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Théories de contrôle de l’esprit

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Message par Lotfi le Dim 4 Nov 2012 - 1:54

Théories de contrôle de l’esprit et techniques utilisées par les médias de masse
© Vigilant Citizen, merci à Yohann pour la traduction!


Les médias de masse sont l’outil le plus puissant utilisé par la classe dirigeante pour manipuler les masses. Ils forment et modèlent les attitudes, les opinions et définissent ce qui est normal et acceptable. Cet article examine le fonctionnement des médias de masse à travers les théories de leurs penseurs majeurs, leur structure d’influence, et les techniques qu’ils utilisent, afin de comprendre leur véritable rôle dans la société.

Beaucoup d’articles de ce site [vigilantcitizen, ndlr] parlent de symbolisme occulte trouvé dans des objets de la culture populaire. De ces articles émergent beaucoup de questions légitimes liées à l’objectif de ces symboles et aux intentions de ceux qui les placent ici, mais il est impossible pour moi de fournir des réponses satisfaisantes à ces questions sans mentionner de nombreux autres faits et concepts. Par conséquent j’ai décidé d’écrire cet article autant pour étayer les fondements théoriques et méthodologiques des analyses présentées sur ce site que pour présenter les principaux spécialistes du monde de la communication de masse. Des gens lisent mes articles et pensent que je dis : « Lady Gaga veut contrôler nos esprits ». Or ce n’est pas le cas. Elle est simplement une petite partie de l’énorme système que sont les médias de masse.

La programmation via les médias de masse
Les médias de mass (« mass media ») sont des formes de médias conçues pour toucher la plus large audience possible. Cela inclut la télévision, les films, la radio, les journaux, les magazines, les livres, les chansons, les jeux vidéos et Internet. De nombreuses études ont été conduites au siècle passé pour mesurer les effets des médias de masse sur la population afin de découvrir les meilleures techniques pour l’influencer. De ces études a émergé la science des communications, qui est utilisée dans le marketing, les relations publiques et la politique : la communication de masse est un outil nécessaire pour assurer le fonctionnement d’une vaste démocratie ; c’est aussi un outil nécessaire pour une dictature. Tout dépend de son usage.

Dans la préface de son Meilleur des Mondes de 1958, Aldous Huxley peint un portrait plutôt sombre de la société. Il croit qu’elle est contrôlée par une « force impersonnelle », une élite dirigeante, qui manipule la population par des méthodes variées.

« Les forces impersonnelles sur lesquelles nous n’avions presque aucun contrôle semblent tous nous pousser en direction du cauchemar Meilleur-mondiste ; et cette poussée impersonnelle est en train d’être sciemment accélérée par les représentants des organisations politiques et commerciales qui ont développé un certain nombre de techniques pour manipuler, dans l’intérêt d’une certaine minorité, les pensées et sentiments des masses. »
- Aldous Huxley, préface du Meilleur des mondes.

Sa sombre perspective n’est pas qu’une simple hypothèse ou une illusion de paranoïaque. C’est un fait certifié, présent dans les plus importantes études mondiales sur les médias de masse. En voici quelques unes :

Les penseurs de l’élite

Walter Lippmann

Walter Lippmann, intellectuel américain, écrivain qui a gagné à deux reprises le prix Pulitzer, a donné naissance à un des premiers travaux à propos de l’usage des médias de masse. Dans Opinion publique (1922), Lippmann compare la masse à une « grosse bête » et à « un troupeau perplexe » qui avait besoin d’être guidé par un classe gouvernante. Il a décrit l’élite dominante comme « une classe spécialisée dont les intérêts se portent au-delà du local ». Cette classe est composée d’experts, de spécialistes et de bureaucrates. Selon Lippmann, les experts, à qui ont fait souvent référence comme « l’élite », seront sous peu une machine de la connaissance qui circonvient au principal défaut de la démocratie, l’idéal impossible d’un « citoyen omnipotent ». Le « troupeau perplexe » rugissant et piétinant a sa fonction : être « le spectateur désintéressé de l’action », c-à-d pas un participant. La participation est le devoir de « l’homme responsable », qui n’est pas le citoyen ordinaire.

Les médias de masse et la propagande sont par conséquent des outils qui doivent être utilisés par l’élite pour diriger le public sans correction physique. Un concept important présenté par Lippmann est la « fabrication du consentement » qui est, en gros, la manipulation de l’opinion publique pour accepter le programme de l’élite. A l’avis de Lippmann, le public en général n’est pas en mesure de raisonner et de trancher les questions importantes. Il est donc important pour l’élite de décider « pour son propre bien » et ensuite vendre ces décisions aux masses.

« Que cette fabrication du consentement soit capable de grandes améliorations personne, je pense, personne ne le nie. Le procédé par lequel les opinions publiques se présentent n’est certainement pas moins subtil qu’il l’est apparu dans ses pages, et les opportunités de manipulation qui s’ouvrent à quiconque comprend le procédé sont suffisamment claires… Comme un résultat de recherches psychologiques alliées avec les moyens de communication modernes, la pratique de la démocratie a pris un tournant. Une révolution se produit, infiniment plus significative que toutes les variations du pouvoir économique… Sous l’impact de la propagande, pas nécessairement au sens péjoratif du mot, les vieilles constantes de notre pensée sont devenues variables. Il n’est plus possible, par exemple, de croire au dogme initial de la démocratie ; que la connaissance nécessaire à la gestion des affaires humaines sort spontanément du cœur humain. Lorsqu’on agit selon cette théorie on s’expose à l’autodéception, et à des formes de conviction que nous ne pouvons vérifier. Il a été démontré que nous ne pouvons pas compter sur l’intuition, la conscience, ou les accidents de l’opinion faite à la va-vite pour traiter avec le monde au-delà de notre portée. »
- Walter Lippmann, « Opinion publique »

Il peut être intéressant de remarquer que Lippmann est un des pères fondateurs du CFR (« Council of Foreign Relations », soit « le conseil des relations étrangères »), le club de réflexion en politique étrangère le plus influent du monde. Ce fait devrait vous donner un petit indice sur l’état d’esprit de l’élite concernant l’utilisation des médias.

« Le pouvoir politique et économique aux Etats-Unis est concentré entre les mains d’une « élite dirigeante » qui contrôle la plupart des corporations multinationales, les principaux médias, les fondations les plus influentes, les universités privées les plus importantes et la plupart des services publics basés aux E-U. Fondé en 1921, le Council of Foreign Relations est le lien-clé entre les grosses corporations et le gouvernement fédéral. On l’appelait « l’école des hommes d’Etats » et « ce qui se rapproche d’un organe de ce que C. Wright Mills appelait l’Elite du Pouvoir – un groupe d’hommes aux intérêts et modes de pensée similaires façonnant les évènements depuis des positions invulnérables dans les coulisses. La création des Nations Unies était le projet du CFR, tout comme le Fond Monétaire International et la Banque Mondiale. »
- Steve Jacobson, « Contrôle mental aux Etats-Unis »

Parmi les membres actuels du CFR se trouvent David Rockefeller, Dick Cheney, Barack Obama, Hilary Clinton, le pasteur d’une méga-église Rick Warren, les PDG de corporations importantes telles que CBS, Nike, Coca-Cola et Visa.

Carl Jung

Carl Jung est le fondateur de la psychologie analytique (aussi connue sous le nom de « psychologie jungienne ») qui met l’accent sur la compréhension de la psyché en explorant les rêves, l’art, la mythologie, la religion, les symboles et la philosophie. Le thérapeute suisse est à l’origine de nombreux concepts psychologiques utilisés aujourd’hui tels que l’Archétype, le Complexe, la Personne, l’Introverti/Extraverti et la Synchronicité. Il a été hautement influencé par le milieu occulte de sa famille. Carl Gustav, son grand-père, était un fervent Franc-maçon (il était Grand-Maître) et Jung lui-même découvrit que certains de ses ancêtres étaient rosicruciens. Cela pourrait expliquer son grand intérêt pour la philosophie Occidentale et Orientale, l’alchimie, l’astrologie et le symbolisme. Un de ses plus importants concepts (et un des plus mal compris) était celui d’Inconscient collectif.

