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maçonnerie et politique sont étroitement liées

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maçonnerie et politique sont étroitement liées Empty maçonnerie et politique sont étroitement liées

Message par Charles-Edouard le Lun 23 Fév 2009 - 22:55

A Angoulême, "maçonnerie et politique sont étroitement liées"

Directeur de recherche à l'université de Poitiers, Paul Lévy est un spécialiste de la IIIe République et de la franc-maçonnerie de la région charentaise (1). Pour L'Express, il retrace son histoire à Angoulême.

A quelle époque la franc-maçonnerie s'implante-t-elle à Angoulême?

La première loge apparaît en 1758. Il s'agit de l'Unité des coeurs. D'abord autonome, elle se rattachera en 1778 à la Grande Loge de France. Elle est essentiellement composée de bourgeois éclairés, de nobles, de roturiers et de quelques militaires. A cette époque, la maçonnerie française s'inscrit dans le mouvement des Lumières. Les premiers maçons angoumoisins n'échappent pas à la règle: influencés par les idées de Rousseau et de Voltaire, ils contestent la monarchie absolue, sont favorables au progrès et s'engagent contre les oppressions religieuses et morales. D'autre part, la noblesse de province supporte mal la centralisation du pouvoir monarchique dans la capitale. Entrer dans cette société est une façon d'affirmer son pouvoir local.

Justement, quel est le poids des maçons sur la vie de la cité?

Il est quasi inexistant : les maçons ne sont ni assez nombreux ni "haut placés". Les loges servent surtout de lieux de discussion, car, au XVIIIe siècle, la liberté d'association est peu reconnue.

A vous entendre, ils ne seraient donc pas les artisans de la Révolution française, contrairement à la légende...

Au risque d'en décevoir certains, leur rôle est souvent surestimé. Certes, les frères sont globalement favorables aux idées de 1789. Ils défendent notamment la monarchie constitutionnelle. Mais croire qu'ils ont constitué un groupe organisé qui aurait fomenté la Révolution relève du fantasme!

Que deviennent les loges angoumoisines à la chute de l'Ancien Régime?

Sous la Terreur, les loges maçonniques disparaissent. Les nouveaux pouvoirs se méfient de cette société secrète qu'ils ne peuvent pas contrôler.

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Joseph Bonaparte fut nommé grand maître du Grand Orient par son frère Napoléon.

L'Empire, au contraire, va sonner le réveil de la vie maçonnique...

En effet, mais attention aux erreurs d'interprétation! Napoléon va encourager les loges, mais ce sera pour mieux les contrôler. Il organise la plupart des institutions: l'Eglise catholique, l'Eglise réformée, le judaïsme, l'école... La franc-maçonnerie connaît le même régime. Il la surveille par le biais de son entourage, constitué en grande partie de francs-maçons: ses frères, notamment Joseph, à la tête du Grand Orient de France, son épouse, la plupart des maréchaux et des grands dignitaires impériaux... Bref, la maçonnerie devient presque un décalque de l'appareil d'Etat. Si bien que, paradoxalement, le nombre de loges augmente, mais la liberté d'expression reste assez limitée. Il n'y a pas vraiment d'esprit maçonnique : les frères discutent peu et s'ennuient dans les ateliers.

Leur situation va se gâter avec la Restauration...

Evidemment. Ils ont été trop proches de Napoléon pour être bien vus du nouveau pouvoir! Entre 1815 et 1819, les loges créées sous l'Empire, dont l'Harmonie parfaite, fusionnent pour donner les Amis de la paix. On y retrouve d'anciens dignitaires de l'Unité des coeurs. A ses côtés figure un deuxième atelier créé en 1837, l'Etoile de la Charente, aux pratiques plus traditionnelles.

L'avènement de la IIe République va changer la donne...

Effectivement. Une nouvelle population intègre la franc-maçonnerie: artisans, boutiquiers, ouvriers expérimentés... Les frères commencent à prendre une part active dans la vie de la ville. Ainsi, en 1848, un franc-maçon républicain charentais, Léonide Babaud-Laribière (lire ci-contre), membre de la loge les Amis de la paix, est élu pour représenter la région au sein de l'Assemblée constituante. Vénérable de sa loge, sera élu maire d'Angoulême en 1871.

La IIIe République constitue un âge d'or pour la franc-maçonnerie française...

C'est incontestable! Dès 1870, l'idéal maçonnique se confond avec l'idéal républicain. Les frères de l'Hexagone fréquentent les loges pour contribuer à bâtir une société démocratique et sociale. Sous la IIIe République, le Grand Orient de France (GO) devient une force politique ancrée à gauche. Les maçons luttent contre les cléricaux, monarchistes et bonapartistes. Cependant, l'obédience ne constitue pas un groupe "unifié" dans la mesure où des modérés, des radicaux, des socialistes et quelques anarchistes s'y rencontrent. Son rôle s'explique en raison de l'absence de partis politiques modernes et structurés, qui ne verront le jour qu'en 1901 pour le Parti radical et en 1905 pour le Parti socialiste.

