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♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Bannie10

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♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par AZUR le Jeu 20 Nov 2014 - 22:29

Je viens de voir que tu es arrivée à la Glorification, tome10: j'ai commencé à le relire avant-hier et je me rends compte que j'avais "zappé" beaucoup de choses...
Mais je suis incapable de relire la Passion!
Quand les apôtres montent au Golgotha et que Saint Jean leur raconte ici , j'en frémis!
Mais ce tome-là est vraiment très beau: j'avais oublié le caractère vraiment divin, surnaturel à partir de la Résurrection! Prie
Il fait son premier pas : dans son mouvement les rayons qui jaillissent des mains et des pieds l’auréolent de lames de lumière; depuis la tête nimbée d’un diadème qui est fait des innombrables blessures de la couronne qui ne donnent plus de sang mais seulement de la splendeur, jusqu’au bord du vêtement quand, en ouvrant les bras qu’il a croisés sur sa poitrine, il découvre la zone de luminosité très vive qui filtre de son habit en lui donnant l’éclat d’un soleil à la hauteur du cœur. Alors c’est réellement la "Lumière" qui a pris corps, pas la pauvre lumière de la Terre, pas la pauvre lumière des astres, pas la pauvre lumière du soleil. Mais la Lumière de Dieu : toute la splendeur paradisiaque qui se rassemble en un seul Être et Lui donne ses azurs inconcevables pour pupilles, ses feux d’or pour cheveux, ses candeurs angéliques pour vêtement et coloris, et tout ce qui est, d’indescriptible pour la parole humaine, la suréminente ardeur de la Très Sainte Trinité, qui annule par son ardente puissance tout feu du Paradis, en absorbant en Elle-même pour l’engendrer à nouveau à chaque instant du Temps éternel, Cœur du Ciel qui attire et diffuse son sang, les innombrables gouttes de son sang incorporel : les bienheureux, les anges, tout ce qui est le Paradis : l’amour de Dieu, l’amour pour Dieu, tout ce qui est la Lumière qu’est, que forme, le Christ Ressuscité.  

Et les apparitions aux apôtres (je ne cite pas vu que c'est la suite..) mais quelle splendeur: on a l'impression de s'envoler!  cheers
Cela m'a fait du bien de le relire: cela aide énormément pour la méditation  des mystères glorieux du chapelet et on a l'âme qui "jubile "littéralement! Gloire à toi Seigneu

AZUR
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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Jeu 20 Nov 2014 - 22:46

AZUR tu écris
ce tome-là est vraiment très beau: j'avais oublié le caractère vraiment divin, surnaturel à partir de la Résurrection!

Cela m'a fait du bien de le relire: cela aide énormément pour la méditation  des mystères glorieux du chapelet et on a l'âme qui "jubile "littéralement!  
AZUR , je partage tout a fait ton émoi par la profondeur spirituelle de ces textes    sunny
Maud
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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Ven 21 Nov 2014 - 7:15

♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_22


Jésus apparaît aux dix apôtres


Ils sont rassemblés au Cénacle. La soirée doit être bien avancée car aucun bruit ne vient plus de la rue ni de la maison. Je pense que ceux aussi qui étaient venus avant se sont tous retirés ou dans leurs propres maisons ou pour dormir, fatigués par tant d’émotions.

Les dix de leur côté, après avoir mangé des poissons, dont il reste encore quelques-uns sur un plateau posé sur la crédence, sont en train de parler sous la lumière d’une seule flamme du lampadaire la plus proche de la table. Ils y sont encore assis autour et ils ont des conversations morcelées. Ce sont presque des monologues Car il semble que chacun, plutôt qu’avec son compagnon, parle avec lui-même. Et les autres le laissent parler, en parlant peut-être à leur tour de toute autre chose. Pourtant ces conversations décousues, qui donnent l’impression des rayons d’une roue démontée, on sent qu’elles se rapportent à un seul sujet qui en est le centre bien qu’ainsi éparpillées, et que c’est Jésus.

“Je ne voudrais pas que Lazare ait mal entendu et que les femmes aient compris mieux que lui...” dit Jude d’Alphée.

“À quelle heure la romaine dit-elle l’avoir vu ?” demande Matthieu.

Personne ne lui répond.

“Demain je vais à Capharnaüm” dit André.

“Quelle merveille ! Agir de telle façon que ce soit juste à. ce moment-là que sort la litière de Claudia !” dit Barthélemy.

“Nous avons mal fait, Pierre, de nous éloigner tout de suite ce matin... Si nous étions restés nous l’aurions vu comme la Magdeleine” dit Jean en soupirant.

“Moi, je ne comprends pas comment il peut être à Emmaüs et en même temps dans le palais. Et être ici, chez sa Mère, et en même temps chez la Magdeleine et chez Jeanne...” se dit à lui-même Jacques de Zébédée.

“Il ne viendra pas. Je n’ai pas suffisamment pleuré pour le mériter... Il a raison. Je dis qu’il me fait attendre pendant trois jours a cause de mes trois reniements. Mais comment, comment ai-je pu faire cela ?”

“Comme il était transfiguré, Lazare ! Je vous dis qu’il paraissait, lui, un soleil. Je pense qu’il lui est arrivé comme à Moïse après avoir vu Dieu. Et tout de suite — n’est-ce pas, vous qui étiez là ? —tout de suite après avoir offert sa vie !” dit le Zélote.

Personne ne l’écoute.

Jacques d’Alphée se tourne vers Jean et dit : “Comment a-t-il dit à ceux d’Emmaüs ? Il me semble qu’il nous a excusé, n’est-ce pas ? N’a-t-il pas dit que tout est arrivé à cause de notre erreur d’israélites sur la façon de comprendre son Royaume ?”

Jean ne l’écoute pas. Il se tourne pour regarder Philippe et dit à l’air... car il ne parle pas à Philippe : “Pour moi, il me suffit de savoir qu’il est ressuscité. Et puis... Et puis que mon amour soit toujours plus fort. Vous avez vu, hein ! Si vous regardez de près il est allé en proportion de l’amour que nous avons eu : la Mère, Marie-Magdeleine, les enfants, ma mère et la tienne, et puis Lazare et Marthe... Quand à Marthe ? Je dis quand elle a entonné le psaume de David : “Le Seigneur est mon berger. Il ne me manquera rien. Il m’a mis dans un lieu d’abondants pâturages. Il m’a conduit aux eaux qui désaltèrent. Il a appelé mon âme à Lui" Tu te souviens comment elle nous a fait sursauter avec ce chant inattendu ? Et ces paroles sont en relation avec ce qu’elle a dit : “Il a appelé mon âme à Lui”. En effet Marthe semble avoir retrouvé sa route... Avant elle était égarée, elle, la courageuse ! Peut-être qu’en l’appelant il lui a dit l’endroit où il la veut. C’est même certain, car s’il lui a donné rendez-vous il doit savoir où elle sera. Qu’aura-t-il voulu dire en disant : 'l’accomplissement des noces' ?”
Philippe, qui l’a regardé un moment et puis l’a laissé monologuer, dit en gémissant  : “Moi je ne saurai pas quoi Lui dire s’il vient... Je me suis enfui... et je sens que je vais fuir. D’abord, c’était par peur des hommes. Maintenant, c’est par peur de Lui.”

“Tous disent qu’il est très beau. Peut-il jamais être plus beau qu’il ne l’était déjà ?” se demande Barthélemy.

“Moi, je Lui dirai  : “Tu m’as pardonné sans me parler quand j’étais publicain. Pardonne-moi aussi maintenant par ton silence car ma lâcheté ne mérite pas que tu me parles”” dit Matthieu.

“Longin dit qu’il s’est demandé  : “Dois-je Lui demander de guérir ou de croire”’ ? Mais son cœur a dit : “De croire” et alors la Voix a dit : “Viens à Moi” et il a senti la volonté de croire et en même temps la guérison. C’est exactement ce qu’il m’a dit” affirme Jude d’Alphée.

“Moi, je suis toujours arrêté à la pensée que Lazare a été récompensé tout de suite à cause de son offrande... J’ai dit, moi aussi  : “Ma vie pour ta gloire”. Mais il n’est pas venu” dit en soupirant le Zélote.

“Que dis-tu, Simon ? Toi qui es cultivé, dis-moi : que dois-je Lui dire pour Lui faire comprendre que je l’aime et que je Lui demande pardon ? Et toi, Jean ? Tu as parlé beaucoup avec la Mère, aide-moi, Ce n’est pas de la pitié de laisser seul le pauvre Pierre !”

Jean est ému de compassion pour son compagnon humilié et il dit : “Mais.., mais moi, je Lui dirais simplement : “Je t’aime”. Dans l’amour est compris aussi le désir du pardon et le repentir. Pourtant.., je ne sais pas. Simon, que dis-tu ?”

Et le Zélote   : “Moi je dirais ce qui était le cri des miraculés : “Jésus, aie pitié de moi !”. Je dirais  : “Jésus” et c’est tout, car il est bien plus que le Fils de David !”

“C’est bien ce que je pense et ce qui me fait trembler. Oh ! je me cacherai la tête... Ce matin aussi, j’avais peur de le voir et...”

“.. .et puis tu es entré le premier. Mais ne crains pas ainsi. On dirait que tu ne le connais pas” lui dit Jean pour l’encourager.

La pièce s’illumine vivement comme par un éclair éblouissant. Les apôtres se cachent le visage, craignant que ce soit la foudre, mais ils n’entendent pas de bruit et ils lèvent la tête.

Jésus est au milieu de la pièce, près de la table. Il ouvre les bras en disant : “La Paix soit avec vous.”

Personne ne répond. Les uns sont plus pâles, d’autres plus rouges, ils le fixent tous, craintifs et suggestionnés, fascinés et en même temps comme pris par le désir de fuir.
Jésus fait un pas en avant en souriant davantage. “Mais ne craignez pas ainsi ! C’est Moi. Pourquoi êtes-vous ainsi troublés ? Ne me désiriez-vous pas ? Ne vous avais-je pas fait dire que je serais venu ? Ne vous l’avais-je pas dit dès le soir de Pâque ?”

Personne n’ose parler. Pierre pleure déjà et Jean sourit déjà pendant que les deux cousins, les yeux brillants et remuant les lèvres sans réussir à parler, semblent deux statues représentant le désir.

“Pourquoi avez-vous dans vos cœurs des pensées si opposées entre le doute et la foi, entre l’amour et la crainte ? Pourquoi voulez-vous être encore chair et non pas esprit, et avec celui-ci seulement, voir, comprendre, juger, agir ? Sous la flamme de la douleur ne s’est-il pas brûlé entièrement le vieux moi et n’a-t-il pas surgi le nouveau moi d’une vie nouvelle ? Je suis Jésus. Votre Jésus ressuscité, comme il vous l’avait dit. Regardez. Toi qui as vu mes blessures et vous qui ignorez ma torture. Car ce que vous savez est bien différent de la connaissance exacte qu’en a Jean. Viens, toi, le premier. Tu es déjà tout à fait pur, si pur que tu peux me toucher sans crainte. L’amour, l’obéissance, la fidélité t’avaient déjà rendu pur. Mon Sang, dont tu as été tout inondé quand tu m’as déposé de la Croix, a fini de te purifier. Regarde. Ce sont de vraies mains et de vraies blessures. Observe mes pieds. Vois comment cette marque est celle du clou ? Oui, c’est vraiment Moi et non pas un fantôme. Touchez-moi. Les spectres n’ont pas de corps. Moi, j’ai une vraie chair sur un vrai squelette.” Il met sa main sur la tête de Jean qui a osé aller près de Lui : “Tu sens ? Elle est chaude et lourde.” Il lui souffle sur le visage  : “Et ceci c’est la respiration.”

“Oh ! mon Seigneur !” Jean murmure doucement, ainsi...

“Oui, votre Seigneur. Jean, ne pleure pas de crainte et de désir. Viens vers Moi. Je suis toujours Celui qui t’aime. Assoyons-nous, comme toujours, à la table. N’avez-vous rien à manger ? Donnez-le-moi donc.”

André et Matthieu, avec des mouvements de somnambules, prennent sur les crédences les pains et les poissons, et un plateau avec un rayon de miel à peine entamé dans un coin.

Jésus offre la nourriture et mange et il donne à chacun un peu de ce qu’il mange. Et il les regarde, si bon mais si majestueux, qu’ils en sont paralysés.

Le premier qui ose parler c’est Jacques, frère de Jean  : “Pourquoi nous regardes-tu ainsi’ ?”

“Parce que je veux vous connaître.”

Tu ne nous connais pas encore ?”

“Comme vous ne me connaissez pas. Si vous me connaissiez, vous sauriez qui je suis et vous trouveriez les mots pour me dire votre tourment. Vous vous taisez, comme en face d’un étranger puissant que vous craignez. Tout à l’heure vous parliez... Cela fait presque quatre jours que vous vous parlez à vous-mêmes en disant : ‘Je Lui dirai ceci...” en disant à mon Esprit : “Reviens, Seigneur, que je puisse te dire ceci”.

Maintenant je suis venu et vous vous taisez ? Suis-je tellement changé que je ne vous paraisse plus Moi ? Ou bien êtes-vous tellement changés que vous ne m’aimez plus ?”
Jean, assis prés de son Jésus, fait son acte habituel de mettre la tête sur sa poitrine en murmurant  : “Moi je t’aime, mon Dieu” mais il se raidit pour s’interdire cet abandon par respect pour le resplendissant Fils de Dieu. En effet Jésus semble dégager une lumière tout en étant d’une Chair semblable à la nôtre. Mais Jésus l’attire sur son Cœur et alors Jean ouvre les digues à ses pleurs bienheureux.

C’est le signal pour tous de le faire.

Pierre, deux places après Jean, glisse entre la table et son siège et il pleure en criant : “Pardon, pardon ! Enlève-moi de cet enfer où je suis depuis tant d’heures. Dis-moi que tu as vu mon erreur pour ce qu’elle a été. Pas de l’esprit, mais de la chair qui a dominé le cœur. Dis-moi que tu as vu mon repentir... Il durera jusqu’à la mort. Mais Toi.., mais Toi dis-moi que comme Jésus je ne dois pas te craindre... et moi, et moi je chercherai de faire si bien que je me ferai pardonner même par Dieu.., et mourir.., ayant seulement un grand purgatoire à faire.”

“Viens ici, Simon de Jonas.”

“J’ai peur.”

“Viens ici. Ne sois pas plus lâche.”

“Je ne mérite pas de venir près de Toi.”

“Viens ici. Que t’a dit la Mère ? “Si tu ne le regardes pas sur ce suaire, tu n’auras pas le courage de le regarder jamais plus”. Oh ! homme sot ! Ce Visage ne t’a-t-il pas dit, par son regard douloureux, que je te comprenais et que je te pardonnais ? Et pourtant je l’ai donné ce linge, pour réconfort, pour guide, pour absolution, pour bénédiction... Mais que vous a fait Satan pour vous aveugler à ce point ? Maintenant Moi, je te dis : si tu ne me regardes pas maintenant que sur ma gloire j’ai encore étendu un voile pour me mettre à la portée de votre faiblesse, tu ne pourras jamais plus venir sans peur à ton Seigneur. Et que t’arrivera-t-il alors ? Tu as péché par présomption. Veux-tu maintenant pécher de nouveau par obstina¬tion ? Viens, te dis-je.”

Pierre se traîne sur ses genoux, entre la table et les sièges, avec les mains sur son visage en pleurs. Jésus l’arrête, quand il est à ses pieds, en lui mettant la main sur la tête. Pierre, en pleurant plus fort, prend cette main et la baise dans un vrai sanglot sans frein. Il ne sait dire que : “Pardon ! Pardon !”

Jésus se dégage de son étreinte et, en faisant levier de sa main sous le menton de l’apôtre, il l’oblige à lever la tête et fixe ses yeux rougis, brûlés, déchirés par le repentir avec ses yeux brillants et sereins. Il semble vouloir lui transpercer l’âme, puis il dit : “Allons. Enlève l’opprobre de Judas. Baise-moi où il m’a baisé. Lave, avec ton baiser, la marque de la trahison.”

Pierre lève la tête pendant que Jésus se penche encore davantage, et il effleure Sa joue puis il incline la tête sur les genoux de Jésus, et il reste ainsi.., comme un vieil enfant qui a fait du mal, mais qui est pardonné.

Les autres, maintenant qu’ils voient la bonté de leur Jésus, retrouvent un peu de hardiesse et ils s’approchent comme ils peuvent.

Viennent d’abord ses cousins... Ils voudraient dire tant de choses et n’arrivent à rien dire. Jésus les caresse et leur donne du courage par son sourire.

Matthieu vient avec André. Matthieu en disant : “Comme à Capharnaüm...” et André : “Moi, moi.., je t’aime, moi.”

Barthélemy vient en gémissant : “Je n’ai pas été sage, mais sot, Lui est sage” et il montre le Zélote auquel Jésus sourit déjà.

Jacques de Zébédée vient et murmure à Jean : “Dis-le-lui, toi...” Jésus se tourne et dit  : “Tu l’as dit depuis quatre soirs et depuis autant de temps j’ai eu de la compassion pour toi.”

Philippe, en dernier lieu, vient tout courbé, mais Jésus le force a lever la tête et lui dit : “Pour prêcher le Christ, il faut davantage de courage.”

Maintenant ils sont tous autour de Jésus. Ils s’enhardissent tout doucement, Ils retrouvent ce qu’ils ont perdu ou craint d’avoir perdu pour toujours. Affleurent de nouveau la confiance, la tranquillité et, bien que Jésus soit si majestueux qu’il tient ses apôtres dans un respect nouveau, ils trouvent finalement le courage de parler.

C’est son cousin Jacques qui dit en soupirant : “Pourquoi nous as-tu fait cela, Seigneur ? Tu savais que nous ne sommes rien et que toute chose vient de Dieu.

Pourquoi ne nous as-tu pas donné la force d’être à tes côtés ?”

Jésus le regarde et sourit.

“Maintenant tout est arrivé. Et tu ne dois plus rien souffrir, mais ne me demande plus cette obéissance. Chaque heure m’a vieilli d’un lustre et tes souffrances que l’amour et Satan augmentaient également, dans mon imagination, de cinq fois ce qu’elles ont été ont vraiment consumé toutes mes forces. Il ne m’est resté rien d’autre pour continuer à obéir que de tenir, comme quelqu’un qui se noie avec les mains blessées, ma force avec la volonté comme des dents qui serrent une planche, pour ne pas périr... Oh ! ne demande plus cela à ton lépreux !”

Jésus regarde Simon le Zélote et sourit.

“Seigneur, tu sais ce que voulait mon cœur. Mais, ensuite, je n’ai plus eu de cœur.., comme s’ils me l’avaient arraché les gredins qui t’ont pris.., et il m’est resté un trou d’où fuyaient toutes mes pensées antérieures. Pourquoi as-tu permis cela, Seigneur ?” demande André.

“Moi... tu parles de cœur ? Moi je dis que j’ai été quelqu’un qui n’a plus de raison, comme quelqu’un qui reçoit un coup de massue sur la nuque. Quand la nuit venue je me suis trouvé à Jéricho... Oh ! Dieu ! Dieu !... Mais un homme peut-il périr ainsi ? Je crois que c’est ainsi la possession. Maintenant je comprends ce qu’est cette chose redoutable !...” Philippe écarquille encore les yeux en se rappelant sa souffrance.

“Tu as raison, Philippe. Moi je regardais en arrière. Je suis âgé et non dépourvu de sagesse, et je ne savais plus rien de ce que j’avais su jusqu’à cette heure. Je regardais Lazare, si déchiré mais si sûr, et je me disais  : “Comment peut-il se faire que lui sache encore trouver une raison et moi plus rien ?”” dit Barthélemy.

“Moi aussi, je regardais Lazare. Et, puisque je sais à peine ce que tu nous as expliqué, je ne pensais pas au savoir, mais je disais : ‘Si au moins j’avais le même cœur !” Au contraire je n’avais que douleur, douleur, douleur. Lazare avait la douleur et la paix... Pourquoi tant de paix pour lui ?”

Jésus regarde tour à tour d’abord Philippe, puis Barthélemy, puis Jacques de Zébédée. Il sourit et se tait.

Jude dit  : “Moi j’espérais arriver à voir ce que certainement Lazare voyait. Aussi je restais toujours près de lui... Son visage !... Un miroir. Un peu avant le tremblement de terre de Vendredi il était comme quelqu’un qui meurt broyé, et puis il devint tout d’un coup majestueux dans sa douleur. Vous rappelez-vous quand il dit : “Le devoir accompli donne la paix” ? Nous crûmes nous tous que c’était seulement un reproche pour nous ou une approbation pour lui-même. Maintenant je pense qu’il le disait pour Toi. C’était un phare dans nos ténèbres Lazare. Combien tu lui as donné, Seigneur !”
Jésus sourit et se tait.

“Oui. La vie. Et peut-être avec elle tu lui as donné une âme différente. Pourquoi, enfin, lui est-il différent de nous ? En effet, il n’est plus un homme. Il est déjà quelque chose de plus qu’un homme et, à cause de ce qu’il était dans le passé, il aurait dî être encore moins parfait d’esprit que nous. Mais lui s’est fait, et nous... Seigneur, mon amour a été vide comme certains épis. Il n’a donné que de la balle” dit André.

Et Matthieu : “Moi, je ne puis rien demander. Car j’ai déjà tant eu avec ma conversion. Mais, oui ! J’aurais voulu avoir ce qu’a eu Lazare. Une âme donnée par Toi, Car je pense moi aussi comme André. . . ”

“La Magdeleine et Marthe ont été aussi des phares. Serait-ce la race. Vous ne les avez pas vues. L’une était pitié et silence. L’autre ! Oh ! si nous avons été tous un faisceau autour de la Bénie, c’est parce que Marie de Magdala nous a groupés par les flammes de son courageux amour. Oui, j’ai dit : la race. Mais je dois dire : l’amour. Ils nous ont dépassés en fait d’amour. C’est pour cela qu’ils ont été ce qu’ils ont été” dit Jean.

Jésus sourit et continue de se taire.

“Ils en ont été grandement récompensés pourtant... ”

“C’est à eux que tu es apparu.”

“À tous les trois.”

“À Marie, tout de suite après ta Mère...”

Il est visible que les apôtres ont un regret pour ces apparitions privilégiées.
"Marie te sait ressuscité depuis déjà tant d’heures. Et nous, c’est seulement maintenant que nous pouvons te voir... ”

“Il n’y a plus de doutes en elles. En nous, au contraire, voilà... c’est seulement maintenant que nous sentons que rien n’est fini. Pourquoi à elles, Seigneur, si tu nous aimes encore et si tu ne nous repousses pas ?” demande Jude d’Alphée.

“Oui. Pourquoi aux femmes, et en particulier à Marie ? Tu as même touché son front et elle dit qu’il lui semble porter une couronne éternelle. Et à nous, tes apôtres, rien...”
Jésus ne sourit plus. Son visage n’est pas troublé, mais il ne sourit plus. Il regarde sérieusement Pierre qui a parlé le dernier, reprenant de la hardiesse à mesure que sa peur se dissipe, et il dit :

“J’avais douze apôtres. Et je les aimais de tout mon Cœur. Je les avais choisis, et comme une mère j’avais pris soin de les faire grandir dans ma Vie. Je n’avais pas de secrets pour eux. Je leur disais tout, je leur expliquais tout, je leur pardonnais tout. Leurs idées humaines, leurs étourderies, leurs entêtements.., tout. Et j’avais des disciples. Des disciples riches et des pauvres. J’avais des femmes au passé ténébreux ou de faible constitution. Mais les préférés, c’était les apôtres.

Mon heure est venue. L’un m’a trahi et livré aux bourreaux. Trois ont dormi pendant que je suais du sang. Tous, sauf deux, ont fui par lâcheté. Un m’a renié par peur bien qu’il eût l’exemple de l’autre, jeune et fidèle. Et, comme si cela ne suffisait pas, j’ai eu parmi les douze le suicide d’un désespéré et un qui a tant douté de mon pardon qu’il n’a cru que difficilement, et grâce à la parole maternelle, à la Miséricorde de Dieu. En sorte que si j’avais regardé ma troupe, et si j’avais attaché sur elle un regard humain, j’aurais dû dire : “À part Jean, fidèle par amour, et Simon, fidèle à l’obéissance, je n’ai plus d’apôtres”. C’est cela que j’aurais dû dire pendant que je souffrais dans l’enceinte du Temple, au Prétoire, dans les rues et sur la Croix.

J’avais des femmes... L’une d’elles, la plus coupable dans le passé, a été, comme Jean l’a dit, la flamme qui a soudé les fibres brisées des cœurs. Cette femme c’est Marie de Magdala. Tu m'as renié et tu as fui. Elle a bravé la mort pour rester près de Moi. Insultée, elle a découvert son visage, prête à recevoir les crachats et les gifles en pensant qu’elle ressemblait ainsi davantage à son Roi crucifié. Méprisée, au fond des cœurs, à cause de sa foi tenace en ma Résurrection, elle a su continuer à croire. Déchirée, elle a agi. Désolée, ce matin, elle a dit  : “Je me dépouille de tout, mais donnez-moi mon Maître”. Peux-tu encore demander : ‘Pourquoi à elle ?”

J’avais des disciples pauvres, des bergers. Je les ai peu approchés, et pourtant comme ils ont su me confesser par leur fidélité !

J’avais des disciples timides, comme toutes les femmes de ce pays. Et pourtant elles ont su quitter leurs maisons et venir dans la marée d’un peuple qui me blasphémait, pour me donner le secours que mes apôtres m’avaient refuse.

J’avais des païennes qui admiraient le “philosophe”. J’étais cela pour elles. Mais elles ont su s’abaisser aux usages hébreux, les puissantes romaines, pour me dire, à l’heure de l’abandon d’un monde ingrat  : “Nous sommes pour Toi des amies”.

J’avais le visage couvert de crachats et de sang. Les larmes et la sueur coulaient sur mes blessures. La saleté et la poussière m’incrustaient la peau. Quelle est la main qui m’a essuyé ? La tienne ? Ou la tienne ? Ou la tienne ? Aucune de vos mains. Celui-ci était près de la Mère. Celui-ci rassemblait les brebis dispersées. Vous. Et si mes brebis étaient dispersées comment pouvaient-elles me donner du Secours ? Tu cachais ton visage par peur du mépris du monde pendant que ton Maître était couvert par le mépris de tout le monde, Lui qui était innocent.

J’avais soif. Oui. Sache aussi cela. Je mourais de soif. Je n’avais plus que fièvre et douleur, Le Sang avait déjà coulé au Gethsémani, tiré par la douleur d’être trahi, abandonné, renié, frappé, submergé par le nombre infini des fautes et par la rigueur de Dieu. Et il avait coulé au Prétoire... Qui a pensé à me donner une goutte pour mon gosier brûlé ? Une main d’Israël ? Non. La pitié d’un païen. La même main qui, par un décret éternel, m’ouvrit la poitrine pour montrer que mon Cœur avait déjà une blessure mortelle, et c’était celle que l’absence d’amour, la lâcheté, la trahison, m’avaient faite. Un païen. Je vous le rappelle : “J’ai eu soif et tu m’as donné à boire”. Il n’y en eut pas un pour me réconforter dans tout Israël. Ou par impossibilité de le faire, comme la Mère et les femmes fidèles, ou par mauvaise volonté. Et un païen trouva pour l’inconnu la pitié que mon peuple m’avait refusée. Il trouvera au Ciel la gorgée qu’il m’a donnée.
En vérité, je vous le dis : j’ai refusé tout réconfort, car quand on est Victime, il ne faut pas adoucir son sort, mais je n’ai pas voulu repousser le païen dans l’offrande duquel j’ai goûté le miel de tout l’amour qui me sera donné par les gentils pour compenser l’amertume que m’a donnée Israël. Il ne m’a pas enlevé la soif. Mais le découragement, oui. C’est pour cela que j’ai pris cette gorgée ignorée. Pour attirer à Moi celui qui déjà penchait vers le Bien. Que le Père le bénisse pour sa pitié !

Vous ne parlez plus ? Pourquoi ne me demandez-vous pas encore pourquoi j’ai agi ainsi ? Vous n’osez pas le demander ? Je vais vous le dire. Je vais tout vous dire des pourquoi de cette heure.

Qui êtes-vous ? Mes continuateurs. Oui. Vous l’êtes malgré votre égarement. Que devez-vous faire ? Convertir le monde au Christ. Convertir ! C’est la chose la plus difficile et la plus délicate, mes amis. Le dédain, le dégoût, l’orgueil, le zèle exagéré sont tous très nuisibles pour réussir. Mais comme rien ni personne ne vous auraient amené à la bonté, à la condescendance, à la charité, pour ceux qui sont dans les ténèbres, il a été nécessaire — vous comprenez ? — il a été nécessaire que vous ayez, une bonne fois, brisé votre orgueil d’hébreux, de mâles, d’apôtres, pour faire place à la vraie sagesse de votre ministère, à la douceur, à la pitié, à l’amour sans arrogance ni dégoût.

Vous voyez que tous vous ont surpassé dans la foi et dans l’action parmi ceux que vous regardiez avec mépris ou une compassion orgueilleuse. Tous. Et l’ancienne pécheresse. Et Lazare, trempé d’une culture profane, le premier qui a pardonné et guidé en mon Nom. Et les femmes païennes. Et la faible épouse de Chouza. Faible ? En réalité, elle vous surpasse tous ! Première martyre de ma foi. Et les soldats de Rome. Et les bergers. Et l’hérodien Manaën. Et jusqu’au rabbin Gamaliel. Ne sursaute pas, Jean. Crois-tu que mon Esprit était dans les ténèbres ? Tous. Et cela pour que demain, en vous rappelant votre erreur, vous ne fermiez pas votre cœur à ceux qui viennent à la Croix.

Je vous le dis. Et déjà je sais que, bien que je vous le dise, vous ne le ferez que quand la Force du Seigneur vous pliera comme des brindilles à ma Volonté, qui est d’avoir des chrétiens de toute la Terre. J’ai vaincu la Mort, mais elle est moins dure que le vieil hébraïsme. Mais je vous plierai.

Toi, Pierre, au lieu de rester en pleurs et humilié, toi qui dois être la Pierre de mon Église, grave ces amères vérités dans ton cœur. La myrrhe sert à préserver de la corruption. Imprègne-toi donc de myrrhe. Et quand tu voudras fermer ton cœur et l’Église à quelqu’un d’une autre foi, rappelle-toi que ce n’est pas Israël, pas Israël, pas Israël, mais Rome qui m’a défendu et a voulu avoir pitié. Rappelle-toi que ce n’est pas toi, mais une pécheresse qui a su rester au pied de la Croix et a mérité de me voir la première. Et pour ne pas mériter le blâme sois l’imitateur de ton Dieu. Ouvre ton cœur et l’Église en disant : “Moi, le pauvre Pierre, je ne puis mépriser car si je méprise je serai méprisé par Dieu et mon erreur redeviendra vivante à ses yeux”. Malheur si je ne t’avais pas brisé ainsi ! Ce n’est pas un berger mais un loup que tu serais devenu.”
Jésus se lève avec la plus grande majesté.

“Mes fils, je vous parlerai encore pendant le temps que je resterai parmi vous. Mais pour l’instant je vous absous et vous pardonne. Après l’épreuve qui, si elle a été humiliante et cruelle, a été aussi salutaire et nécessaire, que vienne en vous la paix du pardon. Et avec elle dans vos cœurs redevenez mes amis fidèles et courageux. Le Père m’a envoyé dans le monde. Je vous envoie dans le monde pour continuer mon évangélisation. Des misères de toutes sortes viendront à vous pour vous demander du soulagement. Soyez bons en pensant à votre misère quand vous êtes restés sans votre Jésus. Soyez éclairés. Dans les ténèbres, il n’est pas permis de voir. Soyez purs pour donner la pureté. Soyez amour pour aimer. Puis viendra Celui qui est Lumière, Purification et Amour.  Mais, en attendant, pour vous préparer à ce ministère, je vous communique l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez leurs péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. Que votre expérience vous rende justes pour juger. Que l’Esprit Saint vous rende saints pour sanctifier. Que la volonté sincère de surmonter votre manque vous rende héroïques pour la vie qui vous attend. Ce que j’ai encore à dire, je vous le dirai quand l’absent sera revenu. Priez pour lui. Restez dans ma paix et sans agitation de doute sur mon amour.”
Et Jésus disparaît comme il était entré, laissant une place vide entre Jean et Pierre. Il disparaît dans une lueur qui fait fermer les yeux tant elle est forte.

Et quand les yeux éblouis se rouvrent, ils trouvent seulement que la paix de Jésus est restée, flamme qui brûle et qui soigne et consume les amertumes du passé dans un désir unique : servir.

*
SOURCE : http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-013.htm
TOME : 10 /13



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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Sam 22 Nov 2014 - 7:01

♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_23


Le retour de Thomas



Les dix sont dans la cour de la maison du Cénacle. Ils parlent entre eux, puis ils prient. Ensuite, ils recommencent à parler.    

Simon le Zélote dit : “Je suis vraiment affligé de la disparition de Thomas. Je ne sais plus où le chercher.”        

“Et moi non plus” dit Jean.    

“Il n’est pas chez les parents, il n’a été vu par personne. Pourvu qu’ils ne l’aient pas pris !”        

“S’il en était ainsi le Maître n’aurait pas dit : “Je dirai le reste quand l’absent sera là”.  

“C’est vrai. Cependant je veux encore aller à Béthanie. Peut-être il erre dans ces collines sans oser se montrer.”          

“Va, va, Simon. Tu nous as tous rassemblés et. - sauvés en nous réunissant car tu nous as amenés chez Lazare. Avez-vous entendu quelles paroles le Seigneur a eues pour lui ? Il a dit : “Le premier qui en mon Nom a pardonné et guidé”. Pourquoi ne le met-il pas à la place del’Iscariote ?” demande Matthieu.    

“Parce qu’il ne voudra pas donner au parfait ami la place du traître” répond Philippe.
“J’ai entendu dire tout à l’heure, quand j’ai fait un tour aux marchés et que j’ai parlé à des marchands de poissons que... oui, je puis me fier à eux, que ceux du Temple ne savent que faire du corps de Judas. Je ne sais pas qui l’a fait… mais ce matin à l’aube les gardiens du Temple ont trouvé son corps corrompu, avec encore la corde au cou, à l’intérieur de l’enceinte sacrée. Je pense que ce sont des païens qui l’ont détaché et jeté là à l’intérieur, qui sait comment” dit Pierre.          

“À moi, dit Jacques d’Alphée, on a dit hier soir, à la fontaine, que dès hier soir, on a lancé les viscères du traître jusque contre la maison d’Anna. Des païens certainement, car nul hébreu n’aurait touché ce corps après plus de cinq jours. Qui sait comme il était décomposé !”          

“Oh ! une horreur, depuis le sabbat !” Jean pâlit à ce souvenir.          

“Mais comment a-t-il fini dans cet endroit ? C’était à lui ?”      

“Et qui a jamais su quelque chose d’exact de Judas de Kériot ? Rappelez-vous comme il était fermé, compliqué... ”      

“Tu peux dire menteur, Barthélemy. Jamais il n’était sincère. Pendant les trois ans qu’il a été avec nous, nous qui avions tout en commun, nous étions devant lui comme devant le mur élevé d’une forteresse.          

“D’une forteresse ? Oh ! Simon ! Dis plutôt d’un labyrinthe !” s’écrie Jude d’Alphée.  

“Oh ! écoutez ! Ne parlons pas de lui ! Il me semble qu’on va l’évoquer et qu’il doive venir nous troubler. Je voudrais effacer son souvenir de moi et de tous les cœurs, qu’ils soient hébreux ou gentils. Hébreux pour ne pas rougir d’avoir, de notre race, enfanté ce monstre, gentils pour que parmi eux il n’y ait pas quelqu’un qui puisse dire un jour : “Ce fut quelqu’un d’Israël qui le trahit”. Je ne suis qu’un garçon, et je ne devrais pas parler le premier devant vous. Je suis le dernier et toi, Pierre, tu es le premier. Et ici, il y a le Zélote et Barthélemy qui sont instruits, et il y a les frères du Seigneur. Mais, voilà, je voudrais mettre vite à la douzième place quelqu’un qui soit saint, car tant que je verrai cette place vide dans notre groupe, je verrai la bouche de l’enfer avec ses puanteurs parmi nous et j’ai peur que cela nous dévoie...”          

“Mais non, Jean ! Tu es resté impressionné par l’horreur de son crime et de son corps pendu...”      

“Non, non. La Mère aussi a dit : “J’ai vu Satan en voyant Judas de Kériot”. Oh ! hâtons-nous de chercher un saint pour mettre à cette place !”        

“Écoute. Moi, je ne choisis personne. Si Lui qui était Dieu a choisi un Iscariote, que choisira donc le pauvre Pierre ?”        

“Et pourtant tu devras bien...”      

“Non, mon cher, moi je ne choisis rien. Je le demanderai au Seigneur. Assez de péchés faits par Pierre !”      

“Il y a tant de choses que nous devons demander. L’autre soir nous sommes restés comme hébétés. Mais nous devons nous faire apprendre. Car... Comment ferons-nous pour comprendre si une chose est vraiment un péché, ou si elle ne l’est pas ? Vois comme le Seigneur parle des païens d’une façon différente de la nôtre. Vois comme il excuse plutôt une lâcheté et un reniement que le doute sur la possibilité de son pardon... Oh ! moi, j’ai peur de mal faire” dit Jacques d’Alphée découragé.  

“Vraiment il nous a tant parlé. Et pourtant il me semble ne rien savoir. Je suis hébété depuis une semaine" avoue, découragé, l’autre Jacques.      

“Moi aussi.”  

“Moi aussi.”  

“Et moi de même.”    

Ils sont tous dans les mêmes conditions et se regardent l’un l’autre avec étonnement. Ils recourent à ce qui est désormais leur dernière solution : “Nous irons trouver Lazare” disent-ils. “Peut-être que là nous trouverons le Seigneur et... Lazare nous aidera.”    

On frappe à la porte. Ils se taisent tous pour écouter et ils poussent un “oh !” de stupeur en voyant entrer dans le vestibule Élie avec Thomas, un Thomas si hagard qu’il semble que ce ne soit plus lui.          

Ses compagnons se pressent autour de lui en criant leur joie : “Tu sais qu’il est ressuscité et qu’il est venu ? Et il t’attend pour revenir !”            

“Oui. Élie aussi me l’a dit. Mais je n’y crois pas. Je crois ce que je vois et je vois que pour nous c’est fini. Je vois que nous sommes tous dispersés. Je vois qu’il n’y a même plus un tombeau où le pleurer. Je vois que le Sanhédrin veut se débarrasser à la fois du complice, dont il décrète l’inhumation comme si c’était un animal souillé, au pied de l’olivier où il s’est pendu, et des fidèles du Nazaréen. J’ai été arrêté le vendredi aux portes, et ils m’ont dit : ‘Toi aussi tu étais l’un des siens ? Il est mort, désormais. Retourne battre l’or”. Et je me suis enfui...”        

“Mais où ? Nous t’avons cherché partout !”    

“Où ? Je suis allé vers la maison de ma sœur à Rama. Puis je n’ai pas osé entrer car... pour qu’une femme ne m’adresse pas de reproches. Alors j’ai erré à travers les montagnes de Judée et hier j’ai fini à Bethléem, dans sa grotte. Combien j’ai pleuré... J’ai dormi dans les décombres et c’est là que m’a trouvé Élie quand il est venu... Je ne sais pourquoi.”  

“Pourquoi ? Mais parce qu’aux heures de joie ou de douleur trop grande, on va où on sent Dieu davantage. Moi, bien des fois, ces années-ci, je suis allé là, de nuit, comme un voleur, pour me sentir caresser l’âme par le souvenir de son vagissement. Et puis je m’échappais dès le lever du soleil pour ne pas être lapidé.  Mais j’étais déjà consolé. Maintenant j’y suis allé pour dire à cet endroit : “Je suis heureux” et pour en prendre ce que je puis. Nous en avons décidé ainsi. Nous voulons prêcher sa Foi, mais nous en recevrons la force d’un morceau de ce mur, d’une poignée de cette terre, d’une écharde de ces poteaux. Nous ne sommes pas assez saints pour oser prendre la terre du Calvaire..."          

“Tu as raison, Élie. Nous devrions le faire nous aussi et nous le ferons. Mais Thomas ?"        

“Thomas dormait et pleurait. Je lui ai dit : “Éveille-toi et ne pleure plus. Il est ressuscité”. Il ne voulait pas me croire mais j’ai tellement insisté que je l’ai persuadé. Le voici. Maintenant il est parmi vous et je me retire. Je rejoins les compagnons qui vont en Galilée. La paix à vous.” Élie s’en va.    

“Thomas, il est ressuscité. C’est moi qui te le dis. Il a été avec nous. Il a mangé. Il a parlé. Il nous a bénis. Il nous a pardonnés. Il nous a donné le pouvoir de pardonner. Oh ! Pourquoi n’es-tu pas venu plus tôt ?”    

Thomas ne sort pas de son abattement. Il hoche la tête, têtu. “Je ne crois pas. Vous avez vu un fantôme. Vous êtes tous fous. Les femmes pour commencer. Un homme mort ne se ressuscite pas.”        

“Un homme, non. Mais Lui est Dieu. Ne le crois-tu pas ?”      

“Si. Je crois qu’il est Dieu. Mais précisément parce que je le crois je dis que, si bon qu’il puisse être, il ne peut l’être au point de venir parmi ceux qui l’ont si peu aimé. Et je dis que si humble qu’il soit, il doit en avoir assez de s’humilier dans notre carne. Non. Il doit être, il l’est certainement, triomphant au Ciel, et peut-être il apparaîtra comme esprit. Je dis : peut-être. Nous ne méritons même pas cela ! Mais ressuscité en chair et en os, non. Non, je ne le crois pas.”            

“Mais si nous l’avons baisé, vu manger, entendu sa voix, senti sa main, vu ses blessures !”        

“Rien. Je ne crois pas. Je ne puis croire. Pour croire, je devrais voir. Si je ne vois pas dans ses mains le trou des clous et si je n’y mets pas le doigt, si je ne touche pas les blessures de ses pieds, et si je ne mets pas ma main où la lance a ouvert son côté, moi, je ne crois pas.Je ne suis pas un enfant ou une femme. Je veux l’évidence. Ce que ma raison ne peut accepter, je le refuse. Et je ne puis accepter votre parole.”    

“Mais Thomas ! Te semble-t-il que l’on veuille te tromper ?”          

“Non, mes pauvrets, au contraire ! Bienheureux vous qui êtes assez bons pour vouloir m’amener à avoir la paix que vous avez réussi à vous donner par votre illusion. Mais… moi, je ne crois pas à sa Résurrection.”    

“Tu ne crains pas qu’il te punisse ? Il entend et voit tout, sais-tu ?”    

“Je demande qu’il me persuade. J’ai une raison, et je m’en sers. Que Lui, Maître de la raison humaine, redresse la mienne si elle est dévoyée. ”    

“Mais la raison, Lui le disait, elle est libre.”    

“Raison de plus pour que je ne la rende pas esclave d’une suggestion collective. Je vous aime bien et j’aime bien le Seigneur. Je le servirai comme je puis et je serai avec vous pour vous aider à le servir. Je prêcherai sa doctrine. Mais je ne puis croire que si je vois.” Et Thomas, entêté, n’écoute que lui-même.        

Ils lui parlent de tous ceux qui l’ont vu, et comment ils l’ont vu. Ils lui conseillent de parler avec la Mère. Mais lui secoue la tête, assis sur un siège de pierre, plus pierre lui que son siège. Têtu comme un enfant, il répète : “Je croirai si je vois... ”        

La grande parole des malheureux qui nient ce qu’il est si doux et Si saint de croire quand on admet que Dieu peut tout.

****

Jésus dit :        

"Petit Jean, le cycle est fini. Après cela vous mettrez l’Apparition à Thomas incrédule que vous avez eue le 9-8-44. Mais quand tout l’Évangile sera écrit il faudra encore y ajouter beaucoup pour les journées des palmes, du lundi, mardi, mercredi pascal, et de la matinée du jeudi, comme je l’ai dit depuis le début. Les parties à insérer, prises dans ce que tu as vu l’an dernier, je te les ai déjà indiquées. Si le P. Migliorini le veut, il peut mettre les dictées de l’an passé que je t’indique maintenant.    

Et comme je prévois les observations de trop nombreux Thomas et de trop nombreux scribes de maintenant sur une phrase de cette dictée qui semble en opposition avec la gorgée d’eau offerte par Longin... — oh ! comme les négateurs du surnaturel, les rationalistes de la perfection au contraire, seraient heureux de pouvoir trouver une fissure dans le magnifique ensemble de cette œuvre de la bonté divine et de ton sacrifice, petit Jean. Ils pourraient, en faisant levier dans cette fissure avec le pic de leur rationalisme meurtrier, faire tout écrouler ! —.- aussi, pour les prévenir, je dis et explique.              

Cette pauvre gorgée d’eau : une goutte dans l’incendie de la fièvre et de la sécheresse des veines vidées, prise par amour d’une âme qu’il fallait persuader de l’amour pour l’amener à la vérité, prise avec la plus grande fatigue dans l’essoufflement aigu qui me coupait la respiration et gênait la déglutition tant j’étais brisé par la flagellation atroce, cette gorgée ne me donna d’autre réconfort que celui surnaturel. Pour la chair, ce ne fut rien, pour ne pas dire un tourment... Il aurait fallu des fleuves pour ma soif de ce moment. -. Et je ne pouvais boire à cause de l’angoisse des douleurs précordiales. Et tu sais ce qu’est cette douleur... Il m’aurait fallu des fleuves ensuite.., et on ne me les donna pas. Et je n’aurais pas pu les accepter à cause de l’étouffement toujours plus fort. Mais quel réconfort aurait été donné à mon Cœur s’ils m’avaient été offerts ! C’était d’amour que je mourais, d’amour qui ne me fut pas donné. La pitié est amour, et en Israël il n’y eut pas de pitié.            

Quand vous contemplez, vous qui êtes bons, ou analysez, vous les sceptiques, cette “gorgée”, donnez-lui le nom qui lui convient : “pitié”, et non pas boisson. On peut donc se dire, sans pour cela tomber dans le mensonge, que “à partir de la Cène je n’ai pas eu de réconfort”. Dans tout le peuple qui m’entourait, il n’y en eut pas un pour me donner du réconfort, attendu que je ne voulus pas prendre le vin drogué. J’ai eu du vinaigre et des mépris. J’ai eu la trahison et les coups. Voilà ce que j’ai eu. Rien de plus.      

Tu as dit : “Pourquoi l’an dernier n’ai-je pas vu ce geste de Longin ?”. Farce que tu étais terrorisée par la vision que tu avais subie de mes tortures. Parce que tu n’arrivais pas encore à décrire et à voir. J’ai brûlé les étapes pour te donner un réconfort en vue de ta passion imminente. Mais tu vois que j’ai dû te reprendre avec Moi pour te faire remonter toute ma Torture avec une plus grande perfection et une plus grande paix. Est-elle parfaite ? Oh ! non. La créature, même tenue dans mes bras et fondue avec Moi, est toujours une créature, et elle aura toujours des réactions et des capacités de créature. Jamais elle ne pourra comprendre et décrire avec une véracité absolue et une absolue perfection, étant une créature, les sentiments et les souffrances de l’Homme-Dieu.          

Et, du reste, ils ne seraient pas compris par la plupart. Déjà ceux-ci ne sont pas compris. Et au lieu de se mettre à genoux pour bénir Dieu, qui nous a donné cette connaissance, unique chose à faire, la plupart prendront des livres et des bouquins, compulseront, mesureront, regarderont à contre-jour, espérant, espérant, espérant. Quoi ? Mais de trouver des contradictions avec d’autres travaux semblables et démolir, démolir, démolir. Au nom de la science (humaine), de la raison (humaine), de la critique (humaine), de l’orgueil trois fois humain. Combien il est démoli par l’homme d’œuvres saintes pour construire, avec les décombres, des édifices qui ne sont pas saints ! Vous avez enlevé l’or pur, pauvres hommes. Le simple et précieux or de la Sagesse. Et vous avez mis du stuc et du plâtre teint maladroitement de poussière dorée que le choc de la vie, des personnes, des intempéries humaines, délave tout de suite, en laissant une marque de lèpre qui bientôt se pulvérise, réduisant à rien votre savoir.    

Oh ! pauvres Thomas qui ne croyez qu’à ce que vous comprenez et que vous éprouvez, vous, en vous ! Mais bénissez Dieu et cherchez à monter puisque je vous donne la Main ! Monter dans la foi et dans l’amour. J’ai voulu l’humiliation des apôtres pour qu’ils fussent capables d’être des “pères des âmes”. Je vous en prie, et je parle eu particulier à vous, mes prêtres. Acceptez l’humiliation d’être placés après un laïc pour devenir "pères des âmes". Cette œuvre est pour tous. Mais comme il est particulièrement dédié à vous cet Évangile dans lequel le Maître prend par la main ses prêtres et les conduit avec Lui parmi les rangs des élèves pour qu’eux, les prêtres, deviennent des maîtres capables de guider les élèves, dans lequel le Médecin vous conduit parmi les malades, car tout homme a Sa maladie spirituelle et vous en montre les symptômes et les soins à donner !      

Allons, donc. Venez et regardez. Venez et mangez. Venez et buvez. Et ne refusez pas.  
         
Et ne haïssez pas le petit Jean. Les bons, parmi vous, tireront de cette œuvre une joie sainte; les savants honnêtes une lumière; les distraits qui ne sont pas mauvais un plaisir; les mauvais un moyen pour épancher leur science mauvaise. Mais le petit Jean a ou seulement douleur et fatigue à cause desquelles, maintenant à la fin de l’œuvre, il est comme une créature languissante par la maladie.          

Eh bien, que dirai-je alors à mes amis qui sont les siens : Marie de Magdala et Jean, et Marthe et Lazare et Simon, aux anges qui l’ont veillée dans Sa fatigue ? Je dirai : Le petit Jean, notre ami est languissant. Allons lui porter l’eau des fleuves éternels et lui dire : Viens, petit Jean. Contemple ton Soleil et lève-toi. Car beaucoup voudraient voir ce que tu vois, mais ce n’est qu’aux préférés qu’il est accordé de connaître avant le temps le Seigneur éternel et ses journées dans le monde. Viens. Le Sauveur, avec ses amis, vient à ta demeure on attendant que lu ailles, avec Lui et eux, à Sa Demeure".
Va en paix. Je suis avec toi."

*

SOURCE : http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-014.htm
TOME :  10/14



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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Dim 23 Nov 2014 - 6:42

♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_24


Jésus apparaît aux apôtres avec Thomas

Jésus dit :                

“Viens, petit Jean . Comme le petit Benjamin, dont la vision t’a tellement plu, mets ta main dans la mienne, pour que je te conduise à travers mes champs de grâces.                

Des grâces pour toi et pour les autres. Des dons et des dons. Car chaque chose que je le révèle ou te dis est un grand don. Tu n’en connais même pas la valeur. Pas la valeur spirituelle. Celle-ci pour toi est infinie. La valeur culturelle, dis-je, historique, si cela te plaît davantage. Ce sont des gemmes de prix. Toi, comme un enfant, tu les trouves mises dans tes mains et tu les aimes pour leurs couleurs variées, mais tu ne sais pas leur donner d’autre valeur que celle de don et de beauté et de preuve de mon amour. D’autres, au contraire, plus instruits que toi, mais moins aimés que toi, les observent avec anxiété et te les demandent avec anxiété ces gemmes spirituelles que ton Jésus te donne, et ils les observent et les étudient et les estiment avec une science plus grande que la tienne et, leur volonté le voulant, que ce fût avec ta façon d’aimer. Mais cela est plus difficile pour eux qui sont compliqués. Il n’y a que les petits qui sachent aimer simplement, franchement, purement.        

Tu ne sais qu’aimer. Mais reste pour Moi toujours ainsi. Amuse-toi avec les gemmes de toutes les couleurs que je te donne et donne-les, généreuse et heureuse, à ceux qui les attendent. Je remplirai toujours ta petite main de nouveaux trésors. Ne crains pas. Donne, donne. Ton Roi a des coffres inépuisables pour la joie de ses petits."    

Et je vois ce qui suit.

****

Les apôtres sont rassemblés au Cénacle, autour de la table où fut consommée la Pâque. Pourtant, par respect, la place du milieu, celle de Jésus, est restée vide.      

Les apôtres aussi, maintenant qu’il n’y a plus celui qui les groupe et les répartit selon sa propre volonté et par un choix inspiré par l’amour, se sont placés différemment. Pierre est encore à sa place, mais à la place de Jean il y a maintenant Jude Thaddée.  

Puis vient Barthélemy, le plus âgé des apôtres, puis Jacques, frère de Jean, presque au coin de la table, du côté droit pour moi qui regarde. Près de Jacques, mais sur le plus petit côté de la table, est assis Jean. Après Pierre, d’autre part, vient Matthieu et après lui Thomas, puis Philippe, puis André, puis Jacques le frère de Jude Thaddée et Simon le Zélote sur les autres côtés. Le plus long côté, en face de Pierre, est vide car les apôtres sont sur des sièges plus rapprochés qu’ils ne l’étaient pour Pâque.    

Les fenêtres sont barrées et les portes aussi. La lampe, allumée avec seulement deux becs, répand une faible lumière seulement sur la table. Le reste de la vaste pièce est dans la pénombre.            

Jean, qui a derrière lui une crédence, a la charge de présenter à ses compagnons ce qu’ils désirent de leur nourriture frugale composée de poisson, qui est sur la table, de pain, de miel et de petits fromages frais. C’est en se tournant de nouveau vers la table pour donner au frère le fromage qu’il a demandé, que Jean voit le Seigneur.        

Jésus est apparu d’une manière très curieuse. Le mur derrière les convives, tout d’une pièce sauf le coin de la porte, s’est illuminé en son milieu, à une hauteur d’environ un mètre du sol, d’une lumière faible et phosphorescente comme est celle que produisent certaines gravures qui ne sont lumineuses que dans l’obscurité de la nuit. La lumière, haute d’environ deux mètres, a une forme ovale comme une niche. Dans la clarté, comme si elle avançait de derrière les voiles d’un brouillard lumineux, se dégage avec une netteté grandissante Jésus.          

Je ne sais pas si j’arrive à bien m’expliquer. Il semble que son Corps coule à travers l’épaisseur du mur. Il ne s’ouvre pas, il reste compact, mais le Corps passe tout de même. La lumière paraît la première émanation de son Corps, l’annonce de son approche. Le Corps, tout d’abord est formé de légères lignes de lumière, comme je vois au Ciel le Père et les anges saints : immatériel. Puis il se matérialise de plus en plus en prenant en tout l’aspect d’un corps réel, celle de son Divin Corps glorifié.      

J’ai mis longtemps pour décrire, mais la chose est arrivée en quelques secondes.    

Jésus est vêtu de blanc, comme quand il ressuscita et apparut à sa Mère. Très beau, affectueux et souriant. Il a les bras le long du Corps, un peu écartés, avec les mains vers la terre et les paumes tournées vers les apôtres. Les deux plaies des mains paraissent deux étoiles de diamant d’où sortent deux rayons très vifs.            

Je ne vois pas ses pieds, couverts par son vêtement, ni son côté. Mais l’étoffe de son habit, qui n’est pas terrestre, laisse passer une lumière là où elle cache les divines blessures. Au début, il semble que Jésus ne soit qu’un Corps de clarté lunaire puis, quand il s’est concrétisé en apparaissant hors du halo de lumière, il a les couleurs naturelles de ses cheveux, de ses yeux, de sa peau. C’est Jésus, en somme, Jésus-Homme-Dieu, mais devenu plus solennel maintenant qu’il est ressuscité.            

Jean le voit quand il est déjà ainsi. Aucun autre ne s’était aperçu de l’apparition. Jean bondit sur ses pieds, laissant tomber sur la table le plateau de petits fromages ronds et, en appuyant les mains sur le bord de la table, il se penche un peu vers elle et de côté comme si un aimant l’attirait vers elle, et il pousse à voix basse un “Oh !” pourtant intense.

Les autres, qui avaient levé la tête de leurs assiettes, à la chute bruyante du plat de petits fromages et au saut que fait Jean et l’avaient regardé avec étonnement en voyant son attitude extatique, suivent son regard. Ils tournent la tête ou tournent sur eux-mêmes, selon qu’ils se trouvent par rapport au Maître, et ils voient Jésus. Ils se lèvent tous, émus et heureux, et courent vers Lui. Accentuant son sourire Jésus avance vers eux, marchant maintenant sur le sol comme tous les mortels.          

Jésus qui d’abord ne fixait que Jean, et je crois que celui-ci s’est tourné, attiré par ce regard qui le caressait, les regarde tous et il dit : “Paix à vous.”        

Tous maintenant sont autour de Lui, les uns à genoux à ses pieds, et parmi eux il y a Pierre et Jean — et même Jean baise un pan de son vêtement et le met sur son visage comme pour en être caressé — les uns plus en arrière, debout, mais tout penchés dans une attitude respectueuse.          

Pierre, pour arriver plus vite, a fait un vrai bond en sautant par-dessus son siège, sans attendre que Matthieu, en sortant le premier, laisse la place libre. Il faut se rappeler que les sièges servaient à deux personnes à la fois.

Le seul qui reste un peu loin, embarrassé, c’est Thomas. Il s’est agenouillé près de la table, mais il n’ose pas avancer et il semble même qu’il essaie de se cacher derrière le coin de la table.            

Jésus, en donnant ses mains à baiser — les apôtres les cherchent avec une sainte et affectueuse convoitise — tourne son regard sur les têtes inclinées comme s’il cherchait le onzième. Mais il l’a vu dès le premier instant et il agit ainsi pour donner le temps à Thomas de s’enhardir et de venir. En voyant que l’incrédule, honteux de son incrédulité, n’ose pas le faire, il l’appelle : “Thomas, viens ici.”        

Thomas lève la tête, confus, presque en pleurs, mais il n’ose pas venir. Il baisse de nouveau la tête. Jésus fait quelques pas dans sa direction et dit de nouveau : “Viens ici, Thomas.”      

La voix de Jésus est plus impérieuse que la première fois. Thomas se lève réticent et confus et il va vers Jésus.    

"Voici celui qui ne croit pas s’il ne voit pas !” s’écrie Jésus, mais dans sa voix il y a un sourire de pardon. Thomas s’en rend compte, il ose regarder Jésus et voit qu’il sourit vraiment. Alors il prend courage et se hâte davantage.          

“Viens ici, tout près. Regarde. Mets un doigt, s’il ne te suffit pas de regarder, dans les blessures de ton Maître.” Jésus a présenté ses mains et a ouvert son vêtement sur la poitrine pour découvrir la large blessure du côté.      

