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Comment vivaient les premiers chrétiens

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Message par Isabelle-Marie le Lun 18 Juin 2018 - 16:40

La lettre à Diognète (auteur anonyme de la fin du IIè siècle) retrace la manière dont vivaient les premiers chrétiens

"Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes. Car ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils n’emploient pas quelque dialecte extraordinaire, leur genre de vie n’a rien de singulier. Leur doctrine n’a pas été découverte par l’imagination ou par les rêveries d’esprits inquiets; ils ne se font pas, comme tant d’autres, les champions d’une doctrine d’origine humaine.

Ils habitent les cités grecques et les cités barbares suivant le destin de chacun ; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et le reste de l’existence, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur manière de vivre. Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie, et toute patrie leur est une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n’abandonnent pas leurs nouveau-nés. Ils prennent place à une table commune, mais qui n’est pas une table ordinaire.

Ils sont dans la chair, mais ils ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies, et leur manière de vivre est plus parfaite que les lois. Ils aiment tout le monde, et tout le monde les persécute. On ne les connaît pas, mais on les condamne ; on les tue et c’est ainsi qu’ils trouvent la vie. Ils sont pauvres et font beaucoup de riches. Ils manquent de tout et ils tout en abondance. On les méprise et, dans ce mépris, ils trouvent leur gloire. On les calomnie, et ils y trouvent leur justification. On les insulte, et ils bénissent. On les outrage, et ils honorent. Alors qu’ils font le bien, on les punit comme des malfaiteurs. Tandis qu’on les châtie, ils se réjouissent comme s’ils naissaient à la vie. Les Juifs leur font la guerre comme à des étrangers, et les Grecs les persécutent ; ceux qui les détestent ne peuvent pas dire la cause de leur hostilité.

En un mot, ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L’âme est répandue dans membres du corps comme les chrétiens dans les cités du monde. L’âme habite dans le corps, et pourtant elle n’appartient pas au corps, comme les chrétiens habitent dans le monde, mais n’appartiennent pas au monde. L’âme invisible est retenue prisonnière dans le corps visible; ainsi les chrétiens : on les voit vivre dans le monde, mais le culte qu’ils rendent à Dieu demeure invisible. La chair déteste l’âme et lui fait la guerre, sans que celle-ci lui ai fait de tort, mais parce qu’elle l’empêche de jouir des plaisirs ; de même que le monde déteste les chrétiens, sans que ceux-ci lui aient fait de tort, mais parce qu’ils s’opposent à ses plaisirs.

L’âme aime cette chair qui la déteste, ainsi que ses membres, comme les chrétiens aiment ceux qui les déteste. L’âme est enfermée dans le corps, mais c’est elle qui maintient le corps; et les chrétiens sont comme détenus dans la prison du monde, mais c’est eux qui maintiennent le monde. L’âme immortelle campe dans une tente mortelle: ainsi les chrétiens campent-ils dans le monde corruptible, en attendant l’incorruptibilité du ciel. L’âme devient meilleure en se mortifiant par la faim et la soif; et les chrétiens, persécutés, se multiplient de jour en jour. Le poste que Dieu leur a fixé est si beau qu’il ne leur est pas permis de le déserter."

De la Lettre à Diognète, nn. 5-6 (Funk, 1, 317-321)

http://www.vatican.va/spirit/documents/spirit_20010522_diogneto_fr.html

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Message par Isabelle-Marie le Sam 30 Juin 2018 - 7:47

"Ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières.

La crainte de Dieu était dans tous les cœurs à la vue des nombreux prodiges et signes accomplis par les Apôtres.

Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ;

ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun.

Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur ;

ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés."

Livre des Actes des Apôtres chapitre 2, 42-47

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Message par Isabelle-Marie le Dim 1 Juil 2018 - 6:16

Épître des Églises de LYON et de VIENNE
aux Églises d’ASIE et de PHRYGIE (l’an de J.C. 177) 


Comment vivaient les premiers chrétiens Martyr10


Extraits :                                    

3- En Blandine, le Christ donna cet enseignement : ce qui aux yeux des hommes est méprisable, vil et laid, Dieu peut le juger digne d’une grande gloire, à cause de l’amour qu’on lui porte, l’amour qui s’exprime dans les actes et ne se satisfait pas de vaines apparences.
 
4- Nous avions tous peur pour Blandine. Sa maîtresse selon la chair, qui faisait partie du groupe des martyrs, une athlète de la foi, redoutait que la jeune fille ne pût même pas affirmer franchement sa profession de chrétienne, tellement elle était chétive. 
 
5- Mais Blandine se trouva remplie d’une telle force, qu’elle finit par épuiser et lasser les bourreaux. Ceux-ci se relayaient du matin jusqu’au soir pour la torturer par tous les moyens : ils durent s’avouer vaincus et à bout de ressources.
 
6- Ils s’étonnaient qu’elle respirât encore, avec le corps déchiré et meurtri. Ils avouaient qu’une seule de leurs tortures suffisait pour enlever la vie ; à plus forte raison ces tortures-là, et en si grand nombre.
 
7- Au contraire, la bienheureuse rajeunissait comme un vaillant athlète, au cours de la confession de sa foi. Il lui suffisait de répéter «Je suis chrétienne, et chez nous, il ne se fait point de mal», et elle reprenait des forces, se reposait et devenait insensible aux tortures.
 
8- Sanctus, lui aussi, supportait avec une vigueur surhumaine tous les supplices que les bourreaux pouvaient imaginer. 
 
9- Les impies ne désespéraient pas de lui arracher par la longueur et l’horreur des tourments une parole coupable ; mais il leur opposa une énergie indomptable. On ne put lui faire dire ni son nom, ni sa nation et sa ville d’origine, ni s’il était esclave ou libre.
 
10- À toutes les questions il répondait en latin : «Je suis chrétien». C’était là son nom, sa cité, sa race, son tout ; les païens ne purent lui arracher d’autre réponse. Cela suffit pour échauffer gouverneur et bourreaux contre lui.
 
11- À bout de tortures, on finit par lui appliquer des lamelles d’airain chauffées à blanc sur les parties les plus sensibles du corps. Tandis que les membres brûlaient, Sanctus tenait bon, sans fléchir ni plier ; il persévérait à confesser sa foi, baigné et fortifié par la source céleste d’eau vive qui jaillit du sein de Jésus.
 
12- Le corps du martyr témoignait des tortures endurées ; il n’était plus que plaie et meurtrissure, il était tout disloqué et n’avait plus forme humaine. Le Christ souffrait en lui et le glorifiait grandement en mettant le Diable en échec ; il manifestait, pour l’exemple des autres, qu’il n’est plus de crainte où règne l’amour du Père, qu’il n’est plus de souffrance où rayonne la gloire du Christ. 
                                                                          CHAPITRE 4

1-  Quelques jours plus tard, les bourreaux torturèrent de nouveau le martyr ; toutes les parties de son corps étaient à nouveau tuméfiées et enflammées ; ils pensaient le réduire en lui appliquant les mêmes tortures, puisqu’il ne pouvait même pas supporter le simple contact des mains. 
 
