'ont pas de ligne de démarcation bien précise. De même que la netteté et la précision sont la propriété de la vérité, ainsi la confusion est la marque de fabrique de l'erreur et du mensonge.
3. Néanmoins, pour jeter un peu de lumière sur ce qui n'est que ténèbres et confusion et pour nous guider dans ce labyrinthe où toutes les voies sont enchevêtrées, nous traiterons séparément, en premier lieu, de l'hypnotisme et, en second lieu, de la télépathie. Sous le premier titre, nous comprendrons tous les phénomènes qui tirent leur origine d'un sommeil provoqué artificiellement. Sous le second titre, nous examinerons les manifestations d'un caractère intellectuel, ayant lieu à distance.

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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 10:13

CHAPITRE I - L'HYPNOTISME

1. Pour bien connaître les traits distinctifs de l'hypnotisme et son mode d'action, il est nécessaire tout d'abord de découvrir quels effets cette forme d'occultisme, unie à la suggestion mentale, peut produire sur l'esprit humain. Nous aurons en outre à étudier la question de moralité ou de légitimité des pratiques hypnotiques en général et, d'une manière spéciale, de celles qui impliquent l'abandon de l'usage du libre arbitre. Nous montrerons ensuite la différence entre la forme d'abandon de la volonté que nécessitent les pratiques hypnotiques et celle que professent les religieux par le vœu d'obéissance, vœu qui semble, à première vue, offrir une ressemblance avec ce qu'exigent les expériences hypnotiques.
2. Nous serons alors en mesure de déterminer quelle condition est requise pour justifier l'usage de l'hypnotisme et de montrer en quoi consiste l'abus de cette forme de sommeil artificiel. Il nous faudra de plus distinguer entre les cures hypnotiques purement naturelles et les phénomènes diaboliques auxquels donne naissance l'abus de ces pratiques. Enfin nous établirons un critérium pour distinguer les phénomènes hypnotiques des faits véritablement miraculeux.
3. On ne peut douter que Dieu ne se serve parfois de l'état de sommeil, soit pour faire connaître à l'homme sa volonté, soit pour lui révéler des événements futurs. Nous avons de ce fait des preuves abondantes dans la Sainte Écriture, aussi bien dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament.
En outre, il peut se faire, étant donné cet état de perception aiguë auquel peuvent s'élever, dans les rêves, nos facultés d'imagination et de réceptivité, que nous en arrivions à connaître, par conjecture, grâce à des pressentiments fondés, les événements à venir; c'est à cet état que se rapportent les songes fatidiques si bien décrits par Dante «Ainsi ruminant, et ainsi les regardant (les étoiles), me prit le sommeil, le sommeil qui souvent, avant qu'il soit, sait ce qui sera. »
4. Mais si le sommeil prend parfois un caractère prophétique, il est le plus souvent en nous l'origine, nous le savons par expérience, de bien des illusions étranges. Le grand poète florentin a décrit l'un des plus curieux aspects de ce genre d'illusion
« Et comme celui qui songe quelque sien dommage, et songeant souhaite que ce ne soit qu'un songe, de sorte qu'il désire ce qui est, comme s'il n'était pas... » .
Or, si le sommeil naturel est capable d'aussi curieux effets, combien de résultats encore plus étranges peut produire en nous le sommeil hypnotique !
Telle est donc la question qui nous occupe ici et que nous nous efforcerons de résoudre à la double lumière de la théologie et de l'expérience scientifique.



I. - Nature de l'hypnotisme

1. L'hypnotisme, son nom l'indique, est une forme particulière de sommeil, que la science moderne nous a rendue familière, et qui diffère du sommeil ordinaire en ce sens qu'il n'est pas amené par une cause naturelle, mais par la volonté ou l'influence d'une autre personne.
Cette influence peut s'exercer de bien des façons. La plus habituelle consiste en gestes, paroles de commandement, toucher des mains de l'opérateur, fixation prolongée des yeux du sujet sur les yeux de l'hypnotiseur, sur une boule de cristal, sur un disque lumineux, et choses semblables.
2. Le sommeil hypnotique diffère de caractère non seulement avec le sommeil naturel, mais aussi avec le sommeil provoqué par des moyens artificiels et des substances narcotiques, telles que l'éther, le chloroforme, l'opium et l'alcool, ce genre de sommeil étant produit par l'absorption et l'assimilation des substances susdites, tandis que, dans les manœuvres hypnotiques, il n'est dû qu'à l'action d'agents mécaniques et extérieurs. Le sommeil hypnotique comporte la suspension partielle ou entière de la sensibilité extérieure.
3. Mais une différence encore plus radicale existe entre le sommeil hypnotique et les autres formes de sommeil naturel ou artificiel. Cette différence gît dans le fait que pour ces dernières formes, l'abandon habituel, explicite ou tacite, de la volonté n'est pas nécessaire, comme c'est souvent le cas pour l'hypnotisme. La simple fatigue, ou, dans le cas du sommeil artificiel, la simple absorption et assimilation des substances narcotiques désignées plus haut, suffit pour produire l'effet désiré. Le sommeil hypnotique, au contraire, ne se produit pas habituellement, si le patient ne soumet pas, au moins implicitement, sa volonté à la volonté de l'hypnotiseur.



II: - Effets de l'hypnotisme

1. Parmi les effets de l'hypnotisme il en est un assez grand nombre qui sont plus ou moins communs aux autres genres de sommeil artificiel. Tels sont les phénomènes dits somatiques : sommeil prolongé, frappante rigidité des membres, trouble profond, bien que temporaire, du système nerveux. Tels sont aussi, dans une certaine mesure, la léthargie ou le coma, la catalepsie et le somnambulisme. Tous ces effets, d'autre part, sont communs également à, une forme spéciale de sommeil naturel intense, dans lequel peuvent se produire une très grande variété de phénomènes, dus à diverses circonstances, telles que la nourriture et la boisson, et à l'état particulier du sujet au point de vue de sa santé physique et mentale.
2. Ce qui constitue la caractéristique particulière du sommeil hypnotique est la suggestion, par laquelle une personne peut, au commandement de l'opérateur, tomber dans un état cataleptique, perdre le contrôle de ses sensations et obéir à la voix et à la volonté de l'hypnotiseur. Celui-ci et celui-ci seulement, peut alors provoquer une suggestion, dans le but de faire disparaître une maladie, une douleur quelconque ; seul, il peut exiger l'obéissance et faire accomplir au sujet une action de son choix, à un moment fixé par lui et comme il le veut. Au moment fixé, par conséquent, le sujet s'éveillera, n'ayant aucune conscience de l'idée suggérée, mais néanmoins, à la minute indiquée, il obéira à la suggestion faite ou exécutera l'ordre reçu.
3. Une autre forme d'influence hypnotique est celle qui consiste à donner à distance un ordre mental à une personne que l'on fait ainsi tomber dans un profond sommeil et que l'on pousse de cette manière à exécuter l'ordre donné, tant que continue l'état d'hypnose.
4. On sait que les phénomènes hypnotiques sont d’un caractère complexe et varié et remarquables par leur production capricieuse et irrégulière. Ils ont cependant ceci de commun que tandis que l'imagination travaille activement, le libre arbitre, aussi bien que la sensibilité extérieure, sont suspendus, sauf qu'en bien des cas la vue, de même que l'ouïe, restent sensibles à l'impression des objets extérieurs, et que la langue demeure capable de formuler des phrases articulées. Toutefois ces organes, aussi bien que les autres sens, souffrent d'un tel désordre et les nerfs sensitifs sont troublés et paralysés à tel point, que les phénomènes en question n'ont rien de commun avec ceux qui accompagnent la marche ordinaire de la nature.
5. Quel jugement pouvons-nous formuler sur la légitimité des pratiques hypnotiques ? Doit-on les condamner sans réserve, ou bien y a-t-il des circonstances où nous puissions, dans certaines conditions avoir recours à ce moyen essentiellement artificiel ?



III. - Est-il permis de recourir à l'hypnotisme?

1. Tout d'abord il est à peine nécessaire de dire que si l'on s'adonne aux pratiques hypnotiques dans un but délibérément mauvais, et avec l'intention d'éluder ainsi les lois de l'ordre moral, une telle manière d'agir ne peut se justifier en aucune circonstance. Cela est de toute évidence pour un esprit sensé et se passe de tout commentaire.
2. La question principale est celle-ci : Est-il licite d'avoir recours à ces pratiques, par exemple, dans un but médical, afin de découvrir quelque nouveau remède à des maladies ou à des désordres corporels invétérés ? Peut-on s'en servir pour obtenir quelque nouvelle application des lois physiques, en vue de promouvoir l'avancement des sciences et des arts ?
En réponse à cette question, nous ne pouvons que signaler le verdict que donnent unanimement les théologiens catholiques, c'est-à-dire: que c'est l'abus de l'hypnotisme et du magnétisme et non leur usage qui doit être condamné. Tel est, en substance, le sens des jugements rendus à diverses reprises par les Congrégations Romaines.
La question proposée se réduit donc à ceci: en quoi consiste l'usage et en quoi consiste l'abus des pratiques hypnotiques ?
3. Il faut bien admettre que les formes sous lesquelles se présentent ces pratiques sont si variées et les phénomènes qui en résultent si nombreux et complexes, que ce n'est pas chose facile de tracer une ligne de démarcation très nette et de dire avec précision où finit l'usage légitime et où commence l'abus de l'hypnotisme. Nous ne pouvons donc prétendre d'aucune façon offrir une solution finale à ce problème extrêmement compliqué ; nous essaierons néanmoins d'indiquer comment nous pouvons distinguer ces pratiques les unes des autres et reconnaître celles qui sont convenables et licites.
4. Qu'un médecin, soucieux d'épargner à un patient la torture d'une opération grave, lui fasse respirer du chloroforme et que le patient, tombant alors dans un profond sommeil, ne ressente aucune douleur pendant la dite opération, il n'y a là rien que l'on puisse considérer comme une infraction à la loi morale. Il n'en serait ainsi qu'au cas où l'on se servirait de l'état d'inconscience dans une intention mauvaise et où le patient, privé de l'usage de son libre arbitre, serait amené à commettre des actes d'un caractère immoral.
De même il ne peut rien y avoir de blâmable à ce que l'on prie une personne de fixer un objet lumineux dans le but de créer chez elle un état passager de strabisme qui finisse par la plonger dans le sommeil artificiel. Un tel procédé voulu, pour une bonne fin, n'a certainement rien que de légitime. Il ne deviendrait immoral que si l'effet était produit pour un motif coupable et si l'état d'inconscience devait servir à un but illicite.
5. Par conséquent, tant que l'intention de l'opérateur est bonne et qu'il n'y a rien à objecter aux moyens matériels employés pour amener le sommeil, qui n'est pour le sujet qu'un état d'insensibilité avec ses conséquences naturelles, on peut considérer qu'aucune loi n'est enfreinte et qu'aucune obligation n'est violée. L'hypnotisme peut donc être employé comme n'importe quel autre remède médical mis en oeuvre dans un but bienfaisant et respectueux des lois morales.

