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Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Mer 19 Avr 2017 - 9:25


ANDRÉE MINUTTE
Henriette Faurie
Sœur Saint-Alexis



Religieuse sacramentine de Bollène.

Elle était née à Sérignan, comme la sœur Henriette Faurie dont elle devait partager le martyre : mais elle apportait à Dieu plus que des prémices.

Une longue vie dans le cloître l'avait préparée à mourir pour son Dieu.

Née le 4 février 1741, d'Alexandre Minutte et de Marie-Anne Goudareau, elle fut baptisée le même jour et eut pour parrain son grand-père Timothée Goudareau et pour marraine Claire Reboul.

Après la mort de sa mère, elle demanda et obtint son admission au couvent du Saint-Sacrement de Bollène.

Le 20 mai 1760, elle prenait l'habit, et échangeait son nom de famille contre celui de Sœur Saint-Alexis.

L'abbé Charaix, vicaire général de l'évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, présida la cérémonie, à laquelle le père de la postulante et ses oncles et tante assistèrent.

L'année suivante elle faisait profession solennelle « des vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, des règles de Saint-Augustin et des Constitutions du vénérable Père Antoine du Saint-Sacrement de l'ordre de Saint-Dominique » entre les mains du même abbé Charaix et en présence de son père, de ses oncles, de son frère et d'une assez nombreuse parenté.

Elle vécut trente-trois ans dans son couvent, et n'en sortit qu'en octobre 1792, pour gagner sur les instances de ses parents la maison paternelle où elle passa dix-huit mois.

Arrêtée quelques jours après les vingt-neuf religieuses de Bollène, Sœur Saint-Alexis suivit jusqu'à la fin le sort de la pieuse communauté, prit sa part, dans la prison, de leurs exercices et de leurs prières, et comparut avec la sœur Faurie et quatre autres, le 13 juillet, devant la Commission populaire.

Interrogée à son tour, si elle voulait consentir à prêter serment, elle refusa et fut condamnée à mort. En face de l'échafaud, son énergie ne se démentit pas. « Sa mort, disent les souvenirs de sa famille religieuse, fut aussi édifiante que courageuse ».

Elle avait 54 ans.

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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Jeu 20 Avr 2017 - 10:07



ANNE DE GUIGNÉ
ou l'enfant qui voulait être bon



Le livre des Merveilles

Une très grande âme pour une toute petite fille.

Toutes les famille d’Annecy-le-Vieux  savent ce que signifie la visite des officiers d'état civil dans les maisons des femmes de soldats.

Voilà un an que la guerre dure, voilà plus de six mois qu'elle s'est enlisée dans les tranchées. Dans la boue de l'Est, loin de leurs montagnes, les hommes tombent.

Alors, en ce mois de juillet 1915, lorsque la jeune femme voit arriver les deux officiers, lorsqu'elle les voit monter les marches du perron, déjà, elle a compris.

« Le lieutenant Guigné est tombé au champ d'honneur à la tête de sa compagnie de chasseurs alpins, sur le front d'Alsace... » Toute la nuit, ces mots terribles résonnent dans la tête de la jeune veuve.

Ses enfants, ses quatre enfants, sont des enfants sans père. Le lendemain, dans la pièce où la jeune femme s'est réfugiée pour pleurer, Anne, sa fille née dans cette maison le 25 avril 1911, s'approche timidement.

Dans la tête de Mme de Guigné, tout s'entrechoque. La mort du héros, les soucis domestiques, et cette gamine si vive, si intelligente, mais tellement désobéissante, orgueilleuse, jalouse et capricieuse… Si, au moins, ses colères pouvaient cesser. La maman caresse les cheveux de la fillette et murmure : « Anne, si tu veux me consoler, il faut être bonne.

Et Anne va tout faire pour être bonne ».

À partir de cet instant, elle s'y efforce sans répit, avec l'acharnement d'une gamine de quatre ans et demi, s’appliquant à d’innombrables sacrifices, à table, au travail, dans les jeux… La petite fille répète sans cesse : « Je suis heureuse ».

Elle s'obstine et sollicite l'aide de Dieu. Au milieu de sa détresse, Mme de Guigné assiste au surprenant combat spirituel d'une enfant passionnée qui ne veut plus rien refuser à Dieu.

Par moments, pour quelques broutilles — un jeu auquel Anne ne peut participer, une sucrerie qu'on lui refuse —, la mère voit la petite fille devenir subitement rouge de colère, serrer les poings.

Mais Anne maîtrise toujours son caractère emporté. Elle l'a promis. Peu à peu, les crises s'espacent et, bientôt, son entourage a l'impression que tout lui est agréable. Son institutrice constate elle aussi cet irréversible et radical changement: « Je n 'ai jamais vu Anne revenir en arrière ».

Les mois passent. Au début de 1917, Mgr Chapon évêque de Nice, découvre sur la liste des candidates à la première communion, une enfant qui n a pas encore six ans. Stupéfait, il refuse qu’on l’admette.

On insiste, on supplie. Il se laisse alors fléchir, mais exige un « examen sévère ».

Lorsqu'on amène Anne de Guigné au père Perroy, le supérieur des jésuites chargé de l’interroger, il commence par s’y refuser. « Elle est beaucoup trop petite. C’est un bébé !

Que Madame de Guigné vienne me parler, je m’arrangerai avec elle. Bientôt les mamans voudront faire communier les enfants avant qu’ils sachent marcher ! » Il cède enfin.

Et, pendant une demi-heure, il l'interroge. Les questions du catéchisme d’abord, puis, comme l'enfant ne commet aucune erreur, il entame un dialogue plus libre.

Saisi par les réponses de l'enfant, le jésuite se rend à l'évidence : « Madame, dit-il à sa mère, non seulement elle est prête, mais je souhaite que vous et moi soyons toujours au degré d’instruction religieuse de cette enfant-là ».

L'examen est réussi, mais, toujours, demeure la blessure initiale.

La veille de la première communion, alors qu’elle n’a eu de cesse de connaître ce moment, Anne est infiniment triste. Son père ne sera pas présent.

Mais elle retrouve le sourire lorsqu'elle comprend qu'il assistera, du Ciel, à la cérémonie.

En ce lundi 26 mars 1917, où elle communie pour la première fois, elle fait déposer sur l'autel un billet : « Mon Petit Jésus, je vous aime et, pour vous plaire, je prends la résolution d'obéir toujours ! »

Mais déjà le combat d'Anne touche à sa fin. Frappée d'une maladie cérébrale, sans doute une méningite, en décembre 1921, elle est forcée de s'aliter. Elle répète sans cesse : « Mon Bon Jésus, je veux tout ce que vous voulez ».

Et, aux invocations que l'on fait pour son rétablissement, elle ajoute systématiquement : « Guérissez aussi les autres malades ».

Anne de Guigné meurt à l'aube du 14 janvier 1922, à Cannes.

Elle n'a pas onze ans. Pendant longtemps, ses proches voulurent garder pour eux l'étonnant parcours spirituel de cette petite fille obstinée qui ne voulait qu'une seule chose, « être bonne ».

Mais la renommée de la fillette dépassa bien vite le cadre familial et, le 3 mars 1990, le décret reconnaissant « l' héroïcité des vertus » d'Anne de Guigné et la proclamant « vénérable » était promulgué.

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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Ven 21 Avr 2017 - 13:22


BIENHEUREUSE
ANNE DES ANGES MONTEAGUDO
religieuse dominicaine
1602-1686




BIOGRAPHIE

« En Sœur Ana, nous admirons surtout la chrétienne exemplaire, la moniale contemplative dominicaine du célèbre monastère Sainte-Catherine, monument d’art et de piété dont les “Arequipiens” se sentent justement fiers. » (Jean-Paul II)

Ana (Anne) Monteagudo naît le 26 Juillet 1602 à Arequipa, ville bâtie par les Espagnols, sise à 2300 m. d’altitude au pied du volcan Misti.

Sa famille occupe un rang social élevé. Aussi la confie-t-on aux Dominicaines contemplatives de la ville pour qu’elle reçoive une bonne éducation. Elle y reste quatre ou cinq ans.

Sa famille est chrétienne ; du côté paternel, on compte même un saint : Thomas de Villeneuve (+1555).

Mais lorsque Anne revient chez elle, on veut la marier malgré son très jeune âge ; on lui a choisi un beau parti. Anne s’y refuse au grand mécontentement de ses parents, car, encouragée par une vision de sainte Catherine de Sienne, elle veut entrer au monastère des Dominicaines.

Finalement elle y réussit, car elle a un frère prêtre qui, généreusement, lui procure la dot que ses parents lui refusaient pour l’empêcher d’entrer. Même au monastère, la Supérieure, intimidée par les parents d’Anne, fait pression sur elle pour la faire sortir.

Anne tient bon et la supérieure finit par reconnaître sa vocation. En somme, elle passera presque toute sa vie en clôture.

Le monastère est un vaste ensemble avec des ruelles et des maisons construites dans la belle pierre blanche du volcan.

Dans son enceinte vivent trois cents personnes dont dix-sept religieuses de chœur.

Anne fait sa prise d’habit en 1618 et sa profession en 1619.

Elle ajoute à son nom celui de “los Angeles”. Fervente religieuse, elle est nommée maîtresse des novices puis, en 1645, Prieure. Elle entreprend alors la réforme du monastère obéissant ainsi aux demandes de l’Église. Le monastère en avait grand besoin !

Certaines sœurs y consentent, d’autres se rebellent. On tente de l’empoisonner. Pourtant Sœur Anne de los Angeles est pleine de douceur et de miséricorde, mais, quand une chose est nécessaire, elle est inflexible. Elle mène une vie de prière intense, de pénitence et de charité.

Ainsi, sans presque jamais sortir de son monastère, elle exerce un apostolat fécond, bien conforme à l’idéal dominicain : contempler et livrer aux autres le fruit de sa contemplation. « Elle savait – dit le Pape – accueillir tous ceux qui s’adressaient à elle, les guidant sur les voies du pardon et de la vie dans la grâce.

Sa présence cachée se fit connaître bien au-delà de l’enceinte de son monastère par sa réputation de sainteté.

Elle aida les évêques et les prêtres de ses prières et de ses conseils, de même que les voyageurs et les pèlerins qui venaient à elle. » Sa charité s’exerce avec prédilection envers les pauvres.

Elle porte une attention particulière aux défunts, aux âmes du Purgatoire qu’elle appelle “ses amies”.

Les dix dernières années de sa vie sont marquées par la souffrance, elle devient aveugle. Elle s’unit ainsi davantage à Jésus crucifié.

Elle meurt en 1686.

A la fin de son homélie, le Pape évoque la grande piété mariale de la bienheureuse qui cadre bien avec celle de la “blanche cité” d’Arequipa, “cette ville crée sous la protection de Notre-Dame le jour de l’Assomption 1540”. Et lui-même, au jour de la béatification, couronne une statue de la sainte Vierge du sanctuaire de Chapi, l’un des nombreux et beaux sanctuaires de ce lieu.

Béatifiée le 2 février 1985 à Arequipa (Pérou)  par Jean Paul II




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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Sam 22 Avr 2017 - 11:40


BIENHEUREUSE
ANNE ROSE GATTORNO
religieuse, fondatrice
1831-1900




BIOGRAPHIE

Anna Rosa Gattorno naît à Gênes le 14 octobre 1831 dans une famille profondément chrétienne  de la haute bourgeoisie.

À 21 ans, elle épouse Jeronimo Custo et part vivre à Marseille où son mari fait du commerce, mais des problèmes financiers imprévus les obligent à revenir à Gênes et, désormais, ils sont marqués par la pauvreté.

Là-dessus, sa fille Carlota est atteinte d'un mal qui la laisse sourde et muette, et les deux autres enfants sont traumatisés par les malheurs du père, lequel, d'ailleurs, meurt tuberculeux après 6 ans de mariage, à 31 ans, suivi bientôt par le petit dernier.

Cette accumulation d'événements dramatiques oriente Anna Rosa vers Jésus Crucifié qu'elle se met à aimer d'un amour encore plus fort afin de répondre à l'amour infini de Dieu manifesté dans le Christ Jésus.

C'est ce qu'elle appelle sa "conversion". Désormais, tout en continuant à s'occuper de l'avenir de ses deux enfants, sa vie devient une immolation permanente pour la conversion des pécheurs et la sanctification de tous les hommes.

Être le "porte-parole" de Jésus pour faire parvenir partout le message de l'amour qui sauve: telle est l'aspiration la plus profonde de son cœur. A partir de 1855, elle pratique la communion quotidienne, chose peu courante à l'époque.

Sous la direction de son confesseur, elle prononce en privé, les vœux perpétuels de chasteté et d'obéissance en la solennité de l'Immaculée Conception (1858), puis, en tant que tertiaire franciscaine, celui de pauvreté (1861).

En 1862, elle reçoit la grâce des stigmates cachés, spécialement ressentis le vendredi. Pleine de sensibilité, elle a pour tout être qui souffre des attentions maternelles. Elle reçoit l'inspiration de fonder un nouvel institut:

"Les Filles de Sainte Anne, Mère de Marie Immaculée", fruit d'une admirable synthèse entre l'abandon à la Providence et l'engagement permanent pour le prochain. Le Pape Pie IX la confirme dans sa mission de fondatrice.

Elle prend l'habit religieux en1867, et en 1870, elle prononce ses vœux avec douze sœurs.

Avec sa Congrégation, elle met en œuvre de nombreuses initiatives au service des pauvres, des malades, des personnes seules ou âgées, des jeunes "en danger".

L'ouverture d'école populaires pour éduquer les enfants pauvres suit rapidement, ainsi que d'autres œuvres de promotion humaine et évangélique dont l'époque a un urgent besoin. À sa mort, en 1900, Mère Rosa laisse 3 500 sœurs dans divers pays du monde.

Béatifiée le 9 avril 2000 à Rome par Jean Paul II

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/


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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Dim 23 Avr 2017 - 11:18


BIENHEUREUSE
ANNE SCHAEFFER
laïque
1882-1925




NOTICE BIOGRAPHIQUE

Anna Schäffer naît à Mindelstetten (Bavière) le 18 février 1882. Son père meurt à l’ âge de 40  ans, en 1896, laissant sa famille dans une grande pauvreté.

Anne qui aspire à la vie religieuse doit d’abord travailler pour constituer son trousseau.

Dès l’âge de 14 ans elle est employée de maison, ce qui représente des dangers pour sa vie morale, mais elle peut y échapper grâce à la récitation du rosaire.

En 1901 elle tombe les deux pieds dans une bassine de lessive bouillante. Gravement brûlée jusqu’à mi-jambe, elle doit subir plus de 30 opérations et passera le reste de sa vie — 20 années — avec des pansements qu’on se contente de renouveler chaque semaine.

Au début, elle ne se résigne pas sans difficulté à son sort. Pour échapper aux avanies de son frère buveur, sa mère déménage avec elle dans une petite maison du village.

Là elle commence à recevoir des visites dans sa chambrette de malade.

Elle écrit ses pensées sur douze carnets et entretient de la correspondance. Elle fait aussi de la couture.

Son emblème préféré est le Sacré-Cœur dont elle dessine ou coud les flammes en forme d’épis de blé, traduisant ainsi sa dévotion eucharistique.

« J’ai trois clefs du paradis, dit-elle: la plus grande est de fer brut et pèse lourd: c’est ma souffrance. La seconde est l’aiguille à coudre, et la troisième est le porte-plume. »

Son entourage est compatissant.

Les enfants se sentent attirés par elle et elle les catéchise.


Parfois la fanfare lui offre une sérénade en passant sous ses fenêtres.
Tertiaire de Saint François, elle reçoit, comme lui, les stigmates de la Passion à partir du 4 octobre 1910, (fête du saint), mais elle obtient ensuite la grâce qu’ils deviennent invisibles.

Elle est soutenue par la communion quotidienne et parfois on la transporte à l’église, jusqu’au jour où même cela devient impossible.

Sa vie est une souffrance continuelle qu’elle accueille comme une grâce. Parfois la douleur est si intense qu’elle ne peut même plus parler. Dans ces moments-là, dit-elle, je pense que mon Père du ciel doit m’aimer particulièrement. » Elle s’éteint paisiblement en 1925 à l’ âge de 43 ans.

Béatifiée le 7 mars 1999 à Rome par Jean Paul II.




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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Lun 24 Avr 2017 - 13:26


SAINTE
ANNE WANG
laïque, martyre
1886-1900




NOTICE BIOGRAPHIQUE

Anne Wang naît en 1886 à Majiazhuang dans le Canton de Weixian, au sud de la Province du Hebei.

Pauvre, elle loge avec sa famille dans une habitation troglodyte. A cinq ans, elle perd sa mère.

A onze ans sa famille la promet en mariage; elle s'y refuse vigoureusement. Le 21 juillet 1900, les Boxers pénètrent à Majiazhuang et font une rafle de chrétiens qu'ils emmènent au village de Daning où ils les entassent dans l'aile est d'une cour.

leur dit: "Le gouvernement interdit de pratiquer la religion occidentale.

Si vous apostasiez, vous pouvez être libérés. Sinon nous vous tuerons.
Que ceux qui veulent bien apostasier traversent la cour et passent dans l'aile ouest.

Vous y serez libérés". La marâtre d'Anne décide de passer de l'autre côté. Elle tire Anne par le bras.


Anne refuse de bouger et s'accroche à la porte en criant:

"Je crois en Dieu, je suis chrétienne, je ne veux pas apostasier! Jésus, sauvez-moi! "

Comme la nuit tombe, elle entraîne ses compagnons à réciter une dernière prière du soir.

Au petit matin, les Boxers mènent les chrétiens vers le champ d'exécution au sud du village.

On tue d'abord André Wang, 9 ans (le plus jeune canonisé du groupe) puis sa mère et sa sœur de cinq ans.

Ensuite cinq femmes avec leurs enfants dont l'un de dix mois. Reste Anne.


A genoux, tournée vers l'église de Weixian, cette jeune fille de 14 ans prie à voix forte, les yeux levés au ciel.

Le bandit nommé Song l'invite à apostasier, lui promettant un riche mariage; mais Anne, montrant l'église du village déclare:

"Je suis déjà fiancée, je ne veux pas apostasier"; puis, le visage rayonnant, elle dit: "La porte du ciel est ouverte à tous"; enfin elle murmure par trois fois "Jésus!" Elle est décapitée et rejoint son "fiancé", Jésus.

Béatifiée le 17 avril 1955  à Rome par Pie XII.

Canonisée le 1er octobre 2000 à Rome par Jean Paul II.
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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par lacolombe le Lun 24 Avr 2017 - 13:46

Bonjour Marie,

Prions pour que, avec le secours de la Sainte Grâce de notre Seigneur Jésus Christ et de notre Bienheureuse Vierge Marie, nous ayons aussi le courage de lui rester fidèle jusqu'à la mort si nous devions un jour apostasier sous la contrainte.
En UDP
Affectueusement
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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Lun 24 Avr 2017 - 20:12

@lacolombe a écrit:Bonjour Marie,

Prions pour que, avec le secours de la Sainte Grâce de notre Seigneur Jésus Christ et de notre Bienheureuse Vierge Marie, nous ayons aussi le courage de lui rester fidèle jusqu'à la mort si nous devions un jour apostasier sous la contrainte.
En UDP
Affectueusement

Coucou M,
Oui, la fidélité à Marie est pour moi ce que j'ai de plus précieux, grâce à Elle, je ne serai pas sur cette terre!!!!!
En UDP et avec toute mon affection!!!
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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Mar 25 Avr 2017 - 9:57


ANNIBALE MARIA DI FRANCIA
Prêtre, Fondateur, Saint
(1851-1927)



Annibale Maria Di Francia naquit à Messine (Italie), le 5 juillet 1851, de la noble Anna Toscano et  du chevalier Francesco, marquis de Santa Caterina dello Ionio, Vice-Consul pontifical et Capitaine honoraire de la Marine.

Troisième de quatre enfants, Annibale devint orphelin à l'âge de quinze mois, en raison de la mort prématurée de son père. Cette expérience amère imprégna son âme d'une tendresse particulière et d'un amour spécial envers les orphelins qui caractérisèrent sa vie et son système éducatif.

Il développa un grand amour pour l'Eucharistie, au point de recevoir l'autorisation, exceptionnelle pour son époque, de pouvoir s'approcher de la Sainte Communion chaque jour.

Très jeune, devant le Saint Sacrement exposé solennellement, il eut ce que l'on peut qualifier d'« intelligence du Rogate » : c'est-à-dire qu'il découvrit la nécessité de la prière pour les vocations qu'il trouva exprimée, par la suite, dans le verset de l'Évangile : « La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux; priez donc le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson » (Mt 9, 38 ; Lc 10, 2). Ces mots de l'Évangile constituèrent l'intuition fondamentale à laquelle il consacra toute son existence.

Vif d'esprit et possédant de remarquables capacités littéraires, il répondit généreusement à l'appel du Seigneur dès qu'il l'entendit, adaptant ces talents à son ministère.

Une fois ses études achevées, il fut ordonné prêtre le 16 mars 1878. Quelques mois auparavant, une rencontre « providentielle » avec un mendiant presque aveugle le mit au contact de la triste réalité sociale et morale du quartier périphérique le plus pauvre de Messine, dénommé Case Avignone ; cela lui ouvrit la voie de l'amour infini des pauvres et des orphelins, qui deviendra une caractéristique fondamentale de sa vie.

Avec l'accord de son évêque, il alla vivre dans ce «ghetto» et employa toutes ses forces à la rédemption de ces malheureux qu'il considérait, selon l'image évangélique, comme « des brebis sans berger ».

