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Théodom : * Les 7 Péchés Capitaux *

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Message par Lumen Ven 19 Fév - 10:16

Les 7 péchés capitaux : Qu'est ce qu'on rate ?
 
Pendant les 9 premiers jours de carême, suivez la série ThéoDom sur les péchés capitaux.
 
 
Tout le monde a entendu parler des «7 péchés capitaux». Sans les prendre vraiment au sérieux, le cinéma, la publicité et même les youtubers s’en sont emparés. Mais d’où vient cette liste qui fait frémir ?
 
Dans cette vidéo d’introduction, frère Raphaël de Bouillé nous fait voyager avec les moines du désert d’Égypte, qui, à force d’introspection et de pédagogie, ont mis en place cette liste des péchés «de tête».
 
Fort de son expérience de coaching pastoral, frère Raphaël place cette approche «négative» de la vie chrétienne à côté d’une approche plus «positive» : les péchés ne vont pas sans les vertus ! Heureusement, notre tradition ne se limite pas à lutter contre des vents contraires. Le Christ, par sa grâce, nous accompagne pour lutter contre le péché et développer ce qu’il y a de bon en nous.
 
Retrouvez toutes les vidéos de la série sur le site www.theodom.org
 
 
Les 7 péchés capitaux : qu'est-ce qu'on rate ?
 
Il est difficile de parler des péchés capitaux, car nous parlons toujours de ce qui vole la joie, l’enthousiasme et l’amour.
 
-    Le péché, qu’est-ce que c’est ?
 
Le péché, hamartia en grec, est le fait de louper sa cible (tir à l’arc). L’acte de pécher consiste dans le choix de faire volontairement quelque chose de mal, en sachant que c’est mal. Tuer volontairement un oiseau d’une race protégée en sachant qu’il est protégé, c’est un péché, mais si celui-ci se jette sur la trajectoire de ma voiture sur l’autoroute, je ne le veux pas, ce n’est pas un péché.
 
Il y a de nombreuses armes de destruction massive, mais elles se regroupent par type : les Bombes A et H sont des armes nucléaires. Elles sont différentes des armes bactériologiques.
Les péchés sont des armes de destruction massive du bonheur ;
 
 
-    Les péchés capitaux
 
...et ils se regroupent par grands types, qui sont : orgueil, gourmandise, luxure,
... Sauriez-vous trouver les autres ?
 
 
-    L’origine d’une liste
 
La doctrine des sept péchés capitaux n’est pas dans la Bible.
 
Les premiers ermites au désert en Egypte, alors même qu’ils étaient tout seuls, faisaient l’expérience de ces passions de l’âme qui les écartelaient.
 
En travaillant et en priant, ils se sont rendu compte que des situations se répétaient, qu’elles avaient des points communs et des solutions communes. De plus, ils ont vu qu’il y avait un enchaînement des péchés. L’orgueil est le premier des péchés qui renforce tous les autres. La louange et l’humilité, le contraire de l’orgueil, affaiblissent tous les autres péchés.
Le moine Evagre le Pontique, les appelait les “pensées entêtantes”. Comme en chimie, on classe les éléments dans le tableau périodique des éléments, il a classé les péchés par catégorie, en comprenant que derrière l'égoïsme et la difficulté à remercier, il y avait toujours de l’orgueil, le péché capital, le péché tête.
 
Cette classification est à l’origine de la doctrine des péchés capitaux. Chaque type de péché, chaque péché capital est une stratégie de l’Adversaire pour nous voler nos vies. Dans l'Antirheticos, Evagre compile des citations bibliques pour s’opposer à chaque péché capital.
 
Cassien, qui a introduit le monachisme en Occident, est l’un des premiers à distinguer le péché du vice. Un péché est un acte, le vice est une tendance habituelle à mal agir. Cassien parle de “vices capitaux” dans son best -seller ”les Institutions cénobitiques”
 
Thomas d’Aquin retravaillera cette classification des anciens moines. Mais, lui, préfère partir des vertus plutôt que des vices capitaux. D’une certaine façon, il y a chez les docteurs de l’Eglise un débat théologique sur l’ordre dans lequel on mène les combats spirituels : est-ce que le combat spirituel part d’un combat contre les péchés ou d’une relation à Dieu ? Dans tous les cas, les sept péchés capitaux sont pratiques pour leur pédagogie, et doivent en partie leur succès à leur simplicité d’usage.
 
 
-    La victoire est acquise, mais il reste à finir la bataille !
 
A Pâques chaque année, nous fêtons la victoire du Christ sur la puissance du mal et de la mort. Le Christ nous a assuré que les péchés, quels qu’ils soient, n’auraient pas le dernier mot sur nos vies.
 
Un exemple, en juin 44, les alliés savaient que la victoire sur les nazis était acquise. Pourtant, il restait encore à mener de nombreuses batailles pour gagner la guerre.
 
De même, sur la croix, le Christ a pris sur lui la puissance du péché et de la mort, pour qu’elle meure avec lui. Et il est ressuscité pour que chaque personne qui croie en lui fasse l’expérience de se relever de ses lieux de mort. “Ils nous a arraché au pouvoir des ténèbres, il nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé”. (1 Col 1,13)
 
 
-    L’Amour de Dieu d’abord
 
Les péchés, comme les armes de destruction massive, ont peu d’intérêt, mais les connaître nous aide à nous en prémunir pour vivre la vie de charité à laquelle Dieu nous a appelés. Ainsi, quand nous parlons des péchés capitaux, nous parlons d’abord de la capacité que Dieu a de changer des vies.
 
Ste Marie-Madeleine était habitée de sept démons, c’est à dire de la plénitude des péchés, et elle a rencontré Jésus : elle est devenue le premier témoin de la Résurrection.
 
St Paul était bouffé par l’orgueil d’être saint par ses propres forces. Dans sa rencontre du Christ, il a eu l’humilité de se laisser aimer, sauver et transformer par le Christ.
 
St François de Sales était un enfant colérique et il a rencontré le Christ. Comme disciple du Christ, il est connu pour sa douceur et sa délicatesse. Et il a enseigné les colériques sur la manière d’entrer peu à peu dans la douceur de Dieu.
 
 
-    Péché mortel et véniel
 
Tous les péchés n’ont pas les mêmes conséquences, tant pour les autres que pour celui qui le commet. On dit qu’un péché est mortel, quand il est suffisamment conscient et grave pour nous couper de Dieu, véniel quand il ne fait qu'abimer notre relation à Dieu sans la rompre.
 
Les péchés véniels sont pardonnés par la prière du Notre Père “Pardonne- nous nos offenses” ou par la messe. Les péchés mortels par le sacrement de la réconciliation.
 
 
-    Connaître les péchés pour mieux se connaître
 
Tous les péchés ne nous touchent pas de la même manière, car certains nous volent davantage notre vie que d’autres. En général, notre cœur brûle davantage quand on parle d’un péché qui nous concerne plus. En suivant cette série, vous nous direz si cela a fonctionné pour vous.
 
Dans cette série, vous allez découvrir les péchés capitaux, mais plus encore comment entrer dans la qualité d’amour que Dieu nous offre de vivre.
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Message par Lumen Ven 19 Fév - 10:18



L'orgueil


Qu’est-ce que c’est ?

On dit souvent que l’orgueil est le péché des personnes qui se trouvent exceptionnelles et qui méprisent les autres. Ce n’est pas ça.