« Ma thèse, donc, est comme suit : en plus de notre conscience immédiate, qui est d’une nature tout à fait personnelle et que nous croyons être le seul psychisme empirique (même si nous ajoutons l’inconscient personnel en appendice), il existe un second système psychique d’une nature collective, universelle et impersonnelle qui est indentique à tous les individus. Cet inconscient collectif ne se développe pas individuellement, mais on en hérite. Il consiste en formes préexistantes, les archétypes, qui peuvent seulement devenir conscientes de manière secondaire, et qui donnent une forme définie à certains contenus psychiques. »
- Carl Jung, « le Concept d’inconscient collectif ».

L’inconscient collectif ressort à travers l’existence de symboles similaires et de personnages mythologiques dans différentes civilisations. Les symboles archétypaux semblent être ancrés dans notre subconscient collectif et, lorsque nous y sommes exposés, nous démontrons une fascination et une attraction naturelles. Les symboles occultes peuvent donc exercer un impact conséquent sur les gens, même si beaucoup d’individus n’ont jamais été personnellement confronté au sens ésotérique du symbole. Les penseurs des médias de masse, comme Edward D. Bernays, a trouvé dans ce concept un excellent moyen de manipuler l’inconscient collectif et personnel du public.

Edward Bernays

Edward Benays est considéré comme le « père des relations publiques » et a utilisé des concepts découverts par son oncle Sigmund Freud pour manipuler le public en utilisant le subconscient. Il partageait la vision de Walter Lippmann concernant la population en général, la considérant irrationnelle et sujette au « mouvement de troupeau ».

« La manipulation consciente et intelligente des habitudes et opinions organisées des masses est un élément important d’une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme invisible de la société constituent un gouvernement invisible qui est la vraie force dirigeante du pays.

Nous sommes gouvernés, nos esprits sont façonnés, nos goûts formés, nos idées suggérées, en grande partie par des hommes dont on n’a jamais entendu parler. C’est un résultat logique de la manière dont notre société démocratique est organisée. Un vaste nombre d’êtres humains doivent coopérer de cette manière s’ ils veulent sous peu vivre ensemble dans une société qui fonctionne sans difficultés.

Nos gouvernants invisibles sont, dans beaucoup de cas, inconscients de l’identité de leurs collègues dans le cercle fermé.
»
- Edward Bernays, « Propagande ».

Les campagnes marketing novatrices de Barneys ont profondément changé le fonctionnement de la société américaine. Il a pratiquement créé le « consumérisme » en créant une culture dans laquelle les Américains achètent pour le plaisir et non pour la survie. Pour cette raison, il est considéré par Life Magazine comme étant dans le Top 100 des Américains les plus influents du XXème siècle.

Harold Lasswell

En 1939-1940, l’Université de Chicago fut l’hôte d’une série de séminaires secrets sur les communications. Ces clubs de réflexion furent fondés par la fondation Rockfeller et comprenait les chercheurs les plus importants dans les domaines de la communication et des études sociologiques. Un de ses érudits était Harold Lasswell, un scientifique politique et théoricien en communication de premier plan, spécialisé dans l’analyse de la propagande. Il partageait aussi l’opinion selon laquelle la démocratie, un gouvernement dirigé par les gens, ne pouvait pas se maintenir sans une élite spécialisée formant et façonnant l’opinion publique à travers la propagande.

Dans son Encyclopédie des Sciences sociales, Lasswell explique que lorsqu’il manque aux élites la force requise pour l’obéissance contrainte, les managers sociaux doivent se tourner vers « une toute nouvelle technique de contrôle, en grande partie par la propagande ». Il y ajouta la justification conventionnelle : « l’ignorance et la stupidité [des]… masses et ne pas succomber aux dogmatismes démocratiques comme quoi les hommes seraient les meilleurs juges de leurs propres intérêts. »

Lasswell a considérablement étudié le domaine de l’analyse de contenu pour comprendre l’efficacité des différents types de propagande. Dans son essai Les contenus de la communication, Lasswell explique que, afin de comprendre la signification d’un message (c-à-d un livre, un discours, un film etc), on doit prendre en compte la fréquence à laquelle certains symboles apparaissent dans le message, la direction dans laquelle ces symboles essaient de guider l’opinion de l’audience, et l’intensité des symboles utilisés.

Lasswell était célèbre pour son analyse des médias basée sur ceci :

« Qui (dit) Quoi (à) Qui (par) Quel Moyen (avec) Quel Effet »

Via ce modèle, Lasswell indique que pour analyser correctement un produit médiatique, il nous faut regarder à qui l’a produit (les gens qui ont ordonné sa création), à qui il est destiné (l’audience-cible) et quels sont les effets désirés du produit (informer, convaincre, vendre, etc) sur l’audience.

Voilà quelle serait l’analyse d’une vidéo de Rihanna par exemple : QUI A PRODUIT : Vivendi Universal ; QUOI : l’artiste pop Rihanna ; A QUI : les consommateurs âgés de 9 à 25 ans ; QUEL MOYEN : vidéoclip ; et QUEL EFFET : vendre l’artiste, sa chanson, son image, et son message.

L’analyse de films et de vidéos sur The Vigilant Citizen donne une grande importance à « qui est derrière » les messages communiqués au public. Le terme « Illuminati » est souvent utilisé pour décrire un petit groupe formant une élite dirigeant secrètement les masses. Bien que le terme sonne assez caricatural et conspirateur, il décrit judicieusement les affinités de l’élite avec des sociétés secrètes et un savoir occulte. Cependant, je déteste personnellement utiliser le terme de « théorie du complot » pour décrire ce qui se passe dans les médias de masse. Si tous les faits concernant la nature élitiste de l’industrie sont facilement disponibles au public, est-ce qu’on peut encore appeler ça une « théorie du complot » ?

Il y avait avant une variété de points de vue, idées et opinions dans la culture populaire. La consolidation des corporations médiatiques a cependant produit une standardisation de l’industrie culturelle. Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi toutes les musiques récentes sonnent pareilles et tous les films récents ont l’air pareils ? la réponse se trouve dans la partie suivante :

Possession des médias

http://www.nouvelordremondial.cc/wp-content/uploads/2012/02/possession-medias.jpgThéories de contrôle de l’esprit Possession-medias

Le nombre de corporations qui contrôlent la majorité des médias aux Etats-Unis : (journaux, magazines, stations de radio, chaînes télé, livres, musiques, films, fournisseurs d’accès et agences de photographie)
Comme il est représenté sur le graphique ci-dessus, le nombre de corporations possédant la majorité des organes de presse aux E-U est passé de 50 à 5 en moins de 20 ans. Voici le top des corporations en évolution autour du monde et les capitaux actifs qu’elles possèdent :

Théories de contrôle de l’esprit Aol

« Une liste des propriétés contrôlées par AOL Time Warner prendrait dix pages dactylographiées qui listeraient 292 compagnies séparées et filiales. Parmi elles, 22 sont des sociétés en participation avec d’autres majors impliquées à divers degrés en opérations médiatiques. Ces partenaires incluent 3Com, eBay, Hewlett-Packard, Citygroup, Ticketmaster, American Express, Homestore, Sony, Viva, Berterlsmann, Polygram, et Amazon.com. Quelques une des propriétés plus familières détenues à 100% par AOL Time Warner : Book-of-the-Month Club : Little Brown éditeurs ; HBO et ses sept chaînes ; CNN ; sept chaînes spécialisées et en langues étrangères ; « Bip-Bip et Vil Coyote » ; les studios Warner Bros ; Popular Science et 52 autres labels de disques différents. »
- Ben Bagdikan, « le Nouveau monopole des Médias. »

AOL Time Warner possède :
- 64 magazines, dont Time, Life, People, MAD Magazine et DC Comics.
- Waner Bros, New Line et Fine Line Features dans le cinéma.
- Plus de 40 labels musicaux dont Warner Bros, Atlantic et Electra.
- Beaucoup de « networks » télévisuels tels que AB Network, HBO, Cinemax, TNT, Cartoon Network et CNN.
- Madonna, Sean Paul, les Whites Stripes…

Théories de contrôle de l’esprit Walt-disney

« La propriété de Disney d’une équipe de hockey appelés les Mighty Ducks d’Anaheim ne suffit pas à décrire l’immensité de son royaume. Hollywood reste son cœur symbolique, avec huit studios de productions et distributeurs : Wall Disney Pictures, Touchstone Pictures, Miramax, Buena Vista Home Video, Buena Vista Home Entertainment, Buena Vista International, Hollywood Pictures et Caravan Pictures.

