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Qu'est ce que les âmes du Purgatoire ont à nous dire?

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Qu'est ce que les âmes du Purgatoire ont à nous dire?

Message par Marie du 65 le Ven 20 Jan - 8:52

Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (1)


Des Âmes du Purgatoire


Ces pages sont extraites du


LIVRE D’OR - DES âme du purgatoire
PAR M.J.S Benoît D E J M -P R Ê T R E
Ancien Missionnaire en Saskatcheiran
Prières et Pratiques de piété
Les plus efficaces
Et les plus richement indulgenciées
En faveur des âmes du purgatoire.
Propriétaire-éditeur
E. M I C H A U D
4648 Rue Garnier Montréal» Can.
Nihü obstat.
ANTONIO HUOT, ptre
Censeur.
3 juillet 1925
Imprimatur.
L.-N. cardinal Bégin , Archevêque de Québec


Préambule


Nous ne prétendons pas abriter tous ces récits sous une autorité plus grande que celle qu’il est permis de leur attribuer. Ce sont des traditions admises comme certaines par des esprits très judicieux. De plus, ils sont tous consignés dans les écrits de maître très renommés de la vie spirituelle. Nous les offrons uniquement à ce titre. Toutefois, pas un de ces traits n’offense en rien la foi.

Certains catholiques refusent témérairement de croire aux apparitions des anges, des saints et des âmes du purgatoire. S’ils ne veulent pas tomber dans l’hérésie, doivent-ils croire, au mions, à celles que rapportent les Saintes Écritures, par exemple, celle de Dieu à Adam, à Noé, à Abraham, à Moïse, etc. Le prophète Samuel n’apparut-il pas au roi Saiil ? Qui refusera aussi une foi parfaite aux apparitions de Notre-Seigneur aux apôtres et aux saintes femmes, après sa résurrection?



Qui n’adhérera pas aussi à la pieuse croyance de ses apparitions à sa très sainte Mère dans le même temps ? N’apparut-il pas encore à saint Pierre et à saint Jean, après son ascension ? Tous les bons catholiques n’admettent-ils pas aussi les nombreuses apparitions de la très sainte Vierge à Lourdes ? Les saints du  ciel, les âmes du purgatoire et les justes de la terre ne forment-ils pas la seule et même famille du bon Dieu ?



Or, qu’y a-t-il de si extraordinaire à ce que nos frères du ciel ou du purgatoire nous apparaissent, quand Dieu le permet ? Moïse et Plie n’apparurent-ils pas à Notre-Seigneur, à sa transfiguration, sur le Thabor? Ënoch et Ëlie, que Dieu a enlevés de la terre, ne reviendront-ils pas encore en ce monde, à la fin des siècles, pour combattre l’antéchrist ?



Combien de chrétiens peu fervents et peu éclairés, quand on leur parle d’apparitions des âmes du purgatoire, répondent avec une méprisante légèreté: “Ah! je n’y crois rien! Je n’en ai jamais vu et ne connais personne qui en ait vu! ” Rien d’étonnant en cela : les défunts n’apparaissent ordinairement qu’à ceux qui peuvent les mieux secourir. II y a toujours eu, il y a encore, il y aura toujours des relations étroites entre les élus du ciel, les âmes du purgatoire et les fidèles de la terre, lesquels sont tous frères.
DES ÂMES DU PURGATOIRE
Ire APPARITION


L’une des dévotions à la très sainte Vierge, qui nous fera échapper le plus promptement au purgatoire, est celle du scapulaire du Mont-Carmel ou Brun. Saint Simon Stock, supérieur des religieux carmes, demandait depuis longtemps à la très sainte Vierge de donner à son ordre un gage de spéciale protection. Elle lui apparut, lui remit ce scapulaire, en lui disant : “ Celui qui mourra avec ce scapulaire ne sera pas brûlé par les flammes éternelles. Ce scapulaire sera un signe de salut, un bouclier dans les périls, un gage de paix et de protection spéciale. » Le pape Benoit X IV a dit que cette vision devait être considérée comme vraie.







La très sainte Vierge, apparaissant au pape Jean XXII, lui dit qu’elle soulagerait, en purgatoire, les confrères du scapulaire du Mont-Carmel, et qu’elle les en délivrerait au plus tôt, surtout le premier samedi après leur mort. Pour jouir de ces promesses, il faut avoir été reçu de ce scapulaire. Celui qui participe à tous les mérites de tous les associés de la confrérie et à tous ceux des deux ordres religieux des pères carmes et des religieuses carmélites. A Otrante, ville d’Italie, une dame de piété, apprenant les précieux avantages du scapulaire Brun, s’en fît recevoir.

Elle laissa sur la terre une fille très pieuse, qui se retira aussitôt dans un sanctuaire, où elle priait pour sa mère. Elle y reçut la visite d’un grand serviteur de Dieu, accouru pour la consoler. C’était un homme fameux par les grâces dont le ciel le comblait et par des révélations merveilleuses : “



Elle suppliait Marie de mourir un samedi, afin d’être immédiatement délivrée des tourments du purgatoire, mérités par ses péchés. Quelques années après, elle tomba gravement malade, et malgré les assurances des médecins, elle crut que c’était sa fin. Le mal fit de tels progrès, que ces médecins lui annoncèrent qu’elle ne passerait pas le mercredi : “ Vous vous trompez, leur dit-elle, je vivrai trois jours de plus et ne mourrai que le samedi suivant. ” Ceci arriva en effet. Elle offrit à Dieu ses souffrances en expiation de ses péchés, puis elle mourut.





Cessez, lui dit-il, cessez de pleurer, et que votre tristesse se change en joie. En perdant une mère ici-bas, vous avez acquis une protectrice au ciel ; car je vous assure qu’aujourd’hui même, aujourd’hui samedi, grâce à la divine Marie, celle que vous aimez tant est sortie du purgatoire et a été admise parmi les élus.” Il est facile de se faire recevoir du scapulaire Brun ou du Mont-Carmel, et de le porter avec des dispositions convenables. C’est certainement moins dur que de supporter les supplices des terribles feux du purgatoire.

2e et 3e apparitions





Il est très louable de prier pour les défunts. On les a entendus plus d’une fois répondre à nos prières. L’histoire raconte beaucoup de faits de ce genre. Un saint évêque, nommé Bristano, avait une très grande dévotion pour les âmes du purgatoire. Il disait beaucoup de messes pour elle, se levait la nuit et allait prier dans les cimetières. A l’une de ces nuits, il entendit distinctement des voix sortir de la terre et répondre très clairement à ses prières. Le Bienheureux François de Fabriano, franciscain, avait coutume d’offrir ses prières, oeuvres pieuses et pénitences, pour les défunts.





https://books.google.fr/books?id=ZtpMAAAAcAAJ&pg=PA624&lpg=PA624&dq=vie+du+bienheureux+francois+de+fabriano&source=bl&ots=g7_4XKfVkz&sig=jpETITeYbqKu5T4xDwtbt3DhKuk&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiqmbTHqdDRAhXB1hoKHTFtD9YQ6AEIIjAC#v=onepage&q=vie%20du%20bienheureux%20francois%20de%20fabriano&f=false




Quand il pensait aux tourments du purgatoire, il frémissait et tremblait, comme s’il allait mourir. Il disait souvent la messe pour les défunts, avec une ferveur angélique. Un jour, qu’il terminait une messe des morts par le Requiesecinl in pace, on entendit dans toute l’église répondre en choeur : Amen.

Le saint compris que ce cri de joie venait des âmes délivrées par cette messe.—Saint Grégoire de Tours rapporte quelque chose de plus admirable encore. Au diocèse de Bordeaux, deux vénérables prêtres vinrent à mourir, presque au même moment, après une vie très édifiante. Ils furent enterrés dans l’église, l’un d’un côté de la nef, l’autre, du côté opposé. Or, pendant que les prêtres chantaient l’office du bréviaire, en deux choeurs, on entendit très clairement la voix des deux défunts s’unir à celle des chantres, avec tant d’harmonie et de suavité que les assistants y prenaient un grand plaisir.

On fut persuadé que Dieu permettait ce miracle pour faire connaître que ces deux saints prêtres lui adressaient leurs dernières supplications, avant de monter au ciel. Quel bonheur pour ces deux prêtres d’avoir été si pieux !

Faisons tous nos efforts pour l’être comme eux, nous aussi, et nous en serons heureux à la mort.



4e APPARITION



purgatoire-messe

Un religieux franciscain apparut un jour entouré de flammes ardentes, au bienheureux Conrad d’Offida, et le supplia de le soulager, par ses prières, des peines très vives qu’il éprouvait. Le saint récita aussitôt, pour lui, un Pater, avec le Requiem, et le défunt, en ressentant un grand soulagement, pria le charitable religieux de recommencer, ce que celui-ci s’empressa de faire. Cette âme, sentant ses souffrances diminuer encore, s’écria : “ Par la miséricorde de notre Dieu, continuez, ô Conrad, cette prière, qui me fait tant de bien.” Et le serviteur de Dieu la répéta jusqu’à cent fois, et à la centième fois, le défunt changea ses supplications en transports de reconnaissance et de joie : il était délivré du purgatoire et entrait dans la gloire du ciel. Disons donc souvent ces courtes prières, pour les défunts.





