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Livre 1 des Révélations Célestes de Sainte Brigitte de Suède

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Livre 1 des Révélations Célestes de Sainte Brigitte de Suède  - Page 2 Empty Re: Livre 1 des Révélations Célestes de Sainte Brigitte de Suède

Message par Charles-Edouard le Jeu 28 Avr 2011 - 18:20

Chapitre 26

Paroles de louange que les anges donnent à Dieu, et de la
génération des
enfants, si nos premiers parents n'eussent pas péché. En
quelle manière
Dieu a montré par Moïse ses merveilles à son peuple, et
puis lui à nous en
son avènement. Des corruptions du mariage corporel qui
se font en ce temps,
et des conditions d'un mariage spirituel.

On a vu devant Dieu une troupe d'anges qui disaient : O
Dieu et Seigneur, à
vous louange et honneur, à vous qui êtes et qui étiez
sans fin ! Nous sommes
vos serviteurs. Nous vous louons, nous vous honorons pour
trois raisons :
premièrement, parce que vous nous avez créés de votre
main puissante, afin
que nous nous réjouissions avec vous, et que vous nous
avez donné la lumière
ineffable, afin que nous tressaillions d'une joie
indicible et éternelle ;
deuxièmement, parce toutes choses sont créées en votre
bonté, persistent en
votre stabilité, toutes subsistent selon votre volonté et
sont permanentes
en votre parole ; troisièmement, parce que vous avez créé
l'homme, pour
lequel vous avez pris l'humanité, d'où nous retirons un
grand sujet de joie
et un grand contentement de ce que votre Mère bien-aimée
a mérité de porter
celui que les cieux ne pouvaient envelopper ni contenir.
Que votre gloire
et votre bénédiction soient sur toutes choses, pour la
dignité angélique
dont vous nous avez revêtus et pour le grand honneur que
vous nous avez fait
! Que votre éternité, que votre perpétuelle stabilité
soit tout à tout ce
qui est et sera jamais ! Que votre amour soit sur l'homme
que vous avez créé
! Vous seul êtes désirable à cause de votre amour ; vous
seul êtes aimable
pour votre stabilité : donc, honneur et gloire vous
soient incessamment
rendus en tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il !

Alors Notre-Seigneur dit : Vous m'honorez dignement pour
toutes les
créatures ; mais dites, pourquoi me louez-vous pour
l'amour de l'homme,
puisqu'il a provoqué mon indignation plus que toutes les
autres créatures ?
Ne l'ai-je pas créé plus excellent que toutes les
créatures terrestres ?
Ai-je souffert, pour aucune créature, tant de choses si
indignes que j'ai
souffertes pour lui ? et ai-je rien racheté plus
chèrement que lui ? Ou
bien, quelle est celle des créatures qui ne garde pas
quelque ordre réglé,
si ce n'est l'homme ? Il m'est la plus fâcheuse de toutes
les créature, car
comme je vous avais créés pour ma gloire et pour mon
honneur, de même
j'avais créé l'homme pour ma gloire.

Certes, je lui avais donné le corps comme un temple
spirituel, dans lequel
j'avais mis l'âme comme un bel ange, parce que l'âme de
l'homme est presque
semblable à la vertu et à la force d'un ange. Dans ce
temple, moi, son Dieu
et son Créateur, j'étais le troisième, afin qu'il eût du
plaisir et du
contentement. Je lui ai fait ensuite avec sa propre côte
un autre temple
semblable à celui-ci. Mais vous, maintenant, ô mon
épouse! pour l'amour de
laquelle se font toutes ces choses, vous pouvez
considérer et demander quels
enfants seraient nés d'eux, s'ils n'eussent péché. Je
vous dis qu'ils
seraient nés de la divine charité et de la mutuelle
dilection d'Adam et
d'Ève; et de leurs descendants qui se seraient unis, le
sang, dans le corps
de la femme, serait devenu fécond par l'amour sans aucune
sale volupté, et
de la sorte la femme se serait rendue plus fructueuse.
Ensuite, l'enfant
étant conçu sans péché, sans aucun plaisir immonde,
j'aurais versé de ma
Divinité une âme en lui, et la femme l'aurait ainsi porté
et enfanté sans
douleur. L'enfant aurait été, dès sa naissance, parfait
comme Adam.
L'homme a méprisé cet honneur, quand il a obéi au démon,
et a désiré plus
d'honneur que je ne lui en avais donné.

Or, la rébellion étant faite, mon ange vint à eux. Ils
eurent honte de leur
nudité, et soudain ils sentirent la concupiscence de la
chair et endurèrent
la faim et la soif. Alors ils ne me possédèrent plus,
car quand ils me
possédaient, ils ne ressentaient ni faim, ni soif, ni
délectation sensuelle,
ni honte, mais moi seul, j'étais tout leur bien, toute
leur douceur et tout
leur plaisir, et le diable se réjouissait de leur perte
malheureuse et de
leur funeste ruine. Moi, ému de pitié sur eux, je ne les
ai point laissés,
mais je leur ai découvert une triple miséricorde ; car
ils étaient nus, je
les ai vêtus, et la terre leur a donné du pain ( Gen. 3
). Pour la luxure
que le démon avait excitée en eux par l'accroissement de
la rébellion, ma
Divinité leur a donné pour leur semence des âmes ; et
tout ce que le diable
leur suggérait de mal, je le changeai heureusement en
bien. Je leur ai
montré ensuite la manière de bien vivre et de m'honorer,
et leur ai permis
de se marier et d'engendrer ; car avant que je leur eusse
indiqué et permis
le mariage, saisis de crainte et d'effroi, ils n'osaient
pas se marier.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Jeu 28 Avr 2011 - 18:20

De même, après qu'Abel eut été tué, Adam et Ève l'ayant
pleuré longtemps et
s'étant abstenus de l'usage du mariage, ému de compassion
envers eux, je les
ai consolés. Et alors, ayant connu ma volonté, ils
commencèrent de nouveau
d'engendrer des enfants, de la postérité desquels moi,
leur Créateur, je
leur promis de naître, selon les desseins éternels de la
Divinité.

Mais la malice des enfants d'Adam croissant de plus en
plus, je manifestai
aux pécheurs les rigueurs épouvantables de ma justice, et
aux élus, les
trésors infinis de ma miséricorde. En effet, étant
apaisés, je les ai
sauvés de la perdition et je les ai exaltés, parce qu'ils
gardaient mes
commandements et croyaient à mes promesses. Or, le temps
de ma miséricorde
étant arrivé, je leur ai montré mes merveilles par Moïse
( Exod. 3.4.5 etc.
), car j'ai sauvé mon peuple, selon ma promesse. Je les
ai nourris de la
manne, et j'allais au-devant d'eux, dans la colonne de
nuée et de feu ; je
leur ai donné ma loi ; je leur ai découvert mes secrets
et révélé les choses
futures, par mes prophètes. Après tout cela, moi, qui ai
créé toutes
choses, j'élevai une vierge née de père et de mère (
Niceph. lib. I. c. 7.
), de laquelle j'ai pris d'une manière ineffable une
chair humaine ; et je
voulus naître d'elle miraculeusement et sans péché, comme
les premiers
enfants devaient naître au paradis terrestre, par le
mystère de la divine
charité, d'un amour mutuel de ceux qui engendraient sans
autre immonde
volonté. De même ma Divinité a pris chair humaine de la
Sainte Vierge, sans
connaissance d'homme et sans blesser sa virginité.
Venant donc en ma chair,
vrai Dieu et vrai homme, j'accomplis la loi et toutes les
Écritures, comme
il avait été auparavant prophétisé de moi, et j'ai
commencé une nouvelle
loi, car l'ancienne était étroite et lourde à porter ;
elle n'était qu'une
figure des choses futures qu'il fallait faire. En effet,
dans cette
ancienne loi, il était loisible à un homme d'avoir
plusieurs femmes, afin
que la postérité ne fût pas sans enfants, ou bien afin
qu'ils ne se
mariassent pas avec les Gentils. Or, dans ma nouvelle
loi, il est ordonné
que le mari n'ait qu'une seule femme, et il lui est
défendu, tant qu'elle
vit, d'en avoir davantage.

Ceux donc qui se marient, portés par une charité et une
crainte divine pour
engendrer, me sont un temple spirituel dans lequel, moi,
troisième, je veux
demeurer avec eux. Mais les hommes de ce temps se
marient pour sept raisons
: I° pour la beauté de la face ; 2° pour les richesses ;
3° pour le trop
grand plaisir et l'excessif plaisir qu'ils y prennent ;
4° parce que là se
font une assemblée de parents et d'amis et des banquets
immodérés ; 5° parce
qu'au mariage, il y a de l'orgueil dans les habits, les
banquets, les
cajoleries et autres vanités ; 6° pour engendrer des
enfants, non pas pour
les nourrir à Dieu ou pour les élever dans les bonnes
moeurs, mais pour les
faire parvenir aux richesses et aux honneurs ; 7° pour
satisfaire comme des
chevaux aux appétits de luxure.

Ceux-là viennent avec un consentement et concorde devant
la porte de mon
Église ; leur affection et leurs pensées me sont
entièrement contraires,
attendu que, pour plaire au monde, ils préfèrent leur
volonté à la mienne.
Si leur pensée étaient en moi ; s'ils mettaient leur
volonté dans mes mains
et s'ils se mariaient en ma crainte, alors je
consentirais à leur mariage et
je serais le troisième avec eux. Or, maintenant, mon
consentement qui
devrait être le principal de leur fait, leur est refusé,
car la luxure est
en leur coeur, et non mon amour. Après, ils s'approchent
de mon autel, où
ils apprennent qu'ils devraient être un même coeur et une
même âme en Dieu ;
mais alors mon coeur se retire d'eux, parce qu'ils n'ont
pas l'amour de mon
coeur ni le goût de ma chair divinisée ; car ils
cherchent l'amour qui
périra soudain, et trouvent la chair que les vers
rongeront bientôt.
Partant, ceux-là sont unis sans le lien de Dieu, mon
Père, et leur union est
sans la charité du Fils et sans la consolation du
Saint-Esprit.

Or, quand les mariés entrent dans la chambre nuptiale,
soudain mon Esprit se
retire d'eux, et l'esprit d'impureté s'en approche,
attendu qu'ils ne
s'unissent que pas un mouvement de luxure, et il n'y a
que luxure entre eux.
Néanmoins, je leur ferais miséricorde s'ils se
convertissaient, car ma
grande charité verse l'âme vivant, créée par ma
puissance, et je permets
quelquefois que de mauvais parents engendrent de bons
enfants.
Ordinairement, néanmoins, de mauvais parents ne naissent
que de mauvais
enfants, d'autant que ces enfants imitent l'iniquité de
leurs parents autant
qu'ils peuvent, et les imiteraient davantage, si ma
patience le permettait.
Un tel mariage ne verra jamais ma face, si les mariés ne
font pénitence.
Certes, il n'y a pas de péché, quelque grand qu'il soit,
qui ne soit effacé
par la pénitence.

C'est pourquoi je me convertirai au mariage spirituel que
Dieu fait avec un
corps et une âme chastes, car en ce mariages se trouvent
sept biens opposés
aux maux susdits ; car en lui, la beauté et l'éclat du
corps n'y sont pas
tant désirés, ni la vue de ce qui est désirable par le
débordement de la
sensualité, mais seulement l'amour et la vue de Dieu. En
deuxième lieu, on
n'y souhaite pas de grands moyens, mais seulement de quoi
vivre et pour
subvenir à la nécessité, et non pour la superfluité.
Troisièmement, ils y
évitent les paroles oiseuses et les cajoleries.
Quatrièmement, ils ne se
soucient point d'y voir leurs amis et leurs parents, mais
je suis leur amour
et leur désir. Cinquièmement, ils désirent garder
l'humilité intérieure en
leurs consciences, et extérieure en leurs vêtements.
Sixièmement, ils ne
veulent jamais s'adonner à l'impureté. Septièmement, ils
enfantent à Dieu
leur fils et leurs filles par la sainte conversation, par
le bon exemple et
par la prédication de la parole de Dieu. Ceux-là
assistent alors aux portes
de mon Église, quand ils gardent une foi inviolable,
quand ils obéissent à
mes volontés et moi aux leurs, et ils s'approchent de mon
autel, quand ils
se plaisent à mon corps et à mon sang. Et en cette
délectation, ils veulent
être un même coeur, une même âme et une même volonté ; et
moi, Dieu et homme
puissant dans le ciel et sur la terre, je serai troisième
avec eux, moi qui
remplis leur coeur.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Jeu 28 Avr 2011 - 18:21

Les mariés de ce temps commencent leur union par la
luxure, comme les
chevaux et sont pires que les chevaux. Mais les mariés
spirituellement
commencent en la charité et la crainte divine ; ils
veulent ne plaire qu'à
moi seul. Le diable remplit et excite ceux-là à la
délectation de la chair,
dans laquelle il n'y a que puanteur, mais ceux-ci sont
remplis de mon
Esprit, et sont enflammés du feu de l'amour divin, qui ne
s'éteint jamais en
eux. Je suis un Dieu en trois personnes et un en
substance avec le Père et
le Saint-Esprit ; car comme il est impossible de séparer
le Père du Fils, et
le Saint-Esprit du Père et du Fils ; et comme il est
impossible de séparer
la chaleur du feu, de même il est impossible de séparer
de moi tels mariés
spirituels, et de faire que je ne sois le troisième avec
eux, car mon corps
a été déchiré et mis à mort dans la passion, mais il ne
sera jamais plus
déchiré, il ne mourra jamais plus. De même ceux qui me
sont incorporés par
une foi droite et par une volonté parfaite, ne mourront
jamais, car là où
ils sont debout, assis ou marchant, je suis toujours le
troisième avec eux.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Jeu 28 Avr 2011 - 18:27

Chapitre 27

Paroles de la Mère de Dieu à l'épouse, où elle lui montre
qu'il y a trois
choses dans les danses. Comment ce monde est désigné
pour les danses.
Tribulation que reçut la Mère de Dieu en la mort de
Jésus-Christ.

La Mère Dieu parlait à l'épouse de Jésus-Christ disant :
Ma fille, je désire
que vous sachiez que là où est la danse, là sont trois
choses : la joie
vaine, la voix épandue et le labeur superflu. Mais quand
quelqu'un entre
triste et dolent dans une maison où l'on danse, alors son
ami, qui
participait à la joie de la danse, le voyant triste et
dolent, se retire de
la danse, afin de s'affliger avec son ami. Cette danse
est le monde, qui
roule incessamment en ses solitudes malheureuses, que
ceux qui sont fous
prennent pour des joies et des contentements. Dans ce
monde, il y a trois
choses : la vaine joie, les paroles de cajolerie et le
labeur inutile : car
tout ce à quoi l'homme s'attache avec tant de
sollicitude, le laisse le jour
de sa mort. Or, que celui qui est en cette danse
considère mon labeur et ma
douleur incomparable ; qu'il compatisse avec moi, qui
étais privée et
séparée de toute la joie mondaine, et qu'il se sépare
aussi du monde.

Certes, à la mort de mon Fils, j'avais le coeur
transpercé de cinq lances :
la première lance était de voir mon très cher Fils
tout-puissant nu à la
colonne, sans pouvoir couvrir sa nudité. La deuxième
était l'accusation des
blasphèmes qu'on vomissait contre lui, car on l'accusait
d'être traître,
menteur, perfide et déloyal espion, lui que je savais
juste, véridique ; lui
qui n'avait jamais voulu offenser personne. La troisième
lance était la
couronne d'épines qui a si inhumainement percé sa tête
que le sang découlait
dans sa bouche, dans sa barbe et dans ses oreilles. La
quatrième était sa
voir, disant : Mon Père, pourquoi m'avez-vous délaissé ?
comme s'il avait
voulu dire : Il n'y a que vous qui me fassiez
miséricorde. La cinquième
lance qui perçait mon coeur, était sa mort très amère, et
mon coeur a été
presque blessé d'autant de lances qu'il est sorti de sang
de ses veines.
Or, les veines de ses pieds et de ses mains ont été
percées, et la douleur
des nerfs percés a répondu si vivement à son coeur, et du
coeur à ses nerfs
sans aucun relâche, attendu que son coeur était délicat
(parce qu'il était
d'une très bonne nature), que sa vie et sa mort
combattaient ensemble : et
ainsi sa vie était prolongée avec ses cuisantes douleurs.
Mais la mort
s'approchant, son coeur se fendit à cause de
l'intolérable douleur ; alors
soudain tous ses membres tremblèrent, et sa tête, qui
était baissée, se leva
un peu ; ses yeux à demi clos s'ouvraient à demi. Sa
bouche aussi était
ouverte, et on voyait sa langue ensanglantée ; ses doigts
et ses bras, qui
s'étaient aucunement retirés, s'étendaient. Mais quand
il eut rendu
l'esprit, sa tête s'abaissa vers sa poitrine, ses mains
se retirèrent un peu
du lieu des plaies, et ses pieds supportaient un plus
grand poids. Alors
mes mains se séchèrent, mes yeux s'obscurcirent, ma face
pâlit comme la face
d'un homme mort, mes oreilles n'entendaient rien, ma
bouche ne parlait
point, mes pieds chancelaient, et mon corps tomba à
terre.

Or, me relevant, voyant mon cher Fils plus méprisé qu'un
lépreux, je
conformai ma volonté à la sienne, sachant que toutes
choses avaient été
faites selon sa volonté, et que rien ne se pouvait faire
que par sa
permission, et le remerciai de toutes ces choses. Sa
joie était mêlée de
douleur, car je voyais qu'innocent, il avait voulu
souffrir avec tant
d'amour pour les pécheurs. Donc, que tous ceux qui sont
dans le monde
considèrent quelle j'étais à la mort amère et cruelle de
mon Fils, et qu'ils
aient toujours cet objet posé devant les yeux de leur
esprit.

Charles-Edouard
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Message par bona fide le Ven 29 Avr 2011 - 22:50

Brigitte de Suède, l'une des sainte Brigitte, fille de Birger, prince suédois et issue de la famille des Brahe, est née en 1302 en Suède. Elle se fixa en 1349 à Rome où elle vécut volontairement dans la pauvreté. Renommée pour ses prophéties, elle était consultée par les chefs d'État et les papes réfugiés à Avignon.

« 1391 » Sainte Brigitte de Suède est canonisée par le pape Boniface IX et elle est devenue et restée particulièrement populaire dans les pays scandinaves, l’Allemagne, la Pologne et la Hongrie.

Sainte Brigitte de Suède patronne de la Suède. Sainte Brigitte de Suède patronne des pélerins.

Sainte Brigitte, qui a œuvré de son vivant pour l'unité au sein de l'Église catholique, devient un exemple pour l'unité des chrétiens. En 1991 les trois Ordres fondés par la sainte avaient écrit à Jean-Paul II pour lui demander de proclamer Sainte Brigitte patronne de l'Europe. Une demande dans ce sens lui avait été également adressée par la conférence des évêques catholiques scandinaves et par l'Église luthérienne.

Elle a été déclarée co-patronne de l'Europe par le pape Jean-Paul II le 1er octobre 1999, à l'ouverture du synode des évêques sur l'Europe, en même temps que Catherine de Sienne et Edith Stein : "ce n'est pas par hasard que l'une de ses filles, Catherine, est vénérée comme sainte", dira à ce propos le pape.

Cette sainte est révérée car elle a su mener une vie sainte dans le cadre de ses responsabilités publiques et de sa vie d’épouse, de mère de huit enfants, et dans sa vie religieuse jusqu'à sa mort.

On a de cette sainte des Révélations, qui furent mises en écrit par le moine Pierre, prieur d'Alvastre ; elles ont été imprimées à Rome en 1455, et traduites en français sous le titre de Prophéties merveilleuses de Sainte Brigitte, Lyon, 1536. Les apparitions, extases et locutions ont été approuvées par trois papes et par le Concile de Bâle de 1436, et leur absolue authenticité et véracité a été confirmée par le pape Jean-Paul II


Source:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Brigitte_de_Su%C3%A8de
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:16

Chapitre 28
Paroles de Notre-Seigneur à son épouse, par lesquelles il
lui montre en
quelle manière quelqu'un vint devant le tribunal pour
être jugé, et de la
sentence horrible et formidable que lancèrent contre lui
Dieu et tous les
saints.

Sainte Brigitte, épouse, voyait Dieu comme courroucé, qui
disait : Je suis
sans commencement et sans fin ; il n'y a point en moi de
changement, ni dans
les ans, ni dans les jours, mais tout le temps de ce
monde est en moi comme
une heure ou comme un moment. Celui qui me voyait,
voyait et entendait en
moi tout ce qui y est comme en un point ; mais parce que
vous, ô mon épouse
! êtes encore corporelle, vous ne pouvez le voir ni le
connaître comme un
esprit. Partant, pour l'amour de vous, je vous
manifesterai tout ce qui
s'est passé.

Je suis assis comme au jugement criminel, d'autant que
tout jugement m'est
donné. Quelqu'un (1) qui devait être jugé vint devant le
tribunal. On
entendit la voix du Père, qui lui dit : Malheur à vous,
de ce que vous êtes
né ! Non pas que Dieu se repentît de l'avoir fait, mais
il parlait comme
celui qui a coutume de souffrir et de compatir à
l'affligé. Après, la voix
du Fils répondit : J'ai versé mon sang pour l'amour de
vous, et j'ai
souffert pour vous une peine très amère ; vous vous êtes
éloigné de tout ce
bien, et n'avez rien en vous de tout ceci. La voix du
Saint-Esprit dit :
J'ai cherché dans tous les replis de son coeur, pour
savoir si par hasard
j'y trouverais un peu de charité et d'affection, mais il
est froid comme la
glace, dur comme la pierre : je n'ai rien avec lui. Les
trois vois n'ont
pas été ouïes comme s'il y avait trois dieux, mais elles
ont été proférées
pour l'amour de vous, ô mon épouse ! car vous ne pouviez
autrement entendre
ce mystère.