Cette expérience fut marquée par de fortes incompréhensions, difficultés et hostilités en tout genre, qu'il surmonta avec une grande foi, voyant dans les humbles et les marginaux Jésus-Christ lui-même; il mit alors en œuvre ce qu'il appelait « l'Esprit de double charité :

l'évangélisation et le secours des pauvres ».

En 1882, il ouvrit ses premiers orphelinats, appelés antoniani car il les plaça sous la protection de saint Antoine de Padoue.

Son souci ne fut pas seulement de procurer du pain et du travail, mais surtout une éducation complète de la personne, sous l'aspect moral et religieux, en offrant à ces hôtes un véritable climat de famille favorisant un processus de formation capable de leur faire découvrir et suivre le projet de Dieu.

Dans un esprit missionnaire, il aurait voulu accueillir les orphelins et les pauvres du monde entier. Mais comment faire ?

Le mot Rogate lui ouvrait cette possibilité. Par conséquent, il écrivit: « Que sont ces quelques orphelins et ces quelques pauvres que nous évangélisons face aux millions qui se perdent et sont abandonnés comme un troupeau sans berger ? ...

Je cherchais une issue et je l'ai trouvée, immense, dans ces adorables paroles de notre Seigneur Jésus-Christ: Rogate ergo... Il me sembla alors avoir découvert le secret de toutes les bonnes œuvres et du salut de toutes les âmes ».

Annibale avait eu l'intuition que le Rogate n'était pas une simple recommandation du Seigneur, mais un commandement explicite et un « remède infaillible ».

Raison pour laquelle son charisme doit être perçu comme le principe animateur d'une fondation providentielle dans l'Église.



Un autre aspect important à relever est qu'il anticipe les temps dans sa façon de considérer les vocations, notamment celles des laïcs engagés: parents, enseignants et même bons gouvernants.

Pour réaliser dans l'Église et dans le monde ses idéaux apostoliques, il fonda deux nouvelles familles religieuses: en 1887, la Congrégation des Filles du Divin Zèle et, dix ans plus tard, la Congrégation des Rogationistes. Il voulut que les membres de ces deux Instituts, approuvés canoniquement le 6 août 1926, s'engagent à vivre le Rogate grâce à un quatrième vœu.

Ainsi, en 1909, le Père Di Francia écrivit une supplique à saint Pie X : « Je me suis consacré dès ma prime jeunesse à cette sainte parole de l'Évangile : Rogate ergo.

Dans mes petits Instituts de bienfaisance s'élève une prière incessante, quotidienne, des orphelins, des pauvres, des prêtres, des vierges saintes, pour supplier les Très Saints Cœurs de Jésus et de Marie, le patriarche saint Joseph et les saints Apôtres, afin qu'ils veuillent abondamment concéder à la Sainte Église des prêtres élus et saints, des ouvriers évangéliques pour la moisson mystique des âmes ».

Pour diffuser la prière pour les vocations, il lança de nombreuses initiatives et entretint des contacts épistolaires et personnels avec les Souverains Pontifes de son temps; il institua la Sainte Alliance pour le Clergé et la Pieuse Union de la Rogation Évangélique pour tous les fidèles.

Il fonda un périodique au titre significatif : « Dieu et le Prochain » pour inciter les fidèles à vivre les mêmes idéaux.

« C'est toute l'Église – écrit-il – qui officiellement doit prier à cette fin, car la mission de la prière pour obtenir les bons ouvriers est telle qu'elle doit intéresser vivement chaque fidèle, chaque chrétien qui a à cœur le bien de toutes les âmes, mais de façon particulière les évêques, les pasteurs du troupeau mystique auxquels sont confiées les âmes et qui sont les apôtres vivants de Jésus-Christ ». La Journée mondiale de prière pour les vocations, instituée par Paul VI en 1964 et célébrée chaque année, peut être considérée comme la réponse de l'Église à cette intuition.

Il nourrit un grand amour pour le sacerdoce, convaincu que le salut de l'humanité ne peut advenir que grâce à l'œuvre de prêtres saints et nombreux.

Il s'engagea fortement dans la formation spirituelle des séminaristes, que l'archevêque de Messine confia à ses soins. Il répétait souvent que sans une solide formation spirituelle, sans la prière, « tous les efforts des évêques et des recteurs de séminaires se réduisent généralement à une culture artificielle des prêtres... ».

Il fut lui‑même, le premier, un bon ouvrier de l'Évangile et un prêtre selon le Cœur de Dieu. Sa charité, qualifiée de « sans calculs et sans limites », se manifesta avec des accents particuliers, notamment envers les prêtres en difficulté et envers les moniales.

Durant son existence terrestre, une renommée de sainteté, claire et authentique, l'accompagnait déjà, à tous les niveaux, si bien que lorsqu'il s'éteignit à Messine, le 1er juin 1927, réconforté par la présence de la Très Sainte Vierge Marie qu'il avait tant aimée durant son existence terrestre, les gens disaient: « Allons voir le saint qui dort ».

Ses funérailles furent une véritable apothéose que les journaux de l'époque rapportèrent tous avec des articles et des photos.

Sollicitées, les Autorités accordèrent la permission de l'enterrer dans l' Église de la Rogation Évangélique, qu'il avait lui-même voulue et qui est précisément dédiée au « divin commandement » : « Priez le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson ».

Les Congrégations religieuses des Rogationistes et des Filles du Divin Zèle, fondées par le Père Annibale, aujourd'hui présentes sur les cinq continents sont engagées, selon les idéaux du Fondateur, dans la diffusion de la prière pour les vocations par le biais de centres vocationnels et éditoriaux et par la gestion d'instituts d'éducation et d'assistance en faveur des enfants et des jeunes nécessiteux et mal-entendants, de centres nutritionnels et de santé, de maisons de retraite et pour filles-mères, d'écoles, de centres de formation professionnelle, etc...

La sainteté et la mission du Père Annibale, déclaré « apôtre insigne de la prière pour les vocations », sont vivement ressenties aujourd'hui par ceux qui ont profondément conscience des besoins en vocations de l'Église.

Le 7 octobre 1990, le Pape Jean-Paul II a proclamé Bienheureux le Père Annibale Di Francia. Le lendemain, il l'a qualifié d'« authentique pionnier et maître zélé de la pastorale moderne des vocations ».



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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Mer 26 Avr 2017 - 8:37


ANTOINE DE LISBONNE
franciscain, Docteur de l'Église
1195-1231

..............................................................................................
mdm
son crâne est à Cuges les Pins diocèse Toulon
et sa langue " d'or " à Lisbonne son lieu de naissance ! .............................................................................................




Issu de la noble famille de Bouillon, Fernando de Bulhões naquit à Lisbonne en 1195.

« Il connaît la vie facile d’un jeune noble », disent certains. Cela est bien probable, car il est certain que ses parents le destinait à la carrière de magistrat, ou même politique. Mais Dieu veillait…

Il fréquenta la cathédrale de Lisbonne et y reçut les premiers enseignements.

A quinze ans il entra, malgré les réticences familiales, à São Vicente de Fora, chez les chanoines de Saint-Augustin pour y faire ses études, études qu’il achèvera ensuite à Santa Cruz de Coimbra, alors capitale du Portugal.

Ce fut à cette époque, en 1220, que furent apportés au Portugal les restes mortels des premiers martyrs franciscains au Maroc. Fernando fut profondément touché par l’héroïsme de ces moines qui avaient donné leur vie pour défendre leur foi.

Il prit alors la décision de demander son entrée chez les Frères Mineurs, demande qui fut promptement acceptée. Il prit alors le nom d’Antoine.

Il demanda ensuite à être lui aussi envoyé au Maroc, dans l’espoir d’y offrir sa vie pour le Christ.

La demande fut acceptée : il fut donc envoyé au Maroc, mais il y tomba malade et dût reprendre la route de l’Europe.

Le bateau dans lequel il avait pris place fut jeté sur les côtes de Sicile, suite à une forte tempête.

Antoine y débarqua et demanda asile chez les franciscains de Messine qui allaient partir pour Assise afin d’assister au chapitre général de leur ordre, en 1221.

Il semble que pendant ce chapitre nul n’ait prêté attention au jeune moine. Certains affirment même qu’on lui confia un ermitage et q’il y vécut un certain temps, s’appliquant à la prière et à la méditation.

Mais un jour le prédicateur de l’Ordre tomba malade et on fit appel à Antoine pour le remplacer. Ce fut alors qu’il démontra ses dons d’éloquence et son immense sagesse, alliées à une science que l’on dirait infuse. En effet, ses sermons laissaient les « auditeurs éblouis ».

Dès lors, il devint le prédicateur de l’Ordre, en même temps professeur de théologie à Bologne.

En temps que prédicateur, il fut envoyé dans toute l’Italie du Nord et en France, où il combattit ardemment l’hérésie cathare. On l’entendit prêcher à Arles, Montpellier, Toulouse, Limoges, Le Puy et en d’autres cités d’alors, “contaminées” par le délire cathare.

Revenu en Italie, en 1227, il fut nommé provincial pour l’Italie du Nord et continua d’enseigner la théologie.

Fatigué par ses randonnées oratoires, sans répit, il demanda, lors du chapitre général de 1230 à être relevé de ses fonctions de provincial. Il fut alors envoyé à Rome où il joua un rôle important auprès de Grégoire IX qui l’admira profondément.

De retour dans le Nord de l’Italie, il prêcha à Padoue le Carême de 1231. Ce fut son dernier. En effet, fatigué par ses voyages, autant que par ses austérités, il décéda à Arcella, près de Padoue le 13 juin de cette même année ; il n’avait que 36 ans.

Selon sa propre volonté il fut inhumé dans cette ville, c’est pourquoi celui que les portugais appellent amoureusement saint Antoine de Lisbonne est bien plus connu dans le monde entier sous le vocable de saint Antoine de Padoue.

Moins d’un an à peine après sa mort, le 30 mai 1232, le pape Grégoire IX le canonisa et dès lors, son ordre le considéra comme docteur de l’Église. Toutefois il fallut atteindre le 16 janvier 1946 pour que Pie XII lui accorde officiellement ce titre.

Si le corps de saint Antoine reste à Padoue, il faut savoir que sa langue — la langue d’or — est vénérée à Lisbonne dans l’église qui a été construite à l’endroit où il est né.

* * *

Les miracles attribués à intercession de saint Antoine sont très nombreux et, il serait long d’un raconter dans une petite notice biographique. Il en va de même pour les légendes. Mais, je ne peux m’empêcher de vous en raconter une.

Celle-ci m’ayant été racontée quand j’étais moi-même jeune garçon, je me permets de vous la livrer telle que je l’ai reçue :

Un jour Fernando, qui était encore bien jeune, fut envoyé par son père dans l’une des terres que la famille possédait aux alentours de Lisbonne, pour empêcher les oiseaux de picorer les grains de blé qui étaient presque mûrs. C’était un dimanche et Fernando ne voulait pas manquer la messe, mais ne voulait pas non plus désobéir à son père.

Lorsqu’il entendit les cloches sonner pour la dernière fois, pour annoncer que la messe allait bientôt commencer, il appela tous les oiseaux des environs et leur demanda d’entre à l’intérieur d’une vielle maison qui n’avait plus ni de fenêtre ni de portes et leur ordonna de ne point sortir avant qu’il ne reviennent de la messe.

Tous les oiseaux s’exécutèrent en gazouillant et, gazouillant attendirent patiemment le retour du jeune Fernando qui s’empressa, dès son retour, de les libérer… Les oiseaux libérés s’en allèrent loin du champ que gardait le jeune de Bulhões.

Il n’y eut pas de dégâts dans le champ de blé et, Fernando ne manqua pas sa messe…


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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Jeu 27 Avr 2017 - 12:35




BIENHEUREUX
ANTOINE MARIE SCHWARTZ
prêtre, fondateur
1852-1929



NOTICE BIOGRAPHIQUE

Anton Maria Schwartz naît en 1852.

Il est ordonné prêtre en 1875. Son grand désir est non  seulement de convertir la société au Christ, mais de la renouveler en lui.

N'oubliant pas ses origines modestes, il se sent attiré vers les ouvriers pauvres.

Son apostolat s'exerce principalement auprès des jeunes apprentis en formation professionnelle. Ceux-ci manquent souvent de soutien et d'orientation.

Pour eux, le Père Schwartz fonde la Congrégation (toujours florissante) des Kalasantiner ou "Pieux ouvriers", s'inspirant de Saint Joseph de Calasanz qui avait fondé les "Écoles pies" pour enfants pauvres.

Il veut sauvegarder le repos du Dimanche des apprentis, et il défend leurs droits jusque devant le Parlement.

Avec sa Congrégation il se consacre à eux avec amour et créativité, développant rapidement des activités pastorales et sociales (théâtre, chant, musique, formation scolaire).

Il construit la première "église des ouvriers de Vienne". Ce temple, humble et caché au milieu des maisons populaires, est l'image de son fondateur qui l'a animé pendant plus de quarante ans.

Certains jugent son 'apostolat ouvrier' exagéré. D'autres le trouvent digne de la plus haute considération. Quant à lui, toujours fidèle à lui-même, il entreprend des actions courageuses, faisant face aux défis quotidiens et se confiant à la Sainte Vierge.

Certes, en ce temps-là comme de nos jours, il n'existe pas de solutions faciles. L'invitation sous laquelle il place ses multiples efforts est toujours actuelle: "Nous devons prier davantage!" Il meurt en 1929.

Béatifié le 21 juin 1998 à Vienne par Jean Paul II




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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Père Nathan le Ven 28 Avr 2017 - 13:27

Encenspour St Antoine hier
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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Dim 30 Avr 2017 - 17:46


BIENHEUREUX
ANTOINE MARTIN SLOMSEK
évêque, fondateur
1800-1862

NOTICE BIOGRAPHIQUE








[Anton Martin Slomsek naît le 26 novembre 1800 dans une famille de paysans.

La Slovénie fait  alors partie de l'Empire austro-hongrois. Ordonné prêtre en 1824, il est d'abord vicaire pendant quatre ans. Il prêche des missions populaires et compose des hymnes religieux.

Puis pendant neuf ans, il est directeur de séminaire. Soucieux également de culture, il enseigne le Slovène et écrit beaucoup pour enfants et adultes.

Curé en 1838, il redonne vie à une paroisse moribonde, notamment en créant une Ecole du Dimanche pour les enfants et en publiant un manuel rappelant ses instructions.

En 1848, il est nommé évêque de Lavant, dont le siège se trouve en Autriche à St Andrav. Il a un souci particulier pour la formation permanente des prêtres.

Pionnier de l'œcuménisme dans sa région, il crée la Confrérie des saints Cyrille et Méthode dont le but est de prier pour l'unité des chrétiens (il pense spécialement aux orthodoxes).

Approuvée par Pie IX, la Confrérie se répand dans les pays alentour. Le Pape lui confie alors la tâche de renouveler la vie religieuse dans les monastères bénédictins d'Europe centrale, ce qu'il fait en effectuant de nombreuses visites apostoliques.

Nourrissant un grand amour pour sa patrie, mais récusant les procédés violents en cette époque de révolutions et d'accession à l'indépendance nationale, il prépare son pays à la liberté par un travail de formation, car il est convaincu que la culture constitue l'humus dont un peuple peut tirer les éléments nécessaires à sa croissance et à son développement.

Il affirme que si les jeunes se corrompent, la faute doit souvent en être recherchée dans le manque de formation adéquate. Il travaille à la diffusion de la langue slovène et suscite d'indispensables réformes sociales. "Il est le promoteur de la renaissance slovène au 19e siècle et un véritable père spirituel de la nation" (paroles de l'ambassadeur de Slovénie près le Saint Siège). Désirant que son siège épiscopal corresponde mieux à la réalité du pays, il demande que soient redessinées les frontières du diocèse et que l'évêché soit transféré à Maribor. Le Pape et l'Empereur donnent leur accord.

En notre temps de nationalismes égoïstes et aveugles, son exemple montre qu'on peut associer l'amour de la patrie et la convivialité avec des hommes d'autres cultures, nationalités et religions.

Voici ce qu'il disait en termes prophétiques lors d'une mission populaire: "On dit: 'Le monde a vieilli, le genre humain va à la dérive, l'Europe touche à sa fin'. Eh bien! Oui, si nous abandonnons l'humanité à son chemin naturel, à son orientation fatale. Non, si la force qui vient d'en haut, qui demeure dans la religion de Jésus, dans son Église, se répand à nouveau dans toutes les classes du genre humain et leur redonne vie".

Il meurt en 1862. Son corps repose dans la cathédrale de Maribor. Il est le premier béatifié de Slovénie.

Béatifié le 19 septembre 1999 à Maribor (Slovénie) par Jean Paul II








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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Ven 5 Mai 2017 - 10:24

SAINT
ANTONIO FANTOSATI

franciscain, évêque, martyr
1842-1900


NOTICE BIOGRAPHIQUE

Antonio (Antonin) Fantosati da Trevi naît en 1842 à Santa-Maria-in-Valle, au diocèse de Spolète (Ombrie - Italie). Franciscain, il est missionnaire en Chine depuis plus de 30 ans et Vicaire Apostolique du Hunan méridional depuis 8 ans.

Le 4 juillet 1900, un jeune missionnaire franciscain de 27 ans, le Père Cesidio Giacomantino est tué par les Boxers à Heng-chow-fou. Lorsqu'il apprend ce qui s'est passé, Mgr Fantosati, alors en visite pastorale dans les montagnes, décide aussitôt de se rendre près de ses fidèles persécutés. A ceux qui essayent de le dissuader d'accomplir ce dangereux voyage, il répond: "Je ne le peux pas, mon devoir est de défendre mes enfants et surtout les orphelins". Et il part accompagné du Père Joseph-Marie Gambaro qui n'a que 30 ans. Ils arrivent devant Heng-chow-fou le 7 juillet. Dès que leur barque est reconnue, de nombreuses barques l'entourent et le poussent au rivage où les deux missionnaires sont accueillis par une grêle de pierres. Ils s'effondrent sans proférer une plainte, mais en répétant seulement: "Jésus, Marie". Le P. Gambaro se traîne jusqu'aux pieds de son évêque, il l'embrasse et retombe mort. Mgr Fantosati agonise encore pendant deux heures. Un païen l'achève. De nombreux païens, qui avaient assisté au terrible martyre, répétaient: "Cet étranger était vraiment un homme juste!"

Béatifié le 24 novembre 1946  à Rome par Pie XII.

Canonisé le 1er octobre 2000 à Rome par Jean Paul II.
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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Mer 10 Mai 2017 - 10:51

SAINT
ANTOINE MAIRE CLARET Y CLARA
évêque, fondateur
1807-1870

BIOGRAPHIE


Cinquième des onze enfants du tisserand Jean Claret et de Joséphine Clara, Antoine naquit le 23  décembre 1807, à Sallent, dans le diocèse de Vich, en Catalogne. En même temps qu'il s'initiait au métier de tisserand, il étudiait le latin avec le curé de sa paroisse qui lui donna une solide formation religieuse et une tendre dévotion à la Sainte Vierge ; à dix-sept ans, son père l'envoya se perfectionner dans une entreprise de Barcelone où, aux cours du soir, il apprit, sans abandonner le latin, le français et l'imprimerie. Après une terrible crise spirituelle où il fut au bord du suicide, il avait songé à se faire chartreux mais, sur les conseils de son directeur de conscience, il choisit d'entrer au séminaire de Vich (29 septembre 1829). Tonsuré le 2 février 1832, minoré le 21 décembre 1833, il reçut le sous-diaconat le 24 mai 1834, fut ordonné diacre le 20 décembre 1834 et prêtre le 13 juin 1835. Il acheva ses études de théologie en exerçant le ministère de vicaire puis d'économe de sa ville natale.

Désireux de partir en mission, il se rendit à Rome pour se mettre à la disposition de la Congrégation de la Propagande. Le cardinal préfet étant absent, Antoine suivit les Exercices de saint Ignace chez les Jésuites qui lui proposèrent d'entrer dans leur compagnie. Il commença son noviciat (2 novembre 1839) qu'une plaie à la jambe l'obligea à quitter (3 mars 1840).

Revenu en Espagne, il fut curé de Viladrau où, à peine arrivé, pour le 15 août, il prêcha une mission qui eut tant de succès qu'on le demanda ailleurs et l'évêque le déchargea de sa cure pour qu'il se consacrât aux missions intérieures (mai 1843) ; il prêcha et confessa dans toute la Catalogne et soutint ses prédications par plus de cent cinquante livres et brochures. Sa vie étant menacée, l'évêque l'envoya aux îles Canaries (février 1848 à mars 1849) où il continua son ministère missionnaire. Avec cinq prêtres du séminaire de Vich, il fondait la congrégation des Missionnaires Fils du Coeur Immaculé de Marie (16 juillet 1849).

A la demande de la reine Isabelle II d'Espagne, Pie IX le nomma archevêque de Santiago de Cuba dont le siège était vacant depuis quatorze ans ; il fut sacré le 6 octobre 1850 et ajouta le nom de Marie à son prénom ; il s'embarqua, le 28 décembre 1850, à Barcelone, et arriva dans son diocèse le 16 février 1851. Il s'efforça d'abord d'instruire le peu de prêtres de son diocèse (vingt-cinq pour quarante paroisses) et de leur assurer un revenu suffisant ; il fit venir des religieux ; il visita son diocèse et y prêcha pendant deux ans où il distribua 97 217 livres et brochures, 83 500 images, 20 665 chapelets et 8 397 médailles ; en six ans, il visita trois fois et demi son diocèse où il prononça 11 000 sermons, régularisa 30 000 mariages et confirma 300 000 personnes. Il prédit un tremblement de terre, une épidémie de choléra et même la perte de Cuba par l'Espagne ; il fonda une maison de bienfaisance pour les enfants et les vieillards pauvres où il attacha un centre d'expérimentation agricole ; il créa 53 paroisses et ordonna 36 prêtres. Les esclavagistes lui reprochaient d'être révolutionnaire, les autonomistes lui reprochaient d'être espagnol et les pouvoirs publics lui reprochaient d'être trop indépendant : il n'y eut pas moins de quinze attentats contre lui et l'on pensa que le dernier, un coup de couteau qui le blessa à la joue, lui serait fatal (1° février 1856).