Maintenant la lumière ne sort plus des blessures. Elle n’en sort plus depuis que, sortant de son halo de lumière lunaire, il s’est mis à marcher comme un homme mortel, et les blessures apparaissent dans leur sanglante réalité : deux trous irréguliers dont celui de gauche va jusqu’au pouce, qui transpercent un poignet et une paume à leur base, et une longue entaille, qui dans le côté supérieur forme légèrement un accent circonflexe, à son côté.            

Thomas tremble, regarde et ne touche pas. Il remue les lèvres mais n’arrive pas à parler clairement.    

“Donne-moi ta main, Thomas” dit Jésus avec tant de douceur. Et il prend avec sa main droite la main droite de l’apôtre et en saisit l’index et l’amène dans la déchirure de sa main gauche, et le fait entrer profondément pour lui faire sentir que la paume est transpercée, et puis de sa main l’amène à son côté. Et même il saisit maintenant les quatre doigts de Thomas à leur base, au métacarpe, et il met ces quatre gros doigts dans la déchirure de la poitrine en les faisant entrer, ne se bornant pas à les appuyer sur le bord, et les y tient en regardant fixement Thomas.

Un regard sévère et pourtant doux pendant qu’il continue.      

"Mets-là ton doigt, place tes doigts et même ta main, si tu veux, dans mon côté et ne sois pas incrédule mais croyant." C’est ce qu’il dit pendant qu’il fait ce que j’ai dit auparavant.        

Thomas — il semble que le voisinage du Cœur divin qu’il touche presque, lui a communiqué le courage — arrive finalement à parler et à détacher les mots et il dit, en tombant à genoux, les bras levés et avec des larmes abondantes de repentir : “Mon Seigneur et mon Dieu !” Il ne sait dire rien d’autre.      

Jésus lui pardonne. Il lui met la main droite sur la tête et répond :            

“Thomas, Thomas ! Maintenant tu crois parce que tu as vu... Mais heureux ceux qui croiront en Moi sans avoir vu ! Quelle récompense devrai-je leur donner si je dois vous récompenser, vous, dont la foi a été secourue par la force de la vision ?...”  

Puis Jésus passe son bras sur l’épaule de Jean, on prenant Pierre par la main, et s’approche de la table. Il s’assoit à sa place. Maintenant ils sont assis comme le soir de Pâque. Cependant Jésus veut que Thomas s’assoie après Jean.      

“Mangez, amis” dit Jésus.      

Mais personne n’a plus faim. La joie les rassasie, la joie de contempler.        

Alors Jésus prend les petits fromages épars sur la table, les rassemble sur le plat, les coupe, les distribue, et le premier morceau il le donne justement à Thomas, en le mettant sur un morceau de pain et en le passant derrière Jean. Il verse le vin des amphores dans le calice et le passe à ses amis : cette fois C’est Pierre le premier servi. Puis il se fait donner des rayons de miel, les brise et en donne pour commencer un morceau à Jean avec un sourire qui est plus doux que le miel filant et blond. Et de ce miel, pour les encourager, il en mange Lui aussi. Il ne goûte que le miel.  

Jean, avec son geste habituel, appuie sa tête contre l’épaule de Jésus et Jésus l’attire sur son Cœur et il parle en le tenant ainsi.            

“Vous ne devez pas vous troubler, amis quand je vous apparais. Je suis toujours pour vous le Maître qui a partagé avec vous la nourriture et le sommeil et qui vous a choisis parce qu’il vous a aimés. Maintenant aussi, je vous aime.” Jésus appuie fortement sur ces dernières paroles.      

“Vous, continue-t-il, vous avez été avec Moi dans les épreuves... Vous serez aussi avec Moi dans la gloire. Ne baissez pas la tête. Le soir du dimanche, quand je suis venu à vous pour la première fois après ma Résurrection, je vous ai infusé l’Esprit Saint… même à toi qui n’étais pas présent, que vienne l’Esprit... Vous ne savez pas que l’infusion de l’Esprit est comme un baptême de feu, puisque l’Esprit est Amour et que l’amour annule les fautes ? Votre péché de désertion, pour ce motif, pendant que je mourais vous est pardonné.”

En disant cela Jésus baise la tête de Jean qui n’a pas déserté, et Jean pleure de joie.

“Je vous ai donné le pouvoir de remettre les péchés. Mais on ne peut donner ce que l’on ne possède pas. Vous devez donc être certains que ce pouvoir je le possède dans la perfection et j’en use pour vous qui devez être tout à fait purs pour purifier ceux qui viendront à vous, souillés par le péché. Comment quelqu’un pourrait-il juger et purifier, s’il méritait d’être condamné et s’il était personnellement impur ? Comment quelqu’un pourrait-il juger un autre s’il avait une poutre dans son œil et des poids infernaux dans son cœur ? Comment pourrait-il dire : “Je t’absous au nom de Dieu” si, à cause de ses péchés, il n’avait pas Dieu avec lui ?    

Amis, réfléchissez à votre dignité de prêtres. Auparavant j’étais parmi les hommes pour juger et pardonner. Maintenant je m’en vais au Père. Je reviens à mon Royaume. La faculté de juger ne m’est pas enlevée. Et même elle est toute entière en mes mains puisque le Père me l’a déférée.  Mais c’est un jugement redoutable, car il se fera quand il ne sera plus possible à l’homme de se faire pardonner avec des années d’expiation sur la Terre. Toute créature viendra à Moi avec son esprit quand elle laissera, à cause de la mort matérielle, sa chair comme une dépouille inutile. Et je la jugerai une première fois. Puis l’Humanité reviendra avec son vêtement de chair, repris sur commandement céleste, pour être séparée en deux parties : les agneaux avec le Pasteur, les boucs sauvages avec leur Tortureur. Mais combien y aurait-il d’hommes qui seraient avec leur Pasteur si après le bain du Baptême il n’y avait plus quelqu’un pour pardonner en mon nom ?  Voilà pourquoi je crée les prêtres.Pour sauver ceux qui ont été sauvés par mon Sang. Mon Sang sauve. Mais les hommes continuent à tomber dans la mort, à. retomber dans la Mort. Il faut que quelqu’un, qui en a le pouvoir, les lave continuellement en Lui, soixante-dix et soixante-dix fois sept fois, pour qu’ils ne soient pas la proie de la Mort. Vous et vos successeurs le ferez. À cause de cela, je vous absous de tous vos péchés. Car vous avez besoin de voir, et la faute aveugle car elle enlève à l’esprit la Lumière qui est Dieu. Parce que vous avez besoin de comprendre, et la faute abêtit car elle enlève à l’esprit l’intelligence qui est Dieu. Parce que vous avez le ministère de purifier et la faute souille, car elle enlève à l’esprit la Pureté qui est Dieu  

Il est grand votre ministère de juger et d’absoudre en mon nom ! Quand  vous consacrerez pour vous le Pain et le Vin et en ferez mon Corps et mon Sang, vous ferez une chose grande, surnaturellement grande et sublime. Pour l’accomplir dignement vous devez être purs puisque vous toucherez Celui qui est le Pur et que vous vous nourrirez de la Chair d’un Dieu. Vous devrez être purs de cœur, d’esprit, de membres et de langue car c’est avec le cœur que vous devrez aimer l’Eucharistie et il ne faudra pas mêler à cet amour céleste des amours profanes qui seraient un sacrilège. Purs d’esprit parce que vous devrez croire et comprendre ce mystère d’amour et l’impureté de pensée tue la Foi et l’intelligence. Il reste la science du monde, mais en vous meurt la Sagesse de Dieu. Vous devrez être purs de membres, car dans votre sein descendra le Verbe comme il est descendu dans le sein de Marie grâce à l’Amour.      

Vous avez l’exemple vivant de ce que doit être un sein qui accueille le Verbe qui se fait Chair. Cet exemple est celui de la Femme sans faute d’origine et sans faute individuelle qui m’a porté. Observez comme est pur le sommet de l’Hermon encore enveloppé dans le voile de la neige d’hiver. De l’Oliveraie, il parait être un tas de lys effeuillés ou d’écume de mer qui s’élève comme une offrande en face de l’autre blancheur des nuages, portés par le vent d’avril à travers les champs azurés du ciel. Observez un lys qui ouvre maintenant sa corolle à un sourire parfumé. Et pourtant l’une et l’autre pureté sont moins vives que celle du sein qui m’a formé. La poussière apportée par les vents est tombée sur les neiges de la montagne et sur la soie de la fleur. L’œil humain ne la perçoit pas tant elle est légère, mais elle est là, et elle corrompt la blancheur. Mieux encore : regardez la perle la plus pure que l’on a arrachée à la mer, au coquillage où elle est née, pour orner le sceptre d’un roi. Elle est parfaite dans son irisation compacte qui ignore le contact profanateur de toute chair, s’étant formée comme elle l’est dans la cavité nacrée de l’huître, isolée dans le fluide saphir des profondeurs marines. Et pourtant elle est moins pure que le sein qui m’a porté. À son centre se trouve un petit grain de sable, un corpuscule très menu, mais toujours terrestre. En Elle qui est la Perle de la Mer, il n’existe pas de grain de péché, ni de tendance au péché. C’est une perle née dans l’Océan de la Trinité pour porter sur la Terre la Seconde Personne, Elle est compacte autour de son fulcre  qui n’est pas une semence de la concupiscence terrestre, mais une étincelle de l’Amour éternel. Une étincelle qui, trouvant en Elle une correspondance, a engendré les tourbillons du Divin Météore, qui maintenant appelle et attire à Lui les fils de Dieu : Moi, le Christ, Étoile du Matin. C’est cette Pureté inviolée que je vous donne en exemple.        

Mais quand ensuite, comme des vendangeurs près d’une cuve, vous plongez vos mains dans la mer de mon Sang, et en puisez de quoi purifier les étoles corrompues des misérables qui ont péché, soyez en plus d’être purs parfaits pour ne pas vous souiller d’un péché plus grand, et même de plusieurs péchés, en répandant et en touchant d’une manière sacrilège le Sang d’un Dieu ou en manquant à la charité et à la justice, en le refusant ou en le donnant avec une rigueur qui n’est pas du Christ, qui fut bon avec les mauvais pour les attirer à son Cœur et trois fois bon avec les faibles pour les porter à la confiance, en usant de cette rigueur trois fois indignement en s’opposant à ma Volonté, à ma Doctrine et à la Justice. Comment être sévères avec les agneaux quand on est des pasteurs idolâtres ?

O mes bien-aimés, amis que j’envoie à travers les chemins du monde pour continuer l’œuvre que j’ai commencée et qui sera poursuivie tant que le Temps existera, rappelez-vous mes paroles. Je vous les dis pour que vous les disiez à ceux que vous consacrerez pour le ministère dans lequel je vous ai consacrés.    

Je vois... Je regarde dans les siècles... Le temps et les foules infinies des hommes qui existeront sont tous devant Moi... Je vois... les massacres et les guerres, les paix menteuses et les horribles carnages, la haine et les vols, la sensualité et l’orgueil. De temps en temps un oasis verdoyant : une période de retour à la Croix. Comme un obélisque qui indique une eau pure au milieu des sables arides du désert ma Croix sera élevée avec amour, après que le venin du mal aura rendu les hommes malades de la rage, et autour d’elle, plantés sur les bords des eaux salutaires, fleuriront les palmiers d’une période de paix et de bien dans le monde. Les esprits, comme des cerfs et des gazelles, comme des hirondelles et des colombes, accourront à ce refuge reposant, frais, nourrissant, pour guérir de leurs douleurs et espérer de nouveau. Et il resserrera ses branches comme une coupole pour protéger des tempêtes et des grandes chaleurs, et il tiendra au loin les serpents et les fauves avec le Signe qui met le Mal en fuite. Et ce sera ainsi tant que les hommes le voudront.          

Je vois... Des hommes et encore des hommes... des femmes, des vieillards, des enfants, des guerriers, des étudiants, des docteurs, des paysans... Tous viennent et passent avec leur fardeau d’espérances et de douleurs. Et j’en vois beaucoup qui vacillent, car il y a trop de douleur et l’espérance a glissé la première du fardeau, du fardeau trop lourd, et s’est effritée sur le sol...    

Et j’en vois beaucoup qui tombent au bord du chemin parce que d’autres plus forts les poussent, plus forts ou plus chanceux à cause de leur fardeau qui est léger. Et j’en vois beaucoup qui, se sentant abandonnés par ceux qui passent, piétinés même, qui se sentant mourir, arrivent à haïr et à maudire.    

Pauvres fils ! Parmi tous ceux-là, qui ont été frappés par la vie, qui passent ou tombent, mon Amour a, intentionnellement, répandu les samaritains pleins de pitié, les bons médecins, les lumières dans la nuit, les voix dans le silence, pour que les faibles qui tombent trouvent une aide, revoient la Lumière, entendent de nouveau la Voix qui dit : “Espère. Tu n’es pas seul. Sur toi, il y a Dieu. Avec toi, il y a Jésus”. J’ai mis, intentionnellement, ces charités actives pour que mes pauvres fils ne meurent pas dans leur esprit, en perdant la demeure paternelle, et continuent à croire en Moi-Charité en voyant chez mes ministres mon reflet.          

Mais, ô douleur qui fait saigner la blessure de mon Cœur comme quand elle fut ouverte sur le Golgotha ! Mais que voient mes yeux divins ? Il n’y a peut-être pas de prêtres parmi les foules innombrables qui passent ? C’est pour cela que saigne mon Cœur ? Les séminaires sont-ils vides ? Mon divin appel ne résonne donc plus dans les cœurs ? Le cœur de l’homme n’est-il plus capable de l’entendre ? Non. Au cours des siècles, il y aura des séminaires et dans ceux-ci des lévites. D’eux sortiront des prêtres car à l’heure de l’adolescence mon appel aura résonné avec une voix céleste en de nombreux cœurs et eux l’auront suivi. Mais d’autres, d’autres, d’autres voix seront venues ensuite avec la jeunesse et la maturité, et ma Voix aura été dominée dans ces cœurs. Ma Voix qui parle au cours des siècles à ses ministres, pour qu’eux soient toujours ce que vous êtes maintenant : les apôtres à l’école du Christ. Le vêtement est resté, mais le prêtre est mort.      

Chez un trop grand nombre, au cours des siècles, ce fait se produira. Ombres inutiles et sombres, ils ne seront pas un levier qui soulève, une corde qui tire, une source qui désaltère, un grain qui nourrit, un cœur qui est un oreiller. une lumière dans les ténèbres, une voix qui répète ce que le Maître lui dit. Mais ils seront pour la pauvre humanité un fardeau de scandale, un poids de mort, un parasite, une pourriture… Horreur ! Les plus grands Judas de l’avenir je les aurai encore et toujours parmi mes prêtres !      

Amis, je suis dans la gloire et cependant je pleure. J’ai pitié de Ces foules innombrables, troupeaux sans pasteurs ou avec des pasteurs trop peu nombreux. Une pitié infinie ! Eh bien, je le jure par ma Divinité : je leur donnerai le pain, l’eau, la lumière, la voix que ne veulent pas donner ceux qui ont été choisis pour cette œuvre. Je répéterai au cours des siècles le miracle des pains et des poissons.  Avec quelques pauvres, petits poissons et avec quelques quignons de pain : des âmes humbles et laïques, je donnerai à manger à un grand nombre et ils en seront rassasiés et il y aura pour ceux de l’avenir, car “j’ai compassion de ce peuple” et je ne veux pas qu’il périsse.          

Bienheureux ceux qui mériteront d’être tels. Non pas bénis parce qu’ils sont tels, mais parce qu’ils l’auront mérité par leur amour et leurs sacrifices. Et tout à fait bénis les prêtres qui sauront rester apôtres : pain, eau, lumière, voix, repos et remède de mes pauvres fils. Ils brilleront dans le Ciel d’une lumière spéciale. Je vous le jure, Moi qui suis la Vérité.    

Levons-nous, amis, et venez avec Moi pour que je vous enseigne encore à prier. L’oraison c’est ce qui alimente les forces de l’apôtre car elle le fond avec Dieu.  

Et ici Jésus se lève et va vers l’escalier.

Mais quand il est au bas, il se tourne et rue regarde. Oh ! Père ! Il me regarde ! Il pense à moi ! Il cherche sa petite "voix" et la joie d’âtre avec ses amis ne me fait pas oublier par Lui ! Il me regarde par-dessus les têtes des disciples et me sourit. Il lève la main pour me bénir et il dit : "La Paix soit avec toi".

Et la vision finit.      
     
*
SOURCE : http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-015.htm
TOME : 10 / 15
https://lepeupledelapaix.forumactif.com/t18376-oeuvre-de-maria-valtorta-presentation-des-disciples-de-jesus




♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Appari10
Apparition de Jésus au Cénacle
Maud
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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par AZUR le Dim 23 Nov 2014 - 22:19

J'aime beaucoup ce texte de Jésus : la vision du futur, etc...
Et puis, à la fin, il sourit à son petit Jean, à Maria Valtorta!
Ni espace, ni temps pour Dieu! Amen

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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Lun 24 Nov 2014 - 7:30

Merci AZUR  tu dis :
Ni espace, ni temps pour Dieu!  
Exact !
et j'aime quand Jésus nomme Maria Valtorta "  petit Jean "
 sunny

*****


♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_25



Jésus ressuscité au Gethsémani


Les apôtres mettent leurs manteaux et demandent : “Où allons-nous, Seigneur ?”    
     
Leur langage n’est plus aussi familier qu’il l’était avant la Passion. S’il était permis de le dire, je dirais qu’ils parlent avec l’âme agenouillée. Plus que l’attitude de leur corps, qui reste toujours un peu penché par respect devant le Ressuscité, plus que leur retenue quand ils le touchent, plus que leur joie tremblante quand Lui les touche, les caresse, ou les embrasse, ou leur adresse la parole en particulier, c’est tout leur aspect, quelque chose qui ne peut se décrire mais qui est si visible, ce qui le dit encore plus que leur humanité c’est leur esprit qui ne peut redevenir ce qu’il était dans ses rapports avec le Maître, et conforme de son nouveau sentiment tous les actes de l’homme.          

Avant, c’était “le Maître”, un Maître que leur foi croyait Dieu, mais qui était toujours pour leurs sens “un homme”. Maintenant, il est “le Seigneur”. Il est Dieu. Il n’est plus besoin de faire des actes de foi pour le croire. L’évidence a aboli ce besoin. Il est Dieu. C’est le Seigneur auquel le Seigneur a dit : “Assied-toi à ma droite [1]” et il l’a proclamé avec sa parole et le prodige de la Résurrection. Dieu comme le Père. Et c’est le Dieu qu’ils ont abandonné par peur après avoir tant reçu de Lui...    

Ils le regardent toujours avec ce regard de vénération respectueuse avec lequel un vrai croyant regarde l’Hostie qui rayonne au milieu d’un ostensoir, ou le Corps du Christ élevé par le Prêtre dans le Sacrifice quotidien. Dans leur regard qui veut voir l’aspect aimé, encore plus beau que dans le passé, il y a aussi l’expression de quelqu’un qui n’ose pas voir, de quelqu’un qui n’ose pas s’arrêter un instant à regarder... L’amour les pousse à fixer leur Aimé, la crainte les fait tout de suite baisser les paupières et la tête comme si son éclat les avait éblouis.      

En effet, bien que Jésus, Jésus Ressuscité, soit toujours Lui, ce n’est plus Lui en même temps. Si on le regarde bien il est différent. Pareils sont les traits du visage, la couleur des yeux et des cheveux, la taille, les mains, les pieds, et pourtant il est différent. Pareils la voix et les gestes, et pourtant il est différent. C’est un vrai corps, si bien qu’il intercepte aussi la lumière du soleil mourant dont le dernier rayon entre dans la pièce par la fenêtre ouverte. Il projette derrière Lui l’ombre de sa haute personne, et pourtant il est différent. Il n’est pas devenu fier, ni distant, et pourtant il est différent.    

Une majesté nouvelle, constante, se répand là où régnait seulement l’aspect humble, modeste, parfois si modeste qu’il paraissait accablé, de l’infatigable Maître. Disparue la maigreur des derniers temps, annulée cette empreinte de lassitude physique et morale qui le vieillissait, perdu ce regard affligé, suppliant qui demandait sans parler : “Pourquoi me repoussez-vous ? Accueillez-moi...”, le Christ Ressuscité semble même plus grand et plus robuste, délivré de tout poids, sûr de Lui, victorieux, majestueux, divin. Même quand il se rendait puissant dans ses puissants miracles, ou imposant dans les moments saillants de son magistère, il n’était pas tel qu’il est maintenant qu’il est ressuscité et glorifié. Il n’exhale pas de lumière. Non. Il n’exhale pas de lumière comme dans la transfiguration et comme dans les premières apparitions après la résurrection, et pourtant il semble lumineux. C’est vraiment le Corps de Dieu avec la beauté des corps glorifiés, et il attire et effraie à la fois.          
       
Peut-être ce sont aussi ces blessures, si visibles sur les mains et sur les pieds, qui inspirent ce respect profond. Je ne sais pas. Je sais que les apôtres, bien que Jésus soit si doux avec eux et cherche à créer de nouveau l’atmosphère d’autrefois, sont différents. Si insistants et bavards auparavant, maintenant ils parlent peu, et si Lui ne répond pas ils n’insistent pas. Si Lui leur sourit, ou sourit à l’un d’eux, ils changent de couleur et n’osent pas répondre par un sourire à son sourire. Si Lui, comme il le fait maintenant, tend la main pour prendre son manteau blanc — il est toujours vêtu d’un habit blanc plus éclatant que le satin le plus blanc depuis qu’il est le Ressuscité — aucun d’eux n’accourt comme ils faisaient auparavant pour se disputer l’honneur et la joie de l’aider, On dirait qu’ils ont peur de toucher ses vêtements et ses membres, et Lui doit dire comme il le fait maintenant : “Viens, Jean, aide ton Maître. Ces blessures sont de vraies blessures.., et mes mains blessées ne sont pas agiles comme avant... ”            

Jean obéit en aidant Jésus à mettre l’ample manteau et il semble vêtir un Pontife tant il le fait avec des mouvements prudents et attentifs, en se gardant d’effleurer les mains sur lesquelles rougissent les stigmates. Mais, malgré toute son attention, il heurte la main gauche de Jésus et il crie comme si c’était lui qui avait reçu le coup et il fixe les yeux sur le dos de cette main, craignant d’en voir couler encore du sang. Elle est si vive cette atroce blessure !      

Jésus lui met la main droite sur la tête en disant : “Tu avais plus de courage quand tu me recevais détaché de la Croix. Et alors il coulait encore du sang, tellement que tes cheveux en étaient rouges, nouvelle rosée de la nuit sur le nouvel aimant. Tu m’avais cueilli comme une grappe du cep... Pourquoi pleures-tu ? Je t’ai donné ma rosée de Martyr. Tu as répandu sur ma tête ta rosée de pitié. Mais alors tu pouvais pleurer ... Pas maintenant. Et toi, pourquoi pleures-tu, Simon Pierre ? Tu n’as pas heurté ma main, tu ne m'as pas vu mort...”          

“Ah ! Mon Dieu ! C’est pour cela que je pleure ! Pour mon péché.”      

“Je t’ai pardonné, Simon de Jonas.”  

“Mais moi, je ne me pardonne pas. Non. Rien ne mettra fin à mes pleurs, même pas ton pardon.”        

“Mais ma gloire, oui.”            

“Toi glorieux, moi pécheur.”  

“Toi glorieux, après avoir été mon pêcheur. C’est une grande pêche, abondante, miraculeuse que tu feras, Pierre. Et ensuite, je te dirai : “Viens au banquet éternel”. Et tu ne pleureras plus. Mais vous avez tous les larmes aux yeux. Et toi, Jacques, mon frère, tu es là-bas, prostré dans ce coin comme si tu avais perdu tout bien. Pourquoi ?”

“Parce que j’espérais que... Tu les sens donc les blessures ? Tu les sens encore ? Moi j’espérais que toute la douleur pour Toi serait anéantie, qu’en seraient effacées toutes les marques... Même pour nous pécheurs. Ces plaies !... Quelle douleur de les voir !”      

“Oui. Pourquoi ne les as-tu pas effacées ? À Lazare il ne resta pas de marques... C’est un... un reproche ces plaies ! Elles crient d’une voix redoutable ! Elles sont plus fulgurantes et plus effrayantes que les foudres du Sinaï” dit Barthélemy.    

“Elles crient notre lâcheté parce que nous fuyions pendant que tu les recevais...” dit Philippe.      

“Et plus nous les regardons et plus notre conscience nous reproche notre lâcheté, notre sottise, notre incrédulité” dit ‘Thomas.            

“Pour notre paix et celle de ce peuple pécheur, puisque tu es mort et ressuscité pour le pardon du monde, efface ces accusations au monde, ô Seigneur !” prie André.        

“Elles sont le Salut du monde. C’est en elles qu’est le Salut. Le monde qui hait, les a ouvertes, mais l’Amour en a fait Remède et Lumière. C’est par elles que la Faute a été clouée. C’est par elles qu’ont été suspendus et soutenus tous les péchés des hommes pour que le Feu de l’Amour les consume sur le véritable Autel. Quand le Très-Haut prescrivit à Moïse l’arche et l’autel des parfums, ne les a-t-Il pas voulus percés avec des anneaux pour être élevés et portés où le voulait le Seigneur ? Moi aussi je suis percé. Je suis plus que l’arche et que l’autel. Je suis bien plus que l’arche et que l’autel. J’ai brûlé le parfum de ma charité pour Dieu et pour le prochain, et j’ai porté le poids de toutes les iniquités du monde. Et le monde doit se rappeler cela, pour se rappeler ce qu’il en a coûté à un Dieu. Pour se rappeler comment l’a aimé un Dieu. Pour se rappeler ce que produisent les fautes. Pour se rappeler que le salut est dans Un seul : en Celui qu’ils ont transpercé. Si le monde ne voyait pas rougir mes plaies, en vérité il oublierait vite que c’est à cause de ses fautes qu’un Dieu s’est immolé, il oublierait que je suis vraiment mort dans les plus atroces tourments, il oublierait quel est le baume pour ses blessures. C’est ici qu’est le baume. Venez et baisez. Chaque baiser est un accroissement de purification et de grâce pour vous.  En vérité je vous dis que la purification et la grâce ne sont jamais suffisantes car le monde consume ce que le Ciel lui verse, et il faut compenser, par le Ciel et ses trésors, les ruines du monde. Je suis le Ciel, tout le Ciel est en Moi, et les trésors célestes coulent de mes plaies ouvertes.”          

Il présente ses mains au baiser de ses apôtres. Et il doit les appuyer Lui, ces mains blessées, sur les bouches avides et craintives, car la crainte d’augmenter Sa douleur retient ces lèvres de s'appuyer sur ces blessures.    

“Ce n’est pas cela qui donne de la douleur, même si cela donne de la rigidité. La douleur c’est une autre chose !...”      

“Laquelle, Seigneur ?” demande Jacques d’Alphée.    

“D’être mort inutilement pour trop de gens... Mais allons. Allez même en avant. Nous allons au Gethsémani... Et quoi ? Avez-vous peur ?”            

“Pas pour nous, Seigneur... C’est que les grands de Jérusalem te haïssent plus qu’avant.”        

“Ne craignez pas. Ni pour vous : Dieu vous protège. Ni pour Moi : elles sont finies pour Moi les contraintes de l’Humanité. Je vais chez ma Mère, et puis je vous rejoindrai. Nous avons à effacer beaucoup de choses horribles d’un récent passé de faute et de haine. Et nous le ferons avec l’amour, avec le contraire de ce que fut la faute... Vous voyez ? Votre baiser efface et adoucit la douleur et la conséquence des clous dans la chair vive. De même ce que nous ferons effacera les traces horribles et sanctifiera les lieux que les fautes ont profanés, pour qu’il n’y ait pas trop de douleur à les voir...”  

“Allons-nous aussi au Temple ?” La crainte et même l’épouvante se lit sur tous les visages.        

“Non. Je le sanctifierais par ma Présence. Et il ne peut pas. Il pouvait l’être. Il ne l’a pas voulu. Il n’y a plus de rédemption pour lui. C’est un cadavre qui se décompose rapidement. Laissons-le à ses morts. Qu’ils accomplissent son ensevelissement. En vérité les lions et les vautours mettront en pièces le tombeau et le cadavre, et il ne restera même pas le squelette du Grand Mort qui n’a pas voulu la Vie.”      

Jésus monte l’escalier et sort. Les autres l’imitent en silence. Mais quand ils mettent le pied dans le couloir qui sert d’atrium, Jésus n’est plus là. La maison est silencieuse et semble déserte. Toutes les portes sont fermées.      

Jean montre la porte qui est en face du Cénacle et il dit : “Marie est là. Elle y reste toujours, comme dans une extase continuelle.

Son visage resplendit d’une lumière ineffable. C’est la joie qui rayonne de son Cœur. Hier, elle me disait : ‘Pense, Jean, quelle félicité s’est répandue dans tous les royaumes de Dieu”. Je lui ai demandé : “Quels royaumes ?”. Je pensais qu’elle connaissait quelque merveilleuse révélation sur le royaume de son Fils qui avait vaincu même la mort. Elle m’a répondu : “Dans le Paradis, dans le Purgatoire, dans les Limbes. Le pardon pour ceux du Purgatoire, la montée au Ciel de tous les justes et des pardonnés. Le Paradis peuplé de bienheureux. Dieu glorifié en eux. Nos aïeuls et nos parents là-haut, dans la jubilation. Et encore félicité pour le royaume qu’est la Terre, où maintenant resplendit le signe, et s’est ouverte la source qui vainc Satan et efface la Faute et les fautes. Non plus seulement la paix pour les hommes de bonne volonté, mais aussi la rédemption et la réélection au rang de fils de Dieu. Je vois les foules, oh ! combien ! qui descendent à cette Source et s’y plongent pour en sortir renouvelées, belles, en leur vêtement de noces, en habit royal. Les noces des âmes avec la Grâce, la royauté d’être fils du Père et frères de Jésus”.      

Ils sont sortis, en parlant, dans la rue et s’éloignent pendant que tombe le soir.          

La rue n’est pas très fréquentée, particulièrement à cette heure où les gens se rassemblent autour des tables pour le souper. Jérusalem, après le fleuve de gens qui l’a inondée pour la Pâque et l’a abandonnée une fois passées les fêtes, si tragiques cette année, semble encore plus vide qu’elle ne l’est habituellement. Thomas le remarque et le fait remarquer.          

“C’est ainsi” dit le Zélote. “Les étrangers, terrorisés, l’ont abandonnée précipitamment après le Vendredi et ceux qui avaient encore résisté à la grande peur de ce jour se sont enfuis au second tremblement de terre, à celui qui certainement est arrivé quand le Seigneur est sorti du Tombeau. Et ceux qui n’étaient pas gentils ont fui aussi. Beaucoup, je le sais de bonne source, n'ont même pas consommé l’agneau et devront revenir pour la Pâque supplémentaire. Et même des habitants de cet endroit ont fui ou se sont éloignés, certains pour emmener leurs morts, qui ont péri dans le tremblement de terre de la Parascève, d’autres par peur de la colère de Dieu. L’exemple a été fort.”

“Et ce fut bien. La foudre, les pierres sur tous les pécheurs !” maugrée Barthélemy.    

“Ne le dis pas ! Ne le dis pas ! Plus que tous, nous méritons les châtiments célestes. Nous aussi pécheurs... Vous rappelez-vous en ce lieu ?... Il y a combien de temps ? Dix ? Dix soirs.., ou dix ans ou dix heures ? Si loin et si proche me paraît mon péché, ces heures, ce soir-là.., que je ne sais jamais ... Quel nigaud ! Nous étions si sûrs, si belliqueux, si héroïques ! Et puis ? Et puis ? Ah’ ” et Pierre se frappe le front avec la main et indique, car ils sont déjà à la petite place : “Voici. Et là, j’avais déjà peur !”    

“Mais assez ! Assez, Simon ! Lui t’a pardonné et, avant Lui, Marie. Assez ! Tu te tortures” dit Jean.            

“Oh ! s’il en était ainsi ! Et toi, Jean, soutiens-moi toujours ! Toujours ! C’est parce que tu sais guider que Lui t’a donné sa Mère. C’est juste. Mais moi, ver lâche et menteur, j’ai plus besoin que Marie d’être guidé car j’ai des écailles sur les yeux et je n’y vois pas...”    

“Vraiment elles te viendront si tu agis ainsi, tu te brûleras vraiment les pupilles et le Seigneur ne sera plus là pour te les guérir...” lui dit encore Jean en l’embrassant pour le consoler.        

“Il me suffirait de bien voir avec l’âme. Et puis... les yeux ne comptent pas.”

“Mais ils comptent pour beaucoup ! Comment feront les malades, maintenant ? Tu as vu cette femme hier, comme elle était désespérée !” dit André.  

“Bien...” Ils se regardent en face mutuellement, et puis, tous ensemble, ils avouent : “Et aucun de nous ne s’est senti digne de lui imposer les mains… ” L’humilité causée par leur comportement les écrase,    

Mais Thomas dit à Jean : “Toi pourtant tu pouvais le faire. Tu n’as pas fui, tu n’as pas renié, tu n’as pas été incrédule ...”  

“J’ai moi aussi mon péché, et il est encore contre l’amour comme le vôtre. Moi, près de l’arc de la maison de Josué, j’ai pris Elchias au collet et je l’aurais étranglé parce qu’il insultait la Mère. Et j’ai haï et maudit Judas de Kériot” dit Jean.

“Tais-toi ! Ne dis pas ce nom, C’est celui d’un démon et j’ai l’impression qu’il n’est pas encore en enfer et qu’il tourne ici, autour de nous, pour nous faire pécher encore” dit Pierre avec une vraie terreur.          

“Oh ! il est bien en enfer ! Mais même s’il était ici, son pouvoir maintenant est fini, Il avait tout pour être un ange et il a été un démon, et Jésus a vaincu le démon” dit André.    

“C’est bien ... Mais il vaut mieux ne pas le nommer, J’ai peur, moi, Maintenant je sais combien je suis faible. Pour ce qui te concerne, Jean, ne te sens pas coupable. Tous maudiront l’homme qui a trahi le Maître !”      
“Il est juste de le faire” dit le Thaddée qui a eu toujours cette pensée pour l’Iscariote.        

“Non. Marie m’a dit que suffit pour lui le jugement de Dieu, et qu’il doit y avoir en nous un seul sentiment de reconnaissance, pour n’avoir pas été les traîtres. Et si elle ne le maudit pas, elle, la Mère qui a vu les tortures de son Fils, devrions-nous le faire, nous ? Oublions...”  

“C’est de la sottise !” s’écrie son frère Jacques.        

“Et pourtant c’est la parole du Maître pour les péchés de Judas...” Jean se tait et soupire.        

“Quoi ? Il y en a-t-il d’autres ? Tu sais... Parle !”          

“J’ai promis de chercher à oublier et je m’efforce de le faire. Pour Elchias... j’ai dépassé les bornes... Mais ce jour-là, chacun de nous avait son ange et son démon à côté de lui, et nous n’avons pas toujours écouté l’ange de lumière...”          

Le Zélote dit : “Tu sais que Nahum est estropié et que son fils est resté écrasé par un mur ou un pan de montagne ? Oui, le jour de la mort. Il a été trouvé plus tard. Oh ! beaucoup plus tard, quand déjà il sentait mauvais. Il a été découvert par quelqu’un qui allait aux marchés. Et Nahum était avec les autres ses pareils et je ne sais pas ce qui lui a pris, si c’est une pierre ou un coup. Je sais qu’il est comme brisé et ne comprend plus rien. Il ressemble à une bête, il bave et geint, et hier, avec son unique main saine, il a saisi à la gorge son… maître qui était allé chez lui et il criait, criait : “À cause de toi ! À cause de toi !” Si les serviteurs n’étaient pas accourus...”      

“Comment le sais-tu, Simon ?” demandent-ils au Zélote.        

“J’ai vu Joseph hier” répond laconiquement celui-ci.  

“Je pense que le Maître tarde à venir. Et je suis inquiet” dit Jacques d’Alphée.            

“Retournons sur nos pas” propose Matthieu.

“Ou bien arrêtons-nous ici, au petit pont” dit Barthélemy.        

Ils s’arrêtent. Mais Jacques de Zébédée et l’autre Jacques, André et Thomas reviennent en arrière, et pensifs ils regardent par terre, regardent les maisons. André, en pâlissant, montre du doigt le mur d’une maison où se détache, sur la blancheur de la chaux, une tache rouge-brune et il dit : “C’est du sang ! Du sang du Maître, peut-être ? Perdait-il déjà du sang ici ? Oh ! dites-moi !”        

“Et que veux-tu que nous te disons si aucun de nous ne le suivait ?” dit, découragé, Jacques d’Alphée.    

“Mais mon frère et Jean surtout l’ont suivi... ”            

“Pas tout de suite. Pas tout de suite. Jean m’a dit qu’ils l’ont suivi à partir de la maison de Malachie. Ici il n’y avait personne. Aucun de nous…" dit Jacques de Zébédée.      

Ils regardent hypnotisés la large tache sombre sur le mur blanc, à peu de distance du sol, et Thomas observe : “La pluie même ne l’a pas lavée et la grêle même qui est tombée si fort ces jours-ci ne l’a pas écroûtée... Si je savais que c’est son Sang, je l’écroûterais sur ce mur...”          

“Demandons-le à ceux de la maison. Peut-être ils sauront." conseille Matthieu qui les a rejoints.        

“Non. Ils pourraient reconnaître en nous ses apôtres; ils pourraient être des ennemis du Christ et..." répond Thomas.

“Et nous sommes encore des lâches…" termine Jacques d’Alphée avec un profond soupir.        

Tout doucement tous se sont approchés de ce mur et ils regardent... Passe une femme, une retardataire qui revient de la fontaine avec des brocs d’où déborde l’eau fraîche. Elle les observe, pose ses brocs par terre et les interpelle.          

“Vous regardez cette tache sur le mur ? Vous êtes des disciples du Maître ? Vous me paraissez l’être, même si votre visage est amaigri et... même si je ne vous ai pas vus suivre le Seigneur quand il est passé par ici, pris pour être conduit à la mort. Cela me rend incertaine car un disciple, qui suit le Maître dans les heures favorables et tient à être son disciple, et qui a des regards sévères pour ceux qui ne sont pas comme lui prêts à tout quitter pour suivre le Maître, doit aussi suivre le Maître aux heures mauvaises. Du moins, il devrait le faire. Et moi, je ne vous ai pas vus. Non. Je ne vous ai pas vus. Et si je ne vous ai pas vus, c’est signe que moi, femme de Sidon, j’ai suivi Celui que ses disciples israélites n’ont pas suivi. Mais j’ai reçu un bienfait de Lui. Vous... peut-être vous n’aviez jamais reçu un bienfait de Lui ? Cela me surprend, car il répandait ses bienfaits sur les gentils et les samaritains, sur les pécheurs et même les larrons, en leur donnant la vie éternelle s’il ne pouvait plus leur donner celle de la chair. Il ne vous aimait pas, peut-être ? Alors c’est signe que vous étiez pires que des aspics ou des hyènes immondes; bien que, en vérité, je crois qu’il aimait même les vipères et les chacals non pas pour ce qu’ils sont, mais parce qu’ils ont été créés par son Père.    

Ceci, c’est du sang. Oui, c’est du sang. Du sang d’une femme du rivage de la grande mer. Autrefois c’étaient des terres des philistins, et ses habitants sont encore un peu méprisés par les hébreux. Et pourtant elle sut défendre le Maître jusqu’à ce que son mari la tue. Il la battit si violemment qu’il lui ouvrit la tête et sa cervelle avec son sang giclèrent sur le mur de sa maison où maintenant pleurent les orphelins. Mais elle avait reçu un bienfait. Le Maître avait guéri son mari atteint d’une maladie honteuse. Et elle aimait le Maître à cause de cela. Elle l’a aimé jusqu’à mourir pour Lui. Elle l’a précédé dans le sein d’Abraham, comme vous dites. Annalia aussi l’a précédé, et elle aurait su mourir ainsi, elle aussi, si la mort ne l’avait cueillie avant. Et une mère aussi, plus haut, a lavé de son sang le chemin, du sang de son ventre ouvert par son fils brutal, pour défendre le Maître. Une vieille femme est morte de douleur en voyant blessé et frappé Celui qui avait rendu les yeux à son fils. Un vieillard, un mendiant, est mort, parce qu’il se redressa pour le défendre et il reçut dans la tête la pierre destinée à la tête de votre Seigneur. Farce que vous croyiez qu’il l’était, n’est-ce pas ? Les preux d’un roi meurent autour de lui. Aucun de vous n’est mort, pourtant. Vous étiez loin de ceux qui le frappaient. Ah ! non ! Un est mort. Il s’est tué. Mais pas par douleur, pas pour défendre le Maître. Il l’a d’abord vendu, puis il l’a indiqué par un baiser, puis il s’est tué. Il n’avait pas autre chose à faire. Il ne pouvait plus croître en perversité. Il était parfait, comme Belzébuth. Le monde l’aurait lapidé pour le faire disparaître de la terre. Oh ! je crois que cette femme pleine de pitié qui est morte pour empêcher qu’on frappe le Martyr, je crois que la vieille Anne qui est morte de douleur de le voir en cet état, et le vieux mendiant et la mère de Samuel et la vierge qui est morte et moi qui ne sais pas monter au Temple parce que je souffre de voir immolés les agneaux et les tourterelles, je crois que nous aurions eu le courage de le lapider, et que nous n’aurions pas frémi de le voir lapidé par nos pierres... Lui le savait, et il a épargné au monde la fatigue de le tuer, et il nous a épargné de devenir bourreaux pour venger l’innocent... ”  

Elle les regarde avec mépris. Son mépris est devenu de plus en plus visible à mesure qu’elle parlait. Ses yeux, grands et noirs, ont la dureté de l’œil d’un rapace pendant qu’ils regardent le groupe qui ne sait pas, qui ne peut pas réagir... Elle siffle entre ses dents le dernier mot : “Bâtards !” Elle reprend ses brocs et puis s’en va, contente d’avoir craché son dédain sur les disciples qui ont abandonné le Maître...          

Ceux-ci sont anéantis. Ils restent tête basse, les bras ballants, épuisés... La vérité les écrase. Ils méditent sur les conséquences de leur lâcheté... Ils se taisent... Ils n’osent pas se regarder entre eux.            

Jean et le Zélote eux-mêmes, les deux qui sont innocents de cette faute, ont l’attitude des autres, peut-être à cause de la douleur de les voir ainsi mortifiés et de l’impossibilité de panser la blessure produite par les paroles sincères de la femme...    

La route est désormais dans la pénombre. La lune, à ses derniers jours, se lève tard et, à cause de cela, le crépuscule s’obscurcit rapidement. Le silence est absolu. Pas de bruit ni de voix humaine, et dans le silence règne seul le gargouillis du Cédron. De sorte que quand la voix de Jésus résonne, elle les fait sursauter comme si c’était un son effrayant alors que sa voix est si douce quand il dit :      

“Que faites-vous en cet endroit ? Je vous ai attendu au milieu des oliviers... Pourquoi restez-vous à contempler des choses mortes quand la Vie vous attend ? Venez avec Moi.” Jésus semble venir du Gethsémani vers eux. Il s’arrête près d’eux.    

Il regarde cette tache sur laquelle sont encore fixés les regards terrifiés des apôtres et il dit : “Cette femme est déjà dans la paix, et elle a oublié la douleur. Inactive pour ses fils ? Non. Doublement active et elle les sanctifiera car elle ne demande que cela à Dieu.”          

Il se met en route. Ils le suivent en silence.    

Mais Jésus se tourne et dit : “Pourquoi vous demandez-vous en votre cœur : ‘Et pourquoi ne demande-t-elle pas la conversion pour son mari ? Elle n’est pas sainte si elle le hait...” Elle ne le hait pas. Elle a pardonné dès le moment où il la tuait, mais, âme entrée dans le Royaume de la Lumière, elle voit avec sagesse et justice. Et elle voit qu’il n’y a pas de conversion et de pardon pour son mari. Elle tourne alors sa prière vers ceux qui peuvent en recevoir du bien. Ce n’est pas mon sang, non. Et pourtant j’en ai tant perdu aussi sur cette route !... Mais les pas des ennemis l’ont éparpillé, mêlé à la poussière et aux ordures, et la pluie l’a délavé et entraîné parmi les couches de poussière. Mais il y en a tant encore de visible... Car il en a tant coulé que les pas et l’eau ne pourront pas l’effacer facilement. Nous y irons ensemble et vous verrez mon Sang répandu pour vous... ”        

“Où ? Où veut-il aller ? A l’endroit où il a pleuré ? Au Prétoire ?” se demandent-ils.      

Et Jean dit : “Mais Claudia est repartie deux jours après le sabbat et, dit-on, indignée, effrayée même de rester près de son mari... Le lancier me l’a dit. Claudia sépare sa responsabilité de celle de son mari. Car elle lui avait dit de ne pas poursuivre le Juste, car il valait mieux être persécuté par les hommes que par le Très-Haut dont le Maître était le Messie. Et il n’y a pas non plus Plautina, ni Lidia. Elles ont suivi Claudia à Césarée, et Valeria est allée avec Jeanne à Béther. Si elles avaient été là, nous pouvions entrer. Mais maintenant.., je ne sais pas... Longin aussi est absent, car Claudia a voulu qu’il l’accompagne.”        

“Ce sera à l’endroit où tu as vu l’herbe trempée de sang...”        

Jésus, qui est en avant, se tourne et dit : “Au Golgotha. Là il y a tant de mon Sang que la poussière est semblable à du minéral ferreux, Et il y a quelqu’un qui vous y a précédés...”        

“Mais l’endroit est impur !” crie Barthélemy.    

Jésus a un sourire de compassion et il répond : “Tout endroit de Jérusalem est impur après l’atroce péché. Et pourtant vous n’avez pas d’autre gêne à y rester que celui de la peur de la foule...”    

“Les larrons y sont toujours morts...”

“J’y suis mort. Et je l’ai sanctifié pour toujours. En vérité je vous dis que jusqu’à la fin des siècles il n’y aura pas de lieu plus saint que celui-là, et il attirera les foules de toute la Terre et de toutes les époques pour baiser cette poussière. Et il y a déjà quelqu’un qui vous y a précédés, sans craindre les moqueries et les vengeances, sans craindre de se contaminer. Et pourtant qui vous a précédés avait une double raison de craindre cela.”    

“Qui est-ce, Seigneur ?” demande Jean à qui Pierre pique le côté avec son coude pour qu’il demande.      

“Marie de Lazare ! Comme elle a ramassé les fleurs foulées par mes pas pendant que j’entrais, avant la Pâque, dans sa maison, souvenir de joie qu’elle a distribué à ses compagnes, ainsi maintenant elle a su monter au Calvaire, et avec ses mains creuser la terre, durcie par mon Sang, et descendre avec Sa charge et la déposer sur les genoux de ma Mère. Elle n’a pas craint. Et elle était connue comme "la Pécheresse” et comme "la disciple”. Et celle qui a accueilli sur ses genoux ce terreau du lieu du Crâne, n’a pas cru se contaminer. Mon Sang a tout annulé, et sainte est la terre où il est tombé. Demain, avant sexte, vous monterez au Golgotha. Je vous rejoindrai... Mais celui qui veut voir mon Sang, le voici.” Il montre la rampe du petit pont. “Ici on frappa ma bouche et il en sortit du sang... Ma bouche n’avait dit que des paroles saintes et des paroles d’amour. Pourquoi alors la frappa-t-on et n’y eut-il personne pour la panser par un baiser ?...      

Ils entrent au Gethsémani. Mais Jésus doit d’abord ouvrir une serrure qui maintenant ferme l’accès du jardin des Oliviers. Une serrure neuve. Une palissade robuste, avec des pointes aiguës, élevée, fermée par une serrure robuste et toute neuve. Jésus a la clef, si neuve qu’elle resplendit comme de l’acier, et il ouvre la serrure à la clarté d’une branche en flamme que Philippe a allumée pour y voir, car maintenant il fait tout à fait nuit.          

“Elle n’y était pas... Pourquoi ?...” ils chuchotent entre eux en observant l’enceinte qui maintenant isole le Gethsémani. “Certainement Lazare n’a plus voulu personne ici. Regarde là : des pierres avec des briques et de la chaux. Maintenant il y a du bois, puis il y aura un mur... ”          

Jésus dit : “Venez. Ne vous occupez pas de choses mortes, vous dis-je... Voilà : vous étiez ici... Et c’est ici que je fus entouré et pris, et c’est de ce côté que vous avez fui... S’il y avait eu cette enceinte alors... Elle aurait empêché votre fuite rapide. Mais comment Lazare pouvait-il penser, lui qui brûlait de me suivre, pendant que vous brûliez de fuir, que vous auriez fui ? Je vous fais souffrir ? Moi, j’ai souffert avant. Et je veux effacer cette douleur. Embrasse-moi, Pierre...        

“Non. Seigneur ! Non ! Le geste de Judas, ici, à la même heure, non, non, non !”        

“Embrasse-moi. J’ai besoin que vous fassiez avec un amour sincère le geste sans sincérité de Judas. Après, vous serez heureux. Nous serons plus heureux. Vous et Moi, Viens, Pierre, embrasse-moi."          

Pierre ne se contente pas de l’embrasser : il inonde de larmes la joue du Seigneur et se retire en se couvrant le visage et en s’asseyant sur le sol pour pleurer. L’un après l’autre, les autres l’embrassent à la même place. Qui plus, qui moins, ils ont tous des larmes sur le visage...      

“Et maintenant, allons, tous ensemble. Je vous ai séparés de Moi ce soir-là après vous avoir fortifiés avec mon Corps, et pour quelques heures, Mais vous êtes tombés tout de suite. Rappelez-vous toujours combien vous avez été faibles et que sans l’aide de Dieu vous ne pourriez pas rester une heure dans la justice. Voici. Ici je dis de veiller à ceux qui se croyaient les plus forts, forts au point de demander à boire à mon calice, et de proclamer que même s’il lui fallait mourir il ne m’aurait pas renié. Et je les ai quittés en les avertissant de prier... Je les ai quittés et ils ont dormi. Souvenez-vous-en, et enseignez-le que celui que Jésus a quitté, s’il ne se maintient pas en contact d’oraison avec Lui, s’assoupit et peut être pris. Si je ne vous avais pas éveillés, en vérité, vous pouviez même être tués pendant le sommeil et comparaître au jugement de Dieu alourdis par l’humanité. Venez encore... Voilà ! Abaisse la branche, Philippe.            

Voici ! Que celui qui veut voir de mon Sang, regarde. Ici, dans la plus grande angoisse, semblable à quelqu’un qui meurt, j’ai sué du sang. Regardez... Tellement que la terre en est durcie et que l’herbe en est encore rouge car la pluie n’a pas été capable de fondre les grumeaux séchés au milieu des tiges et des corolles. Voilà ! Et ici je me suis adossé et c’est ici qu’a plané sur Moi l’ange du Seigneur pour me rendre fort dans ma volonté de faire la Volonté de Dieu. Car, souvenez-vous-en, si vous voulez toujours faire la Volonté de Dieu, là où la créature ne peut tenir, Dieu vient avec son ange pour soutenir le héros épuisé. Quand vous serez angoissés ne craignez pas de tomber dans la lâcheté ou dans l’abjuration si vous persistez à vouloir ce que Dieu veut. Dieu fera de vous des géants d’héroïsme si vous restez fidèles à sa volonté. Souvenez-vous-en ! Souvenez-vous-en ! Je vous l’ai dit autrefois, qu’après la tentation dans le désert, j’ai été soutenu par les anges. Sachez maintenant qu’ici aussi, après l’extrême tentation, j’ai été soutenu par un ange. Et ainsi il en sera de vous et de tous ceux qui seront mes fidèles. Car, en vérité je vous le dis, ce que j’ai eu comme aide, vous l’aurez, vous aussi. Moi-même je vous l’obtiendrais s’il n’y avait déjà le Père, dans son amoureuse justice, pour vous l’accorder. Seulement la douleur sera toujours inférieure à la mienne...            

Asseyez-vous. La lune se lève à l’orient. Il va faire clair. Je ne crois pas que cette nuit vous dormirez, bien que vous soyez encore tellement et seulement encore des hommes. Non. Vous ne dormirez pas car il est entré en vous un principe actif qu’avant vous n’aviez pas. C’est le remords. Une torture, c’est vrai. Mais elle sert à passer à des stades plus élevés, que ce soit dans le bien ou dans le mal. En Judas de Kériot, parce qu’il s’était éloigné de Dieu, il a produit le désespoir et la damnation. En vous, qui n’êtes jamais sortis du voisinage de Dieu — je vous l’assure, car il n’y avait pas en vous la volonté et la pleine advertance de ce que vous faisiez — il produira un repentir confiant qui vous amènera à la sagesse et à la justice. Restez où vous êtes. Je me retire là-bas, à la distance d’un jet de pierre, en attendant l’aube.”    

“Oh ! ne nous quitte pas, Seigneur ! Tu as dit ce que nous sommes, loin de Toi !” supplie André en se tenant à genoux, les mains tendues, comme s’il demandait une obole de pitié.        

“Vous avez le remords. C’est un bon ami pour les bons.”      

“Ne t’éloigne pas, Seigneur ! Tu nous avais dit que nous aurions prié ensemble...” supplie le Thaddée qui n’ose plus les gestes de parent envers le Ressuscité et se tient avec sa haute personne un peu courbée en avant pour le vénérer.    

“Et la méditation n’est-elle pas l’oraison la plus active ? Et ne vous ai-je pas fait contempler et méditer et donné un thème de méditation depuis que je vous ai rejoints sur la route, en vous mouvant le cœur avec des actes vrais de saints sentiments ? C’est cela l’oraison, ô hommes : se mettre en contact avec l’Éternel et avec les choses qui servent à amener l’esprit bien au-delà de la Terre, et de la méditation des perfections de Dieu et de la misère de l’homme, du moi, susciter des actes de volonté amoureuse ou réparatrice, adoratrice toujours, même si c’est une volonté qui surgit d’une méditation sur une faute et un châtiment. Le bien et le mal servent à la fin dernière, si on sait s’en servir. Je l’ai dit maintes fois. Le péché est une ruine inguérissable seulement s’il n’est pas suivi de repentir et de réparation. Dans le cas contraire, avec la contrition du cœur on fait un mortier solide pour tenir compacts les fondements de ta sainteté dont les pierres sont les bonnes résolutions. Pourriez-vous tenir les pierres unies sans le mortier ? Sans la substance brute et vile en apparence, mais sans laquelle les pierres polies, les marbres brillants ne resteraient pas unis pour former l’édifice ?”  

Jésus va s’en aller.    

Jean, auquel son frère et l’autre Jacques en même temps que Pierre et Barthélemy ont parlé à voix basse, se lève et le suit en disant : “Jésus, mon Dieu, nous espérions dire avec Toi l’oraison à ton Père. Ton oraison. Nous nous sentons peu pardonnés si tu ne nous accorde pas de la dire avec Toi. Nous sentons en avoir tant besoin...”            

“Là où deux sont unis dans la prière Moi, je suis au milieu d’eux. Dites alors l’oraison entre vous et je serai parmi vous.”

“Ah ! tu ne nous juges plus dignes de prier avec Toi !” crie Pierre, le visage caché dans les herbes qui ne sont pas toutes pures du sang divin, et en pleurant fortement.

Jacques d’Alphée s’exclame : “Nous sommes malheureux, frè... Seigneur.” Il se reprend tout de suite en disant "Seigneur" au lieu de "frère".  

Jésus le regarde et dit : “Pourquoi ne me dis-tu pas frère, toi qui es de mon sang ? Frère pour tous les hommes, pour toi je le suis doublement, triplement, comme fils d’Adam, comme fils de David, comme fils de Dieu. Termine ton mot.”            

“Frère, mon Seigneur, nous sommes malheureux et sots, tu le sais, et plus sots nous rend l’humiliation où nous sommes. Comment pouvons-nous dire avec l’âme ton oraison si nous n’en connaissons pas la signification ?”            

“Que de fois, comme à des enfants mineurs, je vous l’ai expliquée ! Mais vous avez la tête plus dure que le plus distrait des élèves d’un pédagogue, et vous n’avez pas retenu ma parole !”        

“C’est vrai ! Mais maintenant notre esprit est fixé dans notre torture de ne pas t’avoir compris... Oh ! nous n’avons rien compris ! Je le reconnais au nom de tous ! Et encore nous ne te comprenons pas bien, ô Seigneur. Mais, je t’en prie, l’indulgence pour notre mal, tire-la du mal lui-même qui nous rend obtus. Tu avais expiré et le grand rabbi cria la vérité de l’obtusité d’Israël, là, au pied de ta Croix. Et Toi, Dieu omniprésent, Esprit de Dieu libéré de la prison de la Chair, tu as entendu ces paroles : “Des siècles et des siècles de cécité spirituelle restent sur la vue intérieure” et il t’a fait cette prière : “En cette pensée, prisonnière des formules, pénètre  Toi, Libérateur”. O mon adoré et adorable Jésus, qui nous as sauvés de la Faute d’origine en prenant sur Toi nos péchés et en les consumant dans l’ardeur de ton amour parfait, prends, consume aussi notre intelligence d’israélites obstinés. Donne-nous un esprit nouveau, vierge comme celui d’un enfant qui sort du sein, fais-nous oublier pour nous remplir de ta seule sagesse. Tant de choses du passé sont mortes dans cette journée horrible. Mortes avec Toi. Mais maintenant que tu es Ressuscité, fais que naisse en nous une nouvelle pensée. Crée en nous un cœur et un esprit nouveaux, mon Seigneur, et nous te comprendrons” prie Jean.      

“Ce n’est pas à Moi que revient cette tâche, mais à Celui dont je vous ai parlé à la dernière Cène. Chacune de mes paroles se perd dans l’abîme de votre pensée, en tout ou en partie, ou reste fermée et close en son esprit. Seul le Paraclet, quand Il sera venu, sortira mes paroles de votre abîme et vous les ouvrira pour vous faire comprendre leur esprit.”          

“Mais c’est Toi qui nous l’as infusé” objecte le Zélote.            

“Mais tu nous as dit que quand tu serais allé vers le Père, Lui, l’Esprit de Vérité, serait venu” objecte Matthieu en même temps que le Zélote.        

“Dites-moi : quand un enfant naît a-t-il l’âme infusée ?”          

“Certainement qu’il l’a !” répondent tous.        

“Mais cette âme a-t-elle la Grâce de Dieu ?”    

“Non. La Faute d’origine est sur elle et la prive de la Grâce.”  

“Et l’âme et la Grâce d’où viennent-elles ?”    

“De Dieu !”    

“Pourquoi Dieu ne donne-t-Il pas tout bonnement une âme en état de grâce à la créature ?”    

“Parce qu’Adam a été puni et nous avec lui. Mais maintenant que tu es devenu le Rédempteur, il en sera ainsi.”            