(1) Cet homme était un chanoine noble, sous-diacre.
Ayant obtenu une fusse
dispense pour épouser une fille fort riche, il mourut de
mort subite sans
jouir de ce qu'il désirait.

Après, ces trois voix du Père, du Fils et du
Saint-Esprit, se sont changées
soudain en une voix qui a dit : Le royaume des cieux ne
vous est dû
aucunement. La Mère de miséricorde ne dit pas un mot,
n'ouvrit pas le sein
de sa miséricorde, car celui qui devait être jugé en
était indigne, et tous
les saints criaient d'une commune voix, disant : Telle
est la rigueur, telle
est la fureur de la divine justice, qu'il soit banni du
royaume et de la
joie éternelle. Et tous ceux qui étaient en purgatoire
dirent : Les
douleurs que nous endurons, quelques amères qu'elles
soient, ne peuvent vous
punir de vos péchés, car vous méritez de souffrir de plus
grandes peines :
partant, vous serez séparé de nous.

Alors celui qui devait être jugé criait d'une voix
horrible, disant :
Malheur ! malheur à la semence dont j'ai été engendré et
formé ! Après, il
disait : Malheureuse soit l'heure où mon âme a été unie à
mon corps ! Maudit
soit celui qui m'a donné le corps et l'âme ! En troisième
lieu, il criait et
disait : Maudite soit l'heure où je suis sorti vivant du
ventre de ma mère !
Alors sortirent de l'enfer trois vois qui disaient :
Venez à moi, âme
maudite, entrez dans la mort éternelle et dans la douleur
sans fin. Ensuite
une autre voix horrible, épouvantable, s'entendit, criant
: Venez, ô âme
vide de bien ! livrez-vous à notre malice, car il n'y
aura aucun de nous qui
ne vous replisse de la fureur de sa malice et de sa
peine. En troisième
lieu, cette voix disait : Venez, ô âme maudite ! lourde
comme une pierre qui
s'enfonce toujours et ne trouve jamais le fond où elle
puisse reposer : de
même, vous descendrez en un lieu plus profond et plus
horrible que le nôtre,
afin que vous ne puissiez vous arrêter avant d'arriver à
l'abîme profond et
épouvantable. Et alors Notre-Seigneur lui dit : Je fais
comme un homme qui
a plusieurs femmes : voyant la chute de l'une, il se
tourne vers les autres
et se réjouit avec elles : de même, je détourne de lui ma
face et ma
miséricorde infinie, et je regarde d'un oeil favorable
mes serviteurs et me
réjouis avec eux. Partant, quand vous entendez la chute
funeste et la
misère déplorable de celui-ci, servez-moi aussi
sincèrement que je vous ai
fait plus de miséricorde. Fuyez le monde impur et son
insatiable
concupiscence. N'ai-je pas enduré une passion amère et
anéantissante pour
la gloire du monde ? Ne pouvais-je pas le racheter avec
moins de douleur ?
Oui, vraiment. Mais la rigueur de la justice l'exigeait
de la sorte : car
comme l'homme avait péché par tous ses membres, aussi
fallait-il satisfaire
pour tous. Pour cela, la Divinité, compatissant à
l'homme, brûla d'une si
grande charité et d'un si grand amour envers la Vierge
sainte, qu'elle prit
d'elle la nature humaine en laquelle Notre-Seigneur porta
toute la peine que
l'homme devait supporter. Donc, si, pour l'amour de
vous, je supporte votre
peine, demeurez, comme mes vrais et fidèles serviteurs
demeurent, en
humilité, afin que vous n'ayez honte de rien ni ne
craigniez rien que moi.
Gardez-vous tellement de parler, que, si vous saviez que
ce fût ma volonté,
vous ne voudriez jamais parler. Ne vous attristez pas
pour les choses
temporelles, car elles sont périssables, puisque je puis
enrichir et
appauvrir celui que je voudrai. Partant, ô mon épouse !
mettez en moi toute
votre espérance.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:30

Chapitre 29

Paroles de la Vierge Marie à sa fille, traitant de deux
âmes dont l'une
s'appelle Superbe, et l'autre Humilité, par laquelle
était désignée la
douceur de la Sainte Vierge. De la venue que la Sainte
Vierge fait chez ses
amis à l'heure de la mort.

La Mère de Dieu parlait à l'épouse de son Fils, lui
disant : Il y a deux
dames, l'une sans nom spécial, car elle n'en mérite pas,
l'autre est
Humilité, qui s'appelle Marie. Le démon domine la
première.

Un chevalier disait à cette dame : Je suis prêt à faire
tout ce que vous
voudrez et tout ce que je pourrai, pourvu que j'abuse
impurement de vous,
car je suis fort magnanime de coeur ; je ne crains rien ;
je suis prêt à
mourir pour vous.

La dame lui répondit : Mon serviteur, votre amour pour
moi est grand ; mais
moi, je suis assise sur un siège élevé. Je n'ai qu'un
seul siège, et il y a
trois portes entre nous : la première est si étroite que
tout ce qui est
corporel s'y déchire quand l'homme y passe ; la deuxième
a des pointes si
aiguës qu'elles percent jusques aux nerfs ; la troisième
est si ardente que
le feu y est incessamment, de sorte que celui qui y passe
se fond soudain
comme du métal.

Le chevalier lui répondit : Je donnerai ma vie pour vous,
car je ne fais pas
grand cas de cette chute.

Cette dame, c'est la Superbe. Celui qui voudra aller
vers elle passera pas
trois portes. Celui-là entre par la première porte, qui
fait tout pour
s'attirer la louange des hommes et pour s'en
enorgueillir. Celui-là entre
par la deuxième porte, qui fait tout, qui emploie ses
pensées et son temps
pour pouvoir accomplir la superbe ; qui, s'il le pouvait,
donnerait sa chair
à déchirer, pourvu qu'il pût acquérir de l'honneur et des
richesses.
Celui-là entre par la troisième, qui n'a jamais de repos,
qui ne se tait
jamais, et brûle comme un feu pour trouver les manières
de s'enorgueillir et
d'acquérir des honneurs. Mais quand il aura acquis ce
qu'il désirait, il ne
demeurera guère en même état, mais il tombera
misérablement. Et néanmoins,
la Superbe demeure dans le monde.

Quant à moi, dit la Vierge Marie, qui suis très humble,
je suis assise en un
lieu spacieux, et il n'y a au-dessus de moi ni lune ni
soleil, mais une
inestimable, une admirable sérénité, qui procède de la
majesté divine.
Au-dessous de moi, il n'y a ni terre ni pierres, mais un
incomparable repos
au sein de la divine vérité. Auprès de moi, il n'y a
point de mur, mais une
glorieuse compagnie des anges et des âmes bienheureuses.
Et bien que je
sois assise si haut, néanmoins, j'entends les
gémissements et je vois les
larmes de mes amis qui sont sur la terre. Je vois que
leurs peines et leur
force sont plus grandes que celles qui combattent pour
dame Superbe.
Partant, je les visiterai et les placerai sur mon trône,
qui est spacieux,
qui peut les contenir tous. Mais ils ne pourront encore
venir à moi ni
s'asseoir avec moi, d'autant qu'il y a deux murs entre
eux, par lesquels je
les conduirai sûrement, afin qu'ils arrivent jusqu'à mon
trône. Le premier
mur est le monde, qui est étroit et rigoureux : c'est
pourquoi je consolerai
mes serviteurs ; le second mur est la mort : partant,
moi, leur chère Dame
et leur Mère, j'irai au-devant d'eux ; je les assisterai
à la mort, afin
que, dans la mort, ils trouvent soulagement et
consolation. Je les placerai
avec moi sur le trône de la joie céleste, afin qu'au sein
d'une dilection
perpétuelle et d'une éternelle gloire, ils reposent
éternellement avec une
joie qu'on ne peut exprimer.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:31

Chapitre 30
Paroles amoureuse de Notre-Seigneur à son épouse, qui
traitent de la
multiplicité des faux chrétiens pour se crucifier avec
lui ; et comment,
s'il était possible, il serait de nouveau prêt à endurer
la mort pour les
pécheurs.

Je suis Dieu. Mes pouvoirs sont infinis. J'ai créé
toutes choses pour
l'utilité des hommes, afin qu'elles servissent toutes à
l'éducation de
l'homme ; mais l'homme abuse de toutes à son détriment.
Et d'ailleurs, il
se soucie bien peu de Dieu et l'aime moins que la
créature. Les Juifs
irrités me firent, dans la passion, trois sortes de
peines : l'une fut le
bois sur lequel je fus cloué, fouetté et couronné ;
l'autre fut le fer avec
lequel mes pieds et mes mains furent attachés ; le
troisième fut le fiel
dont je fus abreuvé. Après, ils blasphémaient contre
moi, disant que
j'étais un insensé, attendu que, franchement et
librement, je m'étais exposé
à souffrir la mort, et m'appelaient menteur en ma
doctrine.

Oh ! combien dans le monde, il y a maintenant de gens de
cette trempe, qui
me donnent bien peu de consolation ! car ils m'attachent
au bois par la
volonté qu'ils ont de pécher ; ils me fouettent par leur
impatience, car il
n'y en a pas un qui veuille souffrir une parole pour
l'amour de moi ; et ils
me couronnent des épines de superbe, d'autant qu'ils
veulent être plus
grands que moi. Ils percent mes mains et mes pieds par
le fer de leur
endurcissement, attendu qu'ils se glorifient d'avoir
péché, et
s'endurcissent afin de me craindre. Par le fiel, ils
m'offrent
d'insupportable tribulation ; par une passion
douloureuse, à laquelle
j'allais joyeusement, ils me croient insensé, et disent
que je suis un
menteur. Or, de fait, je suis assez puissant pour les
submerger, même tout
le monde avec eux, à raison de leurs péchés, si je
voulais ; et si je les
submergeais, ceux qui resteraient me serviraient par
crainte ; mais cela ne
serait pas juste et équitable, attendu que, par amour,
ils devraient me
servir fidèlement. Or, si je venais visiblement et en
personne chez eux,
leurs yeux ne pourraient me regarder, ni leurs oreilles
m'ouïr. En effet,
comment un homme mortel pourrait-il voir un immortel ? Je
mourrais certes
franchement, poussé par l'incomparable amour que j'ai
pour l'homme, s'il en
était besoin et si c'était possible.

Alors apparut la bienheureuse Vierge Marie, et son Fils
lui dit : Que
voulez-vous, ma Mère, ma bien-aimée ? Elle répondit :
Hélas ! mon Fils,
faites miséricorde à votre créature par l'amour de votre
amour. Et
Notre-Seigneur repartit : Je leur ferai encore une fois
miséricorde pour
l'amour de vous. Puis l'Époux, Notre-Seigneur, parlait à
son épouse, disant
: Je suis Dieu et Seigneur des anges. Je suis Seigneur
de la mort et de la
vie. Moi-même je veux demeurer en votre coeur. Voici
combien d'amour j'ai
à votre égard : le ciel, la terre, et tout ce qui est en
eux, ne peuvent me
contenir, et toutefois, je veux demeurer en votre coeur,
qui n'est qu'un
petit morceau de chair. Qui donc alors pourrez-vous
craindre ? De qui
pourriez-vous avoir besoin, quand vous avez en vous-même
le Dieu
tout-puissant, qui a en soi tout bien ?

Il faut donc qu'il y ait trois choses dans le coeur qui
doit être ma demeure
: le lit, dans lquel nous nous reposions, le siège sur
lequel nous nous
asseyons, la lumière, afin d'être illuminés. Donc, qu'en
votre coeur soit
un lit de repos et de quiétude, afin que vous vous
retiriez des pensées
perverses et des désirs du monde, et que vous considériez
incessamment la
joie éternelle. Le siège doit être la volonté de
demeurer avec moi, bien
qu'il arrive parfois que vous excédiez : car c'est
l'ordre de la nature
d'être toujours en même état. Or, celui-là s'arrête en
même état qui désire
d'être au monde et de ne s'asseoir jamais avec moi. La
lumière doit être la
foi, par laquelle vous croyiez que je puis tout et que je
suis tout-puissant
par-dessus tout.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:31

Chapitre 31

En quelle manière l'épouse voyait la très douce Vierge
Marie enrichie d'une
couronne et d'autres ornements, et comment saint
Jean-Baptiste lui apparut
et lui déclara ce que signifient la couronne et les
autres ornements.

L'épouse sainte Brigitte voyait la Mère de Dieu et la
Reine du ciel qui
avait sur sa tête une inestimable couronne. Ses cheveux,
d'un éclat et
d'une beauté admirables, tombaient sur ses épaules. Elle
avait une tunique
d'or d'une splendeur éclatant, et un manteau bleu comme
le ciel ; mais elle
était ravie en admiration d'une vision singulière, et
elle était immobile
d'admiration, comme aliénée de soi par la vue intérieure.
Soudain lui
apparut saint Jean Baptiste qui lui dit : Écoutez
attentivement : je vais
vous dire ce que ces choses signifient.

La couronne signifie que la Sainte Vierge est Reine,
Dame, Mère du Roi et
des anges. Les cheveux épars signifient qu'elle est
vierge très pure et
très parfaite. Son manteau bleu comme le ciel signifie
que toutes les
choses temporelles lui étaient comme mortes. Sa tunique
d'or signifie
qu'elle fut ardente en amour et en charité, tant
intérieurement
qu'extérieurement.

Son Fils a mis en sa couronne sept lys, et entre les lys,
sept pierres
précieuses. Le premier lys, c'est son humilité, le
deuxième la crainte, le
troisième l'obéissance, le quatrième la patience, le
cinquième la stabilité,
le sixième la douceur, car c'est à ceux qui sont doux
qu'il convient fort
bien de donner à tous ceux qui demandent ; le septième
est la miséricorde
dans les nécessités : en effet, en quelque nécessité que
l'homme se trouve,
s'il l'invoque, il sera sauvé.

Le Fils de Dieu a mis entre ces sept lys sept pierres
précieuses : la
première, c'est son éminente vertu : en effet, il n'est
pas, dans quelque
esprit, dans quelque corps que ce soit, de vertu que
cette Vierge sainte
n'ait en elle plus excellemment et avec plus d'éminence ;
la deuxième est
une pureté parfaite, car cette Reine du ciel a été si
pure, qu'il ne s'est
pas trouvé en elle la moindre tache de péché, depuis le
jour de sa naissance
jusqu'au dernier période de sa vie ; tous les démons
n'ont pu trouver en
elle la moindre impureté. Vraiment, elle fut très pure,
car il était décent
que le Roi de gloire ne reposât qu'en un vase qui fût
très pur et très
choisi par-dessus les anges et les hommes. La troisième
pierre précieuse
est la beauté, d'autant que Dieu est loué de la beauté de
sa Mère par ses
saints, et la joie de tous les anges, de tous les saints
et de toutes les
saintes, est accomplie. La quatrième pierre précieuse de
la couronne est la
sagesse de la Vierge Mère, car étant enrichie d'éclat et
de beauté, elle a
été remplie et accomplie de toute sagesse avec Dieu. La
cinquième est la
force, d'autant qu'elle est si forte avec Dieu qu'elle
peut ruiner et perdre
tout ce qui est créé. La sixième pierre, c'est son éclat
et sa clarté, car
les anges, qui ont leurs yeux plus claires que la
lumière, sont illuminés de
son éclat, et les démons, éblouis de sa beauté, n'osent
regarder sa
splendeur. La septième pierre est la plénitude de toute
délectation, de
toute douceur spirituelle, qui est en elle avec tant de
plénitude, qu'il n'y
joie qui ne soit augmentée par la sienne, nulle
délectiation qui ne
s'accomplisse de la vue bienheureuse d'elle ; car elle a
été remplie de
grâce par-dessus tous les saints ; car elle est le vase
de pureté où s'est
trouvé le pain des anges, et où se trouvent toute douceur
et toute beauté.
Son Fils a mis ces pierres entre les lys qui était sur la
couronne de la
Vierge. Honorez-la donc, ô épouse du Fils ! et louez-la
de tout votre coeur
: elle est digne en effet de tout honneur et de toute
louange.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:31

Chapitre 32

En quelle manière l'épouse sainte Brigitte, étant avertie
de Dieu, choisit
la pauvreté, rejeta les richesses et méprisa sa maison.
De la vérité de ce
qui lui a été révélé, et de trois choses notables que
Jésus-Christ lui
montra.

Vous devez être comme un homme qui épand et qui amasse :
vous devez laisser
les richesses de l'esprit, les richesses du corps et
amasser les vertus ;
laisser ce qui est périssable et entasser ce qui est
durable ; abandonner
les choses visibles et ammasser les choses invisibles :
car je vous
donnerai, pour la délectation de la chair, la joie et
l'ivresse de l'esprit
; pour le plaisir du monde, la délectation du ciel ; pour
l'honneur du
monde, l'honneur des anges ; pour la vue de vos parents
et leur
conversation, la vision ravissante de Dieu ; pour la
possession des biens,
je me donnerai moi-même à vous, moi, auteur, créateur et
source inépuisable
de tous biens.

Dites-moi trois choses que je vous demande : 1°
voulez-vous être riche ou
pauvre en ce monde ? Elle répondit : Seigneur, j'aime
mieux être pauvre que
riche, attendu que les richesses ne m'apportent d'autre
bien qu'une
importune sollicitude qui me retire du service de mon
auguste et adorable
Dieu. 2° N'avez-vous pas trouvé en mes paroles, que vous
avez ouïes de ma
bouche, quelque chose de faux ou de répréhensible, selon
votre pensée ?
Hélas ! non, dit-elle, car tout est selon la raison. 3° Y
a-t-il plus de
contentement dans les plaisirs de la chair, que vous avez
eus autrefois, que
dans les plaisirs de l'esprit, dont vous jouissez
maintenant ? J'ai honte,
dit-elle, de penser à l'ombre fuyante des plaisirs
charnels passés, et ils
me sont maintenant comme autant de poisons, et d'autant
plus amers que je
les ai aimés avec plus de passion, car j'aimerais mieux
mourir que de les
reprendre, et il n'y a pas de comparaison entre les
plaisirs spirituels et
les plaisirs corporels.

Vous éprouvez donc en vous, dit Notre-Seigneur, que ce
que je vous avais dit
autrefois est véritable. Pourquoi craignez-vous donc, ou
pourquoi vous
inquiétez-vous si je tarde de faire ce que je vous ai dit
? Considérez les
prophètes, les apôtres et les saints docteurs : ont-ils
trouvé en moi,
source de la vérité, autre chose que la vérité ? C'est
pourquoi ils ne se
sont souciés ni du monde ni de la concupiscence. Ou
bien, pourquoi les
prophètes ont-ils prophétisé de si loin les choses à
venir, si ce n'est que
Dieu a voulu que les paroles fussent d'abord connues,
puis que les oeuvres
les suivissent, et que les ignorants fussent instruits
dans la foi ? Car
tous les mystères de mon ineffable incarnation furent
auparavant connus des
prophètes, voire l'étoile qui conduisit les mages fut
prévue par eux. Ceux
qui croyaient aux paroles du Prophète méritèrent de voir
ce qu'ils croyaient
; et ayant vu l'étoile, ils en ont soudain été faits
certains. De même
maintenant, mes paroles doivent être premièrement
annoncées, et après que
les oeuvres auront suivi, on y croira plus évidemment.

Je vous ai montré trois choses : la première, c'est la
conscience d'un
certain homme que je vous montrai par des signes très
évidents quand je
manifestais son péché. Mais pourquoi ne pouvais-je pas
le faire mourir ou
ne pouvais-je pas le submerger en un instant ? Je le
pouvais de fait ; mais
pour instruire les autres et pour l'évidence de mes
paroles, et afin que je
manifeste combien je suis juste et patient, et combien
est malheureux celui
que le diable domine, je ne l'ai pas voulu faire. Voilà
les raisons
pourquoi mon insigne patience le souffre encore, car à
cause de la volonté
qu'il a de continuer son péché et de la délectation qu'il
y prend, la
puissance du daible enragé s'est tellement augmentée sur
lui, que ni la
douceur des paroles, ni la rigueur des menaces, ni la
crainte de la géhenne
infernale, ne le peuvent rappeler. Et certes, il est
digne de cela, car il
a eu la volonté de pécher toujours, bien qu'il ne l'ait
pas mise à effet.
Il mérite donc d'être mis éternellement en enfer avec le
diable, d'autant
que le moindre péché mortel auquel on se délecte, si on
ne s'amende pas, est
suffisant pour la damnation éternelle. Je vous en ai
encore montré deux
autres : le corps de l'un était furieusement tourmenté
par le diable, mais
il n'était pas dans son âme ; il obscurcissait la
conscience de l'autre par
des ruses et des tromperies ; toutefois, il n'était pas
dans son âme et il
n'avait aucune puissance sur elle.

