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Notre Histoire avec Marie-Frise- & Redécouvrons notre Passé!!!!

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Re: Notre Histoire avec Marie-Frise- & Redécouvrons notre Passé!!!!

Message par Marie du 65 le Sam 22 Juil 2017 - 9:18

1841
SAINT PIERRE CHANEL, PREMIER MARTYR D’OCÉANIE








Saint Pierre Chanel, premier martyr d’Océanie


Prêtre du diocèse de Belley (Ain) puis missionnaire à Futuna (Wallis-et-Futuna) avec la Société de Marie, Pierre Chanel (1803-1841) meurt assassiné par des indigènes. « Que meure la religion avec celui qui l’a apportée », dira le roi Niuliki ordonnant le meurtre du missionnaire.

Reconnu premier martyr d’Océanie, il est canonisé en 1954 par Pie XII.






Abbé Pierre e Bourgeois

Recteur du sanctuaire Saint-Pierre Chanel à Cuet



Un enfant pieux devenu curé de paroisse.

Alors que le Concordat de 1801 a rétabli la place de la religion catholique en France, Pierre Chanel naît le 12 juillet 1803 à la ferme de la Potière à Cuet (dans l’actuelle commune de Montrevel-en-Bresse), à une vingtaine de kilomètres au nord de Bourg-en-Bresse (Ain).

Avec sa petite sœur, il aime jouer à dire la messe.

L’abbé Trompier, curé de Cras-sur-Reyssouze, petit village non loin de Cuet, qui remarque rapidement sa piété et son intelligence, lui propose de l’emmener pour servir la messe et étudier avec lui. Pierre intègre l’école de Cras à l’automne 1814, il a 11 ans.

Après sa première communion, le 23 mars 1817, il se passionne pour la lecture des lettres des missionnaires envoyés par Monseigneur Guillaume-Valentin Dubourg (1766-1833), de retour d’Amérique où il était évêque de Louisiane.

Plus tard, il confiera :

« C’est l’année où je formai le dessein d’aller dans les missions lointaines. »

À sa confirmation, il prend saint Louis de Gonzague comme second patron.

Il entre au petit séminaire de Meximieux (Ain) et intègre le grand séminaire à Brou (Ain).

Le 15 juillet 1827, c’est en l’église de Brou que Monseigneur Devie l’ordonne prêtre du diocèse de Belley (Ain).

Il a alors plusieurs missions : vicaire à Ambérieu-en-Bugey et curé de Crozet (pays de Gex, proche de Genève), où il laisse les souvenirs les plus impérissables par sa bonté.

Mais il porte toujours en lui le désir de voyager pour évangéliser au-delà des océans. Monseigneur Devie refuse de le laisser partir, Pierre Chanel obéit.






Missionnaire de Marie.

Peut-être pour triompher de la résistance de Monseigneur Devie et pouvoir enfin partir évangéliser outre mer, le père Chanel demande à son évêque l’autorisation de rejoindre la Société de Marie, fondée en 1822 par Jean-Claude Colin (1790-1875).

Il y entre en 1831.

Il espérait que le Saint-Père autoriserait au plus tôt leur constitution en Société missionnaire indépendante et leur ouvrirait les océans… Au lieu de cela, il est professeur au petit séminaire de Belley, où les élèves s’attachent particulièrement à lui.

Suite à l’appel du pape Grégoire XVI à envoyer des missionnaires en Océanie, mission particulièrement confiée à la Société de Marie, Pierre Chanel se porte volontaire.

Il embarque ainsi à bord de la Delphine le 24 décembre 1836, et part du Havre (Normandie) en direction du Chili puis de l’Océanie.

Martyr à Futuna. Après près de 11 mois de voyage, le 7 novembre 1837, le Père Chanel s’installe avec le Frère Marie Nizier à Futuna, dans l’ouest de la Polynésie, tandis qu’un autre groupe de Maristes a débarqué à Wallis.

Découverte en 1616 par les Hollandais, l’île de Futuna a été surnommée « l’enfant perdu du Pacifique » par Bougainville en 1768 ; elle n’a jamais été évangélisée.

Pendant deux ans, hébergé par le roi Niuliki, le Père Chanel apprend la langue du pays et baptise des enfants mourants.

À la suite de saint Paul, il découvre l’île, ses habitants, les coutumes et cherche à se faire Futunien avec eux.

Cette démarche d’inculturation personnelle lui permet de commencer son travail d’évangélisation.

Avec patience et charité, il soigne les malades et les blessés. Il lutte contre les guerres entre tribus.

Ses actions lui valent le surnom d’« homme à l’excellent cœur ».

En 18 mois, il permet aux deux royaumes se trouvant sur l’île de faire la paix.

Mais suite aux différentes conversions à la foi catholique (moins nombreuses cependant qu’à Wallis, qui devient entièrement chrétienne), le roi Niuliki commence à prendre ombrage.

Il décide de ne plus héberger ni nourrir les missionnaires, et une certaine forme de persécution commence pour les pousser à partir.

Ils restent malgré tout fidèles à leur ministère, et grâce à leur témoignage, les cœurs sont touchés et on compte toujours quelques conversions, dont celle du fils du roi Niuliki, Meitala, qui se convertit publiquement.

C’en est trop, le roi décide d’en finir avec le missionnaire :

« Que meure la religion avec celui qui l’a apportée ! »

Le 28 avril 1841, des guerriers se rendent dans la case de Pierre Chanel pour le tuer et piller sa demeure.

La veille, le Frère Marie Nizier avait été envoyé à l’autre bout de l’île pour célébrer un baptême.

Le Père Chanel est battu, puis, d’un coup d’herminette, il meurt le crâne ouvert.

Ses dernières paroles furent : « Malie fai ! » (« C’est bien ! »), en écho aux dernières paroles de Jésus sur la croix :

« Tout est accompli. »

Il aimait dire :

« Les missionnaires meurent, mais une mission ne doit pas mourir ».


En effet, un an après ce drame, des missionnaires reviennent et, en 1844, toute l’île de Futuna est convertie, y compris les assassins du Père Chanel, qui demandent sincèrement pardon. Une danse (« eke ») est même créée par les habitants pour se souvenir de celui qui leur avait apporté la Bonne Nouvelle.

Premier martyr d’Océanie, Pierre Chanel a été béatifié par Léon XIII le 17 novembre 1889 et canonisé par Pie XII le 13 juin 1954. Fêté le 28 avril, il est le saint patron de l’Océanie et a été l’un des saints patrons des JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse) en 2008 à Sydney (Australie)







La Vierge Marie dans la vie de Pierre Chanel.

La dévotion mariale de saint Pierre Chanel lui venait de sa mère Marie-Anne, qui l’avait déjà consacré à Marie avant sa naissance ; les premiers mots qu’elle lui fit apprendre sont

« Jésus » et « Marie ».

Il se souvenait aussi avoir été baptisé le 16 juillet, jour de Notre-Dame du Mont Carmel, et fêtait chaque année cet anniversaire.

Sa devise était :

« Aimer Marie et la faire aimer. »

N’oublions pas la petite conjonction de coordination ET. Ainsi, le premier et le dernier composant de cette devise sont en conjonction et s’appellent l’un l’autre.

Il y a comme une véritable respiration chrétienne.

En inspirant, j’apprends à aimer Marie :

je reçois !

En expirant, j’apprends à faire aimer Marie :

je donne !

Avec Marie, nous sommes comme à la source et au sommet de notre vie de fidèle du Christ.

« Aimer Marie » :

Afin de la mettre dans notre cœur et ainsi permettre à l’Esprit Saint de trouver un terrain favorable pour faire grandir en nous la vie de Jésus. Cet amour de Marie est à la source de notre vie avec le Christ !

« Faire aimer Marie » :

C’est le sommet de notre vie de disciple de Jésus puisqu’il s’agit alors d’être missionnaire, c’est-à-dire des chrétiens vivant et non des disciples de salon !

Bien souvent, nous aimerions voir le fruit de cette vie avec Marie, et il nous arrive dans le quotidien d’avoir éventuellement l’envie de baisser les bras.

Dans ce cas, mettons-nous à l’école de saint Pierre Chanel qui vient nous dire :

« Courage, le Bon Dieu couronnera vos efforts et non vos succès. »

Et surtout, rappelez-vous ces mots :

« Laissons faire, la Sainte Vierge saura bien arranger toute chose. »

« Frappez à la porte du cœur de Marie, elle en fera jaillir un dessein de missionnaire », écrira notamment saint Pierre Chanel au fondateur des Maristes qui s’apitoyait sur le manque de vocations.


Cuet, un sanctuaire à vocation universelle

L’Ain peut s’enorgueillir d’avoir eu trois curés canonisés : saint Vincent de Paul, qui a été en poste à Châtillon-sur-Chalaronne, saint Pierre Chanel à Crozet et saint Jean-Marie Vianney à Ars. Ce n’est cependant pas à Crozet, mais à Cuet que saint Pierre Chanel est le plus honoré.

Afin de parler du charisme du sanctuaire de Cuet, il faut rapporter une anecdote qui ouvre un chemin de réflexion.

Dans les registres de Montrevel-en-Bresse (Ain), on trouve notifié :

« Du vingt-quatre Messidor de l’an onze de la République, Acte de naissance de Pierre Chanel, né hier à une heure du matin, fils de Claude François Chanel et de Marie Anne Sibelle, son épouse, cultivateurs domiciliés à la Potière, commune de Montrevel. »

La Potière est un hameau de Cuet.

Lors de la béatification de Pierre Chanel, les paroisses de Cuet et de Cras-sur-Reyssouze ont revendiqué l’une et l’autre l’honneur d’avoir formé le nouveau bienheureux.

C’est l’évêque du diocèse qui trancha en faveur de Cuet.

Pourquoi rappeler cela ?

Tout simplement parce que nous recevons ce sanctuaire de Cuet de l’Église elle-même.

C’est l’Église qui nous invite à venir ici afin de recevoir ce que le Seigneur veut nous donner par la médiation de saint Pierre Chanel.

Nous ne sommes pas dans un sanctuaire paroissial, comme il en existe dans notre diocèse, mais dans un sanctuaire diocésain qui a une vocation universelle.

En fait, nous sommes sur le lieu des origines de la vie humaine et chrétienne de Pierre Chanel.

Si ce sanctuaire est simple, intime, pour ne pas dire intimiste, c’est parce que nous sommes appelés à entrer dans cette réalité des origines, donc de la naissance et des premiers pas qui sont, nous le savons bien, très importants dans la vie humaine et chrétienne.  







Retourner en Galilée

À l’époque où Pierre était enfant, on se rappelait les moments douloureux de la Révolution française, les réunions secrètes, les messes clandestines dans les fermes bressanes et les trappes par lesquelles les prêtres s’enfuyaient à la moindre alerte.

Ces histoires héroïques ont pu certainement impressionner le jeune garçon.

De plus, il entendit parler de « mission », mot qui éveilla en lui un désir qui deviendra au fil du temps un appel.

On peut ainsi certainement dire que le souhait de partir en mission servir le Christ a été nourri par ses formateurs et ses lectures (les lettres des missionnaires), et par une certaine forme d’héroïsme pastoral et missionnaire dont il a entendu parler enfant. Il en découle que ce sanctuaire de Cuet nous donne la grâce de retrouver notre Galilée, pour reprendre les mots du Saint-Père lors de la vigile pascale 2014, afin de vivre pleinement en disciple de Jésus :

« L’évangile est clair : il faut y retourner, pour voir Jésus ressuscité, et devenir témoins de sa résurrection.

Ce n’est pas un retour en arrière, ce n’est pas une nostalgie. C’est revenir au premier amour, pour recevoir le feu que Jésus a allumé dans le monde, et le porter à tous, jusqu’aux confins de la terre. »


Notre Galilée pourrait se résumer en deux temps :

-        L’accueil des racines de notre vie.

-        La réalité même de notre baptême qui nous conduit à une rencontre personnelle avec Jésus.

Il est à remarquer qu’une fois revenus en Galilée, les Apôtres font l’expérience de Jésus ressuscité qui les engage à attendre ce que le Père leur a promis, l’Esprit Saint, afin d’être des témoins, des missionnaires. Il en va de même pour nous.

Il nous est nécessaire de faire ce petit effort de mémoire, et peut-être de guérison, afin d’accueillir en vérité qui nous sommes dans les racines et l’histoire familiale qui est la nôtre. Puis, il nous faut faire mémoire de la grâce baptismale et de ce qu’elle nous donne de vivre.  

Des missionnaires de la Miséricorde. Posons-nous quelques questions…

Qu’est-ce que le baptême a fait de nous ?

Des enfants de Dieu, des chrétiens, des disciples de Jésus.

Comment sommes-nous appelés à vivre ce que nous sommes devenus par la grâce de notre baptême ?

Par une rencontre personnelle avec Jésus toujours plus vraie et plus profonde.

D’où l’importance d’une vie de prière et de service à la suite du Christ Serviteur. En d’autres termes, une vie véritablement conforme à l’Évangile, appuyée sur la grâce des sacrements et l’approfondissement de notre foi.

Que deviendrons-nous ?

Des témoins du ressuscité qui a transformé nos vies et qui peut, ou plutôt veut, faire de même avec nos frères.

Le sanctuaire de Cuet est ce lieu où nous pouvons exécuter ce cheminement pleinement humain, et donc véritablement chrétien, qui nous conduit à devenir des missionnaires de la Miséricorde du Père.



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Re: Notre Histoire avec Marie-Frise- & Redécouvrons notre Passé!!!!

Message par Marie du 65 le Sam 29 Juil 2017 - 9:20

1641
SAINTE JEANNE DE CHANTAL, AU SERVICE DES PAUVRES








Sainte Jeanne de Chantal, au service des pauvres
Après la mort de son mari à la suite d’un accident de chasse, Jeanne-Françoise Frémyot (1572-1641) s’oriente vers la vie religieuse guidée par saint François de Sales et fonde avec lui l’ordre de la Visitation (1610) à Annecy (Haute-Savoie), devenant ainsi la première Sœur visitandine.

Père Arnaud Bancon




Prêtre de la paroisse Sainte-Jeanne-de-Chantal à Paris 16e

La tendresse d’un père

Née à Dijon le 23 janvier 1572, au temps des Guerres de religion, Jeanne-Françoise Frémyot n’a pas connu sa mère, décédée lorsqu’elle avait 15 mois.

Elle reçoit de son père, Bénigne Frémyot, président du Parlement de Dijon, une excellente éducation à la foi.

Il lui fait prendre conscience du commandement d’amour du prochain :

« Si je n’aimais pas les pauvres, il me semble que je n’aimerais pas Dieu. »

Dieu le Père, Jeanne le rencontre tout au long de sa vie.

Elle en a la révélation dans le comportement de son père, qui sait l’accueillir dans les nombreuses épreuves qui ne l’ont pas épargnée.

« La tendresse de son père était le signe de la tendresse de Dieu… », a pu dire le père François Mercier, recteur et aumônier du monastère de la Visitation à Annecy à la fin du XXe siècle.  

Une foi intense.


Nous sommes à Dijon à la fin du XVIe siècle.

Jeanne s’élance dans la pièce où se trouvent en conversation des invités catholiques et réformés auxquels le président du Parlement ouvre ses portes en dépit de cette période d’affrontement

« Voici des amandes glacées pour vous, Jeanne », propose l’un des invités appartenant à la Réforme.

Les adultes engagent une discussion au sujet de l’Eucharistie.

« Moi je ne peux pas croire que Jésus soit réellement présent dans le Saint-Sacrement », annonce l’ami de son père.

Soudain Jeanne, âgée seulement de cinq ans et qui a attentivement écouté cette discussion, jette les bonbons dans la cheminée en lui déclarant :

« Je ne veux pas de vos sucreries, parce que vous ne dites pas la vérité !

Si vous ne le croyez pas, vous faites de Jésus un menteur ! »

Puis elle entreprend de faire changer sa position.

Cette scène illustre de façon plaisante son sens des petits sacrifices et sa maturité précoce.

« Il faut croire, Monsieur, que Jésus est au Saint-Sacrement de l’autel, puisqu’il l’a dit ! »

Cette exclamation montre la profondeur de l’enseignement paternel et la foi intense qui anime Jeanne

Elle est pleine de confiance, d’espérance, d’abandon à Dieu !

Elle exprime ici la vivacité du désir de témoignage qui l’habite et que d’autres hommes ont vécu avant elle. Commentant le texte de saint Luc (XXII, 19) :

« Ceci est mon corps qui sera livré pour vous », saint Cyrille (IVe siècle) déclarait ainsi :

« Ne va pas te demander si c’est vrai, mais accueille plutôt avec foi les paroles du Seigneur, parce que Lui, qui est la Vérité, ne ment pas » (in Catéchisme de l’Église Catholique).

Saint Thomas d’Aquin (XIIIe siècle) assurait quant à lui :

« La présence réelle du véritable Corps du Christ et du véritable Sang du Christ dans ce sacrement, on ne l’apprend point par les sens mais par la foi seule, laquelle s’appuie sur l’autorité de Dieu. »  





Une âme charitable.


Jeanne de Chantal, épouse du Baron Christophe de Chantal et mère de famille de six enfants (dont le père de Madame de Sévigné, célèbre femme de lettres), souhaite être reliée autant sur le plan spirituel que sur le plan matériel aux paroissiens de toutes conditions de Bourbilly (Côte-d’Or), insistant auprès des membres de sa famille pour qu’ils se rendent à la messe du village le dimanche...

Position de principe assez singulière pour les élites de ce temps, comme le soulignent les historiens, et qui démontre chez la sainte un souci très moderne d'unité de tous dans la foi en Jésus-Christ.

Jeanne de Chantal, comme laïque, évangélise ceux qui la côtoient en aidant les pauvres, en priant chaque jour, en allant à la messe quotidiennement.

« Nous ne pouvons pas toujours offrir à Dieu de grandes choses, mais nous pouvons à tout instant lui en offrir de petites, avec un grand amour. »

L'amour de Dieu doit se vivre dans la situation concrète qui est la nôtre chaque jour.

Comme sainte Jeanne nous y incite :

« Cheminons par ces basses vallées des humbles et petites vertus. Nous y verrons des roses entre les épines, les lis de pureté et les violettes de la mortification...

Visitons les malades, servons les pauvres, conseillons les affligés, le tout sans empressement, avec une vraie liberté. »

« L’œuvre de piété où elle parut la plus attentive durant le temps de son mariage, fut la miséricorde envers les pauvres », dira Mère de Chaugy, petite nièce de Jeanne de Chantal, visitandine comme elle et sa première biographe.  





La rencontre avec saint François de Sales.

Dès 1604, apparaît une intimité spirituelle unique entre François de Sales et Jeanne de Chantal, deux êtres d’exception dont les parcours sont jusque-là plutôt éloignés.

Veuve depuis 1601, la baronne de Chantal a renoncé à se remarier, se sentant attirée par la vie religieuse mais sans savoir sous quelle forme.

François de Sales, devenu son directeur de conscience à la suite de saint Vincent de Paul, cherche avec elle sa voie sans la contraindre en aucune manière.

La vocation de Jeanne est un chemin tout intérieur fait en pleine liberté. Ce chemin n’est pas exempt de nombreuses difficultés et hésitations ; il lui prend plusieurs années.

François lui recommande trois vertus : la patience, la persévérance et l’humilité.

« Le sage loue de cela la femme forte, lui écrit François le 6 août 1606, ses doigts ont manié le fuseau !

Filez tous les jours un peu, mais gardez-vous de vous empresser car vous entortilleriez votre fil à nœud et embarrasseriez votre fuseau. »

Face à certaines hésitations de Jeanne, François affirme :

« Vos impuissances vous nuisent beaucoup car, dites-vous, elles vous gardent de rentrer en votre vie intérieure et de vous approcher de Dieu.

C’est mal parler sans doute. Dieu veut que notre misère soit le trône de sa miséricorde et nos impuissances le siège de sa toute-puissance. »

Il prépare ainsi Jeanne, qui doit veiller à l’éducation de ses quatre enfants (les deux premiers n’ont pas survécu), à découvrir et à choisir le plan de Dieu.

Après quelques années, il lui révèle, le 4 juin 1607, le projet qu’il a conçu d’une petite congrégation en dehors de toute clôture qui mettrait l’accent sur la mortification intérieure, rendrait la vie contemplative accessible aux personnes que les austérités n’attirent pas, ou qui n’auraient pu les supporter, notamment les veuves ou jeunes filles infirmes ou de petite santé.





La fondation de l’ordre de la Visitation.

Le 6 juin 1610, en la fête de la Trinité, ce sont trois femmes animées de la même vocation, Jeanne-Françoise de Chantal, Marie-Jacqueline Favre et Jeanne-Charlotte de Bréchard qui inaugurent une vie commune dans la petite maison de la Galerie à Annecy, avec une Sœur tourière (chargée des relations avec le monde extérieur), Anne-Jacqueline Coste.

François se contenta de leur donner une ébauche de Règle et de les bénir « au nom du Père tout-puissant qui les attirait, du Fils, éternelle Sagesse, qui les régissait, et du Saint Esprit qui les animait de ses amoureuses flammes ».

Le nom des nouvelles religieuses n’étant pas fixé, on les appelle « les Sœurs oblates de la Sainte Vierge ».

Saint François prend rapidement référence sur la Visitation, mystère joyeux de la vie de la Vierge Marie, qui se met au service de sa vieille cousine Élisabeth enceinte de Jean Baptiste (Luc I, 39-56).

Pour lui, « l’esprit de la Visitation est un esprit de profonde humilité envers Dieu et d’une grande douceur envers le prochain ».

Au bout d’un an, les quatre novices s’engagent définitivement. Les postulantes sont bientôt une dizaine. En juin 1616, l’archevêque de Lyon expose le souhait que les Sœurs, désormais également implantées dans sa ville, s’abstiennent de sortir pour le soin des malades et soient constituées en un véritable ordre religieux.

Un bref pontifical du 23 avril 1618 érige la Visitation en ordre canonique et le 16 octobre, François, qui en a été chargé par le Saint Siège, met en clôture les visitandines d’Annecy.

À la mort de François de Sales le 28 décembre 1622, l’ordre compte treize monastères.  





Sainte Jeanne de Chantal est rappelée à Dieu le 13 décembre 1641 à Moulins (Alllier), au retour d’un voyage fatigant.

À sa mort, l’ordre comprend déjà 87 monastères dans l’Europe entière. Elle fut béatifiée le 21 novembre 1751 par Benoît XIV et canonisée par Clément XIII le 16 juillet 1767.

Elle est la patronne et protectrice des personnes oubliées, des repris de justice, des mères de famille, et des veuves.

Ses restes sont conservés avec ceux de saint François de Sales dans la basilique de la Visitation à Annecy.

Longtemps fêtée le 12 décembre, sa fête liturgique est fixée au 12 août depuis 2003.

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Re: Notre Histoire avec Marie-Frise- & Redécouvrons notre Passé!!!!

Message par Marie du 65 le Sam 5 Aoû 2017 - 9:32

1221
SAINT DOMINIQUE CONFIE SON ORDRE À LA VIERGE MARIE


Dès sa naissance au XIIIe siècle, la famille religieuse fondée en France par saint Dominique (après 1170-1221), ou Ordre des Prêcheurs, témoigne d’un lien particulier avec la Mère de Dieu.

À partir du XVe siècle, la prédication du Rosaire donne un nouvel élan marial au monde chrétien.



Augustin Laffay O.P.






Contre les hérésies.

En 1203, l’évêque castillan Diègue d’Osma et son chanoine Dominique découvrent l’ampleur et la gravité des dissidences religieuses qui ont pris racine sur les terres du comte de Toulouse et de ses voisins, dans tout le Sud-Ouest de la France actuelle.

À partir de 1206, les deux hommes parcourent la région délimitée par les Pyrénées, au Sud, et les villes d’Albi, de Toulouse et de Montpellier, à l’Ouest et au Nord.

L’unité de l’Église est mise à mal dans ces contrées par l’hérésie des « parfaits », appelés ultérieurement et de manière inadéquate « cathares », remettant en cause toutes les grandes croyances de la chrétienté médiévale (unicité de Dieu, hiérarchie de l’Église, sacrements).

Les deux Espagnols investissent toutes leurs forces dans une campagne de prédication humble et itinérante.

La tâche est rude.

En 1208, l’assassinat du légat du pape Pierre de Castelnau sur les rives du Rhône a entraîné la « croisade des Albigeois », conduite par le roi de France et les grands seigneurs, non sans arrière-pensées politiques.

Au cœur de ces terres ravagées par l’hérésie et la guerre, sans prendre part à la croisade, Dominique regroupe pourtant à Prouilhe (actuelle commune de Fanjeaux, Aude) des femmes, naguère « parfaites », revenues dans la pleine communion ecclésiale pour y mener une vie de type monastique.  






Des Frères itinérants.

En 1217, Dominique de Caleruega décide de disperser la quinzaine de Frères qui l’ont rejoint à Prouilhe (puis à Toulouse) afin d’y mener une vie de prêcheurs itinérants.

Après avoir obtenu l’approbation de l’évêque de Toulouse, Foulque, puis les encouragements des papes Innocent III et Honorius III, Dominique offre ainsi à l’Église et à ses pasteurs l’aide de prédicateurs bien formés intellectuellement, assoiffés du Salut des hommes et désireux pour cela de porter l’Évangile à ceux qui ne le connaissent pas, comme de conforter dans leur foi ceux qui faiblissent ou fatiguent.

Dominique sait que « les semences dispersées portent du fruit et qu’entassées elles pourrissent », précise la légende de Pierre Ferrand.

Pauvres et mendiants, ses fils sont disponibles pour aller là où on les appelle.

L’Ordre des Prêcheurs naissant (on parlera ultérieurement de Dominicains) prend donc une dimension internationale en envoyant des Frères à Paris, à Rome puis à Bologne (nord de l’Italie), en Espagne et bientôt jusqu’aux confins du monde habité.

La Vierge Marie accompagne les compagnons de Dominique sur les routes et dans leurs prédications.

C’est sous le patronage de Notre Dame qu’est placé le monastère de Prouilhe, au pied de la colline de Fanjeaux.

Lors du procès de canonisation, un témoin affirme que sur les routes d’Italie, Dominique « toujours joyeux dans les tribulations, louait et bénissait le Seigneur en chantant à haute voix l’Ave maris stella ».  


Une protectrice spéciale.

C’est grâce à une intervention miraculeuse de la Vierge Marie qu’un ecclésiastique de haut-rang, Réginald d’Orléans (o.p., † 1220), guérit de la maladie qui l’avait frappé alors qu’il hésitait à délaisser sa carrière universitaire pour embrasser une vie de prédication et de pauvreté.

L’épisode est rapporté par Jourdain de Saxe, premier successeur de Dominique, dans un Petit livre sur le commencement de l’Ordre.

Comme un bon médecin, la Mère du Seigneur vint lui faire des onctions salvatrices de la tête aux pieds en disant :

« J’oins tes pieds avec l’huile sainte, pour qu’ils soient prêts à annoncer l’Évangile de paix. »

C’est l’invitation de l’apôtre saint Paul dans l’épitre aux Éphésiens (VI, 15).

Remis debout, vêtu de l’habit blanc des Prêcheurs, Réginald est envoyé par Dominique à Bologne où il prêche avec grand succès.

En 1221, à quelques mois de sa mort, Dominique se voit confier une nouvelle mission par le pape Honorius III.

Il doit convaincre les moniales de plusieurs monastères romains de se rassembler dans un couvent jouxtant la basilique Saint-Sixte de Rome (Italie), le long de la via Appia, pour y vivre en suivant la règle établie à Prouilhe.

La communauté de Sainte-Marie in Tempulo résiste.

Les Sœurs refusent de s’établir ailleurs si elles ne peuvent emporter avec elle l’image de la bienheureuse Vierge qu’elles vénèrent.

Dominique y consent : il comprend et partage cet attachement des Sœurs.

Celles-ci déménagent le 28 février 1221 et l’image de la Vierge est apportée à Saint-Sixte la nuit qui suit leur entrée dans leur nouvelle clôture.

On craint en effet les réactions de Romains réticents devant cette translation.

Mais la discrétion du transfert n’exclut pas la ferveur et la confiance en Marie.

Une moniale, témoin de l’épisode, raconte que « le bienheureux Dominique, accompagné de deux cardinaux : le seigneur Nicolas et le seigneur Étienne, dont il avait ressuscité le neveu, et d’une foule considérable, tous pieds nus, escortés de nombreux porteurs de torches, la portait sur ses épaules à l’église de Saint-Sixte.

Les sœurs, pieds nus, l’attendaient en prière ».  






Marie, avocate.

Sœur Cécile, moniale romaine de Saint-Sixte et contemporaine de Dominique, relate encore une vision de l’homme de Dieu qui confirme la protection spéciale de la Vierge Marie sur l’Ordre des Prêcheurs.

Une nuit, après avoir prié longuement dans l’église déserte, il se rend à l’extrémité du dortoir des Frères pour continuer son oraison.

Trois dames s’approchent.

La plus belle et la plus digne porte un vase de prix.

Une de ses compagnes lui tend un aspersoir avec lequel elle bénit chacun des Frères endormis en traçant sur lui le signe de la croix.

Prosterné devant elle, Dominique lui demande son nom :

« Je suis celle que chaque soir vous invoquez, et lorsque vous dites :

Eia ergo, advocata nostra (NDLR : « Ô vous, notre Avocate », paroles du Salve Regina), je me prosterne devant mon Fils pour la conservation de cet ordre », répond la Vierge.

Très tôt, le chant du Salve Regina marque la fin de la journée des Dominicains.  






La Mère des Prêcheurs.

Revenu à sa prière, poursuit sœur Cécile, Dominique est ravi en esprit devant Dieu.

La Vierge Marie est assise à sa droite, vêtue d’une chape de couleur saphir.

Des religieux de tous les ordres contemplent le Seigneur et sa Mère mais on n’y voit pas de Prêcheurs. Dominique pleure amèrement.

Marie et son Fils l’appellent et lui demandent les raisons de sa tristesse.

« Veux-tu voir ton ordre ? », lui demande Jésus.

« Oui, Seigneur », répond Dominique en tremblant.

Et, raconte la moniale, « le Seigneur mettant la main sur l’épaule de la bienheureuse Vierge, dit au bienheureux Dominique : j’ai confié ton ordre à ma mère. »

La Vierge ouvre alors la chape qui la couvrait, si vaste « qu’elle semblait couvrir toute la patrie céleste » et, abritée dans les plis de ce manteau, Dominique voit une grande multitude de Frères.

« La bienheureuse Vierge Marie fut l’aide principale dans la fondation de l’Ordre, et l’on espère qu’elle le conduira à bon port », écrit Humbert de Romans, quatrième successeur de saint Dominique.