La compagnie Walt Disney contrôle huit maisons d’édition sous Walt Disney Company Book Publishing et ABC Publishing Book ; 17 magazines ; ABC Television Network avec ses dix stations qu’elle possède et qu’elle fait fonctionner y compris dans le top 5 du marché ; 30 stations de radio, dont toutes les plus grosses du marché; 11 chaînes câblées dont Disney, ESPN (conjointement) ; A&E et la chaîne Histoire ; 13 chaînes de diffusion internationale qui vont de l’Australie au Brésil ; 17 unités sportives et unités de production autour du monde ; et 17 sites Internet, ce qui inclut le groupe ABC, ESPN.sportzone, NFL.com, NBAZ.com et NASCAR.com. Ses cinq groupes musicaux incluent la Buena Vista, Lyric Street et les labels Disney, et des productions cinématographiques « vivantes » d’où sont sortis des films comme Le Roi Lion, la Belle et la Bête, et le Roi David…
»
- Ibid.

La Walt Disney Company possède :
- ABC, Disney Channel, ESPN, A&E, History Channel
- Walt Disney Pictures, Touchstone Pictures, Hollywood Pictures, Miramax Film Corp., Dimension et Buena Vista International
- Miley Cyrus/ Hannah Montana, Selena Gomez, les Jonas Brothers.

Techniques de manipulation

« La publicité est une tentative délibérée pour contrôler la perception qu’a le public d’un sujet. Parmi les sujets de la pub se trouvent des gens (par exemple des politiciens ou des artistes en train de jouer), des biens et des services, des organisations de tous les types, des œuvres d’art et de divertissement. »

L’effort pour vendre produits et idées aux masses a conduit à un nombre de recherches sans précédent sur le comportement humain et la psyché humaine. Sciences cognitives, psychologie, sociologie, sémiotique, linguistique et d’autres domaines qui leur sont liées étaient et sont encore considérablement recherchés par les études bien financées.

« Aucun groupe de sociologistes ne peut se rapprocher des équipes publicitaires en ce qui concerne le rassemblement et le traitement de données sociales. Les équipes publicitaires ont des milliards par an à dépenser dans les recherches et tests de réactions, et leurs produits sont de magnifiques accumulations de substance concernant les sentiments et expériences vécues par la communauté entière. »

- Marshall Mcluhan, « les Extensions de l’Homme »

Les résultats de ces études sont appliqués aux publicités, aux films, aux clips et à d’autres médias dans le but de les rendres aussi influents que possible. L’art du marketing est hautement scientifique et calculé parce qu’il doit atteindre à la fois l’insconscient collectif et individuel. En ce qui concerne les produits culturels à gros budget, une vidéo n’est jamais « une simple vidéo ». Les images, les symboles et les significations sont placées stratégiquement dans le but d’obtenir un effet désiré.

« C’est aussi bien avec la connaissance de l’être humain, de ses tendances, de ses désirs, de ses besoins, de son mécanisme psychique, de ses automatismes que celle de la psychologie sociale et de la psychologie analytique que la propagande peut affiner ses techniques. »

- Jacques Ellul.

La propagande d’aujourd’hui n’utilise quasiment jamais d’arguments logiques ou rationnels. Elle va directement puiser dans les besoins et instincts humains les plus primaires afin de générer une réponse émotionnelle et irrationnelle. Si nous pensions de manière rationnelle, il est probable que nous n’achèterions pas 50% de ce que nous avons. On peut trouver constamment des bébés et des enfants dans les pubs qui ciblent les femmes pour une raison spécifique : les études ont montré que les images d’enfants déclenchent chez les femmes un besoin instinctif de nourrir, de prendre soin et de protéger, ce qui conduit au bout du compte un parti-pris de sympathie envers la publicité.

Symbolisme occulte dans la culture populaire

Théories de contrôle de l’esprit Metropolis

Contrairement aux informations présentées ci-dessus, la documentation sur le symbolisme occulte est plutôt difficile à trouver. Cela ne doit pas se révéler surprenant, puisque le terme « occulte » signifie littérallement « caché ». Cela veut dire aussi « réservé à ceux qui savent » puisqu’il est seulement communiqué à ceux qui sont considérés dignes de ce savoir. Il n’est ni enseigné dans les écoles ni discuté par les médias. Il est donc considéré marginal voire ridicule par la population en générale.

Le savoir occulte n’est cependant PAS considéré comme ridicule dans les cercles occultes. Il est considéré intemporel et sacré. Il y a une longue tradition de savoir hermétique et occulte qui s’enseigne à travers les sociétés secrètes qui viennent de l’Egypte Ancienne, aux Mystiques Orientaux, aux chevaliers Templiers jusqu’aux Francs-Maçons des temps modernes. Même si la nature et l’étendue et ce savoir a très probablement été modifié, altéré à travers les siècles, les écoles de l’occulte ont gardé leurs principales caractéristiques, qui sont hautement symboliques, ritualistes et métaphysiques. Ces caractéristiques, qui étaient une part complexe des anciennes civilisations, ont totalement été évacuées de la société moderne pour être remplacées par un pragmatisme matérialiste. Pour cette raison il existe un fossé de compréhension important entre la personne lambda et l’institution ritualiste.

« Si cette doctrine ésotérique a toujours été dissimulée aux masses, pour qui un code plus simple a été partitionné, n’est-il pas hautement probable que les représentants de chaque aspect de la civilisation moderne – philosophique, éthique et scientifique – soient ignorants de la vraie signification de ces théories et principes mêmes sur lesquels leurs croyances sont fondées ? Est-ce que les arts et les sciences que la race a héritées de nations plus anciennes dissimulent derrière leure jolie façade un mystère si grand dont seuls les intellectuels les plus illuminés peuvent comprendre la portée ? C’est très certainement le cas. »

- Manly P. Hall, « Enseignements secrets de tous les âges ».

Le « code plus simple » partitionné pour les masses avait pour habitude d’être les religions organisées. Maintenant, c’est devenu le Temple des Médias de Masse et il prêche quotidiennement le matérialisme extrême, la vacuité spirituelle et une existence individualiste, tournée vers soi. C’est exactement le contraire des attributs requis pour devenir un homme réellement libre, comme c’est enseigné par les grandes écoles de pensée. Est-ce qu’une population abêtie est plus facile à tromper et à manipuler ?

« On dit à ces esclaves aveugles qu’ils sont « libres » et « bien éduqués », même quand ils marchent au pas derrière des signes qui feraient s’enfuir d’eux paniqué et en criant n’importe quel paysan du Moyen-Age. Les symboles que l’homme moderne embrasse avec la confiance naïve d’un enfant équivaudraient à cet écriteau sur une pancarte : « Direction votre mort et l’esclavage », comme le comprendrait un paysan de l’antiquité ».

- Michael A. Hoffman II, « Sociétés secrètes et guerre psychologique »

Théories de contrôle de l’esprit Morans

En conclusion

Cet article a porté un regard sur les penseurs majeurs dans le domaine des médias de masse, la structure d’influence des médias, et les techniques utilisées pour manipuler les masses. Je crois que cette information est vitale pour la compréhension du « pourquoi » dans les sujets débattus sur The Vigilent Citizen. La dichotomie entre la « masse de la population » contre « l’élite dirigeante » décrite dans nombre d’articles n’est pas une « théorie de la conspiration » (encore une fois je déteste ce terme), mais une réalité qui a été précisément indiquée dans les travaux de quelques uns des hommes les plus influents du XXème siècle.

