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Marianne ou l’orpheline parvenue

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Marianne ou l’orpheline parvenue

Message par saint-michel le Mer 20 Sep 2017 - 9:05



Un gentilhomme, nommé Rodolphe, étant resté veuf et sans enfants, et se voyant sur le retour de l’âge, se retira dans une de ses terres, pour s’y adonner aux bonnes œuvres, et n’y penser qu’à son salut. Il avait coutume, à une certaine heure du jour, de se rendre à la porte du château, avec des domestiques qui portaient de la soupe, de la viande, du pain et de l’argent, et lui-même distribuait l’aumône aux pauvres qui se présentaient. Parmi ceux-là était une jeune fille de onze ans, nommée Marianne, qui, toutes les fois qu’elle avait reçu son aumône, baisait la main qui la lui avait donnée. Comme elle était la seule qui témoignât ainsi sa reconnaissance, cela la fit remarquer, et Rodolphe avait soin d’augmenter son aumône. L’ayant même considérée plus attentivement, il lui trouva de la beauté, malgré les haillons dont elle était couverte. Il faut, se dit-il à lui-même, que cette petite ait des sentiments, puisqu’elle me témoigne ainsi sa reconnaissance ; et je veux lui faire du bien. Il convient néanmoins, ajouta-t-il, que je la mette à quelque épreuve. Le lendemain, Marianne s’étant présentée à l’ordinaire, Rodolphe donnait à tous ceux qui étaient auprès d’elle, et ne lui donnait rien. Quand il n’y eut plus qu’elle, Rodolphe dit :
« Il n’y a plus rien ; tout est donné. »


La petite ne laissa pas de s’avancer et de baiser la main. Cela est bien, dit Rodophe en lui-même ; mais nous verrons demain. Le lendemain il la passa encore ; et quand il n’y eut plus qu’elle, il prit un air fâché, et lui dit d’un ton brusque :
« Il n’y en a pas d’avantage. »


La petite ne laissa pas de s’avancer encore et de lui baiser la main. Rodolphe était enchanté. Assurément, dit-il, il m’en coûte de mettre cet enfant à une troisième épreuve, mais aussi, si elle la soutient, il n’est point de bien que je ne lui fasse. Le lendemain, même cérémonie : on passa Marianne, on donna aux autres, et quand il n’y eut plus qu’elle :
« Mon enfant, lui dit Rodolphe, il n’y a plus rien. »


La petite s’avança à son ordinaire, et lui baisa la main. Alors Rodolphe lui dit :
« Ma fille, suivez les domestiques, allez à la cuisine, et on vous y donnera à dîner.
– Seigneur, reprit la petite, ce n’est pas tant pour moi que je demande, que pour une bonne femme chez qui je suis, et qui m’a élevée : j’aimerais bien mieux ne point dîner, et que vos domestiques me donnassent de quoi lui porter.
– Eh bien, ma chère enfant, reprit Rodolphe, allez toujours dîner : quand vous aurez dîné, je vous parlerai, et je vous ferai donner de quoi porter à votre bonne femme. »


Lorsque la petite eut dîné, Rodolphe descendit lui-même à la cuisine, et, s’y étant assis, il fit entrer Marianne, qui se tenait à la porte.
« Marianne, lui dit-il, qu’avez-vous pensé de moi ces deux derniers jours que je ne vous ai rien donné ?
– Seigneur, dit-elle, je n’ai rien pensé.
– Non, dit Rodolphe, je veux absolument que vous me disiez qu’elles ont été vos pensées.
– Seigneur, lui dit-elle, puisque vous me l’ordonnez, je vous le dirai. J’ai pensé que si cela arrivait par hasard, c’était la volonté de Dieu, et qu’il fallait prendre patience ; que si, au contraire ; c’était monseigneur Rodolphe qui le fît exprès, c’était bon pour moi ; qu’il avait ses desseins, et qu’ils me seraient avantageux.
– Mais, reprit Rodolphe, quand le second jour je parus fâché, et que je vous parlai brusquement, que pensâtes-vous ?
– Seigneur, dit-elle, cela me confirma dans l’idée que monseigneur le faisait exprès : j’en fus bien-aise, et j’en espérais bien.
– Est-il possible, s’écria Rodolphe en regardant ses domestiques, qui étaient attentifs à cet entretien, est-il possible que de telles pensées tombent dans l’esprit d’un enfant de cet âge ? Mais, ajouta-t-il, en parlant à la petite, si j’avais continué ainsi pendant longtemps ?
– Seigneur, dit-elle, j’aurais toujours espéré.
– Allez, ma chère fille, dit Rodolphe, portez à dîner à votre bonne femme, et dites-lui que quand elle aura dîné, je veux lui parler, qu’elle vienne ici, et vous, venez avec elle. »


Il n’est pas nécessaire d’entrer dans le détail de tout ce qui arriva après. La vérité de l’histoire aurait ici un air de roman : il suffit de savoir que Rodolphe apprit par cette femme que Marianne était fille d’un gentilhomme de ses amis, qui était mort de chagrin pour la perte d’un procès que lui avaient fait les héritiers de sa femme, et qui l’avaient ruiné. Rodolphe retira la bonne femme chez lui, fit élever Marianne selon sa condition, l’aima comme sa fille, et quelques années après, il la maria à son neveu, et la fit son héritière.


Que cette histoire est tendre ! Fixons-y un moment nos regards, et tirons-en quelque instruction. Dans la bonté de Rodolphe, voyons une légère image des bontés de Dieu et de ses desseins à notre égard ; et, dans la conduite de Marianne, voyons celle que nous devons tenir à l’égard de Dieu.


Dieu nous donne à tous abondamment, remercions-le. S’il donne à quelques-uns plus qu’à vous, remerciez-le, et baisez sa main ; s’il se montre sévère à votre égard, remerciez-le, et baisez sa main. Soyez persuadé que, dans toutes les afflictions qu’il vous envoie, il a ses desseins, et qu’ils sont tous à votre avantage : baisez sa main. Saint Paul nous a donné un excellent abrégé de la vie spirituelle, en nous recommandant de remercier Dieu de tout par notre Seigneur Jésus-Christ. Ce qui tarit pour nous la source des biens et des grâces, c’est notre ingratitude. Ne savez- vous pas, dit saint Pierre, que le fruit de votre patience, c’est l’héritage céleste ? Si donc vous voulez parvenir, soyez reconnaissant. C’est par la reconnaissance que vous parviendrez à avoir Dieu pour père, et Jésus-Christ pour époux, et le Ciel pour héritage.


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