À SUIVRE….






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Re: Qu'est ce que les âmes du Purgatoire ont à nous dire?

Message par lacolombe le Ven 20 Jan - 10:36

Bonjour Marie,
Je prie tous les jours pour les âmes du purgatoires. Merci pour ce message.
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Re: Qu'est ce que les âmes du Purgatoire ont à nous dire?

Message par Marie du 65 le Ven 20 Jan - 10:55

Un petit coucou
Oui Elles ont tant besoin de Nous!!

Coucou
Amitiés
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Re: Qu'est ce que les âmes du Purgatoire ont à nous dire?

Message par lacolombe le Ven 20 Jan - 13:14

Good! Eureka Marie, j'arrive enfin à intégrer des smileys.
Victoire Laughing je m'en donne donc à cœur joie.
Avec toute ma sympathie.
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Re: Qu'est ce que les âmes du Purgatoire ont à nous dire?

Message par Marie du 65 le Ven 20 Jan - 16:28

Je suis très heureuse pour vous et maintenant à quand les images? Good!  
N'allez pas inonder le Forum Baignoire
Amitiés!!!
Coucou
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Re: Qu'est ce que les âmes du Purgatoire ont à nous dire?

Message par scapulaire le Ven 20 Jan - 17:08

Je pensais justement que je n'avais pas de prières pour les âmes du purgatoire dans mon cahier...
je les rajoute...
merci Amen de m'y avoir fait repenser
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Re: Qu'est ce que les âmes du Purgatoire ont à nous dire?

Message par Marie du 65 le Dim 22 Jan - 9:53

Bonjour Scapulaire,
Bon et Saint Dimanche!!




Qu’est-ce que Les Âmes du Purgatoire ont à nous dire ? Partie (2)


5e APPARITION

Le vénérable Stanislas de Kostka, dominicain polonais, vit apparaître une âme du purgatoire toute enveloppée de flammes très brûlantes et poussant des cris très lamentables. La violence du feu qui la transperçait paraissait telle, que le bon serviteur de Dieu ne put s’empêcher de lui demander quelque comparaison, qui pût lui en faire connaître la force.

“ Tu me demandes une comparaison, répondit-elle, sache que le feu de la terre le plus ardent, est un doux zéphir auprès des ardeurs qui me dévorent ”; et en disant ces mots, elle lui fit tomber sur la main une goutte des sueurs que lui tirait la chaleur des flammes. Cette goutte lui fut si douloureuse, qu’il poussa un cri déchirant, qui réveilla tous ses confrères endormis, et, ne pouvant supporter cette douleur, il tomba à terre sans connaissance, où le trouvèrent les religieux, qui étaient accourus à sa chambre.

Ils eurent beaucoup de peine à le ramener à lui, par l’emploi des remèdes les plus énergiques. Quand on lui demanda la cause de ses cris, il montra sur sa main, la plaie produite par la goutte de sueur, dont il souffrit toute sa vie. Or, si une seule goutte de cette sueur fut si terrible, qu’est-ce donc que d’être plongé tout entier dans le feu si atroce du purgatoire? Apprenons de là avec quel soin nous devons l’éviter, et combien nous devons soulager ceux qui y sont plongés, par toutes sortes de bonnes oeuvres, surtout par des messes et des communions.



6e APPARITION







Celui qui a été dur pour les pauvres ne trouve pas de miséricorde après sa mort. Celui qui s’est livré au vice impur et qui ne s’est point repenti se voit condamné au feu, sans aucun adoucissement. Nous nous préparons nous mêmes notre avenir. L’Empereur d’Allemagne, Othon IV, avait été le généreux bienfaiteur des communautés religieuses ; aussi, après sa mort, reçut-il un grand soulagement des prières et mortifications des religieux.

Il était mort dans une grande réputation de piété, qu’il avait eue toute sa vie, et chacun le croyait au ciel. Un matin, il se fit voir à l’une de ses tantes, supérieure d’un couvent, pour réclamer le secours de ses prières. Elle entendit, tout à coup, frapper à sa porte, qui s’ouvrit d’elle-même, et voici l’empereur qui s’avance dans l’attitude d’un suppliant. “ Je suis, lui dit-il, passé à l’autre vie et je souffre horriblement dans le purgatoire.

Avertissez les monastères, afin qu’ils me viennent en aide ; qu’on récite, en ma faveur, un grand nombre de fois le De Profundis, le Pater, Ave. Ces prières me purifieront. J’ai fait du bien aux ordres religieux, et Dieu veut me délivrer par eux.”— Avertis par la religieuse, les monastères accomplirent en hâte ce que le défunt avait demandé. Peu de jours après, l’âme apparut de nouveau au même lieu ; mais quelle différence!

Une telle lumière brillait en elle, une gloire si admirable l’environnait, que les yeux en étaient éblouis. Il exprima sa gratitude dans les termes les plus touchants et avec mille bénédictions, puis il s’envola au paradis. Si des gens aussi pieux vont ainsi souffrir dans les feux du purgatoire, que va-t-il en être de nous? Redoublons de piété, recourons souvent aux sacrements, évitons le péché, prions pour les défunts, afin qu’ils nous viennent en aide quand nous aurons si besoin d’eux.





7e et 8e Apparition



Les mérites de l’obéissance sont très efficaces pour délivrer les âmes du purgatoire. S. Jean Climaque dit que celui qui obéit est certain de plaire à Dieu et d’être traité avec bonté à son tribunal. La Bienheureuse Êmélie, dominicaine, prieure du couvent de Sainte-Marguerite, à Verceil, faisait l’impossible pour convaincre ses religieuses du mérite de l’obéissance.

La règle défendait de boire entre les repas sans permission. Une soeur, nommée Cécile, étant un jour très altérée, se vit refuser la permission de boire. Elle offrit ce dur sacrifice à Dieu, en union avec la grande soif de Notre-Seigneur sur la croix. Elle mourut peu de temps après. Il y avait trois jours qu’elle était ensevelie, lorsqu’elle apparut toute resplendissante à la soeur Ëmélie. Elle lui raconta que, devant souffrir pour avoir été trop attachée à ses parents, elle avait promptement été délivrée, en récompense de la soif qu’elle avait soufferte par obéissance.

A mon troisième jour de purgatoire, dit-elle, mon ange gardien est venu verser sur les flammes, le peu d’eau dont je m’étais privée et les a complètement éteintes, pour me conduire en paradis, avec lui. ” La bienheureuse Émélie avait aussi une religieuse, appelée Marie-Isabelle, qui éprouvait du dégoût pour les exercices de piété, à l’église, et leur préférait les amusements ; elle était toujours sortie la première de la chapelle.

Or, la bienheureuse l’arrêta, un jour, à la porte, et lui demanda pourquoi elle était si pressée de s’éloigner du très Saint-Sacrement. La religieuse avoua bonnement qu’elle s’y ennuyait trop. “ C’est très bien, lui dit la prieure ; mais si vous n’êtes pas capable de demeurer commodément assise, à chanter l’office divin, comment ferez-vous pour rester dans les tourments du feu du purgatoire ?

Pour vous éviter cette terrible punition de l’autre vie, je vous ordonne de ne sortir de l’église que la dernière. ” La soeur se soumit avec grande simplicité. Dieu bénit cette obéissance en lui ôtant le dégoût et l’ennui dont elle se plaignait; elle éprouva, au contraire, une grande joie à prier et à rester à  l’église après toutes les autres. Ce n’est pas tout, elle obtint encore, à cause de cette obéissance, que toutes les heures, ainsi passées à prier dans la chapelle, seraient diminuées sur la durée de son purgatoire.

Sans doute que ce fut la bienheureuse Ëmélie qui lui obtint ces faveurs ; car ses prières étaient si efficaces, qu’elles obtinrent que les trois jours que son propre père devait passer en purgatoire, fussent changés en trois heures seulement. Ne craignons point de prier longtemps devant le très Saint-Sacrement surtout, puisque ces moments sont de beaucoup les plus précieux de notre vie, et qu’ils nous seront très richement payés au purgatoire, comme au ciel.






9e et 10e APPARITIONS


La vie de la bienheureuse Raconigi est pleine de visions admirables de la gloire du paradis, des supplices de l’enfer et des peines du purgatoire. Dieu lui donna ces visions pour exciter en elle un zèle ardent surtout pour la délivrance des âmes du purgatoire. Notre-Seigneur lui apparut un jour et lui tira du sang de la poitrine, lui disant qu’une partie de ce sang tomberait sur les pécheurs, et l’autre, sur les défunts. Catherine comprit par ce prodige qu’elle devait, par ses prières et pénitences, convertir beaucoup de pécheurs et délivrer beaucoup d’âmes souffrant au purgatoire. Comme elle était sur son lit, avec une grosse fièvre, elle méditait sur les souffrances de l’autre vie.

Elle fut bientôt ravie en extase et conduite en purgatoire. Là, le Seigneur, afin d’augmenter sa dévotion pour les défunts, lui fit faire l’expérience de leurs supplices. Pendant qu’elle regardait ce terrible feu, elle entendit une voix lui dire : “ Tu vas ressentir tout cela pour un moment.” A l’instant même, une étincelle se détacha et vint toucher sa joue gauche, à la vue de plusieurs religieuses, qui se tenaient autour de son lit, pour l’assister dans sa maladie.

