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Louis XVI de France

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Louis XVI de France Empty Louis XVI de France

Message par Charles-Edouard le Dim 11 Nov 2007 - 14:51

Louis XVI, roi de France et de Navarre (1774–1789) puis roi des Français (1789–1792), né le 23 août 1754 à Versailles et guillotiné le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution (ancienne place Louis XV, aujourd'hui place de la Concorde) à Paris.

Une enfance conservatrice
Louis Auguste naît le 23 août 1754, à Versailles. Il est le fils du Dauphin Louis de France et de sa seconde épouse Marie-Josèphe de Saxe, qui ont eu huit autre enfants :

Madame Marie Thérèse de France (1746-1748),
Madame Marie Zéphyrine de France (1750-1755) ;
Louis de France (1751-1761), duc de Bourgogne ;
Xavier de France (1753-1754), duc d'Aquitaine ;
Louis (1755-1824), comte de Provence qui deviendra roi sous le nom de Louis XVIII en 1814 (reconnu comme tel dès la mort de Louis XVII en 1795 par certaines puissances européennes) ;
Charles (1757-1836), comte d'Artois, Charles X à la mort du précédent ;
Madame Clotilde de France (1759 – 1802), reine de Sardaigne de 1796 à 1802 par son mariage avec le roi Charles-Emmanuel IV de Sardaigne ;
Madame Élisabeth de France (1764-1794).
Louis Auguste porte initialement le titre de Duc de Berry. Après la mort de ses deux frères aînés - le duc de Bourgogne et le duc d'Aquitaine - et de son père Louis de France, fils du roi Louis XV de France, le 20 décembre 1765, il se présente comme l’unique héritier au trône de France et devient le Dauphin.

Il est élevé dans une éducation religieuse stricte et est formé à des principes conservateurs sous la tutelle du duc de La Vauguyon. Elève studieux, il se passionne pour plusieurs disciplines scientifiques et révèle dans ses temps de loisirs un talent caché pour la serrurerie.

Le 16 mai 1770, le futur Louis XVI épousa l’archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche, fille cadette de l'empereur François Ier de Lorraine et de son épouse l'archiduchesse Marie-Thérèse de Habsbourg. Cette union est la concrétisation d’une alliance visant à améliorer les relations entre le royaume de France et l'Autriche. Les époux étant alors âgés de 15 et 16 ans, le mariage ne sera consommé que sept ans plus tard. De leur union naîtront quatre enfants :

Marie Thérèse (19 décembre 1778 - 19 octobre 1851), dite Madame Royale, qui épouse en 1799 son cousin germain le duc d’Angoulême (1775-1844) ;
Louis Joseph Xavier François (22 octobre 1781 - 4 juin 1789), premier dauphin ;
Louis Charles (27 mars 1785 - 8 juin 1795), duc de Normandie, 2e dauphin et futur Louis XVII, qu'on surnommera pendant sa captivité « l'Enfant du Temple ».
Sophie-Béatrice (29 juillet 1786 - 19 juin 1787) .

Le dernier monarque de l'Ancien Régime [modifier]
A la suite du décès de Louis XV de France, son grand-père, Louis Auguste devient roi de France le 10 mai 1774 et est sacré à Reims le 11 juin 1775.


Le règne

Louis XVI par DuplessisLe règne de Louis XVI est marqué par de nombreuses tentatives de réformes économiques et institutionnelles. L'égalité devant l'impôt est une réforme qu'il poursuit avec persévérance mais il se heurte toujours à l'opposition de la noblesse et d'une partie du clergé. Or Louis XVI est un légaliste et il n'entend jamais excéder les pouvoirs que lui donnent les lois fondamentales du royaume. Il doit donc faire avaliser ses réformes. La convocation des États généraux, où il espère pouvoir faire plier en toute légalité les deux ordres qui le bloquent est le dernier épisode de cette confrontation feutrée.

Sous son règne la torture est abolie. De nombreux travaux publics sont lancés notamment en matière d'assèchements de marais. La France joue un rôle géopolitique prépondérant en Europe. Le roi dote l'armée d'une marine qui rivalise pour la première fois de l'Histoire avec celle de l'Angleterre, notamment lors de la Guerre d'indépendance des États-Unis où il aide militairement les insurgés.