Mais peut-être vous vous enquerrez si l'âme et la
conscience, ce n'est pas
la même chose. Le diable n'est-il pas dans l'âme, quand
il est dans la
conscience ? Non, car comme le corps a deux yeux par le
moyen desquels il
voit, et que, bien qu'on ôte les yeux du corps, il
demeure néanmoins entier,
de même en est-il de l'âme. En effet, bien que
l'entendement et la
conscience soient quelquefois troublés quant à la peine,
néanmoins l'âme
n'est pas offensée quant à la coulpe : c'est pourquoi le
diable dominait la
conscience de l'un et non pas son âme. Je vous montrerai
le troisième, dont
la conscience et l'âme sont entièrement dominées par le
démon, et le démon
n'en sortira pas, à moins qu'il n'y soit contraint par ma
toute-puissance et
par ma grâce spéciale. Le diable sort librement de
quelques hommes et fort
vitement, et des autres, non sans y être contraint, car
le diable entre en
quelques-uns, ou à cause du péché des parents, ou bien
par quelque secret
jugement de Dieu, comme on le voit dans les enfants et
les insensés. Il
entre dans les autres à cause de l'infidélité ou quelque
autre péché. Le
diable sort fort librement de cuex-ci, s'il est jugé par
ceux qui savent des
conjurations et autres artifices pour le chasser ; s'ils
le chassent par
vaine gloire, ou bien pour quelque lucre temporel, alors
le diable a le
pouvoir d'entrer en celui qui l'avait chassé de l'autre,
et de nouveau en
celui-ci même, duquel il a été chassé, d'autant que
l'amour de Dieu n'était
ni en l'un ni en l'autre. Or, il ne sort jamais de ceux
qu'il possède
corporellement et spirituellement, que par ma puissance.
Comme le vinaigre,
s'il est mêlé au vin doux, le corrompt entièrement et ne
peut jamais en être
séparé, de même le diable ne sort jamais que par ma
puissance d'une âme
qu'il possède. Or, ce vin n'est autre chose que l'âme,
qui m'a été si chère
et par-dessus toutes les créatures, que j'ai permis qu'on
coupât mes nerfs
et qu'on déchirât ma chair jusques aux côtes pour l'amour
d'elle ; et avant
que cette âme me fût ôtée, j'ai souffert la mort. Ce vin
se conserve dans
la lie, d'autant que j'ai mis l'âme dans le corps, où,
comme dans un vase
clos, elle était conservée pour accomplir mes volontés.
Mais on a mêlé à ce
doux vin le vinaigre, qui est le diable, dont la malice
m'est plus aigre et
plus abomiable que le vinaigre. Ce vinaigre,
c'est-à-dire, le diable, sera
chassé de cet homme dont je vous ai dit le nom, afin
qu'en lui je vous
montre ma miséricorde infinie et mon incomparable
sagesse, et dans le
premier, ma justice rigoureuse et mon épouvantable
jugement.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:31

Chapitre 33

Paroles par lesquelles Notre-Seigneur avertit son épouse,
pour discerner la
vraie sagesse de la fausse. Comment les bons anges
assitent les hommes
sages, et comment les diables sont auprès des hommes
méchants.

Mes amis sont comme quelques écoliers qui ont trois
choses : la première,
une conscience et une intelligence ; la deuxième une
sagesse sans l'avoir
apprise des hommes, d'autant que moi-même je les enseigne
intérieurement ;
la troisième, c'est qu'ils sont plein de douceurs, et de
dilection divine,
par le moyen de laquelle ils surmontent le diable. Mais
maintenant, les
hommes apprennent au rebours : 1° ils veulent être
savants pour
s'enorgueillir et pour être réputés bons clercs ; 2° pour
acquérir des
richesses ; 3° pour se faire passage et jour aux honneurs
et aux dignités.
C'est pourquoi, quand ils entrent et qu'ils sortent des
écoles, je me
retirent d'eux, d'autant qu'ils apprennnent pour
s'enorgueillir, et moi, je
leur ai enseigné l'humilité. Ils y entrent pour la
cupidité d'avoir, et moi
je n'ai rien eu pour appuyer ma tête. Ils y entrent pour
obtenir les
charges et les dignités, portant envie à ceux qui les
surpassent, et moi,
j'étais jugé par Pilate et j'étais risée d'Hérode : c'est
pourquoi je me
retire d'eux, car ils n'apprennent pas ma doctrine. Mais
néanmoins, parce
que je suis bon et doux, je donnce ce qu'on me demande,
car celui qui me
demande du pain en aura, celui qui me demande un lit le
recevra. Or, mes
amis demandent du pain quand ils cherchent et apprennent
la sagesse divine,
dans laquelle est mon amour ; mais d'autres demandent un
lit, c'est-à-dire,
une sagesse mondaine ; car comme il n'y aucune utilité
dans le lit, mais
qu'il y a de la paille, pâture des animaux
irraisonnables, il en est de même
de la sagesse du monde, qu'ils cherchent avec tant de
passion : il n'y a en
elle aucune utilité, aucun rassasiement de l'âme, toute
sa sagesse est
réduite à néant et ne peut être vue de ceux par qui il
était loué. De là
vient que je suis comme un grand seigneur qui a plusieurs
serviteurs qui
distribuent de la part de leur maître tout ce qui est
nécessaire ; de même
les bons et les mauvais anges s'arrêtent à mon
commandement. Or, ceux qui
apprennent ma sagesse admirable, c'est-à-dire, à me bien
servir, sont servis
par les bons anges, qui les repaissent d'une consolation
indicible et d'un
délectable labeur. Mais les mauvais anges assistent les
sages du monde,
leur suggèrent et forment en eux les désirs inutiles,
selon leur volonté,
leur inspirant des pensées laborieuses. Vraiment s'ils
se tournaient vers
moi, s'ils se convertissaient, je pourrais leur donner du
pain sans labeur.
Le monde leur en donne, mais ils n'en sont jamais
rassasiés, attendu qu'ils
changent la douceur en amertume. Or, vous, ô ma chère
épouse ! vous devez
être comme le lait, et votre corps comme une forme dans
laquelle on met le
lait jusqu'à ce qu'il ait pris la figure de cette forme :
de même votre âme,
qui m'est douce et délectable comme un fromage, doit
aussi longtemps être
purifiée et éprouvée dans le corps, jusqu'à ce que le
corps et l'âme soient
d'accord et aient une même continence, que la chair
obéisse à l'esprit, et
que l'esprit régisse et conduise dûment la chair à toute
sorte de vertus.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:32

Chapitre 34

Doctrine de Jésus-Christ à son épouse, par laquelle il
lui enseigne la manière de vivre. Comment le diable confesse que
Jésus-Christ aime son épouse par-dessus toutes choses. De la question que le
diable fait à Notre-Seigneur, savoir : pourquoi Notre-Seigneur aime
tant les hommes, et de l'amour que Jésus a envers son épouse, amour qui a été
manifesté par le diable.

Je suis le Créateur du ciel et de la terre. J'ai été dans
le sein de la
Vierge, vrai Dieu et vrai homme, qui mourut, ressuscita
et monta au ciel.
Vous, ô ma nouvelle épouse ! vous êtes venue en un lieu
inconnu. Il faut
donc que vous ayez quatre choses : 1° il faut savoir le
langage du pays ; 2°
avoir les vêtements que l’on y porte ; 3° savoir disposer
les jours et les
temps suivant les coutumes de ce pays ; 4° s’accoutumer
aux viandes que l’on
y mange. De même, vous qui êtes venue de l’instabilité
du monde à la
stabilité éternelle, vous devez avoir : 1° un langage
nouveau, c’est-à-dire,
vous abstenir des paroles inutiles, et quelquefois même
des paroles licites,
pour la grandeur et pour l’honneur du silence. 2° Vos
vêtements doivent
être l’humilité intérieure et extérieure, afin que vous
ne vous éleviez,
comme si vous étiez plus sainte que les autres, et que
vous n’ayez pas honte
de vous montrer extérieurement humble. 3° Vous devez
modérer le temps, car
comme vous avez sacrifié beaucoup de temps aux nécessités
corporelles, de
même maintenant vous devez avoir le temps pour
l’avancement de l’âme,
savoir, qu’en tout vous ne vouliez m’offenser ; 4° cette
nouvelle viande est
l’abstinence des viandes délicates avec discrétion,
conformément aux forces
de la nature, car l’abstinence qui se fait par-dessus les
forces de la
nature ne me plaît point, d’autant que je demande ce qui
est raisonnable,
afin que la volupté soit domptée.

Alors le diable apparut soudain. Notre-Seigneur lui dit
: Tu as été créé
par moi, et tu as vu et senti les rigueurs de ma justice.
Réponds-moi :
cette nouvelle épouse m’appartient-elle légitimement et
justement ? Je te
permets de voir son cœur et de le sonder, afin que tu
saches ce qu’il me
faut répondre. Aime-t-elle quelque chose comme moi, ou
voudrait-elle me
changer en quelque chose ?

Le diable répondit : Elle n’aime rien autant que vous, et
voudrait plutôt
souffrir toute sorte de supplices ( si vous lui en
donniez la sagesse et la
force ), que se séparer de vous. Je vois comme un
certain lien d’amour qui
descend de vous à elle, qui lie en telle sorte son cœur
qu’elle ne pense
qu’à vous et qu’elle n’aime que vous.

Alors Notre-Seigneur dit au diable : Dis-moi comment te
plaît la dilection
que je lui porte.

Le diable dit : J’ai deux yeux, l’un corporel, bien que
je n’aie pas de
corps. Avec cet œil je connais si clairement les choses
corporelles qu’il
n’y a rien de si caché ni de si obscur que je ne
connaisse ; l’autre est
spirituel, avec lequel je vois la moindre peine due au
péché ; et il n’y a
pas de péché, quelque petit qu’il soit, que je ne
punisse, s’il n’est
purifié par la sainte pénitence. Mais bien que les yeux
n’aient pas des
membres, néanmoins, je souffrirais peut-être volontiers
que deux flambeaux
ardents me les pénétrassent incessamment, pourvu que
cette épouse fût
aveugle des yeux spirituels.

J’ai aussi deux oreilles : une corporelle, avec laquelle
j’entends les
choses les plus secrètes ; l’autre spirituelle, avec
laquelle j’entends
toutes les pensées, toutes les affections au péché,
quelque cachées qu’elles
soient, si elles ne sont pas effacées par la pénitence.
Il y a en enfer une
peine toujours bouillante : je souffrirais qu’elle entrât
incessamment en
mes oreilles, et qu’elle me sortît incessamment, comme un
torrent impétueux,
pourvu que cette épouse n’ouït point des oreilles
spirituelles.

J’ai aussi un cœur spirituel : je souffrirais franchement
qu’il fût mis en
lambeaux et qu’il fût toujours en proie à de nouveaux
supplices, pourvu que
son cœur se refroidît en votre amour.

Or, parce que vous êtes juste, je vous demande une
parole, afin que vous me
disiez pourquoi vous l’aimez tant, ou pourquoi vous
n’avez pas élu une plus
sainte, plus riche et plus belle créature.

Notre-Seigneur lui dit : Ma justice l’exigeait ainsi.
Or, toi, qui as été
créé par moi, qui as vu ma justice, dis-moi en présence
d’elle pourquoi tu
es tombé si misérablement, ou quelle était ta pensée
quand tu tombas.

Le diable lui répondit : J’ai vu en vous trois choses :
j’ai connu votre
gloire, en considérant ma beauté et mon éclat, et que
vous deviez être
honoré sur toutes choses, et je pensai à ma gloire :
partant,
m’enorgueillissant, je résolus. Non pas de vous être
seulement égal, mais de
vous surpasser. Après, je connus que vous étiez plus
puissants que tous,
c’est pour cela que je désirais être plus puissant que
vous. En troisième
lieu, je vois les choses futures qui viennent
nécessairement, et que votre
gloire et votre honneur sont sans principe et sans fin :
j’enviai cela, et
je pensai en moi-même que je souffrirais volontiers des
peines et des
tourments pourvu que vous cessassiez d’être ; et en cette
pensée, je tombai
misérablement, et c’est pour cela que l’enfer existe.

Notre-Seigneur répondit : Tu t’es enquis pourquoi j’aime
tant cette épouse :
certainement parce que je change tout ta malice en bien :
car toi, d’autant
que tu es superbe, tu as voulu m’avoir pour égal, moi qui
suis ton Créateur.
C’est pourquoi, m’humiliant, j’assemble tous les
pécheurs, et je me
compare à eux, les faisant participants de ma gloire
infinie. En deuxième
lieu, d’autant que tu as eu une cupidité si dépravée que
de vouloir être plu
s puissant que moi, c’est pourquoi je rends les pécheurs
puissants sur toi
et puissants avec moi. En troisième lieu, c’est parce
que tu m’as porté
envie, à moi qui suis si charitable que je m’offrirais
pour les pécheurs.

Ensuite, Notre-Seigneur lui dit : Maintenant, ô diable !
ton esprit
ténébreux est illuminé. Dis, en telle sorte que mon
épouse l’entende, dis
de quel amour je l’aime.

Le diable repartit : S’il était possible, vous
souffririez volontiers une
peine telle que vous avez souffert en chacun de vos
membres, plutôt que de
vous priver d’elle !

Alors, Notre-Seigneur repartit : Si je suis donc si
miséricordieux que je ne
refuse le pardon à aucun de ceux qui me le demandent,
demande-moi humblement
miséricorde, toi aussi, et je te la donnerai.

Le diable lui repartit : Je n’en ferai rien, car quand je
tombai, il fut
ordonné une peine pour chaque péché, ou pour toute pensée
et parole
inutiles, et tous les esprits qui sont tombés ont chacun
une peine infligée.
Partant, plutôt que de fléchir mon genou devant vous,
j’aimerais mieux
attirer sur moi et engloutir toutes les peines, tous les
supplices, bien que
leur rigueur fût incessamment renouvelée.

Alors, Notre-Seigneur dit à son épouse : Voyez combien
est endurci le prince
du monde, et combien il est puissant par ma justice
cachée : car de fait,
mon adorable et redoutable puissance pourrait l’effacer
tout à fait en un
instant, mais néanmoins, je ne lui fais pas plus d’injure
qu’au bon ange,
qui, dans le ciel, m’aime et m’adore. Mais quand le
temps sera arrivé (il
s’approche maintenant), je le jugerai, lui et ses
complices. Partant, ô mon
épouse ! avancez incessamment en bonnes œuvres ;
aimez-moi de tout votre
cœur ; ne craignez que moi seul, car je suis le maître du
démon et de tout
ce qui existe.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:32

Chapitre 35

Paroles de la Sainte Vierge Marie à l’épouse, qui
expliquent les douleurs
tolérées en la passion de Jésus-Christ. Comment, par Adam
et Ève, le monde
a été vendu, et en quelle manière il a été racheté par
Jésus-Christ et par
sa Mère.

Considérez, ma fille, disait la Vierge Marie, la passion
de mon Fils, dont
les membres furent presque mes membres et dont le cœur fut
presque mon cœur
: car lui, comme le reste des enfants, a été dans mon
sein, mais il a été
conçu d’un fervent amour de la dilection divine, et les
autres, de la
concupiscence de la chair. De là vient que saint Jean,
son cousins, dit
bien à propos : Le Verbe s’est fait chair ; car par une
incomparable
charité, il est venu et il a demeuré en moi. Or, la
parole et l’amour le
produisirent en moi. Je ressentais comme si la moitié de
mon cœur sortait
de moi, et quand il souffrait, j’en ressentais la douleur,
comme si mon cœur
eût enduré ses tourments. Car comme ce qui est la moitié
dehors et la
moitié dedans, ce qui est dedans le ressent, de même,
quand mon Fils était
frappé et flagellé, mon cœur l’était aussi.

J’ai été aussi la plus proche de lui dans sa passion. Je
ne me séparai pas
de lui ; je restai près de la croix ; et comme ce qui est
plus près du cœur
est affligé plus rudement, de même sa douleur m’était plus
amère qu’à tous.
Quand il me regarda du haut de la croix et que je le
regardai, des torrents
de larmes sortaient de mes yeux ; et quand il me vit
brisée de douleur, il
ressentit tant d’amertume de ma douleur, que la douleur de
ses plaies lui
sembla assoupie. Partant, j’ose dire que sa douleur était
ma douleur,
d’autant que son cœur était mon cœur ; car comme Adam et
Ève ont vendu le
monde par une pomme, de même mon cher Fils et moi l’avons
racheté comme par
un cœur. Considérez donc, ma fille, quelle j’étais en la
mort de mon Fils,
et il ne vous sera pas fâcheux de laisser le monde et de
vous en dégoûter.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:33

Chapitre 36

Notre-Seigneur répond à l’ange qui priait pour cette
épouse. Il lui faut
donner les tribulations du corps et de l’esprit, d’autant
que les plus
grandes tribulations sont données aux âmes les plus
parfaites.

Notre-Seigneur répondit à l’ange qui priait pour l’épouse
de son Seigneur,
lui disant : Vous êtes comme un soldat qui ne laisse
jamais son heaume par
mécontentement, et à qui la peur ne fait jamais détourner
les yeux du
combat, quoique sanglant. Vous êtes stable comme une
montagne, ardent comme
une flamme. Vous êtes comme un monde d’éclat, et partant,
vous n’avez point
de tache. Vous demandez miséricorde pour mon épouse, bien
que vous sachiez
toutes choses et les voyiez en moi. Toutefois, dites-moi
en sa présence
quelle miséricorde vous demandez pour elle, car il y a
trois sortes de
miséricordes : une par laquelle le corps est puni, et on
pardonne à l’âme,
comme on fit à Job, mon serviteur, dont la chair fut
livrée à toutes sorte
de douleurs et dont l’âme fut sauvée. La deuxième
miséricorde, c’est quand
on pardonne au corps et à l’âme, et qu’on les rend quittes
de la peine,
comme à ce roi qui jouit de toute sorte de plaisirs, et ne
ressentit,
pendant qu’il vécut dans le monde, aucune sorte de
douleur, ni dans son
corps ni dans son esprit. La troisième miséricorde, c’est
quand le corps et
l’âme sont punis, afin qu’on ressente la tribulation en la
chair et la
douleur dans le cœur comme saint Pierre, saint Paul et
autres saints ; car
dans le monde, les hommes sont partagés en trois états :
l’un est de ceux
qui tombent dans le péché et se relèvent de nouveau : je
permets que parfois
ceux-ci aient des trivulations au corps, afin qu’ils
soient sauvés ; l’autre
état est de ceux qui vivraient volontiers éternellement,
pour pécher
éternellement, qui ont tous leurs désirs liés et abîmés
dans le monde : que
si parfois ils font quelque chose pour moi, ils le font
avec intention que
les choses temporelles s’augmentent et s’accroissent. À
ceux-ci ne sont pas
données les tribulations du corps ni grande affliction
d’esprit, mais ils
sont laissés en leur puissance et en leur propre volonté,
car pour un petit
bien qu’ils ont fait pour l’amour de moi, ils en reçoivent
ici leur
récompense, pour être tourmentés éternellement en l’autre
monde. En effet,
puisque leur volonté de pécher est éternelle, éternelle
aussi doit être leur
peine. Le troisième état de ceux qui craignent plus mon
offense que la
peine qui leur en est due, et qui aimeraient mieux être
éternellement
tourmentés par des peines intolérables, que de provoquer
mon ire et mon
indignation. A ceux-ci sont données les peines et les
tribulations
corporelles et spirituelles, comme à saint Pierre, à saint
Paul et à
d’autres saints, afin qu’ils s’amendent, dans le monde, de
tout ce qu’ils
ont fait dans le monde, ou bien afin qu’ils soient
purifiés pour quelque
temps, pour une plus grande gloire et pour l’exemple des
autres. J’ai cette
triple miséricorde en ce royaume avec trois personnes qui
vous sont connues.
Donc, maintenant, ô ange, mon serviteur, quelle
miséricorde demandez-vous
pour mon épouse ?

L’ange répondit : Je demande la miséricorde de l’âme et du
corps, afin
qu’elle amende en ce monde toutes ses fautes, et qu’aucun
de ses péchés ne
vienne en jugement.

Notre-Seigneur lui repartit : Qu’il soit fait selon votre
volonté. Après,
il parla à son épouse : Vous êtes à moi, partant je ferai
en vous comme il
me plaira. N’aimez rien autant que moi. Purifiez-vous
donc du péché,
suivant la direction et le conseil de ceux à qui je vous
ai confiée. Ne leur
cachez aucun péché ; examinez-les tous ; ne pensez pas
qu’aucun péché soit
petit ; n’en négligez pas un, car tout ce que vous
laisserez, je le réduirai
en mémoire et je le jugerai. Certes, aucuns de vos
péchés, qui, en cette
vie, auront été effacés par la pénitence, ne seront soumis
à mon
épouvantable jugement. Or, ceux dont on n’aura pas fait
pénitence en cette
vie mourante, seront purgés en purgatoire, ou par quelque
autre moyen ou
occulte jugement, s’ils ne sont amendés ici par quelque
satisfaction.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:33

Chapitre 37

La Sainte Vierge Marie parle à son épouse sainte Brigitte
de l’excellence de
son Fils. En quelle manière, maintenant, Jésus-Christ est
plus cruellement
crucifié par des chrétiens, ses mauvais ennemis, que par
les Juifs ; et par
conséquent, ces chrétiens seront punis plus
rigoureusement.

Mon cher Fils avait trois biens, disait la Mère de Dieu.
Premier bien : nul
n’a jamais eu un corps aussi délicat que le sien, parce
qu’il était de deux
bonnes, excellentes, éminentes natures : de la Divinité et
de l’humanité.
Ce corps était si pur, que, comme dans un œil limpide on
ne peut voir aucune
tache, de même on ne pouvait pas trouver en ce corps
précieux la moindre
difformité. Le deuxième bien était qu’il n’avait jamais
péché. Les autres
enfants portent souvent les péchés de leurs parents et les
leurs, mais
celui-ci n’a jamais péché, et il a néanmoins porté les
péchés de tous. Le
troisième bien était que quelques-uns meurent pour l’amour
de Dieu et pour
une plus belle couronne ; mais lui, il mourut pour ses
ennemis, comme pour
moi et ses amis.

