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Continuons l’oeuvre de saint Vincent de Paul

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Continuons l’oeuvre de saint Vincent de Paul

Message par saint-michel le Ven 19 Mai 2017 - 8:50



Saint Vincent de Paul a créé la Congrégation de la Mission suite à une intuition divine. Son œuvre providentielle a contribué à rétablir la paix là où il passait, dans un XVIIe siècle en guerre. La Mission a amélioré à la fois la condition matérielle et spirituelle des pauvres travailleurs des champs. Ses œuvres charitables furent si gigantesques, dans son siècle perturbé par toutes sortes de drames, qu’elles perdurent encore de nos jours.



D’ici quelque temps, la situation sera extrêmement difficile dans toute l’Europe. Il faudra des missionnaires du Sacré-Cœur pour sauver la France puisque celle-ci va énormément souffrir. Anticipons cette terrible époque. Il nous faut travailler d’un point de vue spirituel dès ce jour pour être en mesure d’affronter cet épisode chaotique : voici un extrait de ces sublimes œuvres réalisées pendant les missions.


« Les missions populaires »


Saint Vincent a donné à la Congrégation des vertus dynamiques, pour le service, c’est-à-dire, en fonction de la mission :


– L’humilité qui est disponibilité à l’œuvre de Dieu, attire la grâce, prépare la route pour les autres vertus, nous met sous la souveraineté de Dieu pour réaliser son projet ;
– La simplicité : grâce à cette vertu le missionnaire devient « parole », c’est-à-dire capable de se faire comprendre, obtient la conversion des cœurs et non l’estime des hommes ;
– La charité gagne les cœurs. Pour cela, il défendait (interdisait) polémiques et controverses, surtout contre les hérétiques : c’est la grâce qui convertit non les raisonnements ou l’argumentation. Il voulait les missionnaires très unis car l’union procure la paix, fait aimer la vocation. Sans elle les œuvres sont compromises ;
– La prudence, surtout dans les questions touchant le sixième commandement (luxurieux point ne seras de corps ni de consentement) ;
– L’esprit de prière : Dieu abandonne celui qui laisse la prière. Le missionnaire doit être un homme aimant la prière afin de s’unir au Dieu qu’il doit annoncer.


Cette communauté, composée « d’hommes apostoliques » voulait que tous, donc mêmes les frères, par le « quatrième vœu » soient engagés dans un service apostolique : « Instruire les peuples des champs, voilà où nous sommes appelés. Oui, Notre-Seigneur demande de nous que nous évangélisions les pauvres : voilà ce qu’il a fait et ce qu’il veut continuer de faire par nous. »


Cela comporte :


Une façon de vivre, à savoir la gratuité :
Vincent a toujours considéré la gratuité comme un rempart pour la communauté. De même que les capucins sont obligés de vivre d’aumônes, ainsi les missionnaires doivent prêcher gratuitement. Tandis que Grignion de Montfort voulait que ses missionnaires aillent prêcher sans rien emporter, Vincent voulait que chaque maison ait des rentes suffisantes pour le vivre, le logement, les voyages et les dépenses diverses des missionnaires. Par là, les missionnaires ne pesaient pas sur les paroisses, ils évitaient que les curés prennent prétexte pour refuser la mission et se tenaient éloignés de toute avidité.
Une façon de parler, à savoir « la petite méthode ». Selon Vincent, cette méthode vient de Dieu, elle est conforme à la façon de prêcher du Fils de Dieu et d’Apôtres. D’où, simplicité de fond, de forme et de ton, évitant les longues prédications, les comparaisons obscures, les paroles ardues et difficiles à comprendre. La « prédication à la missionnaire » était un style, une façon de se revêtir humblement des habits de l’évangélisateur, une série de thèmes pour gagner les auditeurs. Par cette méthode, Vincent voulait que le missionnaire devienne voix de la Parole qui sauve pour faire naître l’Église des âmes.
Une façon d’être ensemble : « l’équipe missionnaire »
Le travail missionnaire n’était pas le fait de personnes individuelles, mais d’un groupe composé d’un directeur, qui avait habituellement la charge de la prédication des principes, deux ou trois missionnaires pour la doctrine et les confessions, et un frère pour la cuisine et les services domestiques.



Le travail fatiguait énormément. Les missionnaires étaient absents de la maison à peu près six mois (de la Toussaint au début de l’été, hors des temps des travaux des champs), fatigués par les voyages, la prédication, les confessions, au milieu des désagréments de toutes sortes.



