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Le Monde invisible - le spiritisme en face de la théologie catholique

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Le Monde invisible - le spiritisme en face de la théologie catholique - Page 2 Empty Re: Le Monde invisible - le spiritisme en face de la théologie catholique

Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:18

I. - L'âme séparée du corps a-t-elle un pouvoir sur les éléments de la matière ?

1. La ressemblance qui existe entre un esprit angélique et l'âme humaine après la mort, et l'habitude que nous avons d'attribuer aux âmes séparées ce qui est propre aux anges, peuvent expliquer l'opinion si répandue qui veut que nos âmes, après la mort, soient capables d'agir sur les objets matériels de la même manière que les anges agissent sur eux, c'est-à-dire en les transférant d'un lieu à un autre.
2. Or cela est une erreur, les âmes séparées n'ayant pas de pouvoir naturel sur les éléments de la matière. Nous disons pouvoir naturel, car nous ne nions pas que Dieu puisse, par une intervention extraordinaire, accorder à l'âme un pouvoir pareil à celui que possèdent les anges, du même genre que celui accordé à l'âme de Moise, quand ce législateur des juifs conversa avec Jésus-Christ sur le Thabor. Mais nous n'avons pas ici l'intention de parler des interventions extraordinaires de la puissance divine : nous ne traitons que de ce qui se produit dans la marche ordinaire des choses.
3. La raison de ce que nous affirmons ici se trouve dans ce principe, si souvent exprimé dans le présent ouvrage, que l'âme humaine étant déterminée dans son essence par son rapport avec son corps, au point de ne former qu'un seul et même tout avec lui, n'a pas de puissance motrice naturelle, sauf sur le corps particulier qu'elle anime, tandis que la puissance motrice des anges s'étend naturellement à toute espèce de corps, précisément parce que ces purs esprits ne sont liés dans leur essence à aucun corps particulier. En d'autres mots, nous pouvons dire que l'énergie motrice de notre âme, limitée en elle-même par sa propre nature, est restreinte au corps qu'elle informe, de telle sorte qu'elle s'y dépense, pour ainsi dire, complètement.
4. D'autre part, bien que le nouvel état acquis par l'âme désincarnée amène un grand changement dans sa manière de comprendre, aucune condition n'existe pour elle, qui exige alors un changement dans sa manière d'opérer par rapport aux substances matérielles, et ainsi l'âme séparée est parfaitement incapable de mouvoir le plus petit élément de la matière. Et la question n'est pas ici entre une âme et une autre, entre un corps plus lourd ou un corps plus léger ; car, du fait que l'âme humaine, en général, est, dans son essence même, ordonnée à informer et mouvoir une substance matérielle déterminée qui est son propre corps, elle ne peut mouvoir un autre corps matériel, quel qu'il soit.
5. Nous irons plus loin et dirons que l'âme désincarnée non seulement ne possède pas le pouvoir naturel de mouvoir des corps, même celui auquel elle était unie pendant la vie, mais ne peut même pas se mouvoir elle-même, ayant perdu par la mort ce pouvoir de locomotion qu'elle possédait étant unie au corps.
En effet, en vertu de la proportion naturelle existant entre l'âme et le corps, ce pouvoir de locomotion, bien qu'enraciné dans l'âme, réside, formellement comme dans son siège propre, dans le composé, c'est-à-dire dans l'âme et le corps unis substantiellement. Il cesse donc d'exister positivement à la mort, de même que cessent les autres facultés matérielles ou organiques, telles que la vue, l'ouïe ou l'imagination. Par conséquent l'âme, après la mort, non seulement est incapable de mouvoir un corps quel qu'il soit, mais elle ne peut même pas se déplacer d'un lieu à un autre. Elle doit naturellement demeurer pour ainsi dire immobilisée dans un lieu déterminé. Nous devons donc conclure que le pouvoir possédé par notre âme de mouvoir notre corps ne dure que le temps de la vie présente. L'âme après la mort ne peut plus mettre en mouvement ce qui fut jadis son propre corps, le lien qui les unissait l'un à l'autre ayant été complètement rompu.
6. Mais bien que l'âme séparée ne puisse, de par son pouvoir naturel, mouvoir aucun corps quel qu'il soit, elle doit cependant nécessairement adhérer à quelque élément matériel, cet élément étant une condition essentielle de sa localisation. De fait, l'élément matériel par lequel l'âme est localisée est, comme la foi nous l'enseigne, ou le ciel, ou l'enfer ou le purgatoire, suivant que l'âme est sauvée, ou perdue éternellement, ou bien destinée à une purification temporaire. Cependant, quand nous disons que l'âme est localisée par le ciel, par l'enfer ou par le purgatoire, nous n'excluons pas le fait que, par une disposition spéciale de la Providence divine, elle puisse quitter, pour un temps donné, ces lieux qu'elle doit ensuite réintégrer.
7. Si l'on demande pourquoi l'âme séparée, au cas où elle n'aurait pas été élevée à l'ordre surnaturel, c'est-à-dire au cas où elle n'aurait pas été destinée, par ses mérites ou démérites, à un lieu de bonheur parfait dans le ciel, de malheur complet en enfer, ou d'expiation dans le purgatoire, serait obligée de demeurer immobile là où sont ses cendres, la réponse est que, n'ayant plus aucune relation avec les corps, excepté toutefois son propre corps envers lequel elle conserve un certain ordre de dépendance, comme nous l'avons expliqué, elle doit, sauf une disposition spéciale et extraordinaire de la Providence, demeurer dans sa propre dépouille, non pas comme une forme demeure dans la matière qui lui est propre, ni comme une force de mouvement dans une matière qui est sienne, mais seulement comme dans un corps qui lui a appartenu et avec lequel elle a eu, pendant la vie présente, des liens intimes.
D'où il suit que si l'homme n'avait pas été élevé à l'ordre surnaturel, selon lequel sa fin dernière consiste soit dans la vision de Dieu face à face, soit dans la perte totale de cette suprême béatitude, nous dirions que l'âme séparée demeure localisée par ce qui fut son corps et qu'elle est obligée de s'attacher à lui pour toujours.
8. Ceci explique, en partie, la superstition païenne des libations répandues sur les cendres des morts, acte religieux, motivé par la persuasion que l'âme survivante est attachée à ses cendres et bénéficie réellement de cet acte de piété offert à ce qui a été, pendant la vie, son compagnon inséparable.
Il est facile de comprendre également, d'après ce que nous avons dit, pourquoi les païens tenaient tant à ce que les corps des époux, des amis et des parents fussent inhumés dans une seule et même tombe. La philosophie naturelle leur donnait, non sans fondement, la persuasion que les âmes ayant leur demeure là où sont les corps, le voisinage des corps serait, pour des personnes qui s'étaient aimées durant la vie, un gage de bonheur tout spécial.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:18

II. - Réponse à quelques objections

1. Nous nous sommes efforcés d'exposer aussi clairement que possible l'enseignement authentique de la théologie catholique au sujet du rapport de l'âme séparée avec les éléments de la matière. Mais cette doctrine a eu pour adversaire une certaine école de pensée, l'école de Duns Scot, opposée sur ce point, comme sur beaucoup d'autres, à celle du Docteur Angélique que nous avons suivi. Comme, d'autre part, ce que nous venons d'exposer est de la plus haute importance dans le sujet que nous traitons, nous croyons utile de rappeler ici les objections soulevées par cette école contre l'enseignement susdit et d'y joindre les réponses qui conviennent. Nous ne craignons pas de l'affirmer : si l'esprit du lecteur n'est pas nettement fixé sur ce point, la position catholique, quant à l'illégitimité des pratiques spirites, ne peut plus se soutenir. Voyons donc quelles sont ces objections' .
2. Tout d'abord on nous objecte que la faculté motrice que nous possédons n'est pas une faculté immanente, telles que le sont, par exemple, notre imagination et notre puissance visuelle ou auditive, mais qu'elle appartient à la catégorie des forces qui déploient leur action en dehors du sujet, telle qu'est chez nous la faculté du langage. Or, disent les adversaires, il est évident qu'une faculté organique, dont l'opération est immanente, ne peut agir sinon d'une manière organique. C'est ainsi que, par exemple, nous ne pouvons voir sans faire usage de nos yeux ou nous représenter à nous-mêmes quelque objet sans l'aide de notre imagination. Mais on ne peut en dire de même d'une faculté organique dont l'opération est transitive, c'est-à-dire dont l'opération s'accomplit en dehors du sujet ; d'où il suit qu'il n'est nullement prouvé que la faculté motrice de l'âme séparée ne puisse agir sur une matière étrangère et ainsi mouvoir les corps d'un lieu à un autre. Ne voyons-nous pas, d'ailleurs, que l'exercice initial de notre faculté motrice est inorganique, étant déterminé par un mouvement de notre volonté, laquelle est une faculté essentiellement inorganique?
3. Nous répondons à ceci qu'une faculté organique, soit qu'elle ait une action immanente, soit qu'elle ait une action transitive dans le sens indiqué plus haut, ne peut jamais s'exercer, même dans son mouvement initial, sans le concours d'un organe, c'est-à-dire sans le concours du corps auquel elle est unie. Les deux agents vont toujours ensemble et attribuer à notre faculté de locomotion une action inorganique c'est ignorer le mode d'agir qui lui est propre.
4. On ne peut pas dire non plus que l'exercice initial de notre faculté motrice, pendant cette vie, soit inorganique ou qu'il y ait, cachée dans l'âme pendant son union avec le corps, outre la faculté motrice organique, une autre faculté capable de mouvoir les corps inorganiquement, laquelle faculté se mettrait en jeu seulement après la mort. En effet, si l'exercice initial de la faculté motrice en nous est, durant cette vie, inorganique, c'est seulement en ce sens que notre volonté, qui est inorganique, commande chacun de nos mouvements locaux ; mais ces mouvements procèdent de notre faculté motrice organique par laquelle ils sont mis en exercice, aucun mouvement local ne pouvant avoir lieu sauf par le moyen de nos organes corporels.
5. On ne peut davantage faire appel à une motricité inorganique qui serait latente au plus intime de notre âme, et inopérante pendant la vie actuelle, mais qui se mettrait en action dès que l'âme est séparée du corps. Une telle supposition, inventée par les opposants de la doctrine thomiste, pourrait peut-être se soutenir si, comme le veulent certains philosophes, notre âme était unie à notre corps à la manière dont un ressort est uni à la roue qu'il met en mouvement, et s'il existait, dans la substance de l'âme, une certaine forme corporelle qui servît de lien entre elle et le corps.
Mais cette opinion contredit ouvertement le principe fondamental de l'union de l'âme avec le corps dont elle est essentiellement la forme. En vertu de ce principe, l'âme meut le corps immédiatement et formellement par elle-même, puisqu'elle est unie au corps comme une forme l'est à la matière qui est sienne et qui constitue avec elle une seule substance complète. Il est donc impossible que l'âme mette en mouvement aucun corps autre que le sien, et elle ne peut d'ailleurs mouvoir celui-ci que lorsqu'elle lui est formellement unie, c'est-à-dire pendant la vie présente ou après la résurrection.
6. Les partisans de l'école que nous venons de nommer insinuent encore qu'il appartient aux âmes séparées de gouverner les hommes vivant sur la terre, afin de les porter au bien et de les écarter du mal. Or, pour ce faire, ces âmes doivent être douées du pouvoir de mouvoir les corps localement, pour qu'elles puissent apparaître aux hommes sous des formes empruntées.
Mais cette opinion ne peut pas davantage se soutenir, car selon l'enseignement de l'Église, la mission de gouverner le monde raisonnable aussi bien que le monde privé de raison appartient en propre aux anges qui, s'ils sont bons, agissent comme ministres de Dieu pour le bonheur de la race humaine, et s'ils sont mauvais, ont la permission de nous tenter, afin que, en résistant à leurs suggestions, nous puissions recevoir un accroissement de vertu et de grâce.
7. Enfin ces mêmes adversaires de l'école thomiste font appel à l'état de l'âme humaine après la résurrection du corps. Nos corps, disent-ils, acquerront alors le don d'agilité, par laquelle notre âme sera capable de transporter à volonté, d'une manière inorganique, ce corps qui est nôtre d'un lieu à un autre, et cela, ajoutent-ils, est un transfert inorganique tel précisément que nous le proclamons accompli par les anges.
Nous répondons à ceci que le don d'agilité chez les Saints, après la résurrection, ne peut en aucune manière s'expliquer par le moyen d'une action inorganique, puisque la vie sensitive leur sera rendue alors dans toute sa plénitude. L'âme, après la résurrection, mettra son corps en mouvement par l'entremise de ses organes, comme c'est le cas dans la vie présente, la seule différence étant que le corps obéira alors entièrement au commandement de l'âme, se prêtant de lui-même à suivre avec promptitude et sans la moindre difficulté tous les mouvements et toutes les directions de l'âme.
Disons donc, pour conclure, que la philosophie thomiste, qui en fin de compte exprime fidèlement la doctrine catholique, rejette entièrement l'idée que les âmes séparées possèdent un pouvoir direct sur les éléments de la matière corporelle.



III. - Les Phénomènes spirites ne Peuvent être attribués à l'action des âmes séparées

1. Si l'âme séparée du corps ne peut, par son pouvoir naturel, mettre en mouvement les éléments de la matière corporelle, que dirons-nous, touchant les nombreux phénomènes ayant lieu dans les séances spirites, où l'on voit des objets mus apparemment d'une manière spontanée ? Le transfert de corps d'un lieu à un autre, les bruits mystérieux provenant spontanément de chaises, de tables ou d'instruments de musique, l'ouverture automatique de portes et de fenêtres, et tant d'autres phénomènes si souvent rapportés et parfaitement attestés, peuvent-ils être attribués à l'action d'âmes séparées ? Si non, à quelle cause devons-nous les attribuer ?
Nous répondons qu'il est impossible de rattacher ces phénomènes à l'action des âmes des défunts, vu que de tels effets sont absolument en dehors de leur pouvoir naturel, bien qu'ils ne soient pas, comme nous l'avons dit, en dehors du pouvoir des substances angéliques dont l'action sur le mouvement local des corps ne peut être mise en doute.
2. La même réponse s'applique aux phénomènes connus sous le nom de matérialisation des esprits, tel que la formation, par le moyen des éléments subtils dont abonde la nature, des traits d'une personne décédée, formation réalisée de telle sorte que ces traits sont susceptibles d'être reproduits par la photographie. Il faut dire la même chose des réponses intelligentes données à des questions précises, réponses octroyées au moyen de coups conventionnels ou de l'écriture ordinaire. La même remarque s'applique, en général, à tous les phénomènes de même nature, tels que la télépathie ou la clairvoyance. Étant donné que ces phénomènes surpassent les pouvoirs de l'âme séparée, qui non seulement est incapable de produire ces `signes sensibles, mais est aussi naturellement ignorante des choses ainsi communiquées, nous concluons qu'aucun de ces phénomènes ne peut être attribué à l'action de l'âme séparée.
3. Mais s'il en est ainsi, peut-on demander, qu'avons-nous à dire de ces apparitions des morts dont nous trouvons de nombreux exemples rapportés dans l'histoire ? De tels phénomènes sembleraient à la vérité comporter, de la part d'âmes désincarnées, le pouvoir de mettre en mouvement et de transporter des éléments matériels d'un lieu à un autre, en vue de s'en servir pour la réalisation de leurs desseins. Ceci est un point que nous devons étudier avec un soin particulier.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:18

IV. - Apparitions des morts

1. Nous avons dit que les âmes séparées du corps ne possèdent, naturellement, aucun pouvoir sur les éléments matériels. Nous n'avons nullement, par là, l'intention de mettre en doute et encore moins de nier les apparitions occasionnelles des morts dans ce monde visible. Sans discuter l'authenticité de chaque apparition de ce genre, nous admettons, en principe, non seulement la possibilité pour les âmes des trépassés d'apparaître aux vivants, mais nous prétendons en outre que des cas de ce genre, vrais et reconnus authentiques, ont réellement existé. La question est donc de savoir comment s'explique ce phénomène à la lumière de la philosophie chrétienne.
2. Nous devons, tout d'abord, admettre la possibilité, pour une âme séparée, qu'elle soit sauvée ou perdue, d'apparaître en personne, toutes les fois qu'il peut plaire à l'Auteur de la nature d'accorder à cette âme, par une intervention miraculeuse, le même pouvoir que possèdent les anges sur les éléments matériels. L'âme séparée, dans ce cas, se formerait, avec ces éléments, un corps visible, dans lequel elle apparaîtrait et par lequel elle se mettrait en communication avec les vivants.
3. Ceci n'implique aucune contradiction. De même que Dieu peut suspendre les propriétés d'une substance déterminée, de même peut-il donner à une substance des propriétés supérieures à sa nature. Il peut ainsi annexer à l'eau la propriété de la solidité, ou celle de la dureté à l'air et de la légèreté à la pierre. Il peut donner au feu une qualité réfrigérante, comme ce fut le cas lorsque les trois jeunes hommes ayant été jetés dans la fournaise de Babylone, les flammes eurent pour eux l'effet d'une brise caressante.
Dieu peut donc donner à une âme séparée le pouvoir de mettre en mouvement les éléments matériels et de les unir ensemble de façon à former un corps semblable au nôtre. C'est de cette façon que l'on interprète ordinairement l'apparition de Moise sur le Mont Thabor en compagnie de Notre Seigneur et du prophète Élie.
Cette concession d'un pouvoir surnaturel n'implique aucun changement substantiel dans la nature intrinsèque de l'âme humaine. L'âme demeure ce qu'elle était, mais elle reçoit de Dieu, Auteur de toutes choses, un pouvoir supérieur à ses forces, en vertu duquel elle produit des effets que d'elle-même elle serait incapable de réaliser.
4. Nous devons noter, toutefois, que l'on peut très bien aussi concevoir les apparitions des âmes des morts comme ayant lieu d'une autre manière plus conforme à l'ordre naturel des choses. On peut les considérer comme dues à l'instrumentalité des anges qui sont capables de reproduire la ressemblance matérielle d'une personne, vivante ou morte, et peuvent parler et agir, dans un corps ainsi formé, exactement comme le firent ou l'auraient fait les personnes ainsi représentées. Et les anges pouvant, dans une certaine mesure, arriver à connaître les pensées des défunts, ils peuvent de même communiquer de cette façon ces mêmes pensées aux vivants, agissant ainsi comme médiateurs entre les vivants et les âmes des trépassés.
En outre, de même qu'un ambassadeur est supposé parler au nom de son prince qu'il représente, de même un ange qui représente l'âme d'un défunt et parle en son nom, peut, dans un certain sens, se présenter comme étant cette personne même. Il pourra donc répondre à l'appel de son nom. Nous disons : dans un certain sens, car, en fait, jamais un ambassadeur ne serait autorisé à s'identifier avec son prince au point de faire croire à d'autres qu'il est ce prince lui-même, ce qui serait une véritable imposture. Ainsi donc un ange apparaissant au nom d'une personne décédée, peut, sans s'identifier avec elle, répondre lui-même avec sincérité à l'appel qui est fait de cette personne.
Il faut tenir présentes à l'esprit toutes ces observations quand on raisonne sur les apparitions matérialisées qui se produisent au cours des séances spirites.
5. Mais pour décider de quelle manière et jusqu'à quel point les apparitions des morts peuvent être attribuées à l'action des anges, nous avons, en premier lieu, à faire une distinction entre les différentes classes d'anges, distinction qui sera expliquée plus au long au cours des chapitres suivants.
Certains anges sont bons, d'autres sont déchus de leur premier état et sont devenus moralement pervers. Les premiers sont amis de Dieu et n'agissent jamais dans ce monde visible que sur son ordre ; les mauvais anges, au contraire, sont en état de rébellion contre Dieu et agissent habituellement de leur propre initiative. Les premiers sont comme les ambassadeurs de leur suprême Seigneur ; les autres, au contraire, se réservent toute la responsabilité de leurs actions, bien qu'ils soient parfois contraints d'agir comme ministres de la justice divine.
Rappelons-nous, en outre, que toute intervention extraordinaire de la Divinité dans la marche de la nature a pour objet une fin surnaturelle, c'est-à-dire une fin qui surpasse toutes les forces créées.
6. Il suit de là que les effets visibles, dépassant la marche ordinaire de la nature, produits par les bons anges, sont toujours accomplis par eux sur un ordre divin et par l'action divine, et par conséquent sont tous de vrais miracles ; tandis que les effets produits par les mauvais anges sont dus ordinairement à leur action privée et par conséquent ne sont pas de vrais miracles, puisqu'ils ne dépassent pas les forces de la nature. Nous pouvons donc dire que les apparitions des morts sont toujours des miracles quand elles ont lieu par le ministère des bons anges et qu'elles n'en sont pas quand elles sont dues à l'action des mauvais anges, à moins que ceux-ci n'agissent d'après un commandement exprès de Dieu.
7. Mais c'est là une vérité qui appelle une explication plus complète. La solution, en effet, de la question : si les apparitions des morts ou autres manifestations spirites peuvent être ou ne pas être considérées comme de vrais miracles, dépend de cette autre question : ces apparitions ou manifestations ont-elles pour auteurs les bons ou les mauvais anges ?



V. - Différentes sortes d'apparitions des morts

1. Nous devons ici, pour la solution du doute exposé, introduire une distinction entre les âmes sauvées et les âmes damnées, distinction qui sera l'objet d'une explication plus complète dans le chapitre suivant. Il nous faut aussi nous rappeler la différence qu'il y a entre les bons et les mauvais anges. Deux cas distincts sont à considérer : l'apparition des âmes sauvées et, deuxièmement, celle des âmes damnées.
En ce qui concerne le premier genre d'apparitions, il est bien évident que celles-ci ne peuvent avoir lieu que par l'office des bons anges; de même, le second genre d'apparitions ne peut être dû qu'aux mauvais anges, car il serait nettement inconcevable qu'une représentation de saintes âmes fût faite par les démons, ou de damnés par les saints anges.
2. Examinons d'abord le cas d'apparition d'une âme sauvée ayant lieu, comme nous l'avons dit, par le ministère d'un bon ange. La théologie catholique reconnaît, dans une telle manifestation, la présence d'un vrai miracle, c'est-à-dire d'une œuvre dont la cause principale est Dieu qui, dérogeant aux lois de la nature, forme, par le ministère de ce bon ange, la ressemblance corporelle d'une âme sainte ayant quitté la terre. De telles formations, il est vrai, n'excèdent pas par elles-mêmes l'étendue du pouvoir d'un ange, et considérées dans leur nature, elles ne seraient pas des miracles. Ce qui, en réalité, constitue le miracle, c'est le fait que les bons anges ne dérogeant aux lois de la nature que sur l'ordre de Dieu et précisément pour la fin surnaturelle qu'il a en vue, agissent formellement comme ses ministres et comme les instruments de sa volonté. L'œuvre accomplie par eux doit donc être attribuée à Dieu comme à l'auteur principal, ce qui est exactement le cas dans les miracles.
3. Peut-on dire la même chose des apparitions des damnés produites par l'action des mauvais anges ?
Il faut tout d'abord observer que ce serait une erreur de conclure du fait que les mauvais anges prétendent représenter une personne en particulier, que cette personne doit en réalité compter parmi les âmes perdues. C'est la caractéristique des anges déchus de fausser la vérité autant qu'il est en leur pouvoir. Il se peut donc très bien, et c'est souvent le cas, qu'ils affirment, dans les apparitions suscitées par eux, la présence d'une personnalité connue, d'une haute élévation morale, alors que rien n'existe de ce genre, les manifestations étant, du commencement à la fin, une pure supercherie.
C'est ainsi que les grandes et nobles figures des Papes Pie IX, Léon XIII, Pie X, des cardinaux Newman, Manning et Vaughan et d'autres insignes personnages, sont souvent évoquées dans les séances spirites. Or ce serait une erreur d'en conclure que ces séances étant inspirées par l'action des mauvais anges, les personnes ainsi représentées doivent être comptées parmi les damnés. En vérité il peut très bien se faire que non seulement ces personnes ignorent complètement ces apparitions, mais que ces apparitions elles-mêmes soient en opposition directe avec leur volonté. De telles manifestations ne sont donc autre chose que mensonge et duperie.
4. Nous pouvons maintenant examiner le cas où un ange déchu choisit de son propre chef de représenter vraiment, comme ambassadeur, non une âme sauvée, ce qui est impossible, mais une âme perdue, qui partage sa damnation et ses tourments sans fin. En ce cas, l'esprit déchu serait l'agent principal de l'apparition, non, bien entendu, sans la permission de Dieu, mais toutefois sans son ordre. Une telle apparition ne serait donc pas un miracle, puisque dans tous les miracles, Dieu est le principal agent et la créature un simple instrument. Nous ne pouvons jamais, toutefois, avoir les moyens d'identifier de telles apparitions, vu que le démon est un esprit de mensonge et que nous ne saurions concevoir quel avantage il pourrait tirer d'une déclaration sincère de ce qui se produit en réalité.
5. Mais le cas prend un aspect différent si nous considérons ces apparitions comme ordonnées par Dieu qui, pour un sage dessein, peut commander à l'un ou à l'autre des mauvais esprits de produire, au moyen d'éléments sensibles, l'apparition d'une âme damnée, lui enjoignant en même temps de nous manifester, pour notre conduite, son état et ses pensées.
Bien que la formation d'un corps humain ne soit pas au-dessus du pouvoir des anges déchus et bien que ces anges puissent connaître les pensées et les sentiments des âmes damnées, dès l'instant que Dieu ordonne à l'un d'eux de prendre la ressemblance d'une de ces,âmes et de manifester ainsi son état pour sa plus grande gloire et aussi pour le salut de l'homme, une telle apparition, si elle a lieu, doit être tenue pour un véritable miracle. Il n'y a pas lieu de répugner à cette idée que les anges déchus peuvent eux-mêmes, non moins que les bons anges, devenir les instruments de Dieu dans l'accomplissement de miracles, car ils sont, comme ceux-ci, ses ministres dans le gouvernement du monde, contraints d'exécuter ses ordres, et de servir, à leur façon, la cause de la gloire divine. Mais alors ces esprits déchus ne pourraient mentir, obligés qu'ils seraient de dire la vérité, puisqu'ils agiraient dans ce cas comme serviteurs du Dieu de vérité.
6. Un autre cas existe encore où les démons peuvent agir comme ministres de Dieu dans la production du miracle et c'est quand, en son nom, ils infligent à l'homme, durant cette vie, des châtiments spéciaux. Ils sont, dans ce cas, contraints d'obéir à l'ordre que Dieu leur a donné et coopèrent ainsi à la fin surnaturelle qu'Il a en vue en infligeant de telles punitions.
7. Les apparitions authentiques des morts, quel que soit le point de vue où l'on se place pour les examiner, ne peuvent donc avoir lieu que par une dérogation spéciale aux lois de la nature et sont, par conséquent, de vrais miracles. Il s'ensuit qu'admettre toutes les matérialisations spirites, dont on ne compte plus le nombre, comme autant de manifestations authentiques des morts voulues par Dieu, serait admettre des interventions miraculeuses de la toute-puissance divine, telles que non seulement elles surpasseraient tout ce que les Saintes Écritures nous enseignent sur ces interventions extraordinaires, mais au delà de ce que peut concevoir un esprit normal et réfléchi.
Il sera bon toutefois que nous montrions plus clairement encore comment il est absolument impossible que les manifestations spirites soient ordonnées ou commandées par Dieu et soient des miracles, et comment elles ne peuvent par conséquent être considérées comme de réelles apparitions des morts.