Or, la douleur qu’elle en ressentit fut telle que son visage enfla et resta longtemps dans cet état. Elle disait que, en comparaison de ce que cette simple étincelle lui causait de tourments, toutes les souffrances de cette vie n’étaient rien. Dès cette heure, elle redoubla de dévouement pour les pauvres âmes ; il lui semblait qu’elle ne faisait jamais assez en leur faveur, bien qu’elle s’imposât les plus dures austérités et qu’elle travaillât de toutes ses forces à les soulager.

Plusieurs de ces âmes lui apparurent pour la remercier de leur délivrance et l’encourager dans sa dévotion. La première qu’elle vit ainsi, d’abord dans un cachot obscur, puis brillante de célestes clartés, fut celle d’un religieux, supérieur de la Chartreuse. Il était tombé dans le schisme du conciliabule de Pise et, quoiqu’il eût été relevé de l’excommunication, à l’article de la mort, il avait laissé à la communauté quelque doute sur son salut éternel.

Une religieuse de sa communauté étant morte subitement, Catherine désirait ardemment savoir en quel état elle se trouvait dans l’autre vie. Pendant la cérémonie de l’enterrement, elle supplia le Seigneur de lui faire connaître ce mystère et elle fut exaucée. Le cadavre de la défunte, qui était exposé à découvert, avait les mains croisées sur la poitrine ; sa main droite se leva et saisit celle de Catherine et la serra fortement, comme si elle eut imploré ses prières. Après que Catherine eût beaucoup prié, cette âme lui apparut pour la remercier, la bénir et lui assurer qu’elle était rendue dans le ciel.

Lorsque François 1er, roi de France, assiégea Pavie, sa première femme, la reine Claude, apparut à Catherine et lui annonça que François avait été fait prisonnier et que beaucoup de ses soldats avaient été tués, afin qu’elle priât pour toutes ces âmes, qui avaient été jetées à l’improviste dans leur éternité.





11è APPARITION



Une controverse s’éleva entre deux Pères dominicains, Bertrand et Benoit. Il  s’agissait de savoir lequel est le plus agréable à Dieu et le plus profitable pour nous, ou d’offrir nos bonnes oeuvres pour le soulagement des âmes du purgatoire, ou de les consacrer à la conversion des pécheurs. Bertrand disait que les pécheurs étaient dans un état de damnation et toujours entourés des embûches de l’enfer, tandis que les âmes du purgatoire sont assurées de leur salut éternel.
Elles sont les amies de Dieu, tandis que les pécheurs sont ses ennemis : le plus grand malheur qui puisse fondre sur l’homme, etc. Benoit répondait que les pécheurs sont dans leur triste état parce qu’ils le veulent ; mais que les âmes souffrantes sont enchaînées contre leur gré, dans des tourments affreux.

“ Dites-moi, si vous aviez devant vous deux mendiants, l’un capable de gagner sa vie, et l’autre incapable de pourvoir à ses besoins, auquel viendriez-vous en aide ? Les âmes du purgatoire sont dans un océan de souffrances sans pouvoir se soulager. Les pécheurs, eux, sont devant le Seigneur comme des rebelles et des ennemis. Ne devons-nous pas plutôt travailler pour les amis de Dieu que pour ses ennemis ? ” Bertrand, toutefois, ne se rendait point à ces raisons. La nuit suivante, une âme du purgatoire lui apparut, sous forme d’un spectre horrible, chargé d’un poids qu’il ne pouvait supporter.

L’apparition s’approcha en gémissant, et le chargea de cet insupportable fardeau, sous lequel ce pauvre Bertrand succombait. Le tourment lui donna l’intelligence et il comprit qu’il devait faire plus pour les défunts que pour les pécheurs. Le matin, le coeur plein de compassion et les yeux pleins de larmes, il dit sa messe pour les pauvres âmes du purgatoire, et il continua cette sainte pratique tout le reste de sa vie.



Saint Thomas a dit qu’il est plus agréable à Dieu de s’appliquer à secourir les morts, parce qu’ils sont dans un plus pressant besoin, ne pouvant pas se secourir eux-mêmes, comme ceux qui vivent encore.
Beaucoup de saints parlent de même. Secourons-les donc toujours avec un grand zèle.






12e APPARITION



Le grand saint Thomas d’Aquin dit qu’il préfère l’aumône au jeûne et à la prière, pour l’expiation des fautes passées. C’est pourquoi tant de saints ont choisi l’aumône, comme moyen de soulager les défunts. Raban-Maur, abbé de Fulde, avait prescrit à l’économe de son monastère de faire beaucoup d’aumônes, pour les religieux défunts. Cependant, cet économe, appelé Edélard, ne donnait presque rien. De plus, Raban lui avait ordonné de donner aux pauvres, à la mort de chaque religieux, la valeur de ses repas pendant trente jours, afin que l’âme du défunt fût soulagée par cette aumône.

L’avare Edélard ne faisait pas cette aumône ou il la retardait beaucoup. Il arriva, l’an 830, qu’un bon nombre de religieux moururent. Edélard ne donna rien aux pauvres pour ces défunts, par avarice. La justice de Dieu ne laissa point impunie cette infidélité. Un soir, il traversa la salle du chapitre, une lanterne à la main. Quel ne fut pas son étonnement de voir une quantité de religieux défunts, qu’il connaissait, assis à leur place. Il serait difficile d’exprimer la terreur dont il fut saisi ; il resta cloué à sa place, comme une statue sans vie.

Quelques-uns des morts vinrent à lui, le dépouillèrent de son habit et se mirent à le frapper à coups de fouets, avec tant de violence, qu’il resta sans connaissance. En même temps, ils lui disaient: “Reçois, malheureux, le châtiment de ton avarice ! Tu en recevras un plus terrible dans trois jours, lorsque tu seras descendu avec nous dans la tombe. Alors, ce que l’on fera pour te soulager sera appliqué à ceux que tu as privés de ce que tu devais faire pour eux. ” Puis tout disparut. Pour lui, il était couvert de sang et à demi-mort. Il fut trouvé dans cet état, le lendemain matin. On s’empressa de lui prodiguer des soins.

Mais lui, dès qu’il pût parler, il s’écria : “ J’ai plus besoin des remèdes de l’âme que de ceux du corps. Mes plaies ne guériront jamais. Dans trois jours, je paraîtrai au tribunal de Dieu. Administrez-moi  les derniers sacrements. ” Il les eut à peine reçus qu’il commença à baisser, jusqu’au moment où il expira, en implorant les prières et pénitences de ses confrères. On chanta aussitôt pour lui la messe des morts, et on distribua aux pauvres ses repas pendant trente jours. Le défunt apparut à Raban, pâle, défiguré.

Ce saint lui demanda ce qu’il y avait à faire pour lui. “ Ah ! répondit l’âme infortunée, les prières et les aumônes de la communauté m’ont procuré bien du soulagement ; mais je ne puis sortir du purgatoire avant la délivrance de tous ceux de nos frères, que mon avarice a privés des aumônes qui leur étaient dues.

Les repas des trente jours que vous avez donnés aux pauvres pour moi ont profité à eux seuls. Faites donc redoubler les prières et les aumônes, surtout les sacrifices de la messe. J’espère que, par ce moyen, nous serons tous bientôt délivrés. ” Raban le promit et la chose fut faite. Un mois après, Edélard apparut, vêtu de blanc, entouré de gloire, la joie peinte sur le visage. Il remercia ses frères et leur promit de prier sans cesse pour eux au ciel, où il s’envolait.

Dieu permet donc aux défunts de venir châtier ceux qui oublient leurs peines. Quand on n’a fait ni prières, ni bonnes oeuvres pour les âmes du purgatoire, le bon Dieu nous prive de celles qui sont faites pour nous. Imitons les religieux de Fulde. Faisons surtout dire des messes pour les défunts.


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Re: Qu'est ce que les âmes du Purgatoire ont à nous dire?

Message par Charles-Edouard le Dim 22 Jan - 10:33

Merci pour ses textes,
je suggère aussi (c'est un livre)
Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire
(Abbé Rossignoli)
http://lepeupledelapaix.forumactif.com/t3486-les-merveilles-divines-dans-les-ames-du-purgatoire-abbe-ross
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Re: Qu'est ce que les âmes du Purgatoire ont à nous dire?

Message par scapulaire le Dim 22 Jan - 12:43

[size=undefined]D[/size]imanche : Seigneur, Dieu tout-puissant, je vous en conjure par le Sang précieux que votre Fils Jésus a versé au Jardin des Oliviers, délivrez les âmes du purgatoire et, en particulier, les plus délaissées de toutes; introduisez-les dans votre gloire pour vous louer et vous bénir dans l’éternité. Ainsi soit-il.
     Un Pater Noster, un Ave Maria, puis :
V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu'ils reposent en paix.
R/. Amen.
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Re: Qu'est ce que les âmes du Purgatoire ont à nous dire?

