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Récit sur les traces des Chrétiens martyrs du Moyen-Orient

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Récit sur les traces des Chrétiens martyrs du Moyen-Orient

Message par Marie du 65 le Mer 7 Déc 2016 - 19:17

Récit. Sur les traces des chrétiens martyrs du Moyen-Orient
De Beyrouth à Qaraqosh en passant par Damas, Homs, Bagdad...



Aleteia vous emmène à la rencontre des chrétiens persécutés du Moyen-Orient. Cet itinéraire vous conduira de Beyrouth à Damas, de Damas à Mhardeh, petit village chrétien noyé sous les obus d’Al-Nosra. À Homs aussi, où la guerre civile syrienne a débuté et à Palmyre, la perle du désert syrien. En Irak, de Bagdad à Erbil où les camps de réfugiés les abritent toujours. À Qaraqosh la ville fantôme, Al-Qosh la miraculée et même jusqu’à Mangesh, aux confins du Kurdistan. Aleteia vous donne rendez-vous tout au long de l’Avent, pour découvrir le récit exceptionnel de cette aventure sur les traces des chrétiens martyrs plongés dans une guerre qui n’en finit plus.Beyrouth, l’indomptable

Comme chaque lundi, à 9 heures précises, un Boeing 777-300 s’arrache du tarmac de l’aéroport Charles de Gaulle et met le cap sur la rive orientale de la Méditerranée. Le vol ME206 de la Middle East Airlines, qui s’élève rapidement dans le ciel gris et pâle, relie Paris à Beyrouth en 4h10. Trois Français terminent leur nuit dans le gros porteur à moitié vide. Camille, Yann et Alexandre entament un itinéraire de 9 850 kilomètres qui les conduira vers les plus beaux vestiges de l’histoire antique, à la rencontre de communautés entières menacées d’éradication, marchant aux côtés d’hommes et de femmes luttant pour leur survie.


Source: ALETEIA
http://fr.aleteia.org/2016/12/06/recit-sur-les-traces-des-chretiens-martyrs-du-moyen-orient/?utm_campaign=NL_fr&utm_source=daily_newsletter&utm_medium=mail&utm_content=NL_fr
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Re: Récit sur les traces des Chrétiens martyrs du Moyen-Orient

Message par Marie du 65 le Mer 7 Déc 2016 - 19:38

.../...Suite



Récit. Damas attend son réveil
De Beyrouth à Qaraqosh sur les traces des chrétiens martyrs du Moyen-Orient.


Damas, merveille de l’Orient, plus ancienne cité du monde, tu es à nous. Les nombreux checkpoints qui barrent les artères et l’état de siège qu’ils imposent n’ont pas douché notre enthousiasme. Toutefois, l’euphorie s’estompe à mesure que les portraits du président s’impriment sur nos rétines. Tous les 100 mètres, Bachar el-Assad prend la pose : Bachar en uniforme, Bachar en civil, Bachar qui salue de la main, Bachar qui ne fait rien, Bachar avec des lunettes noires, Bachar qui sourit, Bachar qui fait la tête, Bachar en couleur, Bachar en noir et blanc… Vous l’aurez compris, nous sommes avant tout chez Bachar.

« Je n’aime pas le président mais je ne le dis jamais. » Notre fixeur (guide, chauffeur et traducteur) rit sous cape, content de son trait d’humour. « Si je dis au cours d’un dîner en famille que je n’aime pas le président, je m’attire les remarques outrées de toute la tablée : comment ? tu n’aimes pas le président mais tu es fou ? » Il rit de plus belle : « Parfois j’ai peur de prendre un coup de revolver. Ici il ne s’agit pas d’aimer ou non le président — car en réalité tout le monde s’en accommode et attend des jours meilleurs — mais de ne jamais exprimer publiquement la moindre opinion politique, dit-il doctement. Le président est là et c’est tant mieux. Pour le reste inch’Allah…«

Source
http://fr.aleteia.org/2016/12/07/recit-damas-attend-son-reveil/
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Re: Récit sur les traces des Chrétiens martyrs du Moyen-Orient

Message par Marie du 65 le Mer 28 Déc 2016 - 19:04

Récit. Homs, année zéro
De Beyrouth à Qaraqosh sur les traces des chrétiens martyrs du Moyen-Orient.


