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la croix de tau

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la croix de tau

Message par jacques58fan le Mar 14 Nov 2017 - 6:07

azais sujet déplacé depuis http://lepeupledelapaix.forumactif.com/t40026p30-les-24-heures-de-la-passion-du-christ-luisa-piccarreta#420411 a écrit:
Les 24 Heures de la Passion: 


      TROISIEME HEURE 
            Sainte CENE
       TRAHISON DE JUDAS  et 
BATTEMENT DU COEUR DE JESUS   
10 mn 10

https://www.youtube.com/watch?v=1IyhxgNWiO0&list=PLHgbUeMeYBNul7lU0LajDxW0MmpWAS4gW&index=6


Prière préparatoire 
(À faire avant chaque Heure que l'on va méditer.) 
Ô mon Seigneur Jésus-Christ, prosterné devant toi, je supplie ton Coeur infiniment amoureux de bien vouloir m'admettre à la méditation des Heures douloureuses de ta Passion durant lesquelles, par Amour pour nous, tu voulus souffrir dans ton Corps adorable et dans ton Âme infiniment sainte, jusqu'à mourir sur la Croix. Daigne me donner ton Aide, ta Grâce, ton Amour, ainsi qu'une profonde compassion à ton endroit et une profonde compréhension de tes Souffrances, pendant que je méditerai sur la énième Heure (préciser). 
Et pour les Heures sur lesquelles je ne pourrai pas méditer, c'est-à-dire celles pendant lesquelles je serai contraint soit de m'appliquer à mes devoirs journaliers, soit de m'adonner au sommeil, je veux t'offrir la volonté que j'ai de méditer aussi sur elles. Accepte alors, ô Seigneur miséricordieux, mon intention d'amour, et fais en sorte que ces Heures me profitent et profitent à beaucoup d'autres comme si je les faisais effectivement et saintement. Entre temps, je te rends grâce ô Jésus, toi qui m'appelles à m'unir à toi dans la prière, et je me plonge dans tes Pensées, tes Paroles, ta Volonté et ton Amour, en implorant l'aide de ta Très Sainte Mère et de mon ange gardien. 
Réciter un Je te salue Marie à la Très Sainte Vierge, un Gloire au Père à son ange gardien, et un De profundis (Ps 130) pour les âmes du Purgatoire, auxquelles il ne faut pas manquer d'appliquer les indulgences qui seront gagnées par la méditation du mystère. 

 de 19h à 20 h 
 TROISIEME HEURE 
            Sainte CENE , TRAHISON DE JUDAS  et 
BATTEMENT DU COEUR DE JESUS 
Ô Jésus, te voilà rendu au Cénacle en compagnie de tes disciples bien-aimés, et tu te mets à table avec eux. Combien de douceur et d'affabilité ne montres-tu pas alors que tu t'apprêtes à prendre de la nourriture matérielle pour la dernière fois! Tout est Amour en toi! Ici, tu répares nos péchés de gourmandise. Et, par ta Prière, tu sanctifies la nourriture. 
Jésus, ton Regard doux et pénétrant semble scruter chacun de tes apôtres. Et pendant que tu prends ta nourriture, ton Coeur est transpercé de voir tes apôtres faibles et mous, surtout le perfide Judas, qui a déjà un pied dans l'enfer. Dans le fond de ton Coeur, tu te dis avec amertume: «Quelle est l'utilité de mon Sang? Voilà qu'une âme à laquelle j'ai fait tant de bien, est perdue!» Et de tes Yeux étincelants de Lumière et d'Amour, tu le regardes, comme si tu voulais lui faire prendre conscience du grand mal qu'il est sur le point de commettre. 
Mais ta Charité suprême te fait supporter cette Souffrance, et tu t'abstiens de la manifester à tes apôtres. Et tandis que tu t'affliges à cause de Judas, ton Coeur s'emplit de joie à voir à ta gauche ton disciple bien-aimé, Jean. Tellement que, ne pouvant plus contenir ton débordement d'Amour, l'attirant doucement vers toi, tu lui fais poser la tête sur ton Coeur, lui faisant éprouver d'avance le Paradis. 
Et à cette heure solennelle, deux de tes disciples représentent deux mondes: celui des réprouvés et celui des élus; le monde des réprouvés, représenté par Judas, qui a déjà l'enfer au coeur, et le monde des élus, représenté par Jean, qui se repose sur ton Coeur dans la joie. Ô mon doux Bien, moi aussi je me mets tout près de toi et, avec ton disciple bien-aimé, je veux appuyer ma tête fatiguée sur ton Coeur adorable. Et je te prie de me faire sentir, même sur cette terre, les délices du Ciel; que cette terre soit ciel pour moi, enivrée par les douces harmonies de ton Coeur. 
Mais en cet instant, je sens en toi de douloureux Battements de Coeur; c'est à cause des âmes perdues! Ô Jésus, de grâce, ne permets pas que de nouvelles âmes se perdent; fais que les pulsations de ton Coeur, résonnant dans ces âmes, leur fassent entendre les pulsations de la vie dans le Ciel, comme les entendit ton disciple bien-aimé Jean. Qu'attirées par la suavité et la douceur de ton Amour, elles cèdent devant toi! 
Ô Jésus, tandis que ma tête est posée sur ton Coeur, donne-moi, à moi aussi, la nourriture, comme tu la donnas aux apôtres: la nourriture de l'Amour, celle de tes Paroles, celle de ta Divine Volonté. Ô mon Jésus, donne-moi toujours cette nourriture que tu désires tellement me donner, pour que ta Vie m'habite de plus en plus. Mon doux Bien, je vois que la nourriture terrestre que tu prends avec tes disciples est tirée d'un agneau. C'est l'agneau figuratif. Et comme en cet agneau il ne reste pas d'humeur vitale à cause de la force du feu, ainsi toi, l'Agneau mystique, tu vas, par la force de l'Amour, te consumer tout entier pour les créatures; tu ne garderas même pas une goutte de Sang pour toi-même: tu le verseras tout entier par Amour pour nous. 
Ô Jésus, il n'y a rien de ce que tu fais qui ne rappelle ta Passion douloureuse, celle-ci étant toujours présente à ton Esprit et à ton Coeur. Par cela tu m'enseignes que si, moi aussi, j'avais toujours présente à l'esprit et au coeur ta sainte Passion, tu ne me refuserais jamais la nourriture de ton Amour. 
Ô mon Jésus, à chacun de tes Actes tu me portes dans ta Pensée. Que ta Passion soit toujours présente à mon esprit et à mon coeur; qu'elle habite mes regards, mes pas et mes peines, afin que, où que je sois, je perçoive toujours ta sainte Présence en moi. Amen. 
Réflexions et pratiques 