Charles-Edouard
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Le Monde invisible - le spiritisme en face de la théologie catholique - Page 3 Empty Re: Le Monde invisible - le spiritisme en face de la théologie catholique

Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 10:50

IV. - L'abandon du libre arbitre dans l'hypnotisme

1. Ce que nous avons dit jusqu'à présent de l'hypnotisme est loin d'avoir épuisé notre sujet. Il reste en effet beaucoup à dire sur les pratiques hypnotiques. En effet, des circonstances existent, où celles-ci doivent être nettement dénoncées comme une infraction à la loi morale et comme constituant l'abus dont nous venons de parler.
Cet abus n'est autre que l'abandon du libre arbitre de l'homme au contrôle de l'hypnotiseur. Cet abandon n'a pas besoin d'être nécessairement explicite, le libre arbitre étant abandonné par le simple fait que le sujet accepte de se soumettre à l'influence de l'hypnotiseur en obéissant à sa suggestion.
Que cet abandon soit une condition essentielle du succès des expériences, c'est ce qui ressort avec évidence du fait que le sujet hypnotisé n'a aucun contrôle de lui-même dans l'acte d'obéir à la suggestion reçue et qu'il ne garde aucun souvenir des actes accomplis dans l'état d'hypnose.
2. Nous savons, en outre, que c'est justement la résistance de la volonté du sujet qui constitue le réel obstacle à la production du phénomène. Il peut se faire que le sommeil hypnotique s'empare d'une personne contre sa volonté, mais alors aucun pouvoir de suggestion ne peut la contraindre à exécuter un ordre donné, surtout quand, au lieu d'un acte de soumission, il y a eu auparavant une résistance active et formelle à l'exercice d'un tel pouvoir.
3. Or, si nous considérons que le libre arbitre est pour l'homme le plus précieux des biens et en même temps le plus utile, puisque par lui nous pouvons mériter le ciel, c'est-à-dire la vision béatifique, il devient évident qu'un tel don ne peut être livré qu'à Dieu seul qui en est l'Auteur et que son abandon, pour le but indiqué, c'est-à-dire pour exécuter les ordres de l'hypnotiseur, est une pratique illicite et constitue un abus réel.
4. Mais une autre raison existe, qui oblige à regarder comme illicite l'abandon implicite ou explicite de la volonté dans l'hypnotisme.
Un tel abandon, fait d'une façon générale, ouvre la porte à toutes sortes d'irrégularités, aussi bien de la part du sujet, que de celle de l'opérateur, et peut amener des résultats opposés à la loi de l'ordre et de la morale. L'histoire de l'hypnotisme fournit de nombreux exemples à l'appui de cette assertion.
5. Si l'on objecte que cet abandon peut se borner à des effets purement thérapeutiques, nous répondrons qu'on ne peut, même dans ce cas, le tenir pour légitime. Ce qui appartient à notre santé physique, comme les fonctions de notre vie végétative, ne dépend pas réellement de notre volonté qui n'est pas naturellement capable de rétablir par elle-même la santé de notre corps.
6. Il est vrai que la suggestion, sans accord préalable, peut, dans certaines formes de maladies mentales, persuader le patient que le trouble a disparu ; elle devient alors un moyen de soulager la douleur et de rétablir la santé, soit tout à fait, soit du moins en partie. Mais, dans ce cas, c'est l'imagination, et non la volonté, qui se trouve sous l'empire de l'opérateur, et c'est à l'imagination que les effets obtenus doivent être attribués. Le lecteur voudra bien se rappeler ici ce que nous avons dit du pouvoir de l'imagination. Ce qui est certain c'est que le cas serait différent s'il y avait de la part du patient un abandon explicite ou tacite du libre arbitre. Il serait alors permis de reconnaître l'action d'un agent supérieur invisible, introduit dans le champ d'opération, précisément par suite de cet abandon du libre arbitre.
7. Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que les effets susceptibles d'être produits par la simple suggestion sont toujours enfermés dans certaines, limites, proportionnés qu'ils sont à la cause par laquelle ils sont produits et qui est une cause naturelle. Aussi, les cures ainsi obtenues appartiennent-elles au domaine de la science médicale et ne sauraient être confondues avec les miracles véritables, qui sont l'œuvre immédiate de Dieu surpassant toutes les forces de la nature créée.
8. C'est pour déterminer jusqu'à quel point les maladies en rapport avec le système nerveux peuvent être soulagées ou même complètement éliminées par l'activité de notre imagination, que la question touchant l'hypnotisme a été étudiée récemment avec tant de persévérance par des médecins sérieux. Les résultats obtenus jusqu'ici sont, il est vrai, peu nombreux et incertains ; mais nous pouvons espérer que, grâce à de nouvelles expériences ajoutées à la somme de connaissances que nous possédons déjà, il deviendra possible de déterminer avec une suffisante précision ce que peut réaliser la simple suggestion naturelle et ce dont elle est incapable.
Il est clair cependant que tout essai tendant à établir dans le détail des cas quelles opérations sont propres à chacun de ces deux ordres d'agents, est condamné à l'insuccès. Les esprits invisibles, en effet, travaillant sur l'imagination du patient, nous ne pouvons jamais savoir avec certitude si les effets surprenants qui se produisent sont uniquement le résultat d'une imagination fonctionnant dans des conditions anormales ou s'ils sont dus, au moins en partie, à l'influence exercée sur elle par les esprits.
9. Quoi qu'il en soit, nous pouvons dire avec certitude que des effets existent, dépassant complètement les limites dans lesquelles le pouvoir de l'imagination peut s'exercer. Ce sont les phénomènes appartenant à l'ordre intellectuel et qui sont communs à la suggestion et au spiritisme. Telles sont, par exemple, les diverses formes de clairvoyance, les remarques que nous avons faites à leur sujet s'appliquant également à la clairvoyance provoquée par l'hypnose.
Puisque l'abandon de la volonté, condition nécessaire pour obtenir ces effets, est un moyen inadéquat à leur égard et du reste pernicieux de soi, l'emploi de ce moyen doit être tenu pour illicite. Des agents, autres que les agents visibles, opèrent certainement ici, et avec ceux-là nous ne saurions avoir aucun commerce.
10. En résumé nous disons : l'hypnotisme, employé d'une façon licite, c'est-à-dire simplement comme moyen pour produire un sommeil artificiel et cela dans le but d'obtenir certains effets thérapeutiques, n'a rien en soi qui appelle une condamnation. Mais quand il s'accompagne de l'abandon explicite ou implicite de la volonté, complètement ou en partie, il devient certainement illégitime, quel que soit le fruit que l'on espère en tirer.



V. – Le Vœu d’obéissance

1. Ici peut se présenter une objection fondée sur le fait que le voeu d'obéissance, fait pour la vie à une autre personne dans les Ordres religieux, comporte réellement un abandon de la propre volonté. Or aucune raison ne peut s'opposer à ce qu'un abandon de même nature soit légitimement fait à un médecin dans un but honnête.
Cette objection a du poids et veut qu'on s'y arrête. Nous allons donc essayer d'établir la différence existant entre ces deux formes d'abandon de la volonté humaine : celle qui se fait dans l'hypnose et celle qui se pratique dans l'état religieux.
2. Tout d'abord le vœu fait par un religieux est ordonné à un bien moral supérieur, c'est-à-dire à la vie éternelle, but essentiel de l'ordre surnaturel. D'autre part, le rétablissement de la santé corporelle, pour lequel l'hypnotisme et la suggestion semblent tout d'abord avoir été inventés, n'est pas une chose d'une valeur supérieure et dont la possession exigerait l'abandon du libre arbitre. En effet, l'hypnotisme, dans la plupart des cas, n'implique pas seulement une simple suspension de la volonté, comme cela se produit dans le sommeil ordinaire, mais il comporte la soumission de la personne de l'hypnotisé à celle de l'hypnotiseur. Or souffrir une telle perte - celle du bien naturel le plus grand que nous possédions - ne serait-ce que pour un temps, dans l'espoir d'un bien inférieur qui est la santé corporelle, est un acte qui ne peut que répugner à une personne jouissant d'un jugement droit et sain.
3. Une autre différence existe encore quant au degré d'importance entre l'abandon du libre arbitre dans le cas de l'hypnotisme et dans celui de la profession religieuse. Un religieux, par le vœu qu'il prononce, non seulement ne s'oblige pas à obéir à ses supérieurs dans des choses illicites, mais, même dans celles qui sont bonnes et saintes, il ne s'engage que par rapport aux prescriptions établies dans sa règle, le voeu d'obéissance étant fait par un religieux conformément à la règle qu'il professe. Une personne, au contraire, qui se soumet aux procédés de l'hypnotisme, s'expose au danger de suivre aveuglément la volonté de l'hypnotiseur, que l'ordre qu'elle reçoit soit moral ou immoral. L'hypnotisme ouvre donc la porte à la possibilité d'une personne commettant un crime, serait-il monstrueux, tel que peut le lui suggérer l'hypnotiseur, sans que l'on soit en mesure de découvrir le vrai coupable ou de punir conformément à la justice le forfait qui a pu être perpétré. C'est pour ce motif que des hommes ayant souci des mœurs publiques se sont prononcés contre des pratiques entraînant d'aussi redoutables conséquences.
4. Mais une différence encore plus marquée existe entre la profession religieuse et la suggestion hypnotique. Elle consiste dans la diversité des formes que revêt l'abandon de la liberté en l'un et l'autre cas. Une personne hypnotisée, par le fait qu'elle est contrainte d'exécuter les ordres qu'elle reçoit, alors qu'elle est privée de l'usage de son libre arbitre, perd en même temps sa liberté physique et morale; elle devient un simple instrument aux mains de l'hypnotiseur, qui s'en sert comme il lui plaît. En exécutant ainsi les ordres de l'hypnotiseur, cette personne est incapable de mérite ou de démérite ; elle n'a pas la responsabilité réelle de ses actes, sinon d'une manière générale, c'est-à-dire en tant que, par son consentement préalable à subir les manœuvres hypnotiques, elle assume virtuellement toutes les conséquences possibles de cet acte. Un religieux, au contraire, est toujours libre de toutes ses actions; son vœu ne lui retire pas la possibilité physique de rompre ses promesses et l'accomplissement de ses obligations est toujours pour lui une source de mérites nouveaux.
5. Nous pouvons donc conclure qu'il existe une immense différence entre la profession religieuse et l'abandon du libre arbitre qu'exigent les pratiques hypnotiques. La première ennoblit l'homme, le mettant dans la nécessité morale de faire le bien et d'éviter le mal ; le second l'avilit, en le dépouillant de ce don très précieux qui nous élève au-dessus des créatures inférieures, et nous fait, dans un certain sens, ressembler à la Divinité.
6. C'est, nous le savons, l'ambition des démons d'être, autant que possible, les singes de Dieu. Or il y a dans l'hypnotisme une contrefaçon de cet acte de générosité sublime que Jésus-Christ lui-même a consacré, quand il a invité les âmes élues à le suivre de près, en faisant à Dieu l'oblation parfaite de leur volonté entre les mains de ses représentants sur la terre.



VI. - Usage et abus de l'hypnotisme

1. L'abandon du libre arbitre étant ce qui donne à l'hypnotisme une étroite affinité avec le spiritisme, il suit que les pratiques hypnotiques encourent nécessairement la condamnation portée contre le spiritisme, sous réserve du cas où, comme nous l'avons indiqué, aucun abandon de la volonté n'a lieu, soit explicite, soit implicite.
2. Tandis que le spiritisme n'a rien en soi qui en justifie les pratiques, l'hypnotisme et le magnétisme, au contraire, peuvent être légitimement employés comme moyens artificiels en vue de produire des effets naturels et bienfaisants. Il n'y a rien qui blesse la loi morale dans le fait d'amener, par des regards, des gestes, des contacts, des sons, de la lumière, etc., un état de repos artificiel. Tant qu'il n'est question que de soulager la douleur et de rétablir la santé au moyen de l'hypnotisme, nous ne pouvons qu'accueillir volontiers ce procédé thérapeutique et remercier Dieu pour ce nouveau bienfait qu’il daigne accorder à l'humanité. L'abus de cette pratique ne commence qu'avec l'abandon du libre arbitre. À part cela, il n'y a pas plus de désordre dans l'hypnotisme que dans l'usage des substances anesthésiques, alcooliques ou narcotiques. Ainsi compris, l'hypnotisme se réclame de la même influence thérapeutique que peuvent exercer ces agents naturels.
3. Mais quand l'hypnose est mise en œuvre pour obtenir des effets d'ordre psychologique ou intellectuel surpassant le pouvoir des agents matériels et impliquant un abandon préalable de la volonté; quand, par exemple, la vue d'une personne hypnotisée devient capable de percer un écran opaque et de contempler des scènes ayant lieu à de grandes distances, quand le patient se met à parler des langues inconnues et à exécuter avec la plus grande précision des actes dont le plan lui est tracé par l'hypnotiseur, c'est alors que commence l'abus de l'hypnotisme et que l'action d'êtres invisibles, tacitement invoqués, doit être admise comme la seule cause capable de produire de tels effets.
4. On doit observer en outre que même si les effets de l'hypnotisme se bornaient à ce sommeil extatique qui s'accompagne de fortes impressions de vivre dans un monde imaginaire, cela suffirait pour le tenir en grande suspicion. Une pratique n'est bonne qu'autant qu'elle dispose l'homme à vivre sa vie présente, de telle sorte qu'il puisse atteindre son véritable but qui est la vie éternelle.
Or le sommeil hypnotique fait vivre l'homme d'une vie irréelle dans un monde irréel. Le bien-être procuré par cet état est d'autant plus séduisant que tout le système corporel y participe. Par conséquent une telle pratique, loin de mettre l'homme en état de vivre sa vraie vie et de remplir les devoirs de sa charge, n'a d'autre effet que de le rendre mécontent de lui-même et de lui faire chercher un renouvellement de ces plaisirs, dont le résultat habituel est d'abaisser le niveau du caractère moral et souvent de faire perdre la santé physique. L'expérience a donc encore à nous faire savoir si, même en mettant de côté, dans l'hypnotisme, la question de l'abandon de la volonté et de la communication illicite avec les esprits déchus, ces pratiques sont vraiment une chose avantageuse à l'humanité.
5. Que doit-on dire maintenant des effets thérapeutiques découlant de l'hypnotisme ? Les cures qu'on attribue à ce sommeil artificiel ont-elles un rapport quelconque avec ces faits surnaturels que nous nommons miracles ?