La Mère du Verbe est aussi la Mère des Prêcheurs.  





Et la prière du Rosaire ?


Le mot rappelle une guirlande de roses dont on couronne la Vierge Marie.

Ces fleurs sont en réalité chacune des prières que le croyant récite pour méditer les mystères de la vie du Christ en unissant sa prière à celle de sa Mère.

Depuis l’époque moderne jusqu’à nos jours, d’innombrables images représentent la Vierge donnant un chapelet à saint Dominique avec mission pour lui de le répandre à profusion.


Déjà au XIIIe siècle, des Frères répétaient des Je Vous Salue Marie, généralement par multiple de dix, en accompagnant cette salutation d’inclinations, de génuflexions, de prostrations.

Le bienheureux Romée de Livia (o.p., † 1261), qui avait connu personnellement saint Dominique, fut enterré, d’après le témoignage de Bernard Gui (o.p., 1261-1331), tenant à la main la cordelette à nœuds qui lui servait à compter les 1000 Ave Maria dont il saluait chaque jour la Vierge.

Au XVe siècle, un Dominicain enthousiaste et inventif, Alain de la Roche (vers 1428-1475), met définitivement en forme le Rosaire.

Il a l’idée de faire de la récitation du psautier de la Vierge, composé de 150 Ave entrecoupés de Pater, l’obligation principale de la Confrérie de la Vierge et de saint Dominique qu’il fonde à Douai (actuel département du Nord) en 1470.

Le succès est immédiat et, depuis lors, rosaire, chapelet, dizainier accompagnent la vie des chrétiens.

La méditation des mystères joyeux, douloureux, glorieux de la vie du Seigneur et de sa Mère permet de lire l’Évangile avec les yeux de Marie.

En 1571, c’est à l’intercession de Notre Dame du Rosaire que le pape dominicain saint Pie V attribue la victoire remportée le 7 octobre à Lépante (Grèce) par les princes chrétiens opposés aux Turcs ottomans.

Le 16 octobre 2002, par sa lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, saint Jean-Paul II enrichit le cycle des mystères en instituant des mystères lumineux.  



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Message par Marie du 65 le Sam 12 Aoû 2017 - 9:46

1879


JEANNE JUGAN, FONDATRICE DES PETITES SŒURS DES PAUVRES








Béatifiée par le pape Jean-Paul II en 1982, puis canonisée par le pape Benoît XVI en 2009, Jeanne Jugan (1792-1879), ou Sœur Marie de la Croix, refusa de se marier pour répondre à la volonté de Dieu.

Elle deviendra la fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres en 1839.





Petites Sœurs des Pauvres de Saint-Pern

L’actualité du message spirituel de sainte Jeanne Jugan.

« Demeurez dans l’admiration et l’action de grâce, à cause de la bienheureuse Jeanne, à cause de sa vie si humble et si féconde, véritablement devenue un des nombreux signes de la présence de Dieu dans l’histoire. »

Ainsi s’exprimait le pape Jean-Paul II, le 4 octobre 1982, au lendemain de la béatification de Jeanne Jugan, devant une assemblée constituée surtout de Petites Sœurs des Pauvres, héritières de leur fondatrice, et de personnes du troisième âge, indissociables de leur vocation !

Le 11 octobre 2009, le Pape Benoît XVI la proclamait sainte, soulignant aussi les deux dimensions et l’actualité de son message spirituel et apostolique : sa « douceur et humilité de cœur » et son « regard de compassion ».






Force dans les épreuves.

La Cancalaise (habitante de Cancale, petit port de pêche de l’Ille-et-Vilaine) de l’époque de Jeanne est réputée pour avoir un tempérament fier et déterminé, forgé par les circonstances difficiles qu’elle doit affronter, souvent sans le soutien d’un époux, parti en mer une bonne partie de l’année.

C’est le cas dans la famille de Jeanne.

Lorsqu’elle naît le 25 octobre 1792, son père est sur les bancs de Terre-Neuve (Canada) à pêcher la morue (il disparaîtra dans l’océan quatre ans plus tard).

Sa maman fait vivre le foyer en travaillant dans une ferme voisine.

Jeanne, sixième d’une fratrie de huit, est baptisée le jour de sa naissance par le Curé Godefroy, guère aimé des Cancalais car il a prêté serment à la Constitution civile du clergé, texte voté par le gouvernement révolutionnaire.

Le recteur et les autres prêtres fuient la Terreur en se cachant ou en émigrant à Jersey (île anglo-normande).

Toute manifestation religieuse est interdite, l’église est devenue un magasin à fourrage, l’école une caserne…

Années noires et pourtant éclairées par la foi inébranlable de ce petit peuple breton tenace.

Car la fierté des Cancalais n’est pas de même nature que l’orgueil, cette fierté est une force pour défendre leurs valeurs et allumer la lampe de l’amour de Dieu dans tous leurs foyers.

Jeanne héritera de cette force et s’en servira pour s’attacher de plus en plus à son Seigneur Jésus, doux et humble de cœur (« Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur », Matthieu XI, 9).

Lorsqu’elle est demandée en mariage, vers 20 ans, par un jeune marin, elle prend le temps de discerner, de prier ; sa réponse est aussi mystérieuse qu’irrévocable :

« Je ne me marierai pas. Dieu me veut pour Lui. Il me garde pour une œuvre qui n’existe pas encore, qui n’est pas encore fondée. »

L’Esprit souffle où il veut…


Patience dans le discernement.

Partie à Saint-Servan (commune rattachée depuis 1967 à Saint-Malo, Ille-et-Vilaine), Jeanne devient membre d’un Tiers-Ordre fondé par saint Jean Eudes (la Société du Cœur de la Mère admirable).

Elle travaille pour gagner son pain et développe sa foi chrétienne dans une vie de prière intense comme en divers engagements de charité, paroissiaux ou personnels.

De saint Jean Eudes, elle apprend à « n’avoir qu’une vie, qu’un cœur, qu’une âme, qu’une volonté avec Jésus ».

De l’« œuvre qui n’existe pas encore », rien n’apparaît.

Jeanne ne cherche pas à provoquer l’éclosion d’une initiative nouvelle.

Elle ne devance pas Dieu, non, elle se donne à Lui et au prochain chaque jour, au fil des mois et des années qui passent.

Elle arrive ainsi à 47 ans : c’est l’hiver 1839.  







Porte et cœur ouverts.

Jeanne vit alors tout près de l’église paroissiale de Saint-Servan, dans un modeste logement : deux petites pièces au premier étage et un grenier.

Elle partage cet espace avec deux autres femmes : Françoise Aubert, dite Fanchon, une amie de 73 ans, et Virginie Trédaniel, une jeune fille de 18 ans qui lui a été confiée par son tuteur.

Ces trois générations vivent en belle harmonie de cœur, de travail et de foi.

L’hiver 1839 est rude, les mendiants sont quasiment aussi nombreux que ceux qui ne le sont pas.

Dans les rues, enfants, jeunes filles et vieillards sont les plus fragiles.

Jeanne entend dire qu’une vieille femme, Anne Chauvin, aveugle et infirme, est à l’abandon.

Avec l’accord de ses deux compagnes, elle va la chercher et l’installe dans son propre lit, lui déclarant qu’elle est maintenant chez elle.

Ce soir-là, Jeanne est allée dormir au grenier.

L’« œuvre » pour laquelle Dieu la gardait était née.

Elle va grandir très rapidement, devenant association de charité puis communauté religieuse qui prendra quelques années plus tard la forme et le nom définitif de « Petites Sœurs des Pauvres ».

Après Anne Chauvin, c’est Isabelle Cœuru qui est accueillie. Virginie lui donne son lit et rejoint Jeanne au grenier.

Jeanne a ouvert sans réserve son cœur à la détresse des personnes âgées et entraîne les autres à faire de même. Le mouvement ne s’arrêtera pas : bientôt, on déménage pour accueillir un plus grand nombre d’indigentes.  


Pauvre avec les pauvres.

Ces « bonnes femmes », comme on les nomme avec affection, étaient mendiantes.

Maintenant, elles sont au chaud et ne vont plus tendre la main.

Jeanne et ses compagnes partagent leurs revenus avec elles.

Mais une autre inspiration de l’Esprit Saint fait franchir à Jeanne un pas supplémentaire : laissant tout travail rémunéré, elle devient pauvre avec les pauvres, mendiante à la place des mendiantes qu’elle a sauvées de la rue.

En mai 1842, sont adoptés les statuts des « Servantes des Pauvres », devenues en 1849 les « Petites Sœurs des Pauvres », avec un vœu d’hospitalité en plus des trois vœux religieux habituels.

Dans sa démarche, Jeanne est encouragée par un Frère de Saint-Jean de Dieu, quêteur, qui la comprend en profondeur.

Une décision qui n’est pourtant pas facile.

Elle dira plus tard :

« J’allais avec mon panier chercher pour nos pauvres… Cela me coûtait, mais je le faisais pour le bon Dieu et pour nos chers pauvres. »

Cette identification d’elle-même aux pauvres et du pauvre à Jésus est toute évangélique.

« Ce que vous avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait », dit Jésus en Matthieu XXV, 40.

La confiance en la Providence, l’une des caractéristiques de sa Congrégation, ne fera que grandir.

Liant le temporel et le spirituel, elle est sûre que Dieu, Père, pourvoira au pain quotidien et fera aussi grandir son image en ceux qui s’abandonnent à Lui.

Jeanne dira un jour :

« C’est si beau d’être pauvre, de ne rien avoir, de tout attendre du bon Dieu ! » C’est une sentence qu’il ne faut pas tronquer.

Tout est lié.





Sœur Marie de la Croix


Le nom de religion de sainte Jeanne Jugan, Sœur Marie de la Croix, récapitule sa spiritualité.

« Sœur », « Petite Sœur » des aînés, elle a dû pourtant s’en éloigner, s’en arracher, par obéissance.

Quatre ans après la naissance de l’œuvre, à la fin 1843, Jeanne est injustement déposée de sa charge de supérieure.

Elle reste quêteuse et donc proche de la vie des maisons qui se fondent, en Bretagne et de plus en plus loin.

Mais soudain, on lui retire la quête, elle est envoyée à la Maison-Mère, sans aucune charge précise.

À La Tour Saint-Joseph (Saint-Pern, Ille-et-Vilaine) à partir de 1856, elle passera 23 années de vie cachée au milieu des novices et postulantes.

Une descente dans l’anonymat, en dépit de la célébrité dont elle avait joui un moment dans les médias de l’époque (elle reçut un prix de l’Académie française) : les nouvelles Petites Sœurs ne savent plus qu’elle est leur fondatrice.

À sa mort, le 29 août 1879, il est écrit sur sa tombe

« Troisième Petite Sœur ».

Il faudra attendre 1902 pour que son rôle effectif soit enfin reconnu par une étude biographique.

La colère peut saisir devant tant d’injustice, mais il faut continuer à regarder comment Jeanne, elle, a vécu cette dernière période de sa vie.

Les témoignages la disent de plus en plus joyeuse. Pas de récrimination, pas de murmures…

Au contraire, malgré une grande lucidité sur sa situation, elle vit dans une louange grandissante :

« Il est si bon, le bon Dieu ! Il faut toujours dire Gloire à Dieu !

Merci mon Dieu ! »

C’est une joie toute spirituelle, car la souffrance est certainement présente.

« Marie de la Croix » est là aussi.

Depuis sa tendre enfance, Jeanne est liée d’affection, de confiance, de piété, à la Vierge Marie.

Son chapelet ne la quitte pas.

Sa formation eudiste lui a fait découvrir comment rester plongée en Dieu en suivant le chemin du Cœur unique de Jésus et de Marie.

Aux jeunes filles qui arrivent au noviciat, encore douloureuses des séparations familiales, elle dit :

« Mes petites, vous aimez la Sainte Vierge ?

Elle sera votre Mère. »

Suivant Marie et Jésus jusqu’au dépouillement de la Croix, elle communie de plus en plus profondément aux sentiments du Christ sur la terre.

Aux jeunes Sœurs, la Petite Sœur Marie de la Croix partage souvent son attrait particulier pour l’humilité du Sauveur.

Ses filles, les Petites Sœurs, portent sur leur croix de profession (qui est cachée sous l’habit) l’inscription

« Je suis doux et humble ».  





« Petites, bien petites ».

« Soyez petites, bien petites !

Gardez l’esprit d’humilité, de simplicité !

Si nous venions à nous croire quelque chose, la Congrégation ne ferait plus bénir le bon Dieu, nous tomberions ».

Jeanne est la première à mettre en pratique son conseil.

Quêteuse, elle se présente toujours petitement, accueillant avec égalité d’âme les dons comme les refus.

Un jour, elle reçoit une gifle :

« Merci mon bon monsieur, répond-elle, ceci est pour moi…

Mais vous me donnerez bien quelque chose pour mes pauvres ? »

Une telle réaction amollirait le cœur le plus endurci : son agresseur lui remet une offrande !

Saint Joseph, qui a subvenu aux besoins de la Sainte Famille, est choisi dès le début de l’œuvre comme protecteur et intermédiaire de la Providence, manifestation de la bonté de Dieu envers la « petite famille ».


La sainteté de Joseph, à l’âme juste, humble et silencieuse, correspond à celle de Jeanne Jugan.

À La Tour Saint-Joseph, quand d’anciens amis lui rappellent tout ce qu’elle a réalisé, elle répond :

« C’est le bon Dieu qui a tout fait.

Je suis seulement son humble servante » : un accent du Magnificat de la Sainte Vierge…

Amour et humilité, tout est dit de sainte Jeanne Jugan et de ce qu’elle attend de ses héritières spirituelles.

« Pour faire une bonne Petite Sœur des Pauvres, il faut beaucoup aimer le bon Dieu, les pauvres, et s’oublier soi-même. »


L’esprit de famille.

Dans sa pratique de l’hospitalité, Jeanne a eu comme une intuition prophétique des besoins et des aspirations profondes des personnes âgées : le désir d’être respectées, estimées, aimées ; l’appréhension de la solitude en même temps que le souhait d’un espace de liberté et d’intimité ; la nostalgie de se sentir encore utiles ; et très souvent une volonté d’approfondir sa foi.

Dès l’accueil d’Anne Chauvin, Jeanne a imprimé le style qui allait lui survivre et se retrouve encore aujourd’hui dans toutes les « Ma Maison » de par le monde : l’esprit de famille.

Vivant sous le même toit, Petites Sœurs et résidents forment de petites cellules de « la grande famille humaine où tous les hommes se traitent comme des frères et partagent les biens de la création selon la règle de la justice, inséparable de la charité » comme le dit la constitution pastorale Gaudium et Spes (8 décembre 1965) du concile Vatican II.

Les communautés sont, dans la plupart des pays, très internationales, porteuses d’un encouragement à la fraternité universelle.  

Le respect de la vie. Sainte Jeanne Jugan a laissé le Seigneur transformer son regard de sorte qu’elle pouvait le reconnaître en toute chose et toute personne.

Consciente de la valeur de la vie et de la dignité suprême de l’être humain, quel que soit l’état de son âme ou de son corps, elle a fait de l’accompagnement des mourants le sommet de la vocation des Petites Sœurs des Pauvres.

Dans le respect de la liberté et de la religion ou des croyances de chacun, elles donnent toujours le témoignage du respect de la vie.






Amour envers les personnes âgées.

Le pape François rappelle souvent que

« l’Église considère les personnes âgées avec affection, reconnaissance et grande estime.

Celles-ci constituent une partie essentielle de la communauté chrétienne et de la société.

Elles représentent en particulier les racines et la mémoire d’un peuple » (audience du 15 octobre 2016 aux associations italiennes de personnes âgées).

C’est le message de Jeanne Jugan : il est tellement actuel ! Que Sainte Jeanne Jugan nous aide à grandir dans l’amour de Dieu et de nos aînés !





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Message par Marie du 65 le Sam 19 Aoû 2017 - 14:06

1879


LES APPARITIONS DE KNOCK EN FONT UN LIEU DE GUÉRISONS










Le 21 août 1879, la jeune Mary Byrne (29 ans) est témoin à Knock (Irlande), avec sa famille, voisins et amis, d’une apparition silencieuse de la Vierge Marie qui se tient aux côtés de saint Joseph et de saint Jean l’évangéliste.

Le village devait devenir le centre d'un sanctuaire marial internationalement connu






Grace Mulqueen et James Campbell

Conservatrice et technicien en muséologie au musée de Knock

Le jour de l'apparition.

La journée du jeudi 21 août 1879 à Knock (petit village du comté de Mayo, dans la province du Connaught, dans l'Ouest de l'Irlande) commença comme à l’ordinaire.

Les gens profitèrent du beau temps pour sortir travailler.

Ils engrangeaient le foin, rapportaient de l’herbe du marais, aéraient leurs draps, mettaient leur linge à sécher.


Une fois son travail terminé, Mary McLoughlin, la femme de ménage du curé de la paroisse, se rend chez la famille Byrne qui habite une maison de chaume près de l’église. Le soir, le temps change et il commence à pleuvoir des cordes.


Vers 20 heures, Mary McLoughlin repart chez elle, accompagnée de la fille ainée des Byrne, Mary âgée de 29 ans.

Alors qu’elles s'approchent de l'église, Mary Byrne s’écrie soudain :

« Regardez ces belles personnes ! »

En se rapprochant, les deux femmes voient une silhouette lumineuse.

Mary Byrne s’exclame :

« C’est la Sainte Vierge ! »

À ses côtés se tiennent saint Joseph et saint Jean l'évangéliste.

À droite se trouve un autel avec un agneau entouré d'anges et derrière lui une grande croix.

Les deux femmes sont trempées par la pluie, mais pas une goutte ne tombe sur le mur extérieur de l’église ou sur la vision.

Mary Byrne court alors chez elle alerter sa famille de la merveilleuse chose qu’elle vient de voir.

Sa mère, son frère Dominick, sa sœur Margaret et sa nièce Catherine Murray sortent pour être eux aussi témoins de l'apparition.

La jeune fille court également partager la nouvelle auprès des voisins de l'église.

Bientôt, une petite foule se rassemble et récite le chapelet ainsi que d'autres prières.

La vision dure environ deux heures, puis disparaît à la tombée de la nuit.  





La commission d'enquête.

Le 8 octobre 1879, l'archevêque Mgr McHale du diocèse de Tuam (dont Knock fait partie) initie une commission d'enquête sur l'apparition.

Quinze témoins d'âges différents sont entendus, des dépositions manuscrites sont prises :

Bridget Trench, 74 ans ; Margaret Byrne, 68 ans ; Patrick Walsh, 65 ans ; Mary McLoughlin, 45 ans ; Brigid Flatley, 44 ans ; Dominick Byrne, 36 ans ; Mary Byrne, 29 ans ; John Durkan, 24 ans ; Judith Campbell, 22 ans ; Margaret Byrne, 21 ans ; Dominick Byrne, 18 ans ; Patrick Byrne, 16 ans ; Patrick Hill, 11 ans ; Catherine Murray, 8 ans ; John Curry, 5 ans.

Les conclusions de la commission sont soumises à l'archevêque.

Selon le rapport de la commission, « les dépositions des témoins, prises dans leur ensemble, sont dignes de confiance et satisfaisantes »

La deuxième commission d'enquête.


En 1936, une seconde commission d'enquête est ordonnée par le révérend Dr. Gilmartin, archevêque de Tuam.

Les deux témoins toujours en vie et vivant en Irlande, Mary O'Connell (née Byrne) et Patrick Byrne sont de nouveau entendus. Un tribunal spécial est aussi mis en place par l'archevêque de New-York, le cardinal Hayes, pour examiner John Curry qui y réside.

Mary O'Connell termine sa déclaration sous serment en disant :

« Je suis formelle sur tout ce que j'ai dit et je fais cette déclaration en sachant que je vais bientôt paraître devant mon Dieu. »  Elle mourut plus tard, dans la même année.  






Knock devient un lieu de guérison.

Dix jours après l'apparition, les Gordon, résidant dans la ville voisine de Claremorris emmènent leur fille Delia, sourde, prier au sanctuaire.

Quand sa mère touche les oreilles de Delia avec du mortier provenant du mur de l’église, la jeune fille est guérie instantanément.

Dès lors, la population afflue et beaucoup de gens sont guéris. L'archidiacre Cavanagh commence à tenir un registre des guérisons.

En octobre 1880, il a déjà enregistré plus de 600 cas.

Des personnes souffrant de maladies telles que cécité, surdité, ulcères, fractures, tumeurs malignes et claudication attestent de leur guérison.*

Les pèlerins grattent souvent la pierre et le mortier du mur de l'apparition et les conservent parfois comme reliques.

Lors des premiers jours du sanctuaire, l'eau bénie sur place est aussi très recherchée.

Les pèlerins d'aujourd'hui peuvent encore toucher la pierre d'origine du mur de la chapelle de Knock et rapporter de l’eau bénite, qui est souvent miraculeuse.

 
Les pèlerinages à Knock.

Après l'apparition en août 1879, les premiers pèlerins viennent par petits groupes, principalement de Knock et des villages environnants.

Mais à mesure que la nouvelle de l'apparition se répand, on arrive de tous les coins du pays.

Knock attire les foules jusqu'au milieu des années 1880, puis, à l'exception des fêtes importantes, le village redevient un lieu de dévotion locale.


En 1929, à l'occasion du 50e anniversaire de l'apparition, l'archevêque Mgr Gilmartin de Tuam est le premier archevêque à participer aux dévotions à Knock : cet événement marque un renouveau pour le village qui attire de nouveau les foules.

De nombreux pèlerinages diocésains sont organisés, généralement sous la conduite de l'évêque du diocèse.

D'autres sont organisés par les Enfants de Marie, la Légion de Marie, les Sodalités du Sacré-Cœur, l'Association Pionnière de l'Abstinence Totale et d'autres organismes.

Le 30 septembre 1979, le pape Jean-Paul II rejoint près d'un demi-million de pèlerins à Knock pour le centenaire de l’apparition.

Il élève la nouvelle église au statut de basilique et offre une rose d'or.

En juin 1993, Mère Teresa de Calcutta est accueillie par plus de 50 000 pèlerins.

En 2001, au cours d’un vaste tour de l’Irlande, les reliques de sainte Thérèse de Lisieux arrivent à Knock et sont vénérées dans le monastère carmélite de Tranquilla puis dans la basilique.

Un lien particulier unit la sainte patronne secondaire de la France à Knock, puisqu’une statue de sainte Thérèse a été donnée par les Spiritains français à Knock après la fermeture d’une de leurs missions au Royaume-Uni.

Aujourd'hui, la période des pèlerinages s'étend d'avril à octobre. Le programme des célébrations débute par l'onction des malades, la messe concélébrée suivie de la bénédiction solennelle des malades, de la bénédiction du Saint-Sacrement et se finissent par la procession du Rosaire.






Le message de Knock.

Le message de Knock est un message silencieux, donné non en paroles mais en symboles. L'agneau sur l'autel se tient au centre.

C'est l'agneau de Dieu, Jésus, qui est mort pour enlever nos péchés. Par le sacrifice de l'agneau, nous recevons une part de la vie du Seigneur Jésus ressuscité.

L'agneau, l'autel et la Croix sont des symboles de l'Eucharistie.

Notre-Dame apparaît dans la posture de la prière, les mains et les yeux levés au ciel.

Les témoins pensent que la Sainte Vierge est venue les consoler et les protéger.


Saint Jean l’évangéliste tient le livre des Écritures ouvert dans sa main gauche ; sa main droite est levée dans le geste de celui qui prêche.

Il est le disciple de notre Seigneur, le prêtre fidèle et l’enseignant de la Parole de Dieu.

Il se tient avec Marie au pied de la Croix.

Saint Joseph, l'époux de Marie, est le protecteur de la Sainte Famille et le gardien de l'Église.

Il est légèrement penché, dans la prière et l’attitude du respect.


Dieu nous parle à tous dans le silence de l'apparition de Knock, nous devons trouver pour nous-mêmes le sens de son message.

L’église paroissiale de Knock

« Une maison de prière pour toutes les nations ».

L'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste de Knock a été construite en 1828 pour remplacer un bâtiment couvert de chaume.

Une dalle a été placée sur le mur ouest à cette époque portant l'inscription :

« Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations. »

(Marc XI, 17) « C'est ici la porte de l'Éternel ; les justes y entreront. » (Psaume 118, 20)

Compte tenu des événements qui ont suivi, cette inscription a été considérée comme prophétique.  

Aujourd'hui, Knock est visité par plus de 1,5 million de personnes chaque année

Le développement du sanctuaire de Knock.


Knock a changé à mesure que les pèlerins y affluaient.

Ce site international de pèlerinage a fait changer le village pour accueillir ses nombreux visiteurs.

Liam et Judy Coyne, ainsi que Monseigneur James Horan, sont notamment à l’origine de changements durables.

Leurs réalisations sont toujours présentes à travers la Knock Shrine Society  dont les bénévoles se mettent au service du développement du sanctuaire.

Aujourd'hui, Knock, souvent appelé Cnoc Mhuire (« la colline de Marie ») en gaélique, est un lieu de prière et de pèlerinage visité par plus de 1,5 million de personnes chaque année, des personnes en recherche de paix, de guérison et de réconciliation.

Le sanctuaire est situé sur une centaine d'hectares de parcs paysagers et comprend cinq églises, dont la chapelle de l'apparition, l'église paroissiale et la basilique de Knock.

Les lieux comprennent également un musée primé, le Knock Museum, où l'histoire de Knock est présentée dans le contexte de la vie en Irlande en 1879.


Les diverses célébrations liturgiques comprennent les pèlerinages organisés, les messes et confessions quotidiennes, l'onction des malades, la direction spirituelle et la pastorale des jeunes.

La neuvaine de Knock s'étend chaque année du 14 au 22 août.

Mgr Joseph Quinn, ancien curé de la paroisse de Knock (et administrateur du sanctuaire de Knock de 2002 à 2011) a dit un jour :

« Aujourd'hui, les gens cherchent des moyens d'atteindre Dieu et d’entrer en relation avec lui. Le sanctuaire de Knock peut les aider dans cette recherche.

Il offre de nombreuses opportunités pour le culte et la prière, le calme et la paix dans nos âmes – tout ce qui est nécessaire dans notre monde si affairé et parfois trépidant. »


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Message par Marie du 65 le Sam 26 Aoû 2017 - 14:05

1194
CHARTRES :

UNE NOUVELLE CATHÉDRALE, « MAISON DE MARIE SUR TERRE »








La ferveur qui règne à Chartres à la fin du XIIe siècle est profonde.

La cathédrale possède une relique remarquable, la « sainte Chemise » de Marie.

Quand en 1194, la cathédrale disparaît et que le voile est sauvé du sinistre, c’est une ville entière, et au-delà l’ensemble de l’Occident chrétien, qui s’assure de l’élévation du nouveau sanctuaire. Jusqu’à aujourd’hui, on y vit avec une intensité particulière la prière de l’incarnation : Marie mère de Dieu offre son fils au monde.





Gilles Fresson


Historien et intendant de la cathédrale de Chartres



L’évêché de Chartres.

Au Moyen Âge, Chartres est l’un des plus vastes diocèses de France, assis sur la riche région céréalière de la Beauce, et bénéficie d’un « décollage » économique, qui favorise aussi les échanges et l’éclosion des villes.

L’immense édifice construit à l’époque de Fulbert (à partir de 1020) – aux murs lourds et austères – a ses portes ouvertes aux pèlerins, qui déjà y viennent nombreux.

Il accueille des liturgies grandioses.

La construction de la nouvelle façade entre 1134 et 1155, à l’orée de l’ère gothique, a frappé les imaginations. Le portail à trois baies, entièrement sculpté, tisse ensemble génie artistique et élévation spirituelle : un véritable Credo, où sont déclinés en trois temps les différents visages du Christ.

L’incarnation y est évoquée par les figures de l’Annonciation, de la Visitation et de la naissance du Christ ; Marie, trône de sagesse, y offre son fils au monde. L’Ascension le laisse voir traversant les nuages pour rejoindre son Père.

Au centre, le Christ en majesté, celui qui existe « de toujours à toujours », bénit l’humanité.

Les trois vitraux de la façade, qui sont parmi les plus anciens connus de grande dimension, nous racontent la vie du Christ : ses ancêtres ; sa vie publique ; sa passion et sa résurrection.

Chaque panneau, illuminé du magnifique bleu de Chartres qui lui sert de fond, décrit une scène de l’Évangile, à la façon d’une bande dessinée où le symbole est toujours présent.

Ainsi, la croix verte liserée de rouge : l’espérance du printemps ; la souffrance du sang. Encore aujourd’hui, de nombreux écrivains spirituels, prêtres et paroissiens viennent se ré-inspirer de cette Bible de pierre et de Verre.

La flèche de la tour sud est un nouveau record : plus de 105 mètres dans une civilisation où les gens vivent « à l’horizontale ».

C’est une façon de rejoindre le Ciel.  






Un incendie qui ouvre sur l’avenir.

C’est dans ce contexte que survient, une nuit de juin 1194, un terrible incendie

. La cathédrale est détruite, à l’exception d’une façade qui était déjà une formidable initiation à la foi chrétienne.

La panique puis l’abattement saisissent la population de Chartres, qui découvre que la « Sainte Chemise », le vêtement que Marie aurait porté sur elle lors de l’Annonciation et de la naissance du Christ, a disparu au cours du sinistre.

Coup de théâtre : trois clercs, que l’on croit morts, étaient descendus dans un caveau profond situé sous le chœur.

Trois jours plus tard, ils en ressortent, au milieu des ruines calcinées et des braises, montrant à tous la châsse du voile, celle de l’orfèvre Teudon, couverte de feuille d’or et d’innombrables pierres précieuses.

C’est peu dire que l’enthousiasme est immense.

L’évêque galvanise la foule. Les premières donations sont effectuées le jour même.  






La construction d’une cathédrale gothique.

Le nouvel édifice, bientôt doté de neuf portes monumentales et de neuf portails sculptés (un record en Europe), est la « maison de Notre Dame sur Terre », la « chambre spéciale de la Vierge Marie », comme le disent les miracles de Notre-Dame, rédigés quelques décennies plus tard par Jehan le Marchant.

D’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui, personne n’y a été enterré : seule grande cathédrale à n’abriter aucun tombeau, elle est pure de tout corps mortel.

Quand le soir vient et que la rumeur des hommes s’éloigne, au moment de fermer le sanctuaire :

Marie y est chez elle.

C’est un immense reliquaire que conçoivent les bâtisseurs.

Leur Foi a le mérite de la sincérité et de l’audace.

Marie a voulu garder au milieu des Chartrains son vêtement et veut donc y conserver son « vestiaire ».


