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Tous les Mercredis : Audience Générale de notre Pape François!!

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Message par Isabelle-Marie le Jeu 29 Aoû 2019 - 8:34

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Catéchèse : Obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes, clé de la vie chrétienne (Traduction intégrale)

Et reconnaître Jésus dans les malades

« Obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » : cette réponse de Pierre et des apôtres à ceux qui voulaient les faire taire est la « clé de la vie chrétienne », « la grande réponse chrétienne », enseigne le pape François. Cela signifie, précise-t-il, « écouter Dieu sans réserve, sans report, sans calcul ; adhérer à lui pour devenir capable de faire alliance avec lui et avec ceux que nous croisons sur notre chemin ». Cela suppose aussi « la force » de l’Esprit Saint pour « ne pas nous laisser effrayer par ceux qui nous ordonnent de nous taire, qui nous calomnient ou qui attentent carrément à notre vie ».

Le pape François a poursuivi sa catéchèse sur les Actes des apôtres lors de l’audience générale de ce mercredi 28 août 2019, sur la Place Saint-Pierre du Vatican, en présence de milliers de touristes et de pèlerins, venus d’Italie et du monde entier. Il a commenté le chapitre 5 qui décrit la ferveur de la première communauté chrétienne de Jérusalem et les guérisons accomplies par les apôtres.

« À leurs yeux, comme aux yeux des chrétiens de tous les temps », a souligné le pape, « les malades sont les destinataires privilégiés de la joyeuse annonce du Royaume », ils sont « des privilégiés pour l’Église, pour le coeur sacerdotal, pour tous les fidèles ». Pourquoi ce privilège ? Parce que, a encore expliqué le pape, « dans les plaies des malades, dans les maladies qui empêchent d’aller de l’avant dans la vie, il y a toujours la présence de Jésus, la plaie de Jésus ». Et d’ajouter : « Il y a Jésus qui appelle chacun de nous à prendre soin d’eux, à les soutenir, à les guérir ».


Catéchèse du pape François (Traduction intégrale)

Chers frères et sœurs, bonjour !

La communauté ecclésiale décrite dans le livre des Actes des apôtres vit de toute la richesse que le Seigneur met à sa disposition – le Seigneur est généreux ! –, elle grandit en nombre et connaît une grande ferveur, malgré les attaques extérieures. Pour nous montrer cette vitalité, Luc, dans le livre des Actes des apôtres, indique aussi des lieux significatifs, par exemple le portique de Salomon (cf. Ac 5, 12), point de rencontre pour les croyants. Le portique (stoà) est une gallerie ouverte qui sert d’abri mais aussi de lieu de rencontre et de témoignage. En effet, Luc insiste sur les signes et les prodiges qui accompagnent la parole des apôtres ainsi que sur le soin particulier qu’ils accordaient aux malades.

Au chapitre 5 des Actes, l’Église naissante apparaît comme une « hôpital de campagne » qui accueille les personnes les plus faibles, c’est-à-dire les malades. Leur souffrance attire les apôtres, qui ne possèdent « ni argent ni or » (Ac 3, 6) – c’est ce que dit Pierre au boiteux – mais leur force est dans le nom de Jésus. À leurs yeux, comme aux yeux des chrétiens de tous les temps, les malades sont les destinataires privilégiés de la joyeuse annonce du Royaume, ce sont des frères en qui le Christ est particulièrement présent pour se laisser chercher et trouver par chacun de nous (cf. Mt 25, 36-40). Les malades sont des privilégiés pour l’Église, pour le coeur sacerdotal, pour tous les fidèles. Il ne faut pas les écarter, au contraire, il faut les soigner, prendre soin d’eux : ils font l’objet de la préoccupation chrétienne.

Parmi les apôtres émerge Pierre, qui a la prééminence dans le groupe apostolique en raison de la primauté (cf. Mt 16, 18) et de la mission reçues du Ressuscité (cf. Jn 21, 15-17). C’est lui qui initie la prédication du kérygme le jour de la Pentecôte (cf. Ac 2, 14-41) et qui portera la responsabilité de diriger le concile de Jérusalem (cf. Ac 15 et Ga 2, 1-10).

Pierre s’approche des brancards et passe parmi les malades, comme l’avait fait Jésus, prenant sur lui les infirmités et les maladies (cf. Mt 8, 17 ; Is 53, 4). Et Pierre, le pêcheur de Galilée, passe, mais il laisse un Autre se manifester : il laisse le Christ vivant et agissant ! En effet, le témoin est celui qui manifeste le Christ, par ses paroles et par sa présence physique, qui lui permet d’entrer en relation et d’être le prolongement du Verbe fait chair dans l’histoire. Pierre est celui qui accomplit les oeuvres de son Maître (cf. Jn 14, 12) ; si on le regarde avec foi, on voit le Christ lui-même.

Rempli de l’Esprit de son Seigneur, Pierre passe et, sans qu’il ne fasse rien, son ombre devient une « caresse » qui guérit, qui communique la santé, c’est l’effusion de la tendresse du Ressuscité qui se penche sur les malades et rend la vie, le salut et la dignité. Ainsi Dieu manifeste sa proximité et fait des plaies de ses enfants « le lieu théologique de sa tendresse » (Méditation du matin, Sainte-Marthe, 14.12.2017). Dans les plaies des malades, dans les maladies qui empêchent d’aller de l’avant dans la vie, il y a toujours la présence de Jésus, la plaie de Jésus. Il y a Jésus qui appelle chacun de nous à prendre soin d’eux, à les soutenir, à les guérir. L’action guérissante de Pierre suscite la haine et l’envie des Saducéens qui emprisonnent les apôtres et, bouleversés par leur mystérieuse libération, leur interdisent d’enseigner. Ces gens voient les miracles que font les apôtres, non par magie mais au nom de Jésus ; mais ils ne veulent pas le reconnaître et ils les jettent en prison et les font fouetter. Ensuite ils sont miraculeusement libérés, mais le coeur des Saducéens était si dur qu’ils ne voulaient pas croire à ce qu’ils voyaient. Alors Pierre répond en donnant une clé de la vie chrétienne : « Obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5, 29) parce que les Saducéens disent : « Vous ne devez pas continuer, vous ne devez pas guérir les gens » – « J’obéis à Dieu avant d’obéir aux hommes » : c’est la grande réponse chrétienne. Cela signifie écouter Dieu sans réserve, sans report, sans calcul ; adhérer à lui pour devenir capable de faire alliance avec lui et avec ceux que nous croisons sur notre chemin.

Demandons nous aussi à l’Esprit Saint la force de ne pas nous laisser effrayer par ceux qui nous ordonnent de nous taire, qui nous calomnient ou qui attentent carrément à notre vie. Demandons-lui de nous fortifier intérieurement pour que nous soyons certains de la présence pleine d’amour et consolatrice du Seigneur à nos côtés.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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Message par Isabelle-Marie le Sam 21 Sep 2019 - 14:46

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Audience : comment exercer l’art du discernement (traduction complète)

Reconnaître l’arbre à ses fruits

« Comment exercer l’art du discernement face à des situations qui dépassent les schémas habituels » : le pape François aime rappeler que le discernement est un art et qu’il s’apprend. Dans son commentaire du chapitre 5 des Actes des apôtres (vv. 34-35 et 38-39), il donne en exemple le docteur de la Loi Gamaliel, qui intervient dans le Sanhédrin pour sauver les apôtres de la condamnation à mort.