VII. - Guérisons dues à l'hypnotisme

1. Les guérisons hypnotiques, vraies ou fausses, ayant, au cours des années récentes, servi d'argument contre le caractère surnaturel des miracles qui se produisent dans certains sanctuaires catholiques ou par l'invocation des Saints, il est nécessaire que nous déterminions en quoi consiste la différence entre ces guérisons et les miracles authentiques. Nous disons les miracles authentiques, parce que l'on ne doit pas oublier que l'Église Catholique est loin de reconnaître comme tels tous les faits extraordinaires que de pieux fidèles, à la foi peu éclairée, ont parfois coutume d'appeler de ce nom.
2. On sait quel contrôle sévère l'Église a toujours exercé dans ce domaine. Ce que la voix du peuple proclame comme miracles de la puissance divine est souvent ramené par l'autorité ecclésiastique au rang de simples événements ordinaires ne dépassant pas les forces de la nature. Un examen rigoureux des témoins, une discussion approfondie faite par des hommes compétents avant de prononcer un jugement sur des événements merveilleux, ce sont là les épreuves auxquelles l'Église soumet invariablement l'étude des faits d'un caractère insolite qui sont soumis à son tribunal. Tant que reste le plus léger soupçon que, par exemple, une guérison ait pu être effectuée par des moyens naturels ou artificiels, l'Église s'abstient de conclure au miracle.
3. Mais s'il existe de faux miracles, il en est aussi un grand nombre sur lesquels aucun doute n'est permis. Non seulement la Sainte Écriture est remplie de faits merveilleux de ce genre, mais, même de nos jours, des guérisons extraordinaires ont lieu, par l'invocation du nom de Dieu et l'intercession des Saints. Ces guérisons s'accompagnent de signes tellement indiscutables de véracité, que des savants éminents n'hésitent pas à se prononcer en leur faveur, les déclarant au-dessus de toutes les forces de la nature.
4. D'autre part, les guérisons obtenues par l'hypnose sont pour la plupart de nature névropathique et hystérique. Les moyens employés, c'est-à-dire le sommeil et la suggestion, suffisent à expliquer les cures obtenues dans ce genre de maladies ou tout au moins l'amélioration des symptômes qui les accompagnent. D'ailleurs ces guérisons sont assez souvent suivies de rechutes ou d'un désordre quelconque, mental ou physique.
Les guérisons miraculeuses, au contraire, s'opèrent sur des personnes dont les organes sont profondément atteints et que ni le sommeil magnétique ni aucun agent anesthésique, ni la concentration de la volonté ne pourraient rendre à la santé. Ces guérisons sont, en règle générale, physiquement parfaites et ne s'opèrent jamais au détriment des facultés intellectuelles du malade.
5. Les guérisons hypnotiques ne peuvent donc que mieux mettre en évidence la grandeur de la puissance que Dieu manifeste en exerçant, par de vrais miracles, son empire sur les éléments de la nature et en produisant des effets qui surpassent les lois de l'univers, afin d'amener les hommes à l'aimer de tout leur cœur et à le servir avec toutes les facultés de leur âme.



VIII. - Affinité entre l'hypnotisme et le spiritisme

1. Après avoir montré en quoi consiste la nature de l'hypnotisme et où se trouve l'abus qui souvent accompagne ces pratiques, nous avons maintenant à examiner la question de l'affinité existant entre l'hypnotisme et le spiritisme. Et nous devons rechercher également si, dans l'hypnotisme, la présence occasionnelle d'agents spirituels invisibles doit être admise.
Il n'est pas facile de donner à cette question une réponse aussi catégorique que dans le cas du spiritisme, l'hypnotisme admettant, comme nous l'avons dit, la possibilité d'un usage juste et légitime, et ses phénomènes préternaturels étant reliés très intimement à des effets purement naturels. Ces mêmes effets, toutefois, peuvent nous fournir le moyen de déterminer à quel moment et dans quelles circonstances on peut supposer que des agents spirituels invisibles opèrent dans l'hypnotisme.
2. Aussi longtemps que les pratiques hypnotiques ne donnent lieu qu'à des effets tels qu'il s'en produit dans d'autres formes de sommeil, naturel ou artificiel, il n'y a là aucune raison d'y soupçonner l'action d'agents spirituels supérieurs. De plus, ces états anormaux qui se manifestent sous forme de léthargie et de somnambulisme, d'hallucination, d'insensibilité profonde et de rigidité des membres, voire même d'une certaine faculté de percevoir des objets imaginaires, sont tous en eux-mêmes des phénomènes naturels, n'ayant pas de lien nécessaire avec des causes préternaturelles.
3. Mais il en va tout autrement quand une personne, soumise à la suggestion d'un hypnotiseur, se met à parler une langue inconnue, lit de l'écriture cachée sous une matière opaque, discute sur des sujets scientifiques qui lui sont inconnus, décrit des événements se produisant hors de portée de sa vue naturelle, ou se transporte mentalement dans un pays éloigné, donnant un récit détaillé et précis de ce qu'elle y voit.
La même observation s'applique à la facilité avec laquelle un hypnotiseur, par l'exercice de sa volonté, provoque le sommeil hypnotique d'une personne éloignée du lieu où il se trouve lui-même et entièrement inconsciente du fait qu'une telle influence s'exerce actuellement sur elle.
4. Or si, d'une part, nous réfléchissons que nous ne possédons pas de pouvoir direct sur la volonté de nos semblables ; que nous ne pouvons, par le simple exercice de notre volonté, mettre leurs membres en mouvement ou agir sur leur système nerveux ; que l'esprit de l'homme ne peut pas connaître naturellement par intuition ce qui se passe en des lieux éloignés ; et si, d'autre part, nous nous rappelons que les substances angéliques peuvent agir directement sur les nerfs de notre corps et sur notre imagination et peuvent ainsi déterminer en nous les plus étonnants phénomènes physiologiques, intellectuels et mécaniques, nous n'aurons pas de difficulté à conclure que si, parmi les effets de l'hypnotisme, certains peuvent être attribués à des causes naturelles, d'autres ne peuvent s'expliquer que par l'action immédiate de pures substances spirituelles que nous nommons des anges.
5. Ajoutons que, comme ces esprits ne peuvent appartenir à la classe des anges fidèles, qui n'agissent jamais en ce monde que sur l'ordre de Dieu et comme ses ministres, il s'ensuit que les effets en question doivent être attribués à l'action des anges déchus qui, par permission divine, peuvent exercer leur pouvoir naturel sur les éléments de la matière, causant ainsi une très grande variété d'effets merveilleux, d'ordre mécanique, physiologique et psychologique.
Il ne faut pas du reste s'étonner si ces anges déchus se mettent de la sorte librement au service de l'homme, vu qu'ils peuvent plus aisément atteindre par là le but qu'ils se proposent, c'est-à-dire le contrôle de l'esprit humain et la ruine morale de celui qui est ainsi soumis à leur influence. Les esprits mauvais, nous pouvons le croire, ne font aucune concession à l'homme, sans exiger pour eux-mêmes un gain et un avantage infiniment plus considérables.
6. Concluons donc que l'hypnotisme, bien que sans danger en lui-même, c'est-à-dire, quand il n'est employé que comme moyen d'amener l'insensibilité pour assurer le sommeil artificiel, devient une pratique immorale et illicite quand il comporte l'abandon de la volonté du sujet, et que, par suite, il participe dans ces conditions au caractère du spiritisme et mérite alors la même condamnation que celui-ci.



CHAPITRE II - TÉLÉPATHIE ET TÉLESTHÉSIE

1. C'est un fait bien connu que toutes les manifestations ayant rapport au spiritisme sont caractérisées par l'obscurité et la confusion. Il est par suite souvent difficile de discerner clairement la différence entre une pratique ou une autre ou de remonter aux véritables causes des phénomènes.
La difficulté est encore plus grande quand il est question de cette forme spéciale de spiritisme nommée télépathie . On entend par ce nom, en général, la connaissance ou la vision de personnes ou d'événements éloignés ou l'apparition soudaine de personnes absentes - spécialement de celles qui sont sur le point de mourir, - le pressentiment d'un événement prochain ou l'annonce mystérieuse de quelque infortune touchant des parents ou des amis ; tout cela ayant lieu par des voies différentes de celles ordinairement en usage, telles que nos sens extérieurs aidés par l'écriture ou par d'autres instruments de communication à notre disposition ; télégraphe, téléphone, radio, etc.
2. Certains préfèrent user, pour désigner ce phénomène, du terme de télesthésie . La télépathie, disent-ils, signifie passivité pure, tandis que la télesthésie comporte l'idée d'une connaissance réelle dont le sujet se sert pour ses propres desseins.
3. Pratiquement, un grand nombre de faits se produisent qui sont liés à cette forme d'occultisme. Nous lisons assez souvent dans les journaux le récit d'apparitions soudaines de personnes éloignées ou d'annonce mystérieuse d'événements qui autrement seraient demeurés inconnus.
4. On ne peut nier que la plupart de ces récits ne supportent pas l'épreuve d'un examen sérieux. Le fait que beaucoup d'histoires qui circulent sur ce sujet sont le résultat d'une imagination exaltée ou d'une véritable hallucination serait facile à démontrer. Toutefois, si l'on considère, d'une part, le grand nombre de récits de ce genre, et, de l'autre, le caractère moralement supérieur de certains, du moins, parmi ceux qui les rapportent, il n'est ni prudent ni scientifique de les rejeter a priori. Le point difficile est de trouver une explication de ces phénomènes qui soit en harmonie aussi bien avec la Théologie Catholique qu'avec les données de la science.
5. Pour procéder avec ordre dans notre enquête sur les divers systèmes élaborés par les savants modernes pour l'interprétation de ces phénomènes, nous examinerons d'abord l'hypothèse d'un inconscient subliminal ou moi inférieur qui, se substituant à la personnalité supérieure, dont il ne serait que le dédoublement, peut être censé servir à la représenter dans les diverses manifestations télépathiques. - Nous examinerons ensuite cet autre système des ondes mentales vibratoires, par lesquelles un homme pourrait, dit-on, transmettre à un autre, même à une grande distance, une manifestation de sa propre personne sous la forme d'un signe extérieur, un phantasme, une parole, un écrit, etc. - Le troisième système, qui a rencontré la plus vive approbation parmi les savants modernes et qui, à première vue, semble le mieux répondre aux exigences de ces faits merveilleux, consiste dans l'hypothèse d'un fluide nerveux magnétique, d'une nature encore inexpliquée, dont les radiations, semblables à celles des rayons cathodiques, se modifieraient suivant les variations électriques de notre système.
6. Après avoir examiné et discuté chacune de ces théories physiques, et à supposer que nous les trouvions inadéquates à la solution du problème en question, nous devrons nous tourner vers la Théologie Catholique, pour lui demander une explication authentique. Ici toutefois nous aurons à établir une distinction parmi les phénomènes eux-mêmes, vu qu'un grand nombre d’entr’eux, bien que d'un caractère en apparence préternaturel, n'excèdent pas en réalité la marche ordinaire de la nature.