Avant de prendre notre nourriture, unissons nos intentions à celles de notre aimable Jésus en nous imaginant que notre bouche est la sienne. Ce faisant, non seulement la Vie de Jésus s'accroîtra en nous, mais nous donnerons au Père la gloire, la louange, l'amour, les remerciements, la réparation qui lui sont dus de la part des créatures, comme le bon Jésus savait le faire lorsqu'il prenait sa nourriture. 
Imaginons-nous également être à table avec Jésus et de tantôt le regarder, tantôt le prier de partager une bouchée avec nous, tantôt donner un baiser à la frange de son manteau, tantôt contempler le mouvement de ses Lèvres, de ses Yeux célestes, tantôt noter la pâleur subite de son beau Visage quand il voit tant d'ingratitudes chez les humains. 
Tout rempli d'Amour, Jésus parlait de sa Passion durant le repas. De même nous, quand nous prenons notre repas, sachons parfois arrêter notre réflexion sur la manière dont nous pratiquons les Heures de la Passion. Les anges sont suspendus à nos lèvres pour recueillir nos prières, nos réparations, et les porter devant le Père pour amoindrir sa juste indignation à cause des nombreuses offenses qu'il reçoit des créatures, tout comme ils portaient vers le Père les Prières de Jésus quand il était sur la terre. 
Tandis qu'il mangeait, Jésus était bouleversé par la perte de Judas, et en lui il voyait toutes les âmes qui allaient se perdre. Comme la perte des âmes est la plus grande de ses Souffrances, il attira Jean vers lui pour en obtenir du soulagement. À l'instar de Jean, sachons être aux côtés de Jésus, le plaignant dans ses Souffrances, compatissant avec lui, lui donnant du repos dans notre coeur, nous identifiant à lui. Ainsi nous entendrons les Battements de son Coeur tourmenté par la perte des âmes. Offrons-lui nos battements de coeur pour panser les Blessures de son Coeur. Et dans ces Blessures, plaçons les âmes qui courent à leur perte, pour qu'elles y trouvent la conversion et le salut. 
Chaque Battement de Coeur de Jésus est un «je t'aime» se répercutant dans tous les battements de coeur des créatures, lesquels battements il voudrait tous voir enfermés dans son Coeur comme autant de «je t'aime» lui venant des créatures. Mais beaucoup refusent de donner ces «je t'aime» à Jésus et, par suite, ses propres Battements de Coeur sont comme oppressés. Prions Jésus de ponctuer nos battements de coeur de ses «je t'aime», afin que notre vie devienne toute enflammée d'amour pour lui. 
Immergeons-nous totalement en lui pour qu'il nous fasse ressentir ses «je t'aime». Ils sont tellement immenses qu'ils remplissent le Ciel et la terre, qu'ils circulent chez les saints et qu'ils descendent au purgatoire. Toutes les créatures en sont touchées; même les éléments en ressentent les effets. 
La première Parole que Jésus a dite sur la Croix en fut une de pardon, pour excuser toutes les âmes devant le Père, afin que sa Justice se change en Miséricorde. À l'exemple de Jésus, excusons les pécheurs auprès du Père, afin qu'étant attendri par nos excuses, il ne permette pas qu'une seule âme se perde. Unissons-nous à Jésus pour faire la sentinelle auprès des âmes, afin qu'aucune ne pèche. Et nous le ferons s'émouvoir en acceptant et lui offrant de bon coeur tout ce qu'il dispose en nous: froids, duretés, obscurité, oppressions, tentations, distractions, calomnies, maladies et autres, afin de le dédommager des offenses que lui font les créatures. 
Ce n'est pas seulement par des marques d'Amour que Jésus se manifeste aux âmes, mais souvent, quand il ressent le froid des créatures, il fait ressentir à notre âme ce froid; et si nous l'acceptons, Jésus se sent dédommagé des froideurs des créatures, et notre souffrance devient une sentinelle d'amour auprès d'elles. 
D'autres fois, Jésus ressent dans son Coeur la dureté de coeur des créatures, et ne pouvant se contenir, il vient s'épancher chez nous; son Coeur touche le nôtre, lui faisant part de sa Peine. Et nous, faisant nôtre cette Peine, nous mettons notre souffrance autour du coeur du pécheur pour dissoudre sa dureté et le ramener à Dieu. 
Jésus, mon Bien, tu souffres tant à cause de la perte des âmes! Alors, moi, par compassion, je mets à ta disposition tout mon être; je veux prendre sur moi tes Peines et les peines des pécheurs, et ainsi je te soulagerai, et je placerai le pécheur tout près de ton Coeur. 
Ô mon Jésus, fais en sorte que tout mon être brûle d'amour pour toi et pour les créatures, afin que je puisse être un soulagement continu pour tes amertumes! 
Remerciements et offrande 
(À faire à la fin de chaque Heure que l'on a méditée.) 