Le 18 mars 1857, l'archevêque fut mandé en Espagne par la reine Isabelle qui le voulait pour confesseur et il fut nommé archevêque titulaire (in partibus) de Trajanopolis sans pour autant cesser d'assurer de Madrid l'administration de Cuba. Confesseur de la Reine, il eut assez d'influence pour faire nommer de bons évêques, pour organiser un centre d'études ecclésiastiques à l'Escurial et pour imposer la morale à la cour. Voyageant avec la Reine à travers l'Espagne, il continua de prêcher et ne manqua pas de s'attirer la haine des nombreux ennemis du régime. Quand Isabelle II fut chassée de son trône (novembre 1868), Mgr. Claret y Clara suivit sa souveraine en France : il quitta définitivement l'Espagne le 30 septembre 1868.

Pendant ce temps, la congrégation des Missionnaires Fils du Coeur Immaculé de Marie se développait lentement : elle avait reçu l'approbation civile (9 juillet 1859) et ses constitutions avaient été approuvées par Rome (decretum laudis du 21 novembre 1860) et définitivement reconnues le 27 février 1866 ; l'approbation perpétuelle, donnée le 11 février 1870, fut confirmée le 2 mai 1870. D'abord établie au séminaire de Vich, puis installée dans l'ancien couvent des Carmes, la congrégation, dirigée depuis 1858 par le P. Xifré, fonde à Barcelone (1860) et dans d'autres villes espagnoles avant d'ouvrir des maisons à l'étranger : en France (1869), au Chili (1870), à Cuba (1880), en Italie (1884), au Mexique (1884), au Brésil (1895), au Portugal (1898), en Argentine (1901), aux Etats-Unis (1902), en Uruguay (1908), en Colombie (1909), au Pérou (1909), en Autriche (1911), en Angleterre (1912), en Bolivie (1919), au Vénézuéla (1923), à Saint-Domingue (1923), au Panama (1923), en Allemagne (1924), en Afrique portugaise (1927), en Chine (1933), à Porto-Rico (1946), aux Philippines (1947), en Belgique (1949).

Après la révolution de 1868 ou un prêtre de la congrégation fut assassiné, le nouveau gouvernement ferma les six maisons espagnoles et les missionnaires s'exilèrent en France (Prades).

Mgr. Antoine-Marie Claret y Clara bien que sa santé fut de plus en plus mauvaise, s'occupa de la colonie espagnole de Paris ; le 30 mars 1869, il partit pour Rome, afin de participer aux travaux du premier concile du Vatican, mais il y tomba si malade qu'il dut se retirer à Prades où il arriva le 23 juillet 1870. Il parut pour la dernière fois en public à la distribution des prix au petit séminaire où il fit un discours en Catalan (27 juillet 1870). L'ambassadeur d'Espagne demanda son internement mais le gouvernement français fit en sorte que l'évêque de Perpignan l'avertît et, lorsqu'on vint l'arrêter (6 août 1870), il était réfugié chez les Cisterciens de Fontfroide où il mourut le 24 octobre 1870. Il fut béatifié en 1934 et canonisé en 1950.

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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Jeu 11 Mai 2017 - 10:25

ANTONIO MARIA PUCCI
prêtre servite
1819-1892


Né en 1819 à Poggiola di Vernio en Toscane, d'une famille nombreuse et pauvre, Eustache Pucci s'applique très tôt à seconder son père dans ses fonctions de sacristain.

De bonne heure il manifeste son désir de vivre pour la Vierge Marie dans la chasteté, la pauvreté et l'obéissance.

Mais son brave père a de la peine à se défaire d'un tel fils, lequel, en 1837, peut enfin réaliser ses désirs: il entre chez les Servites de Marie au couvent de l'Annunziata à Florence.

Après son ordination, Père Antoine-Marie est nommé vicaire puis curé à Viareggio, où il restera 45 ans, jusqu'à sa mort.

Parfaite image du prêtre-pasteur, il passe parfois des journées entières à confesser.

S'intéressant à tous, enfants et adultes, hommes et femmes, il se révèle un précurseur de l'Action catholique.

Dans cette paroisse située au bord de la mer Tyrrhénienne, il crée pour les enfants pauvres et faibles un "Hospice marin".

Il fonde aussi l'Institut des "Servantes de Marie" pour s'occuper des jeunes filles.

Soucieux de tous, il réussit à se faire admettre par tous en cette période d'anticléricalisme.

Il donne un témoignage éclatant de cette charité universelle pendant la terrible épidémie de choléra de 1854-55.

Mais fidèle au charisme de son institut, sa note dominante reste la piété mariale : dès le début il consacre sa paroisse à la Vierge Marie et il en fera la "Cité de Notre-Dame des sept douleurs".

Victime d'un dernier acte de charité, il meurt le 12 janvier 1892, vénéré par tous comme un saint.
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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Ven 12 Mai 2017 - 11:16

ANTONIO MARIA ZACCARIA
Religieux italien
fondateur des Barnabites, (+ 1539)
Fête le 5 juillet







Antoine-Marie Zaccaria, né à Crémone en 1502, fit des études de médecine à Padoue, médecin en 1524, revint à Crémone, prêtre en 1528, il fonda l'ordre des barnabites, attachés à l'église Saint-Barnabé de Milan, ou clercs réguliers de Saint-Paul. Mort à Milan en 1539. Canonisé en 1897.

Fondateur, avec Bartolomeo Ferrari et Giacomo Morigia, de la congrégation des clercs réguliers de Saint-Paul, appelés Barnabites (1530).

Antoine Marie Zaccaria est né à Crémone en Lombardie vers la fin de l’an 1502. Quelques mois après sa naissance il perd son père, Lazare Zaccaria. Sa mère, Antoinette Pescaroli n’avait alors que 18 ans. elle était riche , intelligente et avait du cœur. Il lui aurait été facile de se remarier mais elle préféra se dévouer entièrement à l’éducation de son fils. Elle donnait aussi beaucoup aux bonnes œuvres. Désormais elle passait son temps entre la prière, les aumônes et les soins que réclamait son enfant.

Antoine Marie profita de cet exemple et il se distingua très vite par son amour de la prière et sa compassion pour les pauvres et les malades.

Il assistait souvent à la messe et était même servant. Dans sa maison il avait dressé un petit autel qu’il ornait lui même. A son retour de l’Eglise, il appelait les domestiques et là debout il leur redisait de son mieux ce qu’il avait entendu du prédicateur.

Un jour d’hiver alors qu’il revenait de l’église pour rejoindre sa mère dans une maison où elle l’attendait, il rencontra un pauvre à peine couvert par quelques haillons, qui lui tendait la main. Antoine ému de cette misère cherche la bourse que sa mère mettait à sa disposition pour ses petits besoins personnels ; elle est vide. Désolé et le cœur serré il continua sa route , et puis tout à coup s’arrête se retourne, regarde autour de lui pour s’assurer que personne ne le voit se dévêt du riche «  surtout » de soie dont il est revêtu, le jette au pauvre mendiant stupéfait et s’enfuit à toute jambes !

N’ayant pas de secret pour sa mère, il se rend auprès d’elle et lui avoue en rougissant ce qu’il vient de faire et se déclare prêt à subir la pénitence qu’elle décidera ? Mais sa mère, émue l’embrasse et se contente d’augmenter ses petites ressources.

Antoine venait de terminer auprès de sa mère ses premières études, il avait 18 ans , il était temps de choisir un état de vie , désireux d’être utile, il s’engage dans les études de médecine. Il quitte donc Crémone pour aller étudier à Pavie, puis à l’université de Padoue.

Bien qu’il soit loin de sa mère, Antoine continue à vivre sa foi. Dès son arrivée à Padoue, il s’impose un rythme de vie sévère. Levé de bon matin, il va chaque jour à la messe, puis il consacrait le reste de son temps à l’étude de la médecine. Devant son style de vie, les autres étudiants se moquaient de lui, mais il les laissait dire, se montrant aimable envers tous. Après quatre ans d’étude, il terminait ses cours avec succès et était reçu en médecine. Il avait 22 ans.

Il revint à crémone auprès de sa mère et y commença l’exercice de sa profession. Aimable et compétant il ne tarda pas à avoir un bonne clientèle. Il ne s’occupait pas seulement de soigner les corps il s’occupait aussi des âmes. «  C’est le péché, disait-il qui est la source de tout le mal, c’est donc l’âme qu’il faut guérir avant tout."

Au bout d’un moment Antoine Marie sentit le besoin d’aller plus loin dans l’apostolat ; mais sachant qu’on n’est pas bon juge sur son propre cas, il pris conseil auprès d’un père dominicain : le Père Marcel, qui ne tarda pas à voir clair dans la vocation du jeune homme : «  Ce n’est plus à guérir les corps que le Seigneur vous appelle, c’est au salut des âmes que vous devez travailler. Allez, préparez vous par l’étude des sciences sacrées à la mission que Dieu vous confiera ».

Antoine obéit aussitôt, quittant la médecine, il se mit avec ardeur à la théologie, l’écriture sainte, les pères du désert.

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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Sam 13 Mai 2017 - 11:11

SAINT
ARNOLD JANSSEN
prêtre, fondateur
(1837-1909)









Arnold Janssen est né le 5 Novembre 1837 à Goch, une petite ville de la Basse Rhénanie en Allemagne.

Le deuxième d'une famille de dix enfants, il a appris de son père l'amour du travail et une profonde piété. Ordonné prêtre le 15 août 1861 pour le diocèse de Munster, il fut envoyé comme professeur des sciences naturelles et des mathématiques dans une école secondaire à Bocholt, où il se révéla un éducateur exigeant et loyal.

En raison de sa grande dévotion pour le Sacré Cœur de Jésus, il fut nommé Directeur diocésain pour l'Apostolat de la Prière. Ce ministère a aida Arnold à s'ouvrir aux chrétiens d'autres confessions.

Arnold se rendit alors compte de besoins spirituels des personnes au-delà des limites de son propre diocèse; et il se développa en lui un grand souci pour la mission de l'Église universelle.

Il décida de se consacrer entièrement à l'éveil de l'Église de l'Allemagne à sa responsabilité missionnaire. Dans cette intention, en 1873, il présenta la démission de son poste d'enseignement pour bientôt fonder la revue «Le Messager du Sacré Cœur».

Dans ce magazine mensuel populaire il publiait des nouvelles sur les activités missionnaires et motivait les catholiques de la langue allemande à s'engager davantage pour soutenir les missions.

Cependant, les temps étaient difficiles pour l' Église catholique en Allemagne.

En effet, le chancelier Otto von Bismarck déclenchait le «Kulturkampf» avec une série de mesures anti-catholiques, entre autres l'expulsion de prêtres et de religieux, et même l'emprisonnement de plusieurs évêques. Dans cette situation chaotique, Arnold Janssen proposa d'envoyer certains de ces prêtres expulsés en mission ou, tout au moins, de collaborer à la préparation de missionnaires.

Le temps passait et il n'y eut personne pour répondre à son idée de fonder un « séminaire missionnaire allemand ». Lentement, mais aussi poussé par le Vicaire Apostolique de Hongkong, Arnold découvrit que lui-même était l'homme que Dieu appelait à réaliser cette tâche difficile.


Plusieurs réagirent disant qu'Arnold Janssen n'était pas la personne indiquée pour un tel travail, et que les temps n'étaient pas favorables pour pareil projet.

Arnold répondait que «Le Seigneur lance le défi à notre foi pour faire quelque chose de neuf, précisément à un moment où tant de choses dans l'Église sont en train de s'écrouler».

Avec le soutien de quelques évêques, Arnold inaugurait, le 8 septembre 1875, dans une vieille auberge qu'il avait achetée à Steyl, la première maison missionnaire allemande. Les Missionnaires du Verbe Divin considèrent cette date comme le jour de leur fondation.

Conscient de l'importance des publications pour attirer des vocations et recueillir des fonds, Arnold commença une imprimerie seulement quatre mois après l'inauguration de la maison.

Des milliers des laïcs généreux consacrèrent leur temps et leurs efforts à l'éveil d'un esprit missionnaire dans les pays d'expression allemande par la distribution des magazines de Steyl. La jeune congrégation se développa dès le début comme une communauté de prêtres et de frères.

Les aides bénévoles à la maison missionnaire n'étaient pas uniquement des hommes. Dès le début, un groupe de femmes s'était mis au service de la maison.

Leur désir était de servir la mission comme des religieuses. Ce désir, la fidélité et le désintéressement dans le service librement offert de ces femmes, et la conscience de l' importance du rôle des femmes pour les missions ont amené Arnold à fonder, le 8 Décembre 1889, la congrégation des «Servantes du Saint Esprit». En 1895, les premières soeurs partent en Argentine.

En 1896, le Père Arnold fonda avec quelques Soeurs choisies une branche cloîtrée, les «Servantes du Saint Esprit de l'Adoration Perpétuelle», SSpSAP, en sigle. Leur service missionnaire consistait à prier jour et nuit pour l'Église et particulièrement pour les deux autres congrégations missionnaires, dans un service ininterrompu d'adoration devant le Saint Sacrement.

Arnold Janssen mourut le 15 Janvier 1909. Sa vie fut une recherche permanente de la volonté de Dieu, de confiance dans la Providence divine et d'un travail dur. Le développement que les congrégations fondées par lui ont pris, témoigne que son œuvre fut bénie par Dieu : Plus de 6000 Missionnaires du Verbe Divin travaillent dans 63 pays. Les Servantes du Saint Esprit sont plus de 3.800 et les Servantes du Saint Esprit de l'Adoration perpétuelle plus de 400.

Canonisé le 5 octobre, place Saint-Pierre, par le Pape Jean-Paul II.[/font][/color][/size]

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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Dim 14 Mai 2017 - 10:28

BIENHEUREUX
ARTÉMIDE ZATTI
laïc, salésien
1880-1951




Artemide Zatti naît le 12 octobre 1880 à Boretto au nord de l'Italie, dans le diocèse de Reggio Emilia (Emilie-Romagne). En 1897, avec sa famille, il émigre en Argentine à la recherche d'une vie meilleure. Il a 17 ans.

Là-bas il trouve un directeur spirituel, le salésien Don Carlo Cavalli qui l'oriente vers sa Congrégation. Il entre à 20 ans au séminaire salésien de Bernal, mais en soignant un jeune confrère prêtre atteint de tuberculose, il tombe lui-même malade.

On l'envoie dans la Maison salésienne de Viedma qui comporte un hôpital missionnaire. L'infirmier salésien, le Père Garrone lui conseille de prier Marie Auxiliatrice (très vénérée sous ce vocable chez les salésiens), et lui suggère de joindre à cette demande une promesse: "Si elle te guérit ― lui dit-il ― tu consacreras toute ta vie à ces malades".

Et lui, de croire, de promettre… et de guérir!

Sa voie est désormais tracée, mais il doit renoncer au sacerdoce et c'est un vrai sacrifice pour lui, néanmoins il offre cela de bon cœur.

Il est admis le 11 janvier 1908 comme frère laïc ("coadjuteur") et fait sa profession perpétuelle le 8 février 1911. Il se donne à sa vocation qui se concrétise dans un service passionné, compétent et plein d'amour à l'égard des malades.

Pendant près de 50 ans, il se montrera un religieux exemplaire, ponctuel dans l'accomplissement de ses devoirs et entièrement consacré au service des indigents.

De caractère jovial, il est aimé de tous et il se révèle très capable: en 1913 il assume la responsabilité de l'hôpital dont il devient vice-directeur, administrateur et infirmier en chef. Sa réputation se répand rapidement et les malades — qu'il soigne toujours gratuitement — arrivent de toute la Patagonie.

Nuit et jour il visite les pauvres. Sa disponibilité est sans limite.

La seule fois qu'il se repose, c'est lorsqu'il passe 5 jours en prison parce qu'on le soupçonne de complicité avec un prisonnier évadé qu'il a accueilli dans son hôpital.

Il meurt à Viedma, le 15 mars 1951 entouré de l'affection de toute une population. L'hôpital où il a travaillé porte aujourd'hui son nom.

Béatifié le 14 avril 2002 à Rome par le Pape Jean Paul II.




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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Lun 15 Mai 2017 - 10:01


SAINT
AUGUSTE CHAPDELAINE
prêtre, missionnaire, martyr
1814-1856








NOTICE BIOGRAPHIQUE

Auguste Chapdelaine naît le 2 janvier 1814 au diocèse de Coutances dans une famille paysanne  dont il est le 9e enfant. Il est ordonné prêtre en 1843 pour les Missions Étrangères de Paris.

En 1851 il part pour la Chine. Après deux ans il quitte Hong-Kong pour le Kouang-si, une province qui n'avait plus de prêtre depuis un siècle et demi: "Au départ de cette mission, une ardeur de néophyte!" Récit du Père Chapdelaine: "Un habitant du Kouang-si venu au Kouei-tchéou pour affaires, rencontre par hasard un de ses parents nouvellement converti qui l'initie aux vérités de notre sainte religion; il renonce à ses idoles, adore le vrai Dieu et, de retour dans sa famille, se met à exercer l'apostolat auprès de ses parents et de ses amis.

Quarante ou cinquante familles se convertissent. Le nouvel apôtre repart alors au Kouei-tchéou pour demander un chrétien qui pourra le seconder.

Je viens moi-même d'arriver et je peux l'aider de mes conseils. Trois mois après, au terme d'un pénible voyage, je célèbre la sainte messe au milieu de ces néophytes..

Mais le démon ne tarde pas à nous susciter des obstacles." En effet, les chrétiens sont dénoncés et le Père est incarcéré avec six autres.

Le mandarin est impressionné par la fière attitude du missionnaire et, la Providence aidant, ils sont tous relâchés. Pendant deux ans, le Père exerce librement son ministère dans le Kouang-si.

Mais en 1856 il est de nouveau dénoncé. Malheureusement, c'est un nouveau mandarin qui dirige, animé d'une haine implacable contre les chrétiens. Le Père est pris.

En tout 25 confesseurs de la foi sont arrêtés et frappés, dont la très jeune veuve Agnès (née en 1833) chargée de la formation des femmes catéchistes.

Quant à Laurent Pé-mou, baptisé depuis 5 jours, il est le premier à comparaître à la barre du tribunal et à confesser sa foi. Le mandarin voulant lui faire abandonner le maître Ma (nom chinois du Père Chapdelaine), Laurent rétorque: "Je ne l'abandonnerai jamais!" Irrité d'une déclaration aussi ferme et du refus d'apostasier que lui oppose Laurent, le mandarin le fait décapiter. Puis c'est le tour de la jeune Agnès. Enfermée dans une cage, mutilée, consumée par la faim et la soif, elle meurt au bout de quatre jours.

Le Père comparaît à son tour. Il répond aux premières questions, mais oppose le silence à des questions impertinentes qui s'ensuivent.

Il reçoit 300 coups de rotin dans le dos sans proférer aucune plainte. Sa cruelle et longue agonie se termine par le supplice de la cage suspendue (strangulation lente). Le 29 février au matin, comme il respire encore, le mandarin le fait sortir de sa cage et ordonne à un satellite de le décapiter.

Incidence politique du martyre du Père Chapdelaine :



Au même moment, des commerçants et marins anglais sont molestés. Napoléon III propose à l'Angleterre d'intervenir. Une escadre alliée menace; la Chine signe le traité de Tim-tsin (1858) contenant aussi des clauses autorisant les missions. Cette imbrication des affaires politiques et de l'apostolat inquiète.

Il faut cependant reconnaître que les résultats purement chrétiens de ces traités imposés par la force sont excellents. Dans la paix - une paix toute relative d'ailleurs - les chrétientés chinoises se reforment et se réorganisent.

Béatifié le 27 mai 1900 à Rome  par Léon XIII.

Canonisé le 1er octobre 2000 à Rome par Jean Paul II.
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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Mar 16 Mai 2017 - 11:03

AUGUSTE CZARTORYSKI
prêtre salésien
(1858-1893)








Auguste Czartoryski naquit à Paris le 12 août 1858, en exil.

Trente ans auparavant environ, sa noble lignée, liée à l’histoire et aux intérêts dynastiques de la Pologne, avait émigré en France, et depuis l’hôtel Lambert, sur les rives de la Seine, dirigeait une vaste action parmi les compatriotes et auprès des chancelleries européennes, dans le but de restaurer l’unité de la patrie, partagée depuis 1795 entre les grandes puissances.

Le prince Adam Czartoryski, guerrier et homme politique, avait cédé les rênes de la famille, ainsi que de l’activité patriotique, au prince Ladislas, qui s’était uni en mariage à la princesse Maria Amparo, fille de la reine d’Espagne Marie-Christine et du duc Rianzarez.

Ils sont les parents de notre Auguste. Premier né de la famille, il était un point de référence pour tous ceux qui, après le troisième partage de la Pologne, rêvaient de sa renaissance.

Mais autres étaient les desseins de Dieu.

Il a six ans quand meurt sa maman, malade de tuberculose : héritage qu’elle transmettra à son fils.

Les premiers symptômes du mal marquèrent pour Auguste le début d’un long et inévitable pèlerinage en quête de la santé, qu’il ne retrouvera d’ailleurs jamais : Italie, Suisse, Égypte, Espagne, telles furent les principales étapes de ses pérégrinations.

Mais ce n’était pas d’abord la santé qu’il poursuivait : sa jeune âme recherchait aussi un bien beaucoup plus précieux : sa vocation.

