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La Faillite de l'Entreprise Capitaliste

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Message par Lotfi le Sam 28 Jan 2012 - 19:42

http://www.ceras-projet.org/dsc/index.php?id=6642

Entreprise capitaliste
par Cécile Renouard, Religieuse de l’Assomption, Essec

Avant d'être une question de propriété privée ou collective, l'entreprise est une communauté de personnes humaines qui mettent ensemble leur capital ou leur travail pour le bien de toute la société. Le Discours social de l'Eglise insiste sur le respect de la dignité des travailleurs et l'attention à l'environnement naturel et humain. S'il critique la maximisation du profit comme critère unique de l'évaluation de l'entreprise, il ne propose pas de pratiques fiscale et comptable pour le rectifier.

La pensée de l’Eglise catholique sur l’entreprise capitaliste constitue une position diamétralement opposée à l’approche libérale libertarienne de Milton Friedman. Elle est souvent contestée par les acteurs du monde économique comme utopique. Quel peut être son statut ? Entre l’économie fondée sur la propriété collective des moyens de production et l’économie fondée sur l’alliance de la propriété privée et des besoins individuels, entre l’illusion communiste d’une société transparente à elle-même et l’anomie ultralibérale, entre une anthropologie exigeante et une vision de l’homme au rabais, quelles institutions proposer ? Il s’agit, dans la perspective chrétienne, de promouvoir les structures économiques – et donc les formes entrepreneuriales – qui permettent la collaboration humaine à l’œuvre du salut, l’accueil du Royaume. La réflexion sur l’entreprise est étroitement liée à une conception éthique et politique du vivre-ensemble, qui a des conséquences sur la finalité reconnue à l’activité "entrepreneuriale", sur la place accordée aux salariés, sur la création de richesses et le statut du profit, et sur la répartition de la valeur créée entre les diverses parties prenantes.

Double critique des formes communistes et capitalistes
L’action humaine ne donne pas le salut, mais elle contribue ou non à le faire advenir. Les théologies de la libération, souvent proches des analyses sociales et économiques marxistes dans les années 1960 et 1970, ont parfois poussé loin le rapprochement entre combat politique pour la justice et les droits de l’homme et combat pour le Royaume de Dieu. Toutefois les institutions économiques et politiques, parce que contingentes, finies et toujours imparfaites, ne peuvent être absolutisées. En 1987, l’encyclique Sollicitudo rei socialisrappelle que chaque système doit être évalué en fonction du critère de la dignité humaine et du développement humain :« La doctrine sociale de l’Eglise adopte une attitude critique vis-à- vis du capitalisme libéral aussi bien que du collectivisme marxiste. En effet, du point de vue du développement, on se demande spontanément de quelle manière ou dans quelle mesure ces deux systèmes sont capables de transformations ou d’adaptations propres à favoriser ou à promouvoir un développement vrai et intégral de l’homme et des peuples dans la société contemporaine. Car ces transformations et ces adaptations sont urgentes et indispensables pour la cause d’un développement commun à tous. »1 L’horizon de la cité de Dieu, s’il peut être envisagé, n’est jamais atteint et les engagements des chrétiens dans les cités humaines sont signe de cette distance irréductible entre ce qui est et ce qui vient. Dans cette perspective, la réflexion chrétienne sur les structures économiques est souvent conduite à conjuguer des énoncés en tension : développement personnel et bien commun, justice et charité, règles et libertés… C’est sans doute cette voie du milieu qui est toujours menacée d’être taxée de tiédeur, de compromis, mais qui peut être aussi le gage d’une tension vraiment féconde, d’une action plus juste et plus humanisante.

La définition de l’entreprise
La première grande encyclique sociale du Pape Léon XIII,Rerum novarum (1891), marqua le ralliement officiel de l’Eglise aux idées démocratiques et sociales et adopta des positions nettes en faveur de l’amélioration de la condition ouvrière. Jean XXIII parlera ensuite, dans l’encyclique Mater et magistra (1961), de l’entreprise comme d’une communauté d’hommes2, et l’encyclique Centesimus annus écrite parJean-Paul II,cent ans après Rerum novarum invite à définir l’entreprise non seulement comme une société de capital mais comme une société de personnes, et remet donc en cause la stricte définition capitaliste : « Le développement intégral de la personne humaine dans le travail ne contredit pas, mais favorise plutôt, une meilleure productivité et une meilleure efficacité du travail lui-même, même si cela peut affaiblir les centres du pouvoir établi. L’entreprise ne peut être considérée seulement comme une ‘société de capital’ ; elle est en même temps une ‘société de personnes’, dans laquelle entrent de différentes manières et avec des responsabilités spécifiques ceux qui fournissent le capital nécessaire à son activité et ceux qui y collaborent par le travail. Pour atteindre ces objectifs, un vaste mouvement associatif des travailleurs est encore nécessaire, dont le but est la libération et la promotion intégrale de la personne. » (CA 43) L’insistance de ce texte sur l’entreprise considérée comme "société de personnes" trouve un écho dans les discours, de la part d’hommes politiques et de chefs d’entreprise occidentaux, depuis une trentaine d’années, sur l’entreprise citoyenne ou sur le capitalisme à visage humain…
Le problème majeur que soulève cette conception réside dans la contradiction existant entre ces affirmations et la logique de fonctionnement actuel des entreprises, qui est centrée d’abord sur l’actionnariat et sur l’objectif de maximisation du retour sur investissement pour les actionnaires. Pourrait-on attendre de l’entreprise qu’elle fonctionne sous un modèle démocratique, laissant une capacité d’expression et de décision à tous ceux qui y collaborent ? Pie XI allait dans ce sens dansQuadragesimo anno, en 1931 (QA 72). Il faut souligner avec force que comparer le fonctionnement actuel d’une entreprise capitaliste au modèle de la démocratie représentative (l’assemblée générale des actionnaires étant le lieu de l’expression du suffrage universel et la direction générale constituant le pouvoir exécutif) est contestable. Les petits actionnaires n’ont pas de réel pouvoir sinon celui de changer de titres et les grands actionnaires institutionnels utilisent tous les moyens possibles pour conserver le pouvoir et éviter des changements imprévus tout en maximisant leurs intérêts financiers.3 Faut-il alors considérer que la perspective - défendue par l’encyclique - de l’entreprise comme communauté de personnes est antinomique avec le fonctionnement actuel du système financier désintermédié ? Il y a lieu de souligner également l’ambiguïté des conceptions véhiculées par les modèles européens, le capitalisme rhénan et l’économie sociale de marché, qui invoquaient un intérêt général – souvent mal défini – transcendant les intérêts des différentes parties prenantes, mais qui ont pu donner à penser que l’intérêt des actionnaires coïncidait avec l’intérêt social plus large de l’entreprise. A cet égard l’encyclique Caritas in veritatede Benoit XVI souligne avec force le problème posé par la focalisation sur la valeur actionnariale et la contradiction entre les préoccupations des actionnaires, auxquels sont largement soumis les managers, et celles des autres parties prenantes (CA40).
De façon générale, un problème est posé par le manque de définition juridique des entreprises : en droit français, ce sont les sociétés qui sont définies, et non les entreprises. Celles-ci se sont développées dans le contexte historique d’un libéralisme sensible au contrat social liant les individus dans l’Etat et à la place du marché permettant de combiner les intérêts privés au service de la croissance économique. Le droit des sociétés a étendu la notion de personnalité morale aux sociétés par actions : celles-ci accordent une responsabilité limitée aux actionnaires, dont le patrimoine est séparé de la société. Les actionnaires détiennent des actions – mais ne sont pas propriétaires des actifs, qui sont détenus par la société. Dès lors, les dirigeants de la société sont dans une position fragile et délicate, puisqu’ils sont des mandataires chargés de contrôler et gérer les actifs de la société, en même temps qu’ils sont désignés par les actionnaires et appelés à leur rendre des comptes. Comme le souligne le juriste Jean-Philippe Robé, «les entreprises vivent par l’intermédiaire de sociétés commerciales qui ne les personnifient pas mais leur permettent d’exister »5 : elles bénéficient des droits accordés aux individus, tout en utilisant à leur avantage les droits des différents Etats pour optimiser leur localisation géographique et leur fiscalité.
Dans ce contexte, la position défendue par les encycliques allie deux dimensions, normative et descriptive. Elle invite à réfléchir aux formes juridiques qui permettent de respecter les principes définis, avec en premier lieu, la dignité de l’homme au travail. Si les principes ne changent pas (la dignité de la personne au travail a une valeur inconditionnelle), les formes peuvent varier. L’encyclique de Benoît XVI, Caritas in veritate, prend d’ailleurs acte du fait que la séparation entre des entreprises for profit et des associations caritatives ne rend pas compte de la variété des formes "entrepreunariales" qui existent aujourd’hui. Parmi les formes existantes, il faut souligner l’intérêt des entreprises non for profit, ou des efforts pour créer des structures, coopératives par exemple, dans lesquels les diverses parties prenantes de l’activité économique soient représentées. De plus, Benoît XVI insiste sur l’importance d’inscrire la dimension de la gratuité et du don dans l’économie, et invite à réfléchir à l’articulation étroite entre économie et éthique. Il y a là une critique du caractère marginal de certaines démarches mises en œuvre par les entreprises, en termes de responsabilité sociale et d’éthique des affaires. Dans ce cadre, l’enjeu est bien que toute la finance et l’économie soient orientées par une visée éthique : « la sphère économique n’est, par nature, ni éthiquement neutre ni inhumaine et antisociale. Elle appartient à l’activité de l’homme et, justement parce qu’humaine, elle doit être structurée et organisée institutionnellement de façon éthique.» (CV 36)

La contribution des entreprises au bien commun
L’économie est – ou devrait être – au service de la justice et du bien commun. Les entreprises ont toutes un rôle à jouer afin de contribuer à l’amélioration des conditions d’existence des personnes et des groupes. La contribution au bien commun peut s’entendre de différentes manières : le bien ou le service produit par l’entreprise peut ou non correspondre à une activité socialement utile. Jean-Paul II (CA 36) comme Benoit XVI encouragent les producteurs, les consommateurs et les investisseurs à s’orienter vers le choix de produits et de services qui contribuent au développement dans la mesure où ils sont produits, échangés et consommés dans des conditions qui respectent la dignité humaine et les droits des travailleurs.
A propos des salariés, un critère de discernement de la contribution de l’entreprise au bien commun concerne la façon dont elle permet - ou pas - aux salariés d’être reconnus comme des personnes et non comme une simple force de travail, de développer leurs capacités et leurs compétences, d’entrer dans des relations marquées par une forme de don et de gratuité, et non pas seulement par le souci de la performance.

A suivre.......



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Message par Lotfi le Lun 30 Jan 2012 - 14:15

A suivre.......
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Entreprise capitaliste
par Cécile Renouard, Religieuse de l’Assomption, Essec


La place des salariés
La perspective présentée dans le Discours Social de l’Eglise se centre sur les êtres humains qui participent à l’activité économique. L’argument de Centesimus annus selon lequel le ‘développement intégral’ est favorable à l’activité de l’entreprise, tout en reconnaissant des contraintes d’une ‘société de capital’, souligne que l’entreprise capitaliste n’a pas une vocation philanthropique mais doit être orientée vers le développement. L’accent porte sur la primauté à donner au facteur humain et au coût qui peut en résulter, sans nier le fonctionnement propre de l’entreprise capitaliste et les conflits d’intérêt qui la traversent. Les salariés sont présentés comme «le patrimoine le plus précieux de l’entreprise » (CA 35).
Le discours de Jean-Paul II à la cinquième assemblée de l’Académie des sciences sociales à Rome, en mars 1999, donne des éléments de réflexion supplémentaires. Les salariés sont les premiers contributeurs au développement et doivent donc être reconnus comme tels. "Au sein d’une entreprise, la richesse n’est pas constituée uniquement par les moyens de production, le capital et les bénéfices, mais elle provient avant tout des hommes qui par leur travail, produisent ce qui devient ensuite des biens de consommation ou des services. De ce fait, tous les salariés, chacun à son échelon, doivent avoir leur part de responsabilité, concourant au bien commun de l’entreprise et en définitive de la société entière. Il est essentiel de faire confiance aux personnes de développer un système qui privilégie le sens de l’innovation de la part des individus et des groupes, la participation et la solidarité et qui favorise de manière primordiale l’emploi et la croissance" (n°7). Néanmoins il n’est pas fait mention de moyens concrets pour permettre cet exercice des responsabilités. La suite de l’intervention pontificale utilise le terme de "capital humain", largement véhiculé par les institutions internationales, et ramène à la perspective morale et sociale centrée sur l’être humain comme personne.
L’appel lancé aux décideurs de prêter attention aux plus démunis correspond bien au refus d’un sacrifice de quelques uns ou de beaucoup, sacrifice que justifie la morale utilitariste quand elle vise uniquement l’augmentation globale ou moyenne de la richesse produite. Mais une certaine hésitation subsiste dans le discours du Magistère, quant aux façons de rendre les entrepreneurs plus solidaires des maillons faibles des sociétés. "Les chefs d’entreprise et les décideurs doivent avoir conscience qu’il est essentiel de fonder leurs démarches sur le capital humain et sur les valeurs morales, en particulier sur le respect des personnes et leur besoin inaliénable d’avoir un travail et de vivre des fruits de leur activité professionnelle. […] J’appelle de mes vœux une mobilisation toujours plus profonde des différents acteurs de la vie sociale et de tous les partenaires sociaux, pour qu’ils s’engagent à la place qui est la leur, à être des serviteurs de l’homme et de l’humanité, par des décisions dans lesquelles la personne humaine, en particulier la plus faible et la plus démunie, occupe la place centrale et soit véritablement reconnue dans sa responsabilité spécifique. La mondialisation de l’économie et du travail demande de la même manière une mondialisation des responsabilités" (n° Cool. Dans un monde où le chômage est une donnée massive, où les personnes souffrent soit d’un manque d’activité générant des revenus, soit de conditions de travail "indécentes" (pour reprendre le principe défini par l’OIT comme "droit à un travail décent"), soit d’un travail insignifiant pour eux, soit d’un travail envahissant toute l’existence ("work alcoholism"), comment penser les liens entre activité professionnelle et développement personnel et communautaire ?
Quelques critères d’évaluation de l’organisation du travail dans une société politique conforme à la visée anthropologique chrétienne sont définis : ils concernent en particulier l’accès de tous à l’emploi et la limitation de l’écart entre les salaires."L’économie, le travail, l’entreprise sont avant tout au service des personnes. Les choix stratégiques ne peuvent se faire au détriment de ceux qui travaillent dans l’entreprise. Il importe d’offrir à tous nos contemporains un emploi, grâce à une répartition juste et responsable du travail […]. Un écart trop important entre les salaires est injuste, car il déprécie un certain nombre d’emplois indispensables et il creuse des disparités sociales dommageables pour tous" (n°10). La réflexion sur l’injustice liée aux inégalités salariales n’a rien perdu de son actualité : les écarts entre les extrêmes se creusent de façon abyssale. Le point sensible des écarts croissants de salaires et de revenus devrait faire l’objet d’une réflexion collective et, sans doute, de réglementations. C’est un domaine dans lequel les repères mouvants apparaissent clairement. Notre conscience de ce qui est moralement admissible ou juste a beaucoup évolué…Comme le souligne la pensée sociale de l’Eglise, il n’est pas suffisant de s’abriter derrière l’argument du marché, pour souligner la marge de manœuvre limitée des conseils d’administration en ce qui concerne les rémunérations des dirigeants.
Trois raisons plaident en faveur d’un encadrement des salaires. D’abord, l’argument libéral (exprimé par Gary Becker) consiste à dire que l’augmentation des inégalités est liée à l’augmentation de la productivité du travail de certains. En réalité, la productivité des cadres dirigeants n’a pas augmenté autant que leur salaire. Par ailleurs, le marché du travail n’est pas efficace : il y a, certes, un marché des cadres dirigeants dont les compétences sont plus interchangeables, d’un secteur à l’autre, qu’autrefois, mais le résultat de l’entreprise n’est pas seulement dû à la performance du manager. Enfin, on sait aussi qu’un certain nombre d’aspects de l’existence qui permettent à quelqu’un de devenir cadre dirigeant ne sont pas pris en compte, internalisés : ainsi le temps consacré par ses parents, les moyens donnés à l’éducation et à la formation initiale. Ces arguments militeraient pour une valorisation de tous les travaux qui contribuent à améliorer la qualité des relations sociales et du « vivre-ensemble », souvent désignés aujourd’hui par le terme « care » : il ne s’agit pas de vouloir tout monétiser mais de relativiser l’importance donnée par le marché à certains types d’emplois, qui ne contribuent pas nécessairement à l’amélioration de la qualité du tissu social, alors que d’autres activités y contribuent très fortement, en étant très mal rémunérées.