-    Qu’est-ce que l’orgueil ?

L'orgueil ce n’est pas de se trouver exceptionnel, c’est de refuser de dépendre de Dieu. Lucifer est le premier à avoir refusé que son caractère merveilleux puisse venir de Dieu.

Dans la Genèse, quand Dieu crée le monde, le texte dit chaque jour : « Dieu vit que cela était bon ». Mais après la création de l’homme et de la femme, le texte dit : « Dieu vit que cela était très bon ». Tout homme, toute femme, par le simple fait qu’il est créé par Dieu, est très bon, est exceptionnel. Dieu veut que chaque homme et chaque femme se sache exceptionnel, se sache follement aimé de Dieu. Si vous ne vous trouvez pas exceptionnel, vous être en train de dire que Dieu s’est raté le jour où il vous a créé. Si vous ne trouvez pas que votre prochain est exceptionnel, vous dites à Dieu qu’il est un créateur de seconde catégorie.

Le cœur du problème, c’est quand nous oublions que ce caractère exceptionnel, nous l’avons reçu de quelqu’un encore plus exceptionnel, nous l’avons reçu de Dieu. Le diable dit “par moi - même” tandis que l’ange Gabriel dit à Marie “grâce au Seigneur”.

L’orgueilleux a oublié que seul Dieu a les moyens de rendre possible ce projet d’amour. Il a oublié que Dieu l’a tant aimé qu’Il a donné son Fils unique pour le sauver. L’œuvre du salut, c’est aussi un sauvetage de chefs d’œuvre en péril.

Par exemple ?

Ainsi quand Pierre dit à Jésus qu’il mourrait pour empêcher son arrestation :

Il oublie que seul Dieu peut lui donner la force de donner sa vie. Seul, il ne le pourrait pas. Mais plus tard, grâce à Dieu, il sera capable de faire des grandes choses par amour.

Qu’est-ce qu’on rate ?

L’orgueilleux rate d’abord beaucoup de joie et d’espérance. Un enfant apprend sa valeur dans les yeux de ses parents. L’orgueilleux se regarde lui-même, se compare, cherche en lui-même sa valeur, s’inquiète de ce qu’il pourrait ou ne pourrait faire. Un enfant de Dieu se sait digne d’amour, aimé de Dieu et sauvé par Dieu.

De plus, l’orgueilleux n’arrive pas à se voir et voir les autres comme des chefs d’œuvre blessés par le pêché. Imaginez le David de Michel-Ange couvert de boue. Cette boue n’a pas le pouvoir d’altérer définitivement ce chef d’œuvre, pas plus que le péché n’a le pouvoir d’altérer définitivement notre identité de fils de Dieu. Le sacrement du baptême, de la réconciliation, purifie notre âme (Image : Le David sous la boue, coup de karcher spirituel).

L’inverse de l’orgueil est la gratitude et la confiance en Dieu. Dieu est merveilleux et nous avec lui. Dieu a les moyens de rendre nos vies merveilleuses et j’ai raison de me lancer avec lui sur ce chemin.

Maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?

Toute personne se bat avec l’orgueil, car c’est le premier des péchés, force de tous les autres. La bonne nouvelle, c’est que c’est aussi le plus simple à combattre. La première béatitude nous dit « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des Cieux est à eux ». Quand je me laisse aider et aimer par Dieu, tous les autres péchés perdent leur force. Ils ont fort à faire avec Dieu lui-même. Il me suffit d’être un pauvre de cœur devant le Fils de Dieu et d’accepter qu’il m’ait aimé au point de donner sa vie pour moi, pour entrer dans le Royaume de Cieux.

Très concrètement, pour entrer dans l’humilité chrétienne, il faut se connaître, aimer ses qualités et ne pas craindre ses faiblesses car Dieu nous aime ainsi. Il faut ensuite le remercier pour toutes choses qu’Il a faites, spécialement les êtres humains, soi-même et les autres. La messe, les chants de louange, le fait de remercier le Christ, m’ouvrent à sa joie et à son espérance. Je vis dans une sécurité profonde, car je sais qui je suis pour Dieu et qui Il est pour moi.


Théodom : * Les 7 Péchés Capitaux * Frere-video_fr-raphael-640x605

Frère Raphaël de Bouillé, du couvent de Nancy,
a été ordonné prêtre en 2012. Il s'est spécialisé
dans l'accompagnement des acteurs pastoraux
et dans la théologie pastorale
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Message par Lumen Ven 19 Fév - 10:19



La gourmandise


« La gloutonnerie, c’est pas bien ! »,

c’est ce que tout le monde dit. On connait tous la caricature du moine bien rond, qui aime bien manger… Et on ne se prive pas d’en rire.

Alors, l’acte de gourmandise, on connaît, c’est le fait de “craquer”, de céder au plaisir de manger de bonnes choses… Et pourtant, non, ce n’est pas ça, les choses bonnes sont faites bonnes par Dieu, donc elles sont faites pour être mangées et savourées avec plaisir.

Et en fait, les adversaires de Jésus s’y sont trompés aussi ! Ils accusaient Jésus lui-même d’être glouton ! (Luc 7,34 Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et vous dites : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.”).


-    1 - Manger de manière désordonnée

Alors, qu’est-ce que la gourmandise ? C’est manger de manière désordonnée.

C’est la définition de saint Thomas, au XIIIe siècle. De manière désordonnée, ça veut dire quoi ? Ca veut dire soit trop, soit pas assez, en tout cas, pas ajusté à la vertu contraire à la gourmandise. La vertu qu’il faut chercher, c’est la tempérance : c’est à dire la juste mesure guidée par la raison. La gourmandise, c’est le déséquilibre, le manque de mesure.

-    La gourmandise, c’est donc manger mal.

D’abord, c’est manger trop. C’est ce que dit la sagesse biblique, dans cette citation poétique du livre du Siracide (31,20) : « À régime sobre, bon sommeil, on se lève tôt, on a l'esprit libre. L'insomnie, les vomissements, les coliques, voilà pour l'homme intempérant. »

Plus profondément, c’est le fait de se laisser déborder. Se laisser contrôler par son désir de manger. On peut être gourmand à cause de ce qu’on désire manger : manger trop, ou manger quelque chose de trop coûteux vu les circonstances (du champagne à tous les repas).

Et on peut aussi être gourmand à cause de la manière dont on mange : en mangeant tout le temps, ou sans respecter la nourriture ni ceux qui la servent. (Somme Théologique, IIa IIae, Qu. 148, art. 4)

Alphonse de Ligori à l’époque baroque, exhortait même les religieuses à manger sans jamais se plaindre de ce qu’il y a dans son assiette ou de la manière dont cela est préparé. C’est une manière de manger comme si c’était Dieu qui nous servait, en action de grâce continue (La Religieuse, I, 10).

Comme disait mon beau-frère on ne dit pas “j’aime pas beaucoup”, on dit ‘c’est pas bon’” / photo du noir dans “Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?”


- 2 La nourriture comme idole

Alors la gourmandise, c’est juste une question de maîtrise de soi ? Il y a besoin d’une certaine maîtrise, oui. Mais il ne faut pas qu’elle prenne toute la place : il ne faut pas que les règles diététiques deviennent le centre de notre vie. On peut être obnubilé par l’excès de nourriture autant que par l’excès de règles sur la nourriture. D’ailleurs les deux vont souvent ensemble, et on fait le balancier entre les règles qu’on se fixe et les moments où tout se casse la figure. Dans les deux cas, on a mis la nourriture au centre, au lieu de se préoccuper de manger avec cœur !

