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Histoire Chrétienne dans le Monde!!!!

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Histoire Chrétienne dans le Monde!!!!

Message par Marie du 65 le Dim 5 Nov 2017 - 9:38

HISTOIRE CHRÉTIENNE DANS LE MONDE


397


SAINT MARTIN, UN HOMME DE FEU AU SERVICE DE L’ÉVANGÉLISATION







Tout le monde connaît saint Martin de Tours (vers 316-397), ce soldat de l’Empire romain qui a donné la moitié de son manteau à un pauvre et qui est devenu l’un des patrons de la France.

En 2016, la coïncidence du jubilé de la miséricorde et du 1700e anniversaire de la naissance présumée de saint Martin sur le territoire de l’actuelle Hongrie nous invite à redécouvrir cette grande figure de sainteté et sa postérité spirituelle dans la lumière de la miséricorde divine.

Un tel rapprochement n’est pas artificiel, puisqu’en Orient saint Martin est désigné comme « le Miséricordieux ».

Une année anniversaire.

 Fondée en 1976 par Mgr Jean-François Guérin, il s’agit d’une association cléricale de droit Pontifical, au service des évêques et de leurs diocèses pour exercer le ministère en communauté.

Cette association de prêtres et de diacres séculiers s’efforce de vivre l’idéal de saint Martin pour le service pastoral des diocèses.

Sens du Jubilé.

La démarche jubilaire ne relève pas d’une nostalgie du passé ou d’une vaine curiosité historique, mais d’un intérêt spirituel et apostolique.

La mémoire chrétienne n’entend pas reconstruire l’histoire.

Elle s’actualise donc sans cesse, puisant dans l’exemple de la vie des saints la conviction que tout baptisé est appelé à la sainteté selon sa grâce propre.






Un homme de caractère.

Faire mémoire de la naissance de saint Martin, c’est évoquer une destinée humaine, d’un soldat intrépide acceptant de déposer les armes de l’Empire pour endosser les armes de la lumière : le glaive de la Parole s’est substitué au sabre militaire.

Sulpice Sévère, son disciple et biographe, écrit :

« Tout en lui, son caractère, ses propos et sa conduite, sa religion même sont d’un soldat.

Avec une fermeté parfaite, il restait semblable à celui qu’il avait été auparavant. »

Martin est un homme au caractère trempé assumant avec courage et persévérance ses responsabilités.

Sa formation militaire le prépare à mener toutes sortes de combats spirituels : contre Satan, contre les cultes idolâtriques et contre les hérésies insidieuses.

Une lettre à Bassula (belle-mère de Sulpice Sévère) rapporte cette prière :

« C’est un lourd combat que nous menons, Seigneur… En voilà assez des batailles que j’ai livrées jusqu’à ce jour.

Mais si tu m’enjoins de rester en faction devant ton camp pour continuer, je ne me dérobe pas…

Tant que tu m’en donneras l’ordre, je servirai sous tes enseignes. Mon courage demeure victorieux des années et ne sait point céder à la vieillesse. »

Je ne me dérobe pas !

Telle est la vérité et la virilité de Martin tout au long de sa vie terrestre, jusqu’à son trépas où dans une ultime prière il s’adresse à Dieu en ces termes :

« Je ne refuse pas le travail. Que ta volonté soit faite. »

Un moine missionnaire saisi par l’amour du Christ.

En évoquant la vie de saint Martin, nous nous approchons aussi d’un chrétien irrésistiblement attiré par le feu d’amour qui habite le Cœur du Christ.

Le secret de Martin se trouve dans ce « buisson ardent » qui illumine son existence sans la consumer, qui la marque au fer rouge, la conquiert et la conforme à celle de Jésus-Christ, vérité définitive de sa vie.

C’est son rapport au Seigneur qui le garde et le préserve, le rendant étranger aux gloires humaines.

L’amitié avec le Seigneur le pousse à embrasser la vie avec la confiance du croyant sachant que ce qui est impossible à l’homme l’est pour Dieu. Martin est un homme brûlé intérieurement par le feu de l’Esprit.





Un évangélisateur au service des pauvres.

Cette flamme d’amour l’anime intérieurement pendant ces temps de solitude à Ligugé ou à Marmoutier où il est habité par un immense désir de Dieu.

« Les yeux et les mains toujours tendus vers le ciel, l’âme invincible, il priait sans relâche » (Lettre à Bassula).

Cette vive flamme rayonne de son ermitage et éclaire les chrétiens et les païens auxquels il annonce l’Evangile, comme un débordement de son cœur. Il évangélise par contagion d’amour.

Sa solitude avec Dieu, telle une terre fertile, ne l’isole pas, mais engendre en lui une profonde communion avec tous et une réelle compassion envers les pauvres.

Cette vive flamme réchauffe les pauvres tant à Amiens qu’à Tours par sa tendre charité :

« Il n’y avait que le Christ sur ses lèvres, que la bonté, la paix, la miséricorde en son cœur.

Qui donc fut affligé sans qu’il fût affligé aussi ? Qui a péri qu’il n’en ait gémi ? » (Lettre à Bassula).

La charité sacerdotale de Martin reste un très beau symbole.

« Ce jour-là, raconte Sulpice Sévère dans sa Vita Martini, fut troublée la solitude du Bienheureux Martin. »

Avant même son arrivée à la sacristie, Martin rencontre un pauvre.

Il demande à son archidiacre de faire le nécessaire, mais « le pauvre en question, voyant que l’archidiacre tardait à lui donner une tunique, fit irruption dans la sacristie ».

Martin va donc donner son vêtement. En réalité, le trouble n’atteint guère le saint évêque.

À la différence de l’archidiacre, c’est « sans nullement s’émouvoir » que Martin perçoit cet événement.

Il rencontre Dieu dans la personne du pauvre. Ayant donné son propre vêtement, c’est en pauvre que Martin s’avance dans l’église pour offrir le sacrifice à Dieu

. À la différence de l’acte de charité accompli à la porte d’Amiens (le demi-manteau offert au pauvre), Martin n’aide plus seulement le démuni ; il le rejoint dans son dénuement.

Il ne se contente pas de vêtir le Christ de son manteau, il l’imite et le suit dans le dépouillement de la Croix.

Sulpice Sévère rapporte l’apparition d’un globe de feu jaillissant alors de la tête du saint « avec un rayonnement lumineux, comme une très longue chevelure de flammes », signe de sa grande charité pastorale.  

Le manteau partagé d’Amiens le poursuit tout au long de sa vie, devenant le manteau de foi et de charité dont l’évêque de Tours recouvre son pays.

Un apôtre visionnaire.

Apôtre des campagnes gallo-romaines, saint Martin exhale un parfum nouveau.

Moine, évêque et missionnaire itinérant dans une société en transition, Martin est animé d’un tel zèle qu’il devient un modèle pastoral.

Dans une ère de grands changements, il est inventif.

Tandis que l’Empire romain sombre, l’Occident naissant est progressivement pris en charge par une Église qui, aujourd’hui encore, doit affronter une mutation socio-culturelle majeure.

Il vit, comme saint Paul, l’Apôtre des nations, un ministère itinérant au service du Christ



Le partage de la vie contemplative et évangélisatrice.



L’inventivité pastorale de Martin repose sur un socle simple mais pertinent : une vie évangélique des clercs servant d’animation villageoise, future modèle des paroisses actuelles.

Martin a une intuition : l’Évangile est à la croisée de tous les chemins.

Rien ne lui est plus étranger que l’esprit de clocher. Il vit, comme saint Paul, l’Apôtre des nations, un ministère itinérant au service du Christ. Chacune de ses expéditions évoque un « raid apostolique ».

Sa force d’action rapide, pour employer la terminologie militaire, c’est une troupe de moines avec qui il partage la vie contemplative.

La force du témoignage en est certainement hier comme aujourd’hui la clef de voûte :

« L'homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres ou s'il écoute les maîtres, c'est parce qu'ils sont des témoins » (Paul VI, encyclique Evangelii Nuntiandi, 41).

Martin, devenu évêque, garde l’âme contemplative et missionnaire. Il est convaincu que tout ministre ordonné doit être un « spécialiste de la promotion de la rencontre de l'homme avec Dieu... expert dans la vie spirituelle »

(Benoit XVI, Homélie à la cathédrale Saint-Jean de Varsovie, 25 mai 2006).

Ce monachisme apostolique, substitut du martyr lorsque cessent les persécutions, rappelle au chrétien qu’il doit attester son attachement à la vérité par toute sa personne et le don de sa vie.

La charité jusqu’au bout.

Enfin, la flamme de l’Esprit habitant le cœur de saint Martin irradie avec tendresse et fermeté ses frères de communauté.

On le constate à Candes-Saint-Martin (Indre-et-Loire), lorsque déjà très âgé, il réconcilie ses frères divisés au prix de sa propre vie. Pour lui, la charité est sans prix. Martin connaît sa pauvreté.

Il sait qu’il ne peut rien sans l’Esprit, qu’il n’est rien sans l’élan d’amour du Père et du Fils.

Il est conscient qu’il reçoit tout de Dieu et que sa fécondité apostolique consiste à se laisser guider par l’Esprit, feu divin. Il sait que l’amour est tout.

Il ne cherche pas d’assurances terrestres ou de titres honorifiques poussant à placer l’homme avant Dieu ; dans sa vie « humble et pauvre », il ne demande pour lui-même rien hormis ses besoins réels, et ne recherche jamais l’attachement des personnes qui lui sont confiées.

Son style de vie, simple et essentiel, toujours disponible, le rend crédible aux yeux de tous et proche des humbles, dans une charité pastorale rendant libre et attentif aux autres.

Serviteur de la vie, il marche au pas des pauvres ; il s’enrichit de leur fréquentation.

C’est un homme de paix et de réconciliation, un signe et un instrument de la miséricorde de Dieu, attentif à diffuser le bien avec passion et compassion.

Cet « homme de Dieu » – comme l’appelle Sulpice Sévère – n’est-il pas d’une brûlante actualité ?





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Re: Histoire Chrétienne dans le Monde!!!!

Message par Marie du 65 le Lun 6 Nov 2017 - 9:31

430


LES APPARITIONS DE MARIE AU PUY-EN-VELAY FONDENT LE PLUS GRAND SANCTUAIRE MARIAL DE LA CHRÉTIENTÉ MÉDIÉVALE






Les apparitions de Marie au Puy-en-Velay fondent le plus grand sanctuaire marial de la chrétienté médiévale


L’origine du sanctuaire Notre-Dame du Puy-en-Velay (Haute Loire) remonte à l’an 430, date de l’apparition de la Mère du Christ à « une noble matrone », percluse de fièvre et qui en sera guérie.

Il s’agit de la première apparition de la Vierge Marie l’histoire de l’Église, confirmée par l’évêque local, un an avant le grand Concile d’Éphèse, qui proclamera Marie Theotokos, « Mère de Dieu ».



Ecouter la version audio


http://notrehistoireavecmarie.mariedenazareth.com/asset/upload/esc/audio/8.mp3



La date très symbolique accrédite l’importance de l’événement.



L’apparition de la Vierge intervient une année avant le Concile d’Éphèse, pendant lequel se précisera la foi de l’Église en ce qui concerne le mystère de l’Incarnation.

Comme elle le fera souvent dans l’histoire, la Vierge Marie prépare les cœurs car beaucoup de ses manifestations correspondent à un événement ecclésial : c’est à la fin de ce concile qu’elle sera proclamée « Theotokos », Mère de Dieu.

Dès lors, l’évêque installe son siège épiscopal dans ce nouveau lieu.


C’est un signe de plus de la dimension extraordinaire de cet événement.

Peu à peu, Le Puy devient le plus grand sanctuaire marial de toute la chrétienté occidentale.

Il est « le Lourdes » du Moyen-âge.