2- Au pis-aller, il mourrait dans les tourments, et son exemple remplirait les autres d’épouvante. Il n’en fut rien ; bien plus, contre toute attente, le corps du martyr se remit, se redressa dans les nouvelles tortures et recouvra, avec sa forme première, l’usage de ses membres.
 
3- Loin d’être une peine, le nouveau supplice fut pour Sanctus une guérison par la grâce du Christ.
 
4- Une femme, nommée Biblis, était du nombre de ceux qui avaient apostasié ; le démon croyait déjà la tenir mais il voulut assurer mieux encore sa condamnation, en la poussant au blasphème. 
 
5- Il la fit donc conduire à la question, pour la forcer de confirmer ses impiétés, qu’on nous imputait. Jusque-là, elle s’était montrée faible et lâche. Mais une fois à la torture, elle revint à elle, et sortit comme d’un profond sommeil.
 
6- Le supplice qu’elle endurait lui rappela le châtiment éternel de l’enfer. Elle osa contredire en face les blasphémateurs, en répondant : «Comment voulez-vous qu’ils mangent des enfants, ces gens qui refusent le sang des bêtes sans raison ?»
 
7- À partir de ce moment elle s’avoua chrétienne et partagea le sort des martyrs.
 
8- De la sorte, les supplices des tyrans n’eurent pas raison de la résistance des bienheureux, grâce à l’intervention du Christ. 
 
9- Le Diable imagina donc de nouvelles machinations : l’entassement des confesseurs dans des cachots obscurs et malsains, l’écartèlement des pieds et des ceps jusqu’au cinquième trou, et les autres cruautés que les geôliers, possédés du démon, imaginent pour faire souffrir leurs prisonniers au point que la plupart des chrétiens moururent étouffés, ceux du moins que le Seigneur voulut faire partir ainsi, pour manifester sa gloire.
 
10- D’autres avaient été si cruellement torturés qu’ils semblaient ne pouvoir survivre en dépit de tous les soins ; ils résistèrent pourtant dans la prison : privés de tout secours humain, mais réconfortés par Dieu, ils recouvraient la force du corps et de l’âme, encourageaient et soutenaient leurs compagnons.
 
11- Enfin, les derniers arrêtés, dont le corps n’était pas encore entraîné à la torture, ne supportèrent pas l’horrible entassement dans la prison ; ils y moururent.
                                                                       CHAPITRE 5    
                                          
1- Le bienheureux Pothin, qui gouvernait comme évêque de l’Église de Lyon, avait alors plus de quatre-vingt-dix ans. Sa santé était fort ébranlée, il respirait difficilement, tout son corps était usé, mais il était réconforté par le souffle de l’Esprit, parce qu’il aspirait au martyre. 
 
2- À son tour il fut traîné au tribunal. Son corps était miné par l’âge et la maladie, mais l’âme veillait en lui, afin de lui assurer le triomphe du Christ.
 
3- Les soldats le conduisirent, accompagnés des notables de la ville et d’une foule qui hurlait comme s’il était le Christ en personne.
 
4- Le vieillard rendit un magnifique témoignage. Le gouverneur lui demanda quel était le Dieu des chrétiens. L’évêque lui répondit : «Tu le sauras quand tu en seras digne».
 
5- Sur quoi, on le traîna brutalement et on le roua de coups. Ceux qui pouvaient l’approcher, le frappaient des poings et des pieds, sans égard pour son âge ; les autres lui jetèrent ce qui leur tombait sous la main. 
 
6- Tous auraient cru commettre une faute grave d’impiété en n’outrageant pas le malheureux : ils croyaient ainsi défendre leurs dieux. Il respirait à peine quand il fut ramené en prison. Deux jours plus tard, il rendit l’âme.

                                                                          CHAPITRE 6
   
                                          
1- Alors Dieu intervint, et Jésus manifesta son infinie miséricorde comme rarement cela était arrivé dans la communauté des frères, mais comme il convenait à la sagesse du Christ. 
 
2- Ceux qui avaient renié leur foi dès leur arrestation partageaient les souffrances et le cachot des martyrs. Leur apostasie ne leur avait été d’aucune utilité.
 
3- Les confesseurs de la foi étaient incarcérés comme chrétiens, sans qu’on portât contre eux aucune autre accusation. Les autres étaient retenus sous l’inculpation d’homicide et de monstrueuses forfaitures.
 
4- Ils étaient doublement punis par rapport à leurs compagnons. Les confesseurs trouvaient leur réconfort dans la joie du martyre, l’espérance des béatitudes promises, l’amour pour le Christ, l’Esprit du Père.
 
5- Les apostats, par contre, étaient torturés dans leur conscience, au point qu’on les reconnaissait au passage, entre tous les autres, à leur visage. Les confesseurs s’avançaient pleins d’allégresse, le visage illuminé de gloire et de grâce.
 
6- Il n’est pas jusqu’à leurs chaînes qui semblaient une parure magnifique, comme celle d’une fiancée dans sa robe aux franges brodées d’or. Ils exhalaient au passage la bonne odeur du Christ, si bien que plusieurs se demandaient s’ils n’étaient point parfumés.
 
7- Les renégats marchaient la tête basse, humiliés, repoussants, avec toutes sortes de difformités. Les païens eux-mêmes les traitaient de misérables et de lâches ; ils étaient accusés maintenant d’homicide ; ils avaient perdu le nom souverainement honorable, glorieux et vivifiant de chrétiens.
 
8- À ce spectacle les autres étaient affermis. Ceux que l’on arrêtait encore confessaient leur foi aussitôt, n’ayant même plus l’idée d’écouter les suggestions du démon.
 
                                                                       CHAPITRE 7
     
1- Après toutes ces épreuves, les confesseurs sortirent de ce monde par diverses formes de martyre. 
 
2- Avec des fleurs de toute espèce et de toute couleur, ils tressèrent une couronne unique qu’ils offrirent au Père. Comme il convenait, les valeureux athlètes, après de nombreux combats et des triomphes éclatants, obtinrent la glorieuse couronne de l’immortalité.
 
3- Maturus, Sanctus, Blandine et Attale furent donc conduits aux fauves dans l’amphithéâtre pour offrir au peuple et à la confédération des cités, un spectacle d’inhumanité. 
 
4- Ce jour-là, on donna exprès, à cause des nôtres, des combats entre fauves.
 
5- Maturus et Sanctus subirent à nouveau dans l’amphithéâtre toute la série des tortures, comme s’ils n’avaient rien souffert auparavant ; ou plutôt, comme s’ils avaient repoussé l’Adversaire dans plusieurs engagements partiels, ils allaient maintenant lutter pour la couronne. 
 
