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Le microscope

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Le microscope

Message par saint-michel le Jeu 21 Sep 2017 - 15:11



Le cardinal de Sfrondrate, auteur célèbre de l’ordre de saint Benoît, rapporte un fait comique arrivé à la mort d’un Jésuite allemand. Ce Jésuite, nommé le père Tanner, homme également pieux et savant, allait de Prague à Inspruck, pour prendre l’air natal, et tâcher de rétablir sa santé. Le voyage acheva de le déranger, et il mourut en route, dans un bourg ou village qu’on ne nomme point. La justice du lieu se rendit aussitôt dans la maison ou il était mort. En faisant l’inventaire de son bagage, on y trouva une petite boîte, que sa structure extraordinaire fit d’abord regarder comme mystérieuse et suspecte ; car elle étoit noire et composée de bois et de verre. Mais on fut bien plus surpris, lorsque le premier qui regarda dans la boîte par le verre d’en haut, s’écria tout effaré et en reculant de quatre pas : « Abrenuntio tibi , Satana » (Je renonce à toi, Satan). Autant en dirent tous ceux qui regardèrent après lui. Effectivement ils virent dans cette boîte un animal vivant, noir, énorme, épouvantable, avec des cornes menaçantes et d’une longueur prodigieuse. On était saisi d’effroi, et on ne savait que penser d’un monstre si horrible, lorsqu’un jeune homme, qui ne faisait que d’achever son cours de philosophie, fit observer à l’assemblée que la bête qui était dans la boîte était beaucoup plus grosse que la boîte elle-même ; que dans le cas présent, le contenu était plus grand que le contenant, ce qui était contraire à tout principe de physique, et ne pouvait, ajouta-t-il, se faire naturellement : d’où il concluait que l’animal de la boîte n’était pas un animal matériel, et que ce devait être un esprit sous la forme d’un animal. Tout le monde applaudit à cette remarque, et il n’y en eut aucun qui ne fut persuadé que c’était le diable en personne qui était dans la boîte. Pour celui qui avait cette boîte et la portait avec lui, on en concluait, avec la même évidence, qu’il ne pouvait l’avoir qu’à mauvaise fin, et ne pouvait être qu’un sorcier et un magicien. Le bruit de cet événement diabolique ne tarda pas à se répandre. Tout le bourg accourut à la maison. Chacun voulut regarder dans la boîte, et tous se disaient les uns aux autres avec frayeur et étonnement : « Aujourd’hui nous avons vu le diable. »


Tandis qu’on montrait la boîte au peuple, pour satisfaire sa curiosité, le juge, de son côté, instrumentait. Il condamna le mort à être privé de la sépulture ecclésiastique, et laissa un ordre au curé de faire un exorcisme de l’église, pour faire sortir le démon de la boîte et le chasser hors de tout le pays. La sentence du juge ne s’étendait pas plus loin ; mais les politiques du village poussaient leurs réflexions bien au-delà. La magie du père Tanner devait, selon eux, être regardée commune à tous ses confrères, et une sentence de proscription générale, aurait dû les renfermer tous, suivant cet oracle de Virgile : « Crimine ab uno disce omnes » (Par le crime d’un seul connaissez-les tous).


Dans le temps que tout le monde était occupé de cette merveille, ou plutôt de ce scandale, que chacun en raisonnait à sa façon, et que les esprits étaient dans une agitation et une fermentation inexprimables, voilà qu’un philosophe prussien passa par ce village. On ne manque pas de le régaler de la nouvelle du jour : mais quand il entendit parler d’un Jésuite sorcier et d’un diable enfermé dans une boîte, il se moqua et de la nouvelle et des nouvellistes. Cependant les notables de l’endroit étant venus le saluer, ils le prièrent instamment de venir voir lui-même de ses yeux les faits étonnants qu’il ne pouvait croire sur leur rapport. Il ne put se dispenser de céder à leurs instances : mais quand on lui montra la boîte magique, il jeta un grand éclat de rire. « Est-il possible, s’écria-t-il, que dans ce pays-ci on ne connaisse pas encore la nouvelle invention du microscope ? C’est un microscope, vous dis-je, c’est un microscope. »


Mais on ne savait ce qu’il voulait dire ; le terme était aussi inconnu que la chose ; il commençait même à devenir suspect à plusieurs, et on l’eut pris lui-même pour un sorcier s’il ne se fût pressé de détruire le charme et de dissiper le prestige. Il prit donc la boîte, et en ôta le couvercle, dans lequel la lentille était enchâssée, et, ayant renversé la boîte, on en vit sortir un petit cerf-volant qui se promena sur la table. Le philosophe expliqua ensuite ce mystère d’optique, qu’il mit à la portée des spectateurs. Alors une nouvelle admiration succéda à la première, et l’animal sur la table parut aussi risible qu’il avait paru épouvantable dans la boîte. Alors les soupçons se dissipèrent : le juge déchira sa sentence, la mémoire du père fut rétablie, et chacun en riant s’en retourna dans sa maison. Il se trouva pourtant là une sorte d’honnêtes gens qui publièrent partout l’aventure du père Tanner, ne parlant que de la boîte et de la sentence du juge, sans faire mention ni du philosophe ni du microscope.


Cette histoire, toute ridicule qu’elle est, nous fournit une instruction bien sérieuse, qui devrait nous corriger sur trois défauts.


1) Sur notre précipitation à juger mal d’autrui. Nous ne voyons les défauts des autres que dans un microscope qui grossit étonnamment les objets. Ce microscope est notre cœur, et la lentille notre propre malignité. Qu’est-ce que tous ces crimes, ces horreurs, ces monstres que nous voyons dans le prochain ? C’est un chef-volant dans le microscope. Ôtez la lentille ; et il ne restera tout au plus que quelque ridicule, digne de compassion et d’indulgence.


2) Sur notre facilité à croire le mal qu’on dit d’autrui. Soyez bien persuadé que ceux qui disent du mal d’autrui, n’en parlent que d’après le microscope. S’ils parlent de ce qu’ils ont vu, ils ont vu dans le microscope. S’ils parlent d’après les autres, c’est microscope sur microscope. Plus un fait est répété par plusieurs bouches, plus il est dénaturé et augmenté, plus les microscopes sont multipliés. Ôtez toutes ces lentilles, que trouverez- vous ? Un cerf-volant dans le microscope.


3) Sur notre démangeaison à rapporter le mal que nous savons d’autrui. Ne soyez pas d’assez mauvaise foi pour parler de l’animal monstrueux dans la boîte, sans parler du microscope, ou, si vous ne vouez pas parler du second, ne parlez donc pas du premier, qui n’en vaut pas la peine, et laissez-le pour ce qu’il est, un cerf-volant dans le microscope. Hélas ! Qu’il y a encore de pays, de villes et de maisons où l’on ne connaît pas l’invention et l’illusion du microscope !


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Re: Le microscope

Message par jacques58fan le Jeu 21 Sep 2017 - 16:14

Le microscope qui nous aide désormais à constater que les pigments de la vIerge de Guadaluppe ne sont d'origine ni minérale,ni animale, ni  végétale
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