C’est en tant qu’évêque de ce haut lieu marial en 950 que Godescalc entreprend le pèlerinage vers le tombeau de l’apôtre saint Jacques à Compostelle, manifestant ainsi le lien très fort qui existe entre la Vierge Marie et les apôtres, entre la Vierge Marie et l’Église.

Le Puy devient ainsi l’un des principaux points de départ du pèlerinage à Compostelle.

La grande prière du Salve Regina a été composée au Puy-en-Velay.


C’est ici en effet que l’évêque Adhémar de Monteil écrit au tout début du second millénaire « l’antienne du Puy », le Salve Regina, complété plus tard, selon la tradition par saint Bernard qui y ajoute la dernière phrase.

Pendant tout le Moyen-âge, des papes, des rois (dont saint Louis) effectuent leur pèlerinage, mais aussi de simples fidèles parmi lesquels Isabelle Romée, la mère de Jeanne d’Arc, invitée par sa fille à faire le grand Jubilé de 1429 pour demander à la Vierge du Puy de soutenir son action pour la France.





Au Puy

les fidèles aiment prier pour la France, fidèles au vœu de Jeanne d’Arc.


C’est encore plus vrai depuis que Monseigneur de Molhon, soutenu par tous les évêques de France, a décidé de faire construire la grande statue « Notre Dame de France » en 1860.

Elle est à cette époque la plus grande statue au monde.

Aujourd’hui, 500 000 fidèles viennent chaque année dans la cathédrale pour se confier à la Vierge Noire ou pour effectuer le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Ils peuvent gravir l’imposante volée de marches pour entrer par l’escalier « du ventre » (102 marches) dans le sanctuaire, vivre une nouvelle naissance et renouveler ainsi les promesses de leur baptême.

Le grand Jubilé du Puy sera célébré en  2157 !


Cette année est donc votre seule chance de participer à cet événement qui, depuis le début du second millénaire, est institué lorsque le 25 mars, jour de l’Annonciation, coïncide avec le Vendredi Saint.

Cette coïncidence de date unit l’Incarnation avec la Rédemption, le « oui » de Marie à l’Annonciation et le « oui » de Marie à la Croix.






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Re: Histoire Chrétienne dans le Monde!!!!

Message par Marie du 65 le Mar 7 Nov 2017 - 10:44

498


LE BAPTÊME DE CLOVIS À REIMS MARQUE UNE ÉTAPE DÉCISIVE DE L’HISTOIRE DE FRANCE



Le baptême de Clovis à Reims marque une étape décisive de l’histoire de France


Après des années de recherche et d’hésitations au contact de grands croyants de l’époque que furent Clotilde, Rémi, Vaast et Geneviève, c’est au sanctuaire de Saint-Martin de Tours que s’opère la conversion personnelle de Clovis au catholicisme, avant son baptême décisif par saint Rémi à Reims le 25 décembre 498.

Il ne s’agit certes pas du baptême de la France à proprement parler mais ces événements marquent une étape majeure de notre histoire, un tournant qui a vite conduit, dans la logique romaine, à l’union de l’Église et de l’État.



Ecouter la version audio


En 481, Clovis (vers 466-511) devient à 14 ans le roi des Francs saliens, tribu païenne installée par l'empereur Constantin (272-337) et ses successeurs en Belgique seconde, l’actuelle Belgique occidentale.

Clovis représente le pouvoir politique romain dans cette Province, c’est-à-dire à Reims et dans les 12 cités qui en dépendent.

Tous les combats qu’il mène contre les autres peuples germaniques (les Francs rhénans ou les Alamans par exemple) attestent d’une position politique personnelle originale, puisqu’il se comporte en général romain, au service de Rome, alors que cet Empire s’est disloqué et qu’il n’y a plus d’Empereur d’Occident depuis l’an 476.

Au début de son règne, il épouse Clotilde (sainte, vers 475-vers 545, canonisée vers 560, fêtée le 4 juin), une jeune princesse burgonde d’origine estonienne et de religion catholique.

Croyante convaincue, Clotilde cherche dès le début de son mariage à convertir son mari alors que d’autres de ses proches veulent qu’il choisisse l’arianisme (courant de pensée hérétique du nom d'Arius, prêtre d'Alexandrie au début du IVe siècle, visant à approfondir le dogme chrétien de la Trinité).

Clovis qui s’interroge sur la religion ne s’oppose pas à ce que les deux premiers enfants que Clotilde lui donne soient baptisés dans le catholicisme ; mais ils meurent l’un après l’autre dans leur jeune âge, ce qui peut s’interpréter alors comme une punition pour avoir délaissé les dieux de sa tribu.

Voyant que ses guerriers allaient être battus, il promet d’adopter le Dieu de Clotilde s’il sort vainqueur a écrit:

Quelques années plus tard, Clovis reçoit un signe au cours de la bataille de Tolbiac (496).

Mais après cela, il n’y a aucun signe tangible de l’engagement de Clovis dans le catholicisme.

Et Clotilde, constatant que les choses n’avancent pas, s’adresse à l’évêque de Reims.

Le grand saint Rémi (vers 437-533, évêque de Reims) échange à son tour avec Clovis et lui donne une série d’arguments théologiques sur la puissance de Jésus-Christ, sans pour autant convaincre son interlocuteur toujours en recherche.

C’est encore l’hésitation qui domine quand le roi prend dans son entourage un ermite d’origine germanique, Vedastus Vaast, qui deviendra saint Vaast (+ 540, évêque franc, patron d’Arras, fêté le 6 février).

Ils échangent aussi sur les questions religieuses, mais les arguments de saint Vaast ne parviennent pas non plus à séduire assez Clovis pour le conduire à la conversion, pas plus que les quelques échanges qu’il eut avec sainte Geneviève (423-502 ou 512, patronne de Paris et des gendarmes).

Tout change le 11 novembre 498...

Après toutes ces rencontres et ces recherches qui se soldaient par des échecs, Clovis se rend dans le sanctuaire de Saint-Martin (316 ou 317-397, évêque de Tours) à Tours.

Nous apprenons grâce à un texte inspiré par sainte Geneviève, qu’en ce sanctuaire Clovis est touché par le spectacle des miracles de guérisons de maladies psychosomatiques qu’il peut voir, et qui sont décrites avec beaucoup de soin par les recueils de miracles du sanctuaire (que l’on peut retrouver dans les Monumenta Germaniae Historica).

C’est probablement à la vue des guérisons constatées dans la population des mendiants et des malades rassemblés autour du tombeau de saint Martin de Tours, qu’il est définitivement convaincu de la vérité religieuse du catholicisme.

Cette foi qui se traduisait par des actes, était capable de convaincre non seulement les individus mais aussi le peuple.

Cela a sans doute été un argument capital car nous savons grâce à un autre texte qu’à partir de ce jour-là, Clovis promet de se convertir « sans délai ».


Dès lors, il n’y a plus d’obstacle : Clovis reçoit finalement le baptême catholique de saint Rémi, dans la cathédrale de Reims, le 25 décembre 498 (ou peut-être éventuellement en 499 : la date n’est pas absolument sûre).

Clovis a mis six à huit ans à se décider : ce qui montre qu’il s’agit d’une conversion personnelle d’autant plus solide qu’elle a été longuement réfléchie.

Pour Clovis, la foi catholique est une foi choisie volontairement en toute connaissance de cause, loin d’être un acte motivé par des considérations politiques.

Ce baptême était attendu depuis très longtemps.

La lettre de saint Avit nous prouve que devant Clovis se tenaient saint Rémi, mais aussi une grande série d’évêques catholiques de Gaule qui avaient pu se déplacer pour assister au baptême.

Bien que nombreux, tous les évêques de cette Gaule déjà catholique n’étaient pas présents, ceux des territoires ariens, burgondes et wisigoths étant interdits de déplacement par les rois de ces provinces.

Ce baptême est celui d’une personne, le roi des Francs, accompagné de sa première sœur qui était païenne et de son autre sœur qui était arienne.

Il s’agit ici d’un événement capital qui marque la renonciation au paganisme et la renonciation à l’hérésie arienne.

Nous sommes ainsi devant un acte d’une importance majeure qui a des conséquences sur le reste de la population de Gaule.

Même si plusieurs territoires sont encore sous contrôle des Burgondes et des Wisigoths, comme le dit Grégoire de Tours, à partir de cet acte, tout le monde en Gaule souhaitait avec ardeur l’arrivée des Francs.

Clovis a été accompagné dans le baptême par sa garde personnelle : 3000 soldats ont ainsi été baptisés avec lui.

Ce baptême personnel dans la cathédrale de Reims (la cathédrale actuelle a été construite à partir du début du XIIIe siècle) était un choix dangereux.

Comme il risquait d’être assassiné par son peuple, l’engagement de sa garde personnelle était capital !

Le reste du peuple franc n’a pas été baptisé à Reims.

Les Francs se sont convertis au catholicisme de manière progressive, on retrouve la trace de certains de leurs baptêmes au VIe, VIIe et même encore au VIIIesiècle.

Le roi est devenu officiellement catholique, attendant que le reste du peuple fasse de même. Il ne s’agit donc pas historiquement du baptême de la France, ce qui serait un anachronisme grossier, et lors de la célébration du 14e centenaire en 1896, une mauvaise analyse de ces questions a d’ailleurs été faite.

Il s’agit bien d’un acte de conversion personnelle et d’un acte de liberté d’un homme, comme en témoignent par des correspondances saint Avit ou saint Rémi de Reims, etc.

Un acte profondément original par lequel le roi s’est opposé à son entourage pendant des années, ce qui constitue une preuve de la solidité de sa conversion.

Il ne s’agissait pas d’un acte politique comme l'abjuration d'Henri IV (1553-1610) qui aurait dit : « Paris vaut bien une messe » (phrase qui aurait été dite lors des états généraux de 1593 lorsque le roi abjura le protestantisme).


Ce baptême a été un tournant, un cran définitif dans l’évolution du peuple franc : dans la logique romaine et dans l’application du droit romain, le baptême du roi impliquait que l’État devienne lui aussi chrétien, dans la perspective de l’union de l’Église et de l’État, proclamée par Théodose 1er (347-395), empereur romain, par la loi du 8 novembre 392.

Clovis baptisé comme roi, déclencha dans cette logique la proclamation d’un État catholique, qui sera finalement appelé « fille aînée de l’Église », lorsque le Pape reçut Louis XII (1462-1515) au XVIe siècle.

Derrière ce baptême singulier, les événements s’enchaînent et impliquent des conséquences capitales pour la France et pour l’Europe, avec la romanisation et la christianisation programmées d’un peuple d’origine germanique.






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Re: Histoire Chrétienne dans le Monde!!!!

Message par Marie du 65 le Ven 10 Nov 2017 - 10:05

708

LE MONT-SAINT-MICHEL, SIGNE DE DIEU POUR LES HOMMES







Le Mont-Saint-Michel, signe de Dieu pour les hommes, fait retentir depuis 1300 ans la question que pose le nom même de Michel :

« Qui est comme Dieu » ?

Personne, bien-sûr.

Pourtant, par notre baptême nous sommes configurés au Christ.

Qui est comme Dieu ?

Chaque baptisé qui prend au sérieux son baptême doit aspirer à le devenir.

C'est ce que nous rappelle cette pyramide improbable, fruit de la création et du travail (de la foi) des bâtisseurs.


Ecouter la version audio


http://notrehistoireavecmarie.mariedenazareth.com/asset/upload/esc/audio/25.mp3



Depuis des temps immémoriaux trois rochers émergent de cette échancrure située à la frontière de la Normandie et de la Bretagne.

Le mont Tombe, le rocher de Tombelaine et le mont Dol.

Trois pyramides, pas très hautes, mais totalement incongrues dans ce paysage plat où la mer, répondant à l'appel de la lune, vient deux fois par jour recouvrir les immensités sableuses et plates de la grande baie.

Cela pourrait être triste, et parfois c'est le cas, mais le plus souvent c'est surprenant de vie et de couleurs pastel. Le spectacle est permanent.