Mon aimable Jésus, tu m'as appelé durant cette Heure de ta Passion à te tenir compagnie, et je suis venu. Il m'a semblé te voir prier, réparer et souffrir et, avec les Paroles les plus tendres, plaider pour le salut des âmes. J'ai cherché à te suivre en tout. Avant de te laisser, je veux te dire un «merci» et un «sois béni». Oui, ô Jésus, merci mille fois. Je te loue et te bénis pour tout ce que tu as fais et souffert pour nous tous. Je te dis merci et je te bénis pour chaque goutte de ton Sang et chacune de tes Larmes versées, pour chacune de tes Respirations, chaque Battement de ton Coeur, chacun de tes Pas, de tes Paroles et de tes Regards, et pour chaque offense que tu as supportée pour nous. De grâce, fais en sorte, ô mon Jésus, que tout mon être t'envoie un flot continu de remerciements et de bénédictions, de sorte que cela attire sur moi et sur toutes les créatures les flots de tes Grâces et de tes Bénédictions. 
Ô Jésus, serre-moi sur ton Coeur avec tes Mains infiniment saintes: marque toutes les parcelles de mon être de ton «je te bénis», de sorte que rien ne sorte de moi sauf un hymne d'amour ininterrompu pour toi! Je m'abandonne à toi et je veux te suivre en tout. Je laisse mes pensées en toi pour qu'elles te défendent de tes ennemis; mes respirations pour qu'elles te servent de cortège et te tiennent compagnie; les battements de mon coeur pour te dire sans cesse «je t'aime» et pour te dédommager de l'amour que ne te donnent pas les autres créatures; les gouttes de mon sang en offrande de réparation et pour te restituer les honneurs et l'estime dont te privent tes ennemis; finalement tout mon être pour te garder. 
Mon doux Amour, bien que je doive vaquer à mes affaires, je reste dans ton Coeur et je crains d'en sortir. Tu me garderas en toi, n'est-ce pas? Nos battements de coeur s'entendront l'un l'autre et se confondront, de sorte qu'ils me donneront vie, amour, et union étroite et inséparable avec toi. Mon Jésus, si tu vois que je suis sur le point de te fuir, que tes Battements de Coeur s'accélèrent dans mon coeur, que tes Mains me pressent plus fortement sur ton Coeur, que tes Yeux me regardent et me jettent des flèches de feu, afin que, te ressentant, je me laisse tout de suite gagner à rester avec toi. 
Je t'en prie, ô mon Jésus, donne-moi le Baiser de l'Amour divin et bénis-moi. Et moi, je baise ton Coeur infiniment doux et je reste en toi. 
Que la bénédiction de Dieu, le Tout-Puissant, Père et Fils et Esprit-Saint, descende sur moi et y demeure à jamais. Amen. 


Merci.

Pas plus tard qu'hier u Monsieur m'a parlé, pour le Christ, de la croix de TAU...était-ce,pour l'époque, une croix un peu différente?
https://fr.aleteia.org/2016/07/06/comprendre-quest-ce-que-le-tau-et-que-signifie-t-il/

J'avais entendu parler de la croix de Saint-André,mais pas la croix de tau..
Si quelqu'un pouvait m'éclairer en lus de l'article
svp merci

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jacques58fan
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Re: la croix de tau

Message par azais le Mar 14 Nov 2017 - 9:35


 J'au surtout connu la croix de taux en faisant une marche sur les routes franciscaine ( la Via franciscana  au nord et au Sud de Assise 

un pelerinage de prieuré franciscain en prieuré franciscain  qui vaut bien  les marches de compostelles  ( je vous conseille ) car à chaque étape vous êtes sur les lieux de miracles ou d'évenements marquants de la vie de St François et de ste Claire 


 http://fraternite-franciscaine-paca.com/pages/Le_Tau_dans_la_tradition_franciscaine-804332.html


Dernière édition par azais le Mar 14 Nov 2017 - 9:38, édité 1 fois
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Re: la croix de tau