Lors de l’audience générale de ce mercredi 18 septembre 2019, sur la Place Saint-Pierre, le pape François a repris sa catéchèse sur les Actes des apôtres, après celle de mercredi dernier qui avait été consacrée au bilan du voyage apostolique en Afrique.

Gamaliel, a expliqué le pape, « montre que tout projet humain peut d’abord trouver des appuis et faire naufrage ensuite, tandis que tout ce qui vient d’en-haut et qui porte la “signature” de Dieu est destiné à durer ». Ses « paroles posées et prévoyantes » « permettent de voir l’événement chrétien dans une lumière nouvelle » et elles « offrent des critères qui “ont un goût d’Évangile”, parce qu’ils invitent à reconnaître l’arbre à ses fruits ».

« Demandons à l’Esprit Saint, a conclu le pape, d’agir en nous pour que, personnellement et communautairement, nous puissions acquérir l’ ‘habitus’ du discernement. Demandons-lui la grâce de savoir toujours voir l’unité de l’histoire du salut à travers les signes du passage de Dieu dans notre temps et sur les visages de ceux qui sont à côté de nous. »

Catéchèse en italien du pape François (Traduction intégrale)

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous poursuivons la catéchèse sur les Actes des apôtres. Devant l’interdiction des juifs d’enseigner au nom du Christ, Pierre et les apôtres répondent courageusement qu’ils ne peuvent pas obéir à ceux qui veulent mettre fin au voyage de l’Évangile dans le monde.

Les Douze montrent ainsi qu’ils possèdent cette « obéissance de la foi » qu’ils voudront par la suite susciter en tous les hommes (cf. Rm 1,5). À partir de la Pentecôte, en effet, ce ne sont plus des hommes « seuls ». Ils font l’expérience de cette synergie particulière qui les fait se décentrer d’eux-mêmes et leur fait dire : « nous… avec l’Esprit-Saint » (Ac 5,32) ou « l’Esprit Saint et nous-mêmes » (Ac 15,28). Ils sentent qu’ils ne peuvent pas dire « je » tout seul, ce sont des hommes décentrés d’eux-mêmes. Forts de cette alliance, les apôtres ne se laissent intimider par personne. Ils avaient un courage impressionnant ! Nous pensons qu’ils étaient lâches : ils se sont tous enfuis, ils se sont enfuis quand Jésus a été arrêté. Mais, de lâches ils sont devenus tellement courageux. Pourquoi ? Parce que l’Esprit Saint était avec eux. C’est ce qui nous arrive aussi : si nous avons en nous l’Esprit saint, nous aurons le courage d’aller de l’avant, le courage de gagner de nombreux combats, non pas par nous-mêmes mais par l’Esprit Saint qui est avec nous. Ils ne font pas marche arrière, en témoins intrépides de Jésus ressuscité, comme les martyrs de tous les temps, y compris les nôtres. Les martyrs donnent leur vie, ils ne cachent pas le fait qu’ils sont chrétiens. Pensons, il y a quelques années – aujourd’hui aussi, il y en a tellement – mais pensons à il y a quatre ans, ces coptes orthodoxes chrétiens, de vrais travailleurs, sur la plage de la Libye : ils ont tous été égorgés. Mais le dernier mot qu’ils prononçaient était « Jésus, Jésus ». Ils n’avaient pas vendu leur foi, parce que l’Esprit Saint était avec eux. Ce sont les martyrs d’aujourd’hui !

Les apôtres sont les « mégaphones » de l’Esprit Saint, envoyés par le Ressuscité pour annoncer promptement et sans hésitation la Parole qui donne le salut.

Et vraiment, cette détermination fait trembler le « système religieux » juif qui se sent menacé et répond violemment et par des condamnations à mort. La persécution des chrétiens est toujours la même : les personnes qui ne veulent pas le christianisme se sentent menacées et ainsi, elles donnent la mort aux chrétiens. Mais, au milieu du Sanhédrin, s’élève la voix différente d’un pharisien qui choisit de réfréner la réaction des siens : il s’appelait Gamaliel, un homme prudent, « docteur de la loi, honoré par tout le peuple ». À son école, saint Paul a appris à observer « la Loi de nos pères » (Ac 22,3). Gamaliel prend la parole et montre à ses frères comment exercer l’art du discernement face à des situations qui dépassent les schémas habituels.

En nommant certains personnages qui s’étaient fait passer pour le Messie, il montre que tout projet humain peut d’abord trouver des appuis et faire naufrage ensuite, tandis que tout ce qui vient d’en-haut et qui porte la « signature » de Dieu est destiné à durer. Les projets humains échouent toujours ; ils ont un temps, comme nous. Pensez à tous les projets politiques, et combien ils changent d’un côté ou de l’autre, dans tous les pays. Pensez aux grands empires, pensez aux dictatures du siècle dernier : ils se sentaient très puissants, ils pensaient dominer le monde. Et puis, tout s’est écroulé. Pensez encore aujourd’hui, aux empires d’aujourd’hui : ils s’écrouleront, si Dieu n’est pas avec eux, parce que la force que les hommes ont en eux-mêmes ne dure pas. Seule la force de Dieu dure. Pensons à l’histoire des chrétiens, et aussi à l’histoire de l’Église, avec tant de péchés, tant de scandales, avec tant de choses tristes pendant ces deux millénaires. Et pourquoi ne s’est-elle pas écroulée ? Parce que Dieu est là. Nous sommes pécheurs, et bien souvent aussi nous sommes cause de scandale. Mais Dieu est avec nous. Et Dieu nous sauve en premier, et eux ensuite ; mais le Seigneur sauve toujours. La force est « Dieu avec nous ». En nommant certains personnages qui s’étaient pris pour le Messie, Gamaliel montre que tout projet humain peut d’abord trouver des appuis et ensuite faire naufrage. C’est pourquoi Gamaliel conclut que, si les disciples de Jésus de Nazareth ont cru à un imposteur, ils sont destinés à disparaître dans le néant ; si au contraire ils suivent quelqu’un qui vient de Dieu, mieux vaut renoncer à les combattre ; et il avertit : « Ne risquez donc pas de vous trouver en guerre contre Dieu ! » (Ac 5,39). Il nous enseigne à faire ce discernement.

Ce sont des paroles posées et prévoyantes, qui permettent de voir l’événement chrétien dans une lumière nouvelle et qui offrent des critères qui « ont un goût d’Évangile », parce qu’ils invitent à reconnaître l’arbre à ses fruits (cf. Mt 7,16). Elles touchent les coeurs et obtiennent l’effet désiré : les autres membres du Sanhédrin suivent son avis et renoncent à leur intentions de mort, c’est-à-dire à tuer les apôtres.