Lippmann, Bernays et Lasswell ont tous déclaré que le public n’était pas à même de décider de son propre destin, qui est le but inhérent à la démocratie. A la place, ils en ont appelé à une « cryptocratie », un gouvernement caché, une classe dirigeante en charge du « troupeau perplexe ». Au fur et à mesure que leurs idées continuent d’être appliquées à la société, il est de plus en plus visible qu’une population ignorante n’est pas un obstacle dont les dirigeants doivent s’occuper : c’est quelque chose de DESIRABLE, et, en effet, nécessaire pour assurer un leadership total. Une population ignorante ne cherche pas ses droits, ne cherche pas une plus grande compréhension des problèmes, ne questionne pas l’autorité. Elle suit simplement la tendance. La culture populaire pourvoit aux besoins de l’ignorance et la nourrit en servant continuellement du divertissement asphyxiant le cerveau et en mettant en lumière des célébrités dégénérées pour qu’elles soient idolatrées. Beaucoup de gens me demandent : « est-ce qu’il y a un moyen d’arrêter ça ? ». Oui, il y en a un. ARRETEZ D’ACHETER LEURS SALOPERIES ET LISEZ UN LIVRE.

« Si une nation espère être ignorante et libre, elle espère ce qui n’a jamais été et ce qui ne sera jamais. »

- Thomas Jefferson









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Message par esperance le Dim 4 Nov 2012 - 8:59


C'est surtout avec la puce RFID que le controle de masse va se généraliser de façon très rapide. Mais dans un certain sens le monde est mûr pour se faire controler incognito. Déja que les téléphones sont écouté à notre insu, la télévision et les médias aussi sont dans le filet.
et nous voyons dernièrement que dans les nouveaux smarphones, avec le système d'exploitation d'android, on ne peut pas aller sur internet en 3G sans passer des informations personnelles sur le réseau autrement dit, tout est controlée.

Nous y allons de bon train vers la catastrophe, mais tout ceci aura une fin.

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Message par Lotfi le Jeu 27 Mar 2014 - 0:31

La Stratégie de manipulation des masses


1 La stratégie de la diversion

Elément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l'attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d'informations insignifiantes.

La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s'intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l'économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.


"Garder l'attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » (extrait de "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")

2 Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée "problème-réaction-solution". On crée d'abord un problème, une "situation" prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu'on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore: créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3 La stratégie du dégradé

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l'appliquer progressivement, en "dégradé", sur une durée de 10 ans. C'est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n'assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution si ils avaient été appliqués brutalement.

4 La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme "douloureuse mais nécessaire", en obtenant l'accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d'accepter un sacrifice futur qu'un sacrifice immédiat. D'abord parce que l'effort n'est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que "tout ira mieux demain" et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s'habituer à l'idée du changement et l'accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.
Exemple récent: le passage à l'Euro et la perte de la souveraineté monétaire et économique ont été acceptés par les pays Européens en 1994-95 pour une application en 2001. Autre exemple: les accords multilatéraux du FTAA que les USA ont imposé en 2001 aux pays du continent américain pourtant réticents, en concédant une application différée à 2005.

5 S'adresser au public comme à des enfants en bas-age

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Exemple typique: la campagne TV française pour le passage à l'Euro ("les jours euro"). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi?
"Si on s'adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d'une personne de 12 ans." (cf. "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")

6 Faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion

Faire appel à l'émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l'analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l'utilisation du registre émotionnel permet d'ouvrir la porte d'accès à l'inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements...

7 Maintenir le public dans l'ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage.

"La qualité de l'éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l'ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures."

8 Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver "cool" le fait d'être bête, vulgaire, et inculte...

9 Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l'individu qu'il est seul responsable de son malheur, à cause de l'insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l'individu s'auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l'un des effets est l'inhibition de l'action. Et sans action, pas de révolution!...

10 Connaître les individus mieux qu'ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le "système" est parvenu à une connaissance avancée de l'être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l'individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

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Message par Lotfi le Mer 16 Avr 2014 - 17:21

Le CSA veut contrôler les sites internet ! La censure politique se met en place progressivement


Théories de contrôle de l’esprit Internet_sous_surveillance

On se doute que cet espace de liberté et d’information alternative que constitue internet pose un problème à l’Oligarchie et qu’il risque d’être remis en cause.
C’est toutefois avec inquiétude que l’on assiste à la mise en place progressive de la censure d’internet, avec par exemple les dernières demandes du CSA.

Vu sur numerama :

« Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a publié lundi son rapport annuel 2013 (.pdf), dans lequel l’autorité administrative confirme sa demande de ne plus réguler uniquement la télévision et la radio, ou leurs déclinaisons « à la demande », mais bien tout le web audiovisuel en France. Et surtout de créer un label « Site de Confiance » que les logiciels de contrôle parental et de filtrage auraient l’obligation de respecter pour s’assurer que la censure du web est effective — voir à ce sujet nos explications sur le mécanisme redoutable qui attend les internautes. [...]

Ainsi, les « services audiovisuels numériques » serait entendus comme « les services de communication au public par voie électronique mettant à disposition du public ou d’une catégorie de public des contenus audiovisuels ou sonores« . En clair, ce sont tous les sites qui diffusent des vidéos ou des podcasts audio, y compris les sites de vidéos personnelles comme YouTube ou Dailymotion, ou les services d’hébergement de musique comme Deezer ou SoundCloud. Ce ne sont plus seulement les vidéos professionnelles qui seront soumises à la régulation du CSA, mais aussi vos vidéos personnelles.

Toujours très flou dans ses demandes, le CSA se contente de proposer que ses règles soient appliquées « selon des modalités adaptées à la nature des services audiovisuels numériques« .

Un pouvoir de mise à mort

Sur le fond, le CSA demande à appliquer son pouvoir de censure dans de nombreux domaines, dont il dresse la liste. Il s’agit de domaines à tiroirs, dont l’application risque d’être extrêmement large et soumise à aucun contrôle démocratique.


Tout d’abord, l’ensemble des services, qu’ils signent on non une convention avec le CSA, risqueront des sanctions en cas de manquements à :

La protection de l’enfance et de l’adolescence ;
La dignité de la personne humaine ; (on rappellera à ce sujet que le CSA considère que les vidéos de quenelles sont une atteinte) ;
L’interdiction de l’incitation à la haine ou à la violence pour des raisons de race, de sexe, de moeurs, de religion ou de nationalité ; [toujours la même réthorique permettant de condamner un peu tout le monde, notamment les nationalistes et tous ceux qui défendent leur identité- NDCI]
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Message par Lotfi le Dim 1 Mar 2015 - 19:05

LES MANIPULATIONS MENTALES

Beaucoup s'étonnent de la facilité avec laquelle certains se font piéger par les sectes et s'ils admettent que les masques de celles-ci puissent tromper, ils en concluent néanmoins qu'une fois le masque soulevé, la victime "n'a qu'à" s'en aller. Et d'ajouter que bien entendu tout cela ne saurait leur arriver, à eux...

Pourtant...

Il faut en effet se poser cette question: "Sommes-nous manipulables ?" "Peut-on influencer quelqu'un au point de l'amener à modifier en toute liberté ses idées, ses décisions ou son comportement ? Derrière cette question qui nous concerne tous, se profile un important problème de psychologie sociale. Plusieurs décennies de recherches expérimentales montrent en effet que l'on peut influencer autrui sans avoir à exercer sur lui de pressions, ni même sans avoir à le convaincre. Il suffit d'obtenir des actes qui engagent la personne et l'amènent finalement à penser, à décider, à se comporter en toute liberté mais différemment de ce qu'elle aurait fait spontanément."

"La recherche" de septembre 1988 ( n° 202 ) livre la synthèse des travaux sur la psychologie de la soumission effectués par Jean-Léon Beauvois, professeur de psychologie sociale à l'université de Grenoble et de Robert-Vincent Joulé, professeur de psychologie sociale également à l'université de Provence. 

Durant les années 1940, les citoyens des Etats-Unis durent modifier leurs habitudes de consommation. La guerre, en effet, imposait de nouvelles pratiques, alimentaires notamment. Ainsi les ménages américains devaient boire davantage de lait, acheter plus souvent des bas-morceaux de boucherie, les mères devaient donner de l'huile de foie de morue et du jus d'orange à leurs nourrissons, etc. C'est dans ce contexte qu'il a été demandé au psychologue Kurt Lewin du Massachussets Institute of Technology à Cambridge... de mettre sa science au service de la société.

Deux stratégies susceptibles d'amener les ménagères à modifier leurs habitudes de consommation furent utilisées par Lewin.