L'enseignement public et laïque est également au centre de leurs combats...

En effet. Opposée au programme scolaire et aux transformations sociales des républicains, l'Eglise catholique condamne la position des frères et présente la République comme l'"oeuvre satanique" des francs-maçons. Dans ce contexte conflictuel, conformément aux idéaux positivistes, le Grand Orient décide en 1877 de supprimer pour ses membres l'obligation de croire en l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme. Et c'est le frère Jules Ferry qui sera le promoteur de l'école publique, laïque, gratuite et obligatoire.

Vous insistez sur les idées républicaines des francs-maçons et leur influence croissante dans le pays. Pourtant, à la fin des années 1870, la Charente, elle, est toujours bonapartiste...

Un vent contraire aux courants de l'époque souffle en effet dans ce département. Lors des élections générales de 1871, le bonapartiste se renforce, alors qu'il est défait partout ailleurs. Six ans plus tard, il prédomine toujours, avec l'élection de six députés bonapartistes, et d'un septième, Auguste Duclaud, républicain et franc-maçon de Confolens. Il faut attendre la victoire des républicains aux élections de 1902 et de 1906 pour que les loges s'affirment politiquement. En 1894, les deux ateliers angoumoisins fusionnent pour devenir l'Etoile de la Charente et des Amis de la paix réunis. Dix ans plus tard, les radicaux-socialistes quitteront cette loge pour fonder la Démocratie charentaise, plus ouverte aux idées du bloc des gauches.

La Grande Guerre va marquer la fin de cette prospérité...

Les francs-maçons sont sur le front, comme tous les autres Français. Dans les loges, qui ne se réunissent désormais qu'une fois par mois, il reste seulement de vieux maçons. A la fin de la guerre, les pertes humaines sont terribles et les deux loges extrêmement diminuées.

Reprennent-elles une activité plus importante pendant l'entre-deux-guerres?

Oui. Dans les années 1920 apparaît le premier atelier mixte angoumoisin de l'obédience du Droit humain, la loge Fraternité. Lors des élections municipales de 1925, les francs-maçons des deux "anciens" ateliers du Grand Orient de France se réunissent derrière Gustave Guillon, franc-maçon et radical-socialiste. Concorde et tolérance est née, et Guillon est élu maire d'Angoulême. Mais, dans les années 1930, les désaccords entre radicaux et socialistes au sein de la nouvelle loge provoquent une nouvelle rupture; les socialistes fondent Vérité et fraternité. Certains de ses membres joueront un rôle dans la Résistance. C'est notamment le cas de l'instituteur Pierre Bodet, qui crée en 1944 la Charente libre. Un autre maçon, Augustin Maurellet, sera élu député en 1946. Un exemple supplémentaire de leur influence dans la ville.

(1) 250 ans de franc-maçonnerie angoumoisine, Paul Lévy, André Combes, Jérôme Royer, Louis Dupainmanqué et Anne-Marie Bernard font partie des principaux auteurs de cet ouvrage. Abeille et Castor, 150 p., 10 euros.


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L'historien Paul Lévy.

Léonide Babaud-Laribière, un grand maître
C'est une figure emblématique républicaine du milieu du xixe siècle. Dès 1835, le jeune étudiant en droit à Poitiers collabore à plusieurs journaux de la région: L'Echo du peuple de Poitiers, Le Progressif de Limoges, L'Indépendant de la Charente... Quelques années plus tard, il prendra même la direction L'Echo de la Charente. Après la disparition du journal, en 1845, il fonde l'Indépendant, soutenu par La Réforme de Paris. Dès lors, son engagement politique s'accentue. Tandis que le débat pour la laïcité à l'école n'est pas encore lancé par les républicains, Babaud-Laribière défend farouchement la liberté d'enseignement. Il soutient notamment le curé de Chasseneuil, accusé d'avoir ouvert une école sans autorisation préalable. Elu le 23 avril 1848 représentant du peuple dans le département de la Charente, il siège à gauche et prend une part active aux travaux de l'Assemblée constituante. Sous le second Empire, il se livre à l'écriture d'ouvrages historiques: Lettres Charentaises, Histoire de l'Assemblée constituante, Questions de chemin de fer... Vénérable de sa loge en 1869, le gouvernement le nomme préfet de la Charente en 1870; il avait été élu, quelques mois auparavant, grand maître du Grand Orient de France. Il meurt à Perpignan trois ans plus tard, à l'âge de 54 ans.

Charles-Edouard
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