Demandons à l’Esprit Saint d’agir en nous pour que, personnellement et communautairement, nous puissions acquérir l’habitus’ du discernement. Demandons-lui la grâce de savoir toujours voir l’unité de l’histoire du salut à travers les signes du passage de Dieu dans notre temps et sur les visages de ceux qui sont à côté de nous, pour que nous apprenions que le temps et les visages humains sont des messagers du Dieu vivant.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

https://fr.zenit.org/articles/catechese-comment-exercer-lart-du-discernement/?
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Message par Isabelle-Marie le Jeu 3 Oct 2019 - 16:32

Catéchèse : pas d’Esprit Saint, pas d’évangélisation !

L’humilité, une clé pour comprendre la Parole de Dieu (Traduction intégrale)

« L’Esprit Saint est le protagoniste de l’évangélisation », a rappelé le pape François au deuxième jour du Mois missionnaire extraordinaire, au cours de l’audience générale de ce mercredi 2 octobre 2019, sur la Place Saint-Pierre du Vatican.

Poursuivant ses catéchèses hebdomadaires sur les Actes des apôtres, le pape François a commenté le chapitre 8 dans lequel l’apôtre Philippe, poussé par l’Esprit, part sur une route déserte où il rencontre un haut fonctionnaire de la reine d’Éthiopie qu’il évangélise en lui expliquant le sens de la Parole de Dieu.

À  celui qui pense qu’évangéliser, c’est chercher « à convaincre les gens que Jésus est Dieu », le pape répond avec un certain humour : « Mon cher, ce n’est pas cela l’évangélisation, s’il n’y a pas l’Esprit Saint, il n’y a pas d’évangélisation. Cela peut être du prosélytisme, de la publicité… Mais l’évangélisation, c’est te faire guider par l’Esprit Saint, que ce soit lui qui te pousse à l’annonce, à l’annonce par le témoignage, y compris par le martyre, y compris par la parole ».

Le pape a aussi rendu hommage à l’humilité de l’Éthiopien : « Cet homme puissant reconnaît qu’il a besoin d’être guidé pour comprendre la Parole de Dieu. C’était un grand banquier, c’était le ministre de l’économie, il avait tout le pouvoir de l’argent, mais il savait que, sans explication, il ne pouvait pas comprendre ; il était humble ».

Catéchèse en italien du pape François (Traduction intégrale)

Chers frères et sœurs,

Après le martyre d’Étienne, la « course » de la Parole de Dieu semble subir un coup d’arrêt, à cause du déchaînement d’ « une violente persécution contre l’Église de Jérusalem » (Ac 8,1). Pour cette raison, les apôtres restent à Jérusalem, tandis que de nombreux chrétiens se dispersent dans d’autres lieux de la Judée et en Samarie.

Dans le livre des Actes, la persécution apparaît comme l’état permanent de la vie des disciples, selon ce qu’avait dit Jésus : « Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi » (Jn 15,20). Mais, au lieu d’éteindre le feu de l’évangélisation, la persécution l’alimente encore plus.

Nous avons entendu ce que fit le diacre Philippe qui commence à évangéliser les villes de Samarie et nombreux sont les signes de libération et de guérison qui accompagnent l’annonce de la Parole. À ce moment-là, l’Esprit Saint signe une nouvelle étape du voyage de l’Évangile : il pousse Philippe à aller à la rencontre d’un étranger au coeur ouvert à Dieu. Philippe se lève et part dans le même élan. Sur une route déserte et dangereuse, il rencontre un haut fonctionnaire de la reine d’Éthiopie, administrateur des trésors de celle-ci. Cet homme, un eunuque, après s’être rendu à Jérusalem pour le culte, rentre dans son pays. C’était un prosélyte juif d’Éthiopie. Assis sur son char, il lit le rouleau du prophète Isaïe, en particulier le quatrième chant du « serviteur du Seigneur ».

Philippe s’approche du char et lui demande : « Comprends-tu ce que tu lis ? » (Ac 8,30). L’Éthiopien répond : « Et comment le pourrais-je s’il n’y a personne pour me guider ? » (Ac 8,31). Cet homme puissant reconnaît qu’il a besoin d’être guidé pour comprendre la Parole de Dieu. C’était un grand banquier, c’était le ministre de l’économie, il avait tout le pouvoir de l’argent, mais il savait que, sans explication, il ne pouvait pas comprendre ; il était humble.

Et ce dialogue entre Philippe et l’Éthiopien fait aussi réfléchir sur le fait qu’il ne suffit pas de lire l’Écriture, il faut en comprendre le sens, trouver la substance en allant au-delà de l’ « écorce », puiser à l’Esprit Saint qui anime la lettre. Comme l’a dit le pape Benoît au début du Synode sur la Parole de Dieu, « l’exégèse, la véritable lecture de la Sainte Écriture, n’est pas seulement un phénomène littéraire, […]. C’est le mouvement de mon existence » (Méditation, 6 octobre 2008). Entrer dans la Parole de Dieu, c’est être disposé à sortir de ses propres limites pour rencontrer et se conformer au Christ qui est la Parole vivante du Père.

Qui est donc le protagoniste de ce que lisait l’Éthiopien ? Philippe offre à son interlocuteur la clé de lecture : ce doux serviteur souffrant, qui ne réagit pas au mal par le mal et qui, bien qu’il soit considéré comme ayant échoué, stérile et finalement supprimé, libère le peuple de l’iniquité et porte du fruit pour Dieu, c’est précisément ce Christ qu’annoncent Philippe et toute l’Église ; qui nous a tous rachetés par sa Pâque. Finalement l’Éthiopien reconnaît le Christ et demande le baptême, et il professe sa foi dans le Seigneur Jésus. Ce récit est beau, mais qui a poussé Philippe à aller dans le désert pour rencontrer cet homme ? Qui a poussé Philippe à s’approcher du char ? C’est l’Esprit Saint. L’Esprit Saint est le protagoniste de l’évangélisation. « Père, je vais évangéliser. – Oui, que fais-tu ? – Ah, j’annonce l’Évangile et je dis qui est Jésus, je cherche à convaincre les gens que Jésus est Dieu ». Mon cher, ce n’est pas cela l’évangélisation, s’il n’y a pas l’Esprit Saint, il n’y a pas d’évangélisation. Cela peut être du prosélytisme, de la publicité… Mais l’évangélisation, c’est te faire guider par l’Esprit Saint, que ce soit lui qui te pousse à l’annonce, à l’annonce par le témoignage, y compris par le martyre, y compris par la parole.

Après avoir fait rencontrer l’Éthiopien avec le Ressuscité – l’Éthiopien rencontre Jésus ressuscité parce qu’il comprend cette prophétie – Philippe disparaît, l’Esprit le prend et l’envoie faire autre chose. J’ai dit que le protagoniste de l’évangélisation est l’Esprit saint et quel est le signe que toi, chrétienne, chrétien, tu es un évangélisateur ? La joie. Y compris dans le martyre. Et Philippe, plein de joie, est allé prêcher l’Évangile ailleurs.

Que l’Esprit fasse des baptisés des hommes et des femmes qui annoncent l’Évangile pour attirer les autres non pas à soi mais au Christ, qu’ils sachent faire place à l’action de Dieu, qu’ils sachent rendre les autres libres et responsables devant le Seigneur.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat



Catéchèse du 25 septembre :

Etienne, un autre Christ

La calomnie et le faux témoignage sont « un ‘cancer diabolique’ qui atteint aussi parfois le corps de l’Eglise, lorsqu’il s’agit de salir quelqu’un qui gêne », souligne le pape François à l’audience générale de ce mercredi matin, 25 septembre 2019.