I. - Hypothèse de la personnalité subconsciente ou subliminale

1. En parlant de l'état de l'âme séparée du corps, nous avons fait quelques observations sur une théorie récente, - hypothèse du moi subconscient ou subliminal, - qui prétend diviser en deux notre personnalité. Du fait que dans. certaines conditions de la vie, telles que le sommeil naturel et artificiel, l'hypnose ou l'état de transe, il semblerait se manifester chez l'homme une sorte de faculté mentale secondaire, distincte de notre esprit supérieur, faculté tout occupée à mettre en œuvre les éléments accumulés, consciemment ou inconsciemment, au cours du temps, par l'entremise de l'un ou de l'autre de nos sens, et donnant naissance à des opérations qui sont souvent pour celui qui les accomplit une source d'étonnement, - on a conclu qu'une seconde individualité est contenue dans notre personnalité humaine. Cette seconde individualité non seulement serait responsable d'une série de manifestations, distinctes des opérations de notre personnalité supérieure, mais différerait aussi du mode d'action de notre moi conscient.
2. Cette individualité spéciale a été appelée le moi subconscient, second ou subliminal, par opposition au moi normal, conscient et supraliminal, qui, à l'état de veille, est ordinairement sous le contrôle de notre esprit. Ce moi subconscient est, prétend-on, d'une sensibilité excessive et possède un pouvoir extraordinaire de recevoir et conserver les impressions, même les plus légères, dont le moi supraliminal peut la plupart du temps n'avoir aucune connaissance.
3. Quant à la manière dont, moyennant ce moi subliminal, on peut rendre compte des divers phénomènes spirites, M. J. G. Raupert écrit ce qui suit :
I. « Ce moi peut, dans certaines conditions anormales, se poser comme une entité, entièrement distincte et séparée du moi normal, et mettant la connaissance dont il dispose sous une forme dramatique, jouer le rôle d'une intelligence étrangère agissant du dehors.
II. « Dans les cercles spirites, où la pensée dominante est celle du commerce avec les morts, et où l'on peut supposer que cette pensée agit comme suggestion sur l'esprit du sensitif, ce rôle peut devenir celui d'un défunt, ami ou parent, sur lequel l'esprit du sensitif peut avoir une somme exceptionnelle d'informations et de qui l'on désire particulièrement une communication.
III. « L'expérience semblerait indiquer (nous dit-on) que cette conscience subliminale peut, dans certaines circonstances exceptionnellement favorables, entrer en contact télépathique avec l'esprit de personnes ayant avec elle une affinité psychique ou rapport, et peut emprunter aux esprits de ceux qui sont présents ou peut-être recevoir d'eux passivement, l'information qui lui manque, arrangeant à sa façon ce qu'elle reçoit, dans le but de compléter effectivement sa présentation de la personnalité défunte.
IV. « Nous avons donc ici (prétend-on) tout ce qui est nécessaire pour établir une théorie favorisant une explication purement naturelle d'une quantité considérable de phénomènes en apparence indépendants et que l'on suppose être spirites. On peut en effet en rendre compte par l'action de la conscience subliminale, qui opère en obéissant aux suggestions reçues par les chercheurs spirites, et en conjonction avec les esprits des assistants, et produit, par un procédé naturel de personnification, toute l'apparence d'une action spirite indépendante et étrangère.»
Quel que soit le rôle qu'on veuille attribuer à ce moi subliminal, et ne le considérant que comme une entité distincte de notre moi supérieur, la question est celle-ci : Que doit-on dire de cette théorie ?
4. Si par le moi subliminal on entend non pas une entité, mais uniquement une certaine classe de manifestations inconscientes qui sont en nous l'effet d'habitudes antérieures échappant à notre contrôle, aucune difficulté ne s'oppose à l'acceptation de cette théorie.
Mais ce que nous avons à examiner ici et ce qu'entendent en réalité les tenants de la théorie subliminale, c'est la prétention que cette sorte de manifestation subconsciente est due à une personnalité séparée, distincte de la personnalité normale et opérant sur un plan tout à fait différent. Or admettre l'existence d'une telle personnalité distincte est contraire aux principes de la philosophie catholique.
5. Comme nous l'avons déjà fait observer, l'introduction d'un moi subliminal ou inférieur, distinct de notre entité supérieure ou supraliminale, outre son caractère arbitraire et indémontré, se heurte à cette difficulté fondamentale, qu'elle divise notre personnalité humaine dont la nature est d'être essentiellement une.
6. En outre, cette théorie a le défaut de nous présenter, comme faisant partie de nous-mêmes, un objet dont notre conscience ne nous dit absolument rien. Ce moi subliminal échappe, prétend-on, à notre connaissance et à notre contrôle, à ce point que si profondément que nous examinions notre être le plus intime, nous ne pouvons jamais le « réaliser » comme une part de nous-mêmes. Mais si cette entité était réellement intégrée à notre moi, elle devrait, d'une façon ou d'une autre, entrer dans le champ de notre connaissance intime, et nous devrions, au moins à un certain degré, en être conscients. Et cela semble d'autant plus évident du fait que nous reconnaissons comme nôtres même ces actes qui, au moment où nous les accomplissons, échappent à notre attention, mais que nous savons, d'après notre propre expérience ou celle des autres, venir de nous, bien qu'il y ait évidemment une très grande différence entre un acte qui passe et une entité qui dure, telle que serait, prétend-on, le moi subliminal.
7. Mais passons outre à cette objection, et contrairement à ce que nous avons dit sur l'impossibilité de diviser la personnalité, acceptons pour un moment l'existence d'un tel être, soit en nous, soit dans le médium dont nous voulons nous servir, il resterait encore cette difficulté insurmontable qu'un tel moi ne pourrait être ni influencé par nos esprits, ni agir sur les esprits de ceux à qui nous désirons communiquer nos pensées. Notre esprit est, dans son essence, d'une nature entièrement immatérielle, tandis que cet être subliminal est, d'après la nature même qu'on lui attribue, composé d'un certain genre de matière entièrement différente de l'esprit, si subtile que l'on puisse imaginer cette matière. Or il est impossible que notre esprit agisse directement sur la matière, et vice versa, que la matière agisse directement sur notre esprit.
8. Un moi matériel subconscient qui agirait comme un intermédiaire par lequel nous pourrions communiquer, sans paroles et sans signes d'aucune sorte, avec des personnes présentes ou absentes, est au-dessus des forces et des lois de la nature, notre esprit étant incapable de communiquer ses pensées à la matière, et la matière à son tour étant inadéquate à la réception ou à la transmission de la pensée, sinon par des signes conventionnels, tels que l'habileté humaine a pu les inventer ou du moins les perfectionner. Un moi subconscient, tel que l'imaginent les spirites ou les savants matérialistes, devrait être à la fois matériel et immatériel : matériel, puisqu'on le dit visible dans certaines conditions ; immatériel, puisqu'on veut qu'il reçoive et transmette les pensées immatérielles.
9. Ce point qui regarde la relation de la matière à la pensée a déjà été amplement expliqué au cours de cet ouvrage . Les explications que l'on a données ouvriront la voie pour bien comprendre et aussi pour juger à sa valeur la seconde des hypothèses ci-dessus mentionnées , selon laquelle les communications spirituelles dont nous parlons seraient dues à certaines vibrations mentales ou ondes éthérées qui transmettraient à la personne qui les perçoit les pensées et les sentiments de celle dont elles émanent. C'est précisément ce que nous allons examiner dans le paragraphe suivant.



II. - Théorie des vibrations mentales

1. La théorie des vibrations mentales est une de ces hypothèses qui, en raison de leur simplicité apparente, obtiennent facilement crédit auprès des personnes, très nombreuses, qui se contentent de n'importe quelle explication faisant appel aux sens. Et que peut-on imaginer de plus simple que le transfert de la pensée d'un individu à un autre au moyen des vibrations d'ondes éthérées ?
Cependant pour que cette théorie puisse être sérieusement envisagée, une condition nécessaire et primordiale doit être remplie. Il faut d'abord démontrer que notre volonté possède et peut exercer un contrôle direct sur cette matière subtile, que l'on dit être le moyen de transmission des pensées d'un esprit à un autre, de la même manière que nous exerçons notre contrôle sur les paroles que nous formulons, ou sur la plume dont nous nous servons pour traduire à l'extérieur ce qui est dans notre esprit.
2. Or, bien que nous possédions un certain contrôle sur les organes de notre corps, notre volonté n'a aucun pouvoir direct sur une matière qui nous est étrangère. Et la raison de cette incapacité ne réside pas dans le fait de la spiritualité de notre âme - car les anges sont, eux aussi, spirituels et possèdent néanmoins un grand pouvoir sur la matière - mais précisément dans la différence qui existe entre la nature de l'âme et celle des êtres angéliques. Les substances angéliques, libres et au-dessus de toute matière, peuvent agir sur n'importe quel genre de matière ; mais l'âme humaine, liée à un corps organique, ne peut agir que sur la matière qui compose ce corps. C'est ainsi que nous pouvons former dans notre imagination n'importe quel phantasme et formuler n'importe quelle parole ainsi qu'il nous plaît, mais toute la puissance de notre volonté ne saurait rendre notre âme capable de lever même un fétu de paille sans l'emploi de moyens externes.
3. On pourrait ici objecter que bien que notre volonté n'ait pas de pouvoir direct sur la matière, elle exerce néanmoins un pouvoir de ce genre en se servant d'un organe, tel que le doigt pour mettre en branle une sonnerie électrique ou la langue pour converser par téléphone, et qu'ainsi le cerveau peut de la même façon, sur l'ordre du libre arbitre, faire entrer en vibration une substance subtile émanant du corps et en faire un moyen de communication assez semblable à celui que la télégraphie sans fil et les appareils de radio-diffusion nous ont fait récemment connaître. C'est là une objection qui mérite un sérieux examen.
4. Mais écartons d'abord une fiction trop grossière. L'idée que nos pensées pourraient n'être que certaines formes d'une substance matérielle d'un caractère déterminé et capable d'être projetée dans n'importe quelle direction, est une conception si puérile et si souvent réfutée, que s'y arrêter nous entraînerait dans une discussion beaucoup trop longue, car elle nous obligerait à revenir sur la question de la spiritualité de l'âme humaine. Comme, d'une part, cette vérité n'est pas niée par les spirites intelligents, et que de l'autre, il est manifestement impossible d'être d'accord avec les matérialistes endurcis sur le vrai caractère des opérations mentales, nous nous abstiendrons de donner ici un exposé détaillé de la doctrine catholique sur la spiritualité de l'âme humaine et la nature de ses opérations. Nous avons dès le début accepté l'autorité de cette doctrine pour base de notre présent examen.
5. Tenant donc pour admis que l'âme est une substance spirituelle et que les opérations qui lui sont propres, savoir l'intelligence et la volonté, sont des opérations également spirituelles, et considérant en outre que ce qui est spirituel ne dépend pas de la matière et ne peut être transféré localement comme les corps d'un endroit à l'autre, nous devons rejeter, comme contraire à la nature intrinsèque de l'âme, tout système cherchant une explication des phénomènes spirites soit dans une transmission locale de la pensée, soit dans la projection de la volonté.
6. Ce que nous examinons ici est la question de savoir si la pensée humaine peut faire usage d'une substance matérielle, de la nature d'un fluide magnétique émanant des nerfs périphériques, et devenant, sous l'impulsion de la volonté, l'instrument susceptible de produire ces manifestations psychologiques, physiologiques ou mécaniques, qui sont l'effet des pratiques spirites.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 11:03

