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Quand un exorciste soutire des aveux de l'enfer:la suite!

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Quand un exorciste soutire des aveux de l'enfer:la suite! - Page 2 Empty Re: Quand un exorciste soutire des aveux de l'enfer:la suite!

Message par reve de champion le Ven 21 Sep 2012 - 23:45



voici le délire de Judas une fois qu'il a livré Jésus

Judas de Kériot après sa trahison


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241> Je vois Judas. Il est seul. Il est vêtu de jaune clair avec un cordon rouge à la taille. Mon admoniteur intérieur m'avertit que c'est depuis peu qu'a été capturé Jésus et que Judas, qui s'est enfui tout de suite après, est maintenant en proie à un contraste de pensées. En effet l'Iscariote semble un fauve furieux et traqué par une meute de mâtins. Tout souffle de vent dans les feuillages, un bruit quelconque sur la route, l'écoulement d'une fontaine le font sursauter et se retourner soupçonneux et effrayé comme s'il se sentait rejoint par un justicier. Il tourne la tête en la gardant basse, le cou tordu, il tourne les yeux comme quelqu'un qui veut voir et a peur de voir. Si un jeu de lumière de la lune crée une ombre d'apparence humaine, il écarquille les yeux, fait un saut en arrière, devient encore plus livide qu'il ne l'était, s'arrête un instant et puis s'enfuit précipitamment en revenant sur ses pas, en se détournant par d'autres chemins jusqu'à ce qu'un autre bruit, un autre jeu de lumière le fait s'arrêter et s'enfuir dans une autre direction.

Dans sa folle marche il va ainsi vers l'intérieur de la ville, mais une clameur du peuple l'avertit qu'il est près de la maison de Caïphe, et alors, en se portant les mains à la tête et se penchant comme si ces cris étaient autant de pierres qui le lapident, il s'enfuit, s'enfuit. Et dans sa fuite, il prend une ruelle qui l'amène tout droit vers la maison où a été consommée la Cène. Il s'en aperçoit quand il est en face à cause d'une fontaine qui coule à cet endroit du chemin. Les pleurs de l'eau qui tombe goutte à goutte dans un petit bassin de pierre, et un faible sifflement du vent qui s'insinue dans le chemin étroit en produisant une lamentation étouffée, doivent lui sembler les pleurs de Celui qu'il a trahi et la plainte du Supplicié. Il se bouche les oreilles pour ne pas entendre et s'échappe, les yeux fermés, pour ne pas voir cette porte par laquelle peu d'heures avant il est passé avec le Maître et par laquelle il est sorti pour aller prendre les hommes armés pour se saisir de Lui.

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Dans cette course aveugle il va heurter un chien errant, le premier chien que je vois depuis que j'ai les visions, un gros chien gris et hirsute qui s'écarte en grognant, prêt à s'élancer contre celui qui l'a dérangé. Judas ouvre les yeux et rencontre les pupilles phosphorescentes qui le fixent et il voit la blancheur des crocs découverts qui semblent produire un rire diabolique. Il pousse un cri de terreur. 242> Le chien, qui peut-être le prend pour un cri menaçant, se jette sur lui, et les deux roulent dans la poussière : Judas dessous, paralysé par la peur, le chien dessus. Quand la bête lâche sa proie, considérée peut-être comme indigne de la lutte, Judas saigne à cause de deux ou trois morsures et son manteau a de larges déchirures.