Message par Marie du 65 le Dim 22 Jan - 12:59

@Charles-Edouard a écrit:Merci pour ses textes,
je suggère aussi (c'est un livre)
Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire
(Abbé Rossignoli)
http://lepeupledelapaix.forumactif.com/t3486-les-merveilles-divines-dans-les-ames-du-purgatoire-abbe-ross

Merci @Charles-Edouard d'avoir complété ces textes par le partage de ce livre!!
Merci@Scapulaire pour votre Prière
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Re: Qu'est ce que les âmes du Purgatoire ont à nous dire?

Message par Marie du 65 le Mer 25 Jan - 11:40


Partie (3)
     



13e APPARITION

Le trait suivant devrait nous exciter à prier pour ceux qui sont mis à mort. Il y avait aux environs de Rome, vers l’an 1620, un jeune homme de vie scandaleuse. Ses excès et ses violences lui suscitèrent des ennemis, qui décidèrent de le tuer. Ce malheureux, au milieu de ses désordres, avait conservé une grande compassion pour les âmes du purgatoire, pour lesquelles il faisait dire des messes ; il priait aussi pour elles avec toute la ferveur dont il était capable, dans le triste état de sa conscience.

Cette unique dévotion devait lui sauver la vie de l’âme et celle du corps.

Un soir, qu’il se rendait à Tivoli, il marcha juste au-devant des embûches de ses ennemis, qui savaient qu’il devait passer par là ; ils se cachèrent derrière un petit bois, armés d’arquebuses. Il approchait de ce lieu, quand il aperçut le cadavre d’un criminel attaché aux branches d’un chêne* Touché de pitié, il s’arrête afin de réciter quelques prières pour cette pauvre âme.

Mais voici que, pendant qu’il priait, ce cadavre s’anime, tombe à terre et s’approche du jeune homme, que la terreur clouait à sa place. Le fantôme prend la bride du cheval et dit au cavalier de descendre et de l’attendre. Il était si étonné, qu’il descendit, sans dire un mot, et laissa son cheval au cadavre ressuscité, qui y monta et s’élança en avant.

Les ennemis déchargent leurs arquebuses sur lui, et, le voyant tomber, ils s’enfuient au plus vite. Ils étaient sûrs d’avoir tué leur homme. Tout tremblant, hors de lui, le jeune homme voit le spectre se relever, monter à cheval et revenir à lui : “ Tu viens d’entendre ces coups d’arquebuse ? Ils étaient pour toi. Tu serais déjà en enfer, si les âmes du purgatoire n’avaient pas obtenu de Dieu que je vinsse à ton secours, dans cet extrême péril.

Reconnais cet immense bienfait en continuant de prier pour elles ; mais, plus encore, en changeant de vie. ” Le cadavre reprit aussitôt sa place. Quant au jeune homme, quelques jours après, complètement converti, il entra dans un ordre religieux austère, où il vécut dans une grande perfection. En priant pour les défunts, on est préservé de bien des malheurs, et on assure le bonheur de son âme. Prions donc sans cesse pour eux avec ferveur.



14e APPARITION





Que ne donneraient pas les âmes du purgatoire pour avoir un peu du temps que nous gaspillons! Quelles pénitences elles feraient pour abréger, même de quelques minutes, leurs horribles tortures ! La vénérable Angèle Toloméi, élevée dans l’amour de la vertu, tomba malade. Près de rendre le dernier soupir, elle eut une vision. Il lui sembla qu’elle était dans un lieu très vaste, où étaient représentées toutes les peines du purgatoire.

Ici, des flammes ardentes ; là, des étangs de glace ; ailleurs, du soufre bouillant, des roues aux pointes de fer rougies au feu, des bêtes féroces aux dents aiguës, et cent autres supplices terribles. Il lui fut montré en quel lieu son âme serait conduite, pour expier certains défauts, qu’elle n’avait pas assez combattus.

Ce spectacle fut si horrible que, lorsqu’elle retrouva sa connaissance, elle frémissait de la tête aux pieds, et elle expira. Pendant que l’on portait son corps en terre, le bienheureux Jean-Baptiste, son frère, lui commanda de quitter les ombres de la mort et de reparaître vivante. A l’instant, le corps s’agite, la tête se lève, la défunte est ressuscitée. Désormais, elle n’eut d’autre souci que de faire pénitence.

Au milieu de l’hiver, elle se plongeait dans les étangs glacés ; elle se jetait dans les flammes et y restait, malgré les plus cuisantes douleurs ; elle se roulait dans les épines jusqu’à rester tout en sang, il était devenue un objet de pitié pour ceux qui la connaissaient. Il disait que tout cela n’était rien comparé aux supplices des âmes du purgatoire. Enfin, purifiée par tant de souffrances, elle mourut et s’envola tout droit au ciel. Combien nous devrions trembler, nous, pécheurs, qui dormons dans la mer de nos iniquités ! Faisons donc pénitence! Multiplions nos bonnes oeuvres !



15e APPARITION





Le prophète Élisée fit voir la milice des anges envoyés à la défense d’un roi d’Israël. On a vu plus d’une fois des troupes de saints du paradis accourir protéger ceux qui les avaient délivrés du purgatoire. Un seigneur avait été fort adonné aux plaisirs, à la vanité, gaspillant ses richesses dans toutes les folies.

Un père Dominicain réussit à le convertir. Il donna son argent aux pauvres et aux prêtres pour que, tous les jours, ils disent la messe pour les âmes du purgatoire. Ses anciens serviteurs et amis, irrités contre lui, vont persuader à un puissant voisin de venir lui faire la guerre. Ce prince assemble ses soldats et les met sur un pied de guerre. Le seigneur converti, abandonné de ses anciens amis et serviteurs, s’enferma dans sa citadelle, avec une fort petite armée et implora Dieu, jour et nuit.

Or, un matin, du haut de ses murailles, il aperçut une brillante armée aux épées de feu, qui accourait à son secours.

Il va aussitôt vers ces amis inconnus, qui lui dirent de chasser toute crainte ; qu’ils venaient le défendre ; qu’ils étaient des âmes du purgatoire qu’il avait délivrées. Le bon seigneur, tout encouragé, après cette vision, attendit ses ennemis sans crainte. Ils arrivèrent peu de jours après ; mais, apercevant la céleste armée, ils furent bientôt si effrayés qu’ils s’enfuirent. Ce que l’on fait pour les défunts n’est jamais perdu. Secourons-les donc le plus possible. Nous nous en réjouirons quand nous serons, à notre tour, au purgatoire.



16e et 17e Apparitions





La bienheureuse Christine l’Admirable avait une très grande dévotion aux âmes du purgatoire. On ne pourrait croire les pénitences et les austérités qu’elle s’imposait pour elles. L’âme de cette sainte fut conduite, par les anges, dans le purgatoire, afin de voir les souffrances qu’on y endure. De là, elle fut ravie au ciel, où il lui fut offert de rester parmi les élus, ou de retourner sur la terre, afin d’y obtenir des mérites pour les âmes du purgatoire. Elle choisit de revenir souffrir ici-bas.

Elle ressuscita en présence de ceux qui l’ensevelissaient et commença aussitôt les pénitences les plus épouvantables. Ce n’était rien pour elle de passer des jours sans boire, ni manger ; de se rouler dans les épines, de déchirer son corps à coups de discipline, de se jeter dans des brasiers ardents, d’où elle ne sortait que par miracle ; de se plonger jusqu’au cou dans des étangs glacées, etc. Elle s’exposait aux roues des moulins, aux dents de fer des machines. Dieu permettait souvent aux âmes qu’elle délivrait, de lui apparaître et de la remercier.

Elles se montraient souvent par troupes entières.—–Louis, comte de Léon, apparut à Christine, et lui dit que si elle savait à quels terribles tourments il était condamné, elle aurait pitié de lui. Il la supplia de redoubler ses pénitences, afin de le délivrer. Elle s’adonna aux pénitences du feu, de l’eau glacée, etc. Elle continua ainsi jusqu’à ce que le défunt se montrât à elle environné de gloire. Il la remercia de l’avoir délivré de ses terribles tourments et monta dans les splendeurs de la gloire céleste. Pourquoi, nous aussi, ne ferions-nous pas pénitence pour les défunts ?

Nous en serions si bien récompensés!



18e APPARITION





Pendant les guerres de Charlemagne, un valeureux soldat avait longtemps guerroyé avec courage. Sa vie avait été celle d’un bon chrétien. Il fut atteint d’une maladie mortelle. H appela alors auprès de son lit un neveu orphelin, dont il s’était fait le père, et lui recommanda très instamment de vendre son cheval, dès après sa mort, et d’en employer le prix à faire dire des messes pour le repos de son âme. Le neveu le promit. Dès qu’il vit son oncle expiré, il amena cheval et harnais.

Cette bête était belle et elle lui plut beaucoup. Il commença à s’en servir, et, en étant encore plus satisfait, il ne pensait pas à s’en priver de sitôt. En retardant ainsi, de jour en jour, de semaine en semaine, de mois en mois, il oublia entièrement l’âme de son oncle.