Les voyages


C’était toujours un problème. Voyager était un risque à cause des routes, très mauvaises et mal signalées, des logements le long des voyages, des situations climatiques. N’oublions pas que les missionnaires se mettaient en route à la saison où les paysans restaient à la maison, à la pire des saisons, entre novembre et mai.


Après avoir reçu la bénédiction du supérieur, fait la visite au saint sacrement, commençait le voyage. Il se faisait à pied, parfois à cheval ou avec les moyens de transports (chars, carrosses, bateaux). Ils devaient voyager deux par deux, dans le recueillement et après avoir récité « l’itinéraire », parler de façon calme, évitant trop de familiarité avec les gens.


Aux étapes, ils devaient visiter le saint sacrement, catéchiser les pauvres et les serveurs des auberges, ne pas scandaliser les hôtes et manger avec sobriété.


Arrivés dans le diocèse, ils devaient rendre visite à l’évêque et obtenir son mandat pour le montrer au curé.


Le but de la mission


Arrivés en vue du lieu où les missionnaires devaient être annonciateurs du Salut, leur premier geste était de saluer les anges gardiens et s’approcher du village en récitant les litanies des saints.


La première visite était pour le curé à qui ils devaient montrer le mandat de l’évêque, demander sa permission et sa bénédiction. S’ils recevaient un refus, ils devaient alors s’en aller en paix.


Le directeur devait chercher le logement et assigner à chacun son lit et son confessionnal. Il s’informait ensuite de la situation de la paroisse : sa ferveur, les situations les plus courantes, demandant conseil et informations au curé et aux gens de bien, c’est-à-dire aux personnes les plus influentes et les mieux informées de l’endroit.



Les exercices de la mission


La mission se déroulait ensuite dans un ensemble de prédications, de confessions, de célébrations, le tout bien dosé. Les exercices n’étaient pas imposés. Une certaine souplesse permettait des adaptations aux situations concrètes, pour des villages trop petits ou pour un nombre réduit de missionnaires. On ne prévoyait pas la même participation des fidèles à tous les moments. On pouvait admettre que dans une même famille, certains membres écoutent les prédications le matin et d’autres le soir. Le critère était l’efficacité pastorale. On faisait attention à éviter l’excès contraire : fatiguer les gens par une prédication trop longue.



Pour ce qui concerne le déroulement de la prédication missionnaire elle était basée sur deux piliers fondamentaux :


Le premier était la prédication de fond. Un astucieux plan préparait graduellement la population à accueillir les thèmes de la miséricorde, de la réconciliation, des restitutions, qui constituaient le nerf de toute la mission, Certains prédicateurs s’aidaient de leurs ressources oratoires ; d’autres usaient d’éléments théâtraux, montrant une tête de mort ou faisant une procession du Christ mort ou de la Vierge douloureuse. Tout cela était absent de la tradition de la Mission qui, tout au contraire, grâce à la petite méthode, avait un instrument souple et facile pour une proposition crédible et séduisante.


Le sermon qui se faisait le matin très tôt, avant que les paysans n’aillent au travail, était confié au missionnaire le plus expérimenté. Après la messe, le prédicateur montait en chaire et présentait le sujet qu’il développait selon les trois points de la « petite méthode » : nature, motifs, moyens.


Les sujets étaient les suivants :


1. Sermon pouvant servir pour annoncer la mission quelques semaines avant le début de la mission
2. Le salut
3. La pénitence
4. Examen de la conscience
5. L’examen des péchés
6. Le péché
7. La Parole de Dieu
8. La contrition
9. La confession ordinaire
10. La confession générale
11. La mort
12. Le jugement particulier
13. Le bon propos
14. La mort des pécheurs
15. L’ivrognerie
16. Sur le fait de cacher ses péchés par la honte
17. Les commandements de Dieu
18. La foi
19. Le jugement dernier
20. Les peines corporelles de l’enfer
21. Les peines spirituelles de l’enfer
22. L’espérance
23. Le serment
24. Le blasphème
25. La sanctification des dimanches
26. Le respect dû aux églises
27. Les bonnes œuvres
28. Le sacrement de mariage
29. Les devoirs des enfants envers leurs parents
30. Les devoirs des patrons et des patronnes
31. Les devoirs des serviteurs et des servantes
32. Les devoirs des pères et mères envers leurs enfants
33. La colère
34. Les époux
35. L’amour de Dieu
36. La prière
37. L’amour des ennemis
38. L’amour du prochain
39. La fuite des occasions
40. Le vol
41. La restitution
42. Le rejet de la pénitence
43. La satisfaction
44. La médisance
45. Le scandale
46. Le paradis
47. La communion sacrilège
48. La dévotion à la Vierge
49. Les affections déréglées
50. La pratique chrétienne
51. Le sixième commandement
52. La rechute
53. Le fruit de la Communion
54. Le retour de la procession
55. La persévérance