Il a été vraiment mordu à la joue, au point précis où il a baisé Jésus, La joue saigne et le sang souille au cou le vêtement jaunâtre de Judas. Le sang lui fait une sorte de collier, en imbibant le cordon rouge qui serre le vêtement au cou et il le rend plus rouge encore. Judas met la main à sa joue, il regarde le chien qui s'éloigne mais le guette dans l'ouverture d'une porte, il murmure : "Belzébuth !" et poussant de nouveau un cri, il s'enfuit, poursuivi par le chien pendant quelque temps. Il fuit jusqu'au petit pont qui est près du Gethsémani. Là, soit fatigué de le suivre, soit que l'eau l'éloigné parce qu'il est hydrophobe, le chien abandonne sa proie et revient en arrière en grognant. Judas, qui s'était jeté dans le torrent pour prendre des pierres et les jeter au chien, le voyant s'éloigner, regarde autour de lui et s'aperçoit qu'il a de l'eau jusqu'à mi-mollet. Sans s'occuper de son vêtement de plus en plus trempé, il se penche sur l'eau et boit comme s'il était brûlé par la fièvre et il lave sa joue qui saigne et doit lui faire mal. A la clarté d'un premier éveil de l'aube il remonte sur la berge, de l'autre côté comme s'il avait encore peur du chien et n'osait pas revenir vers la ville. Il fait quelques mètres et se trouve à l'entrée du Jardin des Oliviers. Il crie : "Non ! Non !" en reconnaissant l'endroit. Mais ensuite, je ne sais par quelle force irrésistible ou par quel sadisme satanique et criminel, il avance en cet endroit. Il cherche l'endroit où est arrivée la capture. La terre du sentier, foulée par de nombreux pieds, l'herbe piétinée en un point donné et du sang par terre, peut-être celui de Malchus, lui montrent que c'est là qu'il a indiqué l'Innocent aux bourreaux.

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Il regarde, il regarde... et puis il pousse un cri rauque et fait un saut en arrière. Il crie : "Ce sang, ce sang !..." et il le montre... à qui ? avec son bras tendu et son index qu'il pointe. Dans la lumière croissante son visage se montre terreux et spectral. Il semble fou. Il a les yeux écarquillés et brillants comme s'il délirait; ses cheveux ébouriffés par la course et la terreur semblent dressés sur sa tête; la joue qui enfle lui tord la bouche en un rictus. Son vêtement déchiré, couvert de sang, mouillé, boueux, car la poussière en se mouillant est devenue de la boue, le rend semblable à un mendiant. 243> Son manteau aussi déchiré et boueux pend d'une épaule comme une guenille et il s'y empêtre quand, continuant à crier : "Ce sang, ce sang !" il recule comme si ce sang était devenu une mer qui monte et submerge. Judas tombe à la renverse et se blesse derrière la tête en heurtant une pierre. Il pousse un gémissement de douleur et de peur. "Qui est-ce ?" crie-t-il. Il doit avoir pensé que quelqu'un l'a fait tomber pour le frapper. Il se retourne avec terreur. Personne ! Il se lève. Maintenant le sang dégoutte aussi sur la nuque. Le cercle rouge s'élargit sur le vêtement. II ne tombe pas par terre car il y en a peu, le vêtement le boit. Maintenant la corde paraît déjà au cou.

Il marche. Il retrouve la trace du feu allumé par Pierre au pied d'un olivier, mais il ne sait pas que c'est Pierre qui l'a fait et croit que Jésus était là. Il crie : "Allez ! Allez !" et avec les deux mains tendues en avant, il paraît repousser un fantôme qui le tourmente. Il s'échappe et va finir justement contre le rocher de l'Agonie.