Ainsi, qu’on aime bien les bonnes choses… ou qu’on suive une diététique stricte, on peut tomber dans le péché de gourmandise. Notre rapport à la nourriture devient peccamineux si manger devient plus important pour nous qu’aimer Dieu et notre prochain. Et ce genre de chose arrive : saint Paul le dit « Ils vont à leur perte, leur dieu, c’est leur ventre ! » (Philippiens 3,19).

Saint François de Sales le dit de manière plus positive : nous ne vivons pas pour manger, mais nous mangeons pour vivre (cité par Alphonse de Ligori dans La religieuse)

Au tout début de sa vie publique, après son baptême, lorsque Jésus est au désert et qu’il jeûne, la première tentation du diable, c’est de le faire manger pour lui faire révéler son pouvoir divin : (Matthieu, 4,3) : « Et, s'approchant, le tentateur lui dit : " Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains. " » Le problème ce n’est pas que Jésus mange, c’est le fait qu’il utilise un pouvoir démesuré pour manger. D’ailleurs, les anges lui donnent à manger, après.

La gourmandise est surtout grave par ce qu’elle peut nous faire faire : oublier Dieu et être obnubilé par la nourriture, Oublier de recevoir toute nourriture comme un don.


- 3 Avoir faim de la Parole

Pour Cassien, père du désert dans l’Antiquité, combattre la gourmandise, c’est-à-dire le désir de la bouche, c’est le premier combat à mener contre les 7 vices capitaux. En effet, il ne dit pas péché capital, mais « vice » : il y a une différence, en gros, un péché, c’est une action, un vice, c’est une habitude. (Les Institutions, V, 3)

Alors comment faire ? Eh bien, il dit qu’il n’y a pas une seule recette, parce que nous sommes tous différents : nous n’avons pas le même corps ni les mêmes habitudes, la même force… (V, 5) Mais ce que Cassien indique au moine, c’est de toujours goûter davantage la contemplation de Dieu, de toujours trouver son plaisir en Dieu. Et cela détourne des plaisirs de la bouche (V, 14).

En termes contemporains : on mange de manière désordonnée pour compenser l’absence de saveur de la vie, le stress, que sais-je... Pour ajouter un peu de saveur à la vie, rien de tel que la contemplation de Dieu !

Et justement, la réponse de Jésus au désert est magnifique : « Mais il répondit : " Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ". » D’une certaine manière Jésus nous dit que la nourriture spirituelle est aussi importante que la nourriture corporelle.

Et puis justement, apprendre à bien manger, ça peut être une voie pour apprendre à bien goûter l’eucharistie. Pensez un instant à ce que c’est que manger : cette étonnante opération par laquelle j’intègre dans mon corps des choses extérieures. Je les consomme, je les fais disparaître. J’exerce un pouvoir complet sur quelque chose, c’est une expérience rare ! Dans le même temps, je sais que cette nourriture que j’ai, est ultimement un don de Dieu. Je sais qu’en la savourant, je rends grâce à Celui qui l’a mise sur Terre pour moi. Que je bénéficie du fruit de l’attention de ceux qui ont produit et cuisiné cette nourriture.

Je passe alors de l’acte de contrôle sauvage à une prise de conscience de la saveur de ce que je mange, et de la bonté de Dieu pour moi. Concrètement, c’est difficile d’y penser à chaque fois. Le benedicite et les grâces sont une très bonne habitude pour y penser, surtout quand je suis tout seul !

Et maintenant, pensez à l’eucharistie. Si vous avez l’habitude de manger sans réfléchir, le moment où vous communiez sera comme un rappel de votre propre puissance de consommer. Mais Jésus se livre entier à notre pouvoir, et demande que nous mangions son corps ! Est-ce que ça ne vaudrait pas le coup d’apprendre à vivre ce mystère dans l’action de grâce dans notre vie de tous les jours ?

Désirer trop manger vient souvent d’un oubli de désirer Dieu. Sa parole, la relation avec lui, l’eucharistie.

alors… Soyons gourmands de Dieu !


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frère Alban est étudiant dominicain,
actuellement en stage au couvent de Rennes.
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Message par Lumen Ven 19 Fév - 19:08



La luxure


La luxure ! Et on commence par un détour étymologique. Cela nous permettra de vérifier qu’on parle bien de la même chose. On ne confond pas la luxure ni avec le luxe, le superflu et la richesse, ni avec le lucre, la recherche du profit pécunier à travers les activités marchandes. La luxure, cela vient du latin Luxuria, qui signifie la surabondance, l’excès. Le débordement du désir charnel et sexuel. En grec, c’est encore plus clair : porneia. Qui a donné le mot pornographie. Eh bien voilà, on y est !

La luxure, c’est le péché lié au sexe. La recherche désordonnée du plaisir charnel. Le fait de se complaire dedans, de rechercher le plaisir sexuel pour le plaisir sexuel. L’impureté charnelle. Alors, vous faites attention : l’Eglise ne vous dit pas que le plaisir ou le désir sexuel soient mauvais. La Bible vous dit : Dieu les créa homme et femme et il vit que cela était bon. Le désir et le plaisir sexuel sont bons.

Mais l’impureté, c’est quand on cultive ce qu’il peut y avoir de vicié dans ce plaisir ou ce désir charnel, La luxure.
On parle parfois d’impureté sexuelle ou de péché d’impureté. Et en effet, dans le code de la loi de Moïse, certains actes sexuels rendent impurs, comme par exemple de coucher avec une femme mariée (Lévitique 18,20). Mais cette conception du pur et de l’impur a changé avec Jésus. C’est ce qui vient de notre cœur qui peut nous rendre impur, ce sont nos mauvaises intentions quelles qu’elles soient qui nous rendent indignes de nous approcher de Dieu (Marc 7,20-23). L’impureté reste parfois associée à la « porneia » et à la débauche (2 Co 12,21 ; Gal 5,19 ; Eph. 5,3), mais elle est surtout le contraire de la justice (Rm 6,19) ou de la sainteté (1 Th 4,7). La pureté sexuelle, ce serait alors une expression de la sexualité en toute justice et sainteté.

L’exemple le plus célèbre de luxure dans La Bible, ce n’est pas Samson qui couche avec Dalida, la prostituée ; ce n’est pas Hérode qui fait décapiter Jean le Baptiste parce qu’une jeune fille lui a fait la danse du ventre.

C’est David. Le plus grand roi juif. « Un soir, David se leva de son lit et alla se promener — sur le toit en terrasse de la maison du roi ; — de là il aperçut une femme qui se baignait ; — elle était très belle. » Bethsabée. Comme il est roi, il décide alors qu’il a le droit de coucher avec elle. C’est l’orgueil qui vient justifier la luxure.

Il couche avec et la rend enceinte. Pour que cela ne se sache pas, il fait boire Urie son mari pour camoufler l’affaire. La gloutonnerie. Mais même ivre, Urie refuse de coucher avec sa femme en souvenir de ses compagnons qui sont restés à la guerre. Alors, David le tue (la colère) et prend sa femme pour la consoler (l’envie).