La première est traditionnelle et repose sur la persuasion : des ménagères, réunies par petits groupes, écoutaient un conférencier qui s'attachait à les convaincre des vertus diététiques et nutritionnelles du lait ou des abats.

La seconde stratégie était, à l'époque, incontestablement plus novatrice. Les ménagères étaient encore réunies par petits groupes. Cette fois, plus de conférencier, mais un animateur qui les laissait discuter entre elles en s'arrangeant néanmoins pour leur communiquer toutes les informations contenues dans la conférence faite à l'autre groupe. Au terme de la réunion, les ménagères étaient invitées à prendre la décision publique de consommer dans les prochains jours davantage de lait ou de servir chez elle des bas-morceaux.

Les résultats sont éloquents. Ils attestent de la très nette supériorité de la seconde stratégie.

Lorsqu'on veut obtenir d'autrui qu'il modifie ses idées ou change ses comportements, plutôt que d'adopter une stratégie reposant sur la persuasion, il est souvent plus efficace d'opter pour une stratégie, dite "comportementale", qui consiste à obtenir d'entrée de jeu des comportements préparatoires à ce changement: c'est la théorie de l'engagement.

La supériorité de la seconde méthode réside dans le fait que les ménagères persévèrent dans la décision qu'elles ont été amenées à prendre non pas à cause des raisons qui leur ont été fournies, mais parce qu'elles ont été amenées à prendre une décision qui les engage. Si l'on veut en effet induire des changements de comportement avec quelque chance de succès, mieux vaut alors opter pour des stratégies qui ne reposent plus sur la persuasion, mais qui consistent avant toute chose à obtenir des actes, même si ceux-ci paraissent dérisoires. Des personnes font ainsi, en toute liberté, ce que d'autres souhaitent qu'elles fassent. C'est ce qu'on appelle LA SOUMISSION LIBREMENT CONSENTIE.

Les décisions qui nous préparent à émettre les comportements qu'on attend de nous et qui affectent peu ou prou nos opinions doivent être réparties en deux catégories : les décisions relatives à des actes conformes à nos motivations et à nos attitudes et les décisions relatives au contraire à des actes qui ne sont pas conformes à nos motivations ou attitudes.

Nous prenons les premières, sans la moindre hésitation, convaincus que nous sommes de leur peu d'importance. Ainsi nous acceptons de garder la valise de quelqu'un qui doit s'absenter quelques minutes pour téléphoner, de changer provisoirement de poste de travail pour remplacer un collègue absent, d'assister à un cours facultatif, etc. Les conséquences de ces comportements présentent une soumission parce que ces actes nous conduisent après coup à accepter des requêtes coûteuses ou compromettantes auxquelles nous n'aurions pas satisfait spontanément; cette soumission se réalise sans pression parce que nous y satisfaisons en toute liberté sans avoir été l'objet de tentatives de coercition, ni même de persuasion.

Curieusement, nous prenons les secondes décisions presque aussi facilement que les premières, bien qu'elles débouchent cette fois sur des comportements contraires à nos motivations ou à nos attitudes, pour peu évidemment qu'ils ne soient pas trop coûteux et que la personne qui nous le demande soit dotée d'une certaine légitimité. Ainsi nous acceptons de ne pas fumer pour ne pas gêner nos amis. Les conséquences de tels comportements entrent cette fois dans le cadre de la soumission forcée: soumission parce que nous acceptons de faire le contraire de ce que nous aurions fait sur la base de nos motivations ou de nos attitudes; forcée parce que nous ne l'aurions pas accepté sans l'intervention d'une pression morale, institutionnelle, économique, etc.

L'étude scientifique de la soumission sans pression date des années 1960. C'est en 1966 que J.L. Freedman et S.C. Fraser, proposèrent à la fois le concept et le principe d'une des techniques susceptibles d'inciter autrui à se comporter tout autrement qu'il ne l'aurait fait spontanément : la technique du "PIED-DANS-LA-PORTE". Son principe est simple. Il consiste à demander peu dans un premier temps pour tenter d'obtenir beaucoup ensuite.

Dans l'une des expérimentations, des ménagères sont ainsi conduites à accepter l'implantation dans leur jardin d'un encombrant panneau en faveur de la sécurité routière après avoir accepté de poser un auto-collant en faveur de la même cause sur l'une des fenêtres de leur pavillon. Alors que 16,7 % seulement des ménagères acceptent la pose du panneau lorsqu'on leur en fait directement la demande, 76 % y consentent lorsque l'expérimentateur a pris le soin de leur extorquer, dix jours auparavant, la décision de poser l'autocollant. On peut ainsi augmenter, parfois considérablement, la probabilité qu'une personne accepte de participer à une enquête longue et fastidieuse après avoir obtenu qu'elle réponde à un court questionnaire; ou encore qu'une personne fasse un don généreux pour une bonne cause après avoir obtenu d'elle qu'elle signe une pétition pour la même cause. Il est plus facile d'obtenir un franc d'un passant après lui avoir demandé l'heure.

Ainsi l'acceptation du dernier comportement est lié à la décision d'accepter le premier.



La seconde technique de soumission sans pression est l'AMORÇAGE. Elle a été expérimentalement éprouvée à la fin des années 1970 à l'université de l'Arizona par R.B. Cialdini et ses collaborateurs. Il s'agit d'obtenir d'un individu qu'il prenne une décision sans en connaître le coût réel ou sur la base d'avantages fictifs. Ce n'est que lorsqu'il a pris cette première décision qu'on lui délivre l'information exhaustive, qui rend sa décision incontestablement moins intéressante ou plus coûteuse. On demande alors à la personne ainsi amorcée si elle souhaite revenir sur sa décision. L'effet d'amorçage se traduit par le fait que l'individu tend à maintenir sa décision initiale, en dépit des dernières informations qui lui ont été communiquées.

Il est ainsi proposé à des étudiants de participer à une brève expérience de psychologie. La plupart acceptent, prenant ainsi une première décision. Ils sont alors informés que l'expérience a lieu à 7 heures du matin ! Les étudiants sont invités à prendre une seconde décision confirmant ou infirmant la première. Ils ont effectivement tendance à accepter le rendez-vous proposé, en bien plus grand nombre que les étudiants d'un groupe-contrôle auxquels on a d'entrée de jeu donné toute l'information (56 % contre 31 %).

Bien davantage que la technique du "pied-dans-la-porte", la technique de l'amorçage ne va pas sans problèmes éthiques. Dans le cas qui vient d'être évoqué, l'expérimentateur s'est contenté de différer l'énoncé de la vérité. Il en est d'autres dans lesquels cette technique implique un mensonge caractérisé, la vérité n'étant rétablie qu'après que l'individu amorcé ait pris la première décision. L'amorçage peut revêtir des formes diverses dont certaines frisent l'escroquerie.

La seconde décision s'explique par une persévération ou persistance de la première, même après que l'individu ait été informé des conséquences effectives de son choix initial. Les gens ont tendance à s'accrocher à leurs décisions, même lorsqu'elles sont clairement remises en question par les faits.

Ces techniques peuvent être tenues pour des techniques de manipulation. De telles manipulations sont fort nombreuses dans la vie quotidienne, même lorsqu'elles se réalisent en toute innocence et pour la satisfaction de tous.

Les recherches montrent que, pour un individu, le fait d'accepter d'émettre un comportement contraire à ses attitudes ou à ses goûts, pour peu qu'on ne lui fournisse que de faibles justifications, le prédispose soit à reproduire librement par la suite ce comportement initial, quand plus personne ne le lui demande, soit à émettre tout aussi librement de nouveaux comportements allant dans le même sens.