Maintenant l'aube est nette et permet de bien voir et tout de suite. Judas voit le manteau de Jésus laissé plié sur le rocher. Il le reconnaît. Il veut le toucher. Il a peur. Il allonge la main et la retire. Il veut. Il ne veut pas. Mais ce manteau le fascine. Il gémit : "Non ! Non !" Puis il dit : "Oui, par Satan ! Oui, je veux le toucher. Je n'ai pas peur ! Je n'ai pas peur !" Il dit qu'il n'a pas peur, mais la terreur lui fait claquer des dents, et le bruit que fait au-dessus de sa tête une branche d'olivier remuée par le vent et qui heurte un tronc voisin, le fait crier de nouveau. Pourtant il fait un effort et saisit le manteau. Et il rit. Un rire de fou, de démon. Un rire hystérique, saccadé, lugubre, qui n'en finit pas, car il a vaincu sa peur, et il le dit : "Tu ne me fais pas peur, Christ. Plus peur. J'avais si grand peur de Toi car je te croyais Dieu et fort. Maintenant tu ne me fais plus peur, car tu n'es pas Dieu. Tu es un pauvre fou, un faible. Tu n'as pas su te défendre. Tu ne m'as pas réduit en cendres, comme tu n'as pas lu dans mon cœur la trahison. Mes peurs !... Quel sot ! Quand tu parlais, même hier soir, je croyais que tu savais. Tu ne savais rien. C'était ma peur qui donnait un sens prophétique à tes paroles toutes ordinaires. Tu n'es rien. Tu t'es laissé vendre, indiquer, prendre comme une souris dans son trou. Ta puissance ! Ton origine ! Ah ! Ah ! Ah ! Bouffon ! Le fort, c'est Satan ! Plus fort que Toi. Il t'a vaincu ! Ah ! Ah ! Ah ! Le Prophète ! Le Messie ! Le Roi d'Israël ! Et tu m'as assujetti pendant trois années ! Avec la peur toujours au cœur ! Et je devais mentir pour te tromper avec finesse quand je voulais jouir de la vie ! 244> Mais même si j'avais volé et forniqué sans toute l'astuce que je mettais en œuvre, tu ne m'aurais rien fait. Poltron ! Fou ! Lâche ! Tiens ! Tiens ! Tiens ! J'ai eu tort de ne pas te faire à Toi ce que je fais à ton manteau pour me venger du temps où tu m'as tenu esclave par la peur. Peur d'un lapin !... Tiens ! Tiens ! Tiens !"

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À chaque "tiens !" il cherche à mordre et à déchirer l'étoffe du manteau. Il le chiffonne dans ses mains. Mais en le faisant, il l'ouvre et apparaissent les taches qui l'humectent. La furie de Judas s'arrête. Il fixe ces taches. Il les touche, il les flaire. C'est du sang... Il le déplie. Elle est bien visible l'empreinte laissée par les deux mains tachées de sang quand il appuyait l'étoffe sur son visage.

"Ah !... Du sang ! Du sang ! Le sien... Non !" Judas laisse tomber le manteau et regarde autour de lui. Contre le rocher aussi, là où Jésus s'est appuyé le dos quand l'ange le réconfortait, il y a une tache sombre de sang qui sèche. "Là !... Là !... Du sang ! Du sang !..." Il baisse les yeux pour ne pas voir, et il voit l'herbe toute rougie par le sang qui est tombé sur elle. Celui-ci, à cause de la rosée qui l'a dilué, paraît tombé depuis peu. Il est rouge et brille au premier soleil. "Non ! Non ! Non ! Je ne veux pas voir ! Je ne puis voir ce sang ! Au secours !" Il porte les mains à sa gorge et perd tout contrôle comme s'il se noyait dans une mer de sang. "Arrière ! Arrière ! Laisse-moi ! Laisse-moi ! Maudit ! Mais ce sang, c'est une mer ! Il couvre la Terre ! La Terre ! La Terre ! Et sur la Terre il n'y a pas de place pour moi, car je ne puis voir ce sang qui la couvre. Je suis le Caïn de l'Innocent !" L'idée du suicide je crois qu'elle est venue en ce moment en ce cœur.

Le visage de Judas fait peur. Il se jette du talus et s'enfuit par l'oliveraie, sans revenir par la route déjà faite. Il semble poursuivi par des fauves. Il revient dans la ville. Il s'enveloppe comme il peut dans son manteau et cherche à couvrir sa blessure et son visage autant qu'il le peut. Il se dirige vers le Temple. Mais pendant qu'il va dans cette direction, à un carrefour il se trouve en face des canailles qui traînent Jésus chez Pilate. Il ne peut se retirer car une autre foule le pousse dans le dos, en accourant pour voir. Et grand comme il est, il domine forcément et il voit. Et il rencontre le regard du Christ...