Et vous voyez comment un péché, la luxure, entraîne avec lui une foule d’autres péchés. C’est pour cela qu’on l’appelle un péché capital. Mais à la racine de ce péché, il y a bien ce regard impur et avide de David qui regarde cette femme nue en train de se baigner. Jésus dira « Si ton œil t’entraîne au péché, arrache-le ! ».

C’est quoi le problème dans la luxure ? A côté de quoi est passé David ? Et bien à côté de pas mal de choses ! David est passé à côté de qui était vraiment Bethsabée. Parce que Bethsabée, avant d’être un objet de fantasme ou un objet de plaisir et de jouissance, c’était une femme digne d’être aimée pour ce qu’elle était, digne d’être respectée dans ses liens sociaux, la femme d’Urie, digne d’être honorée dans son corps par la pudeur du regard.

David est passé à côté de ça. Et puis, il est passé à côté de la chasteté. La chasteté, c’est aimer avec désir et intensité ce qu’il y a de plus beau dans une personne. La chasteté, c’est encore la pureté du corps et du regard. C’est aimer et désirer avec transparence et pureté. Et cela signifie aimer et désirer plus. La luxure, en fait, c’est aimer et désirer moins. Parce que vous voyez, quand on succombe à la luxure, on ne peut pas s’empêcher d’avoir honte. Et que la honte empêche l’innocence et la simplicité de l’amour et du désir.

La bonne nouvelle, c’est que Dieu a pardonné à David. Un péché sordide, mais qui nous a valu l’une des plus belles prières de pénitence. Le psaume 50. Alors, si nous demandons pardon, Dieu nous pardonnera. Et cela doit nous inciter à lutter contre la luxure pour que le pardon de Dieu produise tout son fruit : « Faites donc mourir ce qui en vous appartient à la terre : débauche, impureté, passion, désir mauvais et cette cupidité, qui est une idolâtrie. » (Col 3 :5).

Alors comment lutter ? Eh bien, en ayant une vie pleine. Le meilleur moyen de lutter contre la luxure, c’est d’avoir le cœur déjà pris, d’être déjà passionné pour de belles choses. Quand on vit une vie passionnante, on est moins tenté. Donc soyez passionné. Ensuite, en réduisant les tentations. Et la principale des tentations, c’est Internet. Connaissez-vous. Connaissez vos limites. Ne vous mettez pas dans des situations périlleuses. Utilisez un filtre au besoin. Et puis s’il le faut, vous avez une arme lourde. Le jeûne. De même que la luxure flatte l’excès de la chair, le jeûne met le corps au régime et le remet à sa juste place. Courage à tous ceux qui luttent et souvenez-vous : Dieu aime l’innocence et peut la redonner.



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frère Paul-Adrien d'Hardemare
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d'étudiant au couvent d'Evry. Il anime
aussi une fameuse chaîne sur YouTube.
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Message par Lumen Sam 20 Fév - 21:17



L'avarice


C’était l’Avare, de Molière. Il ne pense qu’à son argent. Pas besoin d’être théologien pour le comprendre : chez l’avare, l’argent ne fait pas le bonheur !
Dans cette vidéo, je vais composer ma définition de l’avarice couche après couche. Voici une première définition.
1ere définition : L’avarice, c’est une attitude de l’Homme qui consiste à désirer les richesses pour elles-mêmes.
L’avare oublie tout ce à quoi une chose peut servir pour ne voir de valeur que dans la chose elle-même.
Voix off : Alors si j’économise de l’argent, je suis avare ?
Non ! Ce n’est pas un mal de gérer sainement ses finances. Le problème c’est lorsque la possession devient une fin en soi. Il ne s’agit pas d’avoir peur de l’argent. Mais si vous amassez des richesses, n’y mettez pas votre cœur.
Voix off : Alors l’avare c’est celui qui ne veut pas donner ?
Ce n’est qu’une conséquence d’un mal plus profond. L’avare est obnubilé par sa richesse matérielle. L’avare, qui ne veut pas donner, et le cupide qui veut toujours plus, sont deux versants du même mal. Je comprends donc avarice et cupidité comme des synonymes. Vouloir gagner toujours plus et vouloir garder à tout prix sont deux versants du même problème.
2e couche dans ma définition.
2ème définition : L’avarice, c’est un désir démesuré de richesse.
A la fin, l’argent prend pour l’avare la place de Dieu, l’argent devient une idole. C’est ce qui fait dire à St Paul en Col 3,5 :
Voix off : « faites mourir en vous […] cette soif de posséder qui est une idolâtrie ».
3ème définition : L’avarice est une idolâtrie
Prenez la parabole de l’agriculteur insensé (Lc 12,13-21). Il croit trouver la sécurité pour de longues années en construisant de plus grands greniers.
Voix off : « Mais Dieu lui dit : “Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?” »
Cet avare croit trouver la sécurité dans la possession et l’accumulation de choses. C’est un autre aspect de l’avarice : une attitude qui refuse de dépendre de Dieu.
C’est donc ma 4e couche :
4ème définition : l’avarice est une attitude qui refuse de dépendre de Dieu
-    Quels sont les symptômes de l’avarice ?
Voix off : On n’est pas avare que de son argent ?
Exactement, l’avarice peut être plus subtile. Prenons l’exemple donné par Lewis, dans son petit livre spirituel et humoristique « La Tactique du diable ». Il remarque que ce dont nous sommes souvent avares sans nous en rendre compte, c’est de notre… temps ! Il met en scène une lettre du diable à son neveu, un tentateur débutant. « Donne-lui, au début de chaque journée, la certitude d’être le légitime propriétaire de vingt-quatre heures entières ». Or, c’est complètement absurde : « l’Homme est absolument incapable de créer [...] la moindre parcelle du temps qui lui est accordé, tout entier, comme un cadeau ; il pourrait aussi bien se considérer comme le propriétaire du soleil et de la lune ».
Dernière couche de peinture : L’avarice, c’est tout ce qui s’oppose à la « pauvreté de cœur », savoir que rien ne m’appartient. Ultimement, je finirai ma vie, et les biens de ce monde serviront à d’autres.
-    Quelques conséquences de l’avarice.
Comme tous les péchés capitaux, elle ouvre la voie à d’autres troubles et péchés. En 1 Tm 6,9, Paul écrit ainsi :
Voix off : « la racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent. Pour s’y être livrés, certains se sont égarés loin de la foi et se sont transpercé l’âme de tourments sans nombre ». …Ça ne donne pas envie.
…Ça ne donne pas envie.
1er type de conséquence, d’abord, l’avarice ferme le cœur au prochain dans le besoin. Elle détruit les liens familiaux, sociaux : voyez l’Avare, de Molière, qui veut forcer le mariage de ses enfants, se méfie de tout le monde, et ne s’attache plus aux gens que par intérêt.
2e type de conséquence, l’avarice peut avoir des conséquences sociales, à grande échelle.
Dans sa Somme de Théologie, STA nous montre que l’avarice est un manquement à la justice (II-II Q118 a3), parce qu’on acquiert et on conserve des richesses au détriment des autres personnes. C’est injuste !
L’avarice peut ainsi avoir des conséquences désastreuses sur l’économie et la rendre malsaine. Certains vont chercher à accumuler le plus possible, sans utiliser ces richesses accumulées pour produire de nouveaux biens et services.
Autre exemple de conséquences à grande échelle, en écologie. Avoir sous la main des ressources infinies, c’est ce que désire l’avare. Jamais l’avare ne se contente de consommer ce qui lui suffit, de vivre dans le présent, de contempler le monde. Pour nous chrétiens, vivre dans un environnement aux ressources limitées n’est pas une malédiction. C’est une pédagogie pour apprendre à rester dans la mesure, à vivre pleinement de ce que nous avons maintenant.