Message par azais le Mar 14 Nov 2017 - 9:36

Le Tau dans la tradition franciscaine




Trois textes
Source: Buletin du CIOFS, 1997, N. 2
 






La culture hébraïque, comme beaucoup d'autres cultures anciennes, a progressivement élaboré une mystique, une interprétation spirituelle de chaque lettre de son alphabet.
Comme l'écriture hébraïque, et donc l'alphabet hébreu, ne fut en fait codifiée que près de deux siècles après la naissance du Christ, beaucoup de lettres furent dessinées de diverses façons suivant l'époque et la région où vivait une population juive, que ce soit en Israël ou hors d'Israël dans la diaspora, généralement dans le monde de langue grecque.
Dans sa symbolique, la dernière lettre de l'alphabet hébreu, celle qui nous intéresse, signifiait "-fin, accomplissement de la révélation du Verbe de Dieu-". Cette lettre était appelée le Tau (ou Taw), se prononçant "-tav-" en hébreu, qui pouvait s'écrire : /, X, +, T. Lorsque le prophète Ezéchiel (9:4) utilise ce symbole de la dernière lettre de l'alphabet, c'est pour inciter le peuple d'Israël à rester fidèle à Dieu jusqu'à la fin, à être reconnu comme symboliquement "-marqué-" au front de ce Tau qui le distingue comme peuple choisi par Dieu jusqu'à la fin de leur vie. Ceux qui restèrent fidèle furent appelés le restant d'Israël, souvent des pauvres et des simples qui avaient confiance en Dieu si même ils ne comprenaient pas le sens de leurs tribulations du moment.
Bien qu'en hébreu moderne la dernière lettre (/) ne soit plus en forme de croix comme dans les variantes anciennes, les premiers écrivains chrétiens commentant la Bible ont utilisé la version grecque de celle-ci, dite "-des Septante-". Et dans cette traduction des écritures hébraïques (que nous appelons "-Ancien Testament-")le Tau s'écrivait comme un T.
Bien naturellement alors, le T devint pour les chrétiens la représentation de la croix du Christ, marquant l'accomplissement des promesses de l'Ancien Testament. La croix, préfigurée par la dernière lettre de l'alphabet hébreu, représentait le moyen par lequel le Christ annula la désobéissance du vieil Adam et devint notre Sauveur, notre "-Nouvel Adam-".
Au Moyen-Age, la communauté religieuse de saint Antoine Ermite, (les Antonins), une communauté que saint François connaissait bien, se consacrait particulièrement aux soins aux lépreux. Les Antonins portaient en amulette la croix du Christ en forme du T grec, comme protection contre le fléau ainsi que contre d'autres maladies de la peau. Il est probable que, dans les premières années de sa conversion, François ait travaillé avec ces religieux dans la région d'Assise et souvent été l'hôte de leur hospice proche de Saint Jean de Latran à Rome. Au moment-clé de sa conversion, François parle fréquemment de la rencontre du Christ sous forme d'un lépreux. Il est donc normal qu'il ait par la suite adopté comme son propre sceau ou signature, un T associant l'ancien symbolisme de la fidélité de toute une vie à la passion du Christ et le commandement de servir les plus petits, les lépreux de son époque.
Et, marquant encore plus nettement la symbolique du Tau, saint François put en 1215 entendre le Pape Innocent III appeler à une grande réforme de l'Eglise catholique romaine en ouvrant le Quatrième Concile de Latran par la même exhortation qu'Ezéchiel dans l'Ancien Testament: "-Nous sommes appelés à réformer nos vies, à nous tenir en présence de Dieu comme un peuple juste. Dieu nous reconnaîtra par le signe du Tau, marqué sur nos fronts.-" Cette symbolique, utilisée par ce même pape qui avait remis un Bref à la nouvelle communauté de François cinq ans plus tôt, fut immédiatement reconnue par lui comme un appel personnel à se réformer. Les bras largement ouverts, François dit souvent à ses frères que leur habit religieux avait la forme du tau, T, marquant leur appel à être "-des crucifix vivants-", images d'un Dieu compatissant et exemples de fidélité jusqu'au jour de leur mort.
Aujourd'hui, les disciples de François, laïques ou religieux, portent la croix Tau comme le signe visible, comme le sceau de leur engagement, le rappel de la victoire du Christ sur le mal par l'abnégation quotidienne dans l'amour. Le signe de contradiction est devenu signe d'espoir, témoignage de fidélité jusqu'à la fin de nos vies.
 ==================
Sœur Patricia St-Cyr (SIAF)
  
"Le signe TAU avait toute la vénération et la dévotion de saint François: il en parlait souvent pour le recommander, l'écrivait de sa main au bas des lettres qu'il envoyait." (Lég. Major 4,9) Le TAU, dernière lettre de l'alphabet hébreu, est déjà utilisé dans sa valeur symbolique dans l'Ancien Testament pour indiquer le salut et l'amour de Dieu pour les hommes. On en parle dans le livre du prophète Ezéchiel, lorsque Dieu envoie son ange l'inscrire sur le front de ses serviteurs: "Le Seigneur lui dit: parcours la ville, parcours Jérusalem, et marque d'un TAU au front les hommes qui gémissent et qui pleurent". (Ez. 9,4) Le TAU est donc un signe de rédemption. C'est le signe extérieur de ce renouvellement qu'est la vie chrétienne, dont la marque intérieure est le sceau de l'Esprit- Saint, reçu le jour de notre baptême. Le TAU fut adapté très tôt par les chrétiens. Nous le trouvons déjà dans les catacombes de Rome, parce que sa forme rappelait la croix, sur laquelle le Christ se sacrifia pour sauver le monde. Ce signe, justement à cause de cette ressemblance avec la Croix, fut très cher à saint François d'Assise, au point qu'il occupa une place privilégiée dans sa vie et dans ses actes. En François, cet antique signe prophétique s'actualise, s'anime, reprend sa force de salut, parce qu'il se sent "saint par la miséricorde de Dieu". Son amour jaillissait d'une profonde vénération de la Croix du Christ. Il y voyait l'explosion la plus grande de son humilité, de sa mission, de son amour. Le TAU était en outre pour François le signe concret de son salut et de la victoire du Christ sur le mal. Le TAU donc, qui a derrière lui une solide tradition biblico-chrétienne, fut accueilli par saint François dans toute sa valeur spirituelle. Il l'incarna de façon si intense et totale qu'il devint lui-même, à travers les stigmates imprimées en sa chair au terme de sa vie, un TAU vivant, celui qu'il avait si souvent contemplé, dessiné et surtout aimé. Le TAU n'est pas une amulette, ni un quelconque pendentif, c'est le signe concret d'une dévotion chrétienne et surtout d'un engagement de vie à la suite du Christ pauvre et crucifié. Porter le TAU, c'est reconnaître le Fils de Dieu. C'est s'engager dans une voie spirituelle, dans une école de vie, celle de Jésus crucifié. Le chrétien, marqué du signe de la croix au moment de son baptême, doit devenir, en portant la croix, celui qui reproduit et actualise la mission du Christ.Le TAU nous rappelle que, sauvés par l'amour du Christ crucifié, notre vie devient chaque jour un peu plus nouvelle, cela en se donnant par amour aux autres. En portant ce signe, vivons-en la spiritualité, rendons compte de "l'espérance qui est en nous", à l'exemple et en compagnie de François. PRIONS Bénis, Seigneur ce TAU. Bénis celui/celle qui le portera en signe de salut et de liberté intérieure, en invoquant ton Nom très saint, par l'intercession de ton serviteur François. Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. AMEN. Prions Dieu tout-puissant, éternel, juste et bon, accorde-nous de faire, par ta grâce, ce que nous savons que tu veux et de vouloir toujours ce qui te plaît, afin qu'intérieurement purifiés, intérieurement illuminés et embrasés par le feu de l'Esprit-Saint, nous puissions suivre les traces de ton Fils, Notre Seigneur Jésus-Christ, et par ta seule grâce, parvenir jusqu'à toi Dieu Très-Haut, qui vis et règnes et reçois toute gloire, dans les siècles des siècles.AMEN.
 