Il n’avait pas tardé à comprendre qu’il n’était pas fait pour la vie de cour.

À vingt ans, il écrivait à son père, à propos des fêtes mondaines auxquelles il était contraint de participer : « J’avoue que je suis fatigué de tout cela. Ce sont des divertissements inutiles qui me tourmentent. Il m’est pénible d’être obligé de faire des connaissances à tant de banquets. »

Une grande influence fut exercée sur le jeune prince par son précepteur Joseph Kalinowski.

Celui-ci – canonisé par Jean Paul II en 1991 – avait subi dix ans de travaux forcés en Sibérie, et se fera ensuite carmélite.

Il ne fut précepteur d’Auguste que pendant trois ans (1874-1877), mais il lui laissa son empreinte.

C’est lui qui nous a fait savoir que ce qui orienta le prince dans la recherche de sa vocation, ce furent surtout les figures de saint Louis de Gonzague et de son compatriote saint Stanislas Kostka.

Il était enthousiaste de la devise de ce dernier : « Ad maiora natus sum » (Je suis né pour mieux que ça). « La vie de saint Louis du Père Cepari, qui m’avait été envoyée d’Italie, écrit plus tard le P. Kalinowski, eut un effet décisif sur le progrès spirituel d’Auguste et lui facilita l’union avec Dieu ».

Lorsque le P. Kalinowski entra chez les carmélites, le père d’Auguste accepta sa proposition de mettre aux côtés de son fils comme nouveau précepteur un prêtre, le P. Stanislas Kubowicz. Ce fut pour le jeune homme une nouvelle aide spirituelle.

Mais l’événement décisif fut la rencontre de don Bosco.

Auguste avait 25 ans quand il fit pour la première fois sa connaissance. Cela eut lieu à Paris, justement à l’hôtel Lambert, où le fondateur des salésiens célébra la messe dans la chapelle privée.

À l’autel servaient le prince Ladislas et Auguste. « Il y a longtemps que je désirais faire votre connaissance ! », dit don Bosco à Auguste. Depuis ce jour, Auguste vit dans le saint éducateur le père de son âme et l’arbitre de son avenir.

Chez le jeune homme, la vocation à la vie religieuse devenait de plus en plus claire.

Il était de plus en plus évident qu’il n’avait pas de propension à fonder une famille, malgré sa condition de premier héritier.

Devant de précises propositions de mariage, si, par respect pour son père et selon l’étiquette de la noblesse, il n’avait pas opposé de net refus, Auguste n’avait cependant jamais montré d’intérêt pour les personnes indiquées.

Ainsi, après la rencontre de don Bosco, Auguste non seulement sentit se renforcer sa vocation à l’état religieux, mais il eut la nette conviction d’être appelé à devenir salésien.

Depuis lors, en effet, « dès que son père le lui permettait, écrit le P. Ceria, Auguste venait à Turin pour rencontrer don Bosco et recevoir ses conseils. Il fit même plusieurs retraites spirituelles sous la direction du saint, en logeant à l’Oratoire, malgré tout l’inconfort qu’il y trouvait ».

Pour le jeune homme, don Bosco était donc devenu le point de référence pour le discernement de sa vocation.

Mais le saint se montra toujours très réticent à propos de l’acceptation du prince dans la Congrégation.

Ce sera le Pape Léon XIII en personne qui dissipera tous les doutes. Après avoir sondé la volonté d’Auguste, le Pape conclut : « Dites à don Bosco que le Pape désire qu’il vous accepte parmi les salésiens ». « Eh bien, mon cher, répondit immédiatement don Bosco, je vous accepte. Dès maintenant vous faites partie de notre Société et je désire que vous y apparteniez jusqu’à la mort ».

À la fin de juin 1887, après avoir renoncé à tout en faveur de ses frères, le jeune homme fut envoyé à S. Benigno Canavese pour un bref aspirandat, avant de commencer le noviciat qui débuta la même année sous la conduite du maître, le P. Jules Barberis. Auguste dut bouleverses bien des habitudes : l’horaire, la nourriture, la vie commune… Il dut aussi résister aux tentatives de la famille qui ne se résignait pas à cette option.

Le père lui rend visite et essaie de le dissuader. Mais Auguste ne se laisse pas vaincre. Le 24 novembre 1887, il reçoit la soutane des mains de Don Bosco dans la basilique de Marie Auxiliatrice. « Courage, mon cher prince, lui murmure le saint à l’oreille. Aujourd’hui, nous avons remporté une belle victoire.

Mais je puis dire aussi, avec une grande joie, que viendra le jour où vous serez prêtre et, par la volonté de Dieu, vous ferez beaucoup de bien à votre patrie ».

Don Bosco meurt deux mois après et, sur sa tombe à Valsalice, le prince Czartoryski devient salésien en émettant les vœux religieux.

À cause de sa maladie, il est envoyé sur la côte ligurienne, et c’est là qu’il entame ses études de théologie.

L’évolution de sa maladie fait reprendre avec plus d’insistance les tentatives de sa famille, qui recourt aussi aux pressions des médecins.



Au cardinal Parocchi, prié d’user de son influence pour l’arracher à la vie salésienne, il écrit : « C’est en pleine liberté que j’ai voulu émettre les vœux, et je l’ai fait avec grande joie.

Vivant dans la Congrégation, j’éprouve depuis ce jour une grande paix d’esprit et je remercie Dieu de m’avoir fait connaître la Société salésienne et de m’avoir appelé à y vivre ».

Préparé à souffrir, le 2 avril 1892 il est ordonné prêtre à San Remo par Mgr Tommaso Reggio, évêque de Vintimille. Le prince Ladislas et la tante Isa ne participèrent pas à l’ordination.

Toute la famille se réunit plus tard à Menton, le 3 mai. Ce fut une réconciliation tacite, qui imposait au prince Ladislas de renoncer pour toujours à des rêves qu’il a avait caressés avec obstination.

La vie sacerdotale du P. Auguste ne dura qu’un an à peine ; il la passa à Alassio, dans une chambre qui donnait sur la cour des enfants.

Le cardinal Cagliero résume comme suit la dernière étape de sa vie : « Il n’était plus de ce monde ! Son union à Dieu, sa conformité parfaite au divin vouloir dans son infirmité aggravée, son désir de ressembler à Jésus dans les souffrances et les afflictions le rendaient héroïque dans la patience, calme dans son esprit et fort, plus que dans la douleur, dans l’amour de Dieu ».

Il s’éteignit à Alassio le soir du 8 avril 1893, dans l’octave de Pâques, assis sur le fauteuil où don Bosco s’était plusieurs fois reposé. « Quelle belle Pâques ! », avait-il dit lundi au confrère qui l’assistait, sans imaginer que le dernier jour de l’octave, il l’aurait célébré au paradis, à l’âge de trente-cinq ans et après cinq ans de vie salésienne.

Sur son image de première messe, il avait écrit : « Un jour dans tes parvis en vaut plus que mille autres. Heureux les habitants de ta maison : ils pourront te chanter sans fin » (Ps 88, 11 et 5).

Son corps fut transporté en Pologne et enseveli auprès des tombes de la famille, dans la crypte paroissiale de Sieniawa, là où un jour Auguste avait fait sa première communion.

Plus tard, ses dépouilles mortelles furent transférées dans l’église salésienne de Przemysl, où elles se trouvent encore aujourd’hui.


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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Mer 17 Mai 2017 - 9:15

SAINT
AUGUSTIN ROSCELLI
prêtre et fondateur
(1818 - 1902)






L'Église nous propose en Augustin Roscelli l'exemple d'un saint prêtre et Fondateur. Comme prêtre, il incarne la figure de "pasteur", de l'éducateur de la foi, de ministre de la Parole et de guide spirituel. Toujours prêt à se donner dans l'obéissance, l'humilité, le silence et le sacrifice, il cherche seulement la Volonté de Celui qui l'a appelé et envoyé.

Dans l'exercice de son ministère sacerdotale il suit l'exemple du Christ, harmonisant la vie intérieure à une intense action pastorale. Son œuvre est féconde parce qu'alimentée par une prière continuelle et un ardent amour à l'Eucharistie.

Il sait lire les évènements de son temps et intervient concrètement, en faveur des plus démunis et en particulier il se dévoue pour sauver la jeunesse des embûches et des difficultés morales.

Conduit par l'Esprit Saint, il arrive, presque à son insu, à fonder une famille religieuse.

Né à Bargone de Casarza Ligure (GE), le 27 juillet 1818 de Domenico et Maria Gianelli, il est baptisé le même jour parce que l'on craint pour sa vie. Sa famille, pauvre de biens matériels, est toujours pour lui un exemple de foi et de vertus chrétiennes. Intelligent, sensible, plutôt réservé, Augustin se rend très tôt utile à sa famille par la garde des moutons.

Ses parents le confient au curé de la paroisse, l'Abbé Andrea Garibaldi qui lui donne les premiers éléments du savoir.

Vers le sacerdoce

Au mois de mai 1835, lors d'une courte retraite paroissiale animée par le Curé de Chiavari, Antonio Maria Gianelli, Augustin sent l'appel décisif à la prêtrise et se rend à Gênes pour entreprendre ses études.

Les années de préparation à son Ordination sacerdotale sont rudes et difficiles ayant à affronter de graves difficultés économiques. Sa volonté tenace, sa prière intense et l'aide de bonnes personnes telles que le Chanoine Gianelli le soutiennent. Ce dernier, devenu Évêque de Bobbio en 1838, lui trouve un poste comme Clerc-sacristain et gardien de l'église du Conservatoire des Filles de St-Joseph de la Montée S. Rocchino, dont le Gianelli est directeur. Puis, les Jésuites, le voient "préfét zélé", tel que l'affirme le Recteur lui-même en 1845.

Le 19 septembre 1846, il est ordonné prêtre par le Cardinal Placido Maria Tadini.

Vicaire - Saint Confesseur - Éducateur chez les Petits Artisans (Artigianelli)

L'abbé Augustin Roscelli est immédiatement destiné à la bourgade populeuse de S. Martino d'Albaro. Là, commence son humble service dans l'œuvre de sanctification. Dans l'esprit du Christ pasteur et dans l'administration des sacrements, il se dédie avec zèle, charité et par son exemple à l'accroissement spirituel du Corps du Christ.

Au confessionnal, il acquiert une connaissance concrète de la triste réalité et du danger moral dans lesquels se trouvent beaucoup de jeunes filles qui, par motif de travail, quittent leur village pour la ville, devenant ainsi une proie facile pour les personnes malhonnêtes. Là, son cœur de père craint et frémit à la pensée que tant d'âmes simples, seules et sans défense peuvent se perdre.

En 1858, tout en continuant assidûment son ministère au confessionnal, il accepte de collaborer avec l'Abbé Francesco Montebruno à l'Êuvre des Petits Artisans.

Parmi les prisonniers, à l'orphelinat

En 1872, son champ d'apostolat s'agrandit. Comme Ministre du Christ "parmi les hommes et institué en faveur des hommes", il se consacre entièrement à l'œuvre que le Seigneur lui a confiée, sans se soustraire à la misère et à la pauvreté morale de la ville, il s'occupe non seulement de la jeunesse masculine et féminine mais aussi des détenus des prisons de St-André pour leur apporter le réconfort et la Miséricorde du Seigneur.

En 1874, Aumônier du nouvel Orphelinat Provincial de la Montée des Fieschine, l'Abbé Roscelli se dédie aux nouveaux-nés en leur administrant le Baptême (d'après les registres, il résulte qu'il a baptisé, en 22 ans de ministère dans cette institution, 8.484 enfants)et, faisant siennes les paroles de Saint Augustin "l'accomplissement de toutes nos œuvres, c'est l'amour", il travaille intensément aussi en faveur des filles-mères: simples filles du peuple qui, par manque de travail digne et rémunérateur, tombent victimes des malintentionnés.

Les ateliers de couture

L'Abbé Roscelli accueille la proposition de quelques unes de ses dirigées spirituellement matures qui, partageant son désir de sauver les âmes, lui offrent leur collaboration afin d'aider beaucoup de jeunes filles nécessiteuses d'assistance morale et de guide sûr pour gagner honnêtement leur vie.

En ces ateliers, les filles reçoivent une instruction morale et religieuse, unie à une solide formation humaine et chrétienne, de façon à les préparer à faire face aux difficultés de la ville et à être en même temps prêtes professionnellement.

Une nouvelle congrégation

L'idée hésitante de fonder une Congrégation religieuse est encouragée par Mons. Salvatore Magnasco et par les Collaboratrices de Roscelli, les institutrices des Ateliers de Couture, bien convaincues que la Consécration au Christ et l'engagement de sanctification dans la vie communautaire sont la force de l'apostolat.

L'Abbé Augustin Roscelli consulte le Pape Pie IX et, après en avoir reçu la réponse: "Deus benedicat te et opera tua bona", s'en remet totalement à la Volonté de Dieu. Le 15 octobre 1876, il réalise son projet et le 22 du même mois donne l'habit religieux aux premières Filles qu'il appelle Sœurs de l'Immaculée, leur montrant ainsi le chemin de sainteté tracé particulièrement par les vertus mêmes de Celle qui est modèle de la vie consacrée. Son œuvre, après les premières incertitudes, s'affirme et s'accroît au-delà des limites de Gênes et de l'Italie.

L'existence du "pauvre prêtre" se termine le 7 mai 1902.

L'Abbé Roscelli était:

Homme de Dieu: il avait l'intuition des desseins de Dieu sur lui et s'y abandonnait en toute docilité.

Dans l'humble Prêtre, l'action divine et humaine, la contemplation et l'action étaient intégrées en une merveilleuse unité de vie. Son apostolat surgissait de l'expérience de Dieu qui ouvre à la prière, au témoignage de fidélité à son ministère sacerdotal et à l'annonce de l'Évangile.

Sel de la terre: contemplatif, pauvre, austère, il choisissait toujours la dernière place, le renoncement. Dans l'oubli total de lui-même, de ses propres exigences et même de son temps, toujours disponible au confessionnal, comme levain évangélique, il intensifiait ainsi la charité "d'où convergeaient l'amour envers Dieu et l'amour envers le prochain".

Signe prophétique: séparé du monde mais en rapport étroit avec la réalité concrète de son temps, avec un esprit miséricordieux et avec un cœur tendre de Père, le Roscelli rendait visible la primauté de l'amour de Dieu en s'approchant des abandonnés, des prisonniers, des filles-mères, de la jeunesse en général et de toutes victimes de l'injustice: il les aidait tous avec une sensibilité profonde assurant ainsi le respect des droits humains et la cause juste de la promotion humaine.

Canonisé le 10 juin 2001, place Saint-Pierre par le Pape Jean-Paul II.

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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Jeu 18 Mai 2017 - 10:11

BIENHEUREUSE
JACINTA MARTO


1910-1920









C’est dans son humble famille que Jacinthe, avec son frère François, apprit le catéchisme.
Un Ange et Notre Dame l’exhortèrent à prier et à faire des sacrifices afin d’obtenir le pardon des péchés et la conversion des pécheurs, ainsi que la paix pour le monde. À partir de ce moment-là, Jacinthe fit tous les sacrifices qu’elle put trouver pour convertir les pécheurs et en acte de réparation au Cœur Immaculé de Marie.

Elle avait aussi un amour tout particulier pour le Pape. Pendant sa maladie, elle confia à Lucie : « Je souffre beaucoup, mais j’offre tout pour la conversion des pécheurs, en réparation au Cœur Immaculé de Marie, et aussi pour le Saint-Père ». Peu avant de mourir, elle déclara : « Au Ciel, je vais beaucoup aimer Jésus et le Cœur Immaculé de Marie ».

En l’année du Grand Jubilé de l’An 2000, le 13 mai, à Fatima, le Pape Jean-Paul II a élevé Jacinthe au rang des Bienheureuses.

● ● ●

1910

11 mars – naissance à Aljustrel, paroisse de Fatima ; septième et dernier enfant de Manuel Pedro Marto et Olimpia de Jesus
19 mars – elle est baptisée à l’église paroissiale

1916

à 6 ans – commence à travailler comme petite bergère
printemps – 1re apparition de l’Ange à la Loca do Cabeço
été – 2e apparition de l’Ange au puits de l’Arneiro
automne – 3e apparition de l’Ange à la Loca do Cabeço

1917

13 mai, 13 juin et 13 juillet – 1re, 2e et 3e apparitions de Notre Dame à la Cova da Iria
13 août – est emmenée à la prison de Vila Nova de Ourem
15 août – est de retour à Aljustrel
19 août – 4e apparition de Notre Dame aux Valinhos
13 septembre et 13 octobre – 5e et 6e apparitions de Notre Dame à la Cova da Iria

1918

automne – est atteinte par l’épidémie de «grippe espagnole»
1919
4 avril – mort de François
du 1re juillet au 31 août – est hospitalisée à l’Hôpital de Vila Nova de Ourem

1920

fin janvier – est admise à l’Orphelinat de Notre Dame des Miracles, à Lisbonne
2 février – est hospitalisée à l’Hôpital D. Estefania, à Lisbonne
10 février – est opérée
16 février – Notre Dame lui apparaît et lui enlève ses souffrances
20 février – se confesse vers 20 h ; meurt vers 22 h 30
24 février – est ensevelie à Vila Nova de Ourem

1935

12 septembre – translation de son corps au cimetière de Fatima

1951

30 avril – identification de ses restes mortels
1er mai – translation de son corps à la Basilique de Fatima

2000

13 mai, à Fatima, le Pape Jean-Paul II a élevé Jacinta au rang des Bienheureuses.



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Marie du 65
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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Ven 19 Mai 2017 - 11:43

BIENHEUREUX
JACQUES DÉSIRÉ LAVAL
prêtre, missionnaire
(1803-1864)










Il est le premier missionnaire de la Congrégation du père Libermann, le Saint-Coeur de Marie.

Il est parti en mission avant même d'avoir terminé son noviciat.

Le père Laval est un personnage central de l'Île Maurice. Il est encore aujourd'hui la personne qui réalise l'unité de l'île malgré la diversité de cultures, de langues et de religions.

En 1979, il a été béatifié par le pape Jean-Paul II.

L'enfance et les études

Jacques Laval naquit à Croth, en Normandie, le 18 septembre 1803. Son père était un fermier aisé, maire du village. Il n'avait que sept ans quand sa mère mourut prématurément. A l'âge de quatorze ans, il alla vivre chez un oncle qui était prêtre et qui préparait quelques garçons à entrer au séminaire ou au collège, en leur donnant des leçons particulières.

Après trois ans chez son oncle, Jacques entra au séminaire-collège d'Evreux. Il ne s'y plut pas et ne réussit guère dans ses études. Aussi voulut-il rentrer à la maison. Son père, mécontent, l'assigna aux plus rudes travaux de la ferme, si bien que Jacques demanda à reprendre ses études. Il partit pour Paris, entra au collège Stanislas, se mit au travail avec application et, en 1825, il obtint son baccalauréat.

Médecin en Normandie

Il entreprit ensuite, à la Sorbonne, des études de médecine. Au bout de cinq ans il fut reçu docteur, avec une thèse sur le rhumatisme articulaire. De retour en Normandie, il ouvrit un cabinet, d'abord à Saint-André, dans son pays natal, puis à Ivry-la-Bataille. Il devint vite populaire. Charitable et peu exigeant pour ses honoraires, il était aimé des pauvres. Il pouvait se contenter des revenus de l'héritage laissé par ses parents (son père était mort en 1824).

À Paris, il était resté catholique sincère et pratiquant, mais un changement se produisit en lui dans la petite ville où il habitait désormais. Peu à peu il abandonna la pratique religieuse. Élégant, recherchant le confort, et même le luxe, il était de toutes les réunions mondaines. Bien que médiocre cavalier, il mettait sa vanité à monter des chevaux fringants. Mais sa conscience n'était pas en paix: lui-même avoue: «Je résistais à Dieu». Finalement, à l'automne 1834, il se convertit radicalement, revint à la pratique religieuse, passant même de longues heures en méditation.

Prêtre et curé de paroisse

La pensée de se faire prêtre, qu'il avait eue dans son enfance, lui revint. En juin 1835, il entra au séminaire Saint-Sulpice à Paris. Les Sulpiciens l'envoyèrent dans leur maison d'Issy, pour y repasser sa philosophie et être prêt à aborder la théologie en septembre. Bien qu'il ne fût pas facile de reprendre des études à trente-deux ans et qu'il eût plusieurs fois la tentation de se retirer, il persévéra jusqu'à la fin et fut ordonné prêtre en décembre 1838. Il exerça son ministère sacerdotal pendant deux ans, à Pinterville, près de Louviers.

Vocation missionnaire

Au printemps 1840, il reçut la visite de séminaristes de Saint-Sulpice qui lui apprirent que deux de ses anciens amis de Paris, Le Vavasseur et Tisserant, songeaient à établir une oeuvre spécialement destinée à l'apostolat parmi les esclaves noirs des colonies. Jacques Laval confia alors à ses visiteurs qu'il souhaiterait faire partie de l'oeuvre naissante et se consacrer lui aussi à l'Oeuvre des Noirs. Ses propos étaient à la fois sincères et sans conséquence. Ses visiteurs, venus à Pinterville sans mission, de retour à Saint-Sulpice, ne jugèrent pas utile d'en parler.

À cette époque, le projet de fondation d'une société de missionnaires pour la conversion des Noirs n'était pas très avancé, mais le Père Libermann venait de recevoir les encouragements de la Propagande.