Il y avait six mois que cela durait, lorsque, un matin, le défunt lui apparaît et lui dit qu’à cause de son infidélité, il lui a fallu endurer des supplices inexprimables dans le purgatoire ; mais que le bon Dieu, ayant eu pitié de lui, il sortait de cette horrible prison et montait au ciel. Mais que lui, par un juste jugement, ne tarderait pas à mourir et à aller dans le même feu, pour souffrir à sa place, autant de temps qu’il lui en restait à faire, si le souverain Juge n’avait eu pitié de lui.

Bien peu de temps après, ce jeune homme tomba malade ; il appela un prêtre, se confessa avec larmes et raconta sa vision. Il avait à peine fini, qu’il expira. Comprenons combien une telle ingratitude déplaît au Seigneur et avec quelle sévérité il punit les enfants ou les parents ingrats envers leurs défunts.



19e APPARITION





Augustin reprit fortement un chrétien de son temps, qui enseignait que le purgatoire n’était pas à redouter. Le saint lui dit que personne ne devait parler ainsi, parce que le feu du purgatoire était plus affreux que tous les tourments d’ici-bas. Voici un trait qui prouve cette vérité. Deux religieux montraient le plus grand zèle pour leur sanctification. L’un d’eux ne tarda pas à tomber malade.

Un ange lui apparut et lui annonça qu’il allait mourir sans retard, et qu’il resterait en purgatoire jusqu’à ce qu’on eût dit une messe pour lui, après laquelle il s’envolerait au ciel. Cette nouvelle le combla de joie. Appelant à l’instant son ami, il lui annonça sa mort prochaine, le court séjour qu’il ferait en purgatoire, et il le conjura de dire cette messe le plus tôt possible.

Cet ami le promit, et il fut fidèle à sa promesse ; car, la mort étant survenue le lendemain matin, il monta aussitôt au saint autel. La messe était à peine achevée, que, pendant son action de grâce, il voit apparaître son ami rayonnant de bonheur ; mais avec un reste de chagrin: “ Mon frère, lui dit le défunt, où donc est votre foi ? Qu’avez-vous fait de votre promesse ?

Vous mériteriez que Dieu n’eût pas beaucoup pitié de vous ! Ne m’avez-vous pas laissé en purgatoire plus d’une année, sans dire votre messe ? — En vérité, vous me surprenez ! s’écria le religieux. J’ai tenu si exactement ma promesse, que je viens seulement de déposer mes ornements sacerdotaux. Il n’y a à peine que quelques heures que vous avez quittées la terre et votre corps n’est pas encore enseveli. ”

Alors, l’âme, le regardant avec un douloureux soupir, s’écria : “ Oh ! quelles sont épouvantables les souffrances du purgatoire ! Je vole au ciel, où je supplierai Dieu de vous rendre ce que vous venez de faire pour moi. ” Saint Augustin dit que les peines que l’on endure au purgatoire, dans le temps d’un simple clin d’oeil, sont pires que celles du plus douloureux martyre. Faisons toujours notre possible pour ne pas y aller.



20e et 21e Apparitions





On lit dans les révélations de sainte Brigitte, qui méritent d’être crues, que cette bienheureuse assista au jugement et à la condamnation d’un soldat,  qui venait de mourir. Cette âme fut présentée au souverain Juge ayant à sa droite son Ange Gardien pour avocat, et, à sa gauche, le démon pour accusateur.

Le démon l’accusait de trois crimes : le premier, d’avoir péché par les yeux, en les arrêtant sur des objets défendus, qui remplissaient son coeur de mauvais désirs; le deuxième, d’avoir péché par la langue, en prononçant des discours impurs, des serments et des malédictions ; le troisième, d’avoir fait toute espèce d’actions impures et des vols.

L’ange prit sa défense et rappela ses actes de vertu, ses ferventes prières, ses aumônes, jeûnes et mortifications. Il ajouta spécialement, qu’au moment de la mort, il avait bien prié la très sainte Vierge et qu’elle lui avait fait produire des actes d’une vraie contrition.

Après ce double plaidoyer, le Juge souverain prononça que l’accusé échapperait à l’enfer ; mais qu’il souffrirait un long et rigoureux purgatoire. La peine des yeux sera de contempler des objets affreux ; celle de la langue, d’être percée de mille pointes et tourmentée par la soif la plus ardente ; celle du reste du corps, d’être plongé dans un océan de feu.

A ce moment, parut la Mère des miséricordes, pour demander à son divin Fils un adoucissement à tant de maux. Le Sauveur, touché de cette intervention de sa divine Mère, consentit à adoucir la sentence, et ajouta que pour l’adoucir encore, il faudrait les prières, aumônes et pénitences des fidèles de la terre. La seconde vision fut celle d’une jeune fille fort distinguée, qui souffrait horriblement et poussait de grands cris.

Elle reprochait à sa mère de l’avoir laissée se livrer à trop de délicatesses, de vanités et de dépenses ; de l’avoir conduite aux théâtres, aux festins, aux réunions mondaines, bien que cette mère lui conseillât, de temps en temps, des actes de vertu et plusieurs dévotions utiles. Elle proclamait, du milieu de ses souffrances, qu’elle devait une grande reconnaissance au bon Dieu, qui n’avait pas permis qu’elle allât en enfer, qu’elle méritait si bien par tant de fautes. Avant de mourir, touchée de repentir, elle s’était confessée, puis avait rendu le dernier soupir.

*’ J’ai été délivrée de l’enfer, s’écria-t-elle ; mais précipitée dans les plus horribles tourments du purgatoire. Maintenant, ma tête, qui se plaisait aux parures de la vanité, est dévorée au dedans et en dehors, par le feu le plus ardent.

Mes épaules et mes bras, que j’aimais à laisser nus, sont chargés de grosses chaînes rouges ; mes pieds, que j’ai ornés pour les danses, sont entourés de serpents et de vipères qui ne cessent de les mordre. Tous mes membres, que je chargeai tant de fois de colliers, de bracelets, de fleurs, de joyaux de toutes sortes, sont torturés en même temps par le feu le plus ardent et le froid le plus rigoureux. ”

Sainte Brigitte raconta tout cela à la cousine de cette défunte, qui s’abandonnait elle-même aux frivolités du monde. Elle se convertit aussitôt et n’eut plus de bonheur que dans les pénitences, les jeûnes et la prière, pour expier ses nombreuses fautes et celles de sa défunte cousine. Faisons pénitence, nous aussi, pour expier nos péchés.



22e APPARITION





Des âmes, délivrées par saint Nicolas de Tolentino lui apparaissaient souvent pour le remercier, Pour les âmes du purgatoire, il était très dévoué jeûnait souvent au pain et à l’eau, se donnait de sanglantes disciplines, portait autour du corps une ceinture de fer garnie de pointes, etc. Il offrait surtout le saint sacrifice de la messe pour elles. Une nuit, il vit une âme malheureuse, qui le pria de dire la messe pour elle, et pour quelques autres âmes qui souffraient horriblement en purgatoire.

Nicolas reconnaissait la voix de l’âme suppliante, mais ne se rappelait pas qui elle était ; il lui demanda donc son nom. Elle lui répondit qu’elle était l’âme de son défunt ami, le frère Pellégrino d’Osima “ J’ai pu, dit-elle, échapper aux châtiments éternels ; mais non pas aux terribles feux du purgatoire. Je viens, au nom de beaucoup d’âmes malheureuses comme moi, vous supplier de dire, demain, la messe pour nous.

Nous espérons que, par cette messe, nous serons délivrées de nos tourments.

” Le saint répondit qu’il ne pourrait pas dire cette messe le lendemain, parce que c’était à lui de chanter la messe du couvent. Alors cette âme, gémissant et pleurant, l’invita à aller contempler leurs inexprimables souffrances. Aussitôt, il sembla au saint qu’il était transporté dans une plaine immense, où il aperçut une grande multitude d’âmes livrées à des tortures épouvantables et de toute espèce. Du geste et de la voix, elles imploraient tristement son assistance.

Le serviteur de Dieu, à ce spectacle trois fois lamentable, se mit aussitôt à genoux et pria avec grande ferveur pour tant de pauvres infortunés. Il raconta cette vision à son supérieur, qui lui permit de dire la messe des morts ce dimanche-là, et durant toute la semaine. Nicolas dit sa messe dès le matin, et il passa tous les jours et toutes les nuits de la semaine entière en prières, pénitences, et bonnes oeuvres, malgré le démon, qui lui apparut visiblement plusieurs fois, pour le troubler dans ces saints exercices.

Alors, il revit l’âme du frère Pellégrino, environnée d’une splendeur toute céleste, accompagnée d’une multitude d’âmes bienheureuses. Toutes ensemble, elles lui rendirent grâce et l’appelèrent leur libérateur, puis elles s’envolèrent au ciel. Soyons, nous aussi, les bienfaiteurs des défunts.


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Re: Qu'est ce que les âmes du Purgatoire ont à nous dire?

Message par Marie du 65 le Dim 29 Jan - 9:25


Partie (4)
     



23e APPARITION

Ceux qui ont eu le malheur de donner du scandale, durant leur vie, souffrent beaucoup en purgatoire, s’ils ne vont pas en enfer. Il est bien douloureux de souffrir pour ses propres fautes ; mais on est bien plus durement traité pour celles qu’on a fait commettre aux autres. Or, combien d’âmes souffrent, en purgatoire, à cause de leurs scandales. Un peintre, fort estimé poux sa vie pieuse, était à peindre un tableau dans l’une des maisons des Carmes, lorsqu’il y mourut.