Sa maison a-t-elle disparu ?

C’est qu’elle en veut une autre, plus belle et plus haute.

La cathédrale gothique est achevée en moins de 30 ans !

Elle est une invitation spectaculaire à envisager la sphère divine, puisque son plan et son élévation (37 mètres) sont une visualisation de la « Jérusalem céleste ».

L’utilisation systématique des arcs-boutants, de la croisée d’ogives, l’ouverture des fenêtres hautes font entrer la lumière dans l’édifice.

La cathédrale dispose d’un ensemble exceptionnel de vitraux du XIIIe siècle – le plus vaste au monde conservé, sur 2 500 mètres carrés.

Le chatoiement des couleurs révèle le génie des artisans verriers.

Plus de 5 000 personnages nous introduisent à l’histoire sainte : ils racontent la Bible et la vie des saints, bandes dessinées vivantes qui témoignent aussi de l’excellence de la réflexion théologique et philosophique.

Enfin, trois grands portails sculptés complètent cette « pensée du Moyen-Âge devenue visible », selon l’expression du célèbre historien d’art du XXe siècle Émile Mâle.  


Des fidèles originaires d’ici et d’ailleurs.

Parmi les pèlerins d’hier, on compte de nombreux rois et saints : Vincent de Paul, Louis-Marie Grignion de Montfort, François de Sales… Henri IV y a été sacré roi le 27 février 1594, après les guerres de Religion.

Les pèlerins d’aujourd’hui sont plus variés qu’on ne saurait l’imaginer.

Chaque année, la cathédrale reçoit : les jeunes de 18 à 30 ans des diocèses d’Île-de-France, les pèlerins de Notre-Dame de Chrétienté attachés au rite tridentin, l’aumônerie des tamouls du Sri Lanka, les scouts d’Europe et de très nombreuses paroisses.

Les fidèles viennent de plus de 65 pays – si l’on s’en tient aux nationalités des prêtres qui y ont célébré au cours des cinq dernières années.

Eux, savent que cet édifice, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979 (la cathédrale fut l’un des premiers monuments inscrits sur cette prestigieuse liste), a son enracinement dans une prière que l’on peut vivre intensément auprès du vêtement de Marie.

Aujourd’hui, la véracité des reliques n’est plus l’objet de controverses scientifiques.

Reste une chance infinie qui nous est laissée : un objet à part, qui, dans sa translucidité, nous appelle à méditer sur l’immense mystère de l’Incarnation.

Au-delà du tissu, que voyons-nous ? Du très concret et du très inexprimable : une maison en terre crue, le ventre rond d’une jeune femme de 15 ans ; l’Amour éternel de Dieu présent dans l’aventure humaine, le Fils plein de gloire parlant à nos cœurs et devenu semblable à nous.  





L’esprit du pèlerinage.


« On voit le clocher à dix-sept kilomètres sur la plaine.

De temps en temps, il disparaît derrière une ondulation, une ligne de bois.

Dès que je l’ai vu, ç’a été l’extase.

Je ne sentais plus rien, ni la fatigue, ni mes pieds.

Toutes mes impuretés sont tombées d’un coup. J’étais un autre homme. »

Ces mots de Charles Péguy transmettent la pensée de milliers d’anonymes.

Le pèlerinage de Chartres est de ces aventures hors du commun, de celles qui parlent à toutes les époques et touchent au plus profond de ce que nous sommes : qui transforment.

Chartres, c’est le plateau de la Beauce, qui impressionne par sa plate immensité.

Ce sont ses deux flèches, signe indélébile sur la ligne d’horizon et vers lequel on avance imperceptiblement.

Ce sont des retournements, des moments précieux où l’on ressent une présence aimante, des pardons décisifs, des abandons silencieux à la parole de Dieu, des choix de vie, des vocations encore à la prêtrise ou au mariage ; des millions de démarches personnelles. Des millions d’actes de foi.

Toutes ces expériences sont enracinées dans le même abandon chaleureux à la Vierge Marie. Elles sont pourtant teintées par les personnalités et spiritualités des pèlerins. Une extrême diversité d’ambiance qui est la richesse de Chartres.  


Dans les pas de Péguy.

La spiritualité du pèlerinage de Chartres fut admirablement interprétée par les Cinq Prières dans la cathédrale de Charles Péguy (1913) : spiritualité faite de la vénération offerte à Marie Mère de Dieu, mais aussi redécouverte d’un espace intérieur, d’une disposition d’âme qui se déploie au fur et à mesure de l’approche de la cathédrale.

L’histoire est étonnante.

Elle commence le 14 juin 1912, lorsque Charles Péguy entreprend le pèlerinage de Chartres à la suite d'un vœu fait l'été précédent au chevet de son fils malade.

« Mon vieux, écrit-il à son ami Lotte, j'ai senti que c'était grave.

Il a fallu que je fasse un vœu.

J'ai fait un pèlerinage à Chartres.

Je suis Beauceron.

Chartres est ma cathédrale.

J'ai fait 144 kilomètres en trois jours.

J'ai prié comme je n'avais jamais prié, j'ai pu prier pour mes ennemis.

Mon gosse est sauvé, je les ai donnés tous trois à Notre-Dame.

Moi, je ne peux pas m’occuper de tout.

Mes petits ne sont pas baptisés.

À la Sainte Vierge de s'en occuper. »  


Où prier à Chartres ?

Parmi les 176 représentations de la Vierge Marie dans la cathédrale de Chartres, il en est quelques-unes qui attirent spécialement les pèlerins.


- Devant le voile de la Vierge Marie (dans le déambulatoire), pour méditer, au travers de sa transparence, le mystère de l’Incarnation : Marie de Nazareth disant oui à l’ange du Seigneur, Dieu se faisant homme – prenant chair – dans le sein d’une jeune femme de Palestine.

Offert à Chartres en 876 par le roi de France, le voile de la Vierge vient de Constantinople.

Considéré comme une des reliques majeures du Christ, puisqu’il l’aurait touché le jour de sa naissance, l’un des objets les plus précieux d’Occident est durant des siècles enfermé à l’intérieur d’une châsse couverte d’or et de joyaux.

On découvre ainsi tardivement qu’il s’agit d’un long habit de tête et non d’une « chemise », ainsi qu’elle figurait dans sur le sceau du chapitre de la cathédrale.

S’il est déchiré sous la Terreur révolutionnaire (1793), plusieurs fragments (dont un particulièrement important) sont redonnés à la cathédrale dans les décennies suivantes.

Son reliquaire monstrance (ancêtre de l'ostensoir), réalisé par l’orfèvre Poussielgue-Rusand, date de 1876.  





- Devant la statue de Notre-Dame du pilier :

Marie qui accueille les prières des hommes et femmes.

On vient du monde entier lui confier joies et souffrances pour qu’elle les remette à son fils : les proches confrontés à la maladie, la douleur face à la mort, les personnes que l’on aime passionnément, les moments de dépression, la joie d’avoir un enfant…

Datant des années 1500-1507, cette belle statue en bois de poirier, avec rehauts de dorure, a été installée pour répondre aux besoins des fidèles, qui s’avançaient trop avant dans le chœur où étaient célébrés les offices.

Son donateur est le chanoine Wastin des Feugerets. D’abord placée à la croisée du transept, sur un jubé (construction séparant le chœur du reste d’une église), elle n’a rejoint son actuel emplacement, dans le déambulatoire nord, qu’en 1806.

Le pape Pie IX décida son couronnement, le 31 mai 1855 ; ce qui donna lieu à un regain de dévotion mariale à l’échelle de la France.  


- Devant la statue de Notre-Dame de Sous-Terre. Dans la crypte du XIe siècle (la plus grande crypte de France), elle est la statue immémoriale des pèlerinages.

La chapelle de Notre-Dame de Sous-Terre, d’une extrême sobriété, conduit irrésistiblement vers cette petite figuration de Marie, qui garde les yeux fermés.

Dans l’intimité qui plaisait tant à l’écrivain Joris-Karl Huysmans (1848-1907), on peut s’arrêter et écouter son cœur.

Une messe est célébrée chaque jour à 11h45.

L’actuelle statue a été réalisée en 1975 par l’artiste Marthe Flandrin.

Elle copie l’ancienne Vierge d’époque romane, de chêne sombre, disparue au cours de la Révolution.

De nombreuses légendes, notamment popularisées par Jean Gerson autour de 1420, étaient attachées à la « Vierge devant enfanter », que les prêtres celtes auraient priée avant la naissance du Sauveur.

Cette mythologie, dont on sait aujourd’hui qu’elle n’a aucun fondement historique, a profondément marqué l’imaginaire chartrain, attirant rois de France (Louis XIV), spirituels (Vincent de Paul, François de Sales) et contribuant à faire de cette petite chapelle souterraine, à partir de la réinstallation du culte en 1857, l’un des plus importants sanctuaires mariaux.  


- Devant Notre-Dame de la Belle-Verrière (aussi dite la Vierge bleue).

C’est la plus célèbre des 172 baies de vitraux de la cathédrale, située à l’extrémité du déambulatoire sud.

L’une des plus belles œuvres de l’art universel est aussi un lieu de prière fervente.

Le bleu diaphane du cobalt inoxydé, dit « bleu de Chartres », qui a rendu la baie fameuse depuis sa réalisation vers 1180, ne manque pas de fasciner.

Sur le livre que porte Jésus assis sur les genoux de sa mère : « Toute vallée sera comblée » (Isaïe XL, 4 et Luc III, 5).

Autour, une vertigineuse construction théologique : tabernacle, au sein duquel s’exprime la présence divine, image de l’Église, femme de l’Apocalypse, sujet de louange de la cour céleste.

Aux pieds de la Vierge Marie, les scènes du banquet de Cana, où elle s’adresse à l’Humanité :

« Faites tout ce qu’il vous dira » (Jean II, 5).


Ces panneaux du XIIe siècle, représentant la Vierge en majesté, sont une véritable mystique du vitrail : « versant la clarté du soleil – Dieu – dans le cœur des fidèles tout en les illuminant » (Durand de Mende, vers 1260).

Ils proviennent peut-être de la fenêtre axiale de la cathédrale, préservée durant l’incendie de 1194.

Les panneaux du XIIIe siècle utilisent en contraste un bleu plus soutenu et opaque.

Notre-Dame de la Belle-Verrière, par sa capacité à évoquer la transcendance, est présente dans l’œuvre de nombreux écrivains :

Proust, Malraux, Claudel, Gide, Zweig, Hugo, Rilke.

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Re: Notre Histoire avec Marie-Frise- & Redécouvrons notre Passé!!!!

Message par Marie du 65 le Sam 2 Sep 2017 - 9:00

1542


LA BÉNITE FONTAINE, PRÉCURSEUR DE LOURDES













Les débuts de la dévotion.

Une hypothèse vraisemblable fournie dans une histoire locale de la Roche fait état de deux vagues successives de peste noire, l’une en 1542, l’autre en 1586.

On sait combien la peste était redoutée car elle décimait la population impuissante à lutter contre le fléau.

La prière et la dévotion à Marie, mère secourable, étaient une manière de chercher protection et Salut.

La fuite des lieux d’habitation était un autre réflexe naturel, et la population de la Roche chercha refuge au creux d’un vallon.

Elle découvrit une source d’eau pure, non contaminée, qui lui permit de survivre en attendant de pouvoir rejoindre sa demeure.

Il est probable qu’un oratoire fut alors construit près de la source.

En 1586, un autre épisode de peste noire renvoie les habitants dans le vallon.

Ils retrouvent la source et l’oratoire dédié à la Vierge Marie.

Il semble que c’est peu après la fondation des Capucins à La Roche en 1617, que devint célèbre le petit oratoire situé à la « Bonne Fontaine », ainsi appelée à l’époque.

Mais on peut penser que ce lieu bénéficiait depuis bien plus longtemps de la dévotion des habitants des alentours, venus chercher protection, remercier ou confier leurs peines à la Mère de Notre Seigneur et Sauveur.  


Les premières guérisons officielles.

Lors d’une visite de saint François de Sales pour la Saint-Jean-Baptiste (patron de la paroisse de la Roche), le révérend François de Saint-Sixt, archidiacre de la collégiale, parla à l’évêque d’Annecy de la dévotion populaire pour la « bonne fontaine » et fit état de guérisons individuelles obtenues en ce lieu.

L’évêque demanda alors qu’on lui fasse un rapport écrit.

On lui fit une liste de nombreuses guérisons, il en retint 14 qui furent soumises à l’examen du conseil de Genevois (cette liste figure dans un manuscrit de Turin).

L’eau de la fontaine fut analysée par le P. Baranzano, professeur de sciences au collège d’Annecy.

Elle fut reconnue comme naturelle, sans aucune propriété curative, on était alors en 1619.

(Une étude plus récente faite sur place en 1961 précise que cette source, ainsi que deux autres dans les environs, provient de ruissellements de terrains et dépôts de graviers reposant sur une moraine de fond argileux du glacier Wurmien, du début de l’ère quaternaire.)  






La construction d’une chapelle.

Les guérisons ayant été attestées, François de Sales demanda au curé de la Roche de faire construire une chapelle, près de la source, et de la placer sous le patronage de Marie de la Visitation.

Rappelons que c’est en juin 1610 que la baronne Jeanne de Chantal, amie de François de Sales, avait fondé l’ordre de la Visitation pour la visite et le soin des malades.

Une petite chapelle au toit de chaume fut alors édifiée avec l’argent des pèlerins.

Elle mesurait 8,30m de long sur 6,30m de large.

Elle fut prolongée ensuite par un parvis de 5,30m.

L’eau de la source fut recueillie dans une vasque de pierre, un nouvel oratoire en maçonnerie remplaça le premier, et une statue de la Vierge fut installée.

François de Sales vint bénir la chapelle, la source et la statue en 1620 et, par un acte du 24 octobre de cette même année, déclara cette chapelle dépendante de la paroisse de la Roche et placée sous l’autorité de son clergé.

Les pèlerins pouvaient dès lors assister tous les dimanches à la messe et y recevoir les sacrements.

Lors des fêtes mariales et de la Visitation ils venaient plus nombreux et en procession.

L’histoire locale fait aussi état d’un ermite André Foras, qui aurait desservi la chapelle pendant longtemps, mais on n’a pas d’autres renseignements sur lui.

L’époque révolutionnaire.

À partir de 1791, le clergé dut prêter serment à la Constitution Civile du Clergé.

Ce fut bientôt en France l’époque de la Terreur.

Les prêtres « réfractaires » durent se cacher ou s’exiler.

La paroisse et le sanctuaire ne furent plus desservis.

Des habitants du village cachèrent alors la statue de la Vierge non loin de là, à Bröys.

La chapelle fut pillée, aussi quelques jeunes gens de Saint-Sixt vinrent desceller l’autel de molasse pour le cacher dans le cimetière de leur village.

Le chanoine Chevalier, historien local, rapporte que durant cette période de tourmente, il ne se passa pas un jour sans que quelques personnes du village ne viennent demander force et consolation à Notre Dame de la Bonne Fontaine.

La ferveur populaire ne cessa pas et des miracles furent encore accomplis en ce lieu.

Le Concordat de 1801 rétablit la paix religieuse.

La statue de la Vierge fut remise en place dans l’oratoire, mais la chapelle était en ruine.

L’ampleur des dégâts de la Révolution, tant au sanctuaire qu’à la Roche, demanda des années de reconstruction.

C’est un paroissien, François Thabuis, qui consacra tous ses efforts à l’entretien de la Source, de l’oratoire et de l’accès au sanctuaire.

Il mourut le 29 septembre 1859.






La nouvelle construction.

En 1861, Monseigneur Magnin devint évêque d’Annecy.

Lorsqu’il était enfant, ses parents l’avaient porté à la source alors qu’il était malade pour demander sa guérison.

Aussi, eut-il à cœur de restaurer le sanctuaire de la Bénite Fontaine.

Comme le curé de la paroisse était trop occupé aux réparations de l’église paroissiale, la tâche fut confiée à l’un de ses vicaires, l’abbé Georges Revillard.

Ce dernier pensa que la nouvelle chapelle devrait être construite sur le plateau. Il fallut donc acquérir les terrains.

Les frères Passaquay de Saint-Sixt concédèrent la libre disposition des pentes et du vallon.

On fit appel aux bonnes volontés, tant pour les travaux que pour le financement.

Elles ne manquèrent pas tant la dévotion à la Vierge Marie était grande.

Le 3 novembre 1861, on assista à la pose et à la bénédiction de la première pierre par le curé Gindre.

En souvenir pour saint François de Sales, on conserva les murs et le parvis de l’ancienne bâtisse.

Le 29 juin 1862, 8000 pèlerins venus en cortège depuis la Roche apportèrent une statue de la Vierge en bronze doré, réplique de Notre-Dame de Fourvière.

Elle fut hissée et fixée au faîte du clocher.

Une inscription est visible sur le socle :

« Ils m’ont établie gardienne de leur vallée » (parole inspirée du Cantique des Cantiques I, 5, où la narratrice est établie gardienne des vignes).

La nouvelle chapelle de style gothique a les mêmes dimensions que celle qui était dans le vallon. La canalisation de la source fut refaite.

L’autel caché dans le cimetière fut ramené et forme aujourd’hui la base de l’oratoire actuel.

Des prêtres originaires de la Roche offrirent un nouvel autel ; et les maisons religieuses du Collège, des Capucins et des Sœurs de la charité des vitraux.

Pour couronner le tout, les 14 stations du chemin de croix furent édifiées le long du sentier qui descend de l’esplanade de la chapelle vers la source.

Le 3 mai 1863, Mgr Magnin vint bénir solennellement ce nouveau sanctuaire, accompagné de plus de 5 000 personnes.  

Ce nouveau sanctuaire fut l’oeuvre de tous, et la meilleure expression qui soit de l’attachement et de la générosité de la population à ce lieu béni.

Au début des travaux, l’abbé Revillard n’avait que cinq francs en poche, mais il récolta les 50 000 nécessaires pour assumer toutes les dépenses, et trouva nombre de bénévoles pour participer aux travaux.

La statue de la Vierge qui avait été cachée pendant la Révolution trouva place dans une toute petite chapelle de style gothique édifiée sur l’emplacement de la source.

Quand l’abbé Revillard fut nommé curé d’Étaux (commune voisine de la Roche) en 1865, il fit alors construire un presbytère à quelques dizaines de mètres de la chapelle principale, sur le plateau, afin que puisse y résider un chapelain pour desservir le sanctuaire et organiser des pèlerinages.

Il fut le premier « recteur » du lieu de 1875 à sa mort en 1878.

Son corps repose d’ailleurs dans la chapelle.  






Vie actuelle du sanctuaire.

Il ne se passe pas un jour sans que des habitants du lieu ne viennent remplir des bidons d’eau, fassent quelques dévotions, visitent la boutique, demandent à rencontrer le recteur.

Chaque jour la messe est célébrée dans la chapelle et le chapelet récité.

Le dimanche où l’assistance est trop nombreuse pour la chapelle, la messe est dite dans l’abri du pèlerin.

Une communauté très vivante, où toutes les générations se côtoient, est fidèle au sanctuaire.

En cours d’année, il y a quelques pèlerinages extérieurs, des journées de prière ou d’adoration, et le premier dimanche de septembre, le grand rassemblement diocésain.  

Certains parlent d’un « Lourdes savoyard », mais il s’en faut de beaucoup pour que l’affluence y soit aussi grande.

Si un hébergement était proposé, le sanctuaire pourrait avoir un plus grand rayonnement, mais l’« abri du pèlerin » n’est qu’une vaste salle utilisée tour à tour pour des célébrations, des grandes réunions ou un pique-nique en cas de pluie !

On ne peut donc qu’y faire halte.

En revanche, la dévotion y est intense, sincère et discrète, à l’image peut-être de Marie, dont l’humilité et la présence auprès de son Fils et de ses disciples est rapportée par les Évangiles.





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Re: Notre Histoire avec Marie-Frise- & Redécouvrons notre Passé!!!!

Message par Marie du 65 le Sam 9 Sep 2017 - 9:51

1591

SAINT JEAN DE LA CROIX

SUR LA VOIE DE L’UNION À DIEU








Jean de la Croix (1542-1591), prêtre carme, mystique espagnol, a guidé de nombreux fidèles sur le chemin de l’union à Dieu.

Canonisé par Benoît XIII en 1726, il a été déclaré Docteur de l’Église en 1926, et reste aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands poètes lyriques de la littérature espagnole.


Frère Cyril Robert




Carme déchaux, couvent des Carmes de Paris

Saint Jean de la Croix et la petite Thérèse.

« Ah ! Que de lumières n’ai-je pas puisées dans les œuvres de Notre Père saint Jean de la Croix…

 l’âge de 17 et 18 ans, je n’avais pas d’autre nourriture spirituelle », écrit sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus dans Histoire d’une âme (Manuscrit A, 83).

Sa novice de prédilection, Sœur Marie de la Trinité, a bien remarqué combien Thérèse s’enflamme d’enthousiasme quand elle évoque Jean de la Croix aux novices dont elle a la charge.

Mieux encore, pour Sœur Marie, la « Petite Voie d’humilité et d’amour n’était autre que celle de Notre Père saint Jean de la Croix : le rien de nous et le tout de Dieu ».

Qui est donc saint Jean de la Croix, et quelle est cette nourriture pour notre vie spirituelle – quel que soit notre état de vie, laïc ou consacré – dont la patronne secondaire de la France elle-même s’est tant inspirée ?


Éléments biographiques.

Selon sa biographie classique, Jean était un Espagnol du XVIe siècle, fils de Gonzalo de Yepes, homme de la noblesse qui préféra être déshérité et ruiné pour l’amour de Catalina.

Il l’épousa malgré sa basse condition sociale, et Jean naîtra quelques années plus tard.

Les dernières recherches historiques montrent qu’en fait Jean est né le 24 juin 1542 à Fontiveros, un petit village de Castille situé à environ 120 kilomètres à l’ouest de Madrid.

Il est le troisième garçon d’une famille modeste.

Son père meurt lorsqu’il a deux ans.

Sa mère, Catalina, poursuit alors le travail artisanal de la famille, le tissage, pour subvenir aux besoins du foyer.

Mais la situation financière de la petite famille est précaire, et Catalina décide de déménager 50 km plus au nord, à Medina del Campo.

Jean sera marqué toute sa vie par la pauvreté dans laquelle il a vécu durant son enfance.

Pour ne pas être à charge, il se met à travailler comme infirmier à l’hôpital de la ville.

Si ces talents de travailleur manuel sont passés inaperçus à l'école réservée aux pauvres où Jean a été éduqué (n’étant pas spécialement doué pour la menuiserie, le tissage ou la peinture), son soin pour les malades de l’hôpital et son attrait pour la piété ont tôt fait d’être remarqués.






Relations avec l’Ordre du Carmel.

Quand Jean a 21 ans, il entre dans l’ordre religieux de la ville qui lui paraît être celui honorant le plus la Vierge Marie : l’Ordre du Carmel.

Il y prend le nom de Jean de Saint-Matthias.

Son goût pour la contemplation et la recherche de Dieu s’amplifie.

L’année suivante, il est destiné à la prestigieuse université de Salamanque, où il étudie pendant trois ans les arts et la philosophie.

En octobre 1567, il devient prêtre, mais déjà il est lassé d’une vie de religieux qu’il voudrait plus rigoureuse !

Il décide alors de partir pour rejoindre la Chartreuse.

Sur le chemin, il fait une halte pour rencontrer une moniale demandant à faire sa connaissance.

Cette moniale n’est autre que Thérèse d’Avila (1515-1582), carmélite suscitant l’enthousiasme des uns, ou surnommée « femme inquiète et vagabonde » par les autres.

Son projet est simple : après avoir fondé quelques monastères où l’observance religieuse était redevenue plus grande, elle cherche un Frère carme pour faire de même avec la branche masculine de l’Ordre du Carmel.

Thérèse a 52 ans, Jean 25.

Ce dernier devient un grand défenseur de ce projet de réforme.

L’ouverture de la première maison des carmes déchaux (« déchaussés », car ils marchent les pieds nus dans des sandales) a lieu le 28 décembre 1568 à Duruelo, un lieu isolé de la province d’Avila (Castille). Avec Jean, trois autres compagnons forment cette première communauté masculine réformée.

En renouvelant leur profession de foi selon la Règle primitive, tous les quatre adoptent un nouveau nom : Jean devient « Frère Jean de la Croix », nom sous lequel il sera universellement connu.


L’enlèvement de Frère Jean.

Les premiers couvents de Frères réformés se créent, les vocations affluent.

Jean sert même de directeur spirituel aux Carmélites déchaussées d’Avila.

Mais les choses tournent mal ; près de 10 ans après les débuts des Frères carmes déchaux, dans la nuit du 2 décembre 1577, Frère Jean est enlevé et emprisonné dans un cachot à Tolède par des Frères carmes ne voulant pas de la Réforme de sainte Thérèse et des austères pénitences de Jean.

Le cachot est étroit et obscur, faiblement éclairé par une petite lucarne en hauteur. Jean y reste emprisonné plus de huit mois, sans aucun contact avec l’extérieur.


Une âme de poète.



C’est pourtant dans ce grand dénuement qu’il commence à écrire ses plus beaux poèmes !

« Au milieu d’une nuit obscure, écrit-il abandonné dans son cachot, pleine d’angoisses et d’amour enflammé, ô la bienheureuse fortune, je sortis sans être aperçue, ma demeure étant pacifiée » (La Montée du Carmel).

Aujourd’hui encore, les Frères carmes du XXIe siècle continuent à chanter ces poésies qui évoquent combien le chemin pour s’unir à Dieu passe inévitablement par des nuits désorientant notre intelligence…

Pour lui, le silence et même l’épreuve sont des chemins permettant de se rapprocher de Dieu.

Finalement, dans la nuit du 16 au 17 août 1578, Frère Jean parvient à s’évader du triste cachot où il était enfermé, se réfugiant dans le monastère des carmélites déchaussées de la ville.

Il commence à mettre par écrit son expérience :

La Montée du Carmel, La Nuit Obscure, Le Cantique Spirituel, La Vive Flamme d’Amour sont autant de livres sûrs pour qui veut s’unir à Dieu.






Travaillé par l’Esprit Saint.

Une image, parmi d’autres, peut illustrer le message que Jean de la Croix partage : nous sommes semblables à une bûche de bois, lourde et dure, mais progressivement enflammée par le feu de l’Esprit Saint quand nous cheminons à la suite de Jésus-Christ.

L’Esprit travaille jusqu’à nous embraser progressivement et nous unir au feu lui-même, qui n’est autre que Dieu.

« Le feu commence par sécher le bois, il en chasse l'humidité, et lui fait pleurer l'eau qu'il contient. »

Puis, poursuit Jean, « quand les choses en sont là, le bois a en soi les propriétés et les opérations du feu, car il est sec et il sèche, il est chaud et il échauffe, il est brillant et il éclaire », comme le feu avec lequel il ne fait plus qu’un.

Une bûche enflammée par le feu divin ne peut plus être séparée de lui, comme une âme unie à son Dieu par le Christ, dans l’Esprit.

« Qui nous séparera de l’amour du Christ ? », demande saint Paul (Romains VIII, 35)…

Toutefois, prévient Jean, « avant de s'unir cette âme et de la transformer en soi, le feu divin la purifie et tire au-dehors ses laideurs, il rend la bûche noire et obscure, en sorte qu'elle paraît pire qu'auparavant et vraiment laide et abominable » !

L’homme travaillé par l’Esprit prend conscience de ses péchés, de ses faiblesses, de ses résistances.

Le feu divin les lui révèle non pour l’en accuser, mais au contraire pour les brûler.

Avant d’être embrasée en effet, l’âme « ignorait tout le mal qui était en elle.

Maintenant, pour le rejeter et le détruire, on le lui met sous les yeux et elle le voit clairement ».

Évoquant d’autres images dans ses écrits spirituels et accompagnant beaucoup de Carmélites et de laïcs sur la voie de l’union à Dieu, Frère Jean traverse avec une paix égale nombre de joies (la reconnaissance de la disjonction entre Carmes chaussés et déchaux en 1580 ; la fondation de nouveaux couvents dont Grenade), mais aussi de peines (la séparation avec Thérèse d’Avila, qui meurt en 1582 ; de sombres calomnies).

En août 1591, Jean tombe malade, atteint d’un érysipèle (infection de la peau dont on ne guérissait pas à l’époque).

Il affronte de grandes souffrances avec une sérénité et une patience exemplaires.

Le 14 décembre 1591, il meurt à 49 ans des suites de sa maladie au couvent des Frères carmes d’Ubeda (Andalousie).

Sa dépouille mortelle est transférée à Ségovie (nord de la Castille).

Jean de la Croix est béatifié par Clément X le 25 janvier 1675 et canonisé par Benoît XIII le 27 décembre 1726.

Proclamé Docteur de l’Église par le Pape Pie XI le 24 août 1926, il est surnommé dans la tradition « Doctor mysticus », « Docteur mystique ».  






Qu’attendons-nous de Dieu ?



Sa vie, son expérience de Dieu et ses écrits, qui lui valent le titre de Docteur de l’Église, nous interpellent entre autres sur deux points.

Le premier prend la forme d’une question redoutable : qu’attendons-nous de Dieu ?

« On obtient de Dieu tout autant qu’on en espère » (Lettre 14), affirme Jean dans une de ses lettres.

Cette question et cette maxime ont été très prises au sérieux par la petite Thérèse, qui n’a pas hésité à la faire sienne…

De notre côté, attendons-nous réellement de Dieu qu’il bouscule nos vies, enflamme nos cœurs, nous attire vers cet état de sainteté auquel nous sommes appelés ?

Jean nous invite à espérer davantage…

Le second point émane de la radicalité des écrits du saint espagnol : aurions-nous perdu notre premier amour pour Jésus ?

Là encore, la question de Jean de la Croix s’avère redoutable, tant « c’est une pitié de voir tant d’âmes à qui Dieu donne l’aptitude et la grâce pour avancer dans la voie spirituelle et qui, si elles voulaient s’en donner la peine, arriveraient à ce sublime état d’union avec Dieu.

Elles n’entretiennent cependant avec lui que des relations vulgaires soit par manque de volonté, soit par ignorance, soit par faute de trouver quelqu’un qui les guide » (La Montée du Carmel).  

Ne perdons pas de vue le but de notre vie qui est de s’unir à Dieu, c’est-à-dire d’être imprégné de l’amour de Dieu, à l’image de la bûche enflammée.

Pour Jean, la question n’est pas de savoir si nous sommes des commençants ou des âmes déjà avancées dans cette perspective d’union à Dieu : la question primordiale est de toujours continuer, d’aller de commencements en commencements.

