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 Un parallèle édifiant entre la chute de la civilisation romaine et la nôtre

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 Un parallèle édifiant entre la chute de la civilisation romaine et la nôtre

Message par saint-michel le Mar 14 Nov 2017 - 18:05



L’abbé Fleury résume de manière brillante, dans son ouvrage « les mœurs des Israélites et des chrétiens » (seconde partie, chapitre LVI), la chute de Rome. Or, nous retrouvons exactement les mêmes causes dans notre civilisation que celles qui ont contribuées à l’anéantissement de l’empire romain. Nous devrions y réfléchir sérieusement.


« Cependant le commun des païens se corrompait toujours de plus en plus. Tout ce que j’ai marqué des vices qui régnaient quand l’Évangile parut, durait encore ; et hors le peu d’esprits forts et de philosophes dont je viens de parler, il ne restait plus rien de bon chez les Grecs ni les Romains, qui pût servir de contre-poids. Aussi fut-ce alors que l’empire tomba en Occident, et il ne se soutint en Orient que jusqu’au temps où il fut violemment attaqué. Il n’y avait plus ni discipline dans les troupes, ni autorité dans les chefs, ni conseils suivis, ni science des affaires, ni vigueur dans la jeunesse, ni prudence dans les vieillards, ni amour de la patrie et du publicChacun ne cherchait que son plaisir et son intérêt particulier, ce n’était qu’infidélités, que trahisons. Les Romains amollis par le luxe et l’oisiveté, ne se défendaient contre les Barbares, que par d’autres Barbares qu’ils soudoyaient ; ils étaient abîmés dans les délices, et se piquaient d’une mauvaise délicatesse, que rien de solide ne soutenait. Enfin la mesure de leurs crimes et de leurs abominations étant comblée, Dieu en fit la justice exemplaire qu’il avait prédite par saint Jean : Rome fut prise et saccagée plusieurs fois par les Barbares ; le sang de tant de martyrs dont elle s’est enivrée, fut vengé ; l’empire d’Occident demeura en proie aux peuples du Nord, qui y fondèrent de nouveaux royaumes. Voilà les vraies causes de la chute de l’empire romain, non pas l’établissement de la religion chrétienne, comme les païens disaient alors, et comme Machiavel et les autres politiques impies et ignorants ont osé dire dans les derniers temps.


Les chrétiens vivant au milieu d’une nation si perverse et profondément corrompue, je veux dire de ces derniers Romains, il était difficile que leur vertu n’en souffrît quelque déchet, principalement n’étant plus divisés d’avec les infidèles, comme du temps des persécutions, et n’ayant à se défendre que de leur amitié et de leurs caresses. Il ne faut donc pas s’étonner des vices que les Pères reprochent aux chrétiens dès le quatrième siècle. Saint Augustin ne feignait point d’en avertir les païens qui voulaient se convertir, afin qu’ils en fussent moins surpris, et par conséquent moins scandalisés. Vous verrez, dit-il, dans la foule de ceux qui remplissent les églises matérielles, des ivrognes, des avares, des trompeurs, des joueurs, des débauchés, des gens adonnés aux spectacles ; d’autres qui appliquent des remèdes sacrilèges, des enchanteurs, des astrologues, des devins de diverses sortes ; et tous ces gens ne laissent pas de passer pour chrétiens. Il avoue de bonne foi aux manichéens, qu’il y en avait qui étaient superstitieux, même dans la vraie religion ; ou tellement adonnés aux passions, qu’ils oubliaient ce qu’ils avaient promis à Dieu. Il en parle encore souvent dans les ouvrages qu’il a écrit contre les donatistes, où il leur prouve si bien que l’ivraie doit demeurer avec le bon grain dans l’église jusqu’au temps de la moisson, c’est-à dire du jugement. Il condamne ailleurs l’injustice de ceux qui louaient ou blâmaient en général tous les chrétiens, ou tous les moines, selon le bien ou le mal qu’ils voyaient dans quelques particuliers. On trouvera des preuves semblables du relâchement des chrétiens dans saint Chrysostôme, et dans les autres Pères de ces temps-là.


À quoi donc servaient, dira-t-on, les pénitences publiques et les excommunications ? Àpurger l’Église de quantité de vices, mais non pas de tous. Pour imposer la pénitence il fallait que le pécheur la demandât, ou du moins qu’il s’y soumît. Il fallait donc qu’il confessât son péché, soit en se venant dénoncer lui-même, soit en acquiesçant lorsque d’autres l’accusaient. L’excommunication n’était que pour ceux qui n’acceptaient pas la pénitence, quoiqu’ils fussent convaincus ou par leur propre confession, ou par des preuves juridiques, ou par la notoriété publique. Encore les évêques prudents et charitables, ne se hâtaient pas d’en venir à cette dernière extrémité. Ils n’excommuniaient point les pécheurs, lorsqu’ils les voyaient si puissants, ou en si grand nombre, qu’il y a moins d’espérance de les corriger que de crainte de les aigrir et de les porter au schisme.


Ils employaient envers la multitude les instructions et les avertissements, et n’usaient de sévérité qu’envers les particuliers. Mais auparavant ils avertissaient souvent le pécheur convaincu et impénitent, du péril effroyable où il était ; ils l’exhortaient à en sortir, n’épargnant point les menaces, pour vaincre sa dureté ; ils gémissaient pour lui devant Dieu, et mettaient en prières toute l’Église ; ils espéraient et attendaient longtemps, imitant la patience et la longanimité du Père des miséricordes. Enfin ce n’était qu’après avoir épuisé toutes les inventions de leur charité, qu’ils en venaient à ce triste remède, avec la douleur d’un père, qui, pour sauver la vie à son fils, se verrait obligé à lui couper un bras de ses propres mains. On peut voir sur ce sujet le discours de saint Chrysostôme, sur l’anathème.


Mais pour ceux dont les crimes demeuraient cachés, soit qu’ils ne fussent connus que de Dieu, soit qu’il fût impossible de les en convaincre, il n’y avait point de remède. On ne pouvait leur défendre l’entrée de l’église, ni même la participation des sacrements, s’ils étaient assez impies pour ne pas craindre des sacrilèges. Les persécutions étaient des épreuves sûres, pour discerner la paille d’avec le grain ; mais quand elles eurent cessé, l’hypocrisie pouvait durer jusqu’à la mort. Cependant, ces chrétiens faibles et corrompus faisaient grand tort à l’Église par leurs mauvais discours, et leur mauvais exemples, surtout dans leurs familles. Ils instruisaient mal leurs enfants, qu’ils ne laissaient pas de faire baptiser ; et le défaut d’instruction domestique était de grande conséquence dans ces premiers siècles, où nous ne voyons point que l’on fît publiquement de catéchismes pour les enfants baptisés. »


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