Peu de jours après sa mort» il apparut à un religieux, tout éploré et se débattant au milieu des flammes, et le conjura d’avoir pitié de lui dans ses insupportables tourments. Le religieux lui demanda comment il pouvait être puni ainsi, lui qui avait vécu si pieusement ? Il lui répondit que, dès qu’il avait rendu son âme, il avait été conduit au tribunal du Juge suprême, et avait vu plusieurs personnes se plaindre d’avoir eu des mauvaises pensées et succombé à des désirs impurs, en contemplant une image immodeste, qu’il avait faite ; ce qui les avait fait condamner à un terrible purgatoire, en expiation des restes de ces péchés.



D’autres, ce qui était bien pis, gémissaient en enfer, dans d’éternels supplices, à cette même occasion. Tous ces malheureux déclaraient qu’il était au moins digne des mêmes supplices, pour leur avoir fourni cette pierre de scandale, contre laquelle ils s’étaient brisés.



Alors, vinrent du ciel, plusieurs saints, qui prirent sa défense, en expliquant que cette image mauvaise était une oeuvre de jeunesse, expiée par la pénitence et par une foule d’autres saintes images, qu’il avait peintes à la gloire de Dieu et des saints. Ces saints du ciel étaient ceux qu’il avait honorés. Ils sollicitaient son pardon en considération aussi des aumônes qu’il avait faites.

Le souverain Juge, touché de leurs prières, l’avait exempté de l’enfer ; mais l’avait condamné au purgatoire, jusqu’à ce que cette mauvaise image fût réduite en cendre, de manière à ne plus scandaliser personne. Il conjura le religieux d’aller prier la personne qui avait cette image de la brûler au plus tôt, puisqu’il fallait que cet instrument de péchés fût détruit.



“En lui disant dans quel triste état je suis, il ne me refusera pas cette grâce. En foi de ce que je vous suis apparu et que tout ceci n’est pas une illusion, dites-lui, qu’avant peu, il perdra deux de ses enfants, comme punition pour avoir gardé si longtemps cette image, et que s’il refuse de l’anéantir, il ne tardera pas lui-même à perdre la vie, par une mort prématurée.” En apprenant ces choses, le possesseur de cette image la saisit et la jeta au feu.



En moins d’un, mois, il vit mourir ses deux enfants, et fît une rude pénitence de la faute qu’il avait commise. Pour la réparer, il fit peindre de belles et pieuses images des saints, qu’il désirait avoir pour protecteurs au ciel. Ne regardons jamais de mauvaises images, n’en gardons jamais, puisque cela attire de si cruels châtiments, en enfer ou en purgatoire.

24e et 25e Apparitions





Il ne faut pas nous imaginer que les grandes fautes seules nous conduisent en purgatoire ni que nous en sortons facilement, si nous n’avons pas évité le mal. Même les moindres imperfections des saints seront punies par le feu, si elles n’ont pas été expiées ici-bas. Saint Séverin, archevêque de Cologne, qui avait fait bien des miracles pendant sa vie, se fit voir, après sa mort, à l’un des prêtres de sa cathédrale, pour réclamer le secours de ses prières, parce qu’il avait été condamné au purgatoire. “ Et, comment cela se peut-il ?

S’écria le prêtre. Vous si pieux, si zélé, qui avez accompli tant de bien ! — Ah ! répondit le prélat, Dieu m’a fait la grâce de le servir de tout mon cœur et de travailler longtemps à sa gloire et au bien des âmes ; mais je l’ai offensé par la manière pressée dont je récitais mon bréviaire.

Maintenant, j’expie ces fautes, et le ciel me permet de venir réclamer vos prières. ” C’est saint Pierre Damien qui rapporte ce fait. Durand, évêque de Toulouse, nous offre un autre exemple du même genre. Il était très pieux, très mortifié, très zélé pour son avancement dans la vertu ; cependant, il avait le défaut de veiller trop peu sur sa langue. Lorsqu’il était simple religieux, il se livrait volontiers à une excessive gaîté dans les conversations, disant des plaisanteries, des bons mots, des histoires amusantes qui prêtaient à rire.



Son supérieur l’avertit plusieurs fois que ces jovialités ne convenaient pas dans la bouche d’un prêtre, et que s’il ne se corrigeait pas, il serait puni en purgatoire. Durand attacha peu d’importance à ces avis, et continua, même étant évêque, à aimer le mot pour rire. Lorsque le prélat fut mort, il apparut à un religieux de ses amis, le Père Séguin, et le chargea de prier le supérieur d’intercéder pour lui.

Celui-ci assembla les religieux, et leur demanda de s’imposer un rigoureux silence, pendant une semaine, pour le repos de cette âme. Ils y consentirent. Cependant, l’un d’eux laissa échapper quelques paroles. Le défunt apparut et annonça que le religieux qui avait parlé lui faisait perdre le mérite du silence de tous les autres.



On recommença donc une autre semaine, avec beaucoup de prières. A peine était-elle achevée, que Durand se fit voir, revêtu de ses ornements d’évêque, la joie peinte sur le visage. Il remercia tout le couvent et annonça que Dieu le recevait à l’instant même en paradis. Veillons donc sur notre langue avec beaucoup de soin. Défions-nous-en ; car elle peut être enflammée du feu de l’enfer.

26e APPARITION







Il paraîtrait que la rose est utile à notre santé. Le Rosaire vaut encore mieux pour la santé de notre âme. Il procure un grand bonheur spirituel à ceux qui y sont dévots, et est très profitable pour les guérir du péché et les exempter des châtiments qu’ils méritent ici-bas ou en purgatoire.



Dans le royaume d’Aragon, une jeune fille appelée Alexandra, assistant aux prédications de saint Dominique, entra dans la confrérie du saint Rosaire. Mais, livrée à la vanité, elle négligeait souvent de réciter son chapelet, préférant passer des heures au miroir et aux conversations inutiles. Comme elle était belle, plusieurs jeunes gens commencèrent à l’entourer de leurs hommages. Il y en avait deux surtouts, qui se montraient plus ardents à sa poursuite et qui finirent par se battre en duel à cause d’elle. La jeune fille fut présente à ce combat, pour décider quel serait le vainqueur.

Au signal donné, ces deux hommes, armés d’une longue lance, se précipitèrent l’un contre l’autre, avec tant de fureur, qu’ils tombèrent tous deux à la renverse, mortellement blessés, et ne tardèrent pas à expirer.

Ce fut un sujet de vive douleur pour les familles de ces jeunes gens. Unissant leur colère contre celle qui avait été la cause de ce double malheur, elles se jetèrent sur elle, et la battirent jusqu’à compromettre sa vie.

Baignant dans son sang, l’infortunée demandait grâce, et suppliait qu’on la laissât au moins se confesser ; mais ces furieux, s’animant de plus en plus, l’achevèrent en lui coupant la tête d’un coup de sabre ; après quoi, afin d’échapper à la justice, ils jetèrent le cadavre dans un puits, et se sauvèrent.



Cependant, la divine Mère de Dieu voulut récompenser les quelques actes de piété que la pauvre morte avait faits envers elle; elle fit connaître à saint Dominique, qui se trouvait dans une autre ville, tous les détails de ce crime. Au bout de quelques jours, le saint vint au bord du puits, et, après avoir fait une prière, il appela la jeune fille. A l’instant, la tête de la morte se colla à son corps, et elle sortit vivante du puits, toute couverte de blessures et de sang ; elle se jeta aux pieds du serviteur de Dieu, et fit sa confession générale, avec beaucoup de larmes, en bénissant le Seigneur de ce si grand bienfait.

Elle vécut encore deux jours, afin de pouvoir réciter un bon nombre de rosaires, qui lui avaient été imposés pour pénitence. On vint la voir de tous côtés, et elle ne cessait de prêcher la dévotion à Marie, qui l’avait sauvée de l’enfer. Interrogée par saint Dominique, sur ce qui lui était arrivé, après sa mort, elle raconta trois choses bien mémorables. La première, que, par les mérites de la confrérie du Rosaire, elle avait eu la contrition parfaite au moment d’expirer, sans quoi, elle eût été damnée.



La deuxième, que, quand on lui tranchait la tête, elle s’était vue entourée d’une troupe de démons hideux, qui voulaient l’emporter en enfer, lorsque Marie était accourue à son aide et l’avait délivrée. La troisième, qu’elle avait été condamnée à deux cents ans de purgatoire, pour avoir causé la mort des deux jeunes gens ; en outre, à cause de ses parures vaines et immodestes, qui avaient été une cause de péché pour beaucoup, elle avait à endurer encore cinq cents autres années de souffrances les plus atroces. “ Mais j’espère, ajouta-t-elle, que les membres de la confrérie du Rosaire, auxquels je m’étais associée, pour honorer Marie, prieront pour moi, et que ces huit cents ans seront abrégés.