La beauté à couper le souffle.
La nature nous aide à comprendre intuitivement la puissance et la grandeur du créateur.





Mais Dieu ne s'est pas contenté de créer le ciel, la mer et la terre. Il a voulu y introduire la Vie.

La vie sous toutes ses formes : minérale, aquatique, végétale, animale.

Et, au cœur de cette création, il nous forma Homme et Femme à son image : libres et dotés d'intelligence.

Et pour que l'humanité se souvienne de lui, il privilégia quelques lieux où l'on pourrait le reconnaître, le retrouver.

Le Mont-Saint-Michel et sa baie sont un de ces espaces où Dieu donne rendez-vous à l'homme.

Pour réaliser cela il fallut le rêve d'un évêque :

Aubert, d'Avranches (né en 660, mort vers 725).

Saint homme qu'un archange vint déranger trois fois dans son sommeil en 708 pour lui intimer l'ordre de construire une maison de Dieu sur le mont Tombe.

C’est Michel, prince de la milice céleste, premier des anges, qui s'est chargé de ce travail. «

Qui est comme Dieu ? »

Cette traduction de l'hébreu Mi-Ka-El, hante depuis près de mille trois cents ans le rocher où s'est édifié l'un des sites les plus extraordinaires qu'on puisse voir en Europe : le Mont-Saint-Michel.

La question peut être ressentie comme une menace.

C'est l'archange guerrier qui pousse son cri d'indignation devant l'orgueil et la folie des hommes qui ont, de tout temps, cherché à conquérir le pouvoir d'intimider et de dominer leurs semblables.

De ce point de vue, l'abbaye du Mont-Saint-Michel pourrait être l'expression de cette propension.

D'où vient qu'elle ne provoque pas cette impression ?

Cela tient sans doute à une conjonction de facteurs extrêmement subtils et tout à fait particuliers à cet ensemble qui comprend la baie, le village et l'abbaye.

Ce mélange rare de terre, de mer, de vent, de pierres, cette conjonction étonnante et positive du travail de la nature (les croyants disent de Dieu) et du génie humain empêchent le dérapage des sentiments et permettent d’équilibrer mesure et démesure, grandeur et humilité, gloire et déchéance, spirituel et matériel, univers de création et univers d'achèvement, Dieu et Démon, Michel et Satan.





La magnificence du lieu (classé monument historique en 1862 et patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, l’un des sites les plus visités de France),  la réputation de l'archange, la beauté des constructions ont vite mis en marche de nombreux pèlerins.

Conscients dans leur foi d'avancer vers la « Jérusalem céleste » ; reproduisant au long de leur pérégrination la marche des hébreux dans le désert ; imitant le peuple élu traversant à pied (presque) secs la mer des roseaux.

Passer à travers la mer, n'est-ce pas passer à travers la mort ?

Tout pèlerin revit pour lui-même l'aventure d'Israël.

Il doit s'arracher au quotidien, accepter d'abandonner ses certitudes, ses appuis, ses sécurités.

Il doit faire confiance : la baie est dangereuse, le sable mouvant, la marée rapide.

Et quand il a pris pied sur le rocher, il n'est pas encore au bout de ses peines.

La montée du village est aussi un chemin symbolique.

Le visiteur, sans s'en apercevoir, quitte peu à peu le monde du commerce humain pour celui du « commerce » divin, des nourritures terrestres (symbolisées par la célèbre omelette proposée à l'entrée de la ville), il monte jusqu'aux nourritures célestes.

De la table de l'auberge à la table de l'autel où le pain et le vin deviennent pour les chrétiens corps et sang du Christ.

Le passage d'une table à l'autre n'est pas facile.

Il faut monter sans cesse. D'abord la rue très en pente ; puis les 360 marches du « Grand Degré ».

Pas d'ascenseur, pas d'escalier mécanique, mais quelle récompense que d'entrer dans cette grande forteresse construite pour assumer une triple fonction : être imprenable par quelque force ennemie que ce soit ; être accueillante au pèlerin épuisé qui arrive au terme de sa route ; être resplendissante pour dire la gloire de Dieu et permettre à l'âme de s'élever dans une prière fervente, sous l’œil bienveillant de la statue de saint Michel, qui trône à 170 mètres au-dessus du niveau de la mer.

La baie, le village, l'abbaye du Mont-Saint-Michel témoignent de cette unité créatrice de Dieu et de l'Homme.

Ils signent, par leur histoire, la vocation spirituelle, économique et politique de ce lieu.

Ils invitent le croyant, comme le non-croyant, à se laisser gagner par l'admiration, la contemplation et la jubilation.



Elle est également attentive à la vie spirituelle de la population qui, de tout temps, habite sur le rocher, au pied des murailles de la puissante abbaye-forteresse.

Peuple de pécheurs, peuple de commerçants, peuple d'aubergistes et d'hôteliers…

Le petit cimetière qui jouxte l'église Saint-Pierre est le témoin séculaire de la permanence de cette vie laborieuse et austère.

Aujourd'hui, les pèlerins sont souvent submergés par les touristes.

C'est donc un double accueil qui nous incombe, mais c'est une même et seule mission : comprendre et partager l'héritage de tous ceux qui ont « fait » le Mont-Saint-Michel afin d'être, pour notre temps et les temps futurs, des bâtisseurs de beau, de bon et de bien.



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Re: Histoire Chrétienne dans le Monde!!!!

Message par Marie du 65 le Dim 12 Nov 2017 - 10:48

1221


SAINT DOMINIQUE CONFIE SON ORDRE À LA VIERGE MARIE






Dès sa naissance au XIIIe siècle, la famille religieuse fondée en France par saint Dominique (après 1170-1221), ou Ordre des Prêcheurs, témoigne d’un lien particulier avec la Mère de Dieu.

À partir du XVe siècle, la prédication du Rosaire donne un nouvel élan marial au monde chrétien.



Contre les hérésies.

En 1203, l’évêque castillan Diègue d’Osma et son chanoine Dominique découvrent l’ampleur et la gravité des dissidences religieuses qui ont pris racine sur les terres du comte de Toulouse et de ses voisins, dans tout le Sud-Ouest de la France actuelle.

À partir de 1206, les deux hommes parcourent la région délimitée par les Pyrénées, au Sud, et les villes d’Albi, de Toulouse et de Montpellier, à l’Ouest et au Nord.

L’unité de l’Église est mise à mal dans ces contrées par l’hérésie des « parfaits », appelés ultérieurement et de manière inadéquate « cathares », remettant en cause toutes les grandes croyances de la chrétienté médiévale (unicité de Dieu, hiérarchie de l’Église, sacrements).

Les deux Espagnols investissent toutes leurs forces dans une campagne de prédication humble et itinérante.

La tâche est rude.

En 1208, l’assassinat du légat du pape Pierre de Castelnau sur les rives du Rhône a entraîné la « croisade des Albigeois », conduite par le roi de France et les grands seigneurs, non sans arrière-pensées politiques.

Au cœur de ces terres ravagées par l’hérésie et la guerre, sans prendre part à la croisade, Dominique regroupe pourtant à Prouilhe (actuelle commune de Fanjeaux, Aude) des femmes, naguère « parfaites », revenues dans la pleine communion ecclésiale pour y mener une vie de type monastique.  





Des Frères itinérants.

En 1217, Dominique de Caleruega décide de disperser la quinzaine de Frères qui l’ont rejoint à Prouilhe (puis à Toulouse) afin d’y mener une vie de prêcheurs itinérants.

Après avoir obtenu l’approbation de l’évêque de Toulouse, Foulque, puis les encouragements des papes Innocent III et Honorius III, Dominique offre ainsi à l’Église et à ses pasteurs l’aide de prédicateurs bien formés intellectuellement, assoiffés du Salut des hommes et désireux pour cela de porter l’Évangile à ceux qui ne le connaissent pas, comme de conforter dans leur foi ceux qui faiblissent ou fatiguent.

Dominique sait que « les semences dispersées portent du fruit et qu’entassées elles pourrissent », précise la légende de Pierre Ferrand.

Pauvres et mendiants, ses fils sont disponibles pour aller là où on les appelle.

L’Ordre des Prêcheurs naissant (on parlera ultérieurement de Dominicains) prend donc une dimension internationale en envoyant des Frères à Paris, à Rome puis à Bologne (nord de l’Italie), en Espagne et bientôt jusqu’aux confins du monde habité.

La Vierge Marie accompagne les compagnons de Dominique sur les routes et dans leurs prédications.

C’est sous le patronage de Notre Dame qu’est placé le monastère de Prouilhe, au pied de la colline de Fanjeaux.

Lors du procès de canonisation, un témoin affirme que sur les routes d’Italie, Dominique « toujours joyeux dans les tribulations, louait et bénissait le Seigneur en chantant à haute voix l’Ave maris stella ».  

Une protectrice spéciale.

C’est grâce à une intervention miraculeuse de la Vierge Marie qu’un ecclésiastique de haut-rang, Réginald d’Orléans (o.p., † 1220), guérit de la maladie qui l’avait frappé alors qu’il hésitait à délaisser sa carrière universitaire pour embrasser une vie de prédication et de pauvreté.

L’épisode est rapporté par Jourdain de Saxe, premier successeur de Dominique, dans un Petit livre sur le commencement de l’Ordre.

Comme un bon médecin, la Mère du Seigneur vint lui faire des onctions salvatrices de la tête aux pieds en disant :

« J’oins tes pieds avec l’huile sainte, pour qu’ils soient prêts à annoncer l’Évangile de paix. »

C’est l’invitation de l’apôtre saint Paul dans l’épitre aux Éphésiens (VI, 15). Remis debout, vêtu de l’habit blanc des Prêcheurs, Réginald est envoyé par Dominique à Bologne où il prêche avec grand succès.

En 1221, à quelques mois de sa mort, Dominique se voit confier une nouvelle mission par le pape Honorius III.

Il doit convaincre les moniales de plusieurs monastères romains de se rassembler dans un couvent jouxtant la basilique Saint-Sixte de Rome (Italie), le long de la via Appia, pour y vivre en suivant la règle établie à Prouilhe.

La communauté de Sainte-Marie in Tempulo résiste. Les Sœurs refusent de s’établir ailleurs si elles ne peuvent emporter avec elle l’image de la bienheureuse Vierge qu’elles vénèrent. Dominique y consent : il comprend et partage cet attachement des Sœurs.

Celles-ci déménagent le 28 février 1221 et l’image de la Vierge est apportée à Saint-Sixte la nuit qui suit leur entrée dans leur nouvelle clôture.

On craint en effet les réactions de Romains réticents devant cette translation.

Mais la discrétion du transfert n’exclut pas la ferveur et la confiance en Marie.

Une moniale, témoin de l’épisode, raconte que « le bienheureux Dominique, accompagné de deux cardinaux : le seigneur Nicolas et le seigneur Étienne, dont il avait ressuscité le neveu, et d’une foule considérable, tous pieds nus, escortés de nombreux porteurs de torches, la portait sur ses épaules à l’église de Saint-Sixte. Les sœurs, pieds nus, l’attendaient en prière ».  





Marie, avocate.

Sœur Cécile, moniale romaine de Saint-Sixte et contemporaine de Dominique, relate encore une vision de l’homme de Dieu qui confirme la protection spéciale de la Vierge Marie sur l’Ordre des Prêcheurs.

Une nuit, après avoir prié longuement dans l’église déserte, il se rend à l’extrémité du dortoir des Frères pour continuer son oraison.

Trois dames s’approchent.

La plus belle et la plus digne porte un vase de prix

. Une de ses compagnes lui tend un aspersoir avec lequel elle bénit chacun des Frères endormis en traçant sur lui le signe de la croix.