“Non. Il n’en sera pas ainsi. Les hommes naîtront toujours impurs dans leur âme que Dieu a créée et que l’hérédité d’Adam a tachée. Mais par un rite que je vous expliquerai une autre fois, l’âme infusée dans l’homme sera vivifiée par la Grâce, et l’Esprit du Seigneur en prendra possession. Vous, cependant, baptisés avec l’eau par Jean, vous serez baptisés avec le Feu de la Puissance de Dieu, et alors l’Esprit de Dieu sera vraiment en vous. Et ce sera le Maître que les hommes ne peuvent persécuter ni chasser et qui, dans votre intérieur, vous dira l’esprit de mes paroles et beaucoup d’autres instructions. Je vous l’ai infusé, car c’est seulement par mes mérites que toute chose peut s’obtenir et être valide. Posséder Dieu, et être valide la parole d’un délégué de Dieu. Mais Il n’est pas encore en vous, comme Maître, l’Esprit de Vérité.”      

“Eh bien, qu’il en soit ainsi. Il viendra en son temps. Mais, en attendant, fais nous sentir ton pardon. Sois pour nous un Maître, ô mon Seigneur. Encore, encore, puisque tu as dit qu’il faut pardonner soixante-dix fois sept fois” insiste Jean et il termine — c’est toujours le plus confiant et le plus affectueux — en osant prendre dans les siennes la main gauche de Jésus, qui pend et sur laquelle la lune semble rendre encore plus grande la déchirure du clou : “Toi qui es la Lumière éternelle ne permets pas que tes serviteurs restent dans les ténèbres” et il baise les doigts légèrement à la pointe, ces doigts restés un peu pliés exactement comme le sont ceux de quelqu’un qui a été blessé et est guéri mais garde les nerfs légèrement contractés.

“Venez. Montons plus haut et nous dirons ensemble l’oraison” accorde Jésus, on laissant sa main dans celles de Jean pendant que déjà il marche vers la limite la plus élevée du Gethsémani, vers la route élevée qui, à travers le Camp des Galiléens, va à Béthanie.          

Ici encore on voit que les travaux de délimitation, voulus par Lazare, sont en cours. Et même ici, plus loin que la maison du gardien de l’Oliveraie, on a déjà élevé un mur lisse et haut qui suit la haie et le sentier en lacets qui étaient la limite du Gethsémani.            

En bas Jérusalem sort lentement des ténèbres, même dans les parties qui sont au couchant car la lune est maintenant au zénith et elle blanchit toutes choses avec sa fine faucille, qui brille comme une flamme de diamant posée sur le firmament sombre sur lequel palpitent les corolles lumineuses d’un nombre incalculable d’étoiles, de ces étoiles si invraisemblables des cieux d’orient.    

Jésus lève les bras dans son attitude habituelle de prière et entonne : "Notre Père qui es aux Cieux.” Il s’interrompt et commente : “Qu’Il soit Père, Il vous en a donné la preuve en vous pardonnant. Vous, tenus plus que tous à la perfection, vous, qui avez reçu tant de bienfaits et, comme vous dites, si inaptes à la mission, quel Seigneur qui ne serait pas Père ne vous aurait pas punis ? Je ne vous ai pas punis. Le Père ne vous a pas punis. Car ce que fait le Père, le Fils le fait, car ce que fait le Fils, le Père le fait, car Nous sommes une seule Divinité unie dans l’Amour. Je suis dans le Père, et le Père est avec Moi. Le Verbe est toujours près de Dieu qui est sans principe. Et le Verbe est avant toute chose, depuis toujours, depuis une éternité qui a nom toujours, depuis un éternel présent près de Dieu, et Il est Dieu comme Dieu, car Il est le Verbe de la Pensée divine.        

Quand donc je m’en serai allé, en priant ainsi notre Père, le mien et le vôtre, par qui nous sommes frères, Moi premier-né, vous cadets, veuillez me voir toujours Moi aussi dans mon Père et le vôtre. Veuillez voir le Verbe qui pour vous fut le ‘Maître” et vous a aimés jusqu’à la mort et au-delà de la mort, en vous laissant Lui-même en nourriture et en boisson pour que vous soyez en Moi et Moi en vous tant que dure l’exil, et puis vous et Moi dans le Royaume pour lequel je vous ai enseigné à prier : "Que vienne ton Règne” après l’avoir invoqué pour que vos œuvres sanctifient le Nom du Seigneur en Lui donnant gloire sur la Terre et au Ciel. Oui. Il n’y aurait pas de Royaume pour vous au Ciel, de Royaume pour ceux qui croiront comme vous, si d’abord vous n’aviez pas voulu le Royaume de Dieu en vous par la pratique réelle de la Loi de Dieu et de ma parole qui est le perfectionnement de la Loi ayant donné, dans le temps de la Grâce, la Loi des élus, c’est-à-dire celle de ceux qui sont au-delà des constitutions civiles, morales, religieuses du temps mosaïque, déjà dans la Loi spirituelle du temps du Christ.

Vous le voyez ce que c’est que d’avoir le voisinage de Dieu, mais non pas Dieu en vous; ce que c’est que d’avoir la parole de Dieu, mais non pas la pratique réelle de cette Parole. Tout crime s’est accompli pour avoir ce voisinage de Dieu, mais non pas Dieu dans le cœur; pour avoir la connaissance de la parole, mais non pas l’obéissance à cette parole. Tout ! Tout pour cela. L’obtusité et la criminalité, le déicide, la trahison, les tortures, la mort de l’Innocent et de son Caïn, tout est venu pour cela. Et pourtant qui comme Judas a été aimé par Moi ? Mais il n’a pas eu Moi-Dieu dans son cœur. Et il est le damné déicide, l’infiniment coupable comme israélite et comme disciple, comme suicidé et comme déicide, en plus que pour ses sept vices capitaux et toutes ses autres fautes.            

Le Royaume de Dieu en vous maintenant peut s’obtenir avec plus de facilité parce que je vous l’ai obtenu par ma mort. Je vous ai rachetés par ma douleur. Souvenez-vous-en. Et que personne ne piétine la Grâce parce qu’elle a coûté la vie et le Sang d’un Dieu Que le Royaume de Dieu soit donc en vous, hommes, par la Grâce; que ce soit sur la Terre, par l’Église, que ce soit au Ciel pour le peuple des bienheureux qui ayant vécu avec Dieu dans leur cœur, unis au Corps dont le Christ est la Tête, unis à la Vigne dont tout chrétien est un sarment, méritent de reposer dans le Royaume de Celui pour lequel toutes choses ont été faites : Moi qui vous parle, et qui me suis donné Moi-même à la Volonté paternelle pour que tout puisse être accompli. C’est pourquoi je puis vous enseigner, sans hypocrisie, qu’il faut dire : "Que soit faite ta volonté sur la Terre comme au Ciel”. Comme j’ai fait la volonté de mon Père jusqu’aux mottes de terre, jusqu’aux plantes, jusqu’aux fleurs, jusqu’aux pierres de Palestine, et mes chairs blessées, et tout un peuple peuvent le dire.          

Faites comme j’ai fait jusqu’au bout, jusqu’à la mort de la croix, si Dieu le veut. Car, souvenez-vous-en, je l’ai fait et il n’y a pas de disciple qui mérite la miséricorde plus que Moi. Et pourtant j’ai consumé la plus grande douleur, et même j’ai obéi par de continuels renoncements. Vous le savez. Vous le comprendrez encore davantage dans l’avenir quand vous me ressemblerez en buvant une gorgée à mon calice...

Donnez-vous cette pensée constante : “C’est par son obéissance au Père que Lui nous a sauvés”. Et si vous voulez être sauveurs, faites ce que Moi j’ai fait. Il y en aura qui connaîtront même la croix, d’autres la torture des tyrans, ou la torture de l’amour, de l’exil des Cieux en y tendant jusqu’à l’âge le plus avancé avant d’y monter. Eh bien : qu’en toute chose soit fait ce que Dieu veut. Pensez que supplice de mort ou supplice de vie, alors que vous voudriez mourir pour venir où je suis, sont pareils aux yeux de Dieu s’ils sont faits avec une joyeuse obéissance. Ils sont la Volonté de Dieu, et à cause de cela, ils sont saints.          

"Donne-nous notre pain quotidien”. Au jour le jour, heure par heure. C’est de la foi. C’est de l’amour. C’est de l’obéissance. C’est de l’humilité. C’est de l’espérance de demander le pain d’un jour, et de l’accepter comme il est. Aujourd’hui doux, demain amer, beaucoup, peu, avec des épices, ou avec de la cendre. Toujours tel qu’il est juste. C’est Dieu, qui est Père, qui le donne. Il est donc bon.            

Une autre fois je vous parlerai de l’autre Pain qu’il serait salutaire de vouloir manger chaque jour et de prier le Père de le maintenir. Car malheur à ces jours et à ces lieux où on viendrait à en manquer par la volonté des hommes ! Or vous voyez combien les hommes sont puissants dans leurs œuvres de ténèbres. Priez le Père qu’Il défende son Pain et vous le donne. Qu’Il vous le donne d’autant plus que les ténèbres voudront étouffer la Lumière et la Vie comme ils ont fait à la Parascève. La seconde Parascève serait sans résurrection. Souvenez-vous-en, tous. Si le Verbe ne pourra plus être tué, sa doctrine pourrait encore être tuée, et éteinte la liberté et la volonté de l’aimer en un trop grand nombre. Mais alors aussi la Vie et la Lumière seraient finies pour les hommes. Et malheur à ce jour ! Que le Temple soit pour vous un exemple. Rappelez-vous : j’ai dit “il est le grand Cadavre”.  

“Remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs            

Tous pécheurs, soyez doux pour les pécheurs. Rappelez-vous mes paroles : ‘A quoi bon regardes-tu la paille du frère si auparavant tu n’enlèves pas la poutre de ton œil ?” Cet Esprit que je vous ai infusé, cet ordre que je vous ai donné, vous donnent le pouvoir de remettre, au nom de Dieu, les péchés du prochain. Mais comment pourrez-vous le faire si Dieu ne les remet pas à vous ? Je parlerai de cela une autre fois. Pour le moment je vous dis : Pardonnez à qui vous offense pour être pardonnés et pour avoir le droit d’absoudre ou de condamner. Celui qui est sans péché peut le faire avec une pleine justice. Celui qui ne pardonne pas et est en faute et feint le scandale est hypocrite et l’Enfer l’attend. Car s’il y a encore de la miséricorde pour les pupilles, sévère sera le verdict pour les tuteurs des pupilles, coupables de fautes pareilles ou plus grandes, bien que possédant pour les aider la plénitude de l’Esprit.        

“Ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal”. Voici l’humilité, pierre de base de la perfection. En vérité je vous dis de bénir ceux qui vous humilient car ils vous donnent ce qui est nécessaire pour votre céleste trône.          

Non. La tentation n’est pas la ruine, si l’homme se tient humblement près du Père et Lui demande de ne pas permettre que Satan, le monde et la chair triomphent de lui. Les couronnes des bienheureux sont ornées des gemmes des tentations vaincues. Ne les cherchez pas, mais ne soyez pas lâches quand elles viennent. Humbles, et forts par conséquent, criez à mon Père et au vôtre : “Libère-nous du mal” et vous vaincrez le mal. Et vous sanctifierez vraiment le Nom de Dieu par vos actions, comme je l’ai dit au début, car tout homme dira en vous voyant : “Dieu existe, car eux vivent comme des dieux, si parfaite est leur conduite” et ils viendront à Dieu, en multipliant le nombre des habitants du Royaume de Dieu.    

Agenouillez-vous pour que je vous bénisse et que ma bénédiction vous ouvre l’esprit pour méditer.”      

Ils se prosternent sur le sol et Lui les bénit et disparaît comme s’il était absorbé par un rayon de lune.

Après un moment les apôtres lèvent la tête, étonnés de ne pas entendre d’autres paroles et ils voient que Jésus est disparu... Ils se rabattent, le visage au sol, dans la crainte séculaire de tout israélite qui se rend compte qu’il a été au contact de Dieu comme Il est dans le Ciel.        

*
SOURCE : http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-016.htm
TOME : 1./16



♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Aimez_10
Maud
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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Mar 25 Nov 2014 - 6:56

♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_26


Les apôtres vont sur le Golgotha et après…


Jérusalem brûle déjà dans le soleil de midi. Une archivolte ombreuse est un rafraîchissement pour la vue éblouie par le soleil qui frappe les murs blancs des maisons et rend brûlant le sol des chemins. La blancheur incandescente des murs et l’obscurité des archivoltes font de Jérusalem une bizarre peinture en blanc et noir, une alternance de lumière violente et de pénombre, qui par contraste avec la lumière violente semblent des ténèbres, alternance qui tourmente comme une obsession, car elle enlève la faculté de voir ou par excès de lumière ou par excès d’ombre. On avance les yeux entrouverts en cherchant à courir dans les zones de lumière et de chaleur, en ralentissant sous les archivoltes où il est nécessaire d’avancer lentement car le contraste entre la lumière et les ténèbres fait que, même les yeux ouverts, on ne voit rien.      

C’est ainsi qu’avancent les apôtres dans une ville que l’heure de midi rend déserte, Ils suent et s’essuient le visage et le cou avec leurs couvre-chefs et soufflent...          

Mais quand ils doivent sortir de la ville, cesse pour eux le soulagement des archivoltes. La route, qui rase les murs et qui se perd vers le nord et vers le sud comme un ruban éblouissant de poussière incandescente, donne l’impression d’un sol de fournaise. Il s'en élève une chaleur de four, une chaleur qui dessèche les poumons. Le petit torrent, qui est au-delà des murs, a un filet d’eau au milieu d’une grève de cailloux que le soleil rend blancs comme autant de crânes calcinés. Les apôtres se précipitent sur ce filet d’eau et en boivent. Ils y plongent leurs couvre-chefs, se les mettent trempés sur la tête après s’être lavé le visage. Ils pataugent dans ce filet d’eau les pieds nus. Mais oui ! C’est un bien piètre rafraîchissement. L’eau est chaude comme si on l’avait versée d’un chaudron suspendu au-dessus d’une flamme, et eux le disent : "Elle est chaude et peu abondante. Elle a goût de boue et de borith . Quand il y en a si peu, elle garde le goût des lessives faites à l’aube."        

Ils entreprennent la montée du Golgotha, du Golgotha brûlé sur lequel le soleil brûlant a séché le peu d’herbe qui paraissait un duvet rare sur la montagne jaunâtre une quinzaine de jours auparavant. Maintenant les seuls rigides et rares touffes de plantes épineuses, tout en piquants et sans feuilles, dressent çà et là les tiges de squelettes déterrés, d’un vert jauni par la poussière du mont, vraiment semblables à des ossements que l’on vient de sortir de terre. Oui, on dirait réellement des bouquets d’ossements calcinés plantés dans le sol. Il y en a un qui, après une tige droite de deux palmes, présente un coude imprévu qui se termine en cinq doigts après une sorte de palette. On dirait vraiment une main squelettique qui se tend pour saisir le passant et le retenir dans ce lieu de cauchemar.

"Voulez-vous faire le chemin long ou le court ?" demande Jean qui est le seul qui ait déjà gravi cette montagne.            

"Le plus court ! Le plus court ! Faisons vite ! Ici on meurt de chaleur !" disent-ils tous, sauf le Zélote et Jacques d’Alphée.          

"Allons !"      

Les pierres du chemin pavé sont brûlantes comme des plaques tirées du feu.            

"Mais on ne peut avancer ici ! On ne peut !" disent-ils après quelques mètres.            

"Et pourtant le Seigneur est monté jusqu’à l’endroit où se trouvent ces ronces, et il était déjà blessé et avait la croix sur Lui" fait observer Jean qui pleure depuis qu’il est sur le Calvaire.      

Ils poursuivent, mais bientôt ils se jettent à terre épuisés, haletants. Les couvre-chefs, trempés dans le ruisseau, sont déjà séchés par le soleil; par contre, les vêtements sont tachetés par la sueur.            

"Trop rapide et trop brûlante !" souffle Barthélemy.    

"Oui. Trop !" confirme Matthieu qui est congestionne.    

"Pour le soleil, c’est tout pareil. Mais pour monter, prenons cette route. Elle est plus longue, mais moins fatigante. Longin lui-même la prit pour pouvoir faire que le Seigneur la monte. Voyez-vous ici, ici où se trouve cette pierre un peu sombre ? C’est là qu’est tombé le Seigneur et nous le croyions mort, nous qui regardions d’ici, au nord, là, vous voyez ?  où est ce creux avant que la côte s’élève rapidement. Il ne bougeait plus. Oh ! le cri de la Mère! Il me résonne ici ! Je ne l’oublierai jamais ce cri ! Je n’oublierai pas un seul de ses gémissements... Ah ! il y a des choses qui vous vieillissent en une heure, et donnent la mesure de la douleur du monde... Allons, venez ! Moins que vous s’est arrêté notre Seigneur Martyr !" incite Jean.          

Ils se lèvent abasourdis et le suivent jusqu’à l’intersection du chemin pavé et du sentier à lacets, et ils tournent par celui-ci. Oui ! c’est moins raide. Mais quant au soleil ! Et la chaleur y est encore plus forte étant donné que la côte, que côtoie ce sentier, réverbère ses feux sur les voyageurs déjà brûlés par le soleil.  

"Mais pourquoi nous faire monter ici à cette heure ?! Ne pouvait-il pas nous faire venir à l’aube, au point du jour, pour voir où nous posions les pieds ? D’autant plus que nous étions hors les murs et que nous pouvions venir sans attendre l’ouverture des portes." Ils se lamentent et grommellent entre eux.          

Hommes, encore et toujours hommes, maintenant, après la tragédie du Vendredi Saint, qui est la tragédie de leur humanité orgueilleuse et lâche, plus encore que la tragédie du Christ, toujours héros et victorieux même en mourant, hommes comme auparavant, quand ils s’enivraient des cris des hosannas de la foule, et jubilaient en pensant aux fêtes et aux banquets somptueux dans la maison de Lazare... Sourds, aveugles, fermés à tous les signes et avertissements de la tempête prochaine.    

Jacques d’Alphée et le Zélote pleurent en silence. André aussi ne se lamente plus après les dernières paroles de Jean. Et maintenant encore Jean parle, en rappelant ses souvenirs, et ce rappel est un avertissement fraternel, une exhortation à ne pas se plaindre... Il dit : "C’est l’heure où Lui est monté ici. Et il marchait déjà depuis longtemps. Oh ! je pourrais dire que depuis l’instant où il sortit du Cénacle, il n’eut plus un moment de repos ! Et il faisait bien chaud ce jour-là ! C’était la chaleur étouffante de l’orage proche... Et Lui brûlait de fièvre.Nique dit qu’elle eut l’impression de toucher du feu quand elle mit le linge sur son visage.        

Ce doit être par ici l’endroit où il rencontra les femmes... Nous, du côté opposé, nous n’avons pas vu la rencontre, mais d’après ce que dirent Nique et les autres... Allons, avançons ! Pensez que les romaines, habituées à la litière, ont parcouru à pied ce chemin en restant au soleil dès le matin, dès l’heure de tierce, quand il fut condamné. Oh ! Elles précédèrent tout le monde, elles, les païennes, envoyant des esclaves pour avertir les autres qui s’étaient absentées pour quelque motif..."

Ils avancent... Un martyre de feu, ce chemin ! Ils chancellent même. Pierre dit : "Si Lui n’opère pas un miracle, nous tomberons par un coup de soleil."        

"Oui. Le cœur m’éclate dans la gorge" confirme Matthieu.      

Barthélemy ne parle plus. Il paraît ivre. Jean le prend par le coude et le soutient comme il le faisait avec la Mère, le Vendredi sanglant. Il le réconforte : "D’ici peu il y a un peu d’ombre, là où je conduisis la Mère. Nous nous reposerons là."            

Ils vont, de plus en plus lentement... Les voilà contre le rocher où était Marie, et Jean le dit. En effet il y a un peu d’ombre, mais l’air est immobile et brûlant.        

"S’il y avait au moins une tige d’anis, une feuille de menthe, un brin d’herbe ! J’ai la bouche qui ressemble à du parchemin mis près d’une flamme. Mais rien ! Rien !" gémit  Thomas qui a les veines gonflées au cou et au front.        

"Je donnerais ce qui me reste de vie pour avoir une goutte d’eau" dit Jacques de Zébédée.

Jude Thaddée éclate en sanglots et dit : "Mon pauvre Frère, combien tu as souffert ! Il a dit... il a dit, vous le rappelez-vous ? qu’il mourait de soif ! Oh ! maintenant je comprends ! Je n’avais pas compris la portée de ces paroles ! Il mourait de soif ! Et il n’y eut personne pour Lui donner une gorgée d’eau pendant qu’il pouvait boire encore ! Et il avait la fièvre, Lui, en plus du soleil !"          

"Jeanne Lui avait apporté de quoi se désaltérer... " dit André.            

"Il ne pouvait plus boire, désormais ! Il ne pouvait plus parler... Quand il rencontra sa Mère, là, à dix pas de nous, il ne put dire que : "Maman !" et il ne put lui donner un baiser, même de loin bien que Simon de Cyrène l’eût délivré de la croix. Il avait les lèvres durcies par les blessures, brûlées... Oh ! je le voyais bien, au-delà du rang des légionnaires ! Parce que je ne suis pas passé ici. J’aurais pris sa croix, s’ils m’avaient laissé passer ! Mais ils craignaient pour moi... et à cause de la foule qui voulait nous lapider... Il ne pouvait pas parler... pas boire... pas donner un baiser...  

Il ne pouvait quasi plus regarder avec ses yeux douloureux à travers les croûtes de sang qui descendait de son front !... Son vêtement était déchiré au genou qu’on voyait ouvert, sanglant... Il avait les mains enflées et blessées... Il avait une blessure au menton et à une joue... La croix avait formé une plaie à son épaule déjà ouverte par les coups de fouets... Sa ceinture était blessée par les cordes... Ses cheveux étaient couverts du sang qui coulait des épines... Il avait..."    

"Tais-toi ! Tais-toi ! On ne peut t’entendre ! Tais-toi ! Je t’en prie et te le commande !" crie Pierre qui semble à la torture.            

"On ne peut m’entendre ! Vous ne pouvez m’entendre ! Mais moi, j’ai dû le voir et entendre ses spasmes ! Et la Mère ? Et la Mère, alors ? "        

Ils baissent la tête en sanglotant et recommencent à marcher, à marcher... Ce n’est plus sur eux qu’ils se lamentent, mais tous pleurent désormais sur les douleurs du Christ.      

Les voici au sommet, à la première petite place : une plaque de feu. La réverbération est telle que la terre semble trembler par suite de ce phénomène que produit le soleil sur les sables enflammés des déserts.        

"Venez. Montons de ce côté. C’est ici que nous fit passer le centurion. Moi aussi : ils m’ont cru fils de Marie. Les femmes étaient là et ici les bergers et ici les juifs..." Jean indique les endroits et termine : "Mais la foule était en bas, elle couvrait la pente jusqu’à la vallée, jusqu’à la route. Elle était sur les murs. Elle était sur les terrasses près des murs. Elle était aussi loin qu’on pouvait voir. J’ai vu cela quand le soleil commença à se voiler. Auparavant c’était comme à présent, et je ne pouvais voir..."      

En effet Jérusalem semble un mirage qui tremble là-bas. L’excès de lumière la voile à qui veut la voir, et Jean dit : "À d’autres heures, Marie de Lazare l’a dit, mais je ne savais pas quand ni pourquoi elle y était venue, on voit les restes noirs des maisons incendiées par la foudre. Les maisons des plus coupables... d’un grand nombre, du moins parmi eux... Voici ! Ici (Jean compte ses pas, reconstitue la scène, ici était Longin et ici Marie et moi. Ici était la croix du larron repenti et là l’autre. Et ici les vêtements furent tirés au sort. C’est là que la Mère tomba quand Il fut mort.., et c’est d’ici que je le vis frappé au Cœur (Jean devient pâle comme un mort) car sa Croix était ici" et il s’agenouille sur le sol pour adorer, le visage dans la terre visiblement creusée sur l’emplacement sanglant, le long de l’ombre du bras transversal de la croix et autour de son tronc vertical.    

Elle doit avoir fait un dur travail la Magdeleine pour creuser ainsi tant de terre et sur une profondeur d’au moins un bon palme , dans une terre si dure, mêlée à des pierres et des débris qui en font une sorte de croûte compacte ! Ils se jettent tous par terre, pour baiser cette poussière que maintenant baignent leurs larmes...          

Mais Jean se lève le premier et, affectueusement impitoyable, évoque tous les épisodes... Il ne sent plus le soleil... Personne ne le sent plus... Il parle du moment où Jésus repoussa le vin à la myrrhe, du moment où il se dévêtit et se ceignit du voile maternel, du moment où il apparut si durement flagellé et blessé, du moment où il s’étendit sur la croix et cria au premier clou, et puis cessa pour que sa Mère ne souffrît pas trop, du moment où ils Lui déchirèrent le poignet et déboîtèrent le bras pour le tirer jusqu’au trou fait à l’avance, et du moment où, Lui étant entièrement cloué, la croix fut retournée pour river les clous, et dont le poids reposa sur le Martyr dont on entendit le halètement, et où la croix fut retournée et relevée pour la traîner et la laisser retomber dans le trou et y fut calée, et où le Corps en tombant déchira les mains et où la couronne en se déplaçant déchira la tête, et les paroles au Père des Cieux, les paroles qui demandèrent pardon pour ceux qui le crucifiaient, et qui pardonnèrent au larron repenti, et les paroles à la Mère et à Jean, et l’arrivée de Joseph et Nicodème, si ouvertement héros quand ils défiaient tout un monde, et le courage de Marie de Magdala, et le cri d’angoisse au Père qui l’avait abandonné, et la soif, et le vinaigre avec le fiel, et la dernière agonie, et le faible appel à la Maman, et les paroles de celle-ci, avec son âme déjà au seuil de la vie à cause du tourment, du tourment.., et la résignation et l’abandon à Dieu et, horrible, la dernière convulsion et le cri qui fit trembler le monde, et le cri de Marie quand elle le vit mort...    

"Tais-toi ! Tais-toi ! Tais-toi !" crie Pierre et il semble, lui, transpercé par la lance. Les autres aussi le prient : "Tais-toi ! Tais-toi !..."            

"Je n’ai plus rien à dire. Le sacrifice était fini. La sépulture... notre déchirement et non le sien, et qui n’a de valeur que dans la douleur de la Mère. Notre déchirement ! Mérite-t-il de la compassion ? Donnons-là à Lui, au lieu de demander pitié pour nous. Nous avons trop et toujours fui la douleur, les fatigues, les abandons, en laissant tout cela à Lui, à Lui seul. En vérité nous avons été des disciples indignes qui l’avons aimé pour la joie d’être aimés, pour l’orgueil d’être des grands dans son royaume, mais qui n’avons pas su l’aimer dans la douleur... Maintenant non plus.          

Ici, ici, nous devons jurer, et c’est ici un autel, et il est élevé, en face du Ciel et de la Terre, qu’il n’en sera plus ainsi. Maintenant c’est pour Lui la joie, pour nous la croix. Jurons-le. C’est ainsi seulement que nous donnerons la paix à nos âmes, ici est mort Jésus de Nazareth, le Messie, le Seigneur, pour être le Sauveur et le Rédempteur. Qu’ici meure l’homme que nous sommes, et que ressuscite le vrai disciple. Levez-vous ! Jurons sur le Nom Saint de Jésus Christ que nous voulons embrasser sa doctrine jusqu’à savoir mourir pour la rédemption du monde." Jean semble être un séraphin. Ses gestes ont fait tomber son couvre-chef, et sa tête blonde brille au soleil. Il est monté sur des débris jetés de côté, peut-être les étais des croix des larrons, et il a pris involontairement l’attitude à bras ouverts qu’a souvent Jésus quand il enseigne, et particulièrement l’attitude qu’il avait sur la croix.            

Les autres le regardent, si beau, si enflammé, si jeune, le plus jeune de tous, et si mûr spirituellement. Le Calvaire l’a fait arriver à l’âge parfait... Ils le regardent et crient : "Nous le jurons !"        

"Alors prions pour que le Père fortifie notre serment : "Notre Père qui es aux Cieux... "

Le chœur des onze voix prend de l’assurance de plus en plus à mesure qu’ils continuent. Pierre se frappe la poitrine quand il dit : "Remets-nous nos dettes", et tous s’agenouillent quand ils disent la dernière supplication : "Délivre-nous du mal". Ils restent ainsi penchés jusqu’au sol, en méditant...    

Jésus est parmi eux. Je n’ai pas vu quand ni d’où il est apparu. On dirait que c’est du côté du mont qui est inaccessible. Il resplendit d’amour dans la grande lumière de midi et il dit : "Celui qui demeure en Moi ne subira pas de dommage de la part du Malin. En vérité je vous dis que ceux qui seront unis à Moi en servant le Très-Haut Créateur, dont le désir est le salut de tous les hommes, pourront chasser les démons, rendre inoffensifs les reptiles et les venins, passer au milieu des fauves et des flammes sans subir de dommage, tant que Dieu veut qu’ils restent sur la Terre pour le servir."          

"Quand es-tu venu, Seigneur ?" disent-ils en s’inclinant tout en restant à genoux.        

"C’est votre serment qui m’a appelé. Et maintenant, maintenant que les pieds de mes apôtres ont foulé cette terre, descendez rapidement à la ville, au Cénacle. Ce soir vont partir les femmes de Galilée avec ma Mère. Toi et Jean, vous irez avec elles. Nous nous retrouverons tous unis en Galilée sur le Thabor" dit-il au Zélote et à Jean.      

"Quand, Seigneur ?"      

"Jean le saura et vous le dira."          

"Tu nous quittes, Seigneur ? Tu ne nous bénis pas ? Nous avons tant besoin de ta bénédiction."            

"Je vous la donnerai ici et au Cénacle. Prosternez-vous !"      

Il les bénit et l’éclat du soleil l’enveloppe comme dans la Transfiguration, mais ici il le cache. Jésus n’est plus là.    

Ils lèvent la tête. Plus rien que le soleil et la terre brûlée...      

"Levons-nous et allons ! Il s’en est allé !" disent-ils avec tristesse.      

"Toujours plus courts ses séjours parmi nous !"        

"Mais aujourd’hui il semblait plus content qu’hier soir. Tu n’as pas eu cette impression, frère ?" demande le Thaddée à Jacques d’Alphée.            

"C’est notre serment qui l’a rendu heureux. Sois béni, Jean, de nous l’avoir fait faire !" dit Pierre en embrassant Jean.    

"Moi, j’espérais qu’il nous parlerait de sa Passion ! Pourquoi nous a-t-il fait venir ici pour ne rien nous dire ?" dit Thomas.            

"Nous le Lui demanderons ce soir" dit André.            

"Oui. Mais partons maintenant. La route est longue et nous voulons rester un peu avec Marie avant qu’elle s’en aille" dit Jacques d’Alphée.  

"Une autre douceur qui finit !" soupire le Thaddée.    

"Nous restons orphelins ! Comment ferons-nous ?"    

Ils se tournent vers Jean et le Zélote et ils disent avec une pointe d’envie dans la voix: "Vous, au moins, vous allez avec la Mère ! Et vous restez avec elle, toujours."          

Jean fait un geste comme pour dire : "C’est ainsi." Mais eux, qui les envient sans malice, disent tout de suite : "C’est juste, pourtant. Car tu as été ici avec elle et tu as renoncé à y être par obéissance. Nous..."            

Ils commencent à descendre. Mais ayant mis le pied sur la seconde petite place, la plus basse, ils voient une femme qui y arrive sous le soleil par le chemin le plus raide et qui les dévisage sans parler, en se dirigeant avec assurance vers la petite place la plus haute.

"Déjà quelqu’un vient ici ! Ce n’est pas seulement Marie qui vient. Mais que fait-elle ? Elle pleure en cherchant par terre. C’est peut-être une femme qui a perdu quelque chose ce jour-là ?" se demandent-ils. Ce serait possible en effet, car on ne voit pas qui c'est. Le visage de la femme est complètement voilé.            

Thomas élève sa robuste voix : "Femme, qu’as-tu perdu ?"    

"Rien. Je cherche l’emplacement de la Croix du Seigneur. J’ai un frère mourant et le bon Maître n’est plus sur la Terre..." elle pleure sous son voile. "Les hommes l’ont chassé !"

"Il est ressuscité, femme. Il y est pour toujours."        

"Je sais qu’il y est pour toujours, car il est Dieu, et Dieu ne périt pas. Mais il n’est plus parmi nous. Le monde ne l’a pas voulu, et Lui s’en est allé, Le monde l’a renié, et même ses disciples l’ont abandonné comme si c’était un larron, et lui a abandonné le monde. Moi, je viens chercher un peu de son Sang. J’ai foi que ce Sang guérira mon frère, plutôt que l’imposition des mains de ses disciples, car je ne crois plus qu’ils puissent faire des prodiges après avoir été infidèles."    

"Le Seigneur était ici, femme, tout à l’heure. Il est ressuscité en âme et en corps et il est encore parmi nous. Le parfum de sa bénédiction est encore sur nous. Regarde : c’est ici qu’il posait ses pieds, il y a peu de temps" lui dit Jean.        

"Non. Je cherche une goutte de son Sang. Je n’étais pas ici et je ne connais pas l’endroit..." toute penchée, elle cherche par terre.      

Jean lui dit : "C’était là l’endroit de sa croix. Moi, j’y étais."    

"Tu y étais ? Comme ami, ou pour le crucifier ? On dit qu’un seul de ses disciples préférés était sous sa croix et quelques autres disciples fidèles avec lui, près d’ici. Mais je ne voudrais pas parler avec quelqu’un qui l’a crucifié."    

"Je ne le suis pas, femme. Regarde : ici était la croix et la terre est encore rouge de sang, bien qu’on ait creusé. Il y avait tant de sang qu’il a pénétré profondément. Tiens, et que ta foi ait sa récompense." Jean a creusé avec des doigts dans le trou où était la croix et en a tiré un terreau rougeâtre que la femme ramasse dans un petit linge. Elle remercie et s’en va rapidement avec son trésor.

"Tu as bien fait de ne pas révéler qui nous sommes."            

"Pourquoi n’as-tu pas dit qui tu étais ?" disent les apôtres. Comme toujours les pensées humaines s’opposent.          

Jean les regarde et ne parle pas. Il descend le premier par la rapide route pavée. S’il est plus facile de descendre que de monter, le soleil est encore féroce, et quand ils sont on bas, au pied du Golgotha, ils sont vraiment assoiffés. Mais il y a des brebis dans le ruisseau et des bergers avec elles, sortis certainement de quelque étable voisine pour mener paître les brebis avant le soir. L’eau est trouble, imbuvable.    

La soif est telle que Barthélemy s’adresse à un berger en disant : "As-tu une gorgée d’eau dans ta gourde ?"      

L’homme les regarde avec sévérité et se tait.    

"Un peu de lait, alors. Les mamelles de tes bêtes sont gonflées. Nous paierons. Nous aurions voulu du liquide frais, mais il nous suffit de boire."    

"Je n’ai pas d’eau ni de lait pour ceux qui ont abandonné leur Maître. Je vous reconnais, savez-vous ? Je vous ai vus et écoutés à Béthsour un jour. Toi, justement toi, qui demandes... Mais je ne vous ai pas vus quand on descendit l’Homme tué. Il n’y avait que lui. Il n’y a pas eu d’eau pour Lui, m’ont dit ceux qui étaient sur le mont. Et pour vous non plus, il n’y a pas d’eau." Il siffle son chien, rassemble les brebis et va vers le nord, où commencent des collines couvertes d’oliviers et herbeuses.

Les apôtres, accablés, franchissent le pont et entrent dans la ville.    

Ils marchent en rasant les murs, le couvre-chef très bas sur les yeux, un peu courbés. Car maintenant les rues se raniment après qu’est passée la grande chaleur des premières heures de l’après-midi.          

Mais il faut traverser toute la ville avant d’arriver à la maison du Cénacle, et il y a trop de gens qui connaissent les apôtres pour que leur passage puisse se faire sans incident. Et il arrive bientôt qu’un éclat de rire cinglant les rejoint pendant qu’un scribe (je croyais vraiment que je n’en verrais plus et j’en étais heureuse) crie aux gens qui sont nombreux dans cet étroit carrefour où clapotent les eaux d’une fontaine: "Les voici ! Regardez-les ! Voici les restes de l’armée du grand roi ! Les preux lâches, les disciples du séducteur. Mépris et dérision pour eux, et la compassion qu’on a pour les fous !"          

C’est le commencement d’une rafale de moqueries.  

Certains crient : "Où étiez-vous pendant que Lui souffrait ?" d’autres : "Sont-ils persuadés maintenant que c’était un faux prophète ?", et d’autres : "C’est en vain que vous l’avez enlevé et caché ! L’idée est éteinte, le Nazaréen est mort. Le Galiléen a été foudroyé par Jéhovah, et vous avec Lui". Quelqu’un avec une fausse pitié : "Mais laissez-les tranquilles ! Ils s’en sont aperçus et s’en sont repentis, trop tard, mais toujours à temps pour fuir au bon moment !", d’autres haranguent le menu peuple, en plus grande partie composé de femmes portées à prendre parti pour les apôtres, en disant :    

"Vous qui doutez encore de notre justice, que vous éclaire la conduite des plus fidèles partisans du Nazaréen. Si Lui avait été Dieu, il les aurait fortifiés. Si eux l’avaient reconnu pour le vrai Messie ils ne se seraient pas enfuis pensant qu’une force humaine ne pouvait triompher du Christ. Au contraire Lui est mort en présence du peuple, et c’est en vain qu’ils ont enlevé le cadavre après avoir assailli les gardes qui s’étaient endormis. Demandez-le aux gardes s’il n’en a pas été ainsi. Il est mort, et ses gens sont dispersés, et il est grand aux yeux du Très-Haut celui qui libère Jérusalem de ses derniers vestiges. Anathème sur les partisans du Nazaréen ! La main aux pierres, ô peuple saint, et qu’on lapide ceux-ci hors des murs."          

C’est trop pour le courage encore mal affermi des apôtres ! Ils se sont déjà un peu retirés du côté des murs pour ne pas fomenter le soulèvement par un défi imprudent aux accusateurs. Mais maintenant, plus que la prudence, c’est la peur qui prend le dessus. Et ils tournent le dos, en se sauvant par la fuite dans la direction de la Porte. Jacques d’Alphée et Jacques de Zébédée, avec Jean, Pierre et le Zélote, plus calmes et plus maîtres d’eux-mêmes que les autres, suivent leurs compagnons sans courir, et quelques pierres les rejoignent avant qu’ils sortent par la Porte, et surtout les frappent beaucoup d’ordures.    

Les gardes qui sortent de leur poste empêchent la poursuite au-delà des murs, mais les apôtres courent, courent et se réfugient dans la pommeraie de Joseph, là où était le Tombeau.      

L’endroit est tranquille, silencieux, la lumière est douce sous les arbres qui en ces jours ont poussé un feuillage encore rare, mais dont la couleur émeraude forme un voile de couleur agréable sous les troncs robustes. Ils se jettent par terre pour se faire passer leur grand battement de cœur. Au fond du jardin un homme pioche et butte des légumes, aidé par un jeune garçon, et il ne s’aperçoit pas de la présence des apôtres qui se sont cachés derrière une haie. Ce n’est qu’après avoir scruté le ciel et dit à haute voix : "Viens, Joseph, et amène l’âne pour l’atteler à la charrette" qu’il se dirige vers eux, là où se trouve un puits rustique caché par des touffes de ronces qui lui donnent de l’ombre.            

"Que faites-vous ? Qui êtes-vous ? Que cherchez-vous dans le jardin de Joseph d’ Arimathie ? Et toi, sot, pourquoi laisses-tu ouverte la grille que Joseph veut fermer maintenant qu’il l’a mise ici ? Ne sais-tu pas qu’il ne veut personne ici où fut déposé le Seigneur ?"  

Je dis la vérité en affirmant que dans la peine d’assister à la déposition de Jésus, et dans la stupeur de la résurrection je n’avais jamais remarqué si le jardin, au-delà d’une muraille verte de buis et de ronces, avait ou non une grille, mais je pense en effet qu’elle a été mise depuis peu car elle est tout à fait neuve et elle est soutenue par deux pylônes carrés dont l’enduit ne semble pas vieux. Joseph aussi comme Lazare a mis des fermetures aux endroits sanctifiés par Jésus.            

Jean se lève de terre en même temps que le Zélote et que Jacques d’Alphée et dit sans peur : "Nous sommes les apôtres du Seigneur. Moi, Jean, celui-ci Simon, ami de Joseph, et cet autre Jacques, frère du Seigneur. Le Seigneur nous avait appelés au Golgotha et nous y sommes allés. Il nous a donné l’ordre d’aller à la maison où se trouve la Mère, et la foule nous a poursuivis. Nous sommes entrés ici, en attendant le soir...        

"Mais tu es blessé ? Et toi aussi ! et toi ! Venez, que je vous soigne. Vous avez soif ? Vous êtes essoufflés. Toi, dépêche-toi de puiser. La première eau est pure, mais ensuite les seaux la rendent boueuse. Donne-leur à boire et puis lave de ces laitues fraîches et verse sur elles de l’huile que nous avons pour enduire les greffes. Je n’ai pas autre chose à vous donner. Je n’ai pas de maison ici. Mais si vous attendez, je vous emmènerai avec mol..."          

"Non. Non. Nous devons aller trouver le Seigneur. Que Dieu te récompense." Ils boivent et se laissent soigner. Ils sont tous blessés à la tête. Les juifs visent bien !        

"Toi, va sur la route, et regarde, sans attirer l’attention, s’il n’y a pas quelque espion" commande le jardinier au garçon.      

"Personne, père. La route est déserte" dit-il en revenant.        

"Va jeter un coup d’œil vers la porte et reviens vite."

Il cueille des tiges d’anis et les offre en s’excusant de n’avoir que des légumes, de la salade et quelques anis, car les pommiers viennent de perdre leurs fleurs.    

Le garçon revient : "Personne, père. Au-delà de la porte la route est déserte."            

"Allons alors. Attelle l’âne à la charrette et jette dessus les herbes qu'on a coupées. Nous aurons l’air d’hommes qui reviennent des champs. Venez avec moi. La route sera plus longue… mais cela vaut mieux que de se faire lapider."        

"Nous devrons toujours entrer dans la ville..."            

"Oui, mais nous entrerons d’un autre côté, par des ruelles sombres. Venez sans crainte."

Il ferme avec une grande clef le robuste portail, il fait monter les plus âgés sur le char, donne aux autres des pioches et des râteaux, charge Thomas d’un fagot de branches coupées et Jean d’une botte d’herbes, et s’en va tranquillement en longeant les murs vers le sud.          

"Mais ta maison... Ici c’est désert."        

"La maison est de l’autre côté et elle ne va pas s’en aller. La femme attendra. Je sers d’abord les serviteurs du Seigneur." Il les regarde... "Hé ! tout le monde se trompe ! J’ai eu peur moi aussi ! Et nous sommes tous haïs à cause de son Nom, même Joseph. Mais qu’est-ce que cela fait ? Dieu est avec nous. Les gens !... Ils haïssent et ils aiment. Ils aiment et ils haïssent. Et puis ! Ce qu’ils font aujourd’hui ils l’oublient demain. Bien sûr... S’il n’y avait pas les hyènes ! Mais ce sont elles qui excitent les gens. Ils sont furieux parce qu’il est ressuscité. Oh ! s’il se faisait voir sur un pinacle du Temple, pour donner au peuple la certitude de sa résurrection. Pourquoi ne le fait-il pas ? Moi, je crois, mais tous ne savent pas croire. Et eux donnent une forte somme à ceux qui disent au peuple que vous l’avez enlevé déjà décomposé, et que vous l’avez enseveli ou brûlé dans une grotte de Josaphat."  

Ils sont maintenant au côté sud de la ville, dans la vallée d’Hinnom.  

"Voilà : ici c’est la Porte de Sion. Savez-vous aller de là à la maison ? C’est à un pas."

"Nous le savons. Que Dieu soit avec toi pour ta bonté."        

"Pour moi, vous êtes toujours les saints du Maître. Vous êtes des hommes et je suis un homme. Lui seul est plus qu’un Homme et peut ne pas trembler. Je sais comprendre et compatir et je dis que vous, faibles aujourd’hui, vous serez forts demain. La paix à vous."

Il les débarrasse des herbes et des outils agricoles et revient en arrière pendant qu’eux, rapides comme des lièvres, s’esquivent par des ruelles périphériques vers la maison du Cénacle.        

Mais les adversités de ce jour ne sont pas encore finies. Un groupe de légionnaires, qui se dirigent vers la taverne voisine, les croise et l’un d’eux les observe et les montre aux autres. Et tous se mettent à rire. Et quand ces pauvres disciples maltraités sont obligés à passer devant eux, un des soldats adossés à la porte les apostrophe : "Heu ! Le Calvaire ne vous a pas lapidés et les hommes vous ont frappés ? Par Jupiter ! Je vous croyais plus courageux ! Et que vous ne craignez rien puisque vous avez eu le courage de monter là-haut. Les pierres du mont ne vous ont-elles pas reproché d’être lâches ? Et vous avez eu tant de courage pour y monter ? J’ai toujours vu les coupables fuir les endroits qui leur rappellent leur faute. La Némésis les poursuit, mais peut-être vous a-t-elle traîné là-haut pour vous faire trembler d’horreur, aujourd’hui, puisque, alors, vous n’avez pas tremblé de pitié."            


Une femme, peut-être la maîtresse de la taverne, vient à la porte et elle rit. Elle a une figure de ribaude qui fait peur, et elle crie à haute voix : "Femmes hébraïques, regardez ce que produisent vos ventres ! Des lâches parjures qui sortent de leurs tanières quand le danger est fini. Le ventre romain ne conçoit que des héros. Venez, vous, boire à la grandeur de Rome. Vin de choix et belles filles..." suivie des soldats elle s’éloigne dans son antre obscur.      

Une femme hébraïque regarde — quelques femmes sont avec les amphores sur la route où on entend déjà le murmure de la fontaine près de la maison du Cénacle — et elle a compassion. C’est une femme âgée. Elle dit à ses compagnes : "Ils se sont trompés... mais tout un peuple s’est trompé." Elle va trouver les apôtres et les salue : "Paix à vous. Nous n’oublions pas... Dites-nous seulement : le Maître est-il vraiment ressuscité ?"  

"Il est ressuscité. Nous le jurons."      

"Et alors ne craignez pas. Lui est Dieu et Dieu vaincra. Paix à vous, frères. Et dites au Seigneur qu’il pardonne à ce peuple."            

"Et vous priez pour que le peuple nous pardonne et oublie le scandale que nous avons donné. Femmes, à vous, moi, Simon Pierre, je demande pardon." Pierre pleure...      

"Nous sommes mères et sœurs et épouses, homme. Et ton péché est celui de nos fils, frères et époux. Que pour tous le Seigneur use de pitié."      

Ces femmes pieuses les ont accompagnés à la maison, et frappent elles-mêmes à la porte verrouillée. Et Jésus ouvre la porte, remplissant l’entrée obscure de sa personne glorifiée. Il leur dit : "Paix à vous pour votre pitié."          

Les femmes sont pétrifiées par la stupeur. Elles restent ainsi jusqu’à ce que la porte se referme sur les apôtres et sur le Seigneur. Alors elles reviennent à elles.        

"Tu l’as vu ? C’était Lui. Beau ! Plus qu’avant. Et vivant ! Ce n’est pas un fantôme ! C’est un homme véritable. Sa voix ! Son sourire ! Il remuait ses mains. Tu as vu comme elles étaient rouges ses blessures ? Non, je regardais sa poitrine qui respirait vraiment comme pour un vivant. Oh ! qu’ils ne viennent pas nous dire que ce n’est pas vrai ! Allons ! Allons le dire dans les maisons ! Non. Frappons ici pour le voir encore. Que dis-tu donc ? C’est le Fils de Dieu, ressuscité. C’est déjà bien qu’il se soit montré à nous, pauvres femmes ! Il est avec sa Mère et les femmes disciples et les apôtres. Non. Oui... "    

Celles qui sont prudentes l’emportent. Le groupe s’éloigne.      

Jésus, pendant ce temps, est entré au Cénacle avec les apôtres. Il les observe, leur sourit. Eux ont enlevé leurs couvre-chefs, mis comme des bandes, avant d’entrer dans la maison et les ont remis comme l’usage l’impose. Les blessures donc ne se voient pas. Ils s’assoient las et silencieux, plutôt affligés que lassés.          

"Vous avez tardé" leur dit doucement Jésus.

Silence.        

"Vous ne me dites rien ? Parlez ! Je suis toujours Jésus. Votre courage d’aujourd’hui est-il déjà tombé ?"          

"Oh ! Maître ! Seigneur !" crie Pierre en tombant à genoux aux pieds de Jésus. "Notre courage n’est pas tombé, mais nous sommes anéantis en constatant le tort que nous avons fait à ta Foi. Nous sommes écrasés !"            

"L’orgueil meurt, l’humilité naît. La connaissance se lève, l’amour augmente. Ne craignez pas. C’est maintenant que vous devenez des apôtres. C’est cela que je voulais."      

"Mais nous ne pourrons plus rien faire ! Le peuple, et il a raison, nous tourne en dérision ! Nous avons détruit ton œuvre, détruit ton Église !" Tous sont angoissés. Ils crient, font des gestes...      

Jésus est d’un calme solennel. Il dit, en appuyant ses paroles par le geste : "Paix ! Paix ! L’enfer lui-même ne détruira pas mon Église. Ce n’est pas parce qu’une pierre vacillera, n’étant pas encore bien fixée, que l’édifice périra. Paix ! Paix ! Vous travaillerez. Et bien vous travaillerez, maintenant que vous vous connaissez humblement pour ce que vous êtes, car maintenant vous êtes sages d’une grande sagesse : celle de savoir que tout acte a des répercussions très étendues, parfois ineffaçables, et que celui qui est haut placé - rappelez-vous ce que j’ai dit de la lumière qui doit être placée dans un endroit élevé pour qu’on la voie, mais qui justement doit avoir une flamme pure parce que tout le monde la voit - et celui qui est haut placé a plus que celui qui ne l’est pas le devoir d’être parfait. Vous voyez, mes fils ? Ce qui passe inaperçu ou paraît excusable, si c’est fait par un fidèle, ne passe pas inobservé et le jugement du peuple est sévère, si c’est fait par un prêtre. Mais votre avenir effacera votre passé. Je ne vous ai pas parlé au Golgotha, mais j’ai laissé parler le monde. Je vous réconforte. Allons, ne pleurez pas. Restaurez-vous maintenant, et laissez-moi vous guérir. Ainsi." Il effleure légèrement les têtes blessées, puis il dit : "Pourtant il est bien que vous vous éloigniez d’ici. C’est pour cela que j’ai dit : "Allez au Thabor pour prier". Vous pourrez rester dans les villages voisins et monter à chaque aurore pour m’attendre.        

"Seigneur, le monde ne croit pas que tu es ressuscité" dit à voix basse le Thaddée.

"Je persuaderai le monde. Je vous aiderai à vaincre le monde. Vous, soyez-moi fidèles. Je ne demande pas davantage. Et bénissez ceux qui vous humilient car ils vous sanctifient."

Il coupe le pain, l’offre et le distribue : "Voici mon viatique pour vous qui partez. J’ai déjà préparé ici la nourriture pour mes pèlerins. Faites aussi cela, dans l’avenir, pour ceux qui partiront. Soyez paternels pour tous les fidèles. Tout ce que je fais ou vous fais faire, faites-le vous aussi. Et aussi le voyage au Calvaire, en méditant et en faisant méditer sur la voie douloureuse, faites-le dans l’avenir. Contemplez ! Contemplez ma douleur, car c’est par elle, non par la gloire présente, que je vous ai sauvés. À côté se trouve Lazare avec ses sœurs. Ils sont venus pour saluer la Mère. Allez-y vous aussi, car ma Mère part d’ici peu par le char de Lazare. Paix à vous." Il se lève et sort rapidement.            

"Seigneur ! Seigneur !" crie André.    

"Que veux-tu, frère ?" lui demande Pierre.      

"Je voulais Lui demander tant de choses. Lui parler de ceux qui demandent des guérisons... Je ne sais ! Quand il est parmi nous nous ne savons plus rien dire !" et il s’en va en courant pour chercher le Seigneur.        

"C’est vrai ! C’est comme si nous avions perdu la mémoire" conviennent tous.          

"Et pourtant il est tellement bon avec nous. Il nous a appelés "fils" avec une telle douceur qu’elle m’a ouvert le cœur !" s’écrie Jacques d’Alphée.
"Mais il est tellement Dieu maintenant ! Je tremble quand il est près de moi, comme si j’étais près du Saint des Saints" dit le Thaddée.        

André revient : "Il n’est plus là. L’espace, le temps et les murs Lui sont assujettis."    

"Il est Dieu ! Il est Dieu !" disent-ils tous en restant pleins de vénération...

*
SOURCE : http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-017.htm
TOME : 10 / 17



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Ascension du Golgotha
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Message par AZUR le Mar 25 Nov 2014 - 22:58

Je pensais en relisant ce passage à la hauteur du Gogotha (et quand je vois les apôtres en bonne santé, sans fardeau qui n'en peuvent plus....), plus de 730 mètres, environ.
J'imagine cette infernale montée au Calvaire avec cette chaleur infernale , toutes les douleurs de Jésus ...
Pas besoin de relire la Passion; rien que ce passage.....
Mais le pire, c'est de penser que le Sacrifice de Jésus reste sans effets pour certains.....

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Message par Maud le Mar 25 Nov 2014 - 23:08

AZUR tu dis
 J'imagine cette infernale montée au Calvaire avec cette chaleur infernale , toutes les douleurs de Jésus ...
Pas besoin de relire la Passion; rien que ce passage.....
Mais le pire, c'est de penser que le Sacrifice de Jésus reste sans effets pour certains.....  
Tout a fait ! pauvre Jésus , c'est poignant  de le voir souffrir autant   Confused
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Message par Henryk le Mer 26 Nov 2014 - 0:14

Qu'aurions nous fait devant de tels appels de la puissance de Notre Seigneur, tel les disciples?

Je relisais des passages de Sainte Lydwine, sur la Passion, et la conversation avec Jésus. Finalement je me rend compte que la plupart des mots s'en vont une fois la lecture finie, mais une empreinte de chaleur nous montre l'essentiel pour la méditation.
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Message par Maud le Mer 26 Nov 2014 - 7:12

Merci Henryck  de nous partager cette impression personnelle mais si vraie !  sunny

*

♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_27




Jésus confirme, dans sa Résurrection, ceux qui croient en Lui, dans divers endroits.



Vision du mercredi 16 et jeudi 17 avril 1947
.
Élise, la mère d'Annalia, pleure désespérément dans sa maison, enfermée dans une chambrette où se trouve un petit lit sans couverture, peut-être celui d'Annalia. Elle a la tête abandonnée sur ses bras, qui s'abandonnent à leur tour, en se tendant sur le petit lit comme pour l'embrasser tout entier. Son corps repose sur ses genoux en une attitude de langueur. De vigoureux, il n'y a que ses pleurs.          

Il entre un peu de lumière par la fenêtre ouverte. Le jour revient depuis peu. Mais il se produit une vive lumière quand entre Jésus. Je dis : entre, pour dire qu'il est dans la pièce où avant il n'était pas. Et je dirai toujours ainsi pour faire connaître son apparition dans un endroit fermé, sans répéter comment il se découvre de derrière une grande clarté qui rappelle celle de la Transfiguration, de derrière un feu blanc, si on me permet la comparaison, qui semble liquéfier les murs et les portes pour permettre à Jésus d'entrer avec son Corps véritable, respirant, solide, glorifié, un feu, une clarté qui se referme sur Lui et le cache quand il s'en va. Cependant, ensuite, il prend l’aspect très beau du Ressuscité, mais Homme, vraiment Homme, d'une beauté qui est le centuple de celle qu'il avait déjà avant la Passion. C'est Lui, mais c'est Lui glorieux, Roi.        

"Pourquoi pleures-tu, Élise ?"            

Je ne sais pas comment la femme ne reconnaît pas la Voix qu'on ne peut confondre. Peut-être la douleur l'étourdit. Elle répond comme si elle parlait à un parent qui peut-être l'a rejointe après la mort d'Annalia.        

"Tu as entendu hier soir ces hommes  ? Lui n'était rien. Un pouvoir magique mais pas divin. Et moi qui me résignais à la mort de ma fille en pensant qu'elle était aimée de Dieu, en paix... Il me l'avait dit !..." les pleurs redoublent.        

"Mais beaucoup l'ont vu ressuscité. Dieu seul peut se ressusciter par Lui-même."      

"Je l'ai dit moi aussi à ceux d'hier. Tu l'as entendu. J'ai combattu leurs paroles, parce que leurs paroles étaient la mort de mon espérance, de ma paix. Mais eux - tu as entendu ? - eux ont dit : "Tout cela c’est de la comédie de ses partisans pour ne pas reconnaître qu’ils sont fous. Il est mort et bien mort, et corrompu, ils l’ont enlevé et détruit, en disant qu’il est ressuscité". Ils ont parlé ainsi... Et que c’est pour cela que le Très-Haut a envoyé le second tremblement de terre, pour leur faire sentir sa colère de leur mensonge sacrilège. Oh ! je n’ai plus de réconfort !"  

"Mais si tu voyais le Seigneur ressuscité, de tes yeux, et si tu le touchais de tes mains, croirais-tu ?..."          

"Je n’en suis pas digne... Mais certainement je croirais ! Il me suffirait de le voir. Je n’oserais pas toucher ses Chairs, car s’il en était ainsi, ce serait des chairs divines, et une femme ne peut s’approcher du Saint des Saints."      

"Lève la tête, Elise, et regarde qui est devant toi !"    

La femme lève sa tête chenue, son visage défiguré par les pleurs, et elle voit... Elle tombe encore plus bas sur ses talons, se frotte les yeux, ouvre la bouche sur un cri qui veut monter mais que la stupeur étrangle dans la gorge.    

"C’est Moi, le Seigneur. Touche ma main, baise-la. Tu m’as sacrifié ta fille, tu le mérites. Et retrouve, sur cette main, le baiser spirituel de ton enfant. Elle est au Ciel, et elle est bienheureuse. Tu parleras de cela aux disciples, et de ce jour.”          

La femme est tellement fascinée qu’elle n’ose pas faire le geste, et c’est Jésus Lui-même qui presse sur ses lèvres la pointe de ses doigts.      

"Oh ! tu es vraiment ressuscité !!! Je suis heureuse ! Heureuse ! Bénis sois-tu de m’avoir consolée !"    

Elle se penche pour Lui baiser les pieds. Elle le fait et reste ainsi. La lumière surnaturelle enveloppe le Christ dans sa splendeur et la pièce est vide de Lui. Mais la mère a le cœur plein d’une certitude inébranlable.