Il poursuit la politique traditionnelle française d'appuyer des missions catholiques au Proche-Orient. Face au vide créé par l'interdiction de la Compagnie de Jésus (les Jésuites), il choisit les Lazaristes pour les remplacer dans les missions en territoire ottoman. Le Pape Pie VI accepta ce changement, symbolisé par la prise en charge du centre des missions catholiques en Orient, le Lycée Saint-Benoît à Istanbul, par la Congrégation de la Mission de Saint Vincent de Paul, le 19 juillet 1783.

Suite à la première tentative d'unification des poids et mesures du Royaume de France du Roi Philippe le Long aux États Généraux d'Orléans, en 1321, ainsi que les suivantes jusqu'à celle du Roi Louis XV en 1770, Louis XVI va concrétiser cette longue série de tentatives en signant le 8 mai 1790 le projet d'unification des poids et mesures du Royaume de France, proposé par Talleyrand. Suite au rapport du 19 mars 1791 de l'Académie des Sciences, et sur proposition du Chevalier Jean-Charles de Borda, le « mètre » de Burattini, mieux défini, est adopté comme unité de longueur. Dès le 26 mars 1791, la proposition de Jean-Charles de Borda est transmise par Condorcet à l'Assemblée. Les tâches réparties entre les savants : Borda, Cassini, Lavoisier, et Hauj aboutiront a la détermination du mètre, de la seconde et du kilogramme, fondements du système métrique qui aujourd'hui s'appelle Système international d'unités (SI), appliqué dans tous les pays du Monde à l'exception des États-Unis, du Libéria et du Myanmar.

Si le blocage systématique des réformes par la noblesse et le clergé est le problème politique majeur de son règne, le déficit croissant en est le problème économique principal. Or là aussi le roi pense qu'il ne peut être résorbé que par de grandes réformes écornant certains privilèges. Les États Généraux, convoqués par le premier Ministre pour tenter de les mener à bien le plus paisiblement possible, échappent assez vite à son contrôle.


Un roi simple et érudit
Louis XVI a été longtemps caricaturé comme un roi un peu simplet, manipulé par ses conseillers, peu au fait des questions de pouvoir, avec des marottes comme la serrurerie et une passion envahissante pour la chasse.

Cette image est en partie due à son attitude envers la cour. Par ailleurs, le caractère « étourdi » qui lui a quelquefois été attribué s'explique en partie par une forte myopie qui l'isolait du monde, et qui en particulier ne lui permettait que difficilement de reconnaître ses interlocuteurs.

Louis XVI était un prince studieux et érudit. Hormis sa passion connue pour la serrurerie, il était féru d'histoire, de géographie, de marine et de sciences. Il fit de la marine une priorité de sa politique étrangère, soucieux de contrecarrer les avancées anglaises outre-mer, et de prendre la revanche du désastreux traité de Paris. Cette marine puissante contribua fortement au succès des indépendantistes américains. Il avait en outre une connaissance théorique de la marine si pointue qu'il se plût, quand il vit pour la première fois la mer, à faire des remarques dont la pertinence stupéfia ses interlocuteurs.

Sur le plan scientifique, il mandata Jean-François de La Pérouse pour effectuer le tour du monde et le cartographier. Il demandera de ses nouvelles jusque sur l'échafaud. Louis XVI favorisa également l'implantation en France de la culture de la pomme de terre, la faisant cultiver à proximité de Versailles.

Depuis Louis XIV, la noblesse était en grande partie « domestiquée » par le système de cour. L'étiquette régissaient la vie de la cour en faisant du roi le centre d'un cérémonial très strict et complexe. Cette construction de Louis XIV visait à donner un rôle à une noblesse qui avait été jusque là souvent rebelle et toujours menaçante pour le pouvoir royal : la Fronde l'avait profondément marqué alors qu'il était enfant.