Mais quand ses ennemis le crucifièrent, ils lui firent
quatre choses : 1°
ils le couronnèrent d’épines ; 2° ils lui percèrent les
pieds et les mains ;
3° ils lui donnèrent à boire du fiel ; 4° ils lui
percèrent le côté. Mais
je me plains maintenant de ce que mon Fils est plus
cruellement crucifié par
ses ennemis qu’il ne l’était alors par les Juifs : car
bien que la Divinité
soit impassible et immortelle, néanmoins, ils la
crucifient par leurs
propres vices. En effet, comme un homme qui offenserait
et briserait
l’image de son ennemi lui ferait injure, bien que l’image
n’en sentît rien,
toutefois, à cause de la volonté qu’il aurait de
l’offenser, il en serait
repris et condamné, de même, les vices de ceux qui
crucifient
spirituellement mon Fils, sont plus abominables que les
vices de ceux qui
l’ont crucifié corporellement. Mais peut-être m’en
demanderez-vous la
manière. Je vais vous la dire : 1° ils le clouent sur la
croix qu’ils lui
ont préparée, quand ils désobéissent et qu’ils ne se
soucient pas des
commandements de leur Créateur et de leur Seigneur, et ils
le déshonorent,
quand, par ses serviteurs, il les avertit de le servir, et
qu’ils s’en
moquent pour accomplir ce qui leur plaît. Après, ils
crucifient sa main
droite, quand ils prennent l’injustice pour la justice,
disant que les
péchés ne sont pas si graves ni si odieux à Dieu qu’on le
dit ; que Dieu
n’afflige personne éternellement, mais qu’il nous a ainsi
menacés pour
inspirer de la crainte et de la terreur : car pourquoi
rachèterait-il
l’homme, s’il voulait le perdre ? Ils ne considèrent pas
que le moindre
péché sans punition, aussi ne laisse-t-il pas le moindre
bien sans
récompense. Partant, ceux-là auront un supplice éternel,
d’autant qu’ils
ont eu une volonté éternelle de pécher, laquelle mon Fils,
qui voie le cœur,
répute comme mise à effet, d’autant certes qu’il n’aurait
pas tenu à eux, si
mon Fils l’eût permis.

Puis, ils crucifient sa main gauche, quand ils tournent la
vertu en vice,
voulant pécher jusqu’à la fin, disant : Si nous disions
une fois, à la fin
de nos jours, qu’il ait pitié de nous, la miséricorde de
Dieu est si grande
qu’elle nous pardonnera. Cela n’est pas vertu de vouloir
pécher sans
vouloir s’amender, vouloir le prix sans la peine, à moins
que la contrition
et le désir de s’amender ne fussent dans le cœur, si
l’infirmité ou quelque
autre empêchement était ôté.

Ils lui crucifient les pieds, quand ils se délectent à
pécher, et ne
considèrent pas une seule fois la passion amère de mon
Fils, ni ne lui en
rendent grâces une seule fois avec un amour et une
reconnaissance intimes,
disant : Ô Dieu ! que votre passion est amère ! Louanges
vous soient rendues
pour votre mort ! Ces remerciements ne sortent jamais de
leur bouche.

Ils le couronnent de la couronne de moquerie, quand ils se
moquent des
serviteurs de Dieu et pensent qu’il est inutile de le
servir. Ils lui
donnent à boire du fiel, quand ils se complaisent
malheureusement en leur
péché, et ne pensent pas combien ce péché est détestable
et grand. Ils lui
percent le côté, quand ils ont la volonté de persévérer en
leur péché.

Je vous dis en vérité, ma fille, et vous pourrez le dire à
mes amis, que
ceux qui font toutes ces choses, sont, devant mon Fils, le
juste des justes,
plus injustes que les Juifs, plus cruels que ceux qui le
crucifiaient, plus
impudents que celui qui l’a vendu, et il est dû à ceux-ci
une plus grande
peine qu’à ceux-là. Pilate a bien su que mon Fils n’avait
pas péché et
qu’il ne méritait point la mort ; néanmoins, parce qu’il
craignait de perdre
la puissance temporelle et une sédition parmi les Juifs,
il condamna comme
par force mon Fils à mort. Or, qu’auraient ceux-ci à
craindre s’ils
servaient mon Fils ? Ou bien quel honneur, quelles
charges, quelles
dignités perdraient-ils, s’ils l’honoraient ? aucunes.
C’est pourquoi ils
sont devant mon Fils plus coupables que Pilate, et ils
seront jugés plus
rigoureusement, d’autant que Pilate l’a jugé avec quelque
crainte, pressé
par les Juifs et par la volonté d’autrui ; mais ceux-ci le
jugent de leur
propre volonté et sans crainte, quand ils le déshonorent
par leurs péchés,
dont ils pourraient s’abstenir, s’ils voulaient ; mais ils
ne s’abstiennent
pas de pécher, et ils ne rougissent pas de les avoir
commis, attendu qu’ils
ne pensent pas être indignes des récompenses de celui
qu’ils offensent tant,
et ne le servent pas. Ils sont pire que Judas, d’autant
que Judas, ayant
trahi Notre-Seigneur, savait bien qu’il avait vendu celui
qui était Dieu,
reconnut l’avoir grandement offensé, fut désespéré, et se
croyant indigne de
vivre, se pendit, se livra au démon. Or, ceux-ci
connaissent bien la
laideur de leur péché, et néanmoins, ils y persévèrent,
n’ayant pas en leur
cœur la moindre contrition ; mais ils veulent avec
violence et puissance
ravir le royaume des cieux, quand ils pensent l’avoir, non
par de bonnes
œuvres, mais par une confiance vaine et par une folle
présomption, ce qui
n’est octroyé à personne, si ce n’est à ceux qui font de
bonnes œuvres et
qui souffrent quelque chose pour Dieu. Ils sont pires
aussi que ceux qui le
crucifièrent, car quand ils virent les œuvres
merveilleuses de mon Fils,
ressuscitant les morts et guérissant les lépreux, ils
pensaient en eux-mêmes
: Cet homme fait des prodiges et des merveilles inouïes ;
il abat avec une
parole ceux qu’il veut abattre ; il sait nos pensées et il
fait ce qu’il
veut. Si on le laisse faire, nous serons tous sous sa
puissance et lui
serons soumis. Partant, afin de ne pas lui être soumis,
ils le crucifièrent
; car s’ils eussent su qu’il était le Roi de gloire, ils
ne l’eussent jamais
crucifié. Mais ceux-ci voient journellement ses grandes
et admirables
œuvres ; ils jouissent de ses faveurs et de ses bienfaits,
et savent comment
il la faut servir et comment il faut aller à lui. Mais
hélas ! se
disent-ils, faut-il laisser toutes les choses temporelles
? faut-il rompre
notre volonté et faire la sienne ? Oh ! que ceci est lourd
et insupportable
! Partant, méprisant s volonté et ne voulant pas lui
obéir, ils crucifient
mon Fils par l’endurcissement et l’insensibilité de leurs
cœurs, entassant
sur leur conscience péchés sur péchés. Ceux-ci sont pires
que ceux qui
l’ont crucifié, car les Juifs le faisaient, poussés par
l’envie et parce
qu’ils ne savaient pas qu’il fût Dieu, mais ceux-ci le
crucifient
spirituellement avec une malice préméditée, avec cupidité
et présomption, et
cela avec plus d’amertume que les Juifs ne le crucifièrent
corporellement ;
car ceux-ci sont rachetés, et ceux-là ne l’étaient point.
Obéissez donc à
mon Fils, ô épouse ! et craignez-le, car comme il est
infiniment
miséricordieux, il est aussi infiniment riche.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:33

Chapitre 38

Colloque agréable de Dieu le Père avec le Fils. En quelle
manière le Père a
donné l’épouse au Fils. Comment le Fils l’accepte, et de
quelle sorte
l’Époux instruit l’épouse, par son exemple, à souffrir et
à être simple.

Le Père parlait à son Fils, lui disant : Je suis venu avec
amour à la Vierge
et ai travaillé à l’ineffable incarnation : c’est pourquoi
vous êtes en moi
et je suis en vous. Comme le feu et la chaleur ne se
séparent jamais, de
même il est impossible que la Divinité se sépare de
l’humanité.

Le Fils répond : Que tout honneur et toute gloire vous
soient rendues, ô mon
Père ! que votre volonté soit faite en moi et la mienne en
vous.

Le Père répond : Voici, mon Fils, que je vous donne cette
nouvelle épouse
pour la gouverner et la nourrir comme une brebis. Vous en
êtes le maître et
le possesseur. Elle vous donnera du lait pour boire et
pour vous
rafraîchir, et de la laine pour vous vêtir. Mais vous, ô
épouse ! vous
devez lui obéir, car il faut que vous ayez trois choses :
la patience,
l’obéissance et la franchise.

Alors le Fils dit au Père : Que votre volonté avec la
puissance, la
puissance avec l’humilité, l’humilité avec la sagesse, la
sagesse avec la
miséricorde, soit faite, qui est sans commencement et sera
sans fin en moi.
Je la prends en mon amour, en votre puissance et en la
conduite du
Saint-Esprit, qui ne sont pas dieux, mais un seul Dieu en
trois personnes.

Alors l’Époux dit à sa très chères épouse : Vous avez
entendu comment mon
Père vous a donnée à moi comme une brebis : il faut donc
que vous soyez
simple et patiente comme une brebis, et féconde, pour
nourrir et vêtir vos
enfants spirituels, car il y a trois choses au monde : la
première est toute
nue, la deuxième est pressée par la soif, la troisième est
famélique.

La première signifie la foi de mon Église, qui est toute
nue, d’autant que
tout le monde a honte de parler de la foi, de mes
commandements ; et s’il se
trouve quelqu’un qui en parle, on s’en moque et on
l’accuse de mensonge.
Partant, les paroles qui sortent de ma bouche doivent en
quelque sorte
revêtir de laine cette foi, car comme la laine croît sur
le corps de la
brebis par la chaleur naturelle, de même, de la chaleur de
ma Divinité et de
mon humanité, sortent des paroles qui touchent votre cœur,
qui y revêtent ma
foi sainte par le témoignage de vérité et de sagesse, et
montrent qu’elle
est vraie, bien que maintenant elle soit réputée fausse et
vaine, afin que
ceux qui ont eu la lâcheté jusqu’aujourd’hui de ne pas
revêtir leur foi de
bonnes œuvres, ayant entendu mes charitables paroles,
soient illuminés, et
poussés à parler fidèlement et à faire généreusement de
bonnes œuvres.

La deuxième signifie mes amis, qui désirent, avec autant
d’ardeur que ceux
qui sont dévorés par la soif désirent de boire,
d’accomplir mon honneur, et
se troublent quand je suis déshonoré : ceux-ci, ayant
goûté la douceur de
mes paroles, sont enivrés d’une plus grande charité, et
les morts mêmes
sont, avec eux, embrasés de mon amour, voyant combien de
faveurs je fais aux
pécheurs.

Le troisièmes signifie ceux qui disent en leur cœur : Si
nous savions la
volonté de Dieu, comment il nous faut vivre, et si nous
étions guidés sur le
chemin de la vie parfaite, nous y ferions tout ce que nous
pourrions.
Ceux-ci sont comme des faméliques : ils brûlent de savoir
ma voie, et nul
ne les rassasie, d’autant que nul ne leur montre
parfaitement ce qu’il faut
faire ; et si on le leur montre, pas un ne vit comme cela.
Et partant, je
leur montrerai moi-même ce qu’ils doivent faire, et je les
rassasierai de ma
douceur, car les choses temporelles et visibles sont
ardemment désirées
presque par tous, et ne peuvent pourtant rassasier
l’homme, mais exciter de
plus en plus en lui l’appétit de les acquérir. Mais mes
paroles et mon cœur
rassasieront les hommes et les rempliront d’indicibles et
abondantes
consolations. Donc, vous, mon épouse, qui êtes ma brebis,
tâchez d’avoir la
patience et l’obéissance, car vous m’appartenez par toute
sorte de droits,
et partant, il faut que vous suiviez ma volonté. Or,
celui qui veut suivre
la volonté d’un autre doit avoir trois choses : 1° un même
consentement avec
lui ; 2° semblables œuvres ; 3° se retirer de ses ennemis.
Or, qui sont mes
ennemis, sinon la superbe et insupportable et tous les
péchés ? Vous devez
donc vous retirer de ceux-là, si vous désirez suivre ma
volonté.

Charles-Edouard
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Livre 1 des Révélations Célestes de Sainte Brigitte de Suède  - Page 2 Empty Re: Livre 1 des Révélations Célestes de Sainte Brigitte de Suède

Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:33

Chapitre 39

En quelle manière la foi, l’espérance et la charité,
furent en Jésus-Christ
en sa passion, et sont imparfaitement en nous, misérables
que nous sommes !

J’ai eu trois choses en ma mort : la première, une foi,
ou, pour mieux dire,
une licence que j’avais, sachant que mon Père pouvait me
délivrer de la
passion, quand je l’en suppliais à genoux ; la deuxième,
une espérance, qui
fait dire une attente, quand je disais constamment : Qu’il
soit fait, non
pas comme je veux ; la troisième, un amour, quand je
disais : Que votre
volonté soit faite. J’eus aussi des angoisses corporelles
provenant de la
crainte naturelle que j’avais de ma passion, quand la
sueur de sang sortit
de mon corps, afin que mes amis ne se crussent pas
délaissés, quand ils
seraient assaillis par les craintes et les tribulations.
Je leur ai montré
en moi que l’infirmité de la chair fuit toujours les
peines : mais vous
pourriez vous enquérir comment la sueur de sang sortit de
mon corps.
Certes, comme le sang d’un infirme se sèche et se consomme
dans les veines,
de même, par la douleur naturelle que je ressentais de ma
mort prochaine,
mon sang était consommé. Enfin mon Père, voulant
manifester la voie par
laquelle le ciel est ouvert, et que l’homme, qui en avait
été chassé,
pouvait y rentrer, son amour m’a abandonné dans la
passion, afin qu’après ma
passion, mon corps fût glorifié : car, de droit et de
justice, mon humanité
ne pouvait arriver autrement à la gloire, bien que je le
pusse par la
puissance de ma Divinité.

Comment donc mériteraient d’entrer dans la gloire ceux qui
ont une petite
foi, une vaine espérance et nulle charité ? Si enfin, ils
avaient la foi
des joies éternelles et des supplices horribles, ils ne
désireraient autre
chose que moi. S’ils croyaient que je vois et que je sais
toutes choses,
que je suis puissant en tout et que je demande raison de
tout, le monde leur
serait vil, et ils auraient plus de crainte de m’offenser
pour mon respect
que pour le regard des hommes. S’ils avaient une ferme
espérance, alors
leur esprit et leurs pensées seraient en moi. S’ils
avaient la charité, ils
penseraient à tout ce que j’ai fait pour l’amour d’eux,
quelle a été ma
peine en la prédication, quelle a été ma douleur en ma
passion, voulant
plutôt mourir que les laisser perdues. Mais leur foi est
infirme et menace
ruine, car ils croient tant qu’ils ne sont pas tentés, et
se défient de moi
quand ils sont contrariés. Leur espérance et vaine,
d’autant qu’ils
espèrent que leur péché leur sera pardonné sans justice et
sans vérité de
jugement. Ils pensent obtenir gratuitement le royaume des
cieux ; ils
désirent obtenir la miséricorde sans justice. Leur
charité envers moi est
toute froide, car ils ne s’enflamment jamais à me
rechercher, s’ils n’y sont
pas contraints par les tribulations. Comment pourrais-je
être avec eux, qui
n’ont ni foi droit, ni espérance ferme, ni amour fervent ?
Parant, quand
ils crieraient et me demanderaient miséricorde, ils ne
méritent pas d’être
ouïs ni d’être en ma gloire, car aucun soldat ne peut
plaire à son chef ni
obtenir de lui sa grâce après la chut, s’il ne s’est pas
humilié pour la
faute dont il s’est rendu coupable.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:34

Chapitre 40

Paroles par lesquelles Dieu le Créateur propose trois
belles questions : la
première, de la servitude du mari et du commandement de la
femme ; la
deuxième, du labeur du mari et de la prodigalité de la
femme, et la
troisième, du mépris du maître et de l’honneur du
serviteur.

Je suis votre Créateur adorable et votre redoutable
Seigneur. Dites-moi
trois choses que je vais vous demander, ô mon épouse !

Comment subsiste cette maison où la femme est habillée en
maîtresse et son
mari en serviteur ? Cela convient-il ? Alors l’épouse
répondit intimement
en sa conscience : Non, Seigneur, il ne convient pas que
cela soit ainsi.
Notre-Seigneur lui dit : Je suis Seigneur de toutes choses
et Roi des anges.
J’ai vêtu mon serviteur, c’est-à-dire, mon humanité
seulement, pour
l’utilité, pour la nécessité. Car dans le monde, j’ai
voulu être nourri et
vêtu pauvrement. Mais vous, qui êtes mon épouse, vous
voulez être comme
maîtresse, avoir des richesses, des honneurs, et marcher
honorablement : à
quoi servent toutes ces choses ? Certainement, elles sont
toutes vaines, et
un jour, on les laissera toutes avec confusion. Et de
fait, l’homme n’a pas
été créé pour une si grande superfluité, mais pour avoir
les seules
nécessités de nature ; mais la superfluité misérable a été
inventée par la
superbe qu’on aime, et on la regarde maintenant comme une
loi.

En deuxième lieu, est-il décent et raisonnable que le mari
travaille depuis
le matin jusqu’au soir, et que la femme consomme dans une
heure tout ce qui
aura été amassé ? Alors elle répondit : Il n’est pas non
plus raisonnable,
mais la femme doit vivre et faire selon la volonté de son
mari.
Notre-Seigneur repartit : J’ai fait comme un mari qui
travaille depuis le
matin jusqu’au soi, car j’ai travaillé depuis ma jeunesse
jusqu’à ma
passion, montrant la voie qui conduit au ciel, prêchant et
accomplissant les
œuvres que je prêchais. Quand la femme qui devait être
mienne de même que
tout mon labeur, vit luxurieusement, ce que j’ai fait ne
lui sert de rien,
et je ne trouve en elle aucune vertu dans laquelle je
puisse me complaire.

En troisième lieu, dites-moi : n’est-il pas indécent,
voire abominable, en
quelque maison que ce soit, que le maître soit méprisé et
que le valet soit
honoré ? Elle répondit : Oui, certes. Notre-Seigneur
repartit : Je suis le
Seigneur de toutes choses ; le monde est ma maison et
l’homme devrait être
mon serviteur. Je suis le Seigneur qui est maintenant
méprisé dans le
monde, et l’homme est honoré. Et partant, vous que j’ai
choisie, ayez soin
de faire ma volonté, parce que tout ce qui est dans monde
n’est que comme un
écume de mer et comme une vision vaine.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:34

Chapitre 41

Paroles du Créateur dites en la présence des troupes
célestes et de
l’épouse, avec lesquelles Dieu se plaint en quelque
manière de cinq sortes
de personnes : du Pape et de son clergé, des mauvais
laïques, des Juifs et
des païens. Elles traitent aussi du secours de ses amis,
par lesquels sont
entendus tous les hommes, et de la cruelle sentence
fulminée contre les
ennemis.

Je suis le Créateur de toutes choses. Je suis engendré du
Père avant les
astres, et suis inséparablement en mon Père, et mon Père
est en moi, et un
Esprit en tous deux. Partant, le Père, le Fils et le
Saint-Esprit ne sont
pas trois dieux, mais un seul Dieu. Je suis celui qui a
promis à Abraham
l’héritage éternel. J’ai tiré, par Moïse, mon peuple de
l’Égypte. Je suis
le même qui parlait par la bouche des prophètes. Mon Père
m’a envoyé dans
les entrailles de la Vierge, ne se séparant pas de moi,
mais demeurant
inséparable avec moi, afin que l’homme, se retirant,
retournât à Dieu par
mon amour.

Or, maintenant, en la présence de mes troupes célestes, de
vous, qui voyez
en moi et savez en moi toutes choses, néanmoins, pour
l’instruction de mon
épouse ici présente, qui ne peut comprendre les choses
spirituelles que par
les choses corporelles, je me plains devant vous de cinq
hommes qui sont ici
présents, parce qu’ils m’offensent en plusieurs choses.
Car comme autrefois
par le mot Israël j’entendais en la loi ancienne tout le
peuple d’Israël, de
même par ces cinq hommes, j’entends tous les hommes du
monde.

Le premier est le gouverneur de l’Église ; le deuxième son
clergé ; les
Juifs sont le troisième, les païens le quatrième, mes amis
le cinquième.
Mais de vous, ô Judée ! j’en excepte tous les Juifs qui
sont secrètement
chrétiens, et qui me servent avec un amour sincère, une
foi droite et par
des œuvres parfaites. Mais de vous, païens, j’en
exceptent tous ceux qui
marcheraient par la voie de mes commandements, s’ils
savaient comment et
s’ils étaient instruits, et ceux qui font de bonnes œuvres
autant qu’ils
peuvent ; ils ne seront aucunement jugés avec vous.

Donc, maintenant, je me plains de vous, ô chef de mon
Église ! qui êtes
assis sur le siége que j’ai donné à Pierre et à ses
successeurs, pour y être
assis avec une triple dignité et une triple autorité : 1°
afin qu’ils aient
le pouvoir de lier et de délier les âmes du péché ; 2°
afin qu’ils ouvrent
le ciel aux pénitents ; 3° afin qu’ils le ferment aux
maudits et à ceux qui
me méprisent. Mais vous, qui deviez délier les âmes et me
les présenter,
vous en êtes le meurtrier ; car j’ai établi Pierre pasteur
et gardien de mes
brebis, et vous en êtes le dispensateur et celui qui les
blesse. Or, vous
êtes pire que Lucifer, car lui m’enviait et ne désirait
tuer autre que moi,
afin qu’il régnât à ma place, mais vous êtes pire que lui,
attendu que, non
seulement vous me tuez, me repoussant de vous par
plusieurs mauvaises
œuvres, mais vous tuez les âmes par votre mauvais exemple.
J’ai racheté de
mon sang les âmes, et je vous les ai confiées comme à un
fidèle ami : mais
vous, vous les livrez à mon ennemi duquel je les avais
rachetées. Vous êtes
plus injuste que Pilate, qui ne condamnait à mort autre
que moi : mais non
seulement vous me jugez comme celui qui n’a aucun pouvoir
et qui est indigne
de tout bien, mais vous condamnez même les âmes innocentes
et vous pardonnez
aux coupables. Vous m’êtes plus ennemi que Judas, qui me
vendit seul : et
vous, vous ne me vendez pas seul, mais aussi les âmes de
mes élus par un
sale lucre et par une vanité de nom : Vous êtes plus
abominable que les
Juifs, car ils crucifièrent seulement mon corps, mais vous
crucifiez et
punissez les âmes de mes élus, auxquelles votre malice et
votre
transgression sont plus amères que le couteau tranchant.
Et partant, parce
que vous êtes semblables à Lucifer, que vous êtes plus
injuste que Pilate,
plus cruel que Judas et plus abominable que les Juifs, je
me plains avec
raison de vous.