La maison d'Anne, mère de Joanne. La maison de campagne où Jésus, accompagné de la mère de Judas, opéra la guérison miraculeuse d’Anne. Ici encore une pièce, et une femme étendue sur un lit. Une femme qui est méconnaissable tant elle est défigurée par une angoisse mortelle. Le visage est consumé. La fièvre le dévore en empourprant les pommettes qui sont tellement saillantes que les joues en sont creusées. Les yeux, dans un cercle noir, rougis par la fièvre et les pleurs, sont à moitié clos sous les paupières enflées. Là où il n’y a pas une rougeur de fièvre le teint est d’un jaune intense, verdâtre comme si la bile était répandue dans le sang. Les bras décharnés, les mains effilées, sont abandonnés sur les couvertures que l’essoufflement soulève.      

Près de la malade, qui n’est autre que la mère de Judas, se trouve Anne, la mère de Joanne. Elle essuie les larmes et la sueur, agite un éventail de palmier, change les linges trempés dans du vinaigre aromatisé mis sur le front et la gorge de la malade, caresse ses mains, caresse ses cheveux en désordre, devenus en peu de temps plus blancs que noirs, épars sur l’oreiller et collés par la sueur sur les oreilles devenues transparentes. Et Anne pleure aussi en disant des paroles de réconfort : "Pas ainsi, Marie ! Pas ainsi ! Assez ! C’est lui... lui qui a péché. Mais toi, toi tu sais comme le Seigneur Jésus..."  

"Tais-toi ! Ce Nom… quand on me le dit.. on le profane... Je suis la mère... du Caïn... de Dieu ! Ah !" Les pleurs tranquilles se changent en un sanglot prolongé, déchirant. Elle a l’impression de se noyer, s'attache au cou de son amie qui la secourt pendant qu’elle vomit de la bile.      

"Paix ! Paix, Marie ! Pas ainsi ! Oh ! que te dire pour te persuader que Lui, le Seigneur, t’aime ? Je te le répète ! Je te le jure sur ce qui est le plus saint pour moi : mon Sauveur et mon enfant. Lui, me l’a dit quand tu me l’as amené. Il a eu pour toi des paroles et des prévoyances d’un amour infini. Tu es innocente. Lui t’aime. Je suis certaine, je suis certaine qu’il se donnerait Lui-même une autre fois pour te donner la paix, pauvre mère martyre."

"Mère du Caïn de Dieu ! Tu entends ? Ce vent, là, dehors... Il le dit... Elle va à travers le monde, la voix… la voix du vent, et elle dit : "Marie de Simon, mère de Judas, celui qui a trahi le Maître et l’a livré à ceux qui l’ont crucifié". Tu entends ? Tout le dit... Le ruisseau, là dehors... Les tourterelles.., les brebis... Toute la Terre crie que je suis... Non, je ne veux pas guérir. Je veux mourir !... Dieu est juste et ne me frappera pas dans l’autre vie. Mais ici, non. Le monde ne pardonne pas... ne distingue pas... Je deviens folle car le monde crie... : “Tu es la mère de Judas !" Elle retombe épuisée sur ses oreillers. Anne la redresse et sort pour porter dehors les linges tachés…          

Marie, les yeux clos, exsangue après l’effort qu’elle a fait, gémit : "la mère de Judas ! de Judas ! de Judas !" Elle halète, puis reprend : “Mais qu’est-ce que Judas ? Qu’ai-je enfanté ? Qu’est-ce que Judas ? Qu’ai-je..."  

Jésus est dans la pièce qu’éclaire une lumière tremblante car trop faible est encore la lumière du jour pour éclairer la vaste pièce dans laquelle le lit est au fond, très loin de l’unique fenêtre. Il appelle doucement : “Marie ! Marie de Simon !"      

La femme délire presque et ne remarque pas la voix. Elle est absente, prise dans les tourbillons de sa douleur, et répète les idées qui obsèdent son cerveau, d’une manière monotone, comme le tic-tac d’une pendule : "La mère de Judas ! Qu’ai-je enfanté ? Le monde crie : “La mère de Judas…”    

Jésus a deux larmes dans le coin de ses yeux très doux. Elles m’étonnent beaucoup. Je ne pensais pas que Jésus puisse pleurer encore après qu’il est ressuscité... Il se penche. Le lit est tellement bas pour Lui qui est si grand ! Il met la main sur le front enfiévré, en repoussant les linges trempés dans le vinaigre, et il dit : "Un malheureux. Ceci, pas autre chose. Si le monde crie, Dieu couvre le cri du monde en te disant : “Aie la paix parce que Moi je t’aime”. Regarde-moi, pauvre mère ! Ramène ton esprit égaré et mets-le dans mes mains. Je suis Jésus !..."      

Marie de Simon ouvre les yeux comme si elle sortait d’un cauchemar et elle voit le Seigneur, sent sa main sur son front, porte ses mains tremblantes à son visage et elle gémit : "Ne me maudis pas ! Si j’avais su ce que j’engendrais je me serais arrachées les entrailles pour qu’il ne naisse pas."    

"Et tu aurais péché. Marie ! oh ! Marie ! Ne sors pas de ta justice à cause de la faute d’un autre. Les mères qui ont fait leur devoir ne doivent pas se considérer comme responsables des péchés de leurs fils. Tu l’as fait, ton devoir, Marie. Donne-moi tes pauvres mains. Sois tranquille, pauvre mère."        

"Je suis la mère de Judas. Je suis immonde comme tout ce que ce démon a touché. Mère d’un démon ! Ne me touche pas." Elle se débat pour échapper aux mains divines qui veulent la tenir. Les deux larmes de Jésus lui tombent sur le visage empourpré par un accès de fièvre.      

"Je t’ai purifiée, Marie. Mes larmes de pitié sont sur toi. Je n’ai pleuré sur personne depuis que j’ai consumé ma douleur. Mais je pleure sur toi avec toute mon affectueuse pitié." Il a réussi à lui prendre les mains et il s’assoit, oui, il s’assoit vraiment sur le bord du lit, en tenant ces mains tremblantes dans les siennes.        

La pitié affectueuse de ses yeux étincelants caresse, enveloppe, soigne la malheureuse qui se calme en pleurant silencieusement et en murmurant : "N’as-tu pas de rancœur contre moi ?"      

"J’ai de l’amour. C’est pour cela que je suis venu. Aie la paix."  

"Toi, tu pardonnes ! Mais le monde ! Ta Mère ! Elle me haïra."            

"Elle pense à toi comme à une sœur. Le monde est cruel. C’est vrai. Ma Mère est la Mère de l’Amour, et elle est bonne. Tu ne peux aller par le monde, mais elle viendra à toi quand tout sera en paix. Le temps pacifie..."            

"Fais-moi mourir, si tu m’aimes..."      

"Encore un peu de temps. Ton fils n’a su rien me donner. Toi, donne-moi un temps de ta souffrance. Il sera court."      

"Mon fils t’a trop donné... C’est l’horreur infinie qu’il t’a donnée."        

"Et toi la douleur infinie. L’horreur est passée, elle ne sert plus. Ta douleur sert. Elle s’unit à mes plaies, et tes larmes et mon Sang lavent le monde. Toute la douleur s’unit pour laver le monde. Tes larmes sont parmi mon Sang et les pleurs de ma Mère et autour c’est toute la douleur des saints qui souffriront pour le Christ et pour les hommes, pour mon amour et celui des hommes. Pauvre Marie !" Il la couche doucement, lui croise les mains, la regarde se calmer...  

Anne rentre et elle reste stupéfaite sur le seuil.          

Jésus, qui s’est relevé, la regarde en disant : "Tu as obéi à mon désir. Pour les obéissants, il y a la paix. Ton âme m’a compris. Vis dans ma paix."        

Il abaisse de nouveau les yeux sur Marie de Simon qui le regarde en versant des larmes plus calmes et il lui sourit encore. Il lui dit encore : "Mets toutes tes espérances dans le Seigneur. Lui te donnera toutes ses consolations." Il la bénit et va s’en aller.

Marie de Simon pousse un cri passionné : "On dit que mon fils t’a trahi par un baiser ! Est-ce vrai, Seigneur ? Si oui, laisse-moi le laver en te baisant les mains. Je ne puis faire autre chose ! Je ne puis faire autre chose pour effacer… pour effacer..." La douleur la reprend plus fort.      

Jésus, oh ! Jésus ne lui donne pas ses mains à baiser, ces mains sur lesquelles la large manche de son vêtement blanc retombe jusqu’au milieu du métacarpe en cachant les blessures, mais il lui prend la tête dans ses mains et se penche pour effleurer de ses lèvres divines le front brûlant de la plus malheureuse des femmes, et il lui dit en se redressant : "Mes larmes et mon baiser ! Personne n’a eu tant de moi. Reste donc dans la paix puisque entre toi et Moi il n’y a que de l’amour." Il la bénit et, après avoir traversé rapidement la pièce, il sort derrière Anne qui n’a pas osé s’avancer, ni parler, mais qui pleure d’émotion.

Pourtant quand ils sont dans le corridor qui mène à la porte de la maison, Anne ose parler, poser la question qui lui tient tant à cœur : "Ma Joanne ?"      

"Depuis quinze jours, elle jouit dans le Ciel. Je n’en ai pas parlé parce qu’il y a trop de contraste entre ta fille et son fils."      

"C’est vrai ! Grand déchirement ! Je crois qu’elle en meurt."    

"Non. Pas tout de suite."      

"Maintenant elle aura plus de paix. Tu l’as consolée. Toi ! Toi qui plus que tous..."    

"Moi qui la plains plus que tous. Je suis la divine Compassion. Je suis l’Amour. Je te le dis, femme : si seulement Judas m’avait jeté un regard de repentir, je lui aurais obtenu le pardon de Dieu..."    

Quelle tristesse sur le visage de Jésus ! La femme en est frappée. Paroles et silences combattent sur ses lèvres, mais elle est femme, et la curiosité l’emporte. Elle demande : "Mais est-ce que cela a été une… un... Oui, je veux dire : ce malheureux a-t-il péché soudainement ou bien..."      

"Depuis des mois il péchait et de ma part aucune parole, aucune action, n’a pu l’arrêter tant était forte sa volonté de pécher. Mais n’en parle pas à elle..."            

"Je n’en parlerai pas !... Seigneur ! Quand Ananias, qui s’était enfui de Jérusalem sans même terminer la Pâque, la nuit même de la Parascève, est entré ici en criant : “Ton fils a trahi le Maître et l’a livré à ses ennemis ! Il l’a trahi par un baiser et j’ai vu le Maître frappé et couvert de crachats, flagellé, couronné d’épines, chargé de la croix, crucifié et mort par l’entremise de ton fils. Et notre nom, les ennemis du Maître le crient en triomphant insolemment et on raconte les actions de ton fils qui, pour moins que le prix que coûte un agneau, a vendu le Messie et en le trahissant par un baiser il l’a indiqué aux gardes” ! Marie est tombée par terre, devenue noire sur le coup, et le médecin dit que son fiel s’est répandu et que son foie a éclaté et que tout le sang en est corrompu. Et... le monde est mauvais. Elle a raison... J’ai dû la transporter ici, car ils venaient crier près de sa maison de Kériot : “Ton fils est déicide et s’est suicidé ! Il s’est pendu ! Et Belzébuth a pris son âme et même Satan est venu prendre son corps”. Est-ce vrai ce prodige horrible ?"            

"Non, femme. On l’a trouvé mort pendu à un olivier..."          

"Ah ! Et ils criaient : “Christ est ressuscité et il est Dieu. Ton fils a trahi Dieu. Tu es la mère de celui qui a trahi Dieu. Tu es la mère de Judas”. Pendant la nuit, avec Ananias et un serviteur fidèle, le seul qui m’est resté car personne ne voulait rester près d’elle...je l’ai portée ici. Mais ces cris Marie les entend dans le vent, dans les bruits de la terre, en tout."

"Pauvre mère ! C’est horrible, oui."    

"Mais ce démon n’a pas pensé à cela, Seigneur ?"    

"C’était une des raisons dont je me servais pour le retenir. Mais cela n’a servi à rien. Judas en arriva à haïr Dieu, n’ayant jamais aimé d’un amour véritable son père et sa mère, ni aucun autre qui fût son prochain."    

"C’est vrai !"

"Adieu, femme. Que ma bénédiction te donne la force de supporter les mépris du monde pour ta pitié envers Marie. Baise ma main. A toi, je puis la montrer. A elle cela lui aurait fait trop de mal de voir cela." Il rejette sa manche en arrière pour découvrir le poignet transpercé.    

Anne exhale un gémissement en effleurant à peine de ses lèvres le bout des doigts.

Le bruit d’une porte qui s’ouvre et un cri étouffé : "Le Seigneur !" Un homme âgé se prosterne et reste ainsi.        

"Ananias, le Seigneur est bon. Il est venu pour réconforter ta parente, pour nous réconforter nous aussi" dit Anne pour réconforter le petit vieux trop ému.            

Mais l’homme n’ose pas faire un mouvement. Il dit en pleurant : "Nous sommes d’un sang honni. Je ne puis regarder le Seigneur."        

Jésus va vers lui. Il touche sa tête en lui disant les mêmes paroles déjà dites à Marie de Simon : "Les parents qui ont fait leur devoir ne doivent pas se considérer responsables du péché de leur parent. Prends courage, homme ! Dieu est juste. Paix à toi et à cette maison. Je suis venu et tu iras où je t’envoie. Pour la Pâque supplémentaire les disciples seront àBéthanie. Tu iras vers eux et tu leur diras que le douzième jour après sa mort tu as vu le Seigneur à Kériot, vivant et véritable dans sa Chair et son Ame et sa Divinité. Ils te croiront car j’ai été déjà beaucoup avec eux. Mais cela les confirmera dans leur foi en ma Nature Divine de me savoir en tout lieu le même jour. Et avant cela encore, tu iras aujourd’hui même à Kériot pour demander au chef de la synagogue de rassembler le peuple, et tu diras en présence de tout le monde que je suis venu ici, et qu’ils se rappellent mes paroles d’adieu. Ils te diront certainement : “Pourquoi n’est-il pas venu vers nous ?” Tu répondras ainsi : “Le Seigneur m’a dit de vous dire que si vous aviez fait ce qu’il vous avait dit de faire envers la mère qui n’était pas coupable, il se serait montré.

Vous avez manqué à l’amour et c’est pour cela que le Seigneur ne s’est pas montré". Le feras-tu ?"

*
SOURCE : http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-018.htm#Top
TOME : 10 / du chapitre 125 à 131 inclus



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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Jeu 27 Nov 2014 - 7:04

♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_28


Jésus confirme, dans sa Résurrection, ceux qui croient en Lui, dans divers endroits.


Suite ...


"C’est difficile cela, Seigneur ! C’est difficile à faire ! Ils nous considèrent tous pour des cœurs lépreux... Le chef de la synagogue ne m’écoutera pas. Le peuple ne me laissera pas parler. Peut-être il me frappera... Je le ferai pourtant puisque tu le veux." Le petit vieux ne lève pas la tête. Il parle courbé dans un profond prosternement.    

"Regarde-moi, Ananias !"      

L’homme lève un visage que la vénération rend tout tremblant.          

Jésus est resplendissant et beau comme sur le Thabor... La lumière le couvre, en cachant son aspect et son sourire... Et le couloir reste sans Lui, sans qu’aucune porte n'ait bougé pour Lui livrer passage.        

Les deux adorent, adorent encore, devenus toute adoration par la manifestation divine.
Le verger de la maison de Sara. Les enfants qui jouent sous les arbres feuillus. Le plus petit se roule dans l’herbe près d’une rangée serrée de pampres, les autres plus grands qui se poursuivent avec des cris d’hirondelles joyeuses, jouant à cache-cache derrière les haies et les vignes.            

Voilà que Jésus apparaît près du petit auquel il a donné son nom. Oh ! sainte simplicité des innocents ! Jésaï ne s’étonne pas de le voir là à l’improviste, mais il Lui tend ses petits bras pour que Jésus le prenne dans les siens, et Jésus le prend : cela se passe avec le plus grand naturel. Les autres surviennent en courant — encore une fois, bienheureuse simplicité des enfants ! — et sans stupeur, heureux, s’approchent de Lui. Il semble qu’il n’y a rien de changé pour eux. Peut-être ils ne savent pas. Mais après la caresse de Jésus à chacun, Marie, la plus grande et la plus sensée, dit : "Alors tu ne souffres plus, Seigneur, maintenant que tu es ressuscité ? Tu as eu tant de douleur !..."          

"Je ne souffre plus. Je suis venu pour vous bénir avant de monter vers mon Père et le vôtre, au Ciel. Mais de là aussi je vous bénirai toujours, si vous êtes toujours bons. Vous direz à ceux qui m'aiment que j’ai laissé à vous ma bénédiction aujourd’hui. Rappelez-vous ce jour."      

"Tu ne viens pas à la maison ? Il y a maman. Ils ne nous croiront pas" dit encore Marie.          

Mais son frère ne demande pas. Il crie : "Maman, Maman ! Le Seigneur est ici !..." et en courant à la maison, il répète ce cri.  

Sara accourt, se montre.., à temps pour voir Jésus, très beau à la limite du verger, disparaître dans la lumière qui l’absorbe...    

"Le Seigneur ! Mais pourquoi ne pas m’appeler avant ?..." dit Sara dès qu’elle peut parler. "Mais quand ? D’où est-il venu ? Etait-il seul ? Sots que vous êtes !"            

"Nous l’avons trouvé ici. Une minute avant il n’y était pas... Il n’est pas venu de la route, ni non plus du jardin. Il avait Jésaï dans les bras... Et il nous a dit qu’il était venu pour nous bénir et nous donner la bénédiction pour ceux qui l’aiment à Jutta et de nous rappeler ce jour. Et maintenant il va au Ciel, mais il nous aimera si nous sommes bons. Comme Il était beau ! Il avait les mains blessées, mais elles ne Lui font plus mal. Ses pieds aussi étaient blessés. Je les ai vus dans l’herbe. Cette fleur-là touchait exactement la blessure d’un de ses pieds. Moi, je la cueille..." ils parlent tous ensemble, échauffés par l’émotion. Ils suent même dans leur surexcitation.          

Sara les caresse en murmurant : "Dieu est grand ! Allons. Venez. Allons le dire à tout le monde. Parlez, vous, innocents. Vous pouvez parler de Dieu."
Le jeune homme travaille avec ardeur autour d’une charrette. Il est entrain de la charger de légumes cueillis dans un jardin voisin. L’âne frappe de son sabot le sol dur du chemin de campagne.    

En se tournant pour prendre un panier de laitues il voit Jésus qui lui sourit. Il laisse tomber à terre le panier et s’agenouille en se frottant les yeux, ne croyant pas à ce qu’il voit, et il murmure : "Très-Haut, ne m’induis pas en illusion ! Ne permets pas, Seigneur, que je sois trompé par Satan par de faux aspects séduisants. Il est bien mort mon Seigneur ! Et il a été enseveli et ils disent maintenant que le cadavre a été enlevé. Pitié, Seigneur Très-Haut ! Montre-moi la vérité."            

"Je suis la Vérité, Jaia. Je suis la Lumière du monde. Regarde-moi. Vois-moi. C’est pour cela que je t’ai rendu la vue : pour que tu puisses témoigner de ma puissance et de ma Résurrection."  

Il se traîne sur les genoux pour Lui baiser les pieds.      

"Tu diras que tu m’as vu et parlé et que je suis bien vivant. Tu diras que tu m’as vu aujourd’hui. A toi la paix et ma bénédiction."

Jaia reste seul, heureux. Il oublie la charrette et les légumes. C’est inutilement que l’âne agité frappe le chemin et brait pour protester à cause de l’attente... Jaia est en extase.

Une femme sort de la maison près du jardin et elle le voit là, pâle d’émotion, le visage absent. Elle crie : "Jaia ! Qu’as-tu ? Que t’est-il arrivé’ ?" Elle accourt, le secoue, le ramène sur la terre...

"Le Seigneur ! J’ai vu le Seigneur Ressuscité. Je Lui ai baisé les pieds et j’ai vu ses plaies. Ils ont menti. Il était vraiment Dieu et il est ressuscité. J’avais peur que ce fût une tromperie. Mais c’est Lui ! C’est Lui !"    

La femme tremble et frissonne d’émotion et elle murmure : "En es-tu vraiment sûr ?"

"Tu es bonne, femme. Par amour pour Lui, tu nous as pris comme serviteurs, ma mère et moi. Ne te refuses pas à croire !..."    

"Si tu en es sûr, je crois. Mais était-il vraiment chair ? Était-il chaud ? Respirait-il ? Parlait-il ? Avait-il vraiment une voix ou cela t’est-il paru ?"        

"Je suis sûr. C’était la chair tiède d’un vivant, c’était une voix véritable, c’était une respiration. Beau comme Dieu, mais Homme comme toi et moi. Allons, allons le dire à ceux qui souffrent ou qui doutent."
V. Chez Jean de Nobé.        
         
Le vieillard est seul dans sa maison, mais il est serein. Il répare une sorte de siège qui s’est décloué d’un côté, et sourit à je ne sais quel rêve.    

Un coup à la porte. Le vieillard, sans laisser son travail, dit : "Entrez ! Que voulez-vous, vous qui venez ? Encore de ceux-là ? Je suis vieux pour changer ! Même si tout le monde me criait : "Il est mort" moi je dis : "Il est vivant". Même si je devais mourir pour le dire. Entrez donc !"          

Il se redresse pour aller à la porte pour voir qui frappe sans entrer. Mais quand il est tout près, elle s’ouvre et Jésus entre.        

"Oh ! Oh ! Oh ! Mon Seigneur ! Vivant ! J’ai cru ! Et il vient récompenser ma foi ! Béni ! Moi je n’ai pas douté. Dans ma douleur, j’ai dit : "S’il m’a envoyé l’agneau pour le banquet de joie, c’est signe qu’en ce jour il ressuscitera". Alors j’ai tout compris.            

Quand tu es mort et que la Terre s’est secouée, j’ai compris ce que je n’avais pas compris encore. Et j’ai paru fou, à Nobé, parce qu’une fois couché le soleil du lendemain du sabbat, j’ai préparé le banquet en allant inviter des mendiants et en disant : "Il est ressuscité notre Ami !" Déjà on disait que ce n’était pas vrai. On disait qu’ils t’avaient enlevé la nuit. Mais moi, je ne les ai pas crus car du moment où tu es mort j’ai compris que tu mourais pour ressusciter, et que c’était cela le signe de Jonas."        

Jésus le laisse parler en souriant. Puis il demande : "Et maintenant veux-tu encore mourir ou bien rester pour témoigner de ma gloire ?"    

"Ce que tu veux, Seigneur !"

"Non. Ce que tu veux."          

Le vieillard réfléchit, puis il décide : "Ce serait beau de sortir du monde où tu n’es plus comme avant. Mais je renonce à la paix du Ciel pour dire aux incrédules : “Moi, je l’ai vu !”

Jésus lui met la main sur la tête pour le bénir et ajoute : "Mais bientôt aussi ce sera la paix et tu viendras à Moi avec le titre de confesseur du Christ."    

Et il s’en va. Ici, peut-être par pitié pour le vieillard âgé, il n’a pas donné à son apparition et à sa disparition une forme merveilleuse, mais il a agi en tout comme s’il était le Jésus d’autrefois, qui entrait et sortait, humainement, d’une maison.
VI. Chez Matthias, le solitaire de Jabès Galaad.      
     
Le vieil homme travaille autour de ses légumes et il monologue : "Toutes ces richesses que j’ai pour Lui. Et Lui n’y goûtera jamais plus. J’ai travaillé inutilement. Je crois que Lui était le Fils de Dieu, qui est mort et ressuscité. Mais ce n’est plus le Maître qui s’assoit à la table du pauvre ou du riche et partage avec un même amour, peut-être, certainement, même, avec plus d’amour la nourriture avec le pauvre qu’avec le riche. Maintenant c’est le Seigneur Ressuscité. Il est ressuscité pour confirmer dans la foi, nous, ses fidèles. Et eux disent que ce n’est pas vrai. Que personne n’est jamais ressuscité par lui-même. Personne. Non. Aucun homme. Mais Lui, si. Parce que Lui est Dieu."            

Il bat des mains pour chasser ses colombes qui descendent pour enlever des semences dans la terre fraîchement bêchée et ensemencée et il dit : "Inutile désormais que vous ayez des petits ! Lui n’y goûtera plus ! Et vous, abeilles inutiles ? Pour qui faites-vous le miel ?

J’avais espéré l’avoir au moins une fois avec moi, maintenant que je suis moins misérable. Tout a prospéré ici, depuis qu’il est venu... Ah ! mais avec ces deniers auxquels je n’ai jamais touché, je veux aller à Nazareth, chez sa Mère, lui dire : "Prends-moi comme serviteur, mais laisse-moi où tu es, car tu es encore Lui" Il essuie une larme avec le revers de la main...

"Matthias, as-tu un pain pour un pèlerin ?"      

Matthias lève la tête, mais à genoux comme il l’est, il ne voit pas celui qui parle derrière la haie élevée qui entoure sa petite propriété perdue dans cette solitude verte qu’est cet endroit d’au-delà du Jourdain. Mais il répond : "Qui tu sois, viens, au nom du Seigneur Jésus." Et il se redresse pour ouvrir la grille.

Il se trouve en face de Jésus, et il reste la main sur le verrou ne pouvant plus faire un geste.

"Tu ne veux pas de Moi comme hôte, Matthias ? Tu l’as fait une fois. Tu te plaignais de ne pouvoir plus le faire. Je suis ici et tu ne m’ouvres pas ?" dit Jésus en souriant.          

"Oh ! Seigneur... moi.., moi.., je ne suis pas digne que mon Seigneur entre ici... Moi..."

Jésus passe la main par-dessus la grille et pousse le verrou en disant : "Le Seigneur entre où il veut, Mathias." Il entre, pénètre dans l’humble jardin, il va à la maison, sur le seuil il dit : "Sacrifie donc les petits de tes colombes. Enlève de la terre tes légumes, et du miel à tes abeilles. Nous partagerons le pain ensemble et ton travail n’aura pas été inutile, ni vain ton désir. Et cet endroit te sera cher sans que tu ailles là où bientôt il y aura silence et abandon. Je suis partout, Matthias. Celui qui m’aime est avec Moi, toujours. Mes disciples seront à Jérusalem. C’est là que naîtra mon Église. Fais en sorte d’y être pour la Pâque supplémentaire."      

"Pardonne-moi, Seigneur. Mais je n’ai pas su rester dans ce lieu et je me suis enfui. J’y étais arrivé à none de la veille de la Parascève, et le jour suivant... Oh ! j’ai fui pour ne pas te voir mourir. Pour cela seulement, Seigneur."          

"Je le sais. Et je sais que tu es revenu, un des premiers, pour pleurer sur mon tombeau. Mais je n’y étais déjà plus. Je sais tout. Voilà, je m’assois ici et me repose. Je me suis toujours reposé ici... Et les anges le savent."            

L’homme se met à travailler, mais semble se mouvoir dans une église tant ses gestes sont respectueux. De temps en temps il essuie une larme qui veut se mêler à son sourire, pendant qu’il va et vient pour prendre les petites colombes, les tuer, les préparer, et attiser le feu, cueillir et laver les légumes et mettre sur un plat les figues précoces, et dresser la pauvre table avec la meilleure vaisselle.        

Mais quand tout est prêt comment peut-il s’asseoir et manger ? Il veut servir et cela lui paraît déjà beaucoup et ne veut rien de plus. Mais Jésus, qui a offert et béni, lui offre une moitié du pigeon qu’il a découpé en mettant la viande sur un morceau de fouace qu’il a trempé dans la sauce.          

"Oh ! comme à un préféré !" dit l’homme, et il mange en pleurant de joie et d’émotion sans quitter des yeux Jésus qui mange... qui boit, qui goûte les légumes, les fruits, le miel, qui lui offre sa coupe après avoir absorbé une gorgée de vin. Avant il avait toujours bu de l’eau.            

Le repas est fini.      

"Je suis bien vivant. Tu le vois, et tu es bienheureux. Rappelle-toi qu’il y a douze jours je suis mort par la volonté des hommes, mais que nulle est la volonté des hommes quand elle n’est pas d’accord avec la volonté de Dieu. Et même : la volonté contraire des hommes devient l’instrument servile de la Volonté éternelle. Adieu, Matthias. Puisque j’ai dit que sera avec Moi celui qui m’a donné à boire quand j’étais le Pèlerin sur lequel il était encore permis d’avoir des doutes, ainsi je te dis : tu auras part à mon Royaume céleste."    

"Mais maintenant, je te perds, ô Seigneur !"  

"Vois-moi dans tout pèlerin; dans tout mendiant, Moi; dans tout infirme, Moi; dans tous ceux qui ont besoin de pain, d’eau et de vêtements, Moi. Je suis dans tout homme qui souffre, et ce qui est fait à celui qui souffre, c’est à Moi que cela est fait."    

Il ouvre les bras pour bénir et il disparaît.

Chez Abraham d’Engaddi.        
         
La place d’Engaddi : un temple hypostyle de palmiers bruissants. La fontaine : miroir du ciel d’avril. Les colombes : murmure bas d’un orgue. Le vieil Abraham la traverse avec ses outils de travail sur les épaules. Encore plus âgé, mais serein comme quelqu’un qui a trouvé le calme après une grande tempête. Il traverse aussi le reste de la ville, va aux vignes près des sources. Les belles vignes fertiles, déjà pleines des promesses d’une récolte abondante. Il y entre, se met à sarcler, à tailler, à attacher. De temps à autre il se relève, s’appuie sur sa pioche, réfléchit. Il lisse sa barbe patriarcale, soupire, secoue la tête, en un discours intérieur  

"Oh ! C’est vraiment le Seigneur ! C’est Toi ! Oui, c’est Toi Jésus !"

*
http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-018.htm#Top
TOME : 10 du chapitre 132 à  137 inclus



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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Ven 28 Nov 2014 - 6:46

Jésus confirme, dans sa Résurrection, ceux qui croient en Lui, dans divers endroits.



Suite ....

♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_29


....Il se traîne sur les genoux pour Lui baiser les pieds.      

"Tu diras que tu m’as vu et parlé et que je suis bien vivant. Tu diras que tu m’as vu aujourd’hui. A toi la paix et ma bénédiction."

Jaia reste seul, heureux. Il oublie la charrette et les légumes. C’est inutilement que l’âne agité frappe le chemin et brait pour protester à cause de l’attente... Jaia est en extase.

Une femme sort de la maison près du jardin et elle le voit là, pâle d’émotion, le visage absent. Elle crie : "Jaia ! Qu’as-tu ? Que t’est-il arrivé’ ?" Elle accourt, le secoue, le ramène sur la terre...

"Le Seigneur ! J’ai vu le Seigneur Ressuscité. Je Lui ai baisé les pieds et j’ai vu ses plaies. Ils ont menti. Il était vraiment Dieu et il est ressuscité. J’avais peur que ce fût une tromperie. Mais c’est Lui ! C’est Lui !"    

La femme tremble et frissonne d’émotion et elle murmure : "En es-tu vraiment sûr ?"

"Tu es bonne, femme. Par amour pour Lui, tu nous as pris comme serviteurs, ma mère et moi. Ne te refuses pas à croire !..."    

"Si tu en es sûr, je crois. Mais était-il vraiment chair ? Était-il chaud ? Respirait-il ? Parlait-il ? Avait-il vraiment une voix ou cela t’est-il paru ?"        

"Je suis sûr. C’était la chair tiède d’un vivant, c’était une voix véritable, c’était une respiration. Beau comme Dieu, mais Homme comme toi et moi. Allons, allons le dire à ceux qui souffrent ou qui doutent."
V. Chez Jean de Nobé.        
         
Le vieillard est seul dans sa maison, mais il est serein. Il répare une sorte de siège qui s’est décloué d’un côté, et sourit à je ne sais quel rêve.    

Un coup à la porte. Le vieillard, sans laisser son travail, dit : "Entrez ! Que voulez-vous, vous qui venez ? Encore de ceux-là ? Je suis vieux pour changer ! Même si tout le monde me criait : "Il est mort" moi je dis : "Il est vivant". Même si je devais mourir pour le dire. Entrez donc !"          

Il se redresse pour aller à la porte pour voir qui frappe sans entrer. Mais quand il est tout près, elle s’ouvre et Jésus entre.        

"Oh ! Oh ! Oh ! Mon Seigneur ! Vivant ! J’ai cru ! Et il vient récompenser ma foi ! Béni ! Moi je n’ai pas douté. Dans ma douleur, j’ai dit : "S’il m’a envoyé l’agneau pour le banquet de joie, c’est signe qu’en ce jour il ressuscitera". Alors j’ai tout compris.            

Quand tu es mort et que la Terre s’est secouée, j’ai compris ce que je n’avais pas compris encore. Et j’ai paru fou, à Nobé, parce qu’une fois couché le soleil du lendemain du sabbat, j’ai préparé le banquet en allant inviter des mendiants et en disant : "Il est ressuscité notre Ami !" Déjà on disait que ce n’était pas vrai. On disait qu’ils t’avaient enlevé la nuit. Mais moi, je ne les ai pas crus car du moment où tu es mort j’ai compris que tu mourais pour ressusciter, et que c’était cela le signe de Jonas."        

Jésus le laisse parler en souriant. Puis il demande : "Et maintenant veux-tu encore mourir ou bien rester pour témoigner de ma gloire ?"    

"Ce que tu veux, Seigneur !"

"Non. Ce que tu veux."          

Le vieillard réfléchit, puis il décide : "Ce serait beau de sortir du monde où tu n’es plus comme avant. Mais je renonce à la paix du Ciel pour dire aux incrédules : “Moi, je l’ai vu !”

Jésus lui met la main sur la tête pour le bénir et ajoute : "Mais bientôt aussi ce sera la paix et tu viendras à Moi avec le titre de confesseur du Christ."    

Et il s’en va. Ici, peut-être par pitié pour le vieillard âgé, il n’a pas donné à son apparition et à sa disparition une forme merveilleuse, mais il a agi en tout comme s’il était le Jésus d’autrefois, qui entrait et sortait, humainement, d’une maison.
VI. Chez Matthias, le solitaire de Jabès Galaad.      
     
Le vieil homme travaille autour de ses légumes et il monologue : "Toutes ces richesses que j’ai pour Lui. Et Lui n’y goûtera jamais plus. J’ai travaillé inutilement. Je crois que Lui était le Fils de Dieu, qui est mort et ressuscité. Mais ce n’est plus le Maître qui s’assoit à la table du pauvre ou du riche et partage avec un même amour, peut-être, certainement, même, avec plus d’amour la nourriture avec le pauvre qu’avec le riche. Maintenant c’est le Seigneur Ressuscité. Il est ressuscité pour confirmer dans la foi, nous, ses fidèles. Et eux disent que ce n’est pas vrai. Que personne n’est jamais ressuscité par lui-même. Personne. Non. Aucun homme. Mais Lui, si. Parce que Lui est Dieu."            

Il bat des mains pour chasser ses colombes qui descendent pour enlever des semences dans la terre fraîchement bêchée et ensemencée et il dit : "Inutile désormais que vous ayez des petits ! Lui n’y goûtera plus ! Et vous, abeilles inutiles ? Pour qui faites-vous le miel ?

J’avais espéré l’avoir au moins une fois avec moi, maintenant que je suis moins misérable. Tout a prospéré ici, depuis qu’il est venu... Ah ! mais avec ces deniers auxquels je n’ai jamais touché, je veux aller à Nazareth, chez sa Mère, lui dire : "Prends-moi comme serviteur, mais laisse-moi où tu es, car tu es encore Lui" Il essuie une larme avec le revers de la main...

"Matthias, as-tu un pain pour un pèlerin ?"      

Matthias lève la tête, mais à genoux comme il l’est, il ne voit pas celui qui parle derrière la haie élevée qui entoure sa petite propriété perdue dans cette solitude verte qu’est cet endroit d’au-delà du Jourdain. Mais il répond : "Qui tu sois, viens, au nom du Seigneur Jésus." Et il se redresse pour ouvrir la grille.

Il se trouve en face de Jésus, et il reste la main sur le verrou ne pouvant plus faire un geste.

"Tu ne veux pas de Moi comme hôte, Matthias ? Tu l’as fait une fois. Tu te plaignais de ne pouvoir plus le faire. Je suis ici et tu ne m’ouvres pas ?" dit Jésus en souriant.          

"Oh ! Seigneur... moi.., moi.., je ne suis pas digne que mon Seigneur entre ici... Moi..."

Jésus passe la main par-dessus la grille et pousse le verrou en disant : "Le Seigneur entre où il veut, Mathias." Il entre, pénètre dans l’humble jardin, il va à la maison, sur le seuil il dit : "Sacrifie donc les petits de tes colombes. Enlève de la terre tes légumes, et du miel à tes abeilles. Nous partagerons le pain ensemble et ton travail n’aura pas été inutile, ni vain ton désir. Et cet endroit te sera cher sans que tu ailles là où bientôt il y aura silence et abandon. Je suis partout, Matthias. Celui qui m’aime est avec Moi, toujours. Mes disciples seront à Jérusalem. C’est là que naîtra mon Église. Fais en sorte d’y être pour la Pâque supplémentaire."      

"Pardonne-moi, Seigneur. Mais je n’ai pas su rester dans ce lieu et je me suis enfui. J’y étais arrivé à none de la veille de la Parascève, et le jour suivant... Oh ! j’ai fui pour ne pas te voir mourir. Pour cela seulement, Seigneur."          

"Je le sais. Et je sais que tu es revenu, un des premiers, pour pleurer sur mon tombeau. Mais je n’y étais déjà plus. Je sais tout. Voilà, je m’assois ici et me repose. Je me suis toujours reposé ici... Et les anges le savent."            

L’homme se met à travailler, mais semble se mouvoir dans une église tant ses gestes sont respectueux. De temps en temps il essuie une larme qui veut se mêler à son sourire, pendant qu’il va et vient pour prendre les petites colombes, les tuer, les préparer, et attiser le feu, cueillir et laver les légumes et mettre sur un plat les figues précoces, et dresser la pauvre table avec la meilleure vaisselle.        

Mais quand tout est prêt comment peut-il s’asseoir et manger ? Il veut servir et cela lui paraît déjà beaucoup et ne veut rien de plus. Mais Jésus, qui a offert et béni, lui offre une moitié du pigeon qu’il a découpé en mettant la viande sur un morceau de fouace qu’il a trempé dans la sauce.          

"Oh ! comme à un préféré !" dit l’homme, et il mange en pleurant de joie et d’émotion sans quitter des yeux Jésus qui mange... qui boit, qui goûte les légumes, les fruits, le miel, qui lui offre sa coupe après avoir absorbé une gorgée de vin. Avant il avait toujours bu de l’eau.            

Le repas est fini.      

"Je suis bien vivant. Tu le vois, et tu es bienheureux. Rappelle-toi qu’il y a douze jours je suis mort par la volonté des hommes, mais que nulle est la volonté des hommes quand elle n’est pas d’accord avec la volonté de Dieu. Et même : la volonté contraire des hommes devient l’instrument servile de la Volonté éternelle. Adieu, Matthias. Puisque j’ai dit que sera avec Moi celui qui m’a donné à boire quand j’étais le Pèlerin sur lequel il était encore permis d’avoir des doutes, ainsi je te dis : tu auras part à mon Royaume céleste."    

"Mais maintenant, je te perds, ô Seigneur !"  

"Vois-moi dans tout pèlerin; dans tout mendiant, Moi; dans tout infirme, Moi; dans tous ceux qui ont besoin de pain, d’eau et de vêtements, Moi. Je suis dans tout homme qui souffre, et ce qui est fait à celui qui souffre, c’est à Moi que cela est fait."    

Il ouvre les bras pour bénir et il disparaît.
VII. Chez Abraham d’Engaddi.        
         
La place d’Engaddi : un temple hypostyle de palmiers bruissants. La fontaine : miroir du ciel d’avril. Les colombes : murmure bas d’un orgue. Le vieil Abraham la traverse avec ses outils de travail sur les épaules. Encore plus âgé, mais serein comme quelqu’un qui a trouvé le calme après une grande tempête. Il traverse aussi le reste de la ville, va aux vignes près des sources. Les belles vignes fertiles, déjà pleines des promesses d’une récolte abondante. Il y entre, se met à sarcler, à tailler, à attacher.

De temps à autre il se relève, s’appuie sur sa pioche, réfléchit. Il lisse sa barbe patriarcale, soupire, secoue la tête, en un discours intérieur

*
http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-018.htm#Top
TOME : 10  / de 134 à 137 inclus



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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Sam 29 Nov 2014 - 6:47

Jésus confirme, dans sa Résurrection, ceux qui croient en Lui, dans divers endroits.

Suite...


♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_30


....Un homme tout enveloppé dans son manteau monte la route vers les sources et les vignes. Je dis : un homme. Mais c’est Jésus, car c’est son vêtement et sa démarche. Mais pour le vieillard c’est un homme. Et l’homme interpelle Abraham en disant : "Puis-je m’arrêter ici ?"          

"L’hospitalité est sacrée. Je ne l’ai jamais refusée à personne. Viens. Entre. Que te soit doux le repos à l’ombre de mes vignes. Veux-tu du lait ? Du pain ? Je te donnerai ce que je possède ici."            

"Et Moi, que puis-je te donner ? Je n’ai rien."            

"Celui qui est le Messie m’a tout donné, pour tous les hommes. Et quelque chose que je donne, ce n’est rien par rapport à ce que Lui m’a donné."      

"Sais-tu qu’ils l’ont crucifié ?"            

"Je sais qu’il est ressuscité. Es-tu de ceux qui l’ont crucifié ? Je ne puis te haïr parce que Lui ne veut pas de haine. Mais si je le pouvais je te haïrais si tu l’étais."        

"Je ne suis pas de ceux qui l’ont crucifié. Sois en paix. Tu sais donc tout de Lui."      

"Tout. Et Élisée... C’est mon fils, tu sais ? Élisée n’est plus revenu de Jérusalem en disant : "Congédie-moi, père, car je quitte tout bien pour prêcher le Seigneur. J’irai à Capharnaüm à la recherche de Jean, et je m’unirai aux disciples fidèles".      

"Ton fils t’a donc quitté ? Si vieux et seul ?"  

"C’est ma joie rêvée ce que tu appelles abandon. La lèpre ne m’avait-elle pas privé de lui ? Et qui me l’a rendu ? Le Messie. Et est-ce que je le perds, peut-être, parce que lui prêche le Seigneur ? Mais non ! Je le retrouve aussi dans la vie éternelle. Mais tu parles d’une façon qui me donne des soupçons. Es-tu un émissaire du Temple ? Viens-tu pour persécuter ceux qui croient au Ressuscité ? Frappe ! Je ne fuis pas. Je n’imite pas les trois sages d’autrefois. Je reste. Car si je tombe pour Lui, je le rejoins au Ciel et s’accomplit ma prière de l’année dernière.”

"C’est vrai. Tu as dit alors : “J’ai attendu anxieusement le Seigneur et Lui s’est tourné vers moi”.

"Comment le sais-tu ? Es-tu un de ses disciples ? Étais-tu avec Lui quand je l’ai prié ? Oh ! s’il en est ainsi, aide-moi à Lui faire arriver mon cri pour qu’il s’en souvienne." Il se prosterne, croyant parler à un apôtre.            

"C’est Moi, Abraham d’Engaddi, et je te dis : ‘Viens’." Jésus lui ouvre ses bras en se manifestant ainsi et l’invite à s’y précipiter et à s’abandonner sur son Cœur.  


En ce moment entre dans la vigne un enfant, suivi d’un jeune homme, en criant : "Père ! Père ! Nous voici pour t’aider."        

Mais le cri de l’enfant est couvert par le cri puissant du vieillard, un vrai cri de délivrance : "Voilà ! Je viens !" Et Abraham se jette dans les bras de Jésus, en criant encore : "Jésus, Messie Saint ! Entre tes mains je remets mon esprit !"          

Mort bienheureuse ! Mort que j’envie ! Sur le Cœur du Christ, dans la paix sereine de la campagne fleurie d’avril...      

Jésus dépose avec calme le vieillard sur l’herbe fleurie qui ondule à la brise, au pied d’une rangée de vignes, et il dit aux enfants restés étonnés et effrayés, tout près de pleurer : "Ne pleurez pas. Il est mort dans le Seigneur. Bienheureux ceux qui meurent en Lui ! Allez, enfants, prévenir ceux d’Engaddi que le chef de la synagogue a vu le Ressuscité et qu’il a vu sa prière exaucée par Lui. Ne pleurez pas ! Ne pleurez pas !" Il les caresse en les conduisant à la sortie. Puis il revient près du défunt et lui remet en ordre la barbe et les cheveux, lui abaisse les paupières restées à moitié closes, met en place ses membres et étend sur lui le manteau qu’Abraham avait enlevé pour travailler.        

Il reste jusqu’au moment où il entend des voix sur la route. Alors il se redresse. Splendide... Ceux qui accourent le voient. Ils crient. Ils vont plus vite pour rejoindre Jésus. Mais Lui se dérobe à leurs regards dans l’éclat d’un rayon plus vif du soleil.

. Élie, l’essénien du Carit.          
         
L’âpre solitude de l’âpre montagne au fond de laquelle coule le Carit. Élie, en prière, encore plus décharné et plus barbu, vêtu d’un habit de laine rêche, ni gris ni marron, qui le rend semblable aux rochers qui l’entourent.          

Il perçoit un son comme si c’était le vent ou le tonnerre. Il lève la tête. Jésus est apparu sur un rocher suspendu en équilibre au-dessus d’un précipice au fond duquel court le torrent.

"Le Maître !" Il se jette par terre, le visage contre le sol.          

"C’est Moi, Élie. Tu n’as pas senti le tremblement de terre de la Parascève ?"            

"Je l’ai senti et je suis descendu à Jéricho et chez Nique. Je n’ai trouvé personne de ceux qui t’aiment. J’ai demandé de tes nouvelles. Ils m’ont frappé. Puis j’ai senti une autre fois la terre qui tremblait, mais plus légèrement et je suis revenu ici, pour faire pénitence, en pensant que s’est ouverte la digue de la colère céleste."        

"De la Miséricorde Divine. Je suis mort et ressuscité. Regarde mes plaies. Rejoins sur le Thabor les serviteurs du Seigneur et dis-leur que je t’ai envoyé."    

Il le bénit et disparaît.

. À Césarée de Philippe.  
         
L’enfant de Dorca, soutenu par sa mère, fait ses premiers pas sur le bastion de la forteresse. Et Dorca, penchée comme elle l’est, ne voit pas apparaître le Seigneur. Mais quand, ayant laissé le petit un peu libre, elle le voit qui se met à marcher avec assurance et rapidité vers le coin du bastion, elle se redresse pour courir afin de l’empêcher de tomber et peut-être de périr en passant à travers les mâchicoulis ou passages faits exprès pour les armes offensives. Et en le faisant, elle voit Jésus qui prend l’enfant sur son cœur et le baise. La femme n’ose pas faire un geste, mais elle pousse un cri. Un cri qui fait lever la tête à ceux des cours et attire les visages aux fenêtres : "Le Seigneur ! Le Seigneur ! Le Messie est ici ! Il est vraiment ressuscité." Mais avant que les gens puissent accourir, Jésus est déjà disparu.      

"Tu es folle ! Tu rêves ! Un jeu de lumière t’a fait voir un fantôme."    

"Oh ! Il était bien vivant ! Regardez mon fils comme il regarde là et comme il a dans ses mains une pomme belle comme son petit visage. Il la ronge avec ses petites dents et il rit. Moi je n’ai pas de pommes..."          

"Personne n’a des pommes mûres de ces jours-ci, et si fraîches..." disent-ils en restant émus.          

"Interrogeons Tobie" disent quelques femmes.          

"Et que voulez-vous faire ? Il sait à peine appeler : maman !" et des hommes se moquent d’elles.          

Mais les femmes se penchent sur le petit et elles disent : "Qui t’a donné la pomme ?"

Et la bouche, qui sait à peine dire les paroles les plus élémentaires, dit avec assurance, tout entière dans un rire de ses petites dents et de ses gencives encore vides : "Jésus."

"Oh !"            

"Hé ! vous l’appelez Jésaï ! Il sait dire son nom."      

"Jésus, toi, ou Jésus le Seigneur ? Quel Seigneur ? Où l’as-tu vu ?" Les femmes le harcèlent de questions.        

"Là, le Seigneur. Jésus le Seigneur."

"Où est-il ? Où est-il allé ?"        

"Là." Il indique le ciel plein de soleil et il rit, heureux, et il mord sa pomme.    

Et pendant que les hommes s’en vont en hochant la tête, Dorca dit aux femmes : "Il était beau. Il semblait vêtu de lumière. Et il avait sur les mains la marque des clous rouge comme une gemme dans tant de blancheur. J’ai bien vu car il tenait l’enfant ainsi" et elle fait le geste de Jésus.    

L’intendant accourt, se fait répéter le récit, réfléchit, conclut : "Le psaume le dit : “Sur la bouche des jeunes enfants et des nourrissons tu as mis ta louange parfaite” .[1] Et pourquoi pas la vérité ? Eux sont innocents. Et nous... Souvenons-nous de ce jour... Mais non ! Je vais dans le village des disciples. Je vais voir si le Rabbi y est... Et pourtant... Il était mort... Mais !..."        

Et sur ce "mais !" qu’il finit de conclure intérieurement l’intendant s’en va, pendant que les femmes, exaltées, continuent de poser des questions au petit qui rit et répète : "Jésus, là. Et puis là. Jésus Seigneur" et il indique le lieu où était Jésus, puis le soleil où il l’a vu disparaître, heureux, heureux.

À Cédès.  
         
Les gens de Cédés sont rassemblés dans la synagogue et discutent avec le vieux Matthias, le chef de la synagogue, sur les derniers événements. La synagogue est plutôt à moitié obscure car les portes sont fermées et les rideaux baissés sur les fenêtres, lourds rideaux que le vent d’avril a du mal à remuer.            

Un éclair illumine la pièce. Il semble que ce soit un éclair, mais c’est la lumière qui précède Jésus. Et Jésus se manifeste, frappant de stupeur un grand nombre de gens. Il ouvre les bras et bien visibles apparaissent les blessures aux mains et aux pieds car il se montre sur la dernière des trois marches qui conduisent à une porte fermée. Il dit : "Je suis ressuscité. Je vous rappelle la discussion entre les scribes et Moi. A cette génération mauvaise j’ai donné le signe que j’avais promis : celui de Jonas. À qui m’aime et est fidèle je donne ma bénédiction." Rien de plus. Il est disparu.      

"Mais c’était Lui ! D’où ? Et pourtant il était vivant ! Il l’avait dit ! Voilà ! Maintenant je comprends. Le signe de Jonas : trois jours dans les entrailles de la Terre, et puis la résurrection..."          

Bruit de commentaires...

*

http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-018.htm#Top
tome / 10 / de 138 à 141 inclus




♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Fils_d10
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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Dim 30 Nov 2014 - 7:03

Jésus confirme, dans sa Résurrection, ceux qui croient en Lui, dans divers endroit

Suite...


♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_31


....Un groupe venimeux de rabbis qui essaient d’amener à leurs demandes quelques hommes qui hésitent. Ils voudraient obtenir que ces derniers aillent chez Gamaliel qui s’est renfermé dans sa maison et ne veut voir personne.    

Ces hommes disent : "Nous vous disons qu’il n’est pas ici. Nous ne savons pas où il est. Il est venu, il a consulté des rouleaux, il est parti. Il n’a pas dit un mot. Il faisait peur tant il était bouleversé et vieilli" répliquent les autres.          

De mauvaise grâce les rabbis tournent le dos à ceux qui parlent et ils s’en vont en disant : "Gamaliel aussi est fou comme Simon ! Ce n’est pas vrai que le Galiléen est ressuscité ! Ce n’est pas vrai. Ce n'est pas vrai ! Ce n’est pas vrai qu’il est Dieu. Ce n’est pas vrai. Rien n’est vrai. Nous seuls sommes dans le vrai." L’angoisse même avec laquelle ils disent que ce n’est pas vrai montre leur peur que ce soit vrai, leur besoin de se rassurer.            

Ils ont longé les murs de la maison et sont du côté de la tombe de Hillel. Aboyant toujours leurs négations, ils lèvent le visage… et s'enfuient en poussant des cris. Le Jésus, très bon avec les bons, est là : terrible de puissance et les bras ouverts comme sur la croix... Les plaies des mains rougissent comme si elles suintaient du sang. Il ne dit pas un mot, mais ses regards foudroient.        

Les rabbis fuient, tombent, se relèvent, se blessent contre les arbres et les pierres, fous, rendus fous de peur. Ils ressemblent à des meurtriers ramenés en présence de leur victime.

Chez Joachim et Marie à Bozra.          
         
"Marie ! Marie ! Joachim
et Marie ! Venez dehors."    

Les deux qui sont dans une pièce tranquille, éclairée par une lampe, l’une occupée à coudre, l’autre à faire des comptes, lèvent la tête, se regardent...
Joachim, blême de peur, murmure : "La voix du Rabbi ! Il vient de l’autre vie..." La femme apeurée se serre contre l’homme. Mais l’appel se répète et les deux, en se tenant étroitement pour s’encourager mutuellement, osent sortir, aller dans la direction de la voix.  

Dans le jardin qu’éclaire la faucille d’une lune nouvelle, resplendit, dans une lumière plus forte que plusieurs lunes, Jésus. La lumière l’entoure et en fait un Dieu. Le sourire très doux et le regard affectueux font de Lui un Homme : "Allez dire à ceux de Bozra que vous m’avez vu vivant et réel. Et dites-le au Thabor, toi, Joachim, à ceux qui y sont venus." Il les bénit. Disparaît.      

143> "Mais c’était Lui ! Ce n’était pas un rêve ! Moi... Demain, je vais en Galilée. Il a dit au Thabor, n’est-ce pas ?..."
XIII. À Éphraïm chez Marie de Jacob.          
         
La femme est en train de pétrir de la farine pour faire du pain. Elle se tourne en s’entendant appeler et elle voit Jésus. Le visage au sol, les mains par terre, muette d’adoration, un peu effrayée.      

Jésus parle : "Tu diras à tous que tu m’as vu et que je t’ai parlé. Le Seigneur n’est pas soumis au tombeau. Je suis ressuscité le troisième jour comme je l’avais promis. Persévérez, vous qui êtes dans ma voie, et ne vous laissez pas séduire par les paroles de ceux qui m’ont crucifié. Ma paix à toi."
XIV. Chez Sintica à Antioche.          
     
Sintica est en train de préparer un sac de voyage. C’est le soir, car une petite lampe est allumée, tremblante, avec une clarté très relative, posée sur une table près de la femme occupée à plier des vêtements.        

La pièce s’illumine vivement et Sintica lève la tête, étonnée de voir ce qui arrive, d’où vient cette lumière si claire dans cette pièce toute close. Mais avant qu’elle voie, Jésus la devance : "C’est Moi. Ne crains pas. Je me suis montré à plusieurs pour les confirmer dans la foi. Je me montre aussi à toi, disciple obéissante et fidèle. Je suis ressuscité. Tu vois ? Je n’ai plus de douleur. Pourquoi pleures-tu ?"          

La femme, devant la beauté du Glorifié, ne trouve pas les mots... Jésus lui sourit pour l’encourager et ajoute : "Je suis le même Jésus qui t’a accueilli sur la route près de Césarée. Tu savais parler alors que tu étais si craintive et que j’étais pour toi l’Inconnu. Et maintenant tu ne sais pas me dire un mot ?"        

"O Seigneur ! J’allais partir... Pour m’ôter du cœur tant d’inquiétude et de douleur."    

"Pourquoi de la douleur ? Ne t’a-t-on pas dit que j’étais ressuscité ?"            
       
"On l’a dit et démenti. Mais je ne me suis pas troublée de ces contradictions. Je savais que tu ne pouvais pas te corrompre dans un tombeau. J’ai pleuré sur ton martyre. J’ai cru, avant même qu’on ne m’en parle, à ta résurrection. Et j’ai continué de croire quand il en est venu d’autres dire que ce n’était pas vrai. Mais je voulais aller en Galilée. Je pensais : à Lui, on ne peut plus faire de mal. Lui est plus Dieu qu'Homme. Je ne sais si je dis bien..."    

"Je comprends ta pensée."    

"Et je disais : je l’adorerai et je verrai Marie. Je pensais que tu ne resterais pas beaucoup parmi nous et je hâtais mon départ. Je me disais : quand il sera retourné au Père, comme il disait, sa Mère sera un peu triste dans sa joie, car c’est une âme mais c’est aussi une mère... Et je chercherai à la consoler, maintenant qu’elle est seule... J’étais orgueilleuse !"

"Non. C’était de la pitié. Je dirai ta pensée à ma Mère. Mais n’y va pas. Reste où tu es et continue à travailler pour Moi. Maintenant plus qu’avant. Tes frères, les disciples, ont besoin du travail de tous pour pouvoir propager ma doctrine. Tu m’as vu. Marie est confiée à Jean. Que toute ta peine tombe. Tu pourras fortifier ton esprit dans la certitude de m’avoir vu et avec la puissance de ma bénédiction."

Sintica a un grand désir de le baiser, mais elle n’ose pas. Jésus lui dit : "Viens." Et elle ose se traîner à genoux près de Jésus et elle va Lui baiser les pieds, mais elle voit les deux plaies et n’ose pas. Elle prend un coin du vêtement et le baise en pleurant et murmure : "Que t’ont-ils fait !" Puis une demande : "Et Jean-Félix ?"      

"Il est heureux. Il ne se rappelle plus que l’amour et il vit en lui. Paix à toi, Sintica." Il disparaît.      

La femme reste dans l’acte d’adoration, à genoux, le visage levé, les mains un peu tendues, des larmes sur le visage, un sourire sur la bouche...

Chez le Lévite Zacharie.            
         
Il est dans une petite pièce, assis et pensif. La tête penchée sur une main. C’est le lévite Zacharie.      

"Ne sois pas incertain. N’accueille pas les voix qui te troublent. Je suis la Vérité et la Vie. Regarde-moi. Touche-moi."  

Le jeune homme a levé son visage aux premières paroles, il a vu Jésus et a glissé à genoux. Il crie : "Pardonne-moi, Seigneur. J’ai péché. J’ai accueilli en moi le doute sur ta vérité."        

"Plus que toi sont coupables ceux qui cherchent à séduire ton esprit. Ne cède pas à leurs tentations. Je suis un corps vivant et réel. Sens le poids et la chaleur, la consistance et la force de ma main." Il lui prend l’avant-bras et le lève avec force en disant : "Lève-toi et marche dans les voies du Seigneur, hors du doute et de la peur. Et tu seras heureux si tu sais persévérer jusqu’à la fin."          

Il bénit et disparaît.      