Au sein de la cour, la noblesse voyait sa participation à la vie de la nation organisée en vase clos dans un subtil système de dépendances, de hiérarchie et de récompenses et ses velléités d'autonomie vis-à-vis de l'autorité royale nettement réduites. Louis XVI hérita de ce système. La noblesse était au service du roi et en attendait des récompenses et des honneurs. Même si l'écrasante majorité de la noblesse n'avait pas les moyens de vivre à la cour, les textes montrent bien l'attachement des nobles de province au rôle de la cour, et l'importance que pouvait prendre la « présentation » au roi.

Comme Louis XV, Louis XVI eut les plus grandes peines à entrer dans ce système. Ce n'était pas par manque d'éducation : il fut le premier monarque français à parler couramment anglais ; nourri des philosophes des Lumières, il aspirait à trancher avec l'image « Louis-quatorzienne[1]» du roi en constante représentation. Cette image du roi simple rejoint celle des « despotes éclairés » de l'Europe, comme Frédéric II de Prusse.

Le refus d'entrer dans le grand jeu de l'étiquette explique la très mauvaise réputation que lui fera la noblesse de cour. En la privant du cérémonial, le roi la privait de son rôle social. Ce faisant, il se protégeait également. Si à l'origine la cour servait à contrôler la noblesse, la situation devint très vite différente : le roi se trouvait à son tour prisonnier du système.

La mauvaise gestion par Louis XV puis par Louis XVI de cette cour, le refus par les Parlements (lieu d'expression politique de la noblesse et d'une partie de la haute bourgeoisie) de toute réforme politique ainsi que l'image souvent désastreuse et capricieuse de la reine dégraderont peu à peu son image : beaucoup de pamphlets le ridiculisant viennent d'une partie de la noblesse qui supporte mal le risque de perdre sa place particulière, le décrivant non pas comme le roi simple qu'il était, mais comme un roi simplet.


Roi sous la Révolution

Le monarque constitutionnel
Après la prise de la Bastille, le roi se rend de son plein gré à Paris, le 17 juillet, où il est accueilli par le maire de la nouvelle municipalité, Bailly. Le roi accepte la cocarde bleu et rouge (aux couleurs de la ville de Paris) que lui offre Bailly et la place sur son couvre-chef orné de blanc. Par cette visite et ce geste, le roi entérine ainsi les conséquences de la journée révolutionnaire du 14 juillet. Dès lors, l'abolition des privilèges fut votée dans la nuit du 4 août, et le 26 août la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen est adoptée. Toutefois, ce n'est que le 5 octobre que le roi accepte de signer les décrets consacrant les décisions prises en août. À la suite de quoi, le peuple de Paris venu à Versailles exige le transfert de la famille royale au Palais des Tuileries.
L'Assemblée nationale décréta le 10 octobre 1789, lors de la discussion sur le mode de promulgation des lois, que la formule serait : Louis, par la grâce de Dieu, et la loi constitutionnelle de l'État, Roi des Français à tous présents et à venir, salut. Pour certains, le nouveau titre du chef de l'État serait donc roi des Français à partir de cette date. Rien pourtant d'anormal qu'à partir du 6 novembre 1789, il fit commencer ses actes officiels (lettres patentes, lois, etc.) par la formule Louis, par la grâce de Dieu, et par la Loi constitutionnelle de l'État, Roi des Français, puisqu'il se conformait à la formule de promulgation qui avait été décrétée le 10 octobre par l'Assemblée constituante. Le nouveau sceau royal, utilisé à partir de février 1790, porta l'inscription : Louis XVI par la grâce de Dieu et par la loy constitutionnelle de l'État Roy des François. Le 14 juillet 1790, lors de la fête de la Fédération, sur le Champ-de-Mars, le roi, La Fayette et le peuple de Paris (260 000 Parisiens et 14 000 Fédérés) prêtent serment « d'être à jamais fidèle à la nation, à la loi et au roi » et le 21 octobre de la même année, le drapeau tricolore remplace le drapeau blanc, qui était la couleur de l'étendard royal.