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Re: Notre Histoire avec Marie-Frise- & Redécouvrons notre Passé!!!!

Message par Marie du 65 le Sam 16 Sep 2017 - 10:19

1945


LA DAME DE TOUS LES PEUPLES, UN MESSAGE POUR NOTRE TEMPS







La Dame de tous les Peuples, un message pour notre temps

Le 25 mars 1945, Marie apparaît à Ida Peerdeman (1905-1996), une Hollandaise de 40 ans, à Amsterdam (Pays-Bas).

Elle se présente comme la « Dame de tous les Peuples ou Mère de tous les Peuples ».

Jusqu’en 1959, 56 apparitions ont lieu portant un message « grave et joyeux » (31 mai 1957), un message pour demander d’une manière nouvelle l’Esprit Saint et recevoir le don de la Paix.

Dans ce temps de « déclin de la foi » (28 mars 1951) et dans ce « monde enfoncé dans la corruption » (7 mai 1949), la Dame vient dévoiler un plan de Salut pour l’Humanité.





Sr. Alessandrina, Famille de Marie




Chapelle de la Dame de tous les Peuples, Amsterdam

Marie apparaît comme la Dame, la Mère de tous les Peuples.

Tout commence dans la simplicité d’une rencontre amicale.

Ida est au coin de l’âtre avec ses deux sœurs et reçoit la visite d’un prêtre ami, le Père J. Frehe.

La guerre n’est pas terminée, on discute ; quand soudain, Ida est attirée par une forte lumière qui vient de la pièce attenante.

La Vierge Marie lui apparaît lui annonçant la fin de la guerre qu’on doit à la prière du chapelet.

Dès la première apparition, le titre de « Dame » est donné.

Il est la traduction du hollandais « Vrouwe » qui signifie aussi « Femme », un terme qui a un profond enracinement biblique.

Quatre passages de l’Écriture s’y réfèrent (Genèse III, 15 ; Jean II, 4 ; Jean XIX, 26 et Apocalypse XII, 1) et mettent en lumière la maternité universelle de la Vierge Marie.

Ce titre qui revient plus de 150 fois dans les messages va trouver son explication et son illustration dans une image et une prière.






L’image.

La Dame se montre debout sur le globe terrestre, entourée de la lumière divine, devant la Croix de son Fils.

Tout autour, se pressent des brebis symbolisant tous les peuples de la terre.

La voyante distingue un grand nombre de brebis de couleur noire et entend ces paroles :

« Les peuples du monde entier ne trouveront pas le repos tant qu’ils… ne lèveront pas les yeux paisiblement sur la Croix, centre du monde » (31 mai 1951).

La Dame donne des instructions détaillées pour l’exécution d’une peinture qui fait entrevoir sa part unique dans l’œuvre salvifique du Christ, en se tenant devant la Croix mais aussi en montrant ses mains transpercées.

Marie a souffert avec son Fils « spirituellement et plus encore physiquement », dit la Dame (1er avril 1951).

Il suffit de penser à la Passion vécue par certains grands mystiques comme saint François d’Assise ou saint Padre Pio pour comprendre que la souffrance de la Vierge Marie n’était pas moindre.

La représentation des mains transpercées qui laissent jaillir les grâces, fait le lien entre la corédemption et la médiation universelle de Marie.

Ces rayons, explique-t-elle, sont des « rayons de Grâce, de Rédemption et de Paix.

Par la Grâce de mon Seigneur et Maître, le Père, dans son amour pour l’Humanité, a envoyé comme Rédempteur son Fils unique dans le monde.

Tous deux veulent à présent envoyer le Saint, le vrai Esprit qui lui seul peut être Paix.

Donc : Grâce, Rédemption, Paix. » (31 mai 1951).

Ces rayons montrent aussi que toute souffrance qui est offerte dans l’amour et en union avec le Christ porte grâce et bénédiction.

Marie corédemptrice, médiatrice, est aussi celle qui, les pieds bien posés sur le globe, intercède pour nous, nous défend contre le mal, plaide notre cause.

Elle est notre avocate.

À cette image se joint une prière qui a été dictée en grande solennité par la Dame, le jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes, le 11 février 1951 (cf. proposition de prière).


La prière.

Elle est « courte et puissante », pour demander l’Esprit Saint.

« Vous ne connaissez ni la grandeur ni la puissance qu’a cette prière auprès de Dieu » (31 mai 1955).

La Dame demande que l’on prie cette prière au moins une fois par jour, lentement et avec ferveur.

« Demandez-lui de bannir la corruption de ce monde. De la corruption proviennent les calamités ; de la corruption proviennent les guerres. Par ma prière vous demanderez que cela soit épargné au monde. »

(31 mai 1955).

Et elle promet :

« Je vous donne l’assurance que le monde changera » (29 avril 1951).

C’est ainsi que sous l’égide de la Dame de tous les Peuples se dessine un plan de Salut pour que ce monde change, qu’il soit délivré de la corruption, préservé des calamités, épargné par les guerres, surtout pour que l’Amour de Dieu et du prochain règne dans les cœurs.

« C’est le premier et principal commandement », dit la Dame (2 juillet 1951).

« Si on le ramène parmi les hommes, le monde sera sauvé » (15 novembre 1951).

En d’autres termes, il s’agit de demander la venue renouvelée l’Esprit Saint.






La « grande Action mondiale »

La Dame demande que cette prière et cette image soient diffusées dans le monde entier, une diffusion à laquelle elle donne le nom de « grande Action mondiale » (11 octobre 1953).

Elle précise :

« C’est une œuvre de rédemption et de Paix » (1er avril 1951).

« Cette Action ne concerne pas un seul pays ; cette Action est pour tous les peuples. » (11 octobre 1953).

Elle encourage à s’y risquer « d’un cœur brûlant de zèle » (1er avril 1951), à faire cette diffusion « avec les moyens modernes » (31 décembre 1951) et particulièrement « par l’intermédiaire des couvents » (20 mars 1953).

La Dame elle-même en « assume la responsabilité » (11 octobre 1953).

« C’est ainsi que la Dame de tous les Peuples sera apportée dans le monde, de ville en ville, de pays en pays.

Dans la simple prière, une seule communauté va se former » (17 février 1952).


Cette Action est déjà bien engagée.



La prière a été traduite en plus de 70 langues, diffusée à des millions d’exemplaires dans de nombreux pays de tous les continents.

Sur l’initiative privée de certains fidèles, une image pèlerine passe même dans les familles, les paroisses, les groupes de prière, les monastères…

Les témoignages affluent des bienfaits qui en découlent.

Cette image et cette prière s’avèrent être un outil privilégié pour la nouvelle évangélisation à laquelle chacun peut apporter son concours personnel.

Elles doivent atteindre tous les cœurs, car « tous y ont droit » (29 avril 1951) et pour tous, « qui et quoi que vous soyez, il m’est donné – dit la Dame (31 mai 1954) – d’être la Mère, la Dame de tous les Peuples ! »


Le dernier dogme marial

Cette Action est demandée en préparation d’un dogme, le dernier, le plus grand et le plus important (15 août 1951), réclamé plusieurs fois (15 novembre 1951 notamment), qui doit être le « couronnement de la Mère du Seigneur Jésus-Christ, Corédemptrice, Médiatrice et Avocate » (11 octobre 1953).

C’est la première fois dans l’histoire mariale que la Vierge Marie demande un dogme.

Elle s’adresse pour cela au Pape et aux théologiens en spécifiant qu’elle « n’apporte pas de nouvelle doctrine.

C’est bien les anciennes notions que j’apporte » (4 avril 1954) et en les prévenant que ce dogme de la corédemption de Marie fera l’objet d’un « combat dur et pénible » (5 octobre 1952).

Cependant, « quand il (ce dogme) aura été proclamé, la Dame de tous les Peuples donnera la Paix, la vraie Paix au monde » (31 mai 1954).

Le 11 octobre 1954, par l’encyclique Ad Coeli Reginam, le pape Pie XII crée la fête de la Maternité divine de Marie (à la date du 22 août, à l’octave de l’Assomption solennellement proclamée le 1er novembre 1950 ; c’est aujourd’hui la fête de Marie Reine), mais sans citer le mot de « corédemptrice ».

Celui-ci dérange en effet de nombreux chrétiens, qui s’appuient notamment sur la phrase de saint Paul :

« Il n’y a qu’un seul médiateur entre Dieu et l’homme » (1 Timothée II, 5).

Cependant, il faut bien comprendre que Marie, si elle n’est nullement la source de la grâce, participe pleinement à l’œuvre du Salut par sa coopération à l’Incarnation (le Fiat de l’Annonciation :

Marie dit « oui » à l’archange Gabriel) et par son intime union aux souffrances de son Fils lors de la Passion (le Stabat au pied de la Croix :

Marie se tient « debout » près de son Fils crucifié).

De fait, ce terme de « corédemptrice » a déjà été employé bien des fois dans la tradition et le magistère de l’Église.

Il suffit de citer parmi d’autres : Vincent Pallotti, Anne-Catherine Emmerich, Leopold Mandic, Maximilian Kolbe, Edith Stein, Padre Pio, Mère Teresa ou le pape Jean-Paul II.


La ville du Miracle eucharistique.



Le choix d’Amsterdam comme cadre à ces apparitions n’est pas fortuit.

La Dame la nomme « la ville du Miracle » (5 octobre 1952) car le 15 mars 1345, 600 ans avant la première apparition, a eu lieu un miracle eucharistique qui y est commémoré tous les ans. http://www.de-vrouwe.info/fr/le-miracle

Tout au long de son message, la Dame nous ramène à ce « grand miracle de chaque jour, de chaque heure, de chaque minute » (31 mai 1957) qu’est la sainte Eucharistie.

La dernière vision qu’aura Ida sera d’ailleurs celle de la puissance eucharistique qui se déploie dans le monde (31 mai 1959).






Les signes d’authenticité

La Dame appuie son message sur de nombreux signes, comme rarement ils ont été donnés dans des apparitions mariales.

« Mes signes, dit-elle (31 mai 1957), sont contenus dans mes paroles !

» L’authenticité des messages en effet se vérifie au fur et à mesure qu’arrivent les événements qu’ils annoncent.

Dès 1950, Ida voit la réunification de l’Allemagne.

La Dame lui montre une ligne épaisse en Allemagne et dit :

« L’Europe est divisée en deux » (10 décembre 1950).

Il lui faut alors enlever la ligne d’un coup de main.

Nous avons été témoins quarante ans plus tard de la chute du mur.

De même, le premier alunissage par les Américains en 1969 a été montré 23 ans auparavant.http://www.de-vrouwe.info/fr/alunissage

Ida se sentait à ce moment-là dans un état d’apesanteur qu’elle décrit exactement à son directeur spirituel (7 février 1946).

Dans une vision impressionnante du 11 février 1951, Ida se voit dans la basilique Saint-Pierre à Rome où sont rassemblés les évêques du monde entier autour du Saint-Père qui porte la tiare et un livre épais.

Personne ne pouvait imaginer que, onze ans plus tard, aurait lieu le deuxième concile du Vatican.http://www.de-vrouwe.info/fr/le-concile-vatican-ii

Un signe qui ne laisse aucun doute est celui que donne la Vierge Marie dans la nuit du 18 au 19 février 1958.

Elle annonce, pour le début d’octobre de la même année, que « le pape Pie XII sera élevé parmi les Nôtres ».

Il décède en effet le 9 octobre 1958 alors qu’au moment où le message a été donné, il se trouvait en pleine santé.http://www.de-vrouwe.info/fr/la-mort-du-pape-pie-xii

Ce signe d’authenticité fut pour le Père Frère, O.P., d’autant plus convaincant qu’il savait que seul Dieu peut connaître et déterminer l’heure de la mort d’un homme.

Ici et ici, vous trouverez l’annonce d’autres signes.

Les évènements d’Akita (Japon) sont aussi une preuve irréfutable pour Amsterdam. http://www.de-vrouwe.info/fr/amsterdam-akita


Une position mitigée de l’Église

Les événements d’Amsterdam ont été étudiés non seulement par Mgr Johannes Petrus Huibers et ses successeurs, mais aussi par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) à Rome.

Enquêtes et interrogatoires se sont succédés pendant des années au travers de différentes commissions diocésaines.

En mai 1974, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi envoya une lettre à Mgr Zwartkruis, évêque de Haarlem-Amsterdam, et publia dans L’Osservatore Romano un communiqué notifiant sa position de « non constat de supernaturalitate » ce qui veut dire que jusqu’à présent « le caractère surnaturel n’est pas établi ».

En 1996, 22 ans plus tard, sous la pression des demandes venues des Pays-Bas et de l’étranger, Mgr Henrik Bomers, évêque d’Amsterdam, et son évêque auxiliaire Mgr Jozef M. Punt prirent la décision, après en avoir délibéré avec la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, d’autoriser officiellement la dévotion publique à la Vierge Marie sous le titre biblique de « Dame de tous les Peuples ».

Cette autorisation a fait l’objet d’une communication écrite le 31 mai 1996 dans laquelle il est dit entre autres :

« Il convient de distinguer, d’une part les apparitions et les messages, et d’autre part le titre marial de « Dame de tous les Peuples ».

Pour l’instant, l’Église ne peut se prononcer sur le caractère surnaturel des apparitions ni sur le contenu des messages.

Sur ces questions, chacun et chacune est libre de se forger sa propre opinion en toute conscience.

Dès 1951, la prière « Seigneur Jésus-Christ… », incluant le titre « Dame de tous les Peuples », a reçu l’approbation ecclésiale de l’Évêque de l’époque, Mgr Huibers.

Pour notre part, nous ne voyons pas non plus la moindre objection à la dévotion publique à la Sainte Vierge sous ce titre. »






La reconnaissance du caractère surnaturel des apparitions

Le 31 mai 2002, l’actuel évêque d’Amsterdam, Mgr Jozef M. Punt, se prononçait par une déclaration écrite « sur l’authenticité des apparitions de la Vierge Marie sous le titre de « Dame de tous les Peuples » à Amsterdam entre 1945 et 1959 ».

Dans sa déclaration, il est dit :

« Comme on le sait, mon prédécesseur, Mgr H. Bomers, et moi-même avons approuvé en 1996 la dévotion publique de la Vierge Marie sous le titre de « Dame de tous les Peuples ».

Depuis lors, six années se sont écoulées.

Je constate que la dévotion a acquis une place dans la vie religieuse de millions de personnes à travers le monde entier et qu’elle a obtenu le soutien de nombreux évêques…

Dans la pleine reconnaissance de l’autorité du Saint-Siège, c’est à l’évêque qu’il revient de s’exprimer en toute conscience sur l’authenticité de ce qui est révélé ou a été révélé à une personne de son diocèse.

À cette fin, j’ai sollicité une fois de plus l’avis de quelques théologiens et de quelques psychologues…

Concernant les fruits et autres événements relevés, j’ai également demandé l’avis d’un certain nombre d’évêques qui connaissent dans leur diocèse une forte dévotion à la Vierge Marie sous le titre de « Mère et Dame de tous les Peuples ».

Quand je relis tous ces avis, témoignages et événements et que je les considère dans la prière et la réflexion théologique, je suis amené à établir que les apparitions d’Amsterdam relèvent d’une origine surnaturelle. »

Conclusion


Les messages d’Amsterdam, en nous dévoilant le dessein de Dieu pour notre temps, éveillent l’espérance et donne des moyens concrets pour promouvoir et répandre la paix parmi les peuples.

Cette paix s’établira dans les cœurs d’autant plus qu’ils écoutent « la voix de leur Mère, la Dame de tous les Peuples » (31 mai 1954), car elle nous obtient aujourd’hui comme hier « le vrai et Saint Esprit ».

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Message par Marie du 65 le Dim 24 Sep 2017 - 9:05

1552
SAINT FRANÇOIS-XAVIER, APÔTRE DES NATIONS







Saint François-Xavier (1506-1552) est un missionnaire jésuite navarrais (territoire du Nord de l’Espagne) qui a effectué l’essentiel de sa formation religieuse en France.

Proche ami d'Ignace de Loyola, il fut avec lui l’un des cofondateurs de la Compagnie de Jésus.

Ses nombreux succès missionnaires en Inde et dans l’Extrême-Orient lui valurent le surnom d'« apôtre des Indes ».



Mgr Patrick Chauvet




Curé de la paroisse de Saint-François-Xavier des Missions étrangères (Paris 7e)

Enfance et adolescence.

Lorsque François naît à Javier, à 50 km à l’est de Pampelune, le 7 avril 1506, la Navarre est encore un royaume indépendant.

En 1512, elle est annexée par la Castille, et toutes les places du royaume de Navarre sont démantelées.

Le château de Javier n’y échappe pas.

Le père de François meurt de chagrin en 1515, François a neuf ans.

Il reste un corps de logis où la mère s’installe avec ses cinq enfants.

Elle veille à leur éducation.

À 19 ans, François étudie à La Sorbonne à Paris en vue d’obtenir un diplôme de docteur en théologie, au bout d’une quinzaine d’années.

Mais le Seigneur en décide autrement.

En 1523, François rejoint le petit groupe d’étudiants qu’Ignace de Loyola (1491-1556), son compagnon au collège Sainte-Barbe, réunit autour de lui.  


Pour l’Amour du Christ.

Les sept étudiants se réunissent chez les uns et les autres pour parler de l’Amour du Christ et se dévouer aux plus pauvres.

Ils cherchent…

Un premier pas semble s’imposer : partir à Jérusalem dans la plus stricte pauvreté.

Le 15 août 1534 (François a 28 ans), les sept amis se rendent à la petite chapelle des Martyrs, sur la colline de Montmartre près de Paris, à l’époque   encore en dehors de la ville.

Ils prononcent des vœux de pauvreté, de célibat et de pèlerinage à Jérusalem, et décident aussi de se mettre à la disposition du Pape s’ils ne parviennent pas à rejoindre Jérusalem au bout d’un an.

Ce sont les tout débuts de la Compagnie de Jésus.

Constatant en effet que Jérusalem est inaccessible, les sept jeunes se retrouvent à Rome, à Pâques 1538. En attendant l’audience pontificale auprès de Paul III, François prêche et confesse à l’église Saint-Louis des Français.

Il catéchise les petits enfants.

En 1539, le roi du Portugal, Jean III, demande au Pape la permission de collaborer avec ces jeunes apôtres si zélés que leur réputation est parvenue jusqu'à la cour de Lisbonne.

Le roi désire les envoyer en mission d’évangélisation dans les possessions portugaises d’Asie.  






Le début d’une vie missionnaire.


Le 15 mars 1540, François et son confrère Rodriguez quittent Rome pour Lisbonne ; François ne reverra plus ses compagnons.

Avec Rodriguez, il reste huit mois à Lisbonne où leur dévouement apostolique suscite dans la ville et à la cour une telle admiration que le roi désire les garder au Portugal.

Le Pape, sollicité, remet la décision à Ignace qui tranchera :

Rodriguez, le Portugais, restera, François partira pour les Indes.

L’envoi de François-Xavier par saint Ignace sera peint plus tard par Andrea Pozzo dans l’église Saint-Ignace à Rome.

Le 7 avril 1541, à 35 ans, il prend le bateau avec pour seuls bagages un vêtement chaud, un bréviaire et un petit recueil d’écrits patristiques.

Il arrive au comptoir de Goa (côte ouest de l’Inde) le 6 mai 1542 en qualité de nonce apostolique, ce qui lui donne les pleins pouvoirs du Pape sur les fidèles et les infidèles de l’empire colonial du Portugal en Asie.

Commence alors pour lui une vie de missionnaire infatigable, entièrement confiée à l’Esprit-Saint, et totalement dévouée aux hommes vers lesquels la Providence l’envoie.  






Un exemple de vie.

Comme les apôtres, François va enseigner, baptiser, réconcilier.

Il proclame à tous la Parole du Salut et invoque continuellement Marie (notamment en son Immaculée Conception, mystère qu’il a juré de défendre envers et contre toutes les critiques) pour le soutenir dans son travail d’évangélisation.

Sa pauvreté personnelle, ses austérités, son dévouement, sa prière, sa joie parleront au cœur des hommes plus que sa parole.

Sa véritable prédication, c’est sa personne, sa vie, son exemple. Comme les apôtres, et à l’image de saint Paul, il implante l’Église, déléguant à d’autres le soin d’organiser et de former ces jeunes communautés. Humble et simple, il renonce à la résidence qui lui est réservée, et loge à l’hôpital.

À ses frères d’Europe, il écrit :

« Ici à Goa, je me suis logé à l’hôpital.

Je confesse les malades qui s’y trouvent et je leur donne la communion.

Il y en a tant à venir se confesser que si j’étais divisé en dix morceaux, en chacun d’eux et partout, j’aurais à les confesser.

Ensuite, je confesse les bien-portants qui viennent me trouver…

Après avoir confessé les prisonniers, j’ai pris une chapelle de Notre-Dame et je me suis mis à enseigner aux enfants le Credo et les commandements. »


Le dimanche, il parcourt les rues de la ville, la clochette à la main pour rassembler les passants et les enseigner.

Après cela, il se rend auprès des lépreux en dehors de la ville.

Le voici dans la vie trépidante d’un prédicateur, catéchiste, confesseur. L’évêque de Goa veut le garder près de lui.

Dans la ville, il concentre ses efforts sur le collège Saint-Paul, où une soixantaine de jeunes venus de tous les pays de l’océan Indien sont pris en charge par la couronne du Portugal.

François veut en faire le foyer de formation du futur clergé indigène.






De grands succès pour son évangélisation.

Moins de sept mois après son arrivée à Goa, le vice-roi l’envoie sur la côte de Paravers, c’est-à-dire chez les pêcheurs de perles.

Ce sont des misérables parmi les misérables.

Pendant les deux ans qu’il y reste, François développe une méthode d’enseignement religieux qui sera ensuite reprise par ses nombreux successeurs.

Il fait traduire les vérités de la Foi et les prières fondamentales par des indigènes bilingues.

Il s’entraîne lui-même à les prononcer et à les chanter, jusqu'à ce que l’auditoire les connaisse par cœur.

Comme nonce, il soutient, protège et nourrit ces pauvres communautés ; il paie des rançons pour les prisonniers et rétablit la paix entre deux tribus ennemies.

Les résultats de cette mission sont surprenants.

Il écrit à Ignace :

« Dans ce royaume, le Seigneur a invité beaucoup d’hommes à se faire chrétiens. En un mois, j’en ai baptisé plus de dix mille… »

Jamais François n’oubliera ses chers Paravers.

En 1546, François a 40 ans, il part pour un voyage de deux années à travers les îles Moluques, à l’Est de l’Indonésie, sur « la mer des pirates ».

En juin, il débarque à l’île de Ternate.

Son catéchisme fait merveille et ses chants retentissent bientôt partout.

En septembre 1546, il passe trois mois dans l’île du More.

C’est une étape très périlleuse, la population est passée maître dans l’art du poison.

Elle collectionne les têtes coupées et est friande de chair humaine.

Mais un sourire et un baiser de François à l’un des chefs lui valent le respect de tous.  


Les périls japonais et chinois.


En avril 1549, François embarque pour le Japon où il désire rencontrer le roi.

Tout se passe bien d’abord, mais les bonzes bouddhistes intriguent pour le faire partir.

Il ne peut pas voir le roi, mais, dans sa tenue de miséreux, il est molesté par les gardes du palais.

Quand il prêche dans la rue, c’est un échec total.

Il ne fait aucune conversion, jusqu’au jour où son plus acharné adversaire se convertit et demande le baptême.

Plus de 500 Japonais se convertissent ensuite. François, qui a rencontré un Chinois converti au Japon, quitte le pays en août 1551 avec lui pour rejoindre la Chine.

Il passe alors par les Moluques, Singapour et Goa où il réorganise les Églises, les réconforte et remet toutes choses en place.

En partant pour la Chine, il sait qu’il risque sa vie ; soit du fait de la navigation dans des eaux infestées de pirates, soit en essayant de pénétrer dans un empire interdit à tout étranger sous peine de torture et de mort.

En septembre 1552, il débarque à Sancian, un petit îlot à dix kilomètres des côtes chinoises.

C’est le repaire des pirates et des contrebandiers de cette zone maritime.

Il y attend en vain son guide qui devait l’introduire clandestinement sur le continent. Prévoyant l’heure de son décès, il meurt de maladie le 3 décembre 1552, assisté de son fidèle compagnon chinois et d’un contrebandier, sans avoir pu poser le pied en Chine.  





Dix semaines plus tard, on déterre son corps et on le transporte à Singapour (anciennement Malacca, où François avait passé quelques mois en 1545).

La dépouille est accueillie par de grandioses processions, et plusieurs miracles lui sont attribués.

La béatification de François-Xavier par Paul V a lieu le 25 octobre 1619, puis sa canonisation par Grégoire XV le 12 mars 1622, en même temps qu'Ignace de Loyola et Thérèse d'Avila.

Il est, avec sainte Thérèse de Lisieux, patron des missions, mais aussi du tourisme en raison de ses voyages.

Liturgiquement, il est commémoré le 3 décembre par les catholiques et les anglicans.  

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Message par Marie du 65 le Sam 30 Sep 2017 - 10:43

1253


CLAIRE D’ASSISE, L’AUDACE D’UNE FEMME LIBRE







À l’âge de 18 ans, Claire d’Assise (1193-1253) renonce à son héritage et quitte sa famille par amour du Christ pauvre et humilié pour vivre dans la pauvreté à la manière de saint François d’Assise.

Retirée dans le petit couvent de Saint-Damien (San Damiano, au sud de la vieille ville d’Assise, en Ombrie, Italie centrale), elle devient la Sœur et la Mère d’une communauté de femmes qui deviendra au fil des siècles une immense famille religieuse, celle des Clarisses.


Sœur Claire-Alix Osc, monastère des Clarisses de Senlis






Une enfance aisée.

Claire naît à Assise en 1193 d’une illustre lignée, les Offreduccio.

Son père Favarone est chevalier.

Sa mère Ortolona est aussi de naissance honorable, elle est pieuse et a fait le pèlerinage outremer vers des lieux saints.

Alors qu’elle est prête à accoucher, elle reçoit la promesse de ne pas craindre car elle donnera la vie à une lumière qui illuminera très clairement ce monde.

C’est ainsi que la petite fille reçoit le prénom de Claire (d'origine latine, il dérive de l'adjectif « clarus », qui donne au féminin « clara », signifiant éclatant, brillant).

Celle-ci passe son enfance et son adolescence dans un milieu familial aisé, mais l’enfant pourvoie volontiers aux besoins des pauvres.

Parvenue à l’âge où les jeunes filles se marient, elle refuse tous les hommes que ses parents lui présentent, voulant se garder pour le Christ.

La conversion de François.

En 1206 sur la place publique, en présence de l’évêque, François Bernardone renonce avec fracas à la fortune de son père, prend l’habit des pénitents et s’en va sur les routes prêcher l’Évangile.

Claire entend parler de François, elle va l’écouter durant le carême de 1210 puis le rencontre.

Celui-ci l’engage à se convertir à Jésus-Christ et lui montre le chemin parcouru par le Fils de Dieu qui s’est fait homme, a été humilié, a souffert et a été crucifié.





La conversion de Claire.

Le soir du dimanche des Rameaux de 1211 (certains disent 1212), Claire quitte la maison paternelle avec l’approbation de l’évêque Guido qui, à la messe du matin, lui a remis lui-même la palme (remplacée en France par du « buis »).

Elle doit d’abord déblayer seule une porte obstruée par des poutres et des pierres, franchir grâce à une complicité la porte de la ville fermée à cette heure tardive, et rejoindre avec une escorte de Frères la chapelle de Sainte-Marie-de-la-Portioncule (la « petite partie »).

Cette humble chapelle est aujourd’hui comprise dans la nef de la basilique Sainte-Marie-des-Anges d’Assise, construite à l’époque moderne.

Là, auprès de l’autel de la Vierge Marie et sous sa protection, François coupe les cheveux de Claire et la consacre à Dieu.

La biographie primitive rédigée par Thomas de Celano (vers 1190-vers 1260, franciscain italien, premier hagiographe de François et de Claire d'Assise) nous décrit l’événement avec un peu d’emphase :

« Il n’aurait pas convenu qu’au soir des temps, l’Ordre de la virginité florissante soit suscité ailleurs que dans le sanctuaire de celle qui, la première et la plus digne entre toutes, seule fut mère et vierge.

C’est là le lieu où la nouvelle milice des pauvres, sous la conduite de François entamait ses heureux débuts : ainsi sembla-t-il évident que la Mère de Miséricorde enfanta l’une et l’autre religion en son hôtellerie. »

Claire est ensuite conduite par François au monastère des bénédictines de Bastia (à l’ouest d’Assise) puis, quelques jours plus tard, à Saint-Angelo de Panzo (au sud-est d’Assise) où sa jeune sœur Agnès la rejoindra.

Elles affrontent toutes les deux avec courage la violente opposition des membres de leur famille.

Un peu plus tard, Claire et Agnès se rendent à Saint-Damien, la petite église restaurée par saint François.

Là, elles commencent leur vie de sœurs pauvres bientôt rejointes par d’autres compagnes.

L’ordre des Pauvres Dames, plus tard dit des Clarisses, était né.

La vie à Saint-Damien.

Le procès de canonisation qui se déroule trois mois après la mort de Claire et dont les témoignages ont été retrouvés nous donne des informations précieuses sur la vie de Claire et de ses Sœurs au monastère de Saint-Damien.

Les Sœurs qui ont vécu avec elle durant de très nombreuses années, pour certaines plus de 40 ans, apportent leurs témoignages sur sa vie, sa conversion et sa conduite.

Il en ressort que Claire a mené une vie au plus près de l’Évangile, passant de longues heures en prière.

Elle est fascinée par le Christ et n’a de cesse de lui rendre amour pour amour.

Claire est une femme passionnée qui veut suivre le chemin de pauvreté emprunté par François, elle s’y donne corps et âme et y laisse sa santé. Elle doit rester plus ou moins alitée pendant 20 ans.

Ce qui ne l’empêche pas de filer et de faire faire ensuite dans un tissu très fin des linges d’autel pour les églises des environs d’Assise.





Des guérisons et des miracles.


Claire sert ses Sœurs, surtout les malades, avec beaucoup d’amour.

On rapporte plusieurs guérisons qui ont eu lieu grâce à sa prière, ainsi celle de Sœur Bienvenue qui avait une grande plaie sous le bras, ou celle de Sœur Christiane qui était atteinte de surdité, ou celle encore de Sœur Aimée qui était gravement malade d’hydropisie, de fièvre, de toux et avait une douleur au côté.

Pour cette dernière, Claire fit un grand signe de la croix avec sa main et aussitôt elle la libéra.