Les deux regards s'enlacent un moment. Puis le Christ passe, lié, frappé, et Judas tombe à la renverse comme s'il s'évanouissait. La foule le piétine sans pitié, et il ne réagit pas. Il doit préférer être piétiné par tout un monde plutôt que de rencontrer ce regard.

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245> Quand la meute déicide est passée avec le Martyr et que le chemin est libre, il se relève et court au Temple. Il bouscule et renverse presque un garde placé à la porte de l'enceinte. D'autres gardes arrivent pour interdire l'entrée au forcené, mais lui, comme un taureau furieux, les écarte tous. L'un d'eux, qui s'accroche après lui pour l'empêcher de pénétrer dans la salle du Sanhédrin où ils sont tous encore rassemblés pour discuter, est saisi à la gorge, étranglé et jeté, sinon mort certainement moribond, en bas des trois marches.

"Votre argent, maudits, je n'en veux pas" crie-t-il debout au milieu de la salle, à l'endroit où était avant Jésus. On dirait un démon qui débouche de l'enfer. Ensanglanté, dépeigné, enflammé par le délire, la bave à la bouche, les mains comme des griffes, il crie et semble aboyer tant sa voix est perçante, rauque, hurlante. "Votre argent, maudits, je n'en veux pas. Vous m'avez perdu. Vous m'avez fait commettre le plus grand péché. Comme vous, comme vous je suis maudit ! J'ai trahi le Sang innocent. Qu'ils retombent sur vous ce Sang et ma mort. Sur vous... Non ! Ah !..." Judas voit le pavé baigné de sang. "Même ici, même ici, il y a du sang ? Partout ! Partout il y a son sang ! Mais combien de sang a l'Agneau de Dieu pour en couvrir ainsi la Terre et ne pas en mourir ? Et c'est moi qui l'ai répandu ! A votre instigation. Maudits ! Maudits ! Maudits pour l'éternité ! Malédiction à ces murs ! Malédiction à ce Temple profané ! Malédiction au Pontife déicide ! Malédiction aux prêtres indignes, aux faux docteurs, aux pharisiens hypocrites, aux juifs cruels, aux scribes sournois ! Malédiction à moi ! A moi, malédiction ! A moi ! Prenez votre argent et qu'il vous étrangle l'âme dans la gorge, comme à moi la corde" et il jette la bourse à la figure de Caïphe et s'en va en poussant un cri alors que les pièces résonnent en s'éparpillant sur le sol après avoir frappé, en la faisant saigner, la bouche de Caïphe.

Personne n'ose le retenir. Il sort. Il court à travers les chemins. Et fatalement il se trouve à rencontrer deux fois Jésus à l'aller et au retour de chez Hérode. Il abandonne le centre de la ville pour prendre au hasard les ruelles les plus misérables et il finit de nouveau contre la maison du Cénacle. Elle est entièrement fermée, comme abandonnée.

Il s'arrête, la regarde. "La Mère !" murmure-t-il. "La Mère !..." Il reste indécis... "Moi aussi, j'ai une mère ! Et j'ai tué un fils à une mère !... Pourtant... je veux entrer... revoir cette pièce. Là, il n'y a pas de sang..." Il donne un coup à la porte, un autre... un autre...

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246> La maîtresse de maison vient ouvrir et entrouvre la porte, une fente... Et en voyant cet homme bouleversé, méconnaissable, elle jette un cri et essaie de refermer. Mais Judas, d'un coup d'épaule, l'ouvre toute grande et, renversant la femme effrayée, passe outre.

Il court vers la petite porte qui donne sur le Cénacle. Il l'ouvre. Il entre. Un beau soleil entre par les fenêtres grandes ouvertes. Judas pousse un soupir de soulagement. Il entre. Ici, tout est calme et silencieux. La vaisselle est encore comme on l'a laissée. On comprend que pour le moment, personne ne s'en est occupé. On pourrait croire qu'on va se mettre à table.