Saint François
 ===========




Explication au sujet du TAU



Les influences directes

  1. Le quatrième Concile de Latran


            François assista au Concile en 1215 à titre de fondateur d'Ordre, de leader d'un mouvement spirituel.


              Et voici où intervint le TAU.
Le pape Innocent 111 ouvrit le Concile, le 11 novembre 1215, par un sermon d'une ampleur et d'une longue envolée admirables, qui eut aussitôt un grand retentissement. Il prend pour thème la Parole du Christ: " J'ai désiré d'un grand désir manger cette Pâque avec vous " [Lc 22-15] .Puis il rappelle que Pâque signifie passage. et il souhaite que le Concile, nouvelle Pâque, fournisse l'occasion d'un triple passage corporel, spirituel et éternel : - le passage corporel serait le départ d'une armée pour la libération de Jérusalem; - le passage spirituel devait être le passage d'un état à un autre, c'est-à-dire une conversion, une réformé de l'Eglise universelle; - quant à la Pâque éternelle, passage de la vie à la vraie vie, c’était par les sacrements, par l'Eucharistie surtout, qu'elle devrait s’opérer.
  La deuxième partie [le passage spirituel] est un commentaire énergique du chapitre 9 d'Ezéchiel : le pape reprend à son compte ces paroles de Dieu à son prophète :Passe par le milieu de la ville, et marque d’un Tau le front des hommes qui soupirent et qui gémissent à cause de toutes les abominations qui s'y commettent! " Et il ajoute :" Tau est la dernière lettre de l'alphabet hébreu, et sa forme dessine une croix, telle du moins que se présentait la croix avant la pose de l’écriteau de Pilate. TAU est le signe que l'on porte au front si l'on manifeste dans toute sa conduite le rayonnement de la croix; si, comme dit l'apôtre, on crucifie sa chair avec les vices et les péchés ; si l'on affirme :Je ne veux mettre ma gloire en rien d'autre que dans la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde a ~t~ crucifié pour moi, et moi pour le monde ...Soyez donc les champions du Tau et de la croix! "
 L'image du Tau et la référence à Ezéchiel étaient d'ailleurs familières au pape Innocent 111 [ et donc à ses contemporains]. Dans une lettre au Patriarche d'Arménie par exemple, il lui annonce qu'une armée de chevaliers va s'embarquer à Venise, et il lui décrit ces porteurs de croix [ les " Croisés " ] comme marqués au front du Tau d'Ezéchiel". Ailleurs dans son Traité sur le Sacrement de l'autel, il parle de la lettre T, qui est la première du Canon de la Messe [ celui-ci commence par: Te igitur];il rappelle l'importance, même du seul point de vue graphique de cette initiale qui, par la suite envahira toute la surface de la page gauche dans le missel, et il dit qu'il y a là une intention humaine: en effet, cette lettre représentant la croix "n'est autre que le  Tau de pénitence et de salut dont le Seigneur a confié le ministère à Ézéchiel." Quelle fut la réaction de François ? Il reçut comme un message personnellement adressé à lui le discours du pape Innocent 111. Le pape avait dit: " Miséricorde sera faite à ceux qui porteront le Tau, marque d'une vie de pénitence et renouvelée dans le Christ ".François voulut donc se signer lui-même du Tau, et ses frères avec lui; le Tau deviendra le signe de la vocation de l'Ordre.
  Le Tau colora toute sa spiritualité, qui devint davantage encore à partir de 1215, une spiritualité de la croix et du salut. Cela éclaire les prières qu'il composa, son Office de la Passion par exemple.
Le Tau de la pénitence fut le thème favori de sa prédication, car il se considérait comme mobilisé par le pape pour cette croisade: les frères avaient mission de susciter chez tous la conversion évangélique envisagée comme , " passage au Christ "
 Le Tau de la vie sacramentelle et eucharistique (c’était le troisième thème développé par le pape ] devint aussi l’une de ses préoccupations :"Vivre dans la pénitence et recevoir le Corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ" ce binôme inséparable revient dans la plupart de ses lettres [postérieures au Concile ].
 Le Tau enfin est le signe des vainqueurs, et François en est bien conscient; après l'avoir prêché, il le reproduira jusque dans sa chair par les stigmates; il connaîtra et rayonnera la joie par la croix.
 Les Frères de saint Antoine ermite
  L'adoption du Tau comme emblème par saint François est bien dans la ligne des orientations fixées par le Concile du Latran. Mais une autre influence fut aussi déterminante :les rencontres de saint François avec les Frères de saint Antoine Ermite, encore appelés Antonites ou Antonins.
 Le premier point à bien établir, c'est la place que tiennent les lépreux dans la vie de saint François. Le lépreux, c’était d'abord un mystère qu'il contemplait. Avant d'être une action charitable, soigner le lépreux était d'abord une composante de sa spiritualité.
Là ne s'arrête pas son attitude: de la contemplation il passe aux actes.
Le prologue de sa conversion est le fameux baiser au lépreux ...[1 C 17 ].
 Quel mystère attirait donc François chez les lépreux ?
Le mystère du Christ souffrant qu'il retrouvait dans la lecture des Poèmes du Serviteur [Is. 53] : " Nous l'avons considéré comme un lépreux, frappé de Dieu et humilié ..."
 Il ne faut pas oublier que le texte évangélique de l'Envoi des Apôtres en Mission [ Mt 10,8] texte décisif de la vocation de François, insère la recommandation suivante: " Purifiez les lépreux l ". Lui-même le dit dans son Testament [v.2] " Quand j’étais encore dans les péchés, il me semblait fort amer de voir les lépreux ; mais le Seigneur me conduisit parmi eux et je leur fis miséricorde ". Saint-François appelait d'ailleurs lui-même les lépreux : " Mes frères dans le Christ " OU " mes frères chrétiens " [ SP 58 ] Chrétien était l'un des mots utilisés pour désigner communément les lépreux. Il se punit lui-même en mangeant dans l’écuelle d'un lépreux qu'il avait offensé. [ LP 22] Celui qui écrit ces lignes a vu la scène et il en rend témoignage. François avait lui-même l'habitude, et avait prescrit à ses premiers frères de rendre à toute image de la Croix qu'ils apercevraient, les honneurs et le respect qui lui sont dus.
" Le signe. TAU avait, sur tous les autres, sa préférence : il l'utilisait en guise de signature pour ses lettres, et il en peignait l'image sur les murs de toutes les cellules.     [ 3 C 3 I 159,3 I LM Prol 2]
Frère Léon subissant une très grande tentation d'ordre spirituel...n'osait pas le faire connaître à saint-François, mais si frère Léon ne le lui dit pas, l'Esprit-Saint le lui révéla ; c'est pourquoi Saint-François l'appela à lui, se fit apporter un encrier, une plume et du papier, et de sa main il écrivit une louange du Christ, suivant le désir [ inexprimé ] du frère, et à la fin il fit le signe du ~ [ lettre majuscule grecque T ] puis il la lui donna ...On sait que cet émouvant autographe de Saint-François est conservé dans la sacristie du Sacro Convento d'Assise. [ 2 C Sid 1221 ] Ayant passé en revue la conversion du bienheureux François, l'efficacité de sa prédication, l'excellence de ses sublimes vertus, son esprit prophétique et son intelligence des Écritures, la docilité des créatures privées de raison, la réception des stigmates, et son célèbre passage de ce monde au ciel; par ces témoignages constatons que par eux il est présent au monde entier comme le grand héraut du Christ, portant sur sa personne le signe du Dieu vivant. [ Ap.7,2 ]                                 