Depuis la place Saint-Pierre au Vatican, le pape a poursuivi ses catéchèses sur les Actes des Apôtres, méditant sur le martyre du premier diacre, Etienne.

« Ce ne sont pas les beaux discours qui révèlent notre identité d’enfants de Dieu, mais seulement l’abandon de notre vie dans les mains du Père et le pardon de celui qui nous offense », a-t-il notamment affirmé.

Synthèse de la catéchèse en français

Frères et sœurs,

Poursuivant l’étude des Actes des Apôtres, nous découvrons les difficultés que rencontrent les premières communautés qui accueillent des personnes aux cultures et sensibilité différentes. Les tensions et les murmures apparaissent, les uns s’estimant désavantagés par rapport aux autres. Les Apôtres prennent alors davantage conscience de leur rôle de prédicateurs de la Parole. Ils désignent donc des diacres chargés d’être plus attentifs au service de la charité ; un partage et un équilibre qui seront d’une grande fécondité pour l’Eglise.

Parmi ces diacres institués, Etienne est celui qui rencontre le plus d’oppositions. Ses adversaires ne trouvent d’autres moyens de le faire taire que ceux de la calomnie et du faux témoignage : un « cancer diabolique » qui atteint aussi parfois le corps de l’Eglise, lorsqu’il s’agit de salir quelqu’un qui gêne. Devant ses juges, Etienne dénonce l’hypocrisie avec laquelle les prophètes et le Christ lui-même ont été traités, par ceux dont ils sont les héritiers. Condamné à mort, Etienne ne cherche pas à fuir mais il s’abandonne entre les mains du Père, en pardonnant. Premier martyr, Etienne devient un autre Christ, un homme que l’Esprit Saint rend semblable à Jésus, capable de témoigner de l’amour de Dieu jusqu’à la fin.

© Librairie éditrice du Vatican
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Message par Isabelle-Marie le Mer 9 Oct 2019 - 23:33

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Audience:  « Saul », quand la foi devient idéologie (traduction complète)

Adorer Dieu ou des formules dogmatiques?

Les Actes des apôtres décrivent Saul comme « un idéologue », qui « absolutise son identité politique ou religieuse et réduit l’autre à un ennemi potentiel à combattre », a expliqué le pape François. Chez Saul, a-t-il commenté, « la religion s’était transformée en idéologie : idéologie religieuse, idéologie sociale, idéologie politique ».

Le pape François a poursuivi sa catéchèse sur les Actes des apôtres lors de l’audience générale de ce mercredi 9 octobre 2019, Place Saint-Pierre, au Vatican, en présence de nombreux visiteurs venus d’Italie et du monde entier. Il a médité sur le récit de la conversion de saint Paul, au chapitre 9 des Actes.

De même que « Saul », en persécutant les chrétiens, persécutait « le Seigneur », a fait observer le pape, « ceux qui sont des idéologues parce qu’ils veulent la “pureté”, entre guillemets, de l’Église, frappent aussi le Christ ».

Le pape a invité chacun à s’interroger : « comment est-ce que je vis ma vie de foi ? Vais-je à la rencontre des autres ou bien suis-je contre les autres ? Est-ce que j’appartiens à l’Église universelle (les bons et les mauvais, tout le monde) ou ai-je une idéologie sélective ? Est-ce que j’adore Dieu ou est-ce que j’adore les formules dogmatiques ? Comment est ma vie religieuse ? La foi en Dieu que je professe me rend-elle amicale ou hostile envers celui qui est différent de moi ? »

Catéchèse prononcée par le pape François en italien

Chers frères et soeurs, bonjour !

À partir de l’épisode de la lapidation d’Étienne, une figure apparaît qui, à côté de celle de Pierre, est la plus présente et la plus incisive dans les Actes des apôtres : celle d’ « un jeune homme appelé Saul » (Ac 7,58). Au début, il est décrit comme quelqu’un qui approuve la mort d’Étienne et qui veut détruire l’Église (cf. Ac 8,3) ; mais ensuite, il deviendra l’instrument choisi par Dieu pour annoncer l’Évangile aux nations (cf. Ac 9,15 ; 22,21 ; 26,17).

Avec l’autorisation du grand prêtre, Saul pourchasse les chrétiens et les capture. Vous, qui venez de certains pays qui ont été persécutés par les dictatures, vous comprenez bien ce que signifie pourchasser les gens et les capturer. C’est ce que faisait Saul. Et il fait cela en pensant servir la Loi du Seigneur. Luc dit que Saul « était toujours animé d’une rage meurtrière contre les disciples du Seigneur » (Ac 9,1) : il y a en lui un souffle qui a un goût de mort, pas de vie.

Le jeune Saul est décrit comme un intransigeant, c’est-à-dire quelqu’un qui manifeste de l’intolérance envers ceux qui pensent différemment de lui, il « absolutise » son identité politique ou religieuse et réduit l’autre à un ennemi potentiel à combattre. Un idéologue. Chez Saul, la religion s’était transformée en idéologie : idéologie religieuse, idéologie sociale, idéologie politique. C’est seulement après qu’il a été transformé par le Christ qu’il enseignera que la véritable bataille n’est pas « contre des êtres de sang et de chair, mais contre contre les Dominateurs de ce monde de ténèbres […], les esprits du mal » (Ép 6,12). Il enseignera qu’il ne faut pas combattre les personnes, mais le mal qui inspire leurs actions.

L’état de rage – parce que Saul était enragé – et conflictuel de Saul invite chacun à s’interroger : comment est-ce que je vis ma vie de foi ? Vais-je à la rencontre des autres ou bien suis-je contre les autres ? Est-ce que j’appartiens à l’Église universelle (les bons et les mauvais, tout le monde) ou ai-je une idéologie sélective ? Est-ce que j’adore Dieu ou est-ce que j’adore les formules dogmatiques ? Comment est ma vie religieuse ? La foi en Dieu que je professe me rend-elle amicale ou hostile envers celui qui est différent de moi ?

Luc raconte que, pendant que Saul est tout absorbé à éradiquer la communauté chrétienne, le Seigneur est sur ses traces pour toucher son coeur et le convertir à lui. C’est la méthode du Seigneur : il touche le coeur. Le Ressuscité prend l’initiative et se manifeste à Saul sur le chemin de Damas, un événement qui est raconté trois fois dans le livre des Actes (cf. Ac 9,3-19 ; 22,3-21 ; 26,4-23).

À travers le binôme « lumière » et « voix », typique des théophanies, le Ressuscité apparaît à Saul et lui demande des comptes sur sa fureur fratricide : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » (Ac 9,4). Ici, le Ressuscité manifeste qu’il ne fait qu’un avec ceux qui croient en lui : frapper un membre de l’Église, c’est frapper le Christ lui-même ! Ceux qui sont des idéologues parce qu’ils veulent la « pureté », entre guillemets, de l’Église, frappent aussi le Christ.