Judas va vers la table. Il regarde s'il y a du vin dans les amphores. Il y en a. Il boit avidement à l'amphore elle-même qu'il soulève à deux mains. Puis il se laisse tomber assis et appuie sa tête sur ses bras croisés sur la table. Il ne s'aperçoit pas qu'il est assis justement à la place de Jésus et qu'il a devant lui le calice qui a servi pour l'Eucharistie. Il s'arrête un moment jusqu'à ce que s'apaise l'essoufflement causé par sa longue course. Puis il lève la tête et voit le calice, et il reconnaît où il s'est assis.

Il se lève comme possédé. Mais le calice le fascine. Il y a encore au fond un peu de vin rouge et le soleil, en frappant le métal (qui paraît de l'argent) fait briller ce liquide. "Du sang ! Du sang ! Du sang ici aussi ! Son Sang ! Son Sang !..." Faites cela en mémoire de Moi !... Prenez et buvez. Ceci est mon Sang... Le Sang du nouveau testament qui sera versé pour vous..." Ah ! Maudit que je suis ! Pour moi il ne peut plus être versé pour la rémission de mon péché. Je ne demande pas pardon car Lui ne peut me pardonner. Hors d'ici ! Hors d'ici ! Il n'y a plus d'endroit où le Caïn de Dieu puisse connaître le repos. A mort ! A mort !..."

Il sort. Il se trouve en face de Marie, debout à la porte de la pièce où Jésus l'a quittée. Elle, entendant du bruit, s'est montrée espérant peut-être voir Jean qui est absent depuis tant d'heures. Elle est pâle comme si elle avait perdu son sang. Elle a des yeux que la douleur rend encore plus semblables à ceux de son Fils. Judas rencontre ce regard qui le regarde avec la même connaissance affligée et consciente dont Jésus l'a regardé en route, et avec un "Oh !" effrayé il s'adosse au mur.

"Judas !" dit Marie, "Judas, qu'es-tu venu faire ?" Les paroles mêmes de Jésus, et dites avec un amour douloureux. Judas s'en souvient et pousse un cri.

"Judas" répète Marie "qu'as-tu fait ? À tant d'amour tu as répondu en trahissant ?" La voix de Marie est une caresse tremblante.

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247> Judas va s'échapper. Marie l'appelle d'une voix qui aurait dû convertir un démon. "Judas ! Judas ! Arrête-toi ! Arrête-toi ! Écoute ! Je te le dis en son nom : repens-toi, Judas. Lui pardonne..." Judas s'est enfui. La voix de Marie, son aspect ont été le coup de grâce, ou plutôt de disgrâce car il résiste.

Il s'en va précipitamment. Il rencontre Jean qui accourt vers la maison pour prendre Marie. La sentence est prononcée. Jésus va aller au Calvaire. C'est le moment de conduire la Mère à son Fils. Jean reconnaît Judas, bien qu'il reste bien peu du beau Judas d'il y a peu de temps. "Toi ici ?" lui dit Jean avec un dégoût visible. "Toi ici ? Malédiction à toi, meurtrier du Fils de Dieu ! Le Maître est condamné. Réjouis-toi, si tu le peux, mais dégage le chemin. Je vais prendre la Mère. Qu'elle, ton autre Victime, ne te rencontre pas, reptile."

Judas s'enfuit. Il s'est enveloppé la tête dans les lambeaux de son manteau en laissant seulement une fente pour les yeux. Les gens, le peu de gens qui ne sont pas vers le Prétoire, l'évitent comme s'ils voyaient un fou. Et il semble tel.

Il erre à travers la campagne. Le vent apporte de temps à autre un écho de la clameur qui vient de la foule qui suit Jésus en Lui adressant des imprécations. Chaque fois qu'un pareil écho arrive à Judas, il hurle comme un chacal.