Le second exercice était le catéchisme, pour lequel Vincent avait une véritable passion. Il était convaincu qu’une âme qui ne connaît pas Dieu, qui ne sait pas ce que Dieu a fait pour elle, ne peut ni croire, ni espérer, ni aimer. Dans une lettre à Lambert aux Couteaux, Vincent dit que le fruit de la mission se tire surtout du catéchisme. Ses maîtres, selon Dodin, avaient été l’oratorien Jacques Gastaud (ou Gasteau, mort en 1628) qui lui avait appris la simplicité dans la prédication, Adrien Bourdoise (1655), le bouillant curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, dont il avait retenu l’efficacité des instruments rapides comme petits fascicules imprimés, César de Bus et saint François de Sales.
Mais quel est donc le catéchisme enseigné ? Saint Vincent parle d’un catéchisme dans une lettre Jean Martin. L’assemblée de 1668 recommanda aux missionnaires de se servir de « notre catéchisme ». Celui-ci a été identifié dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale de Paris, mais sans preuves suffisantes.



L’exercice du catéchisme était divisé en grand et petit, selon qu’il s’adressait aux adultes ou aux enfants.



Le petit catéchisme avait lieu l’après-midi entre 13 et 14 heures, pour les enfants. Il commençait par une instruction très familière faite par un missionnaire, sans se servir de la chaire. La méthode était le dialogue. On mettait les enfants à leur aise par des questions, cherchant à les intéresser avec de petites récompenses, comme des chapelets ou images. On y instruisait les participants sur l’unité de la Trinité, sur l’Incarnation, le péché, la pénitence, les commandements, la préparation à la communion. On y enseignait aussi les prières, on chantait les commandements, on récitait le Credo et le Pater.



La créativité pastorale avait suggéré à certains missionnaires d’utiliser des tableaux illustrés ou le dialogue entre missionnaires ou avec un enfant plus éveillé. Ce dialogue était repris dans le grand catéchisme pour étonner les adultes.
Le catéchisme pour les adultes ou « grand catéchisme » avait lieu le soir, vers 18 heures, au retour du travail. Il était introduit par des cantiques et se terminait par la prière du soir. Celui qui en était chargé montait en chaire et commençait par interroger un enfant et la récapitulation de la leçon précédente. L’efficacité de cette façon de faire se manifeste dans la conversion d’un protestant à Marchais. Un huguenot, très proche de la foi catholique, ressentait des difficultés à propos de la vénération des images. Il était question d’une statue de la Sainte Vierge. Vincent interrogea un enfant. Celui-ci exposa avec tant de clarté la doctrine catholique du culte des images que le protestant en demeura confus et convaincu. Les sujets étaient ceux du catéchisme romain. On y parlait de la doctrine chrétienne, de la foi, des principaux mystères (Trinité, Incarnation, Eucharistie), des commandements. On y expliquait même si le temps ne pressait pas trop, de façon analytique, le symbole des Apôtres ou le Pater. Vers la fin, on commentait un petit texte imprimé qui était distribué, l’Exercice du chrétien.
L’utilisation des registres n’a pas permis de résoudre les questions qui se posent sur le déroulement effectif des thèmes. Nous possédons les sermons publiés par Jeanmaire en 1859, comme Sermons de saint Vincent de Paul. Dans de nombreuses maisons on a conservé des cahiers des missionnaires. Le travail qui reste à faire est encore immense. Sur les contenus de la mission il faut observer que les auditeurs étaient fondamentalement des croyants, mais « ignorants » et peu ou mal pratiquants.