Elle mourut de nouveau dans les sentiments de la plus édifiante piété. Saint Dominique fit tant de pénitences, de prières, d’aumônes, de jeûnes, et en fit faire à tant de personnes, qu’au bout de quinze jours, la défunte apparut au saint tout éclatante de lumière, et le remercia avec effusion. Elle ajouta que les âmes du purgatoire lui faisaient dire, par elle, de prêcher sans cesse la dévotion au Rosaire, qui leur procurait tant de soulagement. (< Que les confrères du Rosaire, dit-elle, appliquent à ces pauvres âmes les indulgences de cette dévotion ; ils n’y perdront rien ; car ces âmes intercéderont pour eux, à leur tour.



Les anges se réjouissent de la dévotion du Rosaire, et la Reine du ciel est la tendre mère de tous ceux qui la pratiquent ”. Saint Dominique, ravi de cette révélation, travailla avec un redoublement de zèle à faire réciter le chapelet. Récitons-le nous-mêmes avec ferveur, et nous ne verrons qu’à la mort toutes les grâces et bénédictions que cette dévotion nous aura valus.

27e APPARITION




Judas Machabée ne manquait jamais, dans ses combats, d’invoquer le secours du ciel, et il mérita d’être défendu visiblement par les anges. Un simple soldat, pieux, régulier dans ses devoirs envers Dieu, s’était fait une règle de ne jamais passer près d’un cimetière sans s’arrêter quelques instants afin de prier pour les morts qui y étaient enterrés. Or, un jour qu’il se promenait seul et sans armes, dans un temps de guerre, quelques ennemis se mirent à sa poursuite. Il s’enfuit de toutes ses forces devant ces furieux.



Il arriva près d’un mur, et, d’un saut hardi, il se lança de l’autre côté. Il allait reprendre sa course lorsqu’il s’aperçut qu’il était au milieu des tombes, dans un cimetière. Il voulut prier pour ces défunts ; mais comment faire ? S’il s’arrêtait un seul moment pour prier, ses ennemis le tueraient. Cependant, il lui sembla que la protection de Dieu valait mieux que la vitesse de ses jambes, et, à tout risque, il se mit à genoux et récita le De profundis. Le Seigneur ne permit point que cette confiance lui causât malheur.

Les ennemis l’avaient suivi ; eux aussi avaient escaladé la muraille et cherchaient des yeux leur victime. Ils l’aperçurent, prosterné et priant avec ferveur. Aussitôt, ils s’approchent sans bruit pour le tuer. Ne comprenant pas ce qu’il pouvait faire dans un tel danger, ils s’imaginèrent que la frayeur lui avait enlevé ses forces, ou qu’il était devenu fou.

A l’instant où ils tiraient leur épée, ils aperçurent un escadron de militaires, qui protégeaient le soldat en prière, et se sauvèrent à leur tour, frappés de terreur. Sa prière achevée, le soldat se leva avec précipitation ; mais ne vit personne. Il se remit en route, ne comprenant pas pour quel motif ses ennemis s’étaient enfuis. Quelque temps après, la paix s’établit entre les deux camps ennemis. Alors, ses assaillants lui demandèrent quelle était la troupe inconnue qui l’avait si bien protégé, pendant qu’il priait dans le cimetière. Il ne savait que répondre, n’ayant eu connaissance de rien.

II raconta qu’il avait dit sa prière ordinaire pour les morts, malgré le danger qui le pressait, et personne ne douta que, pour le récompenser, les âmes du purgatoire ne fussent accourues à son secours, par une permission du bon Dieu, et pour récompenser sa dévotion. Le bruit s’en répandit partout et chacun en prit un nouveau motif de prier pour ces âmes, si dignes de pitié, et si reconnaissantes de ce qu’on fait pour elles. Imitons ce soldat.

28e APPARITION





La sainte communion procure à Dieu une très grande gloire et secourt admirablement les âmes du purgatoire.

Le vénérable Louis de Blois rapporte dans un de ses livres, qu’un dévot serviteur de Dieu fut visité par une âme du purgatoire, qui lui fit voir tout ce qu’elle souffrait. Elle était punie pour avoir reçu la sainte communion avec tiédeur. En punition, Dieu lui avait ménagé le supplice d’un feu dévorant, qui la consumait. “ Je vous conjure donc, dit-elle, vous qui avez été mon ami, de communier pour moi avec toute la ferveur dont vous êtes capable ; j’espère que cela suffira pour ma délivrance ”. Celui-ci s’empressa de le faire. L’âme lui apparut de nouveau, brillante d’un incomparable éclat, heureuse et pleine de reconnaissance.

“ Enfin, lui dit-elle, grâce à vous, je vois donc face à face mon adorable Maître,” et elle s’envola au ciel. Saint Bonaventure dit que la charité devrait nous porter à communier pour les défunts, parce qu’il n’y a rien de plus efficace pour leur repos éternel. Prions donc sans cesse pour eux et ils nous rendront au centuple le bien que nous leur aurons fait.

29e APPARITION





Il arriva un fait merveilleux à la bienheureuse Jeanne de la Croix, religieuse de l’ordre de Saint- François. Les anges lui apportèrent une hostie consacrée, afin qu’elle communiât pour- la délivrance d’une âme, autrefois pleine de dévotion envers l’auguste Sacrement. Pendant l’une de ses prières, cette sainte fut ravie en extase, et resta quelque temps en cet état. Une religieuse, étant entrée dans sa chambre, la tira de ce ravissement, par le bruit qu’elle fit en dérangeant un meuble. “ Retirez-vous, lui dit vivement Jeanne, et faites bien attention de ne pas toucher à l’objet précieux qui est là, sur ce linge ; car c’est le divin Sacrement, apporté ici par les anges.•

Et, comment cela peut-il être, demanda la soeur étonnée.” Jeanne lui fit part de ce qui était arrivé, lui en demandant le secret. Un pécheur endurci, qui avait toujours vécu dans le péché, et qui venait d’être condamné au feu de l’enfer, était mort avec le saint viatique dans la bouche ; on avait cru, en le lui donnant, à une conversion trompeuse. “ Les anges, ajouta la sainte, n’ont pu souffrir une telle profanation, ni que la divine hostie restât dans cette bouche impure, et ils me l’ont apportée.

De plus, ils m’ont ordonné de communier demain matin, en faveur d’une âme du purgatoire qui eut une grande dévotion pour l’Eucharistie. Ce sont ces mêmes anges qui m’ont tirée de mon extase à votre arrivée, afin que je vous prévinsse de ne pas toucher un objet si sacré ”. Elle communia, en effet, à cette intention, dans les sentiments de la piété la plus ardente et elle fut assurée que l’âme, pour laquelle elle avait fait cette sainte action, était montée au ciel. Prions donc beaucoup, communions très souvent pour les pauvres âmes du purgatoire. Si nous connaissions mieux la valeur de ces saintes pratiques, nous n’aurions pas besoin d’y être encouragés.

30e APPARITION





En plusieurs endroits de la Sainte-Écriture, on lit que le bon Dieu s’est servi des morts pour instruire les ignorants, secourir les nécessiteux, ramener les pécheurs à l’observation des commandements. Saint Gothard, évêque d’Hildesheim, en Hanovre, avait dans sa ville plusieurs hommes couverts de crimes et de scandales. Il essaya, par les meilleurs moyens, de les convertir, mais en vain, en sorte qu’il fut contraint de les excommunier.

Ces malheureux n’en tinrent point compte. Par cette sentence, l’entrée de l’église leur était interdite; mais, dès le lendemain, au moment où l’évêque montait à l’autel, les plus osés d’entre eux entrèrent dans l’église. Gothard se tourna vers eux et prononça, à haute voix, ces paroles : “ J’ordonne, au nom du Saint-Esprit, à tous ceux qui sont excommuniés, de quitter immédiatement ce saint lieu, qu’ils profanent ”.

Les impies ne bougèrent pas, au scandale des fidèles. Mais, tout à coup, plusieurs des tombeaux qui étaient dans l’église, s’ouvrent et on en voit sortir plusieurs défunts, qui se dirigent vers la porte, comme si cet ordre leur était adressé. A cette vue, les criminels s’enfuirent, épouvantés de cette leçon miraculeuse. Il y avait, en effet, parmi les défunts enterrés dans l’église, plusieurs excommuniés, qui avaient été déposés dans ce lieu saint, parce qu’on ignorait leur état. Ils n’avaient pas été damnés cependant, parce qu’en expirant, leur contrition parfaite les avait réconciliés avec le bon Dieu.



Le saint prélat demeura lui-même tout surpris de ce prodige, et, dès que sa messe fut achevée, il sortit pour s’assurer de tout. Les morts ressuscités l’attendaient à la porte de l’église, dans la posture la plus humble. Alors le pontife, s’adressant à eux, en présence de la foule des fidèles, les loua de ce qu’ils faisaient, avec la permission de Dieu. “

Par l’autorité que j’ai reçue de Notre-Seigneur, je vous relève de l’excommunication que vous aviez encourue, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, afin que cette censure ne soit plus un empêchement à votre entrée au ciel. Que vos corps retournent en paix dans leur tombeau, pour y attendre le dernier jugement.”