La vie à Saint-Damien est rude.

Les Sœurs n’ont pas toujours de quoi manger.

Il arrive que les produits de première nécessité viennent à manquer.

Les Sœurs s’affolent mais Claire remédie au manque par la confiance, et le Seigneur comble ses servantes.

Il faut relire le témoignage de Sœur Cécile, le VIe témoin, qui explique que les Sœurs n’avaient plus qu’un demi-pain et que néanmoins Claire commande d’en couper cinquante tranches et de le porter aux Sœurs.

Incrédule, la sœur rétorque :

« Pour que, de cela on fasse cinquante tranches, il faudrait ce miracle du Seigneur, des cinq pains et des deux poissons », mais Claire lui dit :

« Va et fais comme moi, je te dis », et le Seigneur multiplia ce pain de telle sorte que sœur Cécile en fit cinquante tranches bonnes et grandes comme sainte Claire lui avait commandé.

La mort de François.

En 1226, Claire est gravement malade et François aussi.

Le 4 octobre, elle apprend avec une très grande peine la mort de son saint père François qui était « sa colonne, son unique consolation après Dieu et son appui » (Testament de Sainte Claire, §11).

Désormais, elle est bien seule pour défendre l’idéal de pauvreté auquel tous les deux ont cru. Face à Grégoire IX (pape de 1227 à 1241) qui veut lui faire accepter des possessions, elle s’oppose de toutes ses forces.

Finalement le 17 septembre 1228, le Pape concède à Claire et à ses sœurs le privilège de la pauvreté.

Protégées par la prière.

Vers 1240-1241, la vie à Saint-Damien n’est pas sans danger en ces temps où le Pape et l’empereur germanique Frédéric II se font la guerre. Sœur Bienvenue, Sœur Philippa et d’autres Sœurs ont eu la peur de leur vie en voyant les Sarrasins franchir le mur du monastère et descendre dans le cloître.

Claire qui est alitée dit à ses Sœurs et filles :

« Ne craignez pas, car ils ne pourront pas nous nuire. »

Elle se met aussitôt en prière et le danger cesse.

L’année suivante, la ville d’Assise est menacée, cette fois encore grâce à sa prière Claire réussit à faire fuir les soldats qui ne causeront aucun dommage.





Ses écrits.

Claire d’Assise est une des rares femmes du Moyen-Âge dont les écrits ont été conservés. Ces textes sont rédigés en latin.

Dès 1234, elle entre en contact avec Agnès de Prague, princesse de sang royal qui a connu la vie évangélique de Saint-Damien par les Frères mineurs arrivés à Prague, et qui voudrait elle aussi consacrer sa vie à Jésus-Christ.

Claire lui écrit à plusieurs reprises pour l’encourager dans cette voie. Quatre de ses lettres sont parvenues jusqu’à nous.

Dans cette correspondance, on sent l’amour de Claire pour le Christ et son désir qu’Agnès aime aussi le Christ plus que tout et le contemple sans cesse.

Elle lui donne ce conseil :

« Attache-toi à sa très douce Mère qui enfanta un fils tel que les Cieux ne pouvaient le contenir et qu’elle-même, cependant, recueillit dans le petit enclos de son ventre sacré et porta en son sein de jeune fille » (3e Lettre à Agnès 18, 19).

Vers Jésus avec Marie.

Outre les lettres à Agnès, Claire est la première femme à avoir écrit une règle qui sera approuvée par le pape Innocent IV, peu de jours avant sa propre mort.

Cette forme de vie reprend ce que Claire et ses Sœurs vivent à Saint-Damien.

Ce qui lui tient le plus à cœur, c’est la vie en très haute pauvreté que ses Sœurs maintiendront du mieux qu’elles le pourront.

Il est à remarquer que lorsque Claire dit qu’elle veut suivre la pauvreté du très haut Seigneur Jésus-Christ, elle associe toujours la Vierge, sa Mère.

À quatre reprises dans la règle, nous trouvons cela.

Il en est de même dans son testament.

Citons comme exemple :

« Par amour de l’Enfant très saint et bien-aimé, enveloppé de pauvres petits langes, couchés dans une crèche, et de sa Très Sainte Mère, j’avertis, je supplie et j’exhorte mes Sœurs à toujours se vêtir de vêtements vils » (Règle de Claire 2, 24).

Pour Claire, la Vierge Marie est la Mère qu’elle ne dissocie jamais de son Fils, le très haut Seigneur Jésus-Christ.

Elle vit d’une spiritualité christique et près du Fils, elle rencontre Marie sa Mère.





Dies natalis, 11 août 1253.

Le lendemain de la fête de saint Laurent, le Seigneur vient chercher sa fidèle épouse âgée de 59 ans.

La Sœur qui la veille voit de ses yeux de chair la Vierge Marie venir à son chevet.

Thomas de Celano raconte :

« Voici qu’entre une foule de vierges en vêtements blancs, qui portaient toutes sur la tête des couronnes d’or.

Parmi elles, avance une vierge plus éclatante que les autres, dont la couronne, offrant à son sommet l’apparence d’un encensoir ajouré, rayonne d’une splendeur si grande qu’elle change en lumière du jour la nuit régnant à l’intérieur de la maison.

Elle avance vers le petit lit où était couchée l’épouse du Fils et s’inclinant sur elle avec un très grand amour, elle lui donne une douce étreinte. »

C’est ainsi que la bienheureuse Claire est passée de ce monde au Père.

La naissance d’une sainte.


Le pape Innocent IV, présent à Assise, célèbre lui-même les obsèques de Claire, avec les prélats de la Curie.

Deux années plus tard, le 15 août 1255, elle est canonisée par le pape Alexandre IV en la cathédrale Santa Maria d'Anagni.

Presque simultanément, commencent les travaux d'une église à Assise, la basilique Sainte-Claire destinée à honorer la sainte.

En 1260, le corps de sainte Claire est transféré dans cette église et il n’en bougera pas.

Actuellement ses ossements sont dans un reliquaire déposé sous le gisant de cire que vénèrent les pèlerins.  

Claire d’Assise a été proclamée patronne de la télévision dans le monde par Pie XII le 14 février 1958.

En effet, une nuit de Noël, clouée au lit depuis près de 30 ans, elle aurait vu et entendu la messe chez les Frères, donc bien loin de son lieu d'alitement.

Elle est aussi la patronne des télécommunications, des brodeuses, des lavandières, des blanchisseurs et des repasseuses.

Grâce à son nom, et parce qu'elle aurait eu, sur son lit de mort, la vision de ses obsèques, elle est aussi la patronne des aveugles.  

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Re: Notre Histoire avec Marie-Frise- & Redécouvrons notre Passé!!!!

Message par Marie du 65 le Sam 7 Oct 2017 - 14:28

1682


NOTRE-DAME-DE-SAINT-BERNARD, LES SOUBRESAUTS D’UNE CHAPELLE PYRÉNÉENNE






En mai 1682, la Vierge Marie apparaît à une fillette de 12 ans sur un coteau boisé du lieu-dit Lareu, à trois kilomètres d’Aurignac (Haute-Garonne) pour demander que l’on prie beaucoup et que l’on construise à cet endroit une chapelle.

Après maintes péripéties, la chapelle Notre-Dame-de-Saint-Bernard accueille aujourd’hui pèlerins et fidèles qui viennent parfois en reconnaissance des grâces reçues.






Christian Lavialle Fidèle de Notre-Dame-de-Saint-Bernard, professeur émérite de droit de l’Université Toulouse I-Capitole, Commandeur de l’Ordre de Saint Grégoire le Grand


Introduction au récit.

Comme le souligne l’abbé André Algans dans l’avant-propos de la remarquable brochure documentée qu’il a consacrée en 1958 à ces événements, le récit de Notre-Dame-de-Saint-Bernard est documenté.


D’une part, il a pour base l’ouvrage de Dom Le Nain :

La vie de l’abbé de Rancé, publié en 1709, abbé dont François-René de Chateaubriand a également réécrit la vie dans un livre où il reprend en quelques lignes l’apparition de « la Sainte Vierge à une chevrière âgée de douze ans » (Vie de Rancé, 1844, p. 84).

L’abbé Armand Jean Le Bouthillier de Rancé (1626-1700) a fondé et dirigé l’abbaye cistercienne de stricte observance de La Trappe (Orne), d’où est issu Pierre Cathiény, le constructeur de la chapelle (cf. suite du récit).

Il a de surcroît souvent rendu visite à l’évêque du Comminges, ce qui explique son lien à cette histoire.

Le patronage de saint Bernard de Clairvaux, grand promoteur de l’ordre cistercien et chantre de la Vierge Marie, attaché à cette chapelle, s’explique par cette relation.


D’autre part, le récit proprement dit est reconstitué à partir des rapports faits, en 1688, à Monseigneur de Guron, l’évêque du Comminges sur ces événements.  




La première apparition de la Vierge Marie.

Nous sommes en mai 1682, sous le règne du Roi Soleil, sur le territoire de la paroisse d’Alan, au nord-est de Saint-Gaudens, en Comminges (Haute-Garonne), où se trouve une résidence de l’évêque.

Un groupe d’enfants, filles et garçons, s’est écarté du village pour jouer tout en gardant un troupeau sur un coteau boisé au lieu-dit Lareu.

Parmi eux, il y a une jeune fille d’une douzaine d’années, Madeleine Serre.

Le moment de rentrer arrive et chacun part de son côté pour regrouper les bêtes et descendre la pente qui mène à un ruisseau situé sur le chemin du retour.

Madeleine, dans cette action, ne voit pas un trou dissimulé par des broussailles et y chute criant dans sa surprise :

« Ah, Jésus ! »

À peine retrouve-t-elle ses esprits, qu’elle aperçoit la surplombant une Belle Dame entourée d’un halo qui la regarde avec bienveillance et engage avec elle une conversation dont l’essentiel est rapporté par l’abbé A. Algans :

-       « Relève toi ma fille, tu n’as aucun mal.

Est-ce que tu pries le Bon Dieu ?

-       Oui, Madame.

-       As-tu ton chapelet ?

-       J’en avais un que j’ai égaré.

-       Il faudra t’en faire offrir un afin que tu puisses prier. »

Puis, après un moment de silence, plongeant ses yeux pleins de tendresse dans ceux de la jeune enfant, elle lui dit :

-       « Je suis la Vierge Marie.

Je suis venue ici pour te dire de prier, de bien prier et pour que tu dises aux autres aussi de prier beaucoup, beaucoup.

Tu iras trouver les prêtres de la paroisse.

Tu leur diras de me bâtir ici une chapelle.

Quelqu’un viendra de loin pour la construire.

Tu diras aussi aux prêtres d’arranger cette source pour qu’on puisse y boire et s’y laver.

Les malades qui useront de cette eau seront guéris ou du moins soulagés.

C’est pour qu’on prie davantage que je demande tout cela. »

Tous les enfants bouleversés.

Ces phrases prononcées, la forme corporelle se fond avec douceur progressivement dans le halo et bientôt ne reste plus qu’une lumière perceptible par Madeleine, puis par ses camarades qui, saisis par son attitude extatique, s’étaient rapprochés d’elle, sans rien voir de cette apparition et donc sans rien comprendre à ce qui se passait.

La présence de cette lueur, disparue à peine entrevue, et le retour de Madeleine parmi eux, c’est-à-dire le lien retrouvé avec elle qui redevenait ce qu’elle était jusque-là, les troubla.

Ils reprirent la conduite du troupeau et se dirigèrent vers leur village.

Restées en arrière, Madeleine Serre et son amie Jeanne Teulé suivaient, sans doute partageant leurs émotions après ce moment si fort et mystérieux.

Brusquement, la lumière réapparut et reprit forme.

La Belle Dame bienveillante était là devant elles.

Jeanne donc la voit aussi. Madeleine tombe à genoux, se relève et repart pressée par Jeanne.

Une troisième et dernière fois, la Vierge Marie leur apparaît.

Puis Madeleine rentre chez elle avec en mémoire cette rencontre d’exception qui la bouleverse, mais aussi avec la pensée de la mission qui lui a été confiée : prévenir les prêtres d’Alan.

Des miracles commencent à se produire après que, conformément aux paroles de la Vierge Marie, certains aient bu l’eau de cette source

Une publicité nouvelle des événements

Madeleine, avec courage, raconte ce qui vient de lui arriver et les demandes faites au clergé, par une Belle Dame qui s’est désignée comme étant la Vierge Marie, d’édifier un lieu de culte et de prières dans le bois dit de Lareu.

Elle est aidée dans sa mission par ses camarades qui, de leur côté, corroborent son récit, l’extase de Madeleine, et la lueur qui se déplaçait dont ils ont été les témoins.

Jeanne Teulé aussi rapporte que la Belle Dame lui est apparue.

Tout le village en parle, confronte les récits et croit finalement à la sincérité des enfants, qui n’auraient aucune raison d’inventer une telle histoire qui les dépasse.

Les villages alentour ont eux aussi très vite connaissance des événements.

Bientôt, la nouvelle se répand dans toute la province du Comminges et beaucoup de personnes se rendent sur les lieux désormais marqués par une grande croix dressée par les habitants qui aménagent également en fontaine la source.

Des miracles commencent à se produire après que, conformément aux paroles de la Vierge Marie, certains aient bu l’eau de cette source.

Les pèlerins qui passent par là pour se rendre à Saint-Bertrand (Haute-Garonne) ou à Garaison (Hautes-Pyrénées) font le détour.

Parmi eux, un certain Pierre Cathiény d’origine suisse et novice à l’abbaye de la Trappe fondée et dirigée par l’Abbé de Rancé.


…qui disparaît vite. Cet enthousiasme initial est cependant atteint par l’attitude de l’évêque Monseigneur Louis de Guron, qui, alors que le chanoine qu’il avait diligenté pour lui faire un rapport sur cette affaire lui conseille de reconnaître la réalité de cette apparition de la Vierge Marie, ne le fait point, notamment pour ne pas concurrencer le sanctuaire voisin de quelques kilomètres de Notre-Dame de Lorette, sur la même paroisse d’Alan.

Il estime aussi qu’il faut attendre pour voir si la ferveur populaire se maintient.

En réalité, une telle décision va, telle une prophétie auto-réalisatrice, contribuer à décourager les bonnes volontés et peu à peu, malgré les guérisons, le bois de Lareu sombre dans l’oubli.

La résurrection du lieu.

L’affaire aurait pu être effacée de la mémoire collective sans Pierre Cathiény.

Quelques années après son retour à La Trappe, il lui apparaît comme une impérieuse nécessité de respecter la demande formulée par Marie et transmise par Madeleine Serre.

Avec l’accord de son abbé, il revient à Alan pour construire la chapelle près de la source et du trou où était apparue la Vierge Marie.

Mais, là encore, l’Église locale fait dans un premier temps tout pour le dissuader de son projet.

Au lieu de repartir, il s’installe et développe l’espace d’une année une vie de prière et de recueillement qui impressionne la population, paysans, noblesse locale ainsi que des hommes d’Église.

Saisi par la rumeur publique, l’évêque décide de rencontrer Pierre Cathiény d’autant que tous sont frappés par la réalisation des paroles de la Vierge Marie :

« Quelqu’un viendra de loin pour construire la chapelle. »

La construction de la chapelle.


Convaincu par son audition, l’évêque se rend solennellement à Lareu et autorise la construction de la chapelle.

Celle-ci est vite édifiée tant la population toute entière, à la manière des constructeurs des cathédrales, participe, chacun selon ses possibilités, à cette œuvre. Le 15 août 1689, Monseigneur de Guron procède à la dédicace et y célèbre la première messe.

Il donne à la chapelle le nom de Notre-Dame-de-Saint-Bernard car celui-ci avait une grande dévotion pour la Vierge Marie.

Dès lors, pendant un siècle, c’est – pour reprendre une formule de l’abbé Algans – « Lourdes avant la date ».

Les pèlerins affluent en grand nombre, au détriment d’ailleurs de Notre-Dame de Lorette et de Garaison, comme l’avait redouté l’évêque.

Les messes mariales rassemblent deux fois l’an des foules considérables.

Des guérisons se produisent.

Madeleine Serre, comme le fera plus tard Bernadette, se retire dans un couvent à Fabas, à quelques kilomètres plus au nord, où elle meurt le 25 décembre 1739.





Les périls de la Révolution.

Un siècle exactement après sa construction, la Révolution va, dans sa lutte contre l’Église perçue comme contre-révolutionnaire et tenante de l’ordre ancien, gravement remettre en cause l’existence de ce lieu de culte.

Les prêtres réfractaires, refusant de prêter serment à la Nation, sont chassés de leurs églises au profit de prêtres jureurs.

Nombreux sont ceux alors qui choisissent l’exil.

L’heure n’est plus aux pèlerinages et aux grands rassemblements publics.

Notre-Dame-de-Saint-Bernard, qui n’est pas une église paroissiale, est frappée directement par ces mesures.

Aucun prêtre n’y célèbre plus la messe bien que la population locale reste attachée au lieu.

Les mesures antireligieuses de la Convention entraînent d’abord la vente du mobilier, dont les objets cultuels, puis de la chapelle elle-même comme bien national.

Elle est désossée, et il n’en reste plus rien, sinon quelques ruines de l’édifice que la foi de Pierre Cathiény avait fait surgir au flan de ce modeste coteau.

Une renaissance inespérée.


La foi n’a pas pour autant disparu, surtout dans les campagnes.

Aussi a-t-il suffi de la conjonction de la volonté au début du XX° siècle d’une famille très chrétienne du pays devenue propriétaire des ruines (la famille Dorléac-Bayle) et de celle du curé d’Alan (l’abbé Amédée Guiard, qui aime se recueillir en ce lieu cher à Notre-Dame) pour que des travaux soient entrepris afin de remettre en l’état la source et d’édifier une statue de la Vierge Marie bénissant l’endroit.

En 1912, la construction est inaugurée.

Cette première initiative contribue à raviver la mémoire chrétienne du lieu et à faire revenir les pèlerins. De nouvelles guérisons sont attestées.

La guerre ne tarit pas la ferveur car beaucoup viennent prier Notre-Dame pour qu’elle protège les soldats ; des plaques commémoratives autour de la statue et de la fontaine en témoignent.





La reconstruction de la chapelle.

L’année 1922 est providentielle pour le relèvement de la chapelle.

D’une part, Guillaume Bayle, propriétaire du terrain et des ruines mais aussi maire de la commune voisine de Montoulieu, avec le concours du curé de cette paroisse Jean Denos, décident de reconstruire la chapelle.

D’autre part, en juillet de la même année, la Providence donne un nouveau signe.

Une pietà en pierre, qui ornait autrefois les lieux et avait été volée, est renvoyée depuis Paris dans un colis par la poste sans mention de l’expéditeur.

Elle est réinstallée solennellement le 30 juillet.

Le 8 septembre, lors de la fête de la Nativité, une grande cérémonie est organisée et l’on assiste à la guérison d’une dame qui retrouve la vue et l’usage de la parole.

Dans ce contexte favorable, les travaux de construction sont lancés mais s’arrêtèrent en 1927 suite à un différend entre les curés de Montoulieu et d’Alan.

Seul un bâtiment est alors sorti de terre.

Mais après la Seconde Guerre mondiale, le Cardinal Jules Saliège, archevêque de Toulouse, souhaite que la construction reprenne et que la chapelle soit entièrement achevée.

Là encore, la population locale relève le défi.

Des kermesses sont organisées, de généreux donateurs se manifestent et au printemps 1957 la chapelle, de la taille d’une église avec clocher, telle qu’on peut la voir aujourd’hui, est construite.

Elle est bénie lors de la messe du 15 août 1957 par Monseigneur Gabriel-Marie Garrone, nouvel archevêque de Toulouse, qui a par ailleurs  transféré le territoire sur laquelle elle est bâtie de la paroisse d’Alan à celle de Montoulieu.

Le lieu aujourd’hui.

Depuis cette date, Notre-Dame-de-Saint-Bernard est un lieu de paix, de recueillement et de prières.

Sans atteindre le volume des grands rassemblements du XVIIIe siècle, deux grandes messes restent importantes : celle du 15 août et celle du dimanche le plus proche du 8 septembre.

Grâce à la présence, là encore providentielle, à partir de 1997 dans un abri d’un prêtre ermite, le Père Pierre Alric, relayé, après son départ en retraite à 90 ans en 2011, par le Père Patrice Mabilat, des messes sont assurées chaque samedi dans la chapelle.

Un accompagnement spirituel est aussi proposé aux visiteurs qui, en ordre dispersé, passent pour chercher Dieu par l’intermédiaire de Notre-Dame.

Des guérisons se produisent et des prières sont exaucées, si l’on en croit les nombreux ex-voto de reconnaissance qui entourent la statue de la Vierge Marie.

Une association (l’Association des Amis de Notre-Dame-de-Saint-Bernard) s’est constituée pour entretenir et faire connaître ce lieu protégé : le matériel accompagne le spirituel.

Nombreux sont ceux qui, à leur façon et selon leurs moyens, œuvrent ainsi pour que le message transmis par la Vierge Marie à Madeleine Serre en mai 1682 soit continuellement honoré.

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Re: Notre Histoire avec Marie-Frise- & Redécouvrons notre Passé!!!!

Message par Marie du 65 le Sam 14 Oct 2017 - 9:14

1582

SAINTE THÉRÈSE D’ÁVILA, PREMIÈRE FEMME DOCTEUR DE L’ÉGLISE






« En ce temps-là j'appris les malheurs de la France. »

Nous sommes en 1562, dans l’Espagne du siècle d’or, encore puissante mais inquiétée par les agitations religieuses européennes.

À Ávila (Castille), au nord-ouest de Madrid, une carmélite âgée de 47 ans entend parler du début des « guerres de religion » entre huguenots et catholiques par-delà les Pyrénées…

Celle qui deviendra célèbre sous le nom de sainte Thérèse d’Ávila, « la grande Thérèse », est sur le point de fonder l’Ordre des Carmes Déchaux pour servir l’Église.


Fr. Jean-Alexandre de l’Agneau Carme déchaux, maître des novices au couvent d’Avon (Seine-et-Marne)

Les débuts du Carmel déchaussé.



Thérèse est bouleversée par les événements en France : l’Église, Corps du Christ se déchire, le Saint-Sacrement est profané en de multiples lieux et des prêtres quittent le sacerdoce.

Elle supplie le Seigneur de pouvoir faire quelque chose pour arrêter cette guerre entre chrétiens, entre ceux que Jésus a pourtant appelés ses amis (Jean XV, 15).

Thérèse voudrait que le Seigneur ait des amis vraiment fiables.

Mais que peut-elle-faire ?

Vivre sa consécration religieuse avec le plus d’amour possible :

« Je me déterminai à faire le petit peu qui dépendait de moi : suivre les conseils évangéliques aussi parfaitement que possible... » (Chemin de perfection I, 2).

En effet, cette moniale d’Ávila est alors en train de préparer la fondation d’un Carmel placé sous la protection de saint Joseph.

Elle décide d’insuffler une ardeur apostolique singulière à la vie contemplative de cette communauté nouvelle.

Tout y sera orienté vers la vie de prière au service de l’Église.

Les sœurs formeront une petite communauté contemplative réunie dans la pauvreté et la joie évangéliques.

Ainsi, commence la première des 17 fondations de monastères de carmélites déchaussées que Thérèse réalisera, en même temps qu’elle créera la branche des Frères déchaux avec saint Jean de la Croix. L’actualité française a donc joué un rôle non négligeable dans l’élaboration du projet thérésien !  

Une enfant en quête d’éternité.

Mais revenons en arrière pour comprendre le chemin spirituel de cette femme exceptionnelle.

Doña Teresa de Cepeda y Ahumada naît le 28 mars 1515 dans une famille aisée et pieuse d’Ávila.

Son père Alonso de Cepeda, fils d’un marchand juif de Tolède et sa mère, Beatriz de Ahumada, donnent naissance à dix enfants, Thérèse étant la troisième.

Nous sommes dans une époque marquée par de profonds changements, outre la division ecclésiale déjà évoquée : il y a aussi la révolution copernicienne (qui découvre que la Terre n’est pas au centre du monde), le développement de l’imprimerie (qui permet une diffusion plus rapide des textes), le désir d’émancipation de l’individu (qui s’exprime dans le courant intellectuel de l’humanisme), la découverte du Nouveau Monde (ouvrant de nouvelles perspectives d’aventures et de conquêtes)...

La plupart des frères de Thérèse partiront conquérir l’Amérique en espérant faire fortune.

Quant à la jeune Thérèse, elle est attirée par ce qui dure toujours et ne trompe pas.

Son aventure sera d’abord intérieure : c’est en elle-même qu’elle trouvera un point d’appui fiable pour affronter les transformations de son temps.

Si le soleil devient le nouveau centre de l’univers, Thérèse va, elle, parler de la présence de Dieu en nous comme le véritable soleil qui nous fait vivre (Premières Demeures) et doit devenir le centre de notre vie.  





La décision de devenir religieuse.



Quand, à l’âge de treize ans, Thérèse perd sa mère, elle se confie à Notre-Dame :

« Je suppliai la très Sainte Vierge avec beaucoup de larmes de me tenir lieu de mère.

Cette demande, toute naïve qu'elle était, fut exaucée, je crois ; car depuis, je ne me suis jamais recommandée à cette Vierge souveraine sans expé­rimenter son secours, et finalement, elle m'a ramenée auprès d'elle. » (Vie I, 7)

Certainement, cette protection mariale va aider Thérèse à ne pas succomber aux tentations de l’adolescence :

Doña Teresa est une jeune femme belle, intelligente, avec une grande aisance relationnelle.

Elle plaît et elle le sait…

Suite à une amourette avec un cousin, le père de Thérèse décide de la placer dans une pension de jeunes filles.

C’est dans ce couvent d’augustines que Thérèse retrouve son désir de Dieu et se décide à devenir religieuse.  

Déjà dotée d’une grande force de volonté, elle ose braver le refus paternel et entre au monastère des carmélites de l’Incarnation à Ávila le 2 novembre 1535.

Elle a 20 ans.

Thérèse s’engage avec ferveur dans sa vie religieuse mais tombe gravement malade au point de frôler la mort.

C’est par l’intercession de saint Joseph qu’elle est guérie.

Dès lors, elle contribue à développer le culte de l’époux de Marie :

« Les âmes d'oraison, surtout, devraient toujours l'honorer d'un culte particulier. »

En effet, à l’occasion d’une cure pour sa maladie, Thérèse vient de découvrir un livre sur l’oraison, la prière personnelle silencieuse : la jeune moniale trouve enfin dans ce cœur à cœur amical avec le Seigneur ce qu’elle désirait vivre.

Elle comprend que Dieu demeure en elle et que prier, c’est se recueillir pour rejoindre cette présence intérieure.  

« La vie de Dieu en moi ».

Pourtant, jusqu’à ses 39 ans, Thérèse ne parvient pas à vivre totalement de cette vérité de foi.

Il est vrai que la vie religieuse dans son monastère ne facilite pas le recueillement : grand nombre de Sœurs, visites nombreuses des gens en clôture…

Mais Thérèse reste surtout piégée par les jeux d’apparence et aime se montrer au parloir auprès des gentilshommes mécènes du monastère.

Son cœur est ainsi déchiré pendant près de vingt ans entre deux regards qui l’attirent, celui de Jésus et celui des autres.

En 1554, à travers une représentation du Christ en sa Passion et la lecture des Confessions de saint Augustin, la moniale reçoit la grâce de renoncer à maîtriser sa vie et de s’appuyer sur la seule miséricorde de Dieu.

Le changement est radical : « Jusqu'ici c'était ma vie à moi : celle qui a commencé [depuis] est bien la vie de Dieu en moi. » (Vie XXIII, 1)  

L’émergence d’un désir profond.

Thérèse bénéficie alors de grandes grâces qui la libèrent d’elle-même et font grandir en elle la volonté de se donner davantage au Seigneur.

Elle découvre à quel point elle est aimée de Dieu et comment Il l’a délivrée de l’enfer.

Cette expérience de la miséricorde est trop puissante pour qu’elle puisse la garder pour elle.

Son désir grandit de faire connaître cet amour immense.

Naît alors le projet de mener une vie religieuse carmélitaine plus exigeante et fidèle à la Règle du Carmel du XIIIe siècle.

Thérèse ne se contente pourtant pas d’une réforme comme il y en a tant à son époque.

Elle crée un équilibre nouveau entre prière et fraternité : elle ajoute deux heures de prière silencieuse en commun, deux heures de récréation, un temps fraternel d’échanges et d’édification spirituelle.

Pour Thérèse, une vraie contemplative se dévoile par son amour du prochain et non par ses sentiments spirituels !

L’oraison conduit au don de soi ou bien elle n’est qu’introversion narcissique.  

Une fondatrice audacieuse.

Ainsi, se dessine le projet de fonder le carmel déchaussé de Saint-Joseph (Thérèse reprend le terme « déchaussé » d’une réforme franciscaine de l’époque : au-delà du fait d’utiliser des sandales ou chausses légères, il exprime le désir d’une vie religieuse plus marquée par la pauvreté et l’humilité), à Ávila en 1562 pour soutenir l’Église.

Les épreuves ne manqueront pas mais Thérèse peut s’appuyer sur la promesse du Christ et la protection de la Vierge du Carmel.

« Le monde est en feu ! » (Chemin de perfection I, 5)

Face aux violences religieuses, Thérèse répond par l’urgence de développer sa vie intérieure pour atteindre la paix véritable et accueillir l’amour sauveur du Seigneur de l’Église.

Elle prend alors le nom de Thérèse de Jésus et mène une vie simple, pauvre et joyeuse avec ses Sœurs.

Pourtant, en 1567 de nouveau, l’actualité bouleverse son cœur.

Cette fois-ci, les nouvelles viennent des Indes : un missionnaire parle aux carmélites de millions de personnes ignorant le Christ.

Thérèse se sent de nouveau appelée à faire quelque chose face à ce drame et elle en demande la grâce au Seigneur.

La réponse arrive peu après par le Supérieur Général de l’Ordre du Carmel.

Celui-ci lui donne l’autorisation de fonder de nouveaux monastères déchaussés et de commencer une branche masculine.

Thérèse prend son bâton de fondatrice à l’âge de 50 ans et entre dans la dernière partie de sa vie, la plus active et la plus dense.

C’est cette même année qu’elle rencontre Jean de la Croix avec qui elle fondera la branche masculine du Carmel déchaussé.

La vie spirituelle de Thérèse s’approfondit et elle s’unit de plus en plus à son Seigneur jusqu’à recevoir la grâce du mariage spirituel avec le Christ.


Désormais, sa volonté est profondément unie à la sienne et elle ne s’occupe plus d’elle-même car elle sait que le Seigneur prend soin d’elle.