Aux hommes de la deuxième sorte, c’est-à-dire, aux
laïques, Notre-Seigneur
parle en ces termes : J’ai créé toutes choses pour votre
utilité ; vous
étiez avec moi et j’étais avec vous ; vous m’aviez donné
votre foi et vous
aviez juré de me servir : or, maintenant, vous vous êtes
retirés de moi
comme un homme qui ignore son Dieu ; vous réputez mes
paroles à mensonge,
mes œuvres à vanité, et vous dites que ma volonté et mes
commandements sont
fâcheux et trop pesants. Vous avez enfreint la foi que
vous m’aviez donnée
; vous avez violé votre jurement et avez laissé mon nom ;
vous vous êtes
séparés des saints, vous vous êtes enrôlés au nombre des
diables et vous
êtes leurs compagnons. Il vous semble qu’il n’y a que
vous qui soyez dignes
de louanges et d’honneur. Tout ce qui est pour moi et
tout ce que vous êtes
tenus de faire, vous est difficile, et tout ce qui vous
plaît vous est
facile : c’est pourquoi je me plains de vous avec raison,
car vous avez
violé la foi que vous m’aviez donnée au baptême et après
le baptême. En
outre, pour l’amour que je vous ai montré tant en parole
qu’en effet, vous
m’accusez de mensonge ; vous m’appelez insensé pour avoir
enduré la passion.

Notre-Seigneur parle en ces termes aux hommes de la
troisième espèce,
c’est-à-dire, aux Juifs : J’ai commencé la charité avec
vous ; je vous ai
élus pour mon peuple ; je vous ai affranchis de la
servitude qui vous
écrasait sous son faix ; je vous ai donné ma loi ; je vous
ai introduits en
la terre que j’avais promise à vos pères ; je vous ai
envoyé des prophètes
pour vous consoler ; après, j’ai choisi parmi vous la
vierge la plus sainte
de laquelle j’ai pris l’humanité. Or, maintenant, je me
plains de vous,
parce que vous ne pouvez pas croire encore, disant :
Jésus-Christ n’est pas
venu, mais il viendra.

Notre-Seigneur parle ainsi aux hommes de la quatrième
sorte, c’est-à-dire,
aux gentils : Je vous ai créés et rachetés comme des
chrétiens, et j’ai fait
tous les biens pour l’amour de vous, mais vous êtes comme
des insensés, car
vous ne savez ce que vous faites ; comme des aveugles,
puisque vous ne savez
où vous allez, car vous honorez la créature pour le
Créateur, vous prenez le
faux pour le vrai, et vous courbez le genou devant celui
qui est moindre que
vous : c’est pourquoi je me plains de vous.

Notre-Seigneur parle ainsi aux hommes de la cinquième
sorte, c’est-à-dire, à
ses amis : O mes amis ! approchez-vous de plus près. Et
soudain, il dit
aux troupes célestes : Mes amis, j’ai un ami, par lequel
j’entends plusieurs
: il est comme un homme entouré de méchants et est en une
dure captivité ;
s’il fait du bien, on enfonce une lance dans sa poitrine.
Voyez, mes amis,
et vous tous, ô saints ! combien de temps les
souffrirai-je en un tel
mépris.

Saint Jean-Baptiste répondit : Vous êtes comme un miroir
sans tache, car en
vous comme dans une glace bien polie, nous voyons et
savons toutes choses
sans parole. Vous êtes une douceur incomparable en
laquelle nous goûtons
toute sorte de biens ; vous êtes comme un glaive tranchant
qui jugez avec
équité. Notre-Seigneur lui répondit alors : Mon ami, vous
dites la vérité,
car en moi, tous les élus voient tout bien et toute
justice, voire les
diables, en quelque sorte, quoiqu’ils ne soient pas dans
la lumière, mais en
la conscience naturelle des choses. En effet, comme, en
prison, un homme
qui avait auparavant appris les lettres, sait ce qu’il
avait appris, bien
qu’il soit dans les ténèbres et qu’il n’y voie pas, de
même les diables,
bien qu’ils ne voient pas ma justice en l’éclat de ma
splendeur, la savent
néanmoins et la voient en leur conscience. Je suis aussi
comme un glaive
qui partage en deux ; je donne à chacun ce qu’il mérite.
Notre-Seigneur dit encore à saint Pierre : Vous êtes
fondateur de la foi de
mon Église ; dites en présence de ma cour céleste le droit
et la justice de
ces cinq sortes de personnes. Saint Pierre répondit : Que
louange et
honneur vous soient à jamais rendus pour votre amour, ô
Seigneur ! Soyez
béni de votre cour céleste, d’autant que vous nous faites
voir et savoir en
vous toutes les choses qui sont faites et qui seront ; en
vous, nous voyons
tout et savons tout. Or, voici quelle est la vraie
justice : que celui qui
est assis sur votre trône et a les œuvres de Lucifer,
perde avec confusion
le siège sur lequel il a cru s’asseoir, et qu’il soit
participant des peines
de Lucifer. Du deuxième : telle est la rigueur de la
justice : que celui
qui s’est retiré de la foi descende en enfer la tête en
bas et les pieds en
haut, car il vous a méprisé, vous qui deviez être son
chef, et il n’a aimé
que soi-même. Du troisième : telle est ma sentence :
qu’il ne voie point
votre face, mais qu’il soit puni conformément à sa malice
et à sa cupidité,
car les perfides et déloyaux ne méritent point de vous
voir. Du quatrième :
telle en est la condamnation : qu’il soit enfermé comme un
insensé en des
lieux fort obscurs. Du cinquième : tel est son jugement :
qu’on lui envoie
du secours.

Toutes ces choses étant entendues, Notre-Seigneur dit : Je
jure par la voix
de mon Père, que Jean-Baptiste ouït sur le bord du
Jourdain ; je jure par le
corps que Jean a baptisé, vu et touché sur le bord du
Jourdain ; je jure par
l’Esprit, qui apparut en forme de colombe sur le bord du
Jourdain, que je
ferai justice de ces cinq sortes de personnes.

Alors Notre-Seigneur reprit et dit au premier des cinq :
Le glaive de ma
sévérité percera votre corps, commençant par la tête, si
profondément et si
puissamment qu’on ne le pourra jamais arracher. Votre
siège sera submergé
comme une lourde pierre, qui ne s’arrêtera que quand elle
sera au fond. Vos
doigts, c’est-à-dire, vos conseillers, brûleront en un feu
de soufre puant
et inextinguible. Vos bras, c’est-à-dire, vos vicaires,
qui devaient
s’occuper de l'avancement des âmes et s'étendre, et qui ne
se sont étendus
que vers l’utilité et les honneurs du monde, seront
condamnés à la peine
prononcée par David : que ses enfants soient orphelins,
que sa femme soit
veuve, et que les étrangers ravissent et enlèvent sa
substance. Quelle est
cette femme, sinon cette âme, qui sera délaissée de la
gloire céleste, et
sera veuve de Dieu, son époux ? Qui sont ses enfants,
sinon les vertus
qu’il semblait avoir ? Et les âmes simples qui étaient
sous eux leur seront
arrachées, et leurs dignités et leurs biens seront à
d’autres. Et pour
toute dignité, ils hériteront d’une confusion éternelle.
Après l’ornement
de leur tête sera submergé dans le bourbier infernal, d’où
ils ne sortiront
jamais, afin que, comme ils ont ici surpassé les autres en
honneur et en
superbe, de même ils soient enfoncés et plongés en enfer
par-dessus les
autres, de sorte qu’ils n’en puissent jamais sortir. Tous
les fauteurs et
imitateurs du clergé leur seront arrachés et seront
séparés comme un mur
qu’on bat en ruine, où on ne laisse pas pierre sur pierre,
et aucune pierre
ne sera jointe à une autre avec le ciment, afin que ma
miséricorde ne vienne
jamais sur eux, attendu que mon amour ne les a jamais
échauffés, et il ne
leur édifiera jamais une demeure dans le ciel ; mais
s’étant privés de tout
bien, ils seront tourmentés avec leur chef.

Je parle ainsi au deuxième : D’autant que vous ne voulez
pas me garder la
foi promise, ni m’aimer, j’enverrai un animal qui sortira
du torrent
impétueux et vous engloutira ; et comme le torrent
impétueux coule
incessamment en bas, de même cet impétueux animal vous
entraînera au plus
bas de l’enfer. Et comme il vous est impossible de monter
contre le torrent
impétueux, de même il vous est impossible de sortir jamais
de l’enfer.

Je dis au troisième : Vous, ô Juifs ! vous ne voulez pas
croire que je suis
venu : quand je viendrai au second jugement, vous me
verrez, non en ma
gloire, mais en la frayeur de votre conscience, et vous
vous convaincrez que
tout ce que j’avais dit était vrai. Maintenant, il vous
reste le châtiment
dû à vos démérites.

Je dis au quatrième : D’autant que, maintenant, vous ne
vous souciez de
croire ni ne voulez savoir et connaître, vos ténèbres
reluiront un jour, et
votre cœur sera illuminé, afin que vous sachiez que mes
jugements étaient
vrais. Néanmoins, vous ne viendrez pas à la lumière.

Je dis au cinquième : Je vous ferai trois choses : 1° je
vous remplirai
intérieurement de mon fervent amour ; 2° je rendrai votre
bouche plus dure
et plus forte qu’aucune pierre, de sorte que les pierres
qu’on jettera sur
elle rejailliront sur ceux qui les jettent ; 3° je vous
armerai tellement
qu’aucune lance ne vous nuira, mais toutes choses
fléchiront et fondront
devant vous comme la cire devant le feu. Donc,
raffermissez-vous et soyez
généreux, car comme le soldat qui, dans la guerre, espère
le secours de son
seigneur, combat tout autant qu’il trouve quelque force en
lui, de même
soyez fort et combattez, car Dieu, votre Seigneur, vous
prêtera un secours
auquel personne ne pourra résister. Et parce que vous
avez un petit nombre
de soldats, je vous honorerai et vous multiplierai.

Voici que vous, mes amis, voyez et savez que cela est en
moi, c’est pourquoi
vous demeurez devant moi stables et fermes. Les paroles
que je viens de
dire s’accompliront : mais ceux-là n’entreront jamais en
mon royaume, tant
que je serai Roi, à moins qu’ils s’amendent, car on ne
donnera le ciel à
personne, si ce n’est à ceux qui s’humilient et font
pénitence. Alors,
toute la troupe céleste répondit : Louange à vous,
Seigneur Dieu, qui êtes
sans commencement et sans fin !

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:35

Chapitre 42

Paroles par lesquelles la Vierge Marie exhorte l’épouse,
comment elle doit
aimer son Fils par-dessus toutes choses, et en quelle
manière toutes les
vertus et toutes les grâces sont renfermées en la Vierge
glorieuse.

J’ai eu éminemment trois choses par lesquelles j’ai plu à
mon Fils, disait
la Mère de Dieu à l’épouse : 1° l’humilité, de sorte que
ni homme, ni ange,
ni aucune créature n’a été plus humble que moi ; 2° j’ai
eu excellemment
l’obéissance, parce que je me suis étudiée à obéir à mon
Fils en toutes
choses ; 3° j’ai eu à un sublime degré une charité
singulière, c’est
pourquoi j’ai été triplement honorée de lui, car en
premier lieu, j’ai été
plus honorée que les anges et les hommes, de sorte qu’il
n’y a pas de vertu
de Dieu qui ne reluise en moi, bien qu’il soit la source
et le Créateur de
toutes choses. Je suis sa créature, à laquelle il a donné
sa grâce plus
éminente qu’à tout le reste des créatures. Secondement,
j’ai obtenu une si
grande puissance à raison de mon obéissance, qu’il n’y a
pas de pécheur,
quelque corrompu qu’il soit, qui n’obtienne son pardon,
s’il se tourne vers
moi avec un cœur contrit et un ferme propos de s’amender.
En troisième
lieu, à cause de ma charité, Dieu s’approche ainsi de moi,
de telle sorte
que qui voit Dieu me voit, et qui me voit peut voir en
moi, comme dans un
miroir plus parfait que celui des autres, la Divinité et
l’humanité, et moi
en Dieu ; car quiconque voit Dieu voit en lui trois
personnes, car la
Divinité m’a enfermée en soi avec mon âme et mon corps, et
m’a remplie de
toutes sortes de vertus, de manière qu’il n’y a pas de
vertu en Dieu qui ne
reluise en moi, bien que Dieu soit le Père et l’auteur de
toutes les vertus.

Quand deux corps sont joints ensemble, ce que l’un reçoit,
l’autre le reçoit
aussi : il en est ainsi de Dieu et de moi, car il n’y a
pas en lui de
douceur qui ne soit pour ainsi dire en moi, comme celui
qui a un cerneau
d’une noix en donne à un autre la moitié. Mon âme et mon
corps sont plus
purs que le soleil et plus nets qu’un miroir. Comme dans
un miroir, on
verrait trois personnes, si elles étaient présentes, de
même on peut voir en
ma pureté le Père, le Fils et le Saint-Esprit, car j’ai
porté le Fils dans
mon sein avec la Divinité ; on le voit maintenant en moi
avec la Divinité et
l’humanité comme dans un miroir, d’autant que je suis
glorieuse.
Étudiez-vous donc, ô épouse de mon Fils ! à suivre mon
humilité ; et n’aimez
que mon Fils.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:35

Chapitre 43

Paroles que le Fils de Dieu adresse à l’épouse. Comment
d’un peu de bien
l’homme s’élève à un bien parfait, et d’un peu de mal,
descend à un grand
supplice.

D’un peu de bien naît quelquefois une grande récompense,
disait le Fils de
Dieu à l’épouse. La datte est d’une merveilleuse odeur,
et elle renferme
une pierre : si elle est mise dans une terre grasse, elle
s’engraisse et
fructifie, et devient peu à peu un arbre ; mais si elle
est mis dans une
terre aride, elle se dessèche, car elle est bien aride
pour le bien, la
terre qui se délecte et prend plaisir dans le péché ; si
la semence des
vertus y est jetée, elle ne s’y engraisse pas. Mais la
terre de l’esprit de
celui-là est grasse, qui connaît le péché et se repent de
l’avoir commis ;
si la pierre de datte y est mise, c’est-à-dire, s’il y
sème la sévérité de
mon jugement et de ma puissance, trois racines s’étendent
dans son esprit.

1° Il pense qu’il ne peut rien faire sans mon secours ;
partant, il ouvre sa
bouche pour me prier. 2° Il commence aussi de donner une
petite aumône en
on nom. 3° Il se défait et s’affranchit des affaires pour
me servir, puis il
s’adonne au jeûne et quitte sa propre volonté : et c’est
là le tronc de
l’arbre. Ensuite croissent les rameaux de la charité,
quand il attire vers
le bien tous ceux qu’il peut y attirer ; puis le fruit
vient en maturité,
quand il enseigne les autres autant qu’il sait ; il
cherche le moyen avec
une entière dévotion d’accroître mon honneur : un tel
fruit me plaît
beaucoup. Ainsi donc, d’un peu de bien, il s’élève à un
bien parfait et
accompli. Quand premièrement il a pris racine par une
médiocre dévotion, le
corps s’augmente par l’abstinence, les rameaux se
multiplient par la
charité, et le fruit s’engraisse par la prédication.

De la même manière, par un petit mal, l’homme descend à
une malédiction, à
un supplice insupportable. Ne savez-vous pas qu’il est
très pesant, le
fardeau des choses qui croissent incessamment ?
Certainement, c’est un
enfant qui ne peut naître, qui meurt dans les entrailles
de sa mère, qui la
torture et la tue ; le père porte au tombeau et ensevelit
la mère et
l’enfant : de même le diable en fait à notre âme, car elle
est vicieuse
comme la femme du diable, laquelle suit en toutes choses
sa volonté, qui est
alors conçue par le diable, quand le péché lui plaît et se
réjouit en lui :
car de même qu’un peu de pourriture rend la mère féconde,
de même notre âme
apporte un grand fruit au diable, quand elle se délecte et
prend plaisir
dans le péché : d’où sont formés les membres et la force
du corps, quand on
ajoute et augmente tous les jours péchés sur péchés. Les
péchés étant
augmentés de la sorte, la mère s’enfle, voulant enfanter,
mais elle ne peut,
parce que la nature étant consommée dans le péché, sa vie
l’ennuie, et elle
voudrait commettre librement plus de péchés ; mais elle ne
peut, en étant
empêchée par le saint, qui ne le lui permet pas. Alors,
la crainte la
saisit, la joie et la force se retirent d’elle, parce
qu’elle ne peut
accomplir sa volonté. Elle est environnée de toutes parts
de chagrins et de
douleurs ; alors son ventre se rompt, quand elle désespère
de pouvoir faire
quelque chose de bien, et meurt en même temps, quand elle
blasphème et
reprend le juste jugement de Dieu ; elle est ainsi menée
par le diable, son
père, au sépulcre infernal, où elle est ensevelie à jamais
avec la
pourriture du péché, elle et le fils de la délectation
dépravée.

Voilà comment le péché s’augmente de peu et croît pour la
damnation
éternelle.

Charles-Edouard
Grand Emérite du combat contre l'antichrist

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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:38

Chapitre 44

Paroles du Créateur à son épouse. Il dit combien il est
maintenant blâmé et
méprisé des hommes, qui n’écoutent pas ce qu’il a fait par
charité, quand il
les a avertis par ses prophètes, qu’il a tant souffert
pour eux, pour eux
qui ne se sont pas souciés de la juste indignation qu’il a
exercée contre
les obstinés, les corrigeant cruellement.

Je suis l’adorable Créateur et le Seigneur redoutable de
toutes choses.
J’ai fait le monde, et le monde me méprise. J’entends
résonner du monde une
voix comme la voix d’une mouche supérieure qui amasse le
miel sur la terre ;
car comme elle vole, elle s’abaisse aussitôt vers la
terre, et jette une
voix grandement enrouée : de même j’entends maintenant
résonner dans le
monde cette voix enrouée, disant : Je ne me soucie point
de ce qui vient
après toutes ces choses. Certes, tous crient maintenant :
Je ne m’en soucie
point. Vraiment l’homme ne se soucie pas ce que j’ai
fait. Ému de charité,
je l’ai averti par mes prophètes, je lui ai prêché
moi-même, j’ai souffert
pour lui… Il méprise ce que j’ai fait en ma colère,
corrigeant et punissant
les désobéissants et les mauvais. Ils se voient mortels
et incertains de la
mort, et ils n’en tiennent aucun compte. Ils voient et
ils entendent les
épouvantables rigueurs de ma justice, que j’ai exercée sur
Pharaon et les
Sodomites à raison de leurs péchés, que j’ai fulminée sur
les princes et sur
les rois, et que je promets de rendre avec le tranchant du
glaive et autres
tribulations, et toutes ces choses leurs sont comme
cachées. C’est pourquoi
ils volent à tout ce qu’ils veulent comme les mouches
supérieures. Ils
volent quelquefois aussi comme en sautant, parce qu’ils
s’élèvent par leur
superbe ; mais ils s’abaissent plutôt quand ils retournent
à l’abominable
luxure et à leur gourmandise. Ils amassent ainsi de la
douceur, mais pour
eux et en la terre, parce que l’homme travaille et amasse,
non pour
l’utilité de l’âme, mais pour celle du corps, non pour
l’honneur éternelle,
mais pour l’honneur terrestre. Ils se tournent le bien
temporel en une
peine insupportable. Celui qui n’est utile à rien a un
supplice éternel.
Partant, à cause des prières de ma Mère, j’enverrai ma
voix claire qui
prêchait ma miséricorde à ces mouches, dont mes amis se
sont exemptés et
affranchis, qui ne sont point au monde, sinon en leur
corps ; que s’ils
l’écoutent, ils seront heureusement sauvés.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:38

Chapitre 45

Réponse de la Vierge Marie, des anges, des prophètes, des
apôtres et des diables, faite à Dieu en la personne de l’épouse, lui
témoignant sa magnificence et sa grandeur dans la création et la rédemption, et comme les hommes contredisent maintenant toutes ces choses, et de leur sévère jugement.

O épouse de mon Fils, vêtissez-vous et demeurez stable,
parce que mon Fils
s’approche de vous, disait la Mère de Dieu à l’épouse. Sa
chair a été
serrée comme en un pressoir : car comme l’homme a manqué
et failli
malicieusement en tous ses membres, mon Fils a aussi
satisfait à proportion
en tous les siens. Ses cheveux étaient étendus, ses nerfs
séparés, ses
jointures disjointes, ses os meurtris, ses mains et ses
pieds cloués ; son
esprit était troublé ; son cœur était affligé de douleur ;
ses intestins
étaient collés à son dos, d’autant que l’homme a péché en
tous ses membres.

Après, le Fils de Dieu parla et dit, en présence de la
troupe céleste : Bien
que vous sachiez que toutes choses sont faites par moi,
toutefois, à cause
de mon épouse qui est ici, je prends la parole et je vous
demande, ô anges !
ce que cela veut dire, que Dieu a été sans commencement et
sans fin, et ce
que veut dire ceci, qu’il a créé toutes choses et que nul
ne l’a créé.
Répondez, et portez témoignage en ceci.

