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L'évangélisation selon le Pape François

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L'évangélisation selon le Pape François  Empty L'évangélisation selon le Pape François

Message par Philippe-Antoine le Mar 7 Jan 2020 - 23:37

L’évangélisation selon François : les extraits du nouveau livre du pape
Nicolas Senèze, à Rome le 07/01/2020 à 18:32
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Le pape François publie ce mercredi 8 janvier, en français, « Sans Jésus, nous ne pouvons rien faire » (éditions Bayard), consacré à l’évangélisation. Dans ce livre d’entretien, il insiste sur la dimension évangélisatrice de l’Église et revient sur des notions chères comme le prosélytisme, l’attraction ou l’inculturation.

L’évangélisation selon François : les extraits du nouveau livre du pape
Le pape François lors de la Rencontre mondiale des familles, à Dublin (Irlande), le 25 août 2018. / Gonzalo Fuentes/Reuters

Le nouveau livre d’entretien que le pape publie ce mercredi 8 janvier est l’occasion pour François de revenir sur ce qui, dès l’origine, a été au cœur de son pontificat : la volonté d’une Église plus crédible dans l’évangélisation.

Une volonté affichée dès les réunions de cardinaux précédant le conclave quand, dans une intervention remarquée, il avait plaidé pour une Église appelée « à sortir d’elle-même vers la périphérie existentielle de l’humanité, pour qu’elle devienne mère féconde de la “douce et réconfortante joie d’évangéliser” ».

Ou bien avec son exhortation Evangelii gaudium « sur l’annonce de l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui », véritable programme du pontificat. Ou encore quand, parmi ses premières interventions, il avait repris les mots de son prédécesseur Benoît XVI : « L’Église ne grandit pas par prosélytisme. Elle grandit par attraction ».

« Sans l’Esprit, la mission devient une conquête »
Au fil des pages de cet entretien avec le journaliste Gianni Valente, François prend le temps d’expliquer cette vision souvent mal comprise, voire détournée par tous ceux qui veulent dépeindre François comme un pape refusant l’annonce explicite de la foi.

François est pourtant clair : « Soit l’Église est en sortie, soit elle n’est pas l’Église. Soit elle est annonce, soit elle n’est pas l’Église ». « Si l’Église ne sort pas, elle se corrompt, se dénature, explique-t-il. Elle devient (…) une multinationale destinée à lancer des initiatives et des messages au contenu éthique et religieux. »

L’évangélisateur, explique François, ne saurait être « le petit imprésario de la vie ecclésiale où tout arrive selon un programme établi et où il suffit de suivre les instructions ». Ce qui arrive, continue-t-il, quand on ne propose plus la rencontre avec le Christ et qu’on oublie le rôle de l’Esprit Saint : sans, lui, affirme-t-il, « la mission devient autre chose (…) une conquête religieuse, ou peut-être idéologique ».

« Faciliter la foi et non à la contrôler »
D’où un long développement pour expliquer combien « l’élan missionnaire ne peut être fécond » que s’il se produit par « attraction ». « Si c’est le Christ qui vous attire et que vous agissez parce que vous êtes attiré par le Christ, les autres n’ont aucune peine à s’en rendre compte », insiste-t-il.

L’émouvant hommage du pape à une missionnaire en Afrique

Et si François rappelle que « l’Église n’est pas une ONG », il défend le travail humanitaire comme faisant « partie de sa mission ». « Tout dépend de l’amour qui anime le cœur de celui ou celle qui fait les choses », explique-t-il, prenant l’exemple d’une religieuse dans un hôpital : « fut-ce au milieu de personnes non chrétiennes, (elle) annonce l’Évangile par la charité avec laquelle elle soigne les malades et manifeste ainsi son amour pour Jésus et l’amour de Jésus pour les malades ».

Pour ce pape qui a toujours refusé les « douanes pastorales », le missionnaire chrétien est donc celui qui cherche « à faciliter la foi et non à la contrôler », à « ne pas mettre d’obstacle au désir de Jésus d’embrasser tout le monde, de guérir tout le monde, de sauver tout le monde ».

« Rendre visible le Christ aux autres par le témoignage »
C’est ce qui explique son rejet d’une évangélisation « élitiste » qui serait « la compétence exclusive de groupes particuliers » : « Jésus ne dit pas aux apôtres de former un groupe exclusif, un groupe d’élite », affirme celui pour qui « le baptême est suffisant pour annoncer l’Évangile » et qui se dit réticent face à l’expression « laïcs engagés ». « Si vous êtes un laïc baptisé, vous êtes déjà engagé. Le baptême suffit. Il n’est pas nécessaire d’imaginer un baptême double, un baptême spécial réservé à la catégorie des “laïcs engagés”. »

Au contraire, à la suite du concile Vatican II, le pape rappelle qu’il revient à tous les laïcs de « “rendre visible” le Christ aux autres par le témoignage de leur vie », notamment en vivant « sur le mode missionnaire les choses les plus ordinaires de la vie quotidienne ».