Le profit
Une des causes principales du dysfonctionnement et des dérives de l’activité économique et financière est la recherche de la maximisation du profit. Centesimus annus rappelle le «rôle pertinent du profit comme indicateur du bon fonctionnement de l’entreprise » (CA 35) en évoquant ensuite les autres indicateurs à prendre en compte. Le texte adopte une position nuancée concernant le but de l’entreprise qui « n’est pas uniquement de faire du profit mais l’existence même d’une communauté de personnes qui, de différentes manières, recherchent la satisfaction de leurs besoins fondamentaux. » Ainsi l’encyclique met-elle en avant que recherche de profitabilité ne saurait évincer l’objectif social / sociétal qui est le propre de l’activité économique. Laborem exercens (LE 11) souligne également le danger représenté par la quête « du plus grand profit » par les entrepreneurs, allant de pair avec le faible niveau des salaires des ouvriers. Sans doute faudrait-il insister aujourd’hui sur le lien entre la recherche, par les dirigeants de l’entreprise, de la maximisation du profit et la pression exercée par les actionnaires, ce qui suppose aussi une réflexion sur les critères d’investissement. A cet égard, le développement des fonds d’investissement socialement responsable (ISR), l’élaboration de codes de conduite pour les investisseurs, le fait que certaines bourses exigent que les entreprises cotées sur leur marché communiquent sur la façon dont elles mettent en œuvre les facteurs dits « ESG » (relatifs à l’environnement, au social et à la gouvernance) vont dans le sens d’une subordination de la recherche du profit à des critères qui débordent la seule logique financière court-termiste6. Le profit est dénoncé dans sa tendance à focaliser toutes les énergies humaines. Sollicitudo rei socialis (SRS 37) met en parallèle « le désir exclusif du profit » et « la soif du pouvoir » comme composantes des structures de péché à combattre.
Une ambiguïté demeure cependant dans certains textes, comme le Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise qui écrit « qu’une économie respectueuse de l’environnement ne poursuivra pas seulement l’objectif de la maximalisation du profit […] » (CA 40). Ne faut-il pas plaider pour une distinction forte entre l’objectif du profit et celui de la maximisation du profit ? Ne faut-il pas également chercher les moyens juridiques d’orienter l’activité et la finalité des entreprises vers leur finalité sociale ? On pourrait imaginer une modification des textes de loi afin d’inscrire davantage dans le droit la place de l’économie sociale7 et d’engager une réorientation de l’économie tout entière. Sans doute une telle perspective devrait-elle être associée à une réflexion sur les moyens de faire de toutes les entreprises des organisations davantage soumises au droit afin de promouvoir la subordination de la logique financière à des objectifs sociaux et environnementaux. On peut espérer que des textes du Magistère soient, à l’avenir, plus clairement engagés sur le statut du profit comme moyen et que des organismes décentralisés, au niveau des conférences épiscopales, des diocèses, des mouvements, etc. suscitent un approfondissement technique de ces questions par des praticiens et des experts, et des débats publics sur les solutions envisagées.

L’attention à la dimension sociétale : l’environnement naturel et humain
Centesimus annus (CA 38) utilise l’expression « d’écologie sociale du travail » pour désigner la fonction sociale et sociétale de l’entreprise. Il s’agit pour l’Etat de veiller à orienter l’activité des entreprises et des citoyens en vue du bien commun, en cherchant à promouvoir à la fois « [la] liberté privée et [l’]action publique » (Compendium, n° 354). Une condamnation ferme est faite des pratiques usurières des trafiquants (Catéchisme de l’Eglise catholique, 2269) aussi bien que de certains systèmes financiers « abusifs sinon usuraires » (Catéchisme de l’Eglise catholique, 2438). Notons que les critères d’abus en matière de taux usuriers ne sont pas précisés. Ces éléments ouvrent, en tout état de cause, à une réflexion sur les responsabilités portées par le secteur financier international vis-à-vis des enjeux d’une économie "réelle" attentive à satisfaire les besoins matériels de tous les habitants de la planète. On peut souligner que si les textes insistent sur la responsabilité des entrepreneurs quant aux salariés, il est moins souvent fait mention des diverses responsabilités à l’égard des parties prenantes de l’activité économique : sous-traitants, fournisseurs, clients, communautés locales, etc. Toutefois, l’encyclique Caritas in veritate mentionne à plusieurs reprises (CA 25 et 40) les problèmes liés aux pratiques d’externalisation, par les entreprises, d’un certain nombre de fonctions et le recours à des sous-traitants, afin de diminuer les coûts, ceci souvent au prix d’une course vers le bas en matière sociale pour les salariés. Un autre champ à explorer concerne en particulier les questions fiscales à l’échelle internationale8 : par des pratiques d’optimisation fiscale légales, via les prix de transfert (prix des biens et services échangés intra-firmes), les entreprises contribuent à réduire l’assiette fiscale des Etats, en particulier dans les pays du Sud dont les administrations fiscales sont moins nombreuses et moins formées pour repérer les pratiques abusives. Ajoutons que ce problème fiscal est redoublé par la façon dont les normes comptables ont été élaborées. Elles sont focalisées sur la conservation du patrimoine financier, beaucoup plus que sur les moyens de préserver le capital naturel et le capital humain, et d’internaliser les externalités (sociales, sociétales, environnementales) dans le bilan des entreprises9.

Conclusion
Les problèmes relatifs au fonctionnement de l’entreprise capitaliste, tels qu’ils sont abordés par les textes du Magistère, permettent de favoriser un questionnement critique sur l’évolution actuelle du système économique et financier10. On est loin d’une approche conservatrice visant à justifier le statu quo ou à introduire des modifications à la marge. Néanmoins, le flou entretenu sur certaines questions, notamment la non remise en cause du critère de la maximisation du profit, et l’absence de références aux questions fiscales et comptables n’aident pas à trouver les moyens de faire en sorte que toute l’économie et la finance soient traversées par une visée éthique, comme l’encyclique Caritas in veritate y appelle. Ce sont des champs qui restent à être analysés et à faire l’objet de propositions de réformes. Le grand défi que va représenter pour nos sociétés, et pour les entreprises en particulier, la transformation de l’appareil de production en vue d’une économie économe en énergie et verte, dans le cadre d’un pétrole cher, d’une raréfaction de nombreux minéraux et d’une population mondiale plus nombreuse, ouvre également à une critique du « dogme » de la croissance11, que les encycliques ne questionnent guère, sans doute en raison du caractère récent, à l’échelle mondiale, de la reconnaissance de son caractère insoutenable. Il n’en demeure par moins l’urgence d’une parole prophétique sur ces sujets.

1 Sollicitudo rei socialis, 1987, n°21. Voir aussi : « La doctrine sociale de l’Eglise ne propose aucun système particulier mais, à la lumière de ses principes fondamentaux, elle permet d’abord de voir dans quelle mesure les systèmes existants sont conformes ou non aux exigences de la dignité humaine. » Instruction sur la liberté chrétienne et la libération, n° 74, 1986.
2 Jean XXIII, Mater et magistra 91 : « On doit tendre à faire de l’entreprise une véritable communauté humaine, qui marque profondément de son esprit les relations, les fonctions et les devoirs de chacun de ses membres. »
3 Jean Peyrelevade, Le Capitalisme total, Le Seuil, 2005, p.25.
4 Au capitalisme dans lequel des banques assuraient une fonction d’intermédiation – et donc de mutualisation du risque – entre les épargnants et les entreprises, a succédé, d’abord aux Etats-Unis et aujourd’hui en Europe, un modèle de désintermédiation financière dans lequel les épargnants et gestionnaires d’actifs ne cherchent qu’un intérêt individualisé le plus élevé possible.
5 Jean-Philippe Robé, « Les Etats, les entreprises et le droit », Le débat, n°161, sept-oct 2010, p.84.
6 Desmartin Jean-Philippe, César de Brito, Valéry Lucas-Leclin, François Perrin, L'Investissement Socialement Responsable, Economica, 2005 ; Laurence Loubières, « Proposition 3 : Intégrer l’environnement, le social et la gouvernance dans l’analyse financière et dans l’investissement », in G. Giraud & C. Renouard, dir., 20 Propositions pour réformer le capitalisme, Flammarion, 2009.

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Message par Lotfi le Mer 1 Fév 2012 - 1:38

Père BASILIO MERAMO
Le Libéralisme est une hérésie
CHEMIN VERS L'APOSTASIE
Santa Fe de Bogota, 27 juin 1996
Fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours
10e anniversaire d'ordination


Traiter le libéralisme d'hérésie peut paraître surprenant. Il est en effet plus courant dans les milieux de la tradition de le qualifier d'erreur, de péché, d'incongruité, etc., mais il est très rare qu'on le désigne comme une véritable hérésie, condamné de ce fait en tant que tel par l'Église.
Il faut donc signaler que le libéralisme n'est pas une simple erreur de caractère philosophique, mais qu'il est dans l'ordre théologique une hérésie, synthèse d'autres erreurs et hérésies comme le Naturalisme, le Rationalisme, le Sécularisme et le Laïcisme, ainsi que nous le verrons plus loin.
Le libéralisme n'est pas une simple incohérence ou inconséquence, il est une très grave erreur en matière de foi, contre le dogme catholique, et c'est pour cela qu'il est une hérésie condamnée par l'Église.

Bien qu'il soit convenu de faire des distinctions dans le libéralisme il est
essentiellement un, et tous ses degrés sont condamnés.
En effet, le libéralisme est un; les distinctions servent à mieux saisir son extension; mais il est radicalement un, comme une pieuvre avec de nombreux tentacules, attributs de la multiplicité de l'erreur, tandis que la vérité est une et unique, comme il n'y a qu'une position verticale. Lorsque nous parlons du libéralisme en Colombie, nous ne nous limitons pas au
domaine politique des partis mais nous nous plaçons dans l'ordre philosophique et théologique. Il est clair qu'en Colombie, au début, le courant politique en faveur des idéaux révolutionnaires de la Révolution française (en fait franc-maçonnique) se mit sous la coupe du parti libéral, tandis que le courant politique qui défendait la tradition et l'Église se groupa autour du parti conservateur. Ceci pour clarifier l'origine philosophique et
théologique de ces deux partis, car tant l'un que l'autre sont aujourd'hui libéraux dans leurs concepts, et il ne reste qu'une lutte au service du profit personnel tant des libéraux que des conservateurs, faisant de la politique une joute entre clans politiques qui n'a rien à voir avec la polis (=cité), le bien commun du peuple et de la Nation. Il est évident que la pire des mafias en Colombie est la politique, qui fait d'un art et d'une fonction si nobles le plus vil et inefficace instrument de désordre et de corruption; elle détourne le gouvernement (de la police ou cité) en moyen d'enrichissement et de pouvoir personnel, loin de sa finalité qui est de diriger les gouvernés vers leur fin. La politique en Colombie est le plus grand des commerces, convertie en un trafic de richesse et de pouvoir, d'où vient son mal, au lieu de procurer le bien commun du pays. Cet essai n'a rien à voir avec une dispute politique, et encore moins avec la mauvaise politique qui détruit le pays au profit du bénéfice personnel et au détriment du bien commun qui est l'objectif spécifique de la justice.
C'est la source de la grande injustice qui frappe la Colombie. Et, si nous voulions parler de politique, nous le ferions avec la politique catholique, c'est-à-dire le gouvernement des peuples et des nations selon la loi de l'Évangile, sans entrer dans des divisions et intérêts partisans qui, comme les partis, se combattent au lieu d'être unis pour l'obtention du bien commun de tous et de chacun. Il est donc clair qu'en faisant référence au libéralisme, nous sommes loin des implications politiques qu'il peut y avoir aujourd'hui en Colombie. Nous nous situons seulement dans le cadre philosophique et théologique que cette notion de Libéralisme implique.