Charles-Edouard
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Message par Charles-Edouard le Dim 11 Nov 2007 - 14:52

Le roi des Français
Pour d'autres, il n'aurait été déclaré roi des Français que par la Constitution du 3 septembre 1791 (texte intégral) (chapitre II, article 2 : « le seul titre du roi est Roi des Français »), « acceptée » par le roi le 13 septembre 1791. Les pouvoirs du roi y sont en effet limités et précisés. Louis XVI n'est plus roi par la grâce de Dieu, mais roi des Français, c'est-à-dire non plus un souverain de droit divin, mais en quelque sorte le chef, le premier représentant du peuple français. Il conserve la totalité des pouvoirs exécutifs, qu'il exerce en vertu de la loi humaine[2]. Cette constitution maintenait en outre le changement du titre du dauphin en prince royal (qui avait eu lieu le 14 août 1791).

Le 14 septembre 1791, Louis XVI jure fidélité à ladite constitution.

Article détaillé : Fuite de Louis XVI et arrestation à Varennes.
L'épisode de la fuite du roi et de son arrestation à Varennes est célèbre. Un plan de fuite avait été étudié par la reine à la fin de l'année 1790. En avril 1791, les événements entraînent sa réalisation. Une manifestation l'empêche physiquement de se rendre au château de Saint-Cloud. Les révolutionnaires s'opposent en effet à ce qu'il fasse ses Pâques avec un prêtre réfractaire à la constitution civile du clergé. Le roi se décide alors à quitter la ville de Paris le 20 juin avec sa femme, sa sœur et ses deux enfants, Marie-Thérèse et Louis-Charles. Il est arrêté à Varennes-en-Argonne le 21 juin malgré la présence de 60 hussards de Lauzun. Une déclaration qu'il avait laissée à Paris en quittant la ville, stigmatisant les Jacobins et leur emprise croissante sur la société française, fut bloquée par l'Assemblée et ne fut jamais diffusée dans son intégralité. Les caricaturistes révolutionnaires s'en donnèrent à cœur joie.


Appel nominal sur le jugement de Louis XVI, supplément au numéro 77 du journal « Le Républicain », première pageUn mouvement important parmi les révolutionnaires commence à réclamer le départ du roi. Les Cordeliers rédigent plusieurs pétitions contre lui, soutenus par des journaux comme Le Républicain. Les Jacobins décident de suivre les Cordeliers, ce qui crée une rupture en leur sein. Une partie de leurs membres créèrent le club des Feuillants. C'est dans ce contexte que la constitution du 13 septembre 1791, évoquée ci-dessus, est proclamée.

Le jeu politique extrêmement complexe de l'année qui suit conduit à la déchéance du roi. Le pays subit de très fortes tensions. Dans les campagnes, les récoltes sont bonnes, mais la politique libérale conduite par l'Assemblée entraîne un stress alimentaire et de nombreuses émeutes, malgré des réserves souvent excédentaires. En plus de ces tensions sociales, la guerre est le principal facteur des difficultés de la monarchie. Les défaites de l'armée française entraînent le vote de décrets plus radicaux auxquels le roi met son veto. Les débats qui s'ensuivent et les émeutes organisées par les révolutionnaires poussent l'Assemblée législative à décréter la suspension du roi.

Louis XVI est donc suspendu par l'Assemblée le 10 août 1792, et détrôné lors de la première séance de la Convention nationale qui décrète, le 21 septembre 1792 que « la royauté est abolie en France » et que « l'An I de la République française » partira du 21 septembre 1792.


Le procès de l'ancien roi et son exécution

Le procès

Il est déclaré coupable de « conspiration contre la liberté publique et la sûreté générale de l'État » par la Convention nationale (auto-instituée en tribunal) lors d'un premier vote le 15 janvier 1793, par 707 voix pour 718 votants.

Puis, avec une majorité étroite, condamné à mort au manège du château des Tuileries, à la suite de la « séance permanente du mercredi 16 et du jeudi 17 janvier 1793 » et du scrutin rectificatif du 18. Un vote nominal, suivi d'une justification des votants à la tribune, qui donne 387 votes pour la peine de mort, dont 26 demandant un éventuel sursis. La majorité requise étant de 361 voix, le roi est condamné pour un unique vote. Ce dernier scrutin ne souffrit cependant pas de contestations du fait de sa nature nominale.