6- Ils eurent à endurer à nouveau les coups de fouet, les morsures des fauves qui les traînaient sur le sable et tout ce que le caprice d’une foule déchaînée pouvait réclamer par ses cris. Enfin, ce fut le supplice du siège de fer rougi, où les corps en brûlant dégageaient autour d’eux une odeur de graisse.
 
7- Loin de s’apaiser, la fureur des païens ne faisait qu’augmenter : ils voulaient vaincre la résistance des martyrs. On ne put rien arracher à Sanctus, sinon les mots qu’il répétait depuis le début de sa confession (Je suis chrétien).
 
8- Pour en finir avec les deux martyrs dont la vie soutenait depuis très longtemps une si haute lutte, on les égorgea. Pendant tout ce jour, ils avaient remplacé les scènes variées des gladiateurs et servi de spectacle au monde.
 
9- Blandine, pendant ce temps, était suspendue à un poteau, pour être la proie des fauves lancés contre elle. La vue de la vierge ainsi crucifiée, qui ne cessait de prier d’une voix forte, affermissait les frères qui livraient bataille. 
 
10- Au fort du combat, les frères croyaient apercevoir des yeux du corps, en leur sœur, le Christ crucifié pour eux, crucifié afin d’assurer les croyants que, quiconque souffrirait pour la gloire du Christ, vivrait éternellement dans la communion du Dieu vivant.
 
11- Aucune des bêtes, ce jour-là, ne toucha Blandine. 
 
12- On la détacha donc du poteau, et on la ramena en prison. On la réservait pour un nouveau combat.
 
13- La victoire remportée dans de nombreuses épreuves devait rendre définitive et inévitable la défaite du perfide serpent et affermir les frères par son exemple.
 
14- Menue, faible, méprisée, elle était revêtue de la force du Christ, le grand et invincible athlète ; elle avait à de nombreuses reprises repoussé l’Adversaire, et remporté dans un combat définitif, la couronne de l’immortalité.
 
15- À grands cris, la foule réclama le supplice d’Attale (toute la ville le connaissait). Il entra dans l’arène, prêt pour la lutte, fort du témoignage de sa conscience ; il s’était entraîné par la pratique de la discipline chrétienne et n’avait cessé d’être, parmi nous, le témoin de la vérité. 
 
16- Il dut faire le tour de l’amphithéâtre avec un écriteau où on lisait en latin : «Celui-ci est Attale, le chrétien». Le peuple écumait de rage contre lui. Mais le gouverneur, apprenant qu’il était citoyen romain, ordonna de le ramener en prison avec les autres. Il écrivit là-dessus à César et attendit la réponse impériale.
 
17- Cet ajournement ne fut pas inutile pour les prisonniers, ni même sans résultat. Par la patience des confesseurs se manifesta la miséricorde infinie du Christ. 
 
18- Les vivants communiquèrent leur vie aux morts, et les confesseurs leur grâce aux non-martyrs. Grande fut la joie de la vierge-mère, l’Église : ceux qu’elle avait rejetés comme morts, elle les retrouvait vivants.
 
19- Grâce aux confesseurs, le plus grand nombre des apostats revinrent ; ils furent conçus de nouveau, reprirent vie, et s’entraînèrent à confesser leur foi.
 
20- Ils étaient bien vivants et raffermis quand ils se présentèrent au tribunal. Dieu qui ne veut pas la mort de pécheur, mais sa conversion, les soutenait quand ils s’avancèrent pour être interrogés à nouveau par le gouverneur.
 
                                                                       CHAPITRE 8

1- César avait ordonné par le rescrit de frapper les obstinés mais de libérer ceux qui reniaient. Le jour de la panégyrie (qui est très fréquentée et attire du monde de partout) venait de commencer. 
 
2- Le gouverneur fit amener les prisonniers à son tribunal : la mise en scène théâtrale, organisée pour la circonstance, devait servir de spectacle pour les foules. Après un nouvel interrogatoire, il fit trancher la tête à tous ceux qui étaient citoyens romains, les autres furent condamnés aux fauves.
 
3- Ceux qui auparavant avaient renié, furent le sujet d’une grande gloire pour le Christ ; maintenant contre l’attente des païens, ils confessèrent leur foi. 
 
4- On les interrogeait à part, en leur promettant la liberté, mais ils se déclarèrent chrétiens ; ils furent joints au groupe des martyrs. Seuls restèrent hors de l’Église ceux chez qui il n’y eut jamais trace de foi, ni respect de la robe nuptiale, ni sens de la crainte de Dieu.
 
5- Par leur volte-face, ces fils de la perdition blasphémaient contre les voies de la Vérité. Tous les autres revinrent à l’Église.
 
6- À leur interrogatoire assista un certain Alexandre. Il était Phrygien d’origine, médecin de profession ; il vivait depuis de longues années dans les Gaules. Il était connu de presque tout le monde pour son amour de Dieu et la franchise de sa parole (il avait même le charisme de l’apostolat). 
 
7- Or donc, il se trouvait, ce jour-là, près du tribunal ; de ses gestes il encourageait les prévenus à confesser leur foi ; aux gens qui entouraient le tribunal, il donnait l’impression d’enfanter à la foi ces apostats de la veille.
 
8- La foule s’irritait d’entendre les renégats se rétracter : avec force cris elle rendait responsable Alexandre. Le gouverneur le fit comparaître, il lui demanda qui il était. Il se déclara chrétien. Furieux, le gouverneur le condamna aux fauves.
 
9- Le lendemain, Alexandre fit son entrée dans l’arène avec Attale. Le gouverneur, pour flatter la foule, livra de nouveau Attale aux fauves. 
 
10- Tous deux subirent toute la série des tortures inventées pour les supplices de l’amphithéâtre ; après une âpre lutte, ils furent égorgés à leur tour. Alexandre ne fit entendre ni gémissement, ni parole : recueilli en son cœur, il s’entretenait avec Dieu.
 
11- Attale fut placé sur le siège de fer rougi. Comme il brûlait tout autour et que son corps exhalait une odeur de graisse, il dit à la foule en latin : «Vraiment, c’est manger de l’homme, ce que vous faites. Nous, nous ne mangeons pas d’hommes, et nous ne faisons rien de mal».
 
12- Quelqu’un lui demanda le nom de Dieu. Il répondit : «Dieu n’a pas de nom comme un homme».
 
                                                                       CHAPITRE 9
       
1- Après toutes ces exécutions, le dernier jour des combats singuliers, Blandine fut produite de nouveau dans l’arène avec un jeune garçon de quinze ans appelé Ponticus. 
 
2- Chaque jour, on les avait conduits à l’amphithéâtre, afin qu’ils soient témoins des supplices de leurs frères. On voulait les contraindre à jurer par les idoles.
 
3- Comme ils demeuraient inébranlables et méprisaient les faux dieux, la foule finit par se déchaîner contre eux, sans compassion pour l’âge du garçon, sans pudeur à l’endroit de la jeune femme.
 