Qu'est-ce que le Libéralisme ? Analyse
Le libéralisme est considéré comme «l'erreur la plus grave et la plus nocive des temps modernes», suivant la même ligne que le Père Ramière qui écrivit l'excellent livre : Les Doctrines Romaines sur le libéralisme envisagées dans les rapports avec le Dogme Chrétien et avec les besoins des sociétés modernes (Barcelone 1884 pour l'édition espagnole) et le Père Félix Sarda y Salvany dans son œuvre Le libéralisme est un péché (Ed. de la Nouvelle Aurore, Paris, 1975).
Le P. Ramière, dont le livre fut hautement loué par le Pape Pie IX, signale dans le chapitre premier : «Le libéralisme affecte les plus graves intérêts et les dogmes les plus fondamentaux du Christianisme». Avertissant sur quel plan se situe le combat, il écrit: «Le problème capital du siècle présent est celui des relations de L'Église avec les sociétés modernes. Ces sociétés sont-elles ou non indépendantes, dans l'ordre moral, de toute autorité surnaturelle ? » (op. cit., p. 5).
Et plus loin il se réfère au «grand combat que l'Église soutient depuis un siècle» (ibid., p. 20).
Le Père Sarda y Salvany, quant à lui, écrit : «Il existe donc actuellement par le monde, ce fait est incontestable, une certaine chose qui s'appelle libéralisme et une certaine autre qui s'appelle antilibéralisme. Comme on l'a très judicieusement dit, libéralisme est une parole de division, car elle divise le monde en deux camps opposés» (op. cit., p. 2. ). le libéralisme mène l'Église à l'apostasie, car : «une fois pénétré dans l'Église, le poison du libéralisme la conduit à l'apostasie par une conséquence naturelle» (op. cit., p. XV) Qu'est-ce que le libéralisme pour être un mal si grave et si néfaste, et une si abominable erreur contre la foi et le dogme catholique, cause de l'actuelle crise de l'Église «On ne peut, en effet, ni comprendre la crise actuelle de l'Église, ni connaître le véritable visage des personnages de la Rome actuelle, ni par conséquent saisir l'attitude à prendre vis-à-vis des événements, si on n'en recherche pas les causes, si on n'en remonte pas le cours historique, si on n'en découvre pas la source première dans ce libéralisme condamné par les papes des deux derniers siècles» (ibid., p. 3. ).
Le libéralisme est une rébellion ou révolution qui attaque tant l'ordre naturel que l'ordre surnaturel; «Après avoir expliqué en quoi le libéralisme
est une révolte de l'homme contre l'ordre naturel conçu par le créateur, qui aboutit à la cité individualiste, égalitaire et concentrationnaire, il me reste à vous montrer comment le libéralisme s'attaque aussi à l'ordre surnaturel qui est le plan de la Rédemption, c'est-à-dire en définitive comment le libéralisme a pour but de détruire le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ, tant sur l'individu que sur la cité» (ibid. p. 21).
Suivant l'Abbé Roussel dans son livre Libéralisme et Catholicisme (1926), «Le libéral est un fanatique d'indépendance, il la prône jusqu'à l'absurdité, en tout domaine» (ibid. p. 14). Ainsi nous savons que le libéralisme dans l'ordre naturel proclame l'indépendance et la liberté, tant :
– de l'intelligence par rapport à la vérité, du vrai et du bien par rapport à l'être, générant le subjectivisme et le relativisme;
– de la volonté par rapport à l'intelligence, produisant le volontarisme absolutiste;
– de la conscience vis-à-vis de la loi morale, origine de la liberté de conscience et de cultes (liberté religieuse);
– des sentiments vis-à-vis de la raison, cause du Romantisme;
– du corps envers l'âme, donnant lieu à l'animalité projetée en pure sexualité;
– du présent vis-à-vis passé, origine du Progressisme et du rejet de la Tradition;
– de l'individu envers la société, source de l'individualisme anarchique qui ne respecte aucune hiérarchie, aucun principe d'autorité; nous avons ainsi l'homme comme sujet absolu de droits.Mais la chose ne s'arrête pas là, elle continue et pénètre dans l'ordre surnaturel, dans le champ de la foi et du dogme : «Vis-à-vis de l'ordre surnaturel, le libéralisme proclame deux nouvelles indépendances que j'expose maintenant. L'indépendance de la raison et de la science à l'égard de la foi : c'est le rationalisme, pour qui la raison, juge souverain et mesure du vrai, se suffit à elle-même et repousse toute domination étrangère. C'est ce qu'on appelle le rationalisme» (ibid., p. 21).
En définitive, «Le libéralisme c'est la révolution dans tous les domaines, la révolution radicale» (ibid., p. 29).
Oui le libéralisme c'est la révolution radicale parce qu'il proclame l'indépendance de l'homme, de la famille et de l'État vis-à-vis de Dieu, de Jésus-Christ, de l'Église Catholique. C'est le naturalisme, le laïcisme, le latitudinarisme (ou indifférentisme,) l'apostasie officielle des peuples et des nations qui rejettent la Royauté Sociale de JésusChrist et contestent l'autorité divine de l'Église. Pourquoi ? Parce que la révolution c'est la haine envers Dieu et tout ce qui est de Dieu, c'est en définitive la haine satanique des anges déchus pour Dieu et toute son œuvre, sa création.
Mgr Gaume écrivit sur la Révolution, et qui caractérisent parfaitement le libéralisme : «Si arrachant son masque, vous lui demandez (à la Révolution) : qui es-tu ? elle vous dira : “Je ne suis pas ce que l'on croit. Beaucoup parlent de moi et bien peu me connaissent. Je ne suis ni le carbonarisme… ni l'émeute… ni le changement de la monarchie en république, ni la substitution d'une dynastie à une autre, ni le trouble momentané de l'ordre public. Je ne suis ni les hurlements des Jacobins, ni les fureurs de la Montagne, ni le combat des barricades, ni le pillage, ni l'incendie, ni la loi agraire, ni la guillotine, ni les noyades. Je ne suis ni Marat, ni Babeuf, ni Mazzini, ni Kossuth. Ces hommes sont mes fils, ils ne sont pas moi. Ces choses sont mes œuvres, elles ne sont pas moi. Ces hommes et ces choses sont des faits passagers et moi je suis un état permanent. Je suis la haine de tout ordre que l'homme n'a pas établi et dans lequel il n'est
pas roi et Dieu tout ensemble. Je suis la proclamation des droits de l'homme sans souci des droits de Dieu. Je suis la fondation de l'état religieux et social sur la volonté de l'homme au lieu de la volonté de Dieu. Je suis Dieu détrôné et l'homme à sa place. Voilà pourquoi je m'appelle Révolution, c'est-à-dire renversement…”» (ibid. p. 29).
Donc «l'idéal du libéralisme est que l'État, la famille et l'individu, se libèrent de toute obéissance et de la Sainte Église, et se déclarent totalement indépendants», comme le disait saint Ezequiel Moreno Diaz (Carlos Valderrama A., Un Capitulo de las Relaciones entre el Estado y la Iglesia en Colombia, Publicaciones del Instituto Caro y Cuervo, Bogota, 1986, p. 400).
«Le libéralisme est l'affirmation dogmatique de l'indépendance absolue de la raison individuelle et sociale. Le catholicisme est le dogme de la sujétion absolue de la raison individuelle à la loi de Dieu» (Sarda y Salvany, op. cit., p. 21).

Qu'est-ce que le Libéralisme ? Synthèse
Voilà la question capitale, d'où dérivent toutes les conséquences. Comme l'écrivait le P. Ramière : «La doctrine libérale, donc, est en réalité la négation de la Royauté sociale de Jésus-Christ» (op. cit., p. 19). Et beaucoup ne s'en rendent pas compte, dit-il : «Nous mêmes avons eu l'occasion de nous convaincre plus d'une fois que la plus grande partie ne soupçonne pas que ses théories mènent jusqu'à la négation de ce dogme» (ibid. p. 19).
Le libéralisme est en dernière analyse la négation du dogme catholique de la Royauté sociale de Jésus-Christ, du Christ Roi. C'est l'hérésie libérale, l'hérésie du libéralisme, même si beaucoup ne le soupçonnent pas. Là est en fait le vif du sujet, de là découlent toutes les conclusions, là est le débat et le combat de l'heure présente, présage de l'avènement de l'Antéchrist et donc de son caractère satanique. La royauté sociale de Jésus-Christ est un dogme de foi catholique, qui fut publiquement et officiellement attaqué par la Révolution Française (Révolution en réalité franc-maçonnico-libérale), Révolution condamnée par l'Église dès le début à cause de cela. Comme nous en avertit le P. Ramière, le libéralisme est en opposition directe avec le dogme catholique, sur lequel il n'y a pas de discussion possible, sur lequel on ne peut transiger : «Nous défendrons la Royauté sociale de l'Homme-Dieu avec autant de fermeté que l'ont fait les chrétiens des premiers siècles pour la confession de sa divinité» (ibid., p. 21).
Voici l'explication que donne le P. Ramière : «Mais le libéralisme n'est pas seulement contraire à la religion de Jésus-Christ par son origine et ses conséquences quasi inévitables, il l'est aussi par son essence. Non content de donner aux ennemis de l'Église des armes pour la détruire, il l'attaque lui-même dans ses dogmes fondamentaux. Il suffit, en effet, d'examiner cette doctrine en son principe pour comprendre qu'elle nie les souverains droits de Jésus-Christ, déclarant les sociétés temporelles indépendantes de son empire. Selon ce principe, la société civile est purement terrestre et n'a en aucune manière à s'occuper, directement ou indirectement, des droits de la vérité ni des intérêts éternels, son unique et suprême fin est la félicité temporelle de ses membres, et la raison son unique guide» (ibid., p. 17).
Le P. Sarda y Salvany écrit à propos du libéralisme : «Dans l'ordre des idées le libéralisme est l'ensemble de ce que l'on appelle principes libéraux, avec les conséquences qui en découlent logiquement. Les principes libéraux sont : la souveraineté absolue de l'individu, dans une entière indépendance de Dieu et de son autorité; la souveraineté absolue de la société, dans une entière indépendance de ce qui ne procède pas d'elle-même; la souveraineté nationale, c'est-à-dire le droit reconnu au peuple de faire des lois et de se gouverner, dans l'indépendance absolue de tout autre critérium que celui de sa propre volonté exprimée d'abord par le suffrage et ensuite par la majorité parlementaire; la liberté de penser sans aucun frein, ni en politique, ni en morale, ni en religion; la liberté de la presse, absolue ou insuffisamment limitée, et la liberté d'association tout aussi étendue.
Tels sont les principes libéraux dans leur radicalisme le plus cru» (op. cit., p. 5).
Il signale encore que le Rationalisme est le fond commun des principes libéraux : «Leur fond commun est le rationalisme individuel, le rationalisme politique et le rationalisme social, d'où découlent et dérivent : la liberté des cultes, plus ou moins restreinte; la suprématie de l'État dans ses rapports avec l'Église; l'enseignement laïque ou indépendant, n'ayant aucun lien avec la religion; le mariage légitimé et sanctionné par l'intervention unique de l'État. Son dernier mot, celui qui en est le résumé et la synthèse, c'est la sécularisation, c'est-à-dire la non-intervention de la religion dans les actes de la vie publique, quels qu'ils soient, véritable athéisme social qui est la dernière conséquence du libéralisme» (ibid., p. 6). Il est clair que le libéralisme est une véritable hérésie et non une simple erreur, sinon une synthèse des erreurs, une hérésie universelle et radicale – c'est l'enseignement du P. Sarda y Salvany – et pour cela c'est un péché, un péché contre la foi : «Dans l'ordre des doctrines le libéralisme est l'hérésie radicale et universelle, parce qu'il comprend toutes les hérésies» (ibid., p. Cool. Le naturalisme et le rationalisme sont les deux caractéristiques essentielles de l'hérésie libérale et son lien avec le protestantisme qui est d'origine libérale.
Le libéralisme – dit en résumé Mgr Nicolas Casas y Conde de l'Ordre des Augustins récollets, évêque d'Adrianopolis et vicaire apostolique de Casanare (Colombie) – «consiste proprement et véritablement à nier à Dieu son empire sur l'homme, ou à ne vouloir pas l'accepter; dans cette mauvaise disposition de l'âme qui rejette l'empire de Dieu, soit pour le nier, soit pour ne pas vouloir le supporter, se condense et s'accomplit le vice capital du libéralisme, c'est-à-dire sa plus grande et principale malice» (Enseñanzas de la Iglesia sobre el liberalismo, Madrid 1902, p. 27). Il est clair que le libéralisme rejette ou ne veut pas admettre le domaine souverain et absolu de Dieu sur tout ce qui a été créé, comme l'exprime Mgr Casas, faisant allusion à l'encyclique Libertas de Léon XIII : «Rébellion donc, et rébellion manifeste de l'homme contre l'empire, la souveraineté ou l'autorité de Dieu, c'est purement et simplement, dans son essence, le libéralisme, comme le dit le pape» (ibid. p. 28).

Le libéralisme est une hérésie
Oui, le libéralisme est une hérésie, un véritable péché contre la foi, d'où le titre du livre du P. Sarda y Salvany : «Le libéralisme est un péché», phrase déjà consignée par saint Ezequiel Moreno Diaz dans son testament le 6 octobre 1905 à Pasto : «Je confesse, une fois de plus, que le libéralisme est un péché, ennemi fatal de l'Église et du Règne de Jésus Christ, et ruine des peuples et nations».

Et voulant enseigner ceci, même après sa mort, saint Ezequiel Moreno continuait : «Je désire que dans la pièce où sera exposé mon cadavre, et même dans l'église pendant les obsèques, soit mis à la vue de tous un texte qui dira : le libéralisme est un péché. [Nous faisons remarquer ceci pour satisfaire un désir du défunt évêque]» (cité par Carlos Valderrama, op. cit., p. 67).
Le saint évêque de Pasto (Colombie) montre ainsi que le libéralisme est un péché d'hérésie, ni plus ni moins. Le P. Sarda y Salvany lui aussi le dit et l'affirme : «Le libéralisme est un péché, qu'on le considère dans l'ordre des doctrines ou dans celui des faits. Dans l'ordre des doctrines, c'est un péché grave contre la foi, parce que ses doctrines sont une hérésie» (op. cit., p. Cool. Le libéralisme est une hérésie pratique et doctrinale qui modèle la civilisation moderne, répète avec insistance Sarda y Salvany : «Ainsi que nous l'avons dit, le libéralisme est autant une hérésie pratique qu'une hérésie doctrinale, et ce principal caractère explique un grand nombre des phénomènes que présente cette maudite erreur dans son développement
actuel au milieu de la société moderne» (ibid., p. 230). Le libéralisme est une hérésie parce qu'il nie le dogme de foi qui affirme la royauté sociale du Christ Roi.
Voyons ce dogme de foi, que le P. Ramière précise ainsi : «La Royauté sociale de Jésus-Christ : voilà le terrain qui doit réunir tous les vrais catholiques si divisés fussent-ils dans les questions politiques. Pour tout homme qui n'a pas renoncé à son titre de chrétien, celle-ci est l'unique solution du grand problème des sociétés modernes» (P. Ramière, op. cit., p. 7).
Alors, que devons nous comprendre lorsqu'on parle de la royauté sociale de JésusChrist ? Le P. Ramière nous le dit : «Par ces mots : la royauté sociale de Jésus-Christ, nous entendons le droit que possède l'homme-Dieu, et que possède avec Lui l'Église qui le représente ici sur terre, d'exercer sa divine autorité dans l'ordre moral sur les sociétés, comme sur les individus et l'obligation qu'un tel droit implique pour les sociétés de reconnaître l'autorité de N.S.J.C. et de l'Église dans son existence et dans son action
collective, de la même manière qu'elle doit être reconnue par les individus dans leur conduite privée» (ibid., p. 7).
Pour cela il n'y a aucune possibilité de conciliation entre la doctrine catholique et le libéralisme. «Doit-on en conséquence renoncer à toute espérance de conciliation ? Résolument, car il s'agit de doctrine» répond le P. Ramière (ibid., p. 6).
Il s'agit de doctrines inconciliables, c'est pourquoi saint Ezequiel Moreno intitule deux de ses opuscules : Ou avec Jésus-Christ ou contre Jésus-Christ, et : Ou Catholicisme ou Libéralisme, la conciliation est impossible. Titres hautement significatifs, pour qu'il n'y ait aucun doute possible, de l'opposition essentielle entre le catholicisme et le libéralisme, entre l'Église et l'Antéchrist; car ceux qui ne sont pas avec Jésus-Christ sont contre Lui et
par cela même ils sont, qu'on le veuille ou non, avec l'Antéchrist qui doit venir quand l'apostasie générale sera consommée et quand l'obstacle qui le retient aura disparu. Il y a deux camps et deux règnes, le règne de Jésus-Christ et celui de l'Antéchrist.
Le libéralisme est une hérésie contre le règne de Jésus-Christ et a été condamné comme tel par l'Église. Le libéralisme nie la royauté sociale de Jésus-Christ Roi, en conséquence il nie les droits et prérogatives de l'Église, le Droit public de l'Église. C'est pour cela que le grand combat que soutient actuellement l'Église, apparemment déroutée, se livre sur le plan social; le P. Ramirez le disait il y a un siècle : «Dans le grand combat que l'Église
soutient depuis un siècle dans le domaine social, figure au premier rang le dogme…» (ibid., p. 20).