En conséquence ils devaient être instruits,
-sur les rudiments de la foi,
-sur les principaux éléments de la pratique. »


Spoiler:

Source : https://lafrancechretienne.wordpress.com/2017/05/19/continuons-l-oeuvre-de-saint-vincent-de-paul/

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Re: Continuons l’oeuvre de saint Vincent de Paul

Message par jacques58fan le Sam 20 Mai 2017 - 8:04

@saint-michel a écrit:

Saint Vincent de Paul a créé la Congrégation de la Mission suite à une intuition divine. Son œuvre providentielle a contribué à rétablir la paix là où il passait, dans un XVIIe siècle en guerre. La Mission a amélioré à la fois la condition matérielle et spirituelle des pauvres travailleurs des champs. Ses œuvres charitables furent si gigantesques, dans son siècle perturbé par toutes sortes de drames, qu’elles perdurent encore de nos jours.



D’ici quelque temps, la situation sera extrêmement difficile dans toute l’Europe. Il faudra des missionnaires du Sacré-Cœur pour sauver la France puisque celle-ci va énormément souffrir. Anticipons cette terrible époque. Il nous faut travailler d’un point de vue spirituel dès ce jour pour être en mesure d’affronter cet épisode chaotique : voici un extrait de ces sublimes œuvres réalisées pendant les missions.


« Les missions populaires »


Saint Vincent a donné à la Congrégation des vertus dynamiques, pour le service, c’est-à-dire, en fonction de la mission :


– L’humilité qui est disponibilité à l’œuvre de Dieu, attire la grâce, prépare la route pour les autres vertus, nous met sous la souveraineté de Dieu pour réaliser son projet ;
– La simplicité : grâce à cette vertu le missionnaire devient « parole », c’est-à-dire capable de se faire comprendre, obtient la conversion des cœurs et non l’estime des hommes ;
– La charité gagne les cœurs. Pour cela, il défendait (interdisait) polémiques et controverses, surtout contre les hérétiques : c’est la grâce qui convertit non les raisonnements ou l’argumentation. Il voulait les missionnaires très unis car l’union procure la paix, fait aimer la vocation. Sans elle les œuvres sont compromises ;
– La prudence, surtout dans les questions touchant le sixième commandement (luxurieux point ne seras de corps ni de consentement) ;
– L’esprit de prière : Dieu abandonne celui qui laisse la prière. Le missionnaire doit être un homme aimant la prière afin de s’unir au Dieu qu’il doit annoncer.


Cette communauté, composée « d’hommes apostoliques » voulait que tous, donc mêmes les frères, par le « quatrième vœu » soient engagés dans un service apostolique : « Instruire les peuples des champs, voilà où nous sommes appelés. Oui, Notre-Seigneur demande de nous que nous évangélisions les pauvres : voilà ce qu’il a fait et ce qu’il veut continuer de faire par nous. »


Cela comporte :


Une façon de vivre, à savoir la gratuité :
Vincent a toujours considéré la gratuité comme un rempart pour la communauté. De même que les capucins sont obligés de vivre d’aumônes, ainsi les missionnaires doivent prêcher gratuitement. Tandis que Grignion de Montfort voulait que ses missionnaires aillent prêcher sans rien emporter, Vincent voulait que chaque maison ait des rentes suffisantes pour le vivre, le logement, les voyages et les dépenses diverses des missionnaires. Par là, les missionnaires ne pesaient pas sur les paroisses, ils évitaient que les curés prennent prétexte pour refuser la mission et se tenaient éloignés de toute avidité.
Une façon de parler, à savoir « la petite méthode ». Selon Vincent, cette méthode vient de Dieu, elle est conforme à la façon de prêcher du Fils de Dieu et d’Apôtres. D’où, simplicité de fond, de forme et de ton, évitant les longues prédications, les comparaisons obscures, les paroles ardues et difficiles à comprendre. La « prédication à la missionnaire » était un style, une façon de se revêtir humblement des habits de l’évangélisateur, une série de thèmes pour gagner les auditeurs. Par cette méthode, Vincent voulait que le missionnaire devienne voix de la Parole qui sauve pour faire naître l’Église des âmes.
Une façon d’être ensemble : « l’équipe missionnaire »
Le travail missionnaire n’était pas le fait de personnes individuelles, mais d’un groupe composé d’un directeur, qui avait habituellement la charge de la prédication des principes, deux ou trois missionnaires pour la doctrine et les confessions, et un frère pour la cuisine et les services domestiques.



Le travail fatiguait énormément. Les missionnaires étaient absents de la maison à peu près six mois (de la Toussaint au début de l’été, hors des temps des travaux des champs), fatigués par les voyages, la prédication, les confessions, au milieu des désagréments de toutes sortes.