4- On leur infligea toutes les tortures, on les fit passer par tout le cycle des supplices. Et toujours on essaya de les faire jurer, mais ils s’y refusaient. Ponticus était soutenu par sa sœur chrétienne ; les païens le voyaient bien, c’était elle qui le stimulait et lui donnait courage.
 
5- Quand il eut subi vaillamment toutes les tortures, Ponticus rendit l’âme.
 
6- La bienheureuse Blandine resta la dernière de tous. Comme cette noble mère qui jadis avait exhorté ses enfants et les avait envoyés victorieux devant le roi, elle subit à son tour toutes les luttes de ses enfants spirituels, pressée de les rejoindre. 
 
7- Elle était heureuse et enthousiaste de son prochain départ, comme une invitée qui se rend à un festin de noces, plutôt qu’une victime jetée aux fauves.
 
8- Après les fouets, après les fauves, après la chaise de feu, on l’enferma dans un filet pour la livrer à un taureau. À plusieurs reprises, elle fut lancée en l’air par l’animal. 
 
9- Mais elle ne sentait plus rien de ce qui lui arrivait : tout entière à son espérance, aux biens promis, à sa foi, elle continuait le dialogue avec le Christ.
 
10- On finit par l’égorger, elle aussi. Les païens eux-mêmes durent avouer que jamais femme chez eux n’avait subi de si cruels et de si nombreux tourments. 

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Message par Isabelle-Marie le Ven 2 Nov 2018 - 23:40

Connaissez-vous le visage des premiers martyrs chrétiens français ?

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Pour voir les visages des 48 premiers martyrs chrétiens français, il faut aller à Lyon, à l’espace culturel de l’Antiquaille où viennent d’être restaurées des mosaïques du XIXe siècle.

https://fr.aleteia.org/2018/10/29/connaissez-vous-le-visage-des-premiers-martyrs-chretiens-francais/
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Message par Calex le Sam 3 Nov 2018 - 0:11

je ne connaissais pas cette lettre à Diognète. Merci.
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Message par Père Nathan le Sam 3 Nov 2018 - 14:29

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_papes


Les 12 apotres dont Saint Paul et les 40 premiers papes ont versé leur Sang pour l'Evangile et pour le Christ Il faut attendre le pape Fabère pour arrêter la succession ininterrompue des martyres successeurs de Pierre...


Un sur trois a été canonisé : 90 sur 268 ( en plus des 266 connus, deux papes sont décomptés : Etienne et Célestin II, restés trop peu de temps )
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Message par Isabelle-Marie le Mer 10 Avr 2019 - 12:26

Vision longue et terrifiante de martyrs chrétiens. Martyr du Pape Saint Clet (Anaclet) lors de la première persécution de grande ampleur sous Domitien

Dictée du 24 novembre 1946 (les Cahiers de Marie Valtorta)

Le soir.

Les martyrs et leurs conquêtes.

Je vois un endroit qui, par son architecture et ses personnages, me rappelle beaucoup le Tullianum [1] lors de la vision de la mort du petit Castulus. [2] 285> Il me rappelle également d’autres sites romains comme les cellules des cirques où j'ai vu être entassés les chrétiens sur le point d’être jetés aux lions. Mais ce n’est aucun d’eux. Comme à l’accoutumée, les murailles sont faites de robustes pierres carrées superposées. La lumière est faible et triste comme si elle filtrait par des meurtrières et se mêlait à la lueur incertaine d’une lampe à huile insuffisante pour éclairer l’endroit. Cet endroit est très certainement une prison, et une prison pour chrétiens, mais à la différence des autres sites que j’ai vus, ce lieu sombre et triste n’est fermé par aucune porte ou muraille. Dans un coin, un large couloir part de la pièce et va je ne sais où. En légère courbe comme s’il faisait partie d’une grande ellipse, il est lui aussi construit avec les pierres rectangulaires habituelles et mal éclairé par une petite flamme. L’endroit est vide. Mais sur le sol, qui semble être en granit et où de grosses pierres sont éparses en guise de sièges, se trouvent des vêtements.

Un bruit sourd vient de je ne sais où, comme celui d’une tempête de mer entendue de loin. Il est parfois plus étouffé, parfois plus fort. Il tient du grondement, peut-être sous l’effet des murs courbés qui doivent faire écho en l’amplifiant. C’est un bruit étrange. Je crois parfois entendre une vague ou une grande cascade, à d’autres moments j’ai l’impression qu’il se compose de voix humaines et je pense alors aux hurlements d’une folle. À d’autres moments encore il me semble fait de sons inhumains pendant lesquels l’autre bruit s’interrompt pour exploser d’autant plus fort ensuite... Mais maintenant un bruit de pas de plusieurs personnes provient du couloir en ellipse, qui s’éclaire vivement comme si l’on apportait d’autres lampes, bruit de pas accompagné des faibles gémissements de personnes qui souffrent.

Comment vivaient les premiers chrétiens Cirque10

Voici alors la terrible scène. Précédé par deux hommes colossaux d’un certain âge, barbus et à demi nus, munis de torches allumées, s’avance un groupe de personnes ensanglantées, se soutenant les unes les autres, certaines même portées. J’ai dit : des personnes, mais le mot est impropre. 286> Ces corps lacérés, mutilés, ou verts ; ces visages aux joues marquées par d’atroces blessures qui ont déchiré la bouche jusqu’à l’oreille, ou fendu une joue jusqu’à laisser voir les dents fixées sur les mâchoires, ou arraché un œil qui pend hors de l’orbite privée de sa paupière désormais inexistante, ou qui manque carrément comme à la suite de quelque ablation barbare; ces têtes découvertes de leur cuir chevelu comme si une cruelle explosion les avait scalpées... ils n’ont plus l’air de personnes humaines. C’est une vision macabre comme un cauchemar, comme le rêve d’un fou... Ils sont la preuve qu’en l’homme un fauve se cache, prêt à se montrer et à défouler ses instincts en saisissant tout prétexte qui justifie sa fureur bestiale. Le prétexte est ici la religion et la raison d’état. Les chrétiens sont les ennemis de Rome et du divin César, ils offensent les dieux, par conséquent ils doivent être torturés. Et ils le sont. Quel spectacle  ! Des hommes, des femmes, des vieillards, des petits enfants, des jeunes filles sont là pêle-mêle en attente de mourir de leurs blessures ou à la suite d’un nouveau supplice.