 
 
Cet article est tiré du blog de la fraternité de Sherbrooke au Canada :

http://ofs-de-sherbrooke.over-blog.com
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Re: la croix de tau

Message par jacques58fan le Sam 18 Nov 2017 - 5:26

@azais a écrit:

Le Tau dans la tradition franciscaine






Trois textes
Source: Buletin du CIOFS, 1997, N. 2
 






La culture hébraïque, comme beaucoup d'autres cultures anciennes, a progressivement élaboré une mystique, une interprétation spirituelle de chaque lettre de son alphabet.
Comme l'écriture hébraïque, et donc l'alphabet hébreu, ne fut en fait codifiée que près de deux siècles après la naissance du Christ, beaucoup de lettres furent dessinées de diverses façons suivant l'époque et la région où vivait une population juive, que ce soit en Israël ou hors d'Israël dans la diaspora, généralement dans le monde de langue grecque.
Dans sa symbolique, la dernière lettre de l'alphabet hébreu, celle qui nous intéresse, signifiait "-fin, accomplissement de la révélation du Verbe de Dieu-". Cette lettre était appelée le Tau (ou Taw), se prononçant "-tav-" en hébreu, qui pouvait s'écrire : /, X, +, T. Lorsque le prophète Ezéchiel (9:4) utilise ce symbole de la dernière lettre de l'alphabet, c'est pour inciter le peuple d'Israël à rester fidèle à Dieu jusqu'à la fin, à être reconnu comme symboliquement "-marqué-" au front de ce Tau qui le distingue comme peuple choisi par Dieu jusqu'à la fin de leur vie. Ceux qui restèrent fidèle furent appelés le restant d'Israël, souvent des pauvres et des simples qui avaient confiance en Dieu si même ils ne comprenaient pas le sens de leurs tribulations du moment.
Bien qu'en hébreu moderne la dernière lettre (/) ne soit plus en forme de croix comme dans les variantes anciennes, les premiers écrivains chrétiens commentant la Bible ont utilisé la version grecque de celle-ci, dite "-des Septante-". Et dans cette traduction des écritures hébraïques (que nous appelons "-Ancien Testament-")le Tau s'écrivait comme un T.
Bien naturellement alors, le T devint pour les chrétiens la représentation de la croix du Christ, marquant l'accomplissement des promesses de l'Ancien Testament. La croix, préfigurée par la dernière lettre de l'alphabet hébreu, représentait le moyen par lequel le Christ annula la désobéissance du vieil Adam et devint notre Sauveur, notre "-Nouvel Adam-".
Au Moyen-Age, la communauté religieuse de saint Antoine Ermite, (les Antonins), une communauté que saint François connaissait bien, se consacrait particulièrement aux soins aux lépreux. Les Antonins portaient en amulette la croix du Christ en forme du T grec, comme protection contre le fléau ainsi que contre d'autres maladies de la peau. Il est probable que, dans les premières années de sa conversion, François ait travaillé avec ces religieux dans la région d'Assise et souvent été l'hôte de leur hospice proche de Saint Jean de Latran à Rome. Au moment-clé de sa conversion, François parle fréquemment de la rencontre du Christ sous forme d'un lépreux. Il est donc normal qu'il ait par la suite adopté comme son propre sceau ou signature, un T associant l'ancien symbolisme de la fidélité de toute une vie à la passion du Christ et le commandement de servir les plus petits, les lépreux de son époque.
Et, marquant encore plus nettement la symbolique du Tau, saint François put en 1215 entendre le Pape Innocent III appeler à une grande réforme de l'Eglise catholique romaine en ouvrant le Quatrième Concile de Latran par la même exhortation qu'Ezéchiel dans l'Ancien Testament: "-Nous sommes appelés à réformer nos vies, à nous tenir en présence de Dieu comme un peuple juste. Dieu nous reconnaîtra par le signe du Tau, marqué sur nos fronts.-" Cette symbolique, utilisée par ce même pape qui avait remis un Bref à la nouvelle communauté de François cinq ans plus tôt, fut immédiatement reconnue par lui comme un appel personnel à se réformer. Les bras largement ouverts, François dit souvent à ses frères que leur habit religieux avait la forme du tau, T, marquant leur appel à être "-des crucifix vivants-", images d'un Dieu compatissant et exemples de fidélité jusqu'au jour de leur mort.
Aujourd'hui, les disciples de François, laïques ou religieux, portent la croix Tau comme le signe visible, comme le sceau de leur engagement, le rappel de la victoire du Christ sur le mal par l'abnégation quotidienne dans l'amour. Le signe de contradiction est devenu signe d'espoir, témoignage de fidélité jusqu'à la fin de nos vies.
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Sœur Patricia St-Cyr (SIAF)
  