D’où, enfin, pour François, la nécessité de l’inculturation. Il faut, insiste-t-il, « tenir compte des rythmes quotidiens et des événements ordinaires des lieux et des communautés humaines ». « Comment imaginer que la foi puisse se transmettre comme une espèce de transplantation de l’organisation d’un pays dans un autre, d’une situation dans une autre ? », s’interroge-t-il.

« Se libérer de certaines sacralisations orgueilleuses »
S’il reconnaît que « plusieurs cultures ont été étroitement liées à la prédication de l’Évangile et au développement de la pensée chrétienne », il souligne que « le christianisme ne dispose pas d’un seul et unique modèle culturel » et qu’il faut « garder présent à l’esprit que le message révélé ne s’identifie à aucune culture ». « Il ne faut pas essayer d’imposer une forme culturelle déterminée en même temps que la proposition évangélique », insiste-t-il.

« Aujourd’hui, dans l’œuvre missionnaire aussi, il convient de ne pas emporter de lourds bagages, de se libérer de certaines sacralisations orgueilleuses de leur propre culture », met en garde le pape pour qui « il ne s’agit pas de faire de l’animation missionnaire comme s’il s’agissait d’un métier, mais de vivre avec les autres, de les suivre pas à pas, de demander à les accompagner en apprenant à cheminer à leur rythme. »

La réforme de la Curie en ligne de mire
Avec ce livre, qui rappelle les fondements évangélisateurs de son pontificat, François pose aussi les jalons d’une année qui s’annonce cruciale. 2020 devrait en effet voir la publication de la constitution régissant la Curie romaine, en chantier depuis sept ans. Provisoirement intitulée Praedicate evangelium, « Proclamez l’Évangile », elle devrait rappeler combien la Curie est au service du travail d’évangélisation des Églises locales qui disposeraient de beaucoup plus d’autonomie qu’actuellement.

Vœux à la Curie : François veut prendre en compte un « changement d’époque »

Un brouillon de ce texte qui a circulé a suscité de vives réactions et n’est sans doute pas étranger à la remobilisation de tous ceux qui, par peur de voir s’estomper leur pouvoir ou battre en brèche leur vision de l’Église, veulent à tout prix en empêcher la publication.

C’est à cette aune qu’il convient de lire les récentes rumeurs de démission du pape qui visent surtout à affaiblir la réforme : pourquoi suivre un pape qui va bientôt partir ? D’où l’importance pour François de redire l’urgence évangélisatrice qui fait le cœur de sa réforme.

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Extraits

Le témoignage suscite l’admiration
« L’attraction se fait témoignage en nous. Le témoin montre ce que l’œuvre du Christ et de son Esprit a vraiment accompli dans sa vie. Après la Résurrection, c’est le Christ qui se rend visible aux apôtres. C’est lui qui fait d’eux des témoins. Le témoignage n’est pas une prestation pour elle-même, on est témoin des œuvres du Seigneur. (…) Le témoignage suscite l’admiration, et l’admiration suscite des questions chez ceux qui le voient. Les autres se demandent : “Comment se fait-il que cette personne soit ainsi ? D’où lui vient le don d’espérer et de traiter les autres avec charité ?” Lorsque Dieu œuvre directement dans la vie et le cœur des gens, cela est source de stupeur. Admiration et stupeur voyagent ensemble dans la mission. (…) Admiration et stupeur sont les sentiments, les traits distinctifs qui caractérisent le chemin des missionnaires. Cela n’a rien à voir avec l’impatience et les angoisses des publicitaires envoyés par les entreprises pour gagner des adhérents et faire des prosélytes. »

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La tromperie du prosélytisme
« Il y a du prosélytisme partout où se trouve l’idée de faire croître l’Église en se passant de l’attraction du Christ et de l’œuvre de l’Esprit, en misant tout sur une sorte de “discours savant”. Aussi, le prosélytisme exclut de la mission le Christ lui-même, et l’Esprit Saint même quand il prétend parler et agir au nom du Christ, de manière nominaliste. Par nature, le prosélytisme est toujours violent, même quand il dissimule sa violence ou qu’il l’exerce avec des gants. Il ne supporte pas la liberté et la gratuité avec lesquelles la foi peut se transmettre, par la grâce, de personne à personne. C’est pourquoi le prosélytisme n’appartient pas uniquement au passé, à l’époque du colonialisme ou des conversions forcées ou obtenues contre la promesse d’avantages matériels. Il peut exister du prosélytisme aujourd’hui, au sein des paroisses, des communautés, des mouvements ou encore des congrégations religieuses. »