Prosterné devant elle, Dominique lui demande son nom :

« Je suis celle que chaque soir vous invoquez, et lorsque vous dites :

Eia ergo, advocata nostra (NDLR : « Ô vous, notre Avocate », paroles du Salve Regina), je me prosterne devant mon Fils pour la conservation de cet ordre », répond la Vierge. Très tôt, le chant du Salve Regina marque la fin de la journée des Dominicains.  





La Mère des Prêcheurs.

Revenu à sa prière, poursuit sœur Cécile, Dominique est ravi en esprit devant Dieu.

La Vierge Marie est assise à sa droite, vêtue d’une chape de couleur saphir. Des religieux de tous les ordres contemplent le Seigneur et sa Mère mais on n’y voit pas de Prêcheurs. Dominique pleure amèrement.

Marie et son Fils l’appellent et lui demandent les raisons de sa tristesse. « Veux-tu voir ton ordre ? », lui demande Jésus.

« Oui, Seigneur », répond Dominique en tremblant. Et, raconte la moniale, « le Seigneur mettant la main sur l’épaule de la bienheureuse Vierge, dit au bienheureux Dominique : j’ai confié ton ordre à ma mère.

» La Vierge ouvre alors la chape qui la couvrait, si vaste « qu’elle semblait couvrir toute la patrie céleste » et, abritée dans les plis de ce manteau, Dominique voit une grande multitude de Frères.

« La bienheureuse Vierge Marie fut l’aide principale dans la fondation de l’Ordre, et l’on espère qu’elle le conduira à bon port », écrit Humbert de Romans, quatrième successeur de saint Dominique

. La Mère du Verbe est aussi la Mère des Prêcheurs.  





Et la prière du Rosaire ?

Le mot rappelle une guirlande de roses dont on couronne la Vierge Marie.

Ces fleurs sont en réalité chacune des prières que le croyant récite pour méditer les mystères de la vie du Christ en unissant sa prière à celle de sa Mère.

Depuis l’époque moderne jusqu’à nos jours, d’innombrables images représentent la Vierge donnant un chapelet à saint Dominique avec mission pour lui de le répandre à profusion.


Déjà au XIIIe siècle, des Frères répétaient des Je Vous Salue Marie, généralement par multiple de dix, en accompagnant cette salutation d’inclinations, de génuflexions, de prostrations.

Le bienheureux Romée de Livia (o.p., † 1261), qui avait connu personnellement saint Dominique, fut enterré, d’après le témoignage de Bernard Gui (o.p., 1261-1331), tenant à la main la cordelette à nœuds qui lui servait à compter les 1000 Ave Maria dont il saluait chaque jour la Vierge.

Au XVe siècle, un Dominicain enthousiaste et inventif, Alain de la Roche (vers 1428-1475), met définitivement en forme le Rosaire.

Il a l’idée de faire de la récitation du psautier de la Vierge, composé de 150 Ave entrecoupés de Pater, l’obligation principale de la Confrérie de la Vierge et de saint Dominique qu’il fonde à Douai (actuel département du Nord) en 1470. Le succès est immédiat et, depuis lors, rosaire, chapelet, dizainier accompagnent la vie des chrétiens.

La méditation des mystères joyeux, douloureux, glorieux de la vie du Seigneur et de sa Mère permet de lire l’Évangile avec les yeux de Marie.

En 1571, c’est à l’intercession de Notre Dame du Rosaire que le pape dominicain saint Pie V attribue la victoire remportée le 7 octobre à Lépante (Grèce) par les princes chrétiens opposés aux Turcs ottomans.

Le 16 octobre 2002, par sa lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, saint Jean-Paul II enrichit le cycle des mystères en instituant des mystères lumineux.  




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Re: Histoire Chrétienne dans le Monde!!!!

Message par azais le Dim 12 Nov 2017 - 12:19

 le grand Maitre  sur l'hérésie  et bien saisir ce que ce mot recouvre en réalité 
 c'est St Irénée 


Bien entendu nous avons tous entendu parlé de ce qu'est l'hérésie, je ne voyais pas l'importance d'une explication ici, donc, voici un lien qui est plus approprié pour celles et ceux qui ne saurait pas ce que veut dire "hérésie"


Extrait

Rejetant la vérité, certains introduisent des discours mensongers et « des généalogies sans fin, plus
propres à susciter des questions», comme le dit l'Apôtre, «qu'à bâtir l'édifice de Dieu fondé sur la foi ».


Prie



Par une vraisemblance frauduleusement agencée, ils séduisent l'esprit des ignorants et les réduisent à leur
merci, falsifiant les paroles du Seigneur et se faisant les mauvais interprètes de ce qui a été bien exprimé.


diablo



Ils causent ainsi la ruine d'un grand nombre, en les détournant, sous prétexte de «gnose», de Celui qui a
constitué et ordonné cet univers : comme s'ils pouvaient montrer quelque chose de plus élevé et de plus
grand que le Dieu qui a fait le ciel, la terre et tout ce qu'ils renferment !


Shocked


De façon spécieuse, par l'art des
discours, ils attirent d'abord les simples à la manie des recherches ; après quoi, sans plus se soucier de
vraisemblance, ils perdent ces malheureux, en inculquant des pensées blasphématoires et impies à
l'endroit de leur Créateur à des gens incapables de discerner le faux du vrai.



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Re: Histoire Chrétienne dans le Monde!!!!

Message par Marie du 65 le Lun 13 Nov 2017 - 10:05

1253

CLAIRE D’ASSISE, L’AUDACE D’UNE FEMME LIBRE








À l’âge de 18 ans, Claire d’Assise (1193-1253) renonce à son héritage et quitte sa famille par amour du Christ pauvre et humilié pour vivre dans la pauvreté à la manière de saint François d’Assise.

Retirée dans le petit couvent de Saint-Damien (San Damiano, au sud de la vieille ville d’Assise, en Ombrie, Italie centrale), elle devient la Sœur et la Mère d’une communauté de femmes qui deviendra au fil des siècles une immense famille religieuse, celle des Clarisses.


Une enfance aisée.

Claire naît à Assise en 1193 d’une illustre lignée, les Offreduccio.

Son père Favarone est chevalier.

Sa mère Ortolona est aussi de naissance honorable, elle est pieuse et a fait le pèlerinage outremer vers des lieux saints.

Alors qu’elle est prête à accoucher, elle reçoit la promesse de ne pas craindre car elle donnera la vie à une lumière qui illuminera très clairement ce monde.

C’est ainsi que la petite fille reçoit le prénom de Claire (d'origine latine, il dérive de l'adjectif « clarus », qui donne au féminin « clara », signifiant éclatant, brillant).

Celle-ci passe son enfance et son adolescence dans un milieu familial aisé, mais l’enfant pourvoie volontiers aux besoins des pauvres.

Parvenue à l’âge où les jeunes filles se marient, elle refuse tous les hommes que ses parents lui présentent, voulant se garder pour le Christ.

La conversion de François.

En 1206 sur la place publique, en présence de l’évêque, François Bernardone renonce avec fracas à la fortune de son père, prend l’habit des pénitents et s’en va sur les routes prêcher l’Évangile.

Claire entend parler de François, elle va l’écouter durant le carême de 1210 puis le rencontre.
Celui-ci l’engage à se convertir à Jésus-Christ et lui montre le chemin parcouru par le Fils de Dieu qui s’est fait homme, a été humilié, a souffert et a été crucifié.





La conversion de Claire.



Le soir du dimanche des Rameaux de 1211 (certains disent 1212), Claire quitte la maison paternelle avec l’approbation de l’évêque Guido qui, à la messe du matin, lui a remis lui-même la palme (remplacée en France par du « buis »).

Elle doit d’abord déblayer seule une porte obstruée par des poutres et des pierres, franchir grâce à une complicité la porte de la ville fermée à cette heure tardive, et rejoindre avec une escorte de Frères la chapelle de Sainte-Marie-de-la-Portioncule (la « petite partie »).

Cette humble chapelle est aujourd’hui comprise dans la nef de la basilique Sainte-Marie-des-Anges d’Assise, construite à l’époque moderne.

Là, auprès de l’autel de la Vierge Marie et sous sa protection, François coupe les cheveux de Claire et la consacre à Dieu.

La biographie primitive rédigée par Thomas de Celano (vers 1190-vers 1260, franciscain italien, premier hagiographe de François et de Claire d'Assise) nous décrit l’événement avec un peu d’emphase :

« Il n’aurait pas convenu qu’au soir des temps, l’Ordre de la virginité florissante soit suscité ailleurs que dans le sanctuaire de celle qui, la première et la plus digne entre toutes, seule fut mère et vierge.

C’est là le lieu où la nouvelle milice des pauvres, sous la conduite de François entamait ses heureux débuts : ainsi sembla-t-il évident que la Mère de Miséricorde enfanta l’une et l’autre religion en son hôtellerie. » Claire est ensuite conduite par François au monastère des bénédictines de Bastia (à l’ouest d’Assise) puis, quelques jours plus tard, à Saint-Angelo de Panzo (au sud-est d’Assise) où sa jeune sœur Agnès la rejoindra.

Elles affrontent toutes les deux avec courage la violente opposition des membres de leur famille.

Un peu plus tard, Claire et Agnès se rendent à Saint-Damien, la petite église restaurée par saint François.

Là, elles commencent leur vie de sœurs pauvres bientôt rejointes par d’autres compagnes. L’ordre des Pauvres Dames, plus tard dit des Clarisses, était né.

La vie à Saint-Damien.

Le procès de canonisation qui se déroule trois mois après la mort de Claire et dont les témoignages ont été retrouvés nous donne des informations précieuses sur la vie de Claire et de ses Sœurs au monastère de Saint-Damien.

Les Sœurs qui ont vécu avec elle durant de très nombreuses années, pour certaines plus de 40 ans, apportent leurs témoignages sur sa vie, sa conversion et sa conduite.

Il en ressort que Claire a mené une vie au plus près de l’Évangile, passant de longues heures en prière.

Elle est fascinée par le Christ et n’a de cesse de lui rendre amour pour amour.

Claire est une femme passionnée qui veut suivre le chemin de pauvreté emprunté par François, elle s’y donne corps et âme et y laisse sa santé. Elle doit rester plus ou moins alitée pendant 20 ans.

Ce qui ne l’empêche pas de filer et de faire faire ensuite dans un tissu très fin des linges d’autel pour les églises des environs d’Assise.





Des guérisons et des miracles.

Claire sert ses Sœurs, surtout les malades, avec beaucoup d’amour.

On rapporte plusieurs guérisons qui ont eu lieu grâce à sa prière, ainsi celle de Sœur Bienvenue qui avait une grande plaie sous le bras, ou celle de Sœur Christiane qui était atteinte de surdité, ou celle encore de Sœur Aimée qui était gravement malade d’hydropisie, de fièvre, de toux et avait une douleur au côté.

Pour cette dernière, Claire fit un grand signe de la croix avec sa main et aussitôt elle la libéra. La vie à Saint-Damien est rude.

Les Sœurs n’ont pas toujours de quoi manger. Il arrive que les produits de première nécessité viennent à manquer.

Les Sœurs s’affolent mais Claire remédie au manque par la confiance, et le Seigneur comble ses servantes.

Il faut relire le témoignage de Sœur Cécile, le VIe témoin, qui explique que les Sœurs n’avaient plus qu’un demi-pain et que néanmoins Claire commande d’en couper cinquante tranches et de le porter aux Sœurs.

Incrédule, la sœur rétorque :

« Pour que, de cela on fasse cinquante tranches, il faudrait ce miracle du Seigneur, des cinq pains et des deux poissons », mais Claire lui dit :

« Va et fais comme moi, je te dis », et le Seigneur multiplia ce pain de telle sorte que sœur Cécile en fit cinquante tranches bonnes et grandes comme sainte Claire lui avait commandé.

La mort de François.

En 1226, Claire est gravement malade et François aussi.

Le 4 octobre, elle apprend avec une très grande peine la mort de son saint père François qui était « sa colonne, son unique consolation après Dieu et son appui » (Testament de Sainte Claire, §11).