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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:19

VI. - Les manifestations spirites ne sont pas des miracles

1. L'hypothèse que les apparitions des séances spirites, attribuées à l'action d'âmes séparées de leur corps, mais qui sont en réalité, l'œuvre de purs esprits, sont de réels et vrais miracles, ne peut se soutenir, pour diverses raisons.
Nous signalerons, en premier lieu, la fréquence anormale de ces manifestations extraordinaires. Il est admis en effet que l'une des caractéristiques des vrais miracles est leur rareté. Un miracle est la suspension momentanée des lois de la nature, et comme la sagesse de Dieu garantit de tout dérangement l'ordre de la nature, sauf pour une cause adéquate, c'est-à-dire pour un motif surnaturel, on ne peut s'attendre à ce que les miracles aient lieu très fréquemment comme c'est le cas pour les apparitions ou matérialisations d'esprits.
2. En second lieu, les circonstances particulières dans lesquelles ont lieu les apparitions rendent encore plus improbable cette idée qu'elles sont une œuvre divine. Il est vrai que parfois, Dieu, répondant aux ardentes supplications des hommes, suspend momentanément les lois de l'ordre naturel et ordonne à ses anges de faire réapparaître en ce monde quelque trépassé ; mais ceci n'a jamais lieu et en réalité ne pourrait jamais se vérifier, sinon dans des circonstances d'une moralité claire et évidente et pour un bien d'ordre supérieur. Or le but moral, en vue d'un bien surnaturel à procurer ou à promouvoir, est précisément ce qui manque à ces manifestations des cercles spirites.
3. De plus, les miracles, en général, sont une réponse à la prière intense et jaillie du cœur; ils ont pour but de manifester l'un ou l'autre des attributs infinis de Dieu : sa bonté, sa justice, sa sagesse, sa sainteté ; ils encouragent chez les hommes la pratique de la vertu et les poussent à rechercher avec zèle ce qui est saint et pur. D'autre part les circonstances qui accompagnent les apparitions des séances spirites sont ordinairement d'un caractère des plus frivoles, le but poursuivi étant simplement de satisfaire à une curiosité malsaine. D'ailleurs les médiums, agents de ces phénomènes, ne sont pas toujours au dessus de tout soupçon. Aux réponses qu'ils donnent, le mensonge et la contradiction se mêlent souvent à des éléments véridiques et les pratiques elles-mêmes ne sont pas sans danger pour le corps et pour l'âme.
4. Ajoutons que les miracles étant uniquement l'œuvre de la libre volonté de Dieu, nous ne pouvons jamais être sûrs, si intenses que soient nos supplications et nos prières, que le plus léger miracle y répondra. Dans le spiritisme, au contraire, la simple présence d'un médium doué du pouvoir nécessaire suffit pour que se produise une variété de manifestations des plus extraordinaires et des plus surprenantes. Si nous considérons en outre le fait que des actes d'immoralité d'une nature très évidente accompagnent trop souvent ces exhibitions, il devient clair qu'elles ne peuvent être l'œuvre d'un Dieu trois fois saint.
5. Or, si les manifestations spirites ne sont pas des miracles, elles doivent être jugées comme n'ayant pas lieu par l'ordre de Dieu, mais simplement par sa permission. L'ordre de Dieu n'a jamais pour objet que ce qui est essentiellement bon, tandis que sa permission comprend le mal moral, bien qu'il sache, dans son infinie sagesse, le faire tourner, en dernier ressort, à sa plus grande gloire, c'est-à-dire, au bien moral par excellence. Ces manifestations ne doivent donc pas être attribuées aux bons anges qui n'agissent que sur l'ordre de Dieu, mais aux esprits déchus, comme nous le ferons voir plus en détail.
Ce que nous venons de dire regarde particulièrement les apparitions ou manifestations des morts obtenues par le moyen des pratiques spirites.
6. En ce qui concerne les différentes sortes de phénomènes dus à ces pratiques, nous avons déjà fait remarquer qu'il faut les regarder comme étant au delà du pouvoir de l'âme désincarnée. Quand ils sont de nature intellectuelle, ils dépassent de beaucoup l'étendue de sa connaissance; quand ils sont d'ordre psychologique ou mécanique, ils sont au delà de son pouvoir d'opération.
D'autre part il a été montré, dans les paragraphes précédents, que ces phénomènes, en tant qu'ils comportent la révélation de choses ou d'événements inconnus et supposent l'action d'une force mystérieuse opérant dans les séances spirites, doivent être attribués à des êtres angéliques. La conclusion s'impose donc à nous que ces êtres angéliques doivent être tenus pour responsables de la production de ces divers phénomènes, car, outre les purs esprits et les âmes désincarnées, il n'existe pas d'autres agents invisibles, auxquels ces effets puissent être attribués.
7. Or, puisque les substances angéliques ne sont pas toutes d'un même caractère de bonté morale, et puisque d'autre part les phénomènes spirites s'accompagnent de circonstances qui font soupçonner chez leurs auteurs un niveau de moralité douteuse, il devient nécessaire que nous déterminions plus particulièrement à quelle classe ou à quel ordre de substances angéliques ces effets doivent être attribués, et quel est le dessein de ces esprits, lorsqu'ils donnent naissance à une telle variété de phénomènes extraordinaires.
8. Pour dissiper tout malentendu, nous devons insister de nouveau auprès du lecteur sur ce fait que nous nous occupons ici du spiritisme proprement dit, c'est-à-dire des pratiques qui visent à obtenir de nouvelles informations par le commerce avec les âmes des morts. Nous ne voulons d'aucune façon déprécier les efforts faits par les savants de tous temps et spécialement du siècle présent en vue de parvenir à des découvertes nouvelles et utiles au moyen de recherches physiques, menées avec patience et sagesse. Nous leur devons, au contraire, des remerciements pour l'accroissement de richesses intellectuelles que leurs recherches ont procuré à l'humanité. Nous savons tous de quels résultats splendides ont été couronnés leurs labeurs. Mais à toutes ces découvertes il y a eu des causes naturelles en rapport avec les effets désirés.
D'autre part, prétendre que nous pouvons légitimement prévoir un agrandissement du domaine de la science en entrant en communication directe avec les âmes des trépassés, équivaut à détruire le rapport naturel de cause à effet.Une telle prétention est une perversion de l'ordre de la nature. La disproportion entre l'objet visé et les moyens adoptés pour l'atteindre est précisément ce que nous nous proposons d'examiner dans le chapitre qui suit.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:19

TROISIÈME PARTIE - LES PHÉNOMÈNES SPIRITES EXAMINÉS PAR RAPPORT AUX ÊTRES ANGÉLIQUES ET A LA PERSONNE SACRÉE DE N.-S. JÉSUS-CHRIST


1. De ce que nous avons dit dans les précédents chapitres, on aura vu que les phénomènes spirites dont nous nous occupons ne peuvent être attribués comme à leur vraie cause efficiente, ni aux âmes désincarnées ni à une sorte de fluide magnétique, ces deux sortes d'agents étant tout à fait incapables de produire de tels effets. Ils ne peuvent, d'autre part, être attribués à l'action immédiate de Dieu, que l'on ne peut supposer agir comme un simple instrument entre les mains de ses créatures. Nous devons donc chercher en dehors de ces facteurs un agent qui soit capable de produire les phénomènes en question.
2. Quelle est cette cause ? C'est ce que nous allons maintenant rechercher. Au cours de notre enquête nous nous proposons d'examiner d'abord la nature des pratiques spirites et, en second lieu, les différentes classes d'êtres angéliques. Ainsi serons-nous à même de résoudre la question concernant la nature des substances spirituelles auxquelles doivent être attribués ces phénomènes et de montrer en même temps quelle est la moralité des pratiques spirites.
3. Mais comme le résultat final des manifestations spirites se trouve dans la promulgation, de la part des esprits, d'un nouveau Credo qui, dit-on, doit remplacer l'enseignement traditionnel conservé et prêché par l'Église Catholique, nous aurons à explorer rapidement ce nouveau Credo, du moins dans ses grandes lignes. Nous ajouterons aussi une réfutation des théories de ceux qui voudraient nous faire croire que le spiritisme fut pratiqué par notre Sauveur Jésus-Christ lui-même, qu'ils n'ont pas honte de considérer comme un médium extraordinaire, le chef et le maître de tous les médiums d'une haute puissance, tels qu'auraient été surtout ses premiers disciples.
4. Tandis que la vérité est prudente dans ses recherches et lente dans ses affirmations, c'est la propriété de l'erreur de ne reculer devant aucune invention, si audacieuse qu'elle soit. Le devoir d'un ami de la vérité est de la démasquer

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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:20

CHAPITRE I - NATURE DES PRATIQUES SPIRITES


1. Une étude attentive de la nature et des propriétés des substances angéliques nous a conduits à la conclusion que, mise à part la question de leur qualité morale, ces êtres spirituels sont capables de produire tous les effets se vérifiant dans les séances spirites. Leur connaissance des secrets de la nature et des événements de la vie présente étant d'une si vaste étendue, et leur pouvoir par rapport au transfert local des éléments de la matière étant si grand, les divers phénomènes spirites n'excèdent pas les limites de leurs pouvoirs naturels.
La question qui se présente maintenant est donc celle-ci : Ces êtres spirituels ont-ils la volonté de produire ces phénomènes et, acquiesçant au désir de l'homme soucieux de communiquer avec le monde invisible, produisent-ils ces changements merveilleux dans l'univers visible, changements qui dépassent les événements ordinaires de la nature ?
2. Pour trouver la réponse exacte à cette question, nous aurons à examiner deux choses. Premièrement : que doit-on dire de ce désir que certains peuvent avoir de communiquer avec le monde invisible ? Et, deuxièmement, quel est le caractère moral attribuable à ces manifestations, surtout quand on les considère par rapport à la libre volonté qu'exerce l'homme dans la poursuite de ces pratiques.
D'autre part, comme l'une des conditions essentielles pour la plupart des manifestations spirites est la présence et l'action d'un « médium », nous aurons à rechercher également sous quel jour nous devons considérer ces pratiques en tant qu'elles concernent le médium, et quel est le rapport de celui-ci avec ces mêmes pratiques. Cela nous fournira l'occasion de discuter brièvement un incident rapporté dans les Saintes Écritures, savoir l'évocation de l'âme de Samuel sur l'ordre de la pythonisse d'Endor.
3. Toutefois, pour comprendre nettement quelle est la nature morale des pratiques spirites, nous en ferons un bref examen, les classant et montrant qu'elles diffèrent essentiellement des effets qui sont uniquement l'œuvre de l'imagination. Il sera facile alors de passer à la question qui nous intéresse spécialement, savoir : si le désir d'entrer en communication directe avec le monde invisible au moyen de ces manifestations spirites est en harmonie avec les données de la justice et de la morale.

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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:20

I. - Pratiques voisines du spiritisme

1. Bien que nous nous occupions ici principalement du spiritisme et de ses phénomènes, ce que nous allons dire s'applique également à d'autres pratiques occultes voisines du spiritisme, telles que le magnétisme, l'hypnotisme et les tables tournantes, vu que ces pratiques prétendent nous mettre en communication avec les habitants de l'autre monde.
Considérées sous cet aspect, ces diverses pratiques ont bien une différence d'origine, mais non de nature, puisqu'elles tendent toutes au même but : le commerce avec le monde invisible.
Elles sont en outre une reproduction, sous une forme moderne, de ce qui a été connu et pratiqué à toutes les époques de l'histoire du monde. Les augures, les aruspices, les auspices et les présages des anciens Romains, le pythonisme de la Grèce, l'astrologie, la géomancie, l'aéromancie, l'hydromancie, la pyromancie et la rabdomancie du moyen âge et enfin l'art plus récent de la divination par les cartes et les lignes de la main, ont, avec le spiritisme et autres pratiques modernes, une finalité commune, c'est-à-dire la prétention de connaître la vérité cachée par l'entremise d'âmes désincarnées, ce qui constitue, à proprement parler, le péché de superstition.
2. En ce qui concerne l'astrologie, dont le nom classique est astrologia judiciaria, forme de superstition frappée d'une condamnation spéciale de l'Église, il sera bon d'observer que les théologiens catholiques n'ont jamais nié l'influence des corps célestes sur les perturbations atmosphériques. Ils ont volontiers admis tout ce que la science peut nous dire de l'influence physique qu'exercent ces agents sur les marées et les saisons, sur la croissance des plantes, sur le système nerveux et sur des formes particulières de maladies humaines échappant au contrôle de la recherche médicale. Ils vont même jusqu'à accorder, ce qui pourra peut-être sembler excessif, que cette influence peut s'étendre jusqu'aux facultés sensitives de l'homme et déterminer, dans sa nature animale, une disposition particulière à certaines passions, telles que la jalousie, la lubricité ou la colère. Ce que l'Église a condamné dans l'astrologie, c'est la tentative de découvrir, par ce moyen, quels événements dépendant du libre arbitre pourront avoir lieu dans l'avenir, comme si la volonté de l'homme était nécessairement déterminée par l'influence des corps célestes et comme si Dieu n'était pas libre d'agir dans l'âme humaine comme il lui plaît, indépendamment de ces événements.
3. La même observation s'applique aux pratiques mentionnées ci-dessus. Ce que l'Église condamne en elles est leur abus, non leur usage juste et légitime, si l'on peut parler ainsi de quelques-unes d'entre elles. L'Église approuve ces pratiques dès lors qu'elles n'exigent aucune sorte de pacte avec les esprits du monde invisible, et que leur résultat peut servir à un dessein utile et louable.
4. Or, tandis que le but final de toutes les pratiques occultes modernes est identique, c'est-à-dire la communication avec l'autre monde, une différence existe dans les diverses formes employées à cette fin. Parfois la communication est recherchée au moyen d'objets matériels, comme c'est le cas des tables tournantes ; parfois le médium dont on se sert est une personne vivante, jouissant du libre usage de ses sens ou plongée dans un état de léthargie cataleptique, cette dernière condition étant procurée par le magnétiseur ou l'hypnotiseur et d'un usage ordinaire dans les pratiques spirites.
Dans ces cas, la personne magnétisée ou hypnotisée devient soumise à un état de sommeil artificiel ou de transe accompagné d'un travail très actif de l'imagination et de spasmes nerveux.
5. D'autre part, le pacte avec les esprits du monde invisible peut être soit explicite, c'est-à-dire formulé par la parole, par l'écriture ou par d'autres signes extérieurs, soit implicite, c'est-à-dire réalisé par le simple consentement de la volonté sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours à des expressions extérieures. Ce consentement de la volonté peut, bien entendu, être donné, même si la personne proteste extérieurement qu'elle ne désire entrer en aucune sorte de communication avec les puissances des ténèbres.
6. Il est nécessaire de bien se mettre dans l'esprit les façons multiples dont peuvent se développer les pratiques spirites. Car, tandis que la vérité est une, l'erreur est multiple et, comme telle, se présente sous d'innombrables formes, dont chacune lui sert comme d'un moyen pour se dissimuler. Quand éventuellement nous la découvrons sur un point et la mettons en fuite, elle se réfugie sans tarder sur un autre point, d'où l'on doit à nouveau la déloger. D'où l'absolue nécessité de connaître tous les endroits où elle se cache et de l'en chasser de telle sorte que l'on arrive à rendre vains tous ses efforts et à faire échec à son influence.



II. - Classification des phénomènes

1. Les phénomènes que nous examinons sont si variés dans leur forme et leur caractère, qu'il est difficile de les ramener tous à des classes bien distinctes. Nous pouvons toutefois les grouper en trois catégories.
Dans la première nous placerons les phénomènes d'ordre intellectuel, tels que l'illumination de l'esprit ou de l'intellect appelée clairvoyance, ou vision mentale d'objets situés à distance du voyant ; la révélation d'événements cachés ; la manifestation des pensées secrètes d'une autre personne ; le diagnostic de maladies corporelles, l'indication de leur cause et de leur remède ; la lecture d'écrits cachés de diverses façons, par exemple, enfermés dans un pupitre ; les phénomènes de psychométrie, terme qui désigne le pouvoir de découvrir l'origine, le mode de fabrication et, en général, toutes les vicissitudes que peut avoir eues un objet particulier, tel qu'un crayon, un canif, une canne, un portrait, etc.
2. Dans la seconde catégorie, nous grouperons les phénomènes que nous pouvons appeler physiologiques, parce qu'ils sont en rapport spécial avec l'ordre végétatif ou sensitif, tels que l'accélération de la végétation, la suspension des fonctions vitales permettant à un homme de vivre un certain temps sans boire ni manger, et même sans air respirable ; la perte soudaine de la mémoire ; l'accélération de la respiration et de la circulation du sang ; l'apparition de mouvements fibrillaires et convulsifs ; l'exécution, pendant l'hypnose, d'un plan suggéré mentalement par une autre personne ; la clairaudience ou faculté de percevoir des sons hors de portée de l'ouïe ; la formation soudaine de gonflements ou d'excroissances sur une partie déterminée du corps ; l'insensibilité totale ou partielle et même la rigidité complète des membres ; l'aorasie ou cécité momentanée ; l'allongement spontané du corps humain ; le contact sans brûlure avec un fer chaud ; la faculté de parler des langues inconnues ; la vision d'un objet placé en contact immédiat avec une partie quelconque du corps, etc.
3. En ce qui concerne ce dernier phénomène, on doit observer que la vision dont il vient d'être parlé n'a pas lieu, comme certains l'ont imaginé, par la transposition des sens, de telle sorte que, par exemple, le sens de la vue soit transféré aux doigts, aux genoux ou aux oreilles, ou que le sens de l'ouïe ou du toucher devienne l'organe de la vue (chose intrinsèquement impossible) ; mais ce phénomène a lieu en tant que le sens de la vue, par exemple, subit l'action des puissances occultes au point de présenter, comme une réalité objective, ce qui n'est qu'une modification subjective du sens lui-même, phénomène dont plusieurs exemples sont rapportés dans la Sainte Écriture .
4. En ce qui concerne le phénomène spirite consistant dans la faculté de parler des langues inconnues, nous devons noter qu'il est grandement différent du don des langues, nommé glossolalie , dont saint Paul fait mention quand il énumère les neuf genres de dons qu'en théologie on appelle gratiae datis datae. Ces dons sont l'œuvre du Saint-Esprit dans certaines âmes, pour le bien commun de toute l'Église, comme nous le constatons dans ce qui advint aux Apôtres le jour de la Pentecôte, miracle qui, d'ailleurs, a été renouvelé au cours des âges.
On ne peut trop insister sur cette différence, parce que le don de parler diverses langues, tel qu'il est parfois accordé par Dieu, porte toujours avec lui quelque utilité surnaturelle pour les auditeurs, en rapport avec la diversité des hommes auxquels la parole est adressée. En outre, celui qui bénéficie de ce don a généralement la claire compréhension de ce qu'il dit. Au contraire, les personnes que l'esprit de ténèbres fait parler des langues inconnues ont coutume d'émettre machinalement des sons sans rien comprendre à ce qu'elles disent, et les auditeurs, la plupart du temps, ne perçoivent pas eux-mêmes le sens des paroles proférées. En tout cas, ce genre de locution est sans avantage surnaturel pour les auditeurs.
5. Dans la troisième catégorie nous placerons les phénomènes mécaniques, qui consistent en quelque changement dans les éléments de ce monde. De ce genre sont : la production soudaine de lumière, de chaleur, d'odeur et de son ; le transfert d'objets d'un endroit à un autre ; la formation de visages, de membres ou même d'un corps humain tout entier ; l'écriture automatique ou par le moyen de la planchette ; des inscriptions sur des feuilles de papier enfermées dans une boîte ou dans un pupitre, ou cachées parmi d'autres objets ; des changements subits de température ; l'écholalie ou la reproduction exacte (semblable à celle du phonographe) et par l'organe vocal du médium, de paroles ou de sons musicaux ; l'attraction ou la répulsion d'une personne magnétisée ; la lévitation ou élévation de corps organiques ou inorganiques ; l'altération du poids des corps ou du volume des liquides et autres phénomènes de même ordre.
Tels sont les principaux phénomènes provoqués par les pratiques spirites et occultistes dans les trois règnes de l'intelligence, de la vie sensitive ou végétative, et des forces physiques et chimiques.
6. Ce qu'il faut noter avec soin c'est que ces phénomènes ne sont pas tous produits par une seule et même cause immédiate. Les tables tournantes, par exemple, ne sont pas un phénomène supposant le pouvoir de produire une altération dans le corps d'un homme, et beaucoup moins encore d'illuminer directement son esprit ou de mouvoir sa volonté. De plus, ces phénomènes n'ont pas toujours lieu de la même manière et dans les mêmes formes. L'irrégularité est, du reste, une caractéristique de ces diverses pratiques traduisant, chez leur auteur, une disposition à la légèreté et au caprice. Il y a néanmoins avantage à classer les différents phénomènes dans l'une ou l'autre des trois catégories que nous venons de décrire. Le lecteur est ainsi mis à même de voir d'un coup d'œil si l'effet produit est une modification 1) de la matière sensible, ou 2) des organes végétatifs et sensitifs de l'homme, ou encore 3) de son intelligence et de sa volonté.
7. On observera en outre qu'aucune classification de ces phénomènes ne saurait prétendre à la précision parfaite. Les effets psychologiques et physiologiques que nous étudions ici ne sont pas produits sans quelque changement mécanique dans la constitution humaine et ces deux effets peuvent quelquefois se réaliser dans un seul et même phénomène. C'est ainsi que lorsque la langue est mise en mouvement pour proférer des assertions concernant des choses ou des événements inconnus, ou pour parler une langue étrangère, l'esprit est quelquefois, mais non toujours, instruit à comprendre ce que la langue articule, et par suite le phénomène psychologique ou intellectuel est uni au phénomène physiologique.
8. En réalité, la multiplicité des effets auxquels donnent naissance les pratiques spirites, la variété des formes qu'ils sont susceptibles de prendre, la façon irrégulière et incohérente dont ces effets se produisent, tendent à entourer le spiritisme d'un air de mystère, qui non seulement rend impossible de distinguer toujours exactement entre les divers phénomènes, mais sert en même temps à les situer au delà des recherches de la critique ordinaire et de l'investigation superficielle. Il serait difficile, pour un observateur inexpérimenté, de ne pas se perdre dans les méandres inextricables de ce sombre labyrinthe.
9. Dans bien des cas aussi, le mélange de fraude aux phénomènes authentiques contribue à accroître, dans de très grandes proportions, la confusion qui déjà entoure ces mêmes phénomènes. Et l'on ne saurait trop insister sur ce fait qu'une grande partie de ce que nous lisons dans les livres et les brochures sur les manifestations spirites ne peut soutenir l'épreuve d'une enquête attentive et consciencieuse. Beaucoup de ces écrits sont publiés avec trop peu de discernement pour mériter un examen sérieux. Ils sont pour la plupart le fruit d'une imagination surchauffée. Certaines personnes en effet sont très fortement disposées à voir dans les événements ordinaires de la vie des manifestations d'outre-tombe. Elles ne voient dans le cours ordinaire des choses de la nature rien que des incidents vulgaires et cherchent partout des interventions préternaturelles. Elles n'ont de goût que pour les histoires de fantômes et pour le merveilleux, et c'est dans ce domaine qu'elles cherchent une explication de manifestations parfaitement naturelles.
Il y a là, par conséquent, une grande difficulté à distinguer avec justesse les phénomènes réels de ceux qui ne le sont pas. Nous affirmons, néanmoins, et cela sans exagération, qu'il existe des preuves abondantes et solides d'authentiques manifestations spirites, et c'est uniquement de celles-ci que nous nous occupons ici.
10. Mais avant de procéder à l'examen de la valeur morale intrinsèque des manifestations spirites, il faut indiquer en outre comment les véritables phénomènes peuvent être distingués de ce qui à première vue paraît merveilleux mais ne surpasse pas en réalité le pouvoir des forces naturelles. Nous avons l'intention de parler maintenant de ce pouvoir mystérieux qui s'exerce en nous et que nous nommons l'imagination. Les effets que produit cette faculté sont parfois si étonnants, qu'ils semblent voisins du miracle.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:20

