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Empédocle sur le mont Etna

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Empédocle sur le mont Etna

Message par saint-michel le Ven 1 Sep 2017 - 10:05



Le mont Etna, appelé aujourd’hui le mont Gibel, est une montagne de Sicile, qui vomit continuellement des tourbillons de feux et de flammes. C’est une vraie image de l’enfer, et c’en est une en même temps du feu impur qui conduit à l’enfer. Je compare donc cette montagne ardente à tant d’assemblées mondaines, tant de bals scandaleux, tant de théâtres licencieux, qui, comme autant d’Etna, sont toujours environnés de flammes, et portent l’incendie dans tous les cœurs. Combien, outre cela, d’Etna particuliers, d’Etna ambulants, d’Etna cachés, dont les ardeurs ne sont pas moins dangereuses ! On ne saurait trop craindre tous ces feux, ni trop s’en éloigner. C’est vouloir y périr que de s’en approcher. Qui craint le péché, doit fuir l’occasion.


Empédocle, célèbre philosophe de l’antiquité, plus fameux par sa mort que par sa vie et ses écrits ; fut curieux de voir de près les feux du mont Etna. Il voulut par lui-même savoir ce que c’était que ces feux, comment ils sortaient, et quelles traces ils laissaient après eux. Il voulait voir le haut de la montagne, connaître la nature du terrain, examiner la construction du lieu, et s’assurer si tout ce qu’on en disait était bien véritable. Enfin, if voulait pouvoir en parler savamment, non sur le rapport des autres, mais sur ses propres observations.


Plus d’une fois ses disciples tâchèrent de le détourner d’une entreprise si dangereuse et si téméraire. On lui représenta que tous ceux qui l’avaient tentée y avaient péri ; qu’on devait se contenter de savoir de cette montagne ce qu’on pouvait en découvrir de loin sans risque ; que du reste il fallait en raisonner par conjecture et non par expérience. On lui représenta que le sommet devait être calciné, et qu’en croyant mettre le pied sur un terrain solide, il y avait danger de le mettre sur un abîme de cendre, et d’y être englouti.


On lui représenta enfin que le feu ne sortant pas toujours du même endroit de la montagne, l’éruption pouvait se faire tout-à-coup sous les pieds même de l’observateur, le brûler tout vif, et le réduire en cendre, avant qu’il fût descendu au fond du gouffre.


Empédocle répondait à tout cela qu’on s’alarmait trop aisément, que la peur exagérait le danger, qui n’était pas, à beaucoup près, aussi grand qu’on le disait ; qu’un philosophe ne devait pas se laisser intimider comme le vulgaire ; que si ceux qui avaient monté avant lui y avaient péri, c’était qu’ils n’y étaient pas allés en philosophes, et avec les précautions nécessaires : que pour lui, il avait pris de bonnes mesures, et ne courait aucun risque ; qu’il verrait, qu’il examinerait tout, qu’il reviendrait sain et sauf, et leur en apporterait des nouvelles.


Le philosophe ne disait point quelles étaient ces bonnes mesures qu’il avait prises, elles eussent paru trop ridicules. Elles se réduisaient à deux, et consistaient la première, à porter son bâton avec lui, pour sonder le terrain avant de mettre le pied ; la seconde, à monter pieds nus, pour sentir le terrain qui serait chaud, ou qui commencerait à le devenir, afin de pouvoir s’en retirer avant que l’éruption se fît.


Un beau matin donc Empédocle, sans rien dire à personne, prend son bâton et s’en va à la montagne, laisse ses sandales au bas, et grimpe nu-pieds jusqu’au sommet. Dans ce même temps, deux de ses disciples étant allés par hasard prendre le frais sur une montagne voisine, furent bien surpris de voir un homme se promener sur le mont Etna. Ils jugèrent bien que c’était leur maître, et ils frémirent du danger où il était. Mais que faire ? On ne pouvait plus l’en retirer ; ils se contentèrent donc de le suivre des yeux, et de considérer ce qu’il deviendrait.


Dès qu’Empédocle fut arrivé au haut de la montagne, il fut enchanté de la nouveauté du spectacle. Il vit là mille objets curieux et admirables aux yeux d’un amateur, mais qui, aux yeux de tout autre, n’eussent paru que hideux et méprisables. Il vit de vieilles roches calcinées, il vit des monticules de cendre, il vit des mares de soufre fondu et infect ; il vit des trous et des crevasses, il vit enfin par où actuellement la flamme s’élançait à une hauteur prodigieuse.


Empédocle se promenait autour de ce terrible volcan avec une intrépidité plus que philosophique. Son bâton lui fit éviter plus d’un abyme, et plus d’une fois la chaleur de ses pieds l’avertit de changer de place. Il eut même quelquefois la consolation de voir qu’il en avait changé à propos, le feu s’élançant avec fracas du lieu qu’il venait de quitter. Il s’applaudissait de son industrie, et se disposait à descendre. Il pensait combien il lui serait glorieux d’avoir pu, sans crainte et sans accident, parcourir cette fameuse montagne, que nul mortel avant lui n’avait pu franchir sans y perdre la vie ; et de pouvoir dire, en racontant les merveilles qu’elle contient j’y ai été, je l’ai vue. Tandis qu’il s’occupe de ces pensées, et qu’il jette encore un coup-d’œil sur les objets qui l’ont le plus frappé, et dont il se propose de faire sa description, il ne fut pas assez attentif à l’avertissement de ses pieds ou peut-être ses pieds ne l’avertirent pas, du moins assez à temps ; car il sortit de dessous lui un tourbillon de flammes, qui jeta au loin son bâton à demi brûlé. Pour lui, fut-il brûlé, fut-il englouti ? Peut-être fut-il l’un et l’autre. Tout ce qu’on en sait, c’est qu’il resta là, et ne parut plus.


Ses disciples, témoins de ce funeste accident, coururent aussitôt à l’endroit où ils avaient vu tomber le bâton, et ils reconnurent très-bien que c’était celui de leur maître. Ils firent ensuite le tour de la montagne, pour voir s’ils ne trouveraient point quelques-uns de ses membres épars ; mais ils ne trouvèrent que ses sandales, qu’ils placèrent avec le bâton dans le temple de la prudence, pour avertir ceux qui les verraient, que la vraie prudence consiste à éviter le danger, et que les précautions ne sont plus de saison, lorsque le danger est inévitable.


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