Le jeune homme, après un instant d’étourdissement émerveillé, se précipite hors de la pièce en criant : "Mère ! Père ! J’ai vu le Maître. Ce n’est pas vrai ce que disent les autres ! Je n’étais pas fou. Ne continuez pas à croire au mensonge, mais bénissez avec moi le Très-Haut qui a eu pitié de son serviteur. Je pars. Je vais en Galilée. Je vais trouver quelques-uns des disciples. Je vais leur dire de croire. Que Lui est vraiment ressuscité.”          

Il ne prend pas de sac avec de la nourriture et des vêtements. Il prend son manteau et s’en va en courant sans donner à ses parents le temps de revenir de leur stupeur et de pouvoir intervenir pour le retenir.

À une femme de la plaine de Saron.  
       
Une route littorale, peut-être celle qui unit Césarée à Joppé, ou une autre. Je ne sais pas. Je sais que je vois une campagne à l’intérieur et la mer à l’extérieur, bleu vif, après la ligne jaunâtre de la rive. La route est certainement une artère romaine, comme en témoigne son pavage.        

Une femme en pleurs marche sur cette route dans les premières heures d’un matin serein. L’aurore est née depuis peu. La femme doit être très fatiguée car de temps en temps elle s’arrête pour s’asseoir sur une pierre milliaire ou sur la route. Puis elle se relève et avance, comme si quelque chose hâtait sa marche, malgré une grande fatigue.          

Jésus, un voyageur couvert d’un manteau, se met à côté d’elle. La femme ne le regarde pas. Elle avance, absorbée dans sa douleur. Jésus lui demande : "Pourquoi pleures-tu, femme ? D’où viens-tu ? Et où vas-tu ainsi toute seule ?"      

"Je viens de Jérusalem et je retourne chez moi."        

"C’est loin ?"            

"À mi-chemin entre Joppé et Césarée."          

"À pied ?"    

"Dans la vallée avant Modin des voleurs ont pris mon âne et ce qu’il portait."            

"Tu as été imprudente d’aller seule. Ce n’est pas l’habitude d’aller seul pour la Pâque."

"Je n’étais pas venue pour la Pâque. J’étais restée à la maison, car j’ai, j’espère l’avoir encore, un enfant malade. Mon mari était allé avec les autres. Je l’ai laissé aller en avant et, quatre jours après, je suis partie. Car j’ai dit : "Certainement Lui est à Jérusalem pour la Pâque. Je le chercherai". J’avais un peu peur, mais j’ai dit : "Je ne fais rien de mal. Dieu voit. Je crois et je sais qu’Il est bon. Il ne me repoussera pas parce que..." Elle s’arrête comme apeurée et jette un coup d’œil rapide sur l’homme qui marche près d’elle, si bien couvert qu’on voit à peine ses yeux, les yeux uniques de Jésus.        

"Pourquoi te tais-tu ? Tu as peur de Moi. Crois-tu que je sois un ennemi de celui que tu cherchais ? Car tu cherchais le Maître de Nazareth pour Lui demander de venir à ta maison pour guérir l’enfant, pendant que ton mari était absent..."      

"Je vois que tu es un prophète. C’est cela. Mais quand je suis arrivée dans la ville le Maître était mort." Les pleurs l’étouffent...    

"Il est ressuscité. Ne le crois-tu pas ?"          

"Je le sais. Je le crois. Mais moi... Mais moi... Pendant quelques jours j’ai espéré le voir moi aussi.., On dit qu’il s’est montré à certains. Et j’ai tardé de partir… chaque jour, c’était pour moi une douleur car... il est si malade mon enfant... Mon cœur était divisé... Aller pour consoler sa mort... Rester pour chercher le Maître... Je ne prétendais pas qu’il vînt à ma maison, mais qu’il me promît la guérison."    

"Et tu aurais cru ? Tu penses que de loin ?..."            

"Je crois. Oh ! s’il m’avait dit : “Va en paix. Ton fils guérira”, je n’aurais pas douté. Mais je ne le mérite pas parce que..." elle pleure, en pressant son voile sur sa bouche comme pour s’empêcher de parler.            

"Parce que ton mari est un des accusateurs et des bourreaux de Jésus-Christ. Mais Jésus-Christ est le Messie. Il est Dieu. Et Dieu est juste, femme. Il ne punit pas un innocent à cause d’un coupable. Il ne torture pas une mère parce que le père est pécheur. Jésus-Christ est la Miséricorde vivante..."

"Oh ! Tu es peut-être un de ses apôtres ? Tu sais peut-être où il est ? Toi... Peut-être Lui t’a envoyé pour me dire cela. Il a senti, il a vu ma douleur, ma foi, et il t’envoie à moi comme le Très-Haut envoya l’archange Raphaël à Tobie. Dis-le-moi s’il en est ainsi, et moi, bien que lasse jusqu’à en être fiévreuse, je retournerai en arrière pour chercher le Seigneur."    

"Je ne suis pas un apôtre. Mais les apôtres sont encore restés pour plusieurs jours à Jérusalem après sa Résurrection..."  

"C’est vrai. Je pouvais le demander à eux."    

"Certainement. Eux continuent le Maître."      

"Je ne croyais pas qu’ils puissent faire des miracles."            

"Ils en ont fait encore..."        

"Mais maintenant... On m’a dit qu’un seul est resté fidèle et je ne croyais pas..."        

"Si. Ton mari t’a parlé ainsi, en se moquant de toi dans son délire de faux triomphateur. Mais Moi, je te dis que tout homme peut pécher, car Dieu seul est parfait. Et il peut se repentir. Et s’il se repent, sa force grandit et Dieu augmente ses grâces à cause de sa contrition. N’a-t-Ilpas pardonné à David, le Seigneur Très-Haut ?"      

"Mais qui es-tu ? Qui es-tu pour me parler avec tant de douceur et de sagesse, si tu n’es pas apôtre ? Un ange, peut-être ? L’ange de mon enfant. Il a peut-être expiré et tu es venu pour me préparer..."

Jésus laisse tomber son manteau de sa tête et de son visage et, passant de l’humble aspect d’un pèlerin ordinaire à sa majesté de Dieu-Homme, revenu de la mort, il dit avec une douce solennité : "C’est Moi. Le Messie qu’on a crucifié en vain. Je suis la Résurrection et la Vie. Va, ô femme. Ton fils vit car j’ai récompensé ta foi. Ton fils est guéri. Car si le Rabbi de Nazareth a fini sa mission, l’Emmanuel continue la sienne jusqu’à la fin des siècles pour tous ceux qui ont foi, espérance et charité au Dieu Un et Trin dont le Verbe incarné est une Personne qui, à cause du divin amour, a quitté le Ciel pour venir enseigner, souffrir et mourir pour donner la Vie aux hommes. Va en paix, femme. Et sois forte dans la foi car le temps est venu où dans une famille l’époux sera contre l’épouse, le père contre ses enfants et ces derniers contre celui-là, par haine ou par amour pour Moi. Mais bienheureux ceux que la persécution n’arrachera pas à ma Voie."      

Il la bénit et disparaît.


À des bergers sur le grand Hermon.  
         
Un groupe de troupeaux et de bergers. Ils séjournent sur des pentes de magnifiques pâturages. Ils parlent des événements de Jérusalem. Ils sont affligés en se disant l’un à l’autre : "Nous n’aurons plus sur la Terre l’ami des bergers" et ils rappellent les nombreuses rencontres qu’ils ont eues ici et là avec Lui... "Rencontres" dit un vieux berger "que nous ne ferons jamais plus."  

*
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Message par AZUR le Dim 30 Nov 2014 - 20:37

Dans le message précédent:
"C’est Moi, Abraham d’Engaddi, et je te dis : ‘Viens’." Jésus lui ouvre ses bras en se manifestant ainsi et l’invite à s’y précipiter et à s’abandonner sur son Cœur.  


En ce moment entre dans la vigne un enfant, suivi d’un jeune homme, en criant : "Père ! Père ! Nous voici pour t’aider."        

Mais le cri de l’enfant est couvert par le cri puissant du vieillard, un vrai cri de délivrance : "Voilà ! Je viens !" Et Abraham se jette dans les bras de Jésus, en criant encore : "Jésus, Messie Saint ! Entre tes mains je remets mon esprit !"          

Mort bienheureuse ! Mort que j’envie ! Sur le Cœur du Christ, dans la paix sereine de la campagne fleurie d’avril...  "
Quelle belle mort de se voir accueilli par Jésus !
Comme Etienne peu de temps après...

J'aime beaucoup ce passage:


"C’est Moi. Le Messie qu’on a crucifié en vain. Je suis la Résurrection et la Vie. Va, ô femme. Ton fils vit car j’ai récompensé ta foi. Ton fils est guéri. Car si le Rabbi de Nazareth a fini sa mission, l’Emmanuel continue la sienne jusqu’à la fin des siècles pour tous ceux qui ont foi, espérance et charité au Dieu Un et Trin dont le Verbe incarné est une Personne qui, à cause du divin amour, a quitté le Ciel pour venir enseigner, souffrir et mourir pour donner la Vie aux hommes. Va en paix, femme. Et sois forte dans la foi car le temps est venu où dans une famille l’époux sera contre l’épouse, le père contre ses enfants et ces derniers contre celui-là, par haine ou par amour pour Moi. Mais bienheureux ceux que la persécution n’arrachera pas à ma Voie."cheers

Comme c'est le temps de l'Avent, je suis repartie dans le tome 1: quelle paix, quelle douceur!
Cela fait du bien à l'âme!sunny

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Message par Maud le Lun 1 Déc 2014 - 6:59

Merci pour ton beau commentaire AZUR    Laughing

*

Jésus confirme, dans sa Résurrection, ceux qui croient en Lui, dans divers endroit

Suite...


♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_32


....Jésus apparaît comme s’il mettait le pied en ce lieu de derrière un bosquet enchevêtré où les grands fûts sont embrassés par des buissons bas qui cachent la vue du sentier. Ils ne le reconnaissent pas dans l’homme solitaire et ils murmurent en le voyant ainsi enveloppé dans un vêtement blanc : "Qui est-ce ? Un essénien ? Ici ? Un riche pharisien ?" Ils sont perplexes.    

Jésus leur demande : "Pourquoi dites-vous que vous ne rencontrerez plus le Seigneur ? Car Celui dont vous parlez, c’est le Seigneur."      

"Nous le savons. Mais tu ne sais pas ce qu’ils Lui ont fait ? Maintenant il y en a qui disent qu’il est ressuscité, d’autres non. Mais même s’il est ressuscité comme nous préférons le croire, maintenant il s’en est allé. Comment peut-il désormais aimer et rester au milieu d’un peuple qui l’a crucifié ? Et nous qui l’aimions, même si nous ne l’avions pas tous connu, nous sommes tristes de l’avoir perdu."          

"Il y a une manière de l’avoir encore. Lui l’enseignait."

"Oh ! oui. En faisant ce que Lui enseignait. Alors on a le Royaume des Cieux et l’on est avec Lui. Mais avant on doit vivre et puis mourir. Et Lui n’est plus parmi nous pour nous réconforter." Ils secouent la tête.      

"Mes petits-enfants, ceux qui vivent ce que Lui a enseigné, en gardant son enseignement dans leurs cœurs, c’est comme s’ils avaient Jésus dans leurs cœurs. En effet Parole et Doctrine sont une seule chose. Lui n’était pas un Maître qui aurait enseigné des choses qui n’eussent pas été telles que Lui était. Par conséquent, celui qui fait ce que Lui a dit, a Jésus vivant en lui et n’en est pas séparé."

"Tu parles bien, mais nous sommes de pauvres hommes et... nous voudrions aussi le voir de nos yeux pour bien ressentir la joie... Moi je ne l’ai jamais vu[2], et mon fils non plus; ni Jacob, celui-ci; ni Melchias, celui-là; ni Jacques, cet autre; ni Saül. Tu vois seulement parmi nous combien ne l’ont pas vu ? Nous le cherchions toujours, et quand nous arrivions, Lui était parti."    

"Vous n’étiez pas à Jérusalem ce jour-là ?"    

"Oh ! nous y étions ! Mais quand nous avons su ce qu’ils voulaient Lui faire nous nous sommes enfuis comme des fous sur les montagnes, pour revenir dans la ville après le sabbat. Nous ne sommes pas coupables de son Sang car nous n’étions pas dans la ville. Mais nous avons mal agi d’être lâches. Nous l’aurions vu, au moins, et salué. Certainement Lui nous aurait bénis pour notre salut... Mais, vraiment, nous n’avons pas eu le courage de le regarder au milieu des tourments."            

"Lui vous bénit maintenant. Regarde Celui dont vous désirez connaître le Visage."

Il se manifeste, splendidement divin sur la verdure du pré. Devant leur stupeur qui les jette à terre, mais qui aussi cloue leurs pupilles sur le visage divin, Lui disparaît dans une lumière éblouissante.

À Sidon, dans la maison de l’enfant né aveugle.      
       
L’enfant joue tout seul sous une tonnelle touffue. Il s’entend appeler et se trouve en face Jésus. Bien peu craintif, il Lui demande : "Mais tu es le Rabbi qui m’a donné les yeux ?" et il fixe ses yeux limpides d’enfant, d’un bleu pareil à ceux de Jésus, dans les yeux divins étincelants.    

"C’est Moi, enfant. Tu n’as pas peur de Moi ?" Il lui caresse la tête.    

"Peur, non. Mais maman et moi, nous avons beaucoup pleuré quand le père est revenu avant le temps et nous a dit qu’il s’était enfui parce qu’ils avaient pris le rabbi pour le faire mourir. Il n’a pas fait la Pâque et doit partir de nouveau pour la faire. Mais tu n’es pas mort, alors ?"        

"Je suis mort. Regarde les blessures. Mort sur la croix. Mais je suis ressuscité. Tu diras à ton père de rester quelque temps à Jérusalem après la seconde Pâque et de rester aux alentours de l’Oliveraie, à Bethphagé. Là il trouvera quelqu’un qui lui dira ce que faire."

"Mon père pensait te chercher. Pour les Tabernacles, il n’a pas pu te parler. Il voulait te dire qu’il t’aimait bien à cause des yeux que tu m’as donnés. Mais il n’a pas pu le faire ni alors, ni maintenant..."        

"Il le fera avec la foi en Moi. Adieu, enfant. La paix à toi et à ta famille."
XIX. Chez les paysans de Giocana.  

Les champs de Giocana sous le baiser de la lune. Silence absolu. Les pauvres demeures des paysans dans une nuit étouffante qui oblige à garder ouverte au moins une porte pour ne pas mourir de chaleur dans les pièces basses où sont entassés trop de corps pour ce qu’elles peuvent contenir.      

Jésus entre dans une pièce. Il semble que ce soit la lune elle-même qui allonge son rayonnement pour Lui faire un tapis royal sur le sol de terre battue. Il se penche sur un dormeur qui se tient à plat ventre dans le lourd sommeil de la fatigue. Il l’appelle. Il passe à un autre, et à un autre. Il les appelle tous, ses fidèles et pauvres amis. Il passe léger et rapide comme un ange qui vole. Il entre dans d’autres tanières... Puis il va les attendre dehors, près d’un bouquet d’arbres. Les paysans, à moitié endormis, sortent de leurs taudis. Deux, trois, un seul, cinq ensemble, quelques femmes. Ils sont stupéfaits d’avoir été tous appelés ainsi par une voix connue qui a dit à tous les mêmes paroles : "Venez à la pommeraie."

Ils y vont, les hommes en finissant d’enfiler leurs pauvres vêtements, et les femmes d’arranger leurs tresses, et ils parlent doucement.      

"Il m’a semblé que c’était la voix de Jésus de Nazareth."        

"Peut-être son esprit. Ils l’ont tué. L’avez-vous entendu dire ?"            

"Moi, je ne puis le croire. Il était Dieu."          

"Et pourtant Joël l’a vu aussi passer sous la croix..."            

"À moi ils ont dit hier, pendant que j’attendais que le régisseur traite ses affaires, que les disciples sont passés par Jezraël et qu’ils ont dit qu’il était vraiment ressuscité."        

"Tais-toi ! Tu sais ce qu’a dit le maître. C’est la flagellation pour qui dit cela."            

"La mort, peut-être. Mais ne serait-ce pas mieux plutôt que de souffrir ainsi ?"          

"Et maintenant Lui n’y est plus !"        

"Ils sont encore plus mauvais, maintenant qu’ils ont réussi à le tuer."

"Ils sont mauvais parce qu’il est ressuscité."

Ils parlent doucement en allant vers le point qui leur a été indiqué.      

"Le Seigneur !" crie une femme en tombant la première à genoux.      

"Son fantôme !" crient d’autres et certains ont peur.  

"C’est Moi. Ne craignez pas. Ne criez pas. Avancez. C’est vraiment Moi. Je suis venu pour confirmer votre foi que je sais attaquée par d’autres. Vous voyez ? Mon Corps fait de l’ombre parce que c’est un vrai corps. Vous ne rêvez pas, non. C’est bien ma vraie voix. Je suis le même Jésus qui rompait le pain avec vous et vous donnait son amour. Maintenant aussi je vous donne mon amour. Je vous enverrai mes disciples. Et ce sera encore Moi, Car eux vous donneront ce que je vous donnais et ce que je leur ai donné pour pouvoir me communiquer à ceux qui croient en Moi.        

Portez votre croix comme Moi j’ai porté la mienne. Soyez patients. Pardonnez. Ils vous diront comment je suis mort. Imitez-moi.  Le chemin de la douleur est le chemin du Ciel. Suivez-le avec paix et vous aurez mon Royaume. Il n’y a pas d’autre chemin que celui de la résignation à la volonté de Dieu, de la générosité, de la charité envers tous. S’il y en avait eu un autre, je vous l’aurais indiqué. Moi, je suis passé par lui, car c’est le juste chemin. Soyez fidèles à la Loi du Sinaï qui est immuable en ses dix commandements, et à ma Doctrine. Il en viendra qui vous instruiront pour que vous ne soyez pas abandonnés aux menées des mauvais. Je vous bénis. Rappelez-vous toujours que je vous ai aimés et que je suis venu parmi vous avant et après ma glorification. En vérité je vous dis que beaucoup auraient désiré me voir maintenant, et ne me verront pas. Beaucoup de grands. Je me montre à ceux que j’aime et qui m’aiment."    

Un homme ose dire : "Alors… le Royaume des Cieux existe vraiment ? Tu étais vraiment le Messie ? Eux nous influencent..."      

"N’écoutez pas leurs paroles. Rappelez-vous les miennes, et accueillez celles de mes disciples que vous connaissez. Ce sont des paroles de vérité. Et ceux qui les accueillent et les mettent en pratique, même s’ils sont serviteurs ou esclaves, seront des habitants et des cohéritiers de mon Royaume." Il les bénit en ouvrant les bras et disparaît.      

"Oh ! moi... Je ne crains plus rien, moi !"      

"Et moi non plus. Tu as entendu ? Pour nous aussi il y a une place !"            

"Il faut être bons !"    

"Pardonner !"            

"Patienter !"  

"Savoir résister."      

"Chercher les disciples."        

"Il est venu chez nous, pauvres serviteurs."    

"Nous le dirons à ses apôtres."        

"Si Giocana le savait !"          

"Et Doras !"  

"Ils nous tueraient pour qu’on ne parle pas."  

"Mais nous nous tairons. Nous n’en parlerons qu’aux serviteurs du Seigneur."            

"Michée, ne dois-tu pas aller avec cette charge à Sephoris ? Pourquoi ne vas-tu pas à Nazareth pour en parler..."    

"À qui ?"      

"À la Mère. Aux apôtres. Ils seront peut-être avec elle..."

*
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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Mar 2 Déc 2014 - 6:55

Jésus confirme, dans sa Résurrection, ceux qui croient en Lui, dans divers endroit

Suite....


....Ils s’éloignent en parlant de leurs projets.

Sur les terres de Daniel parent d’Elchias. À Béteron.  

Elchias, le pharisien, est en train de discuter avec ses pareils pour savoir ce qu’il faut faire du synhédriste Simon qui, devenu fou le vendredi saint, parle et dit trop de choses. Les avis sont différents. Quelqu’un dit de l’isoler dans quelque endroit désert où ses cris ne pourraient être entendus que par un serviteur très fidèle et partageant leurs idées, un autre, plus bienveillant, a confiance qu’il s’agit d’un malaise passager et qu’il suffirait de le laisser où il est.        

Elchias répond : "Je l’ai amené ici, ne sachant où l’amener ailleurs. Mais vous savez que je doute beaucoup de mon parent Daniel..."      

D’autres, plus mauvais encore que Elchias, disent : "Il veut fuir, aller en mer. Pourquoi ne pas le satisfaire ?"    

"Parce qu’il n’est pas capable de faire des actes ordonnés. Seul en mer il périrait et aucun de nous n’est capable de conduire une barque."


"Et même  ! S’il en était ainsi ! Qu’arriverait-il au lieu du débarquement, avec ce qu’il dit ? Laissez-lui choisir sa route... En présence de tous, et même de ton parent, fais en sorte que lui dise sa volonté, et qu’on fasse ce qu’il veut."        

Cette proposition est approuvée, et Elchias, appelant un serviteur, ordonne qu’on amène Simon et qu’on appelle Daniel. Ils arrivent l’un et l’autre et si Daniel a l’air d’un homme qui se sent mal à l’aise près de certaines gens, l’autre a vraiment l’air d’un fou.    

"Écoute-nous, Simon. Tu dis que nous te gardons prisonnier parce que nous voulons te tuer..."          

"Vous devez, car tel est le commandement."

"Tu délires, Simon. Tais-toi et écoute. Où te semble-t-il que tu guérirais ?"      

"En mer. En mer. Au milieu de la mer. Là où il n’y a pas de voix. Où il n’y a pas de tombeau. Car les tombeaux s’ouvrent et les morts en sortent et ma mère dit..."          

"Tais-toi ! Écoute. Nous t’aimons comme notre chair. Veux-tu vraiment y aller ?"        

"Bien sûr que je le veux. Car ici les tombeaux s’ouvrent et ma mère…"          

"Tu y iras. Nous te conduirons à la mer, nous te donnerons une barque et tu…"        
   

"Mais c’est un homicide cela ! Il est fou ! Il ne peut aller seul !" crie l’honnête Daniel.

"Dieu ne violente pas la volonté de l’homme. Pourrions-nous faire ce que Dieu ne fait pas ?"

"Mais il est fou ! Il n’a plus de volonté. Il est plus dénué qu’un nouveau-né ! Vous ne pouvez pas !..."        

"Tais-toi. Tu es un agriculteur, rien d’autre. C’est nous qui savons... Demain nous partirons pour la mer. Sois content, Simon. Pour la mer, comprends-tu ?"        

"Ah ! je n’entendrai plus les voix de la Terre ! Plus les voix... Ah !" un long cri, un spasme d’agitation, ses yeux et ses oreilles se ferment. Et un autre cri, celui de Daniel qui fuit terrorisé.      

"Mais qui est-ce ? Qu’arrive-t-il ? Arrêtez ce fou et ce sot ! Sommes-nous, peut-être, en train de perdre tous la tête ?" crie Elchias.            

Mais celui qu’Elchias appelle le sot, c’est-à-dire son parent Daniel, après avoir couru quelques mètres se prosterne sur le sol, pendant que l’autre de son côté écume là où il est dans une convulsion effrayante, et crie, crie : "Faites-le taire ! Il n’est pas mort et il crie, il crie, il crie ! Plus que ma mère, plus que mon père, plus qu’il ne le faisait sur le Golgotha ! Là, là, vous ne voyez pas là ?" Il montre l’endroit où est Daniel tranquille, souriant, le visage levé après avoir été le visage au sol.            

Elchias le rejoint et le secoue rudement, furieux, sans s’occuper de Simon qui se roule par terre et écume et pousse des cris de bête au milieu du cercle terrifié des autres.        

Elchias apostrophe Daniel : "Visionnaire fainéant, veux-tu me dire ce que tu fais ?"    

"Laisse-moi. Maintenant je te connais. Et je m’éloigne de toi. J’ai vu, bienveillant pour moi, terrible pour vous, Celui que vous voulez me faire croire mort. Je m’en vais. Plus que l’argent et n’importe quelle richesse, je protège mon âme. Adieu, maudit ! Et, si tu peux, fais en sorte de mériter le pardon de Dieu."  

"Mais où vas-tu ? Où ? Moi, je ne veux pas !"            

"As-tu le droit de me garder prisonnier  ? Qui te l’a donné ! Je t’abandonne ce que tu aimes et je suis ce que j’aime. Adieu" il lui tourne le dos rapidement comme tiré par une force surhumaine et descend la pente verte des oliviers et des vergers.      

Elchias, et pas lui seul, est livide. La colère les étrangle tous. Elchias menace de se venger sur son parent, sur tous ceux qui "avec leurs frénésies" dit-il, affirment que le Galiléen est vivant. Il veut parler, il veut agir...      
   
Quelqu’un, je ne sais pas qui c’est, dit : "Nous agirons, nous agirons, mais nous ne pourrons pas fermer toutes les bouches et les pupilles de ceux qui parlent parce qu’ils voient. Nous sommes vaincus ! Notre crime nous accable. Maintenant arrive l’expiation..." et il se bat la poitrine, pris d’une angoisse qui le rend semblable à quelqu’un qui monte les marches d’un échafaud. "La vengeance de Jéhovah" dit-il encore, et c’est toute la terreur millénaire d’Israël qui affleure dans sa voix.  

Pendant ce temps, blessé, écumant, effrayant, Simon fait entendre des cris de damné : "Parricide, m’a-t-il dit ! Faites-le taire ! Taire ! Parricide ! La même parole de ma mère ! Les morts ont donc tous les mêmes paroles ?!..."
XXI. À une femme de Galilée.          
         
La lune près de se coucher va cacher son arc encore mince de lune nouvelle derrière la bosse d’une montagne. Sa clarté est donc très relative et dans peu de temps elle ne dominera plus la vaste campagne.    

Et pourtant il y a un voyageur sur le chemin solitaire, un petit chemin, un sentier au milieu des champs plutôt qu’autre chose. Il marche en tenant suspendu par un anneau une lanterne rudimentaire, qui, vieille comme le monde, je crois, sert généralement aux charretiers pour s’éclairer la nuit. Celle-ci, car le verre n’est pas une chose commune — je crois même que c’était une chose tout à fait inconnue car il ne m’est jamais arrivé d’en voir dans aucune maison ni comme verre à boire, ni comme vase, ni comme abri aux fenêtres — elle a donc pour abriter la flamme quelque chose qui peut être aussi bien du mica que du parchemin. La lumière en filtre si faible qu’elle peut tout juste servir à éclairer un petit espace autour de la lanterne. Pourtant, comme la lune se cache entièrement, la lumière du pauvre fanal paraît plus vigoureuse et met une clarté vacillante dans l’obscurité de la campagne.            

Le voyageur marche sans s’arrêter...

Le ciel a un commencement d’aube à l’extrémité de l’horizon, mais si faible, pour le moment, qu’elle n’éclaire rien et le pauvre lumignon sert encore.        
         
Près d’un petit pont attend, ou se repose, un autre voyageur tout enveloppé dans son manteau. Celui du fanal, qui se dirige vers ce pont, s’arrête hésitant. Il se demande s’il doit passer par là ou revenir en arrière, où le lit d’un petit torrent a de larges pierres qui peuvent servir à passer à travers le peu d’eau du fond.          

Celui qui est assis sur la rive rustique faite d’un tronc d’arbre qui a encore son écorce blanche verte, lève la tête pour observer celui qui s’est arrêté. Il se lève et dit : "Ne me crains pas. Avance. Je suis un bon compagnon, pas un voleur."        

C’est Jésus. Je le reconnais à sa voix plutôt qu’à son aspect qui est voilé par le crépuscule profond que la lumière n’arrive pas à rompre jusqu’à l’endroit où est Jésus. Mais la personne arrêtée hésite encore.        

"Viens, femme. Ne crains pas. Nous irons ensemble, pendant un bout de chemin, et ce sera bien pour toi."          

La femme, je sais maintenant que c’est une femme, avance, vaincue par la douceur de la voix ou par une force secrète, et elle hoche la tête en avançant et en murmurant : "Il n’y a plus de bien pour moi."        

Maintenant ils avancent côte à côte par le chemin assez large pour permettre le passage de deux piétons. L’aube qui avance découvre d’un côté du chemin une rigide forêt en miniature de grains mûrs qui attendent qu’on les fauche. De l’autre côté les grains, déjà coupés, sont étendus en gerbes sur le champ dépouillé de sa gloire de moissons mûres.  

"Maudites !" dit à voix basse la femme en jetant un regard sur les gerbes qui gisent par terre.            

Jésus se tait.            

Le jour avance. La femme éteint la pauvre lanterne et, pour le faire, découvre son visage dévasté par les larmes. Elle lève son visage pour regarder vers l’orient où une ligne jaune rose annonce le lever du soleil. Elle tend le poing vers l’orient et elle dit encore : "Maudit sois-tu !"      

"Le jour ? C’est Dieu qui l’a fait, comme Il a fait le grain. Ce sont des bienfaits de Dieu. Il ne faut pas les maudire..." dit doucement Jésus.            

"Et moi je les maudis. Je maudis le soleil et les moissons. Et j’ai raison de le faire."

"N’ont-ils pas été bons pour toi pendant tant d’années ? Le premier n’a-t-il pas fait mûrir pour toi le pain quotidien, le raisin qui se change en vin, les légumes et les fruits du jardin, et n’a-t-il pas fait croître les pâturages pour nourrir les brebis et les agneaux dont le lait et la viande t’ont nourri et avec la toison desquels tu as tissé tes vêtements ? Et le grain n’a-t-il pas donné le pain pour toi, pour tes enfants, pour ton père et pour ta mère, pour ton époux ?"  

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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Mer 3 Déc 2014 - 7:19


Jésus confirme, dans sa Résurrection, ceux qui croient en Lui, dans divers endroit


Suite ....


♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_33   

       
 .....Elle éclate en sanglots et pousse un cri : "Je n’ai plus d’époux ! Eux l’ont tué ! Il était allé travailler, car nous avons sept enfants et le peu que nous avions à nous ne suffisait pas pour nourrir dix personnes. Hier soir, il est venu en disant : "Je suis las et tout drôle" et il s’est jeté sur le lit, brûlant de fièvre. Sa mère et moi, nous l’avons secouru comme nous pouvions, pensant appeler aujourd’hui le médecin de la ville... Mais il est mort après le chant du coq. Le soleil l’a tué. Je vais à la ville, oui, pour prendre ce qu’il faut. En revenant, je penserai à prévenir ses frères. J’ai laissé sa mère pour veiller son fils et mes enfants.., et je suis partie pour ce qu’il faut faire... Et je ne dois pas maudire le soleil brûlant et le grain ?"      

Retenue comme elle l’était d’abord, de sorte que je n’aurais pas pensé que c’était une femme, et surtout une femme affligée, maintenant sa douleur a rompu les digues et elle déborde avec force. Elle dit tout ce qu’elle n’a pas dit dans sa maison "pour ne pas éveiller ses enfants qui dorment dans la pièce voisine", tout ce qui lui pesait tellement sur le cœur que cela lui donnait l’impression qu’il allait éclater. Souvenirs d’amour, peur de l’avenir, douleur de veuve, passent confusément comme des débris arrachés à la rive, sur l’eau gonflée d’un fleuve en crue…            

Jésus la laisse parler. Car Jésus sait compatir à la douleur, il la laisse s’épancher, pour que la créature en soit soulagée et la fatigue même qui succède au débordement de la douleur la rende capable d’écouter celui qui la console. Alors il lui dit doucement : "À Naïm et à Nazareth, et dans les villages situés entre les deux, il y a des disciples du Rabbi de Nazareth. Va les trouver..."    

"Et que veux-tu qu’ils fassent ? Si Lui était encore là  !... Mais eux ? Eux ne sont pas saints ! Mon mari était à Jérusalem ce jour-là. Et il sait... Oh ! non ! Il savait ! Il ne sait plus rien ! Il est mort !"    

"Que faisait ton mari ce jour-là ?"      

"Quand la clameur de la rue le réveilla, il courut sur la terrasse de la maison où il était avec ses frères, et il vit passer le Rabbi que l’on conduisait au Prétoire, et avec les autres galiléens il le suivit jusqu’à ce qu’il fût mort. On lui jeta des pierres, à lui et aux autres, quand on découvrit qu’il était galiléen, là-haut sur la montagne, et on les repoussa plus bas. Mais ils furent là jusqu’à ce que tout fût accompli. Puis... ils s’éloignèrent... Et maintenant lui est mort. Oh ! si au moins je savais qu’à cause de sa pitié pour le Rabbi, il est en paix !"

Jésus ne répond pas à ce désir, mais il dit : "Alors il aura vu qu’il y avait des disciples sur le Golgotha. Peut-être que tous les galiléens furent comme ton mari ?"    

"Oh ! non. Beaucoup, et même de Nazareth, l’injurièrent. On le sait. Quelle honte !"    

"Et alors si beaucoup de gens même à Nazareth n’ont pas eu l’amour pour leur Jésus, et pourtant Lui leur a pardonné, et beaucoup se sanctifieront dans l’avenir, pourquoi veux-tu juger de la même manière les disciples du Christ ? Veux-tu être, toi, plus sévère que Dieu ? Dieu accorde beaucoup à celui qui pardonne..."        

"Il n’est plus là le bon Rabbi ! Il n’y est plus ! Et mon mari est mort."

"Le Rabbi a donné à ses disciples le pouvoir de faire ce que Lui faisait."      

"Je veux le croire. Mais il n’y avait que Lui pour vaincre la mort. Lui seulement !"        

"Et ne lit-on pas qu’Élie rendit l’esprit au fils de la veuve de Sarepta ? [3] En vérité je te dis qu’Élie était un grand prophète, mais que les serviteurs du Sauveur qui est mort et ressuscité parce qu’il était le Fils du vrai Dieu incarné pour racheter les hommes, ont un pouvoir encore plus grand parce que Lui sur la croix leur a pardonné leurs péchés à eux d’abord, connaissant par sa divine sagesse la véritable douleur de leurs esprits contrits, il les a sanctifiés après sa Résurrection par un nouveau pardon et leur a infusé l’Esprit Saint pour qu’ils puissent me représenter dignement à la fois par la parole et les actions, afin que le monde ne reste pas désolé après mon départ."      

La femme recule vivement, stupéfaite. Elle rejette son voile en arrière pour bien voir son compagnon. Elle ne le reconnaît pas pourtant. Elle croit avoir mal compris. Pourtant elle n’ose plus parler...    

"As-tu peur de Moi ? Tu m’as cru d’abord un voleur prêt à te prendre l’argent que tu as dans ton sein, destiné à acheter ce qui est nécessaire pour la sépulture. Et tu as eu peur. Maintenant tu as peur de savoir que je suis Jésus ? Et Jésus n’est-il pas Celui qui donne et ne prend pas ? Celui qui sauve et ne ruine pas ? Reviens en arrière, femme. Je suis la Résurrection et la Vie. Ils ne sont pas nécessaires le linceul et les aromates pour celui qui n’est pas mort, qui n’est plus mort, car je suis Celui qui vainc la mort et récompense celui qui a foi. Va ! Va à ta maison ! Ton mari est vivant. Aucune foi en Moi ne reste sans récompense." Il fait le geste de la bénir et de s’en aller.
 
La femme  sort de sa pétrification. Elle ne demande pas, elle ne doute pas... Non. Elle tombe à genoux pour adorer. Puis, finalement, elle ouvre la bouche et fouillant dans son sein, en tire une bourse, petite, une pauvre bourse de pauvres gens auxquels la misère interdit des honneurs solennels pour leurs morts, et elle dit en offrant la bourse : "Je n’ai pas autre chose... Rien d’autre pour te dire ma reconnaissance, pour t’honorer, pour..."

"Je n’ai pas besoin d’argent, femme. Tu le porteras à mes apôtres."

"Oh ! oui. J’irai avec mon mari... Mais que te donner alors, mon Seigneur ? Quoi ? Toi, qui m’es apparu... ce miracle.., et moi, qui ne t’ai pas reconnu… et moi, si fâchée… oui, si injuste jusqu’avec les choses..."        

"Oui. Et tu ne pensais pas qu’elles sont parce que Moi je suis, et que tout est bon de ce que Dieu a fait. S’il n’y avait pas eu le soleil, s’il n’y avait pas eu les grains, tu n’aurais pas eu cette grâce que tu viens d’avoir."

"Mais quelle douleur, pourtant !..." La femme pleure en y pensant.    

Jésus sourit et lui montre ses mains en disant : "Ceci est une minime partie de ma douleur. Et je l’ai consumée toute entière sans me plaindre, pour votre bien."

La femme se baisse jusqu’au sol pour reconnaître : "C’est vrai. Pardonne ma plainte."

Jésus disparaît dans sa lumière et quand elle lève le visage, elle se voit seule. Elle se lève, regarde autour d’elle. Rien ne peut gêner sa vue car maintenant c’est plein jour et il n’y a que des champs de moissons tout autour. La femme se dit à elle-même : "Et pourtant je n’ai pas rêvé !" Le démon, peut-être, la tente pour la faire douter car elle a un instant d’incertitude pendant qu’elle soupèse la bourse dans ses mains. Mais ensuite la foi a le dessus et elle tourne le dos à l’endroit où elle se dirigeait, pour revenir sur ses pas, rapide comme si le vent la portait, sans qu’elle se fatigue, le visage éclairé d’une joie plus grande qu’une joie humaine tant elle est paisible. Elle répète à chaque instant : "Comme Il est bon le Seigneur ! Il est vraiment Dieu ! Il est Dieu. Que soit béni le Très-Haut et Celui qu’Il a envoyé." Elle ne sait pas dire autre chose. Et sa litanie se mêle maintenant au chant des oiseaux. La femme est tellement absorbée qu’elle n’entend pas les saluts de certains moissonneurs qui la voient passer et lui demandent d’où elle vient à cette heure...    

L’un d’eux la rejoint et lui dit : "Marc va-t-il mieux  ? Tu es allée chercher le médecin ?"
         
"Marc est mort au chant du coq et il est ressuscité, car le Messie du Seigneur a fait cela" répond-elle, en allant toujours rapidement.        

"La douleur l’a rendue folle !" murmure l’homme, et il secoue la tête en rejoignant ses compagnons qui ont commencé à faucher le grain.    

Les champs se peuplent de plus en plus. Mais la curiosité triomphe chez beaucoup qui se décident à suivre la femme qui accélère toujours plus sa marche.      

Elle va, elle va. Voici une très pauvre maisonnette basse, solitaire, perdue dans la campagne. Elle s’y dirige en serrant les mains sur son cœur.            

Elle y entre, mais à peine y a-t-elle posé le pied qu’une vieille femme se jette dans ses bras en criant : "Oh ! ma fille, quelle grâce du Seigneur ! Prends courage, fille, car ce que je dois te dire est chose si grande, si heureuse, que..."        

"Je le sais, mère. Marc n’est plus mort. Où est-il ?"    

"Tu le sais... Et comment ?"  

"J’ai rencontré le Seigneur. Je ne l’ai pas reconnu, mais Lui m’a parlé et quand il Lui a plu, il m’a dit : “Ton mari vit”. Mais ici... quand ?"    

"J’avais ouvert la fenêtre alors, et je regardais le premier rayon de soleil qui tombait sur le figuier. Oui, vraiment ainsi. Le premier rayon a touché alors le figuier contre la pièce... quand j’ai entendu un profond soupir, comme pour quelqu’un qui s’éveille. Je me suis tournée effrayée et j’ai vu Marc qui s’asseyait et rejetait en arrière le drap que je lui avais jeté sur le visage, et qui regardait en haut avec un visage, un visage... Puis il m’a regardée et a dit : “Mère, je suis guéri !” Moi... Il s’en est fallu de peu que je meure, moi, et lui m’a secouru et a compris qu’il avait été mort. Il ne se rappelle rien. Il dit qu’il se rappelle jusqu’au moment où on l’a mis au lit et ensuite plus rien jusqu’au moment où il a vu un ange, une espèce d’ange qui avait le visage du Rabbi de Nazareth et qui lui a dit : “Lève-toi !” Et il s’est levé. Exactement à l’heure où le soleil surgissait tout entier."        

"À l’heure où il m’a dit : “Ton mari vit”. Oh ! mère, quelle grâce ! Comme Dieu nous a aimés !"

Ceux qui arrivent les trouvent embrassées et en pleurs. Ils croient que Marc est mort et que sa femme, dans un instant de lucidité, a compris son malheur. Mais Marc, qui entend les voix, apparaît, serein, avec un enfant dans les bras et les autres attachés à sa tunique et il dit à haute voix : "Me voici. Bénissons le Seigneur !"            
         
Ceux qui sont survenus l’assaillent de questions et, comme toujours dans les choses humaines, s’élève la contradiction. Les uns croient à une véritable résurrection, les autres, les plus nombreux, qu’il était tombé en catalepsie, mais qu’il n’était pas mort. Il y en a qui admettent que le Christ est apparu à Rachel, et d’autres qui disent que ce sont toutes des fables car "Lui est mort" disent certains, et d’autres : "Il est ressuscité, mais il est tellement indigné, il doit l’être, qu’il ne fait plus de miracles pour son peuple assassin."            

"Dites ce que bon vous semble" dit l’homme qui perd patience "et dites-le où vous voulez. Il suffit que vous ne le disiez pas ici où le Seigneur m’a ressuscité. Et allez-vous-en, ô malheureux ! Et veuille le Ciel vous ouvrir le cerveau pour que vous croyez. Mais pour l’instant allez-vous-en et laissez-nous en paix."          

Il les pousse dehors et ferme la porte. Il serre sur son cœur sa femme et sa mère et il dit : "Nazareth n’est pas loin. J’y vais proclamer le miracle."          

"C’est ce que veut le Seigneur, Marc. Nous porterons cet argent à ses disciples. Allons bénir le Seigneur. Comme nous sommes. Nous sommes pauvres, mais Lui aussi l’était, et ses apôtres ne nous mépriseront pas."


Elle se met à lacer les sandalettes aux enfants pendant que la mère jette quelques provisions dans un sac ferme portes et fenêtres, et que Marc va faire je ne sais quoi. Ils sortent quand ils sont prêts et marchent rapidement, les plus petits dans les bras, les autres joyeux et un peu stupéfaits tout autour, vers l’est, vers Nazareth, on le comprend. Cet endroit est peut-être encore dans la plaine d’Esdrelon, mais en un point différent de celui des domaines de Giocana.    
   

*
Source :  http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-018.htm#To
TOME / 10 du chapitre 156 à la fin  du Tome  




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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Jeu 4 Déc 2014 - 6:56

♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_34


Jésus apparaît sur les rives du lac.

Vision du samedi 19 avril 1947


Une nuit calme et une chaleur étouffante. Pas un souffle de vent. Les étoiles, nombreuses et palpitantes, remplissent le ciel serein. Le lac, calme et immobile au point de paraître un très vaste bassin à l’abri des vents, reflète sur sa surface la gloire de ce ciel palpitant d’étoiles. Les arbres, le long des rives, forment un bloc sans frémissement.

Si calme est le lac que son flot sur la rive ne donne qu’un très léger bruissement. Quelque barque au large, à peine visible comme une forme vague qui parfois produit une petite étoile à peu de distance de l’eau avec sa lanterne attachée au mât de la voile, pour éclairer l’intérieur de la petite embarcation. Je ne sais pas quel point du lac c’est. Je dirais que c’est celui qui est le plus au midi, là où le lac s’apprête à redevenir fleuve. Aux alentours de Tarichée, dirais-je, non parce que je vois la ville qu’un groupe d’arbres me cache, en s’avançant dans le lac pour faire un petit promontoire montueux, mais j’en juge ainsi d’après les petites étoiles des lanternes des barques qui s’éloignent vers le nord en se détachant des rives du lac. Je dis aux alentours de Tarichée, parce qu’il y a là un groupe de cabanes, si peu nombreuses qu’elles ne forment même pas un village, au pied du petit promontoire. Ce sont de pauvres maisons, de pêcheurs certainement, presque sur le rivage. Des barques sont tirées au sec sur la petite plage, d’autres, déjà prêtes pour naviguer, sont dans l’eau près de la rive et si immobiles qu’elles paraissent fixées au sol, au lieu de se balancer.

Pierre sort la tête d’une maisonnette. La lumière tremblante et un feu allumé dans la cuisine fumeuse éclaire par derrière la rude figure de l’apôtre en la faisant ressortir comme un dessin. Il regarde le ciel, il regarde le lac... Il s’avance jusqu’au bord du rivage puis, en tunique courte et les pieds nus, il entre dans l’eau jusqu’à mi-cuisses et caresse le bord d’une barque en avançant son bras musclé. Les fils de Zébédée le rejoignent.

"Une belle nuit."

"D’ici peu il y aura la lune."

"Soir de pêche."

"Avec les rames pourtant."

"Il n’y a pas de vent."

"Que faisons-nous ?"

Ils parlent lentement, en phrases détachées, comme des hommes habitués à la pêche et aux manœuvres des voiles et des filets qui demandent de l’attention, et donc peu de paroles.

"Ce serait bien d’y aller. Nous vendrions une partie de la pêche."

Sur la rive viennent les rejoindre André, Thomas et Barthélemy.

"Quelle chaude nuit !" s’exclame Barthélemy.

"Y aura-t-il de la tempête ? Vous rappelez-vous cette nuit ?"demande Thomas.

"Oh ! non ! De la bonace, du brouillard peut-être, mais pas de tempête. Moi... moi je vais pêcher. Qui vient avec moi ?"

"Nous venons tous. Peut-être on sera mieux au large" dit Thomas qui sue et ajoute; "Il fallait ce feu à la femme, mais c’est comme si nous avions été aux thermes..."

"Je vais le dire à Simon. Il est tout seul là-bas" dit Jean.

Pierre prépare déjà la barque avec André et Jacques.

"Allons-nous jusqu’à la maison ? Une surprise pour ma mère..."demande Jacques.

"Non. Je ne sais pas si je puis faire venir Margziam. Avant de... de la... Oui, en somme ! Avant d’aller à Jérusalem - on était encore à Éphraïm - le Seigneur m’a dit qu’il voulait faire la seconde Pâque avec Margziam. Mais ensuite il ne m’a rien dit d’autre..."

"Il me semble à moi qu’il a dit oui" dit André.

"Oui. La seconde Pâque, oui. Mais le faire venir avant, je ne sais s’il le veut. J’ai fait tant d’erreurs que... Oh ! viens-tu toi aussi ?"

"Oui, Simon de Jonas. Elle me rappellera beaucoup de choses cette pêche..."

"Hé ! à tous elle rappellera beaucoup de choses... Et des choses qui ne reviendront plus... On allait avec le Maître dans cette barque, sur le lac... Et moi, je l’aimais bien comme si elle avait été un palais de roi et il me semblait que je ne pourrais vivre sans elle. Mais maintenant que Lui n’y est plus dans la barque... voilà... je suis dedans et je n’en ai plus de joie" dit Pierre.

"Personne n’a plus la joie des choses passées. Ce n’est plus la même vie. Et même en regardant en arrière… entre ces heures passées et les heures présentes, il y a au milieu ce temps horrible..." dit Barthélemy on soupirant.

"Prêts. Venez. Toi au gouvernail, et nous aux rames. Allons vers la baie de Hippo. C’est un bon endroit. Sou ! Hop ! Sou ! Hop !"

Pierre donne le départ et la barque glisse sur l’eau tranquille avec Barthélemy au gouvernail. Thomas et le Zélote servent de mousses, prêts à jeter les filets qu’ils ont déjà étendus. La lune se lève, c’est-à-dire dépasse les monts de Gadara (si je ne me trompe) ou Gamala, en somme ceux qui sont sur la côte orientale mais vers le sud du lac, et le lac en reçoit le rayonnement qui fait une route de diamant sur les eaux tranquilles.

"Elle nous accompagnera jusqu’au matin."

"S’il ne vient pas de brume."

"Les poissons quittent le fond, attirés par la lune."

"Si nous faisons bonne pêche, cela tombera bien, car nous n’avons plus d’argent. Nous achèterons du pain et nous apporterons des poissons et du pain à ceux qui sont sur la montagne." Des paroles lentes avec de longues pauses après chaque mot.

"Tu vogues bien, Simon. Tu n’as pas perdu le coup de rame !..." dit le Zélote avec admiration.

"Oui... Malédiction !"

"Mais qu’as-tu ?" demandent les autres.

"J’ai... J’ai que le souvenir de cet homme me poursuit partout. Je me souviens de ce jour où l’on luttait avec deux barques à qui voguerait le mieux, et lui..."

"Moi, de mon côté, je pensais que l’une des premières fois que j’eus la vision de son abîme de perfidie, ce fut cette fois que nous avons rencontré, ou plutôt que nous avons abordé, les barques des romains. Vous vous souvenez ?" dit le Zélote.

"Hé ! si on se rappelle ! Mais !... Lui le défendait... et nous… entre les défenses du Maître et les duplicités de... de notre compagnon, on n’a jamais bien compris..."dit Thomas.

"Hum ! Moi, plus d’une fois... Mais il disait : ‘Ne juge pas, Simon !’"

"Le Thaddée l’a toujours soupçonné."

"Ce que je n’arrive pas à croire, c’est que celui-ci n’en ait jamais rien su" dit Jacques en donnant un coup de coude à son frère.

Mais Jean baisse silencieusement la tête.

"Désormais tu peux en parler" dit Thomas.

"Je m’efforce d’oublier. C’est l’ordre que j’ai reçu. Pourquoi voulez-vous me faire désobéir ?"

"Tu as raison. Laissons-le tranquille" dit le Zélote pour le défendre.

"Descendez les filets. Doucement... Ramez, vous. Ramez lentement. Tourne à gauche, Bartholmaï. Accoste. Vire. Accoste. Vire. Le filet est-il tendu ? Oui ? Levez les rames et attendons" commande Pierre.

Comme il est beau le doux lac dans la paix de la nuit, sous le baiser de la lune ! Paradisiaque tant il est pur. La lune s’y mire en plein du ciel et lui donne l’aspect du diamant, sa phosphorescence tremble sur les collines, les découvre et semble couvrir de neige les villes de la rive... De temps en temps ils sortent le filet. Une cascade de diamants tombe en produisant des arpèges sur l’argent du lac. Vide. Ils l’immergent de nouveau. Ils se déplacent. Ils n’ont pas de chance... Les heures passent. La lune se couche pendant que la clarté de l’aube se fraie un chemin, incertain, vert azur... Une brume chaude fume du côté des rives, particulièrement vers l’extrémité sud du lac de Tibériade qui en est voilé et aussi Tarichée.

Une brume basse, peu épaisse, que le premier rayon de soleil fera disparaître. Pour l’éviter, ils préfèrent côtoyer le côté oriental où elle est moins épaisse pendant qu’à l’ouest, venant du marécage qui est au-delà de Tarichée sur la rive droite du Jourdain, elle s’épaissit comme si le marécage fumait. Ils voguent, attentifs à éviter quelque péril sur ses hauts fonds, eux qui connaissent bien le lac.

"Vous, de la barque ! N’avez-vous rien à manger ?" Une voix d’homme vient de la rive, une voix qui les fait sursauter.

Mais ils haussent les épaules en répondant à haute voix : "Non" et puis entre eux : "Il nous semble toujours l’entendre !..."

"Jetez le filet à droite de la barque et vous allez trouver."

La droite, c’est vers le large. Ils jettent le filet, un peu perplexes. Secousses, poids qui fait pencher la barque du côté où se trouve le filet.

"Mais C’est le Seigneur !" crie Jean.

"Le Seigneur, tu dis ?" demande Pierre.

"Et tu en doutes ? Il nous a semblé que c’était sa voix, mais ceci en est la preuve. Regarde le filet ! C’est comme cette fois-là ! C’est Lui, te dis-je. O mon Jésus ! Où es-tu ?"

Tous essaient de voir pour percer les voiles de la brume, après avoir bien assuré le filet pour le traîner dans le sillage de la barque, car c’est une manœuvre dangereuse de vouloir le lever. Et ils rament pour aller à la rive. Mais Thomas doit prendre la rame de Pierre qui a enfilé en toute hâte sa courte tunique sur ses braies très courtes. C’était d’ailleurs son unique vêtement comme c’est celui des autres, sauf Barthélemy. Il s’est jeté à la nage dans le lac et il fend à grandes brasses l’eau tranquille, en précédant la barque. Le premier, il met le pied sur la petite plage déserte où sur deux pierres, à l’abri d’un buisson épineux, luit un feu de brindilles. Et là, tout près du feu, se trouve Jésus, souriant et bienveillant.

"Seigneur ! Seigneur !" Pierre est essoufflé par l’émotion et ne peut dire autre chose. Ruisselant d’eau comme il est, il n’ose pas même toucher le vêtement de son Jésus et il reste prosterné sur le sable, en adoration, avec la tunique qui lui colle dessus.

La barque frotte sur le sable et s’arrête. Tous sont debout agités par la joie...

"Apportez ici de ces poissons. Le feu est prêt. Venez et mangez" commande Jésus.

Pierre Court à la barque et il aide à hisser le filet et il saisit dans le tas frétillant trois gros poissons. Il les frappe sur le bord de la barque pour les tuer et les éventre avec son couteau. Mais les mains lui tremblent, oh ! pas de froid ! Il les rince et les porte où se trouve le feu, il les installe dessus et surveille leur cuisson. Les autres restent à adorer le Seigneur, un peu loin de Lui, craintifs comme toujours devant Lui qui est Ressuscité si divinement puissant.

"Voilà : ici il y a du pain. Vous avez travaillé toute la nuit et vous êtes fatigués. Maintenant vous allez vous réconforter. Est-ce prêt, Pierre ?"

"Oui, mon Seigneur" dit Pierre avec une voix encore plus rauque que d’habitude, penché sur le feu, et il essuie ses yeux qui dégouttent comme si la fumée les faisait pleurer en les irritant en même temps que la gorge. Mais ce n’est pas la fumée qui lui donne cette voix et ces larmes... Il apporte le poisson qu’il a étendu sur une feuille râpeuse, il semble que ce soit une feuille de courge qu’André lui a apportée après l’avoir rincée dans le lac.

Jésus offre et bénit. Il coupe le pain et les poissons et il les distribue en faisant huit parts, et il y goûte Lui aussi. Ils mangent avec le respect avec lequel ils accompliraient un rite. Jésus les regarde et sourit. Mais il se tait Lui aussi jusqu’au moment où il demande : "Où sont les autres ?"

"Sur la montagne, où tu as dit. Et nous sommes venus pour pêcher car nous n’avons plus d’argent et nous ne voulons pas abuser des disciples."

"Vous avez bien fait. Pourtant, dorénavant, vous, les apôtres, vous resterez sur la montagne en prière pour édifier les disciples par votre exemple. Envoyez ceux-ci à la pêche. Quant à vous, il est bien que vous restiez là en prière et pour écouter ceux qui ont besoin de conseils ou peuvent venir pour vous donner des nouvelles. Tenez-les très unis les disciples. Je viendrai bientôt."

"Nous le ferons, Seigneur."

"Margziam n’est pas avec toi ?"

"Tu ne m’avais pas dit de le faire venir si vite."

"Fais-le venir. Son obéissance est finie."

"Je le ferai venir, Seigneur."

Un silence. Puis Jésus, qui était resté un peu la tête penchée pour réfléchir, lève la tête et fixe son regard sur Pierre. Il le regarde avec son regard des heures de plus grand miracle et de plus grand commandement. Pierre en tressaille presque de peur et se rejette un peu en arrière... Mais Jésus, mettant une main sur l’épaule de Pierre, le retient de force et lui demande, en le tenant ainsi : "Simon de Jonas, m’aimes-tu ?"

"Certainement, Seigneur ! Tu sais que je t’aime" répond Pierre avec assurance.

"Pais mes agneaux... Simon de Jonas, m’aimes-tu ?"

"Oui, mon Seigneur. Et tu sais que je t’aime." Sa voix est moins assurée, elle est même un peu étonnée par la répétition de cette question.

"Pais mes agneaux... Simon de Jonas, m’aimes-tu ?"

"Seigneur... Tu sais tout ... Tu sais si moi je t’aime…" la voix de Pierre tremble car s’il est sûr de son amour il a l’impression que Jésus n’en est pas sûr.

"Pais mes brebis. La triple profession d’amour a effacé la triple négation. Tu es entièrement pur, Simon de Jonas et Moi, le te dis : Prends le vêtement de Pontife et porte la Sainteté du Seigneur au milieu de mon troupeau. Ceins tes vêtements à ta ceinture et garde-les ceints jusqu’à ce que de Pasteur toi aussi tu deviendras agneau. En vérité je te dis que quand tu étais plus jeune tu te ceignais par toi-même et tu allais où tu voulais, mais quand tu auras vieilli tu étendras les mains et un autre te ceindra et te conduira là où tu ne voudrais pas. Maintenant pourtant c’est Moi qui te dis : "Ceins-toi et suis-moi sur ma propre voie". Lève-toi et viens."

Jésus se lève et Pierre se lève pour aller vers la rive et les autres se mettent à éteindre le feu en l’étouffant sous le sable. Mais Jean, après avoir ramassé les restes de pain, suit Jésus. Pierre entend le bruit de ses pas et tourne la tête. Il voit Jean et demande en le montrant à Jésus : “Et de lui qu’arrivera-t-il ?"

"Si je veux qu’il reste jusqu’à ce que je revienne, que t’importe ? Toi, suis-moi."

Ils sont sur la rive. Pierre voudrait encore parler; la majesté de Jésus, les paroles qu’il a entendues le retiennent. Il s’agenouille et adore, imité par les autres. Jésus les bénit et les congédie. Ils montent dans la barque et s’éloignent en ramant. Jésus les regarde partir.

*
SOURCE : http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-019.htm
TOME : 10/ 19



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Jésus apparait au bord du lac
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Message par Henryk le Jeu 4 Déc 2014 - 20:35

Je vous invite a écouter le commentaire de jean Marcel Gaudreau: 19ème minuteet plus
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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Jeu 4 Déc 2014 - 20:43

Bonsoir Henryk


Je vous invite a écouter le commentaire de jean Marcel Gaudreau: 19ème minuteet plus  

Mais aucune vidéo ne parait  sur mon ordi est- ce normal ?
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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Ven 5 Déc 2014 - 7:05

♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_35


Jésus sur le Thabor.

Vision du dimanche 20 avril 1947


Tous les apôtres sont là, tous les disciples bergers et aussi Jonathas que Chouza a renvoyé de son service. Il y a Margziam et Manaën et beaucoup de disciples des soixante-douze et aussi beaucoup d’autres. Ils sont à l’ombre des arbres qui, avec leur épais feuillage, tempèrent la lumière et la chaleur. Ils ne sont pas en haut, vers le sommet où arriva la Transfiguration mais à mi-côte, là où un bois de chênes semble vouloir voiler le sommet et soutenir les flancs de la montagne avec leurs puissantes racines.            