On demande par exemple à des enfants de ne pas toucher à un jouet particulièrement attractif, par exemple un robot, qui est pourtant volontairement laissé à leur portée durant le temps de l'expérience. Les enfants sont abandonnés à eux-mêmes, mais on contrôle, au travers d'un miroir sans tain, qu'ils ne touchent pas au jouet défendu. Le facteur auquel s'intéressent les psychologues sociaux est l'importance de la menace qui accompagne l'interdit. Ainsi, peut-on dire à l'enfant : "Pendant que je ne serai pas là, ne joue pas avec le robot, ce ne serait pas bien" (absence de menace ou faible justification); ou au contraire : "Pendant que je ne serai pas là, je ne veux pas que tu joues avec le robot, je serai très en colère et j'agirai en conséquence" (menace ou forte justification). On constate d'abord que les enfants obéissent à l'injonction faite par l'adulte, qu'ils aient été menacés ou non. On constate ensuite et surtout que cette obéissance a des conséquences différentes sur le comportement ultérieur : les enfants n'ayant pas été menacés (donc les plus engagés) sont moins enclins que les autres à s'amuser avec le jouet interdit trois semaines plus tard. Pourtant la situation est totalement différente, puisque le robot est cette fois mis à leur disposition et qu'ils peuvent jouer avec. Les enfants engagés reproduisent donc en toute liberté le comportement qui leur a été extorqué durant la première phase de l'expérience.

Dans l'une des expériences les plus troublantes de la psychologie sociale, réalisée à la Clark University de Worcester par R. Comer et J.D. Laird en 1975, on tire au sort, parmi les sujets volontaires, ceux qui seront appelés à réaliser une tâche anodine et ceux qui seront appelés à manger un ver. Intéressons-nous à ces derniers. On pourrait penser qu'ils n'acceptent l'épreuve qui leur incombe qu'à contre-coeur, et uniquement parce qu'ils ont accepté de prendre part à une expérience et au tirage au sort annoncé. Pourtant lorsqu'on leur signale après coup qu'ils ne sont pas obligés de manger le ver et qu'ils peuvent aussi bien réaliser la tâche anodine, ils sont un nombre non négligeable à se porter volontaires pour avaler le ver, ce que ne fait aucun sujet du groupe de contrôle. Et lorsqu'on les informe qu'ils ont en fait le choix non entre la tâche anodine et le ver, mais entre cette même tâche anodine et une épreuve a priori tout aussi pénible que la précédente, à savoir recevoir de violents chocs électriques, il en est encore qui souhaitent endurer les chocs électriques. Cette expérience montre que l'acceptation d'un comportement qui va à l'encontre de nos attitudes ou de nos goûts a des répercussions sur notre comportement ultérieur : une telle acceptation nous prépare, en effet, d'abord à reproduire ce comportement coûteux alors qu'aucune obligation ne nous en est plus faite ; et ensuite à émettre de nouveaux comportements allant dans le même sens et tout aussi coûteux, comportements que nous n'aurions à l'évidence jamais acceptés de façon spontanée.

Il apparaît donc qu'on peut assez facilement obtenir d'autrui des comportements qui tantôt sont conformes à ses attitudes ou motivations (soumission sans pression) et qui tantôt vont à l'encontre de ces mêmes attitudes ou motivations (soumission forcée). Il apparaît surtout que ces comportements - que nous disons "extorqués" - ne sont pas sans effets sur les comportements à venir. Par exemple, signer une pétition pour une cause à laquelle on adhère rend plus accessibles en mémoire les idées, croyances, opinions, etc. en rapport avec cet acte. Et les arguments, faits, savoirs ou informations qui valident ses attitudes seront plus immédiatement accessibles, notamment dans le cas où une propagande opposée viendrait justement à s'en prendre à ces attitudes. L'acte engageant rend l'individu plus résistant aux tentatives ultérieures de persuasion.

Par ailleurs, un individu qui a émis un comportement contraire, à ses goûts ou à ses attitudes, pour peu qu'il soit engagé dans ce comportement, va modifier ses goûts ou ses attitudes pour les faire mieux s'accorder avec ce qu'il a fait. L'individu en effet éprouve un état d'inconfort psychologique appelé état de dissonance, chaque fois que certaines de ses idées ou connaissances ne s'accordent pas avec la façon dont il s'est comporté. Il s'efforce alors de réduire cet état d'inconfort en réajustant ces idées ou connaissances à ses actes. On demande par exemple à des étudiants de se livrer pendant une heure à une tâche répétitive et ennuyeuse. Puis on les conduit à accepter de présenter cette tâche au suivant en lui disant qu'elle est amusante et passionnante. On obtient donc de ces étudiants qu'ils mentent à un pair. Après leur mensonge, ils trouvent la tâche plus attrayante qu'auparavant. Mais ce n'est pas tout : alors que certains sujets se voyaient offrir la somme de vingt dollars pour émettre ce mensonge, d'autres n'étaient rémunérés qu'avec un seul dollar. La rémunération de vingt dollars pouvant être considérée comme une importante justification du mensonge, les étudiants ainsi rémunérés étaient bien moins engagés dans leur mensonge que ne l'étaient les étudiants rémunérés par un seul dollar. On observe chez ces derniers un plus grand changement d'attitude dans le sens d'une adhésion au mensonge.

La conclusion peut être la suivante : il est quelquefois plus facile d'agir sur les opinions, ou sur les penchants des gens, bref sur leurs attitudes, par le biais de l'extorsion d'un comportement préparatoire relativement anodin que par le biais de la persuasion. Ainsi on peut obtenir d'autrui qu'il se comporte comme on le souhaite, sans avoir recours à l'autorité, aux pressions, ni même à la persuasion. On peut donc exercer une telle influence sur autrui sans que celui-ci ait à mettre en doute cette liberté qu'il a apprise, dans nos sociétés, à considérer comme l'un des ses attributs essentiels. Mieux : les résultats expérimentaux évoqués ne peuvent être obtenus que dans un contexte de liberté. L'homme engagé est un homme libre ou plus exactement qui se sent libre. Il reste que ce sentiment de liberté n'a jamais empêché les sujets d'émettre le comportement que l'expérimentateur souhaitait les voir émettre, c'est-à-dire tout simplement de se soumettre. Cela s'appelle la soumission librement consentie : les personnes ont à se soumettre, à réaliser pour autrui un comportement qu'ils n'auraient pas réalisé de leur propre chef, et à se soumettre dans un contexte de liberté affirmée.

Certains groupes sectaires, comme la Scientologie, sont passés maîtres en la matière! Et il serait dangereux de se croire invulnérable à ce genre de manipulation mentale !

SERVICE DIOCÉSAIN "PASTORALE, SECTES ET NOUVELLES CROYANCES"
9 bis, boulevard Voltaire - 21000 DIJON
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Message par Lotfi le Dim 1 Mar 2015 - 19:20

CLINIQUE ET PSYCHOLOGIE D'UNE EXPERIENCE SECTAIRE
par ISABELLE ET NATHALIE
dans B.U.L.L.E.S de l'ADFI - n°19 - 1988


Le docteur Sophie Beal, psychiâtre, est l'auteur d'une thèse intitulée "Les sectes: clinique et psychopathologie", soutenue en 1986 pour l'obtention du CES de psychiâtrie au C.H.U. Pitié-Salpétrière.

Chargée de procéder à l'étude de témoignages écrits par deux ex-membres d'un groupe qui s'apparente de très près à une secte, elle analyse ici les expériences relatées dans ces témoignages à l'aide des critères qu'elle a retenus pour sa thèse. Nous avons bien entendu changé les noms du groupe et des ex-adeptes. Nous appellerons celles-ci Isabelle et Nathalie et celui-là "Epsilon".

A partir des témoignages de Nathalie et d'Isabelle, ex-adeptes du groupe "Epsilon", témoignages écrits avec un réel souci d'objectivité et dans un ton qui n'est ni passionné ni revanchard, nous allons évoquer les éléments qui nous font penser que nous avons peut-être affaire à un phénomène sectaire. Beaucoup d'éléments décrits, en effet, ressemblent à ce que nous avons pu observer dans des sectes notoires (même s'il s'agit ici du mode mineur d'un phénomène ressemblant, pour ne pas dire probablement identique).


L'ENTREE DANS LA COMMUNAUTE

L'entrée dans la communauté, au cours d'une phase difficile de la vie, est typique de ce que l'on voit dans les sectes, où le futur adepte est en pleine crise existentielle, cherchant un sens à sa vie (et au fond, en quête d'une identité que la secte lui donnera, toute préparée d'avance).