Les anges répondirent d’une commun voix, disant :
Seigneur, vous êtes celui
qui est, car nous vous donnerons témoignage de trois
choses :
1° que vous êtes notre adorable Créateur, et le Créateur de touteschoses qui sont au
ciel et sur la terre ;

2° que vous êtes sans commencement,que vous serez sans fin, et que votre redoutable puissance durera éternellement : car sans vous rien n’a été fait, et sans vous, rien ne peut être ni subsister ;


nous témoignons que nous voyons en vous toute votre
justice, et toutes les
choses qui ont été et seront, et toutes ces choses en
vous-même, et vos
idées, sans fin et commencement.

Puis, se tournant vers les patriarches et les prophètes,
il leur dit : Je
vous le demande, quel est celui qui vous a affranchis de
la servitude, pour
vous rendre la liberté, qui a divisé les eaux devant vous,
qui vous a donné
la loi, qui a donné à vos prophètes l’esprit de parler ?
Ils lui répondirent
: C’est vous, ô Seigneur que nous adorons, qui nous avez
tirés de servitude,
qui nous avez donné la loi, et qui avez incité notre
esprit à parler.

Après, il dit à sa Mère : Ma Mère, portez témoignage de
vérité de ce que
vous savez de moi. Elle répondit : Avant que l’ange, qui
était envoyé de
vous, fût venu à moi, j’ai été seule avec mon âme et mon
corps. Mais quand
l’ange eut parlé, votre corps fut en moi, avec la Divinité
et l’humanité, et
je sentis en mon corps votre corps. Je vous ai porté sans
douleur ; je vous
ai enfanté sans angoisses ; je vous ai enveloppé de langes
; je vous ai
nourri de mon lait ; j’ai été avec vous depuis votre
naissance jusqu’à votre
mort.

Puis, il s’adressa aux apôtres, disant : Quel est celui
que vous avez vu,
entendu et senti ? Ils lui répondirent : Nous avons
entendu vos saintes et
puissantes paroles, et nous les avons écrites ; nous avons
ouï vos
merveilles signalées, quand vous avez donné la loi
nouvelle. Par votre
parole efficace, vous avez commandé aux démons enragés de
fureur, et ils ont
pris la fuite aux accents de votre parole puissante. Vous
avez ressuscité
les morts et guéri les malades. Nous avons vu avec un
corps humain. En
votre humanité, nous avons vu vos merveilles en la gloire
divine ; nous vous
avons vu livré aux ennemis et cloué sur la croix ; nous
avons vu en vous une
passion très amère ; nous vous avons enseveli. Nous vous
avons aperçu et
vu, lorsque vous êtes ressuscité ; nous avons touché vos
cheveux et votre
face, vos membres et vos plaies. Vous avez mangé avec
nous, et vous nous
donniez vos paroles. Vous êtes vraiment le Fils de Dieu
et le Fils de la
Vierge. Nous vous avons aussi vu et touché, lorsque vous
êtes montés à la
droite de votre Père avec une humanité où vous êtes sans
fin.

Après, Dieu dit aux diables : Esprits immondes, bien qu’en
votre conscience
vous cachiez la vérité, je vous commande toutefois de dire
ce qui diminue
votre puissance. Ils lui répondirent : Tout ainsi que les
larrons ne disent
point la vérité s’ils ne sont mis sur le cep, de même nous
ne la disons
point si nous n’y sommes contraints par votre divine,
infinie et terrible
puissance. C’est vous qui, avec votre force, êtes
descendu en enfer. Vous
avez pris le droit de l’enfer. Alors Notre-Seigneur dit :
Voici tous ceux
qui ont un esprit et ne sont point revêtus de corps,
lesquels me disent la
vérité ; mais ceux qui ont un esprit et un corps, savoir,
les hommes, me
contredisent et vont à l’encontre de moi. Or, les uns
n’ignorent rien, mais
savent tout ; toutefois ils n’en tiennent pas compte et ne
s’en soucient
pas. Les autres ignorent tout et ne savent rien, ce qui
fait qu’ils ne s’en
soucient pas, mais disent que toutes choses sont fausses.

Notre-Seigneur dit encore aux anges : Ceux-ci disent que
votre témoignage
est faux, que je ne suis point Créateur, que je n’ai pas
la connaissance de
toutes choses : c’est pourquoi ils aiment mieux la
créature que moi. Il dit
aussi aux prophètes : Ils vous contredisent, disant que la
loi est vanité et
que vous avez parlé par votre propre volonté. Mais il dit
à sa Mère : Ma
Mère, les uns disent que vous n’êtes pas vierge, les
autres que je n’ai pas
pris mon corps de vous : ils le savent, mais ils ne s’en
soucient pas. Puis
il dit aux apôtres : Ils vous contredisent, d’autant
qu’ils disent que vous
êtes des menteurs, que la loi nouvelle est sans raison et
inutile. Il y en
a d’autres qui croient que toutes choses sont vraies, mais
ils n’en tiennent
pas compte. Maintenant donc, je vous demande quel sera
leur juge. Ils me
répondirent tous : C’est vous, ô Dieu adorable ! qui êtes
sans commencement
et sans fin ; c’est vous, ô Jésus-Christ ! à qui le Père
en a donné le
jugement ; c’est vous qui êtes le juge juste et équitable
de ceux-là. Le
Seigneur leur répondit : Je suis maintenant le juge, moi
qui me complaignais
sur eux ; mais bien que je connaisse et puisse toutes
choses, toutefois
prononcez sur eux votre jugement.

Ils lui dirent : Tout ainsi qu’au commencement du monde,
tout le monde périt
par les eaux du déluge, de même le monde mérite maintenant
de périr par le
feu, parce, maintenant, l’iniquité et l’injustice sont
plus grandes qu’elles
ne l’étaient alors.

Le Seigneur répondit : D’autant que je suis juste et
miséricordieux, je ne
juge pas sans miséricorde, et je ne fais pas miséricorde
sans justice.
C’est pourquoi, à cause des prières de ma très chère Mère
et de mes saints,
j’enverrai encore une fois ma miséricorde au monde ; mais
si le monde ne
veut ni l’écouter ni l’embrasser, ma justice n’en sera que
plus rigoureuse.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:39

Chapitre 46

Paroles de louange que se disaient, en présence de
l’épouse, la Mère et son
Fils. Comment Jésus-Christ est maintenant réputé des
hommes, très vil, très
difforme et très déshonnête. Éternelle damnation de ceux
qui le traitent
ainsi.

La Vierge Marie parlait à son Fils, disant : Soyez béni,
mon Fils, vous qui
êtes sans commencement et sans fin ; vous qui avez eu un
corps très honnête
et décent plus que tout autre ; vous qui avez été l’homme
le plus adroit et
le plus vertueux qui ait existé ; vous qui avez été la
plus digne créature
du monde !

Son Fils lui répondit, disant : Ma Mère, les paroles qui
sortent de votre
bouche, me sont agréable, et abreuvent les plus secrètes
pensées de mon cœur
comme d’un breuvage très doux et suave ; vous m’êtes plus
doux qu’aucune
créature du monde. Car comme on voit en un miroir divers
visages, mais
qu’aucun plaît davantage que le propre, de même, bien que
j’aime mes saints,
je vous aime toutefois d’un amour plus ardent, plus
singulier, et plus
excellent, d’autant que je suis engendré de votre chair.
Vous êtes comme la
myrrhe choisie, dont l’odeur monte jusqu’à la Divinité et
la conduit en
votre corps : la même odeur a attiré votre corps et votre
âme jusqu’à elle,
où vous êtes maintenant en corps et en âme. Vous, soyez
bénie, parce que
les anges se réjouissent à cause de votre beauté ; et à
raison de votre
vertu, tous ceux qui vous invoquent avec un cœur pur
seront délivrés. Tous
les démons tremblent à votre lumière ; ils n’oseraient pas
s’arrêter en
elle, parce qu’ils veulent toujours êtres dans les
ténèbres. Vous m’avez
donné une triple louange, disant, 1° que j’avais un corps
très honnête, 2°
que j’étais un homme très adroit, 3° que j’étais la plus
digne de toutes les
créatures. Mais ceux-là seulement qui ont un corps et une
âme contredisent
ces trois choses, car ils disent que j’ai un corps
déshonnête, que je suis
un homme très abject et maladroit, et que je suis la plus
vile de toutes les
créatures. Qu’y a-t-il en effet de plus déshonnête que de
provoquer les
hommes au péché ? Ils disent aussi que le péché n’est pas
si difforme, et
qu’il ne déplaît pas tant à Dieu, comme on dit, car,
disent-ils, rien ne
peut être, si Dieu ne le veut, et tout a été créé par lui.
Pourquoi donc ne
nous servirons-nous pas des choses qui ont été faites pour
notre utilité ?
La fragilité de la nature a demandé cela, et tous ceux qui
ont été devant
nous et qui sont à présent, ont vécu et vivent maintenant
de la sorte.

A présent, ma Mère, les hommes me parlent ainsi, tournant
mon humanité en
déshonneur, en laquelle j’ai apparu vrai Dieu entre les
hommes, et par
laquelle j’ai dissuadé le péché, et j’ai montré combien il
était lourd et
pesant, comme si j’avais conseillé le déshonneur et la
saleté. Certes, ils
disent qu’il n’y a rien de plus honnête et qui plaise
davantage à leur
volonté que le péché, bourreau de l’âme. Ils disent
aussi que je suis un
homme très déshonnête ; car qu’y a-t-il de plus déshonnête
que lui, qui,
lorsqu’il dit la vérité, est frappé de pierres sur la
face, et sur sa bouche
qui se brise. Et en outre, il entend l’opprobre de ceux
qui disent : S’il
était homme, il se défendrait et se vengerait.

Voilà comment ils me traitent. Je leur parle par la
bouche des docteurs et
par la sainte Écriture, mais ils disent que je suis un
menteur. Ils
frappent ma bouche à coups de pierres et à coups de
poings, quand ils
commettent un adultère, un homicide et un mensonge, et
disent : S’il était
homme, s’il était Dieu très puissant, il vengerait une
telle transgression.
Mais je supporte avec patience toutes ces choses, et je
les entends tous les
jours, disant que la peine n’est point éternelle et
fâcheuse, comme on le
prétend, et disent que mes paroles véridiques sont des
mensonges.

En troisième lieu, ils me croient la plus vile créature du
monde : car qu’y
a-t-il de plus vil et de plus abject en une maison qu’un
chat ou un chien,
pour lesquels, si quelqu’un voulait librement faire un
échange, il recevrait
un cheval ? Mais l’homme m’estime moins qu’il n’estime un
chien, d’autant
que, s’il devait perdre son chien ou me choisir, il ne
voudrait pour cela me
recevoir, il me rebuterait plutôt que de le perdre. Mais
quelle est la
chose, si petite qu’elle soit, qu’on ne désire avec un
plus fervent amour
qu’on ne me désire moi-même ? S’ils m’estimaient en effet
plus qu’aucune
créature, ils m’aimeraient plus que toute autre ; mais il
n’est rien de vil
et d’abject qu’ils n’aiment plus que moi. Ils ont pitié
de toutes choses ;
de moi ? nullement. Ils sont marris de leurs dommages
propres et de ceux de
leurs amis ; ils se fâchent d’une petite parole ; ils sont
dolents et
affligés de ce qu’ils offensent les autres, plus
excellents qu’eux, mais ils
ne s’affligent pas de ce qu’ils m’offensent, moi qui suis
le Créateur de
toutes les créatures. Quel est l’homme, si abject qu’il
soit, que l’on
n’écouterait pas, s’il parlait, à qui on ne donnerait pas
quelque chose,
s’il donnait ? Je suis donc la plus abjecte et la plus
vile de toutes les
créatures en leur présence, d’autant qu’ils ne me croient
digne d’aucun
bien, quoique je leur aie donné tout ce qu’ils ont.

Donc, ô ma Mère, comme vous avez goûté plus que tout autre
ma sagesse
infinie, et qu’il n’est jamais sorti de votre bouche que
la vérité, de même
il ne sortira jamais de la mienne que la vérité. Je
m’excuserai en la
présence de mes saints, devant le premier qui a dit que
j’avais un corps
très déshonnête, et je prouverai jusqu’à l’évidence que
j’ai un corps très
honnête, sans péché, sans difformité, et il sera en
opprobre éternel à la
face du monde. Quant à celui qui disait que mes paroles
étaient un
mensonge, et ne savait pas si j’étais Dieu ou non, je lui
prouverai vivement
que je suis vraiment Dieu : et celui-là, comme une boue
puante, tombera dans
l’enfer. Quant au troisième, qui m’a jugé et estimé être
la plus vile de
toutes les créatures, je le jugerai et le condamnerai à un
supplice éternel,
de sorte qu’il ne verra jamais la splendeur de ma gloire
ni ma joie
incomparable.

Après, Notre-Seigneur dit à l’épouse : Soyez ferme et
constante en mon
service. Vous êtes venue comme entre quelque mur, vous y
avez été
emprisonnée. Vous ne pouvez ni sortir de cette prison ni
la percer.
Supportez donc volontairement une petite tribulation, et
vous éprouverez en
mon bras, dont les pouvoirs sont adorables, un repos
éternel. Vous avez
connu la volonté de mon Père, vous entendez la parole de
son Fils, et vous
sentez les mouvements amoureux de mon Esprit. Vous avez
une consolation et
un contentement indicibles en la parole de ma Mère et de
mes saints : donc,
soyez ferme et constante, sinon vous sentirez les
horribles rigueurs de ma
justice, par laquelle vous serez contrainte de faire ce
dont je vous avertis
maintenant avec tant d’amour.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:39

Chapitre 47

Comment Notre-Seigneur s’entretenait avec son épouse et
lui objectait les
paroles de la nouvelle loi. Comme la nouvelle loi est
maintenant réprouvée
et rejetée du monde, et comment les mauvais prêtres ne
sont point prêtres de
Dieu, mais des traîtres à son égard. Malédiction et
damnation des mauvais
prêtres.

Je suis ce Dieu éternel, qui était jadis appelé le Dieu
d’Abraham, le Dieu
d’Isaac et le Dieu de Jacob. Je suis Dieu, ce législateur
qui a donné la
loi à Moïse, laquelle était comme un vêtement. Car comme
la mère qui a un
enfant dans son sein, lui prépare des vêtements, de même
Dieu a préparé une
loi, qui n’était autre chose qu’un vêtement, une ombre et
une figure des
choses qui se devaient faire. Pour moi, je suis couvert
de ce vêtement de
la loi ; et comme l’enfant qui, devenu plus grand, se
dépouille de ses vieux
vêtements pour en prendre de nouveaux, ayant accomplie et
déposé le vêtement
de la vieille loi, je me suis revêtu d’un nouveau,
vêtement, c’est-à-dire,
de la nouvelle, et je l’ai donné à tous ceux qui ont voulu
être vêtus comme
moi. Or, ce vêtement n’est ni étroit ni difficile, mais il
est en tout et
partout modéré et proportionné. Je n’ai pas commandé en
effet de trop
jeûner, de trop travailler, ni de se tuer ou de faire
l’impossible, mais de
faire des choses propres et convenables pour châtier ou
modérer l’âme et le
corps. Car quand le corps est trop attaché au péché, le
péché se consomme
et le réduit au néant. C’est pourquoi, dans la loi
nouvelle, se trouvent
deux choses : 1° une tempérance modérée, et un droit et
légitime usage de
toutes les choses qui servent et pour l’âme et pour le
corps ; 2° la
facilité de garder la loi, parce que celui qui ne peut
s’arrêter en une
chose, le peut en une autre. On trouve en elle qu’à celui
qui ne peut être
vierge, il est permis d’être marié ; que celui qui tombe
peut se relever.
Mais cette loi est maintenant réprouvée et méprisée à
cause du mal, car ils
disent que cette loi étroite est fâcheuse et difforme ;
ils l’appellent
étroite, d’autant qu’elle recommande de s’abstenir des
choses nécessaires et
de fuir les choses superflues. Or, ils veulent jouir et
s’assouvir de
toutes ces choses qui sont hors de raison, comme les
juments par-dessus les
forces de leur corps, c’est pourquoi elle leur est
étroite. Secondement,
ils disent qu’elle est fâcheuse, d’autant que la loi
ordonne de prendre la
volupté avec raison et en ce temps, mais ils veulent
accomplir leur volupté
plus que de raison et plus qu’il n’est ordonné. En
troisième lieu, ils
disent qu’elle est difforme, parce que la loi commande
d’aimer l’humilité,
et de déférer et d’attribuer tout notre bien à Dieu ; mais
ils veulent
s’enorgueillir des biens qu’ils ont reçus de Dieu, et
s’élever : c’est
pourquoi elle leur est difforme, et de la sorte, ils
méprisent mon vêtement.
J’ai achevé et accompli plus tôt tout ce qui était de la
vieille loi, et
après, j’ai commencé la nouvelle, parce que les corps qui
appartenaient à la
vieille étaient grandement difficiles pour durer jusqu’à
ce que je vinsse au
dernier jugement. Mais ils ont jeté avec mépris le
vêtement dont l’âme
était couverte et revêtue, c’est-à-dire, la foi droite, et
ils ajoutent et
amoncellent péchés sur péchés, d’autant qu’ils veulent
aussi me trahir.
David ne dit-il pas en son psaume : Ceux qui mangeait mon
pain méditent
contre moi une trahison ? Par ces paroles, je veux que
vous remarquiez deux
choses : 1° parce qu’il ne veut point dire ici : Ils
pensent mal ; il a
parlé comme si la chose était déjà passée ; 2° de ce que
le passé dénote
qu’il n’y a qu’un seul homme qui ait trahi. Pour moi, je
vous dis que
ceux-là me sont traîtres qui sont au présent, non pas ceux
qui ont été ou
qui seront, mais ceux qui vivent maintenant. Je vous dis
aussi qu’il n’y a
pas un homme traître, mais qu’il y en a plusieurs.

Or, vous me demanderez peut-être : N’y a-t-il pas deux
pains, l’un invisible
et spirituel, dont les anges et les saints se nourrissent,
l’autre de la
terre, dont vivent les hommes ? Mais les anges et les
saints ne veulent
autre chose, sinon que tout soit conforme à votre volonté,
et les hommes ne
peuvent rien, sinon comme il vous plaît : comment donc
peuvent-ils vous
trahir ?

Je vous réponds à cela, ma cour céleste l’entendant, afin
que vous sachiez
qu’ils savent et voient toutes choses en moi, mais le tout
se dira pour
votre sujet : Il y a vraiment deux sortes de pain : l’un
des anges, qu’ils
mangent en mon royaume, afin de se rassasier d’une gloire
ineffable :
certes, ceux-là n’ont garde de me trahir d’autant qu’ils
ne veulent que ce
que je veux. Mais ceux-là me trahissent, qui mangent mon
pain à l’autel.
Je suis vraiment ce pain, dans lequel on voit trois choses
: la rondeur, la
figure et le goût, parce que, comme sans pain toute viande
est presque sans
goût et comme de nul appui, de même, sans moi, tout ce qui
est, est sans
goût, faible et vain. J’ai aussi la figure du pain, parce
que je suis de la
terre, car je suis né d’une Mère vierge, ma Mère tire sa
source d’Adam,
Adam, de la terre. J’ai aussi la rondeur où ne se
trouvent ni commencement
ni fin, parce que je suis sans commencement et sans fin.
Personne ne peut
considérer ni trouver de fin ou de commencement en ma
sagesse incroyable, en
ma puissance infinie, en mon éternelle charité. Je suis
d’une manière
admirable en toutes choses, par-dessus toutes choses et
hors de toutes
choses. Bien que quelqu’un volât sans relâche et toujours
aussi vite qu’une
flèche, jamais il ne trouverait ni la fin ni le fond de ma
puissance, de ma
vertu.

Donc, à cause de ces trois choses, savoir, le goût, la
figure, la rondeur,
je suis ce pain que l’on voit et que l’on sent sur l’autel
; mais il est
changé en mon corps, qui a été crucifié. Car de même
qu’une chose aride et
sèche brûle soudain, si le feu y est mis, et en même temps
est consumée, et
il ne demeure rien du bois qui lui est apposé, mais tout
est converti en
feu, de même, ces paroles étant prononcées, savoir : CECI
EST MON CORPS, ce
qui a été pain auparavant, est au moment même, changé et
transsubstantié en
mon corps, et ne se brûle point par le feu, comme le bois,
mais par ma
Divinité. Partant, me trahissent ceux-là qui mangent
indignement de mon
pain.

Mais quel meurtre pourrait être plus abominable que
lorsque quelqu’un se tue
soi-même ; ou quelle trahison plus détestable que lorsque
deux personnes
conjointes ensemble par un lien indissoluble, comme, par
exemple, les
personnes mariées, se trahissent l’un l’autre ?

Mais que fait le mari quand il veut trahir sa femme ? Il
lui dit : Allons,
ma femme, en un tel lieu, afin que j’accomplisse ma
volonté avec vous. Or,
étant prête en tout et partout à suivre la volonté de son
mari, elle s’en va
avec lui avec une vraie simplicité. Mais lorsqu’il a
trouvé un lieu propre
et un temps opportun pour mettre son entreprise à
exécution, il tire contre
elle trois instruments de trahison : certes, l’un est
tellement pesant qu’il
la tue d’un seul coup ; l’autre est tellement aigu qu’il
entre aussitôt dans
les entrailles ; le troisième est en telle sorte qu’elle
est bientôt
étouffée, car il lui enlève l’air vital. Mais après que
da femme est morte,
ce traître dit en lui-même : Maintenant, j’ai fait le mal
: s’il est
découvert et publié, je serai condamné à mort. C’est
pourquoi il s’en va,
et met le cadavre de sa femme en un lieu caché, de peur
que son péché ne
soit découvert.