Presque tous sommeillent à cause de l’heure et aussi du manque d’occupation et de la longue attente. Mais il suffit du cri d’un enfant - je ne sais pas qui c’est car je ne le vois pas de l’endroit où je me trouve — pour que tous se lèvent dans un premier mouvement impulsif qui se change tout de suite en un prosternement avec le visage dans l’herbe.

"La paix à vous tous. Me voici parmi vous. Paix à vous. Paix à vous." Jésus passe parmi eux en les saluant, en les bénissant. Beaucoup pleurent, d’autres sourient bienheureux, mais tous ont une si grande paix.      

Jésus se rend pour s’arrêter là où les apôtres et les bergers forment un groupe nombreux avec Margziam, Manaën, Étienne, Nicolaï, Jean d'Éphèse, Hermas et quelques autres des disciples les plus fidèles dont je ne me rappelle pas les noms. Je vois celui de Corozaïn qui a laissé l’ensevelissement de son père pour suivre Jésus, un autre que j’ai vu une autre fois. Jésus prend dans ses mains la tête de Margziam qui pleure en le regardant, il le baise au front puis le serre sur son cœur.    

Puis il se tourne vers les autres et il dit : "Beaucoup et peu. Où sont les autres ? Je sais que nombreux sont mes disciples fidèles. Pourquoi alors n’y a-t-il ici qu’à peine cinq cents personnes ,  en ne comptant pas les enfants fils de tel ou tel d’entre vous ?"            

Pierre se lève et parle au nom de tous; il était resté à genoux dans l’herbe. "Seigneur, entre le treizième et le vingtième jour de ta mort un grand nombre sont venus ici des nombreuses villes de Palestine, disant que tu étais parmi eux. Ainsi beaucoup de nous, pour te voir avant, sont allés avec tel ou tel. Quelques-uns viennent de partir. Ils disaient, ceux qui sont venus, t’avoir vu et parlé en différents endroits et, ce qui était merveilleux, tous disaient t’avoir vu le douzième jour après ta mort.      

Nous avons pensé que c’était une tromperie de quelqu’un des faux prophètes dont tu as dit qu’ils surgiraient pour tromper les élus. Tu en as parlé là, sur le mont des Oliviers, le soir d’avant… d’avant..." Pierre, à ce souvenir, est repris par sa douleur, il baisse la tête et se tait. Deux larmes, suivies par d’autres, tombent de sa barbe sur le sol...    

Jésus lui met sa main droite sur l’épaule et Pierre frémit à ce contact et, n’osant pas toucher cette Main avec les siennes, baisse le cou, le visage, pour caresser de sa joue, pour effleurer de ses lèvres, cette Main adorable.

Jacques d'Alphée poursuit le récit : "Et nous avons déconseillé de croire à ces apparitions, à ceux d’entre nous qui se levaient pour courir vers la grande mer, ou vers Bozra, ou Césarée de Philippe, Pella ou Cédés, sur la montagne prés de Jéricho et dans la plaine, comme dans la plaine d’Esdrelon, sur le grand Hermon comme à Beteron et à Betsemes, et dans d’autres lieux sans noms parce que ce sont des maisons isolées dans la plaine près de Jafia ou près de Galaad. Trop incertaines. Certains disaient : “Nous l’avons vu et entendu”. D’autres envoyaient dire qu’ils l’avaient vu et même qu’ils avaient mangé avec Toi. Oui, nous voulions les retenir, pensant que c’étaient des pièges de celui qui nous combat, ou même des fantômes vus par des justes qui à force de penser à Toi finissent par te voir là où tu n’es pas. Mais eux ont voulu aller, les uns dans un endroit, les autres ailleurs. Et de cette manière nous sommes réduits à moins d’un tiers."        

"Vous avez eu raison d’insister pour les retenir. Non pas que je n’ai pas été réellement là où ceux qui sont venus vous le dire ont dit que j’étais. Mais parce que j’avais dit de rester ici, unis dans la prière en m’attendant. Et parce que je veux qu’on obéisse à mes paroles, spécialement ceux qui sont mes serviteurs. Si les serviteurs commencent à désobéir, que feront les fidèles ?    

Écoutez, vous tous qui êtes ici autour de Moi. Rappelez-vous que dans un organisme, pour qu’il soit vraiment actif et sain, il faut une hiérarchie, c’est-à-dire quelqu’un qui commande, quelqu’un qui transmet les ordres, et ceux qui obéissent. Ainsi en est-il dans les cours des rois. Ainsi dans les religions, de notre religion hébraïque aux autres, même impures. Il y a toujours un chef, ses ministres, les serviteurs des ministres, des fidèles pour finir. Un pontife ne peut agir par lui seul. Un roi ne peut agir par lui seul. Et ce qu’ils ordonnent, ce sont des choses qui se rapportent uniquement à des contingences humaines ou à des formalités rituelles...            

Oui, malheureusement désormais, même dans la religion mosaïque, il ne reste plus que le formalisme des rites, une suite de mouvements d’un mécanisme qui continue à accomplir les mêmes gestes même maintenant que l’esprit des gestes est mort. Mort pour toujours. Leur Divin Animateur, Celui qui donnait aux rites leur valeur, s’est retiré d’au milieu d’eux. Et les rites sont des gestes, rien de plus. Des gestes que n’importe quel histrion pourrait mimer sur la scène d’un amphithéâtre. Malheur, quand une religion meurt et de puissance réelle, vivante, devient une pantomime bruyante, extérieure, une chose vide derrière le décor peint, derrière les vêtements pompeux, un mouvement de mécanismes qui accomplissent des mouvements donnés, comme une clef fait agir un ressort, mais le ressort aussi bien que la clef n’ont pas conscience de ce qu’ils font. Malheur  ! Réfléchissez  !

Souvenez-vous-en toujours, et dites-le à vos successeurs, pour que cette vérité soit connue au cours des siècles.  Elle est moins effrayante la chute d’une planète que la chute de la religion. Si le ciel restait dépeuplé d’astres et de planètes, ce ne serait pas pour les peuples un malheur pareil à celui de rester sans une religion réelle. Dieu suppléerait par sa puissance prévoyante aux besoins humains, parce que Dieu peut tout pour ceux qui, sur une sage voie, ou sur la voie que leur ignorance connaît, cherchent, aiment la Divinité avec un esprit droit. Mais s’il venait un jour où les hommes n’aimeraient plus Dieu, parce que les prêtres de toutes les religions auraient fait d’elles uniquement une pantomime vide, en ne croyant pas eux, les premiers, à la religion, malheur à la Terre  !    

Or, si je parle ainsi pour ces religions qui sont impures, certaines venues à la suite de révélations partielles à un sage, d’autres du besoin instinctif de l’homme de se créer une foi pour donner à l’âme la pâture d’aimer un dieu, car ce besoin est l’aiguillon le plus fort de l’homme, l’état permanent de recherche de Celui qui est, voulu par l’esprit même si l’intelligence orgueilleuse refuse l’obéissance à n’importe quel dieu, même si l’homme, en ignorant l’âme, ne sait pas donner un nom à ce besoin qui s’agite en son intérieur, que devrai-je dire pour celle que je vous ai donnée, pour celle qui porte mon Nom, pour celle dont je vous ai créés pontifes et prêtres, pour celle que je vous ordonne de propager par toute la Terre ?Pour cette religion Unique, Vraie, Parfaite, Immuable dans la Doctrine enseignée par Moi, le Maître, complétée par l’enseignement continu de Celui qui viendra : l’Esprit Saint, Guide très Saint pour mes Pontifes et ceux qui les aideront, chefs en second dans les diverses Églises créées dans les diverses régions où s’affirmera ma Parole.    

Ces Églises. bien que différentes en nombre, n’auront pas une pensée différente, mais elles seront une seule chose avec l’Église, en formant par chacune de leurs parties le grand édifice, toujours plus grand, le grand, le nouveau Temple qui par ses pavillons atteindra tous les confins du monde. Pas différentes dans leur pensée, ni opposées entre elles, mais unies, fraternelles les unes pour les autres, toutes soumises au Chef de l’Église, à Pierre, et à ses successeurs, jusqu’à la fin des siècles. Et celles qui pour un motif quelconque se sépareraient de l’Église Mère, seraient des membres coupés qui ne seraient plus nourris par le sang mystique qu’est la Grâce qui vient de Moi, Chef divin de l’Église. Semblables à des fils prodigues séparés volontairement de la maison paternelle, ils seraient dans leur éphémère richesse et dans leur misère constante et toujours plus grave, réduits à émousser leur intelligence spirituelle par des nourritures et des vins trop lourds et ensuite à languir en mangeant les glands amers des animaux immondes, jusqu’au moment où, avec un cœur contrit, ils reviendraient à la maison paternelle en disant : "Nous avons péché. Père, pardonne-nous et ouvre-nous les portes de ta demeure". Et alors, que ce soit un membre d’une Église séparée, ou que ce soit une Église entière — oh ! qu’il en soit ainsi, mais où, quand se lèveront de mes imitateurs assez nombreux capables de racheter ces Églises entières séparées, au prix de leur vie, pour faire, pour refaire un unique Bercail sous un seul pasteur, ainsi que je le désire ardemment ? — alors, que ce soit un seul ou une assemblée qui revienne, ouvrez-leur les portes. Soyez paternels. Pensez que tous, pendant une heure ou plusieurs, peut-être pendant des années, vous avez été, chacun de vous, des fils prodigues enveloppés dans la concupiscence. Ne soyez pas durs pour ceux qui se repentent.Souvenez-vous ! Souvenez-vous !    

Plusieurs d'entre vous ont fui, il y a aujourd’hui vingt-deux jours. Et la fuite n’était-elle pas une abjuration de votre amour pour Moi ? Donc comme je vous ai accueillis, à peine repentis, revenus à Moi, faites-le vous aussi. Tout ce que j’ai fait, faites-le. C’est mon commandement. Vous avez vécu avec Moi pendant trois ans. Mes œuvres, ma pensée, vous les connaissez. Quand, dans l’avenir, vous vous trouverez en face d’un cas à trancher, tournez votre regard vers le temps où vous avez été avec Moi et comportez-vous comme Moi je me suis comporté. Vous ne vous tromperez jamais. Je suis l’exemple vivant et parfait de ce que vous devez faire.        

Et rappelez-vous encore que je ne me suis pas refusé Moi-même à Judas de Kériot lui-même... Le Prêtre doit, par tous les moyens, chercher à sauver. Et que prédomine l’amour, toujours, parmi les moyens employés pour sauver. Pensez que je n’ai pas ignoré l’horreur de Judas... Mais j’ai, en surmontant toute répugnance, traité le malheureux comme j’ai traité Jean. À vous.., à vous sera souvent épargnée l’amertume de savoir que tout est inutile pour sauver un disciple aimé... Et vous pourrez donc agir sans la lassitude qui vous prend quand vous savez que tout est inutile... On doit travailler même alors.., toujours.., jusqu’à ce que tout soit accompli...  

"Mais tu souffres, Seigneur ! ? ! Oh ! je ne croyais pas que tu puisses souffrir désormais ! Tu souffres encore pour Judas ! Oublie-le, Seigneur !" crie Jean qui n’a pas détourné son regard de son Seigneur.        

Jésus ouvre les bras dans son geste habituel de confirmation résignée d’un fait pénible, et il dit : "C’est ainsi... Judas a été et il est la douleur la plus grande dans la mer de mes douleurs. C’est la douleur qui reste... Les autres douleurs ont pris fin avec la fin du Sacrifice. Mais celle-là reste. Je l’ai aimé. Je me suis consumé Moi-même dans mon effort pour le sauver... J’ai pu ouvrir les portes des Limbes et en tirer les justes, j’ai pu ouvrir les portes du Purgatoire et en tirer ceux qui se purifiaient. Mais le lieu d’horreur était fermé sur lui, Pour lui, ma mort a été inutile."    

"Ne souffre pas ! Ne souffre pas ! Tu es glorieux, mon Seigneur ! À Toi la gloire et la joie. Tu as consumé ta douleur !" dit encore Jean en le suppliant.

"Vraiment personne ne pensait que Lui pût souffrir encore !" disent-ils tous, étonnés et émus, en parlant entre eux.    

"Et vous ne pensez pas à la douleur que devra encore souffrir mon Cœur au cours des siècles, pour tout pécheur impénitent, pour toute hérésie qui me nie, pour tout croyant qui m’abjure, et —déchirement des déchirements - pour tout prêtre coupable, cause de scandale et de ruine ? Vous ne savez pas ! Vous ne savez pas encore. Vous ne saurez jamais complètement tant que vous ne serez pas avec Moi dans la Lumière des Cieux. Alors vous comprendrez… En contemplant Judas, j’ai contemplé les élus pour lesquels l’élection se change en ruine à cause de leur volonté perverse... Oh ! vous qui êtes fidèles, vous qui formerez les futurs Prêtres, rappelez-vous ma douleur, formez-vous toujours plus à la sainteté pour consoler ma douleur, formez-les à la sainteté pour que, autant que possible, ne se répète pas cette douleur, exhortez, veillez, enseignez, combattez, soyez attentifs comme des mères, infatigables comme des maîtres, vigilants comme des bergers, virils comme des guerriers pour soutenir les prêtres qui seront formés par vous. La faute du douzième apôtre, faites en sorte, oh ! faites qu’elle ne se répète pas trop dans l’avenir...

Soyez comme j’ai été avec vous, comme je suis avec vous. Je vous ai dit : "Soyez parfaits comme votre Père des Cieux". Et votre humanité tremble devant un tel commandement. Maintenant davantage encore que quand je vous l’ai dit, parce que maintenant vous connaissez votre faiblesse.

Eh bien, pour vous rendre courage, je vais vous dire : "Soyez comme votre Maître". Je suis l’Homme. Ce que Moi j’ai fait, vous pouvez le faire. Même les miracles. Oui. Même eux, pour que le monde sache que c’est Moi qui vous envoie et pour que ceux qui souffrent ne pleurent pas dans le découragement de penser : "Lui n’est plus parmi nous pour soigner nos malades et nous consoler dans nos douleurs". Pendant ces jours j’ai fait des miracles pour consoler les cœurs et les persuader que le Christ n’est pas détruit parce qu’on l’a mis à mort, mais qu’au contraire il est plus fort, éternellement fort et puissant. Mais quand je ne serai plus parmi vous, vous ferez ce que j’ai fait jusqu’ici et que je ferai encore. Pourtant ce n’est pas tant par la puissance du miracle mais par votre sainteté que grandira l’amour pour la nouvelle Religion. C’est votre sainteté, et non le don que je vous transmets, sur laquelle vous devez veiller jalousement. Plus vous serez saints et plus vous serez chers à mon Cœur et l’Esprit de Dieu vous illuminera pendant que la Bonté de Dieu et sa Puissance remplira vos mains des dons du Ciel. Le miracle n’est pas un acte commun et indispensable pour vivre dans la foi. Et même ! Bienheureux ceux qui sauront rester dans la foi sans moyens extraordinaires pour les aider à croire ! Cependant le miracle n’est pas non plus un acte si exclusivement réservé à des temps spéciaux qu’il doive cesser quand ces temps-là ne sont plus. Le miracle existera dans le monde. Toujours. Et les miracles seront d’autant plus nombreux qu’il y aura plus de justes dans le monde. Quand on verra se faire très rares les vrais miracles, qu’on dise alors que la foi et la justice sont languissantes. En effet j’ai dit : "Si vous avez la foi, vous pourrez déplacer les montagnes". En effet j’ai dit : "Les signes qui accompagneront ceux qui ont la vraie foi en Moi seront la victoire sur les démons et sur les maladies, sur les éléments et les embûches".        

Dieu est avec celui qui l’aime. Le signe de comme mes fidèles seront en Moi ce sera le nombre et la force des prodiges qu’ils feront en mon nom et pour glorifier Dieu. À un monde sans miracles vrais, on pourra dire sans le calomnier : "Tu as perdu la foi et la justice, tu es un monde sans saints"          

Donc, pour revenir au début, vous avez bien fait de chercher à retenir ceux qui, pareils à des enfants séduits par un air musical ou un miroitement étrange, courent se perdre loin des choses sûres. Mais vous voyez ? Ils en sont punis parce qu’ils perdent ma parole. Pourtant vous aussi avez eu votre tort. Vous vous êtes souvenus que j’ai dit de ne pas courir çà et là pour toute voix qui affirmait que j’étais dans un endroit. Mais vous ne vous êtes pas rappelés que j’ai dit aussi que dans sa seconde venue le Christ sera semblable à un éclair qui sort du levant pour aller au couchant en un temps moins long que le battement d’une paupière.        

Or cette seconde venue a commencé au moment de ma Résurrection. Elle aura sa fin par l’apparition du Christ Juge à tous les ressuscités. Mais auparavant, que de fois j’apparaîtrai pour convertir, pour guérir, pour consoler, enseigner, donner des ordres ! En vérité, je vous dis : Je vais retourner à mon Père. Mais la Terre ne perdra pas ma Présence. Je serai vigilant et ami, Maître et Médecin là où les corps ou les âmes, pécheurs ou saints, auront besoin de Moi ou seront choisis par Moi pour transmettre mes paroles aux autres. Car cela aussi est vrai, parce que l’Humanité aura besoin d’un acte continuel d’amour de ma part, parce qu’elle a tant de mal à se plier, se refroidit si facilement, oublie si vite, aimant descendre plutôt que de monter, de sorte que si je ne la retenais pas par des moyens surnaturels ne serviraient pas la loi, l’Évangile, les secours divins que mon Église dispensera pour conserver l’Humanité dans la connaissance de la Vérité et dans la volonté de rejoindre le Ciel. Et je parle de l’Humanité qui croit en Moi... toujours peu nombreuse en comparaison de la grande masse des habitants de la Terre.            

Je viendrai. Que celui qui m’aura reste humble. Que celui qui ne m’aura pas ne soit pas avide de m’avoir pour en être loué. Que personne ne désire ce qui est extraordinaire. Dieu sait quand et où le donner. Il n’est pas nécessaire d’avoir l’extraordinaire pour entrer dans les Cieux. C’est même une arme qui mal employée peut ouvrir l’enfer au lieu du Ciel. Et maintenant je vais vous dire comment. Parce que l’orgueil peut surgir, parce que l’on peut arriver à un état d’esprit méprisable aux yeux de Dieu, parce qu’il ressemble à une torpeur où quelqu’un se complaît pour caresser le trésor qu’il a eu en se croyant déjà au Ciel parce qu’il a eu ce don.

Non. Dans ce cas, au lieu de devenir flamme et aile, il devient gel et lourde pierre et l’âme tombe et meurt. Et aussi : un don mal employé peut susciter un vif désir d’en avoir davantage pour en avoir une plus grande louange. Alors, dans ce cas, au Seigneur pourrait se substituer l’Esprit du Mal pour séduire les imprudents par des prodiges impurs. Soyez toujours loin des séductions de toutes espèces. Fuyez-les. Soyez contents de ce que Dieu vous accorde. Lui sait ce qui vous est utile et de quelle manière. Pensez toujours que tout don est une épreuve en plus d’être un don, une épreuve de votre justice et de votre volonté. J’ai donné à vous les mêmes choses. Mais ce qui vous a rendus meilleurs a ruiné Judas. Etait-ce donc un mal que le don ? Non. Mais mauvaise était la volonté de cet esprit...        

Ainsi en est-il maintenant. J’ai apparu à un grand nombre, non seulement pour consoler et combler de bienfaits, mais pour vous satisfaire. Vous m’aviez prié de persuader le peuple que je suis ressuscité, le peuple que ceux du Sanhédrin essaient d’amener à leur pensée. Je suis apparu à des enfants et à des adultes, le même jour, en des points si éloignés entre eux qu’il faudrait plusieurs jours de marche pour aller de l’un à l’autre. Mais pour Moi n’existe plus l’esclavage des distances. Et ces apparitions simultanées vous ont désorienté vous aussi. Vous vous êtes dit : "Ces gens-là ont vu des fantômes". Vous avez donc oublié une partie de mes paroles, c’est-à-dire que je serai dorénavant à l’orient et à l’occident, au septentrion et au midi, où je trouverai juste d’être, sans que rien ne me l’empêche, et rapidement comme la foudre qui sillonne le ciel. Je suis un Homme véritable. Voici mes membres et mon Corps, solide, chaud, capable de se mouvoir, de respirer, de parler comme le vôtre. Mais je suis le vrai Dieu. Et si pendant trente-trois ans la Divinité a été, pour une fin suprême, cachée dans l’Humanité, maintenant la Divinité, bien qu’unie à l’Humanité, a pris le dessus et l’Humanité jouit de la liberté parfaite des corps glorifiés. Reine avec la Divinité, elle n’est plus sujette à tout ce qui est limitation pour l’Humanité. Me voici. Je suis avec vous et je pourrais, si je voulais, être dans un instant aux confins du monde pour attirer à Moi un esprit qui me cherche.    

Et quel fruit aura ma présence près de Césarée maritime et dans la haute Césarée, comme au Carit et à Engaddi, et près de Pella et de Jutta et dans d’autres lieux de Judée et à Bozra et sur le grand Hermon et à Sidon et aux confins de la Galilée ? Et quel fruit d’avoir guéri un enfant et ressuscité quelqu’un qui avait expiré depuis peu, et réconforté une angoisse et appelé à mon service quelqu’un qui s’était macéré dans une dure pénitence et à Dieu un juste qui m’en avait prié, et d’avoir donné mon message à des innocents et mes ordres à un cœur fidèle ?      

Est-ce que cela persuadera le monde ? Non. Ceux qui croient continueront de croire, avec plus de paix, mais pas avec plus de force parce qu’ils savaient déjà vraiment croire. Ceux qui n’ont pas su croire avec une vraie foi resteront incertains et les mauvais diront que ce sont des délires et des mensonges les apparitions, et que le mort n’était pas mort mais endormi... Vous souvenez-vous quand je vous ai dit la parabole du mauvais riche ? J’ai dit qu’Abraham répondit au damné : "S’ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes ils ne croiront pas non plus à quelqu’un qui est ressuscité des morts pour leur dire ce qu’ils doivent faire". Ont-ils peut-être cru à Moi, Maître, et à mes miracles ? Qu’a obtenu le miracle de Lazare ? Il a hâté ma condamnation. Qu’a obtenu ma résurrection ? Un accroissement de leur haine. Même ces miracles de mes derniers temps parmi vous ne persuaderont pas le monde, mais uniquement ceux qui ne sont plus du monde, ayant choisi le Royaume de Dieu avec ses fatigues et ses peines actuelles et sa gloire future.    

Mais il me plaît que vous ayez été confirmés dans la foi et que vous ayez été fidèles à mon ordre, en restant à m’attendre sur cette montagne, sans avoir la hâte humaine de jouir de choses même bonnes mais différentes de celles que je vous avais indiquées. La désobéissance donne un dixième et en enlève neuf. Eux sont allés et entendront des paroles d’hommes, toujours celles-là. Vous êtes restés et vous avez entendu ma Parole qui, même si elle rappelle des choses déjà dites, est toujours bonne et utile. La leçon servira d’exemple à vous tous, et aussi à eux, pour l’avenir."

Jésus tourne son regard sur ces visages rassemblés là et appelle : "Viens, Élisée, d'Engaddi. J’ai quelque chose à te dire."      

Je n’avais pas reconnu l’ancien lépreux, fils du vieil Abraham. C’était alors un spectre squelettique, c’est maintenant un homme robuste dans la fleur de l’âge. Il s’approche en se prosternant aux pieds de Jésus qui lui dit : "Une question te tremble sur les lèvres depuis que tu as su que j’ai été à Engaddi, et c’est celle-ci : "As-tu consolé mon père ?" et Moi, je te dis : “Je l’ai plus que consolé ! Je l’ai pris avec Moi”.        

"Avec Toi, mon Seigneur. Et où est-il que je ne le vois pas ?"            

"Elisée, je suis ici encore pour un temps court. Ensuite je vais à mon Père..."            

"Seigneur  !... Tu veux dire... Mon père est mort !"    

"Il s’est endormi sur mon Cœur. Pour lui aussi est finie la douleur. Il l’a toute consumée, et en restant toujours fidèle au Seigneur. Ne pleure pas. Ne l’avais-tu pas quitté pour me suivre ?"      

"Oui, mon Seigneur..."          

"Voilà. Ton père est avec Moi. Donc en me suivant tu viens encore près de ton père."

"Mais quand ? Comment ?"  

"Dans sa vigne, là où il a entendu parler de Moi la première fois. Il m’a rappelé sa prière de l’an passé. Je lui ai dit : "Viens". Il est mort heureux parce que tu as tout quitté pour me suivre."        

"Pardonne-moi, si je pleure... C’était mon père..."      

"Je sais comprendre la douleur." Il lui met la main sur la tête pour le consoler et il dit aux disciples : "Voici un nouveau compagnon. Qu’il vous soit cher parce que je l’ai tiré de son tombeau pour qu’il me serve."          

Puis il appelle : "Élie, viens à Moi. Ne sois pas honteux comme quelqu’un qui est étranger parmi des frères. Tout le passé est détruit. Et toi aussi, Zacharie, qui as quitté père et mère pour Moi, mets-toi avec les soixante-douze avec Joseph de Cintium. Vous le méritez ayant défié pour Moi les voies des puissants. Et toi, Philippe, et toi aussi, son compagnon qui ne veux pas être appelé par ton nom parce qu’il te semble horrible, et prends alors celui de ton père qui est un juste, même s’il n’est pas encore parmi ceux qui me suivent ouvertement. Voyez-vous tous ? Je n’exclus personne qui ait bonne volonté. Pas ceux qui me suivaient déjà comme disciples, pas ceux qui faisaient des œuvres bonnes en mon nom même s’ils n’appartenaient pas aux groupes de mes disciples, pas ceux qui appartenaient à des sectes que n’aiment pas tous, ils peuvent toujours entrer dans le droit chemin et ne doivent pas être repoussés. Faites comme je fais. J’unis ceux-ci aux anciens disciples, car le Royaume des Cieux est ouvert à tous ceux qui ont bonne volonté. Et, bien qu’ils ne soient pas présents, je vous dis de ne pas repousser même les gentils. Moi, je ne les ai pas repoussés quand je les ai su désireux de la Vérité. Faites ce que j’ai fait. Et toi, Daniel, vraiment sorti de la fosse, non pas aux lions mais aux chacals, viens, unis-toi à ceux-ci. Et toi, viens aussi, Benjamin. Je vous unis à ceux-ci (il montre les soixante-douze presque au complet) parce que la moisson du Seigneur donnera beaucoup de fruits et de nombreux ouvriers sont nécessaires.            

Maintenant restons un peu ici pendant que la journée s’écoule. Au soir vous quitterez la montagne et à l’aurore vous viendrez avec Moi, vous les apôtres, et vous deux que j’ai nommés, et tous ceux qui sont ici des soixante-douze (il indique Zacharie et ce Joseph de Cintium qui ne m’est pas inconnu).    

Les autres resteront ici pour attendre ceux qui ont couru çà et là comme des guêpes oisives pour leur dire en mon nom que ce n’est pas en imitant les enfants paresseux et désobéissants que l’on trouve le Seigneur. Et d’être tous à Béthanie vingt jours avant la Pentecôte,  car ensuite ils me chercheraient en vain. Assoyez-vous tous, reposez-vous. Vous, venez avec Moi un peu à part."            

Il se met en route en tenant toujours par la main Margziam suivi des onze apôtres. Il s’assoit au plus profond du bois de chênes et il attire à Lui Margziam qui est très triste, tellement triste que Pierre dit : "Console-le, Seigneur. Il l’était déjà, maintenant il l’est davantage."

"Pourquoi, enfant ? N’es-tu pas peut-être avec Moi ? Ne devrais-tu pas être heureux que j’ai dépassé la douleur ?"            

Pour toute réponse Margziam se met à pleurer à chaudes larmes.      

"Je ne sais pas ce qu’il a. Je l’ai questionné inutilement. Et puis, aujourd’hui, je ne m’attendais pas à ces pleurs !" bougonne Pierre, un peu fâché.        

"Moi, je le sais, au contraire" dit Jean.          

"Tant mieux pour toi ! Pourquoi pleure-t-il alors ?"      

"Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’il pleure. Cela fait plusieurs Jours..."    

"Hé ! je m’en suis aperçu ! Mais pourquoi ?"

"Le Seigneur le sait. J’en suis certain. Et je sais que Lui seul aura la parole qui console" dit encore .Jean en souriant.      

"C’est vrai. Je le sais. Et je sais que Margziam, bon disciple, est vraiment un enfant en ce moment, un enfant qui ne voit pas la vérité des choses. Mais, mon bien-aimé entre tous les disciples, tu ne réfléchis pas que je suis allé affermir les fois vacillantes, absoudre, recueillir des existences finies, annuler des doutes empoisonnés inoculés à des gens plus faibles, répondre avec pitié ou rigueur à ceux qui veulent encore me combattre, témoigner par ma présence que je suis ressuscité là où on travaillait le plus à me dire mort ? Quel besoin y avait-il de venir vers toi, enfant, dont la foi, l’espérance, la charité, dont la volonté et l’obéissance me sont connues ? Vers toi pour un instant, quand je t’aurai avec Moi, comme maintenant, plusieurs fois encore ? Qui fera le banquet de Pâque avec Moi sinon toi seul parmi tous les autres disciples ? Vois-tu tous ceux-ci ? Eux l’ont faite leur Pâque, et la saveur de l’agneau et du caroseth et des azymes et du vin est devenu entièrement cendre et fiel et vinaigre pour leurs palais, dans les heures qui ont suivi.      

Mais toi et Moi, mon enfant, nous la consommerons dans la Joie, notre Pâque, et ce sera du miel qui descend et se garde tel. Qui a pleuré alors se réjouira maintenant. Celui qui alors s’est réjoui ne peut prétendre se réjouir de nouveau."    

"Vraiment... Nous n’étions pas très gais ce jour-là..." murmure Thomas.        

"Oui. Notre cœur tremblait..." dit Matthieu.    

"Et nous avions un bouillonnement de soupçons et de colère, moi du moins" dit le Thaddée.      

"Et vous dites que par conséquent vous voudriez faire tous la Pâque supplémentaire..."

"C’est cela, Seigneur" dit Pierre.        

"Un jour tu t’es plains de ce que les femmes disciples et ton fils n’auraient pas pris part au banquet pascal. Maintenant tu te plains de ce que ceux qui ne se sont pas réjouis alors doivent avoir leur joie."          

"C’est vrai. Je suis un pécheur."        

"Et Moi, je suis Celui qui compatit. Je veux que vous soyez tous autour de Moi et pas vous seulement, mais aussi les femmes disciples. Lazare nous donnera encore une fois l’hospitalité. Je n’ai pas voulu tes filles, Philippe, ni vos épouses, ni Mirta, Noémi et la jeune fille qui est avec elles, ni celui-ci. Jérusalem n’était pas un lieu pour tous, ces jours-là !"

"C’est vrai ! Il était bien qu’elles n’y soient pas" soupire Philippe.      

"Oui. Elles auraient vu notre lâcheté."            

"Tais-toi, Pierre, elle est pardonnée."

"Oui. Mais je l’ai avouée à mon fils et je croyais que c’était pour cela qu’il était triste. Je l’ai avouée parce que chaque fois que je l’avoue, c’est un soulagement. C’est comme si on m’enlevait une grosse pierre de sur le cœur. Je me sens plus absous chaque fois que je m’humilie. Mais si Margziam est triste parce que tu t’es montré à d’autres..."

"Pour cela, pas pour autre chose, mon père."            

"Et alors sois heureux ! Lui t’a aimé et t’aime. Tu le vois. Je t’avais pourtant parlé de la seconde Pâque..."    

"Moi, je pensais avoir fait trop peu volontiers l’obéissance que Porphyrée m’avait donnée en ton nom, Seigneur, et que c’était pour cela que tu me punissais. Et je pensais aussi que tu ne te montrais pas à moi parce que je haïssais Judas et ceux qui t’ont crucifié" avoue Margziam.    

"Ne hais personne. Moi, j’ai pardonné."            

"Oui. Mon Seigneur, je ne haïrai plus."          

"Et ne sois plus triste."          

"Je ne le serai plus, Seigneur." Margziam, comme tous ceux qui sont très jeunes, est moins craintif de Jésus que les autres. Il s’abandonne aux bras de Jésus, maintenant qu’il est certain que Jésus n’est pas en colère avec Lui. Il y va en toute confiance. Et même il s’y réfugie tout entier comme un poussin sous l’aile maternelle dans le cercle des bras qui l’attirent à Lui, et avec la disparition de l’angoisse qui le rendait triste et inquiet depuis des jours, il s’endort heureux.      

"C’est encore un enfant" observe le Zélote.    

"Oui. Mais quelle peine il a eue ! Porphyrée me l’a dit quand, prévenue par Joseph de Tibériade, elle me l’a conduit" lui répond Pierre. Puis, au Maître : "Porphyrée aussi à Jérusalem ?" Quel désir dans la voix de Pierre !        

"Toutes. Je veux les bénir avant de monter vers mon Père. Elles ont servi elles aussi et bien souvent mieux que les hommes."      

"Et chez ta Mère, tu n’y vas pas ?" demande le Thaddée.      

"Nous sommes ensemble."    

"Ensemble ? Quand ?"          

"Jude, Jude, et te semble-t-il que Moi qui ai toujours trouvé ma joie près d’elle, je ne suis pas maintenant avec elle ?"  

"Mais Marie est seule dans sa maison. Ma mère me l’a dit hier."        

Jésus sourit et répond : "Derrière le voile du Saint des Saints entre seulement le Grand Prêtre."        

"Et alors ? Que veux-tu dire ?"          

"Qu’il y a des béatitudes qu’on ne peut décrire et qui ne peuvent être connues. Voilà ce que je veux dire."            

Il détache doucement de Lui Margziam et le confie aux bras de Jean qui est le plus proche. Il se lève, les bénit et pendant qu’eux la tête inclinée, tous à genoux, sauf Jean qui a sur ses genoux la tête de Margziam, pendant qu’ils reçoivent la bénédiction, il disparaît.

"Il est vraiment comme l’éclair dont il parle" dit Barthélemy...

****

Ils restent pensifs en attendant le coucher du soleil.
Le Seigneur veut que je prenne un autre cahier pour les dernières instructions et visions qui ne trouveraient pas place ici, car il reste trop peu de pages.  
J’aurais dû commencer sur le nouveau cahier. Marthe étant malade, j’ai écrit ici et recopié sur le nouveau.          
     

*
SOURCE : http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-020.htm
TOME : 10 / 20



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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Sam 6 Déc 2014 - 7:51

♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_36


Jésus aux apôtres et aux disciples.


Vision du mardi 22 avril 1947

Ils sont sur une autre montagne, plus garnie encore de bois, non loin de Nazareth à laquelle mène une route qui côtoie la base de la montagne.  

Jésus les fait asseoir en cercle. Les plus proches sont les apôtres et derrière eux les disciples (ceux des soixante-douze qui ne sont pas allés çà et là) et en plus Zacharie et Joseph. Margziam est à ses pieds en une position de faveur.            

Jésus parle dès qu’ils sont assis et tranquilles, tous attentifs à ses paroles.  

Il dit : "Donnez-moi toute votre attention car je vais vous dire des choses de la plus grande importance. Vous ne les comprendrez pas encore toutes, ni toutes très bien, mais Celui qui viendra après Moi vous les fera comprendre. Écoutez-moi donc.      

Personne n’est, plus que vous, convaincu que sans l’aide de Dieu l’homme pèche facilement à cause de sa constitution très faible, affaiblie par le Péché. Je serais donc un Rédempteur imprudent si, après vous avoir tant donné pour vous racheter, je ne vous donnais pas aussi les moyens pour vous garder dans les fruits de mon Sacrifice. Vous savez que toute la facilité de pécher vient de la Faute qui, en privant les hommes de la Grâce, les dépouille de leur force : de l’union avec la Grâce.

Vous avez dit : “Mais tu nous as rendu la Grâce”. Non. Elle a été rendue aux justes jusqu’à ma Mort. Pour la rendre à ceux qui viendront, il faut un moyen. Un moyen qui ne sera pas seulement une figure rituelle mais qui imprimera vraiment pour celui qui le reçoit le caractère réel de fils de Dieu, tels qu’étaient Adam et Ève, dont l’âme vivifiée par la Grâce possédait des dons élevés donnés par Dieu à sa créature bien-aimée.  

Vous savez ce qu’avait l’homme et ce qu’il a perdu. Maintenant, grâce à mon Sacrifice, les portes de la Grâce sont de nouveau ouvertes et elle peut descendre chez tous ceux qui la demandent par amour pour Moi. À cause de cela, les hommes auront le caractère de fils de Dieu par les mérites du Premier-né entre les hommes, de Celui qui vous parle, votre Rédempteur, votre Pontife éternel, votre Frère dans le Père, votre Maître. Ce sera par Jésus-Christ et grâce à Jésus-Christ que les hommes présents et à venir pourront posséder le Ciel et jouir de Dieu, fin dernière de l’homme.        

Jusqu’alors les justes les plus justes, bien que circoncis comme fils du peuple élu, ne pouvaient atteindre ce but. Leurs vertus étaient prises en considération par Dieu, leurs places préparées dans le Ciel, mais le Ciel leur était fermé et la jouissance de Dieu leur était refusée, parce que sur leurs âmes, parterre béni fleuri de toutes les vertus, il y avait aussi l’arbre maudit de la Faute d’Origine, et aucune action, si sainte qu’elle fût, ne pouvait le détruire, et on ne peut entrer dans le Ciel avec les racines et le feuillage d’un arbre aussi maléfique.    

Au jour de la Parascève le soupir des patriarches et des prophètes et de tous les justes d’Israël s’apaisa dans la joie de l’accomplissement de la Rédemption. Les âmes, plus blanches que la neige de montagne à cause de leurs vertus, perdirent aussi l’unique Tache qui les excluait du Ciel. Mais le monde continue. Des générations et des générations se lèvent et se lèveront. Des peuples et des peuples viendront au Christ. Le Christ peut-il mourir à chaque nouvelle génération pour la sauver, ou pour tout peuple qui vient à Lui ? Non. Le Christ est mort une seule fois et il ne mourra jamais plus, éternellement. Alors ces générations, ces peuples, doivent-ils devenir sages grâce à ma Parole mais ne pas posséder le Ciel ni jouir de Dieu parce que lésés par la Faute Originelle ? Non. Ce ne serait pas même juste, ni pour eux, car il serait vain leur amour pour Moi, ni pour Moi qui serais mort pour un trop petit nombre.        

Et alors ? Comment concilier des choses différentes ? Quel nouveau miracle fera le Christ qui en a déjà tant fait, avant de quitter le monde pour le Ciel, après avoir aimé les hommes jusqu’à vouloir mourir pour eux ? Il en a déjà fait un en vous laissant son Corps et son Sang comme nourriture fortifiante et sanctifiante, et pour vous rappeler son amour, en vous donnant le commandement de faire ce que j’ai fait en souvenir de Moi et comme moyen de sanctification pour les disciples et les disciples des disciples jusqu’à la fin des siècles.        

Mais ce soir-là, alors que vous étiez déjà purifiés extérieurement, vous rappelez-vous ce que j’ai fait ? J’ai ceint une serviette et je vous ai lavé les pieds, et à l’un de vous qui se scandalisait de ce geste trop humiliant, j’ai dit : “Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec Moi”. Vous n’avez pas compris ce que je voulais dire, de quelle part je parlais, quel symbole je faisais. Voilà, je vous le dis.        

En plus de vous avoir enseigné l’humilité et la nécessité d’être purs pour arriver à faire partie de mon Royaume, en plus de vous avoir fait observer avec bienveillance que Dieu de quelqu’un qui est juste, et donc pur dans son esprit et son intelligence, exige uniquement un dernier bain pour la partie qui nécessairement se souille avec le plus de facilité même chez les justes, à cause seulement de la poussière que la nécessité de vivre parmi les hommes dépose sur les membres propres, sur la chair, j’ai enseigné une autre chose. À vous j’ai lavé les pieds, la partie la plus basse du corps, qui va dans la boue et la poussière, parfois dans l’ordure, pour signifier la chair, la partie matérielle de l’homme qui a toujours, sauf chez ceux qui sont sans la Tache d’Origine ou par l’œuvre de Dieu ou par Nature Divine, des imperfections parfois minimes au point que Dieu seul les voit, mais qu’en vérité il faut surveiller afin qu’elles ne prennent pas de la force en devenant des habitudes naturelles et qu’il faut combattre pour les extirper.

Je vous ai donc lavé les pieds. Quand ? Avant de rompre le pain et le vin et de les transsubstantier en mon Corps et en mon Sang. Parce que je suis l’Agneau de Dieu et je ne puis descendre là où Satan a son empreinte. Je vous ai donc lavés d’abord, puis je me suis donné à vous. Vous aussi vous laverez par le Baptême ceux qui viendront à Moi, pour qu’ils ne reçoivent pas indignement mon Corps et qu’il ne se change pas pour eux en une redoutable condamnation à mort.      

Vous êtes effrayés. Vous vous regardez. Par vos regards vous demandez : “Et Judas, alors ?” Je vous dis : “Judas a mangé sa mort”. Le suprême acte d’amour n’a pas touché son cœur. La dernière tentative de son Maître s’est heurtée à la pierre de son cœur, et cette pierre, au lieu du Tau, portait gravé l’horrible sigle de Satan, le signe de la Bête.        

Je vous ai donc lavés avant de vous admettre au banquet eucharistique, avant d’entendre la confession de vos péchés, avant de vous infuser l’Esprit-Saint, et par conséquent le caractère de vrais chrétiens confirmés de nouveau en grâce et de mes Prêtres.          

Qu’il soit donc fait ainsi avec les autres que vous devez préparer à la vie chrétienne.

Baptisez avec l’eau au Nom du Dieu Un et Trin et en mon Nom et à cause de mes Mérites infinis, pour que soit effacée dans les cœurs la Faute d’Origine, remis les péchés, infusées la Grâce et les saintes Vertus, et que l’Esprit-Saint puisse descendre pour faire sa demeure dans les temples consacrés que seront les corps des hommes vivant dans la Grâce du Seigneur. L’eau était-elle nécessaire pour annuler le Péché ? L’eau ne touche pas l’âme, non. Mais le signe immatériel aussi ne touche pas la vue de l’homme, si matérielle dans toutes ses actions. Je pouvais bien infuser la Vie, même sans le moyen visible.

Mais qui l’aurait cru ? Combien y a-t-il d’hommes qui savent croire fermement s’ils ne voient pas ? Prenez donc à l’antique Loi mosaïque l’eau lustrale, qui servait pour purifier ceux qui étaient impurs et les admettre de nouveau dans les campements, après qu’ils s’étaient contaminés avec un cadavre. En vérité tout homme qui naît est contaminé car il a contact avec une âme morte à la Grâce. Qu’elle soit donc purifiée avec l’eau lustrale du contact impur et rendue digne d’entrer dans le Temple éternel. Et que l’eau vous soit chère... Après avoir expié et racheté par trente-trois années de vie fatigante couronnée par la Passion, après avoir donné tout mon Sang pour les péchés des hommes, voilà que du Corps saigné et consumé du Martyr furent tirées les eaux salutaires pour laver la Faute d’Origine. C’est avec le Sacrifice consommé que je vous ai rachetés de cette tache. Si sur le seuil de la vie un miracle divin de ma part m’avait fait descendre de la croix, je vous dis en vérité qu’à cause du sang répandu j’aurais purifié les fautes, mais non pas la Faute. Pour elle, il a été nécessaire la consumation totale. En vérité, les eaux salutaires dont parle Ezéchiel sont sorties de mon Côté Plongez-y les âmes afin qu’elles en sortent immaculées pour recevoir l’Esprit-Saint qui, en mémoire de ce souffle que le Créateur souffla sur Adam pour lui donner l’esprit et par conséquent son image et sa ressemblance, reviendra souffler et habiter dans les cœurs des hommes rachetés.  

Baptisez de mon Baptême, mais au Nom du Dieu Trin, car en vérité si le Père n’avait pas voulu et l’Esprit-Saint opéré, le Verbe ne se serait pas incarné et vous n’auriez pas eu la Rédemption. Il s’ensuit qu’il est juste et c’est un devoir que tout homme reçoive la Vie au nom de Ceux qui se sont unis dans la volonté de la donner, en y nommant le Père, le Fils et l’Esprit-Saint dans l’acte du Baptême qui prendra de Moi le nom de chrétien pour le distinguer des autres passés ou futurs qui seront des rites, mais non pas des signes indélébiles sur la partie immortelle.    

Prenez le Pain et le Vin comme je l’ai fait, et en mon Nom bénissez-les, partagez-les et distribuez-les, et que les chrétiens se nourrissent de Moi. Et encore faites une offrande du Pain et du Vin au Père des Cieux, en la consommant ensuite en souvenir du Sacrifice que j’ai offert et consommé sur la Croix pour votre salut. Moi, Prêtre et Victime, de Moi-même je me suis offert et consumé, personne ne pouvant au cas où je ne l’aurais pas voulu faire cela de Moi. Vous, mes Prêtres, faites ceci en mémoire de Moi et pour que les trésors infinis de mon Sacrifice montent suppliants vers Dieu et descendent, exaucés, sur tous ceux qui y font appel avec une foi assurée.  

Une foi assurée, ai-je dit. La science ne s’impose pas pour profiter de la Nourriture Eucharistique et du Sacrifice Eucharistique, mais la foi. Foi que dans ce pain et dans ce vin, que quelqu’un, autorisé par Moi et par ceux qui viendront après Moi — vous, toi, Pierre, nouveau Pontife de l’Église nouvelle, toi Jacques d'Alphée, toi Jean, toi André, toi Simon, toi Philippe, toi Barthélemy, toi Thomas, toi Jude Thaddée, toi Matthieu, toi Jacques de Zébédée— consacrera en mon Nom, c’est mon vrai Corps, mon vrai Sang et que celui qui s’en nourrit me reçoit en Chair, Sang, Âme et Divinité, et que celui qui m’offre réellement offre Jésus-Christ comme Lui s’est offert pour les péchés du monde. Un enfant ou un ignorant peut me recevoir, aussi bien qu’un savant et un adulte. Et un enfant et un ignorant auront les mêmes bienfaits du Sacrifice offert comme en aura n’importe qui d’entre vous. Il suffit qu’il y ait en eux la foi et la grâce du Seigneur.

Mais vous allez recevoir un nouveau Baptême : celui de l’Esprit-Saint. Je vous l’ai promis et il vous sera donné. L’Esprit-Saint Lui-même descendra sur vous. Je vous dirai quand, et vous serez remplis de Lui, dans la plénitude des dons sacerdotaux.  Vous pourrez par conséquent, comme je l’ai fait avec vous, infuser l’Esprit dont vous serez remplis pour confirmer les chrétiens dans la grâce et leur infuser les dons du Paraclet. Sacrement royal, de peu inférieur au Sacerdoce, qu’il ait la solennité des consécrations mosaïques par l’imposition des mains et l’onction avec l’huile parfumée, employée autrefois pour consacrer les Prêtres. Non. Ne vous regardez pas avec cet effroi ! Je ne dis pas des paroles sacrilèges ! Je ne vous enseigne pas un acte sacrilège ! La dignité du chrétien est telle, je le répète, qu’elle est de peu inférieure à un Sacerdoce.          

Où vivent les Prêtres ? Dans le Temple. Et un chrétien sera un temple vivant. Que font les Prêtres ? Ils servent Dieu par les prières, les sacrifices et le soin des fidèles. C’est ainsi qu’ils auraient dû faire... Et le chrétien servira Dieu par la prière, le sacrifice et la charité fraternelle.  Vous entendrez la confession des péchés comme j’ai écouté les vôtres et celles d’un grand nombre, et j’ai pardonné là où j’ai vu un vrai repentir.          

Vous vous agitez ? Pourquoi ? Vous avez peur de ne pas savoir distinguer ? J’ai déjà parlé d’autres fois au sujet du péché et du jugement sur le péché. Mais rappelez-vous, quand vous jugez, de méditer sur les sept conditions pour lesquelles une action peut être ou ne pas être un péché, et de gravité différente. Je les rappelle : quand on a péché, et combien de fois; qui a péché; avec qui; avec quoi; quelle est la matière du péché; quelle en est la cause; pourquoi on a péché.    

Mais ne craignez pas. L’Esprit-Saint vous aidera. Ce que de tout mon cœur je vous conjure de pratiquer c’est une vie sainte. Elle augmentera tellement en vous les lumières surnaturelles que vous arriverez à lire sans erreur dans le cœur des hommes et vous pourrez, avec amour ou autorité, dire aux pécheurs, qui craignent de révéler leur faute ou qui se refusent à la confesser, l’état de leur cœur en aidant les timides, en humiliant les impénitents. Rappelez-vous que la Terre perd Celui qui absolvait et que vous devez être ce que j’ai été : juste, patient, miséricordieux, mais pas faible. Je vous ai dit : ce que vous délierez sur la Terre sera délié dans le Ciel, et ce que vous lierez ici sera lié au Ciel. Jugez par conséquent avec réflexion et mesure tout homme sans vous laisser corrompre par la sympathie ou l’antipathie, par des cadeaux ou des menaces, impartiaux en tout et pour tous comme l’est Dieu, en vous rappelant la faiblesse de l’homme et les embûches de ses ennemis.      

Je vous rappelle que parfois Dieu permet les chutes de ceux qu’Il a choisis non parce qu’il Lui plaît de les voir tomber, mais parce que d’une chute peut venir dans l’avenir un bien plus grand. Tendez donc la main à celui qui tombe car vous ne savez pas si cette chute n’est pas la crise décisive d’un mal qui meurt pour toujours, en laissant dans le sang une purification qui produit le salut. Dans notre cas : qui produit la sainteté. Soyez par contre sévères avec ceux qui n’auront pas respecté mon Sang et qui, l’âme purifiée par le bain divin, se jetteront une et cent fois dans la boue.  Ne les maudissez pas, mais soyez sévères, exhortez-les, avertissez-les septante fois sept fois et ne recourez au châtiment extrême de les séparer du peuple élu que quand leur obstination dans une faute qui scandalise les frères vous oblige à agir pour ne pas vous rendre complices de leurs actions. Rappelez-vous ce que j’ai dit : “Si ton frère a pêché, corrige-le entre toi et lui seulement. S’il ne t’écoute pas, corrige-le en présence de deux ou trois témoins. Si cela ne suffit pas, fais-le savoir à l’Église. S’il ne l’écoute pas non plus, regarde-le comme un gentil et un publicain”.        

Dans la religion mosaïque le mariage est un contrat. Dans la nouvelle religion chrétienne qu’il soit un acte sacré et indissoluble sur lequel descend la grâce du Seigneur pour faire des conjoints deux de ses ministres dans la propagation de l’espèce humaine. Cherchez, dès les premiers moments, à conseiller au conjoint qui vient de la nouvelle religion qu’il convertisse son conjoint encore hors du nombre des fidèles afin qu’il entre pour en faire partie, pour éviter ces douloureuses séparations de pensées, et par conséquent de paix, que nous avons observées même parmi nous. Mais quand il s’agit de conjoints fidèles au Seigneur, qu’on ne sépare pour aucune raison ce que Dieu a uni. Dans le cas d’une partie qui se trouve, étant chrétienne, unie à un gentil, je conseille que cette partie porte sa croix avec patience et douceur et aussi avec force, jusqu’au point de savoir mourir pour défendre sa foi, mais sans quitter le conjoint auquel elle s’est unie avec un plein consentement. C’est mon conseil pour une vie plus parfaite dans l’état de mariage, jusqu’à ce qu’il soit possible, avec la diffusion du christianisme, d’avoir des mariages entre fidèles. Alors que le lien soit sacré et indissoluble, et l’amour saint.    

Ce serait mal si à cause de la dureté des cœurs il devait arriver dans la nouvelle foi ce qui est arrivé dans l’ancienne : l’autorisation de la répudiation et de la dissolution pour éviter les scandales créés par la luxure de l’homme. Je vous dis en vérité que chacun doit porter sa croix en tout état, même dans l’état de mariage. Et je vous dis aussi en vérité qu’aucune pression ne doit faire fléchir votre autorité quand vous dites : "Cela n’est pas permis" à celui qui veut passer à de nouvelles noces avant que l’un des conjoints ne soit mort. Il vaut mieux, c’est Moi qui vous le dis, qu’une partie en décomposition se détache, seule ou suivie par d’autres, plutôt que, pour la retenir dans le Corps de l’Église, on accorde des choses contraires à la sainteté du mariage, en scandalisant les humbles et en leur faisant faire des réflexions défavorables à l’intégrité sacerdotal et sur la valeur de la richesse ou de la puissance. Les noces sont un acte grave et saint. Et pour vous le montrer j’ai pris part aux noces et j’y ai accompli mon premier miracle. Mais malheur si elles dégénèrent en luxure et en caprice. Le mariage, contrat naturel entre l’homme et la femme, qu’il s’élève dorénavant à un contrat spirituel par lequel les âmes de deux personnes qui s’aiment jurent de servir le Seigneur dans leur amour réciproque, offert à Lui pour obéir à son commandement de procréer pour donner des fils au Seigneur.        

Et encore... Jacques, te souviens-tu de la conversation sur le Carmel ? Dès ce moment je t’ai parlé de cela, mais les autres ne savent pas... Vous avez vu Marie de Lazare oindre mes membres à la Cène du Sabbat à Béthanie. Je vous ai dit alors : "Elle m’a préparé pour la sépulture". En vérité, elle l’a fait. Non pour la sépulture, car elle Croyait encore éloignée cette douleur, mais pour purifier et embaumer mes membres de toutes les impuretés de la route, pour que je monte sur le trône parfumé d’huile balsamique. La vie de l’homme est une route. L’entrée de l’homme dans l’autre vie devrait être une entrée dans le Royaume. Tout roi est oint et parfumé avant de monter sur son trône et de se montrer à son peuple. Le chrétien aussi est un fils de roi qui parcourt sa route qui se dirige vers le royaume où le Père l’appelle. La mort du chrétien n’est que l’entrée dans le Royaume pour monter sur le trône que le Père lui a préparé. Elle n’est pas effrayante la mort pour celui qui ne craint pas Dieu se sachant dans sa grâce. Mais pour celui qui doit monter sur le trône il faut que soit purifié de toute tache son vêtement pour qu’il se garde beau pour la résurrection, et que soit purifié son esprit pour qu’il resplendisse sur le trône que le Père lui a préparé afin qu’il apparaisse dans la dignité qui convient au fils d’un si grand roi.    

Qu’elle fasse grandir la Grâce, qu’elle efface les péchés dont l’homme a un plein repentir, qu’elle suscite un élan ardent vers le Bien, qu’elle donne la force pour le combat suprême, voilà ce que doit être l’onction donnée aux chrétiens qui meurent ou plutôt : aux chrétiens qui naissent, car je vous dis en vérité que celui qui meurt dans le Seigneur naît à la vie éternelle.      

Répétez le geste de Marie sur les membres des élus, et que personne ne le considère comme indigne de lui. J’ai accepté cette huile balsamique de la part d’une femme. Que tout chrétien s’en tienne honoré comme d’une grâce suprême de la part de l’Église dont il est l’enfant, et l’accepte d’un Prêtre pour laver les dernières taches. Et que tout prêtre soit heureux de faire l’acte d’amour de Marie envers le Christ souffrant sur le corps d’un frère qui meurt. En vérité je vous dis que ce que vous ne m’avez pas fait alors, en laissant une femme faire mieux que vous, et vous y pensez maintenant avec tant de douleur, vous pouvez le faire à l’avenir et autant de fois qu’avec amour vous vous pencherez sur quelqu’un qui meurt pour le préparer à la rencontre avec Dieu. Je suis dans les mendiants et dans les mourants, dans les pèlerins, dans les orphelins, dans les veuves, dans les prisonniers, en ceux qui ont faim, soif ou froid, en ceux qui sont affligés ou fatigués. Je suis dans tous les membres de mon Corps mystique qu’est l’union de tous mes fidèles. Aimez-moi en eux et vous réparerez vos manques d’amour si nombreux, en me donnant une grande joie et en vous donnant une si grande gloire.

Considérez enfin que contre vous conspirent le monde, l’âge, les maladies, le temps, les persécutions. Ne soyez donc pas avares de ce que vous avez eu et imprudents. À cause de cela, transmettez en mon Nom le Sacerdoce aux meilleurs d’entre les disciples pour que la Terre ne reste pas sans prêtres. Et que ce caractère sacré soit accordé après un examen approfondi, non pas verbal, mais des actions de celui qui demande à être prêtre, ou de celui que vous jugez capable de l’être. Réfléchissez à ce qu’est le Prêtre, au bien qu’il peut faire, au mal qu’il peut faire. Vous avez eu l’exemple de ce que peut faire un Sacerdoce déchu de son caractère sacré. En vérité je vous dis qu’à cause des fautes du Temple cette nation sera dispersée.  Mais je vous dis aussi en vérité que la Terre sera pareillement détruite quand l’abomination de la désolation entrera dans le nouveau Sacerdoce en conduisant les hommes à l’apostasie pour embrasser les doctrines d’enfer. Alors surgira le fils de Satan et les peuples gémiront dans une terrible épouvante, un petit nombre restant fidèle au Seigneur, et alors aussi, dans des convulsions horribles, viendra la fin avec la victoire de Dieu et de ses élus peu nombreux, et la colère de Dieu sur tous les maudits. Malheur, trois fois malheur si pour ce petit nombre il n’y aura pas des saints, les derniers pavillons du Temple du Christ ! Malheur, trois fois malheur si, pour réconforter les derniers chrétiens, il n’y aura pas de vrais Prêtres comme il y en aura pour les premiers. En vérité la dernière persécution sera horrible, car ce ne sera pas une persécution d’hommes mais du fils de Satan et de ses partisans. Des prêtres ? Plus que prêtres devront être ceux de la dernière heure, tellement féroce sera la persécution des hordes de l’Antéchrist. Semblable à l’homme vêtu de lin qui est assez saint pour rester au côté du Seigneur, dans la vision d’Ezéchiel, ils devront, infatigables, marquer par leur perfection un Tau sur les esprits des peu nombreux fidèles pour que les flammes de l’enfer n’effacent pas ce signe. Des prêtres ? Des anges. Des anges agitant l’encensoir chargé des encens de leurs vertus pour purifier l’air des miasmes de Satan. Des anges ? Plus que des anges : d’autres Christ, d’autres Moi-même, pour que les fidèles du dernier temps puissent persévérer jusqu’à la fin.    

C’est cela qu’ils devront être. Mais le bien et le mal à venir ont leur racine dans le présent. Les avalanches commencent par un flocon de neige. Un prêtre indigne, impur, hérétique, infidèle, incrédule, tiède ou froid, éteint, fade, luxurieux, fait dix fois plus de mal qu’un fidèle coupable des mêmes péchés et entraîne beaucoup d’autres au péché. Le relâchement dans le Sacerdoce, l’accueil de doctrines impures, l’égoïsme, l’avidité, la concupiscence dans le Sacerdoce, vous savez où cela débouche : dans le déicide. Or, dans les siècles futurs, le Fils de Dieu ne pourra plus être tué, mais la foi en Dieu, l’idée de Dieu, oui. Ainsi s’accomplira un déicide encore plus irréparable parce que sans résurrection. Oh ! il pourra s’accomplir, oui. Je vois... Il pourra s’accomplir à cause des trop nombreux Judas de Kériot des siècles à venir. Horreur !...        