Je crois qu'il est réellement devenu fou car il cogne la tête rythmiquement contre les murets de pierre. Ou bien il est devenu hydrophobe parce que, quand il voit un liquide quelconque : eau, lait porté par un enfant dans un récipient, de l'huile qui coule d'une outre, il hurle, il hurle et crie : "Du sang ! Du sang ! Son Sang !"

Il voudrait boire aux ruisseaux et aux fontaines. Il ne le peut car l'eau lui paraît du sang et il le dit : "C'est du sang ! C'est du sang ! Il me noie ! Il me brûle ! J'ai le feu ! Son Sang, qu'il m'a donné hier, est devenu du feu en moi ! Malédiction à moi et à Toi !"

Il monte et descend les collines qui entourent Jérusalem. Et son œil, irrésistiblement, va au Golgotha. Et par deux fois il voit de loin le cortège qui monte en serpentant la côte, il regarde et pousse un cri.

Le voilà au sommet. Judas aussi est au sommet d'une petite colline couverte d'oliviers. Il y est pénétré en ouvrant une fermeture rustique comme s'il en était le maître ou pour le moins très habitué. J'ai l'impression que Judas ne se souciait pas beaucoup de la propriété d'autrui. Debout sous un olivier à l'extrémité d'un talus, il regarde vers le Golgotha. Il voit se dresser les croix et il comprend que Jésus est crucifié. Il ne peut voir ou entendre, mais le délire ou un maléfice de Satan lui font voir et entendre comme s'il était au sommet du Calvaire.

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248> Il regarde, regarde comme halluciné. Il se débat : "Non ! Non ! Ne me regarde pas ! Ne me parle pas ! Je ne le supporte pas. Meurs, meurs, maudit ! Que la mort ferme ces yeux qui me font peur, cette bouche qui me maudit. Mais moi aussi je te maudis puisque tu ne m'as pas sauvé."

Son visage est tellement hagard, qu'on ne peut le regarder. Deux filets de bave descendent de sa bouche hurlante. La joue mordue est livide et enflée et fait paraître son visage déformé. Les cheveux collés, sa barbe très noire qui a poussé sur ses joues en ces heures, mettent un bâillon lugubre sur ses joues et son menton. Les yeux, ensuite !... Ils roulent, ils louchent, ils sont phosphorescents. Des yeux de démon. Il arrache de sa taille le cordon de grosse laine rouge qui la ceint de trois tours. Il en éprouve la solidité en l'enroulant autour d'un olivier et en tirant de toutes ses forces. Il résiste. Il est solide. Il choisit un olivier qui se prête à ce qu'il veut faire. Voilà. Celui qui penche au-delà du talus, avec sa chevelure en désordre, va bien. Il monte sur l'arbre. Il assure solidement un nœud coulant à une branche des plus robustes et qui pend sur le vide. Il a déjà fait le nœud coulant. Il regarde une dernière fois vers le Golgotha, puis il enfile la tête dans le nœud coulant. Maintenant il paraît avoir deux colliers rouges à la base du cou. Il s'assoit sur le talus puis d'un coup se laisse glisser dans le vide.

Le nœud le serre. Il se débat quelques minutes. Ses yeux chavirent, l'asphyxie le rend noir, il ouvre la bouche, les veines du cou se gonflent et deviennent noires. Il envoie quatre ou cinq coups de pieds dans l'air, dans les dernières convulsions. Puis la bouche s'ouvre et la langue pend noire et baveuse, les globes oculaires ouverts sortent de la tête montrant le blanc de l'œil injecté de sang, l'iris disparaît vers le haut. Il est mort. Le vent fort, qui s'est levé avant l'orage imminent, balance le macabre pendule et le fait tourner comme une horrible araignée suspendue au fil de sa toile.


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La vision finit et j'espère arriver à oublier bientôt tout ceci car je vous assure que c'est une vision horrible.