Il ne peut y avoir ni trêve ni repos contre l'erreur, contre le libéralisme, car il attaque le dogme. Dogme que le. P. Ramière présente de la façon suivante :«C'est un dogme de foi que Jésus-Christ possède une autorité souveraine sur les sociétés civiles, de même sur les individus qui la composent, par conséquent les sociétés, dans leur existence et dans leur action collective, comme les individus en leur conduite privée, sont obligés de se soumettre à Jésus-Christ et d'obéir à ses lois» (ibid., p. 31). Et pour aider celui qui douterait de ce dogme de foi, le P. Ramière explique : «Il est certain que cette vérité formulée dans les termes que nous avons établis, ne se trouve en aucun décret de concile, ni en aucune définition pontificale; mais cette circonstance n'est pas un obstacle pour que nous renoncions à l'affirmer en toute sécurité, comme article de foi, elle est clairement consignée dans l'Écriture Sainte, et constamment admise sans
réplique par l'Église» (ibid. p. 31). Ceci veut dire que c'est un dogme de foi du Magistère Ordinaire Universel infaillible de l'Église catholique, et qu'il traite de la souveraineté spirituelle de l'Homme-Dieu sur les sociétés, déduite de sa divinité même : «Il n'y a pas de moyen terme, ou l'on nie la dignité de Jésus-Christ, ou il est juste d'admettre que même en tant qu'homme, Il est le Roi de tout ce qui existe, tant des sociétés civiles que des familles et des individus. Lui seul est arbitre pour contenir en certaines limites l'exercice de son autorité, mais Il ne peut limiter son autorité, sous peine d'abdiquer de sa divinité» (ibid. p. 33). 8
«Au risque de me répéter, je reviens sur la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ, ce dogme de foi catholique, que nul ne peut mettre
en doute sans être hérétique : oui, parfaitement : hérétique !» (op. cit., p. 99). A propos de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ il ajoute : «Le dernier principe, qui résume de très haut tout le droit public de l'Église, est une vérité de foi : Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, Roi des Rois, et Seigneur des Seigneurs, doit régner sur les sociétés non moins que sur les individus : la Rédemption des âmes se prolonge nécessairement par la soumission des États et de leurs lois au joug suave et léger de la loi du Christ» (ibid. p. 95). Le libéralisme est un péché, un péché contre la foi, un péché d'hérésie qui est en définitive la raison d'être du titre du célèbre livre de Sarda y Salvany : «Il convient donc de dire que le libéralisme dans l'ordre des idées est l'erreur absolue et dans l'ordre des faits l'absolu désordre. Par suite, dans les deux cas, il est péché grave ex genere suo, péché
extrêmement grave, péché mortel.(…) Ceci posé, à l'exception de la haine formelle contre Dieu, qui constitue le plus grand des péchés et dont la créature se rend très rarement coupable, si ce n'est en enfer, les péchés les plus graves parmi tous les péchés sont ceux contre la foi. La raison en est évidente. La foi est le fondement de tout l'ordre surnaturel, et le péché est péché en tant qu'il attaque sur tel ou tel point cet ordre surnaturel; par suite, le plus grand péché est celui qui s'attaque au fondement premier de cet ordre(…) «Cependant lorsque le péché contre la foi est simplement une privation coupable de cette vertu et de cette connaissance de Dieu, il est moins grave que lorsqu'il est la négation et l'attaque formelle des dogmes expressément définis par la révélation divine. En ce dernier cas, le péché contre la foi, si grave, en lui-même, acquiert une gravité plus grande qui constitue ce qu'on appelle l'hérésie.(…) Par conséquent, sauf le cas de bonne foi, d'ignorance et d'irréflexion, le fait d'être libéral constitue un péché plus grand que celui du blasphème, du vol, de l'adultère, de l'homicide ou de toute autre chose défendue par la loi de Dieu et châtiée par sa justice infinie.(…). L'hérésie et les œuvres qu'elle inspire sont donc bien les pires péchés et, par suite, le libéralisme et les actes qu'il inspire sont naturellement, ex genere suo, le mal au-dessus de tout mal» (op. cit., pp. 11 à 15). Le P. Castellani lui aussi affirme que le libéralisme est une hérésie : «Le libéralisme est une dangereuse hérésie moderne qui proclame la liberté et trouve son nom en elle. La liberté est un grand bien que, comme tous les grands biens, seul Dieu peut donner; le libéralisme cherche la liberté en dehors de Dieu, et ainsi il ne trouve que des falsifications
de la liberté» (Cristo ¿ vuelve o no vuelve ?, ed. Dictio, Buenos Aires 1976, p. 163). Le même auteur nous montre également comment le libéralisme s'oppose au Christ Roi : «Le monde moderne a oublié que le Christ est Roi, titre qu'il a reçu de son Père, et en l'honneur duquel a été instituée récemment la fête du Christ Roi contre l'hérésie du libéralisme» (El Apokalypsis, Ed. Paulinas, Buenos Aires 1963, p. 53). Ce pourquoi le libéralisme est une hérésie paraît clair. Il faut y inclure le catholicisme libéral, comme le montre le P. Castellani en se référant aux trois grenouilles de
l'Apocalypse, qui sont trois hérésies : «Le communisme n'est pas un parti; le communisme est une hérésie. C'est une des trois grenouilles expulsées par la bouche du diable dans les derniers temps, qui sont les nôtres; les deux autres grenouilles – hérésies bavardes qui répètent toujours la même chanson et qui se sont converties en guides des Rois, c'est-à-dire en pouvoirs politiques – sont le catholicisme libéral et le modernisme» (Christo ¿ vuelve o no vuelve ?, p. 204).
«…les trois grenouilles sont trois hérésies : nominatim, le libéralisme, le communisme et le modernisme ou naturalisme religieux» (El Apokalypsis, p. 97).

Le libéralisme est condamné
Le libéralisme a été condamné par l'Église en tant qu'hérésie contre la royauté sociale du Christ Roi. Le libéralisme a été condamné par les Papes des deux derniers siècles. «Nous l'avons déjà dit, (écrit le P. Ramière) : le libéralisme que l'Église a condamné et dont nous allons justifier la condamnation, est celui qui envahit la sphère des intérêts religieux; celui qui tend à séparer l'Église de l'État, et celui qui voit en cette séparation l'idéal des relations qui, par la suite, doivent s'établir entre la société spirituelle et la société temporelle» (op. cit., p. 9).
A propos de la condamnation du libéralisme, saint Ezequiel Moreno précise : «Que le libéralisme soit un péché, cela ne fait pas de doute, c'est certain; qu'il soit une erreur contre la foi, cela non plus ne fait pas de doute, c'est certain; qu'il soit condamné par l'Église, c'est établi de façon certaine par le Syllabus et par une multitude de documents pontificaux. Sur ce point il n'y a pas de doute possible, il faut penser comme pense et enseigne l'Église sous peine de manquer à la foi, et de se trouver coupable de péché et de condamnation éternelle» (cité par Carlos Valderrama, op. cit., p. 443).
Devant la condamnation du libéralisme par l'Église, il ne peut y avoir de distinctions ni de nuances : le libéralisme en effet, déclare le saint évêque Ezequiel Moreno, est condamné dans tous ses degrés et ses formes, puisqu'il est essentiellement un : «Le libéralisme est condamné par notre Sainte Mère l'Église en toutes ses formes et degrés, et celui qui s'estime bon catholique doit aussi le condamner de la même manière, et refuser
jusqu'au nom de libéral» (ibid. p. 405).
Le libéralisme est condamné sous ses trois formes, enseigne saint Ezequiel : «Léon XIII signale dans son encyclique Libertas trois formes principales. La première est celle qui rejette absolument le suprême pouvoir de Dieu sur l'homme et la société, et qui pour cela s'appelle le libéralisme radical. La seconde est celle qui confesse qu'il faut obéir aux commandements connus par la raison, mais non à ceux que Dieu voudrait nous imposer par une autre voie, c'est-à-dire par le surnaturel de son Église; on le nomme libéralisme naturaliste. La troisième forme ou classe de libéralisme, Léon XIII la décrit en ces mots : “D'autres vont un peu moins loin, mais sans être plus conséquents avec eux-mêmes; selon eux, les lois divines doivent régler la vie et la conduite des particuliers, mais non celle des États; il est permis dans les choses publiques de s'écarter des ordres de Dieu et de légiférer
sans en tenir compte; d'où naît cette conséquence pernicieuse de la séparation de l'Église et de l'État. Mais l'absurdité de ces opinions se comprend sans peine” (Libertas) (…)
En plus de ces trois formes, il y en a d'autres moins importantes et variées, selon le degré d'atténuation qu'elles donnent aux principes rationalistes, et l'application plus ou moins accentuée de ces mêmes principes dans la politique ou gouvernement des peuples. Toutefois, toutes sont condamnées et doivent être rejetées, car elles ont toutes le même critère rationaliste, qui proclame l'indépendance de l'homme vis-à-vis de l'autorité de Dieu, même si quelques-unes demandent plus d'indépendance et d'autres moins» (ibid. p. 402-403).
Et le saint évêque de Pasto fait la remarque suivante : «Quand nous employons, dans cette petite œuvre, des phrases comme la suivante : “libéraux qui professent le libéralisme condamné par l'Église”, ce n'est pas parce que nous admettons deux libéralismes, l'un condamné et l'autre non, un bon et un mauvais. Nous nous sommes exprimés ainsi pour nous adapter au mode de langage de l'auteur de la lettre, et afin de réfuter ses erreurs. Nous n'admettons qu'un seul libéralisme, mauvais, désastreux et condamné par Notre Sainte Mère l'Église» (ibid. p. 427).
Dans la doctrine, le libéralisme est un, même si dans la pratique vu la diversité et l'incohérence des hommes, il présente une grande variété. Le P. Sarda y Salvany le relève avec justesse et perspicacité : «Tout d'abord, il convient de faire remarquer que le libéralisme est un, c'est-à-dire qu'il constitue un ensemble d'erreurs logiquement et parfaitement enchaînées; et c'est pour ce motif qu'on l'appelle système. En effet, si on part de son principe fondamental, à savoir, que l'homme et la société sont entièrement
autonomes ou libres avec indépendance absolue de tout autre critère naturel ou surnaturel que le leur propre, on est conduit par une légitime déduction de conséquences à tout ce que la démagogie la plus avancée proclame en son nom.(…) Toutefois, malgré cette unité logique du système, les hommes ne sont pas toujours logiques, et cela produit dans cette
unité les plus étonnantes variétés ou gradations de teintes. Les doctrines dérivent nécessairement et par leur propre vertu les unes des autres; mais les hommes, en en faisant l'application, sont pour l'ordinaire illogiques et inconséquents. «Si les hommes poussaient les principes qu'ils professent jusqu'à leurs dernières conséquences, ils seraient tous des saints ou des démons de l'enfer, selon que leurs principes seraient bons ou mauvais. C'est par l'inconséquence que les bons ne sont qu'à demi bons et que les mauvais ne sont qu'incomplètement mauvais.(…) Il nous faut donc, cher lecteur demeurer convaincus que le libéralisme est un, tandis que les libéraux, comme le mauvais vin, diffèrent de couleur et de saveur» (op. cit., pp. 16,17,18,20). Le même auteur nous expose la raison pour laquelle l'Église a condamné l'hérésie du libéralisme : «Dans l'ordre des doctrines, le libéralisme est une hérésie. Hérésie est toute doctrine qui nie formellement et opiniâtrement un dogme du christianisme. Or, le libéralisme doctrinal commence par nier tous les dogmes du christianisme en général, et ensuite il nie chacun d'eux en particulier. Il les nie tous en général quand il affirme ou suppose l'indépendance absolue de la raison individuelle dans l'individu et de la raison sociale ou critère public dans la société.
«Nous disons affirme ou suppose, parce qu'il arrive parfois que le principe libéral n'est pas affirmé dans les conséquences secondaires; mais dans ce cas il est supposé et admis. Il nie la juridiction absolue de Jésus-Christ Dieu sur les individus et les sociétés et, par conséquent, il nie aussi la juridiction déléguée que le chef visible de l'Église a reçue de Dieu sur tous et chacun des fidèles, quels que soient leur condition et leur rang.
«Il nie la nécessité de la révélation divine et l'obligation pour tout homme de l'admettre s'il veut parvenir à sa fin dernière. Il nie le motif formel de la foi, c'est-à-dire l'autorité de Dieu qui révèle, admettant seulement de la doctrine révélée les quelques vérités que son esprit borné peut comprendre.
«Il nie le magistère infaillible de l'Église et du pape et, par conséquent aussi, toutes les doctrines définies et enseignées par cette divine autorité.
«Après cette négation générale, cette négation en bloc, le libéralisme nie chaque dogme en tout ou en partie, selon que les circonstances le lui montrent en opposition avec son jugement rationaliste. il nie la sainteté du mariage quand il établit la doctrine du soidisant mariage civil; il nie l'infaillibilité du pontife romain quand il refuse de recevoir comme des lois ses ordres et ses enseignements officiels, et les assujettit à son exequatur,
non pour s'assurer de leur authenticité, comme cela se pratiquait autrefois, mais pour en juger le contenu» (ibid., pp. 8, 9, 10).
Pour tout cela le libéralisme a été condamné. Le libéralisme c'est le Naturalisme et le Rationalisme maquillés.