Les prêtres qui me trahissent agissent de la sorte : car
nous sommes liés
ensemble par un seul lien, quand ils prennent le pain, et
que, proférant les
paroles sacramentelles, ils le changent en mon vrai corps,
que j’ai pris de
la Vierge. Tous les anges ensemble ne pourraient faire
cette chose, parce
que j’ai donné cette dignité aux prêtres seuls, et les ai
élevés pour les
plus grandes charges : mais il me font comme des traîtres,
car ils me
montrent une face joyeuse et gracieuse, et me mènent en un
lieu caché et
secret pour me trahir. Ces prêtres-là montrent alors leur
face joyeuse et
gracieuse, quand ils semblent être bons et simples devant
tous ; mais quand
ils s’approchent de l’autel, ils me conduisent en une
prison. Alors, comme
l’époux ou l’épouse, je suis prêt à accomplir leur
volonté, mais ils me
trahissent.

1° Ils m’appliquent une chose bien lourde et bien pesante,
lorsque le divin
office leur est grandement fâcheux et ennuyeux, quand ils
le disent en mon
honneur : car ils disent plutôt cent paroles pour plaire
au monde et pour
avoir ses bonnes grâces, qu’une seule pour mon honneur ;
ils donneraient
plutôt cent marcs d’or pour le monde qu’un denier pour moi
; ils
travailleraient cent fois plus pour leur propre utilité et
pour celle du
monde, qu’une seule fois pour mon honneur ; ils
m’accablent par ce fardeau,
comme si j’étais mort dans leur cœur.

2° Ils me frappent comme avec un fer aigu, qui entre dans
mes entrailles,
lorsque le prêtre s’approche de l’autel, qu’il se souvient
d’avoir péché et
s’en repent, pensant en soi-même avec une ferme volonté de
pécher de
nouveau, dès qu’il aura achevé l’office. Bien,
disent-ils, je me repens de
mon péché, mais je ne quitterai point l’occasion en
laquelle j’ai péché,
afin de ne plus pécher : ceux-là me frappent comme avec un
fer très aigu.

3° Mon esprit est presque suffoqué quand ils pensent ainsi
entre eux : C’est
une chose bonne et délectable d’être avec le monde ; c’est
une chose bonne
de s’abandonner à toute sorte de voluptés ; et pour moi,
je ne puis m’en
empêcher. Je suivrai en tout et partout ma volonté
corrompue pendant que je
suis jeune ; car quand je viendrai sur le point de ma
vieillesse, alors je
m’abstiendrai de toutes ces choses et je m’en corrigerai.
Mon esprit est
suffoqué de cette pensée très méchante.

Mais on demande comment leur cœur se refroidit tellement
et devient si tiède
pour tout bien, de sorte qu’il ne pourra jamais
s’échauffer ni se relever en
ma charité. Je vous dis qu’il sera comme de la glace : en
effet, comme la
glace, bien qu’on y mette le feu, ne produit pas des
flammes, mais au
contraire se fond et se sèche, de même seront ceux qui ne
s’élèvent pas au
chemin de la vie éternelle, mais qui se dessèchent et ne
tiennent compte
d’aucun bien, quoique je leur aie donné ma grâce, et
qu’ils aient entendu
les paroles d’avertissement que je leur ai envoyées. Ils
me trahissent donc
en ceci, savoir : ils se montrent simples et ne le sont
pas ; ils sont
accablés et troublés à raison de l’honneur qu’ils me
doivent et dont ils
devraient se réjouir merveilleusement ; ils ont la volonté
de pécher, et ils
promettent d’être pécheurs jusqu’à la fin. Ils me cachent
presque, ils me
mettent en un lieu occulte, quand ils pensent entre eux :
Je sais que j’ai
péché ; toutefois, si je m’abstiens du sacrifice, je serai
jugé de tous et
je serai confus. Et de la sorte, ils s’approchent
impudemment de l’autel,
me mettent devant eux, me manient, moi qui sis vrai Dieu
et vrai homme, que
les anges craignent et adorent. Je suis avec eux comme en
un lieu caché,
d’autant que personne ne sait ni ne considère combien ils
sont difformes ou
dépravés, devant lesquels, moi qui suis Dieu, je demeure
couché comme en
cachette, parce que, bien que l’homme quelque méchant
qu’il soit, pourvu
qu’il soit prêtre et qu’il ait prononcé ces paroles,
savoir : CECI EST MON
CORPS, le consacre véritablement, et je demeure devant
lui, moi qui suis
vrai Dieu et vrai homme. Mais dès que je suis dans sa
bouche, alors, je me
retire de lui par grâce (1) Moi, ma Divinité, et mon
humanité ; mais la
forme et le goût du pain lui demeurent, non que je ne sois
véritablement
aussi bien avec les méchants qu’avec les bons, à cause de
l’institution du
sacrement, mais parce que les bons et les méchants n’ont
pas semblable
effet. Je vous dis que tels prêtres ne me sont point vrais
prêtres, mais
vrais traîtres, car ils me vendent et me trahissent comme
des Judas. Je
jette la vue sur les païens et sur les Juifs, mais je n’en
vois point de si
abominables, de si détestables qu’eux, parce qu’ils ont le
même péché par lequel Lucifer est tombé. Maintenant aussi, je vous dis
que leur jugement, et le jugement de ceux qui leur sont semblables, ne sont
autre chose que malédiction : tout ainsi que David a maudit ceux qui n’ont
point obéi à Dieu, lequel, étant juste roi et prophète tout ensemble,
ne les a point maudits en son ire, ou par mauvaise volonté, ou par
impatience, mais par justice.

(1) Note : Il ne faut pas penser que Jésus-Christ se
retire des espèces
sacramentelles quand un mauvais prêtre le reçoit, mais il
s’en retire quant
à l’humanité et la Divinité, c’est-à-dire, en tant que
l’un ni l’autre n’y
font les effets que le sacrement auguste fait aux bons,
savoir, force,
augmentation de grâces, etc. comme il est aussi expliqué
ensuite.

Que toutes les choses donc qu’ils reçoivent de la terre et
qui leur sont
utiles et profitables, soient maudites, d’autant qu’ils ne
louent point
Dieu, leur Créateur, qui leur a donné d’une main libérale
et amoureuse ces
choses ! Que la viande et le breuvage qui entrent dans
leur bouche, qui
nourrissent et entretiennent leur corps, pour être un jour
la pâture des
vers, et leur âme, pour être plongée dans l’enfer, soient
maudits ! Maudit
soit leur corps, qui ressuscitera pour l’enfer et brûlera
sans fin ! Que
leurs ans soient maudits, les ans qu’ils ont vécu
inutilement ! Maudite soit
l’heure où ils ont commencé d’entrer dans l’enfer,
puisqu’elle ne finira
jamais ! Que leurs yeux, par lesquels ils ont vu la
lumière du ciel, soient
maudits ! Maudites soient leurs oreilles, par lesquelles
ils ont entendu mes
douces et attrayantes paroles, dont ils n’ont pas tenu
compte ! Que leur
goût soit maudit, par lequel ils ont goûté mes dons
favorables ! Maudit soit
leur odorat, par lequel ils ont senti et flairé les
parfums agréables, et
n’ont pas tenu compte de moi, qui suis la plus agréable et
la plus choisie
de toutes les choses du monde !

Mais on demande : Comment seront-ils maudits ?
Certainement, leur vue est
maudite, parce qu’ils ne verront point en moi la vision de
Dieu, mais les
ténèbres palpables et les intolérables supplices de
l’enfer. Leurs oreilles
sont maudites, parce qu’ils n’entendront point mes douces
paroles, mais les
cris d’horreur et de désespoir de l’enfer. Leur goût est
maudit, parce
qu’ils ne goûteront point la joie de mes biens éternels,
mais une éternelle
amertume. Leur attouchement est maudit, parce qu’ils ne
me toucheront pas,
mais toucheront un feu ardent et éternel. Leur odorat est
maudit, parce
qu’il ne flairera pas les parfums agréables qui sont en
mon royaume, parfums
qui surpassent toutes les odeurs aromatiques, mais ils
auront en enfer une
puanteur plus amère que le fiel, plus puante que le
soufre. Ils sont
maudits du ciel, de la terre, et de toutes les créatures
insensibles,
d’autant que celles-là obéissent à Dieu et le louent, et
celles-ci l’ont
méprisé. A cette cause, je jure en ma vérité, moi qui
suis la vérité même,
que, s’ils mourraient de la sorte en la disposition où ils
sont maintenant,
jamais ma charité ni ma vertu ne les embraseront ni ne les
défendront, mais
ils seront damnés éternellement.

Charles-Edouard
Grand Emérite du combat contre l'antichrist

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Livre 1 des Révélations Célestes de Sainte Brigitte de Suède  - Page 2 Empty Re: Livre 1 des Révélations Célestes de Sainte Brigitte de Suède

Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:40

Chapitre 48

Comment, en la présence de l’épouse et de la troupe
céleste, la Divinité
parle à l’humanité contre les chrétiens, tout ainsi que
Dieu parlait à Moïse
contre le peuple d’Israël. Comment les mauvais prêtres
aiment le monde et
méprisent Jésus-Christ. De leur malédiction et damnation.

Dieu dit à une grande armée qu’on voyait au ciel : Voici
que je vous parle
en faveur de mon épouse, qui est ici présente, à vous qui
savez, entendez et
voyez en moi toutes choses, mes amis l’entendant. Je vous
parle tout ainsi
que quelqu’un fait à soi-même : de même ma Divinité parle
à l’humanité.

Moïse demeura quarante jours et quarante nuits sur la
montagne avec le
Seigneur. Quand le peuple eut vu qu’il restait si
longtemps, il prit de
l’or, le jeta dans le feu, d’où fut fait un veau, qu’il
appela Dieu. Alors
Dieu dit à Moïse : Le peuple à péché : je l’effacerai
comme on efface une
chose écrite sur un livre. Moïse lui répondit : Non, mon
Seigneur !
souvenez-vous que vous les avez mis hors de la mer Rouge,
et que vous leur
avez fait des choses merveilleuses. Si donc vous les
effacez, où est à
présent votre promesse ? Je vous prie, mon Seigneur, de ne
point faire cela,
parce qu’alors vos ennemis diraient : Le Dieu d’Israël est
méchant : il a
tiré de la mer son peuple, et il l’a fait mourir au
désert. Dieu fut adouci
et apaisé par ces paroles.

Je suis ce Moïse en figure. Ma Divinité parle à
l’humanité comme à Moïse,
disant : Voyez et regardez ce que votre peuple a fait,
comment il m’a
méprisé. Tous les chrétiens seront tués, et leur foi sera
effacée. Mon
humanité lui répondit : Non, mon Seigneur ! souvenez-vous
que vous l’avez
tiré hors de la mer du péché par mon sang, quand j’ai été
déchiré depuis la
plante des pieds jusqu’au sommet de la tête ; je leur ai
promis la vie
éternelle. Je vous prie donc d’avoir pitié et compassion
d’eux à raison de
ma passion.

La Divinité, ayant entendu ces paroles, en fut apaisée et
adoucie, et dit :
Que votre volonté soit faite, d’autant que tout jugement
vous est donné.
Regardez, mes amis, combien est grande cette charité.
Mais maintenant, je
me plains devant vous, mes amis spirituels, savoir : les
anges et les
saints, et devant mes amis corporels qui sont au monde, et
qui toutefois n’y
sont pas, sinon de corps, je me plains de ce que mon
peuple a amassé du bois
et en a fait du feu, dans lequel il a jeté de l’or, d’où
s’est levé un veau
qu’ils adorent comme Dieu. Il se tient debout, comme un
veau, sur quatre
pieds, ayant une tête, un gosier et une queue.

Or, Moïse tardant trop à descendre de la montagne, le
peuple dit : Nous ne
savons ce qui lui est arrivé. Et il lui déplut d’avoir
été par lui tiré de
la captivité. Ils dirent : Cherchons un autre Dieu qui
marche devant nous.
Les méchants prêtres en agissent maintenant ainsi, car ils
disent : Pourquoi
mènerons-nous une vie plus austère que celle des autres,
ou quelle
récompense en aurons-nous ? Il nous est bien meilleur de
vivre en paix et
selon notre volonté Aimons et chérissons le monde duquel
nous sommes
assurés, car nous n’avons aucune certitude, aucune
assurance de sa promesse.
Ensuite, ils amassent du bois, c’est-à-dire, ils
appliquent tout leur soin
à l’amour du monde ; ils y allument le feu, lorsqu’ils se
livrent avec
ardeur à l’amour du monde ; mais ils le brûlent, quand,
dans leur esprit, la
volupté s’échauffe, et qu’ils la mettent à exécution.
Ensuite, ils y
jettent l’or, c’est-à-dire : la charité et l’honneur
qu’ils me devraient
donner, ils les donnent à l’honneur du monde. Alors se
lève le veau,
c’est-à-dire, l’amour de monde est accompli ; et cet amour
a quatre pieds,
savoir : la paresse, l’impatience, la vaine joie et
l’avarice. Car ces
prêtres-là, qui devraient être toujours près de moi pour
mon honneur et pour
ma gloire, portent à regret l’honneur qu’on me rend ; ils
usent et passent
le reste de leur vie dans la joie trompeuse du monde, et
ne sont jamais
contents ni rassasiés des biens temporels.

Ce veau a aussi une tête et un gosier, c’est-à-dire,
qu’ils n’ont d’autre
but que la satisfaction de leur gourmandise, de sorte
qu’elle ne peut jamais
être rassasiée, quand même toute la mer entrerait dans
eux. La queue de ce
veau, c’est leur malice, d’autant que, s’ils pouvaient,
ils ne permettraient
pas qu’aucun possédât ce qui lui appartient. Certes, par
leur exemple
dépravé et par leur mépris, ils blessent et corrompent
tous mes serviteurs.
Voilà de quel amour leur cœur est porté à ce veau, et
quelle joie et quel
plaisir ils y prennent. Mais ils pensent de moi comme ces
Juifs pensaient
de Moïse, et disent : Il y a longtemps qu’il est absent ;
ses paroles sont
vaines et ses œuvres fâcheuses ; faisons maintenant notre
volonté, et
qu’elle et notre puissance soient notre Dieu. De plus,
non contents de ces
choses, ils ne m’oublient pas tout à fait, mais ils me
regardent comme une
idole. Les gentils idolâtres adoraient du bois, des
pierres et des hommes
morts, du nombre desquels ils adoraient une idole que
s’appelait Béelzébut.
Les prêtres de cette idole lui offraient de l’encens et
faisaient des
génuflexions devant elle avec des applaudissements et des
louanges. Tout ce
qui, dans leur sacrifice, était vain et inutile, tomba, et
les oiseaux et
les mouches le mangèrent ; mais toutes les choses qui
étaient utiles, les
prêtres les réservaient pour eux, fermaient la porte de
leur idole, et
gardaient la clef, de peur que quelqu’un n’y entrât et
découvrît leur
dessein pernicieux.

À présent, les prêtres m’en font de même : ils m’offrent
de l’encens,
c’est-à-dire, ils prêchent de belles paroles, non pas à
raison de mon amour
et de ma charité, mais pour leur louange propre, et pour
leur ravir quelque
chose de temporel : car tout ainsi qu’on ne prend pas
l’odeur de l’encens,
mais qu’on le sent et qu’on le voit, de même leurs paroles
ne font aucun
effet à leurs âmes, de sorte qu’elles y puissent prendre
racine, où elles
puissent être détenues, mais on entend seulement le son
des paroles, et
elles semblent donner quelque plaisir à l’oreille pour un
temps ; ils
m’offrent des prières, mais ils ne me plaisent point. Ils
sont comme ceux
qui prêchent mes louanges du bout des lèvres, mais dont le
cœur garde le
silence. Ils se tiennent presque contre moi, criant de
leur bouche, mais
ils font avec leur cœur tout le tour du monde. S’ils
devaient parler à
quelque homme qui eût quelque charge et quelque dignité,
leur cœur
accompagnerait la parole, de peur qu’ils ne s’écartassent
en parlant, et ne
fussent par hasard remarqués peu sensés en quelques-unes.

Or, les prêtres prient devant moi presque comme les hommes
qui sont en
extase, qui parlent autrement de bouche que leur cœur ne
leur dicte et le
leur suggère, paroles dont l’auditeur ne peut tirer une
assurance certaine.
Ils fléchissent les genoux devant moi, c’est-à-dire, ils
me promettent
l’humilité et l’obéissance, mais en vérité, ils sont
humbles comme Lucifer ;
ils obéissent à leurs désirs et non aux miens. Ils
germent aussi la porte
sur moi et gardent la clef, quand ils ne me louent ; et
alors, ils ouvrent
la porte sur moi et me louent, quand ils disent : Que
votre volonté soit
faite sur la terre comme au ciel ; mais ils la ferment sur
moi, lorsqu’ils
font leur volonté et ne veulent voir ni ouïr la mienne,
comme si elle était
d’un homme enfermé et de nulle puissance. Ils gardent la
clef lorsque
quelques-uns veulent faire ma volonté, et ils les en
retirent par leur
exemple, et s’ils pouvaient librement, ils leur
défendraient aussi que ma
volonté ne sortît en effet et ne fût accomplie que selon
leurs désirs
déréglés. Après, ils gardent en leur sacrifice toutes les
choses qui leur
sont nécessaires et utiles, et exigent pour eux tout
l’honneur et tous les
devoirs qu’ils peuvent. Mais le corps de l’homme que la
mort frappe, pour
lequel principalement ils devraient offrir des sacrifices,
ils le jugent et
le tiennent comme inutile, l’abandonnant aux mouches,
c’est-à-dire, aux
vers, se souciant fort peu de ce qu’ils lui doivent et du
salut de son âme.

Mais qu’a-t-il été dit à Moïse : Tuez ceux qui ont fait
cette idole. Là, si
quelques-uns sont morts, tous ne le sont pas. Mes paroles
viendront
maintenant, et les tueront, quelques-uns pour le corps et
pour l’âme, pour
être éternellement damnés ; les autres pour la vie, afin
qu’ils se
convertissent et vivent ; ceux-ci à une mort soudaine,
d’autant que ces
prêtres-là me sont grandement odieux. Et de grâce, à quoi
les comparerai-je
? Ils sont semblables au fruit d’épine qui, au-dehors, est
beau et rouge,
mais qui, au-dedans, est plein d’immondices et
d’aiguillons. Ils
s’approchent ainsi de moi comme des hommes rouges par la
charité, afin de
paraître purs et nets au dehors, mais ils sont au dedans
pleins d’immondices
et d’ordures. Si ce fruit est de nouveau mis en terre,
d’autres épines en
sortiront et croîtront : de même ceux-là cachent dans leur
cœur comme dans
la terre leurs péchés abominables et leurs détestables
malices, et de la
sorte, ils ont pris tellement racine dans le mal, qu’ils
n’ont pas même
honte après de le mettre en lumière, de s’en vanter, de
s’en glorifier. Les
autres, en prennent, non seulement l’occasion de pécher,
mais sont aussi
grièvement blessés et scandalisés dans leur âme, pensant
ainsi entre eux :
Si le prêtres font ceci, à plus forte raison il nous est
permis de le faire.
Certes, ceux-là ne sont pas seulement semblables au
fruit de l’épine, mais
à l’épine même, parce qu’ils dédaignent et méprisent les
corrections et
admonitions qu’on leur fait, et ne réputent personne plus
sage qu’eux.
C’est pourquoi ils pensent pouvoir faire tout ce qu’ils
veulent. Partant,
je jure en ma Divinité et en mon humanité, tous les anges
l’entendant, que
je briserai la porte qu’ils ont fermée sur ma volonté ; et
elle sera
accomplie, et la leur sera anéantie et fermée sans fin
dans l’intolérable
supplice. À cause de quoi, comme il est dit d’ancienneté,
je commencerai
mon jugement par mon clergé et par mon autel.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:40

Chapitre 49

Paroles que Jésus-Christ adressait à son épouse. Comment
en figure
Jésus-Christ ressemble à Moïse tirant le peuple d’Égypte.
Comment les
méchants prêtres, lesquels, au lieu de ses prophètes, il a
choisis pour ses
plus grands amis, crient maintenant : Retirez-vous de
nous.