III. - Hypothèse d'un fluide magnétique

1. L'hypothèse d'un fluide magnétique agissant comme un moyen de communication intellectuelle entre plusieurs individus, a récemment obtenu une faveur spéciale chez certains savants. Toutefois cette hypothèse est expliquée par eux de plusieurs façons. Certains supposent l'existence d'un fluide magnétique nerveux, émanant du cerveau et voyageant dans la direction de la personne vers laquelle est dirigée l'attention.
À cette théorie peut se rapporter l'hypothèse du baron von Reichenbach, attribuant à une substance très subtile, qu'il nommait Od et supposait douée de qualités sensitives spéciales, le pouvoir de nous mettre en communication directe avec d'autres hommes.
D'autres prétendent que des particules de la substance cérébrale, d'une petitesse extrême, sont projetées avec une rapidité vertigineuse du cerveau émetteur au cerveau récepteur. D'autres encore supposent la formation et la projection d'ondes cérébrales, assez semblables aux ondes hertziennes, qui, ayant leur point de départ dans les cellules cérébrales et aboutissant à celles du cerveau récepteur, servent à susciter dans celui-ci des pensées et des sensations correspondantes.
2. Toutes ces théories, disons-le de suite, ont ceci de commun, qu'elles prétendent toutes que, de même que notre cerveau et les autres organes de notre corps sont mis en mouvement sur l'ordre de notre volonté, ainsi, par l'exercice de la même faculté, une substance extrêmement subtile, mais d'une grande potentialité, unie intrinsèquement à notre corps, est mise en mouvement, étant capable de recevoir et de communiquer toute pensée de notre esprit qui peut affecter son état vibratoire.
3. Ces ondes mentales, nous dit-on, expliquent les communications anormales que l'on sait avoir eu lieu entre des personnes éloignées l'une de l'autre ou peut-être occupant la même maison ou la même chambre, mais ne faisant pas usage du langage ou de signes conventionnels, et l'on affirme que ce procédé qui n'est encore qu'à l'état embryonnaire, se développera, avec le temps, c'est-à-dire quand la science connaîtra mieux ce mystérieux élément, et l'exposera en un système ordonné de communication entre les esprits.
Pour expliquer cette théorie, ses tenants en appellent à la télégraphie sans fil, où les ondes hertziennes servent à transmettre les sons, même à très grande distance, à travers cette substance très subtile, l'éther, qui pénètre les corps même les plus durs et les plus compacts.
Que faut-il dire d'une telle explication des phénomènes dont il s'agit ?
4. Il faut d'abord faire remarquer, une fois de plus, que si la substance que l'on suppose être réceptrice de ces impressions mentales doit être regardée comme étrangère à notre corps, il est évident que, par ce fait même, la théorie en question ne saurait être admise, puisqu'il est établi que notre volonté est sans pouvoir en ce qui concerne l'usage de la matière existant en dehors de notre être propre. L'hypothèse n'est donc admissible qu'à la condition que la matière imaginée comme substratum de ces ondes mentales soit considérée comme intrinsèquement et vitalement reliée à notre substance, et ayant son origine en nous-mêmes, de telle façon que, rayonnant de notre centre cérébral, aucune distance, si grande qu'elle soit, ne puisse lui faire perdre contact avec cette substance : en un mot, il faut regarder ce fluide magnétique comme étendant au dehors notre propre personnalité.
Dans ce cas, il n'y aurait aucune objection à faire à cette théorie, aucune raison ne s'opposant à ce que notre volonté ait le pouvoir de mettre en mouvement la matière dont il s'agit, puisque cette même faculté peut produire des modifications dans notre cerveau et mouvoir également les membres de notre corps.
5. La science, on le sait, a, depuis quelque temps, dirigé très attentivement ses études sur cette théorie des « ondes mentales »; mais les conclusions auxquelles elle est arrivée ne sont certainement pas suffisantes pour lui donner une base scientifique, tous les résultats des recherches récentes étant limités à des phénomènes purement physiques, tels que la chaleur, la lumière et l'électricité, forces auxquelles les ondes mentales que nous considérons ne sauraient être rattachées.
Rien cependant ne nous empêche d'envisager la possibilité d'une telle substance. Il n'y a pas de raison pour que, si le Créateur l'avait ainsi établi dès le commencement, notre corps ne puisse posséder, strictement parlant, outré les autres éléments connus, une substance de nature très subtile qui, mise en mouvement par l'action de notre volonté, produirait des changements et des modifications de formes très variées dans les éléments qui l'entourent, et ceci même à distance de la source d'où elle émane.
6. Mais la question n'est pas : qu'est-ce que Dieu aurait pu faire ? mais bien : qu'a-t-il fait en réalité? On ne demande pas ce que notre nature aurait pu être, mais de quelle manière elle a été réellement constituée. Or l'évidence nous oblige à dire qu'aucune preuve, aucun indice ne nous permet de conclure que nous possédons une matière ou une substance qui, comme on le suppose, émanant de notre cerveau, serait à la disposition de notre volonté et serait mise en mouvement par elle, à dessein de transférer nos pensées à des personnes éloignées de nous.
7. Supposons cependant, pour un moment, qu'une telle substance existe. La question qui se pose tout d'abord est de savoir à quel ordre appartiendraient les phénomènes auxquels elle donnerait naissance ; seraient-ils d'ordre intellectuel ou simplement d'ordre physique ou mécanique ? En d'autres termes, ces ondes matérielles pourraient-elles recevoir l'impression de nos idées et ainsi les porter à une personne éloignée ? Telle est la première question qui se pose. La seconde aura trait aux phénomènes de nature purement physique ou mécanique.
8. Tout d'abord il est bien évident que si ce fluide ou substance imaginaire doit porter nos pensées à quelqu'un en particulier de telle sorte que cette personne soit capable de les percevoir, ce fluide devra obéir à notre volonté, prendre la direction voulue par nous et trouver le point qu'il doit atteindre. Et ici se présente notre première grande difficulté. Pour être capable en effet, d'accomplir une telle démarche, il serait nécessaire que ce fluide fût comme une extension de nous-mêmes, une substance animée par notre âme, la volonté étant par elle-même sans pouvoir sur la matière extérieure, et aucune substance ne demeurant sous notre contrôle dès qu'elle a franchi le seuil de notre être corporel, ainsi que nous l'avons déjà fait observer.
9. En supposant encore que ce fluide fasse partie de notre substance de telle façon que nous soyons capables de le diriger de même que nous dirigeons nos mains et nos pieds, une autre question se poserait : ce fluide est-il capable de recevoir les impressions de nos pensées, de la même façon du moins dont notre cerveau les reçoit ?
Comme nous l'avons déjà établi, cette substance éthérée pourrait, strictement parlant, agir comme notre cerveau, c'est-à-dire recevoir des impressions sensibles correspondant à nos pensées, pourvu, cependant, qu'elle demeure unie à notre être et qu'elle soit vivifiée par notre âme, car la matière inorganique ne peut, par elle-même, servir d'organe de sensation. D'où il suit que ces images, que l'on suppose reçues par cette substance éthérée, ne peuvent servir à transmettre les pensées, à moins d'être reliées à notre âme. Elles ne sont par elles-mêmes que de simples modifications physiques de la matière et ne deviennent un principe de connaissance que si le sujet auquel elles appartiennent peut lire ce qu'elles signifient. Ces images ne pourraient, par conséquent, devenir un moyen de connaissance que dans le sujet auquel elles appartiennent et pour lui seulement. Ce serait comme si notre âme, au lieu de se servir de l'organe cérébral, se servait du fluide magnétique pour un but analogue.
10. On voit donc combien de postulats cette théorie du fluide magnétique exige pour être au moins acceptable ; premièrement : ce fluide doit être une extension vitale de la matière de notre cerveau ; deuxièmement : il doit pouvoir recevoir et conserver les images sensibles des choses ; troisièmement la volonté doit posséder la faculté de projeter cette matière fluide dans n'importe quelle direction et à n'importe quelle distance.
11. Nous avons jusqu'ici répondu à la question concernant cette matière éthérée que l'on suppose être le véhicule de la pensée, en nous plaçant au point de vue de celui dont la pensée est censée émaner,
Mais pour arriver à une véritable communication intellectuelle entre celui-ci et un autre individu placé à distance, il est en outre nécessaire que ce fluide, mis en mouvement par le cerveau du premier, vienne réellement en contact avec le cerveau de la personne avec laquelle nous désirons communiquer intellectuellement. Or, de quelle façon pouvons-nous imaginer les pensées du premier cerveau s'imprimant sur le second ? Ces pensées ou images, chose évidente, sont essentiellement celles du premier. Or est-il possible que le second cerveau, supposé mis en contact avec la substance émanant du premier, saisisse ces images de telle sorte qu'il sache ce que pense le premier ?
12. Nous ne pouvons admettre une telle possibilité. Car ces images mentales sont des images vitales et ne sont des principes de connaissance que pour la personne dans laquelle elles ont leur origine. Le fluide cérébral d'une personne peut peut-être exciter une autre personne d'une certaine façon générale ; mais les images qu'il porte avec soi doivent rester pour cette seconde personne un livre scellé, pour cette simple raison que la connaissance n'est pas communiquée par le transfert d'images mentales d'un sujet à un autre, mais par le fait qu'un être intelligent excite en soi son pouvoir inné de former pour lui-même des images, l'acquisition de la connaissance aussi bien que l'usage de cette même connaissance étant des actions vitales personnelles.
13. Par conséquent les seuls effets que l'on pourrait attribuer aux vibrations supposées de ce fluide magnétique seraient une sorte de stimulation matérielle de l'esprit récepteur, mais cela d'une façon confuse et générale, et sans le faire penser à un objet particulier plus qu'à un autre. Cette matière éthérée ne ferait que ce que nous voyons accomplir autour de nous par les agents physiques. Le froid et la chaleur, la lumière et l'obscurité ou des sons de nature indéfinie, sont ainsi capables d'exciter en nous une réflexion d'ordre général, tout comme le ferait cette matière éthérée, sans toutefois fixer nos pensées sur un sujet particulier.
Pour que ce fluide magnétique, que l'on suppose émaner d'un cerveau, produise, dans un autre cerveau, une pensée ou une impression correspondante à celle du premier cerveau, il serait nécessaire qu'il agît d'une manière conventionnelle et conforme à un accord fait à l'avance, de même que l'écriture opère comme un signe conventionnel entre des amis éloignés l'un de l'autre. Mais aucun accord n'existe dans le cas qui nous occupe et les tenants de cette théorie ne prétendent pas en établir.
14. La théorie d'un fluide magnétique, inadmissible par conséquent comme fait basé sur l'expérience, ne peut être raisonnablement admise même comme hypothèse. On ne saurait davantage reconnaître qu'elle fournit une explication plausible de ces communications invisibles et directes ayant lieu par le moyen du spiritisme ou des pratiques qui en sont voisines et, dans certains cas, entre personnes placées à une grande distance l'une de l'autre. Cette théorie n'est en somme qu'un amas de suppositions et de propositions gratuites qui s'évanouit aussitôt qu'on l'examine de près.
15. Qu'avons-nous à dire maintenant des effets physiologiques et mécaniques que quelques spirites prétendent être dus à la simple énergie de la volonté ? Pouvons-nous estimer suffisante l'hypothèse du fluide nerveux vibratoire pour expliquer les phénomènes de mouvements locaux dans les corps naturels, d'insensibilité totale ou partielle chez l'homme et les animaux, d'états cataleptiques et hypnotiques chez les personnes influencées par l'opérateur en télépathie ou en télesthésie ?
Tout d'abord, il faut noter que les agents matériels, si subtils et actifs qu'ils soient, n'agissent jamais instantanément. Leur énergie est soumise aux lois fixes du temps et de l'espace. C'est ainsi que nous pouvons mesurer avec une parfaite exactitude le temps employé pour la transmission de la lumière ou de l'électricité, et déterminer également la quantité d'énergie dépensée par ces agents naturels ou requise pour leurs effets spécifiques. Mais dans les phénomènes ayant lieu, suppose-t-on, par le moyen de ce fluide nerveux radiant, aucun intervalle de temps défini ne peut être enregistré entre le moment où la volonté émet son ordre et celui où l'effet se produit; il n'est pas moins impossible de déterminer la distance admise pour faire naître le phénomène ou la proportion exacte entre la cause et l'effet.
16. Mais ce que nous voudrions indiquer particulièrement ici, c'est que, même en admettant qu'un tel fluide émane de notre cerveau ou soit en rapport vital avec lui au point d'être le récepteur d'une série de vibrations éthérées sous le contrôle de la volonté, de tels effets devraient être d'une nature définie et sujets à contrôle, de même que les propriétés et les opérations des corps naturels sont contenues dans certaines limites et soumises à certaines lois déterminées. Ils devraient se vérifier constamment, non par caprice, par crises ou comme par sursauts, mais de la même manière ordonnée et avec la même régularité qui régissent les effets des autres agents naturels. Le pouvoir magnétique, bien connu de tout le monde, par exemple, est soumis à des lois invariables, et ses effets ont lieu d'après un ordre fixe et déterminé.
Les phénomènes télépathiques, au contraire, ne se produisent que sous certaines conditions conventionnelles et avec un consentement, implicite ou explicite, à certaines pratiques mystérieuses. Et quand ces phénomènes se vérifient, ils ont lieu d'une manière si irrégulière et si capricieuse, qu'on est tenté de croire qu'ils sont dus non pas à l'action d'un fluide mystérieux quel qu'il soit, ou de certaines vibrations indéfinissables, mais plutôt à l'influence d'intelligences très subtiles, cachées à nos yeux et agissant d'après un plan complètement indépendant des intentions de l'agent télépathique visible.
17. Nous devons donc répéter ici ce que nous avons déjà dit, à savoir que si la science peut enregistrer quelque modification corporelle d'une nature accidentelle, comme résultat d'une certaine forme d'activité cérébrale, telle que la chaleur et le froid, la transpiration ou le frisson, de telles modifications n'ont qu'un caractère purement matériel et sont tout à fait incapables de créer ce système de vibrations magnétiques ondulatoires, auquel on fait appel pour expliquer la production des phénomènes extraordinaires de télépathie ou de télesthésie.
18. Ajoutons que quand bien même l'existence de la prétendue substance ödique, ou fluide magnétique, donnée, nous l'avons dit, comme cause proportionnée aux phénomènes télépathiques modernes, serait chose prouvée, toujours faudrait-il se rappeler que ces émanations corporelles, quelles qu'elles soient, ne peuvent avoir qu'un caractère matériel et ne sauraient servir d'explication suffisante de ces phénomènes télépathiques que l'on constate dans le spiritisme.
19. Enfin, si dans le cas de quelques médiums, on voit émaner, des nombreux nerfs capillaires qui occupent toute la surface du corps humain, une sorte de fluide d'une nature plus ou moins magnétique, il ne faut pas oublier que la production de ce genre de phénomène n'est pas au delà du pouvoir des purs esprits, capables de créer ainsi l'impression que ce qui est dû en réalité à leur énergie personnelle résulte, au contraire, de l'action de causes purement naturelles.
20. Avant de clore ce chapitre, disons un mot d'une pratique par laquelle, dans des temps assez récents, on prétendait expliquer ce que certains appellent l'extériorisation de la sensibilité. Ce phénomène s'appelle en français, envoûtement, mot servant à désigner une opération magique consistant à pratiquer, sur une image de cire, effigie d'une personne à laquelle on veut nuire, des blessures qu'elle est elle-même supposée ressentir.
Un occultiste, le Colonel de Rochas, prétendit qu'en endormant un sujet du sommeil hypnotique, on pouvait arriver à reporter sa sensibilité à une certaine distance de son corps ; de sorte que, en approchant, par exemple, une épingle à un demi-mètre de distance du sujet, celui-ci se sent lui-même piqué. Il alla jusqu'à prétendre localiser, dans un verre d'eau, toute la sensibilité du sujet, de sorte qu'une épingle, enfoncée dans cette eau, aurait provoqué dans le sujet un cri de douleur.
Mais c'est en vain qu'on voudrait voir ici un effet de télépathie proprement dite. Car il a été prouvé que ce phénomène n'est autre chose que le résultat de l'autosuggestion, le sujet en question ayant été averti au préalable et croyant sentir ce qui, en réalité, n'était que dans son imagination. Que si, d'autre part, le sujet n'était pas mis au courant de la chose, il ne sentait rien. En effet de Rochas avait fabriqué des statuettes de cire représentant l'individu qu'il avait en vue. Si celui-ci savait qu'on perçait la figure ou le bras de cette statuette avec une épingle, il s'écriait : « Oh! comme j'ai mal à la figure, comme j'ai mal au bras » ; au contraire, s'il ne savait pas ce qui arrivait dans la salle voisine, il ne disait rien.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 11:03