Désormais, elle est bien seule pour défendre l’idéal de pauvreté auquel tous les deux ont cru.

Face à Grégoire IX (pape de 1227 à 1241) qui veut lui faire accepter des possessions, elle s’oppose de toutes ses forces.

Finalement le 17 septembre 1228, le Pape concède à Claire et à ses sœurs le privilège de la pauvreté.

Protégées par la prière

Vers 1240-1241, la vie à Saint-Damien n’est pas sans danger en ces temps où le Pape et l’empereur germanique Frédéric II se font la guerre.


Sœur Bienvenue, Sœur Philippa et d’autres Sœurs ont eu la peur de leur vie en voyant les Sarrasins franchir le mur du monastère et descendre dans le cloître.

Claire qui est alitée dit à ses Sœurs et filles :

« Ne craignez pas, car ils ne pourront pas nous nuire. »

Elle se met aussitôt en prière et le danger cesse. L’année suivante, la ville d’Assise est menacée, cette fois encore grâce à sa prière Claire réussit à faire fuir les soldats qui ne causeront aucun dommage.





Ses écrits.

Claire d’Assise est une des rares femmes du Moyen-Âge dont les écrits ont été conservés. Ces textes sont rédigés en latin.

Dès 1234, elle entre en contact avec Agnès de Prague, princesse de sang royal qui a connu la vie évangélique de Saint-Damien par les Frères mineurs arrivés à Prague, et qui voudrait elle aussi consacrer sa vie à Jésus-Christ.

Claire lui écrit à plusieurs reprises pour l’encourager dans cette voie.

Quatre de ses lettres sont parvenues jusqu’à nous.

Dans cette correspondance, on sent l’amour de Claire pour le Christ et son désir qu’Agnès aime aussi le Christ plus que tout et le contemple sans cesse. Elle lui donne ce conseil :

« Attache-toi à sa très douce Mère qui enfanta un fils tel que les Cieux ne pouvaient le contenir et qu’elle-même, cependant, recueillit dans le petit enclos de son ventre sacré et porta en son sein de jeune fille » (3e Lettre à Agnès 18, 19).

Vers Jésus avec Marie.

Outre les lettres à Agnès, Claire est la première femme à avoir écrit une règle qui sera approuvée par le pape Innocent IV, peu de jours avant sa propre mort.

Cette forme de vie reprend ce que Claire et ses Sœurs vivent à Saint-Damien.

Ce qui lui tient le plus à cœur, c’est la vie en très haute pauvreté que ses Sœurs maintiendront du mieux qu’elles le pourront.


Il est à remarquer que lorsque Claire dit qu’elle veut suivre la pauvreté du très haut Seigneur Jésus-Christ, elle associe toujours la Vierge, sa Mère.

À quatre reprises dans la règle, nous trouvons cela. Il en est de même dans son testament. Citons comme exemple :

« Par amour de l’Enfant très saint et bien-aimé, enveloppé de pauvres petits langes, couchés dans une crèche, et de sa Très Sainte Mère, j’avertis, je supplie et j’exhorte mes Sœurs à toujours se vêtir de vêtements vils » (Règle de Claire 2, 24). Pour Claire, la Vierge Marie est la Mère qu’elle ne dissocie jamais de son Fils, le très haut Seigneur Jésus-Christ.

Elle vit d’une spiritualité christique et près du Fils, elle rencontre Marie sa Mère.





Dies natalis, 11 août 1253.


Le lendemain de la fête de saint Laurent, le Seigneur vient chercher sa fidèle épouse âgée de 59 ans.

La Sœur qui la veille voit de ses yeux de chair la Vierge Marie venir à son chevet.

Thomas de Celano raconte :

« Voici qu’entre une foule de vierges en vêtements blancs, qui portaient toutes sur la tête des couronnes d’or.

Parmi elles, avance une vierge plus éclatante que les autres, dont la couronne, offrant à son sommet l’apparence d’un encensoir ajouré, rayonne d’une splendeur si grande qu’elle change en lumière du jour la nuit régnant à l’intérieur de la maison.

Elle avance vers le petit lit où était couchée l’épouse du Fils et s’inclinant sur elle avec un très grand amour, elle lui donne une douce étreinte. » C’est ainsi que la bienheureuse Claire est passée de ce monde au Père.

La naissance d’une sainte.

Le pape Innocent IV, présent à Assise, célèbre lui-même les obsèques de Claire, avec les prélats de la Curie.

Deux années plus tard, le 15 août 1255, elle est canonisée par le pape Alexandre IV en la cathédrale Santa Maria d'Anagni.

Presque simultanément, commencent les travaux d'une église à Assise, la basilique Sainte-Claire destinée à honorer la sainte.

En 1260, le corps de sainte Claire est transféré dans cette église et il n’en bougera pas.

Actuellement ses ossements sont dans un reliquaire déposé sous le gisant de cire que vénèrent les pèlerins.  

Claire d’Assise a été proclamée patronne de la télévision dans le monde par Pie XII le 14 février 1958.

En effet, une nuit de Noël, clouée au lit depuis près de 30 ans, elle aurait vu et entendu la messe chez les Frères, donc bien loin de son lieu d'alitement.

Elle est aussi la patronne des télécommunications, des brodeuses, des lavandières, des blanchisseurs et des repasseuses.

Grâce à son nom, et parce qu'elle aurait eu, sur son lit de mort, la vision de ses obsèques, elle est aussi la patronne des aveugles.  









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Re: Histoire Chrétienne dans le Monde!!!!

Message par Marie du 65 le Mar 14 Nov 2017 - 8:53

1270

SAINT LOUIS ET LE PRINTEMPS DE LA FRANCE







Cinquième enfant de Louis VIII (+ 1226) et de Blanche de Castille (+ 1252), Louis IX naît le 25 avril 1214.

Baptisé à Poissy (actuel département des Yvelines), il devient à douze ans le 44e roi de France.

Patron du diocèse aux armées et de sa cathédrale, il est également invoqué comme patron de la France, notamment le 25 août, jour où l’on célèbre l’anniversaire de sa mort.

Louis, dit le « Prudhomme », meurt au cours de la dernière croisade à Tunis en 1270, après 43 ans de règne.

Il est canonisé par le pape Boniface VIII dès 1297.

Une fois que nous sommes accordés sur les faits de l’histoire, sur leur interprétation, sur le besoin d’en faire mémoire pour disposer du présent, pour préparer le futur, pourquoi s’attarder à cet homme du passé ?

Qu’il s’agisse de saint Louis ou d’autres, sur quoi repose notre attachement ?

C’est une loi générale : les saints ne sont jamais réductibles à leur époque.

Un saint ne se laisse pas figer dans son siècle.

S’il est décalé par rapport à notre temps, c’est un décalage vers l’avenir : il nous attend au tournant suivant.

Aimable, il nous tend la main, mendiant notre cœur.  

Donnons à nouveau notre affection à saint Louis, roi de France.

Essayons de lui ouvrir notre cœur ainsi que nous le faisons pour un ami, lui confiant nos peines, nos joies, l’associant à notre mission, cherchant à le connaître avec bienveillance.

À cette condition, il nous livrera quelques secrets de sa sainteté.

Car connaître le secret d’un ami, c’est autre chose que de scruter les détails de son existence, à la façon d’un historien.

Le secret partagé crée une intimité profonde entre deux êtres.

Avec eux, quelque chose de la gravitation du Christ nous entraîne vers Dieu.  


Dans son ouvrage Saints de France (paru chez Boivin, 1ère édition 1951), Henri Pourrat touche à ce secret avec une rare virtuosité.

Il plante le décor :

« Avec lui, le royaume entre dans son printemps », et d’ajouter :

« En cette aurore du XIIIe siècle, toute la pensée grandit. »

Louis IX naît avec Bouvines (27 juillet 1214), l’éclatante victoire de son grand-père Philippe Auguste (+ 1223).

Mais la redistribution politique ne vaut pas tant que la floraison printanière d’idées nouvelles.

Louis reçoit à sa table deux Docteurs de l’Église, saint Bonaventure et saint Thomas d’Aquin (+ 1274).

Cette vitalité de l’esprit, bientôt écrite dans la politique et les mœurs, cette sève neuve, cette fièvre du cœur, cette vague de la pensée coïncident avec le roi saint Louis et lui avec elle.

Un pareil printemps soulève l’enthousiasme, le goût de l’aventure et des folles équipées.

Quand les feuilles voltigent et que notre mental erre, sous l’ombre nostalgique sécrétée par l’automne, une telle incarnation de la (re)naissance nous gonfle d’espérances nouvelles.

Je ne parle pas tant de la saison que de notre société, où la chute des valeurs produit l’odeur des cimetières.

Notre époque accueille des esprits émoussés, fades, gavés de politiquement correct.
Des êtres qui se veulent supérieurs sans foi ni loi, moi je...est leur Parole de chaque jour.


Pouvons-nous connaître, à notre génération, une telle pulsation de l’esprit ?

Quelle nouveauté, quelle poussée, quelle grandeur nouvelles tendent nos énergies ?

Une fin de race n’attire pas.

Un point de croissance ne fascine pas.

Les projets qu’on nous présente ne portent même plus de promesses.

Il nous reste l’épaisseur maigrichonne du train-train quotidien.

Heureusement, l’Évangile reste un prodigieux défi…  





« Le plus fier chrétien que les païens eussent jamais connu », confie le sire de Joinville, conseiller du roi, à ses Mémoires.


Parmi les regards sur saint Louis, on en trouve un qui fait le lien par-dessus les autres, c’est celui sur son christianisme.

Au fond et à la cime de ses actions, il y a le chrétien.

Son baptême aboutit à la sainteté.

Mais il lui fournit d’abord l’unité de sa vie.

Ce fameux dénominateur commun qui manque à notre vie sectorisée, Louis le trouve dans son baptême.

De l’extérieur, les païens sentent et admirent la cohérence du roi.

Ils ne jugent pas d’abord sa sainteté : pour l’estimer, il faut cette aimable confrontation entre les actes et l’Évangile que l’Église seule est habilitée à mettre en place.

Mais les incroyants goûtent l’unité de l’homme.

« Fier », indique la densité aimable, le rayon noble au parcours tranquille.

La fierté éveille l’admiration sans la rechercher.

Cette reconnaissance par les païens importe autant que la canonisation par l’Église.

Elle chante le regard du païen sur l’homme juste.

Elle dit ce à quoi il est sensible.

Elle peut le déterminer à chercher « l’Unique ».

En ce sens, saint Louis n’est pas seulement un exemple de piété mais un prototype du témoin.  

« Tant qu’il put il choisit de faire la paix » (Henri Pourrat dans Saints de France).

Formé aux armes, faiseur de croisade, combattant de première ligne, il n’idéalise pas la guerre.

Elle n’est jamais un but en soi.

Bien qu’à l’époque il faille gagner sa valeur à coups d’épée, le cœur de Louis IX voit plus loin que le bout de son arme.

La guerre fait peut-être la valeur d’un chevalier, mais seule la paix fait le bonheur d’un pays.

Il est difficile de trancher au sujet du saint roi : de la paix ou de la justice, on ne sait laquelle il préfère.

« Par son amour de la justice, il se fait tant aimer, que, sans être ses sujets » (Henri Pourrat dans Saints de France), des Lorrains et Bourguignons lui demandent de leur faire droit.

La postérité lui a fait un trône sous un chêne pour y rendre la justice.

Certainement, l’histoire ne se trompe pas, à ceci près que saint Louis s’assoit à même le sol.

C’est moins gracieux pour les images, mais cela correspond mieux à son style, absolument royal.

Il est vrai aussi que la paix le hante, avec le roi d’Angleterre, avec ses grands barons, avec le sultan d’Égypte.

Les deux vertus nous parlent : nous les posons l’une sur l’autre car la justice forme le socle de la paix.  