Mon Église sortie de ses gonds par ses propres ministres ! Et Moi qui la soutiens à l’aide des victimes. Et eux, les Prêtres, qui auront uniquement l’habit et non l’âme du Prêtre, qui aident le bouillonnement des eaux agitées par le serpent infernal contre ta barque, ô Pierre. Debout ! Lève-toi ! Transmets cet ordre à tes successeurs : "La main au timon, le fouet sur les naufragés qui ont voulu naufrager, et tentent de faire naufrager la barque de Dieu". Frappe, mais sauve et avance. Sois sévère, car il est juste de frapper les brigands. Défends le trésor de la foi. Tiens en haut la lumière comme un phare au-dessus des eaux bouleversées, pour que ceux qui suivent ta barque voient et ne périssent pas. Pasteur et timonier pour les temps redoutables, recueille, guide, soulève mon Évangile parce que le salut se trouve en lui et pas dans une autre science. Il viendra des temps où, comme pour nous d’Israël et encore plus profondément, le Sacerdoce croira être une classe choisie parce qu’il connaît le superflu et ne connaît plus l’indispensable, ou le connaît dans la forme morte dans laquelle maintenant les Prêtres connaissent la Loi : dans son vêtement, exagérément alourdi de franges, mais pas dans son esprit. Il viendra des temps où tous les livres se substitueront au Livre, et celui-ci on s’en servira seulement comme quelqu’un qui doit forcément employer un objet le manie mécaniquement, comme un paysan laboure, ensemence, récolte sans méditer sur la merveilleuse providence qu’est cette multiplication de semences qui chaque année se renouvelle : une semence, jetée dans la terre que l’on a remuée, qui devient tige, épi, puis farine et puis pain grâce au paternel amour de Dieu. Qui, en mettant dans sa bouche une bouchée de pain, élève son esprit vers Celui qui a créé la première semence et depuis des siècles la fait renaître et croître, en dosant les pluies et la chaleur pour qu’elle s’ouvre et se dresse et mûrisse sans pourrir ou sans brûler ?      

De même il viendra un temps où on enseignera l’Évangile scientifiquement bien, spirituellement mal. Or qu’est la science si la sagesse fait défaut ? C’est de la paille. De la paille qui gonfle et ne nourrit pas. Et en vérité je vous dis qu’un temps viendra où trop de Prêtres seront semblables à des paillers gonflés, paillers orgueilleux qui plastronneront dans leur orgueil d’être tellement enflés, comme s'ils s’étaient donnés d’eux-mêmes tous ces épis qui ont couronné la paille, ou comme si les épis se trouvaient encore à l’extrémité des brins de paille, et croiront être tout parce que, au lieu de la poignée de grains, la vraie nourriture qu’est l’esprit de l’Évangile, ils auront toute cette paille : un monceau ! Un monceau ! Mais la paille peut-elle suffire ? Elle ne suffit pas même pour le ventre des bêtes de somme, et si leur maître ne fortifie pas les animaux avec de l’avoine et des herbes fraîches, les animaux nourris de la seule paille dépérissent et finissent par mourir.      

Et je vous dis pourtant qu’un temps viendra où les Prêtres, oubliant qu’avec peu d’épis j’ai appris aux esprits la Vérité, et oubliant aussi ce qu’a coûté à leur Seigneur ce vrai pain de l’esprit, tiré tout entier et seulement de la Sagesse Divine, dit par la Divine Parole, digne dans sa forme doctrinale, se répétant inlassablement, pour que ne se perdent pas les vérités une fois dites, humble dans sa forme, sans oripeaux de science humaine, sans explications supplémentaires historiques et géographiques, où ces prêtres ne se soucieront pas de son âme, mais du vêtement pour le couvrir, afin de montrer aux foules combien de choses ils connaissent, et l’esprit de l'Évangile se perdra sous ces avalanches de science humaine. Et s’ils ne le possèdent pas, comment pourront-ils le transmettre ? Que donneront aux fidèles ces paillers gonflés ? De la paille. Quelle nourriture en auront les esprits des fidèles ? Autant qu’il en faut pour traîner une vie languissante. Quels fruits mûriront de cet enseignement et de la connaissance imparfaite de l’'Évangile ? Un refroidissement des cœurs, une substitution de doctrines hérétiques, de doctrines et d’idées encore plus qu’hérétiques, à l’unique, véritable doctrine, une préparation du terrain pour la Bête pour son règne éphémère de gel, de ténèbres et d’horreurs. En vérité je vous dis que, comme le Père et Créateur multiplie les étoiles pour que le ciel ne se dépeuple pas à cause de celles qui périssent, une fois leur vie terminée, de même je devrai évangéliser cent et mille fois des disciples que je disséminerai parmi les hommes et dans les siècles. Et je vous dis aussi en vérité que leur sort sera semblable au mien : la synagogue et tes orgueilleux les persécuteront comme ils m’ont persécuté. Mais, aussi bien eux que Moi, nous avons notre récompense : celle de faire la Volonté de Dieu et de le servir jusqu’à la mort de la croix pour que sa gloire resplendisse et que sa connaissance ne périsse pas.        

Mais toi, Pontife, et vous, Pasteurs, veillez sur vous et sur vos successeurs pour que ne se perde pas l’esprit de l’Évangile et priez inlassablement l’Esprit-Saint, pour qu’en vous se renouvelle une continuelle Pentecôte — vous ne savez pas ce que je veux dire, mais bientôt vous le saurez — afin que vous puissiez comprendre tous les idiomes, afin que vous puissiez choisir mes voix et les distinguer de celles du Singe de Dieu : Satan. Et ne laissez pas tomber dans le vide mes futures voix. Chacune d’elles est une miséricorde de ma part pour vous venir en aide, et elles seront d’autant plus nombreuses que pour des raisons divines je verrai que le Christianisme a besoin d’elles pour surmonter les bourrasques des temps.    

Berger et timonier, Pierre ! Berger et timonier. Il ne te suffira pas un jour d’être berger si tu n’es pas marin, et d’être marin si tu n’es pas berger. Tu devras être l’un et l’autre pour garder réunis les agneaux que des tentacules infernaux et des griffes féroces chercheront à arracher ou bien séduiront par des musiques mensongères de promesses impossibles, et pour faire avancer la barque prise par tous les vents du septentrion et du midi et de l’orient et de l’occident, fouettée et battue par les forces des profondeurs, atteinte des flèches des archers de la Bête, brûlée par l’haleine du dragon, et balayée sur ses bords par sa queue, de sorte que les imprudents seront brûlés et périront en tombant dans l’eau bouleversée.

Berger et pilote dans des temps redoutables...  Ta boussole c’est l’Évangile. En lui se trouve la Vie et le Salut. Et tout y est dit. Il s’y trouve tous les articles du Code saint, et la réponse pour les cas multiples des âmes. Et fais en sorte que les Prêtres et les fidèles ne s’en écartent pas. Fais en sorte qu’il ne vienne pas de doutes sur lui, qu’on ne l’altère pas, qu’on ne le change pas, qu’on ne le falsifie pas. L’Évangile c’est Moi-même. De ma naissance à ma mort. Dans l’Évangile se trouve Dieu. Car en lui, se manifestent les œuvres du Père, du Fils, de l’Esprit-Saint. L’Évangile est amour. J’ai dit : “Ma Parole est Vie”. J’ai dit : “Dieu est charité”. Que les peuples connaissent donc ma Parole et qu’ils aient en eux l’amour, c’est-à-dire Dieu, pour avoir le Royaume de Dieu. Car celui qui n’est pas en Dieu n’a pas en lui la Vie.

Car ceux qui n’accueilleront pas la Parole du Père ne pourront être une seule chose avec le Père, avec Moi et avec l’Esprit-Saint dans le Ciel, et ils ne pourront pas appartenir au seul Bercail qui est saint comme je le veux. Ce ne seront pas des sarments unis à la Vigne car celui qui repousse, en tout ou en partie ma Parole, est un membre dans lequel ne circule plus la sève de la Vie. Ma Parole est un suc qui nourrit, qui fait grandir et porter des fruits.          

Tout cela vous le ferez en mémoire de Moi qui vous l’ai enseigné. J’aurais encore à vous dire sur ce dont je vous ai parlé maintenant. Mais j’ai seulement jeté la semence. L’Esprit-Saint vous la fera germer. J’ai voulu vous donner Moi-même la semence car je connais vos cœurs et je sais comment la peur vous ferait hésiter pour des commandements spirituels, immatériels. La peur d’une erreur paralyserait pour vous toute volonté. C’est pour cela que je vous ai parlé le premier de toutes les choses. Ensuite le Paraclet vous rappellera mes paroles et vous les développera en détail. Et vous ne craindrez pas car vous vous rappellerez que la première semence c’est Moi qui vous l’ai donnée. Laissez-vous conduire par l’Esprit-Saint. Si ma Main était douce pour vous conduire, sa Lumière est toute douceur. Lui c’est l’Amour de Dieu. Ainsi, Moi je m’en vais content parce que je sais que Lui prendra ma place et vous conduira à la connaissance de Dieu. Vous ne le connaissez pas encore, bien que je vous ai tant parlé de Lui. Mais ce n’est pas votre faute. Vous avez tout fait pour me comprendre et vous êtes donc justifiés même si pendant trois années vous avez peu compris. Le défaut de Grâce vous émoussait l’esprit. Maintenant même vous comprenez peu bien que la Grâce de Dieu soit descendue sur vous de ma croix. Vous avez besoin du Feu. Un jour j’ai parlé de cela à l’un de vous en suivant les chemins du Jourdain. L’heure est venue. Moi je retourne vers mon Père, mais je ne vous laisse pas seuls, car je vous laisse l’Eucharistie c’est-à-dire votre Sauveur qui s’est fait nourriture pour les hommes. Et je vous laisse l’Ami : le Paraclet. Lui vous conduira. Je passe vos âmes de ma lumière à sa Lumière et Il achèvera votre formation."          

"Tu nous quittes ici ? Maintenant ? Sur cette montagne ?" Ils sont tous désolés.        

"Non. Pas encore. Mais le temps vole, et ce moment viendra bientôt."          

"Oh ! ne me laisse pas sur la Terre sans Toi, Seigneur. Je t’ai aimé de ta Naissance à ta Mort, de ta Mort à ta Résurrection, et toujours. Mais ce serait trop triste de ne plus te savoir parmi nous ! Tu as écouté la prière du père d’Élisée. Tu as exaucé tant de monde. Écoute la mienne, Seigneur !" supplie Isaac à genoux, les mains tendues.        

"La vie que tu pourrais encore avoir serait de me prêcher, peut-être d’avoir la gloire du martyre. Tu as su être martyr pour l’amour de Moi quand j’étais enfant et tu crains de l’être maintenant pour Moi glorieux ?"        

"Ma gloire serait de te suivre, Seigneur. Je suis pauvre et sot. Tout ce que je pouvais donner, je l’ai donné de bonne volonté. Maintenant voici ce que je voudrais : te suivre. Pourtant qu’il en soit comme tu veux, maintenant et toujours."          

Jésus pose sa main sur la tête d’Isaac et l’y laisse en une longue caresse pendant qu’il se tourne vers tous les autres pour dire : "Vous n’avez pas de questions à me faire ? Ce sont les dernières instructions. Parlez à votre Maître... Voyez-vous comme les petits sont en confidence avec Moi ?"        

En effet, aujourd’hui aussi, Margziam appuie sa tête contre son corps, se serrant contre Jésus, et Isaac n’a pas montré de timidité pour exposer son désir.    

"Vraiment... Oui... Nous avons des choses à demander..." dit Pierre.            

"Et alors, demandez."            

"Voilà... Hier soir, quand tu nous as quittés, nous parlions entre nous de ce que tu nous avais dit. Maintenant d’autres paroles se pressent en nous pour ce que tu as dit. Hier, et aussi aujourd’hui, si on réfléchit bien, tu as parlé comme si des hérésies et des séparations devaient surgir, et bientôt. Ceci nous donne à réfléchir que nous devrons être très prudents envers ceux qui voudront venir parmi nous. Parce qu’en eux se trouvera certainement la semence de l’hérésie et de la séparation."      

"Tu le crois ? Et Israël n’est-il pas déjà séparé dans sa venue vers Moi ? Tu veux me dire ceci : que l’Israël qui m’a aimé ne sera jamais hérétique et divisé. N’est-ce pas ? Mais est-ce que peut-être il n'a jamais été uni, depuis des siècles, même dans l’ancienne formation ? Et a-t-il peut-être été uni pour me suivre ? En vérité je vous dis qu’il a en lui la racine de l’hérésie."      

"Mais..."        

"Mais idolâtre et hérétique il l’est depuis des siècles sous l’apparence extérieure de fidélité. Ses idoles, vous les connaissez, ses hérésies aussi. Les gentils seront meilleurs que lui. C’est pour cela que je ne les ai pas exclus et je vous dis de faire ce que j’ai fait. Cela sera pour vous une des choses les plus difficiles. Je le sais. Mais rappelez-vous les prophètes. Ils prophétisent la vocation des gentils et la dureté des juifs. Pourquoi voudriez-vous fermer les portes du Royaume à ceux qui m’aiment et viennent à la Lumière que leur âme cherchait ? Les croyez-vous plus pécheurs que vous parce que jusqu’à présent ils n’ont pas connu Dieu, parce qu’ils ont suivi leur religion et la suivront tant qu’ils ne seront pas attirés par la nôtre ? Vous ne le devez pas. Moi, je vous dis que souvent ils sont meilleurs que vous parce qu’ayant une religion qui n’est pas sainte, ils savent être justes. Les justes ne manquent pas dans aucune nation et aucune religion. Dieu regarde les œuvres des hommes et non leurs paroles. Et s’Il voit qu’un gentil, à cause de la justice de son cœur, fait naturellement ce que la Loi du Sinaï commande, pourquoi devrait-Il le considérer comme méprisable ? N’est-il pas encore plus méritoire pour un homme, qui ne connaît pas le commandement de Dieu, de ne pas faire telle ou telle chose parce que c’est mal, s’impose lui-même le commandement de ne pas faire ce que sa raison lui dit n’être pas bon et la suive fidèlement, par comparaison avec le mérite très relatif de celui qui, connaissant Dieu, la fin de l’homme et la Loi qui permet de l’atteindre, se permet de continuels compromis et de continuels calculs pour adapter le commandement parfait à sa volonté corrompue ? Que vous semble-t-il ? Que Dieu apprécie les échappatoires qu’Israël a mis à l’obéissance pour ne pas avoir à trop sacrifier sa concupiscence ? Que vous semble-t-il ? Que quand un gentil sortira du monde, juste aux yeux de Dieu pour avoir suivi la juste loi que sa conscience s’est imposée, Dieu le jugera-t-Il un démon ? Je vous le dis : Dieu jugera les actions des hommes, et le Christ, Juge de tous les gens, récompensera ceux chez qui le désir de l’âme a eu la voix d’une loi intérieure pour arriver à la fin dernière de l’homme qui est de se réunir à son Créateur, au Dieu inconnu pour les païens, mais au Dieu qu’ils sentent être Vrai et Saint au-delà du décor peint des faux Olympes. Veillez même attentivement à ne pas être, vous, un scandale pour les gentils. Déjà trop souvent le nom de Dieu a été ridiculisé parmi les gentils à cause des œuvres des fils du peuple de Dieu. Ne vous croyez pas les trésoriers exclusifs de mes dons et de mes mérites. Je suis mort pour les juifs et pour les gentils. Mon Royaume appartiendra à toutes les nations. N’abusez pas de la patience avec laquelle Dieu vous a traités jusqu’ici pour vous dire : "À nous tout est permis". Non. Je vous le dis. Il n’y a plus tel ou tel peuple, il y a mon Peuple.            

Et en lui ont une même valeur les vases qui se sont consumés au service du Temple et ceux qui se trouvent déposés maintenant sur les tables de Dieu. Et même beaucoup de vases qui se sont consumés au service du Temple, mais non pas de Dieu, seront jetés au rebut et on mettra à leur place sur l’autel des vases qui ne connaissent pas encore l’encens, l’huile, le vin, ou le baume, mais désirent s’en remplir et de servir à la gloire du Seigneur. N’exigez pas beaucoup des gentils.  Il suffit qu’ils aient la foi et obéissent à ma Parole. Une nouvelle circoncision se substitue à l’ancienne. L’homme dorénavant est circoncis dans son cœur; dans son esprit mieux encore que dans son cœur, parce qu’au sang des circoncis pour signifier la purification de la concupiscence qui a exclus Adam de la filiation divine, s’est substitué mon Sang très pur. Lui est efficace chez celui dont le corps est circoncis et aussi quand le corps ne l’est pas, pourvu qu’il ait mon Baptême et renonce à Satan, au monde, à la chair par amour pour Moi. Ne méprisez pas les incirconcis. Dieu n’a pas méprisé Abraham. À cause de sa justice, Il le choisit comme chef de son Peuple avant même que la circoncision ait mordu sa chair. Si Dieu s’est approché d’Abraham incirconcis pour lui transmettre ses ordres, vous pourrez approcher des incirconcis pour les instruire dans la Loi du Seigneur. Considérez à combien de péchés et à quel péché sont arrivés ceux qui étaient circoncis. Ne soyez donc pas inexorables envers les gentils."          

"Mais devrons-nous leur dire ce que tu nous as enseigné ? Ils ne comprendront rien car ils ne connaissent pas la Loi."    

"Vous le dites. Mais, par hasard, Israël a-t-il compris, lui qui connaissait la Loi et les Prophètes ?"            

"C’est vrai."  

"Pourtant, faites attention. Vous direz ce que l’Esprit vous suggérera verbalement, sans peur, sans vouloir agir par vous-mêmes. Quand ensuite s’élèveront parmi les fidèles des faux prophètes qui présenteront leurs idées comme des idées inspirées, et seront les hérétiques, alors vous combattrez par des moyens plus fermes que la parole leurs doctrines hérétiques. Mais ne vous préoccupez pas. L’Esprit-Saint vous guidera. Moi je ne dis jamais rien qui ne s’accomplisse."            

"Et qu’en ferons-nous des hérétiques ?"        

"Combattez de toutes vos forces l’hérésie elle-même, mais cherchez par tous les moyens à convertir au Seigneur les hérétiques. Ne vous lassez pas de chercher les brebis qui se sont égarées pour les ramener au Bercail. Priez, souffrez, faites prier, faites souffrir, demandez l’aumône de sacrifices et de souffrances à ceux qui sont purs, bons, généreux, pour qu’ainsi se convertissent les frères. La Passion du Christ se continue chez les chrétiens. Je ne vous ai pas exclus de cette grande œuvre qu’est la Rédemption du monde. Vous êtes tous membres d’un corps unique. Aidez-vous entre vous et que celui qui est fort et sain travaille pour les plus faibles et que celui qui est uni tende la main aux frères éloignés et les appelle."        

"Mais y seront-ils, après avoir été frères dans une unique maison ?"  

"Ils y seront."            

"Et pourquoi ?"        

"Pour tant de raisons. Ils porteront encore mon Nom. Ils se glorifieront même de ce Nom. Ils travailleront à le faire connaître. Ils contribueront à ce que je sois connu jusqu’aux extrémités de la Terre. Laissez-les faire car, je vous le rappelle, celui qui n’est pas contre Moi est pour Moi, Mais, pauvres fils !, leur travail sera toujours partiel, leurs mérites toujours imparfaits. Ils ne pourront être en Moi s’ils sont séparés de la Vigne. Leurs œuvres seront toujours incomplètes. Vous, je dis vous, pour parler à ceux de l’avenir, qui vous continueront, soyez où ils sont. Ne dites pas comme des pharisiens : “Je n’y vais pas pour ne pas me contaminer”. Ou comme des paresseux : “Je n’y vais pas puisqu’il y a déjà quelqu’un qui prêche le Seigneur”. Ou par poltronnerie : “Je n’y vais pas pour éviter qu’ils me chassent”. Allez. Je vous le dis : allez. À toutes les nations, jusqu’aux confins du monde. Pour que soit connue toute entière ma Doctrine et mon Unique Église, et que les âmes aient la possibilité d’y entrer pour en faire partie."      

"Et dirons-nous, ou écrirons-nous toutes tes actions ?"          

"Je vous l’ai dit. L’Esprit-Saint vous conseillera sur ce qu’il est bien de dire ou de taire selon les circonstances. Vous le voyez ! Ce que j’ai accompli on le croit ou on le nie, et parfois on s’en fait une arme contre Moi, présenté comme il l’est par des mains qui me haïssent. On m’a appelé Belzébuth, quand, comme Maître et devant tout le monde, j’ai accompli des miracles. Et que vont-ils dire maintenant, quand ils sauront que j’ai agi si surnaturellement ? Ils me blasphémeront davantage encore. Et vous serez persécutés dès le début. Taisez-vous donc jusqu’à ce que ce soit l’heure de parler."  

"Mais si cette heure arrivait quand nous, les témoins, nous serions morts ?"  

"Dans mon Église il y aura toujours des prêtres, des docteurs, des prophètes, des exorcistes, des confesseurs, des gens qui feront des miracles, qui seront inspirés, autant qu’il lui en faudra pour que les gens reçoivent d’elle ce qui est nécessaire. Le Ciel : l’Église triomphante, ne laissera pas seule l’Église enseignante, et celle-ci viendra au secours de l’Église militante. Il n’y a pas trois corps, il n’y a qu’un seul corps. Il n’y a pas de séparation entre elles mais communion d’amour et de fin : aimer la Charité, jouir d’elle dans le Ciel, son Royaume. C’est pour cela encore que l’Église militante devra avec amour subvenir aux suffrages de sa partie déjà destinée à la triomphante, et qui en est encore exclue à cause de l’expiation satisfactoire des manquements absous mais pas encore entièrement payés devant la parfaite Justice Divine. Tout, dans le Corps mystique, doit se faire dans l’amour et par l’amour. Car l’amour c’est le sang qui circule en lui. Venez au secours des frères qui purgent leur peine. Comme j’ai dit que les œuvres de miséricorde corporelles vous acquièrent une récompense dans le Ciel, j’ai dit que de la même façon vous les procurent les œuvres spirituelles.          

Et en vérité je vous dis que les suffrages pour les morts pour qu’ils entrent dans la paix est une grande œuvre de miséricorde dont Dieu vous bénira et dont vous seront reconnaissants ceux qui en profitent. Quand, à la résurrection de la chair, tous les hommes seront rassemblés devant le Christ leur Juge, parmi ceux que je bénirai, il y aura aussi ceux qui ont eu de l’amour pour leurs frères qui se purifiaient, en offrant et en priant pour leur paix. Je vous le dis. Pas une seule bonne action ne restera sans fruit et beaucoup auront une vive splendeur dans le Ciel sans avoir prêché, administré, accompli des voyages apostoliques, embrassé des états spéciaux, mais seulement pour avoir prié et souffert pour donner la paix à ceux qui se purifient, pour amener les mortels à la conversion. Eux aussi, prêtres ignorés du monde, apôtres inconnus, victimes que Dieu seul voit, recevront le prix des ouvriers du Seigneur pour avoir fait de leur vie un perpétuel sacrifice d’amour pour les frères et pour la gloire de Dieu. Je vous dis qu’en vérité on arrive à la vie éternelle par des chemins nombreux, et l’un est celui-ci, et il est si cher à mon Cœur. Avez-vous autre chose à demander ? Parlez."            

"Seigneur, hier, et pas seulement hier, nous pensions que tu as dit : “Vous siégerez sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël”. Mais maintenant nous sommes onze..."

"Choisissez le douzième. Cela te revient, Pierre."      

"À moi ? Pas à moi, Seigneur ! Toi indique-le."          

"J’ai choisi mes douze une fois et je les ai formés. Puis j’ai choisi leur chef. Puis je leur ai donné la Grâce et leur ai infusé l’Esprit-Saint. Maintenant il leur appartient de marcher, car ce ne sont plus des nourrissons incapables de le faire."            

"Mais dis-nous, au moins, où nous devons porter nos regards..."      

"Voilà la partie choisie du troupeau" dit Jésus en faisant un geste circulaire sur ceux des soixante-douze qui sont présents.    

"Pas nous, Seigneur, pas nous. La place du traître nous fait peur" disent-ils suppliants.

"Prenons Lazare. Veux-tu, Seigneur ?"          

Jésus se tait.            

"Joseph d'Arimathie ? Nicodème ?"  

Jésus se tait.            

"Mais oui ! Prenons Lazare."

"C’est à l’ami parfait que vous voulez donner cette place dont vous ne voulez pas ?" dit Jésus.          

"Seigneur, je voudrais te dire un mot" dit le Zélote.    

"Parle."        

"Lazare par amour pour Toi, j’en suis certain, prendrait même cette place et la tiendrait d’une façon si parfaite qu’il ferait oublier à qui était cette place. Mais il ne me semble pas convenable de le faire pour d’autres motifs. Les vertus spirituelles de Lazare existent en beaucoup parmi les humbles de ton troupeau. Et je pense qu’il serait mieux de leur donner la préférence, pour que les fidèles ne disent pas que l’on a cherché le pouvoir et la richesse, comme font les pharisiens, au lieu de la seule vertu."          

"Tu as bien parlé, Simon. Et tu as d’autant bien parlé que tu as parlé avec justice sans que ton amitié pour Lazare te mette un bâillon."    

"Faisons alors de Margziam ton douzième apôtre. C’est un enfant."  

"Moi, pour effacer ce vide horrible, j’accepterais, mais je n’en suis pas digne. Comment pourrais-je parler, moi enfant, à des adultes ? Seigneur, tu dois dire si j’ai raison."

"Tu as raison. Mais ne vous hâtez pas. L’heure viendra et vous serez étonnés alors d’avoir tous la même pensée. Priez en attendant. Moi je m’en vais. Retirez-vous pour prier. Pour le moment, je vous congédie. Arrangez-vous pour être tous à Béthanie pour le quatorzième jour de Ziv."

Il se lève pendant que tous s’agenouillent, prosternés, le visage dans l’herbe. Il les bénit et la lumière, sa servante qui annonce et précède son arrivée comme elle l’accueille à son départ, l’embrasse et le cache en l’absorbant une fois encore.    

*      
SOURCE :      http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-021.htm  
TOME : 10/21

https://lepeupledelapaix.forumactif.com/t18376-oeuvre-de-maria-valtorta-presentation-des-disciples-de-jesus





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Jésus ressuscité  enseigne les Apôtres et les Disciples
Maud
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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Dim 7 Déc 2014 - 7:43

♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_37


La Pâque supplémentaire.


Vision du mercredi 23 avril 1947

L’ordre de Jésus cette fois a été exécuté à la lettre et Béthanie regorge de disciples. Les prés en sont pleins, et aussi les sentiers, les vergers, les oliveraies de Lazare, et ces lieux ne suffisant pas à contenir tant. de gens qui ne veulent pas endommager les biens de l’ami de Jésus, beaucoup sont dispersés aussi à travers les oliveraies qui conduisent de Béthanie à Jérusalem par les chemins de l’Oliveraie.

Plus proches de la maison sont les disciples de vieille date, plus éloignés d’autres en grand nombre. Visages peu connus, ou tout à fait inconnus. Mais qui peut désormais reconnaître tant de visages et les nommer ? Je crois qu’il y en a des centaines. De temps en temps, en me remémorant, un visage ou un nom me rappelle des visages que j’ai vus parmi ceux qui ont profité des bienfaits de Jésus ou ont été convertis par Lui, peut-être à la dernière heure. Mais cela dépasse mes possibilités de me rappeler tant de ces visages et de ces noms, de les reconnaître tous. Ce serait comme de prétendre que j’aurais reconnu qui se trouvait dans la foule qui se pressait le long des rues de Jérusalem le dimanche des Rameaux ou le douloureux Vendredi, ou celle qui couvrait le Calvaire d’un tapis de visages la plupart contractés par la haine.      

De la maison de Simon sortent et entrent les apôtres en circulant parmi les gens pour les tenir tranquilles ou pour répondre à leurs questions, et aussi Lazare et Maximin les aident. Aux portes fenêtres de l’étage supérieur de la maison de Simon, on voit apparaître et disparaître tous les visages des femmes disciples : chevelures grises, chevelures brunes, parmi lesquelles resplendissent les têtes blondes de Marie de Lazare et d'Aurea . De temps en temps une sort pour regarder et puis se retire. Elles y sont toutes, vraiment toutes : jeunes et vieilles, même celles qui ne sont jamais venues comme Sara d’Aféca. Sur la terrasse jouent les enfants rassemblés par Sara, les petits-fils d’Anne de Méron, Marie et Matthias, le petit Scialem petit-fils de Nahoum autrefois difforme et qui maintenant est heureux et sain, et d’autres encore. Une bande d’oiseaux heureux surveillés par Margziam et d’autres jeunes disciples comme le pastoureau d’Enon et Jaia de Pella. Je vois aussi, parmi les enfants, le petit de Sidon qui était aveugle. On comprend que son père l’a amené avec lui.        

Le soleil va se coucher dans une splendeur pleine de sérénité.          

Pierre délibère avec Lazare et avec ses compagnons. “Moi, je dis qu’il serait bien de congédier les gens. Que dites-vous ? Il ne viendra même pas aujourd’hui. Et beaucoup de ces gens doivent ce soir consommer la petite Pâque” dit Pierre.        

“Oui. Il est bon de les congédier. Peut-être le Seigneur aura jugé bon de ne pas venir aujourd’hui. A Jérusalem se sont réunis tous ceux du Temple. Je ne sais pas comment leur est arrivé le bruit que Lui venait et...” dit Lazare.        

“Et s’il en est ainsi ? Que peuvent-ils désormais Lui faire ?” dit avec véhémence le Thaddée.

“Tu oublies” dit Lazare “ qu’eux c’est eux. Et j’ai tout dit en parlant ainsi. Si à Lui-même ils ne peuvent faire aucun mal, ils peuvent faire beaucoup de mal à ceux-ci, venus pour l’adorer. Et le Seigneur ne veut pas nuire à ses fidèles. Et puis ! Crois-tu qu’eux, aveuglés par leur péché et par leur pensée, toujours celle-là, immuable, n’ont pas dans la grande opposition d’idées, qui est dans leurs têtes, celle-là aussi que le Seigneur est ressuscité, ou plutôt qu’il n’a jamais été mort et qu’il est sorti de là comme quelqu’un qui s’éveille par lui-même ou avec la complicité d’un grand nombre ? Vous ne savez pas quel maquis sauvage de pensées, quel enchevêtrement, quel tourbillon de suppositions ils ont en eux. Ils se les sont données pour ne pas reconnaître la vérité. On peut vraiment dire que les complices d’hier sont divisés aujourd’hui pour la même cause qui d’abord les tenait unis. Et certains sont séduits par leurs idées. Vous voyez ? Certains ne sont plus parmi les disciples... ”    

“Et laisse-les aller ! Il en est venu d’autres qui sont meilleurs. Certainement c’est parmi ceux qui s’en sont allés qu’il faut chercher ceux qui ont dit au Sanhédrin que le Seigneur sera ici le quatorzième jour du second mois. Et après leur délation, ils n’ont plus le courage de venir. Loin d’ici ! Loin d’ici ! Il y a assez des traîtres !” dit Barthélemy.            

“Nous en aurons toujours, ami ! L’homme !... Il se laisse trop influencer par ses impressions et les pressions. Mais nous ne devons pas craindre. Le Seigneur a dit que nous ne devons pas craindre” dit le Zélote.    

“Et nous ne craignons pas. Il y a peu de jours, nous avions encore peur. Vous souvenez-vous ? Moi, pour mon compte, je pensais avec crainte à notre retour ici. Maintenant il me semble que je n’ai plus cette crainte. Mais je ne me fie pas trop à moi, et vous aussi ne vous fiez pas trop à votre Céphas, car j’ai déjà montré une fois que je suis de l’argile qui s’effrite au lieu d’être du granit compact. Eh bien, congédions ceux-ci. À toi, Lazare."

"Non, Simon Pierre, c’est à toi. Tu es le chef..." dit Lazare avec bienveillance en lui passant un bras autour du cou et il le pousse vers l’escalier et le fait monter jusqu’à la terrasse qui entoure la maison de Simon.      

Pierre fait signe qu’il va parler et les gens les plus proches se taisent. Ceux qui sont plus loin accourent. Pierre attend que la plus grande partie des gens soient autour, puis il dit : "Hommes de toutes les parties d’Israël, écoutez. Je vous exhorte à retourner dans la ville. Le soleil a commencé sa descente. Partez donc. Si Lui vient, nous vous le ferons savoir à tout prix. Que Dieu soit avec vous."  

Il se retire pour entrer dans une pièce largement aérée où se trouvent, autour de la Vierge, toutes les femmes disciples les plus fidèles et aussi les autres femmes qui aimaient le Seigneur comme Maître sans l’avoir pourtant suivi dans ses pèlerinages. Pierre va s’asseoir dans un coin en regardant Marie qui lui Sourit.          

Les gens, dehors, se séparent lentement en deux parties : celle de ceux qui restent, celle de ceux qui retournent à la ville. Voix d’adultes qui appellent les enfants, petites voix d’enfants qui répondent. Puis le bourdonnement se fait plus sourd.  

"Et maintenant" dit Pierre "nous allons partir nous aussi..."    

"Père, mais le Seigneur a dit qu’il y aurait été !..."      

"Hé ! je le sais ! Mais comme tu vois, il n’est pas venu. Et c’est le jour qu’il a prescrit..."

"Oui." dit Marie de Magdala "Et mon frère a déjà préparé pour vous tout ce qu’il faut. Et voici Marc de Jonas qui vient pour vous conduire et ouvrir la grille. Mais je viens, moi aussi. Nous venons tous. Lazare a prévu pour tous."          

"Et où allons-nous consommer la cène pour tant de gens ?"

"Le Cénacle sera le Gethsémani même. À l’intérieur de la maison la pièce pour ceux dont Jésus a parlé. Dehors, près de la maison, les tables des autres. C’est ce qu’il a voulu."

"Qui ? Lazare ?"        

"Le Seigneur."          

"Le Seigneur ? Mais quand est-il venu ?"        

"Il est venu... Que t’importe le jour ? Il est venu et il a parlé avec Lazare."      

> "Je crois qu’il vient, et même qu’il est venu à chacun de nous, même si aucun de nous ne le dit pour conserver cette joie comme sa perle la plus chère, qu’il craint même de montrer, craignant qu’elle perde sa plus belle lumière. Les secrets du Roi ! " dit Barthélemy et il regarde le groupe des disciples vierges dont le visage s’empourpre comme s’il était frappé par un rayon du soleil couchant. Mais c’est une flamme spirituelle de joie intense qui les allume. Marie, la Vierge des Vierges, dans son blanc vêtement de lin, lys vêtu de candeur, incline la tête en souriant sans parler. Comme elle ressemble en ce moment à la jeune Vierge de l’Annonciation !        

"Certes... Il ne nous laisse pas seuls, même s’il ne nous apparaît pas visiblement. Je dis que c’est Lui qui met dans mon pauvre cœur et dans mon esprit encore plus pauvre certaines pensées... " avoue Mathieu.            

Les autres ne parlent pas... Ils se regardent pendant qu’ils se mettent leurs manteaux pour s’étudier mutuellement. Mais le soin même avec lequel certains se couvrent le plus possible le visage, pour tenir caché le flot de joie spirituelle qui réaffleure quand ils pensent aux secrètes rencontres divines, montre qu’ils sont les préférés.

"Et dites-le !" disent les autres. "Nous n’en sommes pas jaloux ! Nous ne sommes pas indiscrets pour vouloir savoir. Mais nous serons réconfortés par l’espoir que nous ne serons pas pour toujours privés de sa vue ! Rappelez-vous les paroles de Raphaël à Tobie : “Certes il est bien de tenir caché le secret du roi, mais pourtant il est honorable de révéler et de publier les œuvres de Dieu". L’ange de Dieu a raison ! Gardez pour vous le secret des paroles que Dieu vous a données, mais révélez son continuel amour pour vous."

Jacques d'Alphée regarde Marie, comme pour recevoir d’elle une lumière et, ayant vu par son sourire qu’elle est d’accord, il dit : "C’est vrai. J’ai vu le Seigneur." Rien de plus. Et c’est le seul qui le dit. Les deux autres qui se sont bien couverts, c’est-à-dire Jean et Pierre, ne disent pas un mot.            

Ils sortent tous et en groupes, en avant les onze, puis Lazare avec ses sœurs et les femmes disciples autour de Marie, en dernier lieu les bergers et beaucoup des soixante-douze disciples. Ils se dirigent vers Jérusalem par la route haute qui conduit à l’Oliveraie. Les enfants qui sont restés courent heureux devant et derrière.          

Marc indique un sentier qui évite le Camp des Galiléens et les zones plus fréquentées et conduit directement à la nouvelle enceinte du Jardin des Oliviers. Il ouvre, les fait passer, referme. Beaucoup de disciples bavardent entre eux et l’un d’eux va interroger les apôtres, spécialement Jean. Mais eux font signe d’attendre, que ce n’est pas l’heure de faire ce qu’ils demandent, et tous se tiennent tranquilles.        

Quelle paix dans la vaste Oliveraie que baise encore dans ses parties les plus élevées un dernier rayon de soleil, alors qu’il y a déjà de l’ombre dans les parties les plus basses ! Un léger bruissement du vent dans les feuillages vert-argentés et de joyeux chants d’oiseaux qui saluent le jour qui meurt.          

Voici la maisonnette du gardien. Sur la terrasse qui lui sert de toit Lazare a fait dresser un pavillon de tentes et la terrasse s’est changée en un cénacle aérien pour ceux des disciples qui n’ont pas pu un mois avant consommer la Pâque. En bas, sur la petite aire bien nettoyée, d’autres tables. À l’intérieur de la maison, dans la meilleure pièce, la table des femmes disciples.    

On apporte aux différentes tables de ceux qui n’ont pas fait la Pâque les agneaux rôtis, les laitues, les azymes et la sauce rougeâtre, et on a déposé sur les tables les calices rituels. Sur celle des femmes pourtant il n’y a pas ce calice, mais autant de coupes que de convives. On comprend que les femmes étaient dispensées de ce côté de la cérémonie. Sur les tables de ceux qui ont déjà consommé la Pâque au temps normal, il y a l’agneau, mais sans les azymes et les laitues avec la sauce rougeâtre. Lazare et Maximin dirigent tout le service. Lazare se penche sur Pierre pour lui dire quelque chose qui fait violemment agiter la tête de l’apôtre dans un refus obstiné.          

"Et pourtant... cela te revient" dit Philippe qui est à côté de lui.          

Mais Pierre montre Jacques d’Alphée : "C’est à lui que cela revient."

Pendant qu’ils discutent ainsi, voilà que le Seigneur apparaît au commencement de la petite aire et salue : "Paix à vous."    

Tous se lèvent et le bruit avertit les femmes de ce qui arrive. Elles sont sur le point de sortir, mais Jésus entre dans la maison en les saluant elles aussi.      

Marie dit : "Mon Fils !" et elle le vénère plus profondément que tous, indiquant par ce geste que, bien que Jésus puisse être ami, ami et parent au point même d’être fils, il est toujours Dieu et doit être vénéré comme un Dieu. Vénéré toujours, avec un esprit qui adore même si son amour pour nous est prévenant au point de le pousser à se donner en toute confidence comme notre Frère et notre Époux.    

"Paix à toi, Mère. Asseyez-vous, mangez. Je monte là-haut où Margziam attend sa récompense."            

Il revient pour sortir afin de monter l’escalier et il appelle à haute voix : "Simon Pierre et Jacques d’Alphée, venez."            

Les deux qu’il a nommés montent derrière Lui et .Jésus s’assoit à la table du milieu où se trouve Margziam en disant aux deux apôtres : "Vous ferez ce que je vous dirai" et au chef de table qui est Mathias : "Commence le banquet pascal."    

Ce soir, Jésus a Margziam à son côté, à la place où était Jean l’autre fois. Pierre et Jacques sont derrière le Seigneur, attendant ses ordres.        

Et avec le même rituel que la Cène pascale, celle-ci se déroule : les hymnes, les demandes, les libations. Je ne sais pas si aux autres tables c’est la même chose. C’est là où est Jésus que je regarde fixement, à moins que sa volonté ne m’oblige à regarder autre chose, et j’oublie tout pour contempler mon Seigneur qui offre maintenant les meilleures bouchées de son agneau — Lui l’a pris sur le plat, mais il n’en mange pas et de même ne prend pas de laitue ni de sauce et ne boit pas au Calice — qui offre maintenant les bouchées les meilleures à Margziam qui est tout à fait heureux.      

Jésus au début a fait un signe à Pierre pour qu’il se penche et l’écoute, et Pierre, après l’avoir écouté, a dit à haute voix : "À ce moment le Seigneur offrit pour nous tous le calice en qualité de Père et de Chef de sa Famille."            

Maintenant il fait un nouveau signe à Pierre, qui de nouveau l’écoute et se relève pour dire : "Et à ce point le Seigneur se ceignit pour nous purifier et nous enseigner comment faire nous-mêmes pour consommer dignement le Sacrifice Eucharistique."            

La cène continue jusqu’à un autre signe Pierre dit encore : "À ce moment le Seigneur prit le pain et le vin les offrit, et les bénit en priant, et après en avoir fait les parts nous les distribua en disant : “Ceci est mon Corps et ceci est mon Sang du nouveau Testament éternel, qui pour vous et pour beaucoup sera répandu en rémission des péchés”.      

Jésus se met debout. Il est très majestueux. Il ordonne à Pierre et à Jacques de prendre un pain, d’en faire des bouchées et d’emplir de vin un calice, le plus grand qu’il y ait sur les tables. Ils obéissent et tiennent devant Lui le pain et le vin, et Jésus étend sur eux ses mains en priant sans autre action que le ravissement de son regard...            

"Distribuez les morceaux de pain et présentez le calice fraternel. Toutes les fois que vous le ferez, vous le ferez en mémoire de Moi."      

Les deux apôtres obéissent, pleins de vénération...  

Pendant que l’on distribue les Espèces, Jésus descend chez les femmes. Je pense, mais je ne vois pas car je n’entre pas où elles sont, que Jésus communie sa Mère de ses propres mains. C’est mon idée. Je ne sais pas si elle correspond à la vérité, mais je ne comprendrais pas pourquoi il s’en est allé là sinon pour faire cela.    

Puis il revient sur la terrasse. Il ne s’assoit plus. La cène arrive à sa fin.          

Il dit : "Tout est consommé ?"            

"Tout est consommé, Seigneur."        

"C’est ce que j’ai fait sur la Croix. Levez-vous. Prions."          

Il étend les bras comme s’il était sur la croix et entonne la prière du Notre Père.*

*
Je ne sais pas pourquoi je pleure. Je pense que c’est peut-être la dernière fois que je le Lui entends dire... Comme aucun peintre ou sculpteur ne pourra jamais nous donner le véritable portrait de Jésus, ainsi personne, si saint qu’il soit, ne pourra dire à la fois si virilement et si doucement le Pater Noster. J’en aurai toujours une grande nostalgie de ces Pater qui venaient de Jésus, véritable colloque d’âme avec le Père tout aimé et tout adoré des Cieux, cri d’honneur, d’obéissance, de foi, de soumission, d’humilité, de miséricorde, de désir, de confiance... tout  !
*
"Allez ! Que la Grâce du Seigneur soit en vous tous et que sa paix vous accompagne" dit Jésus en prenant congé. Et il s’en va dans un éclat de lumière qui dépasse de beaucoup la clarté de la lune maintenant pleine et haute sur le Jardin silencieux, et celle des lampes mises sur les tables.

Pas un mot. Des larmes sur les visages, l’adoration dans les cœurs... et rien d’autre...

La nuit veille et connaît, avec les anges, les palpitations de ces bénis.
                   
*
SOURCE : http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-022.htm
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Maud
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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Lun 8 Déc 2014 - 7:14

♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_38


L’Ascension du Seigneur



Vision du jeudi 24 avril 1947

À l’orient, l’aurore commence à peine à rougir. Jésus se promène avec sa Mère dans les vallons du Gethsémani. Pas de paroles, seulement des regards d’indicible amour. Peut-être les paroles ont déjà été dites. Peut-être elles n’ont jamais été dites. Ce sont les deux âmes qui ont parlé : celle du Christ, celle de la Mère du Christ. Maintenant c’est une contemplation d’amour, une réciproque contemplation. Elle la connaît la nature humide de rosée, la pure lumière du matin, elles la connaissent les gracieuses créatures de Dieu que sont les herbes, les fleurs, les oiseaux, les papillons. Les hommes sont absents.

Moi, je me sens mal à l’aise d’être présente à cet adieu. "Seigneur. je n’en suis pas digne !" c’est mon cri dans les larmes qui tombent de mes yeux en contemplant la dernière heure de l’union terrestre entre la Mère et le Fils et en pensant que nous sommes arrivés au terme de l’amoureuse fatigue, celle de Jésus, celle de Marie et du pauvre, petit, indigne enfant que Jésus a voulu comme témoin de tout le temps messianique, et qui a nom Marie, mais que Jésus aime appeler "le petit Jean" et aussi "la violette de la Croix." Oui. Petit .Jean. Petit parce que je suis un rien. Jean parce que je suis vraiment celle à qui Dieu a fait de grandes grâces, et pas-ce que, dans une mesure infinitésimale — mais c’est tout ce que je possède, et en donnant tout ce que je possède, je sais que je donne dans une mesure parfaite qui satisfait Jésus, car c’est le "tout" de mon rien — et parce que, dans une mesure infinitésimale moi, comme le bien-aimé, le grand Jean, j’ai donné tout mon amour à Jésus et à Marie, en partageant avec eux larmes et sourires, en les suivant, angoissée de les voir affligés et de ne pouvoir les défendre de la rancœur du monde au prix de ma propre vie; et maintenant palpitante de la palpitation de leur cœur pour ce qui prend fin pour toujours..

Violette, oui. Une violette  qui a cherché à se tenir cachée dans l’herbe pour que Jésus ne l’évite pas, Lui qui aimait toutes les choses créées parce qu’œuvres de son Père, mais me presse sous son pied divin et que je puisse mourir en exhalant mon léger parfum dans l’effort de Lui adoucir le contact avec la terre raboteuse et dure. Violette de la Croix, oui. Et son Sang a rempli mon calice jusqu’à le faire se pencher sur le sol...            

Oh  ! mon Bien-aimé qui, avant, m’as comblée de ton Sang en me faisant contempler tes pieds blessés, cloués au bois "... et au pied de la croix il y avait un pied de violettes en fleurs et ton Sang tombait goutte à goutte sur le pied de violettes fleuries…"            

Souvenir lointain et toujours si proche et si présent ! Préparation de ce que j’ai été ensuite : ton porte-parole qui maintenant est tout trempé de ton Sang, de tes sueurs et de tes larmes, des larmes de Marie ta Mère, mais qui connaît aussi tes paroles, tes sourires, tout, tout de Toi, et qui exhale le parfum non plus des violettes, mais celui de Toi Seul, mon Unique et Seul Amour, de ce parfum divin qui a bercé hier soir ma douleur et qui vient sur moi, doux comme un baiser, consolant comme le Ciel lui-même, et me fait tout oublier pour vivre de Toi seul…

J’ai en moi ta promesse. Je sais que je ne te perdrai pas. Tu me l’as promis et ta promesse est sincère : promesse de Dieu Je te posséderai encore, toujours. C’est seulement si je péchais par orgueil, mensonge, désobéissance, que je te perdrais. Tu l’as dit, mais tu sais qu’avec ta Grâce pour soutenir ma volonté, je ne veux pécher et j’espère ne pas pécher parce que tu me soutiendras. .Je ne suis pas un chêne, je le sais. Je suis une violette. Une tige fragile qui peut plier sous le pied d’un oiseau et même sous le poids d’un scarabée. Mais tu es ma force, ô Seigneur, et mon amour pour Toi est mon aile.          

Je ne te perdrai pas. Tu me l’as promis. Tu viendras, tout entier pour moi, pour donner de la joie à ta violette mourante. Mais je ne suis pas égoïste. Seigneur. Tu le sais. Tu sais que je voudrais ne plus te voir, mais que d’autres te voient en grand nombre, et qu’ils croient en Toi. À moi, tu as déjà tant donné et je n’en suis pas digne. Vraiment tu m’as aimée comme Toi seul sait aimer tes fils chéris.      

Je pense comme il était doux de te voir "vivre". Homme parmi les hommes. Et je pense que je ne te verrai plus ainsi. Tout a été vu et dit.

Je sais aussi que tu n’effaceras pas de ma pensée tes actions d’Homme parmi les hommes, et que je n’aurai pas besoin de livres pour me souvenir de Toi, tel que tu as été réellement. Il suffira que je regarde en mon intérieur où toute ta vie est fixée en caractères indélébiles.    

Mais c’était doux, doux... Maintenant tu montes... La Terre te perd. Marie de la Croix te perd, Maître Sauveur. Tu resteras à elle comme un Dieu très doux, et non plus du Sang mais un miel céleste tu verseras dans le calice violacé de ta violette... Je pleure... J’ai été ta disciple en même temps que les autres sur les chemins de montagne, boisés, ou sur les chemins arides, poussiéreux de la plaine, sur le lac, et prés du beau fleuve de ta Patrie. Maintenant tu t’en vas et je ne verrai plus qu’en souvenir Bethléem et Nazareth sur leurs vertes collines d’oliviers, et Jéricho brûlée par le soleil avec le bruissement de ses palmiers, et Béthanie amie, et Engaddi perle perdue dans les déserts, et la belle Samarie, et les plaines fertiles de Saron et d’Esdrelon, et le haut plateau bizarre d’au-delà du Jourdain, et le cauchemar de la Mer Morte, et les villes ensoleillées des bords de la Méditerranée, et Jérusalem, la ville de ta douleur, ses montées et ses descentes, les archivoltes, les places, les faubourgs, les puits et les citernes, les collines et jusqu’à la triste vallée des lépreux où ta miséricorde s’est largement répandue... Et la maison du Cénacle… et la fontaine qui pleure tout près... le petit pont sur le Cédron, l’endroit où tu as sué le sang... la cour du Prétoire... Ah, non ! tout ce qui est ta douleur se trouve ici et y restera toujours... Je devrai chercher tous les souvenirs pour les retrouver, mais ta prière au Gethsémani, ta flagellation, ta montée au Golgotha, ton agonie et ta mort, la douleur de ta Mère, non, je n’aurai pas à les chercher : ils me sont toujours présents. Peut-être je les oublierai au Paradis.., et il me paraît impossible de pouvoir les oublier même là... Tout souvenir de ces heures atroces, jusqu'à la forme de la pierre sur laquelle tu es tombé, même le bouton de rose rouge qui battait comme une goutte de sang sur le granit, contre la fermeture de ton tombeau...

Mon Amour tout divin, ta Passion vit dans ma pensée... et m’en brise le cœur...

L’aurore s’est complètement levée. Le soleil est déjà haut sur l’horizon, et les apôtres font entendre leurs voix. C’est un signal pour Jésus et Marie. Ils s’arrêtent. Ils se regardent, l’Un en face de l’Autre, et puis Jésus ouvre les bras et accueille sa Mère sur sa poitrine... Oh ! c’était bien un Homme, un Fils de Femme ! Pour le croire, il suffit de regarder cet adieu ! L’amour déborde en une pluie de baisers sur la Mère toute aimée. L’amour couvre de baisers le Fils tout aimé. Il semble qu’ils ne puissent plus se séparer. Quand il semble qu’ils vont le faire, un autre embrassement les unit encore, et parmi les baisers des paroles de réciproque bénédiction... Oh ! c’est vraiment le Fils de l’Homme qui quitte celle qui l’a engendré ! C’est vraiment la Mère qui congédie, pour le rendre au Père, son Fils, le Gage de l’Amour à la toute Pure...      

Dieu qui embrasse la Mère de Dieu  !...        

Finalement la Femme, en tant que Créature, s’agenouille aux pieds de son Dieu qui est pourtant son Fils, et le Fils, qui est Dieu, impose ses mains sur la tête de sa Mère Vierge, de l’éternelle Aimée, et il la bénit au Nom du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint, puis il se penche et la relève en déposant un dernier baiser sur son front blanc comme un pétale de lys sous l’or de ses cheveux si jeunes encore...        

Ils vont de nouveau vers la maison et personne, envoyant la paix avec laquelle ils avancent l’Un à côté de l’Autre, ne penserait au flot d’amour qui les a dominés un peu auparavant. Mais quelle différence en cet adieu avec la tristesse des autres adieux désormais dépassés et le déchirement de l’adieu de la Mère à son Fils tué qu’elle devait laisser seul au Tombeau !...  

En celui-ci, même si les yeux brillent des pleurs naturels de celui qui est sur le point de se séparer de l’Aimé, les lèvres sourient à la joie de savoir que cet Aimé va dans la demeure qui convient à sa Gloire...      

"Seigneur ! Ils sont là dehors, entre le mont et Béthanie, tous ceux que tu avais dit à ta Mère vouloir bénir aujourd’hui" dit Pierre.    

"C’est bien. Nous allons maintenant les trouver. Mais venez d’abord. Je veux partager encore le pain avec vous."    

Ils entrent dans la pièce où dix jours avant se trouvaient les femmes pour la cène du quatorzième jour du second mois. Marie accompagne Jésus jusque là, puis elle se retire. Il reste Jésus et les onze.        

Sur la table il y a de la viande rôtie, des petits fromages et des petites olives noires, une petite amphore de vin et une d’eau plus grande, et de larges pains. Une table simple, sans apparat pour une cérémonie de luxe, mais uniquement parce qu’il faut bien manger.  

Jésus offre et fait les parts. Il est au milieu entre Pierre et Jacques d’Alphée. C’est Lui qui les a appelés à ces places. Jean, Jude d’Alphée et Jacques sont en face de Lui, Thomas ,Philippe, Matthieu sont d’un côté, André, Barthélemy, le Zélote de l’autre. Ainsi tous peuvent voir leur Jésus... Le repas est bref, silencieux. Les apôtres, arrivés au dernier jour de voisinage avec Jésus, et malgré les apparitions successives, collectives ou individuelles, à partir de la Résurrection, toutes pleines d’amour, n’ont plus jamais perdu cette retenue et cette vénération qui ont caractérisé leurs rencontres avec Jésus Ressuscité.

Le repas est fini. Jésus ouvre les mains au-dessus de la table en faisant son geste habituel devant un fait inéluctable et il dit : "Voici venue l’heure où je dois vous quitter pour retourner vers mon Père. Écoutez les dernières paroles de votre Maître.          

Ne vous éloignez pas de Jérusalem pendant ces jours. Lazare, à qui j’ai parlé, a pourvu une fois encore à réaliser les désirs de son Maître, et il vous cède la maison de la dernière Cène pour que vous ayez une demeure où réunir l’assemblée et vous recueillir en prière. Restez là à l’intérieur pendant ces jours et priez avec assiduité pour vous préparer à la venue de l’Esprit-Saint qui vous complétera pour votre mission. Rappelez-vous que Moi, qui pourtant étais Dieu, je me suis préparé par une sévère pénitence à mon ministère d’évangélisateur. Toujours plus facile et plus courte sera votre préparation. Mais je n’exige pas autre chose de vous. Il me suffit seulement que vous priiez assidûment, en union avec les soixante-douze et sous la conduite de ma Mère, que je vous recommande avec l’empressement d’un Fils. Elle sera pour vous une Mère et une Maîtresse d’amour et de sagesse parfaite. J’aurais pu vous envoyer ailleurs pour vous préparer à recevoir l’Esprit-Saint, mais je veux au contraire que vous restiez ici car c’est Jérusalem négatrice qui doit s’étonner de la continuation des prodiges divins, donnés pour répondre à ses négations.

Ensuite, l’Esprit-Saint vous fera comprendre la nécessité que l’Église surgisse justement dans cette ville qui, en jugeant humainement, est la plus indigne de la posséder. Mais Jérusalem c’est toujours Jérusalem, même si le péché y est à son comble et si c’est ici que s’est accompli le déicide. Cela ne servira à rien pour elle. Elle est condamnée. Mais si elle est condamnée, tous ses habitants ne le sont pas. Restez ici pour le peu de justes qu’elle a dans son sein, et restez-y parce que c’est la cité royale et la cité du Temple, et parce que comme il est prédit par les prophètes ici, où a été oint et acclamé et où s’est levé le Roi Messie, ici doit commencer son règne sur le monde, et c’est ici encore, où la synagogue a reçu de Dieu le libelle de répudiation à cause de ses crimes trop horribles, que doit surgir le Temple nouveau auquel accourront des gens de toutes nations. Lisez les prophètes : en eux tout est prédit. Ma Mère d’abord, puis l’Esprit Paraclet, vous feront comprendre les paroles des Prophètes pour ce temps. Restez ici jusqu’au moment où Jérusalem vous répudiera comme elle m’a répudié, et haïra mon Église comme elle m’a haï, en couvant des desseins pour l’exterminer. Alors portez ailleurs le siège de cette Église que j’aime, car elle ne doit pas périr.      

Je vous le dis : l’enfer même ne prévaudra pas sur elle. Mais si Dieu vous assure sa protection, ne tentez pas le Ciel en exigeant tout du Ciel.      

Allez en Éphraïm comme y alla votre Maître, parce que ce n’était pas l’heure qu’il soit pris par ses ennemis. Je vous dis Éphraïm pour vous dire terre d’idoles et de païens. Mais ce ne sera pas Éphraïm de Palestine que vous devez choisir comme siège de mon Église. Rappelez-vous combien de fois, à vous réunis ou à l’un de vous en particulier, j’ai parlé de cela en vous prédisant qu’il vous faudrait fouler les routes de la terre pour arriver à son cœur et fixer là mon Église. C’est du cœur de l’homme que le sang se propage à travers tous les membres. C’est du cœur du monde que le Christianisme doit se propager par toute la Terre.        

Pour l’heure, mon Église est semblable à une créature déjà conçue mais qui se forme encore dans la matrice. Jérusalem est sa matrice et en son intérieur son cœur encore petit, autour duquel se rassemblent les membres peu nombreux de l’Église naissante, donne ses petites ondes de sang à ces membres. Mais une fois arrivée l’heure marquée par Dieu, la matrice marâtre expulsera la créature qui s’est formée en son sein, et elle ira dans une terre nouvelle, et y grandira pour devenir un grand Corps qui s’étendra sur toute la Terre, et les battements du cœur de l’Église devenu fort se propageront dans tout son grand Corps. Les battements du cœur de l’Église, affranchie de tout lien avec le Temple, éternelle et victorieuse sur les ruines du Temple mort et détruit, vivant dans le cœur du monde pour dire aux hébreux et aux gentils que Dieu seul triomphe et veut ce qu’Il veut et que ni la rancœur des hommes, ni les troupes d’idoles n’arrêtent son vouloir.    