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Faire goûter la tendresse de Dieu
« Annoncer l’Évangile à haute voix ne consiste pas à assiéger les autres à l’aide de discours apologétiques, à hurler rageusement à l’adresse des autres la vérité de la Révélation. Il n’est pas plus utile de lancer à la tête des autres des vérités et des formules doctrinales comme si elles étaient des pierres. Quand cela se produit, c’est le signe que les paroles chrétiennes elles-mêmes sont passées à travers un alambic et se sont transformées en idéologie. (…) Annoncer l’Évangile signifie transmettre à l’aide de mots sobres et précis le témoignage du Christ comme le firent les apôtres. Mais il ne sert à rien d’inventer des discours persuasifs. (…) C’est pourquoi la répétition littérale de l’annonce n’a pas d’efficacité en elle-même et peut tomber dans le vide si les personnes à qui elle s’adresse n’ont pas l’occasion de rencontrer et de goûter d’une manière ou d’une autre la tendresse de Dieu pour eux, et sa miséricorde qui guérit. »

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La force de la rencontre
« Dans l’expérience commune, on n’est pas frappé si l’on rencontre quelqu’un qui circule en martelant ce qu’est le christianisme, ce que sont le bien et le mal et ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour aller ou non en enfer ou au paradis. Dans l’expérience commune, il arrive le plus souvent d’être marqué par la rencontre avec une personne ou une réalité humaine qui surprennent par des gestes et des mots révélant leur foi dans le Christ. Ce n’est que dans le climat d’admiration et de stupeur provoquant des questions que cette personne et cette réalité humaine peuvent attester et proclamer le nom et le mystère de Jésus de Nazareth, dans l’espoir de pouvoir répondre aux attentes et aux questions suscitées chez les autres par leur témoignage. (…) La stupeur suscitée par ce que le Seigneur réalise dans ses témoins précède habituellement l’annonce. »

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Le message révélé ne s’identifie à aucune culture
« Tous les processus féconds d’inculturation ont toujours creusé leur chemin petit à petit dans la trame de la vie concrète et quotidienne. Voilà quelle est la véritable inculturation. S’inculturer, c’est être dans la vie ordinaire, dans la temporalité comme dans la manière de s’exprimer et
d’exprimer la vie de ces peuples. Comment imaginer que la foi puisse se transmettre comme une espèce de transplantation de l’organisation d’un pays dans un autre, d’une situation dans une autre ? L’inculturation ne se fait pas dans des laboratoires théologiques, mais dans la vie quotidienne. (…)

Au cours des deux derniers millénaires, les peuples qui ont reçu la grâce de la foi l’ont fait s’épanouir dans leur vie quotidienne et l’ont transmise selon leurs propres usages culturels. Le christianisme ne dispose pas d’un seul et unique modèle culturel. (…)

Il est vrai que plusieurs cultures ont été étroitement liées à la prédication de l’Évangile et au développement de la pensée chrétienne. À l’époque où nous vivons, il devient toujours plus urgent de garder présent à l’esprit que le message révélé ne s’identifie à aucune culture. Dans la rencontre avec de nouvelles cultures ou avec des cultures qui n’ont pas accueilli la prédication chrétienne, il ne faut pas essayer d’imposer une forme culturelle déterminée en même temps que la proposition évangélique. Aujourd’hui, dans l’œuvre missionnaire aussi, il convient de ne pas emporter de lourds bagages, de se libérer de certaines sacralisations orgueilleuses de leur propre culture. »

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Repères

Un livre d’entretien avec le journaliste Gianni Valente
Sans Jésus, nous ne pouvons rien faire. Être missionnaire aujourd’hui dans le monde,texte inédit du pape François (entretien avec Gianni Valente), Bayard/Librairie éditrice vaticane, 128 p., 12,90 €.

Romain d’origine et spécialiste de l’Orient chrétien, Gianni Valente a collaboré au magazine 30 Giorni avant de rejoindre l’agence Fides, liée à la Congrégation pour l’évangélisation des peuples.

Grand connaisseur de la Chine, il collabore aussi à la revue italienne de géopolitique Limes et au site d’information Vatican Insider.

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