La voix de Jésus dit à Saul : « Relève-toi et entre dans la ville : on te dira ce que tu dois faire » (Ac 9,6). Mais une fois debout, Saul ne voit plus rien, il est devenu aveugle, et de l’homme fort, influent et indépendant qu’il était, il se trouve faible, démuni et dépendant des autres, parce qu’il ne voit pas. La lumière du Christ l’a ébloui et rendu aveugle : « Apparaît ainsi à l’extérieur ce qui était sa réalité intérieure, son aveuglement à l’égard de la vérité, de la lumière qu’est le Christ » (Benoît XVI, Audience générale, 3 septembre 2008).

De ce « corps à corps » entre Saul et le Ressuscité, commence une transformation qui montre la « pâque personnelle » de Saul, son passage de la mort à la vie : ce qui auparavant était sa gloire devient « des ordures » à rejeter pour acquérir le véritable avantage qu’est le Christ et la vie en lui (cf. Ph 3,7-Cool.
Paul reçoit le baptême. Le baptême marque ainsi pour Saul, comme pour chacun de nous, le début d’une vie nouvelle et il est accompagné par un regard nouveau sur Dieu, sur soi et sur les autres qui, d’ennemis qu’ils étaient deviennent désormais des frères dans le Christ.

Demandons au Père de nous faire expérimenter à nous aussi, comme à Saul, l’impact avec son amour qui, seul, peut faire d’un coeur de pierre un coeur de chair (cf. Éz 11,15), capable d’accueillir en lui-même « les dispositions qui sont dans le Christ Jésus » (Ph 2,5).

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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Message par Isabelle-Marie le Mer 23 Oct 2019 - 12:09

Audience : « Évangéliser, c’est favoriser la rencontre des coeurs avec le Seigneur »

« Regarder la personne et les intentions de son coeur »

Un évangélisateur « ne peut être un obstacle à l’oeuvre créatrice de Dieu », mais c’est « quelqu’un qui favorise la rencontre des cœurs avec le Seigneur », a affirmé le pape François. « Et nous, a-t-il interrogé, comment nous comportons-nous avec nos frères, surtout avec ceux qui ne sont pas chrétiens ? Sommes-nous un obstacle pour la rencontre avec Dieu ? Faisons-nous obstacle à leur rencontre avec le Père ou la favorisons-nous ? »

Au cours de l’audience générale de ce mercredi 16 octobre 2019, le pape François a poursuivi sa catéchèse sur les Actes des apôtres. Il a commenté le chapitre 10 dans lequel l’apôtre Pierre est invité à se rendre chez le centurion Corneille, un étranger non juif, auquel il prêche l’Évangile et qui reçoit l’effusion de l’Esprit avec les siens.

Pierre devient ainsi « témoin de ce processus de “fraternisation” que l’Esprit veut déclencher dans l’histoire » et s’ouvre à l’universalité du salut, a expliqué le pape. En effet, la vision qu’il a eue auparavant, est une « provocation divine » qui suscite en lui « un changement de mentalité » : il « n’évalue plus les événements et les personnes selon les catégories du pur et de l’impur », mais il apprend « à aller au-delà, pour regarder la personne et les intentions de son coeur ».

Le pape François a ausssi souligné, à deux jours de la fête du saint apôtre Luc qu'il est
« l’évangéliste qui révèle le mieux le cœur de Jésus et sa miséricorde »

Voici notre traduction intégrale de la catéchèse en italien du pape François.

Chers frères et soeurs, bonjour !

Le voyage de l’Évangile dans le monde, que saint Luc raconte dans les Actes des apôtres, est accompagné de la plus grande créativité de Dieu qui se manifeste de manière surprenante. Dieu veut que ses enfants dépassent tout particularisme pour s’ouvrir à l’universalité du salut. Voilà le but : dépasser les particularismes et s’ouvrir à l’universalité du salut, parce que Dieu veut sauver tout le monde. Ceux qui sont nés à nouveau de l’eau et de l’Esprit – les baptisés – sont appelés à sortir d’eux-mêmes et à s’ouvrir aux autres, à vivre la proximité, le style du ‘vivre ensemble’ qui transforme toute relation interpersonnelle en une expérience de fraternité (cf. Exhort. ap. Evangelii gaudium, 87).

Pierre, protagoniste avec Paul dans les Actes des apôtres, est témoin de ce processus de « fraternisation » que l’Esprit veut déclencher dans l’histoire. Pierre vit un événement qui marque un tournant décisif pour son existence. Pendant qu’il prie, il reçoit une vision qui sert de « provocation » divine, pour susciter en lui un changement de mentalité. Il voit une grande nappe qui descend d’en-haut, contenant différents animaux : quadrupèdes, reptiles et oiseaux, et il entend une voix qui l’invite à se nourrir de ces viandes. En bon juif, il réagit en soutenant qu’il n’a jamais rien mangé d’impur, selon la Loi du Seigneur (cf. Lv 11). Alors la voix réplique : « Ce que Dieu a déclaré pur, toi, ne le déclare pas interdit » (Ac 10,15).

Par ce fait, le Seigneur veut que Pierre n’évalue plus les événements et les personnes selon les catégories du pur et de l’impur, mais qu’il apprenne à aller au-delà, pour regarder la personne et les intentions de son coeur. En effet, ce qui rend l’homme impur ne vient pas du dehors mais seulement du dedans, du coeur (cf. Mc 7,21). Jésus l’a dit clairement.

Après cette vision, Dieu invite Pierre chez un étranger non circoncis, Corneille, « centurion de la cohorte appelée italique, […], de grande piété qui craignait Dieu », qui fait beaucoup d’aumônes au peuple et prie Dieu sans cesse (cf. Ac 10, 1-2), mais il n’était pas juif.

Dans cette maison de païens, Pierre prêche le Christ crucifié et ressuscité et le pardon des péchés à tous ceux qui croient en lui. Et pendant que Pierre parle, l’Esprit Saint descend sur Corneille et sur sa famille. Et Pierre les baptise au nom de Jésus-Christ (cf. Ac 10,48).

Ce fait extraordinaire – c’est la première fois que se produit quelque chose de ce genre – est connu à Jérusalem où les frères, scandalisés par le comportement de Pierre, le réprimandent vivement (cf. Ac 11, 1-3). Pierre a fait quelque chose qui allait au-delà de la coutume, au-delà de la loi, et c’est pourquoi on le réprimande. Mais après sa rencontre avec Corneille, Pierre est plus libre de lui-même et plus en communion avec Dieu et avec les autres, parce qu’il a vu la volonté de Dieu dans l’action de l’Esprit Saint. Il peut donc comprendre que l’élection d’Israël n’est pas la récompense pour des mérites, mais le signe de l’appel gratuit à être une médiation de la bénédiction divine parmi les peuples païens.

Chers frères, nous apprenons du prince des apôtres, qu’un évangélisateur ne peut être un obstacle à l’oeuvre créatrice de Dieu, qui « veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tm 2,4), mais quelqu’un qui favorise la rencontre des coeurs avec le Seigneur. Et nous, comment nous comportons-nous avec nos frères, surtout avec ceux qui ne sont pas chrétiens ? Sommes-nous un obstacle pour la rencontre avec Dieu ? Faisons-nous obstacle à leur rencontre avec le Père ou la favorisons-nous ?