Condamnation du libéralisme
Le libéralisme a été condamné par le magistère infaillible de l'Église. Ceci est en plus souligné par ce qu'affirment les Pères Ramière et Sarda y Salvany et saint Ezequiel Moreno dans leurs écrits. Voyons quelques-uns d'entre eux.
«Telle est la théorie qui sert de base aux libertés que l'Église n'a cessé de condamner en principe, bien qu'en fait elle put les tolérer dans les sociétés qui ont cessé d'être catholiques. Pie IX l'a exprimé en toute clarté dans son encyclique Quanta cura, lorsqu'il condamne ceux qui osent enseigner “que le meilleur régime politique et le progrès de la vie civile exigent absolument que la société humaine soit constituée et gouvernée sans plus tenir compte de la religion que si elle n'existait pas, ou du moins sans faire aucune différence entre la vraie et les fausses religions. Et contre la doctrine de la Sainte Écriture, de l'Église et des saints Pères, ils affirment sans hésitation que la meilleure condition de la société est celle où on ne reconnaît pas au pouvoir le devoir de réprimer par des peines légales les violations de la loi catholique, si ce n'est dans la mesure où la tranquillité publique le demande.” Cette doctrine, que Pie IX qualifie d'impie et d'absurde, serait la vérité même si la souveraineté de Jésus-Christ était complètement étrangère à la sphère d'action dans laquelle se meut la société. Mais si le Fils de Dieu se faisant homme et fondant son Église pour continuer son œuvre sur la terre, prétendit ouvrir ainsi pour les sociétés, comme pour les individus, l'unique voie de perfection et de salut, il est évident que sans se rendre coupable d'une véritable apostasie, on ne peut ériger en principe la complète indépendance des sociétés civiles vis-à-vis d'elle (l'Église). En vertu de quoi, on doit renoncer à considérer comme de précieuses conquêtes ces libertés que Pie IX avec Grégoire XVI désigne par le nom de délire, à savoir : la liberté absolue de pensée, de presse et de culte» (P. Ramière, op. cit., p. 18). Notons que sont condamnées la liberté religieuse et la liberté des cultes, au sujet desquelles Mgr Ezequiel Moreno écrit : «Comment qualifier ceci, que “sans liberté de conscience l'homme perd son caractère d'être moral ?” Quelle grossière erreur dans le domaine philosophique, et quelle phénoménale hérésie dans celui de la théologie !» (C. Valderrama, op. cit., p. 455). Et qui aujourd'hui sont proclamées avec insistance depuis le Concile Vatican II, qui fut un Concile libéral. Libéralisme qui mène à l'apostasie car, dit le P. Ramière dans le texte que nous venons de citer : «Il est évident que sans se rendre coupable d'une véritable apostasie, on ne peut ériger en principe la complète indépendance des sociétés civiles vis-à-vis d'elle (l'Église)» (P. Ramière, op. cit., p. 18).
Apostasie que soulignait certains : «Quant au mythe de l'émancipation progressive de l'humanité, la foi catholique lui donne son vrai nom : apostasie des nations» (ibid., p. 124).
Le P. Sarda y Salvany parle de la condamnation explicite du libéralisme par le Pape Grégoire XVI : «Eh bien ! au plus fort de cette lutte, à l'occasion des premières erreurs de Lamennais, Grégoire XVI publia son encyclique Mirari vos, qui est la condamnation explicite du libéralisme, tel qu'il était alors entendu, enseigné et pratiqué par les gouvernements constitutionnels.
«Plus tard, lorsque avec le temps le courant envahisseur de ces déplorables idées eut grossi, qu'elles eurent pris sous l'impulsion d'intelligences supérieures fourvoyées le masque du catholicisme, Dieu suscita à son Église le pontife Pie IX, qui a juste titre, passera dans l'histoire pour le fléau du libéralisme.«L'erreur libérale sous toutes ses faces et sous toutes ses nuances, a été démasquée par ce Pape. Afin que ses paroles sur cette question eussent encore plus d'autorité, la Providence a voulu que la condamnation réitérée du libéralisme sortit des lèvres d'un Pontife que les libéraux s'étaient plu, dès le début de son pontificat, à présenter comme
leur appartenant. Après lui, il ne reste à cette erreur aucun subterfuge auquel elle puisse recourir. Les nombreux Brefs et Allocutions de Pie IX l'ont montrée au peuple chrétien telle qu'elle est, et le Syllabus a mis à sa condamnation le dernier sceau» (op. cit., pp. 37, 38).
Il convient de faire deux observations; la première, que dès sa première encyclique Pie IX s'est montré anti-libéral : «On a dit quelquefois du pape Pie IX que pendant les premières années de son règne il s'était montré libéral et puis qu'après, avec l'expérience de l'exercice du pontificat, il avait au contraire été très ferme et s'était révélé être un combattant admirable, surtout évidemment au moment où il a publié son encyclique Quanta cura et le fameux Syllabus, qui a suscité l'horreur de tous les progressistes et les libéraux de cette époque. Or, ce n 'est pas vrai. C'est une espèce de
légende qui a couru, mais elle est fausse. Le pape Pie IX n'a jamais été un libéral. Dès sa première encyclique il se révèle être un homme de foi, combatif et traditionnel» (C'est moi, l'accusé, qui devrais vous juger, Ed. Fideliter 1994, p. 42).
La deuxième remarque est que le Syllabus, comme nous l'avons vu avec le P. Sarda y Salvany, est le dernier sceau des condamnations du libéralisme par Pie IX. Certains doutent que le Syllabus soit une condamnation infaillible, personnellement je crois que cela est dû à la forte pression du libéralisme, qui affaiblit peu à peu les remparts les plus solides. Le P. Sarda y Salvany nous dit qu'il est une condamnation et qu'il est le sceau de toutes les condamnations antérieures. Il n'y a donc aucun doute sur son infaillibilité pontificale, puisqu'il est l'appendice de l'encyclique Quanta cura qui est infaillible .Le P. Sarda y Salvany intitule le chapitre XI de son œuvre : De la dernière et de la plus solennelle condamnation du libéralisme par le Syllabus. Parler de solennelle condamnation c'est parler du magistère solennel ou extraordinaire, à moins que le mot solennelle ne signifie pas une solennité magistrale et qu'il ne soit qu'une pure clause de style, ce qui serait en matière de condamnation d'erreurs et d'hérésies une absurdité et un contre-sens. Lorsqu'on parle de condamnation solennelle, il s'agit du magistère infaillible.
De toute façon, la doctrine contenue dans le Syllabus est infaillible pour le moins en vertu du magistère infaillible de l'Église sur lequel le Syllabus s'appuie.
Note (1) Paroles de Pie IX qui déclarent l'infaillibilité de l'encyclique Quanta cura: «En conséquence, toutes et chacune des opinions déréglées et des doctrines rappelées en détail dans ces Lettres, Nous les réprouvons, proscrivons et condamnons de Notre Autorité Apostolique; et Nous voulons et ordonnons que tous les fils de l'Église catholique les tiennent absolument pour réprouvées, proscrites et condamnées» (A. P. IX, Editions de la Bonne Presse, Paris)
Une condamnation confirmée par les évêques, et plus encore par les papes jouit de l'infaillibilité du Magistère Ordinaire et Universel de l'Église. Ce qui fait du Syllabus une doctrine du Magistère Ordinaire et Universel de l'Église et ainsi lui confère l'infaillibilité.
Léon XIII, dans son encyclique Immortale Dei, signale : «Ces doctrines que la raison humaine réprouve et qui ont une influence si considérable sur la marche des choses publiques, les Pontifes romains, nos prédécesseurs, dans la pleine conscience de ce que réclamait d'eux leur charge apostolique, n'ont jamais souffert qu'elles fussent impunément émises.C'est ainsi que, dans sa Lettre-Encyclique Mirari Vos, du 15 août 1832, Grégoire
XVI, avec une grande autorité doctrinale, a repoussé ce que l'on avançait dès lors, qu'en fait de religion, il n'y a pas de choix à faire : que chacun ne relève que de sa conscience et peut, en outre, publier ce qu'il pense et ourdir des révolutions dans l'État (…). De la même manière, Pie IX, chaque fois que l'occasion s'en présenta, a condamné les fausses opinions les plus en vogue et ensuite il en fit un recueil,afin que,dans un tel déluge d'erreurs, les catholiques eussent une direction sûre». L'infaillibilité du Syllabus est manifeste, que cela soit par les condamnations antérieures qu'il reprend, Quanta cura inclus, ou comme document du magistère ex cathedra du pape seul, bénéficiant de l'infaillibilité qui recouvre Quanta cura avec son annexe ou résumé publié conjointement. Faisant allusion aux condamnations que fit tant de fois Pie IX par ses brefs et allocutions, le P. Sarda y Salvany, prévenant l'argutie libérale et donnant confirmation de
la valeur doctrinale infaillible du Syllabus, commente : «Cependant le libéralisme pouvait avec une certaine apparence de raison récuser l'autorité de ces déclarations pontificales, parce que toutes avaient été faites dans des documents de caractère purement privé.
L'hérésie est toujours sophistique et tenace, elle se raccroche à tous les prétextes et à toutes les excuses pour éluder une condamnation. Un document officiel, public, solennel, d'un caractère général, universellement promulgué, et par conséquent définitif, était donc devenu nécessaire. L'Église ne pouvait refuser cette formelle et décisive parole de son
souverain magistère à l'anxiété de ses fils. Elle la leur accorda, et ce fut le Syllabus du 8 décembre 1864. «(…) Le Syllabus est un catalogue officiel des principales erreurs contemporaines en forme de propositions concrètes, telles qu'on les rencontre dans les auteurs les plus connus parmi ceux qui les ont propagées. On y trouve donc en détail toutes celles qui constituent le dogmatisme libéral. Quoique le libéralisme ne soit nommé que dans une seule de ces propositions, il est certain que la plupart des erreurs mises là au pilori sont des erreurs libérales; et que par conséquent de la
condamnation de chacune d'elles résulte la condamnation totale du
système» (op. cit., pp. 44-45).
Dans son fameux opuscule déjà mentionné plus haut, Ou avec Jésus-Christ ou contre Jésus-Christ, le saint évêque de Pasto, tout comme le P. Sarda y Salvany, affirme que le Syllabus est une condamnation solennelle : «La dernière proposition condamnée dans le Syllabus dit ce qui suit : le Pontife romain peut et doit se réconcilier et composer avec le progrès, avec le libéralisme et avec la civilisation moderne. Cette proposition étant condamnée comme fausse, il résulte donc que son contraire est vrai, bon, c'est-à-dire que le Pontife romain ne peut ni ne doit se réconcilier ni transiger avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne. Le catholicisme, donc, dont le pape est le chef, la tête, ne peut se réconcilier avec le libéralisme, ils sont incompatibles. Cette condamnation solennelle suffit pour servir de preuve à tout catholique» (C. Valderrama, op. cit. pp. 416-417).
Une fois de plus, une condamnation solennelle fait référence au magistère
extraordinaire, soit de toute l'Église, soit du pape seul. Dans l'Église la solennité se réfère, en ce qui concerne le magistère, au caractère extraordinaire qu'il possède quand il se prononce sur une doctrine de façon infaillible. Cela est si vrai que le grand théologien Marin-Solà O. P. distingue entre : “magistère ordinaire et magistère solennel de l'Église” comme deux magistères également infaillibles (La Evolución Homogénea del Dogma Católico, ed. B.A.C., Madrid 1963, p. 257). Ce qui est l'écho de la distinction que fait le Code de Droit Canonique (1917) dans l'article 1323 :
«Il faut croire de foi divine et catholique tout ce qui est dans la parole de Dieu écrite ou dans la tradition divine et ce que l'Église par définition solennelle ou par son magistère ordinaire et universel propose comme divinement révélé», Personne ne peut mettre en doute que le libéralisme a été formellement condamné comme étant une erreur qui contredit le dogme et qui pour cela est une hérésie. Le P. Sarda y Salvany l'a laissé très clairement entendre en ces termes : «Oui, le libéralisme, à tous ses degrés et sous toutes ses formes, a été formellement condamné; si bien que, en outre des motifs de malice intrinsèque qui le rendent mauvais et criminel, il a contre lui, pour tout catholique fidèle, la suprême et définitive déclaration de l'Église qui l'a jugé tel et comme tel l'a anathématisé» (op. cit., p. 36).


Catholicisme libéral
Le catholicisme libéral, qui est une des formes du libéralisme qui concerne les fidèles, a aussi été condamné.: «Réconcilier l'Église avec la Révolution, telle est l'entreprise des libéraux dits catholiques» (Ils L'ont découronné, p. 109). Citant le cardinal Billot, il relève le non-sens de cette expression : «Le titre de catholique libéral lui même est une contradiction dans les termes, une incohérence, puisque “catholique” suppose sujétion à l'ordre des choses humain et divin, tandis que “libéral” signifie précisément émancipation de cet ordre, révolte contre Notre Seigneur Jésus-Christ» (ibid., p. 110).
Beaucoup avant saint Ezequiel Moreno avaient déjà signalé la contradiction du libéralisme catholique : «Il faut convenir, par conséquent, qu'il existe un catholicisme libéral, bien que catholicisme et libéralisme soient choses opposées, et que l'union des deux soit impossible» (C. Valderrama, op. cit., p. 403).
Le catholicisme libéral est une trahison et une véritable apostasie.
«Vous voyez donc déjà qu'il y a dans le catholicisme libéral (terme que
j'utilise avec répugnance, parce qu'il est un blasphème) une trahison des principes qui refuse de s'avouer, une apostasie pratique de la Foi dans le Règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ. C'est à juste titre que l'on peut dire : “le libéralisme est un péché” en parlant du libéralisme catholique» (Ils L'ont découronné, p. 111). Le P. Ramière à son tour précise les trois courants en lesquels se divisent les hommes autour des principes doctrinaux : «Ne nous éloignons pas, alors, du langage qui est en
usage, et nous serons certainement compris par tous nos lecteurs, si nous disons que dans le grand débat doctrinal qui s'élève entre les catholiques il y a une droite, une gauche et un troisième parti; ou pour employer une nomenclature plus caractéristique : les conservateurs, les réformateurs et les innovateurs, ou bien les catholiques purs, les libéraux qui se disent catholiques, et les catholiques libéraux» (op. cit., p. 2). Et il termine son œuvre par ces mots qui devraient être gravés en lettres d'or : «Si vous croyez avec l'Église catholique que la véritable félicité de l'homme est en Dieu et en Jésus-Christ, cessez de préconiser un système social qui est basé sur la négation pratique de Jésus-Christ et de Dieu. Soyez entièrement catholiques ou entièrement libéraux, et que n'arrive plus à
nos oreilles la manifeste contradiction contenue dans ces discordantes paroles : “catholiques libéraux”» (ibid., p. 178).
Le P. Sarda y Salvany écrit à ce sujet : «Pour ces raisons, le catholicisme d'un grand nombre de personnes en notre temps est un catholicisme libéral, ou, plus exactement, un catholicisme faux. Ce n'est pas le catholicisme, mais un simple naturalisme, un rationalisme pur; c'est en un mot, si une telle expression nous est permise, le paganisme avec le langage et les formes catholiques» (op. cit., p. 28).
Le fond commun du catholique libéral et du libéralisme est le même, c'est-à-dire le naturalisme, le rationalisme, typiques du protestantisme, qui est pur libéralisme. Citons le P. Sarda y Salvany lui-même : «Si l'on considère l'intime essence du libéralisme dit catholique, ou, pour parler plus vulgairement, du catholicisme libéral, on voit que, selon toute probabilité, elle est due uniquement à une fausse interprétation de l'acte de foi. Les catholiques libéraux, si l'on en juge par leurs explications, font résider tout le motif de leur foi, non dans l'autorité de Dieu infiniment vrai et infaillible qui a daigné nous révéler le seul chemin qui peut nous conduire à la béatitude surnaturelle : mais dans la libre appréciation du jugement individuel, estimant telle croyance meilleure que toute autre. Ils ne veulent pas reconnaître le magistère de l'Église comme le seul qui soit autorisé par Dieu
à proposer aux fidèle la doctrine révélée et à en déterminer le véritable sens. Bien au contraire, se faisant juges de la doctrine, ils en admettent ce qui leur paraît bon, et se réservent le droit de croire le contraire, toutes les fois que d'apparentes raisons leur sembleront démontrer comme faux aujourd'hui ce qui leur avait paru vrai hier» (op. cit., pp. 24-25). Ici sont décrits les catholiques libéraux d'hier et d'aujourd'hui avec la circonstance aggravante que parmi eux se trouvent les membres de la plus haute hiérarchie de l'Église.
Mais continuons la description : «Au demeurant les catholiques libéraux s'intitulent catholiques, parce qu'ils croient fermement que le catholicisme est la véritable révélation du Fils de Dieu; mais ils s'intitulent catholiques-libéraux ou catholiques-libres, parce qu'ils jugent que ce qu'ils croient ne peut être imposé à eux-mêmes et à personne pour aucun motif supérieur à celui de leur libre appréciation. De telle sorte que, à leur insu, le diable a
malicieusement substitué en eux le principe naturaliste du libre examen au principe surnaturel de la foi; d'où il résulte que tout en se figurant avoir la foi des vérités chrétiennes, ils ne l'ont pas, et qu'ils en ont seulement une simple conviction humaine : ce qui est tout différent. «Il suit de là que, selon eux, leur intelligence étant libre de croire ou de ne pas croire, il en est de même de celle d'autrui. Ils ne voient pas dans l'incrédulité un vice, une infirmité ou un aveuglement volontaire de l'entendement et plus encore du cœur, mais un acte licite, émanant du for intérieur de chacun, aussi maître en ce cas de croire que de nier. Leur horreur de toute pression extérieure physique ou morale, qui prévienne ou châtie l'hérésie découle de cette doctrine, et produit chez eux la haine de toute législation franchement
catholique» (ibid., pp. 25-26).
Il est étonnant de voir avec quelle justesse et quelle profondeur ces paroles décrivent le caractère catholique-libéral, son identification avec l'esprit protestant du libre examen naturaliste et rationaliste. Le principe libéral de liberté religieuse (liberté de conscience et des cultes), que Vatican II enseigne comme porte-voix du libéralisme dans l'Église y est
aussi dépeint, ainsi que la mise en évidence de l'allergie et de l'horreur que possède l'esprit libéral de toute contrainte, faisant de ceci un principe.. Je laisserai au cardinal Billot le soin d'analyser et de réfuter cette prétention fondamentale des libéraux. Le principe fondamental du libéralisme, écrit-il, est la liberté de toute coaction quelle qu'elle soit, non seulement de celle qui s'exerce par la violence et qui ne porte que sur les actes externes,
mais aussi de la coaction qui provient de la crainte des lois et des peines, des dépendances et des nécessités sociales, en un mot, des liens de toute nature qui empêchent l'homme
d'agir selon son inclination naturelle» (Ils L'ont découronné, p. 39).
Pour les libéraux le tolérantisme – autrement dit : la tolérance érigée en droit, le respect de l'erreur – est un devoir. Le P. Sarda y Salvany y voit déjà le type du libéralisme protestant : «De là aussi, le respect profond avec lequel ils veulent qu'on traite toujours les convictions d'autrui, même les plus opposées à la vérité révélée, car, pour eux, les plus erronées sont aussi sacrées que les plus vraies, puisque toutes naissent d'un même principe également sacré : la liberté intellectuelle. C'est ainsi que l'on érige en dogme ce qui s'appelle tolérance, et que l'on édicte à l'usage de la polémique catholique un nouveau code de lois, que ne connurent jamais aux temps passés les grands polémistes du catholicisme. Le premier concept de la foi étant essentiellement naturaliste, il s'en suit que
tout son développement successif dans l'individu et dans la société, doit l'être également» (op. cit., p. 26).
Le catholicisme libéral et le libéralisme sont la grande peste de notre temps, disait saint Ezequiel Moreno : «La grande peste libérale nous infectera tous, si nous ne regardons pas l'erreur et l'hérésie avec l'aversion avec laquelle nous devrions les regarder, et si nous ne les combattons pas avec d'autant plus de courage que le mal qu'elles peuvent est grand, par l'influence qu'exerce et le prestige dont jouit la personne qui les enseigne et propage» (C. Valderrama, op. cit., p. 455). Observez bien que le saint évêque qualifie le libéralisme non seulement d'erreur mais aussi d'hérésie. «Les catholiques libéraux sont plus nuisibles et terribles que ceux de la Commune, selon le grand pontife Pie IX» (ibid., p. 450). «Nous avons déjà vu, et cela est prouvé, que le catholicisme libéral est condamné, et condamnés les catholiques libéraux» (ibid., p. 407).
«L'abbé Roussel a rassemblé dans son livre toute une série de déclarations du pape Pie IX condamnant la tentative catholique libérale de marier l'Église et la Révolution» (Ils L'ont découronné, p. 119).
Libéralisme et catholicisme, rapports présentés à la “Semaine catholique”,
Rennes, 1926.