Le Fils de Dieu parlait à son épouse : Dès la
commencement, je me suis
comparé en figure à Moïse. Lorsqu’il tirait le peuple de
l’insupportable
captivité, l’eau, à droite et à gauche, se tenait ferme et
arrêtée comme un
mur. Certainement, je suis ce Moïse en figure : j’ai tiré
le peuple
chrétien de la servitude, c’est-à-dire, je lui ai ouvert
le ciel et montré
le chemin. Mais maintenant, j’ai élu pour moi d’autres
amis plus signalés
et plus secrets que les prophètes, savoir : les prêtres,
qui n’entendent pas
seulement ma parole, et voient quand ils me voient
moi-même ; mais aussi ils
me touchent avec leurs mains sacrées, ce qu’aucun des
prophètes ni des anges
ne pourrait faire. Ces prêtres-là, que j’ai choisis de
toute éternité pour
amis au lieu de mes prophètes, crient après moi, non avec
désir et charité
comme les prophètes, mais ils crient avec deux voix
contraires, car ils ne
crient pas comme prophètes : Voyez, ô Seigneur, parce que
vous êtes doux ;
mais ils crient : Retirez-vous de nous, parce que vos
paroles sont amères,
et vos œuvres sont lourdes et pesantes et nous font du
scandale. Voyez ce
que ces méchants prêtres disent. Je demeure devant eux
comme une brebis
très douce, dont ils prennent la laine pour se vêtir et le
lait pour se
nourrir ; et maintenant, en récompense d’un tel amour, ils
m’on en horreur
et en abomination. Je demeure devant eux comme un hôte
qui dit : Mon ami,
donne-moi les choses nécessaires à la vie, parce que j’en
ai besoin, et tu
recevras de Dieu une très bonne récompense. Mais ceux-là
me chassent comme
un loup, épiant les brebis du père de famille, à raison de
ma simplicité. A
cause de mon hospitalité, ils me troublent, et ils
refusent de me recevoir,
et ils me traitent comme un traître indigne de loger chez
eux. Mais que
doit faire l’hôte, lorsqu’il est repoussé ? Ne doit-il
pas prendre les
armes contre le domestique qui l’a repoussé ? nullement,
car cela n’est pas
justice, d’autant que celui qui jouit de son bien peut le
donner et le
refuser à qui bon lui semble. Que doit donc faire l’hôte
? Certainement,
il est tenu et obligé de dire à celui qui le refuse : Mon
ami, puisque vous
ne voulez pas me recevoir, je m’en irai à un autre qui me
fera miséricorde,
qui me dira, venant à moi : Vous, soyez le bienvenu, mon
Seigneur ! Tout ce
que j’ai est à votre service. Soyez maintenant maître,
car pour moi, je
veux être serviteur et hôte en une hôtellerie où j’entends
une telle voix.
Il me plaît d’y demeurer et d’y loger, car je suis comme
l’hôte rebuté et
repoussé des hommes. Mais bien que je puisse entrer
partout par ma
puissance, toutefois je n’y entre point, ma justice en
étant éloignée :
j’entre en ceux qui, avec une bonne volonté, me reçoivent,
non pas comme
hôte, mais comme vrai Seigneur, et qui mettent leur
volonté entre mes mains.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:40

Chapitre 50

Paroles de louange et de bénédiction que la Mère et le
Fils se disaient. De
la grâce concédée par le Fils à sa Mère, pour ceux qui
sont détenus en
purgatoire et pour ceux qui demeurent en ce monde.

La Mère de Dieu parlait à son Fils, disant : Mon cher
Fils, que votre nom
soit éternellement béni avec votre Divinité infinie ! Il y
a en votre
Divinité trois choses merveilleuses, savoir : votre
puissance, votre sagesse
et votre vertu.

Votre puissance infinie est comme un feu très ardent,
devant lequel tout ce
qui est fort et ferme est coupé et rompu, comme la paille
desséchée par le
feu. Votre sagesse inscrutable est comme la mer, qui ne
peut être épuisée à
cause de sa grandeur, et qui couvre les vallées et les
montagnes, lorsque
ses flots impétueux croissent et décroissent : de même
personne ne peut
arriver ni atteindre à la connaissance de votre sagesse,
ni ne peut trouver
les voies pour la sonder et y parvenir. Oh ! que sagement
vous avez créé
l’homme et l’avez constitué et établi sur toutes vos
créatures ! Oh ! que
vous avez sagement disposé et mis en ordre les oiseaux en
l’air, les bêtes
sur la terre, les poissons dans la mer, et leur avez donné
à tous et leur
temps et leur ordre ! Oh ! que merveilleusement vous
donnez et ôtez la vie à
tous ! Oh ! que sagement vous donnez la sagesse aux
insensés, et l’enlevez
aux superbes ! Votre insigne et prodigieuse vertu est
comme la lumière du
soleil qui luit aux cieux et remplit la terre de son éclat
: il en est de
même de votre vertu, qui rassasie les choses d’en haut et
d’en bas et les
remplit toutes. Pour cela, soyez béni, ô mon cher Fils !
vous qui êtes mon
aimable Dieu et mon Seigneur de majesté !

Son Fils lui répondit : Ma Mère bien-aimée, vis paroles me
sont douces et
agréables, parce qu’elles proviennent de votre âme, qui
est toute belle et
toute pure. Vous êtes comme la belle et blonde aurore,
qui, vous levant
avec clarté et sérénité, avez jeté vos rayons lumineux sur
tous les cieux,
et votre lumière et fermeté surpassent tous les anges.
Par votre ineffable
clarté, vous avez doucement attiré à vous le vrai Soleil,
c’est-à-dire, ma
Divinité, en tant que soleil de ma Divinité venant en
vous, il s’est lié et
uni à vous ; et vous avez été plus que tous échauffée de
sa chaleur par mon
amour, et par ma sagesse divine, vous avez été, plus que
tous, illuminée de
sa splendeur. Par vous se sont dissipées les épaisses
ténèbres de la terre,
et tous les cieux ont été illuminés. Je vous dis en
vérité que votre pureté
incomparable, qui m’a plus davantage que la pureté des
anges, a attiré en
vous mon adorable Divinité, afin que vous soyez enflammée
du feu de cet
Esprit divin, par lequel vous avez enfermé en votre sein
le vrai Dieu et le
vrai homme, et par lequel l’homme a été illuminé et les
anges se sont
réjouis.

Partant, ô ma Mère ! soyez bénie de votre Fils béni. Pour
cet effet, vous
ne me demanderez rien qui ne vous soit accordé ; et à
cause de vous, tous
ceux qui demanderont ma miséricorde avec volonté de se
corriger, recevront
ma grâce, parce que, de même que la chaleur procède du
soleil, ainsi, par
vous, toute miséricorde sera donnée : car vous êtes comme
une fontaine qui
s’épand de toutes parts au long et au large, et de
laquelle ma miséricorde
découle sur les méchants.

De nouveau la Mère répondit à son Fils : Mon Fils, que
toute gloire et toute
vertu soient avec vous. Vous êtes mon Dieu et ma
miséricorde. Tout ce que
j’ai de bien est de vous. Vous êtes comme la semence qui
n’a point été
semée, et qui, toutefois, a crû et donné son fruit au
centuple et mille pour
un. Toute miséricorde prend sa source de vous, laquelle,
parce qu’elle est
indicible et innumérable, peut bien à propos être
signifiée par le nombre
cent, par lequel est marquée la perfection, parce que
toute perfection et
tout profit dépendent de vous.

Le Fils dit à sa Mère : Ma Mère, vraiment, vous m’avez
fort bien comparé à
la semence qui n’a point été semée, et qui toutefois a
crû, d’autant que je
suis venu en vous avez ma Divinité et mon humanité, et
elle n’a point été
semée avec mélange, laquelle a toutefois crû en vous, et
de laquelle ma
miséricorde a coulé abondamment en tous et pour tous ;
partant, vous avez
bien dit. Maintenant donc, demandez tout ce que vous
voudrez, et il vous
sera donné, car vous tirez puissamment ma miséricorde
infinie, par les
douces paroles de votre bouche.

Sa Mère lui répondit, disant : Mon Fils, d’autant que j’ai
acquis et obtenu
de vous miséricorde, j’ose vous demander miséricorde et
secours pour les
pauvres misérables. Certes, il y a quatre lieux : le
premier est le ciel,
où sont les anges et les âmes des saints, qui n’ont besoin
de personne,
sinon de vous, qu’ils possèdent d’une manière ineffable,
car en vous, ils
jouissent à souhait de tout bien. Le deuxième lieu, c’est
l’enfer
effroyable, dont les habitants sont remplis de malice et
de désespoir, et
sont exclus de toute miséricorde : c’est pourquoi
éternellement rien de bien
ne peut entrer en eux. Le troisième lieu est le
purgatoire ; ceux qui y
sont détenus ont besoin d’une triple miséricorde, parce
qu’ils sont affligés
triplement : 1° ils sont troublés en l’ouïe, parce qu’ils
n’entendent que
cris, douleurs, peines et misères ; 2° ils sont affligés
par la vue, attendu
qu’ils ne voient rien que leur misère ; 3° ils sont
affligés par
l’attouchement, d’autant qu’ils sentent la chaleur
intolérable du feu et la
gravité des peines. Mon Fils et mon Seigneur, donnez-leur
miséricorde à
raison de mes prières.

Son Fils lui répondit : Je leur donnerai librement, par
considération pour
vous, une triple miséricorde : 1° leur ouïe sera allégée,
leur vue sera
adoucie, leur peine sera plus douce et plus agréable. De
plus, tous ceux
qui maintenant sont en la plus grande peine du purgatoire,
viendront au
milieu, et ceux qui sont au milieu viendront en une peine
légère ; mais ceux
qui sont en une peine légère, s’en iront dans le repos
éternel.

Sa Mère lui répondit : Mon Seigneur, louange et honneur
vous soient donnés !
Et incontinent après, elle ajouta et dit à son cher Fils :
Le quatrième
lieu, c’est le monde, dont les habitants ont besoin de
trois choses : 1° de
contrition pour leurs péchés ; 2° de satisfaction ; 3° de
force pour le
bien.

Son Fils lui répondit : Quiconque invoquera votre nom et
aura espérance en
vos prières, avec la résolution de corriger et d’amender
ce qu’il aura fait,
ces trois choses lui seront données, et après, le royaume
céleste, car je
sens tant de douceur en vos paroles que je ne puis refuser
ce que vous me
demandez ; car aussi vous ne voulez que ce que je veux.
Enfin, vous êtes
comme la flamme luisante et ardente par laquelle les
lumières éteintes sont
allumées, et leur ardeur augmente davantage : de même, à
raison de votre
charité, qui a monté dans mon cœur et m’a attiré à vous,
ceux qui sont morts
et tièdes dans les péchés comme de la fumée noire et
fâcheuse, revivront en
la vie vivante de mon amour infini.

Charles-Edouard
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Livre 1 des Révélations Célestes de Sainte Brigitte de Suède  - Page 2 Empty Re: Livre 1 des Révélations Célestes de Sainte Brigitte de Suède

Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:41

Chapitre 51

Paroles de bénédiction de la Mère de Dieu à son Fils, en
présence de
l’épouse. En quelle manière le Fils glorieux figure très
bien sa très douce
Mère par une fleur éclose.

La Mère de Dieu parlait à son Fils, disant : Que votre nom
soit
éternellement béni, ô Jésus-Christ, mon très cher Fils !
Honneur soit rendu
à votre humanité par-dessus toutes les choses qui ont été
créées. Gloire
soit à votre Divinité éternelle, par-dessus tous les
biens, Divinité qui est
un Dieu avec votre humanité.

Son Fils lui répondit : Ma très chère Mère, vous êtes
semblable à cette
fleur qui est éclose et qui a crû en une vallée proche de
laquelle il y
avait cinq hautes montagnes. Cette fleur est sortie de
trois racines, avec
une tige droite, laquelle n’avait aucuns nœuds ; elle
avait cinq feuilles
pleines de toute sorte de suavité et de douceur. Or,
cette humble vallée
s’est élevée avec sa fleur par-dessus ces cinq montagnes,
et ses feuilles se
sont élargies et épandues sur toute l’étendue du ciel et
par-dessus tous les
chœurs des anges. C’est vous, ma Mère bien-aimée, qui
êtes cette vallée, à
raison de votre humilité, que vous avez eue par-dessus les
autres. Celle-ci
a dépassé les cinq montagnes. La première montagne,
c’était Moïse, à raison
de sa puissance, car par ma loi, il a eu puissance sur mon
peuple comme si
ce peuple eût été enfermé dans son poing : mais vous avez
enfermé dans votre
sein le Seigneur et le législateur divin de toutes les
lois : partant, vous
êtes plus élevée que cette montagne. La deuxième montagne
était Élie, qui a
été tellement saint qu’il fut ravi et élevé en corps et en
âme en un lieu
sait : mais votre âme, ma très chère Mère, est montée, et
avec elle, votre
corps très pur, par-dessus tous les chœurs des anges :
partant, vous êtes
plus haute et plus éminente qu’Élie. La troisième
montagne, c’était la
force incomparable de Sanson, laquelle il a eue par-dessus
tous les hommes,
et toutefois, le diable l’a vaincu et surmonté par sa
tromperie et sa
subtilité : mais vous avez surmonté le diable par votre
force admirable :
partant, vous êtes plus forte que Samson. La quatrième
montagne, c’était
David, qui a été selon mon cœur et selon ma volonté,
lequel toutefois est
tombé en péché abominable et cruel : mais vous, ma Mère,
vous avez suivi en
tout et partout les arrêts et les décrets de ma volonté,
et n’avez jamais
péché. La cinquième et la dernière montagne, c’était
Salomon, qui a été
rempli de sagesse, et qui toutefois devint insensé : mais
vous, ma Mère,
vous avez été remplie de toute sagesse, et n’avez jamais
été insensée, déçue
ni trompée : partant, vous êtes bien plus éminente que
Salomon.
Or, cette fleur est sortie de trois racines, d’autant que,
dès votre
jeunesse, vous avez eu trois choses : l’obéissance, la
charité et
l’intelligence divine. Certes, de ces trois racines s’est
élevée cette tige
droite et sans aucun nœud, c’est-à-dire, votre volonté,
qui ne fléchissait
jamais qu’à la mienne. Cette fleur aussi a eu cinq
feuilles, qui se sont
étendues par-dessus tous les chœurs des anges. Vraiment,
ma Mère, vous êtes
cette fleur à cinq feuilles.

La première feuille, c’est votre honnêteté, en sorte que
mes anges, la
considérant, ont vu qu’elle surpassait la leur, qu’elle
était beaucoup plus
éminente en sainteté et en honnêteté que la leur ;
partant, vous êtes plus
excellente que les anges.

La deuxième feuille, c’est votre miséricorde, qui a été si
grande que,
lorsque vous voyez la misère de toutes les âmes, vous en
avez une grande
compassion, et vous avez souffert et enduré une grande
peine en ma mort.
Les anges sont pleins de miséricorde ; toutefois ils ne
souffrent jamais de
douleur : mais vous, ma très chère Mère, vous avez eu
pitié des misérables,
lorsque vous sentiez toute la douleur de ma mort, et avez
voulu souffrir et
endurer plus de douleur à raison de votre miséricorde, que
d’en être exempte
: partant, votre miséricorde a excédé et surpassé celle de
tous les anges.

La troisième feuille, c’est votre douceur : Certes, les
anges sont bons et
débonnaires, et désirent le bien à tous : mais vous, ma
très chère Mère,
comme un ange, vous avez eu en votre âme et en votre
corps, devant votre
mort, la volonté de bien faire à tous, et l’avez fait très
spécialement ; et
à présent, vous ne la refusez à aucun de ceux qui vous
demandent avec raison
leur profit et leur avancement : et partant, votre douceur
est plus
excellente que celle des anges.

La quatrième feuille, c’est votre prodigieuse et admirable
beauté, car les
anges, considérant entre eux la beauté des uns et des
autres, et admirant la
beauté de toutes les âmes et de tous les corps, voient que
toute la beauté
de votre âme surpasse toutes les choses qui sont créées,
et que l’honnêteté
de votre corps surpasse celle de tous les hommes, qui ont
été créés du néant
: et de la sorte, votre beauté a surpassé tous les anges
et toutes les
choses qui ont été créées.

La cinquième feuille, c’était votre divine délectation,
d’autant que rien ne
vous plaisait que Dieu, comme rien autre chose ne délecte
les anges sinon
Dieu, et chacun d’eux sent et ressent en soi une indicible
délectation. Mais
lorsqu’ils ont vu quel était le contentement, la
délectation que vous
preniez avec Dieu, il leur semblait en leur conscience que
la leur brûlait
comme une lumière en la divine charité ; mais voyant que
votre délectation
était comme un monceau de bois brûlant avec un feu très
véhément et très
ardent, qui s’élevait si haut que sa flamme approchait de
ma Divinité,
partant, ma très douce Mère, ils conclurent que votre
délectation brûlait,
et montait par-dessus tous les chœurs des anges ; et
d’autant que cette
fleur a eu ces cinq feuilles, savoir : l’honnêteté, la
miséricorde, la
douceur, la beauté et la grande délectation, elle était
remplie de toute
douceur et de toute suavité. Or, quiconque voudra goûter
la douceur et la
suavité, doit s’en approcher et la recevoir en soi, comme
vous avez fait, ma
bonne Mère ; car vous avez été si amoureusement douce à
mon Père, qu’il vous
a toute reçue en son esprit, et votre amoureuse douceur
lui a plu par-dessus
toutes les autres.

Cette fleur aussi porte la semence par la chaleur et par
la vertu du soleil,
duquel croît le fruit. Mais ce soleil béni, savoir, ma
Divinité, a reçu
l’humanité de vos entrailles vierges : car de même que la
semence, en
quelque endroit qu’elle soit semée, engendre telles fleurs
que la semence a
été, de même mes membres ont été conformes et semblables
aux vôtres en forme
et en face ; toutefois, j’ai été homme, et vous, vous avez
été Vierge Mère.
Cette vallée et sa fleur ont été éminemment élevées
par-dessus toutes les
montagnes, quand votre corps et votre âme sainte ont été
exaltés par-dessus
tous les chœurs des anges.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Lun 14 Nov 2011 - 15:41

Chapitre 52

Paroles de bénédiction de la Mère de Dieu à son Fils, afin
que ses paroles
fussent dilatées et épandues par le monde, et prissent
racine dans les cœurs
de ses amis. Comme elle est merveilleusement signifiée
par la fleur qui
naît dans le jardin. Paroles de Jésus-Christ envoyées par
son épouse sainte
Brigitte au pape et aux autres prélats de son Église.

La bienheureuse Vierge Marie parlait à son Fils, disant :
Soyez béni, mon
Fils, vous qui êtes mon Dieu, le Seigneur des anges et le
Roi de gloire ! Je
vous en prie, que les paroles que vous avez prêchées
prennent racine dans
les cœurs de vos amis, et qu’elles soient fixées et
collées en leurs
esprits, comme l’était la poix dont l’arche de Noé était
enduite, que les
vents ni les orages n’ont pu dissoudre ; qu’elles se
dilatent et s’épandent
aussi parmi le monde comme des rameaux et des fleurs
suaves et douces, dont
l’odeur s’exhale et se répand ; en outre, qu’elles
fructifient, et
deviennent douces comme la datte, dont la douceur délecte
l’âme.

Son cher Fils lui répondit : Soyez bénie, ma chère Mère !
Mon ange Gabriel
vous dit : Marie, soyez bénie par-dessus toutes les femmes
; et moi, je
porte témoignage assuré que vous êtes bénie et que vous
êtes très sainte
par-dessus tous els chœurs des anges. Vous êtes comme la
fleur épanouie qui
est dans le jardin, laquelle, bien qu’elle soit environnée
de fleurs de
diverses odeurs et senteurs, toutefois les surpasse toutes
en odeur, en
beauté et en vertu. Ces fleurs, qui sont plantées dans le
jardin du monde,
ont fleuri et relui par diverses vertus, lesquelles sont
toutes élues et
choisies d’Adam jusqu’à la fin du monde. Mais entre
toutes celles qui ont
été et qui seront et qui seront, vous avez été la plus
excellente en odeur
de bonne vie et d’humilité, en la beauté gracieuse de
votre virginité et en
la vertu de votre abstinence. Certes, je porterai
témoignage de vous, que
vous avez été plus que martyre en ma passion, plus sobre
qu’aucun des
confesseurs, et plus qu’un ange en votre miséricorde et en
votre bonne
volonté. C’est pourquoi, à cause de vous, j’enracinerai
mes paroles comme
de la poix très forte dans les cœurs de mes amis ; elles
se dilateront et
s’épandront comme des fleurs odoriférantes, et
fructifieront comme la datte
très douce et suave.

Après, Notre Seigneur parlait à son épouse sainte
Brigitte, lui disant :
Dites à votre Père confesseur, qui est mon ami et est
selon mon cœur, qu’il
déclare diligemment ces paroles écrites à l’archevêque ;
et ensuite, il les
laissera par écrit à un autre évêque : lesquels étant
diligemment informés,
qu’il les envoie ensuite au troisième évêque.

Dites-lui aussi de ma part : Je suis votre Créateur et le
Rédempteur des
âmes ; je suis ce Dieu que vous aimez par-dessus tout.
Considérez et voyez
que les âmes que j’ai rachetées par mon sang, sont comme
les âmes de ceux
qui ignorent Dieu, lesquelles sont si horriblement
captives du diable, qu’il
les afflige furieusement en tous leurs membres, comme dans
un pressoir
étroit, à cause de quoi, si vous goûtez et connaissez mes
plaies en votre
esprit ; si ma flagellation vous est présente, et si vous
avez douleur de la
réputation de quelqu’un, montrez à vos pauvres combien
vous m’aimez, et
déclarez en public les paroles que j’ai dites de ma propre
bouche, et les
annoncez personnellement au chef de l’Église. Certes, je
vous donnerai mon
Esprit. En quelque lieu que ce soit, quand il y aura
dissension entre deux
personnes, si elles croient en mon nom, vous pourrez les
rallier et les
réconcilier par la vertu qui vous est donnée. De plus,
pour une plus grande
évidence de mes paroles, vous porterez avec vous leur
témoignage au pontife
: ils les goûtent et se délectent en elles, car mes
paroles sont comme de la
graisse qui se fond et qui se liquéfie d’autant plus tôt
qu’elle a plus de
chaleur au-dedans ; mais lorsque la chaleur lui manque,
elle est rejetée et
ne parvient pas jusqu’au-dedans. Il en est de même de mes
paroles, parce
que, plus l’homme est enflammé de ma charité, plus il les
médite et les
dévore, et plus il s’engraisse de ma douceur, de la joie
céleste et de celle
de mon amour, et partant, plus il s’embrase en mon amour.
Mais il y en a
qui n’aiment pas mes paroles, mais qui les ont en leur
bouche comme de la
graisse, qu’ils rejettent dès qu’ils l’ont goûtée, et la
foulent aux pieds :
de la sorte mes paroles sont méprisées de quelques-uns,
d’autant qu’ils ne
goûtent pas la douceur des choses spirituelles. Or, le
prince de la terre,
que j’ai élu et choisi pour mon membre et que j’ai fait
vraiment mien, vous
aidera virilement, et dans ce pèlerinage, vous
administrera ce qui est
nécessaire de ses biens justement acquis.

Charles-Edouard
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