Demandons aujourd’hui la grâce de nous laisser étonner par les surprises de Dieu, de ne pas faire obstacle à sa créativité, mais de reconnaître et favoriser les voies toujours nouvelles à travers lesquelles le Ressuscité envoie son Esprit dans le monde et attire les coeurs en se faisant connaître comme le « Seigneur de tous » (Ac 10,36). Merci.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat


Le Seigneur veut que tous les hommes soient sauvés - Audience générale du 16 octobre 2019

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Message par Isabelle-Marie le Sam 26 Oct 2019 - 23:29

Catéchèse : commencement du « long voyage de la Parole de Dieu »

Premier concile de Jérusalem, un exemple de synodalité (Traduction intégrale)

Le livre des Actes des apôtres est « le livre du long voyage de la Parole de Dieu » : il « commence à la suite d’une forte persécution » mais « au lieu de provoquer un coup d’arrêt pour l’évangélisation », celle-ci « devient une opportunité pour élargir le champ où répandre la bonne graine de la Parole ».

Le pape François a donné sa treizième catéchèse sur les Actes des apôtres (chapitres 14 et 15), au cours de l’audience générale de ce mercredi 23 octobre 2019, sur la Place Saint-Pierre baignée de soleil. Le pape a commenté les débuts de la mission de Paul et Barnabé auprès des païens, et le Concile de Jérusalem qui s’est tenu pour répondre aux questions soulevées par cette évangélisation de ceux qui n’étaient pas juifs.

Le récit du Concile de Jérusalem, a expliqué le pape, « nous aide à comprendre la synodalité. C’est le propre de la synodalité, la présence de l’Esprit Saint, sinon (…) c’est un parloir, un parlement, autre chose… ». Et de spécifier : « la méthode ecclésiale pour la résolution des conflits se fonde sur le dialogue fait d’écoute attentive et patiente et sur le discernement réalisé à la lumière de l’Esprit. C’est l’Esprit, en effet, qui aide à surmonter les fermetures et les tensions et qui travaille dans les cœurs pour qu’ils parviennent, dans la vérité et le bien, à l’unité ».

Catéchèse du pape François en italien (Traduction intégrale)

Chers frères et sœurs, bonjour !

Le livre des Actes des apôtres raconte qu’après cette rencontre transformante avec Jésus, saint Paul est accueilli par l’Église de Jérusalem grâce à la médiation de Barnabé et commence à annoncer le Christ. Mais à cause de l’hostilité de quelques-uns, il se voit contraint de se rendre à Tarse, sa ville natale, où Barnabé le rejoint pour l’impliquer dans le long voyage de la Parole de Dieu. On peut dire que le livre des Actes des apôtres, que nous commentons dans ces catéchèses, est le livre du long voyage de la Parole de Dieu : la Parole de Dieu doit être annoncée, et annoncée partout. Ce voyage commence à la suite d’une forte persécution (cf. Ac 11,19) ; mais celle-ci, au lieu de provoquer un coup d’arrêt pour l’évangélisation, devient une opportunité pour élargir le champ où répandre la bonne graine de la Parole. Les chrétiens ne se laissent pas effrayer. Ils doivent fuir, mais ils fuient avec la Parole, et répandent la Parole un peu partout.

Paul et Barnabé arrivent d’abord à Antioche de Syrie, où ils s’arrêtent une année entière pour enseigner et aider la communauté à mettre des racines (cf. Ac 11,26). Ils annonçaient à la communauté juive, aux juifs. Antioche devient ainsi le centre de propulsion missionnaire, grâce à la prédication par laquelle les deux évangélisateurs – Paul et Barnabé – touchent le coeur des croyants qui, ici à Antioche, sont appelés pour la première fois « chrétiens » (cf. Ac 11,26).

Du livre des Actes émerge la nature de l’Église qui n’est pas une forteresse mais une tente capable d’étendre son espace (cf. Is 54,2) et de permettre à tous d’y accéder. L’Église est « en sortie » ou ce n’est pas l’Église ; soit elle est en chemin en élargissant toujours son espace afin que tous puissent y entrer, soit ce n’est pas l’Église. « Une Église aux portes ouvertes » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, 46), toujours les portes ouvertes. Quand je vois une petite église, ici dans cette ville, ou quand j’en voyais dans l’autre diocèse d’où je viens, les portes fermées, c’est mauvais signe. Les églises doivent toujours avoir leurs portes ouvertes parce que c’est le symbole de ce qu’est une église : toujours ouverte. L’Église est « appelée à être toujours la maison ouverte du Père. […] De sorte que, si quelqu’un veut suivre une motion de l’Esprit et s’approche en cherchant Dieu, il ne se heurte pas à la froideur d’une porte fermée (ibid., 47).

Mais cette nouveauté des portes ouvertes à qui ? Aux païens, parce que les apôtres prêchaient aux juifs, mais les païens aussi sont venus frapper à la porte de l’Église ; et cette nouveauté des portes ouvertes aux païens déchaîne une controverse très animée. Certains juifs affirment la nécessité de se faire juif à travers la circoncision pour être sauvé, et recevoir ensuite le baptême. Ils disent : « Si vous n’acceptez pas la circoncision selon la coutume qui vient de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés », c’est-à-dire vous ne pouvez pas recevoir ensuite le baptême. D’abord le rite juif et ensuite le baptême : c’était leur position. Et pour trancher la question, Paul et Barnabé consultent le conseil des apôtres et des anciens à Jérusalem et se tient alors ce qui est considéré comme le premier concile de l’histoire de l’Église, le concile – ou assemblée – de Jérusalem, auquel se réfère Paul dans sa Lettre aux Galates (2,1-10).

C’est une question théologique, spirituelle et disciplinaire très délicate qui est abordée ici : c’est le rapport entre la foi dans le Christ et l’observance de la Loi de Moïse. Les discours de Pierre et Jacques, « colonnes » de l’Église-mère, au cours de cette assemblée, sont déterminants (cf. Ac 15,7-21 ; Gal 2,9). Ils invitent à ne pas imposer la circoncision aux païens, mais à leur demander seulement de rejeter l’idolâtrie et toutes ses expressions. C’est à partir de la discussion que se dessine la route commune, et cette décision, ratifiée par la fameuse lettre apostolique envoyée à Antioche.