La compétence donne des droits que la filiation n’impose pas

À ceux qui croient plus volontiers à la valeur de la naissance qu’à celle des mérites, il réplique comme à son fils Philippe :

« Beau fils, vraiment j’aimerais mieux qu’un Écossais vint d’Écosse qui gouvernât bien et loyalement, que tu gouvernasses mal en point et en reproches. »

Toujours la même recherche de la justice.

La compétence donne des droits que la filiation n’impose pas.

On imagine, derrière ces mots de paix, justice et compétence, l’immense liberté du souverain.

Quand on a le pouvoir de faire et de défaire pour un peuple tout entier, on s’acharne à faire le bien et à défaire le mal.

Et tant pis pour les courtisans payant en flatterie ce qu’ils doivent en bonne monnaie.

Seulement voilà : au XIIIe siècle, on fait la différence entre le bien et le mal, entre ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, entre ce qui unit et ce qui divise, entre le bien personnel et le bien commun.

C’est peut-être en cela que l’époque du saint roi élève et dynamise.

De sa liberté, il est encore question dans ses rapports avec les gens d’Église.

Il ne cesse de surprendre.


Tandis que la croix et la bannière voguent ensemble, liées comme elles peuvent l’être dans le monde chrétien, on s’attend de la part de saint Louis à une obéissance méticuleuse, servile à force d’être respectueuse.

Il n’en est rien.

Sa vénération pour le mystère du prêtre ou de l’Église ne lui ôte aucune part de son discernement.

Prenons un exemple. Louis fait vœu de conduire une croisade lors d’une grave maladie (presque à sa mort).

Guéri, il veut tenir sa promesse ; mais sa mère, Blanche de Castille, ne l’entend pas ainsi.

Elle fait intervenir l’évêque de Paris pour s’opposer à son départ.

Ce dernier montre que son vœu, fait dans le délire, ne l’oblige pas.

« Bon, dit le roi, je ferai donc à votre volonté. »

Il rend sa croix à l’évêque.

Mais aussitôt :

« Et maintenant, suis-je en délire ?

Eh bien, c’est maintenant que je vous demande de me donner la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ ! »

Ces libres chevaliers de France n’abdiquent pas leur liberté. La rectitude de leur foi ne la ronge pas.

Elle l’amplifie. Est-il meilleur témoin de la liberté évangélique, au croisement du respect et de la responsabilité ?
       




Sa façon d’être roi le rattache au saint roi David bien mieux qu’une généalogie hasardeuse.

Le roi dans la Bible règne en pasteur et père.

Il ne suffit pas au pasteur de conduire le peuple.

Il s’assimile à lui, il ne fait qu’un avec lui.

En Égypte, alors que la famine et la peste poussent à la retraite, on veut obliger le roi épuisé à s’embarquer avec les autres malades.

Mais il entend rester le dernier.

Un de ses frères, le comte d’Anjou, lui reproche de retarder le mouvement :

« Comte d’Anjou, si je vous suis à charge, débarrassez-vous de moi.


Mais je n’abandonnerai jamais mon peuple. »

Un peu plus tard, fait prisonnier des Sarrazins, il apprend que les riches négocient séparément leur rançon.

Aussitôt, il leur interdit ces marchés pour que les pauvres ne restent pas seuls en captivité :

« Je prends tout sur moi et veux être chargé de payer du mien propre le rachat de tous. »

C’est le roi-pasteur selon le cœur de Dieu. Devant Mansourah, alité mais entendant le feu grégeois déchirer les airs pour tomber sur son armée, il soupirait :

« Beau sire Dieu, gardez-moi mes gens ! »

Henri Pourrat ajoute :

« Le suzerain se doit même de former les cœurs de ses gens. »

Le sire de Joinville en est un témoin remarquable. Au roi qui lui demande s’il est préférable d’attraper la lèpre que de commettre un péché mortel, Joinville répond avec sa franchise habituelle qui lui semble préférable d’avoir commis trente péchés mortels que d’être attaqué par la lèpre.

C’est qu’il connaît ce qu’est la lèpre.

Elle tue mais d’abord elle rogne, elle ronge, elle grignote.

Saint Louis le reprend avec douceur mais précision.

Il le traite de « hâtif musard ».

Charles Péguy ne manque pas de commenter cette scène exemplaire.

Il vaut mieux attraper trente fois la lèpre que de commettre un péché mortel.

En d’autres circonstances, il éduque le même Joinville à l’humilité, le pressant de laver les pieds des pauvres.  


Tant de traits parlent de son secret qu’il nous faut conclure ici :

« Le héros, ni le grand roi n’y eussent pas suffi.

Il y fallait le saint.

Mais cette leçon, le roi Louis la tient du Christ » (Henri Pourrat dans Saints de France).

Très Bonne Leçon à Méditer....







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Re: Histoire Chrétienne dans le Monde!!!!

Message par Marie du 65 le Mer 15 Nov 2017 - 12:29

1274
THOMAS D’AQUIN, UN SAVANT ET UN SAINT







Saint Thomas d’Aquin (1225-1274) est un théologien catholique italien, doué pour la philosophie, grand contemplatif de la Vérité, le Verbe de Dieu.

Une réelle symphonie se manifeste entre sa vie mystique et son esprit scientifique.

La devise dominicaine « Contemplata aliis tradere » (« Transmettre aux autres les réalités contemplées ») découle de cette vie évangélique.


Un enfant précoce.

Alors que les demoiselles du Château de Roccasecca (région du Latium, Italie centrale) n’y arrivent pas, sa mère, Théodora, force le petit Thomas âgé de trois ans tout au plus à ouvrir sa main droite serrée : elle y trouve un papier replié.

Intriguée, elle le déplie :

elle y lit la salutation angélique en latin !

« Ave Maria gratia plena… » (« Salut Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre les femmes et béni le fruit de ton ventre Jésus »).

Nous sommes vers l’an de grâce 1229, à la frontière entre les États pontificaux et le Royaume des Deux-Siciles dont le roi est aussi l’empereur du Saint-Empire romain germanique, le terrible Frédéric II qui sera deux fois excommunié par l’Église pour ses mauvaises actions.

Selon un usage médiéval, cet enfant précoce est donné à l’abbaye bénédictine du Mont-Cassin (Cassino, Italie centrale) où saint Benoît a terminé sa vie au Ve siècle, un lieu prestigieux dont la famille d’Aquin espère un jour hériter des bénéfices.

Ce petit prodige, Thomas, de famille noble, ne pourrait-il pas devenir un jour abbé du Mont-Cassin ?  





La découverte des « Frères Prêcheurs ».

Thomas posera une question embarrassante aux moines :

« Qu’est-ce que Dieu ? » (« Quid est Deum ? »)

Il mettra toute sa vie à y répondre lui-même, en élaborant une théologie pleinement chrétienne à partir de la sagesse acquise de la philosophie réaliste et de celle reçue par la révélation biblique.

Mais les événements bousculent ce havre de prière et de travail : à partir de 1239, Frédéric II menace le Mont-Cassin. Après neuf ans passés comme oblat dans cette abbaye bénédictine, Thomas est envoyé par ses parents en un lieu qui leur semble sûr pour poursuivre ses études, plus au Sud, au Studium regni (qui n'est pas encore une université, mais une académie locale), à Naples.

C’est un double éblouissement qui y attend le jeune homme : la philosophie d’Aristote dispensée par de vrais maîtres et la découverte d’un mode de vie tout nouveau, celui de cet ordre religieux que l’on nommera plus tard les Dominicains.

Thomas est doublement conquis par leur enseignement et par leur vie régulière.

Il ne voudra plus séparer deux quêtes : vérité et mendicité, et décide de prendre l’habit des « Frères Prêcheurs », ainsi qu’ils sont aussi appelés.  

Un attachement fort à l’habit blanc.

La famille d’Aquin, qui voit toujours Thomas à la tête du Mont-Cassin, s’y oppose vertement, bien qu’il dépasse les 18 ans.

Le Maître de l’Ordre des Prêcheurs préfère éviter le conflit et envoie le novice Thomas vers Paris.

Mais le convoi est intercepté et ce dernier est mis en résidence forcée à Roccasecca, la demeure familiale.

Fort de stature, il a résisté aux soldats de l’empereur qui voulaient lui arracher son bel habit blanc dominicain.

Le blanc est un signe de pauvreté par rapport au noir qui nécessite de l’encre très coûteuse à l’époque.

Tout est tenté pour faire changer d’avis le jeune Thomas, même les ruses les plus grossières, charnelles. Rien n’y fait.

Il ne veut pas revenir à sa robe noire bénédictine, car il a été saisi par un bien qu’il voit supérieur, l’appartenance à ce qui lui semblera « le plus semblable à l’Ordre angélique ».

Un an de solitude à Roccasecca lui permet de méditer et d’assimiler intégralement la Bible et le Livre des Sentences de celui qui sera l’évêque de Paris, un théologien de renom, Pierre Lombard.

Il écrira plus tard que « le bien consiste en perfection et en acte » (« bonum in perfectione et actu consistit ») (II Sentent., 35, 1, 1).

Quand il retrouve sa liberté, il reprend la même direction où l’obéissance le conduisait : Paris.  

Conflits entre séculiers et réguliers.

Dans la capitale du Royaume de France, où règne alors saint Louis, les lieux universitaires pour étudier sont multiples.

L’université de Paris, fondée en 1215, est rapidement dominée par les ordres religieux mendiants (surtout franciscains et dominicains).

Parallèlement, le chanoine Robert de Sorbon développe un collège pour les étudiants pauvres qui portera plus tard son nom : la Sorbonne (1253).

Les prêtres séculiers, liés directement aux évêques, acceptent mal de perdre des places d’enseignants universitaires devant la montée en puissance des ordres mendiants, que les jeunes vocations choisissent de préférence.

Ainsi les conflits prévisibles entre séculiers et réguliers ne manqueront pas d’éclater.  

Disciple de Frère Albert le Grand.

Thomas suit les cours d’un grand savant, un saint également, Frère Albert le Grand (vers 1200-1280), lui aussi Dominicain.


CLIQUER


Celui-ci donnera son nom à la place Mauber (= Maître-Albert), à Paris.

L’ordre dominicain se développe et souhaite s’implanter à Cologne :

Frère Albert et Frère Thomas sont ainsi envoyés outre-Rhin.

Ils rentreront à Paris quatre ans plus tard, avant que Frère Albert ne soit choisi comme évêque de Cologne, où il retournera, mais cette fois sans Thomas.

Saint Albert prendra toujours la défense de son disciple, studieux et très intériorisé, depuis le jour où des étudiants, jaloux sans doute, nommeront ce dernier « le bœuf muet de Sicile », jusqu’après sa mort où certaines de ses thèses réalistes (ou parfois leurs interprétations fautives) seront provisoirement contestées à Paris par des maîtres fatigués (1277-1325).

Au reste, ce sont les disciples de ces maîtres parisiens qui condamneront Jeanne d’Arc et favoriseront le conciliarisme, hérésie qui défend la supériorité d’un concile œcuménique (réunion des évêques en assemblée plénière, universelle) sur la primauté du Pape.  





Un grand théologien.


Blond, le teint hâlé, fort, d’une certaine corpulence, assez taciturne au début de sa vie, il a le front élevé et dégarni, le regard perçant.
Thomas ne perd rien de ce qu’il apprend et accumule les succès intellectuels : il devient bachelier, puis Maître en sacrée théologie.

Il enseigne à l’université et au couvent Saint-Jacques à Paris, lieu d’études des Dominicains.

Sa parole attire des foules d’étudiants avides de contemplation, de vérité.

Il contribuera amplement à la réputation scientifique de la théologie enseignée à Paris.

La future Sorbonne lui doit beaucoup. Son originalité est d’adapter Aristote, philosophe et grand logicien antique, fin observateur de la nature (qu’il a connu par des traductions latines des originaux grecs), à la pensée chrétienne.