À la mi-juin 1840 survint l'événement qui allait tout déclencher: le passage à Paris de Mgr William Collier, récemment nommé vicaire apostolique de l'île Maurice. Maurice est sous domination anglaise, mais la langue de presque tous les catholiques de l'île est le français. Mgr Collier se proposait d'emmener avec lui des prêtres anglais et des prêtres français. Dans ses recherches, il prit contact avec le supérieur de Saint-Sulpice qui le mit en relation avec Le Vavasseur. Celui-ci lui parla de la mission de Libermann et de l'espérance de tous les amis de l'Oeuvre des Noirs de voir celle-ci se transformer en une vraie congrégation: la Société du Saint-Cœur de Marie.

Finalement, on jugea préférable que Le Vavasseur se destine à son pays d'origine, Bourbon, et c'est Tisserant qui fut désigné pour Maurice. Mgr Collier lui conseilla d'emmener avec lui un compagnon. C'est alors qu'intervint l'un des visiteurs de Pinterville, rapportant que M. Laval «avait témoigné que semblable ministère serait bien conforme à l'attrait intérieur qu'il ressentait». Averti, Jacques Laval se réjouit de la proposition qui lui était faite et le 17 novembre 1840, il arriva à Saint-Sulpice, pour se préparer au départ par une retraite.

Le départ pour l'île Maurice

Après un certain nombre de péripéties, son départ, de Londres, avec Mgr Collier, sur le Tanjora, n'eut lieu que le 4 juin 1841. Il était accompagné de trois autres prêtres, un Anglais, un Irlandais et un Savoyard. Finalement, M. Tiserrand restait en France. Bien que Jacques Laval ne fût pas passé par le noviciat de la Congrégation du Saint-Coeur de Marie (qui, en fait n'ouvrit ses portes qu'en septembre 1841), il faut bien préciser qu'il en fut toujours considéré comme membre: en fait foi le registre ouvert à La Neuville, en août 1842. D'ailleurs, avant de partir, il avait abandonné ses biens à la jeune Société, par l'intermédiaire de Le Vavasseur et c'est grâce à cette générosité que l'on put subvenir, pendant plusieurs années aux besoins de l'oeuvre.

De Londres à Maurice, la route maritime contournait l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Le lundi 13 septembre, vers 15 heures, après cent jours de traversée, le Tanjora parvint à Port-Louis. Jacques Laval était à pied d'oeuvre pour commencer à l'île Maurice un apostolat qui allait durer vingt-trois ans.

La situation à l'île Maurice

L'île Maurice, qui avait été l'île de France de 1715 à 1810, était alors une colonie anglaise, mais la langue française y était restée la plus couramment employée. Le gouvernement britannique avait aussi pris l'engagement de respecter les arrêtés concordataires de 1802, concernant l'Eglise catholique. Malgré cela, en 1831, sur les neuf prêtres qui oeuvraient alors à Maurice, on comptait trois Anglais, quatre Italiens et seulement deux Français.

L'Angleterre abolit l'esclavage dans toutes ses colonies en 1835. A Maurice, 66 000 esclaves furent ainsi émancipés, mais ils abandonnèrent massivement les plantations, symbole de leur servitude. On fit alors appel à l'immigration indienne: 24 000 travailleurs originaires de Madras, Bombay et Calcutta étaient déjà installés à Maurice, quand, en 1839, le gouvernement indien fit cesser ce recrutement.

Au moment où Jacques Laval s'installait à Port-Louis pour exercer son apostolat, la population y était d'une grande diversité. Parmi ses premiers catéchumènes il y avait des Noirs, anciens esclaves, originaires d'Afrique, mais aussi, des Malgaches, des Mozambicains, des Indiens, des Malaisiens, des Commoriens.

Auprès des Blancs, les débuts du P. Laval furent difficiles et souvent pénibles. Mais, passés de l'aversion à l'estime, les sentiments des Blancs évolueront peu à peu vers la confiance et, pour certains, vers une profonde vénération.

Des méthodes très concrètes

Renonçant au français, parlé par la classe supérieure et par les autres prêtres dans leurs sermons, le P. Laval se mit tout de suite à apprendre le créole, usité dans les masses populaires, sans tenir compte de leurs origines ethniques. Au lieu d'aborder les jeunes, il s'intéressa aux adultes. Il pensait que, sans une famille chrétienne, la jeunesse ne lui donnerait qu'une adhésion fugitive.

Les débuts ne furent pas faciles. L'évêque fit construire pour lui une maisonnette en bois, où Laval passa la plus grande partie de son temps, enseignant à des individus ou à des petits groupes les rudiments de la foi. Le soir, il accueillait des auditoires plus nombreux et bientôt, jusqu'à deux cents personnes vinrent l'écouter. En 1844, il rassemblait environ trois cents bons chrétiens et un grand nombre d'autres se préparaient à la première communion ou au mariage.

Il connut alors une période d'opposition. Il fut insulté et menacé et pendant quelque temps ses instructions du soir durent avoir lieu sous la protection de deux policiers. Mais cela n'empêcha pas le développement de ses oeuvres et il dut se chercher des collaborateurs.

Catéchistes et communautés

Il donna alors sa confiance aux Noirs eux-mêmes, bien que la plupart fussent illettrés. Son premier catéchiste fut un jeune homme d'une vingtaine d'années, si infirme qu'il se déplaçait sur les mains et les genoux. Assez vite des petites communautés s'organisèrent partout autour des catéchistes. Elles construisaient chapelles ou lieux de réunions, dont plusieurs par la suite devinrent des paroisses. Des femmes, qu'il appelait ses conseilleuses, l'assistaient, non seulement pour le catéchisme, mais surtout pour les visites des malades.

On a gardé le souvenir de certains parmi les premiers collaborateurs du P. Laval. Le plus connu était Emilien Pierre, qui catéchisa les pauvres pendant plus de vingt ans, «en tout lieu et à toute heure du jour». On s'adressait volontiers à Jean-Marie Prosper, charpentier, pour des missions de confiance. Jean-Marie Mézelle, ouvrier maçon, servait chaque matin, à cinq heures la messe du P. Laval et celui-ci appréciait sa simplicité, sa bonhomie et sa vie exemplaire. On n'a pas oublié non plus le nom de Ma Céleste, dont le zèle s'exerçait surtout auprès des malades pour les préparer à bien mourir.

Jacques Laval ne s'en tint pas à l'instruction et à l'éducation religieuse. Il encouragea les convertis de ces petites communautés à élaborer des programmes d'assistance. Il plaçait de nouveau sa confiance dans la générosité et la compétence de ces anciens esclaves sans instruction. Ceux-ci formèrent leurs propres Caisses de Charité, dont ils choisirent assistants et trésoriers. Dans les réunions mensuelles, ceux-ci déterminaient qui avait besoin d'être assisté et quelle contribution chacun fournirait. Laval lui-même restait en dehors des collectes et de leur répartition. Il se bornait à soumettre à toute la communauté un rapport mensuel à la messe du dimanche.

L'administration du sacrement de pénitence devint progressivement la principale occupation de Laval. Quatre ans après son arrivée à Maurice, un mouvement de masse vers l'Eglise commença à se produire.

Jacques Laval et ses confrères

Les mauvaises dispositions du gouvernement anglais retardaient l'introduction de nouveaux missionnaires du Saint-Coeur de Marie à Maurice et Laval dut attendre décembre 1846 pour recevoir l'aide d'un premier confrère, le Père Prosper Lambert. Trois autres suivirent bientôt : le Père François Thévaux, en octobre 1847, le Père François Thiersé, en septembre 1848 et le Père Jean-Marie Baud, en janvier 1850.

Il n'est pas possible de rendre compte en quelques lignes des activités de Jacques Laval et de ses confrères. En voici cependant quelques aspects, selon divers témoignages.

À la fin de 1847, Laval, Lambert et Thévaux passent de quatre à huit heures par jour au confessionnal et entendent près de huit mille confessions par mois. Le Père Le Vavasseur, après une visite à Maurice, écrit : «Je suis épouvanté à la vue d'un tel travail... mais je me borne à les conjurer de prendre tous les moyens compatibles avec le travail qu'ils ont, pour conserver leur santé».

En 1852, Laval écrit à Libermann : «Nous avons eu à peu près trois mille communions, tant pour le Port que Sainte-Croix et Petite Rivière, avec une quantité de nouveaux convertis, Créoles, Malgaches, Mozambiques et quelques Indiens. Il nous faudrait de la place dans l'église pour les mettre et nous n'en avons point. Le premier besoin de ce pauvre pays, ce sont des églises. Le bien est arrêté net à cause de ça».

En même temps il fait part de son étonnement de voir ses confrères métamorphosés en architectes : «Baud agrandit une nouvelle fois la chapelle Sainte-Croix et dans le faubourg de Cassis il entreprend de remplacer un ancien magasin qui servait d'oratoire, en une église de mille deux cents places. A la Montagne Longue, Lambert reprend entièrement, en plus solide et plus grand, la chapelle Notre-Dame de Délivrance. Dans le quartier du Grand Port, Thiersé n'arrête pas. A peine a-t-il fini une chapelle d'un côté qu'il en commence de l'autre».

Supérieur malgré lui

Pour ses confrères, dans le ministère sacerdotal, Jacques Laval est un exemple et un entraîneur. Mais il n'avait aucune idée de la vie communautaire : n'ayant pas fait de noviciat, il n'était pas préparé à la pratiquer.

À la fin de l'année 1848, avait eu lieu l'union entre la Congrégation du Saint-Esprit et celle du Saint-Cœur de Marie, union qui comportait la «disparition» de cette dernière. Comme beaucoup de ses confrères, Jacques Laval partageait sur ce point l'avis du Père Le Vavasseur qui écrivait : «J'ai la plus grande peur, pour ne pas dire la certitude que cette fusion soit une déplorable confusion».

Cette réaction s'expliquait par le manque d'informations. Après les précisions données par Libermann dans des lettres qui mettaient souvent longtemps à parvenir, le ton changea: «J'approuve de tout mon coeur la fusion, disait le même Le Vavasseur. Je puis vous assurer de l'adhésion parfaite de tous nos confrères de Bourbon et de Maurice».

Nommé supérieur de sa communauté, le Père Laval n'avait accepté cette charge qu'avec réticence et il n'y fut jamais à l'aise. «Le Père Laval, disait un de ses confrères, n'est guère fait pour être membre d'une communauté et surtout pour en être supérieur. Il n'aime pas les règles, s'en soucie peu pour lui et pour les autres. Il n'a jamais fait de noviciat et n'a pas vécu en communauté. Pourvu que le travail marche, c'est tout ce qu'il lui faut». Tous n'étaient pas aussi sévères.

Laval reconnaît lui-même : «Le défaut principal vient de moi qui occupe une place dont je suis incapable de bien remplir les fonctions, vu que je n'en connais pas bien les devoirs, n'ayant pas eu le bonheur de vivre en communauté. Quand on manque par les fondements, c'est bien difficile de bâtir l'édifice». Est-ce un défaut si grave de n'être pas bon supérieur, quand on le reconnaît avec tant d'humilité ?

Les dernières années

Quinze ans d'un labeur incessant, en même temps que de sévères pratiques de pénitence, suffirent à épuiser les forces du fragile missionnaire. En 1856, puis de nouveau en 1857, il eut une attaque pendant qu'il écoutait les confessions. L'année suivante, nouvelle attaque, en chaire cette fois, bientôt suivie de deux autres. Laval comprit que son ministère actif touchait à sa fin. Dès lors, il ne put guère qu'offrir ses prières et ses souffrances pour ses bien-aimés Mauriciens. Cependant, quand il se sentait un peu mieux, il s'arrangeait pour donner, de temps en temps, quelques instructions aux petits enfants et à quelques adultes.

Habituellement, on pouvait le trouver dans un coin, près de l'autel, en communication silencieuse avec le divin Maître à qui il avait consacré sa vie. La mort vint le prendre le 9 septembre 1864, en la fête de saint Pierre Claver, cet autre grand apôtre des esclaves noirs.

Il n'y avait eu personne pour l'accueillir à son arrivée à Maurice. Il y en eut 40 000 pour accompagner à sa tombe leur Père bien-aimé. Le petit monument qu'on y érigea devint vite un centre de pèlerinages fréquenté toute l'année. Toutes les catégories religieuses de l'île, hindous, musulmans, confucianistes et chrétiens ont leur jour de fête en son honneur; mais le 9 septembre est la fête de tous.

Le 29 avril 1979, le pape Jean-Paul Il a porté à son comble la joie des Mauriciens, en plaçant officiellement sur les autels le Bienheureux Jacques Laval.


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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Sam 20 Mai 2017 - 12:02

JEAN BOSCO
Prêtre, Fondateur, Saint
1815-1888






EXTRAIT BIOGRAPHIQUE

Dans une ferme, au cœur du Piémont agricole, à Morialdo, hameau de Castelnuovo, naît Jean  Bosco, fils d'un petit métayer, en août 1815. Son père François, meurt deux ans plus tard, laissant sa veuve, Marguerite éduquer ses trois enfants. Ce sont trois garçons, dont l'aîné, Antoine, qui n'a que 10 ans, va très vite s'occuper de la ferme avec sa mère. Le second, Joseph, a 4 ans. La maman Marguerite apprit elle même les prières du chrétien à ses trois enfants qui priaient tous ensemble matin et soir. C'est dans cette ambiance chrétienne et rurale que le petit Jean fit, dans cette chambre, un rêve vers l'âge de neuf ans. Ce rêve lui laissa pour toute la vie une profonde impression. Le lendemain il s'empressa de le raconter à sa famille. Bien des années plus tard, il en comprit la signification profonde, et le redit souvent à ses enfants et à ses disciples les salésiens.

C'est devenu un texte fondateur :

« A neuf ans j'ai fait un songe qui m'est resté profondément gravé dans l'esprit pendant toute ma vie. Dans ce songe, il me semblait que j'étais près de notre maison dans une cour très spacieuse où étaient rassemblés une foule d'enfants qui jouaient. Les uns riaient, beaucoup blasphémaient. En entendant ces blasphèmes je me suis tout de suite jeté au milieu d'eux, donnant du poing et de la voix pour les faire taire.

A ce moment, apparut un Homme imposant, noblement vêtu. Son visage était si lumineux qu'on ne pouvait pas le regarder en face. Il m'appela par mon nom et me dit : “Ce n'est pas avec des coups mais avec la douceur et la charité que tu devras faire d'eux tes amis. Commence dont tout de suite à leur parler de la laideur du péché et de la valeur de la vertu”.

Intimidé, craintif, je répondis que j'étais un pauvre enfant ignorant. Alors, les garçons, cessant de se battre et de crier, se groupèrent tous autour de Celui qui parlait. Comme si je ne savais plus ce que je disais, je demandai :

“Qui êtes-vous pour m'ordonner des choses impossibles ?

– C'est justement parce que ces choses te paraissent impossibles que tu devras les rendre possibles en obéissant et en acquérant la science.

– Comment pourrai-je acquérir la science ?

– Je te donnerai une institutrice. Sous sa conduite, tu pourras devenir savant.

– Mais qui êtes-vous ?

– Je suis le Fils de cette Femme que ta mère t'a appris à prier trois fois par jour. Mon nom, demande-le à ma Mère.”

Aussitôt, je vis à ses côtés une Dame d'aspect majestueux, vêtue d'un manteau qui resplendissait comme le soleil. S'approchant de moi tout confus, elle me fit signe d'avancer et me prit par la main avec bonté :

“Regarde ! dit-elle”.

En regardant, je m'aperçus que les enfants avaient tous disparu. A leur place je vis une multitude de cabris, de chiens, de chats, d'ours et beaucoup d'autres animaux.

“Voilà ton domaine ! Voilà où tu devras travailler. Deviens humble, courageux, et vigoureux : et ce que tu vois arriver en ce moment à ces animaux, tu le feras pour mes enfants”.

Je tournai donc les yeux et voilà qu'à la place des bêtes sauvages apparurent autant de paisibles agneaux qui sautaient, couraient, bêlaient autour de cet Homme et de cette Femme comme pour leur rendre hommage.

Alors, toujours dans mon rêve, je me mis à pleurer et je priai cette Dame de vouloir bien s'expliquer d'une façon plus claire, car je ne comprenais pas ce que tout cela signifiait.

Elle posa sa main sur ma tête et me dit :

“Tu comprendras tout au moment voulu”.

Elle avait à peine dit cela qu'un bruit me réveilla. Tout avait disparu. J'étais abasourdi. J'avais l'impression que les mains me faisaient mal à cause des coups de poings que j'avais distribués et que le visage me cuisait d'avoir reçu des gifles de tous ces galopins.

Le matin, j'ai raconté le songe d'abord à mes frères qui se mirent à rire, puis à ma mère et à la grand-mère. Chacun donnait son interprétation : “Tu deviendras berger”, dit Joseph. “Chef de brigands”, insinua perfidement Antoine. Ma mère : “Qui sait si tu ne deviendras pas prêtre”. C'est la grand-mère qui prononça le jugement définitif : “Il ne faut pas s'occuper des rêves”. J'étais de l'avis de l'aïeule et pourtant je ne réussis jamais à m'ôter tout cela de l'esprit. »

Toutes les années qui suivirent furent profondément influencées par ce songe. Maman Marguerite avait compris (et Jean le comprit aussi très vite) que ce songe indiquait une direction. (Don Bosco, Souvenirs Autobiographiques)

Ayant fini ses cours primaires, Jean Bosco vient à Chieri suivre ses études secondaires. A la fin de celles-ci, il rentre au séminaire de Chieri. Il a 19 ans .Six ans d'étude à nouveau, mais avec de bons compagnons et de bons professeurs. Pendant les vacances, il revient aux Becchi. Il aide à la ferme familiale. Il s'occupe aussi des jeunes du village. Il enseigne le catéchisme à beaucoup d'entre eux qui à 16 ou 17 ans étaient totalement ignares des vérités de la foi. Il leur demande aussi l'assiduité aux offices, et la confession mensuelle. Quelques uns abandonnèrent, mais beaucoup continuèrent. Une fois devenu prêtre, on lui proposa plusieurs postes, mais rien ne l'attirait. Don Cafasso, son confesseur, lui conseilla de rester avec lui pour continuer des études de spiritualité. Il lui fit découvrir aussi la vie dans les banlieues pauvres de Turin. Étant aumônier de prison il lui fait rencontrer des condamnés à mort, et surtout beaucoup de jeunes dont certains étaient déjà des criminels endurcis. Il décida alors de se consacrer à la jeunesse en péril. Le dimanche, les jeunes apprentis de Turin viennent de plus en plus nombreux chez Don Bosco. Après le catéchisme, il leur apprend à lire et à écrire. Don Bosco renonce à s'occuper des filles du refuge de la marquise Barollo, pour se consacrer à ses garçons de la rue. C'est l'époque du patronage volant, où il se fait chasser de partout avec sa bande bruyante de jeunes. Pendant plusieurs mois, il doit changer de lieu sans cesse. Il est surveillé par la police, mais aussi par le clergé de Turin qui veut le faire interner, le croyant devenu fou. En 1847, une occasion se présente enfin : Don Bosco loue un local appartenant à un certain Pinardi, et le terrain qui l'entoure. Le dimanche suivant, les petits maçons, plâtriers et autres ouvriers du bâtiment commencent les travaux avec un enthousiasme indescriptible. Dans la semaine, Don Bosco passe les voir chez leurs patrons, sur leurs chantiers, et prend leur défense quand ils sont exploités. Plusieurs fois, il obtient même d'établir un contrat de travail. Cette fois, l'œuvre semble stabilisée. Don Bosco a 32 ans. Mais il s'est trop dépensé, une bronchite infectieuse se déclare, pendant plusieurs jours il est entre la vie et la mort. Une fois rétabli, les médecins envoient Don Bosco en convalescence dans son village natal. Quand il revient, il n'est pas seul. Il a convaincu sa mère de l'accompagner, car ses enfants ont besoin d'une maman. Elle fait la cuisine pour tout le monde. Surtout qu'il arrive de recueillir des jeunes mis à la porte par leurs parents... Un internat commence. Don Bosco se souvenant de ce qu'il avait appris pendant son enfance, reprise les vêtements usages, entaille d'autres, et enseigne cela à plusieurs jeunes, créant ainsi ses premiers cours professionnels !

Abandonné par ses aides bénévoles à la suite des troubles politiques de 1848, Don Bosco se  souvient du songe de son enfance : les jeunes loups qui se transformaient en agneaux et certains en bergers. C'est parmi ses jeunes qu'il trouvera ses collaborateurs. Il propose à Rua de partager les responsabilités avec lui ; à 17 ans il lui confie un nouveau patronage à l'autre bout de la ville. Buzetti se chargera des finances et Cagliero de l'animation du Valdocco. Plusieurs de ces jeunes demandent alors à devenir prêtres comme Don Bosco. Don Bosco achète la maison Pinardi en 1851, lui fait construire une aile, et bâtit une chapelle. Ces bâtiments deviennent de nouvelles classes professionnelles, et des classes de latin, car Don Bosco veut former lui-même ses futurs collaborateurs. Mais Don Bosco a de nombreux ennemis chez les anticléricaux et les vaudois. Il lutte contre eux sur le terrain de la presse, créant ses propres journaux catholiques : “le Bulletin Salésien” et les “Lectures catholiques”. Pour cela, il fonde sa propre imprimerie, avec des cours de typographie et une formation aux métiers du livre. Il échappe de justesse à plusieurs attentats. Plusieurs fois sur le chemin désert du Valdocco il eut la vie sauvée par la présence d'un gros chien gris qui l'accompagnait. Aux difficultés extérieures et au manque d'argent s'ajoutent les épreuves internes. Maman Marguerite meurt en 1856. La maman de Michel Rua vient la remplacer pour l'internat, la cuisine et le rôle de maman des jeunes du Valdocco. L'œuvre est fragile. Don Bosco cherche une solution pour stabiliser son oeuvre. Il rédige un projet de constitution, et le soumet au pape Pie IX, qui le reçoit avec beaucoup d'intérêt. Après diverses modifications, elles deviennent les Constitutions de la Société de Saint François de Sales. Don Bosco attend encore 18 mois pour en parler à ses jeunes animateurs. Après une discussion très agitée, 16 jeunes répondent à l'appel de Don Bosco, et le prient de devenir leur supérieur.