Thérèse de Jésus peut donc se donner généreusement à l’aventure des fondations, étant elle-même fondée sur le « roc divin ».

Elle fait preuve d’une audace et d’un courage déconcertants pour mener à bien l’œuvre de Dieu face aux oppositions et aux persécutions en tous genres.

En plus de ces travaux, Thérèse écrit.

Retenons ses quatre œuvres majeures que sont Le livre de la Vie, Les Fondations, Le Chemin de perfection et Le Château intérieur avec ses sept demeures.  

Celle qui est devenue la « Madre » meurt le 4 octobre 1582 à Alba de Tormes (dans l’ouest de la Castille), au cours d’une halte dans un de ses monastères.

Sa fête liturgique est fixée le 15 octobre.

Elle quitte ce monde en remerciant le Seigneur de l’avoir faite

« fille de l’Église ».

Mère Thérèse est béatifiée le 24 avril 1614 par le pape Paul V et canonisée le 12 mars 1622 par le pape Grégoire XV.

Le 4 octobre 1970, le Bienheureux Paul VI la proclame Docteur de l’Église.

C’est la première femme à recevoir ce titre.  





La spiritualité thérésienne.

L’Église attribue à la sainte d’Ávila le titre de « Mère des spirituels ».

Thérèse de Jésus nous guide dans les chemins de l’intériorité vers le centre de notre être où Dieu demeure.

Elle nous aide à ne pas nous égarer sur les voies d’une spiritualité abstraite.

La spiritualité thérésienne est profondément humaine et chrétienne car elle prend en charge l’intérieur comme l’extérieur, l’humain et le divin en Christ, l’amour de Dieu comme celui du prochain.

C’est une spiritualité marquée par l’aventure intérieure, la transformation de soi par l’action intérieure de l’Esprit et la libération de son être profond, qui a notamment inspiré la « petite Thérèse », la carmélite française Thérèse de Lisieux.

Cet itinéraire de conversion rend le croyant disponible pour l’action au service de l’Église et du monde.

Certes, ce chemin est exigeant mais sûr et simple. Chemin de vérité et de liberté que tant de personnes ont emprunté au long des siècles.

Chemin marial puisque la vie d’oraison est au fond l’imitation de la vie intérieure de la Vierge

. Chemin ouvert à tous puisque l’oraison est pour Thérèse « une amitié intime, un entretien fréquent, seul à seul, avec Celui dont nous nous savons aimés. » (Vie VIII, 6)

Au fond, le seul danger est de ne pas croire que Dieu peut transformer radicalement notre vie :

« Quant à moi, je sais très bien que quiconque n’y croit pas n’en fera jamais l’expérience. » (Premières Demeures I, 4)  



Que la vie de sainte Thérèse de Jésus nous incite à nous livrer davantage à l’action de Dieu !

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Message par Marie du 65 le Sam 21 Oct 2017 - 10:17

1854


NOTRE-DAME DU SACRÉ-CŒUR HONORÉE À ISSOUDUN







En 1854, âgé de 30 ans, le Père Jules Chevalier crée à Issoudun (Indre) les Missionnaires du Sacré-Cœur pour célébrer les liens qui unissent Jésus-Christ et sa Mère.

La « Famille Chevalier », composée aujourd’hui de trois congrégations, compte plus de 5000 membres (laïcs, religieux et religieuses) sur tous les continents.






Père Daniel Auguié, MSC Recteur du sanctuaire de Notre-Dame du Sacré-Cœur

Les Chevaliers du Sacré-Cœur.

Le 15 mars 1824, Jules Chevalier naît à Richelieu (Indre-et-Loire), en Touraine, au sein d'une famille pauvre qui n'a pas les moyens de lui payer l'entrée au séminaire.

Il est baptisé le lendemain. « Peu de temps après mon baptême, ma mère me consacra à la Très Sainte Vierge et au Sacré-Cœur », écrira-t-il. Il souhaite apprendre le métier de cordonnier pour se payer lui-même ses études.

Mais à 17 ans, la Providence veille déjà sur lui : son père se voit proposer le métier de garde forestier dans la région de Vatan (Indre), non loin d'Issoudun, dans le diocèse de Bourges.

Cette nouvelle situation va permettre à Jules d'aller au petit séminaire du diocèse de Bourges puis au grand séminaire.
C'est là qu'il découvre la dévotion au Sacré-Cœur.

En effet, son professeur de théologie ajoute un complément à son cours, pour faire écho à la lettre pastorale de Mgr Guillaume Aubin de Villèle, archevêque de Bourges qui institue la dévotion au Sacré-Cœur dans son diocèse (en demandant qu’on fasse une messe par mois dans les paroisses pour que les hommes reviennent à l'Église).

Subitement, Jules Chevalier découvre que Dieu nous aime avec un cœur d'homme, celui de Jésus.

C'est pour lui une véritable découverte, à une époque où l’hérésie janséniste, plutôt forte en France, insiste de manière excessive sur la justice de Dieu.

Se jouant de son nom, il décide de créer un groupe de prière et de réflexion au sein du séminaire qui s'appellera les « Chevaliers du Sacré-Cœur ».





Un projet missionnaire.

Ordonné prêtre le 14 juin 1851, Jules vit dans trois lieux différents du vaste diocèse de Bourges pour son insertion pastorale (Ivoy-le-Pré, Châtillon-sur-Indre et Aubigny-sur-Nère).

En septembre 1854, il reçoit sa nomination pour Issoudun qu'il rejoint en octobre avec l’un de ses compagnons, Émile Maugenest.

Tous deux aiment se remémorer leurs rêves de séminaristes et leurs ambitions missionnaires.

Ils décident d’en parlent au curé d'Issoudun, l'abbé Crozat, qui approuve leurs ambitions et leur promet aide et soutien.

Nous sommes à la veille de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception, le 8 décembre 1854.

À Issoudun, on s'y prépare par une neuvaine de prière. Le Père Chevalier écrit un contrat avec la Vierge Marie dans lequel il spécifie qu'il la fera honorer d'une manière spéciale si elle donne un signe pour favoriser son projet missionnaire.

Une aide répétée de la Providence.

Le 8 décembre, au terme de la neuvaine, après la messe, une personne vient promettre au Père Chevalier un don de 20 000 francs or pour des missions, sans plus de précisions.

Voilà que Marie a répondu favorablement à sa demande !

« Vous êtes l'envoyé du Ciel. C'est par vous que la Vierge Immaculée nous répond aujourd'hui ! », s'exclame le Père Chevalier.

Il discerne avec l'archevêque de l'opportunité de créer l’institut missionnaire dont il a toujours rêvé. Mais le conseil épiscopal est sur la réserve, Mgr demande un temps de réflexion.

Finalement, ce dernier reconnaît l’intervention de la Providence et accepte le projet du Père Chevalier, même si son conseil n'y est pas favorable.

Début septembre 1855, la première communauté des Missionnaires du Sacré-Cœur est donc installée par le vicaire général de Bourges dans une modeste maison qu’on n’arrivait pas à vendre et qui deviendra l'actuel sanctuaire d’Issoudun.

Le Père Chevalier transforme avec ses missionnaires une petite grange voisine en chapelle, mais l’effondrement de son toit convainc bientôt les Missionnaires de construire une église dédiée au Sacré-Cœur.





Pour honorer Marie.

Il revient au Père Jules Chevalier de tenir sa promesse à l'égard de Marie.

Il s'en acquittera en 1857, après trois ans de réflexion et de prière :

« Dans notre église, la Vierge Marie s'appellera :

Notre-Dame du Sacré-Cœur. »

Pour répondre à l'étonnement de ses confrères à l'écoute de ce nouveau titre, il s’exprime dans la revue des Pères jésuites de Toulouse, Le Messager du Sacré-Cœur.

Le Père Chevalier explique vouloir honorer les liens qui unissent Marie et le Christ, le Christ et Marie.

Il fera faire une première image où Marie debout, les bras ouverts, a devant elle l'enfant Jésus âgé de 12 ans qui bénit.

Ce statuaire combine l'attitude de Marie à la rue du Bac (Paris) et Jésus emprunté à un tableau de la Sainte Famille de M. L. J. Hallez.

Plus tard, le Père Chevalier fera faire une statue en marbre de Carrare selon la même idée, avec une variante :

Jésus ne bénit plus.

Le Père demande que, de sa main droite, l'enfant désigne sa mère comme pour nous dire :

« Si vous voulez connaître mon cœur (qu'il désigne de sa main gauche), demandez à Marie, elle vous indiquera le chemin. »

Le 2 juillet 1864, par une cérémonie grandiose, Mgr de La Tour d’Auvergne inaugurait la nouvelle église à peine achevée, reconnue basilique mineure par un décret de Pie IX du 17 juillet 1874.

La statue de Marie, en marbre de Carrare, sera rapidement placée dans une chapelle dédiée à Notre-Dame du Sacré-Cœur.  

La porte du Cœur du Christ.

Ainsi, à Issoudun, Notre-Dame est liée à une personne (le Christ) et non à un lieu (Issoudun).

Dans le sillage du Concile Vatican II et de son texte marial (voir le chapitre VIII de la constitution Lumen Gentium du 21 novembre 1964), et selon l'intuition spirituelle du Père Chevalier, une autre représentation de Notre-Dame du Sacré-Cœur voit le jour grâce au grand calvaire qui est dans le chœur de la basilique d'Issoudun.

Marie debout au pied de la croix oriente nos regards et nos cœurs vers le Christ au cœur transpercé.

De sa main droite, elle nous invite à aller à la porte de ce Cœur pour y puiser, nous aussi, les eaux vives du Salut.

On se souvient que Jean-Paul II dira au terme du Jubilé de l'an 2000 :

« Je viens de fermer la porte de l'année sainte mais la porte du Cœur du Christ demeure à jamais ouverte. »

À la suite de saint Augustin, le Père Chevalier est sensible à cette notion de la « porte occasionnée par la blessure du soldat ».  

« Aimé soit partout le Sacré-Cœur de Jésus »

Des missionnaires reconnus.

La société est approuvée par le pape Pie IX par des décrets du 12 juin 1874 et du 12 janvier 1877.

Le 25 mars 1881, le Père Chevalier répond favorablement à l’appel du pape Léon XIII qui demande l'envoi de missionnaires en Mélanésie et en Micronésie (îles au nord de l’Australie).

Ce nouveau champ missionnaire donne corps à son rêve qu'il synthétise dans la devise donnée à ses missionnaires :

« Aimé soit partout le Sacré-Cœur de Jésus» (Ametur ubique terrarum Cor Jesu sacratissimum).

Le pape François vient d'honorer cette dimension missionnaire, en choisissant parmi les cardinaux (le 19 novembre 2016), Mgr John Ribat, Missionnaire du Sacré-Cœur et archevêque de Port Moresby (Papouasie-Nouvelle-Guinée).  

La « Famille Chevalier ».

Après les Missionnaires du Sacré-Cœur (MSC), deux congrégations féminines ont vu le jour : les Filles de Notre-Dame du Sacré-Cœur (30 août 1874) et les Sœurs Missionnaires du Sacré-Cœur (25 mai 1900).

Des laïcs MSC se sont aussi associés à la mission au sein de ce que nous appelons aujourd’hui la « Famille Chevalier » qui regroupe religieux, religieuses et laïcs.

Les trois congrégations nées de l’ardeur missionnaire du Père Chevalier comptent aujourd'hui plus de 5000 membres dans 53 pays, sur tous les continents.

Ils sont engagés dans la pastorale paroissiale, le monde des jeunes, les aumôneries d'hôpitaux, auprès des gens de la rue, à travers des pèlerinages et des retraites spirituelles.

Un bulletin de liaison mensuel a été créé tant pour les pèlerins qui viennent nombreux découvrir Marie sous son nouveau vocable, que pour les membres de la Fraternité Notre-Dame du Sacré-Cœur (créée par le Père Chevalier) qui s'y rattachent.

C'est ainsi que sont nées en janvier 1866 les Annales d'Issoudun qui existent encore aujourd’hui.  







L'ensemble du sanctuaire d’Issoudun porte le nom de Basilique Notre-Dame du Sacré-Cœur.

Aujourd'hui, le sanctuaire est ouvert toute l'année.

Il accueille les pèlerins qui viennent nombreux de Pâques à octobre de manière individuelle ou en groupe.

Chaque jour, il y a la messe à 11h30 (11h le dimanche) et la prière mariale de 17h à 17h30 qui allie, dans une lectio divina avec Marie, la dimension mariale et les vêpres.

Il y a aussi un enseignement sur le thème de l’année et des rencontres missionnaires sont proposées pour les groupes.

Chaque jour, un accueil dialogue-confession est aussi offert de 9h30 à 11h et de 15h à 17h.

Un thème annuel permet de déployer la riche spiritualité du Sacré-Cœur au sujet de laquelle le Père Chevalier aimait dire :

« La dévotion à Notre-Dame du Sacré-Cœur est le complément naturel de la dévotion au Sacré-Cœur. »

 Le Serviteur de Dieu Jules Chevalier est mort le 21 octobre 1907 à Issoudun après une vie bien remplie et riche de promesses pour l'avenir.

Sa cause en béatification a été déposée à Rome le 25 mai 2012.

Sept de ses fils spirituels ont été déclarés martyrs en Espagne dans le contexte de la guerre civile de 1936-1939.


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Message par Marie du 65 le Sam 28 Oct 2017 - 10:02

1380

CATHERINE DE SIENNE, LA SAINTE QUI A « LE PLUS AIMÉ L’ÉGLISE »







L’engagement au service de l’Église et du monde est, pour tout chrétien, une nécessité découlant de sa vocation baptismale.

La Toscane sainte Catherine de Sienne (1347-1380), venue voir le pape à Avignon, le manifeste totalement, jusqu’à en recevoir la sainteté.

Bel exemple pour chacun, invité à se laisser habiter par la grâce de l’évangélisation.



Frère Norbert-Marie Sonnier, o.p.




Dominicain de Rennes

La sainteté d’une enfant modeste.


Catherine Benincasa est née à Sienne (Toscane, en Italie centrale) le 25 mars 1347, qui était à la fois dimanche des Rameaux et jour de l’Annonciation.

Elle en gardera un lien mystique avec le Christ et une dévotion spéciale pour Marie, sa « douce mère ».

Elle vient au monde avec une jumelle qui ne lui survivra que quelques jours ; elles sont les 23e et 24e enfants de la famille qui en comptera au final 25.

Le père est teinturier, la mère tient la maison que l’on peut encore voir dans le quartier Fontebranda, dans le nord de Sienne.

Et déjà se pose la question sur celle qui deviendra sainte Catherine de Sienne : comment cette jeune femme, laïque, illettrée, d’un milieu modeste, en arrivera à être l’interlocuteur des grands du monde de son temps (papes, cardinaux, rois, reines, etc.) ?

La réponse tient dans sa sainteté.

Catherine a bénéficié très tôt de grâces mystiques, et sa vie est une réponse continue à réaliser la volonté de Dieu, à un point tel que sa volonté et celle de Dieu sont identiques. Pour en arriver là – c’est son enseignement spirituel – pas d’autres voies que de tuer sa volonté propre et son amour propre qui sont un poison et les racines de tous les maux du monde.





Une relation intime avec le Christ.

Son expérience spirituelle commence par une vision qu’elle aperçoit dans le ciel, au-dessus de l’église des Dominicains à Sienne : le Christ lui apparaît revêtu des ornements pontificaux, avec les apôtres Pierre, Jean et Paul.

Catherine est toute jeune, elle a six ans, mais cette vision la marquera à jamais.

Dans l’une de ses apparitions, Jésus ôta le cœur de la poitrine de Catherine et mit le sien à sa place.

Dans une autre, elle reçut les stigmates.

Il paraît qu’à plusieurs reprises au moment de la Communion, l’hostie s’échappait des mains du prêtre pour s’envoler vers Catherine.

Sa vie entière fut un miracle. D’une part, sa relation avec le Christ sera une intimité de tous les instants, telle qu’on la décrit dans cette parole du Christ :

« Pense à moi, je penserai à toi. »

D’autre part, le Christ aux vêtements pontificaux sera l’origine d’un qualificatif pour parler du Pape : le Souverain Pontife sera appelé

« le doux Christ sur la terre ».

Ainsi, grâce à son engagement pour l’Église, elle sera qualifiée de « sainte qui a sans doute le plus aimé l’Église ».

L’épouse du Christ

En réponse à cette vision, Catherine fait vœu de virginité et elle se soumet à une ascèse faite de pénitence, de prière et de solitude dans une pièce retirée de la maison paternelle.

Mais sa famille, souhaitant la marier, lui impose les tâches ménagères comme dérivatif à ces mortifications.

Les relations entre Catherine et ses parents sont particulièrement mauvaises.

C’est à ce moment qu’elle fait l’expérience spirituelle de la « cellule intérieure » du cœur, lieu inviolable où, quelles que soient les circonstances extérieures, le Christ est toujours présent.

Catherine a toujours manifesté une grande admiration pour les Frères Prêcheurs, fondés par saint Dominique en 1216.

Elle demande son admission chez les Mantellate (sorte de tiers-ordre dominicain), une confrérie de femmes, veuves et âgées pour la plupart, qui l’accueillent alors qu’elle a juste 16 ans !

Ses parents ont, en effet, enfin compris et accepté la vocation de leur fille.

Revêtue de l’habit blanc et du manteau noir, elle veut vivre les exigences dont ils sont les symboles : pureté et pénitence.

Les grâces mystiques abondent jusqu’aux noces mystiques avec son époux, le Christ, en 1368. Jésus lui apparaît et lui remet un anneau, symbole de leur union spirituelle.

Ambassadrice de la paix.

Catherine va honorer les deux dimensions de la vie dominicaine :

contemplation et action.

Son activité apostolique commence avec le secours aux indigents, les visites aux malades et les soins aux pestiférés.

Puis, elle fait montre d’un authentique charisme de réconciliation entre les personnes, les familles, les clans et les cités divisés ; mais aussi pour la réconciliation des pécheurs avec Dieu.

Sa mission devient bientôt publique : elle se verra confier des ambassades plus ou moins officielles pour négocier la paix.

On peut dire que son champ d’investigation s’élargit de Sienne pour atteindre Florence et Avignon, où siège le Pape.

Accompagnée de disciples formant une bella brigata, une famille qui la reconnaît comme leur Mamma, elle sillonne l’Italie et le Sud de la France.  





Fidèle au Pape.

L’Église vit alors une période délicate.

En raison de l’instabilité de Rome au début du XIVe siècle, le pape français Clément V, élu en 1305, décida de s’installer à Avignon, cité commerciale que la papauté possède depuis 1274.

Sept papes se succèdent pendant 70 ans ; la construction du Palais des Papes témoigne de leur installation durable.

Cependant, les rumeurs de scandales s’accumulent et les Romains protestent contre cet exil à Avignon, qui n’a pas de légitimité à rester la capitale de la chrétienté.

Partant au printemps 1376 rencontrer le pape Grégoire XI à Avignon, Catherine lui fait part de son désir de le voir revenir à Rome, d’où il devrait procéder à la réforme de l’Église en commençant par la tête, c’est-à-dire par les cardinaux, évêques, prélats… et lancer une croisade vers les lieux saints afin de fédérer les différentes factions ennemies en Italie vers un but commun.

Malgré l’opposition des cardinaux qui préfèrent Avignon, Grégoire XI part pour Rome dès septembre.

Arrivé à Rome en janvier 1377, il meurt l’année suivante. Son successeur, Urbain VI, voit une partie des cardinaux qui l’ont élu se détourner de lui et élire à Avignon un autre pape, Clément VII, en septembre.

C’est le début d’un grand schisme qui durera 40 ans, pendant lequel la chrétienté aura deux voire trois papes simultanément ! Catherine prend fait et cause pour Urbain VI, pape légitimement élu.  

Docteur de l’Église.

Son activité apostolique d’une rare densité ne l’a pas empêchée d’être auteure et reconnue Docteur de l’Église par le pape Paul VI le 3 octobre 1970.

Elle devient ainsi la seconde femme à obtenir cette distinction dans l'Église (après Thérèse d'Avila et avant Thérèse de Lisieux).

Pourtant, elle n’a pas eu de formation scolaire ou académique, elle savait à peine lire et a appris à écrire sur le tard.

Mais elle n’a eu de cesse de chercher, de questionner, de s’entourer de théologiens confirmés, afin de rendre compte de son expérience spirituelle.

Son œuvre se présente sous trois formes.

D’une part, la correspondance.

Nous avons 378 lettres qu’elle a adressées aux personnes les plus diverses : papes, cardinaux, évêques, rois, reines, religieux, gens de toute condition.

Toutes ses lettres commencent par la formule : « Au nom de Jésus crucifié et de la douce Marie. Moi, Catherine, servante … ».

Cela indique qu’elle agit pour le Christ et que ses avis sont à recevoir comme l’expression de la volonté divine.

D’autre part, Catherine est à l’origine de 26 oraisons, dont certaines en état d’extase.

Ce sont ses disciples qui les ont recueillies alors qu’elle priait, visiblement à haute voix.

Enfin, il y a le Dialogue, l’œuvre la plus étonnante, qui relate des conversations entre Dieu le Père et Catherine de Sienne ; une synthèse de sa spiritualité qu’elle dicte entre 1377 et 1378.  


Fin de vie.

Catherine de Sienne finit sa vie à Rome, portant sur ses frêles épaules la barque de l’Église.

Elle meurt le 29 avril 1380.

Son procès en canonisation commence dès 1411, mais est suspendu du fait du Grand Schisme d'Occident.

C'est le pape Pie II qui déclare Catherine de Sienne sainte le 29 juin 1461, jour de la fête des apôtres Pierre et Paul.

En 1628, le pape Urbain VIII déplace sa fête au 30 avril.

Par ailleurs, il reconnaît à Catherine de Sienne la véracité des stigmates.

Le 18 juin 1939, Pie XII déclare Catherine de Sienne sainte patronne principale d'Italie, au même niveau que saint François d'Assise.  





Co-patronne de l’Europe.

Le pape saint Jean-Paul II fait de sainte Catherine de Sienne la co-patronne de l’Europe, avec sainte Brigitte de Suède et sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, le 1er octobre 1999.

À cette occasion, il rappelle l’attitude de sainte Catherine de Sienne en insistant sur plusieurs points, dont son activité apostolique :

« Ses lettres se répandirent à travers l’Italie et l’Europe elle-même.

En effet, la jeune Siennoise entra avec un regard sûr et des paroles de feu dans le vif des problèmes ecclésiaux de son époque.

» Ensuite, il parle de son engagement en faveur de la paix et de la réconciliation : «

Désignant le Christ crucifié et la douce Marie aux adversaires, elle montrait que, pour une société qui s'inspirait des valeurs chrétiennes, il ne pouvait jamais y avoir de motif de querelle tellement grave que l'on puisse préférer le recours à la raison des armes plutôt qu'aux armes de la raison. »

Et surtout, le Pape évoque son souci de l’évangélisation :

« Catherine savait bien que l'on ne pouvait aboutir efficacement… si les esprits n'avaient pas été formés auparavant par la vigueur même de l'Évangile » ; sans oublier son amour indéfectible pour l’Église : «

C'était là (dans la recherche passionnée de la communion) l'idéal suprême qui avait inspiré toute sa vie, dépensée sans réserve au service de l'Église.

C'est elle-même qui en témoignera devant ses fils spirituels sur son lit de mort :

« Tenez pour certain, mes très chers, que j'ai donné ma vie pour la sainte Église ». »


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Re: Notre Histoire avec Marie-Frise- & Redécouvrons notre Passé!!!!

Message par Marie du 65 le Sam 4 Nov 2017 - 10:07

1950


L’ASSOMPTION, UN DOGME TOUT DE LUMIÈRE !







Nous catholiques sommes attachés à fêter notre Mère, déjà participante de la joie du Ciel.

Mais ce n’est pas seulement une question de sentiment, c’est une vérité bien établie, fondée en tradition, qui jette un jour très inattendu sur toute notre vie future auprès de Dieu, et qui éclaire en même temps notre chemin présent.

Père Michel Gitton




Fondateur de la communauté Aïn Karem

Le dernier voyage de Marie.

L’Assomption est à bien distinguer de l’Ascension, même si, dans les deux cas, il s’agit d’aller au Ciel !

Avec l’Assomption, c’est Marie, la mère de Jésus, qui monte vers les célestes demeures, tandis que Jésus a connu antérieurement une Ascension qui nous est racontée dans les Évangiles (Marc XVI, 19 ; Luc XXIV, 50-53) et les Actes des Apôtres (I, 9-11).

L’Assomption n’est pas rapportée dans le Nouveau Testament, tout au plus des allusions (Apocalypse XII, 1-17) ; mais elle est connue grâce à un texte reçu très anciennement dans toutes les Églises, le Transitus Mariæ (ou voyage de la sainte Vierge Marie).

Il montre Marie s’éteignant dans la paix à Jérusalem sur le mont Sion, les Apôtres se rassemblant autour d’elle pour faire le service funèbre et l’emmener dans la vallée du Cédron où une tombe neuve l’attend.

C’est là que Jésus vient en personne prendre charge de sa Mère qu’il élève au Ciel corps et âme [1].





L’Assomption et la Dormition.

L’Orient et l’Occident chrétiens ont eu des approches différentes de ce mystère que les Grecs appellent « Koïmèsis » (traduit par Dormition), tandis que les latins ont plus mis l’accent sur la deuxième phase du processus : sa montée en gloire.

Le pape Pie XII, qui a fait entrer l’Assomption dans le concert des vérités de foi professées par l’Église catholique (Constitution apostolique Munificentissimus, 1er novembre 1950), n’a pas voulu préciser le mode de la glorification de Marie : est-elle morte et ressuscitée comme Jésus ?

Ou a-t-elle directement rejoint le Ciel, sans passer par la mort, comme on l’a pensé au Moyen Âge ? L’Assomption, avec ou sans Dormition, est donc la conclusion nécessaire de la vie de la Vierge Marie.





Le dogme de l’Assomption.

C’est le dernier précisé des dogmes concernant Marie (l’avant-dernier étant l’Immaculée Conception,  définie par Pie IX en 1854).

Le texte officiel de l’Église catholique sur l’Assomption est la Constitution apostolique Munificentissimus Deus de Pie XII en 1950.

Dans ce document, le Pape proclame solennellement le dogme de l’Assomption :

« Par l’autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ, des Bienheureux apôtres Pierre et Paul et par notre propre autorité, nous affirmons, nous déclarons, nous définissons comme un dogme divinement révélé que l’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste. »

Il repose sur un large consensus dans la tradition ancienne – plusieurs Pères de l’Église en ont parlé (saint Jean de Damas, saint Denys l’Aréopagite…) – ; très tôt la Dormition et le triomphe de Marie ont été représentés dans d’innombrables fresques, vitraux, tableaux.

La fête du 15 août, qui semble venir de Jérusalem, est également très ancienne. Elle est célébrée dans toutes les Églises d’Orient comme dans l’Église latine bien avant la proclamation de 1950.

C’est ainsi que, le 10 février 1638, le vœu du roi Louis XIII, remerciant le Ciel pour la grossesse tant attendue de sa femme Anne d’Autriche (obtenue après des neuvaines à Notre-Dame de Grâces à Cotignac), fait de l’Assomption le jour de la fête nationale du royaume de France.

De nombreuses églises de France portent ce vocable, de Chantilly (Oise) jusqu’à Nice (Alpes-Maritimes), en passant par Passy (Paris).

Notre-Dame de l’Assomption est d’ailleurs proclamée patronne principale de notre pays par le pape Pie XI le 2 mars 1922.





La victoire sur la mort.

L’Assomption repose sur la conviction que la Vierge Marie, associée à tous les mystères de la vie de son Fils (joyeux, douloureux et « lumineux »), l’est aussi avec son triomphe sur la mort, sans attendre la Résurrection finale.

D’elle aussi, on peut dire le verset de psaume (15, 10) :

« Tu ne peux laisser ton ami voir la corruption. »

Elle qui a consenti à accueillir la venue du Sauveur dans son cœur et dans sa chair, elle qui s’est donnée toute entière avec lui sur la Croix, elle qui a reçu la charge d’être la Mère de tous les disciples du Christ (Jean XIX, 26-27), elle qui a gardé la foi, alors que tous les autres la perdaient, devant le constat matériel du corps inanimé du Crucifié, elle nous précède dans la Lumière.

Désormais, il nous est donné de contempler dans la gloire, à côté du Nouvel Adam, la Nouvelle Ève qui forme avec lui la réplique du couple initial.

C’est bien une humanité complète, composée d’hommes et de femmes, que Dieu veut entraîner un jour dans le bonheur sans limite et sans fin.

Unie à Dieu.

La fête de l’Assomption de Marie est pour toute l’Église une grande joie, elle y voit l’annonce de ce que sera sa propre glorification, lorsque le Seigneur reviendra juger les vivants et les morts et qu’il fera entrer son Peuple dans la Jérusalem céleste.

Elle y voit la preuve que tout ce qui constitue notre histoire sur terre peut être un chemin vers le Ciel, si nous le vivons en union avec Dieu.

Puisque Jésus veut près de lui celle qu’il a tendrement aimée sur la terre, nous croyons que le bonheur du siècle à venir n’est pas désincarné, que nous entraînerons avec nous tous ceux que nous avons aimés, pourvu que nous les ayons aimés dans la lumière du Christ.

[1] On dispose maintenant d’une édition accessible dans un volume de la Bibliothèque de la Pléiade, Écrits apocryphes chrétiens, tome II, Gallimard, 2005, p. 215-239.

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Re: Notre Histoire avec Marie-Frise- & Redécouvrons notre Passé!!!!

Message par Marie du 65 le Sam 11 Nov 2017 - 10:57


909

FONDATION DE CLUNY, UNE ABBAYE AU SUCCÈS INTEMPOREL







Le 11 septembre 909 ou 910, Guillaume III, dit « le Pieux », duc des Aquitains et comte de Mâcon, faisait donation à l’abbé Bernon d’une villa, située dans la vallée de la Grosne, à trois lieues au nord-ouest de Mâcon (Saône-et-Loire).

Cluny était fondée : un très haut lieu monastique de la chrétienté médiévale venait de naître.




Dom Thierry Barbeau Moine de Solesmes (Sarthe)



Odon, promoteur exceptionnel.

Cluny serait restée un simple établissement monastique, comme ils furent si nombreux à être créés en ce Xe siècle, si Bernon, qui avait aussi réformé Baume (Jura) et fondé Saint-Pierre de Gigny (Jura), n’avait choisi ce lieu pour sépulture.