- Qu’est-ce qu’on rate ? La pauvreté de cœur.
Voix off : Qu’est - ce qu’on rate ?
Dans Mt 5,3 nous lisons
Voix off : « Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des Cieux est à eux ».
Dieu est le seul qui puisse combler le désir de nos cœurs. Jésus, la source d’eau vive, disait à Ste Catherine de Sienne « Fais-toi capacité, je me ferai torrent ».
Prenez l’exemple de pauvres de cœur, comme St François, ou Mère Teresa et tant d’autres. N’ont-ils pas trouvé les vraies richesses de ce monde ? Le pauvre de cœur accepte ce que la vie lui offre comme un cadeau. Mais il ne s’y accroche pas non plus, car il sait qu’il est fait pour Dieu.

- Qu’est-ce qu’on fait pour lutter contre l’avarice ?
Dans tous les cas, c’est un péché qui nous isole et nous rend la dépendance aux autres insupportable. Il faut donc réapprendre à goûter ce que Dieu nous donne, à Lui faire confiance, et à dépendre des autres.
C’est une démarche spirituelle, peut-être psychologique… voilà quelques idées concrètes pour les mettre en œuvre.
C’est aussi une démarche concrète.
Trois conseils pour rechercher la pauvreté de cœur : générosité, sobriété, confiance.
Sobriété : pour savoir savourer ce qu’on a maintenant
Générosité : ouvrir les yeux sur le monde, les injustices, les pauvres. Et ouvrir ses mains pour donner.
Confiance : La vie comporte toujours une part d’incertitude, mais faisons confiance en Dieu. L’Evangile selon saint Matthieu nous y encourage.
L’évangile en Mt 6,26-27 nous encourage : « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez- vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? »



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frère Alban Vallette d'Osia
frère Alban est étudiant dominicain,
actuellement en stage au couvent de Rennes.
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Message par Lumen Dim 21 Fév - 18:50



L'envie


Nous parlons de l’envie. L’envie, cela fait penser à la jalousie. Et c’est vrai, c’est presque cela mais pas tout à fait. Voici ce que dit La Rochefoucauld, un grand penseur du XVIIe : "La jalousie, écrit-il, tend à conserver un bien qui nous appartient ou que nous croyons nous appartenir, au lieu que l'envie est une fureur qui ne peut souffrir le bien des autres" On est jaloux quand quelqu’un nous prend quelque chose à nous. C’est la femme qui est jalouse parce qu’on lui a pris son mari.

L’envie, c’est quand vous êtes triste non pas parce qu’on vous a pris quelque chose mais tout simplement parce que l’autre est meilleur que vous. C’est voir la grandeur d’autrui et en être tout simplement triste. Comme si on était incapable de se réjouir parce que cela fait de l’ombre à notre propre grandeur. Saint Thomas d’Aquin dit : « L'envie consiste à s'attrister du bien du prochain, comme s'il diminuait le nôtre, et qu'il nous fit du mal ».

Par exemple, vous être envieux de l’intelligence de votre ami, parce que cette intelligence, elle vient d’où ? Mystère ! En tout cas, ce n’est pas la vôtre. D’ailleurs, à bien considérer les choses, c’est vous qui devriez être intelligent : pas lui ! Mais à côté de lui, vous paraissez bête à vos propres yeux. La tristesse et le chagrin naissent en vous  et voilà que maintenant naît en vous l’envie de vous emparer de cette excellence par tous les moyens.

L’envie, en latin, invidia. Le mauvais œil : le fait de regarder d’un œil mauvais la grandeur d’autrui. Au Moyen Âge, on disait que les envieux seraient punis par un pieu dans l’œil. Oupss… !!!


L’exemple parfait de l’homme envieux dans la Bible, évidemment, vous l’avez tous sur le bout de la langue, c’est Caïn. Le Seigneur agréa Abel et son offrande. Mais il n’agréa pas Caïn et son offrande, et Caïn en fut très irrité et eut le visage abattu. Le Seigneur dit à Caïn : « Pourquoi es-tu irrité et pourquoi ton visage est-il abattu ? Si tu es bien disposé, ne relèveras-tu pas la tête ? Mais si tu n’es pas bien disposé, le péché n’est-il pas à la porte, une bête tapie qui te convoite, pourras-tu la dominer ? » Cependant Caïn dit à son frère Abel : « Allons dehors ! », et, comme ils étaient en pleine campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua.

Caïn qui regarde d’un mauvais œil son frère, parce que son frère est grand devant Dieu. Alors que Caïn aurait pu s’en réjouir et voir en lui quelqu’un qui aurait pu prier pour lui. Et vous voyez comment en Caïn l’envie engendre l’acédie, c’est-à-dire cette sorte de paresse mélancolique et de dépression spirituelle. La tristesse dont je vous parlais. Et puis cette tristesse qui dégénère en colère puis en meurtre. Et à la racine de tout ceci, la convoitise, le désir désordonné qui est tapi comme une bête dans le cœur de Cain. L’envie est bien un péché capital, un péché qui entraîne avec lui d’autres péchés.  


A côté quoi de quoi nous font passer l’envie et la jalousie ? Eh bien, à côté de la charité, et ce n’est pas rien. Voici ce que dit saint Paul : « Le précepte : tu ne commettras pas d'adultère, tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas, et tous les autres se résument en cette formule : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » C’est quand même embêtant, parce que la charité, c’est la vie éternelle.

Plus précisément, l’envie fait passer à côté de ce fruit de la charité que l’on appelle la bienveillance et la gratuité. La bienveillance, c’est le contraire de la jalousie. La bienveillance, c’est vouloir le bien d’autrui. C’est cultiver la grandeur d’autrui, par amour gratuit et sincère de la personne qui est en face de vous. Gratuitement. Avec désintérêt. Les pères de la vie monastique disent que quand on cultive les qualités d’autrui, c’est une manière pour Dieu de nous les donner.


Pour lutter contre l’envie, il faut lutter à l’intérieur de soi-même, cultiver une certaine attitude spirituelle, une attitude faite d’humilité. L’humilité, c’est quand on regarde le monde avec vérité et objectivité, qu’on parvient à trouver sa véritable place dedans. Cela permet de chasser de notre tête le démon de la comparaison et de la jalousie. Lutter contre l’envie, c’est encore cultiver la joie. Même si cela fait mal, c’est être joyeux devant les qualités d’autrui. C’est une manière de chasser la tristesse qu’engendre la jalousie. Et puis enfin et surtout, servir autrui, passer du temps avec lui, pour l’aider à cultiver ses qualités.



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Message par Lumen Lun 22 Fév - 21:29





La colère


Parmi les sept péchés capitaux, il y a la colère. Vous connaissez sans doute cette passion. Qui ne s’est pas déjà mis en colère ? Parfois même plusieurs fois par jour, et pour toutes sortes de raisons, de la plus grave à la plus futile. Hélas, nous ne sommes pas tous égaux devant ce péché, certains gardent facilement leur calme, d’autres sont capables de s’enflammer à la moindre contrariété. Si comme moi, vous êtes d’un naturel assez colérique et que vous vous laisser emporter facilement, vous pensez peut-être qu’il n’y a rien à faire. Rassurez-vous la cause n’est pas désespérée !