Le pape Jean-Paul II s’appuiera notamment sur saint Thomas dans son encyclique Fides et ratio (14 septembre 1998), montrant qu’il n’y a pas du tout incompatibilité entre la foi et la raison.

Dans la Somme de théologie, son ouvrage majeur, saint Thomas d’Aquin développe une méthode très rigoureuse qui expose, pour chacun des multiples aspects de la doctrine catholique, diverses objections, une réponse argumentée et les solutions aux objections précitées, prenant en compte les références bibliques, mais aussi les données de la nature.

Cependant, les tensions continuent entre enseignants séculiers et réguliers et Thomas, qui a pris le parti de ces derniers, est envoyé en Italie. Son renom le précède à la cour du Pape, elle-même réfugiée à Orvieto (au nord de Viterbe), suite à des mouvements populistes à Rome.

Les papes successifs seront en admiration devant la clarté de la doctrine de Thomas. Urbain IV lui confie de rédiger les prières de la liturgie de la Fête-Dieu, créée depuis peu en l’honneur du Saint-Sacrement.

Saint Thomas est ainsi l’auteur des célèbres hymnes latines Sacris solemniis (d’où est extrait le Panis angelicus), Verbum supernum (d’où vient O salutaris hostia), Pange lingua (dont plusieurs couplets forment le Tantum ergo) et de la séquence Lauda Sion, dont les textes sont tous considérés comme des modèles pour leur clarté doctrinale. La paternité de l’Adoro te devote, qui lui est attribuée, reste discutée.  

Un écrivain zélé.

Il retourne ensuite à Naples, puis est envoyé pour un deuxième séjour à Paris, avant de revenir à Naples.

Tout ce temps est employé à l’enseignement et à la rédaction de beaucoup d’ouvrages.

Au total, il écrit, avec la même concentration, huit millions de mots, aidé désormais par des secrétaires à qui il dicte ses ouvrages.

Face à cette application, des frères lui feront croire qu’un bœuf ailé vole dans les airs. Thomas, en se penchant au dehors, sous l’œil espiègle de ceux-ci, avertit :

« J’aurais été moins étonné de voir un bœuf voler qu’un religieux mentir. »

Après sa messe quotidienne célébrée avec ferveur, il assiste à une seconde par dévotion, puis s’attelle à enseigner ou écrire.

Sa seule récréation : marcher seul dans le cloître, la tête haute, tout en méditant.

Il ne manque jamais la prière de complies, l’ultime prière communautaire avant le coucher des religieux.

Ses œuvres recouvrent des sujets variés dont les principaux sont des commentaires de l’Écriture Sainte qui inspirent toute sa théologie, des sommes de théologie, des commentaires des Pères et d’Aristote.

L’aide de Dieu ne lui manque pas pour venir à bout d’un tel travail. Il prie souvent avant de répondre à chaque question.  





Rien que le Seigneur.


 Un jour son secrétaire le supplie à genoux de dire avec qui il s’entretenait, la nuit précédente, sur un texte du prophète Isaïe.
Thomas aurait préféré garder le secret, mais l’appel à la charité finit par le faire céder. Il avoue en pleurant à son Frère Réginald que ce sont les saints Pierre et Paul eux-mêmes qui l’ont instruit.

Le sacristain de Naples témoignera avoir vu, un matin avant Matines, saint Thomas soulevé de terre, et avoir entendu le crucifix déclarer au Docteur angélique :

« Tu as bien écrit de moi, Thomas.

Quelle récompense veux-tu de moi en échange ? »

Qu’aurions-nous répondu à une telle demande…?

Le saint répond sans hésitation :

« Rien d’autre que toi, Seigneur. »

Ces extases finissent par l’épuiser. Il déclare dans ses écrits n’être que de la paille en comparaison de ce qu’il a contemplé.

Ce qu’il a aperçu mystiquement est à sa théologie scientifique ce que grain est à la paille.

Les grains de l’épi, qui prolongent la paille si nécessaire à ceux-ci, valent tout simplement plus que le chaume.

La perfection de l’homme s’avère surtout surnaturelle : elle ne se développe que sur la croix.  

Un saint parmi les savants.

Il cesse d’écrire sauf lorsque la charité l’y contraint.

Dette à l’égard de son origine bénédictine, il offre une dernière expertise théologique à l’abbé du Mont-Cassin, alors qu’il passe tout prêt, en se rendant au concile de Lyon (7 mai-17 juillet 1274) où il est convoqué, mais qu’il n’atteindra pas.

Heurté par une branche sur la route alors qu’il monte un âne, il doit s’aliter chez sa sœur qui lui fait offrir providentiellement, à sa demande, des harengs frais qui ne sont pas de saison.

Il demande pourtant d’achever ses jours dans une maison religieuse : l’abbaye cistercienne Sainte-Marie de Fossanova n’est pas loin.

La Vierge Marie lui procure son dernier havre.

Il y médite encore le Cantique des Cantiques et puis rend son âme à Dieu en recevant une dernière fois le viatique (la communion eucharistique reçue pour le grand passage d’ici-bas vers l’au-delà) dans une admirable fidélité à la sainte Église :

« J’ai beaucoup écrit et enseigné au sujet de ce très saint corps et des autres sacrements dans la foi du Christ et de la Sainte Église romaine, à la correction de laquelle j’expose et je soumets tout. »

(6 mars 1274).  





Il meurt le 7 mars 1274, à 49 ans, l’âge de saint Basile le Grand (†379), le moine dont saint Benoît se déclare tributaire (cf. Règle 73, 5).

Canonisé le 18 juillet 1323, il est proclamé docteur de l’Église par le pape saint Pie V en 1567, peu après la fin du concile du Trente.

En 1879, le pape Léon XIII, dans son encyclique Aeterni Patris, remet au goût du jour les études thomistes et déclare que les écrits de Thomas d'Aquin expriment adéquatement la doctrine de l'Église.

Le pape fait de lui le patron des universités et des écoles catholiques.

« Le plus saint parmi les savants et le plus savant parmi les saints »

(Bienheureux Paul VI), débutait ainsi une renommée ininterrompue qui fera de lui le « Docteur commun » de la théologie, le plus recommandé, entre tous, par l’Église catholique aujourd’hui (cf. concile Vatican II, Optatam Totius, 16 ; Gravissimum Educationis, 10).

Saint Thomas d’Aquin est fêté le 28 janvier, jour anniversaire de la translation de son corps dans l’église des Jacobins à Toulouse en 1369.

Trop peu de gens savent que le Docteur angélique est enterré en France !





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Re: Histoire Chrétienne dans le Monde!!!!

Message par Marie du 65 Hier à 12:04

1357


LE LINCEUL DU CHRIST ARRACHÉ AUX BYZANTINS SE RETROUVE FINALEMENT À LIREY, EN CHAMPAGNE







Le très célèbre Suaire aujourd’hui appelé « Linceul de Turin », est apparu en France à partir de 1357, dans la petite ville de Lirey, à une quinzaine de kilomètres au sud de la ville de Troyes en Champagne, selon la première mention historique documentée non contestée à ce jour!


Comment ce tissu a-t-il pu arriver là et d’où pouvait-il venir ?

Le Linceul de Turin est selon toute probabilité le « linge d’Édesse », très connu dans l'Antiquité, appelé souvent à tort Mandylion.

On s'en convainc en suivant son itinéraire :

Eusèbe de Césarée (écrivain de Palestine, 264 - environ 340) évoque dans son « Histoire Ecclésiastique » la légende du roi Abgar qui aurait reçu une image miraculeuse du Christ.

Il est question ensuite à Édesse (aujourd’hui Urfa, dans l’extrême sud-est de la Turquie) d’une image mystérieuse, « non faite de main d’homme » (acheiropoïète selon le terme grec), qui repousse, paraît-il, les Perses en 544.  





À partir de cette date, on constate un changement radical dans la représentation du Christ.


Après les premières représentations symboliques (pain, ancre, poisson) le Christ avait été représenté comme un jeune pasteur grec imberbe (notamment dans les catacombes et dans toutes les églises antiques Milan, Ravenne, etc.).

Puis, très curieusement, à partir du VIe siècle, toutes les représentations du Christ vont changer relativement brutalement dans le monde chrétien oriental.

On va lui substituer une image de face, des cheveux longs avec une raie centrale, une barbe bifide, un visage ovale et un nez allongé, avec bien souvent une double mèche au sommet du front, à l’endroit où il y a une double tache de sang sur le Linceul.

On le constate par exemple sur la monnaie de l’Empereur Justinien, frappée en 565, ainsi que sur la magnifique image du Christ du monastère Sainte Catherine en 550, sur les icônes de la Basilique Sainte Sophie à Constantinople, à Ohrid en Macédoine, à Palerme, au Mont Athos, etc.

Partout la ressemblance de ce nouveau « canon » avec le visage du Christ sur le Linceul est frappante.

On en est donc venu naturellement à imaginer que le

« linge d'Édesse », probablement à l'origine de cette nouvelle iconographie, pouvait être le Linceul de Turin.

En effet, les représentations du linge d'Édesse en notre possession, se rapprochent du visage du Linceul en imaginant le Linceul replié huit fois sur lui-même.  

En 650, Édesse est conquise par le califat islamique mais le « linge d'Édesse » reste vénéré malgré la présence musulmane, ce qui lui permettra providentiellement d’échapper aux destructions liées à la crise iconoclaste entre 730 à 787.

Le second concile de Nicée (787) rétablit la légitimité des images, en utilisant comme argument essentiel « l'image d'Édesse », pour légitimer l'usage des images sacrées :

« En tant qu'homme parfait, le Christ non seulement peut, mais doit être représenté et vénéré en image. »

Léon, lecteur de l'église de Constantinople, est cité comme témoin principal et atteste avoir vu à Édesse l'image d'un linceul.  





En 943, l’Empire byzantin lance une expédition ponctuelle et assiège Édesse dans le but d’acquérir la précieuse relique.

Pour éviter une dégradation de ce linge, les chrétiens préfèrent négocier et acquérir ce célèbre trésor, par le versement de 12 000 pièces d'or.

Ils la ramènent à l’Empereur de Byzance, dans une procession triomphale le 15 août 944.

Cette réception grandiose sera illustrée ultérieurement (au XIIe siècle) dans le manuscrit de Jean Skylitzes.

À cette occasion, Grégoire le Référendaire évoque dans une homélie « cette empreinte qui nous donne ici le visage du Christ », qui « est embellie par les gouttes de sang jaillies de son côté ».

Cette relique sera conservée dans la chapelle du Palais du Boucoléon (Constantinople), puis dans l’église Sainte-Marie des Blachernes.  





En 1190, le Linceul est précisément dessiné dans le Codex de Pray.

Un pèlerin hongrois de passage à Constantinople livre un témoignage saisissant dans ce premier texte hongrois conservé à la Bibliothèque de Budapest (découvert au XVIIIe siècle par le jésuite Georgius Pray qui laisse son nom au manuscrit),  sur lequel on peut reconnaître le Christ dans l’état et la position exacte du Linceul de Turin :http://a137.idata.over-blog.com/610x459/5/44/35/62/Linceul-de-Turin/Linceul-suaire-Turin-Codex-de-Pray--1-.jpg nudité, croisement des bras dans la même position que le Linceul, pouces cachés, traces de sang, tentative d'imitation des chevrons, trous, etc…

Suite à toutes ces constatations et indices convergents, la probabilité pour que le Linceul de Turin soit ainsi passé par Constantinople est très grande.  

En 1203, le chevalier picard Robert de Clari, auteur d’une chronique sur la quatrième Croisade, décrit le Linceul à Constantinople :

« Il y a un monastère appelé Sainte-Marie des Blachernes », où il aperçut « le Linceul où Notre Sire fut enveloppé, qui chaque vendredi se dressait tout droit, si bien qu'on pouvait y voir la figure de Notre Seigneur ».  