Cependant, mis à part le gémissement inconscient de ceux que la gravité de leurs blessures rend fous de douleur, l’on n’entend pas la moindre plainte. Les hommes qui les ont amenés les abandonnent à leur sort et se retirent; les moins blessés tentent alors de secourir les plus graves, ceux qui en ont la moindre possibilité vont se pencher sur les mourants, ceux qui ne peuvent se tenir debout se traînent sur les genoux ou rampent sur le sol à la recherche de la personne qui lui est la plus chère ou de celle qu’il sait être plus faible physiquement, peut-être aussi spirituellement. Ceux qui peuvent encore se servir de leurs mains essaient de venir en aide aux formes nues en les recouvrant des vêtements tombés au sol, ou bien ils donnent aux membres des blessés des positions qui n’offensent pas la modestie, et étendent sur eux quelque lambeau de vêtement. Quelques femmes prennent sur leur sein les enfants mourants — et qui ne sont peut-être même pas les leurs — qui pleurent de douleur et de peur. D’autres se traînent auprès d’adolescentes couvertes uniquement de leurs cheveux dénoués, et essaient de revêtir leurs formes virginales avec des vêtements blancs trouvés par terre. Ces vêtements s’imprègnent de sang, et l’odeur du sang mêlée à la lourde fumée de la lampe à huile sature l’air de la pièce. De saints dialogues pleins de pitié s’engagent à voix basse.

287> "Tu souffres beaucoup, ma fille ?", demande un vieillard au crâne découvert dont la peau pend sur la nuque comme un bonnet tombé. Il ne peut plus rien voir car ses yeux ne sont plus que deux plaies sanglantes. Il s’adresse à une femme qui a dû être une épouse épanouie mais n’est plus qu’un tas de sang; en un geste désespéré d’amour, elle presse sur son sein ouvert, du seul bras avec lequel elle peut encore le faire, son petit enfant qui tête le sang de sa mère au lieu du lait qui ne peut plus couler de ses seins lacérés.

"Non, mon père... le Seigneur m’aide... Si au moins Severus pouvait venir... L’enfant... Il ne pleure pas... il n’est peut-être pas blessé... Je sens qu’il cherche mon sein... Ma blessure est-elle grave ? Je ne sens plus une main et je ne peux pas... je ne peux pas regarder parce que je n’ai plus la force de voir... Ma vie... s’enfuit avec mon sang... Suis-je couverte, père ?

— Je ne sais pas, ma fille. Je n’ai plus d’yeux..."

Plus loin se trouve une femme qui rampe sur son ventre comme un serpent. Par une déchirure à la base des côtes, on voit ses poumons respirer. "Tu m’entends encore, Christina  ?", demande-t-elle en s’inclinant sur une adolescente nue, sans blessure mais au visage couleur de mort. Une couronne de roses est encore posée sur son front, sur ses cheveux noirs défaits. Elle est à demi évanouie.

Mais à la voix et à la caresse de sa mère, elle bouge et rassemble ses forces pour dire :

"Maman..." Sa voix n’est plus qu’un souffle. "Maman, le serpent... il m’a serrée si fort...[3] que je ne peux plus... t’embrasser... Mais le serpent... ce n’est rien... La honte... J’étais nue... Ils me regardaient tous... Maman... est-ce que je suis encore vierge même si... même si les hommes... m’ont vue... comme ça  ?... Est-ce que je plais encore à Jésus ?

— Tu es revêtue de ton martyre, ma fille. Je te l’affirme : tu lui plais plus qu’avant...

— Oui... mais... recouvre-moi, Maman... je ne voudrais plus qu’on me voie... Un vêtement, par pitié...

— Ne t’agite pas, ma joie... Voilà. Ta mère se met là et te cache... Je ne peux plus te chercher un vêtement... parce que... je meurs... Loué soit Jé..." La femme se jette alors sur le corps
de sa fille en un grand flot de sang et, après un gémissement, reste immobile. Morte ? C’est sûrement son dernier souffle.

288> "Ma mère meurt... est-ce qu’aucun prêtre n’a survécu pour lui donner la paix ? interroge la jeune fille en forçant sa voix.

— Moi je suis encore vivant. Si vous me portez.... dit un vieillard assis dans un angle, le ventre complètement ouvert...

— Qui peut porter Cletus [4] auprès de Christina et de Clementina ? disent quelques-uns.

— Je le pourrais peut-être, car j’ai de bonnes mains et je suis encore fort. Mais il faudra m’y conduire, parce que le lion m’a arraché les yeux, dit un jeune homme brun, grand et fort.

— Je t’aide à marcher, Decimus, répond un jeune adolescent peu blessé, l’un des plus indemnes.

— Mon frère et moi t’aideront à porter Cletus, disent deux robustes hommes à la fleur de l’âge, eux aussi peu blessés.

— Que Dieu vous en récompense tous", dit le vieux prêtre éventré pendant qu’ils le portent avec précaution. Une fois déposé auprès de la martyre, il prie sur elle ; bien qu’elle soit agonisante, elle trouve encore la force de recommander son âme à un homme qui, les jambes décharnées, meurt d’hémorragie à ses côtés. Celui-ci demande à l’aveugle qui l’a porté s’il ne sait rien sur Quirinus.

"Il est mort à côté de moi. La panthère lui a ouvert la gorge dès le commencement.

— Les fauves font vite au début. Ensuite, ils sont rassasiés et se bornent à jouer, dit un jeune homme qui perd lentement son sang pas bien loin.

— Trop de chrétiens pour trop peu de fauves, commente un vieillard qui tamponne avec un chiffon la blessure qui lui ouvre le côté sans lui atteindre le cœur.

— Ils le font délibérément, pour profiter d’un nouveau spectacle plus tard. Ils sont certainement en train d’y penser..." observe un homme qui, de la main droite, soutient son avant-bras gauche presque arraché par le coup de dent d’un fauve. Un frisson secoue les chrétiens.

La jeune Christina gémit :

"Pas les serpents ! C’est trop horrible !

289> — C’est vrai. Il a rampé sur moi et m’a léché le visage de sa
langue visqueuse... Ah, j'ai préféré le coup de griffe qui m’a ouvert la poitrine, mais a aussi tué le serpent, au froid de celui-ci. Ah !" Une femme se porte des mains vacillantes et ensanglantées au visage.
"Pourtant, tu es âgée. Le serpent était réservé aux vierges.

— Ils ont tourné nos mystères en ridicule. D’abord Ève séduite par le serpent, puis les premiers jours du monde : tous les animaux.

— Oui. La pantomime du paradis terrestre... Cela a valu au directeur du cirque d’être récompensé, dit un jeune.

— Après en avoir broyé beaucoup, les serpents se sont jetés sur nous jusqu’à ce qu’on ouvre les portes des fauves, et ce fut le signal du combat.

— Ils nous ont couvertes de cette huile et les serpents ne nous ont pas voulues comme proies pour le repas... Qu’allons-nous devenir maintenant ? Je pense à la nudité.... gémit une toute jeune adolescente.

— Aide-moi, Seigneur ! Mon cœur vacille...

— J’ai confiance en lui...

— Je voudrais que Severus arrive, pour l’enfant…

— Il est vivant, ton fils ?" demande une mère toute jeune qui pleure sur ce qui était son fils mais qui n’est plus maintenant qu’un morceau de chair informe : un petit tronc, seulement un tronc, sans tête ni membres.

"Il est vivant, et sans la moindre blessure. Je l’avais mis derrière mon dos. C’est moi que la bête a déchirée. Et le tien ?