On commence à le surnommer « Louis le dernier »

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Message par Charles-Edouard le Dim 11 Nov 2007 - 14:56

L'exécution (21 janvier 1793)

Les bourreaux voulurent dépouiller Louis XVI de ses habits. Il les repoussa fièrement, se déshabilla lui-même et défit le col de sa chemise. Ils voulurent lui lier les mains. Cette dernière humiliation le révolta :

« Que prétendez-vous ? », demanda-t-il.
« Vous lier », lui fut-il répondu.

Louis XVI reprit :

« Me lier ? Non, je n'y consentirai jamais. Faites ce qui vous est commandé, mais vous ne me lierez pas ; renoncez à ce projet. »
« Avec un mouchoir, Sire » demanda le bourreau Sanson avec respect, montrant un morceau de soie.

Louis XVI, qui n'avait plus été appelé « Sire » depuis bien longtemps, accusa le coup. Il hésitait quand il se tourna vers son confesseur. Les bourreaux allaient l'empoigner quand l'abbé Henri Edgeworth de Firmont lui dit :

« Sire, dans ce nouvel outrage je ne vois qu'un dernier trait de ressemblance entre Votre Majesté et le Dieu qui va être votre récompense. »

Louis XVI leva les yeux au ciel :

« Assurément, dit-il, il ne faut rien de moins que son exemple pour que je me soumette à un tel affront. »

Et se tournant vers les bourreaux :

« Faites ce que vous voudrez ; je boirai le calice jusqu'à la lie. »

Il se laissa dès lors lier les mains et couper les cheveux. S'appuyant sur l'abbé Henri Edgeworth de Firmont il monta calmement les marches qui conduisaient à l'échafaud. L'abbé Henri Edgeworth de Firmont craignait que le courage commençât à lui manquer, et il ajouta, ému :

« Fils de Saint Louis, montez au Ciel ! »

Mais, parvenu au pied de la guillotine, Louis XVI, placide, considéra un instant les instruments de son supplice et demanda si les tambours s'arrêteraient de battre. Il s'avança pour dire :

Tombe de Louis XVI et de Marie-Antoinette, basilique Saint-Denis.« Je meurs innocent des crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez verser ne retombera pas sur la France ».
Il voulut poursuivre mais les tambours couvrirent ses dernières paroles. On cria aux bourreaux de faire leur office. Le roi déchu redevint silencieux, et n'opposa plus aucune résistance à l'exécution.

Il fut guillotiné le 21 janvier 1793 à Paris, place de la Révolution (actuelle place de la Concorde). Le couperet siffla à 10 heures 22, sous les yeux de cinq ministres du conseil exécutif provisoire et de quelques autres personnes, invitées par le ministre de la Marine dans son bureau, pour assister à l'exécution.

Il fut enterré au cimetière de la Madeleine, rue d'Anjou-Saint-Honoré. Les 18 et 19 janvier 1815, Louis XVIII fera exhumer ses restes et ceux de Marie-Antoinette pour les faire inhumer à la basilique Saint-Denis le 21 janvier.

Le 3 mai 1826 place de la Concorde, Charles X pose la première pierre du monument à la mémoire de Louis XVI. Mais la statue ne sera en fait jamais édifiée. Son socle servira de base à l'obélisque de Louxor dressé en 1836.

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Message par Charles-Edouard le Dim 11 Nov 2007 - 15:01

LE TESTAMENT DE LOUIS XVI

«Au nom de la très Sainte Trinité, du Père, du fils et du St Esprit. Aujourd'hui vingt-cinquième de Décembre mil sept cent quatre vingt douze. Moi Louis XVIe du nom, Roi de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille. De plus impliqué dans un Procès dont il est impossible de prévoir l'issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune loi existante, n'ayant que Dieu pour témoin de mes pensées, et auquel je puisse m'adresser. Je déclare ici en sa présence, mes dernières volon­tés et mes sentiments.

«Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, et je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d'après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ qui s'est

offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes, quelque indignes que nous en fussions, et moi le premier.