IV. - Insuffisance des hypothèses scientifiques modernes pour expliquer les phénomènes de télépathie

1. Ce que nous avons dit des phénomènes de télépathie, de leur nature et de la manière dont ils se déroulent suffit pour nous convaincre qu'ils ne peuvent avoir pour cause directe la volonté humaine, soit seule, soit agissant avec le concours d'un fluide ödique ou magnétique ou de quelque autre substance subtile, que nous ne connaissons pas, mais que l'on peut imaginer être mise en mouvement sous l'empire de la volonté. De telles explications non seulement sont arbitraires, mais sont aussi en opposition avec les données de la philosophie aussi bien que de l'expérience.
Ce que nous disons s'applique également à d'autres théories similaires, récemment inventées pour expliquer ces mêmes phénomènes, telles que, par exemple, le système d'une force radiante ou astrale, ou celui de l'extériorisation d'une force motrice. De telles théories sont enveloppées d'un mystère presque aussi obscur que les problèmes pour la solution desquels elles ont été élaborées.
2. D'autre part, c'est un procédé trop facile, superficiel et antiscientifique d'introduire, comme un deus ex machina, une force mystérieuse destinée à produire et à expliquer tous les phénomènes télépathiques qui suscitent notre étonnement. Comment peut-on croire, par exemple, qu'une femme du peuple très ordinaire et sans éducation, dépourvue de toute connaissance en science physique, qu'une telle femme présentée comme un médium pour les effets en question, soit capable non seulement de produire, à une grande distance, des sons intelligibles, mais aussi de former des images de personnes vivantes, des simulacres de visages et de corps humains dans les attitudes les plus variées, et de fournir les renseignements les plus extraordinaires, suscitant, en même temps, chez des individus très éloignés, des impressions d'une extrême vivacité ? À quelle classe d'êtres peut bien appartenir une telle force qui, d'un côté, ne surpasse pas, par sa nature, l'ordre matériel des choses, et, de l'autre, est capable de produire des effets spirituels aussi surprenants ?
Que l'on veuille bien aussi remarquer que ces effets sont produits, non seulement quand cette force est réellement mise en jeu par le médium, mais encore lorsque ni cette personne ni aucune autre n'est consciente de sa présence, les phénomènes télépathiques se produisant souvent subitement, sans qu'on ait le temps de remarquer la mise en jeu, par qui que ce soit, de ce mystérieux agent psycho-magnétique. Si donc nous voulons découvrir la cause réelle des phénomènes télépathiques, nous devons avoir recours à quelque agent autre que cette force psychique aveugle, à un agent d'un ordre supérieur à la matière.
3. Il nous faut cependant déclarer ici que bien des phénomènes, considérés comme télépathiques, sont, en réalité, tout à fait naturels. Du fait que deux amis très désireux de se voir se rencontrent par hasard dans la rue, on conclut que cette rencontre s'est produite parce que l'un d'eux, par une forte impulsion de sa volonté, dont il n'était peut-être pas conscient lui-même, a projeté vers l'autre un certain fluide magnétique qui l'a déterminé à se diriger vers l'endroit où se ferait la rencontre.
Une telle assertion est contredite par le fait qu'une telle rencontre, s'il en était ainsi, aurait lieu chaque fois que des amis exprimeraient de semblables désirs, les forces de la nature étant constantes et régulières. Les rencontres de ce genre sont, bien au contraire, assez rares et provoquent, quand elles ont lieu, un étonnement marqué chez les personnes en question. Il est donc évident que de tels événements n'appartiennent pas, à proprement parler, ,à la télépathie. Ils tombent sous la loi de la Providence divine qui règle et ordonne même les cas les plus fortuits, et cela pour ses fins infiniment sages et justes.
4. On peut dire la même chose de certains pressentiments qui parfois s'emparent subitement de nos âmes au point même de nous soumettre à une véritable torture, pressentiments qu'à notre grande surprise, nous voyons après coup vérifiés par les faits eux-mêmes. Il peut se faire, par exemple, qu'un père, sans aucun motif apparent, se sente tout à coup saisi d'un sentiment étrange de crainte et d'angoisse sur le sort de son fils. Et voici que peu de temps après il reçoit une lettre lui annonçant que son fils est mort, peut-être au moment même où il était en proie à sa douloureuse anxiété.
Or ce fait prouve-t-il qu'il y ait là un motif suffisant de recourir à une force cachée, opérant la transmission de cette triste nouvelle ?
5. Nous répondons par la négative. Même dans ce cas il n'y a aucune nécessité de faire appel à l'action d'un fluide magnétique.
Qu'un tendre père ne cesse pas d'avoir souci du bien-être de son fils, est chose tout à fait naturelle. Il est naturel également que cette sollicitude revête, à l'occasion, un caractère d'anxiété aiguë, causée par la passion de l'amour qui a besoin de temps à autre de se manifester en mouvements véhéments, surtout si ce père sait que son fils est malade ou exposé à un grand danger. Mais, généralement parlant, ces sentiments d'inquiétude paternelle n'ont aucun rapport avec des malheurs qui pourraient regarder l'enfant. Cela est si vrai que, très souvent, c'est le père lui-même qui sera le premier à rire de ses craintes sans fondement. S'il arrive quelquefois que la mort du fils coïncide avec le pressentiment paternel, il n'y a là qu'un de ces cas extraordinaires qui se rencontrent dans la vie, cas en apparence fortuits, mais en réalité dirigés par les lois ordonnatrices de la Providence.
6. Si l'on veut trouver un rapport juste et raisonnable entre un pressentiment et sa vérification par le fait, il faut recourir à une cause proportionnée, qui ne saurait certainement pas être une sorte de fluide aveugle, mais un agent doué d'intelligence et de volonté et dont la médiation est précisément la cause, soit du pressentiment dont il s'agit, soit d'effets télépathiques du même ordre dont nous parlons.
7. Que peuvent donc être ces agents, sinon des substances angéliques, qui ont une connaissance parfaite des événements de ce monde et qui possèdent, en vertu de leur pouvoir mystérieux sur les éléments matériels et même sur les sens de l'homme, les moyens de communiquer la connaissance ou la vision de ces événements, même à des personnes éloignées du lieu où ils se produisent, et cela aussi bien dans le sommeil que dans l'état de veille ?
Or, comme les anges peuvent produire tous les phénomènes, même les plus étranges, qui ont lieu journellement au cours des séances spirites, ils peuvent aussi rendre visible à nos yeux ou à notre imagination, sans aucune sorte de difficulté, ce qui peut survenir à nos amis ou à nos parents éloignés de nous, et nous mettre ainsi en rapport intime avec des événements que nous aurions autrement tout à fait ignorés.
8. Mais la question se pose encore : Les auteurs de ces phénomènes sont-ils de bons ou de mauvais anges ?
À première vue, il semblerait plus vraisemblable de dire que ces phénomènes doivent être attribués aux bons anges, rien d'immoral n'apparaissant dans ces manifestations dont le but, du moins en apparence, est bon et saint. Quel mal y a-t-il, par exemple, à ce que la mort ou l'infortune d'un ami ou d'un parent vivant loin de moi, me soit révélée ? Y a-t-il quelque mal à ce que je déduise, de certains signes purement intelligibles, que des tremblements de terre ou des ouragans se sont produits dans une partie éloignée de notre globe? D'ailleurs, c'est un fait que ces manifestations se produisent d'habitude sans qu'il y ait eu aucune entente préalable avec les puissances des ténèbres et sans la présence d'un médium qui se serait, au moins par un pacte implicite, livré au démon.
9. Nous affirmons, néanmoins, que les manifestations télépathiques dont nous parlons doivent être attribuées non aux bons, mais aux mauvais anges.
Les bons anges n'opèrent jamais, nous l'avons dit, que sur l'ordre de Dieu, et leurs manifestations sont de véritables miracles, qui ne se produisent que dans des cas extraordinaires, comme conséquence d'une prière instante et comme signe de sainteté et de mérite de la part de certaines personnes. Or les communications télépathiques ont lieu, au contraire, dans des circonstances qui ne semblent pas réclamer, comme les miracles, l'intervention spéciale de la Divinité.
10. Ces manifestations, en effet, au lieu d'être accompagnées de ce sérieux et de cette dignité qui distinguent les œuvres de Dieu, portent la marque du caprice, de la légèreté et du désordre. Des individus y sont introduits ayant peu de religion ou même n'en ayant aucune et dont le caractère moral n'est pas toujours au-dessus de tout soupçon. Les communications ont lieu, en outre, sans qu'il soit fait aucune invocation du saint nom de Dieu. Elles ont lieu quand les personnes mêmes auxquelles elles sont faites y pensent le moins. Enfin, il n'y a dans ces communications aucune trace de cette intention, toujours pleine de bonté, de piété et de vertu surnaturelles, qui distingue les œuvres divines.