Maintenant Don Bosco peut se consacrer à un autre projet. En songe, la Vierge lui a demandé de construire à Turin une basilique dédiée à Marie Auxiliatrice. Il n'a pas d'argent, mais organise loteries, quêtes, etc. La basilique sera consacrée en 1867. Don Bosco était venu prêcher à Mornèse en 1864. Il y avait rencontré une jeune fille qui apprenait la couture à quelques jeunes pauvres de son village. Or le Pape demande à Don Bosco de faire quelque chose pour les filles. L'équipe de Mornèse accepte. 15 jeunes filles prennent l'habit à la suite de Marie Dominique Mazzarello. Don Bosco leur donne des constitutions inspirées de celles des salésiens. Elles prennent le nom de Filles de Marie Auxiliatrice (FMA) ou salésiennes. En 1875 partit la première mission salésienne en Amérique, suivie de plusieurs autres. L'évangélisation de la Patagonie commençait. Don Bosco est maintenant connu dans toute l'Italie. Malgré les multiples tracasseries de la police et du gouvernement, il multiplie écoles et patronages. Les premiers appels lui viennent de l'Europe. En 1880, le nouveau pape Léon XIII convoque Don Bosco. Alors que celui-ci, fatigué, voudrait s'occuper de l'organisation de ses œuvres, il reçoit mission de construire à Rome une église dédiée au Sacré-Coeur. Mais Don Bosco a épuisé la générosité de ses bienfaiteurs italiens. Il va s'adresser à la France. En 1883, son voyage dure 4 mois, c'est un vrai triomphe. On se bouscule pour le voir. On coupe des morceaux de sa soutane pour faire des reliques. Il fait des miracles. sa prière obtient des guérisons. Tout Paris veut l'entendre. Il passe son temps à recevoir des gens, aussi bien l'ouvrier que le prince. Un saint traversa la France... et la basilique du Sacré-Cœur fut achevée 4 ans plus tard. En 1886, Don Bosco fait un dernier voyage en Espagne. Il déchaîne encore plus d'enthousiasme qu'à Paris. Il entrait dans la gloire de son vivant. Mais à son retour il est totalement épuisé. Le 3 décembre 1887, il ne peut dire la messe. Le 23 il renonce à recevoir. Il s'éteint le 31 janvier 1888, à Turin.

Vénérable le 20 février 1927, il fut béatifié le 2 juin 1929 et enfin canonisé le 1er avril 1934.


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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Dim 21 Mai 2017 - 10:11

SAINT
JEAN-BAPTISTE DE LA SALLE
prêtre, fondateur
1651-1719








Jean-Baptiste de La Salle est né dans un monde totalement différent du nôtre.

Il est le  premier né de parents aisés, vivant en France il y a 300 ans. Né à Reims le 30 avril 1651, Jean-Baptiste de La Salle reçut la tonsure à l’âge de 11 ans, et fut nommé Chanoine de la Cathédrale de Reims à 16 ans.

A la mort de ses parents, il dut assumer la gestion des affaires familiales, il acheva ses études de théologie et fut ordonné prêtre le 9 avril 1678.

Deux ans plus tard, il fut reçu Docteur en Théologie. Ce fut lors de cette période qu’il tenta de s’engager avec un groupe de jeunes gens rugueux et illettrés, dans le but de fonder des écoles pour garçons pauvres.

A ce moment-là, seules quelques personnes vivaient luxueusement, mais la majorité vivait dans des conditions d’extrême pauvreté ; les paysans à la campagne et les habitants miséreux des villes.

Seul un petit nombre pouvait envoyer les enfants à l’école ; la majorité des enfants n’avait que peu d’espoir en l’avenir.

Ému par la condition de ces pauvres, qui semblaient “si loin du salut” dans un monde ou dans l’autre, il prit la décision de mettre ses talents et son éducation au service de ces enfants, “souvent laissés à eux-mêmes et mal élevés”.

Pour être plus efficace, il renonça à la maison familiale et emménagea avec des professeurs, renonça à sa position de Chanoine et à sa fortune, puis il forma la communauté aujourd’hui appelée Frères des Écoles Chrétiennes.

Il fut le « fils spirituel » du bienheureux Nicolas Roland (+ 1678), fondateur de la Communauté rémoise des Soeurs de l'Enfant-Jésus..

Son entreprise rencontra l’opposition des autorités ecclésiastiques, qui ne souhaitaient pas la création d’une nouvelle forme de vie religieuse, une communauté de laïques consacrés conduisant des écoles “ensemble et par association”.

“L’establishment éducatif” fut choqué par ses méthodes innovatrices et sa volonté absolue de gratuité pour tous ; totalement indifférent au fait de savoir si les parents pouvaient payer ou pas.

Malgré tout,  Jean-Baptiste de La Salle et ses Frères ont réussi, avec succès, à créer un réseau d’écoles de qualité, caractérisé par l’utilisation de la langue vernaculaire, par des groupes d’élèves réunis par niveau et résultats, par une instruction religieuse basée sur des thèmes originaux, préparée par des professeurs ayant une vocation à la fois religieuse et missionnaire, et par l’implication des parents dans l’instruction.

De plus, Jean-Baptiste de La Salle fut un précurseur en proposant des programmes pour former des professeurs laïques, des cours les dimanches pour les jeunes ouvriers, et l’une des premières institutions pour la prise en charge de “délinquants”.

Harassé par une vie faite d’austérités et de labeurs, il mourut à Saint Yon, près de Rouen, en 1719, quelques semaines seulement avant son 68e anniversaire.

Jean-Baptiste de La Salle est le premier à avoir mis en place des centres de formation pour les professeurs, des écoles d’apprentissage pour les délinquants, des écoles techniques, et des écoles secondaires pour les langues modernes, les arts et les sciences. Son œuvre s’est répandue très rapidement en France, et après sa mort, à travers tout le monde. En 1900, Jean-Baptiste de La Salle fut déclaré Saint. En 1950, en raison de sa vie et de ses écrits inspirés, il fut fait Saint Patron de tous ceux travaillant dans le domaine de l’éducation.

Jean-Baptiste de La Salle a montré comment enseigner et s’occuper des jeunes, comment faire face au manque et à la faiblesse avec compassion, comment soutenir, affirmer et guérir.

Aujourd’hui, des écoles lassalliennes existent dans 80 pays autour du monde.

Béatifié le 19 février 1888, il fut ensuite canonisé le 24 mai 1900, puis proclamé Patron des éducateurs chrétiens le 15 mai 1950, par le Pape Pie XII.






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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 le Lun 22 Mai 2017 - 10:37

VIE DE JEAN D'AVILA






La jeunesse.

Jean d'Avila naît avec le siècle d'or espagnol. Fils d'Antoine Avila et de Catherine Xixona ; aucune parenté ne le lie à sainte Thérèse d'Avila, ni au chapelain de celle-ci, le bon Julien d'Avila, dont la Vie de la sainte nous conte l'ingénue charité. Ce nom d'Avila a-t-il même quelque attache avec la ville illustre de Castille où a vécu Thérèse ? Il peut ici y avoir un doute. La famille du bienheureux, d'origine juive, sans doute désireuse de changer son nom, avait-elle choisi celui d'une cité comme il a été longtemps d'usage ? C'est une hypothèse plausible et nous verrons que cette ascendance suivra Jean d'Avila dans tout le. cours de sa carrière et, peut-être bien, contribuera à la détourner des chemins glorieux qu'elle aurait pu prendre, pour l'orienter, la grâce aidant, vers le plus fécond des apostolats.

C'est à Almodovar del Campo, non loin de Ciudad Real, dans la Manche, où son père était établi riche marchand, que Jean d'Avila voit le jour en 1500. On possède peu de renseignements sur sa petite enfance qui dut, jusqu'en 1514, s'écouler dans le calme d'une de ces cités, grands villages blanchis à la chaux, qui s'étalent sur les vastes étendues du plateau manchois où les moulins battent des ailes.

A cette date, juste âgé de 14 ans, Jean part, suivant la coutume des fils de familles aisées, pour l'Université de Salamanque. Il va s'y préparer à cette carrière des "Lettres", que Cervantès compare et oppose à la fois à celle des "Armes", dans un célèbre discours du Don Quichotte. Mais les Lettres c'est aussi bien les Arts que le Droit, la Philosophie que la Théologie: c'est tout ce qui débouche sur l'une des nobles carrières où l'État puise ses grands serviteurs. Jean d'Avila optera bien vite pour un sacerdoce vécu dans l'humilité et la pauvreté.


Étudiant a Salamanque.

Il reste quatre ans à Salamanque et l'on s'étonne même qu'il y soit resté si longtemps, car la pureté du sang, la fameuse "limpieza de sangre", était exigée des étudiants de cette vieille université. Toujours est-il qu'en 1518 Jean se retire un temps dans sa famille et ne retrouve les études qu'en 1520, à cette Université d'Alcalá, qui est fille du génie de Cisneros, imbue des idées nouvelles et où aucune exigence formaliste n'empêche les descendants de converses d'obtenir les grades universitaires. Il se fortifie dans toutes les branches de la Philosophie d'alors : Physique, Métaphysique, Logique. Il est bachelier en 1523 et il a travaillé sous la direction d'un futur dominicain, qui illustrera son ordre par son enseignement et par sa glorieuse participation au Concile de Trente: Domingo de Soto.

Il commence alors ses études théologiques, pour les poursuivre jusqu'en 1526. Il les reprendra un peu plus tard et ne conquerra qu'en 1537, à Grenade, ce titre de Maestro qui, avec celui de Beato, le distingue dans ses appellations espagnoles.

Sacerdoce et rêves d'apostolat lointain.






En 1525 il a été ordonné prêtre et c'est alors que sa route va être traversée par un providentiel incident, dont les raisons exactes ne nous sont pas clairement données par ses biographes.

Jean d'Avila, une fois prêtre, est très vite remarqué pour la flamme singulière de sa jeune éloquence et l'ardeur de sa charité. N'a-t-il point, au jour de sa première messe, à Almodovar, refusé le banquet — de style traditionnel pourtant — organisé par son père, pour partager son repas avec les douze pauvres qu'une autre tradition, plus évangélique, fait seigneurs des évêques et des rois le Jeudi saint, lors du Mandatum ?

Pourquoi l'ami des humbles ne partirait-il pas, Conquistador de l'amour de Dieu, vers ces Indes Occidentales dont on parle tant depuis plus d'un quart de siècle et vers lesquelles se dirige l'expédition du P. Garces, premier évêque du Tlaxcala ? Nous sommes en 1527 et Séville attend le départ des hardis navigateurs du Christ.

Or Jean d'Avila, malgré son vif désir d'embrasser la vie missionnaire, ne partira pas. Ici les hypothèses sont fort divergentes.

Pour les uns c'est l'origine juive du jeune prêtre qui l'a écarté de l'expédition en partance : par principe les conversons n'étaient pas admis en Amérique. L'interdiction, dit-on, "était formelle".

Cependant, nous est-il dit également, Jean d'Avila "restait inébranlable" dans son projet de départ. Sans doute avait-il quelque espérance de faire lever l'interdiction. On en est réduit aux conjectures. C'est alors, croit-on, que serait intervenu un autre facteur. Un prêtre sévillan, Hernando de Contreras, lui aurait montré quel champ d'apostolat il aurait, et combien plus utile à cultiver, dans cette Andalousie où il vivait, encore si peuplée de morisques. L'archevêque de Séville, le grand inquisiteur Alonso Manrique, admirateur d'Erasme, intervenant à son tour, le jeune prêtre se décida à rester en Espagne. Les deux explications peuvent d'ailleurs n'en faire qu'une. Deux causes ont pu s'unir pour maintenir dans la péninsule si catholique et si trouble à la fois, celui que travaillait un tel désir de jeter les hommes aux pieds du Christ...


Prédicateur.

Dès lors va commencer cette carrière de prédicateur qui sera presque toute sa vie, mais qui n'empêchera pas les fondations originales. Celles-ci, dans sa pensée, devront continuer l'œuvre de conversion commencée par la parole, car une grâce éminente est enfermée dans la distribution de la parole de Dieu : "Fides ex intellectu".

Protégé de Contreras, hébergé quelque temps dans le propre palais de l'archevêque, Avila commence sa vie itinérante. Nous le trouvons tour à tour à Séville, à Ecija (où il conduit vers la vie religieuse Dona Sancha Carrillo, une fille de haute lignée à laquelle il dédiera son seul ouvrage mystique : Audi, Filia et vide...,), à Alcalá de Guadaira, à Palma del Rio, à Cordoue, à Jerez. C'est au cours de cette existence vagabonde qu'il rencontrera d'innombrables âmes auxquelles il apportera la lumière. Mais pourrait-on ne pas citer les deux célèbres conversions qu'il obtint à Grenade : celle du futur saint Jean de Dieu, après un sermon le jour de la Saint-Sébastien ; celle de saint François de Borgia, après l'oraison funèbre de l'impératrice Isabelle ?


Difficultés avec l'inquisition d'Espagne.

Nous anticipons cependant. Il faut s'arrêter et revenir en arrière. En effet un grave incident a failli couper court à cet apostolat. A l'automne 1531, Jean d'Avila a été dénoncé, par des délateurs dont le masque tombera un peu plus tard, au Tribunal de l'Inquisition comme coupable d'hérésie: en l'espèce illuminisme et même de luthéranisme. En 1532 il est mis en prison à Séville. En décembre de la même année, il subit son premier interrogatoire. Ce n'est qu'à l'été de 1533 que la sentence est rendue : elle est heureusement absolutoire. Mais tout absous qu'il fût, l'intéressé était invité à surveiller son langage, à se montrer plus prudent dans l'énoncé de la Parole de Dieu et à réunir ses anciens auditeurs pour leur expliquer clairement ce que peut-être ils n'avaient pas suffisamment compris. Il semble qu'un seul sermon solennel, prononcé dans l'église San Salvador de Séville, ait alors suffi à satisfaire l'oreille chatouilleuse des inquisiteurs. Mais s'ils avaient voulu honorer l'accusé d'hier, ils n'auraient rien pu trouver de mieux, car l'épreuve fut triomphale et ne fit souffrir que l'humilité du saint.


Que s'était-il exactement passé ?

Pour le comprendre il faut se mettre dans la perspective de ce siècle bouillonnant d'idées, de désirs de renouvellement, de rêves et d'ambitions impériales qui portent cette race toujours plus haut, toujours plus loin : il lui faut un empire sur lequel le soleil ne se couche pas et un ciel dont on aspire à pénétrer les cercles les plus secrets. Conquérants de l'or et des forêts de l'Amérique, mystiques et ascètes sont de la même veine, si leurs buts sont différents.

En 1517 un moine allemand a rompu avec Rome et prêché un christianisme purement évangélique : le luthéranisme sera pour beaucoup d'Espagnols une excitation à repenser la foi traditionnelle dans la parfaite soumission à l'évangile. Mais l'Inquisition veille et nous savons que le protestantisme ne pénétrera jamais dans la péninsule ibérique.

Cependant au cours de ces années 1527-1528 où Jean d'Avila, achevant d'étudier à Alcalá, songeait à partir en Amérique, une doctrine moins inquiétante, orthodoxe à n'en pas douter, s'infiltrait en Espagne : c'était l'érasmisme. La pensée du chanoine de Rotterdam, tout empreinte d'un pur évangélisme, commençait alors à être en grand honneur chez les spirituels espagnols, particulièrement à l'Université d'Alcalá où Avila étudiait. Le grand inquisiteur lui-même était un admirateur d'Erasme et couvrait de son manteau d'archevêque les disciples du Flamand. Jusqu'en 1555 l'érasmisme occupera en Espagne une place prépondérante, attaqué par les uns, portés aux nues par les autres. Mais ses adversaires sont déjà dans la place et faciliteront la confusion entre ce mouvement de rénovation spirituelle et les courants de fausse mystique qui circulent en Espagne : illuminisme des alumbrados et surtout des dejados, sorte de quiétisme ou abandon dont certains érasmistes, il faut le dire, ne se seront pas assez méfiés...

Or l'illuminisme était partout attaqué par l'Inquisition, durant le temps même où l'érasmisme était en pleine vigueur. Dès 1525 l'Édit inquisitorial de Tolède condamne 48 propositions, dont certaines d'ailleurs pourraient être professées par tout chrétien soucieux de renouvellement intérieur, dans "un sentiment vif de la grâce", à la lumière du seul évangile.

Pour Jean d'Avila, ancien étudiant d'Alcalá, protégé de l'archevêque Manrique, apôtre qui regarde l'évangile comme l'arme essentielle, impossible de ne pas frôler ces familles spirituelles pour lesquelles le recueillement, le détachement, la découverte de Dieu dans l'oraison mentale, la charité et la pauvreté sont les maîtres mots. Le futur fondateur d'une compagnie de prêtres séculiers doit penser, lui aussi, comme Erasme, que "monachatus non est pietas", que l'état monastique n'est pas la seule voie qui mène à Dieu. Comment s'étonner alors quand on voit certains auditeurs, prévenus contre lui et contre sa prédication, fondée sur les Béatitudes, se faire auprès du tribunal redouté, ses accusateurs ou ses témoins à charge ? Sans être le moins du monde "illuminé", moins encore "abandonné", Avila emploie parfois des termes qui prêtent à équivoque, surtout pour certains auditeurs qui ne demandent qu'à le perdre. On s'en servira.

Et c'est tout le secret de ce procès, assez odieux pour maintenir l'accusé de longs mois en prison, assez heureux pour tourner à sa gloire et à la confusion de ses détracteurs.

Que lui a-t-on reproché ? Des mots mal compris, des expressions frisant l'hétérodoxie ; de rudes sévérités contre les riches; un appel, alors jugé dangereux, à la prière mentale, de préférence à la prière vocale, voire des méthodes troubles, comme par exemple l'idée de s'enfermer avec tels de ses pénitents pour méditer dans l'obscurité...

A dire vrai les témoignages à charge s'effritent à mesure que se déroule le procès: tel a mal vu, mal entendu, ou même n'était pas présent lors du sermon incriminé. En revanche, les témoins à décharge se présentent nombreux. Et comme le dit Robert Ricard : "Il est certain que le prédicateur des Béatitudes, profondément évangélique, heurtait les préjugés d'alors ou certaines résistances qui sont de toujours, par exemple quand il blâmait la haine ou le mépris que tels de ses pénitents confessaient avoir pour les Juifs et les Musulmans, ou qu'il mettait les fidèles en garde contre les révélations ou les prodiges trop facilement acceptés... Il est certain aussi que le bienheureux fut victime d'une coupable machination : des riches offensés, des confrères jaloux tentèrent de lui faire expier sa sollicitude pour les pauvres ou ses succès de prédicateur".

Tout se termina par le triomphal sermon "de réparation" qui souleva Séville d'enthousiasme. L'apôtre de l'Andalousie avait devant lui le champ libre.


Le groupe avilien.





Déjà des disciples se sont mis à l'école apostolique de Jean d'Avila: Pedro Fernandez de Cordoba, Bernardino de Carlaval, Diego de Santa Cruz et son frère Cristobal Sanchez, Gaspar Lopez, les deux frères Loarte, Diego Ferez de Valdivia, Pedro Navarro, Ramirez. On pourrait allonger la liste. Ils vont, à la suite de leur entraîneur, parcourir, dans leurs vêtements usés, blancs de la poussière des chemins, ces routes de l'Andalousie, où chante la joie de vivre, mais d'où le Christ est si souvent absent.

En effet il n'y a pas que des morisques, de nouveaux convertis plus ou moins sincères, restés en contact avec leur première profession. L'Andalousie, dans ses grandes villes surtout, est aussi le réceptacle de toute une pègre, que la littérature du temps nous peint sous de bien tristes couleurs. Picaros de toute espèce, soldats en congé dont l'épée, toujours prête à sortir du fourreau, dépasse la cape rapiécée, voleurs de grands chemins, fonctionnaires indélicats, filles de misère avec leurs protecteurs, truands et coquins. Cependant la richesse s'étale orgueilleusement chez les grands et même chez les clercs... Ah ! les Béatitudes ont bien ici leur place. Sans compter qu'à côté de ces pécheurs, grands et petits, riches ou misérables, il y a la foule des travailleurs des champs, gens honnêtes au fond, mais souvent abandonnés des pasteurs, d'une immense ignorance religieuse et que guettent la sorcellerie et toutes les aberrations qui en découlent.

C'est à ces foules qu'Avila — Maître Avila depuis qu'il a obtenu ses "grados" suprêmes à l'Université de Grenade — va s'adresser, aidé de ce groupe de disciples enthousiasmés par l'ardeur communicative du maître et la magnificence du labeur à accomplir. Rien ne les lie, ni vœu, ni promesse de stabilité ou d'obéissance. Aucune hiérarchie ni savante organisation, comme dans la Compagnie de Jésus, si proche pourtant par son élan de la compagnie avilienne. Les prêtres de Jean d'Avila pourront passer, s'ils le veulent, à cette armée de Loyola et nous verrons que quelques-uns réaliseront ce vœu et qu'il n'a pas tenu à eux ou à leur fondateur d'y entrer en plus grand nombre. En revanche, ils se mettent à la disposition des évêques pour tout travail d'apostolat. Ils sont essentiellement "disponibles" comme on dit aujourd'hui.