La Séduction

La séduction instantanée, lors du premier contact, est quasiment constante chez les sectes. Nathalie nous décrit l'attention portée "aux nouveaux", qui entraîne chez elle un bien-être psychologique immédiat: "Je me suis sentie protégée par tant d'amitié et les petits problèmes que je connaissais s'estompaient avec une rapidité extraordinaire". On remarque le sentiment d'être protégée qui fait penser au sentiment de l'enfant protégé par ses parents et qui sous-entend chez une fille de 18 ans une certaine régression affective.

Isabelle aussi est séduite: "Epsilon a été pour moi une véritable révélation". Ce sentiment de "révélation" revient souvent dans les témoignages d'ex-adeptes des sectes.

Pour Nathalie, c'est aussi une révélation quand une amie du groupe lui dit que sa vocation est à Epsilon: "Ce fut une révélation. Je me sentais devenir une sainte et j'étais persuadée que je devais absolument rester en contact permanent avec Epsilon pour le devenir vraiment". C'est cette impression, caractéristique des sectes, que ceux qui sont dans le groupe sont des élus, différents du reste des mortels.


Les vrais buts

Les vrais buts du groupe ne sont pas dévoilés tout de suite, comme dans les sectes. Pendant toute une période, Nathalie pense qu'il s'agit uniquement d'activités culturelles... Ce n'est que par les questions qu'elle pose qu'elle apprend leur "vocation" : "Ils voulaient vivre l'Evangile".

A chacune de ses questions, il y aura des réponses souvent vagues, parfois fausses ou absurdes:

- de quoi vivaient-ils ? De subventions de l'Etat et de dons, sans préciser de qui.

- leur lien avec l'Eglise catholique ? Il ne devait pas tarder à être reconnus et de toutes façons, ils étaient patronnés par de hautes autorités religieuses.

- Pourquoi tant de gens ne sont pas d'accord avec ce que vous faites ? : "Par peur du nouveau: des garçons et des filles vivant ensemble et faisant voeu de célibat."!

Si la réponse à certaines questions semblait absurde à Nathalie, on lui répétait comme un refrain " Avoir la foi, c'est vivre dans l'absurde ".

Pour Isabelle, c'est pareil: "On répondait à toutes mes questions d'ordre spirituel". Ce sont des réponses comblantes, ne permettant pas apparemment une véritable recherche personnelle.


L'Engagement

L'engagement de Nathalie dans la communauté est rapide, comme dans les sectes, au bout de deux à trois mois: " Au cours de l'engagement, il fallait jurer devant Dieu qu'à dater de ce jour, rien ne passerait avant les activités du groupe".

LE MODE DE VIE

Le mode de vie est particulier:

- peu de temps est consacré au sommeil, est-il noté dans les deux témoignages (idem dans les sectes);

- les prières sont longues, intenses, se finissant tard dans la nuit (2 à 3 heures du matin);

- les "discussions" aussi sont interminables : "Il fallait toujours parler de ce que nous ressentions, et lorsque quelqu'un ressentait quelque chose qui ne correspondait pas avec l'esprit d'Epsilon, les heures de discussion ne se calculaient même plus", remarque Nathalie.

- la vie doit être vécue dans la "transparence", c'est-à-dire que personne ne doit rien cacher à un autre membre de la communauté. Par contre, souligne Nathalie, on ne lui conseillait jamais de se confesser à un prêtre : "Cela semble remplacé par ces discussions interminables où tout le monde finit par "avouer" les détails les plus intimes de son caractère et de sa vie". "A chaque décision que nous prenions, il fallait d'abord la soumettre aux autres..."

- la pratique des "baisers de paix" est assez particulière : "les baisers de paix qui clôturaient une prière étaient de véritables étreintes où les yeux se fixaient les uns sur les autres pour ne plus rien voir d'autre que des yeux" rapporte Nathalie. Isabelle parle "des embrassades qui, dans un autre contexte, pourraient paraître impudiques, le contact physique permanent, se tenir par les épaules, s'embrasser..."

- il n'est pas possible d'être seul (comme dans les sectes), sauf pendant les heures de cours, note Nathalie. Pour les lettres venant de l'extérieur, on se sent inconsciemment conduit à les lire à tous. Les amitiés sont interdites...

Les conséquences de ce mode de vie sont nombreuses:

- d'abord une rupture avec la famille, des amis (caractéristique des sectes).

Désormais, Nathalie évite " toute discussion avec ses parents ". On essaie de faire en sorte qu'Isabelle quitte ses parents en lui citant la phrase de l'Evangile: " Quitte ton père et ta mère et suis-moi ";

- on leur demande aussi d'abandonner leurs études : Isabelle abandonne effectivement ses études et l'on incite Nathalie à ne pas passer son examen;

- toutes deux notent une fatigue continuelle due au manque de sommeil.


LA STRUCTURE HIERARCHIQUE

La structure hiérarchique et surtout le fonctionnement hiérarchique sont aussi particuliers.

Dans chaque groupe de la communauté, il y a un chef, plus ou moins absolu, à qui on doit se soumettre pour toute décision de la vie courante. S'il y a un problème important, on en parle à l'échelon supérieur: "Ils nous disaient quoi faire pour le résoudre". Pour les problèmes encore plus importants, cela peut aller jusqu'à la tête suprême, le fondateur qui prend toutes les décisions, et " si l'on refuse de lui obéir, cela revient à dire que l'on refuse toute la communauté et cela crée un cas de conscience très grave, car cette personne se trouve en désaccord total avec Epsilon, donc avec l'oeuvre de Dieu. Dire non au fondateur équivaut presque à dire non à Dieu lui-même, et cette conviction, je l'ai ressentie pendant plus de six mois " (Nathalie).

On a l'impression d'avoir à faire à un leader de secte tout puissant, qui représente à la fois la communauté et Dieu lui-même. Il détient apparemment la vérité sur toute chose. Isabelle dit de lui: " Il pouvait faire ce qu'il voulait de moi ".


LES TECHNIQUES D'ENDOCTRINEMENT OU DE MANIPULATION MENTALE

On peut analyser, à partir de ces deux témoignages, ce qu'on pourrait appeler des techniques d'endoctrinement ou techniques de manipulation mentale utilisées dans ce groupe.

La perte d'autonomie

D'abord, on provoque, chez chaque membre du groupe, une perte d'autonomie et une dépendance par rapport au groupe: chaque acte de la vie quotidienne se fait sous le regard et le jugement des autres. Tout doit être soumis aux " petits chefs".

La rupture avec le passé (famille, amis, études) peut aussi provoquer cette perte d'une identité personnelle.

L'engagement rapide, au bout de deux à trois mois pour Nathalie, facilite aussi cette dépendance au groupe: "Au cours de l'engagement il fallait jurer devant Dieu qu'à dater de ce jour, rien ne passerait avant les activités du groupe.

Les discussions-confessions sans fin dont nous avons parlé sont aussi une technique coercitive pour convaincre de rester dans le groupe, d'adopter totalement son idéologie et aussi une façon de faire que chacun se dévoile le plus possible aux autres et ne garde plus rien de personnel.


Le néo-langage

Il semble aussi exister dans ce groupe un néo-langage (quasi constant dans les sectes), compréhensible uniquement pour les initiés... Il n'est pas exclu que des citations bibliques soient interprétées de façon particulière, comme chez les Témoins de Jéhovah ou les Enfants de Dieu, et tant d'autres sectes à prétention religieuse.

La culpabilisation

Il existe une indéniable volonté, même si elle est inconsciente, de culpabiliser les membres du groupe. Et la culpabilisation est un des meilleurs moyens employés par les sectes pour manipuler les personnes.

- "A chaque fin de discussion, surtout si on a émis des doutes, il fallait prier à nouveau pour demander pardon à Dieu d'avoir douté de lui " (Nathalie).

- Après les séances de prière et les baisers de paix, Nathalie sort " bouleversée de chacune de ces prières tant j'avais l'impression d'être envahie par le jugement de Dieu à travers tous ces regards ".


Un monde fermé

Le monde dans lequel doivent vivre les membres de cette communauté est un monde fermé: la rupture avec le passé (famille, amis) et la société (cf. l'interruption des études) est plus ou moins exigée. Et la communauté tend à remplacer l'ancienne famille, comme le montre la lettre d'Isabelle qui s'engage pour trois ans et écrit à sa mère que désormais le groupe Epsilon est sa vraie famille.