Dernière édition par reve de champion le Ven 21 Sep 2012 - 23:52, édité 1 fois
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Message par reve de champion le Ven 21 Sep 2012 - 23:48

et voici le commentaire de Jésus suite a ce passage avec l analyse de Judas


'Si Judas s'était jeté aux pieds de la Mère en disant : 'Pitié', la Mère l'aurait recueilli comme un blessé'


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249> Jésus dit :

"Horrible, mais pas inutile. Trop de gens croient que Judas a commis une chose de peu d'importance. Certains arrivent même à dire qu'il a eu du mérite car sans lui la Rédemption ne serait pas venue et par conséquent il est justifié devant Dieu.

En vérité je vous dis que si l'Enfer n'avait pas déjà existé, et existé parfait en ses tourments, il aurait été créé pour Judas encore plus horrible et éternel, parce que de tous les pécheurs et de tous les damnés il est le plus damné et le plus pécheur, et pour lui éternellement il n'y aura pas d'adoucissement de sa condamnation.

Le remords aurait pu aussi le sauver, s'il avait fait du remords un repentir. Mais lui n'a pas voulu se repentir. Au premier crime de trahison, encore pardonnable à cause de la grande miséricorde qu'est mon affectueuse faiblesse, il a joint les blasphèmes, les résistances aux voix de la Grâce qui voulaient encore lui parler à travers les souvenirs, à travers les terreurs, à travers mon Sang et mon manteau, à travers mon regard, à travers les traces de l'institution de l'Eucharistie, à travers les paroles de ma Mère. Il a résisté à tout. Il a voulu résister comme il avait voulu trahir. Comme il a voulu maudire. Comme il a voulu se suicider. C'est la volonté qui compte dans les choses, dans le bien comme dans le mal.

Quand quelqu'un tombe sans la volonté de tomber, je pardonne. Tu vois Pierre. Il m'a renié. Pourquoi ? Il ne le savait même pas lui exactement. Un lâche, Pierre ? Non. Mon Pierre n'était pas un lâche. Contre la cohorte et les gardes du Temple il avait osé frapper Malchus pour me défendre et risqué d'être tué de ce fait. Ensuite, il s'était enfui, sans avoir la volonté de le faire. Ensuite, il avait renié, sans avoir la volonté de le faire. Par la suite, il a bien su rester et avancer sur le chemin sanglant de la Croix, sur mon Chemin, jusqu'à arriver à la mort de la croix. Il a su par la suite donner de Moi un excellent témoignage au point d'être tué à cause de sa foi intrépide. Je le défends, mon Pierre. Sa défaillance a été la dernière de son humanité, mais sa volonté spirituelle n'était pas présente à ce moment. Elle dormait, émoussée par le poids de son humanité. Quand elle s'éveilla, elle ne voulut pas rester dans le péché et voulut être parfaite. Je lui ai pardonné tout de suite.

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250> Judas n'as pas voulu. Tu dis qu'il paraissait fou et enragé. Il l'était d'une rage satanique. Sa terreur à la vue du chien, animal rare, en particulier à Jérusalem, venait du fait qu'on l'attribuait à Satan, depuis un temps immémorial, cette forme pour apparaître aux mortels. Dans les livres de magie, on dit encore qu'une des formes préférées de Satan pour apparaître est celle d'un chien mystérieux ou d'un chat ou d'un bouc. Judas, déjà en proie à la terreur qui lui venait de son crime, convaincu qu'il appartenait à Satan à cause de ce crime, vit Satan en cette bête errante.

Celui qui est coupable voit en tout des ombres de peur. C'est sa conscience qui les crée. Ensuite Satan excite ces ombres qui pourraient encore donner le repentir à un cœur, et en fait des larves horribles qui amènent au désespoir. Et le désespoir porte au dernier crime, au suicide, A quoi bon jeter le prix de la trahison, quand ce dépouillement n'est le fruit que de la colère et n'est pas fortifié par une volonté droite de se repentir ? Dans ce cas, se dépouiller des fruits du mal devient méritoire, mais comme il l'a fait. non. Sacrifice inutile.

