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Le roi de Cosmie

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Le roi de Cosmie

Message par saint-michel le Mar 12 Sep 2017 - 20:43



La ville de Cosmie était la capitale d’un grand royaume du même nom. L’île d’Eonie n’en était pas fort éloignée. Mais il y avait entre les Eoniens et les Cosmicus une telle antipathie, que, quoique les Eoniens fussent originairement une colonie de Cosmiens, ces deux peuples n’avaient entre eux aucun commerce ni aucune communication. S’il arrivait même que quelque Cosmien, poussé par la tempête, abordât à cette île, on le saisissait aussitôt ; et on le reléguait dans la Pétrée ou la Serpentine, pays ainsi nommé, parce qu’il n’y avait là que des rochers, des forêts des bêtes fauves et une multitude effroyable de serpents de toute espèce. Les habitants de cet infortuné pays ne se nourrissaient que de fruits sauvages et amers, n’avaient pour logement que des cavernes, et se faisaient entre eux une guerre plus cruelle que celle que leur faisaient les bêtes fauves et les serpents. Autant ce pays était horrible et ses habitants malheureux, autant le reste de l’île était un séjour charmant, où les habitants vivaient dans l’abondance, les richesses, la paix, l’union, et toute sorte de délices, et cette partie de l’île, séparée de l’autre par une chaîne de montagnes impénétrables, s’appelait le Fortunat, non-seulement parce que le pays était fortuné, mais encore parce qu’on n’y admettait aucun étranger qui n’abordât à l’île avec une grande fortune et d’immenses richesses.


Il y avait dans la ville de Cosmie une coutume, ou une loi assez bizarre : c’est que tous les ans le sénat élisait un nouveau roi et détrônait l’ancien. On choisissait le nouveau roi parmi les étrangers, afin qu’il ignorât la loi du sénat que le peuple ignorait lui-même. Le roi, pendant le court espace de son règne, disposait à son gré, et des peuples, et des richesses du royaume. Mais au bout de l’an, lorsqu’il s’y attendait le moins, on le dépouillait de tout ; on lui bandait les yeux, on l’embarquait et on le faisait entrer en canot dans l’unique port par où l’on pouvait aborder dans l’Eonie. Il était aussitôt saisi ; et étant reconnu à l’habit pour un Cosmien, et se trouvant d’ailleurs pauvre et dénué de toutes choses, on le reléguait dans la Serpentine, pour y passer misérablement le reste de ses jours.


Il arriva une année qu’on choisit pour roi un étranger, nommé Eumène. C’était un homme tort sage et fort réglé dans ses mœurs, d’ailleurs homme d’esprit, et doué surtout d’une prudence consommée. Dès qu’il fut sur le trône, il commença à réfléchir sur la manière dont il y était monté. Il était surtout étonné de n’entendre point parler de son prédécesseur, de ne voir personne de sa famille, et de ne savoir ni comment il était mort, ni même s’il était mort, et ce qu’il était devenu. Il faisait souvent des questions sur tout cela ; mais, au lieu de lui répondre, on ne l’entretenait que de sa grandeur et de sa puissance. Ces flatteries ne le satisfaisaient pas, et ne faisaient que le confirmer dans l’idée où il était, qu’il y avait là-dessous quelque mystère. Ne pouvant venir à bout d’éclaircir ses soupçons, il s’appliqua du moins à bien gouverner son royaume, à y faire régner la justice, fleurir les arts et le commerce, à soulager les peuples, à les rendre bons et heureux : il sut même payer de sa personne dans une guerre qu’il eut à soutenir. Il se mit à la tête de ses troupes, remporta une glorieuse victoire, et fit une paix avantageuse aux vainqueurs et aux vaincus. Son nom devint célèbre, cher à ses peuples, et glorieux chez l’étranger. Mais tout cet éclat ne l’éblouissait pas : il eut préféré un mot d’éclaircissement sur ce qui l’inquiétait, à toutes les louanges qu’on lui prodiguait. Quand un roi cherche sincèrement la vérité, il n’est pas possible qu’il ne la trouve. Un sénateur charmé des vertus d’Eumène, s’aperçut de son embarras ; et, ayant eu avec lui un entretien particulier, il lui découvrit, sous le secret, la loi mystérieuse de l’état. Eumène l’embrassa, le remercia, et lui recommanda de son côté de ne dire à personne qu’il lui eut fait cette confidence.


Le roi, charmé de cette découverte, songea à en profiler pour éviter la Serpentine. L’occasion ne tarda pas à s’en présenter. Un coup de vent fit échouer sur les côtes de Cosmie une barque d’Eoniens. La nouvelle en étant venue à la cour, on ne manqua pas de dire au roi que ces Eoniens étaient des ennemis de l’état, et qu’il fallait les traiter comme tels. Mais le roi répondit que des malheureux ne pouvaient être regardés comme ennemis de l’état, et qu’ils ne méritaient que de la pitié et des secours. Il ordonna qu’on les fit venir à la cour, où il les traita honorablement. Par bonheur pour lui, plusieurs de ces Eoniens étaient des principaux du royaume d’Eonie. Il eut avec eux des conférences particulières, où leur ayant déclaré que son dessein était d’aller s’établir parmi eux, il convint avec eux des mesures qu’il y avait à prendre pour faire passer secrètement eu Eonie les trésors dont il pouvait disposer. Tout étant réglé, il congédia les Eoniens, leur fit de magnifiques présents, et envoya au roi d’Eonie une couronne d’or, enrichie de diamants, et une autre presque pareille à la reine mère. Après leur départ, le roi, sans oublier le soin de son royaume, songea à amasser le plus de trésors qu’il pourrait, et toutes les semaines il en envoyait une barque chargée en Eonie.



Cependant, la fin de son règne arriva, et le sénat vint la lui annoncer. Il n’en fut point étonné, parce qu’il s’y attendait, et qu’il avait pris ses mesures. Il se laissa dépouiller sans murmurer ; il se laissa bander les yeux, embarquer et conduire. Les seigneurs Eoniens, qu’il avait si bien traités, l’attendaient au port. Ils le conduisirent à la cour, où on lui remit tous ses trésors, et où il jouit toujours depuis de la faveur du roi, de l’amitié des grands et de la considération du peuple.


Si vous aviez été à la place d’Eumène, et que vous eussiez su ce qu’il savait, n’en auriez-vous pas fait autant que lui ? Eh ! Que ne le faites-vous donc ! Ne voyez-vous pas que la Cosmie n’est autre chose que ce monde ! Que l’Eonie est l’éternité ; la Serpentine, l’enfer, et le Fortunat, le paradis ? En un sens, vous êtes roi en ce monde, du moins vous y êtes maître de votre cœur et de vos actions. Réfléchissez donc sur la manière dont vous avez été mis dans ce monde, sur la fin pour laquelle vous y avez été mis, sur le sort de ceux qui vous ont précédé, et qui ne paraissent plus. Qu’est-ce que tout ce mystère ? Vous ne l’ignorez pas. Cherchez à l’approfondir encore davantage, et aimez à vous en faire instruire. Craignez une éternité malheureuse ; désirez une éternité bienheureuse. Faites-vous des amis dans le Ciel : envoyez-y tous vos trésors, et tout ce que vous pourrez de vertus et de bonnes œuvres : travaillez à mériter les bonnes grâces du Roi et de la Reine sa mère et quand la mort viendra vous dépouille de tout, vous la recevrez avec reconnaissance, parce qu’elle vous mettra en possession d’un royaume qui ne finira jamais.


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