— Sa petite tête aux boucles légères, ses petits yeux couleur de ciel, ses petites joues, ses mains comme des fleurs, ses petits pieds qui apprenaient tout juste à marcher sont maintenant dans le ventre d’une lionne... Ah, c’était une femelle et elle sait certainement ce que signifie être mère, et pourtant elle n’a eu aucune pitié pour moi !

— Je veux maman ! Je veux maman ! Elle est restée par terre avec papa... Et j'ai mal. Maman me ferait guérir le ventre  !, pleure un enfant de six ou sept ans, à qui une morsure ou un coup de patte a ouvert nettement la paroi abdominale et qui agonise rapidement.

290> — Tu vas aller bientôt rejoindre ta maman, Tes frères les anges du ciel vont t’y porter, mon petit Linus. Ne pleure pas comme ça..." C’est une jeune fille assise à côté de lui qui le réconforte en le caressant de sa main la moins blessée. Mais l’enfant souffre sur le sol dur et il tremble, si bien que la jeune fille, avec l’aide d’un homme, le prend sur ses genoux, le soutient et le berce ainsi.

"Où est votre père, demande Cletus aux deux frères qui l’ont porté avec l’aveugle.

— Il a fait le repas du lion, sous nos yeux. Pendant que le fauve lui mordait déjà la nuque, il nous a dit : "Persévérez.? Il n’a rien pu ajouter, parce qu’il a eu la tête arrachée...

— C’est du ciel qu’il parle maintenant. Bienheureux Crispinianus !

— Heureux frères ! Priez pour nous.

— Pour notre dernier combat.

— Pour notre persévérance finale.

— Par amour pour nos frères et sœurs.

— Ne craignez rien. Ils étaient déjà parfaits dans l’amour, à tel point que le Seigneur a voulu les reprendre dès le premier martyre, mais ils sont désormais encore plus parfaits, puisqu’ils vivent au ciel et connaissent la perfection de notre très-haut Seigneur, qu’ils reflètent. Leurs corps que nous avons laissés dans l’arène sont seulement des dépouilles, tout comme les vêtements qu’on nous a enlevés. Mais eux, ils sont au ciel. Leurs dépouilles sont inertes, mais eux, ils sont vivants. Vivants et actifs. Ils sont avec nous. N’ayez pas peur. Ne vous préoccupez pas de la manière dont vous mourrez. Jésus l’a dit : "Ne vous préoccupez pas des choses de la terre. Votre Père sait ce dont vous avez besoin." Il connaît votre volonté et votre résistance. Il sait tout et il viendra à votre secours. Encore un peu de patience, mes frères, et ce sera la paix. Le ciel se conquiert avec patience et violence. Patience dans la douleur. Violence envers nos peurs d’hommes. Détruisez-les. C’est une tentation de l’Ennemi infernal pour vous arracher à la vie du ciel.
Repoussez vos peurs. Ouvrez votre cœur à la confiance absolue. Dites : "Notre Père qui est au ciel nous donnera notre pain quotidien de force parce qu’il sait que nous désirons son Royaume, et nous mourons pour lui en pardonnant à nos ennemis". Non, j’ai dit un mot de pécheur : il n’y a pas d’ennemis pour un chrétien. Celui qui nous torture est aussi bien notre ami que celui qui nous aime. 291> Il l’est au contraire doublement. Parce qu’il nous sert sur la terre à témoigner de notre foi, et parce qu’il nous revêt du vêtement de noces pour le banquet éternel. Prions donc pour nos amis, pour ces amis qui ne savent pas à quel point nous les aimons. Ah, en ce moment nous sommes vraiment semblables au Christ parce que nous aimons notre prochain jusqu’à mourir pour lui. Nous aimons. Exactement ! Nous avons appris ce que signifie être des dieux. Car l’Amour est Dieu, et celui qui aime est semblable à Dieu, il est vraiment fils de Dieu. Nous aimons évangéliquement, non pas ceux dont nous attendons joies et récompenses, mais ceux qui nous frappent et nous prennent jusqu’à la vie. Nous les aimons avec le Christ en disant : "Père, pardonne-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font." Et avec le Christ nous disons : "Il est juste que le sacrifice s’accomplisse, parce que nous sommes venus pour l’accomplir et nous voulons qu’il s’accomplisse." Avec le Christ nous disons aux survivants : "Vous souffrez maintenant. Mais votre douleur se changera en joie quand vous nous saurez au ciel. Du ciel, nous vous apporterons la paix dans laquelle nous vivrons." Avec le Christ nous disons : "Quand nous serons partis, nous enverrons le Paraclet faire son mystérieux travail dans les cœurs de ceux qui ne nous ont pas compris et qui nous ont persécutés pour cette raison.? Avec le Christ, ce n’est pas aux hommes mais au Père que nous confions notre esprit afin qu’il le soutienne de son amour dans notre nouvelle épreuve. Amen."

Le vieux Cletus, éventré, mourant, a parlé d’une voix si forte, si assurée, qu’une personne en bonne santé n’en pourrait avoir de semblable. Il a transmis son esprit héroïque à tous, à tel point qu’un doux chant s’élève de ces êtres déchirés...

"Où est ma femme ? interroge une voix depuis le couloir, interrompant le chant.

— Severus ! Mon mari ! Mon enfant est vivant ! Je l’ai sauvé pour toi ! Mais tu arrives à temps... parce que je meurs. Prends, prends notre Marcellinus !"

L’homme s’avance, se penche, embrasse son épouse mourante, saisit l’enfant de la main tremblante de sa femme et leurs deux bouches, qui se sont saintement aimées, s’unissent une dernière fois en un unique baiser posé sur la petite tête innocente.

292> "Cletus... Bénis... Je meurs..." On pourrait croire que la femme a retenu sa vie jusqu’à l’arrivée de son époux. Sur un râle, elle s’abat dans les bras de son mari à qui elle murmure :

"Pars, pars... avec l’enfant... à Puden..." La mort lui coupe la parole.

"Paix à Anicia, dit Cletus.

— Paix !", répondent-ils tous.

Son mari la contemple, étendue à ses pieds, vidée de son sang, déchirée... Ses larmes tombent sur le visage de la morte, puis il dit : "Ma fidèle épouse, souviens-toi de moi !" Il se tourne ensuite vers son vieux beau-père :

"Je la porterai dans la vigne de Titus. Caïus et Sostenutus m’attendent dehors avec une civière.

—  Ils vous laissent passer ?

— Oui. Ceux qui ont encore des parents vivants auront une sépulture...

—  Contre de l’argent ?

— Contre de l’argent... ou même sans. Tous ceux qui le veulent peuvent venir reprendre leurs morts et faire leurs adieux aux vivants. Ils espèrent par là que la vue des martyrs affaiblira ceux qui sont encore libres et que cela les convaincra de ne pas devenir chrétiens, et ils escomptent que nos paroles... vous affaibliront. Ceux qui n’ont pas de famille iront au charnier... Mais nos diacres viendront de nuit chercher leurs restes...