Ma Mère, et c'était la Grâce qui parlait et la Trésorière qui donnait le pardon en mon nom, lui dit : "Repens-toi, Judas. Il pardonne..." Oh ! si je lui aurais pardonné ! S'il s'était jeté aux pieds de la Mère en disant: "Pitié !", elle, la Mère de Pitié, l'aurait recueilli comme un blessé et sur ses blessures sataniques, par lesquelles l'Ennemi lui avait inoculé le Crime, aurait répandu ses larmes qui sauvent et me l'aurait amené, au pied de la Croix, en le tenant par la main pour que Satan ne pût le saisir et les disciples le frapper, amené pour que mon Sang tombât d'abord sur lui, le plus grand des pécheurs. Et elle aurait été, elle, la Prêtresse admirable sur son autel, entre la Pureté et la Faute, parce qu'elle est la Mère des vierges et des saints, mais aussi la Mère des pécheurs.

Mais lui n'a pas voulu. Méditez le pouvoir de la volonté dont vous êtes les arbitres absolus. Par elle vous pouvez avoir le Ciel ou l'Enfer. Méditez ce que veut dire persister dans la faute.

Le Crucifié, Celui qui se tient les bras ouverts et attachés pour vous dire qu'il vous aime, et qu'il ne veut pas vous frapper, qu'il ne peut vous frapper parce qu'il vous aime et préfère se refuser de pouvoir vous embrasser, unique douleur de son état de crucifié, plutôt que d'avoir la liberté de vous punir, le Crucifié, objet de divine espérance pour ceux qui se repentent et veulent quitter la faute, devient pour les impénitents un objet d'une telle horreur qu'elle les fait blasphémer et user de violence envers eux-mêmes. 251> Meurtriers de leur esprit et de leur corps à cause de leur persistance dans la faute. Et la vue de Celui qui est doux, qui s'est laissé immoler dans l'espoir de les sauver, prend l'apparence d'un spectre horrifiant.


Marie, tu t'es lamentée de cette vision. Maïs c'est le Vendredi de la Passion, ma fille. Tu dois souffrir. Aux souffrances que tu endures à cause de mes souffrances et de celles de Marie, tu dois joindre tes souffrances à cause de l'amertume de voir les pécheurs rester pécheurs. Elle a été notre souffrance, celle-là. Elle doit être la tienne. Marie a souffert et souffre encore de cela, comme de mes tortures. Tu dois donc souffrir cela. Maintenant, repose. Dans trois heures tu seras toute mienne et de Marie. Je te bénis, violette de ma passion et passiflore de Marie."

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Message par fraysse le Sam 22 Sep 2012 - 11:05

bonjour a tous.Une chose me semble essentielle il était aussi nécessaire d avoir judas iscariote pour que s accomplisse le dessein de notre père tout puissant.Je pense que NOTRE SEIGNEUR JESUS CHRIST depuis le début connaissait celui qui allait le livrer et lui avait pourtant confié la gestion de leurs comptes(au moins de la menue monnaie que tous devaient utiliser pour pouvoir se vêtir et manger voire donner aux pauvres).il aurait également pu échapper aux terribles souffrances qui l attendaient et ne l a pas fait.Il nous est difficile de faire porter le poids des responsabilités uniquement à judas qui bien que satanique et refusant la soumission par un repentir sincère a eu le libre arbitre et a choisit encore insoumis de se pendre et se donner la mort.Je crois que c est plus en cela qu il sera condamné (ce refus de soumission a notre père tout puissant alors qu il en a la possibilité) et il connait désormais les affres de l enfer! le reste ,possessions, démons , me parait bien improbable et lui donnerait un statut accréditant la puissance de lucifer qui a mon humble avis est une m....et un jouet dans les mains de notre père tout puissant.voilà ma façon d expliquer le sort peu enviable de l iscariote et elle tiens a peu près la route.amitiés a tous en ce 1er jour d automne.

fraysse
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