III. - La Puissance de l'Imagination

1. Nous avons vu comment les phénomènes extraordinaires occasionnés par les pratiques spirites ou occultes s'exercent dans un domaine très vaste et sont d'un caractère varié. Ce serait cependant une erreur de conclure qu'ils doivent tous être attribués aux opérations du monde spirituel invisible. Nous ne devons pas oublier combien sont merveilleuses les forces de ce vaste univers étalé à nos yeux, et combien est grande cette partie du domaine de l'énergie humaine qui n'a pas encore été entièrement explorée. En réalité, ces forces et cette énergie sont si grandes, qu'il serait antiscientifique d'avoir toujours recours à l'action d'agents invisibles et spirituels pour expliquer tous ces phénomènes. Nous pouvons soutenir avec vérité que quelques-uns au moins des phénomènes attribués au spiritisme peuvent très bien être mis au compte des forces latentes et encore inexplorées de la nature.
2. Nous examinerons plus tard la question de savoir à quel point le sommeil magnétique ou hypnose peut être attribué à des causes naturelles. Pour le moment nous observerons que notre système nerveux, si complexe, et qui, comme un délicat réseau, occupe tous les points de notre corps, peut très bien donner lieu, spécialement chez les personnes de tempérament sensible, à des manifestations très extraordinaires. De même les personnes souffrant d'affections morbides d'un caractère nerveux peuvent être sujettes à des phénomènes d'ordre pathologique, qui ne se rencontrent pas chez celles jouissant d'une constitution normale.
Dans tous ces cas, on trouvera efficaces les remèdes physiques, pour rendre à l'âme l'équilibre qu'elle a perdu et dont le trouble a été cause des phénomènes anormaux. Un corps sain est, nous le savons, une condition nécessaire aux opérations d'un esprit sain.
3. Nous voudrions maintenant attirer l'attention du lecteur sur le pouvoir de cette faculté de l'imagination, que Dante a si magnifiquement décrit
« O imaginative, qui tellement nous sépares quelquefois des choses du dehors, qu'autour de nous sonneraient mille trompettes, point ne les entendrions... »1 .
A vrai dire, il est difficile de décrire les nombreux phénomènes extraordinaires auxquels peuvent donner naissance les cellules nerveuses du cerveau humain, surtout quand celui-ci est dans un état de surexcitation. Le cerveau est l'organe central de l'imagination, le siège de nos affections et de nos passions sensitives et le point de départ du système si complexe des fibres délicates qui enveloppent et compénètrent tous les tissus de notre corps.
C'est ainsi que lorsque notre imagination s'exerce et que nos passions sont excitées, un changement correspondant se produit dans quelque partie de notre organisme physique. Qu'un objet extérieur laisse une impression sur nos nerfs sensitifs périphériques, les vibrations de ces nerfs sont transmises à l'encéphale, de là aux nerfs moteurs, et les membres de notre corps sont aussitôt mis en mouvement. Et puisqu'il est au pouvoir de la volonté d'impressionner l'imagination comme il lui plaît, nous pouvons être nous-mêmes la cause d'une grande variété d'étranges phénomènes somatiques.
4. Toutefois, ces phénomènes, causés par l'imagination, sont d'un certain caractère et sont limités quant à leur étendue. Toutes les parties de notre corps, en effet, n'obéissent pas également à notre commandement, tandis que toutes demandent à être perfectionnées par un exercice constant. C'est ainsi que nos doigts n'acquièrent qu'à force de pratique l'aisance et l'agilité nécessaires pour jouer habilement d'un instrument de musique.
5. Dans certains cas, l'imagination est à elle seule capable de produire des effets appartenant à la vie végétative ou animale. Ainsi la seule pensée de la salive peut produire sa sécrétion et la vue d'une personne qui bâille peut amener chez nous la même contraction musculaire. L'imagination peut de même produire en nous un désordre physique tel que l'hypocondrie, et dans les affections nerveuses la guérison peut souvent être amenée par la persuasion, chez le malade, qu'il va réellement mieux, et que son indisposition était due à quelque cause accidentelle, à laquelle on peut facilement porter remède. D'autre part, des passions non réprimées, des émotions subites, une tristesse accablante, ont rendu bien des gens victimes de désordres physiques, tandis que des remèdes moraux ont eu le pouvoir, dans un grand nombre de cas, de guérir des maladies corporelles.
6. Les animaux, eux aussi, ne sont pas étrangers à l'influence de l'imagination, certains étant facilement impressionnés par la musique, tandis que d'autres arrivent à émettre des sons articulés en imitation de la voix d'autres animaux et de l'homme lui-même. Les animaux peuvent aussi être excités par la colère ou opprimés par la tristesse. Ils conservent parfois, pendant de longues années, le souvenir de la bonté dont ils furent l'objet ou du mauvais traitement qu'ils ont reçu.
7. C'est encore un fait bien connu que l'imagination peut déterminer en nous des mouvements contraires à nos propres désirs. Si nous marchons pleins de sécurité sur une planche posée à terre, nous sommes prêts à chanceler et peut-être à tomber, si cette planche est élevée de quelques mètres. L'appréhension du danger de chute cause en effet une modification dans l'état de nos nerfs et déterminé positivement la chute redoutée. Le même phénomène peut arriver lorsque nous nous trouvons au bord d'un puits profond ou sur la plate-forme d'un édifice élevé, le sentiment de vertige qui nous saisit provenant de notre imagination apeurée. L'alarme en effet et l'appréhension ressenties peuvent être si fortes que l'homme, pris de vertige, se jette en bas, un tel mouvement n'étant pas autre chose que l'effet de l'imagination surexcitée au point de présenter la chute comme une réalité en train de se produire.
8. Mais c'est surtout dans le sommeil que l'imagination est tout à fait débridée, l'opération des sens extérieurs étant alors suspendue, et nulle possibilité n'existant de contrôler ce qu'elle présente. La combinaison des phantasmes perçus pendant la veille et laissés désormais à eux-mêmes sans aucun lien qui les coordonne, produit alors des rêves et ceux-ci sont d'ordinaire d'un caractère si vif, qu'ils prennent pour le dormeur l'apparence de la réalité.
Il y a plus encore. Le rapport intime existant entre l'imagination et les centres qui contrôlent le système musculaire peut produire le phénomène naturel appelé somnambulisme, état où la personne marche et accomplit divers actes tout en étant profondément endormie. Dans ce cas le libre arbitre est suspendu, si bien qu'une personne ne peut être alors tenue pour responsable de ses actes, même si, pendant ce temps, elle affirmait explicitement sa liberté. Nous aurons d'ailleurs l'occasion de nous étendre davantage sur ce sujet quand nous traiterons de l'hypnotisme.
9. Ce qu'il faut noter ici, c'est que, si remarquables que puissent être les phénomènes dus à l'imagination, ils sont tous limités à l'individu déterminé auquel cette faculté appartient. Ce n'est que d'une façon indirecte et médiate que l'imagination d'une personne peut agir sur une autre. Pour que mon imagination puisse influencer mon voisin, un moyen de communication est exigé qui soit proportionné aux effets à produire. En d'autres termes, ce moyen doit être d'ordre intellectuel, physiologique ou mécanique, suivant que l'effet voulu appartient à l'une ou à l'autre de ces classes.
10. On peut de même attribuer au pouvoir de l'imagination cet autre phénomène connu sous le nom de fascination ou enchantement, phénomène qui a été l'inspirateur de tant de romans et de fictions littéraires dans le passé et sur lequel des notions exagérées sont encore entretenues par les masses illettrées. Les sorts jetés sur des enfants ou sur des animaux (si vraiment une telle chose se passe) ne doivent leurs effets qu'au travail de l'imagination. Les yeux sont le miroir de l'âme et l'intensité du regard de certains individus peut impressionner l'imagination d'un enfant au point de le rendre incapable de diriger son attention sur d'autres objets. Bien qu'il en garde le pouvoir radical, il ne peut cependant l'exercer comme le ferait un adulte dont la volonté est plus forte et le jugement plus mûri. Il est donc inutile d'avoir recours, pour l'explication de ces phénomènes, à une théorie postulant l'existence d'une sorte de fluide subtil ou de force occulte émanant des yeux de l'opérateur, et exerçant une influence décisive sur l'esprit du sujet, le pouvoir de l'imagination étant plus que suffisant pour expliquer le phénomène.
11. Cela étant, on doit prendre grand soin de distinguer les phénomènes spirites authentiques de ce qui peut être simplement l'effet d'une modification dans le fonctionnement de l'imagination, tel que nous venons de l'expliquer. On ne doit pas davantage recourir à la théorie d'agents supérieurs invisibles, tant que l'effet produit ne surpasse pas le pouvoir de l'imagination ou de toute autre cause positive.
12. Il faut d'autant mieux fixer ce point dans notre esprit que chez certains, comme nous le savons, l'imagination, se trouvant dans un état anormal, peut outrepasser ses frontières naturelles et devenir la source de manifestations étranges, présentant à première vue une certaine affinité avec des incidents préternaturels. Sans parler des personnes qui ont le malheur d'être affligées d'aliénation mentale, et qui ne peuvent par suite être tenues pour responsables de leurs actes, nous savons parfaitement quels désordres une maladie nerveuse peut susciter chez ceux qui, par exemple, souffrent d'hystérie. Il est évident que, chez de tels malades, bien des actions sont susceptibles d'exciter l'étonnement. Une extrême légèreté d'esprit, une tendance prononcée à l'exagération, la simulation et la vanité accompagnent ordinairement ce désordre. Mais c'est surtout dans les périodes de paroxysme, que l'hystérie est susceptible de donner lieu à de très sérieux phénomènes dont le principal est l'hallucination.
On peut donc voir, d'après cela, combien il est nécessaire de distinguer soigneusement entre de tels phénomènes et ceux qui sont dus à des causes préternaturelles.
13. Il est à propos de faire ici une observation au sujet des causes de béatification dont s'occupe à Rome la Sacrée Congrégation des Rites. Toutes les fois qu'il s'agit d'instruire, devant le tribunal compétent, le procès des vertus d'un serviteur de Dieu réputé pour avoir été gratifié de manifestations extraordinaires, une des premières démarches prescrites est d'examiner avec soin si cette personne jouissait, pendant sa vie, d'une imagination saine et d'un jugement équilibré, ou si elle était victime de dérangements cérébraux. La condition sine qua non pour la continuation du procès, est que tout doute soit écarté sur ce fait, de sorte que l'on n'ait pas à prendre pour des manifestations surnaturelles ce qui peut être simplement le produit d'une imagination malade et chimérique.
14. Bien que nous ne puissions comprendre parfaitement le travail intérieur de notre imagination ni les effets que cette faculté est capable de produire, nous en savons cependant assez pour être en mesure de tracer une ligne que ne peut franchir le pouvoir de cette faculté. Cette observation s'applique à toute la série des agents physiques. Leur énergie peut ne pas être connue d'une manière complète, mais nous en savons assez sur leur nature, pour être à même de dire ce qu'ils ne sont pas capables de produire.
Dans le cas de l'imagination nous pouvons dire qu'elle ne peut agir hors de son propre sujet. Elle ne peut mouvoir des corps extérieurs ; elle ne peut connaître ce qui se passe à distance; encore moins peut-elle déterminer chez les autres la révélation de vérités inconnues. Pour tous ces phénomènes une cause supérieure est nécessaire, dont nous allons maintenant examiner la nature. Mais nous devons d'abord rechercher si le désir qui de nos jours pousse tant de gens à entrer en communication avec le monde des esprits, est lui-même en harmonie avec les lois de la nature.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:21

IV. - Nos rapports avec le monde invisible

1. Quand nous posons la question : quel jugement doit-on prononcer sur le désir qu'ont les vivants, d'entrer en communication avec le monde invisible, il faut qu'il soit bien entendu tout d'abord que nous ne parlons pas ici du désir ou de la tentative d'entrer en communication directe avec les âmes des morts. Il a été démontré qu'une telle communication est naturellement impossible. A moins donc que ce désir puisse être excusé en raison de la bonne foi ou d'une invincible ignorance, il doit être jugé d'après la règle générale qui condamne les désirs et les actes qui ne sont pas en harmonie avec l'ordre de la nature.
2. Nous ne parlons donc ici que des tentatives de communication directe et sensible avec les substances angéliques, tentatives faites en utilisant des moyens naturels, tels que le magnétisme, l'hypnotisme ou les tables tournantes. Et la question est celle-ci : Ces essais sont-ils permis ?
Nous répondons également que toutes ces tentatives et les pratiques qui s'y rapportent sont naturellement illégitimes, quelle que soit la qualité morale des êtres dont on recherche le commerce, et cela parce qu'un tel procédé est directement opposé à l'ordre de la nature.
Cette réponse pourra ne pas rencontrer l'approbation de certains de nos lecteurs, mais on verra que la nature même de ces tentatives et de ces désirs, quand on les examine de près, n'admet pas d'autre solution, vu la différence naturelle qui existe entre l'homme et l'ange.
3. C'est à dessein que nous avons dit : par des moyens naturels, car nous ne nions pas qu'il soit permis de demander à Dieu, par une humble prière, et en nous soumettant entièrement aux dispositions de sa sainte volonté, qu'il veuille bien nous accorder de communiquer directement et d'une manière visible, avec notre Ange gardien. Ce serait là, en réalité, un véritable miracle ; or, comme nous l'enseigne la théologie, il n'y a rien d'irrégulier ou de contraire à l'ordre moral dans une humble supplication adressée au Tout-Puissant en vue d'obtenir un miracle pour le bien de nos âmes.
Nous rencontrons en effet des exemples d'une telle faveur accordée à quelques saints, comme à Sainte Françoise Romaine, qui jouissait de fréquents entretiens avec son Ange gardien. Et nous pouvons supposer que cette grâce lui fut accordée en raison des humbles et ferventes prières qu'elle avait faites dans ce but.
Nous n'examinons donc ici que la possibilité d'une telle communication avec les êtres angéliques, recherchée par des moyens naturels, et nous disons qu'un tel effort est illicite, n'étant pas en harmonie avec la marche établie par l'Auteur de la nature.
4. L'homme, être raisonnable composé d'une âme et d'un corps, a été dès l'origine doué par Dieu de sens externes par lesquels il peut entrer en communication avec le monde extérieur et plus particulièrement avec ses semblables. L'homme fut ainsi formé pour que, par une étude attentive du livre de la nature, il pût obtenir une connaissance des choses invisibles et plus spécialement de Dieu, son Créateur, son premier principe et sa fin suprême. Ces sens externes dont Dieu nous a dotés, sont amplement suffisants pour conduire notre raison à la connaissance du monde invisible. Il n'est donc pas nécessaire que nous ayons recours à des manifestations extérieures d'êtres spirituels, même si certains de ces êtres, en raison de leur office, peuvent illuminer nos pensées par des révélations intérieures.
Nous ne nions pas qu'ils puissent aussi, parfois, se manifester à nous par des signes visibles, mais ceci appartient au miracle et dépend tout à fait de l'ordre établi par la Divine Providence qui se sert à l'occasion de ces événements extraordinaires pour nous faire atteindre plus facilement le but en vue duquel nous avons été créés.
5. Mais prétendre obtenir, par des moyens naturels, ces communications sensibles avec les purs esprits, et en particulier chercher, par des moyens mécaniques ou autres, à obtenir d'eux des manifestations extraordinaires, est contre l'ordre de la nature, non seulement parce que les êtres angéliques sont supérieurs à l'homme en nature et en perfection, et par conséquent ne peuvent être évoqués par lui, mais aussi parce que les moyens matériels, quels qu'ils soient, mis en œuvre dans ce but, sont tout à fait inadéquats à la fin désirée.
La prière elle-même, bien qu'étant la plus sainte des pratiques, serait contraire au bon ordre, si elle avait pour but direct d'obtenir un commerce visible avec les esprits angéliques, indépendamment d'une disposition intérieure d'entière conformité à la très sainte volonté de Dieu sur ce sujet. Et si un commerce visible de ce genre a jamais lieu, ce ne peut être que par un acte spécial de la faveur divine que nous appelons un miracle, ou par un pacte antérieur avec ces substances spirituelles, auquel cas celles-ci ne pourraient être que des êtres d'un degré moral très bas, c'est-à-dire des esprits déchus.
6. Et ceci s'applique même aux cas où de telles pratiques seraient entreprises en vue d'en rechercher la véritable nature et d'ajouter ainsi à notre patrimoine scientifique. Si les moyens employés sont inadéquats, c'est-à-dire contraires à l'ordre naturel des choses, ils ne peuvent se justifier, si légitime et si digne d'éloges que soit le but poursuivi. La loi de la nature nous interdit de faire le mal le plus léger quand même on pourrait en attendre un bien immense.
7. Il nous faut signaler ici une grave erreur regardant la mission de l'ange gardien à notre égard, erreur qui tend à se répandre dans certains pays.
Il est de foi que Dieu a donné à chacun de nous un bon ange pour nous assister dans la vie, nous illuminer et nous protéger. Mais cette assistance et cette protection s'accomplissent normalement d'une manière invisible, telle que le requiert la nature toute spirituelle de l'ange. Or des personnes à la foi peu éclairée ont pensé qu'on pourrait pousser la dévotion à l'ange gardien jusqu'à s'abandonner passivement et totalement à sa conduite de telle sorte qu'il exerce une domination absolue sur nos pensées et notre volonté, nous suggérant des révélations qu'il nous pousse lui-même à transcrire automatiquement. Ainsi donc cet ange se tiendrait pour ainsi dire en permanence à nos ordres, prêt à répondre à toute question que nous pouvons lui poser et dirigeant même notre plume pour transcrire ses réponses.
Il est facile, d'après ce que nous avons dit de l'action des substances spirituelles sur notre intellect, de comprendre à quel point un tel concept est erroné. Les anges, en général, peuvent certainement nous illuminer intérieurement, et c'est l'office de notre ange gardien de le faire pour ce qui se rapporte à la vie spirituelle de l'âme ; mais quant à nous illuminer sur les choses de ce monde, sur les arts et les sciences, ou nous assister visiblement, ceci n'entre pas dans ses attributions ordinaires ; encore moins peut-il, indépendamment d'un ordre exprès de Dieu, mouvoir notre main à écrire, nos yeux ou nos oreilles à voir ou entendre des choses éloignées de nous. Pour de telles manifestations extérieures, un miracle serait nécessaire. La prétendue dévotion à l'ange gardien telle que nous venons de la décrire, relève non de la mystique catholique, mais bien du spiritisme.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:21

V. - Immoralité inhérente aux Pratiques spirites

1. Mais il y a encore à considérer d'autres points se rapportant à ce sujet, et un examen plus sérieux des agents moraux engagés dans la production des phénomènes spirites ne doit pas manquer d'être fait.
Ces sortes d'expériences sont, nous le savons, dans bien des cas, entreprises pour des motifs frivoles et même illicites. Le désir de satisfaire une vaine curiosité, parfois même de viles passions, porte bien des gens avides d'émotions à rechercher l'excitation d'une séance occulte.
2. Mais c'est surtout chez les esprits qui se manifestent que la malhonnêteté et la bassesse morale sont susceptibles de se révéler. Des assertions fausses ou contradictoires sont fréquemment prononcées; un langage obscène et blasphématoire se mêle parfois à des paroles morales et religieuses et une impulsion intérieure à commettre le mal est souvent sentie par les assistants. Les expériences elles-mêmes entreprises avec un esprit sérieux, se terminent bien des fois en farces stupides et grossières.
3. D'autre part, les communications obtenues par le spiritisme n'apportent à l'humanité aucun avantage méritant d'être cité. Elles ne nous ont donné aucune révélation au sujet des secrets de la nature, aucune invention améliorant ou facilitant les relations de la vie, aucune impulsion nouvelle à l'art, à la science ou à la littérature. Et rien ne permet d'envisager pour l'avenir aucune communication utile de ce genre. En outre, un grand nombre de savants distingués et des hommes aux intentions pures et d'un jugement sain, ont, après une observation prolongée, déclaré que s'engager dans les expériences spirites est une chose très dangereuse, aussi bien pour le corps que pour l'âme. Ils se sont au reste en bien des cas élevés fortement contre ces pratiques.
4. De tout cela il nous faut conclure que les essais de communication avec les êtres invisibles non seulement sont illicites mais encore coupables, en raison des motifs qui les font entreprendre et des conséquences auxquelles ils conduisent. Et ce qui par-dessus tout devrait éveiller notre soupçon est le fait que, dans ces manifestations, d'après la confession des spirites eux-mêmes, on voit apparaître, dans une odieuse promiscuité, les âmes de personnes connues pour leurs bonnes et leurs saintes vies avec celles d'individus qui se sont rendus notoires par leur perversion et leurs tristes exploits.
5. Ce que nous disons ici s'applique plus spécialement aux séances où sont présents des catholiques et où les âmes de catholiques bien connus sont supposées apparaître. Non seulement dans ces communications il n'est pas fait allusion à la différence fondamentale entre le Catholicisme et les autres formes de religion, ou à la réalité d'une distinction finale entre les âmes à raison de l'état où la mort les a trouvées, mais des personnes qui, pendant la vie, ont atteint le niveau moral le plus élevé, sont représentées comme placées dans la même condition que des pécheurs notoires.
À vrai dire, on découvre fréquemment une réticence calculée en ce qui concerne la distinction essentielle entre un état d'éternelle récompense et celui de châtiment sans fin, comme entre les moyens qui conduisent à l'un ou à l'autre de ces états. Les exposés sur l'ordre surnaturel donnés dans les séances sont, en règle générale, d'un vague permettant les croyances les plus larges possibles, et si l'on insiste pour obtenir plus de clarté et de précision, les esprits d'où émanent les communications ne reculent pas devant les opinions du caractère agnostique le plus prononcé.
6. N'omettons pas de noter que, parfois, ces communications spirites indiquent bien l'Église Catholique et ses institutions comme un moyen de salut, engageant ceux qui les écoutent à entrer dans sa communion et conduisant ainsi des fidèles de bonne foi à la conclusion que le spiritisme et les pratiques spirites peuvent bien, après tout, être vrais et légitimes. Il est à peine besoin d'insister sur ce fait que, par ces concessions d'opportunité, les agents mystérieux qui dirigent les phénomènes atteignent le plus haut degré de duplicité, puisqu'ils réussissent de la sorte à mettre l'Église Catholique en contradiction avec elle-même et conduisent des âmes excellentes hors du droit chemin. Malheureusement, ce dernier aspect de l'erreur spirite n'est pas toujours apparent pour un esprit superficiel et beaucoup s'égarent complètement en prêtant l'oreille à de tels sophismes.