A suivre........









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Message par Lotfi le Mer 1 Fév 2012 - 1:39

.........Suite
Père BASILIO MERAMO
Le Libéralisme est une hérésie


Combat et intransigeance antilibérale
Le combat et l'intransigeance doctrinale contre l'erreur et l'hérésie libérale, peste de notre époque où manquent les esprits forts et clairvoyants qui dénonceraient et attaqueraient l'erreur avec énergie et vigueur, sans ambages ni hésitations, sans peur et sans concessions, ne sont pas facultatifs : ils sont donc un devoir.
«Nombreux, très nombreux sont ceux qui ont déjà bu le venin sans le sentir, et qui écrivent en libéraux, parlent en libéraux, et agissent en libéraux, alors qu'ils se trouvaient avant dans le camp des idées saines» (C. Valderrama, op. cit., p. 423).
L'erreur et l'hérésie libérales doivent être combattues avec vigueur : «Tous nous avons le devoir de défendre notre foi de manière licite comme chacun le peut, et de lutter contre le libéralisme, d'empêcher sa propagation et de mettre fin, si cela est possible, à ses doctrines et à ses œuvres» (ibid., p. 424). Le saint évêque incite à l'intransigeance, aujourd'hui combattue et proscrite : «L'intransigeance doctrinale est le principe fondamental de l'Église, parce que là où la vérité est manifeste, son contraire, qui est l'erreur, est absolument exclu. Et comme la vérité est intègre, absolue, elle n'accepte pas la plus petite transaction, ni la plus petite tolérance. Pour cela entre le catholicisme, qui est la vérité, et le libéralisme, qui est une erreur, il ne peut y avoir de conciliation, ni le fameux pont sur l'abîme qui les séparent» (ibid., p. 456).
Ainsi parlent les saints, sans hésitations et sans accommodements avec le mal et l'erreur : «Le premier intransigeant qui se présente sans être rigoriste est Notre Seigneur Jésus-Christ (…). Après se sont présentés au fil des siècles, et à toutes les époques, des hommes dotés d'une sublime intransigeance, qui ont soutenu la foi en toute son intégrité, et la morale chrétienne dans toute sa pureté. Les papes ont été les plus intransigeants, et aujourd'hui encore sort toujours de leur bouche l'énergique, le fameux et intransigeant Non Possumus, lorsqu'on leur parle de se concilier et de transiger avec les ennemis de Dieu et du Saint-Siège» (ibid., pp. 436-437).
La neutralité est également exclue pour le catholique : «Cet état neutre, ce poste moyen, en lequel veulent rester certains catholiques est une illusion, une chimère, une erreur complète, parce qu'il n'a jamais existé et n'existera jamais. Ainsi l'a déclaré formellement Jésus-Christ dans son évangile quand Il dit : celui qui n'est pas avec moi est contre moi. Certains ont voulu opposer à cette sentence cette autre qui se lit dans saint Luc : celui qui n'est pas contre vous, est pour vous; Cornelius a Lapide et tous les
commentateurs disent qu'il n'y a pas opposition entre elles, parce que la dernière doit s'entendre de la manière suivante : celui qui en rien n'est contre vous, est pour vous. Ceci ne se vérifie pas dans la neutralité en religion, et pour cela il en résulte toujours que celui qui n'est pas avecJésus-Christ est contre Lui» (ibid., p. 414).
Encore plus, dit saint Ezequiel Moreno citant Donoso Cortès : «Toute question politique entraîne en soit une question métaphysique et religieuse» (ibid., p. 401).
La neutralité religieuse est une invention de la maçonnerie libérale, elle n'a jamais existé. C'est toujours la religion qui divise ou unit les hommes, c'est pourquoi Jésus-Christ a dit qu'Il était un signe de contradiction. La religion a toujours été la base de la culture et de la civilisation, seuls l'athéisme
moderne et le libéralisme franc-maçonnique protestant le nient aujourd'hui. Le P. Ramière montre comment la religion est la base de toute société : «Ainsi dans le monde barbare
comme dans le monde civilisé, tous les hommes ont toujours été d'accord pour rechercher la garantie des institutions sociales dans les croyances religieuses… jamais il ne s'est fondé un État sans que la religion ne lui serve de base» (op. cit., p. 13). Il est temps de dire avec saint Ezequiel, contre les catholiques libéraux et toute la mentalité libérale du pacifisme, de la tolérance et de la neutralité : «Cela suffit, ces neutres sont jugés par Jésus-Christ selon la sentence qu'Il a donnée contre eux : qui n'est pas avec moi est contre moi» (C. Valderrama, op. cit., p. 416). Car «la vérité, en effet, dit le P. Ramière, a un ennemi plus mortel que l'erreur, c'est l'indifférence» (op. cit., p. 16). La charité aussi abondante dans la bouche des libéraux que la bave, n'est pas la vraie car «la charité que prêchent tant le libéralisme que ses sectaires, est seulement une tolérance absurde et criminelle, que jamais nous ne posséderons, si Dieu nous en garde» (ibid., p. 426).
La ligne de conduite de ceux qui aiment la vérité est, pour le P. Ramière, la suivante : «Le programme, alors, des catholiques purs peut se résumer en quatre principes :
conservation énergique de la doctrine catholique; refus aussi énergique des erreurs modernes; acceptation, basée sur la confiance, des événements que la Providence a permis; et emploi résolument appliqué à cet usage des véritables progrès matériels que les sociétés modernes ont réalisés» (ibid. p. 3).
La Révolution libérale de 1789 a été condamnée avec ses principes, nous dit saint Ezequiel : «… La Déclaration des droits de l'homme fut condamnée par Pie VI quand apparut en France la Révolution (…) Sont, alors, condamnés les principes créés par la révolution du siècle passé, base et fondement du nouveau droit. Jamais l'Église n'a eu ni n'aura autre chose que condamnation pour les principes de 89, pour les idées modernes,
pour le nouveau droit, basé sur les funestes droits de l'homme» (C. Valderrama, op. cit., p. 399).
Les fameux droits de l'homme, produits du libéralisme, sont donc condamnés, nous venons de le voir; ces droits sont le fondement du nouveau droit contraire au droit chrétien et au droit naturel.
De ces droits de l'homme nés de la révolution libérale, saint Ezequiel manifeste la source rationaliste, et de ce fait contraire à la doctrine de l'Église : «L'Église catholique enseigne, et les auteurs catholiques défendent, que la Déclaration des droits de l'homme est
née du rationalisme; que celui-ci proposa les dits droits en théorie, et que la révolution les mit en pratique, les appliquant en politique au gouvernement des peuples. Léon XIII dans son Encyclique Immortale Dei dit ceci : “Mais ce pernicieux et déplorable goût de nouveauté que vit naître le XVIe siècle, après avoir d'abord bouleversé la religion chrétienne, bientôt par une pente naturelle passa à la philosophie, et de la philosophie à tous les degrés de la société civile. C'est à cette source qu'il faut faire remonter ces principes modernes de liberté effrénée rêvés et promulgués parmi les grandes
perturbations du siècle dernier, comme les principes et les fondements d'un droit nouveau, inconnu jusqu'alors, et sur plus d'un point en désaccord, non seulement avec le droit chrétien, mais avec le droit naturel”» (ibid., p. 399).
De là la proclamation des droits de l'homme sans Dieu, de là l'exaltation de la subjectivité de chacun aux dépens de la vérité objective, , de là enfin l'organisation de la société sans Dieu, en dehors de Notre Seigneur Jésus-Christ. Un seul mot désigne cette théorie monstrueuse : le
LIBÉRALISME» (ibid., p. XIV).
Et ceci n'est pas autre chose que l'hérésie et l'apostasie, comme l'indique le P. Ramière en parlant de la liberté de perdition du libéralisme : «Investir tant d'iniquités de la majesté du droit et les couronner de l'auréole du progrès, c'est évidemment proclamer la proscription de l'homme-Dieu et fonder sur l'antichristianisme l'édifice de la société moderne» (op. cit., p. 19).
N'oublions pas le grand avertissement que fit le P. Sarda y Salvany à l'intention du clergé, et donc de la hiérarchie de l'Église à tous les niveaux : «Le prêtre apostat est le premier facteur que recherche le Diable pour réaliser son œuvre de rébellion. Il a besoin de la présenter aux regards des gens avec quelque apparence d'autorité; or, rien ne le sert autant sous ce rapport que le contreseing d'un ministre de l'Église. Et comme malheureusement il se trouve toujours dans cette sainte Église, des ecclésiastiques corrompus dans leurs mœurs, corruption par où l'hérésie chemine le plus communément; ou bien aveuglés par l'orgueil, cause très fréquente aussi d'erreur, il en résulte que l'Esprit mauvais, sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, a eu de tout temps à sa
disposition des apôtres et des fauteurs, parmi le clergé» (op. cit., p. 149).
Sages paroles qui révèlent la triste réalité de la corruption spirituelle qui mène à l'apostasie.
Et le P. Sarda y Salvany se demande : «Peut-il y avoir des ministres de l'Église catholique entachés de libéralisme ? Oui, ami lecteur, hélas oui ! Il peut malheureusement se rencontrer des ministres de l'Église qui soient libéraux exaltés, libéraux modérés ou entachés de libéralisme, exactement comme des séculiers» (ibid., p. 148). Ceci est la vérité, si dure soit-elle, mais c'est ainsi. La réalité et la vérité des faits ne se discutent pas.
Ne soyons donc pas surpris de nous voir en pleine hérésie grâce au libéralisme, car nous ne nous lasserons jamais de le dire, le libéralisme est une hérésie, et il est condamné en tant que tel par l'Église.

Quelques explications
Il convient de donner quelques explications relatives à ce que n'est pas le libéralisme, afin d'éviter des obstacles qui lui font perdre cette essence hérétique, en confondant ou associant le libéralisme à des choses qui ne sont pas le libéralisme ou à des aspects purement accidentels.
En premier lieu le libéralisme n'est pas une forme de gouvernement dit saint Ezequiel : «Les véritables catholiques ne confondent pas, et ne peuvent confondre le libéralisme avec une quelconque forme de gouvernement, après que le Pontife romain dans son encyclique Immortale Dei ait dit et enseigné ce qui suit : “Entre les différentes formes de gouvernement, aucune n'est répréhensible en elle-même, tant qu'elle ne contient aucun élément qui répugne à la doctrine catholique…” L'Église catholique, comme nous le voyons, accepte toutes les formes de gouvernement, mais n'en confond aucune avec le libéralisme politique, parce que celui-ci est plus qu'une forme et se différencie parfaitement d'elles. Le républicanisme est une forme et rien de plus; le libéralisme politique est autre chose, qui n'est pas une forme, puisqu'il peut se trouver uni à toutes les formes, et peut aussi bien ne se trouver en aucune d'elles» (C. Valderrama, op. cit., p. 397).
Le P. Sarda y Salvany dans le chapitre D'une chose qui ressemble au libéralisme et qui ne l'est pas, et d'une autre qui est le libéralisme quoiqu'elle ne lui ressemble pas, dit : «En premier lieu, les formes politiques de quelque nature qu'elles soient, si démocratiques ou populaires qu'on les suppose, ne sont pas d'elles-mêmes (ex se) le libéralisme. Chaque chose est ce qu'elle est; les formes sont des formes, et rien de plus. République unitaire ou fédérale, démocratique, aristocratique, ou mixte, gouvernement représentatif ou mixte, avec plus ou moins de prérogatives du pouvoir royal, c'est-à-dire avec le maximum ou le minimum de roi que l'on veut faire entrer dans la mixture; monarchie absolue ou tempérée, héréditaire ou élective, rien de tout cela n'a de soi (remarquez bien ces mots de soi) rien à avoir avec le libéralisme. Ces gouvernements peuvent être parfaitement et intégralement catholiques. S'ils acceptent au-dessus de leur propre souveraineté, la souveraineté de Dieu, s'ils confessent l'avoir reçue de lui et s'ils en soumettent l'exercice à la règle inviolable de la loi chrétienne; s'ils tiennent pour indiscutable dans leurs parlements tout ce qui est défini par cette loi; s'ils reconnaissent comme base du droit public la suprématie morale de l'Église et son droit absolu dans toutes les choses qui sont de sa compétence, de tels
gouvernements sont véritablement catholiques, et le plus exigeant ultramontanisme ne peut rien leur reprocher, parce qu'ils sont vraiment ultramontains» (op. cit., pp. 48-49).

Note:
toute autorité vient de Dieu et tient de Lui son origine et son principe; à cause de cela, la souveraineté du peuple, tant louée aujourd'hui comme source de toute autorité dans la démocratie moderne, est une hérésie libérale.Car ce qui fait qu'un gouvernement est réellement catholique, c'est que ses lois et sa politique se basent sur les principes de la doctrine catholique : «Un gouvernement quelle que soit sa forme est catholique si sa constitution, si sa législation et sa politique sont basées sur des principes catholiques; il est libéral s'il base sa constitution, sa législation et sa politique sur des principes rationalistes. Ce n'est point l'acte de légiférer accompli par un roi dans la monarchie, par le peuple dans une république, ou par tous deux ensembles dans les formes mixtes, qui constitue la nature essentielle d'une législation ou d'une constitution. Ce qui la constitue c'est que tout y porte ou n'y porte pas le sceau immuable de la foi et soit ou non conforme à ce que la loi chrétienne commande aux États comme aux individus» (ibid. p. 50).
Il s'ensuit qu'un gouvernement vraiment catholique n'a aucun besoin de concordats avec l'Église, à condition qu'il reconnaisse de plein droit la loi de l'évangile, sans plus.
«Il existe en revanche, continue le P. Sarda y Salvany, une chose qui est bien réellement le libéralisme, quoiqu'elle n'en ait pas les apparences. Supposez une monarchie absolue comme celle de la Russie, ou de la Turquie, si vous aimez mieux; ou bien encore un de ces gouvernements conservateurs d'aujourd'hui, et le plus conservateur qui se puisse
imaginer; supposez que la constitution et la législation de cette monarchie ou de ce gouvernement conservateur soit basées sur le principe de la volonté libre du roi ou sur celui de la volonté libre de la majorité conservatrice, au lieu de l'être sur les principes du droit catholique, sur l'indiscutabilité de la foi, ou sur le respect rigoureux des droits de l'Église; cette monarchie et ce gouvernement conservateur sont parfaitement libéraux et anti-catholiques» (ibid., p. 51).
Pour «éviter les équivoques qui favorisent l'erreur plus que tout le reste», Sarda y Salvany ajoute l'importante explication suivante : «Nous avons dit que les formes de gouvernement démocratiques ou populaires, pures ou mixtes, ne sont pas libérales de soi, ex se, et nous croyons l'avoir suffisamment démontré. Cependant, ce qui spéculativement ou abstraitement parlant, est une vérité, ne l'est pas au même degré en pratique, c'est-à-dire, dans l'ordre des faits, que doit toujours et surtout avoir devant les yeux le polémiste catholique. En effet : quoique, considérées en elles-mêmes, ces formes de gouvernements ne soient pas libérales, elles le sont dans notre siècle, étant donné que la révolution
moderne, qui n'est pas autre chose que le libéralisme en action, ne nous les présente que basées sur ses doctrines erronées» (ibid. p. 53).