Mais plus encore, s’il n’avait appelé à lui succéder à la tête du monastère, Odon[1], moine d’origine tourangelle entré à Gigny.

Odon et ses frères de Cluny se regardaient comme formant une parvula societas, « une pauvre famille ».

Deux siècles plus tard, l’Ecclesia cluniacensis était constituée d’un gigantesque réseau d’abbayes, de prieurés, d’églises et de dépendances diverses qui se ramifiait jusqu’aux confins de la Chrétienté : de l’Italie du Sud jusqu’en Angleterre et en Scandinavie ; des confins du monde orthodoxe, en Pologne et en Hongrie, jusqu’aux avant-postes, face à l’Islam, dans la péninsule Ibérique et en Palestine où, à la faveur de la croisade, Cluny possédait une filiale, le monastère du Saint-Sauveur sur le Mont-Thabor.

Les lointains successeurs de Bernon et d’Odon, Odilon, Hugues de Semur et Pierre le Vénérable surtout, seront des personnages de premier plan dans la Chrétienté des XIe et XIIe siècles, où les abbés de Cluny se feront les émules et parfois les protecteurs des papes.  

Une situation historique remarquable.

Ce développement extraordinaire, cette destinée inégalée peuvent s’expliquer par la situation historique exceptionnelle dans laquelle Cluny s’est trouvée insérée au Xe siècle[2].

Située en Bourgogne méridionale, l’abbaye est placée à la frontière de deux ensembles de l’ancien empire carolingien en pleine évolution politique : la Francie occidentale, en voie de devenir capétienne ; et la Francie orientale, où les Ottoniens puis les Saliens vont rétablir l’empire (le Saint Empire romain germanique).

Mais cet essor prodigieux s’explique aussi par l’entière liberté, tant sur le plan temporel que sur le plan spirituel, dont jouit l’abbaye depuis ses origines.

En effet, Guillaume d’Aquitaine avait fait don du monastère aux apôtres saint Pierre et saint Paul, le plaçant ainsi sous la dépendance et la protection directes de l’Église de Rome : c’est ce qu’on appelle l’exterritorialité.

Depuis, toute une série de privilèges d’exemption vis-à-vis des pouvoirs ordinaires de l’évêque diocésain[3] étaient venus s’y ajouter, qui aboutiraient à la constitution d’un véritable corps autonome à l’intérieur de l’Église et de la société :

l’Ecclesia cluniacensis (Église clunisienne).  





Des abbés mémorables.

Cependant le rayonnement de Cluny, son destin exceptionnel ou, si l’on préfère, « le secret de Cluny[4] », résida pour l’essentiel dans une lignée presque ininterrompue de grands abbés, dont les longs et féconds abbatiats présideront aux destinées de la grande abbaye durant près de deux siècles et demi.

Leurs mérites aux yeux de Dieu et des hommes leur valurent l’auréole des bienheureux et des saints que l’Église leur conféra[5].

Ces grands abbés ont pour noms saint Odon, saint Mayeul, saint Odilon de Mercœur, saint Hugues de Semur et le bienheureux Pierre le Vénérable.  

À l’école de saint Benoît

Si le succès de Cluny relève de la personnalité remarquable des abbés qui l’ont gouvernée, il est aussi attribuable à la Règle bénédictine qui fut celle des moines clunisiens.

La vie de ces derniers était entièrement déterminée par la Règle de saint Benoît (RB), rédigée au début du VIe siècle.

Une vie équilibrée faite de lecture, de prière et de travail.

En un temps où l’insécurité des chemins en faisait un devoir strict de charité, les clunisiens développèrent aussi la pratique d’une large hospitalité, ainsi que l’exercice de l’aumône, dispensée avec une particulière générosité.

Cluny fut aussi un centre culturel essentiel de l’Europe médiévale.

La vie menée par les clunisiens supposait une sérieuse formation intellectuelle, tendant d’ailleurs moins à former des penseurs originaux que des hommes cultivés, comme le réclament la célébration de la liturgie et les obligations qui en découlaient pour les moines[6].

Cette existence toute orientée vers la recherche et la louange de Dieu se traduisit aussi à travers une grande sensibilité artistique, une attention portée à la beauté qui doit rejoindre les aspirations de l’âme contemplative.

Cette culture du beau est l’un des traits dominants de la tradition clunisienne, comme l’écrivait dom Jean Leclercq, un des meilleurs connaisseurs de Cluny :

« L’exigence du beau est partout, sa présence est partout notée, dans l’art spirituel comme dans les arts plastiques, dans l’édification des âmes comme dans celle du monastère.

De tous les grands témoins de Cluny dont il soit parlé, on remarque qu’ils étaient beaux, par l’esprit, parfois même par le corps, par une démarche où se reflétaient la paix du cœur et l’ordre des pensées. […]

De tels moines n’étaient point des esthètes, mais des artistes, experts en l’art d’aller à Dieu par les voies de toute beauté [7]. »  

…la liturgie, prière de la louange divine.

Cette exigence du beau trouva sa plus haute expression dans la liturgie, d’où le sens esthétique rejaillit sur toute l’existence du moine.

La liturgie, prière de la louange divine, est en effet l’occupation principale des clunisiens.

Saint Benoît avait déjà prescrit à ses disciples de ne rien préférer à l’œuvre de Dieu : Nihil operi Dei praeponatur (RB 43).

Cluny reprit à son compte ce beau programme. Ce dernier allait même l’amplifier, avec une magnificence jamais atteinte, au point de faire de la place prépondérante de la liturgie dans la vie des moines la grande caractéristique du monachisme clunisien.

Cette liturgie solennelle, qu’un auteur comme Bernard de Cluny décrit en des termes qui laissent transparaître son enthousiasme et son admiration, se déroulera dans le cadre grandiose de l’église de Cluny III commencée en 1088 par saint Hugues de Semur[8].

D’une ampleur impressionnante, près de 190 mètres du chevet à la galilée, c’est-à-dire l’atrium, Cluny III demeurera, jusqu’à la reconstruction de la basilique Saint-Pierre de Rome au XVIe siècle, le plus grand édifice de toute la Chrétienté.

C’est après la consécration de Cluny III que le pape Urbain II confère à l’abbé de Cluny le privilège des pontificalia, habits normalement réservés aux évêques : la mitre, la dalmatique, les sandales.  





Le Christ, Seigneur des clunisiens.

Saint Benoît, qui demande à ses disciples de ne rien préférer à l’œuvre de Dieu, les invite pareillement à

« Ne rien préférer à l’amour du Christ » (« Nihil amori Christi præponere »), (RB 4).

Dès les premières lignes du Prologue de la Règle bénédictine, se dresse en effet la figure du Christ. Insistant sur sa divinité, saint Benoît voit avant tout en lui le Seigneur et le grand Roi, sous l’étendard duquel les moines sont appelés à militer en prenant « les fortes et nobles armes de l’obéissance ».

C’est le même Christ qui trônait dans l’abside de l’église de Cluny III, aujourd’hui disparu, mais dont le beau Christ de la chapelle du petit prieuré de Berzé-la-Ville (Saône-et-Loire), peint à la fin de l’abbatiat de saint Hugues de Semur, vers 1100-1110, peut donner une idée, tout comme le grand Christ de l’Apocalypse, sculpté au tympan de la basilique de Vézelay (Yonne).

Le Christ à Cluny est celui dont parlent les Écritures et que livre leur méditation.

Il est le Christ aussi que célèbre la liturgie, et dont les mystères sont offerts, chaque année, à la contemplation des moines lors des grandes fêtes.

Christologie objective donc, qui offre à la contemplation des clunisiens un « Christ intégral », dont aucun aspect du mystère n’est privilégié ni laissé de côté.  

Christologie « affective ».

La liturgie, qui est contemplation des mystères de la vie terrestre du Christ, de son humanité assumée et déifiée, de sa gloire et de son triomphe, conduisit aussi les moines clunisiens à une théologie et à une spiritualité de type affectif dont l'essence est l'union à Dieu.

Aussi, la seconde grande caractéristique de la christologie clunisienne est d'être pénétrée d'une chaleur sensible.

Christologie qui peut être à juste titre qualifiée d'« affective ».

Ainsi, saint Odon donne du Christ deux aspects parfaitement complémentaires : d’une part, l’humilité, la douceur, la patience, la pauvreté du Fils de Dieu fait homme ; d’autre part, l’amour, l’affection dont il fait preuve envers l’humanité et qu’il attend d’elle en retour.

La dévotion personnelle de saint Odon pour le Christ s’adresse à l'hôte intime du cœur que l'homme peut rejoindre à tout instant dans l'élan d'un amour intime[9].  

Notre-Dame, « Mère de Miséricorde ».

À la dévotion au Christ doit être associée la dévotion à sa Mère, très présente à Cluny, où les fêtes de la Vierge tiennent une place privilégiée dans le calendrier liturgique[10].

La Vierge est invoquée sous les deux titres de « Dame » et de « Mère de miséricorde ».

C’est en s’adressant ainsi à la Mère de Dieu, Ô Domina et Mater misericordiae, que l’abbé saint Odon, encore adolescent, s’était confié à elle, lui remettant sa vie entre ses mains.

Jean de Salerne, son biographe, a rapporté la belle histoire survenue à un moine[11].

Un jeune brigand avait été conquis par la douceur de saint Odon au cours d’un de ses voyages et était entré à Cluny où il menait une vie exemplaire.

Tombé malade après quelques mois, il eut, une nuit, l’apparition d’une belle Dame entourée d’un brillant cortège.


-        « Qui êtes-vous ? », lui demanda-t-il.

-        « La Mère de miséricorde. »

-        « Que me voulez-vous ? », ajouta-t-il.

-        « Dans trois jours, à telle heure, je viendrai te chercher. »

Effectivement, le malade mourut au jour et à l’heure dits.

Depuis lors, relate Jean de Salerne, saint Odon n’appelait plus Sainte Marie que la « Mère de miséricorde ».

Et il n’est pas impossible que ce soit sous l’influence de Cluny qu’ait été introduit, dans les premiers mots du Salve Regina, le mot « Mater », le texte primitif portant en effet « Regina misericordiae ».  





La Miséricorde Divine est bien au cœur du message de Cluny.

Elle est la vraie richesse, le plus profond « secret de Cluny ».

Cette sensibilité à la Miséricorde de Dieu qui se penche sur toutes les misères des hommes conduira les moines clunisiens à œuvrer grandement en faveur de la prière pour les morts, œuvre de miséricorde par excellence.

Et c’est l’abbé saint Odilon  qui institua la commémoraison de tous les défunts, le 2 novembre, le lendemain de la fête de la Toussaint, qui s’étendra plus tard à l’Église entière.




[1] Voir Isabelle Rosé, Construire une société seigneuriale. Itinéraire et ecclésiologie de l’abbé Odon de Cluny (fin du IXe –milieu du Xe siècles), Turnhout, Brepols (Coll. d’études médiévales de Nice, ), 2008.


[2] Voir Cluny. Les moines et la société au premier âge féodal, dir. D. Iogna-Prat, M. Lauwers, F. Mazel et Isabelle Rosé, Rennes, Presses universitaires de Rennes (Art et Société), 2013.

[3] L’évêque diocésain a normalement droit de regard, de correction et d’ordination sacerdotale sur les moines de son diocèse. Avec le soutien du pape, Cluny s’abstrait peu à peu de ces prérogatives : en 997, le monastère de Fleury-sur-Loire (aujourd’hui Saint-Benoît-sur-Loire) échappe au pouvoir de correction de l’évêque ; en 998, Odilon obtient de pouvoir faire ordonner ses moines par un autre évêque que celui du lieu, privilège confirmé par le pape en 1017.

[4] “Le secret de Cluny” est le titre d’un livre de Raymond Oursel, publié au Barroux, aux Éditions Sainte-Madeleine, en 2000, qui présente la vie des saints abbés de Cluny, de Bernon à Pierre le Vénérable.

[5] Voir Dominique Iogna-Prat, “Panorama de l’hagiographie abbatiale clunisienne”, dans Id, Études clunisiennes, Paris, Picard (Les médiévistes français, 2), 2002, p. 35-73.


[6] Voir dom Jean Leclercq, “Spiritualité et culture à Cluny”, dans Spiritualità cluniacense, Actes du Colloque de Todi, 12-15 octobre 1958, Todi, Presso l’Accademia Tudertina, 1960, p.103-151, ici p. 106-133.

[7] Ibid., p. 148 et 151.

[8] Sur l’église de Cluny III, voir, en plus des travaux des professeurs Kenneth John Conant et Neil Sratford, l’ouvrage récent de Anne Baud, Cluny. Un grand chantier médiéval au cœur de l’Europe, Paris, Picard (Espaces médiévaux), 2003.

[9] Voir dom Thierry Barbeau, “Christologie et monachisme : le Christ au cœur de la vie des moines de Cluny”, dans Cluny, histoire, théologie et spiritualité, livraison spéciale de la Lettre aux amis de Solesmes, n° 149, janvier-mars 2012, p. 36-65.

[10] Voir dom Patrice Cousin, “La dévotion mariale chez les grands abbés de Cluny”, dans À Cluny, Actes du Congrès scientifique des 9-11 juillet 1949, Dijon, Imprimerie Bernigaud & Privat, 1950, p. 210-218.


[11] Bibliotheca Cluniacensis, [Paris, 1614], Mâcon, 1915, col. 49-50.

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Samedi 11 novembre : Prière proposée par Dom Thierry Barbeau, moine de Solesmes





Semaine #98 : Dom Thierry Barbeau, moine de Solesmes (Sarthe)

Le 11 septembre 909 ou 910, Guillaume III, dit « le Pieux », duc des Aquitains et comte de Mâcon,faisait donation à l’abbé Bernon d’une villa, située dans la vallée de la Grosne, à trois lieues au nord-ouest de Mâcon (Saône-et-Loire).

Cluny était fondée : un très haut lieu monastique de la chrétienté médiévale venait de naître.

Prions la prière à Marie, Mère de Miséricorde.


C’est Jean de Salerne, disciple et biographe de saint Odon, abbé de Cluny, qui nous a rapporté la belle prière par laquelle le saint, encore adolescent, se mit sous la protection de Notre Dame, au cours de la nuit de Noël.


Ô Dame et Mère de miséricorde,
Vous qui, en cette nuit, avez mis au monde le Sauveur,
daignez dans votre bonté intercéder pour moi par vos prières ;
je me réfugie en votre glorieux et unique Enfantement, Mère très bonne.

Inclinez aussi les oreilles de votre bonté vers mes prières.

Je redoute tant que ma vie déplaise à votre Fils !

Et puisque c’est par vous, ma Dame, qu’Il s’est manifesté au monde,
que grâce à vous aussi, je vous prie, Il me prenne en pitié sans tarder.

Amen.


Croix





Saint Odon de Cluny
(éd. Bibliotheca Cluniacensis, op. cit., col. 17)
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Re: Notre Histoire avec Marie-Frise- & Redécouvrons notre Passé!!!!

Message par Marie du 65 le Sam 18 Nov 2017 - 10:07

XVIe s.

À BÉTHARRAM, MARIE EST HONORÉE DEPUIS 500 ANS







Bétharram est un quartier du village de Lestelle-Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques, situé à 14 kilomètres, en aval de Lourdes.

Le monastère et les sanctuaires s’adossent à une colline, celle du Calvaire, dans une verdure impressionnante.

Le gave de Pau s’apaise ici pour s’ouvrir dans la plaine béarnaise.

Tel est le lieu que Notre Dame a choisi il y a plus de 500 ans pour répandre les faveurs et les grâces de son Fils Jésus.






Père Laurent Bacho Recteur des sanctuaires de Bétharram

À l’origine.

Bétharram a une longue histoire…

Au début du XVIe siècle, des bergers faisant paître leurs troupeaux sur les collines voient une lumière éclatante qui se situe sur la pointe des rochers où est maintenant bâtie la chapelle.

« Ces jeunes enfants approchent de la lumière et y découvrent une image de la Vierge.

Des foules accourent et décident d’aménager ce creux de rocher pour venir prier », dit la chronique.

On choisit un endroit favorable, au-delà du gave, et on place la statue dans une niche, mais elle revient miraculeusement sur le rocher où elle avait été trouvée.

On la porte alors à l’église de Lestelle, mais là aussi miracle, « les portes étant fermées, la statue revient encore sur le rocher de Bétharram, où l’ont fut contraint de bâtir une petite chapelle ».

Bétharram et les guerres de religion.

Très vite, 50 ans plus tard, Bétharram présente un spectacle de désolation.

La statue de la Vierge a disparu.

De la petite chapelle, il ne reste que des murs calcinés.

Comme tout le Béarn, l’endroit demeure pendant 30 ans sous dominations politique et religieuse des protestants.

Les lieux marials sont les premiers à être détruits.

En effet, depuis le Moyen Âge (et jusqu’à l’annexion de 1620 par Louis XIII), le Béarn est un territoire indépendant, qui a été rattaché à toute la Navarre.

Or, à partir de 1545, les reines de Navarre Marguerite d’Angoulême puis sa fille Jeanne d’Albert font tout pour convertir leurs possessions à la Réforme.

Le fils de Jeanne, Henri de Navarre, devient roi de France en 1589 sous le nom d’Henri IV, quatre ans avant de se convertir au catholicisme.

Après l’édit de Nantes du 13 avril 1598 qui donne la liberté aux protestants de France, Henri IV compense par l’édit de Fontainebleau du 15 avril 1599 qui accorde la liberté religieuse aux catholiques du Béarn.

Il autorise bien sûr le culte public dans le Béarn.

Depuis la destruction de la chapelle, les catholiques n’avaient pas cessé de venir prier à Bétharram sur les ruines.

Et bientôt l’autorisation de reconstruire la chapelle est donnée.





Le miracle de la croix.

En 1615, une grande procession s’ébranle de Garaison pour venir à Bétharram où une foule de catholiques béarnais se trouve en prière pour célébrer le retour de l’Église catholique, qui a retrouvé tous ses droits en 1605 !

L’année suivante, c’est l’archevêque d’Auch qui décide de faire à son tour un grand pèlerinage.

En tête de la procession, se trouve une « Vierge à l’enfant » en bois, datant du XIIIe siècle, que nous conservons précieusement à Bétharram.

L’archevêque fait planter une croix au sommet de la colline qui surplombe la chapelle.

Un signe posé pour affirmer la prise de possession de ce Béarn, redevenu ainsi comme la propriété de l’Église Catholique.

Deux mois après ce pèlerinage, en septembre 1616, un miracle se produit.

Cinq paysans de Montaut qui travaillent sur les coteaux, sont témoins d’un tourbillon d’une violence extrême qui se déchaîne sur Bétharram alors que c’est un jour serein d’automne.

Ils voient la croix plantée par l’archevêque s’abattre sous la bourrasque, puis se relever d’elle-même, environnée d’une éclatante lumière.

Un lieu de pèlerinage florissant.

Après ce miracle, la chapelle est rebâtie.

Pour exalter le culte de la croix, un prêtre saint, l’abbé Hubert Charpentier,va dresser sur les pentes de la colline les stations du Calvaire.

Il organise une communauté de prêtres, « les prêtres du calvaire », qui vont assurer la charge pastorale du pèlerinage à Bétharram.

Le sanctuaire va être voué ainsi au culte des douleurs de la Mère et celles de son Fils.

La Vierge s’appellera désormais « Notre-Dame du Calvaire », et elle sera invoquée ainsi jusqu’au XVIIIe siècle où elle va devenir « Notre-Dame du Beau Rameau ».

Rappelé par ses supérieurs, c’est au mont Valérien à Paris qu’Hubert Charpentier bâtit aussi un calvaire ; il y meurt en 1650.

Son cœur, suivant son désir, est porté à Bétharram ; il y est conservé dans le chœur du sanctuaire de Notre-Dame.

De nombreux miracles et guérisons sont obtenus, comme nous le rappellent encore aujourd’hui les panneaux de la tribune de l’orgue.

Au XVIIe siècle, le pèlerinage de Bétharram compte parmi les plus célèbres de France.

« C’est un lieu de grande dévotion, dit saint Vincent de Paul, et si ce n’est le second, c’est au moins le troisième le plus fréquenté du royaume.

C’est Notre-Dame de Bétharram, où il se fait souvent des miracles. » L’importance de ce pèlerinage est bien prouvée par la construction d’un pont de pierre.

Jusqu’alors, quelques poutres en bois jetées de chaque côté du gave permettaient la traversée. Devant l’afflux des pèlerins, il est décidé de bâtir un pont de pierre qui est achevé en 1687, comme l’atteste l’inscription gravée sur la pierre bien lisible aujourd’hui :

« Au nom de Dieu, Sainte Marie, prie pour nous.

Ce pont a été bâti par Daniel, baron de Lescar, maître ingénieur. »  






Bétharram et la Révolution française.

Au XVIIIe siècle, les chapelains gardent vive la dévotion des pèlerins qui accourent en grand nombre.

C’est alors que se fait jour et va se répandre l’action de la Vierge Marie à travers le beau rameau.

Bien sûr à Bétharram il n’y a pas eu d’apparition, comme à Lourdes ou Fatima, mais Marie y est invoquée comme celle qui tend le rameau sauveur à tous les éprouvés et blessés de la vie.

Elle est toujours présente auprès de ses enfants qui risquent d’être emportés par les torrents de la vie.

Mais la Révolution française vint interrompre les pèlerinages et déporte les desservants du sanctuaire.

Les stations du calvaire sont détruites en 1794 par les sans-culottes.

La chapelle et le couvent sont préservés, grâce à la résistance des habitants conduits par le maire, mais vendus avec « interdiction absolue de se regrouper sous prétexte de dévotion ».  

Renaissance de Bétharram avec saint Michel Garicoïts.


Vingt ans après, le diocèse reprend tout l’ensemble, et un grand séminaire y est établi.

L’arrivée à Bétharram en 1826 d’un jeune prêtre basque, l’abbé Michel Garicoïts (1797-1863), ordonné en 1823, est providentielle, notamment pour le pèlerinage.

Il met tout son zèle apostolique à l’animation pastorale du sanctuaire.

De grands travaux de réparation sont entrepris : la voûte est refaite en 1836, puis la réfection du calvaire mobilise énergies et finances.

L’œuvre est confiée à un sculpteur de talent, Alexandre Renoir, qui travaille sans relâche pendant cinq ans pour doter les stations de huit bas-reliefs qui sont aujourd’hui très appréciés.

Avant de quitter les lieux en 1845, à cause du manque de finances, l’artiste orne le maître-autel du sanctuaire d’une statue de Notre-Dame, dont il cherche l’idée dans la légende du « betarram » (beau rameau).

La Sainte Vierge est assise et regarde avec une tendresse maternelle l’aimable Fils qu’elle tient sur ses genoux.

Elle le prie de tendre un rameau sauveur à la jeune fille qui se noie dans le gave.

Jésus se penche, avec une grâce divine, pour indiquer à la pauvre fille la branche du Salut qui est représentée sur le socle, au pied de Marie.

En 1835, Michel Garicoïts devient le fondateur, au pied du Calvaire, de la congrégation religieuse du « Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram » (SCJ).

Il s’agit au départ d’une petite société de vie consacrée destinée à « l’éducation intellectuelle, morale et religieuse » des environs et des pèlerins venus à Bétharram.

Malgré les difficultés initiales (« Que l’enfantement d’une congrégation est une chose laborieuse ! », se plaint le Père Garicoïts), l’œuvre connaît un succès tel qu’elle dépasse rapidement le diocèse, pour accompagner les migrants basques et béarnais en Argentine et en Uruguay en 1856.

La congrégation est reconnue par Rome en 1875 sur l’intervention de Sœur Marie de Jésus Crucifié, carmélite palestinienne de Pau.

Dans le prolongement du sanctuaire de Notre-Dame, se trouve le sanctuaire de Saint-Michel Garicoïts, depuis 1923, date de sa béatification.

Il a été canonisé le 6 juillet 1947, le même jour que sainte Élisabeth Bichier des Âges (1773-1838), fondatrice des Filles de la Croix, qui lui avait permis de découvrir le chemin de la vie religieuse à Igon, à 3 km de Bétharram.

L’endroit a donc cette particularité d’abriter deux sanctuaires au pied de la colline du Calvaire.  





Bétharram et Lourdes.

Beaucoup s’interrogent : pourquoi deux sanctuaires à Marie, au pied des Pyrénées, à quelques kilomètres de Lourdes, sur la même rive du gave ?

Bétharram est lieu de pèlerinage 300 ans avant Lourdes.

Bernadette y est venue plusieurs fois, elle y a d’ailleurs acheté le chapelet qui lui servit lors des apparitions.

Notre saint fondateur, Michel Garicoïts, est l’un des premiers à reconnaître l’authenticité des apparitions de Lourdes.

Mgr Laurence, évêque de Tarbes, lui envoie Bernadette pour un discernement.

Sans hésiter, le Père Garicoïts reconnaît la sincérité de Bernadette ; et malgré le climat général de défiance du clergé, il adopte une position ferme :

« Que Dieu est bon ! Comme il comble de grâces notre pays ! »

Il encourage même les communautés de sa congrégation à envoyer une participation financière pour la construction de la chapelle de Lourdes (il recommande cela aussi à la communauté de Buenos-Aires, en Argentine.

Et à ses confrères qui lui présentent l’inconvénient de la proximité de Lourdes, Michel Garicoïts répond :

« Peu importe, Bétharram ou Lourdes, pourvu que la Vierge soit honorée. »

Il a même l’intuition que, grâce à Lourdes, Bétharram va connaître un regain.

Et cela se vérifie actuellement avec l’accueil de pèlerins venant d’Asie, d’Afrique et d’Amérique… grâce à Lourdes !

C’est au pied de la croix de son Fils que Marie exprime merveilleusement cette inspiration que notre fondateur a trouvée en Marie, « toujours disposée à tout ce que Dieu voudrait et toujours soumise à tout ce que Dieu faisait ».

Nous recueillons précieusement cette contemplation de Marie qu’il nous propose :

« La mère de Jésus était debout au pied de la croix ! Une telle Mère… Mère d’un tel Fils… debout, non découragée ; au contraire courageuse, soumise, contente d’être là au pied de la croix à laquelle est si cruellement attaché son Fils bien-aimé ; là, dans l’obscurité de la nuit, quoiqu’en plein jour... »  

À Bétharram, Marie est Notre-Dame du Calvaire, remplie de courage, toute disposée à continuer la mission de son Fils Jésus auprès de tous les blessés de la vie.

Elle n’invite pas à la résignation ; elle appelle à la responsabilité et à garder nos cœurs toujours ouverts envers tous les souffrants de la vie.

Le Salut que son Fils apporte au monde, aux petits et pauvres en particulier, réclame notre engagement.  



Bétharram- Statue de la Vierge du Beau Rameau.




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Message par Marie du 65 le Sam 18 Nov 2017 - 10:17

Samedi 18 novembre

Prière proposée par le Père Laurent Bacho


Semaine #99

Père Laurent Bacho, recteur des sanctuaires de Bétharram





Bétharram est un quartier du village de Lestelle-Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques, situé à 14 kilomètres, en aval de Lourdes.

Le monastère et les sanctuaires s’adossent à une colline, celle du Calvaire, dans une verdure impressionnante.

Le gave de Pau s’apaise ici pour s’ouvrir dans la plaine béarnaise.


Tel est le lieu que Notre Dame a choisi il y a plus de 500 ans pour répandre les faveurs et les grâces de son Fils Jésus.

Pour que Jésus garde ceux qui nous sont chers dans la paix et que Marie nous apprenne à accepter la volonté de Dieu, prions Notre Dame de Bétharram.


Ô Notre Dame de Bétharram

Nous venons à toi ; nous avons confiance en toi.

Tends-nous ton rameau sauveur, donne-nous ton Fils.

Qu’il garde ceux qui nous sont chers
Dans la paix du cœur et la lumière de l’Esprit.

Toi dont la tendresse maternelle a accompagné saint Michel Garicoïts
De Bétharram jusqu’au ciel, veille sur nos pas.

Apprends-nous à dire « Oui » à Dieu, comme lui.
Aide-nous à redire : « Que ta volonté soit faite »,
En nous, par nous et autour de nous,
Tous les jours de notre vie.

AMEN.


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Re: Notre Histoire avec Marie-Frise- & Redécouvrons notre Passé!!!!

Message par Marie du 65 le Sam 25 Nov 2017 - 10:15

1981


À KIBEHO, LA VIERGE MARIE, « MÈRE DU VERBE », EST UNE VOIX DU CIEL SUR LA TERRE RWANDAISE






À Kibeho, la Vierge Marie, « Mère du Verbe », est une voix du Ciel sur
Du 28 novembre 1981 au 28 novembre 1989, la Vierge Marie apparaît de nombreuses fois à trois collégiennes de Kibeho, petit village africain situé dans le sud-ouest du Rwanda.

La reconnaissance officielle de ces apparitions par l'Église catholique en 2001 a renforcé la fréquentation de ce lieu de pèlerinage mondialement connu.






Père François Harelimana SAC, recteur du sanctuaire de Kibeho


« Oui, la Vierge Marie est apparue à Kibeho dans la journée du 28 novembre 1981 et au cours des mois qui ont suivi.

Il y a plus de bonnes raisons d'y croire que de le nier.

À cet égard, seules les trois voyantes du début méritent d'être retenues comme authentiques :

Il s'agit d’Alphonsine MUMUREKE, Nathalie MUKAMAZIMPAKA, et Marie Claire MUKANGANGO. »

Telles sont les paroles de l’Ordinaire du lieu, alors Mgr Augustin Misago (décédé le 12 mars 2012) le 29 juin 2001, dans la Déclaration portant jugement définitif sur les faits des apparitions de Kibeho

Kibeho, ce lieu que la Sainte Vierge a choisi.

Kibeho est une localité située dans le sud-ouest du Rwanda, à environ 160 km de la capitale, Kigali.

Notons que le Rwanda est un beau petit pays d’Afrique centrale, au cœur de la région dite des Grands Lacs, entre l’Ouganda au nord, la Tanzanie à l’est, la République Démocratique du Congo à l’ouest et le Burundi au sud.

En un coup d’œil, on peut voir que ce pays est composé de plusieurs vallées et collines, c’est pourquoi il est surnommé le « Pays des Mille Collines ».

Kibeho est une localité qui n’aurait rien de spécial, sinon la beauté de son paysage verdoyant, si la Vierge Marie n’y était pas apparue pour faire de cet endroit un grand lieu de prière et de pèlerinages.





Trois filles voient une belle Dame.

L’histoire du lieu commence le 28 novembre 1981, quand Alphonsine Mumureke, une jeune collégienne, voit une Belle Dame. Il est 12h35.