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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:21

VI. - L'abandon du Libre Arbitre dans le Spiritisme

1. Ce que nous avons dit jusqu'ici a rapport à la nature intrinsèque des pratiques spirites. Mais il existe, dans ces pratiques, une circonstance extrinsèque particulière qui, si l'on y réfléchit, porte à considérer ce genre d'expériences avec une forte suspicion. Cette circonstance est l'abandon de la volonté, entraînant, jusqu'à un certain point, la perte du contrôle de la pensée et de la volonté.
Cet abandon du libre arbitre entraînant avec lui la perte du contrôle personnel, ne doit pas toujours nécessairement être explicite, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer. Il suffit qu'une personne, en s'engageant dans ces expériences, soit prête à se soumettre implicitement à la condition requise. Or c'est cette condition même, nécessaire à l'exécution de ces pratiques, qui doit nous convaincre de leur nature injustifiable.
2. Le fait qu'une opposition résolue de la part d'une personne présente aux séances spirites suffit à empêcher une manifestation des pensées de cette personne, tandis que ces phénomènes se produisent généralement quand une telle opposition est absente, est une preuve évidente qu'un consentement au moins tacite est nécessaire à leur réalisation. « En vérité, la passivité de l'esprit, écrit M. Raupert, semblerait être la clef de toute expérience spirite et la condition exigée par le monde des esprits, pour réaliser effectivement leurs opérations sur le plan physique»' .
3. Il a été en outre observé par des hommes parlant avec autorité (et leur remarque est née de l'expérience), que ces pratiques ont pour résultat d'affaiblir considérablement l'énergie naturelle de la volonté. Les personnes habituées à subir l'influence des esprits acquièrent insensiblement une disposition mentale d'une telle passivité, qu'elles finissent par devenir sans force morale aucune et incapables de produire un acte résolu de volonté. C'est là un signe évident que ces pratiques n'ont pas lieu sans l'abandon, du moins dans une certaine mesure, du libre arbitre, à ces mystérieux agents que l'on peut considérer comme tendant ainsi à prendre possession de l'homme tout entier.
4. Or, parmi les dons que Dieu a faits à l'homme, il est hors de doute que le premier et le plus précieux est le pouvoir du libre arbitre, par lequel nous sommes capables de faire le bien ou de faire le mal. C'est dans la possession de cette prérogative que réside principalement notre supériorité sur la créature brute, car du bien ou du mal que nous faisons pendant cette vie dépend notre récompense ou notre châtiment éternels.
Si donc, le libre arbitre occupe en nous une place si importante et si c'est par lui que nous sommes directement ordonnés à Dieu, il s'ensuit que nous ne pouvons y renoncer aveuglément et absolument, si ce n'est entre les mains de Dieu, notre Créateur et Seigneur. Si donc on peut abandonner sa volonté aux représentants autorisés de Dieu, cela ne peut être qu'autant qu'ils tiennent sa place, et par conséquent jamais pour des choses qui seraient intrinsèquement illicites ou déshonnêtes.
5. Or comment se produit l'abandon de la volonté dans les séances spirites ? Tout d'abord cet abandon n'est pas fait à Dieu, ni aux êtres raisonnables reconnus comme ses ministres autorisés ou ses représentants. Il est fait à des médiums d'un caractère douteux et n'ayant aucune autorité sur nous, ou bien à des esprits mystérieux dont nous ne connaissons que peu de chose, ce peu étant cependant suffisant pour nous convaincre qu'ils suivent un chemin tout à fait différent de celui indiqué et voulu par Dieu.
Dans la plupart des cas, d'ailleurs, cet abandon ne se limite pas aux choses licites  ; au contraire, il est très souvent fait aveuglément et sans limite aucune, excepté celle que les agents invisibles consentent eux-mêmes à admettre.
D'après tout ce qui vient d'être dit, on voit combien illégitimes sont les pratiques spirites, la volonté pouvant ainsi être conduite à obéir passivement à toute impulsion qui lui vient de ces mêmes esprits aux mains desquels elle s'est remise.
6. Nous devons donc conclure que s'adonner aux expériences spirites est une chose non seulement dangereuse, mais digne de blâme et de condamnation, la plus haute faculté d'un être raisonnable devenant de cette manière un outil aux mains d'agents sans scrupules, qui peuvent ainsi la contrôler et la dominer, au point de mettre en péril non seulement le caractère moral, mais aussi la santé physique des individus.
Nous ne devons pas omettre d'observer que, dans bien des cas, ces agents invisibles nient effrontément l'existence même du libre arbitre, - fait qui à lui seul suffirait pour nous convaincre de ce que ces pratiques ont d'illicite, vu qu'elles s'attaquent au fondement même de l'ordre moral.

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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:21

VII. - La Présence du médium aux séances spirites

1. Il n'est pas sans intérêt d'examiner ici le rapport qui relie les spirites aux personnes qui servent d'intermédiaires et que l'on nomme médiums. Un médium, on le sait, est une personne d'un tempérament et d'une constitution nerveuse particulière, agissant comme intermédiaire entre les hommes vivants et le monde des esprits et par qui les communications des âmes désincarnées sont supposées nous être transmises.
Ces personnes dénommées aussi, dans le langage psychique moderne, sujets sensibles, (en anglais sensitive), sont considérées non seulement comme les canaux par lesquels les manifestations du monde invisible nous atteignent, mais aussi comme des instruments passifs dont se servent les esprits qui opèrent ces manifestations, en prenant possession de l'organisme de ces personnes et en contrôlant leurs mouvements.
2. On prétend en outre que les médiums ou sensitifs fournissent, tirée de leur propre organisme, cette matière psychique épurée que manient les esprits, dans le but de construire ou tout au moins de parfaire ces formes sous lesquelles ils apparaissent. Pour réaliser ce phénomène un état de transe profonde est habituellement requis, si bien que c'est de l'état complet d'inconscience du médium que dépend ordinairement le succès des matérialisations spirites. Mais les assistants, eux aussi, fournissent, affirme-t-on, sous de favorables conditions, une partie de cette force nerveuse et vitale, bien que dans leur cas l'état de transe ne soit pas nécessaire.
3. Nous n'avons pas l'intention de décider ici jusqu'à quel point cette dernière prétention correspond aux faits et nous ne désirons pas davantage émettre aucune réflexion sur le caractère moral de ces médiums qui peuvent s'imaginer rendre service de la sorte au progrès de la science et au bien de l'humanité . Ce que nous affirmons c'est que la prétention des médiums à évoquer réellement les esprits des trépassés est tout à fait insoutenable.
Nous ne pouvons que nous en référer à ce qui a été dit aux paragraphes précédents. Si les âmes des trépassés ne peuvent nous manifester leurs pensées pas plus que nous ne pouvons leur manifester les nôtres et si toute communication de ce genre entre les vivants et les morts due à l'initiative humaine est naturellement impossible, comment peut-on supposer qu'un médium ait le pouvoir d'évoquer les morts et de nous transmettre leurs pensées et leurs désirs ? Et l'état de transe par lequel passe habituellement le médium ne nous aide pas à vaincre cette difficulté, vu qu'il n'est pas d'état d'insensibilité, de catalepsie ou d'excitation nerveuse qui puisse changer la condition des trépassés ou leur rapport avec le monde visible.
4. Pour réaliser une communication directe de ce genre entre l'esprit du médium et l'âme d'un défunt, il serait nécessaire que la pensée du médium perçoive la vérité de la même manière qu'une âme désincarnée, c'est-à-dire sans l'aide de phantasmes sensibles. Mais aussi longtemps que l'homme vit sur la terre, c'est-à-dire aussi longtemps que l'âme demeure unie au corps, une telle intuition simple et pure de la vérité et par suite une communication purement spirituelle avec les âmes d'outre-tombe n'est pas possible, sauf par une intervention immédiate de Dieu. Or ceci ne pourrait avoir lieu sans une dérogation aux lois de la nature que nous appelons un miracle, ce qui ne se vérifie que dans le cas des plus grands parmi les prophètes, le mode d'illumination pour l'esprit d'un prophète ordinaire étant la formation d'images sensibles par le ministère des anges. L'âme séparée, nous l'avons dit, n'a aucun pouvoir sur le cerveau de l'homme, et qui pourrait soutenir cette opinion déraisonnable que toutes les communications faites aux médiums sont de vrais miracles ?
5. Un médium, pour être capable d'agir entre l'homme et les âmes désincarnées, devrait donc être de la nature des intelligences angéliques elles-mêmes. À ces intelligences les âmes séparées peuvent manifester leurs pensées, et les anges pourraient à leur tour, strictement parlant, nous manifester les pensées des défunts avec lesquels ils sont en communication directe. Mais alors la présence d'un intermédiaire n'est pas requise, puisque nous pouvons, comme nous l'avons déjà montré, communiquer directement nos pensées aux anges, et vice versa, l'intervention d'une tierce personne étant, en réalité, entièrement superflue.
6. Il ne faudrait pas néanmoins conclure de ceci que nous pouvons espérer obtenir, à notre gré, des communications sensibles avec les trépassés par le ministère des anges, car ces êtres angéliques ne nous sont pas soumis comme des agents prêts à obéir à notre volonté. Leur ministère en ce qui concerne le gouvernement du monde est essentiellement soumis à l'ordre de Dieu : par suite ils ne peuvent rien faire sans son commandement, ou du moins sans sa permission. Quand, sur l'ordre de Dieu, ils opèrent une dérogation aux lois de la nature, ils agissent comme ses instruments ; ce qui n'est pas le cas quand leurs actes n'ont lieu qu'avec la seule permission de Dieu.
7. Or, la loi de nature exige que nous n'ayons pas de communication habituelle avec les âmes des morts, dont l'état est totalement différent du nôtre. Quand donc nous recevons d'eux quelque communication, celle-ci est une exception à la marche ordinaire des choses et peut être ou ne pas être, suivant le cas, un miracle. Elle est toujours un vrai miracle quand elle a lieu par l'ordre de Dieu, les anges agissant alors comme ses instruments ; elle ne l'est pas en d'autres circonstances. Et non seulement les bons, mais aussi les mauvais anges peuvent agir comme instruments de Dieu, qui peut faire usage de tel instrument qui lui plaît. Si donc une communication avec les morts a lieu par ordre de Dieu, que ce soit par l'intermédiaire des bons anges ou des mauvais, cette communication est toujours un miracle.
8. Or il est évident que les communications obtenues par les médiums dans les séances spirites ne sont pas des miracles, aucune des conditions accompagnant les miracles réels n'étant alors remplie. Ces communications sont dues par conséquent à l'intervention des anges déchus, agissant avec la seule permission de Dieu, et la présence de médiums doit en elle-même être regardée comme une circonstance n'ayant rien de nécessaire et qui ne peut amener que fraude et déception.
9. Toutefois, de même que des médiateurs sont parfois le moyen efficace d'obtenir de mains étrangères des choses que nous ne pourrions espérer obtenir nous-mêmes, ainsi l'étroite intimité existant entre les médiums et les démons peut induire ces derniers à faire les communications désirées, comme ce fut précisément le cas pour les pythonisses des temps anciens, en rapport avec les esprits infernaux qu'elles avaient l'habitude de consulter.



VIII. - Matérialisation des esprits

1. Quand nous parlons de matérialisation d'esprits, nous ne voulons pas dire que les substances ou intelligences séparées qui sont purement spirituelles, peuvent se matérialiser ou devenir un composé tel qu'est l'homme, leur nature étant inaltérable. Le seul doute que nous avons à dissiper concerne le problème posé par le fait d'esprits qui revêtent des formes humaines d'une manière si parfaite, qu'ils semblent accomplir des actions humaines : manger et boire, converser, marcher et le reste.
La première question à examiner est de savoir si la Théologie catholique admet l'idée que le phénomène de matérialisation est dû à la manipulation, par les esprits, d'une substance délicate, vitale ou psychique, nommée ectoplasme ou matière astrale, émanant du sujet sensible ou des assistants.
2. Nous pouvons répondre à cette question que les substances angéliques ayant le pouvoir de transporter les éléments de la matière d'un lieu à un autre, rien ne s'oppose au fait que des démons soustraient des parties de matière nerveuse ou cérébrale et s'en servent pour construire des formes ayant l'apparence de la vie et montrant toutes les caractéristiques et toutes les fonctions d'un véritable corps humain . Et cela est d'autant plus possible, que le médium ou sujet sensible (sensitive), en se prêtant à cette pratique, est dans un certain sens tout entier sous l'empire de ces esprits purement spirituels. Cette matière organique excessivement délicate peut, en outre, être considérée comme mieux adaptée qu'aucune autre matière connue de nous au dessein de donner à ces formes l'apparence de la vie et du mouvement.
3. Que le démon puisse, avec la permission de Dieu, agir directement sur les éléments constitutifs du corps humain et, ce faisant, ruiner la santé physique de l'homme, est une vérité non seulement connue et admise universellement, mais encore attestée par la Sainte Église elle-même qui, parmi les fins qu'elle se propose dans ses exorcismes, a celle de délivrer l'homme de ces maléfices. D'ailleurs. ne lisons-nous pas que ce fut par l'opération de l'esprit mauvais que le saint homme Job fut couvert de la tête aux pieds de plaies horribles et repoussantes, Dieu l'ayant permis pour la plus grande sanctification de son serviteur fidèle ?
4. De quelque façon néanmoins que le fait se produise, une telle extraction de substance nerveuse, faite sur le sujet sensible ou sur les assistants,. ne doit pas être considérée comme absolument nécessaire pour les manifestations dont il s'agit, les anges pouvant emprunter les éléments requis dans la nature inférieure, animée ou inanimée. Quand l'ange Raphaël apparut à Tobie sous la forme d'un jeune homme marchant et conversant avec lui pendant plusieurs jours , il dut certainement prendre les éléments utiles à son dessein ailleurs que chez un être humain.
Il existe, en effet, dans la nature plus d'éléments que nous n'en connaissons réellement et de ces éléments aucun ne peut échapper à la conscience angélique. Ces mêmes éléments qui entrent dans la composition de notre corps, tels que l'oxygène, l'hydrogène, l'azote, le fluor, le fer, la chaux, la potasse, la magnésie, etc., se trouvent à l'état dilué dans l'atmosphère.
Or un ange connaît à la perfection tous ces éléments, aussi bien que les lois de leurs combinaisons. Il peut donc les unir dans la proportion nécessaire à la construction d'un corps semblable au corps humain.
5. Nous ajouterons qu'un corps ainsi formé peut subsister de deux façons, c'est-à-dire dans un état aérien, transparent et éphémère, de telle sorte que les éléments conservent leur fluidité gazeuse, ou dans un état solide, palpable et résistant.
Le premier mode est poétiquement décrit par Dante dans le récit qu'il fait de sa rencontre avec son ami Casella :
«Hélas! ombre vaine, excepté d'aspect ! Trois fois autour d'elle j'étendis les bras et trois fois je les ramenai sur ma poitrine » .
Nous avons un exemple authentique du second mode dans le fait déjà cité de l'ange Raphaël, et de nombreuses manifestations spirites se révèlent d'une nature consistante et palpable. Il suffit de rappeler le cas de l'esprit qui se présenta sous le nom de John King et de sa prétendue sœur, Katie King, tous deux souvent évoqués par sir William Crookes, qui, prétend-il, reçut d'eux les communications les plus extraordinaires.
6. De même le fait que ces esprits matérialisés sont vus parfois mangeant et buvant ne doit pas nous étonner outre mesure, car manger et boire est une chose, et goûter la nourriture et la boisson et s'en nourrir en est une autre. Une goutte d'eau absorbée par la terre desséchée ne représente pas un fait analogue à celui de la goutte d'eau bue par les rayons du soleil. Seul un corps organisé que vivifie une âme substantielle peut goûter la nourriture et parfaire les fonctions de la nutrition ; manger et boire peuvent, d'autre part, n'être que des apparences d'actes et ne rien comporter de plus qu'une dissolution des éléments de la nourriture et du breuvage, laquelle dissolution peut être suivie de la reconstitution de ces éléments en leur première substance respective.
7. Peut-on dire, au reste, qu'un esprit matérialisé mange et boit réellement ? Non, car le corps qui semble absorber la nourriture et la boisson n'est pas son propre corps; il ne peut donc goûter aucune nourriture ni se l'assimiler, n'étant pas un corps doué de vitalité. D'où il suit que l'acte de manger et de boire chez les anges n'est qu'une apparence. Un corps glorifié, d'autre part, tel que celui de Notre-Seigneur, peut goûter la nourriture et ainsi réellement manger et boire, bien qu'il soit incapable de s'en nourrir et de croître.
8. En ce qui concerne le phénomène de la diminution de poids chez le médium ou sujet sensible (ce qui a lieu parfois à l'occasion de la matérialisation d'esprits), on doit observer que ce phénomène peut très bien s'expliquer par l'action directe de purs esprits suspendant la loi de gravité par l'application de leur propre énergie. Mais s'il arrivait que, par la permission de Dieu, un sujet sensitif souffrît la perte réelle d'une partie de sa substance, il faudrait veiller à ne pas donner à ce fait une fausse interprétation. Une hypothèse doublement erronée est à examiner à ce sujet.
9. Premièrement : on pourrait prétendre que ces éléments de matière raffinée, cérébrale ou nerveuse, conservent, dans les formes qu'elles ont servi à construire, la même nature qu'ils avaient chez les sensitifs ou les assistants de qui ils proviennent. Cette opinion est à écarter résolument, puisque dès l'instant où ces éléments sont enlevés du corps auquel ils appartenaient, ils cessent d'être informés ou vivifiés par l'âme humaine et doivent par conséquent subir un changement substantiel.
Deuxièmement : l'idée que ces éléments peuvent, après l'expérience, être restitués à leur propre sujet de la même manière qu'ils en ont été extraits, doit être abandonnée comme la première. Il n'est pas, en effet, au pouvoir de l'ange de changer une matière, quelle qu'elle soit, en la substance d'un individu vivant, sinon en utilisant le procédé naturel de l'assimilation et de la nutrition ; or, les éléments en question, extraits du sujet sensitif, cessent, nous l'avons vu, d'être sa propre substance vitale.
10. Pour conclure, nous pouvons donc affirmer, en admettant même comme probable cette opinion que le médium et les assistants fournissent, dans les matérialisations spirites, la substance nécessaire à la manipulation et à la construction de formes sensibles, que cette supposition n'est pas vraiment nécessaire pour expliquer le phénomène, puisqu'on peut facilement en rendre compte par l'introduction d'éléments dont abonde la nature et qui sont parfaitement connus des esprits angéliques.
11. Que les esprits eux-mêmes expliquent les procédés de matérialisation de manière à faire croire que les éléments qu'ils manipulent sont identiquement les mêmes éléments vitaux qu'ils ont empruntés au sensitif et qu'ils restituent ensuite dans leur plénitude et leur intégrité, ce n'est d'aucune façon une preuve en faveur de ce fait invoqué par eux. Le but des anges déchus étant de créer la confusion dans les esprits des hommes, en les induisant, au nom de la science, à croire ce qui n'est que fausseté, au lieu de leur enseigner la vérité, nous n'avons pas à donner crédit à leurs assertions au sujet du modus operandi invoqué par eux. Le manque de sincérité que démontrent un grand nombre de leurs déclarations est un obstacle à l'acceptation sans condition de tout ce qu'ils affirment. C'est ce que nous montrerons quand nous en viendrons à parler de la distinction entre les bons et les mauvais anges et de leurs caractères moraux respectifs.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:22

IX. - La nature du médium envisagée sous le rapport de la moralité des pratiques spirites

1. Outre ce qui a été dit sur ce fait qu'un homme vivant est foncièrement incapable d'agir vraiment comme médium entre nous et les esprits des morts, ou même entre nous et les êtres angéliques, il y a lieu d'observer que la pratique de la médiumnité, à quelque degré que ce soit, est entourée de bien des dangers autant pour le corps que pour l'âme.
La considération des maux qui résultent habituellement de l'exercice de ces fonctions doit certainement suffire pour en détourner quiconque a le souci de son bien-être physique et moral. L'effet ordinaire de ces pratiques est de ruiner la constitution corporelle, d'affaiblir les facultés mentales, d'introduire dans l'esprit un penchant aux actes illicites et de paralyser l'énergie de la volonté. Elles engendrent, en outre, chez le sujet, une tendance à tomber en transe à la plus légère provocation, ce qui entraîne une perte de santé physique que les plus grands soins n'arrivent pas à compenser. Dans bien des cas, le médium devient une épave physique et morale qui souvent va échouer pour y mourir dans un asile d'aliénés .
Or si l'on connaît l'arbre à ses fruits, que dire d'une pratique engendrant des maux aussi considérables ?
2. D'autre part, si l'action ou la présence d'une tierce personne, c'est-à-dire d'un médium, n'est pas, strictement parlant, nécessaire pour obtenir des rapports avec les purs esprits, quel peut être, demandera-t-on, le but de ces esprits, quand ils réclament, exigent même la médiation d'une telle personne comme condition essentielle au succès des pratiques spirites ?
On peut suggérer les réponses suivantes. En premier lieu, il se peut que, de même qu'en bien des circonstances de la vie, une fraude est employée pour en couvrir une autre, la présence d'un soi-disant médium, devant posséder certaines qualités, ait pour but de faire naître l'idée que des conditions extraordinaires sont requises pour entrer en communication avec les morts, et que, par conséquent, ces communications sont, dans ces conditions, naturelles et licites, et que les âmes des défunts sont réellement évoquées par l'intervention du médium.
On peut dire en outre que les démons réclament la présence de certaines personnes à cause des qualités sensibles dont elles sont douées. Comme ils ont besoin de certaine matière corporelle pour remplir leurs fonctions et comme, d'autre part, ils peuvent aussi faire usage de la substance du sujet sensitif, plus la personne est propre au but qu'ils se proposent, plus facile et plus parfait est le résultat de leurs manœuvres.
3. S. Thomas précise excellemment ce double motif quand, en parlant des constellations dont les pratiques occultes de son temps tenaient compte comme aujourd'hui elles ont recours aux médiums, il dit : «Lorsque les démons sont appelés en rapport avec certaines constellations, ils répondent promptement pour une double raison : la première, afin d'induire les hommes à croire à cette erreur, que les astres sont habités par quelque divinité; la seconde, parce qu'ils considèrent la matière corporelle, mise en rapport avec certaines constellations, comme mieux disposée à produire les effets pour lesquels les esprits sont évoqués » .
4. Il semble bien toutefois que le motif principal amenant le démon à demander et, parfois, à exiger absolument la présence d'un médium aux séances spirites, est de nous faire croire à l'existence, chez tout homme, d'un corps subtil et éthérique, moyen terme entre la matière et l'esprit, d'un corps qui soit, pour ainsi dire, le dédoublement de la personnalité humaine, en même temps que la source et l'origine des manifestations merveilleuses et multiformes qui ont lieu par lui, et que certains nomment le corps astral. De fait, la forme matérialisée ainsi reproduite quand le médium est en transe, ressemble généralement à ce même médium d'une façon si parfaite, qu'on pourrait la prendre pour la personne elle-même.
5. Quoi qu'il en soit, l'effet pratique d'une telle médiation est de favoriser le but réel des séances spirites en faisant que tous ceux qui y sont présents se conforment implicitement, par leur comportement, à la condition requise pour les manifestations. Le médium, en effet, est, pour ainsi dire, un centre autour duquel se groupent tous les assistants, recevant de lui l'unité de but et d'intention. La présence du médium est donc, pour les personnes présentes, la condition naturelle qui les induit implicitement à adhérer à sa volonté, et permettre ainsi ces manifestations extraordinaires de la part des esprits ou intelligences angéliques. Cette condition, comme nous l'avons dit, est un état de passivité mentale, ou l'abandon au moins implicite du libre arbitre aux mains de ces mystérieux opérateurs qui choisissent d'agir précisément par l'entremise du médium.
6. Nous ne pouvons nous empêcher de signaler ici le but ultime qui nous semble diriger ces esprits déchus dans le déploiement de leur puissance par le ministère de sujets sensitifs ou médiums. Selon toute apparence ce but est de créer une sorte de caricature de l'institution des sacrements par le Christ, dont la dispensation a été confiée par Lui aux prêtres de l'Église, au ministère desquels les hommes par conséquent se soumettent. En réalité, le rapport qui relie le sujet sensitif aux pratiques spirites a plus d'un point de ressemblance avec la place qu'occupe le prêtre dans l'Église Catholique.
7. Mais pour apporter toutes les précisions nécessaires, nous devons ajouter que la présence d'un bon médium, bien « entraîné », quoique n'étant pas strictement nécessaire, facilite néanmoins grandement le commerce entre les purs esprits et l'homme. Les substances spirituelles, pour mouvoir l'homme, intellectuellement ou physiquement, doivent se servir de son organisme matériel, c'est-à-dire des énergies latentes dont son système nerveux abonde ce qui fait qu'un pur esprit agit avec une facilité plus grande sur un sujet doué d'une extrême sensibilité nerveuse.
Telle est la raison pour laquelle les bons offices de médiums bien « entraînés » sont si recherchés de nos jours. Et plus souvent ce médium subit l'action des esprits, plus sa substance cérébrale devient apte à recevoir l'impression d'images sensibles et plus sa langue est prompte à formuler les connaissances correspondantes.
8. Il ne peut y avoir aucun doute sur ce fait qu'agir comme médium c'est s'exposer au danger d'une réelle obsession diabolique, la seule différence entre ce genre d'obsession et les formes ordinaires étant que ces dernières sont plus violentes, d'un ordre inférieur, et non limitées à un temps ou à un lieu particulier, tandis que l'obsession dont nous parlons est d'une nature moins brutale et plus raffinée, ne revenant qu'à des périodes fixes, c'est-à-dire quand le médium est positivement sous l'influence des mauvais esprits. Cette différence, toutefois, n'est qu'accidentelle, et les signes donnés par le Rituel Romain pour le discernement des obsessions sont précisément les mêmes que ceux qui accompagnent les phénomènes évoqués par le médium moderne. Mais il arrive assez fréquemment que cette forme plus bénigne d'obsession aboutit à la forme ordinaire, aiguë et violente.
9. Si maintenant l'on nous demande de quelle façon le médium influe sur le caractère moral des pratiques spirites, nous répondons que sa présence confirme ce qu'elles ont d'illicite. Car s'il est vrai que le ministère d'un médium est inadéquat au but poursuivi, c'est-à-dire à la communication avec les âmes des morts, et qu'une tromperie est ainsi faite pour en dissimuler une autre, s'il est vrai que ce médium, en outre, devient un moyen de mettre en péril la plus haute faculté de l'homme, c'est-à-dire son libre arbitre, au simple sentiment de suspicion doit faire place une condamnation formelle. Avoir recours à un médium équivaut à coopérer à une obsession réelle du démon.
10. En rapport avec ces observations, il est à propos de citer ici les paroles de la Sainte Écriture, où le recours aux magiciens et aux sorciers, dont l'intervention fut jadis ce qu'est de nos jours celle du médium dans les pratiques spirites modernes, est l'objet de la réprobation la plus catégorique
« Si quelqu'un s'adresse aux magiciens et aux devins, pour se prostituer après eux, je tournerai ma face contre cet homme et je le retrancherai du milieu de son peuple ». « Qu'on ne trouve chez toi personne qui... consulte les devins, ou qui observe les songes et les augures, ou qui use de maléfices, de sortilèges et d'enchantements... ou qui interroge les morts pour apprendre d'eux la vérité... car le Seigneur a en abomination toutes ces choses  ».
Ce sont là de solennels avertissements qu'on ne saurait trop répéter.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:22

X. - Saül et la Pythonisse d'Endor

1. Il est possible que certains esprits aiment à trouver une justification des pratiques spirites dans le récit bien connu de la Bible, où il est question du roi Saül consultant la pythonisse d'Endor. Il est dit de cette femme qu'elle avait un esprit de divination et que Saül, entrant par elle en communication avec l'âme de Samuel, apprit des choses qui devaient lui arriver, à lui et à ses fils. On verra toutefois que, si ce récit est examiné à la lumière même des circonstances dans lesquelles la chose se passa, il représente une condamnation bien plutôt qu'une approbation des pratiques spirites.
2. Tout d'abord, étant admis, comme l'enseignent la majorité des Pères de l'Église et des interprètes de la Sainte Écriture, qu'il y eut vraiment dans cette apparition une communication d'outre-tombe, nous devons observer que ce fait ne saurait être attribué au pouvoir magique de la pythonisse, le prophète étant apparu avant qu'elle eût eu le temps de commencer ses incantations. Cette manifestation doit donc avoir été l'oeuvre de Dieu même qui, tournant au bien l'infidélité de Saül, fit apparaître l'âme de Samuel pour que le mal près de tomber sur le roi pécheur lui fût ainsi révélé.
3. Si l'on objecte, contre la réalité de cette apparition, le fait que les démons ne peuvent évoquer l'âme d'un Saint ou le contraindre à agir ou à parler, saint Thomas répond qu'il peut très bien se faire, en vertu de la puissance divine, que les démons étant consultés, Dieu Lui-même manifeste la vérité par l'un de ses messagers, comme il arriva lorsque, par la médiation de son prophète Élie, il déclara ce qui devait arriver à ceux que le Roi Ochozias avait envoyés consulter le dieu d'Accaron .
4. S. Thomas, cependant, tient comme plus probable que ce ne fut pas l'âme de Samuel qui apparut, mais un démon parlant en sa personne, à raison de quoi l'esprit mauvais est nommé du nom même du prophète, d'accord avec l'opinion de Saül et des personnes qui étaient présentes.
5. Quoi qu'il en soit, la Sainte Écriture condamne expressément cet acte de Saül, comme impliquant un péché d'infidélités  : « Saül mourut à cause de ses iniquités; parce qu'au lieu de garder le commandement que le Seigneur lui avait fait, il l'avait violé, et en outre parce qu'il avait consulté une pythonisse et qu'il n'avait point mis son espérance dans le Seigneur. C'est pour cela que Dieu le fit mourir, et qu'il transféra son royaume à David, fils d'Isaïe ».
Ce qu'eut d'illicite l'acte de Saül est d'autant plus évident qu'il avait lui-même auparavant condamné ces pratiques en « exterminant les magiciens et les devins de tout le pays » .
6. Pour conclure, ces paroles de la Sainte Écriture devraient toujours être présentes à notre esprit  : « Je ne veux pas que vous soyez en société avec les démons. Vous ne pouvez pas boire le calice du Seigneur et le calice des démons. Vous ne pouvez pas participer à la table du Seigneur, et à la table des démons ».
Il est donc à désirer que l'on puisse affirmer des chrétiens ce que nous lisons des Hébreux craignant le Seigneur: « Il n'y a point d'augures dans Jacob, ni de devins dans Israël » .