Condamnation par les Papes
Le libéralisme connaît presque deux siècles de condamnations par les papes.
De Pie VI jusqu'à Pie XII le libéralisme a été condamné, c'est-à-dire depuis l'éclosion de la Révolution française condamné dans toutes ses erreurs, qu'il brandit comme les tentacules d'un même corps.
Léon XIII fut un de ceux qui condamnèrent le libéralisme de la façon la plus formelle et la plus explicite, dit l'illustre professeur de Salamanque Enrique Gil Robles : «Plus déterminante et explicite est l'encyclique Libertas, du 20 juin 1888, dans laquelle le souverain pontife condamne, sans distinction de degrés et d'espèces, le libéralisme par ces mots : “mais il y a beaucoup d'imitateurs de Lucifer, qui crient comme lui : je ne servirai pas, et qui sous le nom de liberté défendent une licence absurde. Tels sont les hommes de ce système si étendu et puissant que, détournant le nom de liberté, ils s'appellent eux mêmes libéraux”» (Tratado de Derecho Politico, ed. Afrodisio Aguado S. A., Madrid 1961, p. 179).
A Léon XIII, dit Gil Robles, «l'on doit ce que nous voulons appeler les encycliques intègres et systématiques contre le libéralisme. En effet, elles le considèrent et le comprennent dans son ensemble et selon l'ordre logique des vérités contraires à cette erreur et des négations hérétiques qu'il contient» (ibid. p. 179).
Le libéralisme est condamné en tant que libéralisme, Révolution, liberté de conscience, de culte, de presse, d'opinion, libertés modernes, nouveau droit, séparation Église-État, car il est une seule erreur sous diverses facettes.
Ci-dessous sont citées les condamnations successives des Papes :
Pie VI (1775-1799), Allocution au Consistoire ,9.3.1789 :
«Les décrets rendus par les États-généraux de la nation française attaquent et bouleversent la religion; ils usurpent les droits du Siège apostolique; ils violent les traités conclus solennellement. Et parce que ces sortes de maux ont pour origine les fausses doctrines contenues par des écrits empoisonnés et corrupteurs, circulant de main en main, ç'a été pour donner un cours plus libre et plus étendu à la publicité de ces principes
contagieux, pour en faciliter l'impression, qu'un des premiers décrets de cette Assemblée assure à chacun la liberté de penser comme il lui plaît, même en matière religieuse, et de manifester sa pensée au dehors avec impunité, et prononce qu'aucun homme ne peut-être lié par des lois qu'il n'ait consenties.»
Lettre Quod Aliquantum 10.3.1791 :
«Malgré des principes généralement reconnus dans l'Église, l'Assemblée Nationale s'est attribué la puissance spirituelle lorsqu'elle a fait tant de nouveaux règlements contraires au dogme et à la discipline. Mais cette conduite n'étonnera pas ceux qui observeront que l'effet nécessaire de la constitution décrétée par l'assemblée est d'anéantir la religion catholique et, avec elle, l'obéissance due aux rois. C'est dans cette vue qu'on établit, comme un droit de l'homme en société, cette liberté absolue qui non seulement assure le droit de n'être pas inquiété sur ses opinions religieuses, mais qui accorde encore cette licence de penser, de dire,d'écrire et même de faire imprimer impunément en matière de religion tout ce que peut suggérer l'imagination la plus déréglée; droit monstrueux qui paraît cependant résulter à l'Assemblée de l'égalité et de la liberté naturelles à tous les hommes.»
Encyclique Adeo Nota, 23.4.1791
«Il est inutile de parler ici en détail de toutes les délibérations qui ont été prises par l'assemblée du Comtat. Il Nous suffit de rappeler : les 17 articles sur les droits de l'homme qui ne sont qu'une répétition fidèle de la
déclaration faite par l'Assemblée Nationale de France de ces mêmes droits, si contraires à la religion et à la société, et que l'Assemblée du Comtat n'a adoptés que pour en faire la base de sa nouvelle constitution.»
Grégoire XVI (1831-1846), Encyclique Mirari Vos, 15.8.1832
«De cette source empoisonnée de l'indifférentisme, découle cette maxime fausse et absurde ou plutôt ce délire, qu'on doit procurer et garantir à chacun la liberté de conscience; erreur des plus contagieuses, à laquelle aplanit la voie cette liberté absolue et sans frein des opinions. (…) Eh ! “quelle mort plus funeste pour les âmes, que la liberté de l'erreur !” disait saint Augustin.
(…) ces hommes déloyaux qui, brûlant d'une passion sans règle et sans frein pour une liberté qui ose tout, s'emploient tout entier à renverser et à détruire tous les droits de l'autorité souveraine, apportant aux peuples la servitude sous les apparences de la liberté.»

Pie IX (1846-1878), Encyclique Quanta Cura, 8.12.1864
«Et contre la doctrine de la Sainte Écriture, de l'Église et des Saints Pères, ils affirment sans hésitation que : “la meilleure condition de la société est celle où on ne reconnaît pas au pouvoir le devoir de réprimer par des peines légales les violations de la loi catholique, si ce n'est dans la mesure où la tranquillité publique le demande”. A partir de cette idée tout à fait fausse du gouvernement des sociétés, ils ne craignent pas de soutenir cette opinion erronée, funeste au maximum pour l'Église catholique et le salut des âmes, que Notre Prédécesseur Grégoire XVI, d'heureuse mémoire, qualifiait de délire : “La liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme. Ce droit doit être proclamé et garanti par la loi dans toute société bien organisée. Les citoyens ont droit à l'entière liberté de manifester hautement et publiquement leurs opinions quelles qu'elles soient, par les moyens de la parole, de l'imprimé ou toute autre méthode sans que l'autorité civile ni ecclésiastique puisse lui imposer une limite.”»

Pie XI (1922-1939), Encyclique Quas Primas, 11.12.1925
«C'est à Notre tour de pourvoir aux nécessités des temps présents, d'apporter un remède efficace à la peste qui a corrompu la sociétéhumaine. Nous le faisons en prescrivant à l'univers catholique le culte du Christ Roi. La peste de notre époque, c'est le laïcisme, ainsi qu'on l'appelle, avec ses erreurs et ses entreprises criminelles. «Comme vous le savez, Vénérables Frères, ce fléau n'est pas arrivé à sa maturité en un jour; depuis longtemps, il couvait au sein des États. On commença, en effet, par nier la
souveraineté du Christ sur toutes les nations; on refusa à l'Église le droit conséquence du droit même du Christ d'enseigner le genre humain, de promulguer des lois, de gouverner les peuples en vue de leur béatitude éternelle.
Pie XII (1939-1958), Sermon de la Vigile de Noël Negli Ultimi, 24.12.1945 «Un libéralisme suranné voulut créer l'unité sans l'Église et contre l'Église au moyen de la culture laïque et d'un humanisme sécularisé. Ça et là, fruit de son action dissolvante et en même temps en opposition avec lui, lui succéda le totalitarisme.»

Récapitulation
Ainsi est prouvée la constante condamnation du libéralisme par le magistère de l'Église, durant presque deux siècles
Le libéralisme est la matière première, la base, de toutes les erreurs modernes : Protestantisme, Sillonisme, Progressisme, Socialisme, Communisme, affirme Cfr. C'est moi , l'accusé, qui devrais vous juger, p. XXI.
Le libéralisme c'est le Naturalisme, le Rationalisme, le Laïcisme, le Modernisme. Le libéralisme est le fondement du modernisme, et le modernisme est – la définition est de saint Pie X dans son encyclique Pascendi – la conjonction de toutes les hérésies. Ainsi s'explique la question du P. Ramière qui donne une vision profonde de ce que le libéralisme implique : «N'est-il pas évident en effet, que toutes les doctrines erronées, pour différentes et opposées qu'elles soient entre elles, l'athéisme, le déisme, le rationalisme, le protestantisme, l'indifférentisme, le plus dédaigneux et le plus ardent fanatisme, se réunissent aujourd'hui sous la bannière du libéralisme, en une immense armée pour proclamer la proscription des droits de Jésus-Christ, et nier sa Royauté sociale ? N'est-ce
pas la vérité que cette erreur a, chez les croyants mêmes, un pouvoir de séduction incomparablement plus grand que toutes les autres erreurs ?» (Les Doctrines romaines…,p. 40)

Le libéralisme engendre le Modernisme : «Libéralisme, lequel à son tour engendra d'un côté le modernisme et d'un autre le communisme» (P. Castellani, Cristo ¿ vuelve o no vuelve ?, p. 172), modernisme, qui est, dit très bien le P. Castellani, un naturalisme religieux, et qui sera précisément la religion idolâtre de l'Antéchrist, la fausse religion d'un christianisme adultéré : «J'ai insisté dans ce livre sur le “naturalisme religieux,” ou
“modernisme”, comme religion de l'Antéchrist, à cause de ce que j'ai étudié, et de ce qui SE VOIT; ceci ne veut pas dire exclure ou méconnaître d'autres éléments de “l'armée de l'Antéchrist”, comme la magie et le satanisme (évoqués dans l'Apocalypse sous le nom de sorciers), lesquels ont pour capitaine la Deuxième Bête, non moins que la Maçonnerie et la conspiration financière, tant dénoncée aujourd'hui» (El Apokalypsis, p. 340).

La grande apostasie annoncée par l'Écriture Sainte pour la fin des
temps, pour les temps apocalyptiques qui auront lieu avant la parousie, et qui amènera le règne de l'Antéchrist, règne de fausse paix et prospérité, faux règne éphémère.
Le libéralisme nous mène à l'apostasie des Nations que nous vivons, et peu le voient clairement. «Du libéralisme à l'apostasie, tel est donc le thème de ces chapitres. Certes, vivre en un temps d'apostasie n'a en soi rien d'exaltant !» (Ibid., p. XX).

CONCLUSION
Le libéralisme est condamné par l'Église, il est un péché contre la foi. Il est une hérésie qui nie la souveraineté sociale de Jésus-Christ ou Royauté du Christ Roi sur les Nations.
Le libéralisme nie ainsi le Règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ, la soumission des Nations au Christ Roi et à son Église, il nie la royauté sociale de Jésus-Christ. Quelle hérésie plus grande que celle-ci ! Celui qui ne le voit pas n'est pas catholique.
La conséquence du libéralisme, ou son fruit, est de détrôner le Christ Roi. Et ceci est l'apostasie universelle des Nations.
C'est la grande apostasie annoncée, prophétisée par les Écritures pour la fin des temps, pour les temps apocalyptiques avant la parousie ou seconde venue du Christ Roi en gloire et majesté. Avant laquelle il y aura un faux règne, règne d'un faux Christ ou Antéchrist qui sera détruit par la parousie ou présence du Seigneur.
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Message par Lotfi le Mar 27 Mar 2012 - 0:18

http://www.eglise.catholique.fr/eglise-et-societe/economie/economie-et-bien-public-par-benoit-xvi.html

Economie et bien public par Benoît XVI

Benoît XVI a reçu, le 30 avril 2010, les participants à la XVI assemblée plénière de l'Académie pontificale des sciences sociales (30 avril - 4 mai), consacrée à la crise économique vue à la lumière de la doctrine sociale de l'Eglise.


"La faillite du système financier mondial -a-t-il dit à ses hôtes- a révélé celle du système économique et de ses institutions... Plutôt qu'une spirale production consommation répondant à des intérêts particuliers, la vie économique devrait être conçue comme un exercice de responsabilité au service primordial de la dignité humaine, du bien public et du développement socio-politique, culturel et spirituel des personnes, des familles et des peuples".

Dans l'encyclique Caritas in Veritate, a-t-il ajouté, j'ai souligné que cette "crise nous oblige à changer de route et à nous donner de nouvelles règles... En se fondant sur la foi dans le Créateur, l'Eglise affirme l'existence d'une loi naturelle universelle... Cette loi morale naturelle, qui fait partie de la sagesse humaine et que l'Eglise a adopté...est comme un phare qui oriente les efforts individuels et collectifs en faveur du bien et contre le mal, pour la construction d'une société vraiment juste et humaine... Le bien public se fonde sur le respect de la dignité de la personne, reconnue comme premier bénéficiaire de la production, du commerce, des institutions et du bien-être social.

Il est un préalable éthique indispensable dans la vie économique. De nos jours le souci du bien public revêt une dimension globale, et il intéresse directement les nouvelles générations. C'est pourquoi la solidarité entre générations doit être un critère moral absolu dans le jugement de tout système social... Ceci implique la priorité de renforcer les mécanismes de gouvernance de l'économie mondiale, dans le respect de la subsidiarité. Toutes les décisions économiques et politiques doivent tendre à la charité dans la vérité. Sans vérité, sans confiance et amour de la vérité, il n'y a ni conscience ni responsabilité sociale. Si l'activité sociale devient l'enjeu d'intérêts privés ou de logiques de pouvoir, cela n'aura que des effets destructeurs pour la société".


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Message par Lotfi le Dim 1 Avr 2012 - 7:21

Les chrétiens contre les paradis fiscaux


L'enfer des paradis fiscaux

Impôt inexistant ou insignifiant, absence de transparence, législation qui protège les contribuables font partie des caractéristiques des 12 paradis fiscaux listés par l'OCDE. François Soulage, Président du Secours Catholique - Caritas France, donne en exemple les Iles Vierges britanniques : 830.000 sociétés sont enregistrées sur ce territoire qui compte seulement 25.000 habitants. « Ce sont 125 milliards d'euros d'argent public qui ne sont pas disponibles pour le développement » dénonce l'économiste. Puisque l'aide publique au développement se réduit comme une peau de chagrin, « il faut aller chercher les ressources là où elles existent ».

La pensée sociale de l'Eglise pour guide

« En organisant le contournement de nos lois, les paradis fiscaux défient nos démocraties » explique le livret. L'enjeu est bien citoyen. A ceux qui voudraient cantonner la foi chrétienne dans la sphère privée, le P. Bertrand Hériard Dubreuil, s.j., Directeur du Ceras, rappelle trois bonnes raisons pour les croyants de s'engager dans ce débat : le bien commun, l'option préférentielle pour les pauvres et « la destination universelle des biens ». Ainsi, payer ses impôts relève d'une responsabilité éthique qui nécessite l'implication de tous. « Instrument au service de la solidarité », l'impôt contribue à « la construction du lien social et de la démocratie » explicite la plaquette. En ne bénéficiant qu'à certains, les paradis fiscaux viennent contredire la conviction que « Dieu a destiné la terre (...) à l'usage de tous les hommes et de tous les peuples » (Concile Vatican II,Gaudium et Spes, 69). Le jésuite cite aussi l'encyclique de Paul VI Populorum Progressio qui appelle à « permettre à tous les peuples de devenir eux-mêmes les artisans de leur destin ».