Les voyages


C’était toujours un problème. Voyager était un risque à cause des routes, très mauvaises et mal signalées, des logements le long des voyages, des situations climatiques. N’oublions pas que les missionnaires se mettaient en route à la saison où les paysans restaient à la maison, à la pire des saisons, entre novembre et mai.


Après avoir reçu la bénédiction du supérieur, fait la visite au saint sacrement, commençait le voyage. Il se faisait à pied, parfois à cheval ou avec les moyens de transports (chars, carrosses, bateaux). Ils devaient voyager deux par deux, dans le recueillement et après avoir récité « l’itinéraire », parler de façon calme, évitant trop de familiarité avec les gens.


Aux étapes, ils devaient visiter le saint sacrement, catéchiser les pauvres et les serveurs des auberges, ne pas scandaliser les hôtes et manger avec sobriété.


Arrivés dans le diocèse, ils devaient rendre visite à l’évêque et obtenir son mandat pour le montrer au curé.


Le but de la mission


Arrivés en vue du lieu où les missionnaires devaient être annonciateurs du Salut, leur premier geste était de saluer les anges gardiens et s’approcher du village en récitant les litanies des saints.


La première visite était pour le curé à qui ils devaient montrer le mandat de l’évêque, demander sa permission et sa bénédiction. S’ils recevaient un refus, ils devaient alors s’en aller en paix.


Le directeur devait chercher le logement et assigner à chacun son lit et son confessionnal. Il s’informait ensuite de la situation de la paroisse : sa ferveur, les situations les plus courantes, demandant conseil et informations au curé et aux gens de bien, c’est-à-dire aux personnes les plus influentes et les mieux informées de l’endroit.



Les exercices de la mission


La mission se déroulait ensuite dans un ensemble de prédications, de confessions, de célébrations, le tout bien dosé. Les exercices n’étaient pas imposés. Une certaine souplesse permettait des adaptations aux situations concrètes, pour des villages trop petits ou pour un nombre réduit de missionnaires. On ne prévoyait pas la même participation des fidèles à tous les moments. On pouvait admettre que dans une même famille, certains membres écoutent les prédications le matin et d’autres le soir. Le critère était l’efficacité pastorale. On faisait attention à éviter l’excès contraire : fatiguer les gens par une prédication trop longue.



Pour ce qui concerne le déroulement de la prédication missionnaire elle était basée sur deux piliers fondamentaux :


Le premier était la prédication de fond. Un astucieux plan préparait graduellement la population à accueillir les thèmes de la miséricorde, de la réconciliation, des restitutions, qui constituaient le nerf de toute la mission, Certains prédicateurs s’aidaient de leurs ressources oratoires ; d’autres usaient d’éléments théâtraux, montrant une tête de mort ou faisant une procession du Christ mort ou de la Vierge douloureuse. Tout cela était absent de la tradition de la Mission qui, tout au contraire, grâce à la petite méthode, avait un instrument souple et facile pour une proposition crédible et séduisante.


Le sermon qui se faisait le matin très tôt, avant que les paysans n’aillent au travail, était confié au missionnaire le plus expérimenté. Après la messe, le prédicateur montait en chaire et présentait le sujet qu’il développait selon les trois points de la « petite méthode » : nature, motifs, moyens.


Les sujets étaient les suivants :


1. Sermon pouvant servir pour annoncer la mission quelques semaines avant le début de la mission
2. Le salut
3. La pénitence
4. Examen de la conscience
5. L’examen des péchés
6. Le péché
7. La Parole de Dieu
8. La contrition
9. La confession ordinaire
10. La confession générale
11. La mort
12. Le jugement particulier
13. Le bon propos
14. La mort des pécheurs
15. L’ivrognerie
16. Sur le fait de cacher ses péchés par la honte
17. Les commandements de Dieu
18. La foi
19. Le jugement dernier
20. Les peines corporelles de l’enfer
21. Les peines spirituelles de l’enfer
22. L’espérance
23. Le serment
24. Le blasphème
25. La sanctification des dimanches
26. Le respect dû aux églises
27. Les bonnes œuvres
28. Le sacrement de mariage
29. Les devoirs des enfants envers leurs parents
30. Les devoirs des patrons et des patronnes
31. Les devoirs des serviteurs et des servantes
32. Les devoirs des pères et mères envers leurs enfants
33. La colère
34. Les époux
35. L’amour de Dieu
36. La prière
37. L’amour des ennemis
38. L’amour du prochain
39. La fuite des occasions
40. Le vol
41. La restitution
42. Le rejet de la pénitence
43. La satisfaction
44. La médisance
45. Le scandale
46. Le paradis
47. La communion sacrilège
48. La dévotion à la Vierge
49. Les affections déréglées
50. La pratique chrétienne
51. Le sixième commandement
52. La rechute
53. Le fruit de la Communion
54. Le retour de la procession
55. La persévérance