Cordoue les reçoit en 1535 et le bienheureux passera en cette ville près de huit années. Puis Grenade, puis Baeza. Là va se fonder, modèle d'organisation et de méthode, le plus célèbre collège avilien : sorte d'université où petits, moyens et grands trouvent leur pâture intellectuelle et spirituelle. Futurs clercs et jeunes laïques y sont formés en vue du rôle qu'ils auront à jouer. Les filles ne sont pas exclues de cette solide formation. Les plus hautes disciplines sont enseignées: même l'Écriture sainte, même la Théologie. Et les séminaires, dont le Concile de Trente demandera demain la fondation, auront beaucoup à apprendre de cet effort éducatif du bienheureux. De nombreux collèges se forment aussi, dus à son impulsion, dirigés par ses prêtres. Nous verrons bientôt quel don il songe généreusement à en faire et qui fut, peut être imprudemment, refusé.


Avila et le concile de Trente.

En novembre 1544, la paix ayant été signée entre le roi de France et l'empereur Charles-Quint, le pape Paul III peut enfin convoquer à Trente le concile général auquel depuis si longtemps on songeait. L'Espagne y sera particulièrement représentée. Certes, au début, l'empereur n'a voulu laisser partir au concile qu'un nombre restreint d'évêques espagnols. Certains, des plus grands, manqueront: tel l'illustre saint Thomas de Villeneuve, archevêque de Valence. Il en sera de même du côté des théologiens : le maître Avila ne participera pas au concile, mais, comme Frère Thomas, il jouera en coulisse un rôle important tant par les précieux conseils qu'il donnera, que par l'exemple il apporte, depuis longtemps, à la chrétienté rénovée. S'il faut une contre-réforme charitable et constructive, il n'y a qu'à les regarder vivre et agir, lui et les siens ; il n'y a qu'à écouter sa parole et se mettre à l'école de son apostolat. Le pape Paul III, convocateur du concile, connaissait bien cette œuvre puisqu'il avait, dans une Bulle du 14 mars 1538, érigé canoniquement le collège fondé à Baeza par le bienheureux. La semence des séminaires tridentins y était incluse.

Mais Avila jouera un rôle plus direct encore, surtout dans la seconde et la troisième périodes du concile, comme conseiller d'un grand prélat espagnol, son ancien condisciple d'Alcala, l'archevêque de Grenade, Don Pedro Guerrera.

C'est en effet, en 1551 que Jules III ouvre cette seconde période conciliaire — Pedro Guerrero, archevêque depuis 1547, doit s'y rendre et désire s'y faire accompagner, à titre de théologien, par son ami, le maître Avila. Mais celui-ci est retenu en Espagne par son mauvais état de santé. Cependant il va fournir à l'archevêque un mémoire et un appendice d'une importance capitale, qui seront en partie incorporés aux décisions conciliaires et vaudront au Docteur Logroño — surnom universitaire de l'archevêque originaire de la Rioja — un succès, qu'avec une sincère humilité, il saura rejeter sur son pieux et savant ami.

De ces deux Mémoires, qu'il faut bien ranger parmi les Tratados — nous verrons combien ce mot a été abusivement employé dans les premières éditions des Œuvres d'Avila — l'un traite de "la Réforme de l'État ecclésiastique", l'autre est un "Avis aux Évêques", dont la gravité, en raison du rang et du rôle des destinataires, ne nous échappe pas.

En outre, au lendemain du concile, Avila rédige pour un autre prélat réformateur, Cristobal de Rojas, évêque de Cordoue, des "Observations" qui serviront grandement, en complétant, et précisant, les décisions conciliaires, au synode provincial tenu à Tolède en 1565.

La pensée d'Avila se développe suivant une loi de logique vivante, dans la clarté, mais aussi dans la réalité minutieusement étudiée. Partant du drame de l'Église, en ce seizième siècle troublé, drame extérieur d'une chrétienté attaquée à ses frontières, drame intérieur d'une église dont les pasteurs, très souvent, ne sont pas à la hauteur de leur tâche, Avila étudie successivement les causes du mal et ses remèdes. Les causes résident dans une ignorance religieuse qu'expliquent une mauvaise interprétation de l'Écriture, une prédication la plupart du temps insuffisante, quand elle n'est pas dangereuse, un sacerdoce inadapté aux besoins du temps, le plus souvent négligent dans l'exercice de ses fonctions sacrées, et cela depuis les simples prêtres jusqu'aux hauts dignitaires et aux évêques eux-mêmes. "L'éminentissime réforme", que souhaitait Dom Barthélémy des Martyrs, est au bout de la plume du consulteur espagnol... Les remèdes seront faciles à trouver, s'ils sont difficiles à appliquer : l'étude attentive de la vocation cléricale et religieuse — qu'il s'agisse, en ce dernier cas, des hommes ou des femmes engagés dans une "religion" — précédera toute tentative d'amélioration. Alors, sur un terrain bien préparé — et ici tout le problème des séminaires tridentins est posé — on pourra former des apôtres qui seront à la fois, chacun dans son rôle et à sa place, des théologiens, des interprétateurs valables de l'évangile, des éducateurs et des prédicateurs... Ce qu'Avila était déjà depuis si longtemps...

Nous savons tout ce que la Contre-réforme a tiré des conseils de Maître Jean d'Avila. Nous lui devons en grande partie l'idée et la réalisation des "Séminaires conciliaires" comme l'on dit encore en Espagne, ces séminaires que Saint-Sulpice et Saint-Lazare allaient porter en France à leur perfection du moment.


Avila et la Compagnie de Jésus.

Tandis que se déroulait le concile, Avila, que de nombreuses infirmités éprouvaient cruellement, tantôt lui laissant juste le temps de faire une prédication, de diriger une mission, tantôt le clouant sur son grabat, Avila, en ce moment même, tentait de donner à sa petite compagnie un cadre résistant qui lui permettrait de survivre à la disparition du fondateur. Une autre compagnie — qui allait devenir illustre — s'était fondée postérieurement à la sienne: la milice d'Ignace de Loyola. Une sympathie mutuelle, tout empreinte de charité active, poussa les deux familles spirituelles l'une vers l'autre. Ceci se passait en 1547 ou 1548. Les deux fondateurs correspondent. Avila prend même la défense de la compagnie ignatienne contre Melchior Cano en 1549. Bientôt, en plein accord avec lui, plusieurs de ses disciples entrent dans ce qui désormais va être seule à s'appeler "la Compagnie", la Compagnie de Jésus. Et Avila rêve même d'une fusion progressive de l'une dans l'autre : son humilité est ici le fruit d'un sens apostolique qui le fait avant tout penser au bien des âmes. En ce qui le concerne sans doute ne lui était-il plus possible — l'âge, la santé, le tempérament y contribuaient — d'entrer dans la famille de saint Ignace. Mais il lui aurait bien volontiers cédé ses quinze collèges et proposition en est faite par lui aux jésuites en 1554. Ce sera, pense-t-il, pour le bien commun, un avantage considérable : la survie d'une série de créations qui, moins encadrées, peuvent s'avérer précaires.

Ce beau projet n'aboutira pas. Une fois de plus, semble-t-il, le préjugé contre les converses a joué. Non seulement le fondateur, mais certains des prêtres de Jean d'Avila étaient de "nouveaux chrétiens". La Compagnie de Jésus était, alors, assez critiquée pour ne pas ajouter encore à ses difficultés. D'autre part les fondations aviliennes avaient leur esprit propre, leurs traditions. On ne donna pas suite au projet du bienheureux. Grande désillusion pour le magnifique apôtre. Combien de fondateurs, de pionniers connurent de semblables épreuves ?

Les saints savent y voir le doigt même de Dieu.


De 1555 à 1559 Avila, de plus en plus malade, presque aveugle dans les dernières années, continuera de jouer, comme il le pourra, son rôle d'animateur et de conseiller des prêtres et des âmes éprises de perfection. Il se retire à Montilla dans la demeure de la comtesse de Feria et meurt saintement en 1569. Sa Compagnie, fort diminuée, poursuivra ses efforts, jusque vers la fin du siècle, puis disparaîtra. Mais le grain semé par le groupe avilien lèvera dans cette Andalousie qui a l'honneur de prêter son nom à celui de Jean d'Avila pour désigner le champ privilégié de son apostolat. Et le clergé d'Espagne bénéficiera grandement, dans la suite, du zèle et des méthodes du réformateur, qui fut déclaré bienheureux par Léon XIII le 6 avril 1894.



Pierre JOBIT


A suivre....
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Re: Saints et Bienheureux!! (Ordre Alphabétique)

Message par Marie du 65 Hier à 9:16


SERMONS SUR LE SAINT-ESPRIT

27


DANS L'ATTENTE DE L'HÔTE DIVIN.

Dimanche de l'octave de l'ascension. Dans un couvent de religieuses.



Pour ce sermon que je dois faire, il n'y aura pour moi d'autre thème que de nous préparer à devenir la demeure du Saint-Esprit, de lui demander avec beaucoup d'énergie de bien vouloir descendre en nous et de le lui demander avec obstination. Et nous ferons beaucoup si nous nous préparons, comme la raison nous le demande, à recevoir un tel Hôte.

Vous devez savoir, mes frères, que, si, pour l'histoire, la venue de Dieu sur la terre est terminée, la vertu de ses souffrances ne l'est pas.

Croyez-vous que ce serait bon pour nous si la vertu des souffrances de Jésus-Christ s'était éteinte avec ses souffrances mêmes ? Qu'en serait-il de nous si, après plus de mille ans, elle ne durait point? Elle durera toujours jusqu'à la fin du monde. Au sujet de la fête du Saint-Esprit, tu dois reconnaître, que malgré tant d'années passées, le Saint-Esprit produira aujourd'hui le même effet dans ton âme qu'au temps des apôtres; vois si tu le désires. Oh! qui n'aurait vu Notre Seigneur Jésus-Christ sans lui demander de grâces quand il souffrait en ce monde pour nous!

Si, quand il était en ce monde, tu étais tombé à ses pieds et si tu tiens pour certain qu'il ne t'aurait pas refusé en raison de sa pitié, de son infinie charité, les grâces demandées — toi mon frère, tu crois bien cela ? — crois aussi qu'aujourd'hui encore il est disposé à t'accorder, d'aussi bon gré, les grâces, étant au ciel, que lors de sa présence parmi nous.

Si tu te prépares en ce moment pour que le Saint-Esprit descende en toi, fais le nécessaire et de sa part je te dis qu'il viendra dans ton âme apporter sa grâce comme le jour où il apparut aux apôtres durant sa vie dans le monde. Oh ! quel temps, celui qui s'écoule de ce jour jusqu'à cette si sainte Pâque ! C'est une Semaine sainte [11] : l'Avent de l'Esprit-Saint.

Cette période sainte rappelle le moment où les apôtres, après l'Ascension de Notre-Seigneur au ciel, attendaient la promesse qu'il leur avait faite en leur disant: Moi je m'en vais, mais je vous enverrai le Saint-Esprit qui vous consolera; je vous enverrai le Consolateur pour qu'il vous console de la douleur que vous avez de mon départ.

Comme ils avaient entendu cette parole, ils attendaient ce qui allait se passer, les yeux levés vers le ciel.

Ils disaient : " Notre Maître nous a dit qu'il nous enverrait un Consolateur qui nous ferait oublier notre amour pour lui. "

Les apôtres aimaient extrêmement notre Seigneur et Rédempteur : II était le Consolateur de leurs tristesses, le Père dans le besoin, le Maître dans leur ignorance; ils le considéraient comme un miroir dans lequel ils se regardaient : ils étaient tous subjugués par leur Maître et faits à son image. " Doit-il en venir un autre qui sera si grand, si puissant, si sage, si bon qu'il nous fera oublier notre Maître ? Qui sera-t-il ?"

Ils élevaient leurs pensées vers le ciel, poussaient des cris et disaient : " Seigneur, nous vous désirons et nous ne vous connaissons pas; nous voudrions que vous veniez et nous ne savons pas qui vous êtes. Par votre miséricorde, veuillez venir consoler nos cœurs; venez Seigneur, car, en attendant votre venue nous sommes dans l'affliction. "

Tels étaient les saints apôtres du Seigneur en cette époque sainte; et, mes frères, la raison nous commande d'être comme eux parce que nous ne formons qu'un avec eux, nous formons une seule Église et une union en Jésus-Christ. Tous ceux qui servent Jésus-Christ, tous ceux qui sont à son service, ne font qu'un, l'Église de Dieu et la congrégation des chrétiens. Dieu parle à son Église et dit : Tu es mon amie, tu es ma colombe [12].

Il est donc raisonnable qu'en cette période sainte, nous préparions, nous désirions, avec les saints apôtres, la venue du Saint-Esprit.

Que nos cœurs s'élèvent vers le ciel; demandons avec nos larmes : Consolateur de mon âme, viens, console la! et durant toute cette période ne faisons rien d'autre que de désirer la venue du Saint-Esprit dans nos âmes.


Dispositions pour recevoir le Saint-Esprit.

Pour que le Saint-Esprit descende dans nos âmes, la première condition est d'avoir un très grand regret de son absence et d'avoir foi en sa puissance. Il suffit à consoler une âme affligée, à enrichir celle qui est pauvre, à réchauffer celle qui est tiède, à fortifier celle qui est faible, à enflammer d'une dévotion très ardente celle qui n'est pas dévote. Quel est le moyen pour faire venir le Saint-Esprit ? Avoir un extrême regret de son absence. Et c'est ainsi qu'en parlant du Saint-Esprit on dit : le pouvoir de Dieu est très grand et il n'est honoré que par les humbles.

La seconde condition pour que le Saint-Esprit veuille bien venir dans nos cœurs, pour qu'il ne nous rejette pas et ne nous tienne pas en peu d'estime, est de brûler d'un grand désir de le recevoir, de l'avoir pour invité et d'en avoir un très grand souci, un très ferme et anxieux désir : " Oh ! si le Saint-Esprit venait ! Oh si ce Consolateur venait visiter et consoler mon âme !"

Sachez, mes frères, que les nécessités de la chair sont un très grand obstacle à ce souci. Sur ce point les religieux ont sur nous un avantage; qu'ils soient dans le chœur, au réfectoire, dans la solitude, ils sont partout au service de Dieu, travaillant pour leur âme, louant Jésus-Christ à tout moment, lui rendant grâce. S'ils mangent ce n'est que pour louer Dieu, s'ils boivent, il en est de même, et il en est ainsi dans toutes leurs opérations humaines [13].

Les gens mariés ont certainement une trop grande confiance en eux. La femme qui se marie pense dès le lever du jour qu'il suffit de prendre sa mante, venir au sermon et choisir une bonne place dans l'église; son mari arrive pour manger et il ne trouve point le repas prêt; il s'emporte et offense Dieu. Il aurait mieux valu, ma sœur, qu'avant de venir vous laissiez la maison en ordre et une fois tout en place veniez au sermon; même si tu dois arriver en retard, il n'est pas nécessaire de tant te presser, car un mot entendu par hasard te profitera plus que tout le sermon, et malgré tout tu peux accomplir ton devoir; si tu ne peux pas venir, mieux vaut faire ce que Dieu t'ordonne, puisque tu t'es mariée [14].

Je ne le disais pas pour cela, mais parce que ceux qui se marient ont beaucoup d'audace, en se contraignant à de grandes obligations : pourvoir aux besoins de la maison, à l'existence des enfants, s'efforcer de les rendre vertueux; la femme doit les élever et leur donner de bonnes habitudes. Cela est bien peu; et le souci de l'âme, le souci d'accomplir le service de Dieu ? On peut tout faire; mais les obligations terrestres sont prenantes et il est difficile de s'en détacher. Voilà pourquoi on considère comme malaisé que l'homme marié, assailli de tant de soucis, puisse prendre soin de son âme comme il le doit.

Prends garde, mon frère, à ta façon de vivre; toi, mari, à ne pas en venir à aimer ta femme à un tel point que, pour lui offrir des cadeaux, tu en arrives à offenser Dieu comme Adam : " J'aime beaucoup ma femme, je dois lui donner un bijou, je sais que je ne dois pas le faire, mais je le lui donnerai quand même ."

Et toi, femme, n'en viens pas à aimer ton mari à un tel point que tu oublies Dieu pour lui et à cause de l'amour que tu lui portes, négliges de faire ce qui convient à ton âme et ce que Dieu ordonne.

Oh ! combien celui qui se marie devrait, avant le mariage, s'être appliqué à suivre la religion; combien l'homme devrait être saint, et la femme sainte ! Avant de s'unir ils devraient avoir passé de nombreuses années au service de Dieu; savoir être chastes, humbles, patients, miséricordieux, savoir garder les commandements de Notre-Seigneur et ne se marier qu'après, afin que, si, plus tard, ils ont beaucoup de soucis, s'ils ont de multiples obstacles, d'un coup d'œil, d'un retour dans leur conscience sur leurs habitudes premières, tout soit apaisé et calmé.

Comme le domestique si bien stylé, si soumis [15], qui au seul regard de son maître, et sans plus, reprend l'attitude imposée pour le servir. Mais l'homme marié ne comprend pas le mariage et la femme mariée encore moins; ils s'unissent et tous deux le traînent dans la boue. Vous devez beaucoup vous instruire.

— Comment pourrai-je, Père, mener à bien les deux, mon foyer et Dieu ?

— C'est très difficile. Saint Paul dit : Celui qui a une femme, celui qui est marié, est très angoissé et affairé pour savoir comment lui faire plaisir et la contenter, il est très soucieux pour cela des choses de ce monde et se trouve partagé entre les deux. Mais la femme qui ne veut pas se marier et la jeune fille pensent aux choses spirituelles, pour être saintes de corps et d'esprit.


Il ne viendra pas si tu ne le désires pas.

Mesdames, employons cette fête à chercher comment plaire à Notre-Seigneur. De même que les jeunes mariées ont grand soin de leur coiffure et de leur toilette, emportent avec elles une glace au cas où elles auraient quelque chose de mal arrangé, de même les mères, les religieuses et les novices doivent avoir grand soin de ne rien présenter de déshonnête, elles doivent se regarder en Jésus-Christ, se voyant comme dans un miroir, n'avoir aucune tache sur le visage, n'avoir aucun péché dans l'âme, aucune impureté, afin que leur Époux ne les rejette pas.

Mes frères, soyez pleins d'attention et soucieux du service de Jésus-Christ, et soyez dans l'attente du Saint-Esprit, ne vous occupant pas des choses abjectes et viles d'ici-bas. Le Saint-Esprit est très susceptible pour nous consoler, un rien l'en empêche, et il ne compatit pas aux choses de ce monde. " La consolation divine est susceptible et très subtile, dit saint Bernard, ceux qui admettent des consolations humaines ne la reçoivent pas. " Toute âme se détachera des consolations humaines si elle veut que le Saint-Esprit la console et posséder toujours en elle la consolation du Saint-Esprit; en effet, comme nous le disions, le Saint-Esprit veut qu'on le désire très fortement. Écoutez donc : si un homme refuse d'aller chez un autre, sans y être désiré, que fera alors le Saint-Esprit qui, lui, veut être ardemment désiré par l'homme qui le souhaite et veut aussi se laisser désirer ?

Oh ! combien fut désiré notre Rédempteur avant sa venue au monde ! Adam le désira, Noé le désira, Abraham, Isaac, Jacob le désirèrent; les prophètes et les patriarches, tous souhaitèrent sa venue : Versez du haut des deux, une abondante ondée et que les nuages se résolvent en pluie; que la terre s'ouvre et enfante le Sauveur !

Le prophète Aggée disait : D'ici peu, dit le Dieu des armées, je bouleverserai le ciel, la mer, et la terre, je bouleverserai tout, alors viendra le Désiré de tout le monde, et l'ange du Testament que vous voulez.

Jésus-Christ fut extrêmement désiré. Plût au ciel, Seigneur, que fendant les nues vous descendiez sur la terre! Jésus-Christ fut très désiré, extrêmement désiré, et le Saint-Esprit veut l'être de la même façon. Il convient parfaitement qu'il soit bien désiré avant son arrivée; une nourriture bonne par elle-même, est mal venue chez celui qui n'a pas faim. On tue une poule ou une perdrix, qui semblent appétissantes. Le malade à qui on les donne dit : " Ôtez-les moi, car j'ai perdu le goût et l'appétit, cela ne me plaît point." Très mauvais signe; vous n'avez pas envie de manger ? C'est un signe de mort.

L'Esprit-Saint ne viendra pas à toi, si tu n'as pas faim de lui, si tu ne le désires pas. Les désirs de Dieu, que tu as, sont des indices que Dieu va élire domicile en toi et si tu le désires, c'est le signe qu'il viendra bientôt en toi. Ne te lasse pas de souhaiter sa venue, car, bien qu'il semble que tu l'espères sans qu'il vienne, que tu l'appelles sans qu'il te réponde, persévère toujours dans le désir et il ne te fera pas défaut.

Mon frère, aie confiance en lui, même s'il ne vient pas lorsque tu l'appelles; il viendra lorsqu'il verra que c'est le moment pour toi.

Mon frère, n'oublie jamais que si, étant affligé, tu appelles le Saint-Esprit et il ne vient pas, c'est que ton désir de recevoir un tel Hôte n'est pas encore suffisant. S'il ne vient pas, ce n'est pas parce qu'il ne veut pas venir, ce n'est pas oubli, mais pour que tu persévères dans ce désir et qu'en persévérant tu te rendes digne de lui, pour faire grandir et augmenter ta confiance, car de sa part, je te certifie que personne n'a jamais recours à lui sans être consolé.

Comme le roi prophète, David, l'exprime bien par ces mots : Dieu n'a pas méprisé le désir du pauvre, le Seigneur l'a entendu.