Comme je le disais, chacun de nous a fait l’expérience de la colère, soit parce qu’il s’est déjà mis en colère, soit parce qu’il a dû subir la colère de quelqu’un. Bien que nous ayons tous une plus ou moins grande expérience, la majorité d’entre nous ne sait pas ce qu’est la colère, alors que cette connaissance pourrait nous aider à lutter contre ce qui nous submerge trop souvent malgré nous et qui est occasionne beaucoup de culpabilité…

Dans l’Évangile selon saint Matthieu, nous lisons la réaction ultraviolente du roi Hérode après que les mages soient repartis sans venir lui dire où se trouvait l’enfant qu’ils étaient venus adorer : « Alors Hérode, voyant que les mages l’avaient trompé, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants de moins de deux ans à Bethléem et dans toute la région d’après la date qu’il s’était fait préciser par les mages » (Mt 2, 16). Voilà une colère qui est un bon exemple pour qualifier un péché capital et mortel.

Voix off : Matthieu 5:22 Eh bien ! Moi je vous dis : « Quiconque se fâche contre son frère en répondra au tribunal ; mais s'il dit à son frère : "Crétin ! ", il en répondra au Sanhédrin ; et s'il lui dit : "Renégat ! ", il en répondra dans la géhenne de feu ».

Mais j’ai une difficulté. L’Écriture Sainte nous rapporte aussi que Dieu s’est mis en colère parce qu’Il était irrité contre son peuple et ses mauvaises actions. L’Évangile selon saint Jean relate cet épisode célèbre, où Jésus a pris des cordes pour faire un fouet avec lequel il a chassé les marchands qui se trouvaient dans le temple de Jérusalem. Jésus a donc comme nous éprouvé de la colère. Pourtant nous croyons dans la foi que Jésus n’a jamais commis de péché, Jésus a donc pu se mettre en colère sans pécher.

Il y aurait alors une bonne colère et une autre mauvaise. Cela demande une explication.
Dans son livre Les mouvements intérieurs de l’âme, une de mes amies Suzanne Giuseppi, franciscaine séculière et accompagnatrice spirituelle, parle, en se fondant sur l’enseignement des pères de l’Église et de saint François d’Assise, de la puissance irascible. Cette capacité naturelle à l’être humain est utile pour se maintenir dans la voie de Dieu et refuser ce qui en détourne. Si nous en faisons un mauvais usage, nous tombons dans l’égoïsme et la tentation de possession. Pour nous aider à comprendre prenons un exemple.

L’âme de chacun de nous possède ce que la tradition appelle des puissances, des dynamismes de l’homme. C’est comme si notre âme était un genre de caisse à outils que nous possédons pour bien vivre.

Dans cette caisse, il y a un marteau, c’est un outil que je peux utiliser pour enfoncer des clous et construire une cabane ; mais si je me mets à casser avec, les vitres de la voiture de mon voisin, alors je le détourne de son usage correct. Il en est de même pour les puissances de l’âme, si j’utilise mal la puissance irascible, elle devient mère de l’impatience, de l’agressivité et de la violence.

La colère, en latin ira, donne son nom à la puissance irascible, comme celui qui est colérique est dit irascible. La puissance irascible est naturellement donnée à l’homme pour qu’il puisse choisir le bien et repousser le mal. Il y a donc d’une certaine façon, une colère qu’on peut dire juste. Saint Thomas d’Aquin nous dit dans la Somme de Théologie (IIa IIae Q158) que « se mettre en colère n’est pas toujours un mal. » Selon lui, la colère est liée à un appétit de vengeance. Et le mal se trouve alors quand quelqu’un se met trop ou pas assez en colère, sortant de la mesure de la droite raison. Mais attention, se mettre en colère selon la raison, ne signifie pas ici qu’il faut avoir des raisons de se mettre en colère, car bien sûr personne ne s’irrite sans raison. Quand les anciens parlaient de suivre la raison, cela impliquait que la colère devait être liée à la justice. C’est la colère provoquée par le zèle, c’est par exemple celle de Jésus au Temple.

Pour saint Thomas la colère est un péché si l’on désire se venger plus que de raison, si on désire punir quelqu’un qui ne l’a pas mérité, ou davantage qu’il ne l’a mérité, ou encore quand on n’agit pas en vue de la conservation de la justice et la correction de la faute, alors l’appétit de colère est vicieux. On l’appelle « colère provoquée par le vice », c’est celle d’Hérode.

Pour ne pas faciliter les choses, saint Thomas dit aussi que celui qui ne se met pas en colère quand il a une juste cause de le faire, commet un péché, parce que la patience déraisonnable sème les vices, entretient la négligence et encourage les bons comme les mauvais, à mal agir. On parlerait aujourd’hui d’un excès de tolérance. Celui qui, voulant bien faire, ne se met pas en colère alors qu’il le doit, imite peut- être Dieu, quant au manque de passion, mais il ne l’imite pas selon que Dieu punit aussi en vertu de son jugement.    

En raison de notre nature blessée, nous ne parvenons que très rarement à suivre la raison droite pour une colère juste, alors que pouvons-nous faire ? Ecoutons l’apôtre Paul, dans une lettre à ses amis d’Ephèse, il écrivait : « Aucune parole mauvaise ne doit sortir de votre bouche ; mais, s’il y en a besoin, dites une parole bonne et constructive, bienveillante pour ceux qui vous écoutent. En vue du jour de votre délivrance, vous avez reçu en vous la marque du Saint Esprit de Dieu : ne le contristez pas. Faîtes disparaitre de votre vie tout ce qui est amertume, emportement, colère, éclats de voix ou insultes, ainsi que toute espèce de méchanceté. Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ » (Ep 4, 29-32)

Devenir comme Dieu « long de narine », c'est-à-dire lent à la colère (Ps 102, 8.). La juste vertu àa acquérir est la mansuétude, qui permet de se modérer et maintenir la colère par la raison dans un juste milieu.


Suzanne Giuseppi Testut, Les mouvements intérieurs de l’âme, Passions et vertus selon saint François d’Assise et les Pères de l’Eglise, éd. Nouvelle Cité, Bruyères -Le-Chastel, 2011



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Message par Lumen Mer 24 Fév - 10:19




L'acédie, ou tristesse spirituelle


Parfois, je ne suis pas très motivé, je n’ai envie de rien, tout me rend triste, et je n’ai envie de rien faire, alors je papillonne, je zappe, je vais voir ailleurs, sans jamais être satisfait.

1.1 En Orient : la tristesse du solitaire
Ce manque de goût n’est pas nouveau. Les ermites du désert d’Egypte le ressentaient déjà et l’appelaient acédie. C’est le mot grec utilisé dans ce verset du psaume 118.28 : « La tristesse m'arrache des larmes : relève-moi selon ta parole. ». Là, comme souvent dans les psaumes, l’Homme reconnaît son état et fait appel à Dieu pour le sauver.

Parfois, à midi, quand il fait chaud et que la faim se fait sentir, les moines avaient envie d’arrêter de prier, de sortir... D’abord, ils regardaient par la fenêtre, et puis ils sortaient de leur cellule, espérant trouver quelqu’un avec qui discuter. Parfois, ça allait tellement loin qu’ils allaient voir ailleurs.