Le second exercice était le catéchisme, pour lequel Vincent avait une véritable passion. Il était convaincu qu’une âme qui ne connaît pas Dieu, qui ne sait pas ce que Dieu a fait pour elle, ne peut ni croire, ni espérer, ni aimer. Dans une lettre à Lambert aux Couteaux, Vincent dit que le fruit de la mission se tire surtout du catéchisme. Ses maîtres, selon Dodin, avaient été l’oratorien Jacques Gastaud (ou Gasteau, mort en 1628) qui lui avait appris la simplicité dans la prédication, Adrien Bourdoise (1655), le bouillant curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, dont il avait retenu l’efficacité des instruments rapides comme petits fascicules imprimés, César de Bus et saint François de Sales.
Mais quel est donc le catéchisme enseigné ? Saint Vincent parle d’un catéchisme dans une lettre Jean Martin. L’assemblée de 1668 recommanda aux missionnaires de se servir de « notre catéchisme ». Celui-ci a été identifié dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale de Paris, mais sans preuves suffisantes.



L’exercice du catéchisme était divisé en grand et petit, selon qu’il s’adressait aux adultes ou aux enfants.



Le petit catéchisme avait lieu l’après-midi entre 13 et 14 heures, pour les enfants. Il commençait par une instruction très familière faite par un missionnaire, sans se servir de la chaire. La méthode était le dialogue. On mettait les enfants à leur aise par des questions, cherchant à les intéresser avec de petites récompenses, comme des chapelets ou images. On y instruisait les participants sur l’unité de la Trinité, sur l’Incarnation, le péché, la pénitence, les commandements, la préparation à la communion. On y enseignait aussi les prières, on chantait les commandements, on récitait le Credo et le Pater.



La créativité pastorale avait suggéré à certains missionnaires d’utiliser des tableaux illustrés ou le dialogue entre missionnaires ou avec un enfant plus éveillé. Ce dialogue était repris dans le grand catéchisme pour étonner les adultes.
Le catéchisme pour les adultes ou « grand catéchisme » avait lieu le soir, vers 18 heures, au retour du travail. Il était introduit par des cantiques et se terminait par la prière du soir. Celui qui en était chargé montait en chaire et commençait par interroger un enfant et la récapitulation de la leçon précédente. L’efficacité de cette façon de faire se manifeste dans la conversion d’un protestant à Marchais. Un huguenot, très proche de la foi catholique, ressentait des difficultés à propos de la vénération des images. Il était question d’une statue de la Sainte Vierge. Vincent interrogea un enfant. Celui-ci exposa avec tant de clarté la doctrine catholique du culte des images que le protestant en demeura confus et convaincu. Les sujets étaient ceux du catéchisme romain. On y parlait de la doctrine chrétienne, de la foi, des principaux mystères (Trinité, Incarnation, Eucharistie), des commandements. On y expliquait même si le temps ne pressait pas trop, de façon analytique, le symbole des Apôtres ou le Pater. Vers la fin, on commentait un petit texte imprimé qui était distribué, l’Exercice du chrétien.
L’utilisation des registres n’a pas permis de résoudre les questions qui se posent sur le déroulement effectif des thèmes. Nous possédons les sermons publiés par Jeanmaire en 1859, comme Sermons de saint Vincent de Paul. Dans de nombreuses maisons on a conservé des cahiers des missionnaires. Le travail qui reste à faire est encore immense. Sur les contenus de la mission il faut observer que les auditeurs étaient fondamentalement des croyants, mais « ignorants » et peu ou mal pratiquants.



En conséquence ils devaient être instruits,
-sur les rudiments de la foi,
-sur les principaux éléments de la pratique. »


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Source : https://lafrancechretienne.wordpress.com/2017/05/19/continuons-l-oeuvre-de-saint-vincent-de-paul/

Merci pour cet éclairage!
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