En 1204, la quatrième Croisade détournée de son but dévaste Constantinople.

33 000 croisés français et 17 000 Vénitiens, lancés par le pape Innocent III, partent délivrer Jérusalem conquis par Saladin en 1187.

Suite à des querelles confuses et à l'âpreté relative au gain des Vénitiens, ils vont attaquer et piller Constantinople pendant plusieurs jours à partir du 14 avril 1204.

Au cours de cette dévastation, les soldats de Venise et de France vont se déshonorer par un pillage généralisé, en s'appropriant tous les trésors d’or, d’argent et d’ivoire de tous les édifices possibles.

Robert de Clary témoigne de la disparition du linceul au cours du pillage :

« Plus jamais personne, ni Grec, ni Français, ne sut ce que ce Linceul devint quand la ville fut prise. »

Cette disparition suscita un grand émoi, car les Byzantins considéraient vraiment leur linceul comme une relique insigne.

Dans sa lettre au pape Innocent III, Théodore Ange Comnène, neveu du dernier empereur, réclame la restitution de « la relique la plus sacrée, le linteum, dans lequel le Christ avait été enveloppé ».

« Nous savons que le sacré Linceul est à Athènes. »  

À partir de cette date et jusqu'en 1357, les indices disparaissent et une foison d'hypothèses a été émise, toutes fragiles (*).

En 1357, le Linceul se retrouve à Lirey, en Champagne.

Ce linge y réapparait dans la famille d’un certain Geoffroy de Charny, seigneur de Lirey tué en 1356 en défendant le roi Jean II, à la bataille de Maupertuis dite « de Poitiers ».

Sans être un grand du royaume, ce proche du roi joua un rôle important.

Il laissa une veuve dans le besoin, Jeanne de Vergy.

Celle-ci organisa en 1357 à Lirey, les première ostensions du Linceul du Christ dans la collégiale de Lirey.

L'évêque de Troyes, Henri de Poitiers, prit ombrage du succès de ces ostensions et les fit interdire jusqu'en 1388.

Elles reprirent à cette date et le nouvel évêque Pierre d'Arcis envoya au pape Clément VII, un célèbre mémorandum repris aujourd'hui par tous les opposants au Linceul.

En réponse, le Pape émet deux bulles en 1390 pour autoriser les ostensions.

Veuve et sans enfant, Jeanne de Vergy « fait don » le 22 mars 1453, de la précieuse relique au duc Louis de Savoie qui lui donnera gracieusement les revenus de la seigneurie de Varembon…  





De 1453 à 1983, le « Saint Suaire » reste donc la propriété de la Maison de Savoie.

D’abord dans son château de Chambéry, puis à partir de 1502 dans la « Sainte chapelle » où il subira, dans la nuit du 3 au 4 décembre 1532, un incendie qui y fera des brûlures et de nombreux trous.

Par une chance incroyable, due au pliage, une partie importante de l'empreinte ne fut pas altérée.

Puis, le Linceul fut transféré à Turin en 1578.

Il restera la propriété de la Maison de Savoie jusqu’à la mort, en 1983, du grand-duc Umberto II de Savoie qui en fit don au Vatican par testament.  

En conclusion, l’ensemble de ces témoignages semble très cohérent et ce parcours pourrait tout à fait être celui du Linceul du Christ, qui semble être passé par Jérusalem et par le désert de Judée si l’on en croit l’analyse des pollens de Max Frei, Avinoam Danin, Uri Baruch, les époux Whanger et Marzia Boi.

Ces études sur les pollens retrouvés sur le Linceul restent cependant contestées par manque de preuves.





Enfin, au-delà de cette analyse historique, l’analyse scientifique de ce drap si mystérieux conclut aussi à l’authenticité (cf proposition de formation en bas de cette page).

Ce linge en lin pur, sans mélange de laine animale selon les traditions juives antiques, tissé en chevrons,http://a398.idata.over-blog.com/5/44/35/62/Christ/Linceul-de-Turin---saint-suaire--analyse-sang-.jpg a commencé à étonner la science après la photographie de l’avocat italien Secundo Pia le 28 mai 1898.

Lors de la révélation du négatif, l’image corporelle de couleur sépia et peu visible, devint une image beaucoup plus nette.

Le Suaire se comporte en fait comme un négatif photographique : une notion tout à fait inconnue avant l’invention de la photographie au XIXe siècle.

Cette découverte qui fit l’effet d’une bombe et qui engendra immédiatement de très intenses polémiques, intervint un an seulement après la mort en 1897 de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, qui avait dédié sa vie à la Sainte Face du Christ...  

À partir de ces différentes analyses, il n’est pas inutile d’approcher la question à partir d’un arbre logique :

1. Le Linceul a été réalisé par une personne : cette hypothèse, la plus courante, d'un faussaire du Moyen Âge n’est pas valide pour plusieurs raisons.
-      Toutes les analyses scientifiques de spectrographies prouvent l’absence des composants d'une peinture (pigments et liant).

-      D'autre part, on observe sur la vue négative une vingtaine de détails, présents sur le Linceul et absolument inconnus au Moyen Âge : image en négatif, intensité liée au relief, tuméfactions diverses (visage et dos), position des clous dans le carpe, position dissymétrique du corps, sang rouge sous l’action de la bilirubine, présence d’aragonite invisible à l'œil et identique à celle de Jérusalem (sur le genou, sous les pieds et sur le nez), présence de quatre muscles fessiers tétanisés ne touchant pas le sol, anomalies de proportion, etc. Il est frappant que l’image que ce corps a transmise, soit si conforme, et sans aucune erreur, à l’intégralité des textes évangéliques de la Passion du Christ, avec tous les détails de la flagellation, du port du patibulum, de la crucifixion, du couronnement d’épines, du coup de lance post mortem, du transport au tombeau, etc.

De plus, cette image nous a même révélé des détails sur le crucifiement que nous ne connaissions pas jusqu’alors, comme par exemple la position dissymétrique des condamnés sur la croix. Ces détails inconnus au XIVe siècle, ne pouvaient pas non plus être imaginés donc a fortiori réalisés par un faussaire.

Cette hypothèse est donc vraiment impossible.
   
2. Si elle n'a pas été réalisée par une personne, l'empreinte s’est donc faite soit par contact, soit à distance, par un rayonnement.

L’hypothèse d’une image produite par contact est exclue, car il devrait y avoir dans ce cas une déformation de l’empreinte sur les côtés de la tête et du corps, ce qui élargirait l'image.

3. Il reste une production par rayonnement. Il faudrait d'abord que ce rayonnement génère une oxydation déshydratante, identique à celle observée sur l'empreinte du Linceul. Le biophysicien français J-B Rinaudo a montré, par l'irradiation de lin à partir d'un accélérateur de particules, qu'un jet de protons répondait à la question, ainsi qu'à la possibilité de donner le relief 3D.

Avec des réglages adéquats, l'empreinte obtenue a la même épaisseur que sur le Linceul.

Il a imaginé alors que l'éclatement de particules de deutérium sur la peau devrait générer un double flux de protons et de neutrons. Après avoir expérimenté le jet de protons, il s'est attaqué à une irradiation de neutrons.

Le Père Rinaudo a pu prouver expérimentalement que l'irradiation de neutrons « rajeunissait » la cible de tissu.

Ainsi, son hypothèse d'éclatement de deutérium utilise des phénomènes naturels connus et pourrait expliquer aussi bien la nature de l'empreinte que le rajeunissement du tissu, ce qui rendrait le résultat de l'analyse au carbone 14 sans signification.

Le premier vrai problème réellement impénétrable est donc l'origine de cet éclatement du deutérium.

D'où viendrait l'énergie nécessaire à cet éclatement ?

Le deuxième problème, particulièrement insoluble, est de savoir pourquoi ce rayonnement se serait produit de manière directionnelle, perpendiculairement au tissu, de façon à dessiner une image parfaite, alors que tous les rayonnements connus sont d’habitude omnidirectionnels ?

En résumé, le rayonnement dont on parle est actuellement doublement incompréhensible…




Finalement, l'explication de l'origine de l'image semble devoir rester cachée aux hommes.

Après plus de 500 000 heures d’étude par des chercheurs de haut niveau (le Linceul est de très loin, aujourd’hui, l’objet matériel le plus étudié au monde), la science doit s’avouer vaincue, n’ayant aucune explication valable à fournir à ce jour.

La seule explication cohérente se situe au-delà de la science : car pour interpréter l'image du Linceul, les chrétiens pensent naturellement à quelque chose semblable à un « flash » de la résurrection.

Comme pour la démonstration de l’existence de Dieu, il s’agit bien évidemment de la conclusion d’un raisonnement indirect, car il n’y a aucun élément scientifique pour prouver cela positivement et directement, mais il n’y a aujourd’hui aucune autre explication disponible qui soit cohérente.

En toute logique, un effet absolument singulier ne peut être effectivement produit que par une cause absolument singulière...  

Ce linge qui ne pouvait ni être conçu ni être réalisé au Moyen Âge est donc bien réellement « une provocation à l’intelligence » comme disait Jean-Paul II.

Au total, les conclusions auxquelles toutes ces études et raisonnements nous conduisent aujourd’hui semblent nous obliger à considérer le Linceul de Turin comme un signe clair, fort et finalement assez incontestable que Dieu donne à notre époque pour qu'elle reconnaisse la réalité des mystères de l'Incarnation, de la souffrance, de la mort et de la Résurrection de son Fils !

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Jean Dartigues considère qu’il y a beaucoup d’hypothèses et trop peu de certitudes pour évoquer sérieusement ces 150 années qui séparent la disparition du Linceul du Christ en 1204 lors du sac de Constantinople de sa réapparition à Lirey en Champagne en 1357, mais Jean-Michel Mahenc a proposé le 28 avril 2017 avec l’Association Marie de Nazareth une projection en la Basilique Notre-Dame de Bonne Garde à Longpont-sur-Orge (91) où il évoquait la concordance d’un certain nombre de faits :

-      on sait qu’en 1204, le chevalier champenois Othon de la Roche avait son campement à côté de l’église des Blachernes, lors du sac de Constantinople ;

-      on sait également qu’en 1205, il devint Duc d’Athènes et que ses successeurs y gouverneront durant plus d’un siècle, jusqu’en 1451 ;

-      dans sa lettre au Pape déjà citée, Théodore Ange Comnène, neveu du dernier empereur, écrira aussi « Le vol de si nombreuses choses sacrées va contre le droit des hommes et les lois de Dieu.

Nous savons que ces choses sacrées sont conservées à Venise, en France et autres pays des pillards, le sacré Linceul étant à Athènes (!) »

-      à partir de 1354, le Linceul volé aux Byzantins se retrouve comme par hasard en Champagne, dans l’héritage de Geoffroy de Charny, qui fut tué - comme l’explique Jean Dartigues - en 1356, laissant une veuve, Jeanne de Vergy, qui organisa en 1357 en France les premières ostensions du Linceul du Christ ;

-      Pierre d’Arcis, évêque de Troyes, veut faire alors interdire ces ostensions, mais le pape Clément VII intervient de manière surprenante pour les autoriser, en mettant comme seule condition qu’elles se fassent avec discrétion, ce qui est somme toute une attitude assez logique si l‘on considère que le Pape savait bien qu’il s’agissait d’une relique arrachée aux byzantins dans des conditions qui allaient effectivement « contre le droit des hommes et les lois de Dieu »…


Même si on manque de preuves, la présence de Champenois du début à la fin de l’épisode 1204-1357 est quand même une coïncidence frappante que chacun pourra apprécier comme il le souhaite…  

Compléments:

L’analyse du groupe sanguin (AB) et de la position des plaies est aussi très cohérente avec ce qu’on trouve sur les autres reliques que sont le Suaire d’Oviedo et la Tunique d’Argenteuil, comme semblent l’indiquer les études de Jean-Maurice Clercq.







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