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:22

XI. - Critères erronés dans l'étude du spiritisme

1. Avant de terminer ce chapitre, où nous nous sommes efforcés de montrer quelle est la nature des pratiques spirites, il est utile d'attirer l'attention du lecteur sur certains critères invoqués par des auteurs modernes dans l'étude du spiritisme, et qui sont ou d'une fausseté absolue ou du moins extrêmement dangereux au point de vue de la foi.
Le premier critère consiste à admettre indistinctement et sans les garanties nécessaires, les citations de soi-disant savants matérialistes ou athées ayant pratiqué ou pratiquant sur une grande échelle des expériences de cette sorte, et qui émettent leurs opinions fantastiques sans aucun souci de la philosophie ou de la Révélation chrétienne. Pour n'en citer que quelques-uns parmi les plus connus, mentionnons Sir William Crookes, Sir Oliver Lodge, le Révérend William Stainton Moses, W. H. Frederick Myers et Sir Arthur Conan Doyle.
Ce serait de même une grave erreur d'accepter aveuglément cette kyrielle de menus faits que l'on nous conte à propos de médiums célèbres, Eusapia Palladino, Mme Piper, Mme Verrall, Mme Sidwick et autres personnes du même genre. On trouve des gens qui ne croient ni aux saints Évangiles ni aux Pères et Docteurs de l'Église, mais qui acceptent, sans l'ombre d'un doute, des récits purement imaginaires débités librement par ces personnes.
2. Plus grave encore est l'erreur de ceux qui prétendent que le devoir de prononcer un jugement sur les phénomènes spirites appartient d'une manière si exclusive au domaine de la psychologie ou des sciences physiques, que la théologie n'a pas plus le droit d'y pénétrer que, par exemple, dans le domaine de la biologie. En réalité, du moment que ce régulateur suprême du savoir, qu'est la Théologie catholique, est banni du terrain de la recherche, aucun contrôle ne subsiste quant aux sciences naturelles, et personne ne peut plus se former un jugement sérieux sur la finalité des découvertes physiques. Ne serait-ce pas folie de nier la nécessité de la lumière solaire, parce qu'on a découvert la lumière électrique ? Or, de même que la lumière du soleil et celle de l'ampoule électrique existent côte à côte et ne se font mutuellement aucun tort, de même devons-nous laisser à la sainte Théologie, maîtresse suprême de vérité, sa propre place dans le royaume de la science, si nous voulons tirer de celle-ci tout le profit que son développement pourra nous offrir. Nous pouvons être sûrs que l'athéisme scientifique n'est pas moins funeste à la cause de la vérité que ne l'est l'athéisme civil et politique.
3. Certains auteurs modernes, et ceux-ci sont nombreux, prétendent tirer un grand avantage du fait que nous ne connaissons pas toutes les lois de la nature et que les forces des agents physiques ne nous ont pas encore été pleinement révélées. C'est l'argument principal dont se servent ces auteurs, pour s'efforcer de présenter comme des effets naturels, c'est-à-dire comme des effets proportionnés aux forces des agents physiques, tous les phénomènes extraordinaires ayant lieu dans les séances spirites, rejetant ainsi la nécessité de faire appel, pour les expliquer, à l'intervention des anges. L'application illimitée de cette manière de raisonner conduit, on le voit sans peine, à l'exclusion de toute manifestation surnaturelle ou miraculeuse, même de celles contenues dans la Sainte Écriture et que la Théologie catholique invoque comme preuves de la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
4. Il est facile de répondre à cette difficulté. Nous admettons que la somme des possibilités de la nature ne nous est pas connue et que l'extrême limite qui doive être attribuée aux diverses énergies du Cosmos demeure pour nous une énigme. Il est cependant quelque chose que nous connaissons avec pleine certitude. Autrement à quoi nous serviraient l'expérience de tant de siècles et les découvertes si vantées de la science moderne ? Dans tous les cas, personne ne songera à nier que si nous ne connaissons pas, dans toute son étendue, l'objet adéquat de ces forces, nous connaissons néanmoins, dans sa nature ainsi que dans sa mesure, le champ propre dans lequel leur action se déploie. Par exemple, si nous ne pouvons assigner une limite positive aux applications de l'électricité, nous pouvons toujours indiquer la limite négative que cette force ne pourra jamais franchir, l'ordre de Dieu s'appliquant à tout objet physique : « Tu viendras jusqu'ici, non au delà ; ici se brisera l'orgueil de tes flots » .
De même qu'un poirier, restant ce qu'il est, ne pourra jamais produire une grappe de raisin, de même est-il vain d'attendre que la matière arrive à penser ou l'œil à percevoir le son. Raisonner autrement est la marque d'un esprit dérangé. Cela équivaudrait à renverser les principes fondamentaux de la nature et ouvrir toute grande la porte aux plus étranges extravagances devant lesquelles les métamorphoses d'Ovide ne seraient plus qu'un jeu d'enfant.
5. D'une importance bien plus grave encore, est l'assertion que «l'état de transe (chez le médium) est indicatif de la dissociation de la personnalité, telle que nous la trouvons en divers états psychologiques anormaux, où apparaissent à la fois l'automatisme et des personnalités secondes ». Et encore : « Des personnalités secondes se développent aussi dans les rêves, mais d'une manière encore plus distincte dans les phases avancées de dissociation, telles que l'épilepsie, l'hystérie, et comme conséquence de la suggestion, chez les personnes de tendances hystériques ».
6. Or, nous le demandons, comment est-il possible de proposer, même à titre de simple hypothèse, une telle théorie, forgée de toutes pièces en opposition à l'enseignement formel de la saine philosophie, qui définit la personne comme une « substance individuelle et incommunicable, de nature raisonnable », reconnaissant ainsi comme impossible une division ou une multiplication quelle qu'elle soit de cette personne ? Une telle division ou multiplication réduit à néant l'enseignement traditionnel sur la responsabilité de nos actes et la sanction qu'ils entraînent, et détruit complètement le fondement philosophique de cette responsabilité.
7. Il convient de noter ici la grave conséquence que peut avoir en théologie cette fameuse théorie du dédoublement de la personnalité. Un tel enseignement, poussé jusqu'à sa conclusion ultime, tend à ébranler la foi aux mystères augustes de l'Incarnation et de la Rédemption.
Il est de foi que le Verbe de Dieu a pris notre nature et se l'est unie dans l'unité de sa personne, afin de nous racheter du péché par ses mérites, qui furent à la fois, sous des aspects différents, des œuvres humaines et divines et ainsi d'une valeur infinie. Or, si l'on admet la possibilité d'une personnalité seconde, latente en chacun de nous, pourquoi ne pourrait-on pas en dire de même de notre Divin Sauveur, et, dans ce cas, pourquoi ne pas attribuer sa passion et sa mort avec tous ses mérites, non pas, comme l'enseigne la foi catholique, à la seconde personne de la Sainte Trinité, mais plutôt à une forme inférieure de personnalité que le langage des médiums nomme subconsciente ou subliminale ?
8. On peut voir, d'après tout ce qui vient d'être dit, à quel point se trompe l'auteur déjà cité quand il écrit : « Dans les pratiques spirites proprement dites, les phénomènes, de quelque nature qu'ils soient, sont attribués à l'action des âmes des morts... Bien entendu la question dépend dans une large mesure de celle-ci : peut-on imaginer que les morts exercent, par leurs propres forces, une activité quelconque dans notre monde ? Les théologiens que nous avons cités nient qu'un tel pouvoir soit naturel à l'âme séparée... Mais cet argument n'est nullement convaincant... Nous devons admettre que nous n'avons pas une connaissance absolue de la nature de l'âme. En fait, c'est cette connaissance même que l'on recherche dans les expériences spirites ».
Celui qui a écrit ces lignes trahit une ignorance grossière de la nature de l'âme humaine et de ses opérations, tout en exagérant considérablement son pouvoir après la mort. C'est là une chose dangereuse pour un auteur qui prétend au titre de savant, de négliger cette source authentique d'information qu'est la psychologie catholique.

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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:22

XII. - Les pratiques spirites condamnées par l'Église

1. Les observations que nous venons de faire tendent à montrer à quel point est justifiée l'aversion que l'Église Catholique a toujours eue pour le spiritisme, et justifient amplement l'opportunité des diverses mesures par lesquelles elle n'a cessé, dans tous les temps, de combattre la nécromancie et autres pratiques occultes.
2. Nous pouvons, comme conclusion, transcrire ici le décret suivant du Saint-Office sur le spiritisme.

24 avril 1917 .
« A la séance plénière tenue par les Éminentissimes et Révérendissimes Cardinaux, Inquisiteurs généraux en matière de foi et de morale, la question suivante a été posée :
«Est-il permis d’assister aux conférences ou manifestations spirites, qu’elles aient lieu avec ou sans le concours d’un médium, avec ou sans hypnotisme et quelles que puissent être ces conférences ou manifestations, même si elles semblaient devoir inspirer confiance par une honnêteté ou une piété apparente, qu'il s’agît d'interroger les âmes ou les esprits, ou d’écouter leurs réponses, ou encore d’être simplement assistants, même en protestant, d’une manière tacite ou expresse, que l’on désire n’avoir aucun rapport avec les mauvais esprits ? » Les dits Éminentissimes et Révérendissimes Pères ont rendu la réponse : « Non, dans tous les cas ». Cette réponse a été transmise au Pape Benoît XV et Sa Sainteté, le jeudi suivant, 26 du même mois, a approuvé la décision des Éminentissimes Pères.
«Donné à Rome, au Palais du Saint-Office,
27 avril 1917 ».
Aloysius Castellano
Notaire de la Ste Inquisition romaine.

Précédemment, la réponse suivante avait été donnée par le Saint-Office : « Il est absolument illicite d'évoquer les âmes des morts, même si une protestation a été faite auparavant prétendant exclure toute intention d'en appeler à l'intervention diabolique  »
De son côté la Sacrée Pénitencerie avait en outre déclaré illicite l'assistance même passive aux consultations et pratiques spirites, en raison du scandale et du danger pour le salut, qui ne sont jamais entièrement absents .
3. En présence de paroles si formelles, nous ne pouvons nous défendre d'un sentiment de surprise, en voyant quelques auteurs catholiques soutenir, sans l'ombre d'un doute, qu'on peut licitement recourir à la médiation de personnes en transe pour connaître les secrets de l'au-delà.
La chose est différente, lorsque les expériences se font sur une base purement psychique, et en n'interrogeant ni âmes ni esprits. Le décret de l'Inquisition semble bien, en effet, se rapporter exclusivement à des expériences où l'on essaie d'entrer en communication avec des âmes séparées ou des esprits angéliques.

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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:23

CHAPITRE II - DIVERSES CLASSES D'ÊTRES ANGÉLIQUES



1. Il a été démontré que les manifestations obtenues par le spiritisme sont au delà du pouvoir des âmes désincarnées et qu'elles surpassent de toute évidence l'activité de n'importe quel élément matériel ; d'où nous avons conclu que ces manifestations doivent être attribuées à un genre différent d'agents spirituels, c'est-à-dire à des êtres angéliques. Or, un examen approfondi de la nature de ces communications ayant prouvé qu'elles sont accompagnées de dangers physiques et moraux et, pour le moins, du renoncement implicite au libre arbitre, chose illicite et conduisant à des actes d'immoralité et de désordre, la question qui maintenant se pose d'elle-même est celle-ci : à quelle classe d'êtres spirituels doivent être attribuées ces manifestations ? Pour répondre à cette question, nous ferons de nouveau appel à la Théologie catholique.
2. Comme notre but a été, dès le commencement, de montrer les êtres angéliques, leurs propriétés et opérations, tels qu'ils existèrent dans le principe selon l'ordre naturel des choses et non tels qu'ils ont été par la suite modifiés par l'action personnelle de ces mêmes substances spirituelles, nous nous sommes jusqu'ici abstenus à dessein d'entrer pleinement dans la question de savoir comment ces êtres doivent être distingués entre eux et en quoi consiste précisément cette distinction. C'est ce que nous avons dessein d'examiner maintenant.
À vrai dire, il est impossible de déterminer exactement la nature des phénomènes spirites, si l'on n'a recours à une classification des anges en deux catégories : les bons et les mauvais. Ce partage, bien qu'il ne se rencontre pas au premier moment de la création des anges, est néanmoins aussi réel que l'existence même des êtres angéliques.
3. Le but de la présente enquête est donc d'établir aussi clairement et aussi brièvement que possible ce que la Théologie catholique enseigne quant à l'état dans lequel tous les anges furent d'abord créés, quant à la révolte de certains d'entre eux contre Dieu, source de tout bien, quant à la séparation subséquente des bons anges d'avec les mauvais et à la condition finale de ceux qui furent infidèles à leur Créateur.

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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:27

I. - État dans lequel les anges furent créés au commencement

1. Au commencement, c'est-à-dire quand les éléments matériels de ce monde furent tirés du néant, Dieu, par une parole de sa puissance infinie, produisit en un instant et de rien, des myriades de substances spirituelles qui furent distribuées, d'après un plan établi avec sagesse, en hiérarchies et en ordres, et qui formèrent un chœur immense destiné à l'honneur et à la gloire du Tout-Puissant.
2. Mais ce n'était pas assez pour Dieu d'avoir orné ces nobles créatures spirituelles des plus précieuses qualités de l'esprit et de la volonté. Il les dota, en les créant, du don de la grâce divine, les rendant ainsi participantes de son amitié et héritières d'un bonheur infini, choses qu'elles n'auraient pu atteindre sans cette aide surnaturelle. Cependant le paradis spirituel de grâce où elles étaient déjà placées n'était que le vestibule de ce royaume étincelant de gloire qui leur était destiné comme séjour éternel, la seule condition pour une telle récompense étant la persévérance dans le bien.
3. Ces merveilleux esprits étaient tous doués de libre arbitre, cette puissance mystérieuse capable de tant de bien et de tant de mal et dont Dante a parlé en ces termes
« Si elle le veut, la volonté ne fléchit point, mais fait ce que le feu fait par sa nature, quand la violence mille fois le courberait» .
Tous, sans exception, dès le premier moment de leur création, firent l'usage de leur liberté, en consentant, sous la motion de l'Esprit-Saint, à l'infusion de la grâce divine en eux, car c'est une loi, que la grâce n'est donnée à aucune créature, ayant l'usage de son intellect, sans son consentement personnel.
4. Ainsi ornés de la grâce divine et riches de l'amitié surnaturelle de Dieu, les anges n'avaient qu'à recevoir de la main de leur Créateur la récompense due à leur mérite et entrer ainsi en possession du bonheur éternel dans la vision de l'Essence Divine. En réalité tous les esprits angéliques auraient été introduits immédiatement dans les demeures du bonheur sans fin, si certains d'entre eux n'avaient, par un acte de suprême apostasie commis contre l'Auteur de tout bien, établi un obstacle insurmontable à la réception de cette récompense. Mais comment eut lieu cet acte de rébellion ou d'apostasie ?



II. - La grande révolte dans le Ciel

1. L'acte de rébellion, qui fut cause de la grande division dans l'armée angélique, fut accompli en un instant. Tandis que le plus grand nombre de ces purs esprits persévéra dans la soumission aux ordres de Dieu et demeura par suite dans son amitié, entrant immédiatement en possession du bonheur éternel, les autres choisirent une voie différente et prétendirent atteindre leur béatitude finale par les propres forces de la nature, méprisant ainsi et rejetant la grâce de Dieu. Bien que désirant posséder le bonheur parfait, ils adoptèrent des moyens pervers pour l'atteindre et c'est en cela que consista leur acte d'apostasie.
2. Il est de foi que notre dernière fin ne peut consister qu'en la pleine possession de Dieu et ne peut être atteinte qu'avec son aide, puisqu'Il est la Voie, la Vérité et la Vie . Mais ces anges rebelles prétendirent suivre leur propre voie, cherchant à être parfaitement heureux sans Dieu, ou peut-être à être heureux avec lui, mais d'une manière différente de celle qu'il avait ordonnée.
Ils mirent donc ainsi entre eux et leur fin dernière une barrière infranchissable, détruisant leur mérite antérieur et encourant la réprobation éternelle. La conséquence fut que tandis que le plus grand nombre des substances angéliques furent immédiatement introduites dans la vie éternelle, les autres furent précipitées dans le malheur éternel.
3. Pour savoir comment eut lieu une telle catastrophe, nous devons encore avoir recours à l'enseignement catholique.
De même que toute révolte est conduite par une individualité inspirant aux autres l'esprit inquiet d'insubordination, ainsi cette armée des esprits rebelles eut pour chef un ange, Lucifer, le plus brillant et le plus élevé de l'armée céleste, dont le cri séditieux fut repris par des milliers d'autres esprits, qui suivirent leur capitaine dans son attitude de révolte contre Dieu, l'Auteur de tout bien.
On peut citer ici les vers de Dante
« S'il fut aussi beau qu'il est maintenant hideux, après avoir élevé ses sourcils contre son Créateur, doit certes de lui procéder tout deuil » .
4. Ce fut ce seul acte de révolte qui fixa pour toujours le sort de ces esprits orgueilleux. Ils furent, avec leur chef, exclus à l'instant et irrévocablement du bonheur éternel. Certains allèrent au lieu de leur punition, tandis que les autres, par une juste dispensation de Dieu, demeurèrent sur cette terre, emportant avec eux leurs tourments sans fin. Ils ont, par permission divine, le pouvoir de rôder çà et là, causant divers maux physiques et poussant les hommes à se révolter contre Dieu, afin de les entraîner avec eux dans la perdition éternelle.




III. - Les bons et les mauvais anges

1. Pour ce qui regarde la distinction des bons et des mauvais anges dont nous venons de parler, il faut d'abord observer que le seul acte de révolte des anges rebelles, par lequel ils perdirent la grâce divine, a décidé de leur sort pour l'éternité, si bien qu'il n'y a, dans l'ordre naturel des choses, aucune possibilité de changement dans leur condition de malheur et de souffrance.
De même que l'état des bons anges est fixé dans la possession du bonheur parfait, de même l'état des mauvais anges l'est dans la douleur sans fin. Tandis que les premiers demeurent confirmés à jamais dans le bien et la félicité, les autres restent irrévocablement obstinés dans le mal et plongés dans un abîme de tourments, la nature même de l'opération mentale des anges étant un obstacle à un changement dans leur état. Le choix une fois fait, le sort de chacun demeure pour toujours sans changement possible.
2. L'intellect angélique, en effet, ne s'avance pas, comme l'intellect humain, graduellement et pas à pas vers la connaissance de la vérité, pas plus qu'il n'est soumis aux hésitations dont nous faisons l'expérience. L'ange obtient, d'un seul coup d'œil, une intuition parfaite des choses et s'attache, avec une immuable ténacité, aux objets de son choix, car il est impossible qu'une puissance spirituelle revienne sur le choix qu'elle a fait. Un sort éternel et nécessaire est pour l'ange l'œuvre même du premier choix fait par lui ; il est pour toujours heureux dans la possession de Dieu ou pour toujours malheureux loin de Lui dans la passion absorbante de son propre moi. «Deux amours, dit saint Augustin, ont bâti deux cités, l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu, la cité de la terre ; l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi, la cité de Dieu » .
3. De même que les bons anges, dans leur acte de soumission à Dieu, ont consacré pour toujours à son service leurs facultés intellectuelles et morales, tous leurs dons naturels et leur être même, ainsi les anges déchus, dans leur cri de révolte, ont avili, une fois pour toutes, toutes leurs facultés, perdant les dons surnaturels dont Dieu les avait gratifiés. La profanation de leur nature même et de leur être fut consommée dès l'instant qu'ils se détournèrent de Dieu.
4. Nous devons maintenant rechercher quel est le sort final de ces anges déchus et tenter de répondre aux questions suivantes : Quels changements se sont opérés dans leur condition ? Quelles furent les conséquences de leur acte de révolte ? Ces conséquences sont-elles d'un caractère permanent et sans changement possible ?
Toutes ces questions sont d'une grande importance et jetteront sur notre sujet une abondante lumière.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:28