L’un d’entre eux, Evagre le Pontique (Traité pratique, ch.27-29), une des sources de la théorie des péchés capitaux, disait que cette tristesse et cette paresse viennent d’idées noires inspirées par les démons.
Il propose différents remèdes :

1) D’abord, il y a les larmes, il s’agit de prier pour demander la conversion et savoir pleurer sur tout ce qui nous sépare de Dieu. Pleurer. Les larmes cassent ce qui s’est solidifié en nous et y font passer la vie.
2) Ensuite, il y a la Parole de Dieu. Prenez exemple sur le Christ dans sa lutte au désert contre le diable. On peut aussi trouver des paroles de consolation ou d’encouragement, par exemple dans les psaumes.
3) Il faut persévérer dans ce qu’on fait, et résister à l’envie de changer d’activité toutes les 5 minutes.
4) Il conseille aussi de méditer sur la mort et sur la vie éternelle avec Dieu.


1.2 En Occident : la tristesse en société
Nous ne sommes pas tous des ermites. On n’a pas tous les mêmes tentations selon les mêmes modes de vie.
Tirons profit de l’enseignement de Jean Cassien, qui a rapporté l’enseignement des pères du désert en occident. Son analyse est un peu différente (Conférences 9, Institutions 10). Pour lui, il y a des vices qui s’enchaînent les uns aux autres : la colère crée la tristesse et la tristesse crée la paresse.

On peut être triste à cause d’une colère passée ou d’une contrariété, mais aussi à cause d’une trop grande inquiétude ou du découragement. Tout ça nous dé- motive et crée la paresse : on a envie de dormir, on est de mauvaise humeur, on est instable. Il remarque que la tristesse est à la fois active : elle nous pousse au dégoût de notre situation, et passive, elle nous empêche d’agir.

La tristesse est la racine d’autres péchés : la malice, la rancœur, la pusillanimité (ou timidité), le désespoir, la tiédeur à faire le bien.

Grâce à ces nouvelles analyses, approfondies au long de l’histoire, de nouveaux remèdes à la tristesse spirituelle sont proposés.

Par exemple, le travail manuel. Il faut faire travailler le corps pour combattre les maux de l’esprit. C’est une interprétation toute spirituelle du verset de saint Paul : « qu'ils travaillent dans le calme et qu'ils mangent le pain qu'ils auront eux-mêmes gagné. » (2 Th 3,11-12) : ce pain gagné, c’est la joie qui fait reculer la tristesse.

COIFFEUR : “Mais contre la tristesse, t’es pas forcément tout seul”
Effectivement, St Benoît propose comme remède dans sa règle de vie pour les moines (Règle monastique, 48, 17-18) le soutien fraternel pour combattre la tristesse spirituelle. Quand on n’a pas envie de prier, il n’y a rien de tel qu’un frère plus sage pour nous rappeler combien c’est important.

L’acédie, cette tristesse spirituelle, ne touche pas que les moines, elle touche tout le monde. Alors, quand vous manquez de goût, rencontrez du monde !


1.3 Tristesse et mélancolie : péché et maladie
COIFFEUR : “Alors faut que j’aille voir un psy ?”
Attention, on ne parle pas ici de dépression. Dans l’Antiquité, on parlait déjà d’une maladie qui démotive, on appelait ça la “mélancolie”, maladie qui venait du corps. Donc si quelqu’un souffrait de mélancolie, le seul remède, c’était d’aller voir le médecin. (Saint Jérôme, lettre 135).

COIFFEUR : "Et pourquoi la tristesse ça serait un péché ?”
La tristesse en soi n’est pas un péché, il y a aussi une bonne tristesse. Quand on est privé de Dieu, on est triste et c’est aussi ça qui nous motive pour nous convertir. Donc, s’il y a une bonne tristesse, il y a aussi une mauvaise tristesse.

En fait, la tristesse, c’est un mouvement de l’âme, qui ne dépend pas de nous. On la constate. Comment la tristesse peut-elle devenir un péché ? Un péché, c’est un acte mauvais commis librement.

COIFFEUR: “Mais si je la subis, comment ça peut être un péché ?”
Saint Thomas (Somme Théologique, IIa IIae, Qu. 35, Question disputée sur le mal, Qu. 11) définit l’acédie comme une tristesse particulière... Ce qui est de l’ordre du péché, c’est de laisser monter en nous le mépris, de consentir volontairement au dégoût des choses de Dieu, de fuir volontairement les cadeaux que Dieu me donne, et les occasions que j’ai de faire le bien.

L’acédie est une maladie de l’âme. Une maladie grave. Elle est grave parce qu‘elle chasse en nous la présence de Dieu. Elle nous coupe de la charité, elle nous coupe de Dieu, et ça c’est important.

Pour lutter contre l’acédie, il faut employer des remèdes spirituels.

COIFFEUR : “Ben oui, à problème spirituel, remède spirituel !”
En effet, pour Thomas, le meilleur remède contre cette sorte de tristesse, c’est de méditer sur les biens que Dieu nous offre ou qu’Il nous promet. C’est de laisser éclater la louange.

Ainsi, vivons…
•    l’instant présent : pour éviter de zapper
•    la conversion : pour retrouver la présence de Dieu
•    et l’espérance : pour goûter ses promesses.



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Message par Lumen Mer 24 Fév - 21:01



Pourquoi se confesser ?


Tu ne sais pas trop à quoi ça sert de se confesser, ni comment faire ? Tu n’es pas le seul. Voici quelques petits trucs pour t’aider.

Parfois on a besoin de demander pardon.

(voix off) : D’abord, c’est quoi le bon mot : confession ? pénitence ? réconciliation ?

Le nom officiel est “sacrement de pénitence et de réconciliation''. Un sacrement, c’est un signe à travers lequel le Christ agit. De pénitence, parce que le mal que nous faisons nous peine, nous regrettons et nous voulons réparer. Et de réconciliation parce que par le pardon nous sommes réconciliés avec Dieu, avec les autres et avec nous-mêmes.  Nous confessons l’amour de Dieu en reconnaissant nos péchés.

Ce sacrement est la rencontre de deux amours ; le nôtre et celui de Dieu.

(voix off) Et le Christ dans tout ça ?

Le péché coupe les relations de charité et le Christ, mort sur la croix, rétablit ces relations. Par sa résurrection Il est vainqueur de la mort et du péché.

« La preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous.” (Romains 5:8 )

(voix off) Pourquoi je ne peux pas directement demander pardon à Dieu ? Pourquoi je dois passer par un prêtre pour lui dire mes péchés ? Après tout, c’est un homme comme moi.

C’est vrai, c’est un homme mais depuis son ordination, il a reçu la capacité de pardonner les péchés, comme Jésus l’a dit à ses apôtres.

(voix off) “ Tout ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus” Jn 20,22-23.

Or les prêtres sont les héritiers des apôtres.

(voix off) Quand est-ce que je peux recevoir ce sacrement ?

Quand tu veux. Néanmoins, l’église conseille de faire le point au moins une fois par an pour retrouver le Seigneur.

Le Seigneur est comme le père dans la parabole du Fils prodigue, Il nous attend tout le temps.

(voix off) Qu’est-ce que nous apporte le sacrement de réconciliation ? Quels sont ses fruits ?

Il nous apporte le pardon de Dieu, et cela porte des fruits : la paix, la joie ou la conversion. On se convertit quand on change d’orientation de la vie. On se convertit pour conformer sa vie à celle du Christ. C’est un acte jamais terminé.