— Est-ce qu’un nouveau martyre se prépare ?

— Oui. C’est bien pour cette raison qu’ils laissent passer la famille et que les martyrs seront ensevelis cette nuit. Eux, ils seront occupés par le spectacle...

— Pourquoi si tard ? Quel spectacle peut-il y avoir de nuit ?

— Oui, quel spectacle ?

— Le bûcher. À la nuit noire...

— Le feu ! Oh...

— Pour ceux qui mettent leur espoir en Dieu, les flammes seront comme la douce rosée de l’aurore. Souvenez-vous des jeunes gens dont parle Daniel. [5] Ils marchaient au beau milieu des flammes en chantant. C’est beau, une flamme ! 293> Elle purifie et habille de lumière, au contraire des fauves immondes, des serpents lubriques, des regards impudiques qui se posent sur le corps des vierges. Mais la flamme ! S’il demeure en nous quelque péché, que la flamme du bûcher soit pour nous semblable au feu du purgatoire. Un bref purgatoire, d’ailleurs, puis, revêtus de lumière, nous irons à Dieu. Oui, c’est à Dieu, la Lumière, que nous irons  ! Fortifiez vos cœurs. Ils voulaient être lumière pour le monde païen. Que les feux du bûcher soit le début de la lumière que nous apporterons à ce monde de ténèbres", dit encore Cletus.

Des pas lourds et ferrés passent dans le couloir.

"Decimus, tu es encore vivant ? demandent deux soldats à leur entrée dans la pièce.

— Oui, mes compagnons. Vivant, et pour vous parler de Dieu. Venez. Je ne puis venir à vous car jamais plus je ne verrai la lumière.

—  Quel malheur ! disent les deux soldats.

— Non : quel bonheur ! Je suis heureux. Je ne verrai plus la laideur du monde. Les flatteries de la chair et de l’or ne pourront plus passer par mes pupilles pour me tenter. Dans les ténèbres de la cécité momentanée je vois déjà la Lumière. Je vois Dieu !

— Mais ignores-tu que tu seras bientôt brûlé ? Ne sais-tu pas que, parce que nous t’aimons, nous avons demandé à te voir pour te faire fuir si tu étais encore vivant ?

— Fuir ? Me détestez-vous au point de vouloir m’enlever le ciel ? Vous n’étiez pas ainsi lors des mille combats que nous avons soutenus côte à côte pour l’empereur. En ce temps-là, nous nous encouragions mutuellement à être des héros. Et voilà qu’aujourd’hui, alors que je me bats pour un Empereur éternel, d’une immense puissance, vous m’incitez à la lâcheté ? Le bûcher ? Ne serais-je pas volontiers mort dans les flammes à l’assaut d’une cité ennemie pour servir l’empereur et Rome, c’est-à-dire un homme comme moi, et une ville qui existe aujourd’hui et n’existera plus demain ? Et maintenant que je donne l’assaut à mon véritable Ennemi pour servir Dieu et la Cité éternelle où je règnerai avec mon Seigneur, vous voulez que je craigne les flammes ?"

Les soldats se regardent, ébahis.

Cletus reprend la parole : "Les martyrs sont les seuls héros. Leur héroïsme est éternel. Leur héroïsme est saint. 294> Leur héroïsme ne nuit à personne. Ils ne ressemblent pas aux Stoïques dont les stoïcismes sont arides, ni aux cruels aux violences inutiles et infâmes. Ils ne volent aucun trésor. Ils n’usurpent aucun pouvoir. Ils donnent. Ils donnent ce qu’ils ont, leurs richesses, leurs forces, leur vie... Ils sont ces généreux qui se dépouillent de tout pour donner. Imitez-les. Vous, les serviteurs soumis d’un homme cruel qui vous envoie donner la mort et la trouver vous-mêmes, passez à la Vie, venez servir la Vie, servir Dieu. Une fois retombée l’ivresse de la bataille, quand le signal impose le silence dans le camp, avez-vous jamais ressenti la joie que vous sentez être celle de votre compagnon ? Non : fatigue, nostalgie, peur de la mort, nausée devant tant de sang et de violences... Mais ici... Regardez ! Ici on meurt et on chante. Ici on meurt et on sourit. Car nous n’allons pas mourir, mais vivre. Nous ne connaissons pas la mort mais la Vie, le Seigneur Jésus."

Deux autres de ces types musclés venus au début entrent avec des torches. Ils sont accompagnés de deux autres hommes vêtus avec recherche. Les torches tenues haut par les deux premiers fument. Ceux qui les accompagnent se penchent pour regarder les corps.

Ils se consultent : "Mort... Celui-là aussi... Celle-ci agonise... L’enfant est déjà froid comme la glace... Le vieux va bientôt mourir... Et celle-là ? Le serpent lui a broyé les côtes. Regarde, elle a déjà de l’écume rose sur les lèvres.

— Je serais d’avis... Laissons-les mourir ici.

— Non, le jeu a déjà été inscrit au programme. Le cirque se remplit de nouveau.

— Ceux des autres prisons pourraient suffire.

— Trop peu ! Proculus n’a pas su gérer les quantités. Il en a destiné trop aux lions, et trop peu au bûcher...

— C’est vrai. Que faire ?

— Attends."

L’un d’eux se place au centre de la pièce et demande : "Que ceux d’entre vous qui sont moins blessés se lèvent." Une vingtaine de personnes se lèvent.

"Pouvez-vous marcher ? Vous tenir debout ?

— Nous le pouvons.

— Tu es aveugle, disent-ils à Decimus.

295> — Je peux être guidé. Ne me privez pas du bûcher, car je suppose que c’est à cela que vous pensez, répond Decimus.

— C’est bien à cela. Et tu désires le bûcher ?

— Je le demande comme une grâce. Je suis un soldat fidèle. Voyez les cicatrices de mes membres. En récompense de mon long et fidèle service à l’empereur, accordez-moi le bûcher.

— Si tu aimes tant l’empereur, pourquoi le trahis-tu ?

— Je ne trahis ni l’empereur ni l’empire, car je ne fais rien contre eux. Mais je sers le vrai Dieu, qui est l’Homme-Dieu et le seul à être digne d’être servi jusqu’à la mort.

— Cassianus, contre de tels cœurs les tortures ne servent à rien. C’est moi qui te le dis. Nous ne faisons que nous couvrir de cruauté sans but.... dit un intendant du cirque à son compagnon.

— C’est peut-être vrai. Mais le divin César...

— Laisse tomber ! Vous qui marchez, sortez d’ici ! Attendez-nous près des sorties. Nous allons vous donner des vêtements neufs."

Les martyrs font leurs adieux à ceux qui restent. Un adolescent s’agenouille pour être béni par sa mère. De son sang, une jeune fille trace une petite croix comme si c’était du chrême sur le front de sa mère qui la quitte pour monter sur le bûcher. Decimus étreint ses deux frères d’armes. Un vieillard embrasse sa fille mourante et s’éloigne d’un pas assuré. Tous se font bénir par le prêtre Cletus avant de sortir... Les pas de ceux qui marchent vers la mort s’éloignent dans le couloir.