IV. - L'état final des anges déchus

1. Les anges déchus, par suite de leur révolte contre Dieu, furent privés de la grâce divine et des dons surnaturels de vertu et de sainteté qu'elle apporte avec elle. Au lieu de demeurer les amis de Dieu comme le sont les bons anges, ils devinrent ses ennemis déclarés, leur seul but étant de supplanter leur Créateur et de dresser leur royaume contre le sien.
Exclus de l'ordre de la miséricorde divine, ces esprits orgueilleux n'ont pas accès à la source de faveurs que Dieu nous a ouverte par son Fils unique, Jésus-Christ. Tandis que les opérations multiples de la grâce sont rendues évidentes aux bons anges, dans la vision béatifiante de Dieu, ces merveilleux mystères de la vie surnaturelle, tels qu'ils se déroulent au sein de l'Église catholique, demeurent un livre fermé pour les esprits rebelles et déchus. Non seulement ils sont retranchés pour toujours de l'arbre de vie, mais leur disposition habituelle, qui est un orgueil très subtil et concentré dans l'amour de soi, ne leur permet pas de comprendre le merveilleux travail de la grâce, connu seulement des humbles, l'humilité de cœur et l'abaissement du moi étant le fondement sur lequel la grâce divine opère.
2. La divinité de Jésus-Christ et le caractère surhumain de sa mission, ses miracles prodigieux d'une part et de l'autre son état inconcevable de faiblesse et d'abaissement sont pour ces esprits d'orgueil d'incompréhensibles mystères. Ils se trouvent, en présence du Messie, complètement impuissants, et cela sans connaître la raison de cette impuissance et sans pouvoir résoudre le problème si surnaturel de la Rédemption. « Qu'avons-nous à faire avec Toi, jésus, Fils de Dieu? » est leur cri continuel, dont ils ne comprennent pas même tout le sens. S'ils l'avaient compris, écrit saint Paul, «  ils n'auraient pas crucifié le Roi de gloire » . Mais l'orgueil les aveuglait.
3. A vrai dire, Satan aurait pu facilement savoir que le Christ était le Messie promis par la Loi, sachant que ce qui s'accomplissait en Lui n'était autre chose que ce qu'avaient prédit les prophètes. En voyant les œuvres que Jésus-Christ réalisait, il aurait pu conclure aussi que ce thaumaturge était plus qu'un homme ordinaire ; bien plus, si évidents étaient les signes de la divinité du Christ, que Satan aurait pu facilement le reconnaître comme le vrai Dieu, si la haine et l'envie n'avaient enténébré son intelligence et rendu impossible pour lui le fait de recevoir le pur rayon de la foi divine.
4. Nous disons donc que le démon n'eut pas une claire connaissance du merveilleux mystère de l'Incarnation et de son rapport avec le salut de l'humanité. Quoi qu'il en soit, il est certainement dans l'ignorance actuelle du mystère de l'élection et de la prédestination des fils de Dieu : mystère par lequel notre adoption comme fils de Dieu s'accomplit dans le temps par les mérites de Jésus-Christ. Pareillement, les anges déchus ne connaissent pas non plus les merveilleuses opérations de la grâce divine par lesquelles le salut est procuré aux élus, la volonté de Dieu, par rapport aux prédestinés, leur étant entièrement inconnue.
5. Enivré de la satisfaction de ses victoires partielles, dédaignant l'affront de ses défaites et animé par l'espoir de plus grands triomphes, Satan poursuit follement sa course, cherchant à entraîner les âmes des hommes dans la damnation éternelle. Son étendard est toujours levé et son cri de ralliement reste toujours celui du défi et de la révolte : «Je ne servirai pas » .
Dans ce but il rôde autour de l'homme, cherchant à pénétrer ses inclinations, à connaître ses faiblesses, lui tendant des pièges et le soumettant à l'épreuve de la souffrance et de la persécution, l'attaquant ouvertement ou par ruse et se retirant pour un temps, afin de l'attaquer plus sûrement par surprise. Son arme principale est le mensonge, « car il est menteur et le Père des mensonges » . Cependant bien que sa volonté soit fixée dans le mal et son esprit privé de la lumière de la grâce, ses dons naturels lui restent et il est sous ce rapport dans la même condition que les bons anges.
6. Il est bien évident que Dieu aurait pu condamner tous les anges rebelles au bannissement immédiat en enfer, c'est-à-dire à un état d'existence où ils auraient été incapables de tenter l'homme comme ils le font maintenant et de nuire à son salut éternel. Mais, il décréta, dans sa sagesse et sa bonté infinies, qu'un certain nombre d'entre ces esprits mauvais resteraient sur la terre, afin de leur permettre de travailler, bien que malgré eux, à l'accomplissement de ses desseins, dont cependant ils ne comprennent pas la portée.
7. En agissant ainsi, Dieu ne fait que suivre la règle si sage qui le guide dans le gouvernement du monde, dont chaque partie, d'après cette règle, doit contribuer au bien des autres parties et finalement au bien de l'univers tout entier et à la gloire du Créateur. De même que l'homme tire profit de la société des bons anges, de même aussi peut-il, avec l'aide de Dieu, tourner au bien final les plans pervers des démons, qui sont ainsi obligés de contribuer, en dépit d'eux-mêmes, « au rétablissement de toutes choses dans le Christ . »
Cela cependant ne pourrait avoir lieu, si tous les démons étaient confinés en enfer ; mais du fait que certains d'entre eux ont permission de hanter ce monde et de tenter l'homme, ils sont ainsi contraints de servir au dessein de Dieu, dont la sagesse « atteint avec force d'une extrémité à l'autre et dispose tout avec douceur » .
Par conséquent, tandis que les démons s'activent toujours à exécuter les ordres de Lucifer et à entraîner les hommes dans la perdition, ils sont, en fait, par une insondable disposition de la sagesse divine, les exécuteurs du plan divin, en procurant la sanctification des bons, de même que le feu purifie l'or, et en passant au crible l'homme juste, pour le séparer de l'injuste.
8. La sagesse de Dieu se manifeste en outre plus clairement encore si nous réfléchissons qu'il a mis pour toujours les démons sous l'empire des bons anges, et qu'il a placé à côté de chaque homme, dès son entrée dans ce monde, un bon ange qui l'illumine, dirige ses pas et le garde contre ses ennemis. Et c'est ainsi que le démon voit ses assauts repoussés par l'action de ceux des purs esprits qui demeurèrent fidèles à Dieu, et qu'il contribue, en fin de compte, à la plus grande gloire de son Créateur.
9. Disons maintenant de quelle façon le démon attaque l'homme et le tente. Nous savons quelle est la pénétration de l'esprit angélique, sa merveilleuse activité et l'étendue du domaine où s'exerce sa connaissance. Nous avons aussi montré le grand pouvoir que ces êtres spirituels possèdent dans l'univers et comment ils peuvent l'exercer en ce qui concerne la matière organique, produisant, grâce à ce pouvoir qu'ils ont de mouvoir les éléments matériels, les plus étonnantes transformations. Et nous avons vu qu'en ce qui concerne l'homme lui-même, ils peuvent exercer sur lui une très grande influence, excitant et mettant en mouvement à un degré considérable ses facultés sensitives, l'imagination en particulier étant influencée par eux d'une manière surprenante. Nous pouvons conclure de tout ceci que les mauvais anges peuvent nous attaquer de bien des façons et qu'il leur est facile de nous conduire au mal, si nous ne nous tenons sur nos gardes.
10. On ne doit cependant pas perdre de vue, que si grand que puisse être le pouvoir du démon, des limites lui ont été fixées par le Tout-Puissant, au delà desquelles il lui est impossible d'agir. Il peut à la vérité nous nuire, mais non au-delà de ce qui lui est permis et il sait parfaitement que son pouvoir doit avoir une fin et cela avant bien longtemps. Peut-être sa connaissance de la brièveté du temps assigné à son règne lui fait-elle redoubler d'activité dans le présent ; mais tous ses efforts ne peuvent aboutir qu'à servir les insondables desseins de la Providence divine. Celle-ci ne permet, en effet, que jusqu'à un certain point, à l'influence maligne, de s'exercer contre nous, afin que, nous tournant vers notre Créateur, nous implorions son secours, et nous puissions, par sa grâce, remporter la victoire et gagner une couronne de gloire immortelle en récompense de nos mérites.
11. Un pieux auteur anonyme, généralement cité sous le nom de saint Augustin, a dit sur ce sujet d'excellentes choses. Commentant ce passage de saint Matthieu  : « Comment quelqu'un peut-il entrer dans la maison de l'homme fort, et piller ses meubles, sans avoir auparavant lié cet homme fort ? Alors seulement il pillera sa maison », il dit «  Quelqu'un objectera : Si le démon a été lié, pourquoi donc a-t-il encore une telle force ? Il est vrai, mes chers frères, le démon est vraiment puissant. Mais il règne sur les tièdes et les négligents et ceux qui ne craignent pas Dieu en vérité. Il est vrai qu'il est lié comme un chien par sa chaîne et ne peut mordre que ceux qui s'approchent de lui avec une fatale sécurité. Beaucoup en effet, sans souci de la loi du Christ, s'abandonnent aux mains de cet ennemi irréconciliable et exposent ainsi leur vie à ses assauts ».

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:28

CHAPITRE III - COMMENT DOIT-ON JUGER LA MORALITÉ DES PHÉNOMÈNES SPIRITES

1. Après avoir montré la nature intrinsèque des pratiques spirites, et la différence fondamentale qui existe entre les bons et les mauvais anges, nous devons maintenant passer à l'application des principes ci-dessus exposés et répondre à la question : quel jugement doit-on prononcer sur la moralité des phénomènes spirites, examinés par rapport aux êtres angéliques ? Tel est le problème que nous devons résoudre dans ce chapitre.
2. Nous devrons tout d'abord insister à nouveau sur le principe déjà invoqué, savoir : que les phénomènes spirites, tels qu'ils sont, doivent être attribués à l'action des anges déchus. Mais la question néanmoins demeure : ces substances intelligentes nous mettent-elles réellement en communication avec les âmes des trépassés, quels que soient le caractère et la destinée de ces âmes ?
Pour résoudre cette question dont la solution doit guider notre jugement sur la moralité des pratiques spirites, il sera nécessaire, en premier lieu, d'examiner si les anges, en général, peuvent agir comme médiateurs entre nous et les âmes des morts ; et, deuxièmement, s'il est possible que les esprits déchus représentent une âme désincarnée, que celle-ci soit sainte ou qu'elle appartienne à la catégorie des âmes condamnées à la mort éternelle.
3. En outre, comme le but principal du spiritisme semble être de prêcher un nouvel évangile et de fonder une religion nouvelle essentiellement différente de celle instituée par Jésus-Christ et proclamée par l'Église Catholique, nous devrons rechercher en quoi consiste cette nouvelle forme de religion et de quelle nature est le credo que les spirites voudraient substituer à l'ancien.
4. On ne peut nier que cette question ne soit difficile à traiter, puisqu'il faut tenir compte d'un grand nombre de considérations de nature différente ; mais la Théologie catholique possède des principes nettement établis, et c'est en les suivant que nous espérons, avec l'aide de Dieu, éclairer le doute qui nous occupe actuellement.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:28

I. - Les phénomènes spirites doivent être attribués à l'action des anges déchus

1. Les phénomènes, dont il vient d'être question, surpassent, nous l'avons vu, les pouvoirs des éléments visibles de ce monde et l'on ne peut en rendre compte (ce que tous les spirites expérimentés avouent) que par l'action de causes immatérielles. Or la première de ces causes immatérielles est Dieu, et attribuer ces phénomènes à son action immédiate serait manifestement un blasphème. Une telle assertion équivaudrait à affirmer que Celui qui est la justice et la sainteté même, dérange, obéissant au caprice de l'homme, la marche ordinaire de la nature et participe directement à des pratiques qui sont, à un moment ou à un autre, accompagnées de circonstances d'un caractère immoral.
2. Il faut, en second lieu, admettre que ces phénomènes ne peuvent être supposés l'œuvre des bons anges. Ces purs esprits seraient sans doute, strictement parlant, capables de produire ces merveilleux effets ; mais, comme ils sont les ministres de la justice et de la sainteté de Dieu, on ne peut les imaginer coopérant à des pratiques opposées à ces attributs divins.
3. Ces effets ne peuvent davantage être dus aux âmes des morts, celles-ci étant, en raison de leur nature, incapables de les produire. Nous avons vu comment la condition innée des âmes des défunts les empêche de prendre part à la production d'événements appartenant au monde terrestre.
4. Il ne reste donc qu'une solution possible. Les phénomènes sont en réalité l'œuvre des anges déchus qui, de tout temps, ont cherché à entrer en communication de diverses manières avec l'humanité et, de nos jours, ont substitué les phénomènes en question aux stratagèmes bien connus d'autrefois.
Or si nous réfléchissons que ces anges déchus s'efforcent de détruire le Royaume de Dieu et d'attirer les âmes des hommes dans la perdition et qu'en exécution de leurs plans ils peuvent adopter un grand nombre de stratagèmes pour atteindre leur but, ne reculant devant aucun moyen, si vil et si immoral qu'il soit, nous avons la clef qui nous donne la solution du grand problème. Nous conclurons que les auteurs des phénomènes en question ne sont autres que les anges déchus qui, en réponse à l'invocation des expérimentateurs, prennent l'apparence des âmes des morts, étalant ainsi, devant les multitudes étonnées, leur grande connaissance naturelle et le pouvoir qu'ils ont sur la création, tout cela dans le but de ruiner les âmes rachetées par le Sang de Jésus-Christ.
5. On sera peut-être surpris d'apprendre comment, au second siècle de l'ère chrétienne, un des plus célèbres écrivains ecclésiastiques, Tertullien, dans sa fameuse Apologie du Christianisme, où il défend les dogmes de notre foi contre les attaques des rationalistes, décrit la nature des démons en même temps que leur merveilleuse connaissance et la puissance qu'ils possèdent sur les éléments matériels.
Il y avait alors, comme aujourd'hui, des médiums qui suscitaient d'étranges phénomènes et prétendaient évoquer les âmes des morts. Ces médiums faisaient parler à des enfants des langues mystérieuses, accomplissaient des prodiges sans fin devant les foules, provoquaient des songes prophétiques et faisaient se mouvoir des bancs et des tables, en prétendant, par ce moyen, prédire l'avenir et révéler les événements cachés. Tertullien ajoute que si le pouvoir des démons est d'une telle force quand ils agissent au moyen de médiums, on peut se demander quelle sera la mesure de ce pouvoir quand ils agissent par eux-mêmes. Rien de surprenant, conclut-il, au fait que ces esprits poussent des hommes à se jeter du sommet de tours élevées, à se mutiler ou à s'infliger une mort cruelle et prématurée. Tout cela, conclut le célèbre auteur, est l'œuvre des démons .
6. À vrai dire, cette vaste connaissance et ce pouvoir extraordinaire des anges déchus sont des dons de Dieu, destinés par Lui, à l'origine, à un usage meilleur et plus noble. Cependant, bien que les mauvais esprits s'efforcent, autant qu'ils peuvent, de rendre vains les desseins de la Providence, ils ne réussissent jamais complètement, puisque Celui qui dirige toutes choses avec une sagesse infinie ne permet le mal que dans le but de procurer un plus grand bien.
7. Mais, demandera-t-on, ne peut-on pas concevoir que ces manifestations spirites, bien qu'on ne puisse directement les attribuer aux âmes désincarnées, nous mettent toutefois, d'une manière indirecte, en communication avec celles-ci, c'est-à-dire, par la médiation des anges représentant ces âmes et agissant ainsi en leur nom ? Et ne peut-on pas dire, après tout, que nous entrons en communication avec les âmes des morts, même si le fait n'a lieu que d'une manière indirecte ?
C'est là une question qui mérite un sérieux examen, si l'on veut qu'aucun doute ne demeure quant à la nature réelle de ces manifestations.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:29

II. - Les Anges peuvent-ils agir comme médiateurs entre nous et les âmes des morts?

1. Nous avons montré, dans les paragraphes précédents, que les pures substances spirituelles, étant des intelligences immatérielles, peuvent converser avec les âmes des trépassés et nous faire connaître les pensées et les désirs de ces mêmes âmes. Mais pour qu'on ne puisse s'imaginer que les communications spirites dont nous parlons peuvent, après tout, venir des âmes des morts par l'intervention des esprits, une nouvelle observation est à consigner ici.
D'abord, il ne faut pas oublier que nous ne parlons ici que des anges déchus, car, bien que les bons anges connaissent l'état de l'âme après la mort, et puissent, strictement parlant, être le moyen de communication entre nous et les âmes désincarnées, les manifestations spirites ne peuvent cependant pas leur être attribuées, ainsi que nous l'avons fait voir plus haut. Il est tout à fait inadmissible, en effet, que ces esprits de sainteté, qui voient Dieu face à face et le servent jour et nuit, se fassent les serviteurs de la frivolité de l'homme et de sa coupable curiosité. En outre, les circonstances elles-mêmes, qui accompagnent d'habitude de telles communications, ne permettent nullement d'attribuer ces phénomènes à la médiation de bons et saints esprits.
2. Mais nous affirmons également que la théorie d'après laquelle ces communications peuvent être dues à la médiation de mauvais esprits, par l'entremise desquels nous recevrions réellement des messages des trépassés, est également insoutenable.
3. Nous devons tout d'abord observer que nous ne nions pas ici la possibilité absolue, pour les démons, de représenter de cette façon une âme en particulier, car, absolument parlant, les substances spirituelles ou anges, en prenant l'apparence d'une âme désincarnée et en nous manifestant ses pensées et ses désirs, peuvent être un moyen de communication entre nous et les morts.
De tels phénomènes, s'ils se produisaient, ne devraient pas être regardés comme mensongers, du moment que l'image apparaissant correspondrait réellement à la personnalité qu'elle représente, c'est-à-dire dans le cas où l'âme séparée serait consciente de la manifestation et consentirait à apparaître ainsi. Dans ce cas le corps formé par la substance angélique se trouverait, par rapport à l'âme désincarnée, dans la même relation qu'une image envers la personne qu'elle représente. Or, nous savons que l'honneur rendu à une image ne va pas à cette image elle-même, mais à la personne dont elle offre la ressemblance. Si donc un ange produisait une forme représentant le corps ayant appartenu jadis à une âme désincarnée, et si cette âme consentait à l'apparition, on pourrait dire que nous conversons avec cette âme plus réellement encore que lorsqu'un sujet, ne pouvant parler à son roi que par le truchement de son ambassadeur, est censé converser avec le roi lui-même.
4. Mais bien qu'il puisse arriver parfois que les bons anges prennent ce moyen de communication entre nous et les âmes désincarnées, comme c'est le cas, par exemple, dans des manifestations des âmes du Purgatoire qui peuvent se montrer à nous par le ministère de leurs anges gardiens, une telle révélation ne peut se produire que par une faveur spéciale de Dieu (ce qui n'est rien moins qu'un miracle) et ne peut d'aucune façon être mise au compte des pratiques spirites.
Ce que nous affirmons, c'est que de telles communications ne peuvent avoir lieu par l'action des mauvais esprits, sauf peut-être quand il s'agit des âmes des damnés, cette communication ayant lieu, suivant le cas, avec ou sans l'intervention immédiate et miraculeuse de la divine Providence, comme nous le dirons tout à l'heure.
5. Mais nous avons dit qu'il nous est impossible de discerner les cas où un démon représenterait vraiment, de son propre chef, une âme damnée, vu que tout élément de contrôle nous fait défaut pour juger de l'authenticité du fait. Quant à la représentation d'âmes saintes par médiation du démon dans les séances spirites, nous devons dire une fois de plus qu'une telle pensée ne peut être admise même un seul instant. Une telle représentation, quelles que soient à son sujet les affirmations des esprits, n'est que fraude et mensonge.
6. Toutefois, il est nécessaire, pour la pleine exposition de cette doctrine, que nous nous tournions de nouveau vers l'enseignement catholique concernant le sort final de l'âme humaine et la disposition de la divine Providence à son égard.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:29

III. - Le sort final de l'âme humaine

1. La foi catholique nous enseigne que l'âme, à son départ de cette vie, est jugée par Dieu et, suivant ses mérites, voit fixer sa destinée éternelle. Elle se trouve dans une de ces alternatives : ou bien jouir de l'amitié et de la faveur de Dieu, ou bien se trouver en état de révolte contre Lui. Le premier état lui donne droit au bonheur éternel, le second l'exclut à jamais de la présence divine.
2. Il existe, en outre, cette différence entre ces deux états que, tandis que l'âme ayant quitté cette vie, coupable de péché et de révolte contre Dieu, reçoit aussitôt sa punition méritée, l'âme destinée à la béatitude éternelle a, dans bien des cas, une dette temporelle à payer à la justice divine pour des fautes commises par elle durant son pèlerinage terrestre. Elle ne peut donc entrer tout de suite dans son éternelle récompense, mais doit attendre au purgatoire qu'elle ait «payé jusqu'à la dernière obole » : L'âme humaine, après la mort, peut donc être au ciel, au purgatoire, ou en enfer.
3. L'âme, dans le purgatoire, est cependant sauvée. Elle jouit de l'amitié de Dieu et possède la certitude de le voir un jour face à face. Elle appartient de droit à la société des Saints qu'elle est destinée à partager, dès qu'elle aura payé sa dette. Il n'y aura donc à la fin que deux classes d'âmes humaines : les âmes sauvées et les âmes perdues, les premières jouissant d'un bonheur sans fin, les dernières accablées d'un malheur éternel.
4. Il faut noter ici une différence dans la façon dont les âmes séparées de leur corps peuvent être dites occuper le lieu qui leur est destiné et celle dont les anges, d'après leur qualité, sont dits être dans le ciel, sur la terre ou en enfer.
Bien que les purs esprits ne soient d’aucune façon composés de matière, ils n’en occupent pas moins des lieux déterminés, de telle sorte qu'ils ne peuvent occuper en même temps deux endroits différents. La demeure propre des bons anges est au ciel, celle des anges déchus en enfer, bien que bons et mauvais anges puissent aussi se trouver sur la terre, mais d’une manière différente.
L’archange Raphaël, par exemple, était localement présent avec Tobie dans le voyage qu'il fit avec lui, et notre ange gardien est toujours à nos côtés. Ces bons anges, bien que jouissant de la vision de Dieu (ce qui fait que l'on peut dire qu'ils sont en même temps dans le ciel), sont cependant, à proprement parler, tout le temps que dure leur mission parmi les hommes, non pas dans le ciel, mais sur la terre. Ce n'est qu'une fois leur mission accomplie, qu'ils retourneront au lieu d'où ils sont venus. Il existe, néanmoins, dans la grande armée des anges, des esprits sans nombre, qui ne quittent jamais le trône de Dieu et forment pour ainsi dire sa cour d'honneur. Ce sont les esprits supérieurs que l'on nomme les anges assistant au trône de l'Éternel .
5. Les anges déchus qui sont en enfer ne quittent jamais ce lieu de tourments ; mais ceux qui sont sur terre peuvent se trouver successivement en divers endroits, suivant qu’ils choisissent de rôder çà et là sur la terre, cherchant ceux qu'ils veulent dévorer et s'efforçant de nuire en différents endroits et à différentes personnes. On peut, néanmoins, dire de ces démons qu’ils sont en enfer, en ce sens qu'ils portent toujours avec eux la conscience de leur éternelle réprobation et parce que l'enfer est leur demeure finale. Mais en réalité ils n’y habiteront définitivement qu’après le jugement dernier, quand le temps de nuire à l'humanité et de l'affliger sera passé pour eux.
6. En ce qui concerne les âmes des morts, nous pouvons dire, en général, qu’elles ne quittent jamais le lieu qui leur est assigné. Il faut toutefois excepter les saintes âmes souffrant au purgatoire, lesquelles, le temps de leur épreuve étant achevé, passent de ce lieu d’affliction au ciel des saints anges et des bienheureux.
Quant aux âmes des réprouvés, elles ne peuvent abandonner leur séjour, puisque l’un de leurs châtiments consiste précisément à se voir prisonnières dans un lieu pour lequel elles n’éprouvent en réalité qu’une indicible répulsion.
Enfin, les âmes des bienheureux pourraient, strictement parlant, quitter le ciel pour un temps donné et venir sur cette terre ; mais, dans l’ordre ordinaire des choses, elles ne le font pas, n’ayant pas, comme les anges, le pouvoir de se former un corps visible ni la mission d'assister les hommes sur cette terre. Si un tel fait se produisait, il faudrait l’enregistrer comme un miracle.
7. Une raison convaincante existe donc pour que l’on doive attribuer à toute autre cause qu’aux âmes des trépassés, de quelque caractère qu'elles soient, les apparitions des séances spirites. Ces âmes ne peuvent visiter cette terre. Le pourraient-elles que, n'ayant aucun contrôle sur les éléments matériels, il leur serait impossible de nous apparaître, à moins que Dieu ne décidât d'accomplir un miracle, supposition qui, nous l'avons dit, ne saurait s’accorder avec la nature des pratiques spirites. D’autre part, nous devons nous rappeler que nous-mêmes nous ne pouvons pas nous manifester aux âmes désincarnées, la médiation d'un ange, bon ou mauvais, étant pour cela indispensable. C'est la raison pour laquelle l’apparition des morts, nous l’avons dit, n'a lieu que par le moyen des substances angéliques, à moins que Dieu n'ordonne que ces âmes apparaissent elles-mêmes, comme ce fut le cas pour Moise quand, sur le Mont Thabor, il fut vu des trois Apôtres en compagnie de jésus et d'Élie.
Il nous faut maintenant rechercher si les esprits déchus peuvent représenter, premièrement, les âmes des saints, et, secondement, les âmes des damnés.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:30