"Le signe TAU avait toute la vénération et la dévotion de saint François: il en parlait souvent pour le recommander, l'écrivait de sa main au bas des lettres qu'il envoyait." (Lég. Major 4,9) Le TAU, dernière lettre de l'alphabet hébreu, est déjà utilisé dans sa valeur symbolique dans l'Ancien Testament pour indiquer le salut et l'amour de Dieu pour les hommes. On en parle dans le livre du prophète Ezéchiel, lorsque Dieu envoie son ange l'inscrire sur le front de ses serviteurs: "Le Seigneur lui dit: parcours la ville, parcours Jérusalem, et marque d'un TAU au front les hommes qui gémissent et qui pleurent". (Ez. 9,4) Le TAU est donc un signe de rédemption. C'est le signe extérieur de ce renouvellement qu'est la vie chrétienne, dont la marque intérieure est le sceau de l'Esprit- Saint, reçu le jour de notre baptême. Le TAU fut adapté très tôt par les chrétiens. Nous le trouvons déjà dans les catacombes de Rome, parce que sa forme rappelait la croix, sur laquelle le Christ se sacrifia pour sauver le monde. Ce signe, justement à cause de cette ressemblance avec la Croix, fut très cher à saint François d'Assise, au point qu'il occupa une place privilégiée dans sa vie et dans ses actes. En François, cet antique signe prophétique s'actualise, s'anime, reprend sa force de salut, parce qu'il se sent "saint par la miséricorde de Dieu". Son amour jaillissait d'une profonde vénération de la Croix du Christ. Il y voyait l'explosion la plus grande de son humilité, de sa mission, de son amour. Le TAU était en outre pour François le signe concret de son salut et de la victoire du Christ sur le mal. Le TAU donc, qui a derrière lui une solide tradition biblico-chrétienne, fut accueilli par saint François dans toute sa valeur spirituelle. Il l'incarna de façon si intense et totale qu'il devint lui-même, à travers les stigmates imprimées en sa chair au terme de sa vie, un TAU vivant, celui qu'il avait si souvent contemplé, dessiné et surtout aimé. Le TAU n'est pas une amulette, ni un quelconque pendentif, c'est le signe concret d'une dévotion chrétienne et surtout d'un engagement de vie à la suite du Christ pauvre et crucifié. Porter le TAU, c'est reconnaître le Fils de Dieu. C'est s'engager dans une voie spirituelle, dans une école de vie, celle de Jésus crucifié. Le chrétien, marqué du signe de la croix au moment de son baptême, doit devenir, en portant la croix, celui qui reproduit et actualise la mission du Christ.Le TAU nous rappelle que, sauvés par l'amour du Christ crucifié, notre vie devient chaque jour un peu plus nouvelle, cela en se donnant par amour aux autres. En portant ce signe, vivons-en la spiritualité, rendons compte de "l'espérance qui est en nous", à l'exemple et en compagnie de François. PRIONS Bénis, Seigneur ce TAU. Bénis celui/celle qui le portera en signe de salut et de liberté intérieure, en invoquant ton Nom très saint, par l'intercession de ton serviteur François. Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. AMEN. Prions Dieu tout-puissant, éternel, juste et bon, accorde-nous de faire, par ta grâce, ce que nous savons que tu veux et de vouloir toujours ce qui te plaît, afin qu'intérieurement purifiés, intérieurement illuminés et embrasés par le feu de l'Esprit-Saint, nous puissions suivre les traces de ton Fils, Notre Seigneur Jésus-Christ, et par ta seule grâce, parvenir jusqu'à toi Dieu Très-Haut, qui vis et règnes et reçois toute gloire, dans les siècles des siècles.AMEN.
 
Saint François
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Explication au sujet du TAU



Les influences directes

  1. Le quatrième Concile de Latran


            François assista au Concile en 1215 à titre de fondateur d'Ordre, de leader d'un mouvement spirituel.