Les morts, qui s’étaient agenouillés, les mains jointes et la tête inclinée, se relevèrent aussitôt, et rentrèrent dans leurs sépulcres. Il est donc bien important d’obéir à l’Église et d’observer ses lois.

Faisons-le toujours avec une scrupuleuse fidélité.

31e APPARITION





Saint Jean Chrysostome proclame la bonté et l’efficacité des prières des communautés ferventes. Les yeux du Seigneur sont ouverts sur les justes et ses oreilles sont attentives à leurs prières. Notre-Seigneur a dit qu’il serait au milieu de ceux qui seraient assemblés pour prier. Un homme fort riche étant mort, son fils se rendit aussitôt chez les Chartreux. Il présenta au prieur une grosse somme d’argent, en lui demandant de faire prier sa communauté pour le défunt. A l’instant, les religieux se rendirent à la chapelle et récitèrent le simple Reqiiiescat in pace, puis ils se retirèrent dans leur cellule.

Le jeune homme s’approcha du prieur, et lui dit, d’un ton respectueux : “ Est-ce tout, que ces trois ou quatre mots, pour l’âme de mon père, lorsque j’ai été si généreux envers la communauté ?  Prétendriez-vous, mon ami, peser dans la même balance votre or et les prières de mes religieux, si courtes soient-elles?—Non, mon père, répondit-il; cependant, je trouve que ces quelques paroles sont bien peu et que j’ai fait davantage pour le monastère.—



Je vois que vous doutez encore. Attendez un instant : vous allez voir votre erreur.” Il fit écrire, sur un petit morceau de papier, par tous les religieux, le Requiescat in pace et mit ces petits papiers sur un plateau d’une balance et l’or du jeune homme, sur l’autre. O merveille ! Les papiers emportèrent la somme d’or, comme si elle eut été une plume. A cette vue, tous les assistants firent le signe de la croix, et bénirent le bon Dieu de leur faire voir ainsi le prix même de la plus courte prière, dans la bouche de ses serviteurs.

Le jeune homme, dans l’admiration, et les yeux pleins de larmes, demanda pardon de son peu de foi. Il fit tailler une pierre, sur laquelle fut gravé le Requiescat iti pace, et il la plaça sur la tombe de son père. Si nous voulions, nous-mêmes, comprendre la valeur de la prière, combien nous serions heureux d’en faire de plus en plus, et quelle gloire nous nous

Préparerions ainsi pour le ciel !

32e APPARITION





A Récaneti, petite ville d’Italie, une pieuse dame avait deux fils, pour lesquels elle priait souvent le bienheureux Luchésio, franciscain. De plus, elle leur avait inspiré une grande dévotion pour lui. Ils grandissaient en vertu comme en âge, lorsqu’une question d’argent mit la discorde entre eux. Ils en vinrent à des voies de fait : l’un donna un soufflet à l’autre, qui lui perça aussitôt la poitrine d’un coup d’épée.

Ceci se passait en 1542. Après cet assassinat, le meurtrier prit la fuite ; mais pas assez promptement pour échapper aux mains de la justice, qui s’empara de lui, le jugea et le condamna à un affreux supplice. Il fut attaché au corps de son frère et on l’enterra vivant avec lui, durant la nuit, dans le cimetière des Frères-Mineurs, sans que ni ces religieux, ni le public n’en fussent avertis.

Le lendemain, dès le matin, des enfants, qui jouaient près de la tombe, s’aperçurent que la terre tremblait sous leurs pieds, que tantôt elle s’abaissait et tantôt se relevait légèrement. Effrayés, ils se mirent à pousser des cris et à appeler les religieux. Ils viennent au bruit et voient eux-mêmes ces mouvements. Alors, ils se décident à creuser la terre à cet endroit. Quelques soupirs étouffés, qui arrivent à leurs oreilles, dès les premiers coups de bêche, les encouragent ; ils parviennent à une couche de terre d’où une voix les supplie distinctement d’aller avec précaution.

Enfin, ils trouvent les deux frères, encore attachés l’un à l’autre. On comprend la stupéfaction des assistants. Le bruit de ce prodige fit bientôt le tour de Récaneti. Le gouverneur, la noblesse, l’évêque, les prêtres, le peuple étaient accourus. On se demandait quel miracle s’était opéré. On interrogea les deux jeunes hommes, et le premier qui répondit fut celui qui avait été tué. “

Lorsque je me suis senti mortellement frappé, dit-il, j’ai pardonné à mon frère et me suis recommandé à Dieu d’abord, puis au bienheureux Luchésio, pour lequel ma mère m’avait inspiré une tendre dévotion, dès ma jeunesse. Et ce saint, non seulement m’a assisté dans ma terrible mort ; mais il m’a obtenu d’être délivré du purgatoire, et d’être renvoyé dans mon corps* pour faire pénitence —

Quant à moi, dit le meurtrier, me voyant attaché au corps de mon frère et destiné à mourir ainsi, je me suis également recommandé au bienheureux Luchésio, et, excitant dans mon coeur les sentiments de la plus vive contrition, j’ai fait voeu d’entrer, comme lui, dans l’ordre de Saint-François, s’il me conservait la vie.” Leur mère aussi était venue l’une des premières.

Elle fondait en larmes, sans pouvoir prononcer une parole. Dès qu’elle put parler, elle raconta comment elle avait imploré le bienheureux Luchésio, à qui elle avait consacré ses deux fils, dès leur naissance, le suppliant de ne pas permettre qu’ils périssent éternellement, et que ce saint avait fait encore mieux, en les lui rendant. Le ressuscité se rendit à la maison de sa mère, et y vécut toujours dans la pratique de toutes les vertus.

L’autre entra comme religieux, au couvent des Franciscains, où il devint le modèle de toute la communauté. Si l’on comprenait tous les avantages de la dévotion aux saints, avec quelle ferveur on la pratiquerait de plus en plus. Commençons cette dévotion avec courage ; plus nous la pratiquerons, plus nous aimerons à le faire et plus nous en retirerons de profits spirituels.

33e APPARITION





Ceux qui aiment assez peu le bon Dieu pour ne vouloir se convertir qu’à la fin de la vie se préparent, au moins, un très douloureux purgatoire. Ils n’obtiendront leur pardon qu’à ce terrible prix. Le père Jean Corneille, s.j., avait un dévouement sincère pour les âmes des défunts II avait un grand nombre de pratiques quotidiennes destinées à lui rappeler leur souvenir.

Outre ses fréquentes prières, il offrait pour elles le saint sacrifice de la messe quatre fois par semaine. Or, pour lui faire connaître le grand soulagement qu’il leur procurait, Dieu permit à plusieurs de ces âmes de lui apparaître, soit pour le remercier, soit pour solliciter ses suffrages. L’apparition du baron Sturton est restée fort connue, parmi les fidèles d’Angleterre, et elle leur fut une leçon précieuse. Dorothée Arundell en fut témoin et elle l’a racontée dans un petit écrit ainsi conçu: “Un jour, ma mère pria le Père Corneille d’offrir le saint sacrifice pour son premier mari, le baron Jean Sturton.

Il le voulut bien, et à l’autel, il resta longtemps en prière. La messe terminée, il raconta qu’il avait eu une vision : Devant lui s’étendait une forêt immense qui n’était que feu et que flammes, et au milieu, s’agitait le baron, poussant des cris lamentables, pleurant, s’accusant de la mauvaise vie qu’il avait menée pendant plusieurs années ; surtout il s’accusait d’avoir été l’un des quarante-sept, que l’impie reine Élisabeth avait choisis pour condamner à mort l’innocente reine d’Écosse, Marie Stuart. Après tous ces aveux, le baron s’était écrié : “Pitié ! pitié pour moi ! vous du moins qui êtes mes amis ; car la main du Seigneur m’a frappé.” Et il disparut.

Le père pleurait beaucoup en racontant cette vision, et toute la famille du baron, au nombre de vingt-quatre personnes, mêlait ses larmes aux siennes. Le servant de messe,— qui fut un de ceux que la reine Élisabeth fit mourir, avec le père Corneille, en haine de la foi catholique,— ainsi que moi-même, aussi bien que tous ceux qui assistaient au divin sacrifice, nous aperçûmes, au même instant où le père avait sa vision, comme un reflet de charbons ardents, sur le mur auquel était adossé l’autel.”

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Pour comprendre la raison de ces tourments, il est bon de se rappeler ce qu’a écrit le Père Guillaume Westen, s. j. qui se trouvait à Londres à la mort du baron : “ Ce gentilhomme, a-t-il écrit, était un de ceux qui cachaient un prêtre catholique dans leur maison, au prix des plus grands dangers, et vivaient en protestants, se réservant de mettre ordre à leur conscience au moment de la mort. Mais, surpris par un accident, il n’avait pas eu le temps de se confesser. Cependant, Dieu, dans sa miséricorde et pour le récompenser d’avoir longtemps caché le prêtre, lui avait inspiré la contrition parfaite, et l’avait ainsi sauvé de l’enfer ; mais lui laissait un long et cruel purgatoire.” Secourons les pauvres défunts et nous ne perdrons pas notre récompense. Quelle folie aussi que de remettre sa conversion à la mort ! Ne soyons pas assez mal avisés pour exposer ainsi notre salut.