11. Peut-être le lecteur trouvera-t-il un certain intérêt au récit d'un fait de télépathie qui, s'il était authentique, pourrait être considéré comme un type remarquable de ce genre de phénomènes. Il a trait à Napoléon Ier et a été rappelé dans un grand nombre de journaux au moment du centenaire du célèbre empereur.
Napoléon mourut, on le sait, sur le rocher de Ste-Hélène, le 5 mai 1821, à six heures du soir, âgé de cinquante et un ans et quelques mois. Or on rapporte que, le même jour, un ouragan d'une violence exceptionnelle détruisit le peu d'arbres que possédait l'île, et que le saule, à l'ombre duquel l'Empereur avait coutume de se reposer, fut déraciné par la violence du vent. Mais la circonstance la plus merveilleuse qui accompagna cette mort est celle que le chevalier Colonna, chambellan de Marie Letizia, la mère de l'Empereur, alors résidant à Rome, a relatée dans le journal de notes qu'il dictait à sa lectrice, Mme de Sartrouville.
« Le 5 mai 1821, un gentilhomme d'allure distinguée s'est présenté au Palais Bonaparte, Place de Venise, insistant pour parler à la mère de Napoléon. Le portier lui demanda s'il avait une lettre d'audience, faute de quoi il ne pourrait être reçu. Le gentilhomme répondit qu'il n'en avait pas mais qu'il lui fallait de toute nécessité parler à Marie Letizia, et, sans plus de cérémonie, il alla droit à l'appartement de « Madame », répondant au valet de pied qui lui demandait son nom, qu'il ne le dirait qu'à Son Altesse.
« Frappée d'une telle insistance, Letizia donna des ordres pour qu'on fit entrer l'étranger. Elle avait auprès d'elle le chevalier Colonna et la Signorina Mellini, sa dame de compagnie. Le gentilhomme déclara qu'il devait parler à Son Altesse sans témoins. Letizia congédia donc sa petite cour et demeura seule avec l'étrange visiteur qui lui dit sans préambule «En ce moment même où je vous parle, Napoléon a fini de souffrir. Il est maintenant heureux ». Et après avoir prononcé ces quelques mots, il fit un profond salut et disparut. Toutes les recherches faites dans Rome et dans les environs pour obtenir des nouvelles du singulier visiteur demeurèrent sans résultat. »
12. Il n'est pas douteux qu'une histoire aussi étrange soit de nature à éveiller des doutes sérieux. Bien que Marie Letizia ait fait souvent allusion à la mystérieuse visite, il est permis, sans manquer au respect dû à cette mère angoissée, de voir dans cet événement le résultat d'une illusion personnelle plutôt qu'un fait réel. Hantée comme elle l'était continuellement par la pensée de son malheureux fils, elle se refusait à le croire mort et vivait dans l'espoir de le revoir heureux et glorieux.
Quoi qu'il en soit, comment un événement de ce genre pourrait-il s'expliquer par la télépathie ? Aurait-il eu lieu par le moyen d'un fluide magnétique ? Une telle explication est encore plus mystérieuse que le fait dont elle prétendrait donner la clef. Le message a-t-il été envoyé par l'intermédiaire d'un bon ange ? Mais comment supposer qu'un envoyé de Dieu, non invoqué, puisse annoncer d'une manière aussi étrange que Napoléon était délivré de toute souffrance et venait d'entrer dans le bonheur parfait ? De quel bonheur s'agit-il ? Il n'en est, au delà de la tombe, qu'au séjour des Bienheureux. Napoléon, par conséquent, aurait été admis immédiatement à la vision béatifique. Or, même si nous nous reportons à l'histoire des plus grands Saints canonisés par l'Église, nous n'y trouvons aucun message semblable. Comment donc le phénomène, si l'on admet son authenticité, peut-il s'expliquer, sinon en ayant recours à la médiation de l'ange des ténèbres, dont les opérations et les manifestations sont irrégulières et anormales et faites pour induire les hommes en erreur par rapport à la vie future.
13. C'est la conclusion à laquelle nous arrivons. Les phénomènes télépathiques ou télesthésiques, surpassant les forces connues de la nature, doivent être regardés comme produits par certains agents spirituels d'une nature: corrompue qui, par ce moyen; cherchent à produire la confusion et le désordre chez les individus, dans les familles et dans la société ; pour pêcher plus facilement en eau trouble.
14. On ne saurait non plus objecter que les manifestations télépathiques; dont nous venons de parler, ne contiennent, généralement parlant, rien d'immoral. C'est en tout cas un mal et un véritable désordre de rechercher ou d'attendre une communication concernant des choses cachées d'une manière non conforme à l'ordre établi par la nature ou par un moyen que Dieu n'a pas indiqué expressément. Il y a donc lieu de soupçonner, dans un procédé de ce genre, l'intervention diabolique, puisque l'irrégularité et la variabilité sont les caractéristiques des œuvres des anges rebelles.
15. Ceci paraît encore plus évident quand on constate l'absence de tout dessein moralement utile dans les communications télépathiques dont on nous fait souvent le récit. Le plus grand nombre des personnes auxquelles sont faites ces communications paraissent complètement dépourvues de sentiment religieux, et on ne lit généralement pas que ces communications les portent à offrir des prières pour ceux dont ils apprennent le malheur ou la mort d'une manière si étrange. Tout se borne à exciter ou à nourrir une curiosité morbide. Ces communications laissent, en outre, dans l'esprit de qui les reçoit un vague sentiment de doute et d'inquiétude. Elles font croire à une nouvelle théorie de la vie présente et future, différente de celle enseignée par l'Église et admise jusqu'à ce jour par les chrétiens en ce qui concerne nos rapports avec les absents ou la méthode de communiquer avec eux.
16. Certains écrivains, pour écarter tout à fait l'idée de l'instrumentalité d'esprits intermédiaires dans les phénomènes de télépathie ou de télesthésie, admettent comme un fait hors de doute des communications intermentales entre des individus éloignés l'un de l'autre. Nous ne savons pas, disent-ils , comment cette transmission de pensée d'un esprit à un autre et d'une âme à une autre s'opère sans agent physique intermédiaire ; « si la chose se passe d'un cerveau à un autre par le moyen de vibrations éthériques, ou d'âme à âme sans intermédiaire physique, ou par extériorisation de la force psychique. Nous ne savons pas quel procédé assure son émission du côté de l'agent ni sa réception du côté de celui qui perçoit. En fait nous ne savons qu'une chose, c'est que l'agent a essayé de transmettre l'idée et que celle-ci a été transmise. »
17. Ceux qui raisonnent ainsi montrent qu'ils ne tiennent aucun compte ni de la vraie nature de la pensée ni de la manière dont nous pouvons communiquer intellectuellement pendant cette vie avec les autres hommes. Quiconque possède une connaissance sérieuse de la philosophie catholique sait combien il est vain de parler de projection de pensée et de volonté au moyen d'une force psychique ou autre et à quel point une telle supposition est contraire à l'essence même de l'âme raisonnable et de la pensée. Essayer de supprimer, d'un trait de plume, l'action des anges dans cette communication soi-disant directe qui a lieu à travers le spiritisme entre l'esprit d'un homme et celui d'un autre, est une méthode trop catégorique, pour ne pas dire puérile.
18. Il faut donc prendre garde de ne pas attribuer à l'effet d'un fluide magnétique mystérieux ou à l'action des bons anges ces manifestations télépathiques où, par l'apparition de personnages étranges, par des voix ou des sons sensibles, par des images subitement formées dans l'air ou dans un miroir, un événement est annoncé qui se serait, suppose-t-on, passé à une grande distance et dont la personne à laquelle cette annonce est faite n'aurait jamais pu avoir la moindre idée.
19. Si cela est vrai pour ce qui a trait aux événements passés ou présents, ce l'est bien davantage quand il s'agit de communications concernant l'avenir, telle, par exemple, l'annonce de la mort imminente d'un parent ou d'un ami. La raison et la foi s'accordent pour nous enseigner que les futurs contingents - c'est-à-dire les choses qui ne dépendent pas de causes nécessaires - sont connus de Dieu seul. Il s'ensuit que des annonces de ce genre sont ou de pures inventions d'un cerveau exalté, ou des conjectures des anges déchus qui, ayant connaissance de bien des circonstances particulières ignorées de nous, peuvent deviner ce qui doit arriver dans un avenir prochain et donner ainsi l'impression qu'ils ont une science certaine des événements futurs.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 11:03