(voix off) Mais si les chrétiens ne commettaient plus de péché après la confession, ça se saurait.

Personne, même Dieu ne s’attend à ce que nous ne commettions plus de péchés. Non ! Notre humanité est faite aussi de haut et de bas, des chutes et des relèvements. Le pardon nous aide à nous éloigner des situations qui nous poussent à commettre ces péchés.

(voix off) Je trouve ça culpabilisant…

Au contraire. Se convertir, c’est aussi se relever. Toutes les personnes que le Christ a pardonnées dans sa vie publique, ont relevé la tête après. Pensez à Zachée qu’on ne fréquentait pas parce qu’il passait pour un escroc, ou à cette femme qu’on voulait lapider parce qu’elle avait trompé son mari. L’un comme l’autre, sont pardonnés par le Christ. Il les relève. Pour se convertir, on doit accepter ce qu’on est. Quand je me confesse, je m’accepte tel que je suis, avec mes péchés, éloigné de Dieu. Et je retrouve le Seigneur qui me relève. Je quitte la culpabilité pour accepter d’être aimé par Dieu.

(voix off) Mais au fait, c’est quoi le péché ?

Le péché c’est une rupture de communion avec Dieu. C’est l’éloignement de son amour gratuit. C’est aussi cette séparation d’avec le prochain. Si le péché nous éloigne de Dieu, il nous sépare des personnes que nous aimons. Et parfois nous souffrons autant que les personnes que nous avons fait souffrir.



Théodom : * Les 7 Péchés Capitaux * Frere-video_sr

soeur Henriette Kaboré
Soeur Henriette est dominicaine, de la Présentation de Tours. Elle est docteur en théologie, spécialisée en catéchèse. Cette année, elle est investit dans l’équipe diocésain de la catéchèse et de la pastorale du diocèse de Marseille.



A SUIVRE POUR APPROFONDIR

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Message par Lumen Mer 24 Fév - 21:23

Pour approfondir le poste précédent : Pourquoi se confesser ?


Voici  :




Comment recevoir le sacrement de la réconciliation ?


Alors, concrètement, comment on fait pour recevoir ce sacrement ?

D’abord, ça se prépare.
Un temps de relecture
La préparation est la partie la plus importante.
Je prends le temps, je m’assieds, j’examine ma vie durant les semaines passées.
D’abord, j’essaie de voir mon péché. Je le fais grâce à la Bible, la lumière de la parole d’amour de Dieu.
Je prie l’Esprit Saint de m’aider pour mieux voir mon péché et ce qui m’a conduit au péché.

Un temps de prière
Un moment de prière avant de se confesser fait partie de la démarche. Pensez déjà que c’est un temps de grâce que le Seigneur vous offre. C’est aussi dans la prière que nous demandons au Seigneur d’être vrai dans l’acte que nous allons poser. Demander la force de l’Esprit pour réparer le mal commis.

Devant le prêtre.
(Voix off) Et devant le prêtre, il faut y aller dans quel état d’esprit ?
Pense que c’est le Christ à travers le prêtre qui t’accueille.
Pense aussi que c’est une célébration. Un temps de renouvellement de l’alliance de Dieu avec toi. Le prêtre est là comme témoin.
(Voix off) Il y a des étapes à suivre ?
Comme pour tous les sacrements, l’Eglise a un rituel.

- le temps d’accueil
On commence par un temps d’accueil, un court échange avec le prêtre.
Vous pouvez commencer par dire merci à Dieu pour les grâces reçues depuis votre dernière confession et surtout pour ce moment qu’Il vous donne de recevoir de nouveau ce sacrement.
Souvent on dit cette phrase : BENISSEZ MOI MON PERE CAR J’AI PECHE. Et alors le prêtre et vous-même, faites un signe de croix. Le prêtre peut faire une courte prière.
Même si vous ne le dites pas, pensez qu’il n’y a pas de mauvais procédé pendant une confession. Le prêtre saura vous accueillir pour mieux vous aider à vivre cette démarche de manière paisible.

- Le temps de la confession des péchés.
Après, tu peux dire tes péchés. Pense vraiment à ce que tu dis, mettez tout votre cœur. Il ne s’agit pas de faire une longue liste, ce qui compte c’est le regret avec lequel tu le dis. C’est le moment de vérité, de foi, de confiance qui se vit dans l’humilité.

- La proposition d’un signe de conversion par le prêtre
Comme dans toute célébration, il y a un moment dans la confession où l’on reçoit des conseils du prêtre.
Le prêtre peut te poser des questions. Ne pense pas qu’il te juge, non, il ne parle pas pour te condamner pour t’aider dans ta démarche de conversion. Il veut surtout te rappeler que l’amour de Dieu dépasse tes limites humaines. Aussi, ces conseils constituent des propositions pour ton cheminement spirituel car tant que tu vis, tu ne peux pas ne pas tomber dans le péché.
Ensuite, il te donne la pénitence que tu dois faire. C’est un signe de ton repentir.
(Voix off) C’est quoi cette pénitence que le prêtre nous donne ?
La pénitence, elle nous aide à prendre notre péché au sérieux, et à prendre conscience du pardon de Dieu. Elle nous aide à mettre les compteurs à zéro.
Ce sont surtout des prières, et des gestes envers le prochain qui montrent vraiment ton regret et ton repentir par rapport à ce qui s’est passé. Il vaut mieux l’accomplir le plus vite possible pour ne pas l’oublier.

- le temps de l’accueil du pardon de Dieu
Quand c’est possible on prend un temps de prière avec le prêtre.
Et puis, tu pries seul et à haute voix le Seigneur de te pardonner. On appelle cette prière « l’acte de contrition ».
La prière la plus connue, c’est celle-ci :
« Mon Dieu, j’ai un très grand regret de t’avoir offensé, parce que Tu es infiniment bon, infiniment aimable et que le péché Te déplaît. Je prends la ferme résolution avec le secours de Ta sainte grâce, de ne plus T’offenser et de faire pénitence ».
Mais le rituel propose beaucoup d’autres prières. Par exemple :
“Mon Dieu, j’ai péché contre Toi et mes frères mais près de Toi se trouve le pardon. Accueille mon repentir et donne-moi la force de vivre selon Ton amour.”
Après cette prière, le prêtre dit la formule de l’absolution par laquelle le Christ Te pardonne. Alors, il étend les mains et dit :
« Que Dieu notre Père vous montre Sa miséricorde ; par la mort et la résurrection de son Fils Il a réconcilié le monde avec lui et Il a envoyé l'Esprit Saint pour la rémission des péchés : Par le ministère de l’Église qu'Il vous donne le pardon et la paix. Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, je vous pardonne tous vos péchés. »
Tu réponds : Amen, signe que tu acceptes ce pardon que Dieu te donne.
Et voilà, on peut repartir le cœur tout léger.
(Voix off) C’est un nouveau départ ?
Oui, alors, remercie Dieu pour le pardon reçu, va et vis dans la paix avec le Christ.
« Heureux l’homme dont la faute est enlevée, et le péché remis ». Ps 31, 1.

Catéchisme de l’Eglise Catholique, Editions du Cerf, Paris, 1997, art 10§ 976.



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soeur Henriette Kaboré
Soeur dominicaine de la Présentation de Tours


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Gloire à toi Seigneur Jésus-Christ

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