"Vous restez encore ici ? demandent les intendants aux deux soldats.

— Oui, nous restons.

— Pour quel motif ? C’est... risqué. Ceux-là corrompent les fidèles citoyens."

Les deux soldats haussent les épaules.

Les intendants s’en vont tandis que des fossoyeurs entrent avec des civières pour emporter les morts. Il y a un peu de confusion, car des parents de morts et de mourants les accompagnent, de sorte qu’on assiste à des larmes et des adieux entre les uns et les autres. Les deux soldats en profitent pour suggérer à un enfant :
"Fais semblant d’être mort. Nous te mettrons à l’abri.

296> — Est-ce que, vous, vous trahiriez l’empereur en vous mettant à l’abri alors qu’il a confiance en vous pour sa gloire ?

— Certainement pas, mon garçon.

— Eh bien, moi non plus je ne trahis pas mon Dieu, qui est mort pour moi sur la croix."

Les deux soldats, littéralement abasourdis, se demandent :

"Mais qui leur donne une telle force ?" Puis, le coude contre la muraille pour se soutenir la tête, ils restent là à observer, méditatifs.

Les intendants reviennent avec des esclaves et des civières. Ils disent :"Vous êtes encore bien peu pour le bûcher. Que les moins blessés s’assoient."

Les moins blessés ! Ils sont tous plus ou moins agonisants, et sont incapables de s’asseoir. Mais les voix supplient  :  "Moi  ! Moi ! Pourvu que vous me portiez..."

On en choisit onze autres...

"Heureux êtes-vous ! Prie pour moi, Maria ! Adieu Placidus ! Souviens-toi de moi, mère ! Mon fils, appelle vite mon âme ! Ô mon époux, que la mort te soit douce  ! ..." Les adieux s’entrecroisent.

On emporte les civières.

"Soutenons les martyrs de notre prière. Offrons pour eux la double douleur de nos membres et de notre cœur qui se voit privé du martyre. Notre Père..." Cletus, livide à faire peur et mourant, rassemble néanmoins ses forces pour réciter le Notre-Père.

Un homme entre, hors d’haleine. À la vue des deux soldats, il recule et retient le cri qu’il avait déjà sur les lèvres.

"Tu peux parler, homme. Nous ne te trahirons pas. Nous, soldats de Rome, demandons à devenir soldats du Christ.

— Le sang des martyrs féconde les terres", s’exclame Cletus. S’adressant à l’arrivant, il demande : "As-tu les mystères ?"

— Oui. J’ai pu les donner aux autres un instant avant qu’on les emmène dans l’arène. Voilà !"
Les soldats, stupéfaits, regardent la bourse de pourpre que l’homme sort de sa poitrine.

"Soldats, vous vous demandez d’où nous tirons notre force. La voilà, la Force ! Voici le Pain des forts. Voici Dieu qui entre vivre en nous. Voici...

297> — Vite ! Vite, mon père ! Je meurs... Jésus... et je mourrai heureuse : vierge, martyre et heureuse", s’écrie Christina en haletant dans les spasmes de la suffocation,
Cletus se hâte de rompre le pain et de le donner à l’adolescente, qui se recueille paisiblement, les yeux fermés.

"A moi aussi... et puis... appelez les serviteurs du cirque. Je veux mourir sur le bûcher...", murmure un enfant dont les épaules sont déchiquetées et la joue ouverte de la tempe à la gorge, qui saigne.

"Tu peux avaler ?

— Je le peux, je le peux. Je n’ai ni bougé ni parlé pour ne pas mourir... avant l’eucharistie. J’espérais... Maintenant..."

Le prêtre lui tend un peu de mie du pain consacré. L’enfant essaie d’avaler, mais sans y parvenir. Un soldat pris de pitié s’incline pour lui soutenir la tête pendant que l’autre, ayant trouvé dans un coin une amphore contenant un reste d’eau au fond, tente de l’aider à avaler en la lui versant goutte à goutte entre les lèvres.

Pendant ce temps, Cletus rompt les espèces et les distribue aux plus proches. Il prie ensuite les soldats de le transporter pour apporter l’eucharistie aux mourants. Puis il se fait reconduire à sa place et dit :  "Que notre Seigneur Jésus vous récompense de votre pitié. "

L’enfant qui avait de la peine à avaler les espèces est pris d’un bref halètement, se débat... Un soldat pris de pitié le prend dans les bras. Mais ce faisant un flot de sang jaillit de la blessure du cou et inonde sa cuirasse étincelante. "Maman ! Le ciel... Seigneur... Jésus..." Le petit corps s’abandonne.

"Il est mort... Il sourit.

— Paix au petit Fabius ! dit Cletus qui pâlit à vue d’œil.

— Paix !", répondent les mourants,

Les deux soldats discutent entre eux. Puis l’un dit :

"Prêtre du vrai Dieu, finis ta vie en nous prenant dans ton armée.

— Pas la mienne, celle du Christ Jésus... Mais... c’est impossible... Auparavant... il faut être catéchumène...

— Non, nous savons qu’on peut donner le baptême en cas de mort.

298> — Vous êtes... en bonne santé..." Le vieil homme halète.

"Nous sommes mourants puisque... Avec un Dieu comme le vôtre qui vous rend tous tellement saints, à quoi bon continuer à servir un homme corrompu ? Nous voulons la gloire de Dieu. Baptise-nous : moi, Fabius, comme le petit martyr, et mon compagnon Decimus comme notre glorieux compagnon d’armes. Après cela nous volerons au bûcher. Que vaut la vie du monde quand on a compris votre Vie  ?"

Il n’y a plus d’eau... aucun liquide... Cletus se sert de sa main tremblante comme d’une coupe et recueille le sang qui goutte de son atroce blessure : "Agenouillez-vous... Je te baptise, Fabius, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit... Je te baptise, Decimus, au nom du Père... du Fils... du Saint... Esprit... Que le Seigneur soit avec vous pour la Vie... éternelle... Amen !" Le vieux prêtre a terminé sa mission, sa souffrance, sa vie... Il est mort...

Comment vivaient les premiers chrétiens Clzotu10

Les deux soldats le regardent. Ils dévisagent un moment ceux qui meurent lentement, sereins... souriant dans leur agonie, en extase eucharistique. "Viens, Fabius. N’attendons pas un instant de plus. Avec de tels exemples, la voie est sûre ! Allons mourir pour le Christ !" Et ils partent en courant rapidement dans le couloir à la rencontre du martyre et de la gloire.

Dans la pièce, les gémissements se font de plus en plus faibles et rares... Du cirque provient le même vacarme qu’au début. La foule recommence à gronder dans l’attente du spectacle.

http://www.maria-valtorta.org/Quaderni/461124.htm
Isabelle-Marie
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