Qui est pauvre ? Est pauvre celui qui doute de lui-même et ne se confie qu'à Dieu; est pauvre celui qui se défie de sa personne, de ses forces, de sa richesse, de son savoir, de son pouvoir; est pauvre celui qui connaît sa bassesse, l'immensité de sa petitesse, qui a conscience d'être un ver, une pourriture et en vertu de tout cela ne se place que sous la protection de Dieu et s'en remet à la grandeur de sa miséricorde qui ne la laissera pas dans la désolation. Dieu entend les désirs de tels hommes.


Prépare-lui une maison propre.

Prends garde, il ne suffit pas au Saint-Esprit de te voir occupé à le désirer; mon frère, lorsque tu l'attends, tu ne fais pas tout ce qu'il faut en le désirant seulement, des œuvres sont nécessaires. En veux-tu la preuve ? Considère ce qui a été dit aux apôtres quand, le jour de l'Ascension du Seigneur, ils regardaient tout interdits vers le ciel. Leur attention était fixée sur lui, ils désiraient et attendaient le Saint-Esprit dont leur Maître leur avait parlé en termes élogieux; ils ne songeaient pas à eux en regardant Jésus-Christ Notre-Seigneur monter au ciel. Béni soit celui qui, si attentif à notre bien, en eut tant de souci que, non seulement il ne se contenta pas de prendre soin de nous, mais encore, une fois au ciel, se préoccupa tant des siens qu'il envoya deux anges vêtus de robes blanches pour leur dire : Hommes de Galilée, que regardez-vous au ciel? Ce même Jésus-Christ que vous venez de voir monter au ciel reviendra tel que vous l'avez vu, avec une aussi grande majesté.

Ils leur dirent d'aller au Cénacle, car c'est là que le Saint-Esprit devait descendre sur eux. Il ne faut pas passer votre temps à regarder le ciel; toute la journée ne doit pas consister à prier et contempler; va au Cénacle, mon frère, ne t'occupe pas et ne t'arrête pas à la pensée de la présence corporelle du Christ.

Je vous ai déjà dit maintes fois que, si le Saint-Esprit n'était pas descendu sur les apôtres, quand Jésus-Christ était ici-bas, c'était parce qu'ils se trouvaient subjugués par la présence de leur Maître et cela seul les contentait; malgré la sainteté et le bienfait de la présence de Notre-Seigneur, elle était un obstacle à la perfection des apôtres et voici pourquoi Jésus-Christ voulut partir : " Chers disciples, vous avez pour moi une grande affection, vous m'aimez beaucoup. Je sais que vous êtes heureux près de moi, mais je vous aime davantage et pour vous le prouver, je veux m'en aller afin qu'avec la venue du Saint-Esprit, vous soyez plus parfaits et éleviez plus haut vos pensées. "

Ne vous étonnez-vous pas que la présence de Jésus-Christ soit un obstacle à la venue du Saint-Esprit ?

Le Saint-Esprit est très jaloux; ne pensez pas qu'il est tel que vous le voulez. " Je suis Yahweh, ton Dieu " [16], a dit Dieu à Moïse, pour te faire comprendre, mon frère, que le Saint-Esprit ne viendra pas tant que tu ne perdras pas l'amour exagéré des créatures, toi qui as donné ton estime au confesseur, même bon, et qui as les yeux fixés sur le prédicateur qui te donne de bons conseils et te prodigue des consolations. Le Saint-Esprit veut être seul en toi.

— Oh, Père, vous, qui êtes un saint, qui me guidez sur le chemin de Dieu et m'encouragez dans les souffrances ! [17] — Plus saint encore était Jésus-Christ et pourtant il fut un obstacle pour le Saint-Esprit. Les esclaves de Dieu, le confesseur et le prédicateur ne doivent pas te faire obstacle pour le Saint-Esprit, mais être un escalier pour monter vers Dieu.

L'amour exagéré — même s'il n'est pas coupable — est un obstacle, il ne te ferait pas de mal si tu savais t'en servir; ce que tu aimes chez le confesseur et le prédicateur, que ce soit pour Dieu et en Dieu.

— A quoi verrai-je, Père, qu'il s'agit bien d'amour de Dieu ? — Si Dieu t'enlève ou permet que s'éloigne de toi quelqu'un que tu aimes beaucoup, si alors l'amour n'est pas assez puissant pour te faire oublier tes devoirs envers Dieu, je veux dire, pour que tu ne souffres pas tellement de son départ que ton cœur perde sa quiétude et devienne tumultueux au point de t'arracher à tes pieux exercices, si cela ne se produit pas, tu as l'amour de Dieu. Une peine légère est naturelle, mais une grande peine est mauvaise. Si ces petits riens sont un obstacle pour le Saint-Esprit, que seront les pensées impures, les injures et autres fautes de même sorte ? Où en sommes-nous arrivés ? Que faut-il pour que le Saint-Esprit vienne dans nos âmes ? Non seulement le désirer mais encore nettoyer la maison. Si vous le faites quand vous recevez un hôte, à plus forte raison votre âme ne doit-elle pas être pure, sans mauvaises pensées, sans mauvaises paroles, ni mauvaises actions, ornée de vertus parce que l'Hôte que vous attendez est la pureté même ?


Prépare le repas pour l'Hôte.

Considérez qu'il est une chose plus nécessaire encore que d'appeler le Saint-Esprit, plus nécessaire que d'arranger la demeure, c'est de préparer le repas. Vous devez mettre la main à la bourse, vous devez beaucoup dépenser et n'en point souffrir. Vous devez être généreux et très libéral. Lorsque vous avez un hôte, vous ne vous permettez pas de ne prendre que le nécessaire, mais vous achetez largement. Il le faut, mon frère; vous attendez cet Hôte très saint; puisqu'il est libéral à l'extrême envers vous, soyez-le envers lui; mettez la main à la bourse et ne donnez pas des sommes infimes; donnez une généreuse aumône, donnez à manger à l'affamé, habillez l'orphelin et la veuve, tenez lieu de père à tous les pauvres. Considère que tu es le père des pauvres et la consolation des affligés. Le saint Job remplissait bien cet office quand il disait : Ma bouchée était petite, Seigneur, mais nous l'avons mangée à deux. Et il disait ailleurs : Je suis le pied pour le boiteux et la main pour le manchot. Donne à manger au Saint-Esprit et offre-lui ton cœur; car il mange de la chair; mais de la chair mortifiée, sache-le.

Que serait-ce si tu offrais à ton invité une volaille vivante ? " Quoi ? — te dirait-il, — enlève cela, cette volaille n'est pas bonne à manger ". Élève maintes fois ce cœur au ciel et supplie le Saint-Esprit de l'embraser du feu de l'amour. Ta chair doit être morte et attendrie, châtiée et mortifiée, domptée par les jeûnes et la discipline; tu dois être mort au monde, tiens ton cœur en éveil, tes pensées et tes désirs élevés vers Dieu.

Dans ces pensées et dans ces exercices vole comme un aigle, ne prends aucun repos avant d'avoir agrippé le Saint-Esprit; ne te base pas sur les choses mortes et viles et n'y arrête pas tes pensées.

Vois ce qu'a fait la colombe qu'ils envoyèrent de l'arche de Noé; ils la lancèrent dehors, elle s'envola (quand elle sortit, le déluge avait cessé), sur la terre gisaient de nombreux cadavres, elle ne voulut se poser sur aucun d'eux ni même se reposer entre eux, mais se dirigea vers un olivier, cueillit de son bec un rameau et le ramena à l'arche. C'est ce que doit faire l'âme du chrétien, ne se poser sur aucun cadavre; tu ne dois pas tourner tes pensées vers des choses mortes, périssables, fétides, mais tu dois les diriger vers le ciel. Que ton cœur soit là où se trouve Jésus-Christ, ton trésor, en particulier durant cette fête.

Sachons maîtriser nos sens.


Sois très recueilli cette semaine pour recevoir le Saint-Esprit. Sois très appliqué. Prends exemple sur ces serviteurs qui attendent leur maître revenant des noces. Ne sois pas comme ces vierges folles et sottes, ne sois pas endormi, ni enivré par les choses de ce monde, mais imite les vierges sages en ayant le souci de te parer et d'avoir de l'huile de miséricorde pour toi d'abord, en prenant grand soin de ton âme et de transformer ton cœur.

Cherche, ces jours-ci, un lieu de retraite et restes-y. Pense à la Très Sainte Vierge et aux saints apôtres réunis dans le Cénacle. Que feraient-ils, eux ? Quelles larmes verseraient-ils au souvenir des souffrances de Jésus-Christ, au souvenir de son absence ! Quels soupirs lanceraient-ils vers le ciel en brûlant de désir pour leur Consolateur et Rédempteur ! Corrige tous tes désirs, aie les yeux baissés d'une personne mortifiée, ne regarde rien que tu puisses regretter ensuite, car s'il regarde mal, l'œil pleure. David vit un mauvais spectacle, il eût été préférable pour lui d'être aveugle que de voir ce qu'il a vu, car son œil, s'il s'est réjoui à le regarder, pleura beaucoup ensuite, et pleura tant que, dit-on, David avait dans son visage des sillons creusés par les larmes.


Le Saint-Esprit nous consolera et nous donnera de la force.

Il est nécessaire de célébrer cette fête avec grand soin, comme je vous l'ai dit, puisque ce que nous attendons est si grand.

Te rends-tu compte, mon frère, de l'importance de ces jours et quelle perte tu fais si le Saint-Esprit ne vient pas demeurer dans ta maison ? Ni l'Incarnation de Jésus-Christ, qui est la principale fête de l'année, ni sa sainte Naissance, ni sa Passion, ni sa Rédemption, ni son Ascension ne te profiteront en rien, si tu ne tires avantage de cette fête; si tu perds cela tu perds tout ce que Jésus-Christ a gagné pour toi. S'il est vrai que, par la mort de Jésus-Christ le ciel se soit ouvert et l'enfer fermé, à quoi cela te servira-t-il si tu ne reçois pas le Saint-Esprit ? Dis-moi quel profit tu peux tirer de tout le reste sans la grâce de Dieu; si tu reçois le Saint-Esprit dans ton cœur, tout te sera profitable et te consolera. Le Saint-Esprit seul suffira à te consoler et à donner de la force à ta faiblesse, de la joie à ta tristesse, et comme il sait le faire !

J'ai appris que le Saint-Esprit voulut se communiquer à une personne et que celle-ci est sortie comme folle dans les rues en poussant des cris. Voulez-vous voir un cas analogue ? Observez-le chez les apôtres qui, avant la venue du Saint-Esprit étaient si apeurés, si craintifs, qu'ils n'osaient pas sortir et restaient enfermés dans le Cénacle. Dès que le Saint-Esprit fut descendu en eux, ils ouvrent les portes en grand, sortent par les places, et commencent à prêcher Jésus-Christ.

Saint Athanase — grand saint qui écrivit contre l'hérésie des ariens — disait en songeant aux scrupules qu'avaient certains, " Suis-je vraiment baptisé, ou ne suis-je pas vraiment baptisé ?" : " Sais-tu à quoi tu le verras ? Si tu sens remuer le Saint-Esprit comme la femme enceinte sent remuer l'enfant. " — Mais, Père, moi je suis un homme. — Moi je ne suis pas mariée. Je ne sais pas ce que c'est qu'un enfant qui remue, comment le sentirai-je ? — Je te donne ce signe, mon frère : C'est lorsque tu sentiras brûler dans ton cœur un feu de charité, un amour très ferme en Dieu que tu sentiras le Saint-Esprit, car le Saint-Esprit est un feu et tu le sens tressaillir dans tout ton être. — Comment cela se peut-il, Père ? D'après saint Jean, Jésus-Christ lui-même parlant à la Samaritaine a dit : Celui qui boira de mon eau. Quelle propriété a cette eau, Seigneur ? On en fera — dit notre Rédempteur — une source d'eau vive qui jaillira jusqu'à la vie éternelle. — Tu vois ici le signe qu'a donné le Christ pour savoir à quel moment le Saint-Esprit est venu en toi, car l'Esprit-Saint a ce caractère de ne pouvoir rester inaperçu et de témoigner lui-même de la présence en toi de Jésus-Christ. Jésus-Christ dit dans l'évangile ce que l'on dit à la messe : Lorsque le Paraclet viendra, quand le Saint-Esprit viendra, l'Esprit de vérité qui procède de mon Père, celui-là vous rendra témoignage de moi, celui-là vous parlera de moi.

Ce qui signifie qu'il vous consolera, vous éclairera, vous réjouira, et vous guidera dans votre chemin.

Le Saint-Esprit est Consolateur, mes frères. Comme il doit savoir consoler, puisque par sa grandeur même il s'appelle Consolateur !

Que cherchons-nous en cette vie ? Où allons-nous ? Nous ne travaillons que pour chercher quelque consolation, quelque contentement. Pourquoi donc ne travaillons-nous pas pour posséder un Consolateur qui apaise nos tourments et qui enrichisse notre pauvreté ? Oh si je pouvais vous communiquer la dévotion au Saint-Esprit ! Que par sa miséricorde infinie il veuille bien vous la communiquer.

Quand tu seras affligé, sois assuré que le Saint-Esprit, si tu le possèdes dans ton âme, te consolera de cette affliction.

L'apôtre saint Paul dit : On pense parfois : " Qui pourra suffire à consoler ma tristesse, mon découragement, qui me viendra en aide ? "

Le corps soutient un combat, l'âme est remplie de grandes craintes, mais celui qui habituellement console les humbles, nous a consolés.

Le rôle du Saint-Esprit est de consoler ceux qui sont affligés. Ce Consolateur est proclamé comme tel dans toute l'Église de Jésus-Christ, Notre-Seigneur; il est proclamé et publiquement connu comme Consolateur de nos peines. Le malade cherche le médecin pour ses maladies, le plaideur cherche un bon avocat qui l'aide, il va trouver le juge et lui dit : " Rendez-moi justice " [18].

Puisque nous sommes tous tristes, il nous faut recourir à celui qui console notre tristesse. Nous sommes tous tristes : les méchants, pour les péchés commis; les justes ont aussi le regret de leurs péchés et ils éprouvent une très grande tristesse en redoutant d'offenser Dieu, de perdre Dieu. Tous nous sommes tristes, nous avons besoin d'une consolation. Le Saint-Esprit a pour rôle de nous consoler tous; demandons-lui qu'il veuille bien venir dans nos cœurs et nous consoler.


Le Saint-Esprit nous est donné par les mérites du Christ.

Une âme traquée, craintive, chargée de tant de péchés, pourra dire : " Père, ce Saint-Esprit qui, dites-vous, est Dieu, est un Dieu tout-puissant, un Dieu terrible, et moi je suis un ver, une fourmi; comment ce Saint-Esprit voudra-t-il venir dans ma maison si mal préparée à le recevoir ? Je crains qu'il ne veuille pas venir. "

S'il s'agit de toi, tu as certainement raison de croire que le Saint-Esprit ne voudra pas venir; mais sais-tu ce que tu dois faire ? Mettre entre toi et lui, Jésus-Christ et ses mérites et le Saint-Esprit en voyant ce que Jésus-Christ a souffert pour toi viendra tout de suite par amour pour lui.

Quand il s'en est trouvé un qui s'est désolé pour que tu te consoles, un qui s'est attristé pour que tu te réjouisses, un qui a supporté la fatigue pour que tu te reposes, un qui est mort pour que tu vives, tu dois être sans crainte si tu sais pleurer tes péchés et faire une digne pénitence.

Béni soit Jésus-Christ et que les anges le bénissent ! Amen !

J'ai cherché un consolateur, dit notre Rédempteur, et je ne l'ai pas trouvé. On m'a donné du fiel en nourriture et quand j'avais soif on m'a donné à boire du vinaigre.

Notre Rédempteur n'a trouvé aucun consolateur. Notre Rédempteur fut profondément rempli de tristesse, profondément désolé; il ne trouva aucune consolation, il était si intensément affligé en son âme et en son corps qu'il a dit lui-même : " Mon âme est triste jusqu'à la mort " [19]. Ce qui signifie que notre Rédempteur avait une tristesse mortelle. Il ne s'agit pas de l'âme supérieure car elle jouissait de Dieu, je ne parle que de la partie sensitive dans laquelle régnait la plus extrême affliction. Que de fatigues, de faim, de soif, de sueur dans ces chemins ! Et quand vint le moment de la souffrance, il avait tant de douleur en y pensant qu'il disait : Père, s'il est possible, faites que je ne boive pas ce calice, cette coupe d'amertume. Le Christ, notre Rédempteur voyant que Dieu le laissait souffrir et voyant les tourments qu'il supportait en son corps, dit aussi : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné?" [20] Mes frères, les souffrances que Notre-Seigneur endura furent si nombreuses et si extrêmes; ils furent si nombreux les supplices qu'il supporta, les coups de fouet, la couronne d'épines, les soufflets qu'on donna sur son divin visage qu'il en vint à dire : Vous tous qui passez dans le chemin, vous tous qui vivez dans le monde, voyez s'il existe une douleur semblable à la mienne [21]. Soyez béni, mon Rédempteur, à jamais !

Quelle est la cause de tant de douleurs, Seigneur? Les douleurs, les tourments, ne sont-ils pas la punition des péchés et le châtiment des méchants ? Le châtiment convient à ceux qui font le mal; mais vous, Seigneur, quel mal avez-vous fait pour devoir supporter tant de tourments ? Pourquoi tant de douleurs ?

— Quelle dette ont-ils ? dit notre Rédempteur Jésus-Christ — Seigneur, ils ont beaucoup péché. — Eh bien, je veux, dit Jésus-Christ, que le châtiment retombe sur moi, pour qu'ils obtiennent le repos du ciel; que la tristesse retombe sur moi, pour qu'ils aient la joie. Je veux qu'on me donne du fiel pour qu'on leur donne du miel; qu'on m'inflige des supplices pour qu'on leur donne le repos; qu'on me donne la mort, pour qu'on leur donne la vie.

Aie donc confiance, mon frère, dans les mérites de Jésus-Christ. Ne crois pas que muette est la voix que tu as au ciel pour te défendre; les mérites de Jésus-Christ plaident pour toi là-haut. Ce n'est pas non plus une voix qui est muette, si tu supplies pour que le Saint-Esprit vienne. Sois sans défiance, car si tu offres les mérites de Jésus-Christ, pour eux on te donnera le Saint-Esprit. Ce que tu donnes vaut autant que ce qu'on te donne. Si on te donne Dieu, tu donnes à Dieu et bien que Jésus-Christ notre Rédempteur n'ait pas souffert en ce qu'il a de divin, en fin de compte, on dit que celui qui était Dieu a souffert. Pour le fiel qu'il a bu sur la croix, on te donnera le miel du Saint-Esprit.

Tes pensées, tes paroles, tes actions appelleront le Saint-Esprit, de sorte qu'il surviendra en toi, sans que tu saches comment ni de quelle manière, sans que tu le sentes ni que tu saches par où il est entré et tu le trouveras en toi, logé dans ton cœur; tu découvriras au fond de ton âme une grande joie, une réjouissance si admirable, si totale qu'elle te fera sortir de toi-même. Le saint roi David disait : Tu procureras, Seigneur, joie et allégresse à mon oreille et mes os mortifiés se réjouiront. Le cœur qui était triste, l'âme qui était très angoissée, seront remplis de joie et se réjouiront; tu entendras le Saint-Esprit te parler à l'oreille, et t'indiquer tout ce que tu dois faire.

Celui qui a la charge de consoler est aussi celui qui a la charge d'exhorter; celui qui te console est aussi celui qui te blâme : " Homme lâche, sans grand courage, veux-tu ne pas craindre comme un enfant, aie le courage d'un homme ! " Le Saint-Esprit lui-même qui vient te consoler, te réprimandera, pour supprimer les obstacles à ta consolation. Paracletus veut dire Consolateur. Et puisque tu vois, mon frère, que par suite des mérites de Jésus-Christ, se donne le Saint-Esprit, ne cesse pas de le demander, ne cesse pas de le désirer avec une grande ferveur, en regrettant son absence, de sorte qu'il viendra dans ton âme et sera une si grande consolation pour toi que personne ne pourra te l'enlever.

Arrange ta demeure, prépare le repas pour cet Hôte, puisqu'il le mérite tant et que tu as envers lui tant d'obligations; faisons beaucoup d'aumônes aux pauvres; pardonnons à notre prochain; abstenons-nous de tout péché et de toute faute pendant cette sainte Semaine; soyons maîtres de nos sens, et ayons tous vraiment confiance, que par sa miséricorde il viendra en feu d'amour, fortifier nos cœurs et nous apporter ses dons.

* * * * *

[11] En espagnol, comme en français d'ailleurs, mais plus nettement encore, le mot Pâque au singulier surtout, signifie toute grande solennité de la vie du Christ. Ici c'est de la Pâque du Saint-Esprit (Pâque des rosés disons-nous) qu'il s'agit.
[12] Cant. 6, 8. La traduction de Crampon dit : " Une seule est ma colombe, mon immaculée ".
[13] On saisit ici tout ce qui sépare la pensée d'Avila du " Monachatus non est pietas " d'Erasme
[14] Le réalisme, plein de santé, d'Avila ne nous échappera pas.
[15] La phrase du centurion : « Va et il va », « Viens et il vient » (Mat. 8. 5-13; Luc 8 I-10) est certainement ici dans la pensée d'Avila.
[16] Ex. 20. a.
[17] Exemple du dialogue supposé entre Avila et ses auditeurs.
[18] « Ce Consolateur ou cet avocat (car le mot grec Paraclet signifie l'un et l'autre) était devenu nécessaire après le départ du Christ » (Saint AUGUSTIN. Tract. 94 in Joann).
[19] Mt. 26, 38.
[20] Mt. 27, 46.
[21] Thren. 1, 12.

     



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