Les paradis fiscaux, la nouvelle dette

On se souvient de l'appel du pape Jean-Paul II pour l'annulation de la dette lors du passage au nouveau millénaire. Pour Denis Vienot, Secrétaire général de Justice et Paix - France, l'enjeu est comparable. En effet, le FMI évalue entre 600 et 1800 milliards de dollars - du simple au triple ! - l'argent généré par les activités illégales qui prospèrent grâce aux paradis fiscaux : trafic d'armes et d'organes, marché de la contrefaçon, pillage organisé du bois... Il fait sienne la révolte d'une certaine juge franco-norvégienne il y a quelques années : « Il n'est pas acceptable que l'addition de la corruption soit payée par les pauvres ».

En écho au G20, les organisateurs promettent des « critiques constructives » et de nouvelles prises de position pendant la campagne présidentielle, notamment sur les migrations et la lutte contre la pauvreté. « Il y a des solutions possibles » affirment-ils.
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Message par Lotfi le Lun 23 Avr 2012 - 19:46

L'enseignement de l'Église sur le capitalisme

Le capitalisme a été vicié par le système financier

Ce que l’Église reproche au système capitaliste, c’est que, précisément, tous et chacun des êtres humains vivant sur la planète n’ont pas accès à un minimum de biens matériels, permettant une vie décente, et que même dans les pays les plus avancés, il existe des milliers de personnes qui ne mangent pas à leur faim. C’est le principe de la destination universelle des biens qui n’est pas atteint: la production existe en abondance, mais c’est la distribution qui est défectueuse.
Et dans le système actuel, l’instrument qui permet la distribution des biens et des services, le signe qui permet d’obtenir les produits, c’est l’argent. C’est donc le système d’argent, le système financier qui fait défaut dans le capitalisme.
Les maux du système capitaliste ne proviennent donc pas de sa nature (propriété privée, libre entreprise), mais du système financier qu’il utilise, un système financier qui domine au lieu de servir, qui vicie le capitalisme. Le Pape Pie XI écrivait dans son encyclique Quadragesimo anno, en 1931: «Le capitalisme n’est pas à condamner en lui-même, ce n’est pas sa constitution qui est mauvaise, mais il a été vicié.»
Ce que l’Église condamne, ce n’est pas le capitalisme en tant que système producteur, mais, selon les mots du Pape Paul VI, le «néfaste système qui l’accompagne», le système financier:
«Ce libéralisme sans frein conduit à la dictature à bon droit dénoncée par Pie XI comme génératrice de ‘l’impérialisme de l’argent’. On ne saurait trop réprouver de tels abus, en rappelant encore une fois solennellement que l’économie est au service de l’homme. Mais s’il est vrai qu’un certain capitalisme a été la source de trop de souffrances, d’injustices et de luttes fratricides aux effets durables, c’est à tort qu’on attribuerait à l’industrialisation elle-même des maux qui sont dus au néfaste système qui l’accompagnait. Il faut au contraire en toute justice reconnaître l’apport irremplaçable de l’organisation du travail et du progrès industriel à l’oeuvre du développement.» (Encyclique Populorum progressio, sur le développement des peuples, n. 26.)

Le vice du système:
l'argent est créé par les banques sous forme de dette


C’est le système financier qui n’accomplit pas son rôle, il a été détourné de sa fin. (Faire les biens joindre les besoins.) L’argent ne devrait être qu’un instrument de distribution, un signe qui donne droit aux produits, une simple comptabilité.
L’argent devrait être un instrument de service, mais les banquiers, en se réservant le contrôle de la création de l’argent, en ont fait un instrument de domination: Puisque le monde ne peut vivre sans argent, tous — gouvernements, compagnies, individus — doivent se soumettre aux conditions imposées par les banquiers pour obtenir de l’argent, qui est le droit de vivre dans notre société actuelle. Cela établit une véritable dictature sur la vie économique: Les banquiers sont devenus les maîtres de nos vies, tel que le rapportait très justement encore Pie XI dans Quadragesimo anno (n. 106):
«Ce pouvoir est surtout considérable chez ceux qui, détenteurs et maîtres absolus de l’argent et du crédit, gouvernent le crédit et le dispensent selon leur bon plaisir. Par là, ils distribuent le sang à l’organisme économique dont ils tiennent la vie entre leurs mains, si bien que, sans leur consentement, nul ne peut plus respirer.»
Aucun pays ne peut rembourser sa dette dans le système actuel, puisque tout argent est créé sous forme de dette: tout l’argent qui existe vient en circulation seulement lorsqu’il est prêté par les banques, à intérêt. Et chaque fois qu’un prêt est remboursé, cette somme d’argent cesse d’exister, est retirée de la circulation.
Le défaut fondamental dans ce système est que lorsque les banques créent de l’argent nouveau sous forme de prêts, elles demandent aux emprunteurs de ramener à la banque plus d’argent que ce que la banque a créé. (Les banques créent le capital qu’elles prêtent, mais pas l’intérêt qu’elles exigent en retour.) Puisqu’il est impossible de rembourser de l’argent qui n’existe pas, la seule solution est d’emprunter de nouveau pour pouvoir payer cet intérêt, et d’accumuler ainsi des dettes impayables.
Cette création d’argent sous forme de dette par les banquiers est leur moyen d’imposer leur volonté sur les individus et de contrôler le monde:
«Parmi les actes et les attitudes contraires à la volonté de Dieu et au bien du prochain et les ‘structures’ qu’ils introduisent, deux éléments paraissent aujourd’hui les plus caractéristiques: d’une part le désir exclusif du profit et, d’autre part, la soif du pouvoir dans le but d’imposer aux autres sa propre volonté.» (Jean-Paul II, encyclique Sollicitudo rei socialis, n. 37.)
Puisque l’argent est un instrument essentiellement social, la doctrine du Crédit Social propose que l’argent soit émis par la société, et non par des banquiers privés pour leur profit:
«Il y a certaines catégories de biens pour lesquelles on peut soutenir avec raison qu’ils doivent être réservés à la collectivité lorsqu’ils en viennent à conférer une puissance économique telle qu’elle ne peut, sans danger pour le bien public, être laissée entre les mains de personnes privées.» (Pie XI, Quadragesimo anno.)
Alain Pilote
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Message par Lotfi le Sam 10 Aoû 2013 - 23:43

Usure interdite par l’Eglise de Dieu


R.P. Adrien Cance, Le Code de Droit Canonique, Commentaire succinct et pratique a écrit:

298 DES BIENS TEMPORELS DE L'ÉGLISE

201. — 7. Prêt à intérêt.

— a) Le prêt de consommation ou simple prêt est un contrat réel par lequel l'une des parties livre à l'autre une chose consomptible par le premier usage qui devient la propriété de l'emprunteur, à la charge pour ce dernier d'en rendre une autre de même genre et de même quantité ; s'il est expressément stipulé que le preneur devra payer des intérêts le contrat prend le nom de prêt à intérêt.

— b) Il n'est pas permis, conformément à la doctrine traditionnelle de l'Eglise2, de percevoir un bénéfice en raison du contrat lui-même de prêt de consommation, nihil lucri ratione ipsius contractas percipi potest (c. 1453) ; mais dans le prêt d'une chose fongible, il n'est pas en soi illicite de convenir d'un intérêt légal à moins qu'il ne soit certainement exagéré, ou même d'un intérêt supérieur au taux légal, s'il y a un titre juste et proportionné (c. 1453).

1. Si le rachat des prestations dues par l'emphytéote est fait en titres publics (ex. titres de rente sur l'Etat ou établissements publics), les titres ne peuvent être acceptés pour leur valeur nominale, si elle est supérieure à la valeur réelle, quoique le revenu annuel des titres soit équivalent au montant annuel des prestations à racheter. Il en a été ainsi décidé par la C. du Concile, le 15 janvier 1923 (Romana et aliarum; A.A.S., 1923, p. 513 s.) et cette décision s'applique aussi à celui qui doit acquitter un legs pieux, ou est débiteur d'une rente ou autres prestations périodiques en faveur d'une personne morale ecclésiastique.

2. Le prêt à intérêt sévissait dans le monde gréco-romain : il lui fallait de 12% à 60% par an. Les Pères de l'Eglise le combattirent, et il fut interdit et condamné par plusieurs conciles (de Nicée, 325 ; 3e C. de Latran, 1179; 4e de Latran, 1215; 2e de Lyon, 1274; de Vienne, 1311). Mais les Juifs continuèrent d'exercer l'usure vis-à-vis des chrétiens restés pour eux des étrangers, conformément à la permission donnée par l'Ancien Testament.

Saint Thomas, distinguant les choses fongibles qui se détruisent par l'usage, et les choses « non fongibles » (une maison, un outil) dont on peut séparer la propriété et l'emploi, et s'appuyant sur le principe qu'on ne peut pas demander un intérêt pour l'usage d'un objet dont on n'est pas propriétaire, conclut que lorsqu'on prête de l'argent (chose fongible) on ne peut exiger un intérêt parce qu'en le prêtant on en cède la propriété, qui est inséparable de l'usage.

Cependant saint Thomas admet que l'on pourrait exiger plus que la somme d'argent prêtée dans deux cas : celui où le prêteur conserverait la propriété de son argent par un contrat d'association (2a 2ae, q. 78, art. 2, ad 5̊) et celui dans lequel le prêteur subit un dommage positif et direct en raison même du prêt (germe de qu'on appellera plus tard le lucrum cessans : cessation d'un bénéfice ; le damnum emergens : préjudice subi ; periculum sortis, risque de perdre le prêt).

Après la transformation économique qui suivit le moyen âge et qui donna lieu à de multiples contrats par lesquels la morale chrétienne risquait d'être violée, Benoît XIV (Encycl. Vix pervenit, 1er nov. 1745) exposa de nouveau la doctrine traditionnelle de l'Eglise. « L'usure, disait-il, consiste en ce qu'un prêteur, s'autorisant du prêt lui-même, dont la nature requiert l'égalité entre le reçu et le rendu, exige plus qu'il n'a été reçu et soutient qu'il a droit en plus du capital à quelque profit en raison même du prêt. ».

« Mais, ajoutait le pape, il peut quelquefois se rencontrer dans le contrat de prêt certains autres titres qui ne sont pas du tout essentiels et intrinsèques à la nature même du contrat du prêt. Ces titres créent une raison très juste et très légitime d'exiger, suivant les formalités ordinaires, quelque chose en plus de l'argent dû à cause du prêt ».

Ces titres sont le lucrum cessans, le damnum emergens, le periculum sortis, signalés plus haut. Il ne semble pas que la loi civile reconnaissant l'intérêt dit légal soit un nouveau titre ajouté aux trois premiers ; elle suppose seulement l'existence habituelle des autres titres extrinsèques, quoique, d'après Benoit XIV, il restera toujours de nombreux cas où l'homme est tenu de secourir son prochain par le prêt pur et simple.

Depuis lors cette doctrine a prévalu sans contestation dans l'enseignement des théologiens et dans la pratique des Congrégations et a été « canonisée » par le Code (c. 1543,1).

En conséquence un intérêt légal peut être ordinairement perçu dans les trois cas suivants, c.-à-d. dans la plupart des cas :

1° Quand le prêt entraine un dommage pour le prêteur (damnum emergens).
2° Quand le prêteur est privé par le prêt d'un bénéfice certain qu'il aurait réalisé avec son argent s'il l'avait gardé (lucrum cessans).
3° Quand le prêteur risque de ne pas être remboursé du capital qu'il a prêté (periculum sortis).

Ces titres sont dits extrinsèques, extérieurs au contrat.


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Il ne prête point son argent à usure, et il n’accepte pas de présent contre l’innocent : Celui qui se conduit ainsi ne chancellera jamais.
Psaume; XV, 6[b]

s’il ne prête pas à usure et ne prend pas d’intérêt ; (..) celui-là est juste ; il vivra --oracle du Seigneur Yahweh.
[b]Ezechiel; XVIII, 8-9


Tu n’exigeras de ton frère aucun intérêt ni pour argent, ni pour vivres, ni pour aucune chose qui se prête à intérêt.
Deutéronome; XXIII, 19

Raoul Naz, Traité de droit canonique, Livre III, can. 1154-1551 a écrit:
Le prêt de consommation consiste à remettre à l’emprunteur une chose dont il peut disposer, à charge d’en rendre une semblable en quantité et en qualité (art. 1892 du Code civ.).
Le can. 1543 maintient le principe que le prêt de consommation est un contrat essentiellement gratuit. L’emprunteur n’est obligé qu’à rendre la somme empruntée et pas davantage. L’Eglise a d’abord blâmé toute stipulation d’intérêt. Puis de Constantin au IXème siècle, elle a interdit le prêt à intérêt aux clercs ; au début du IXème siècle, même aux laïques.
Les théologiens justifiaient le droit canon par trois arguments :
1° Le premier est formulé ainsi par S. Thomas : Lorsqu’on prête à quelqu’un de l’argent, il est évident qu’on lui en transfère la propriété, sans cela il n’en pourrait pas user. Par suite, réclamer un intérêt pour l’usage du dit objet, c’est vendre une chose qu’on ne possède plus, et par suite manquer à la justice dans le contrat (2)
2° L’emprunteur peut, par son travail, faire fructifier l’argent emprunté ; mais le prêteur, lui, ne travaille pas. L’autoriser à demander un intérêt à l’emprunteur, c’est l’autoriser, sans titre, à s’approprier une part des bénéfices de celui-ci, donc à le spolier.
3° Enfin, il faut observer qu’il y a, dans le contrat de prêt, une grande inégalité de situation entre les deux parties : l’emprunteur, qui a besoin d’argent, n’est pas complètement libre ; quand il consent, il ne consent pas volontairement ; il est à la merci du prêteur. Ainsi il se trouvera conduit à sa ruine par des clauses qu’il ne peut pas repousser.
Mais, s’il n’est pas permis de recevoir des intérêts en vertu du contrat de prêt, les théologiens admettent qu’on en peut recevoir à d’autres titres, dits extrinsèques ou extérieurs à ce contrat. Cette doctrine, reprise et précisée par Benoît XIV dans l’encyclique Vix pervenit, admet qu’il est permis de percevoir un intérêt modique dans les trois cas suivants :
1. Lorsqu’il y a damnum emergens, c’est-à-dire quand le fait de prêter entraîne un préjudice pour le prêteur. Il a le droit d’en être dédommagé.
2. Lorsqu’il y a lucrum cessans, c’est-à-dire lorsque le prêteur, par suite du prêt consenti, se trouve privé d’un bénéfice certain qu’il aurait pu réaliser avec son argent, s’il l’avait conservé en sa possession. A l’époque moderne, le lucrum cessans peut toujours être invoqué, mais il ne justifie pas toujours la perception d’un intérêt trop élevé.
3. Lorsqu’il y a periculum sortis, ou risque pour le prêteur de ne pas être remboursé du capital qu’il a prêté. Etant donné ces diverses exceptions, on peut dire que l’ancienne prohibition de l’usure, au sens primitif du mot, n’a plus guère aujourd’hui d’application (1).
Aussi, après avoir énoncé la prohibition de principe, le can. 1543 admet qu’un titre extrinsèque au contrat de prêt justifie la perception d’un intérêt. Encore faut-il que cet intérêt soit juste, comme l’est d’ordinaire l’intérêt légal qui est actuellement en France de 4%. Il est même permis de stipuler un intérêt plus élevé, pourvu qu’il reste juste, et il le sera s’il demeure proportionné au dommage subi, au gain perdu par le fait du prêt, ou au risque couru par le prêteur (2).
Il est bien entendu que ce n’est pas la loi qui fonde le droit à l’intérêt, c’est le titre extrinsèque. Elle se borne à constater ce droit et à l’évaluer.
Aux titres extrinsèques que nous avons énumérés, on peut ajouter la peine conventionnelle qui se ramène au titre du risque connu.



(1) E. Chénon, Le rôle social de l’Eglise, p. 255
(2) R. Genéstal, Le rôle des monastères comme établissements de crédit en Normandie du XIème à la fin du XIIIème siècle, Paris, 1901.

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Lotfi
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