V. - Comparaison entre les messages télépathiques et les communications de Dieu à l'âme

1. De ce que nous avons établi, il suit que l'on doit tenir fortement en suspicion la source d'où nous viennent les messages transmis par la télépathie. Ceci ne saurait toutefois s'appliquer d'aucune façon aux manifestations dont la bonté de Dieu daigne de temps à autre honorer et encourager ses fidèles serviteurs et dont nous lisons des exemples authentiques dans les Saintes Écritures et dans les Vies des Saints. Dieu étant la vérité parfaite et connaissant toutes choses, passées, présentes et futures, est libre de communiquer cette connaissance à qui il lui plaît, même en substituant aux voies ordinaires d'information le ministère de ses anges, exécuteurs de sa volonté. Toutefois, en agissant ainsi, il observe un ordre si merveilleux, que l'on comprend clairement qu'il n'y a rien de commun entre ses manifestations et les méthodes capricieuses par lesquelles s'opèrent les phénomènes de télépathie.
2. Tout d'abord, les révélations divines ne sont pas faites à tout le monde. Généralement parlant, elles ne le sont qu'à des personnes d'une extraordinaire sainteté de vie, qui, par leurs vertus, sont élevées au-dessus du niveau commun de l'humanité, et sont, au vrai sens du mot, les amis de Dieu. Ceux, au contraire, qui reçoivent les communications télépathiques sont aussi bien des chrétiens que des non-chrétiens, des personnes d'un caractère moral supérieur ou d'autres menant une vie licencieuse. En réalité, il semble que les agents mystérieux de ces communications choisissent de préférence des hommes ou des femmes d'une moralité douteuse, et n'ayant qu'une foi chrétienne fort débile, sinon aucune.
3. Une différence à noter, plus grande encore, entre les communications venant de Dieu et celles obtenues par la télépathie, découle de la nature même de ces dernières. Tandis que l'information venant par télépathie porte en général la marque d'un pur naturalisme et n'ouvre pas l'esprit à la connaissance des vérités de la foi ni le cœur à un plus grand amour de Dieu, source de tout bien, les révélations faites par Dieu à ses serviteurs ont toutes, au contraire, un caractère surnaturel. Elles élèvent l'âme au-dessus des choses de ce monde, réconfortent le cœur, et inspirent à l'homme une énergie nouvelle, l'aidant à marcher courageusement dans le sentier de la vertu. Par suite, tandis que les premières manifestations sont dépourvues de toute utilité pratique, les secondes ont un but bien déterminé, qui est celui de toutes les œuvres divines, le don de la vie éternelle par la possession du royaume de Dieu.
4. Enfin, si l'on considère la façon dont se passent ces deux sortes de manifestations, on voit que si les communications télépathiques se présentent d'ordinaire entourées de circonstances étranges et sans signification, produisant ainsi la confusion dans l'esprit et troublant la paix dont il aurait pu jouir, les révélations divines au contraire, sont toujours accompagnées de ce sérieux, de cette dignité et de cette sainteté, qui leur impriment la marque du Saint-Esprit dont la Sainte Écriture dit qu'il « nous gouverne tous avec le plus grand respect » . Quiconque se trouve par conséquent en présence de telles communications est obligé de s'écrier : « Ici est le doigt de Dieu » .
5. Dieu est véritablement merveilleux dans les communications dont il favorise ses Saints, quand il les rend participants, comme des amis intimes, aux secrets de son cœur. C'est ainsi qu'à une pauvre et simple femme, fervente catholique, élevée récemment par l'Église à l'honneur des autels, il accorda la connaissance des choses les plus secrètes, passées, présentes et futures, que l'Esprit de Dieu lui montrait, comme représentées dans un soleil rayonnant et brillant toujours devant ses yeux. C'est là un don appartenant à cette classe de faveurs surnaturelles connues sous le nom de gratiae gratis datac, dont saint Paul parle longuement dans sa première Épître aux Corinthiens . Le grand Apôtre désigne ces grâces sous les noms de foi, de sagesse, de connaissance, de discernement et d'interprétation des langues, toutes choses appartenant à la prophétie et possédées, non comme des dons permanents, mais comme des jets de lumière surnaturelle que le Saint-Esprit projette, d'une manière transitoire, sur le sujet favorisé de ces dons.
6. Nous mentionnerons encore ici le don des langues, que l'on nomme aussi « glossolalie », accordé parfois aux Saints, comme ce fut le cas pour les Apôtres, à la Pentecôte. Ce don, toutefois, est d'une nature spéciale, vu qu'il peut être possédé d'une façon permanente et comme faveur définitive, et que, dans ce cas, la personne qui le détient peut en user comme et quand il lui plaît, ainsi que le fit saint Paul qui disait de lui-même : «Je remercie mon Dieu de m'avoir donné de parler toutes vos langues ».
La raison de cette différence entre le don des langues et les autres charismes, tient dans le fait que les autres dons librement accordés par Dieu, tels que la prophétie, le discernement des esprits - que l'on nomme aussi la pénétration des cœurs - et autres dons semblables, comportent une somme infinie de connaissances, et ne peuvent pour cela être possédés par une simple créature pendant cette vie d'une manière parfaite et permanente. Au contraire, le don des langues ne se rapporte qu'à un genre particulier de connaissance - c'est-à-dire à la parole de l'homme - et peut par conséquent être possédé parfaitement et d'une manière permanente pendant la vie d'ici-bas .
Nous pouvons donc conclure, avec le cardinal Newman, que le don des langues, «une fois accordé, était, dans sa nature même, possédé comme un talent ordinaire et n'exigeait pas une nouvelle influence divine pour être exercé par la suite » .
Il faut néanmoins observer que ce don n'est pas égal chez tous ceux qui le reçoivent et qu'il ne comporte pas la connaissance de toutes les langues du globe. Il est plus ou moins étendu, suivant le degré du don divin, sa mesure correspondant au but pour lequel il est accordé. C'est pourquoi saint François-Xavier, par exemple, bien que favorisé par Dieu, comme nous le croyons, de la connaissance d'un grand nombre de dialectes orientaux, se croyait tenu, dès qu'il arrivait dans une région nouvelle dont il ignorait la langue, d'étudier celle-ci avec un soin spécial.
7. C'est très justement que les Pères de l'Église ont appelé le démon le singe de Dieu. En réalité, son but est de faire la guerre à l'œuvre du Christ et de perdre les âmes. Mais ce but il cherche à l'atteindre au moyen du spiritisme, de l'hypnotisme et de la télépathie, et par ces pratiques superstitieuses, il s'efforce de contrefaire l'œuvre de Dieu.
Il produit ainsi de merveilleux effets qui ressemblent beaucoup aux miracles. Il prétend manifester des choses cachées comme le firent les Prophètes. Toutes ces œuvres néanmoins trahissent toujours, par quelque point, la faiblesse de l'ange des ténèbres, en même temps que l'esprit de fraude et d'illusion qui l'anime. Ceux-là seuls, par conséquent, qui se détournent de la lampe de vérité que l'Église Catholique élève au-dessus de nos têtes, tombent misérablement dans ses filets.
8. Le mystère d'iniquité inauguré par le démon dès les premiers jours du monde, s'achèvera, à la fin, par l'œuvre de l'Antéchrist. Inspiré par l'ennemi juré de la race humaine, ayant pour complices les hérétiques et les pervers, celui-ci s'aidera, grâce à des prodiges inouïs, de tout l'appareil de son art trompeur, afin de conduire les élus eux-mêmes, s'il était possible, à l'erreur et à la perdition. Le spiritisme et les pratiques qui lui sont connexes appartiennent à cet art diabolique par lequel le prince des anges déchus, employant tout ce qu'il possède de connaissance et de pouvoir sur la nature, cherche à imiter les prodiges divins pour se faire adorer à la place de Dieu. Mais «le Seigneur Jésus le fera mourir par le souffle de sa bouche et le détruira par l'éclat de sa venue » .

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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 11:04

CONCLUSION


1. Les diverses considérations exposées dans les pages qui précèdent, montrent clairement quel est le but suprême des pratiques spirites et quelle est l'intention poursuivie par les anges déchus lorsqu'ils produisent ces phénomènes remarquables par lesquels ils prétendent représenter les âmes des morts.
Nous avons dit que le péché des anges rebelles a consisté dans leur détermination orgueilleuse d'atteindre leur fin dernière par leurs propres moyens naturels, sans l'aide de la grâce divine, et c'est là précisément ce à quoi tendent les pratiques et les pseudo-révélations du spiritisme et des sciences occultes qui se rattachent à cette forme de superstition.
2. Il est vrai que les phénomènes en question, démontrant comme ils le font l'existence d'un monde spirituel, supérieur au monde de la matière, tendent à confirmer les données philosophiques et théologiques de l'Église Catholique sur l'immortalité de l'âme humaine et portent ainsi un coup mortel au matérialisme. Mais c'est là un profit bien vague. En vérité, nous n'avions pas besoin des déclarations d’esprits mystérieux ou de médiums en transe, pour nous convaincre que l'âme humaine ne finit pas avec la mort. La concession faite par les anges rebelles en faveur de la spiritualité et de l'immortalité de l'âme humaine a pour but d'obtenir une compensation qui dépasse ce qu'ils concèdent et les aide à mieux atteindre leurs véritables buts. Car rien ne peut mieux servir leur cause que la croyance en une doctrine d'après laquelle l'homme peut atteindre un état de béatitude finale par ses propres forces et sans l'aide de la grâce surnaturelle qui lui est offerte par l'Incarnation du Verbe. Ainsi donc, tandis que maintenant ils combattent ce bas matérialisme qu'autrefois ils ont tant contribué à répandre dans le monde, ils sèment les germes d'une autre erreur non moins pernicieuse, à savoir que l'homme peut être finalement heureux, quelle que puisse avoir été sa conduite dans la vie présente.
3. Nous ne saurions trop insister sur l'importance de cette vérité, à savoir que l'immortalité de l'âme humaine peut être établie avec des preuves pleinement convaincantes par le simple raisonnement naturel de l'esprit humain. Ce que les déclarations explicites et les merveilleux phénomènes du spiritisme prétendent démontrer quant au fait de la survivance de l'âme après la mort est en vérité en harmonie avec la voix de la nature et de la raison. Mais en faisant cette déclaration véridique concernant l'immortalité de l'âme, les mauvais esprits réussissent à gagner créance pour un grand nombre de fausses assertions, en particulier sur les moyens d'obtenir le bonheur final et sur l'état de l'âme après la mort. Le fait que ces agents occultes admettent l'immortalité de l'âme est bien propre à induire les gens imprudents et crédules à accepter leurs autres affirmations, quelle qu'en soit la fausseté.
4. Il convient d'observer ici que ces exposés constituent entièrement ou en partie, la somme totale des doctrines que certains écrivains modernes ont choisies pour s'écarter de l'enseignement traditionnel de l'Église. Ce n'est pas trop de dire que si l'influence démoniaque s'exerce ouvertement sur les esprits ordinaires par la manifestation de faits surprenants, elle agit d'une façon plus subtile et plus raffinée sur les esprits des écrivains de marque, en les incitant à promulguer un credo tout à fait nouveau. Dans les deux cas le but poursuivi est la destruction même du Christianisme.
5. Tout cela démontre avec la plus complète évidence, pour tout esprit impartial, que le spiritisme, tout en paraissant favoriser le bien intellectuel et physique de l'homme, est en réalité le moyen le plus radical de l'arracher à Dieu et de l'égarer hors de la seule voie qui peut le mener à Lui, c'est-à-dire hors l'Église.
Comme moyen de communication avec les pures substances intellectuelles, le spiritisme a existé de tout temps. Ce n'est que dans sa forme qu'il a subi quelque changement. Cette forme qu'il a revêtue de nos jours semble en rapport très direct avec le mouvement actuel des sciences de la nature et c'est à ce fait, sans aucun doute, que les phénomènes du spiritisme doivent leur attraction particulière, si grande à l'heure présente.
6. Il était tout naturel que, devant les découvertes extraordinaires faites récemment en physique, en mécanique et en chimie, l'esprit humain se trouvât comme fasciné par des phénomènes nouveaux du même ordre en apparence, phénomènes admettant l'examen scientifique et offrant tant de promesses de découvertes surprenantes. Or, en imitant et même en surpassant les effets que réalisent les agents naturels, les pures substances spirituelles peuvent ainsi dissimuler aisément leur opération propre et susciter l'intérêt de l'homme en leur faveur. Ils peuvent même, sous prétexte de progrès scientifiques, amener un esprit léger et superficiel à s'adonner à ces pratiques illicites, et ainsi l'attaquer par surprise.
7. Bien que les esprits des ténèbres se soient efforcés de tout temps d'attirer les âmes, par le moyen de pratiques occultes, dans leurs filets mortels, cela leur est toutefois rendu plus facile à l'époque où nous vivons, à cause de la grande ignorance qui règne dans le monde sur l'âme humaine et ses facultés, comme aussi sur la nature de l'ange et du monde spirituel en général.
Nous redisons, en y insistant, que seule une étude approfondie des principes de la philosophie catholique et des conclusions qui en découlent, peut nous faire connaître la vraie nature du spiritisme et des pratiques qui s'y rapportent. D'autres formes de philosophie, si plausibles qu'elles puissent paraître au premier abord, ne sauraient conduire à ce résultat.
8. Quand nous en venons à considérer le bouleversement de l'ordre moral qu'engendrent les pratiques spirites, quand nous constatons les ravages terribles qu'elles produisent dans les âmes, les dangers moraux dont elles menacent la société, il est impossible de ne pas prononcer un jugement défavorable sur ces pratiques.
9. Une circonstance significative, d'autre part, c'est qu'en dépit de tout ce que l'on peut avancer en faveur de ces phénomènes, la Théologie catholique juge que pas plus aujourd'hui qu'autrefois il ne lui est possible de se réconcilier avec ces pratiques. Comme, dans les temps passés, l'Église s'est toujours montrée opposée aux pratiques superstitieuses de la magie, ainsi, de nos jours, elle est en contradiction ouverte avec les manifestations et les déclarations des médiums. Quelle que soit la prétention du spiritisme moderne, elle maintient que celui-ci n'est que la continuation de la révolte de Satan contre Dieu et n'a pour terme que la ruine irréparable des âmes. Et l'on ne doit pas oublier que des savants éminents ont fait écho à la voix de l'Église. Tout à fait conscients de la nature et de la tendance de ces pratiques, ils en ont dénoncé l'influence pernicieuse, et ils ont mis en garde les hommes contre les dangers moraux et physiques menaçant ceux qui voudraient s'y livrer.
10. Nous avons l'espoir que leur voix et celle de l'Église seront entendues et que les chrétiens, se souvenant d'avoir été faits à l'image et à la ressemblance de Dieu, et d'avoir été rachetés par le Précieux Sang du Christ, cesseront d'être victimes des pièges que leur tend l'ennemi juré de Dieu et de l'humanité. Celui qui recherche sincèrement la vérité, peut la trouver dans le livre de la nature et dans la révélation. Il n'a nullement besoin de recourir à des esprits trompeurs et déguisés.
11. Si nous désirons des faveurs temporelles et spirituelles, une voie normale nous est ouverte : le recours à l'humble prière en conformité avec la loi et la volonté du Tout-Puissant, le distributeur de tous les biens. Si nous aspirons au bonheur, nous avons le gage de la béatitude à venir dans la promesse de voir Dieu face à face. Mais l'accomplissement de cette promesse dépend d'une condition formelle la pratique des bonnes œuvres par l'observance de la loi divine : «Faites-moi comprendre la voie de vos commandements et je méditerai sur vos merveilles » .

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