Mais cela viendra par la suite, et en ce temps-là vous saurez ce que faire. L’Esprit de Dieu vous conduira. Ne craignez pas.        

Pour le moment, rassemblez à Jérusalem la première assemblée de fidèles. Puis d’autres assemblées se formeront à mesure que leur nombre grandira. En vérité je vous dis que les habitants de mon Royaume deviendront rapidement plus nombreux comme des semences jetées dans une excellente terre. Mon peuple se propagera par toute la Terre.
Le Seigneur dit au Seigneur : "Puisque Tu as fait cela et que pour Moi Tu ne t’es pas épargné, Je te bénirai et Je multiplierai ta descendance comme les étoiles du ciel et comme les grains de sable qui sont sur le bord de la mer. Ta descendance possédera la porte de ses ennemis et en ta descendance seront bénies toutes les nations de la Terre. Bénédiction est mon Nom, mon Signe et ma Loi, là où ils sont reconnus souverains"    


Il va venir l’Esprit-Saint, le Sanctificateur, et vous en serez remplis. Faites en sorte d’être purs comme tout ce qui doit approcher le Seigneur. J’étais Seigneur, Moi aussi comme Lui. Mais sur ma Divinité j’avais endossé un vêtement pour pouvoir être parmi vous et non seulement pour vous instruire et vous racheter par les organes et le sang de ce vêtement,mais aussi pour porter le Saint des Saints parmi les hommes, sans qu’il fût inconvenant que tout homme, même impur, pût poser son regard sur Celui que craignent de contempler les Séraphins.      

Mais l’Esprit-Saint viendra sans être voilé par la chair, et Il se posera sur vous et Il descendra en vous avec ses sept dons et Il vous conseillera.            

Maintenant le conseil de Dieu est chose si sublime qu’il faut vous préparer par une volonté héroïque d’une perfection qui vous rende semblables à votre Père et à votre Jésus, et à votre Jésus dans ses rapports avec le Père et l’Esprit-Saint. Donc une charité parfaite et une pureté parfaite, pour pouvoir comprendre l’Amour et le recevoir sur le trône de votre cœur.

Perdez-vous dans le gouffre de la contemplation. Efforcez-vous d’oublier que vous êtes des hommes, et efforcez-vous de vous changer en séraphins. Lancez-vous dans la fournaise, dans les flammes de la contemplation. La contemplation de Dieu ressemble à une étincelle qui jaillit du choc du silex contre le briquet et produit feu et lumière. C’est une purification le feu qui consume la matière opaque et toujours impure et la transforme en une flamme lumineuse et pure.    

Vous n’aurez pas le Royaume de Dieu en vous si vous n’avez pas l’amour. Parce que le Royaume de Dieu c’est l’Amour, et il apparaît avec l’Amour, et par l’Amour il s’établit en vos cœurs au milieu de l’éclat d’une lumière immense qui pénètre et féconde, enlève l’ignorance, donne la sagesse, dévore l’homme et crée le dieu, le fils de Dieu, mon frère, le roi du trône que Dieu a préparé pour ceux qui se donnent à Dieu pour avoir Dieu, Dieu, Dieu, Dieu seul. Soyez donc purs et saints grâce à l’oraison ardente qui sanctifie l’homme parce qu’elle le plonge dans le feu de Dieu qu’est la charité.

Vous devez être saints. Non pas dans le sens relatif que ce mot avait jusqu’alors, mais dans le sens absolu que je lui ai donné en vous proposant la Sainteté du Seigneur comme exemple et comme limite, c’est-à-dire la Sainteté parfaite. Chez nous, on appelle saint le Temple, saint l’endroit où est l’autel, Saint des Saints le lieu voilé où se trouvent l’arche et le propitiatoire.

Mais je vous dis en vérité que ceux qui possèdent la Grâce et vivent saintement par amour pour le Seigneur sont plus saints que le Saint des Saints, parce que Dieu ne se pose pas seulement sur eux, comme sur le propitiatoire qui est dans le Temple pour donner ses ordres, mais Il habite en eux pour leur donner ses amours.      

Vous rappelez-vous mes paroles de la Dernière Cène ? Je vous avais promis alors l’Esprit-Saint. Voilà qu’Il va venir pour vous baptiser non plus avec l’eau, comme Jean l’a fait avec vous pour vous préparer à Moi, mais avec le feu pour vous préparer à servir le Seigneur comme il le veut de vous. Voilà que Lui va être ici, d’ici peu de jours. Et après sa venue, vos capacités croîtront sans mesure et vous serez capables de comprendre les paroles de votre Roi et de faire les œuvres que Lui vous a dit de faire pour étendre son Royaume sur la Terre."        

"Reconstruiras-tu alors, après la venue de l’Esprit-Saint, le Royaume d’Israël ?" Lui demandent-ils en l’interrompant.        

"Il n’y aura plus de Royaume d’Israël mais mon Royaume. Et il s’accomplira quand mon Père a dit. Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père s’est réservé en son pouvoir. Mais vous, en attendant, vous recevrez la vertu de l’Esprit-Saint qui viendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, en Judée, et en Samarie, et jusqu’aux confins de la Terre, en fondant des assemblées là où des hommes sont réunis en mon Nom; en baptisant les gens au Nom très Saint du Père, du Fils et de l’Esprit Saint, comme je vous l’ai dit, pour qu’ils aient la Grâce et vivent dans le Seigneur; prêchant l’Évangile à toutes les créatures, enseignant ce que je vous ai enseigné, faisant ce que je vous ai commandé de faire.    

Et je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.

Et je veux encore ceci : qu’à présider l’assemblée de Jérusalem ce soit Jacques, mon frère.

Pierre, comme chef de toute l’Église, devra souvent entreprendre des voyages apostoliques, parce que tous les néophytes désireront connaître le Pontife Chef Suprême de l’Église. Mais grand sera l’ascendant que sur les fidèles de cette première Église aura mon frère. Les hommes sont toujours des hommes et ils voient en hommes. Il leur semblera que Jacques me continue, seulement parce qu’il est mon frère. En vérité je vous dis qu’il est plus grand et semblable au Christ par sa sagesse plutôt que par sa parenté. Mais c’est ainsi. Les hommes, qui ne me cherchaient pas pendant que l’étais parmi eux, me chercheront maintenant en celui qui est mon parent. Toi, ensuite, Simon Pierre, tu es destiné à d’autres honneurs..."          

"Que je ne mérite pas, Seigneur. Je te l’ai dit quand tu m’es apparu et je te le dis encore en présence de tous. Tu es bon, divinement bon, en plus que sage, et c’est avec justice que tu as jugé que moi, qui t’ai renié dans cette ville, je n’étais pas fait pour en être le chef spirituel. Tu veux m’épargner tant de justes mépris…"            

"Nous avons été tous pareils, Simon, sauf deux. Moi aussi, j’ai fui. Ce n’est pas à cause de cela, mais à cause des raisons qu’il a dites, que le Seigneur m’a destiné à cette place; mais tu es mon chef, Simon de Jonas, et je te reconnais comme tel et en présence du Seigneur et de tous les compagnons je te promets obéissance. Je te donnerai ce que je puis pour t’aider dans ton ministère, mais, je t’en prie, donne-moi tes ordres, car tu es le Chef et moi ton subordonné. Quand le Seigneur m’a rappelé une lointaine conversation, j’ai incliné la tête pour dire : “Que soit fait ce que tu veux”. C’est ce que je te dirai du moment où, le Seigneur nous ayant quittés, tu seras son Représentant sur la Terre. Et nous nous aimerons en nous aidant dans le ministère sacerdotal" dit Jacques en s’inclinant de sa place pour rendre hommage à Pierre.    

"Oui, aimez-vous entre vous, en vous aidant mutuellement, parce que c’est le commandement nouveau et le signe que vous appartenez vraiment au Christ.            

Ne vous troublez pas pour aucune raison. Dieu est avec vous. Vous pouvez faire ce que je veux de vous. Je ne vous imposerais pas des choses que vous ne pourriez pas faire car je ne veux pas votre ruine, mais, au contraire, votre gloire.        

Voilà que je vais préparer votre place à côté de mon trône. Soyez unis à Moi et au Père dans l’amour. Pardonnez au monde qui vous hait. Appelez fils et frères ceux qui viennent à vous, ou sont déjà avec vous par amour pour Moi.    

Soyez dans la paix en me sachant toujours prêt à vous aider pour porter votre croix. Je serai avec vous dans les fatigues de votre ministère et à l’heure des persécutions, et vous ne périrez pas, vous ne succomberez pas même si cela semblera à ceux qui voient avec les yeux du monde. Vous serez accablés, affligés, lassés, torturés, mais ma joie sera en vous car je vous aiderai en tout. En vérité je vous dis que quand vous aurez pour Ami l’Amour vous comprendrez que tout ce que l’on subit et vit par amour pour Moi devient léger, même si c’est la lourde torture du monde. Car pour celui qui revêt d’amour tout ce qu’il fait volontairement ou tout ce qui lui est imposé, le joug de la vie et du monde se change en un joug qui lui est donné par Dieu, par Moi. Et je vous répète que la charge que je vous impose est toujours proportionnée à vos forces et que mon joug est léger Car je vous aide à le porter.    

Vous savez que le monde ne sait pas aimer. Mais vous, dorénavant, aimez le monde d’un amour surnaturel pour lui apprendre à aimer. Et s’ils vous disent en vous voyant persécutés : “Est-ce ainsi que Dieu vous aime ? En vous faisant souffrir, en vous donnant la douleur ? Alors ce n’est pas la peine d’appartenir à Dieu”, répondez : “La douleur ne vient pas de Dieu. Mais Dieu la permet, et nous en savons la raison et nous nous glorifions d’avoir la part qu’a eue le Sauveur Jésus, Fils de Dieu”. Répondez : “Nous nous glorifions d’être crucifiés et de continuer la Passion de notre Jésus”. Répondez par les paroles de la Sagesse : “La mort et la douleur sont entrées dans le monde par l’envie du démon, mais Dieu n’est pas l’auteur de la mort et de la douleur et il ne jouit pas de la douleur des vivants. Toutes les choses qui viennent de Lui sont vie et toutes sont salutaires”. Répondez : “À présent nous semblons persécutés et vaincus, mais au jour de Dieu, les sorts sont changés : nous justes, persécutés sur la Terre, nous serons glorieux devant ceux qui nous ont tourmentés et méprises".      

Pourtant dites-leur aussi : "Venez à nous ! Venez à la Vie et à la Paix.. Notre Seigneur ne veut pas votre ruine, mais votre salut. C’est pour cela qu’Il a donné son Fils bien-aimé afin que vous soyez tous sauvés".          

Et réjouissez-vous de participer à mes souffrances pour pouvoir être ensuite avec Moi dans la gloire.        

"Je serai votre récompense extrêmement grande" a promis le Seigneur en Abraham à tous ses serviteurs fidèles. Vous savez comment se conquiert le Royaume des Cieux : par la force, et on y arrive à travers de nombreuses tribulations. Mais celui qui persévère comme Moi j’ai persévéré sera où je suis. Je vous ai dit quel est le chemin et la porte qui conduisent au Royaume des Cieux, et Moi le premier j’ai marché par ce chemin et suis retourné au Père par cette porte. S’il y avait une autre voie, je vous l’aurais indiquée car j’ai pitié de votre faiblesse d’hommes. Mais il n’y en a pas d’autre... En vous l’indiquant comme unique chemin et unique porte, je vous dis aussi, je vous répète quel est le remède qui donne la force pour parcourir ce chemin et entrer par cette porte : c’est l’amour. Toujours l’amour. Tout devient possible quand nous avons en nous l’amour. Et tout l’amour vous sera donné par l’Amour qui vous aime, si vous demandez en mon Nom assez d’amour pour devenir des athlètes de sainteté.        

Maintenant, donnons-nous le baiser d’adieu, ô mes amis bien-aimés."  

Il se lève pour les embrasser. Tous l’imitent. Mais alors que Jésus a un sourire paisible, d’une beauté vraiment divine, eux pleurent, tous troublés et Jean, s’abandonnant sur la poitrine de Jésus, secoué par tous les sanglots qui lui rompent la poitrine tant ils sont déchirants, demande au nom de tous, voyant le désir de tous : "Donne-nous au moins ton Pain pour qu’il nous fortifie à cette heure !"    

"Qu’il en soit ainsi !" lui répond Jésus. Et prenant un pain, il le partage en morceaux après l’avoir offert et bénit, en répétant les paroles rituelles. Et il fait la même chose avec le vin, en répétant ensuite : "Faites ceci en mémoire de Moi", ajoutant : “qui vous ai laissé ce gage de mon amour pour être encore et toujours avec vous jusqu’à ce que vous soyez avec Moi dans le Ciel.” Il les bénit et dit : "Et maintenant allons."          

Ils sortent de la pièce, de la maison...            

Jonas, Marie et Marc sont là dehors, et ils s’agenouillent pour adorer Jésus.

"Que la paix reste avec vous, et que le Seigneur vous récompense pour tout ce que vous m’avez donné" dit Jésus pour les bénir en passant.  

Marc se lève pour dire : "Seigneur, les oliviers, le long du chemin de Béthanie, sont remplis de disciples qui t’attendent."

"Va leur dire qu’ils se dirigent vers le Camp des Galiléens."    

Marc s’éloigne avec toute la vitesse de ses jeunes jambes.    

"Ils sont tous venus, alors" disent les apôtres entre eux.        

Plus loin, assise entre Margziam et Marie de Cléophas, se trouve la Mère du Seigneur. Elle se lève en le voyant venir, pour l’adorer par toutes les palpitations de son cœur de Mère et de fidèle.      

"Viens, Mère, et toi aussi, Marie..." dit Jésus pour les inviter en les voyant arrêtées, clouées par sa majesté qui resplendit comme au matin de la Résurrection.      

Mais Jésus ne veut pas l’accabler par cette majesté et il demande affablement à Marie d’Alphée : "Es-tu seule ?"      

"Les autres... les autres sont en avant... Avec les bergers et... avec Lazare et toute sa famille... Mais ils nous ont laissées ici, nous, parce que... Oh ! Jésus ! Jésus ! Jésus !... Comment ferai-je à ne plus te voir, Jésus béni, mon Dieu, moi qui t’ai aimé avant même que tu ne sois né, moi qui ai tant pleuré à cause de Toi quand je ne savais pas où tu étais après le massacre… moi qui ai eu mon soleil dans ton sourire quand tu es revenu, et tout, tout mon bien ?...            

Que de bien ! Que de bien tu m’as donné !... Maintenant oui, que je suis devenue vraiment pauvre, veuve, seule !... Tant que tu étais là, il y avait tout !... Je croyais avoir connu toute la douleur ce soir-là... Mais la douleur elle-même, toute la douleur de ce jour, m’avait hébétée et... oui, elle était moins forte que maintenant... Et puis... tu devais ressusciter. Il me semblait ne pas le croire, mais je m’aperçois maintenant que je le croyais, car je ne sentais pas ce que je sens maintenant..." elle pleure et halète tant ses pleurs la suffoquent.  

"Bonne Marie, tu t’affliges vraiment comme un enfant qui croit que sa mère ne l’aime pas et l’a abandonné parce qu’elle est allée à la ville pour lui acheter des cadeaux qui le rendront heureux et qu’elle sera bientôt de retour vers lui pour le couvrir de caresses et de cadeaux. Et n’est-ce pas ce que je fais avec toi ? Est-ce que je ne vais pas pour te préparer la joie ? Est-ce que je ne pars pas pour revenir te dire : “Viens, parente et disciple aimée, mère de mes disciples aimés” ? Est-ce que je ne te laisse pas mon amour ? Est-ce que je ne te donne pas mon amour, Marie ? Tu sais si je t’aime ! Ne pleure pas ainsi, mais réjouis-toi car tu ne me verras plus méprisé et épuisé, plus poursuivi et riche seulement de l’amour d’un petit nombre. Et avec mon amour, je te laisse ma Mère. Jean sera son fils, mais toi sois pour elle une bonne sœur comme toujours. Tu vois ? Elle ne pleure pas, ma Mère. Elle sait que si la nostalgie de Moi sera la lime qui consumera son cœur, l’attente sera toujours brève par rapport à la grande joie d’une éternité d’union, et elle sait aussi que notre séparation ne sera pas absolue au point de lui faire dire : “Je n’ai plus de Fils”. C’était le cri de douleur du jour de la douleur. Maintenant, dans son cœur, chante l’espérance : “Je sais que mon Fils monte vers le Père, mais ne me laissera pas sans ses spirituels amours”. C’est ce que tu crois toi, et tous... Voici les uns et les autres. Voici mes bergers."    

Les visages de Lazare et de ses sœurs au milieu de tous les serviteurs de Béthanie,[5] le visage de Jeanne semblable à une rose sous un voile de pluie, et ceux d’Élise et de Nique, déjà marqués par l’âge — et maintenant les rides se creusent à cause de la peine, car c’est toujours de la peine pour la créature, même si l’âme jubile à cause du triomphe du Seigneur — et celui d’ Anastasica, et les visages lilials des premières vierges, et l’ascétique visage d’Isaac, et celui inspiré de Matthias, et le visage viril de Manaën, et ceux austères de Josephet Nicodème... Visages, visages, visages...

Jésus appelle près de Lui les bergers, Lazare, Joseph, Nicodème, Manaën, Maximin et les autres des soixante-douze disciples. Mais il garde surtout près de Lui les bergers pour leur dire : "Ici. Vous près du Seigneur qui était venu du Ciel, penchés sur son anéantissement, vous près du Seigneur qui retourne au Ciel, avec vos esprits qui jouissent de sa glorification. Vous avez mérité cette place car vous avez su croire malgré les circonstances défavorables et vous avez su souffrir pour votre foi. Je vous remercie tous de votre amour fidèle. Je vous remercie tous. Toi, Lazare, mon ami. Toi, Joseph, et toi, Nicodème, pleins de pitié pour le Christ quand cela pouvait être un grand danger. Toi, Manaën, qui as su mépriser les faveurs sordides d’un être immonde pour marcher dans mon chemin. Toi, Étienne, fleur couronnée de justice qui as quitté l’imparfait pour le parfait et qui seras couronné d’un diadème que tu ne connais pas encore mais que t’annonceront les anges. Toi, Jean, pour un bref laps de temps frère au sein très pur et venu à la Lumière plus qu’à la vue. Toi, Nicolaï, qui, prosélyte, as su me consoler de la douleur des fils de cette Nation. Et vous, disciples bonnes et courageuses, dans votre douceur, plus que Judith. Et toi, Margziam, mon enfant, et qui dorénavant prends le nom de Martial, en souvenir du petit romain tué sur le chemin et déposé à la grille de Lazare avec un cartel de défi : “Et maintenant dis au Galiléen qu’il te ressuscite, s’il est le Christ et s’il est ressuscité”, le dernier des innocents qui en Palestine ont perdu la vie pour me servir bien qu’inconsciemment, et prémices des innocents de toute Nation qui, venus au Christ, seront pour cela haïs et éteints prématurément, comme des boutons de fleurs arrachés à leur tige avant qu’ils n’éclosent. Et ce nom, ô Martial, t’indique ton futur destin : sois apôtre en des terres barbares et conquiers-les à ton Seigneur comme mon amour a conquis le jeune romain pour le Ciel.

Tous, tous bénis par Moi dans cet adieu, pour demander au Père la récompense de ceux qui ont consolé le douloureux chemin du Fils de l’Homme. Bénie l’Humanité dans sa partie choisie qui existe chez les juifs comme chez les gentils, et qui s’est montrée dans l’amour qu’elle a eu pour Moi. Bénie la Terre avec ses plantes et ses fleurs, ses fruits qui tant de fois m’ont fait plaisir et m’ont restauré. Bénie la Terre avec ses eaux et ses tiédeurs, à cause des oiseaux et des animaux qui bien des fois ont surpassé l’homme pour réconforter le Fils de l’Homme. Béni sois-tu, soleil et toi, mer, et vous, monts, collines, plaines. Soyez bénies vous, étoiles qui avez été pour Moi des compagnes dans la prière nocturne et dans la douleur.      

Et toi, lune, qui m’as éclairé pour me diriger dans mon pèlerinage d’évangélisateur. Soyez toutes bénies, vous, créatures, œuvres de mon Père, mes compagnes en cette heure mortelle, amies pour Celui qui avait quitté le Ciel pour enlever à l’Humanité affligée les tribulations de la Faute qui sépare de Dieu. Et bénis vous aussi, instruments innocents de ma torture : épines, métaux, bois, cordages tordus, parce que vous m’avez aidé à accomplir la Volonté de mon Père !"

Quelle voix de tonnerre a Jésus ! Elle se répand dans l’air chaud et tranquille comme le son d’un bronze qu’on a frappé, elle se propage en ondes sur la mer des visages qui le regardent de tous côtés. Je dis que ce sont des centaines de personnes qui entourent Jésus qui monte, avec les plus aimés, vers le sommet de l’Oliveraie. Mais Jésus, arrivé près du Camp des Galiléens où il n’y a plus de tentes à cette époque entre les deux fêtes, ordonne aux disciples : "Faites arrêter les gens où ils se trouvent, et puis suivez-moi."

Il monte encore jusqu’au sommet le plus haut de la montagne, celle qui est déjà plus proche de Béthanie, qu’elle domine d’en haut, que de Jérusalem. Serrés autour de Lui sa Mère, les apôtres, Lazare, les bergers et Margziam. Plus loin, en demi-cercle pour tenir en arrière la foule des fidèles, les autres disciples.        

Jésus est debout sur une large pierre qui dépasse un peu, toute blanche au milieu de l’herbe verte d’une clairière. Le soleil l’investit rendant son vêtement blanc comme la neige et faisant briller comme de l’or ses cheveux. Ses yeux brillent d’une lumière divine.        

Il ouvre les bras en un geste d’embrassement. Il paraît vouloir serrer sur son sein toutes les multitudes de la Terre que son esprit voit représentées dans cette foule.        

Son inoubliable, son inimitable voix donne le dernier ordre : "Allez ! Allez en mon Nom pour évangéliser les gens jusqu’aux extrémités de la Terre. Que Dieu soit avec vous, Que son Amour vous réconforte, que sa Lumière vous guide, que sa Paix demeure en vous jusqu’à la vie éternelle."        

Il se transfigure en beauté. Beau ! Beau comme sur le Thabor et davantage. Tous tombent à genoux pour l’adorer. Lui, pendant que déjà il se soulève de la pierre sur laquelle il est posé, cherche encore une fois le visage de sa Mère, et son sourire atteint une puissance que personne ne pourra jamais rendre... C’est son dernier adieu à sa Mère. Il monte, monte... Le soleil, encore plus libre de le baiser, maintenant que nul feuillage même léger ne vient intercepter ses rayons, frappe de son éclat le Dieu-Homme qui monte avec son Corps très Saint au Ciel, et dévoile ses Plaies glorieuses qui resplendissent comme de vivants rubis.

Le reste est un sourire de lumière nacrée. C’est vraiment la Lumière qui se manifeste pour ce qu’elle est, en ce dernier instant comme dans la nuit natale. La Création étincelle de la lumière du Christ qui s’élève. Lumière qui dépasse celle du soleil. Lumière surhumaine et bienheureuse. Lumière qui descend du Ciel à la rencontre de la Lumière qui monte...

Et Jésus Christ, le Verbe de Dieu, disparaît à la vue des hommes dans un océan de splendeurs...            

Sur terre, deux bruits seulement dans le silence profond de la foule extasiée : le cri de Marie quand il disparaît : "Jésus !" et la plainte d’Isaac.

Un religieux étonnement a rendu les autres muets, et ils restent là, jusqu’à ce que deux lumières angéliques d’une extraordinaire candeur apparaissent sous une forme humaine, pour dire les paroles rapportées dans le premier chapitre des Actes des Apôtres.    

*
SOURCE :  http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-023.htm
TOME : 10 /23



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Maud
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Visage de J?sus Re: ♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥

Message par Maud le Mar 9 Déc 2014 - 7:11

♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria_40


L’élection de Matthias


Vision du samedi 26 avril 1947

C’est une soirée paisible. La lumière tombe doucement en faisant du ciel, peu avant couleur de pourpre, un voile délicat d’améthyste. Ce sera bientôt l’obscurité, mais pour l’instant il y a encore de la lumière et elle est douce cette lumière du soir, languissante après une telle ardeur de soleil.      

La cour de la maison du Cénacle, vaste entre les murs blancs de la maison, est remplie de gens comme dans les soirées après la Résurrection. Et de ce rassemblement monte un bruit concordant de prières, interrompues de temps en temps par des pauses de méditation.

La lumière baisse de plus en plus dans la cour renfermée entre les hautes murailles de la maison, et certains apportent des lampes qu’ils mettent sur la table près de laquelle sont rassemblés les apôtres : Pierre est au milieu, à ses côtés Jacques d’Alphée et Jean, puis les autres.    

La lumière palpitante des petites flammes éclaire par en dessous les visages des apôtres en faisant ressortir vivement leurs traits et en montrant leurs expressions : concentrée celle de Pierre, comme tendue dans l’effort de faire dignement ces premières fonctions de son ministère; d’une douceur ascétique celle de Jacques d’Alphée; sereine et rêveuse celle de Jean; et à côté de lui, le visage de penseur de Barthélemy, suivi du visage plein de vivacité de Thomas; et puis celui d’André voilé par son humilité qui le fait rester les yeux presque clos, un peu penché : il semble dire "je ne suis pas digne" près de lui Matthieu, le coude appuyé sur la main de l’autre bras, la joue appuyée sur la main du bras soutenu; et après Jacques d’Alphée, le Thaddée au visage dominateur et avec un regard qui rappelle si bien pour la couleur des yeux et l’expression celui de Jésus : un vrai dominateur de foules. Maintenant aussi il tient l’assemblée tranquille en la tenant sous le feu de son regard plus que ne le font tous les autres réunis. Pourtant, de son involontaire majesté royale, on voit affleurer le sentiment d’un cœur plein de componction, spécialement quand vient son tour d’entonner une prière. Quand il dit le psaume : "Pas à nous, Seigneur, pas à nous, mais à ton Nom donne gloire à cause de ta miséricorde et de ta fidélité, pour que les nations ne puissent pas dire : “Où est leur Dieu ?”  il prie réellement l’âme agenouillée devant Celui qui l’a choisi et le sentiment le plus fort vibre dans sa voix. Lui aussi dit par toute sa prière : "Je ne suis pas digne de te servir, Toi si parfait." Philippe à côté de lui, le visage déjà marqué par les années, bien qu’encore dans l’âge viril, semble contempler un spectacle connu de lui seul et se tient, les mains pressant ses joues, un peu penché et un peu triste… pendant que le Zélote regarde en haut, lointain, et a un sourire intime qui embellit son visage qui n’est pas beau mais rendu attrayant par sa distinction austère. Jacques de Zébédée, impulsif et frémissant, dit ses prières comme s’il parlait encore au Maître aimé, et le douzième psaume sort impétueusement de son esprit enflammé.    

Ils terminent avec le long et très beau Psaume 118 qu’ils disent une strophe chacun, reprenant le tour par deux fois pour arriver à la fin. Ensuite ils se recueillent tous en silence jusqu’à ce que Pierre, qui s’est assis, se relève comme sous le coup d’une inspiration en priant à haute voix, les bras tendus, comme faisait le Seigneur : "Envoie-nous ton Esprit, ô Seigneur, pour que nous puissions voir dans sa Lumière."    

"Maran-atà " disent-ils tous.            

Pierre se recueille en une intense et muette prière, mais peut-être écoute-t-il plus qu’il ne prie, ou du moins attend-il des paroles de lumière... Ensuite il lève la tête de nouveau et de nouveau il desserre ses bras qu’il avait croisés sur sa poitrine, et comme il est petit par rapport à la plupart, il monte sur son siège pour dominer la petite foule qui se presse dans la cour et pour être vu par tous. Et tous, comprenant qu’il va parler, se taisent en le regardant avec attention.      

"Mes frères, il était nécessaire que s’accomplît l’Écriture prédite par l’Esprit-Saint par la bouche de David, en ce qui concerne Judas. Il servit de guide à ceux qui s’emparèrent de notre béni Seigneur et Maître : Jésus. Lui, Judas, était un des nôtres et fut chargé de ce ministère. Mais son élection se changea pour lui en ruine car Satan entra en lui par de nombreux chemins et, d’apôtre de Jésus, il en fit un traître de son Seigneur. Il crut triompher et jouir, et se venger ainsi du Saint qui avait déçu les espérances immondes de son cœur plein de toutes sortes de concupiscences. Mais alors qu’il croyait triompher et jouir, il comprit que l’homme qui se rend esclave de Satan, de la chair, du monde, ne triomphe pas, mais au contraire mord la poussière comme celui qui est vaincu. Et il se rendit compte que la saveur des nourritures données par l’homme et par Satan est très amère et diffère totalement du pain suave et simple que Dieu donne à ses enfants. Et alors il connut le désespoir et il haït tout le monde après avoir haï Dieu, et il maudit tout ce que le monde lui avait donné et il se donna la mort en se pendant à un olivier de l’oliveraie qu’il avait acquise avec ses iniquités. Et le jour où le Christ sortit glorieux de la mort, son corps décomposé et déjà rempli de vers se rompit et ses viscères se répandirent par terre au pied de l’olivier, en rendant immonde cet endroit.

Sur le Golgotha plut le Sang rédempteur et il purifia la Terre car c’était le Sang du Fils de Dieu incarné pour nous. Sur la colline qui est près de l’endroit de l’infâme Conseil, ce ne fut pas du sang, ni des larmes de véritable remords, mais l’ordure des viscères décomposées qui plut sur la poussière. Car nul autre sang ne pouvait se mélanger à celui très Saint en ces jours de purification dans lesquels l’Agneau nous lavait dans son Sang, et moins que jamais ne le pouvait la Terre, qui buvait le Sang du Fils de Dieu, boire aussi le sang du fils de Satan.      

La chose est bien connue. Et avec cela on sait encore que, dans sa fureur de damné, Judas reporta au Temple l’argent de l’infâme marché, en frappant de cet argent immonde le visage du Grand Prêtre. Et on sait qu’avec cet argent, pris au Trésor du Temple, mais qui ne pouvait pas y être reversé, car c’était le prix du sang, les Princes des Prêtres et les Anciens ayant discuté entre eux, ont acheté le champ du potier comme l’avaient dit les prophéties en spécifiant jusqu’à son prix. Et l’endroit passera à l’histoire des siècles avec le nom d’Haceldama          

Tout ce qui se rapporte à Judas est ainsi dit et que disparaisse d’entre nous même le souvenir de son visage, mais que l’on se rappelle les chemins par lesquels, d’appelé du Seigneur au Royaume céleste, il est descendu jusqu’à être prince dans le royaume des ténèbres éternelles, pour ne pas les fouler imprudemment nous aussi en devenant d’autres Judas pour la Parole que Dieu nous a confiée et qui est encore le Christ, Maître parmi nous.

Cependant il est écrit dans le livre des Psaumes : "Que leur habitation devienne déserte, et qu’il n’y ait personne pour l’habiter et que son office soit pris par un autre". Il faut donc que de ces hommes, qui ont été avec nous pendant tout le temps où le Seigneur a été avec nous, allant et venant, à commencer par le Baptême donné par Jean jusqu’au jour où il fut enlevé d’entre nous pour monter au Ciel, quelqu’un soit établi avec nous comme témoin de sa Résurrection. Et il faut le faire promptement pour qu’il soit présent avec nous au Baptême de feu dont le Seigneur nous a parlé, afin que lui aussi, qui n’a pas reçu l’Esprit Saint du Maître très Saint, le reçoive directement de Dieu et en soit sanctifié et illuminé et ait les vertus que nous aurons et puisse juger et remettre, et faire ce que nous ferons et que ses actes soient valides et saints.    

Je proposerais de le choisir parmi les plus fidèles d’entre les disciples fidèles, ceux qui déjà ont souffert pour Lui en lui restant fidèles même quand Lui était ignoré par le monde. Plusieurs d’entre eux viennent à nous de Jean le Précurseur du Messie, esprits modelés depuis des années pour le service de Dieu. Ils étaient très chers au Seigneur et le plus cher parmi eux était Isaac qui avait tant souffert à cause de Jésus enfant. Mais vous savez que son cœur s’est brisé dans la nuit qui suivit l’Ascension du Seigneur. Nous ne le regrettons pas. Il a rejoint son Seigneur. C’était l’unique désir de son cœur... C’est aussi le nôtre... Mais nous devons souffrir notre passion. Isaac l’avait déjà soufferte. Proposez donc quelques noms parmi ceux-ci, afin que nous puissions choisir le douzième apôtre selon les usages de notre peuple, en laissant dans les circonstances les plus graves au Seigneur Très-Haut le pouvoir de l’indiquer, Lui qui sait."          

Ils se consultent entre eux. Il ne se passe pas beaucoup de temps pour que les disciples les plus importants (parmi ceux qui ne sont pas bergers) d’un commun accord avec les dix apôtres communiquent à Pierre qu’ils proposent Joseph, fils de Joseph de Saba[5]pour honorer le père, martyrisé pour le Christ, avec son fils disciple fidèle, et Matthias, pour les mêmes raisons que le premier et en outre pour honorer aussi son premier maître Jean.

Pierre ayant accepté leur conseil ils font avancer les deux vers la table, et ils prient pendant ce temps les bras tendus on avant dans l’attitude ordinaire des hébreux : "Toi, Seigneur Très-Haut, Père, Fils, et Esprit-Saint, Dieu Unique et Trin, qui connais tous les cœurs, montre celui des deux que tu as choisi pour prendre dans ce ministère et cet apostolat la place de Judas qui a prévariqué, pour le remplacer."

"Maran-atà" disent-ils tous on chœur.            

N’ayant pas de dés, ni autre chose pour tirer le sort, et ne voulant pas se servir d’argent à cet emploi, ils prennent des petits cailloux répandus dans la cour, des pauvres petits cailloux, autant de blancs que de noirs, on décidant que les blancs sont pour Matthias et les autres pour Joseph. Ils les enferment dans un sac qu’ils vident de son contenu, le secouent et le présentent à Pierre. Il trace sur lui un geste de bénédiction, y plonge la main et priant avec les yeux levés au ciel, qui s’est fleuri d’étoiles, il tire un caillou : blanc comme la neige.

Le Seigneur a indiqué Matthias pour succéder à Judas.        

Pierre passe sur le devant de la table et l’embrasse "pour le rendre semblable à lui" dit-il.

Les dix autres aussi répètent le même geste au milieu des acclamations de la petite foule.

Pour finir Pierre revient à sa place, en tenant par la main l’élu qu’il garde à son côté. Ainsi Pierre est maintenant entre Matthias et Jacques d’Alphée, et il dit : "Viens à la place que Dieu t’a réservée et efface par ta justice le souvenir de Judas, en nous aidant nous, tes frères, à accomplir les œuvres que Jésus très Saint nous a dit d’accomplir. Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit toujours avec toi."    

Il se tourne vers tous pour les congédier...

Pendant que les disciples se séparent lentement par une sortie secondaire, les apôtres rentrent dans la maison pour conduire Matthias à Marie qui est recueillie en prière dans sa pièce, pour que le nouvel apôtre reçoive aussi de la Mère de Dieu la parole de salutation et d’élection.    

*
SOURCE :  http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-024.htm
TOME : 10 /24
https://lepeupledelapaix.forumactif.com/t18376-oeuvre-de-maria-valtorta-presentation-des-disciples-de-jesus



♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Matthi10
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Message par Maud le Mer 10 Déc 2014 - 7:35

♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria144


La descente de l’Esprit-Saint
(La Pentecôte).



Vision du dimanche 27 avril 1947

Il n’y a pas de voix ni de bruits dans la maison du Cénacle. Il n’y a pas de disciples présents, du moins je n’entends rien qui me permette de dire que dans les autres pièces de la maison sont rassemblées des personnes. Il y a seulement la présence et les voix des douze et de Marie très Sainte, rassemblés dans la salle de la Cène.  

La pièce semble plus vaste car le mobilier, disposé différemment, laisse libre tout le milieu de la pièce et aussi deux des murs. Contre le troisième on a poussé la table qui a servi pour la Cène, et entre eux et les murs, et aussi aux deux côtés les plus étroits de la table, on a mis les lits-sièges qui ont servi à la Cène et le tabouret qui a servi à Jésus pour le lavement des pieds. Pourtant ces lits ne sont pas disposés perpendiculairement à la table comme pour la Cène, mais parallèlement, de façon que les apôtres puissent rester assis sans les occuper tous, en laissant pourtant un siège, le seul mis verticalement par rapport à la table, tout entier pour la Vierge bénie qui est au milieu de la table, à la place qu’à la Cène occupait Jésus.          

Il n’y a pas de nappe ni de vaisselle sur la table, les crédences sont dégarnies et aussi les murs de leurs ornements. Seul le lampadaire brûle au centre, mais avec la seule flamme centrale allumée; l’autre cercle de petites lampes qui sert de corolle au bizarre lampadaire est éteint.      

Les fenêtres sont fermées et barrées par une lourde barre de fer qui les traverse. Mais un rayon de soleil s’infiltre hardiment par un petit trou et descend comme une aiguille longue et fine jusqu’au pavé où il dessine une tache lumineuse.            

La Vierge, assise seule sur son siège, a à ses côtés, sur des sièges : Pierre et Jean, Pierre à droite, Jean à gauche. Mathias, le nouvel apôtre, est entre Jacques d'Alphée et le Thaddée. La Vierge a devant elle un coffre large et bas de bois foncé et qui est fermé.

Marie est vêtue de bleu foncé. Elle a sur ses cheveux son voile blanc et par-dessus un pan de son manteau. Les autres ont tous la tête découverte.        

Marie lit lentement à haute voix, mais à cause du peu de lumière qui arrive jusque là, je crois plutôt qu’au lieu de lire elle répète de mémoire les paroles écrites sur le rouleau qu’elle tient déplié. Les autres la suivent en silence, en méditant. De temps à autre ils répondent si le cas se présente.        

Marie a le visage transfiguré par un sourire extatique. Qui sait ce qu’elle voit, de si capable d’allumer ses yeux comme deux claires étoiles, et de rougir ses joues d’ivoire comme si une flamme rose se réfléchissait sur elle ? C’est vraiment la Rose mystique...

Les apôtres se penchent en avant, en se tenant un peu de biais pour voir son visage pendant qu’elle sourit si doucement et qu’elle lit. Sa voix semble un cantique angélique. Pierre en est tellement ému que deux grosses larmes tombent de ses yeux et, par un sentier de rides gravées aux côtés de son nez, elles descendent se perdre dans le buisson de sa barbe grisonnante. Mais Jean reflète son sourire virginal et s’enflamme d’amour comme elle, pendant qu’il suit du regard ce que lit la Vierge sur le rouleau, et quand il lui présente un nouveau rouleau il la regarde et lui sourit.      

La lecture est finie. La voix de Marie s’arrête et on n’entend plus le bruissement des parchemins déroulés et enroulés. Marie se recueille en une oraison secrète, en joignant les mains sur sa poitrine et en appuyant sa tête contre le coffre. Les apôtres l’imitent...  

Un grondement très puissant et harmonieux, qui rappelle le vent et la harpe, et aussi le chant d’un homme et le son d’un orgue parfait, résonne à l’improviste dans le silence du matin. Il se rapproche, toujours plus harmonieux et plus puissant, et emplit la Terre de ses vibrations, il les propage et il les imprime à la maison, aux murs, au mobilier. La flamme du lampadaire, jusqu’alors immobile dans la paix de la pièce close, palpite comme investie par un vent, et les chaînettes de la lampe tintent en vibrant sous l’onde de son surnaturel qui les investit.        

Les apôtres lèvent la tête effrayés. Ce bruit puissant et très beau, qui possède toutes les notes les plus belles que Dieu ait données au Ciel et à la Terre, se fait de plus en plus proche, alors certains se lèvent, prêts à s’enfuir, d’autres se pelotonnent sur le sol en se couvrant la tête avec leurs mains et leurs manteaux, ou en se frappant la poitrine pour demander pardon au Seigneur. D’autres encore se serrent contre Marie, trop effrayés pour conserver envers la Toute Pure cette retenue qu’ils ont toujours eue. Seul Jean ne s’effraie pas car il voit la paix lumineuse de joie qui s’accentue sur le visage de Marie qui lève la tête en souriant à une chose connue d’elle seule, et qui ensuite glisse à genoux en ouvrant les bras, et les deux ailes bleues de son manteau ainsi ouvert s’étendent sur Pierre et Jean qui l’ont imitée en s’agenouillant. Mais tout ce que j’ai gardé en détail pour le décrire s’est passé en moins d’une minute.          

Et puis voilà la Lumière, le Feu, l’Esprit-Saint, qui entre avec un dernier bruit mélodieux sous la forme d’un globe très brillant et ardent dans la pièce close, sans remuer les portes et les fenêtres, et qui plane un instant au-dessus de la tête de Marie à environ trois palmes de sa tête qui est maintenant découverte, car Marie, voyant le Feu Paraclet, a levé les bras comme pour l’invoquer et a rejeté la tète en arrière avec un cri de joie, avec un sourire d’amour sans bornes. Et après cet instant où tout le Feu de l’Esprit-Saint, tout l’Amour est rassemblé au-dessus de son Épouse, le Globe très Saint se partage en treize flammes mélodieuses et très brillantes, d’une lumière qu’aucune comparaison terrestre ne peut décrire et descend pour baiser le front de chaque apôtre.          

Mais la flamme qui descend sur Marie n’est pas une flamme dressée sur son front qu’elle baise, mais une couronne qui entoure et ceint, comme un diadème, sa tête virginale, en couronnant comme Reine la Fille, la Mère, l’Épouse de Dieu, la Vierge incorruptible, la toute Belle, l’éternelle Aimée et l’éternelle Enfant, que rien ne peut avilir, et en rien, Celle que la douleur avait vieillie, mais qui est ressuscitée dans la joie de la résurrection, partageant avec son Fils un accroissement de beauté et de fraîcheur de la chair, du regard, de la vitalité, ayant déjà une anticipation de la beauté de son Corps glorieux monté au Ciel pour être la fleur du Paradis.        

L’Esprit-Saint fait briller ses flammes autour de la tête de l’Aimée. Quelles paroles peut-Il lui dire ? Mystère ! Son visage béni est transfiguré par une joie surnaturelle, et rit du sourire des Séraphins pendant que des larmes bienheureuses semblent des diamants qui descendent le long des joues de la Bénie, frappées comme elles le sont par la Lumière de l’Esprit-Saint.          

Le Feu reste ainsi quelque temps... Et puis il se dissipe... De sa descente il reste comme souvenir un parfum qu’aucune fleur terrestre ne peut dégager... Le Parfum du Paradis...

Les apôtres reviennent à eux...          

Marie reste extasiée. Elle croise seulement les bras sur sa poitrine, ferme les yeux, baisse la tête... Elle continue son colloque avec Dieu... insensible à tout...      

Personne n’ose la troubler.    

Jean dit en la désignant : "C’est l’autel. Et c’est sur sa gloire que s’est posée la Gloire du Seigneur..."  

"Oui. Ne troublons pas sa joie. Mais allons prêcher le Seigneur et que soient connues ses œuvres et ses paroles parmi les peuples" dit Pierre avec une surnaturelle impulsivité.

"Allons ! Allons ! L’Esprit de Dieu brûle en moi" dit Jacques d’Alphée.  

"Et il nous pousse à agir. Tous. Allons évangéliser les gens."            

Ils sortent comme s’ils étaient poussés ou attirés par un vent ou par une force irrésistible.

*

Jésus dit :    

"Et ici prend fin l’Œuvre que mon amour pour vous a dictée, et que vous avez reçue à cause de l’amour qu’une créature a eu pour Moi et pour vous.          

Elle se termine aujourd’hui : Commémoration de Sainte Zita de Lucques, humble servante qui servit son Seigneur dans la charité dans cette Église de Lucques dans laquelle j’ai amené, de lieux lointains, mon petit Jean pour qu’il me serve dans la charité et avec le même amour de Sainte Zita pour tous les malheureux.        

Zita donnait son pain aux pauvres. en se souvenant que je suis en chacun d’eux et bienheureux seront à mes côtés ceux qui auront donné du pain et à boire à ceux qui ont soif et faim.

Marie-Jean a donné mes paroles à ceux qui languissent dans l’ignorance ou dans la tiédeur ou le doute en matière de Foi, en se rappelant ce qui est dit par la Sagesse que ceux qui se donnent du mal pour faire connaître Dieu brilleront comme des étoiles dans l’éternité, en glorifiant leur Amour en le faisant connaître et aimer, et à beaucoup de gens.            

Et elle se termine aussi aujourd’hui, jour auquel l’Église élève sur les autels le pur lys des champs, Marie Thérèse Goretti,  dont la tige fut brisée alors que la corolle était encore en bouton. Et brisée par qui, sinon par Satan, envieux de cette candeur qui resplendissait plus que son ancien aspect angélique ? Brisée parce que sacrée pour son divin Amant. Marie, vierge et martyre de ce siècle d’infamies où on méprise même l’honneur de la Femme, en crachant la bave des reptiles pour nier le pouvoir de Dieu de donner une demeure inviolée à son Verbe qui s’est incarné par l’œuvre de l’Esprit-Saint pour sauver ceux qui croient en Lui.

Marie-Jean aussi est victime de la Haine qui ne veut pas que l’on célèbre mes merveilles avec l’Œuvre, arme puissante pour lui arracher tant de proies. Mais Marie-Jean sait aussi, comme le savait Marie Thérèse, que le martyre, quelque nom et quelque aspect qu’il ait, est une clef pour ouvrir sans retard le Royaume des Cieux à ceux qui le souffrent pour continuer ma Passion.          

L’Œuvre est finie.    

Et avec sa fin, avec la descente de l’Esprit-Saint, se conclut le cycle messianique que ma Sagesse a éclairé depuis son aube : la Conception Immaculée de Marie, jusqu’à son couchant : la descente de l’Esprit-Saint. Tout le cycle messianique est œuvre de l’Esprit d’Amour pour qui sait, bien voir. Il est donc juste de le commencer avec le mystère de l’Immaculée Conception de l’Épouse de l’Amour et de le conclure avec le sceau du Feu Paraclet sur l’Église du Christ.          

Les œuvres manifestes de Dieu, de l’Amour de Dieu, prennent fin avec la Pentecôte. Depuis lors continue l’intime, le mystérieux travail de Dieu dans ses fidèles, unis au Nom de Jésus dans l’Église Une, Sainte, Catholique, Apostolique, Romaine, et l’Église, c’est-à-dire ce rassemblement des fidèles : pasteurs, brebis et agneaux, peut avancer sans errer, grâce à l’opération spirituelle, continuelle de l’Amour, Théologien des théologiens, Celui qui forme les vrais théologiens, que sont ceux qui sont perdus en Dieu et ont Dieu en eux : la vie de Dieu en eux grâce à la direction de l’Esprit de Dieu qui les conduit, que sont ceux qui sont vraiment "fils de Dieu" selon la pensée de Paul.        

Et au terme de l’Œuvre je dois mettre encore une fois la plainte que j’ai mise à la fin de chaque année évangélique, et dans la douleur de voir mépriser mon don, je vous dis : "Vous n’aurez pas autre chose puisque vous n’avez pas su accueillir ce que je vous ai donné". Et je vous dis aussi ce que je vous ai fait dire pour vous rappeler sur le droit chemin l’été passé (21-5-46) : "Vous ne me verrez pas jusqu’à ce que vienne le jour dans lequel vous direz : "Béni Celui qui vient au nom du Seigneur".

L’Œuvre est finie aujourd’hui 27 avril 1947    


♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Descen10


SOURCE : http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-025.htm
TOME : 10/25
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Message par Maud le Jeu 11 Déc 2014 - 7:05

♥ Découverte quotidienne de l'Oeuvre de Maria Valtorta ♥ - Page 33 Maria146


Pierre, en qualité de Pontife, célèbre l’Eucharistie.


Vision du samedi 3 juin 1944

Conclusion de l’Œuvre, c’est-à-dire de la Pentecôte à l’Assomption de Marie Très Sainte. 1er épisode (3-6-44).

****

C’est une des toutes premières réunions de chrétiens, dans les jours qui ont suivi immédiatement la Pentecôte.            

Les douze apôtres sont de nouveau douze car Mathias, déjà élu à la place du traître, est parmi eux. Et le fait que tous les douze sont là, montre qu’ils ne s’étaient pas encore séparés pour aller évangéliser selon l’ordre du Maître. La Pentecôte doit donc être arrivée depuis peu et le Sanhédrin ne doit pas encore avoir commencé ses persécutions contre les serviteurs de Jésus Christ. En effet, autrement, ils ne célébreraient pas avec tant de calme et sans prendre aucunes précautions, dans une maison qui n’est que trop connue à ceux du Temple, c’est-à-dire dans la maison du Cénacle, et précisément dans la pièce où fut consommée la dernière Cène, où fut instituée l’Eucharistie, et commencée la trahison vraie et totale, et la Rédemption.

La vaste pièce a pourtant subi une modification, nécessaire pour sa nouvelle destination d’église, et imposée par le nombre des fidèles.        

La table n’est plus près du mur de l’escalier, mais près, ou plutôt contre, celui qui est en face, de façon que ceux qui ne peuvent entrer dans le Cénacle déjà comble — dans le Cénacle, première église du monde chrétien — puissent voir ce qui y arrive, en se mettant, en s’entassant dans le corridor d’entrée, près de la petite porte, complètement ouverte, qui donne accès à la pièce.        

Dans la pièce il y a des hommes et des femmes de tout âge. Dans un groupe de femmes, près de la table, mais dans un coin, se trouve Marie, la Mère, entourée de Marthe et Marie de Lazare, de Nique, Élise, Marie d'Alphée, Salomé, Jeanne de Chouza, en somme de beaucoup de femmes disciples, hébraïques et aussi non hébraïques, que Jésus avait guéries, consolées, évangélisées et devenues brebis de son troupeau. Parmi les hommes il y a Nicodème, Lazare, Joseph d'Arimathie, des disciples très nombreux parmi lesquels se trouvent Étienne, Hermas, les bergers, Élisée, fils du chef de la synagogue d’Engaddi, et d’autres très nombreux. Et il y a aussi Longin qui n’a pas sa tenue militaire mais un long et simple vêtements bis comme un habitant quelconque. Puis d’autres qui certainement sont entrés dans le troupeau du Christ depuis la Pentecôte et les premières évangélisations des Douze.          

Pierre parle aussi maintenant, pour évangéliser et instruire ceux qui sont présents. Il parle encore une fois de la dernière Cène. Encore, car on comprend d’après ses paroles qu’il en a déjà parlé d’autres fois. Il dit: "Je vous parle encore une fois" et il appuie fortement sur ces mots "de cette Cène dans laquelle, avant d’être immolé par les hommes, Jésus Nazaréen, comme on l’appelait, Jésus Christ, Fils de Dieu et notre Sauveur, comme il faut le dire et le croire de tout notre cœur et de tout notre esprit, car en cette croyance réside notre salut, s’immola de sa propre volonté et par excès d’amour, en se donnant en Nourriture et en Boisson aux hommes et en nous disant, à nous ses serviteurs et ses continuateurs: "Faites ceci en mémoire de Moi". Et c’est ce que nous faisons. Mais, ô hommes, de même que nous, ses témoins, nous croyons qu’il y a dans le Pain et dans le Vin, offerts et bénits comme il l’a fait, en souvenir de Lui et pour obéir à son divin commandement, son Corps très Saint et son Sang très Saint, ce Corps et ce Sang qui appartiennent à un Dieu, Fils du Dieu Très-Haut, et qui ont été répandus et crucifiés pour l’amour et la vie des hommes, de la même façon, vous aussi, vous tous, entrés à faire partie de la véritable, nouvelle, immortelle Église prédite par les prophètes et fondée par le Christ, vous devez le croire. Croyez et bénissez le Seigneur qui à nous — qui l’avons crucifié sinon matériellement certainement moralement et spirituellement à cause de notre faiblesse en le servant, de notre manque d’ouverture pour le comprendre, de notre lâcheté en l’abandonnant par la fuite à son heure suprême, dans notre, non, dans ma trahison personnelle d’homme peureux et lâche au point de le renier, de ne pas le reconnaître et de nier que je suis son disciple, moi le premier même de ses serviteurs (et deux grosses larmes descendent le long du visage de Pierre) peu avant l’heure de prime, là, dans la cour du Temple — croyez et bénissez, disais-je, le Seigneur qui nous laisse ce signe éternel de son pardon.        

Croyez et bénissez le Seigneur, qui à ceux qui ne l’ont pas connu quand il était le Nazaréen, permet qu’ils le connaissent maintenant qu’il est le Verbe Incarné revenu au Père. Venez et prenez. Lui l’a dit : "Celui qui mange ma Chair et qui boit mon Sang aura la Vie éternelle".  Nous alors nous n’avons pas compris (et Pierre pleure de nouveau). Nous n’avons pas compris car nous étions lents pour comprendre. Mais maintenant l’Esprit-Saint a enflammé notre intelligence, fortifié notre foi, infusé la charité, et nous comprenons. Et au nom du Dieu Très-Haut, du Dieu d’Abraham, de Jacob, de Moïse, au nom très haut du Dieu qui a parlé à Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, Daniel, et aux autres Prophètes, nous vous jurons que c’est la vérité et nous vous conjurons de croire pour que vous puissiez avoir la Vie éternelle."

Pierre est plein de majesté quand il parle. Il n’a plus rien du pêcheur un peu rustre d’il y a seulement quelque temps. Il est monté sur un tabouret pour parler et être mieux vu et entendu, car, avec sa petite taille, s’il était resté debout sur le sol de la pièce, il n’aurait pas pu être vu des plus éloignés et lui, au contraire, veut dominer la foule. Il parle avec mesure, une voix appropriée, et les gestes d’un véritable orateur. Ses yeux, toujours expressifs, sont maintenant plus éloquents que jamais. Amour, foi, autorité, contrition, tout transparaît par ce regard, annonce et renforce ses paroles.      

Il a maintenant fini de parler. Il descend du tabouret et il passe derrière la table entre celle-ci et le mur, et il attend.    

Jacques et Jude, c’est-à-dire les deux fils d’Alphée et cousins du Christ, étendent maintenant sur la table une nappe très blanche. Pour y arriver, ils soulèvent le coffre large et bas qui se trouve au milieu de la table, et étendent aussi sur son couvercle un linge très fin.      

L’apôtre Jean va maintenant trouver Marie et lui demande quelque chose. Marie enlève de son cou une sorte de petite clef et la donne à Jean. Jean la prend, revient au coffre, l’ouvre, en rabattant la partie antérieure qui vient se coucher sur la nappe et que l’on recouvre d’un troisième linge.          

À l’intérieur du coffre il y a une séparation horizontale qui le divise en deux compartiments. Dans le compartiment inférieur il y a un calice et un plat de métal. Dans le compartiment le plus élevé, au milieu, le calice qui a servi à Jésus à la Dernière Cène et pour la première Eucharistie, les restes du pain partagé par Lui, déposés sur un petit plat précieux comme le calice. À côté du calice et du petit plat qui est posé dessus, il y a d’un côté la couronne d’épines, les clous et l’éponge. De l’autre côté un des Linceuls enroulé, le voile avec lequel Nique avait essuyé le visage de Jésus, et celui que Marie avait donné à son Fils pour qu’il s’enveloppe les reins. Au fond il y a d’autres choses, mais comme elles restent plutôt cachées et que personne n’en parle ni ne les montre, on ne sait pas ce que c’est. Les autres, par contre, qui sont visibles, Jean et Jude d’Alphée les montrent à ceux qui sont présents et la foule s’agenouille devant elles. Cependant on ne les touche pas et on ne montre pas le calice et le petit plat qui contient le pain, et on ne déplie pas le Linceul, mais on montre le rouleau en disant ce que c’est. Peut-être Jean et Jude ne le déplient pas pour ne pas réveiller en Marie le souvenir douloureux des sévices atroces subits par son Fils.            

Une fois terminée cette partie de la cérémonie les apôtres, en chœur, entonnent des prières, je dirais des psaumes, car elles sont chantées comme les hébreux le faisaient dans leurs synagogues ou dans leurs pèlerinages à Jérusalem, pour les solennités prescrites par la Loi. La foule s’unit au chœur des apôtres qui de cette façon devient de plus en plus imposant.    

Enfin on apporte des pains et on les place sur le petit plat de métal qui était dans le compartiment inférieur du coffre, et aussi des petites amphores de métal elles aussi.            

Pierre reçoit de Jean, qui est agenouillé de l’autre côté de la table — pendant que Pierre est toujours entre la table et le mur, donc tourné vers la foule — le plateau avec des pains, l’élève et l’offre. Puis il le bénit et le pose sur le coffre.        

Jude d’Alphée, qui se tient aussi à genoux à côté de Jean, présente à son tour à Pierre le calice du compartiment inférieur et les deux amphores qui étaient d’abord près du petit plat des pains, et Pierre verse leur contenu dans le calice qu’il élève ensuite et offre comme il a fait pour le pain. Il bénit aussi le calice et le pose sur le coffre à côté des pains.        

Ils prient encore. Pierre fragmente les pains en nombreuses bouchées pendant que la foule se prosterne encore davantage, et il dit : "Ceci est mon Corps. Faites ceci en mémoire de Moi."

Il sort de derrière la table, en portant avec lui le plateau chargé des bouchées de pain, va d’abord vers Marie et lui donne une bouchée. Il passe ensuite sur le devant de la table et il distribue le Pain consacré à tous ceux qui s’approchent pour le recevoir. Il reste quelques bouchées toujours sur leur plateau que l’on dépose sur le coffre.      

Maintenant il prend le calice et l’offre à ceux qui sont présents, en commençant toujours par Marie. Jean et Jude le suivent avec les petites amphores, et ajoutent des liquides quand le calice est vide, pendant que Pierre répète l’élévation, l’offrande et la bénédiction pour consacrer le liquide. Une fois que l’on a contenté tous ceux qui demandaient de se nourrir de l’Eucharistie, les apôtres consomment le pain et le vin qui restent. Ensuite on chante un autre psaume ou un hymne et, après cela, Pierre bénit la foule qui, après sa bénédiction, s’en va peu à peu.    

Marie, la Mère, qui est restée toujours à genoux pendant toute la cérémonie de la consécration et de la distribution des espèces du Pain et du Vin, se lève et va près du coffre. Elle se penche par dessus la table et touche du front le compartiment du coffre où sont déposés le calice et le petit plat qui a servi à Jésus à la Dernière Cène, et dépose un baiser sur leur bord. Le baiser est aussi pour toutes les reliques qui y sont rassemblées. Puis Jean ferme le coffre et rend la clef à Marie qui la remet à son cou.

*

SOURCE :  http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2010/10-026.htm
TOME : 10/ 26
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