«Je meurs dans l'union de notre sainte Mère l'Eglise Catholique, Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de St Pierre auquel J.C. les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l'Eglise, les Sacrements et les Mystères tels que l'Eglise Catholique les enseigne et les a toujours enseignés. je n'ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d'expliquer les dogmes qui déchirent l'Eglise de J‑C., mais je m'en suis rapporté et rapporterai toujours, si Dieu m'accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Sainte Eglise Catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l'Eglise suivie depuis J.C.. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l'erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en J‑C. suivant ce que la charité Chrétienne nous l'enseigne.

«Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés, j'ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m'humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d'un Prêtre Catholique. Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j'ai d'avoir mis mon nom, (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l'Eglise Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur. Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution ou je suis, s'il m'accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d'un Prêtre Catholique, pour m'accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.

«Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadver­tance (car je ne me rappelle pas d'avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j'aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu'ils croient que je peux leur avoir fait.

«Je prie tous ceux qui ont de la Charité d'unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.

«Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m'ont fait beaucoup de mal.

«Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma Sœur, mes Tantes, mes Frères, et tous ceux qui me sont atta­chés par les liens du Sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma Sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s'ils viennent à me perdre, et tant qu'ils resteront dans ce monde périssable.

«Je recommande mes enfants à ma femme, je n'ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux; je lui recommande surtout d'en faire de bons Chrétiens et d'honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde‑ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire soli­de et durable de l'Eternité. Je prie ma Sœur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de Mère, s'ils avaient le malheur de perdre la leur.

«Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu'elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir don­nés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.

«Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu'ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur Mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu'elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. je les prie de regarder ma Sœur comme une seconde Mère.

« Je recommande à mon fils, s'il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu'il se doit tout entier au bonheur de ses Concitoyens, qu'il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j'éprouve. Qu'il ne peut faire le bonheur des Peuples qu'en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu'un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu'autant qu'il a l'autorité nécessaire, et qu'autrement, étant lié dans ses opérations et n'inspirant point de respect, il est plus nuisible qu'utile.

«Je recommande à mon fils d'avoir soin de toutes les per­ sonnes qui m'étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c'est une dette sacrée que j'ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu'il y a plusieurs per­sonnes de celles qui m'étaient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l'ingratitude, mais je leur pardonne, (sou­vent, dans les moment de troubles et d'effervescence, on n'est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s'il en trouve l'occasion, de ne songer qu'à leur malheur.

«Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m'ont montré un véritable attachement et désintéres­sé. D'un côté si j'étais sensiblement touché de l'ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n'avais jamais témoigné que des bontés, à eux et à leurs parents ou amis, de l'autre, j'ai eu de la consolation à voir l'attachement et l'intérêt gratuit que beaucoup de personnes m'ont montrés. Je les prie d'en rece­voir tous mes remerciements; dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.

«Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation, si je ne recommandais ouvertement à mon fils Ms de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avait portés à s'enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recomman­de aussi Cléry des soins duquel j'ai eu tout lieu de me louer depuis qu'il est avec moi. Comme c'est lui qui est resté avec moi jusqu'à la fin, je prie Ms de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.

«Je pardonne encore très volontiers a ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J'ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.

«Je prie Ms de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l'expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu'ils se sont donnés pour moi.

«Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi. Fait double à la Tour du Temple le 25 Décembre 1792. Louis.»

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Message par jld le Ven 15 Aoû 2008 - 21:38

Tout juste un commentaire :

je suis heureux de lire ce que vous dites au sujet de Louis XVI . Votre travail contribue beaucoup à l ré-habiliter ce Roi déprécié dans l'esprit du plus grand nombre de français.

La République Française, issue des états généraux, à en effet beaucoup déformé la figure de ce grand Roi qui fut aussi un Roi martyr.

De même le sort scandaleux réservé à l'enfant louis XVII que la commune de Paris a laissé vivre dans des conditions inhumaines est complétement gommé des manuels d'histoire dans nos écoles françaises.

Merci donc pour votre travail et pour votre érudition.

Permettez moi de vous indiquer, si vous ne le savez déjà, le livre de Jean Christian Petifils sur Louis XVI, livre publié aux éditions Perrin (www.editions-perrin.fr) en 2005. Ce livre très bien documenté et pas du tout partisan donne une bonne idée de ce qu'a été le règne de ce Roi.

jld
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