L’assemblée de Jérusalem nous donne une lumière importante sur les modalités avec lesquelles aborder les divergences et rechercher la « vérité dans la charité » (Ep 4,15). Elle nous rappelle que la méthode ecclésiale pour la résolution des conflits se fonde sur le dialogue fait d’écoute attentive et patiente et sur le discernement réalisé à la lumière de l’Esprit. C’est l’Esprit, en effet, qui aide à surmonter les fermetures et les tensions et qui travaille dans les coeurs pour qu’ils parviennent, dans la vérité et le bien, à l’unité. Ce texte nous aide à comprendre la synodalité. Il est intéressant de voir comment la lettre est écrite : les apôtres commencent en disant : « L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé que… ». C’est le propre de la synodalité, la présence de l’Esprit Saint, sinon ce n’est pas la synodalité, c’est un parloir, un parlement, autre chose…

Demandons au Seigneur de renforcer chez tous les chrétiens, en particulier chez les évêques et les prêtres, le désir et la responsabilité de la communion. Qu’il nous aide à vivre le dialogue, l’écoute et la rencontre avec nos frères dans la foi et avec ceux qui sont loin, pour goûter et manifester la fécondité de l’Église.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

https://fr.zenit.org/articles/catechese-commencement-du-long-voyage-de-la-parole-de-dieu/?
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Message par Isabelle-Marie le Sam 2 Nov 2019 - 23:36

« Aujourd’hui encore il y a des gens qui paient pour cela »: non à la voyance et aux lignes de la main

Catéchèse du pape François (traduction complète)

Le baptême de Lydie et de sa famille, à Philippes, est « le témoignage de l’arrivée du christianisme sur les côtes européennes ». L’Évangile est donc « entré par la Macédoine », a fait observer le pape François dans sa 14ème catéchèse sur les Actes des apôtres, au cours de l’audience générale de ce mercredi 30 octobre 2019, sur la Place Saint-Pierre du Vatican.

Le pape François a commenté le chapitre 16 du livre des Actes des apôtres, sur les débuts de la mission de Paul et Silas en Macédoine, où ils baptisent d’abord une femme, Lydie, et sa famille, puis leur geôlier avec toute sa maison. Entretemps, ils ont exorcisé une servante exploitée par ses maîtres, qui la faisaient travailler comme voyante.

Cette jeune esclave « faisait ce que font les voyantes : elle devine ton avenir, elle lit les lignes de ta main (…) et les gens payaient pour cela », a expliqué le pape, et « aujourd’hui encore, chers frères et sœurs, il y a des gens qui paient pour cela ». Et le pape d’évoquer son diocèse en Argentine, et le grand parc rempli de voyants et de voyantes « qui lisaient dans ta main et les gens croyaient tout cela ! Et ils payaient ». L’évangélisation de l’Europe par Paul et Silas n’est donc que « le début d’un processus d’inculturation qui dure encore aujourd’hui », a souligné le pape.

Catéchèse du pape François

Chers frères et sœurs, bonjour !

Quand nous lisons les Actes des apôtres, nous voyons que l’Esprit Saint est le protagoniste de la mission de l’Église : c’est lui qui guide le chemin des évangélisateurs en leur montrant la route à suivre.

Nous voyons cela clairement au moment où l’apôtre Paul, arrivé à Troas, a une vision. Un Macédonien le supplie : « Passe en Macédoine et viens à notre secours ! » (Ac 16, 9). Le peuple de Macédoine du nord en est fier, il est très fier d’avoir appelé Paul pour que ce soit Paul qui annonce Jésus-Christ. Je me souviens bien de ce beau peuple qui m’a accueilli avec beaucoup de chaleur : puissent-ils conserver cette foi que Paul leur a prêchée ! L’apôtre n’a pas hésité et il part pour la Macédoine, sûr que c’est vraiment Dieu qui l’envoie, et il accoste à Philippes, « colonie romaine » (Ac 16,12) sur la via Egnatia, pour prêcher l’Évangile. Paul s’y arrête pendant plusieurs jours. Il y a trois événements qui caractérisent son séjour à Philippes, pendant ces trois jours, trois événements importants. 1) L’évangélisation et le baptême de Lydie et de sa famille. 2) L’arrestation qu’il subit, avec Silas, après avoir exorcisé une esclave exploitée par ses maîtres. 3) La conversion et le baptême de son geôlier et de sa famille. Voyons ces trois épisodes dans la vie de Paul.

La puissance de l’Évangile touche surtout les femmes de Philippes, en particulier Lydie, négociante en étoffes de pourpre, de la ville de Thyatire, une croyante en Dieu dont le Seigneur ouvre le cœur « pour la rendre attentive à ce que disait Paul » (Ac 16,14). En effet, Lydie accueille le Christ, reçoit le baptême avec sa famille et accueille ceux qui appartiennent au Christ, en hébergeant chez elle Paul et Silas. Nous avons ici le témoignage de l’arrivée du christianisme sur les côtes européennes : le début d’un processus d’inculturation qui dure encore aujourd’hui. Il est entré par la Macédoine.

Après leur expérience chaleureuse chez Lydie, Paul et Silas se retrouvent confrontés à la dureté de la prison : ils passent de la consolation de cette conversion de Lydie et de sa famille à la désolation de la prison, où ils sont jetés pour avoir libéré, au nom de Jésus, « une jeune servante qui était possédée par un esprit de divination » et qui « rapportait de gros bénéfices à ses maîtres » par son métier de voyante (Ac 16, 16). Ses maîtres gagnaient beaucoup et cette pauvre esclave faisait ce que font les voyantes : elle devine ton avenir, elle lit les lignes de ta main – comme le dit la chanson « Prends cette main, bohémienne » et les gens payaient pour cela. Aujourd’hui encore, chers frères et sœurs, il y a des gens qui paient pour cela. Je me souviens, dans mon diocèse, dans un très grand parc, il y avait plus de 60 petites tables où étaient assis des voyants et des voyantes qui lisaient dans ta main et les gens croyaient tout cela ! Et ils payaient. Et cela existait déjà à l’époque de saint Paul. Ses maîtres, par rétorsion, dénoncent Paul et conduisent les apôtres devant les magistrats en les accusant de créer le désordre public.

Mais que se passe-t-il ? Paul est en prison et pendant son emprisonnement, un fait surprenant se produit. Il est dans la désolation mais, au lieu de se plaindre, Paul et Silas entonnent une louange à Dieu et cette louange libère une puissance qui brise leurs chaînes : pendant la prière, un tremblement de terre secoue les fondations de la prison, les portes s’ouvrent et les chaînes de tous les prisonniers tombent (cf. Ac 16, 25-26). Comme la prière de la Pentecôte, celle-ci, faite en prison, a des effets prodigieux.

Croyant que les prisonniers se sont enfuis, le geôlier allait se suicider, parce que les geôliers payaient de leur propre vie si un prisonnier s’enfuyait ; mais Paul  lui crie : « Nous sommes tous là ! »  (Ac 16, 27-28). Alors celui-ci demande : « Que dois-je faire pour être sauvé ? » (v. 30). La réponse est : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé, toi et toute ta maison » (v. 31). C’est à ce moment que survient le changement : au cœur de la nuit, le geôlier écoute la parole du Seigneur avec sa famille, accueille les apôtres, lave leurs plaies – parce qu’ils avaient été roués de coups – et avec les siens, il reçoit le baptême ; puis, avec sa maison, laissant « déborder sa joie de croire en Dieu » (v. 34), il fait préparer la table et invite Paul et Silas à demeurer avec eux : le moment de la consolation ! Au cœur de la nuit de ce geôlier anonyme, la lumière du Christ brille et l’emporte sur les ténèbres : les chaînes de son cœur tombent et jaillit en lui et chez les siens une joie inconnue. C’est ainsi que l’Esprit Saint fait la mission : depuis le début, depuis la Pentecôte, c’est lui le protagoniste de la mission. Et il nous fait avancer, il faut être fidèle à la vocation que l’Esprit nous pousse à faire. Pour apporter l’Évangile.