IV. - Les esprits déchus ne peuvent pas représenter les âmes des saints

1. Pour commencer par les âmes des Bienheureux dans le ciel ou celles qui souffrent encore au purgatoire, nous disons qu’il est inadmissible que les esprits déchus puissent agir comme intermédiaires pour les représenter. Car ces âmes sont les amis particuliers de Dieu, à qui elles sont aussi chères que peuvent l’être des fils adoptifs et qui les garde avec autant de tendresse et de soin que si elles étaient la pupille même de ses yeux.
Ces âmes saintes, qu’elles soient au ciel ou au purgatoire, sont sous l’influence immédiate de la divinité, influence qui s'exerce, par rapport aux apparitions extérieures, par le ministère des bons anges. Il est inconcevable que les démons, bannis comme ils le sont à jamais de la société des Saints, puissent être admis à représenter les amis du Dieu trois fois saint, surtout dans des réunions où les pires frivolités dominent et où se passent fréquemment des scènes d'irréligion et de basse immoralité.
2. Cette remarque, avons-nous dit, a toute sa valeur aussi bien pour les âmes du purgatoire que pour les âmes régnant dans le ciel. Les premières, bien que placées encore dans un lieu de souffrance, n'en sont pas moins confirmées dans le bien à ce point qu'elles appartiennent exclusivement à la société des Saints. Si donc, les mauvais esprits représentaient réellement les âmes de quelques trépassés, ce ne pourrait être que celles des damnés, qui partagent les peines du démon et dont la compagnie sera pour jamais la leur.
3. Mais ici une difficulté se présente. Nous avons affirmé que les âmes damnées pouvaient seules être représentées par les anges déchus qui doivent être considérés comme les auteurs des phénomènes spirites en question. Cette assertion peut-elle être maintenue, en présence de ce fait que des personnes mortes après une vie de pureté et de sainteté apparaissent souvent dans les séances spirites ? On nous assure, par, exemple, qu'au cours de séances spirites tenues à Londres, on voit fréquemment figurer les personnes du Cardinal Vaughan, de saint Charles Borromée, de saint Ignace, etc. Sommes-nous donc contraints, demandera-t-on, d'accepter cette conclusion que, puisque les anges déchus produisant les phénomènes, ne peuvent, strictement parlant, représenter que des damnés, les personnages en question doivent être comptés parmi ceux-ci ?
Hâtons-nous de répondre qu'une telle conclusion est loin de notre pensée et que c'est le contraire qui découle logiquement de ce que nous avons dit.
4. Du fait que les anges déchus sont d'un caractère moral le plus vil et que leur mode d'opération ne s'exerce que par le mensonge et la supercherie, notre devoir est de bien nous tenir sur nos gardes par rapport à toutes leurs actions et toutes leurs paroles. Pour être en mesure de découvrir la vérité à propos de leurs manifestations, nous devons rechercher quel est le but final qu'ils ont en vue. Or il est évident que si les communications spirites doivent être présentées comme des pratiques méritant créance, les anges déchus choisiront, pour champ d'opération, la représentation de personnalités remarquables pendant leur vie, de personnalités qui aient accompli de grandes et nobles actions, réalisé des progrès notables dans le royaume de la science ou qui se soient distinguées par la sainteté de leur vie. Rien n'est plus naturel, en effet, que de s'attendre à ce que les hommes soient amenés à pratiquer le spiritisme, si on peut leur montrer que ces pratiques les mettent en communication avec de telles personnalités. Le fait que les ombres ou images d'hommes et de femmes d'une vie vertueuse et sainte sont constamment présentées dans les séances spirites est, pour un esprit ordinaire, la meilleure apologie possible de la légitimité de ces pratiques.
5. Cette présentation de saints personnages dans les séances spirites constitue donc une des fraudes les plus considérables et les plus subtiles que l'on puisse imaginer. Car ces apparitions sont, sans aucun doute, faites en dehors de toute coopération ou consentement de la part des personnes soi-disant évoquées. Elles sont simplement l'œuvre d’esprits qui connaissent les traits et les caractéristiques des personnages en question, et qui possèdent le pouvoir de faussement les représenter de cette manière.
De fait, quoi de plus invraisemblable, demandons-nous, que le cardinal Newman ou le cardinal Vaughan délèguent actuellement des anges mauvais pour exhiber, dans les cercles spirites, leur soi-disant image, et pour agir comme leur porte-paroles, désavouant, comme c’est souvent le cas, la doctrine qu’ils ont enseignée pendant leur vie ? En vérité, il n'est pas un vendeur de faux produits qui ait jamais atteint, même de loin, les procédés malhonnêtes pratiqués sous ce rapport par les esprits déchus.
6. Les démons, nous le répétons, ne peuvent d'aucune manière représenter les âmes des Bienheureux dans le ciel ou de celles qui souffrent encore dans le purgatoire. On ne saurait admettre un instant que ces âmes consentent à manifester leurs pensées aux esprits mauvais et à se servir de leur médiation pour communiquer avec l'homme mortel. D'autre part, Dieu, qui est la sainteté même, ne pourrait permettre, encore moins ordonner, que ceux qui sont ses amis spirituels soient ainsi représentés par ses ennemis jurés.
7. Or, s'il est interdit aux esprits de ténèbres de représenter les âmes des Saints, rien ne les empêche pourtant de recourir à de pieuses et belles expressions afin d'amener l'homme à les prendre pour des anges de lumière et des amis de Dieu, ce qui est la meilleure façon de tromper les fidèles qui ne sont pas sur leurs gardes. C'est ainsi qu'en usa Satan quand il tenta Notre-Seigneur dans le désert. Ne lisons-nous pas qu'il cita les paroles de la Sainte Écriture, désirant ainsi amener le Sauveur à se jeter du pinacle du Temple ? Il arrive aussi parfois que, au cours des exorcismes accomplis par les prêtres en vertu d'une délégation spéciale de leur évêque, le démon donne des réponses exactes. S’il agit ainsi, c'est afin de paraître autre, que ce qu'il est en réalité, ou parce que Dieu le contraint, malgré lui, à dire la vérité.
8. En 1821, un jeune garçon de douze ans, soumis aux exorcismes de l'Église, à Ariane, dans la province des Pouilles en Italie, reçut l'ordre des Pères dominicains, Cassitti et Pignatara, présents aux exorcismes, d'exprimer théologiquement et dans un sonnet à rimes imposées, le fait de l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge. L'adolescent, bien qu'illettré, improvisa le beau poème suivant, qu'un théologien d'une science profonde n'aurait pu composer qu'avec une grande difficulté. On dit que le Pape Pie IX, lisant ce poème en 1854, l'année où fut promulgué le dogme de l'Immaculée Conception, versa des larmes de pieuse émotion. Le sonnet écrit en italien peut être traduit comme il suit :

« Je suis vraiment la Mère d'un Dieu qui est mon fils,
Et je suis sa fille, bien qu'étant sa mère ;
Il est né de toute éternité et il est mon fils,
Je suis née dans le temps et pourtant je suis sa mère.

Il est mon Créateur, et il est mon fils ;
Je suis sa créature, et je suis sa Mère,
Prodige divin ! être mon fils
Un Dieu éternel et m'avoir pour Mère.
L'être est quasi commun dans la Mère et le fils ;
Puisque c'est du fils que la mère a son être,
Et que l'être du fils vient aussi de sa mère.
Or si l'être du fils vient de la Mère,
Ou il faut dire que le fils n'est pas pur,
Ou dire que sans tache est la Mère ».

9. Ce que nous avons dit par rapport à la littérature, nous pouvons également l'affirmer de toute composition dans les diverses branches de l'art. Nous pouvons donc sans hésiter croire à ce que l'on rapporte d'une image exacte de Notre-Seigneur crucifié, qui aurait été peinte par le mauvais esprit. Le démon peut certainement produire avec grande habileté un objet de cette sorte, usant de la connaissance qu'il possède aussi bien de l'art en lui-même que de toutes les circonstances qui ont marqué la mort douloureuse de notre Sauveur.
Toutefois il est certain que, ce faisant, le démon n'agit pas pour la sanctification des hommes, mais bien pour un dessein pervers, tout comme aujourd'hui nous voyons les juifs fabriquant et vendant des objets religieux, non certes pour l'édification de l'acheteur, mais pour leur propre intérêt matériel. Par conséquent rien n'empêche le démon de faire que des représentations de personnes et de choses saintes aient lieu dans l'air, par exemple, images de notre Sauveur crucifié, de Saints, d'églises, etc. Pour cette raison l'Église procède toujours avec la plus grande prudence quand il s'agit d'examiner de tels phénomènes. Elle condamne même assez fréquemment certaines apparitions que cependant la faveur populaire avait peut-être déjà consacrées comme étant d'une origine surnaturelle et sainte.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:36

V. - Les mauvais esprits peuvent-ils représenter les dures des damnés?

1. Nous avons dit dans le paragraphe précédent que les mauvais esprits, bien qu'ils puissent se transformer en anges de lumière pour tromper les imprudents, ne peuvent pas représenter les âmes des justes qui sont au ciel, cela s'opposant à la sainteté et à la bonté de Dieu, qui ne peut permettre que ceux qu'il aime soient rendus visibles sous des traits formés par ses ennemis irréconciliables. Nous devons rechercher maintenant si ces mêmes esprits de ténèbres peuvent représenter à nos yeux les âmes des damnés, c'est-à-dire, si l'on peut admettre l'idée que les pratiques spirites nous mettent, par l'opération des démons, en communication avec les âmes des damnés.
2. Notre réponse est que rien ne s'oppose en principe à l'idée que les âmes des réprouvés, condamnées à partager pour toujours la société des démons, puissent parfois, sur un ordre spécial de Dieu, se manifester à nous, par l'intermédiaire des anges déchus. Car ces âmes peuvent, d'une part, manifester leurs pensées aux mauvais esprits ; et les mauvais esprits peuvent, de leur côté, nous faire connaître les pensées et les désirs de ces mêmes âmes.
La question se pose donc ainsi : arrive-t-il quelque fois, dans les séances spirites que les démons agissent comme médiateurs entre l'âme réprouvée et l'homme ?
3. Si nous devions accepter ce qui se dit dans les communications spirites, il nous serait difficile de donner à cette question une réponse précise. Dans ces pseudo-révélations, en effet, il est de règle de ne faire aucune distinction entre les âmes sauvées et les âmes damnées, tous les individus qui apparaissent prétendant se trouver dans un état de bonheur relatif. Il y a ici, toutefois, une évidente contradiction, vu que les personnalités que l'on suppose évoquées au cours de ces séances sont souvent connues pour avoir mené des existences d'un caractère très douteux, et qu'il est improbable qu'elles soient toutes, comme le prétendent les esprits, dans un même lien de récompense éternelle.
4. Mais ici nous devons distinguer entre deux questions qui se posent : Premièrement, les mauvais anges représentent-ils, de leur propre initiative, à la façon que nous avons décrite, les âmes des damnés ? Deuxièmement, le font-ils jamais sur l'ordre de Dieu et comme ses instruments ?
5. La réponse à la première question est que, strictement parlant, rien ne s'oppose à l'idée qu'avec la permission divine, une telle représentation ait lieu. Les démons et les âmes damnées communiquant entre eux, la possibilité d'une telle communication par les pratiques spirites n'est pas à rejeter complètement. Il reste cependant le fait qu'il est pratiquement impossible d'affirmer quand et comment cela se produit, vu le manque de véracité chez les mauvais esprits.
Les révélations spirites ayant souvent été prises en flagrant délit de fausseté et duperie, rien ne nous garantit la vérité d'une seule communication spirite.
6. Mais, demandons-nous, quel but peut poursuivre le démon en agissant ainsi comme médiateur entre les âmes damnées et nous ? Quel dessein peut-il avoir, en se faisant le porte-parole d'une âme damnée ? Ce ne peut être évidemment pour nous faire éviter le péché dont il se réjouit, ou pour nous empêcher de perdre notre bonheur éternel dont il est mortellement jaloux. Ce ne peut être davantage pour demander nos prières en faveur d’une âme perdue, le démon et les damnés sachant très bien que la rédemption n'est plus possible en enfer. D’autre part, il n’est rien que les âmes perdues puissent désirer nous faire connaître sur leur état ou le lieu de leur captivité, que le démon ne connaisse également bien.
7. On pourra peut-être objecter ici la prière faite par l'homme riche à Abraham , suppliant ce patriarche d'envoyer Lazare à la maison de son père, pour servir de témoin devant ses parents, afin qu'ils ne vinssent pas dans ce lieu de tourments. Mais il faut observer, d’abord, que la prière fut adressée directement à Abraham, et que l'intervention du démon ne fut pas recherchée ; en outre, que le motif qui excita l’homme riche à faire cette demande, ne fut pas le désir du salut de ses parents, mais plutôt la crainte que ses propres tourments ne fussent accrus par leur damnation, qu'il prévoyait sans doute pouvoir être due à son mauvais exemple. Or le démon n'a d'autre désir que de voir s’augmenter les tourments de ses victimes ; on ne pourrait donc pas s’attendre à ce qu’il se prêtât à la transmission d'un message tel que celui du riche débauché.
8. En conséquence, nous pouvons dire qu’aucune assertion, venant des esprits déchus, en rapport avec les pratiques spirites ou avec toute autre manifestation de ce genre, sauf celles ordonnées par Dieu, n'est suffisante pour établir le fait que les vivants sont, par leur intermédiaire, mis en communication avec les âmes damnées. On peut, au contraire, affirmer en toute sécurité que prétendre se mettre en communication avec les âmes des morts, quel que soit leur destin, n'est autre chose qu'une manœuvre habile des anges déchus, pour cacher, grâce à des apparences trompeuses et à de vains fantômes, la redoutable réalité de la perte irréparable de la vie éternelle, conséquence du péché mortel.
9. La seconde question à examiner a rapport au fait des anges déchus agissant non seulement avec la permission de Dieu, mais par son ordre exprès. Le doute est celui-ci : les anges déchus peuvent-ils, par ordre de Dieu, représenter occasionnellement une âme damnée ?
La réponse est qu'il peut y avoir des cas où, Dieu l'ordonnant, l'âme du damné peut, à la demande de l'homme, ou même sans cette demande, manifester son état ou ses pensées par l'intermédiaire du démon, bien que, ainsi que nous l’avons dit, ceci ne puisse se produire dans les séances spirites, auxquelles Dieu n’accorde pas sa sanction. Il n'est donc pas inconcevable que les démons, sur l'ordre de Dieu, puissent mouvoir la langue d'un mort condamné à la mort éternelle, afin qu'il manifeste, pour sa propre confusion et pour l'instruction du genre humain, sa perte irréparable, ou qu'ils représentent, par une apparition fantastique, le malheur et les tourments de l'âme de cet individu, Dieu l'ordonnant ainsi dans le but de détourner du mal, par cette terreur salutaire, les hommes vivant encore en ce monde.
10. Mais des événements de ce genre seraient de véritables miracles ; et comme, d'autre part, la sainteté est la condition d'un miracle réel, il s'en suit que des interventions diaboliques de ce genre ne sauraient être acceptées, que si elles sont accompagnées de circonstances excluant la possibilité de la fraude et de l'illusion.
L'idée que des manifestations miraculeuses de ce genre peuvent avoir lieu grâce aux pratiques spirites est à écarter complètement, ces pratiques étant habituellement accompagnées d'irrégularité et de légèreté, souvent même de choses déshonnêtes, le miracle, au contraire, étant toujours, suivant la belle définition du célèbre cardinal Newman, « la signature que Dieu donne à un message transmis par des instruments humains  ».
Si quelque doute restait encore dans l'esprit de qui étudie cette question, il faudrait dire que la fréquence extraordinaire des communications spirites suffirait à elle seule pour rendre inadmissible l'idée que ces phénomènes sont en réalité des manifestations miraculeuses des morts, la rareté étant une des marques distinctives du véritable miracle.
11. Nous devons donc conclure que les pratiques spirites ne nous mettent pas en communication, par l'entremise du démon, avec les âmes des damnés. D'autre part, il est impossible, comme nous l'avons dit, que les anges déchus représentent les âmes des Saints qui sont au ciel ou au purgatoire. Par conséquent, les manifestations spirites, en tant qu'elles prétendent nous mettre en rapport avec les âmes humaines désincarnées, ne sont que duperie et rien de plus.
Si donc il en est ainsi, quel jugement doit-on prononcer sur des pratiques dont le but n'est que fourberie et fraude ?

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:36

VI. - Illégitimité des pratiques spirites

1. L'enquête que nous avons faite sur les sources diverses d'où l'on peut supposer qu'émanent les manifestations spirites, nous a conduits à la conclusion que ces manifestations ne peuvent être attribuées ni à Dieu, ni à l'action des bons anges, ni aux âmes des trépassés, que celles-ci soient sauvées ou perdues.
Il faut donc nécessairement les rapporter à l'action des anges déchus qui, sous la forme et l'apparence de quelque personnalité défunte et connue, parlent et agissent comme peuvent le dicter la fantaisie ou les circonstances d'un cas particulier. S'il s’agit de saintes âmes, ces communications ne sont que duperie et fraude, ces âmes se refusant à apparaître aux hommes de cette façon. Quant aux âmes des damnés, leur apparition, par le ministère des démons dans les cercles spirites, ne saurait être admise, en raison du caractère immoral de ces acteurs pleins de fraude et d'imposture.
2. Nous ne devons, par suite, jamais conclure que, lorsque certaines âmes sont dites apparaître dans une séance spirite, ces âmes doivent être réputées perdues. Les paroles des mauvais esprits étant tout à fait indignes de créance, les communications spirites ne peuvent nous fournir aucune base sérieuse pour affirmer quoi que ce soit sur la condition finale d'une âme humaine dont on proclamerait l'apparition.
3. Il est hors de doute que l'on ne peut avoir aucune confiance dans les communications obtenues au cours des séances spirites, la nature même de ces réunions se prêtant à la fraude et à l'illusion. Il est vrai que quelque vérité importante peut parfois être exprimée par le moyen des communications spirites. Mais il faut observer qu'en de tels cas, le désintéressement des intelligences à l'œuvre n'est pas au delà de tout soupçon. Bien au contraire, il y a tout lieu de présumer que de tels propos sont, de la part des esprits qui les formulent, un moyen très efficace de faire croire à d'autres assertions d'une nature douteuse et d'attirer la faveur générale sur les pratiques mêmes d'où ces assertions émanent.
4. C'est ainsi que nous lisons dans les Actes des Apôtres que saint Paul réprimanda fortement une jeune fille possédée par un esprit de pythonisse et qui ne cessait de crier : «Ces hommes sont les serviteurs du Dieu très-haut ; ils vous annoncent la voie du salut ». Cette affirmation, bien que véridique, était évidemment formulée sous l'inspiration du démon, comme on peut le voir par ce fait que saint Paul, s'adressant à l'esprit, lui commanda au nom de Jésus-Christ de sortir de la jeune fille.
Shakespeare dans Macbeth met cette vérité dans la bouche de Banquo :

« Mais chose étrange,
Souvent pour nous séduire à notre dam,
Les instruments de ténèbres nous disent des vérités,
Nous gagnent par d'honnêtes vétilles, pour nous trahir
Plus profondément ».

C'est un fait que ces esprits malins donnent quelquefois, au cours de séances spirites, à des personnes d'habitudes perverses ou négligeant leurs devoirs religieux, le conseil salutaire de changer de vie et même de s'approcher des sacrements de l'Église. De cette manière, ils se posent en défenseurs de l'honneur divin et du salut des âmes, mais c'est uniquement pour prendre dans leurs filets les simples d'esprit et les imprudents.
5. Si maintenant on demande pourquoi nous ne devons pas recourir aux mauvais esprits pour nous procurer quelque connaissance sur l'état de certaines âmes que nous ne pouvons guère concevoir être parmi les Bienheureux, nous répondrons qu'il nous est interdit d'admettre, même pour un instant, la certitude que telle ou telle personne, ayant à la connaissance de tous vécu dans le péché, est parmi les réprouvés. La miséricorde de Dieu est infinie, et les plus grands pécheurs peuvent très bien s'être tournés vers Lui au dernier moment de leur vie, si bien que c'est un devoir non seulement de charité, mais de justice, de nous interdire de placer n'importe qui parmi les damnés. Un tel jugement serait essentiellement téméraire, et agir en conséquence serait une faute grave contre la charité due à tous ceux que nous ne savons pas, de connaissance certaine, être éternellement séparés de Dieu. C'est seulement des anges déchus que nous pouvons dire avec certitude qu'ils sont irréconciliablement éloignés de Dieu.
6. Les mauvais esprits, d'autre part, étant pour jamais privés de l'amitié de Dieu, ne peuvent nous servir de truchements autorisés pour être renseignés sur quoi que ce soit. Ils sont retranchés de la société des Saints, et privés de toute influence surnaturelle. Un libre commerce avec eux ne peut donc que nous exposer à la duperie et à la tentation, ce qui constituerait un des plus grands maux de notre vie. Enfin ces pratiques ayant été condamnées par Dieu, nous continuerions, en les favorisant, la révolte de Satan contre Lui. «Car la rébellion est un péché aussi grave que la divination, et la résistance l'est autant que le crime d'idolâtrie  ».

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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:37

VII. - Le spiritisme a pour but d'introduire une nouvelle religion

1. Nombreux sont les dangers, avons-nous dit, qui accompagnent les pratiques spirites. Il en est un, toutefois, de beaucoup le plus grave, qui doit persuader quiconque a le souci de son bien spirituel, du mal profond que ces pratiques peuvent causer à l'âme.
On sait comment,dans les communications spirites, les moyens de salut offerts par le christianisme sont déclarés ouvertement n'être que de vaines institutions ou, tout au plus, des pratiques sans importance. Ce que visent ces communications, c'est avant tout de promulguer la doctrine d'un bonheur final que l'on peut atteindre sans égard pour le caractère moral de la vie présente et indépendamment de Dieu et des moyens de grâce institués par Jésus-Christ. Le silence même que les esprits observent invariablement sur le caractère surnaturel de la mission du Christ et la nécessité de lui obéir ainsi qu'à son Église, sont une preuve de la vérité que nous affirmons. Ce silence implique une complète émancipation des règles de la vie surnaturelle de la grâce et le mépris de la loi chrétienne gouvernant la vie spirituelle.
2. Mais il est important que le lecteur soit mis au courant des dogmes principaux de la croyance spirite, proposée de nos jours avec tant d'insistance par les partisans des doctrines occultes. Un auteur moderne qui a réuni sur ce sujet une abondante documentation présente comme il suit les dogmes dont nous parlons .
« On peut affirmer, écrit-il, que les manifestations spirites sont d'accord sur les points suivants :
I. - « Le Christianisme ne doit pas être considéré comme une révélation d'un caractère unique et spécifique, préfigurée dans la loi des Juifs, prédite par les prophètes et complétée et consommée sur le Calvaire et au jour de la Pentecôte ; mais c'est une des nombreuses formes des grandes manifestations spirituelles destinées à inculquer à l’homme l'importance des obligations de la loi morale inhérente à sa nature et à lui rappeler le véritable caractère de son origine et de sa destinée supérieures.
II. – « Le Christ n'est pas divin au sens où l'Église à travers les âges a compris ce terme et a cru et enseigné qu'il était divin. Il est, au contraire, un être humain comme nous-même et, tout au plus, un esprit d'un ordre supérieur possédant des dons et des pouvoirs remarquables. Descendant des sphères les plus hautes et prenant un corps humain, il a voulu donner sa vie en témoignage de la vérité des doctrines qu'il enseignait.
III. – « L'enseignement de l'Église catholique sur son caractère et sa personne et sur la fin qu'il voulut réaliser par sa mort, est basé sur une fausse conception due à l'erreur et à la faiblesse humaines ainsi qu'à la pensée et à la spéculation philosophique des âges qui ont suivi.
IV. – « Il n'y a pas de sacerdoce spécialement choisi et ordonné par le Christ dans le but de perpétuer son oeuvre, et de former le lien entre la sphère des choses humaines et celle du divin.
V. – « L'Église, avec ses institutions sacramentelles ordonnées à l'accomplissement efficace de cette œuvre, et destinées à élever l'âme humaine à la vie surnaturelle, pour lui communiquer des dons et des grâces surnaturelles, est une chose vaine inventée à la légère et tout au plus une institution d'origine simplement humaine, accomplissant une œuvre d'ordre purement humain.
VI. – « La notion scripturaire de rétribution après la mort et de punition pour le péché commis dans la chair provient d'une méprise et d'une fausse interprétation des paroles du Christ et de ces expériences d'échec et de perte qui accompagnent nécessairement la marche lente de l'évolution humaine, la rétribution n'existant que dans le sens où la souffrance doit suivre le mal accompli volontairement ou par ignorance, pour que le chemin soit ainsi trouvé qui mène aux bonnes actions et à la bonne conduite.
VII. – « L'homme, jour par jour et heure par heure, en raison de ses actes et de ses méfaits, et par la formation générale de son caractère, se prépare à lui-même son propre ciel ou son propre enfer ; bien que ce ciel et cet enfer soient très différents de ceux que la théologie enseigne et inculque.
VIII. – « La mort physique ne détermine d'aucune façon la destinée de l'esprit humain ; mais, indépendamment soit de ses croyances personnelles, soit de son incrédulité et de ses fausses croyances, son instruction et son éducation se continuent et se prolongent indéfiniment dans les sphères de l'esprit.
IX. – « L'homme est en fait, au sens le plus vrai du mot, son propre Sauveur ».
3. Parmi les nombreux spirites qui, de nos jours, ont cherché à donner aux communications du monde invisible la signification et la forme d'une religion nouvelle, il faut compter, en premier lieu, des auteurs protestants dont les écrits ont servi, aux spirites depuis cinquante ans environ à formuler une nouvelle croyance religieuse. Nous pouvons citer parmi ces auteurs : Robert Dale Owen , William Stainton Moses , Frederick W. H. Myers , Frank Podmore , et sir William Fletcher Barrett .
Le but de ces auteurs et de leurs émules est de donner au lecteur des descriptions minutieuses et souvent fastidieuses d'expériences psychiques ou de phénomènes spirites, présentant comme des révélations nouvelles et authentiques les déclarations obtenues des esprits évoqués, substituant ainsi graduellement et insensiblement un nouveau code de doctrine spéculative et morale à l'enseignement traditionnel de l'Évangile ou du moins interprétant cet enseignement à la lumière des communications obtenues par les pratiques spirites.
4. Parmi ceux qui ont le plus contribué, au cours de ces dernières années, à donner aux communications des esprits un caractère dogmatique et à composer, pour ainsi dire, un nouveau credo en forme, il faut nommer Sir Oliver Lodge et Sir Conan Doyle.
Le premier, bien connu pour ses expériences dans le domaine des sciences physiques, est l'un des membres les plus en vue de la « Society for Psychical Research », laquelle société a deux branches, l'une à Londres et l'autre à New-York. Ayant perdu, dans la grande guerre, son fils Raymond, il eut la pensée d'entrer en communication avec lui, en usant des pratiques spirites. Le résultat fut qu'il obtint des réponses sans nombre, en apparence dictées par son fils, où celui-ci apprenait à son père quel était son nouvel état et lui révélait quels étaient l'état général et les opérations de l'âme après la mort. Ces réponses furent recueillies par Sir Oliver Lodge lui-même dans un livre qui eut une grande vogue en Angleterre et contribua beaucoup à populariser les pratiques spirites ;
5. Mais la plus grande impulsion donnée dans ces dernières années au spiritisme est venue de Sir Arthur Conan Doyle, mort récemment, et que ses romans ont rendu si célèbre. Ayant abandonné la religion catholique où il avait été élevé, il défendit avec ardeur l'enseignement de Sir Oliver Lodge et en devint le propagateur zélé dans l'ancien et le nouveau monde. Il se rendit plus tard en Amérique, où il trouva un terrain tout prêt pour la diffusion de la nouvelle croyance spirite, qu'il vulgarisa dans un livre ayant pour titre The New Revelation. Cette croyance peut se résumer ainsi :
6. En premier lieu on affirme, comme base de la religion nouvelle, ce principe, que les croyances religieuses en vogue dans le passé ne peuvent plus être admises de nos jours, alors que la science a fait de si grands progrès. Par conséquent, l'interprétation du texte de l'Évangile, acceptée par les personnes ignorant l'art de la critique, ne répond plus aux besoins d'une génération aussi avancée que la nôtre. Partant de ce principe, le réformateur attaque l'idée fondamentale de la Rédemption, niant la chute et rappelant le principe de l'évolution de l'homme comme venant du singe.
Le péché originel n'existant pas, l'expiation est inutile et l'idée d'un sacrifice propitiatoire accompli par le Christ disparaît. Le Christ est mort en enthousiaste, il est vrai ; il fut martyr d'un idéal. Mais sa vie seule et non sa mort a quelque importance pour l'humanité. Il s'ensuit que le christianisme ne doit pas être rejeté, mais modifié, en harmonie avec le principe, déjà énoncé, que le spiritisme a mission de développer.
7. Passant ensuite à l'idée de la divinité, le spirite moderne substitue, à la foi en un Dieu personnel, Père de l'humanité, une sorte de Déité universelle et impersonnelle incompréhensible, ou principe vital existant chez tous les hommes et, mieux encore, identifié à eux, assez proche de ce que le panthéisme ancien et moderne a enseigné touchant l'âme du monde. Quant à Jésus-Christ, il n'est, pour Conan Doyle, rien de plus qu'un homme, un homme il est vrai de la plus haute perfection, en fait, le modèle suprême mais toujours et seulement homme. Le Christ fut, pour cet auteur, un médium doué de la plus haute puissance, par qui des œuvres merveilleuses ont été produites ; un médium moderne ne pourrait mieux faire que de l’imiter .
8. Quant à l'homme, il n'est qu'une infime partie de la divinité, en un sens formel et univoque, destiné par l'évolution, la culture et le progrès, à croître en perfection jusqu'à ce qu'il s'élève au rang des esprits, ce qui est sa destination finale. La mort est donc le passage de l'esprit quittant son corps matériel pour entrer dans un monde invisible, sans changement essentiel. Ce passage est tout d'abord suivi d'une phase d'existence mortelle, ayant pour but de parfaire ce que l'homme n'a pu accomplir dans sa vie précédente. Enfin l'âme monte dans les sphères supérieures éthérées sans cesser cependant d'être en communication avec notre monde.
9. Tels sont, largement esquissés, les principaux enseignements pouvant être saisis dans l’écheveau embrouillé des déclarations spirites qu'on nous propose. Mais il est difficile pour ne pas dire impossible, de trouver deux auteurs parfaitement d'accord dans l'explication des divers points mentionnés ci-dessus.
Tous, néanmoins, sont d’accord pour déclarer que l'enfer ne comporte pas un état immuable ou une éternité de peine, mais bien une purification progressive, un passage successif de l'imparfait au parfait. Quant au paradis, il serait vain d'attendre des spirites cette conception du bonheur qui se trouve, suivant l'enseignement de l'Église, dans la Vision béatifique. Pour eux le bonheur suprême consiste en des plaisirs ne différant que très peu de ceux promis par Mahomet à ses fidèles sectateurs.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:37