Alors que les élèves du collège de Kibeho (aujourd’hui le Groupe Scolaire Mère du Verbe) sont au réfectoire, la Belle Dame apparaît à Alphonsine juste avant le repas.

Quand la jeune fille lui demande qui elle est, la Dame répond :

« Je suis la Mère du Verbe. »

Tout d’abord, l’accueil des révélations d’Alphonsine n’est pas favorable : beaucoup la disent folle ou même adepte de sorcellerie.

Lorsque la jeune fille est en extase, on procède à toutes sortes de tests pour la mettre à l'épreuve et vérifier son état extatique.

La petite voyante prie la Vierge Marie et lui demande son aide face à cette situation, c’est ainsi que Marie apparaît à partir du 12 janvier 1982 à deux autres jeunes filles au sein du même collège :

Nathalie Mukamazimpaka, une élève studieuse et pieuse, et Marie Claire Mukangango qui, auparavant, s’opposaient à la véracité des apparitions et faisaient courir de méchantes rumeurs sur Alphonsine.

Au collège, l’opinion change progressivement, et de plus en plus de professeurs et d’élèves commencent à croire en les apparitions de la Vierge Marie.

La dernière apparition de la Vierge Marie a eu lieu le 28 novembre 1989. La Belle Dame – ni blanche ni noire, mais entre les deux – délivre alors aux trois voyantes un message destiné au monde entier.





Un message qui éveille et rappelle ce que nous avons oublié.



D’après la Déclaration de l’évêque, les éléments constitutifs du message ont été livrés avant la fin de l'année 1983.

Ci-après, un bref aperçu des différents thèmes évoqués :


1°. Un urgent appel au repentir et à la conversion :

« Repentez-vous, repentez-vous, repentez-vous ! »

2°. Un diagnostic de l'état moral du monde :

« Le monde se porte très mal. »

« Le monde est en rébellion contre Dieu, trop de péchés s'y commettent. »


3°. La profonde tristesse de la Vierge : les voyantes l’ont vue pleurer le 15 août 1982, affligée à cause de l'incrédulité et de l'impénitence des hommes.


4°. « La foi et l'incroyance viendront sans qu'on s'en aperçoive. » Une des paroles dites plus d'une fois à Alphonsine, avec demande de la répéter à tous.


5°. La souffrance salvifique : ce thème est un des plus importants dans l'histoire des apparitions de Kibeho. La Vierge a dit à Nathalie le 15 mai 1982 :

« Personne n'arrive au Ciel sans souffrir » (mortification et renoncement pour la conversion du monde).


6°. Priez sans cesse et sans hypocrisie : la Vierge nous demande de mettre plus de zèle à prier sans hypocrisie.


7°. Dévotion envers Marie, par la récitation régulière et sincère du chapelet.


8°. Le chapelet des Douleurs de la Vierge Marie à la voyante Marie Claire :

Notre-Dame de Kibeho désire qu'il soit remis en honneur et répandu dans l'Église.


9°. La Vierge désire qu'on lui construise une chapelle en souvenir de son apparition à Kibeho.


10°. Priez sans relâche pour l'Église, car de grandes tribulations l'attendent dans les temps qui viennent.  

La prédiction du génocide rwandais.

Le 15 août 1982, dans les apparitions publiques des trois voyantes, c’est la profonde tristesse de la Vierge et la désolation qui émergent.

Alphonsine témoigne :

« Alors que la Dame était en pleurs, on vit un fleuve de sang, des personnes qui s’entretuent, des cadavres abandonnés sans sépulture, un arbre entièrement en feu, un gouffre béant, un monstre, des têtes décapitées. »

Pour l’Église catholique, ces visions qui reviennent à plusieurs reprises, ont été annonciatrices du génocide rwandais de 1994.

À Kibeho même, 11 000 personnes vont être massacrées, dont beaucoup dans l'église paroissiale.

Marie Claire, la troisième voyante, trouvera la mort dans ce génocide.

En 1995, Mgr Augustin Misago, évêque de Gikongoro (sud-ouest du Rwanda), revient sur le récit fait par les voyantes :

« Maintenant nous pouvons dire qu’il y a eu une prédiction du drame rwandais, mais je me souviens que le 15 août 1982, à la fête de l’Assomption, les voyantes au lieu de voir la Vierge pleine de joie, ont été témoins de terribles visions, effrayantes, de cadavres d’où jaillissaient d’abondants flots de sang, laissés sans sépultures sur les collines.

Personne ne savait ce que signifiaient ces terribles images. Maintenant on peut relire les événements et penser qu’elles pouvaient être une vision de ce qui est arrivé au Rwanda mais aussi dans la région des Grands Lacs où le sang coule, au Burundi, en Ouganda, et dans la République Démocratique du Congo.

» L’évêque de Gikongoro ajoute que le message de la Vierge de Kibeho concerne toute l’humanité.

« Il faut une conversion des cœurs pour obtenir une plus grande justice.

Nous vivons dans une situation de déséquilibre mondial où les riches continuent à s’enrichir et les pauvres à s’appauvrir.

C’est une situation honteuse que chacun devra évaluer selon sa conscience. »  





Kibeho aujourd’hui pour le Rwanda et pour le monde.

Le sanctuaire marial de Kibeho a été béni par le cardinal Crescenzio Sepe, alors Préfet de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples, le 28 novembre 2003.

Il est aujourd’hui un lieu de pèlerinages fréquenté par des fidèles qui viennent du monde entier.

L’évêque actuel, Mgr Célestin Hakizimana, poursuit soigneusement et fermement le développement du sanctuaire destiné à être « le lieu de rendez-vous pour les chercheurs de Dieu, un haut lieu de conversions, de réparation du péché du monde, et de réconciliation ; un point de ralliement pour "ceux qui étaient dispersés", comme pour ceux qui sont épris des valeurs de compassion et de fraternité sans frontières. »  

Un tel lieu, dans un pays qui a connu l’horreur de la guerre et du génocide, est une source d’énergies pour un nouveau départ.



Semaine #100 : Père François Harelimana, SAC, recteur du sanctuaire de Kibeho


Du 28 novembre 1981 au 28 novembre 1989, la Vierge Marie apparaît de nombreuses fois à trois collégiennes de Kibeho, petit village africain situé dans le sud-ouest du Rwanda.

La reconnaissance officielle de ces apparitions par l'Église catholique en 2001 a renforcé la fréquentation de ce lieu de pèlerinage mondialement connu.

Pour reconnaître et accepter les appels renouvelés de la Vierge à nous convertir, prions sans hypocrisie Notre Dame de Kibeho.


Bienheureuse Vierge Marie, Mère du Verbe,
Mère de tous ceux qui croient en Lui et L'accueillent dans leur vie,
nous voici devant toi pour te contempler.

Nous croyons que tu es parmi nous, comme une mère parmi ses enfants,
même si nos yeux de chair ne te voient pas.

Toi, sûr chemin qui nous mène à Jésus le Sauveur,
nous te bénissons pour tous les bienfaits dont tu nous combles sans cesse,
spécialement, depuis que, dans ton humilité,
tu as daigné apparaître miraculeusement à Kibeho,
au moment où notre monde en avait tant besoin.

Donne-nous toujours la lumière et la force nécessaire
pour accueillir avec empressement ton appel à nous convertir,
à nous repentir et à vivre selon l'Évangile de ton Fils.

Apprends-nous à prier sans hypocrisie
et à nous aimer les uns les autres comme Il nous a aimés,
pour que, tel que tu l'as demandé,
nous soyons toujours de belles fleurs répandant partout et sur tous leurs bons parfums.

Ô Sainte Marie, Notre Dame des Douleurs,
apprends-nous à comprendre la valeur de la croix dans notre vie,
pour que ce qui manque aux souffrances du Christ
nous l'achevions dans notre propre chair
en faveur de son Corps mystique, qui est l'Église.

Et, lorsque notre pèlerinage sur cette terre prendra fin,
puissions-nous vivre éternellement avec toi dans le Royaume des Cieux.

Amen.





Imprimatur : Gikongoro, le 25 mars 2006


+ Augustin Misago, Évêque de Gikongoro

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Message par Marie du 65 le Sam 2 Déc 2017 - 9:47

1640

SAINT PIERRE FOURIER, UN ÉDUCATEUR SOCIAL







Pierre Fourier (1565-1640) fut un homme de prière, un prêtre marial et un éducateur à l'esprit conciliaire.

Pendant ce temps de l’Avent, découvrons le saint patron des éducateurs et des prêtres de Lorraine, fondateur de la Congrégation Notre-Dame.






Abbé François-Marie Boucher Recteur de la basilique Saint-Pierre-Fourier, Mattaincourt


Contexte historique.

La vie de Pierre Fourier s’étale sur deux périodes contrastées : une période bienheureuse lors du règne des ducs de Lorraine dont il était le conseiller (Charles III (de 1545 à 1608) et son fils Henri II (de 1608 à 1624)) ; et une période malheureuse qui le mena à l’exil pendant la Guerre de Trente Ans (1618-1648), avec l'occupation des duchés par la France et ses alliés.

Une enfance pieuse et studieuse.

Pierre Fourier naît à Mirecourt (Vosges) en Lorraine, le jour de la Saint-André (30 novembre) 1565, au début de la neuvaine à l'Immaculée Conception.

Issu d'une famille de marchands de tissus comme saint François d'Assise, il grandit avec ses frères Jacques et Jean et sa sœur Marie : en donnant de tels prénoms, les parents voulaient qu’ils se souviennent de leur vocation à la sainteté.

Le contexte du temps est marqué par l'application du Concile de Trente, terminé en 1563, et par la victoire de Lépante contre les Ottomans le 7 octobre 1571.

Dés son enfance, il est un élève studieux et priant, à un tel point qu'après de brillantes études chez les Jésuites de Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), il est connu par cet adage :

« Soit il prie, soit il étudie. »





Un homme de prière.

En 1585, Pierre Fourier, âgé de 20 ans, décide de se consacrer entièrement à Dieu chez les Chanoines réguliers de saint Augustin, à Chaumousey près d’Épinal (Vosges).

Ordonné diacre en 1588 et prêtre en 1589 à Trèves en Allemagne, il célèbre sa première messe à l'abbaye de Chaumousey le 24 juin.

Il revient ensuite à l'Université de Pont-à-Mousson, où il suit pendant sept ans des études de théologie et de droit.

Il est formé à la théologie de saint Thomas d’Aquin.

La Lorraine, partie intégrante du Saint Empire romain germanique, connaît à cette époque une période marquée par le déclin du régime féodal et l'affermissement de l'autorité de l'État.

Il revient à l'abbaye de Chaumousey en 1595 et administre la paroisse du village qui dépend de l'abbaye jusqu'en 1597.

C’est cette même année, le 1er juin, qu’il arrive à Mattaincourt (Vosges) pour y vivre un long ministère de presque 40 ans en appliquant sa devise :

« Ne nuire à personne, être utile à tous. »

On dit que, quatre décennies plus tard, les paroissiens se souvenaient encore de son premier sermon, marqué par une gravité solennelle.

Cette paroisse où résident de nombreux foyers protestants est alors considérée par les autorités catholiques comme un village déchristianisé.

Le « Bon Père de Mattaincourt ».

Proche de tous les petits et des humbles, le « Bon Père de Mattaincourt » est l'inventeur du premier « crédit mutuel » en instituant la « Bourse de Saint-Epvre » : une caisse de prévoyance et de secours mutuel pour distribuer des vivres aux miséreux et qui prête sans gage et sans intérêt aux artisans en difficulté.

Il organise aussi une soupe populaire et crée un système d'entraide proche de l’actuel Secours Catholique appelée alors « Petite dévotionnette »[1], composé d’une équipe de cinq à six laïques qui collectent des vivres et les distribuent.

Le Père Fourier promeut par ailleurs des règles d’hygiène simples auprès de la population (nourriture saine, salubrité des locaux, pureté de l'eau) et lutte sans se dérober contre la Grande Peste de 1631-1632 en transmettant notamment à ses paroissiens les pratiques pour limiter la propagation du fléau.

Lorsque des religieuses lui conseilleront de quitter la paroisse pour échapper à la peste, il leur répondra :

« Mes bonnes sœurs, si vous saviez ce que c'est d'être curé, c'est-à-dire pasteur des peuples, père, mère, capitaine, garde, guide, sentinelle, médecin, avocat, procureur, intermédiaire, nourricier, exemple, miroir, tout à tous, vous vous garderiez bien de désirer que je m'absente de ma paroisse durant cette saison » (Lettre du 23 Mai 1631 aux Sœurs de Bar-le-Duc).

Sa générosité est sans pareille : un soldat de passage, à qui le Père offrit un bon repas le jour de Pâques, lui lance :

« Je suis content. Je prie Dieu de bon cœur, pour l’honneur de Son Église, que tous les curés vous ressemblent ! »

Un enseignant dans l’âme.

Attentif à la nécessité d’instruire les petites filles de Lorraine, le Père Fourier fonde avec la future bienheureuse Alix Le Clerc (1576-1622), native de Remiremont (Vosges), dont il est le directeur spirituel, la Congrégation enseignante des Sœurs de Notre-Dame (appelée également la congrégation des Chanoinesses de Saint-Augustin).

La première de ces écoles gratuites ouvre en 1598 à Poussay à moins de 10 km au nord de Mattaincourt.

Grâce à l’ouverture d’esprit du Père, les religieuses enseignantes feront aussi la classe aux petites protestantes dont on respecte les croyances.

Au cours de cette expérience, le Père Fourier invente le désormais célèbre « tableau noir » pour l'apprentissage de la lecture en commun.

Le cardinal Charles de Lorraine approuve les statuts de la congrégation le 8 décembre 1603, tandis que le pape Urbain VIII donnera son accord en 1628.

De nombreuses écoles s’ouvrent dans tout l’Est de la France actuelle (Nancy, Verdun, Bar-le-Duc, Mirecourt…), et jusqu’à Luxembourg en 1627.

À la Révolution, la congrégation comptait 84 monastères et 4 000 religieuses.





En exil.

Vivant la charité et la miséricorde dans sa paroisse, située entre Mirecourt et Vittel, il devient également le conseiller des ducs de Lorraine à un tel point qu'en 1636, il doit fuir en exil en Franche-Comté, poursuivi par le cardinal Richelieu qui veut rattacher la Lorraine à la France.

Après quatre années finales de prières ferventes dans la ville de Gray (Haute-Saône) au diocèse de Besançon, il s'endort dans la Paix du Seigneur au lendemain de la fête de l'Immaculée Conception, le 9 décembre 1640, après ces paroles :

« Nous avons un bon Souverain :

Notre Seigneur, et une bonne Souveraine :

Notre-Dame », si bien que son cœur est gardé dans un reliquaire en la basilique Notre-Dame de Gray.

Saint Pierre Fourier écrivait :

« Je veux mettre ma plume entre les mains de Notre-Dame et ne plus rien écrire qu’en sa présence. »  

Un précurseur devenu saint.

Prêtre marial aux orientations sociales, Pierre Fourier est béatifié par le pape Benoît XIII le 29 janvier 1730 et canonisé le 27 mai 1897, voici 120 ans, par Léon XIII.

Il repose maintenant dans la basilique qui porte son nom, à Mattaincourt dans le diocèse de Saint-Dié, où il est vénéré comme saint patron des éducateurs et des prêtres de Lorraine.

Liturgiquement, il est commémoré le 9 décembre.

Ses biographes l’ont décrit comme un pionnier de la Réforme catholique (dans le sillage du Concile de Trente) et en matière d'éducation (enseignement des filles et développement de la méthode pédagogique dite « simultanée » où tous les élèves travaillent la même chose en même temps).

[1] Pierre Fourier, Sa Correspondance 1598-1640 recueillie par Sœur Hélène Derréal. Presses Universitaires de Nancy 1989, tome 3, page 391.


Samedi 2 décembre

Prière proposée par l'Abbé François-Marie Boucher



Semaine #101 : Prière proposée par l'abbé François-Marie Boucher, recteur de la basilique Saint-Pierre-Fourier, Mattaincourt (Vosges)

Pierre Fourier (1565-1640) fut un homme de prière, un prêtre marial et un éducateur à l'esprit conciliaire. Pendant ce temps de l’Avent, découvrons le saint patron des éducateurs et des prêtres de Lorraine, fondateur de la Congrégation Notre-Dame.

Prions la prière de saint Pierre Fourier

Mon doux Jésus, emprisonnez mon cœur dans l'amoureuse Plaie de Votre côté.


Mon doux Jésus, acceptez, s’il vous plaît,
l’offrande très humble que je vous fais de mon cœur,
afin que vous l’emprisonniez dans l’amoureuse plaie de votre côté.
Ô la belle prison !
Ô l’aimable cachot !
Que David demande des ailes pour s’envoler vers le trône de gloire ;
pour moi, tout le temps que je serai dans cette vallée de larmes,
je ne désire point sortir du Cœur de mon Jésus.
Ô Cœur adorable, que je fonde en vous
et ne sois plus qu’une même chose avec vous !

Ainsi soit-il.


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Re: Notre Histoire avec Marie-Frise- & Redécouvrons notre Passé!!!!

Message par Marie du 65 le Sam 9 Déc 2017 - 9:44

1854

LE DOGME DE L'IMMACULÉE CONCEPTION ENFIN PROCLAMÉ







À Lourdes (Hautes-Pyrénées), le 25 mars 1858, la Dame qui apparaît à Bernadette Soubirous depuis des semaines révèle enfin son nom :

« Que soy era immaculada councepciou » (« Je suis l'Immaculée Conception »).

Cela faisait alors quatre ans que le dogme de l'Immaculée Conception faisait partie de la foi catholique.

Mais cela faisait déjà plusieurs siècles que la Vierge était célébrée sous ce nom, le 8 décembre.  

Mgr Jacques Perrier




Évêque émérite de Tarbes et Lourdes

Repartons du commencement. De tout temps, les chrétiens ont vénéré Marie.

Elle est représentée dans les catacombes.

Elle est reconnue comme la Mère de Dieu au concile d'Ephèse (Turquie actuelle) en 431, une Mère toute sainte, que le péché n'a pu toucher.

On ne se croyait pas obligé d'en dire davantage.

Comme on ne se croyait pas obligé de mettre des mots pour définir comment le Christ est réellement présent dans l'Eucharistie.

Cela allait de soi, pour le croyant.  





Un désaccord initial.

Mais, avec le temps, des questions se posées qui n'avaient pas été aperçues d'abord.

Que Marie n'ait pas péché personnellement, nul, ou presque, ne le contestait. Dans le comportement de son Fils, elle n'avait pas toujours tout compris mais elle ne l'a jamais renié.

Elle est présente au pied de la Croix. Pourtant saint Paul a dit que « tous ont péché » (Romains III, 23).

La faute d'Adam a des suites...

L'Humanité est blessée, c'est le péché originel.

A-t-il atteint celle qui serait appelée à devenir la Mère de Dieu ?

Au Moyen Âge, Franciscains et Dominicains ne sont pas du même avis sur ce point.

Les Franciscains et la faculté de théologie de la Sorbonne sont favorables à l'Immaculée Conception.

Le franciscain Jean Duns (1265-1308) est l’auteur de la maxime

« Potuit, decuit, fecit » (« Dieu pouvait préserver sa Mère du péché de la race, il convenait qu’il le fît et il l’a fait »).

Saint Thomas d'Aquin et, avant lui, un grand dévot de la Vierge, saint Bernard de Clairvaux, pensent quant à eux que la parole de saint Paul ne souffre pas d'exception et que la Vierge Marie, si sainte soit-elle, n'a pas été exempte du lot commun de l'Humanité.  

La décision du Concile de Trente.

Par la Constitution Grave nimis (1483), le pape Sixte IV interdit au XVe siècle aux tenants de l'une ou l'autre position de s'invectiver : ni les uns, ni les autres ne sauraient « se rendre coupables d'hérésie ou de péché mortel, puisque la chose n'a pas encore été décidée par l’Église romaine et le Siège apostolique ».

Le Concile de Trente (1545-1563), en publiant son décret dogmatique sur le péché originel, dans lequel il est établi et défini que tous les hommes naissent atteints du péché originel, déclare pourtant d’une manière solennelle qu’il n'a pas l'intention de comprendre dans ce décret la bienheureuse et Immaculée Vierge Marie et approuve la sage mesure de Sixte IV.

Par cette déclaration, les Pères du Concile de Trente font entendre que l’Immaculée est exempte de la tache originelle.          

Priée avant d'être définie.


L'absence de définition dogmatique n'a pas empêché les chrétiens de célébrer la conception de Marie sans péché, inspirés par le récit de l’Annonciation :

Marie est « comblée de grâce » (Luc I, 28).

Dès les premiers siècles du christianisme, tant en Orient qu'en Occident, on célèbre la pureté de Marie qui est « Panaghia », toute sainte, sanctifiée par l’Esprit-Saint. Selon les lieux, la fête de l’Immaculée Conception apparaît à diverses époques, avant de devenir universelle en 1602.

En l'absence de dogme, l'appellation « Marie conçue sans péché » se répand, particulièrement après les apparitions de la rue du Bac à Paris en 1830.

La Vierge demande à Catherine Labouré de faire frapper une médaille portant ces mots :

« Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. »

Sans se prononcer sur les apparitions elles-mêmes, l'archevêque de Paris autorise la frappe de la médaille que l'on dira vite miraculeuse et qui est reproduite à des millions d'exemplaires. Bernadette Soubirous elle-même la portait.  





L’enquête du Pape.

De divers côtés, le Pape est sollicité pour que l’Église se prononce solennellement.

Le pape Pie IX consulte tous les évêques du monde, les supérieurs des grands ordres religieux, les facultés de théologie.

La question de la naissance de Marie porte moins sur le fonds que sur l'opportunité : la foi du peuple chrétien a-t-elle suffisamment mûri pour recevoir joyeusement l'affirmation :

« Oui, dès le premier instant de sa conception, Marie a été indemne de toute blessure due au péché ? »

Elle en a été sauvée « par une grâce venant déjà de la mort de son Fils » : de ce fait, elle fait bien partie de l'Humanité sauvée, la même que la nôtre. Elle n'est pas une déesse.

À l'enquête menée par le Pape, la réponse est presque unanimement favorable.

Le Pape n’a pas pris cette lourde décision seul, mais on pourrait dire qu’il a tenu une sorte de concile postal.  

La proclamation du dogme.

Le 8 décembre 1854, en présence notamment de 200 évêques, la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception à travers la bulle Ineffabilis Deus (« ad exaltationem fidei catholicae, et christianae religionis augmentum ») donne lieu à une célébration grandiose à Saint-Pierre de Rome.

Voici son essence :

« Nous déclarons, nous prononçons et définissons que la doctrine qui affirme que la Bienheureuse Vierge Marie dès le premier instant de sa conception, par grâce et par privilège spécial de Dieu tout-puissant, en considération des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, fut préservée de toute tache du péché originel, est une doctrine révélée par Dieu, et que, pour cette raison, elle doit être fermement et constamment crue par tous les fidèles. »  





25 mars 1858 : une confirmation.

Trois ans et quelques jours plus tard, « une petite demoiselle » apparaît à Bernadette Soubirous, tout juste âgée de 14 ans, le 11 février 1858, à la grotte de Massabielle.

Les apparitions se succèdent, en particulier durant la quinzaine du 18 février au 4 mars. Très vite, Bernadette demande à l'Apparition quel est son nom.

Celle-ci refuse de répondre : « Ce n'est pas nécessaire ».

Dans ces conditions, Bernadette reste prudente.

Elle parle d'« Aquero », ce qui peut se traduire par « cela » ou « celle-là ».

Arrivés à la quinzième apparition, la Dame n'a toujours pas dit son nom, malgré les demandes répétées de Bernadette encouragée par son curé.

Nous sommes au temps du Carême.

La jeune fille fera le jeûne d'apparitions pendant trois semaines.

Elle ne va plus à la grotte.

Le matin du 25 mars, alors qu'il fait encore nuit, elle se sent appelée, ou poussée, à y revenir.

Elle réitère sa demande : une fois, deux fois, trois fois.

Normalement, au bout de trois fois, ce n'est plus la peine d'insister.

Elle insiste. La Dame lui avait demandé de bien vouloir venir à la grotte.

Bernadette a tenu parole. Maintenant, c'est elle qui demande à la Dame de bien vouloir lui dire son nom.

À la quatrième demande, elle entend, en patois, ces mots : « Je suis l'Immaculée Conception. »  

L’unique « immaculée conception ».

Bien que la Dame s'exprime dans la langue locale, les mots sont inconnus de Bernadette :

« Conçue sans péché », comme sur la médaille, ou « immaculée conception », ce n'est pas pareil.

Elle remonte en courant vers le presbytère, en répétant sans cesse les mots entendus : comme elle n'a pas compris, c'est le seul moyen de ne pas oublier ce qu'elle entendu.

Le curé, l'abbé Dominique Peyramale, a une réponse logique :

« Une dame ne peut pas porter ce nom-là. »

Mais il est vite convaincu : la petite n'a pas pu inventer ces mots abstraits qu'elle tâche, l'après-midi, de se faire expliquer dans une famille amie.

Bernadette ne variera jamais dans le récit mais elle n'emploiera pas souvent ces mots étranges dans sa prière ou dans ses écrits.

Ce n'est pas par hasard que la Dame a dit son nom le 25 mars, jour de l'Annonciation.

C’est ce jour-là que l'Ange appela Marie. Et, justement, il ne l'appela pas « Marie », mais « pleine de grâce », comme nous disons en français.

Le grec de l'évangile est intraduisible. C'est un participe parfait, au passif : au parfait, parce que c'est définitif ; au passif, parce qu'il y a un auteur, Dieu lui-même.

Risquons une paraphrase :

« Chef d'œuvre de la grâce ».

Cette manière de s'exprimer est unique dans l'Écriture.

Marie est la seule à qui Dieu s'adresse de cette façon.

Elle est l'Immaculée Conception, avec l'article défini, parce qu'elle est la seule.

Comme le Christ est le seul à être la Voie, la Vérité et la Vie.  





Être parfaitement libre.

Reste une question : pourquoi la Vierge Marie a-t-elle été conçue sans péché ?

L'union conjugale de ses parents qui lui ont transmis la vie n'avait rien de peccamineux : il faut, sans cesse, démentir ce contre-sens.

L'Immaculée Conception de Marie ne regarde pas le passé, mais l'avenir.

Marie est indemne de tout péché, de toute trace de péché, pour qu'elle puisse répondre à la mission que Dieu veut lui confier : être la Mère du Fils, du Sauveur de son peuple et de l'Humanité.

Accepter d'être la mère virginale du Fils de Dieu demande une foi dont personne, dans l'Ancien Testament, n'a jamais été capable.

Il faut qu'elle soit totalement libre, non pas d'une liberté d'indifférence, mais d'une liberté de don, qui permet de dire « oui » à ce qui nous dépasse.

Quand il est venu en pèlerinage à Lourdes, le 15 août 2004, le pape Jean-Paul II déclarait à la fin de son homélie, avec ce qui lui restait de force dans la voix :

« Soyez des femmes et des hommes libres !

Mais rappelez-vous : la liberté humaine est une liberté marquée par le péché.

Elle a besoin, elle aussi, d'être libérée.

Marie est la seule créature parfaitement libre. » Le « privilège » de l'Immaculée Conception n'a été accordé qu'à Marie parce qu'elle seule eut à faire cet acte de foi qui va de l'Annonciation à la Croix et qui s'épanouit dans la gloire de l'Assomption, à la suite du Christ dans la gloire de son Ascension.

Nous-mêmes sommes appelés à paraître, un jour, devant Dieu, « saints et immaculés en sa présence, dans l'amour » (Ephésiens I, 4) : car, dans le monde chrétien, un privilège est toujours accordé pour profiter à tous.

L’Immaculée Conception abordée.

Terminons par quelques-unes des plus belles phrases écrites sur l'Immaculée Conception.


- Au Moyen Âge on disait, en latin :

« Potuit, decuit, fecit », ce que saint Louis-Marie Grignion de Montfort traduisait ainsi :

« Je m'étonne qu'on en raisonne :

Dieu l'a bien pu. Je soutiens qu'il l'a dû. »

- Paul Claudel :

« La femme dans la grâce enfin restituée, la créature dans son honneur premier et dans son épanouissement final, telle qu'elle est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale. »

- Louis Bouyer :

« La Parole a rencontré celle en qui le péché est dépassé. »

- Daniel Ange :

« Léger blanchissement à l'horizon, annonçant la fin d'une trop longue nuit. »  

- Un évêque de Lourdes, Mgr Théas, disait :

« Le propre de Dieu, c'est d'être ; le propre de Marie, c'est d'être immaculée. »

Et encore :

« La pureté de Marie est contagieuse.

Marie immaculée communique à ses enfants un peu de sa pureté.

Entre Marie et nous, il y a un fossé, mais surtout un pont. »

Samedi 9 décembre

Prière proposée par Mgr Perrier



Semaine #102 : Prière proposée par Mgr Perrier, évêque émérite de Tarbes et Lourdes
À Lourdes (Hautes-Pyrénées), le 25 mars 1858, la Dame qui apparaît à Bernadette Soubirous depuis des semaines révèle enfin son nom :

« Que soy era immaculada councepciou » (« Je suis l'Immaculée Conception »).

Cela faisait alors quatre ans que le dogme de l'Immaculée Conception faisait partie de la foi catholique.

Mais cela faisait déjà plusieurs siècles que la Vierge était célébrée sous ce nom, le 8 décembre.

Cette semaine, il m’est proposé de réciter et méditer la prière rédigée par Mgr Perrier :

Notre-Dame de Lourdes, nous Te remercions !



« Pour tant de grâces reçues ici,
pour toutes les conversions, tous les pardons, toutes les guérisons ;
pour les vocations et les promesses que Tu as confirmées ou que Tu as fait naître ici ;
pour la joie du service que Tu nous donnes de goûter…
Notre-Dame de Lourdes, nous Te remercions !

Avec tous nos frères et sœurs humains,
avec les peuples en mal de paix et de justice,
avec les jeunes qui cherchent leur voie,
Toi qui T'es montrée toute jeune à la jeune Bernadette,
avec les victimes d'un deuil, d'une maladie, d'un handicap, d'un échec,
avec ceux qui auraient un motif de désespérer…
Notre-Dame de Lourdes, nous Te prions !

Parce que Tu es le sourire de Dieu,
le reflet de la lumière du Christ, la demeure de l'Esprit Saint ;
parce que Tu as choisi Bernadette dans sa misère,
que Tu es l'étoile du matin, la porte du ciel, et la première créature ressuscitée,
Notre-Dame de Lourdes, nous T'admirons, nous T'acclamons
et avec Toi nous chantons les merveilles de Dieu :

Magnificat ! »







Je Prie




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