Demandons nous aussi à l’Esprit Saint un cœur ouvert, sensible à Dieu et accueillant envers nos frères, comme celui de Lydie, et une foi audacieuse comme celle de Paul et de Silas, ainsi qu’une ouverture du cœur, comme celle du geôlier qui se laisse toucher par l’Esprit Saint.

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Message par Isabelle-Marie le Jeu 7 Nov 2019 - 23:13

Catéchèse : le « regard contemplatif » de Paul sur le monde païen

Un exemple extraordinaire d’inculturation (Traduction intégrale)

Le regard de saint Paul sur la ville d’Athènes et le monde païen nous interroge « sur notre façon de regarder les villes », a déclaré le pape François. « Les observons-nous avec indifférence ? Avec mépris ? Ou avec la foi qui reconnaît les enfants de Dieu au milieu des foules anonymes ? » Paul, a relevé le pape, « observe la culture, il observe l’environnement d’Athènes “à partir d’un regard contemplatif” » ; il ne regarde pas le monde païen avec « hostilité » mais « avec les yeux de la foi ».

Le pape François a délivré sa quinzième catéchèse sur les Actes des apôtres, lors de l’audience générale de ce mercredi 6 novembre 2019, sur la Place Saint-Pierre du Vatican. Il a commenté le discours de Paul à Athènes aux membres de l’aréopage (Ac 17,23), « symbole de la vie politique et culturelle », le décrivant comme un « extraordinaire exemple d’inculturation de la foi ».

Cherchant à « entrer en empathie avec ses auditeurs », Paul « choisit le regard qui le pousse à ouvrir un passage entre l’Évangile et le monde païen » a fait observer le pape. Et l’apôtre annonce alors le kérygme, invitant « chacun à aller au-delà des “temps de l’ignorance” et à se décider pour la conversion en vu du jugement imminent. Paul aborde ainsi le kérygme et fait allusion au Christ, sans le citer, le définissant comme l’homme que Dieu a “accrédité auprès de tous en le ressuscitant d’entre les morts” ».

Voici notre traduction de la catéchèse en italien du pape François.

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous poursuivons notre « voyage » avec le livre des Actes des apôtres. Après les épreuves vécues à Philippes, Thessalonique et Bérée, Paul accoste à Athènes, au cœur de la Grèce (cf. Ac 17,15). Cette ville, qui vivait à l’ombre des antiques gloires malgré la décadence politique, conservait encore le primat de la culture. Là, l’apôtre « avait l’esprit exaspéré en observant la ville livrée aux idoles » (Ac 17,16). Mais cet « impact » avec le paganisme, au lieu de le faire fuir, le pousse à créer un pont pour dialoguer avec cette culture.

Paul choisit d’entrer en familiarité avec la ville et commence ainsi à fréquenter les lieux et les personnes les plus importants. Il va à la synagogue, symbole de la vie de foi ; il va sur la place, symbole de la vie citadine ; et il va à l’aréopage, symbole de la vie politique et culturelle. Il rencontre des juges, des philosophes épicuriens et stoïciens, et beaucoup d’autres personnes. Il rencontre tout le monde, il ne se renferme pas, il va parler avec tout le monde. Ainsi, Paul observe la culture, il observe l’environnement d’Athènes « à partir d’un regard contemplatif » qui découvre « ce Dieu qui habite dans ses maisons, dans ses rues et sur ses places » (Evangelii gaudium, 71). Paul ne regarde pas la ville d’Athènes et le monde païen avec hostilité mais avec les yeux de la foi. Et cela nous pousse à nous interroger sur notre façon de regarder nos villes : les observons-nous avec indifférence ? Avec mépris ? Ou avec la foi qui reconnaît les enfants de Dieu au milieu des foules anonymes ?

Paul choisit le regard qui le pousse à ouvrir un passage entre l’Évangile et le monde païen. Au cœur d’une des institutions les plus célèbres du monde antique, l’aréopage, il réalise un extraordinaire exemple d’inculturation du message de la foi : il annonce Jésus-Christ aux adorateurs d’idoles, et ne le fait pas en les agressant, mais en se faisant « pontife, constructeur de ponts » (Homélie à Sainte Marthe, 8 mai 2013).

Paul s’inspire de l’autel de la ville dédié à « un dieu inconnu » (Ac 17,23) – il y avait un autel avec l’inscription « au dieu inconnu » ; aucune représentation, rien, seulement cette inscription. En partant de cette « dévotion » au dieu inconnu, pour entrer en empathie avec ses auditeurs, il proclame que Dieu « vit parmi les citadins » (Evangelii gaudium, 71) et « ne se cache pas à ceux qui le cherchent d’un coeur sincère, bien qu’ils le fassent à tâtons » (ibid.). C’est précisément cette présence que Paul cherche à dévoiler : « ce que vous vénérez sans le connaître, voilà ce que, moi, je viens vous annoncer » (Ac 17,23).

Pour révéler l’identité du dieu que les Athéniens adorent, l’apôtre part de la création, c’est-à-dire de la foi biblique dans le Dieu de la révélation, pour arriver à la rédemption et au jugement, à savoir le message proprement chrétien. Il montre la disproportion entre la grandeur du Créateur et les temples construits par l’homme, et il explique que le Créateur se laisse chercher toujours davantage pour que chacun puisse le trouver. Ainsi, selon une belle expression du pape Benoît XVI, Paul « annonce celui que les hommes ignorent, et pourtant connaissent : l’Inconnu-Connu » (Benoît XVI, Rencontre avec le monde de la culture au Collège des Bernardins, 12 sept. 2008). Ensuite, il invite chacun à aller au-delà des « temps de l’ignorance » et à se décider pour la conversion en vu du jugement imminent. Paul aborde ainsi le kérygme et fait allusion au Christ, sans le citer, le définissant comme l’homme que Dieu a « accrédité auprès de tous en le ressuscitant d’entre les morts » (Ac 17,31).

Et voilà le problème. La parole de Paul qui, jusqu’alors, avait tenu ses interlocuteurs en haleine – parce que c’était une découverte intéressante – se heurte à une pierre d’achoppement : la mort et la résurrection du Christ apparaît comme une « folie » (1 Cor 1,23) et fait l’objet de moqueries et de dérision. Alors Paul s’éloigne : sa tentative semble avoir échoué mais, en fait, quelques-uns adhèrent à sa parole et s’ouvrent à la foi. Parmi ceux-ci un homme, Denys, membre de l’aréopage, et une femme, Damaris. À Athènes aussi l’Évangile prend racine et peut courir à deux voix : celle de l’homme et celle de la femme !

Demandons nous aussi aujourd’hui à l’Esprit Saint de nous apprendre à construire des ponts avec la culture, avec ceux qui ne croient pas ou qui ont une croyance différente de la nôtre. Toujours construire des ponts, toujours la main tendue, sans agression. Demandons-lui la capacité d’inculturer avec délicatesse le message de la foi, en posant sur ceux qui sont dans l’ignorance du Christ un regard contemplatif, mû par un amour qui réchauffe même les cœurs les plus endurcis.

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