VIII. - Principes essentiels de la philosophie spirite

1. Il convient de placer maintenant devant le lecteur, comme une sorte de précis, les principales doctrines de la philosophie spirite qui, retenons-le, coïncident, du moins dans les lignes générales, avec les enseignements du théosophisme moderne.
Nous puisons ces renseignements dans le livre de Léon Denis, Après la mort  :
I. « Une divine intelligence régit les mondes. À elle s'identifie la Loi, loi immanente, éternelle, régulatrice, à laquelle êtres et choses sont soumis.
II. « De même que l'homme, sous son enveloppe matérielle sans cesse renouvelée, conserve son identité spirituelle, son moi indestructible, cette conscience en qui il se reconnaît et se possède, de même l'univers, sous ses apparences changeantes, se possède et se réfléchit dans une unité vivante qui est son moi. Le moi de l'univers, c'est Dieu, unité suprême, où viennent aboutir et s'harmoniser tous les rapports, foyer immense de lumière et de perfection, d'où rayonnent et se répandent sur toutes les humanités justice, Sagesse, Amour !
III. «Tout évolue dans l'univers et tend vers un état supérieur. Tout se transforme et se perfectionne. Du sein des abîmes, la vie s'élève, d'abord confuse, indécise, prenant des formes innombrables de plus en plus parfaites, puis s'épanouissant dans l'être humain, en qui elle acquiert conscience, raison, liberté et constitue l'âme ou l'esprit.
IV. « L'âme est immortelle. Couronnement et synthèse des puissances inférieures de la nature, elle contient en germe toutes les facultés supérieures, est destinée à les développer par ses travaux et ses efforts, en s'incarnant sur les mondes matériels, et à monter, à travers des vies successives de degré en degré, vers la perfection.
« L'âme a deux enveloppes : l'une temporaire, le corps terrestre, instrument de lutte et d'épreuve, qui se désagrège à la mort; l’autre permanente, le corps fluidique, dont elle est inséparable et qui progresse et s'épure avec elle.
V. « La vie terrestre est une école, un moyen d'éducation et de perfectionnement par le travail, l'étude, la souffrance. Il n'y a ni bonheur, ni malheur éternels. La récompense ou le châtiment consistent dans l'extension ou l'amoindrissement de nos facultés, de notre champ de perception, résultant de l'usage bon ou mauvais que nous avons fait de notre libre arbitre, et des aspirations ou des penchants que nous avons développés en nous. Libre et responsable, l'âme porte en soi la loi de ses destinées : dans le présent, elle recueille les conséquences du passé, elle sème les joies ou les douleurs de l'avenir. La vie actuelle est l'héritage de nos vies précédentes et la préparation de celles qui suivront.
L'esprit s'éclaire, grandit en puissances intellectuelles et morales, en raison du travail effectué et de l'impulsion donnée à ses actes vers le bien et le vrai.
VI. « Une étroite solidarité unit les esprits identiques dans leur origine et dans leurs fins, différents seulement par leur situation transitoire : les uns à l'état libre dans l'espace, les autres revêtus d'une enveloppe périssable, mais passant alternativement d'un état à l'autre, la vie de l'esprit n'étant qu'un temps de repos entre deux existences terrestres. Issus de Dieu, leur père commun, tous les esprits sont frères et ne forment qu'une immense famille. Une communion perpétuelle et de consolants rapports relient les morts aux vivants.
VII. « Les esprits se classent dans l'espace en raison de la densité de leur corps fluidique, corrélative à leur degré d'avancement et d'épuration. Leur situation est déterminée par des lois précises ; ces lois jouent dans le domaine moral un rôle analogue à celui que remplissent dans l'ordre physique les lois d'attraction et de pesanteur. La justice règne dans ce domaine, comme l'équilibre dans l'ordre matériel. Les esprits coupables et mauvais sont enveloppés d'une épaisse atmosphère fluidique, qui les entraîne vers les mondes inférieurs, où ils doivent s'incarner pour dépouiller leurs imperfections. L'âme vertueuse, revêtue d'un corps subtil, éthéré, participe aux sensations de la vie spirituelle et s'élève vers les mondes heureux, où la matière a moins d'empire, où règnent l'harmonie, la félicité. L'âme, dans sa vie supérieure et parfaite, collabore avec Dieu, coopère à la formation des mondes, en dirige les évolutions, veille au progrès des humanités, à l'accomplissement des lois éternelles.
VIII. « Le bien est la loi suprême de l'univers et le but de l'évolution des êtres. Le mal n'a pas d'existence propre, il n'est qu'un effet de contraste ; c'est l'état d'infériorité, la situation passagère que traversent tous les êtres dans leur ascension vers un état meilleur.
IX. « L'éducation de l'âme étant l'objet même de la vie, il importe d'en résumer les préceptes en peu de mots
Comprimer les besoins grossiers, les appétits matériels ; se créer des besoins intellectuels et, élevés. Lutter, combattre, souffrir au besoin pour l'avancement des hommes et des mondes. Initier ses semblables aux splendeurs du vrai et du beau. Aimer la vérité et la justice, pratiquer envers tous la charité, la bienveillance : tel est le secret du bonheur dans l'avenir, tel est le devoir ! »
2. Il ne sera pas sans intérêt de rappeler ici la doctrine d'un écrivain notoire, partisan des théories spirites sur le sort final des âmes.
Voici ce qu'écrit à ce sujet Louis Figuier : « Si pendant son séjour ici-bas, l'âme a perdu de sa force et de ses qualités, si elle a été le partage d'un individu pervers, elle ne quittera pas la terre. Après la mort de cet individu, elle ira se loger dans un autre corps humain, en perdant le souvenir de son existence antérieure. Ces réincarnations dans un corps humain peuvent être nombreuses. Elles doivent se répéter jusqu'au moment où les facultés de l'âme se seront assez développées, où ses instincts se seront assez améliorés et perfectionnés... Alors seulement cette âme pourra quitter la terre et s'élancer dans l'espace pour passer dans l'organisme nouveau qui fait suite à celui de l'homme dans la hiérarchie de la nature...
« L'espace où habitent les âmes ainsi justifiées est occupé par l'éther planétaire... Elles ont un corps... mais ce corps doit être pourvu de qualités infiniment supérieures à celles qui sont l'apanage du corps humain... Après un intervalle dont nous n'essaierons pas de fixer la durée, l'être surhumain meurt et entre dans un corps nouveau, orné de facultés encore plus puissantes. Et ce n'est pas à une troisième ou à une quatrième génération que peut s'arrêter la chaîne des créations sublimes que nous entrevoyons, flottant dans l'infini des cieux.
« Après avoir parcouru cette longue succession d'étapes et de stations dans les cieux, les êtres que nous considérons doivent finalement arriver en un lieu... Ce lieu, terme définitif de leur cycle immense à travers les espaces, selon nous, c'est le soleil... Ce qui entretient la radiation solaire, ce sont les arrivées continuelles des âmes dans le soleil... Ces ardents et purs esprits viennent remplacer les émanations continuellement envoyées par le soleil à travers l'espace sur les globes qui l'environnent... Les êtres spiritualisés réunis dans le soleil envoient sur la terre et sur les planètes des émanations de leur essence, c'est-à-dire des germes animés qui distribuent sur les planètes la vie, l'organisation, le sentiment et la pensée.
3. Nous avons donc ici, en résumé, tout ce que contient le catéchisme spirite sur le sort final des âmes humaines. Il est bon de faire remarquer à quel point les principes spirites qui viennent d'être énoncés représentent, en grande partie tout au moins, l'enseignement de plusieurs écrivains modernistes, qui ont abandonné la doctrine traditionnelle de l'Église pour embrasser des nouveautés aussi fausses que dangereuses.
Ce n'est pas trop de dire que, tandis que l'influence des esprits de ténèbres s'exerce ouvertement sur les personnes vulgaires au moyen de manifestations empreintes de merveilleux, cette même influence se fait sentir d'une manière plus subtile et plus raffinée sur des intelligences mieux cultivées, les poussant à embrasser une croyance, nouvelle dans sa forme et sa substance, et diamétralement opposée au symbole de la foi catholique. Dans les deux cas, le but que poursuivent les puissances de ténèbres est le même : ce but, c'est la destruction du Christianisme.

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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:38

IX. - Réalité objective des manifestations diaboliques

1. Nous avons amplement discuté les divers phénomènes auxquels donnent lieu les pratiques spirites. Nous avons aussi montré quelle est la nature des agents auxquels on doit attribuer ces phénomènes. Enfin nous avons indiqué les critères qui peuvent nous guider dans le jugement que l'on doit porter sur la moralité de ces pratiques. Mais notre raisonnement serait incomplet, si nous n'insistions à nouveau sur ce qui a été dit plusieurs fois dans le cours de cet ouvrage, c'est-à-dire qu'on ne saurait douter, non seulement de la possibilité, mais aussi de la réalité de certaines manifestations diaboliques, comme prétendent le faire certains écrivains qui croient par là se donner un air de supériorité. Ces manifestations ont lieu réellement, encore de nos jours, les esprits des ténèbres exerçant visiblement, par ce moyen, leur funeste influence sur ce monde.
2. En vérité, il est assez étrange de constater que, tandis que certains sont portés à voir partout des manifestations surnaturelles, d'autres, au contraire, repoussent énergiquement a priori non seulement le fait, mais aussi la possibilité de toute intervention du monde des esprits dans les choses qui nous concernent ici-bas. Ces esprits forts, que l'on rencontre un peu partout, s'imaginent faire preuve d'indépendance de jugement en rejetant et même ridiculisant toutes les manifestations spirites qui, d'après eux, ne correspondent plus au progrès des temps modernes.
3. Nous ne nions pas que l'on doive procéder avec beaucoup de prudence avant de prononcer un jugement sur la véritable origine des phénomènes d'apparence diabolique. La nature même de ces phénomènes mystérieux suggère une sage lenteur dans le jugement à porter sur ces manifestations, et le Rituel Romain impose expressément cette règle de conduite quand, sous le titre «de Exorcizandis obsessis », il avertit le ministre sacré de ne pas facilement donner créance au fait de l'obsession diabolique de telle et telle personne, mais d'observer les signes par lesquels la personne obsédée peut se distinguer de ceux qui souffrent d'un tempérament mélancolique ou de quelque maladie. Le même Rituel énumère ensuite ces divers signes, observant que plus ils sont nombreux et évidents, plus il est facile de se faire une opinion juste du cas examiné. À ces indications se conforme la prescription du Droit Canon qui ne permet pas aux ministres sacrés l'usage du pouvoir d'exorcisme sans la permission expresse de l' « Ordinaire », et sans qu'ils aient auparavant constaté, sans erreur possible, la réalité de l'obsession diabolique.
4. S'il est d'un esprit sage d'user de la plus grande prudence avant d'admettre, dans certains cas déterminés, la réalité des faits en question, ce serait, d'autre part, faire preuve de grande frivolité d'esprit de rejeter a priori la vérité objective de ces phénomènes en général.
Le Nouveau Testament est rempli de récits concernant des personnes possédées par le démon, ou cruellement traitées et tourmentées par lui, et qui furent délivrées par Notre-Seigneur et par les Apôtres. Des faits de cette nature sont également très fréquents dans les annales de l'Église. Qu'il nous suffise de citer ici quelques cas.
Tout le monde connaît l'affaire des obsessions des Ursulines de Loudun, en France, alors que le Cardinal de Richelieu était ministre, affaire qui causa une telle sensation que le Parlement lui-même eut à s'en occuper. Pendant les exorcismes ordonnés par l'Évêque, les esprits, auteurs des obsessions, donnèrent des réponses tout à fait extraordinaires et qui nous ont été conservées.
En 1864 eut lieu un cas très intéressant d'obsession en la personne de deux frères, les jeunes Thiébaut et
Joseph Burner, d'Illfurt, en Alsace. Ces malheureux énergumènes ne furent délivrés, par les exorcismes de l'Église, qu'après quatre années d'obsession diabolique.
Un cas plus récent et lion moins intéressant est celui d'Hélène Poirier, de Coullons (Loiret, France), étrange et triste affaire qui prouve avec netteté que les esprits de ténèbres ne sont pas moins à l'œuvre de nos jours que dans les siècles Passés.
5. Nous avons dit que le démon peut beaucoup en opérant sur les sens et l'imagination de l'homme, mais qu'il est complètement impuissant en ce qui concerne la volonté de celui-ci. Toute son activité se limite donc au corps ou aux facultés corporelles lesquelles, comme disent les philosophes, appartiennent au composé humain. Or il peut exercer son action sur le corps de deux façons : premièrement, en l'attaquant par le dehors ; secondement, en pénétrant dans le corps et y établissant sa demeure pour s'en servir à son gré.
6. Le premier mode d'action consiste en ce fait que le démon ne tourmente les personnes que du dehors, leur apparaissant, par exemple, sous la forme de visions horribles, les frappant, les jetant violemment sur le sol, leur faisant entendre des bruits terrifiants ou les enlevant dans les airs comme il enleva Simon le magicien. Ceci s'appelle proprement obsession, vexation ou harcèlement.
7. La seconde manière dont le démon agit sur le corps de l'homme consiste à prendre possession de son intérieur, en vivant en lui comme dans une citadelle lui appartenant et en privant l'homme du libre usage de ses sens et de ses membres, de sa langue, de ses oreilles, de ses mains, etc., et même en se servant de ces membres comme d'instruments à lui propres. Il peut ainsi, par exemple, exciter la langue du possédé à formuler, malgré lui, des blasphèmes, des mensonges ou des paroles déshonnêtes. Il peut également torturer le corps de diverses façons, causer des éruptions et des tumeurs et produire des maladies étranges et incurables.
8. Il convient de noter que la différence entre l'obsession et la possession n'est pas une différence de genre, mais de degré, ces formes de harcèlement diabolique différant plus ou moins, suivant le degré plus ou moins grand de puissance exercée par le démon sur le corps de sa malheureuse victime. Quant aux phénomènes d'obsession, ils ne sont pas moins affligeants que ceux de la possession. En fait, le Rituel Romain ne fait pas entre eux de différence, et la langue latine n'a qu'un mot classique pour désigner les deux formes, celui d' « obsession diabolique ».
9. Ce serait, d'autre part, une grave erreur de croire que les démons ne peuvent exercer leur activité funeste que sur les personnes qui leur sont soumises par le péché. Car Dieu peut permettre à l'esprit de ténèbres d'exercer son pouvoir sur les bons, aussi bien que sur les méchants. Il semble d'ailleurs que Notre-Seigneur lui-même ait voulu nous faire connaître cette vérité quand il a permis au démon de le transporter sur une haute montagne ou sur le pinacle du Temple de Jérusalem.
10. Dans l'Ancien Testament, Dieu permit à l'ennemi du genre humain de tourmenter le saint homme Job. La même chose se rencontre dans la vie de plusieurs Saints canonisés, comme dans celle du saint curé d'Ars, Dieu permettant qu'ils fussent, pendant un certain temps, harcelés par le démon. Ce fait ne doit pas trop nous étonner, si nous considérons, d'une part, la haine violente et sans répit dont le démon est enflammé contre nous, la malice subtile qui l'inspire et le merveilleux pouvoir qu'il possède, et d'autre part, la sagesse de la Providence divine qui est si grande, qu'elle peut très bien faire tourner au profit spirituel de la personne possédée, l'humiliation et la souffrance qui résultent de ces pénibles vexations.
11. Nous avons une preuve évidente du fait que l'emprise diabolique est indépendante de la bonté morale de la personne tourmentée, dans cette prescription de la loi canonique par laquelle les ministres de l'Église ont licence d'user des exorcismes, même quand il s'agit de non catholiques et de personnes excommuniées . D'une part, en effet, ces personnes, nonobstant la profession d'hérésie ou les censures de l'Église, continuent à être soumises à celle-ci ; d'autre part le démon, qui ne connaît pas l'état intime de l'âme, peut également, avec la permission de Dieu, molester les bons aussi bien que les méchants. D'où il suit que le fait de vexation diabolique ne permet pas de conclure que le tourmenté n'est pas en grâce avec Dieu.
12. Il ne faudrait pas non plus s'imaginer que l'activité du démon en ce monde est moins grande qu'elle ne le fut dans les siècles passés. Nous dirions plutôt qu'elle croît à mesure que les derniers temps s'approchent. Nous en avons le témoignage de saint jean dans l'Apocalypse : « Quand les mille ans seront accomplis », c'est-à-dire, suivant les interprètes sacrés, vers le temps fixé par Dieu pour la fin du monde, « Satan sera relâché de sa prison, et il en sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre extrémités de la terre » .
13. Des auteurs récents, éblouis par le progrès des sciences expérimentales modernes, ont pensé que le temps était proche où les phénomènes attribués jusqu'ici à la puissance et à l'action des purs esprits pourront être pleinement expliqués par les découvertes qui s'annoncent dans les régions encore inexplorées du monde physique et astral.
C'est là une vaine prétention. Si, d'un côté, c'est un procédé antiscientifique d'attribuer aux opérations du démon ce qui n'est que le résultat des forces de la nature, d'un autre côté il n'est pas moins vain de nier que les esprits d’outre-monde, en perpétuelle rébellion avec Dieu, puissent donner origine à des phénomènes surpassant tout ce que les agents physiques sont capables de produire.
14. Sans doute, il faut tenir compte des progrès des sciences expérimentales, comme d'ailleurs l'Église n'a jamais cessé de l'inculquer, et une sage circonspection requiert que l'on aille lentement quand il s'agit de se prononcer sur l'origine des faits merveilleux se déroulant dans les séances spirites.
D'autre part, vouloir rester sceptique en présence de faits d'un caractère ouvertement préternaturel, est un procédé antiscientifique à l'excès, qui équivaut à favoriser la cause du démon, désireux de cacher ses propres opérations sous le masque de la science. Mais, de même que les manifestations de faux mysticisme n'empêchent pas l'existence d'une mystique chrétienne vraie et sincère, ou que la fausse sainteté n'arrive pas à supprimer la vraie, ainsi les fausses manifestations diaboliques n'empêchent pas qu'il y en ait de vraies, bien plus qu'on ne le croit généralement.
15. Que l'on cultive donc en toute diligence les sciences expérimentales ; qu'on examine avec grand soin la nature des phénomènes; mais qu'on renonce à croire qu'avec le progrès des sciences on arrivera à trouver la clef des nombreuses manifestations préternaturelles auxquelles le spiritisme donne origine.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Mar 25 Aoû 2015 - 9:39

CHAPITRE IV - AFFIRMATION ÉHONTÉE DE CEUX QUI PRÉTENDENT QUE JÉSUS-CHRIST FUT UN MÉDIUM D'ORDRE SUPÉRIEUR

1. Nous avons vu comment le spiritisme s'est efforcé de tous temps à substituer au dépôt de la foi catholique une nouvelle croyance destituée de tout caractère surnaturel. Des spirites modernes ont été jusqu'à ranger le Divin Fondateur de notre religion parmi les principaux promoteurs de l'occultisme. Jésus-Christ, prétendent-ils, fut un parfait spirite, un médium de premier ordre, qui, par son pouvoir psychique, a pu accomplir ces actes extraordinaires que le vulgaire appelle des miracles, mais qui en réalité ne dépassent pas le pouvoir radical d'un médium doué de la perception la plus sensible et de la plus haute puissance.
2. C'est donc ainsi que certains spirites tentent d'expliquer toutes les œuvres merveilleuses accomplies par notre Divin Maître pendant sa vie, œuvres de l'ordre intellectuel ou de l'ordre physique, telles que les guérisons nombreuses rapportées dans les quatre Évangiles. D'après le théosophisme moderne, l'ensemble de ces œuvres merveilleuses n'est pas dû à une intervention directe de la Divinité, mais au pouvoir psychique de médium que possédait Jésus-Christ, opérant de concert avec ses Apôtres. Eux aussi, paraît-il, étaient doués d'une qualité sensitive extraordinaire, formant avec lui, au cours de séances spéciales, en se tenant les mains, un cercle psychique de la plus haute potentialité.
En conséquence la doctrine prêchée par le Christ ne doit pas être comprise au sens où l'Église Catholique nous la présente. Il faut l'expliquer à la lumière des déclarations spirites, amplement expliquées par la science théosophiste moderne la plus avancée.
3. Bien qu'il soit odieux et répugnant à l'amour et à l'adoration que nous avons pour Notre-Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, de nous arrêter à une hypothèse aussi injurieuse pour sa sainteté que pour sa bonté, nous ne pouvons omettre de démontrer brièvement à quel point une telle supposition est en contradiction directe avec ce que les Saints Évangiles nous disent des paroles et des actes de l'Homme-Dieu. Il sera bon tout d'abord de préciser les différences capitales existant entre les œuvres merveilleuses de Jésus-Christ et les phénomènes spirites.

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