Aucun contact avec l'extérieur n'est possible. Il faut chercher conseil uniquement auprès d'un membre du groupe. Les liens personnels d'amitié sont défendus, car comme le dit Isabelle, cela permet de prendre une distance par rapport au groupe et donc d'en sortir un peu. La façon dont on essaie de détruire l'amitié est particulière : on dit à l'une les défauts de I'autre (faiblesse psychologique ou superficialité) et "pour notre foi, il fallait que nous nous éloignions l'une de l'autre ", la foi est mise en danger par l'amitié.

Ces quatre points se retrouvent dans les sectes : dépendance par rapport au groupe, néolangage, culpabilisation, milieu clos. Ils vont provoquer un changement de comportement, là aussi classique de ce que l'on voit dans les sectes. Les amis de Nathalie vont le remarquer: ils la trouvent " terriblement changée ", ils lui reprochent "de s'être laissée ensorceler par une bande d'illuminés ", ce qui provoque entre eux une rupture de six mois. Ils disent ne plus la reconnaître. Pour Isabelle, ses amis trouvent "qu'elle n'est plus la même ", " qu'elle répète des phrases-types ", trait caractéristique des adeptes de secte qui ont un langage stéréotypé.


LA SORTIE DU GROUPE

La sortie du groupe va se faire difficilement pour Nathalie, comme pour Isabelle. Un des éléments qui a dû jouer dans la décision de Nathalie a été la rencontre avec ses parents. Or, le désir de revoir ses parents, à une date anniversaire particulièrement chère à la famille, va se heurter au refus du " chef " de son groupe. Comme Nathalie insiste, le chef l'accompagnera chez ses parents. Au retour de cette visite, alors qu'elle exprime sa colère de voir la souffrance inutile de ses parents, elle va subir pendant sept heures une sorte de lavage de cerveau au terme duquel " elle supplie Dieu de lui pardonner pour avoir tant douté de lui ". Ce n'est que plus tard qu'elle réalisera " à quel point les gens d'Epsilon sont forts pour convaincre quelqu'un de quelque chose et qu'il suffit de traverser une période difficile où les choses ne sont pas très claires pour nous, pour se laisser complètement envahir par de nouvelles opinions et de nouvelles certitudes ".

D'autres pressions s'exercent sur elle pour l'empêcher de partir. On lui dit : "Dieu t'aidera beaucoup plus que ton examen... On lui propose de suivre une école dirigée par Epsilon. On la harcèle de visites, on l'attend à la sortie de son école, on lui téléphone sans arrêt et on cherche à la culpabiliser, comme nous l'avons vu précédemment. L'ultime pression avant la rupture sera l'essai de la convaincre d'abandonner son projet de fiançailles.

Quant à Isabelle qui ne vivait pas en communauté, elle semble avoir subi moins de pression, encore que ce soit une nouvelle rencontre avec une adepte qui l'ait poussée à retourner une dernière fois dans le groupe.


APRES LA SORTIE

Après leur sortie, Nathalie et Isabelle vont éprouver des difficultés psychologiques, de type dépressif essentiellement.

Nathalie va connaître une période difficile, car " après avoir vécu six mois aussi spirituels, aussi intenses, il est difficile de ne pas trouver la vie de tous les jours fade et inintéressante ". Mais c'est surtout Isabelle qui connaît le plus de difficultés : son départ fut " le début d'une période de dépression assez longue ". Elle n'avait pas de travail (ayant arrêté ses études sous l'influence du groupe), elle avait rompu avec ses anciens amis qui "n'avaient pas supporté son changement". Elle "ne voyait aucun intérêt à la vie, ayant vécu pendant six mois intensément ". Elle essayait de retrouver le même genre de rapport avec d'autres, mais elle se rendait compte que "tout ce qu'elle avait vécu n'était qu'un rêve ".

Cette dernière phrase est importante, car elle montre le type de lien particulier qui se crée dans ce genre de groupe: un lien de dépendance qui se fait par la régression affective des membres. Ils sont comme des enfants comblés par le groupe lui-même qui devient une sorte de matrice; et ils éprouvent donc une sorte de jouissance archaïque et mortifère, qui est de l'ordre du fusionnel. Après une expérience aussi intense sur le plan psychique et affectif, Isabelle, qui se retrouve seule (plus seule que Nathalie) vit un véritable "état de manque" (caractéristique du phénomène des sectes), avec une " envie suicidaire de retourner au groupe et en même temps un sentiment d'être coupable de " se détourner du chemin que Dieu lui avait tracé " (sous-entendu: le groupe). On voit qu'elle n'est pas dégagée des croyances que le groupe lui a inculquées. Aussi après avoir revu la soeur de Nathalie, elle craque et fait un bref retour à la Communauté. Elle arrive cependant à en ressortir rapidement malgré les pressions du groupe. Nathalie qui la connaît bien l'aidera à faire la coupure totale.

Si nous voulions faire l'étude de ce groupe comme nous pouvons le faire pour une secte connue, beaucoup d'éléments manquent ici, notamment l'historique du groupe, la personnalité du fondateur et (ou du leader), le rapport à l'argent du groupe, du leader ou de chaque membre... et aussi d'autres témoignages. Cependant, d'après ces deux témoignages, on peut repérer quelques points de ce qu'on pourrait appeler l'idéologie du groupe.

L'inspiration est chrétienne, le groupe se veut lui-même relié et reconnu par l'Eglise catholique. Cependant, on remarque:

- une interprétation particulière de phrases de la Bible: le " Quitte ton père et ta mère " pour provoquer la rupture avec les parents; le recours devant des points épineux à une foi reliée à I'absurde: " Avoir la foi, c'est vive l'absurde".

- la confession à un prêtre ne semble pas quelque chose qui existe dans cette communauté qui se veut catholique,

- enfin et surtout, le monde extérieur est vécu comme dangereux pour la foi, voire sous le pouvoir de Satan : " Dieu a mis en toi une petite flamme que tu dois faire grandir et Satan va essayer de l'éteindre... Satan prendra beaucoup de formes pour essayer d'éteindre ta flamme, par exemple il te fera tomber amoureuse d'un garçon, ou il te laissera influencer par tes amis, ou encore il te fera poser beaucoup de questions sur toi-même ". On a l'impression que tout ce qui n'est pas le groupe est susceptible de venir de Satan. C'est la vision paranoïaque d'un monde manichéen, caractéristique des sectes : tout ce qui est dedans est bon, tout ce qui est dehors est mauvais, avec des tendances à se sentir persécuté.

Pour conclure, même si on ne peut pas totalement affirmer à partir seulement de ces deux témoignages que ce groupe est une secte, on remarque que beaucoup de traits caractéristiques des sectes s'y retrouvent : recrutement par la séduction chez des personnes en difficultés psychiques mineures, rupture avec le passé, engagement rapide, mode de vie particulier dans la " transparence ", structure hiérarchique pyramidale avec présence d'un leader qui fait autorité, des techniques se rapprochant des techniques de manipulation mentale; dépendance créée par rapport au groupe, culpabilisation, monde fermé sans vrai contact avec l'extérieur, pressions diverses pour éviter toute désertion.

Tout ceci entraîne, comme nous l'avons vu chez Nathalie et Isabelle, des troubles psychiques et un changement de comportement remarqué par l'entourage habituel.

Nathalie et Isabelle ont fait part, dans ces témoignages, de leurs difficultés psychiques, aussi bien pendant leur séjour dans le groupe qu'après leur départ, mais elles n'y sont restées que peu de temps, aussi ont-elles pu s'en sortir sans trop de dommages: Nathalie est mariée, heureuse et équilibrée, et Isabelle a repris des études. Notre expérience nous montre que des personnes restant plusieurs années dans ce type de groupe, soit n'arrivent plus à en sortir, soit si elles en sortent, se retrouvent totalement démunies (sans travail notamment), avec de graves difficultés psychologiques.
Lotfi
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Message par Invité le Lun 2 Mar 2015 - 13:51

oui, cela peut aller très loin;.. comme le Control mental MK Ultra, les esclaves "Monark"... bien évidement, tout ceci est tenu dans l'ombre (Hollywood utilise beaucoup ces manipulations)

prions la Vierge Marie de délivrer notre monde de ces atrocités...

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