              Et voici où intervint le TAU.
Le pape Innocent 111 ouvrit le Concile, le 11 novembre 1215, par un sermon d'une ampleur et d'une longue envolée admirables, qui eut aussitôt un grand retentissement. Il prend pour thème la Parole du Christ: " J'ai désiré d'un grand désir manger cette Pâque avec vous " [Lc 22-15] .Puis il rappelle que Pâque signifie passage. et il souhaite que le Concile, nouvelle Pâque, fournisse l'occasion d'un triple passage corporel, spirituel et éternel : - le passage corporel serait le départ d'une armée pour la libération de Jérusalem; - le passage spirituel devait être le passage d'un état à un autre, c'est-à-dire une conversion, une réformé de l'Eglise universelle; - quant à la Pâque éternelle, passage de la vie à la vraie vie, c’était par les sacrements, par l'Eucharistie surtout, qu'elle devrait s’opérer.
  La deuxième partie [le passage spirituel] est un commentaire énergique du chapitre 9 d'Ezéchiel : le pape reprend à son compte ces paroles de Dieu à son prophète :Passe par le milieu de la ville, et marque d’un Tau le front des hommes qui soupirent et qui gémissent à cause de toutes les abominations qui s'y commettent! " Et il ajoute :" Tau est la dernière lettre de l'alphabet hébreu, et sa forme dessine une croix, telle du moins que se présentait la croix avant la pose de l’écriteau de Pilate. TAU est le signe que l'on porte au front si l'on manifeste dans toute sa conduite le rayonnement de la croix; si, comme dit l'apôtre, on crucifie sa chair avec les vices et les péchés ; si l'on affirme :Je ne veux mettre ma gloire en rien d'autre que dans la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde a ~t~ crucifié pour moi, et moi pour le monde ...Soyez donc les champions du Tau et de la croix! "
 L'image du Tau et la référence à Ezéchiel étaient d'ailleurs familières au pape Innocent 111 [ et donc à ses contemporains]. Dans une lettre au Patriarche d'Arménie par exemple, il lui annonce qu'une armée de chevaliers va s'embarquer à Venise, et il lui décrit ces porteurs de croix [ les " Croisés " ] comme marqués au front du Tau d'Ezéchiel". Ailleurs dans son Traité sur le Sacrement de l'autel, il parle de la lettre T, qui est la première du Canon de la Messe [ celui-ci commence par: Te igitur];il rappelle l'importance, même du seul point de vue graphique de cette initiale qui, par la suite envahira toute la surface de la page gauche dans le missel, et il dit qu'il y a là une intention humaine: en effet, cette lettre représentant la croix "n'est autre que le  Tau de pénitence et de salut dont le Seigneur a confié le ministère à Ézéchiel." Quelle fut la réaction de François ? Il reçut comme un message personnellement adressé à lui le discours du pape Innocent 111. Le pape avait dit: " Miséricorde sera faite à ceux qui porteront le Tau, marque d'une vie de pénitence et renouvelée dans le Christ ".François voulut donc se signer lui-même du Tau, et ses frères avec lui; le Tau deviendra le signe de la vocation de l'Ordre.
  Le Tau colora toute sa spiritualité, qui devint davantage encore à partir de 1215, une spiritualité de la croix et du salut. Cela éclaire les prières qu'il composa, son Office de la Passion par exemple.
Le Tau de la pénitence fut le thème favori de sa prédication, car il se considérait comme mobilisé par le pape pour cette croisade: les frères avaient mission de susciter chez tous la conversion évangélique envisagée comme , " passage au Christ "
 Le Tau de la vie sacramentelle et eucharistique (c’était le troisième thème développé par le pape ] devint aussi l’une de ses préoccupations :"Vivre dans la pénitence et recevoir le Corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ" ce binôme inséparable revient dans la plupart de ses lettres [postérieures au Concile ].
 Le Tau enfin est le signe des vainqueurs, et François en est bien conscient; après l'avoir prêché, il le reproduira jusque dans sa chair par les stigmates; il connaîtra et rayonnera la joie par la croix.
 Les Frères de saint Antoine ermite
  L'adoption du Tau comme emblème par saint François est bien dans la ligne des orientations fixées par le Concile du Latran. Mais une autre influence fut aussi déterminante :les rencontres de saint François avec les Frères de saint Antoine Ermite, encore appelés Antonites ou Antonins.
 Le premier point à bien établir, c'est la place que tiennent les lépreux dans la vie de saint François. Le lépreux, c’était d'abord un mystère qu'il contemplait. Avant d'être une action charitable, soigner le lépreux était d'abord une composante de sa spiritualité.
Là ne s'arrête pas son attitude: de la contemplation il passe aux actes.
Le prologue de sa conversion est le fameux baiser au lépreux ...[1 C 17 ].
 Quel mystère attirait donc François chez les lépreux ?
Le mystère du Christ souffrant qu'il retrouvait dans la lecture des Poèmes du Serviteur [Is. 53] : " Nous l'avons considéré comme un lépreux, frappé de Dieu et humilié ..."
 Il ne faut pas oublier que le texte évangélique de l'Envoi des Apôtres en Mission [ Mt 10,8] texte décisif de la vocation de François, insère la recommandation suivante: " Purifiez les lépreux l ". Lui-même le dit dans son Testament [v.2] " Quand j’étais encore dans les péchés, il me semblait fort amer de voir les lépreux ; mais le Seigneur me conduisit parmi eux et je leur fis miséricorde ". Saint-François appelait d'ailleurs lui-même les lépreux : " Mes frères dans le Christ " OU " mes frères chrétiens " [ SP 58 ] Chrétien était l'un des mots utilisés pour désigner communément les lépreux. Il se punit lui-même en mangeant dans l’écuelle d'un lépreux qu'il avait offensé. [ LP 22] Celui qui écrit ces lignes a vu la scène et il en rend témoignage. François avait lui-même l'habitude, et avait prescrit à ses premiers frères de rendre à toute image de la Croix qu'ils apercevraient, les honneurs et le respect qui lui sont dus.
" Le signe. TAU avait, sur tous les autres, sa préférence : il l'utilisait en guise de signature pour ses lettres, et il en peignait l'image sur les murs de toutes les cellules.     [ 3 C 3 I 159,3 I LM Prol 2]
Frère Léon subissant une très grande tentation d'ordre spirituel...n'osait pas le faire connaître à saint-François, mais si frère Léon ne le lui dit pas, l'Esprit-Saint le lui révéla ; c'est pourquoi Saint-François l'appela à lui, se fit apporter un encrier, une plume et du papier, et de sa main il écrivit une louange du Christ, suivant le désir [ inexprimé ] du frère, et à la fin il fit le signe du ~ [ lettre majuscule grecque T ] puis il la lui donna ...On sait que cet émouvant autographe de Saint-François est conservé dans la sacristie du Sacro Convento d'Assise. [ 2 C Sid 1221 ] Ayant passé en revue la conversion du bienheureux François, l'efficacité de sa prédication, l'excellence de ses sublimes vertus, son esprit prophétique et son intelligence des Écritures, la docilité des créatures privées de raison, la réception des stigmates, et son célèbre passage de ce monde au ciel; par ces témoignages constatons que par eux il est présent au monde entier comme le grand héraut du Christ, portant sur sa personne le signe du Dieu vivant. [ Ap.7,2 ]                                 

 
 
Cet article est tiré du blog de la fraternité de Sherbrooke au Canada :

http://ofs-de-sherbrooke.over-blog.com

Merci pour cette explication de la croix de TAU!
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jacques58fan
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Re: la croix de tau

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