Aux yeux des Damascènes, les Homsiotes n’ont pas toute leur raison. Selon la légende, les troupes mongoles prirent la fuite lorsqu’ils apprirent que l’air pollué de Homs rendait fou… Les habitants, bien malins, auraient accueilli l’envahisseur en se faisant passer pour tels !* Depuis, les blagues se payant la tête des habitants de la troisième ville de Syrie sont aussi répandues que les histoires belges en France.** En parcourant les quartiers dévastés de la vieille ville de Homs et ses faubourgs en ruines, on se dit qu’il faut effectivement être fou pour continuer d’y vivre.

Pourtant, une poignée de jeunes Français y a posé ses valises. Ils vivent au cœur du quartier arménien, dans un obscur petit appartement loué au patriarcat grec-melkite catholique. Les volontaires de l’association humanitaire SOS Chrétien d’Orient participent à la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame-de-la-Paix, mise à sac par les rebelles islamistes. Dans le 4 pièces exigu situé au rez-de-chaussé d’un immeuble de ciment terne, il n’ont que quelques heures d’électricité par jour et pas d’eau chaude. La lumière ne pénètre que brièvement le matin par l’unique fenêtre du salon. Il s’éclairent aux lampes à LED reliées à un accumulateur. En guise de chauffage : deux poêles à mazout au goutte-à-goutte capricieux dont l’un s’éteint fréquemment au beau milieu de la nuit.

La cathédrale grecque-melkite catholique Notre-Dame-de-la-Paix.
Les volontaires (tous bénévoles) passent leur journée à servir une soupe populaire aux voisins du quartier, chrétiens et musulmans et œuvrent sur le chantier de la cathédrale stigmatisée. La cour est encore souillée de graffitis infamants à la gloire du « califat islamique »

L’édifice a servi de quartier général aux islamistes, abritant au sous-sol un hôpital de campagne tout équipé. En quittant la ville après une capitulation sous condition négociée par l’Onu en 2014, ils ont laissé un bien cruel souvenir : une bombe cachée sous la cathèdre (le siège de l’évêque situé à droite de l’autel, Ndlr) qui a fauché plusieurs paroissiens et fragilisé un peu plus la bâtisse.



L’Apocalypse

Sur des kilomètres et des kilomètres, Homs n’est plus que ruine, grisaille, désolation et silence de mort. Pas un oiseau ne vole et pas un arbre n’a survécu aux bombardements. Pas une maison ni un immeuble n’est intact. Les constructions sont éventrées, pulvérisées. Ne tiennent encore en équilibre que le noyau des bâtiments — les cages d’escalier, quelques pièces parfois — et les paliers ravagés. Certains étages pendent lamentablement au dessus du vide, retenus par l’armature métallique du béton armé, qui s’arrache à sa gangue de béton comme des griffes hideuses, contorsionnées et enchevêtrées comme des pièges à rats.



e quartier d'el-Hamidiyeh à Homs © Alexandre Meyer
L’humanité a totalement disparu. Pas un voilage ni un rideau ne pend aux fenêtres. Pas un résidu d’activité humaine parmi les gravats. Pas un meuble ni une relique de civilisation dans les immeubles aux façades soufflées, ouverts à tous les vents. Le spectacle évoque les images d’archive de Berlin ou de Dresde.

Nous roulons en silence dans une ville fantôme. Les barrages et les checkpoints qui réglementent l’accès aux quartiers rebelles réduits en cendres sont tenus par des conscrits ou des supplétifs de la milice du parti nationaliste de la Grande Syrie.

Nous ne sommes pas censés nous trouver là sans raison valable et tournons casaque après de longues minutes de route à travers ces lambeaux de pierre et d’acier.

Une glace à la pistache

Dans les quartiers indemnes, la vie continue, mollement. Les étals de fruits sont pauvres et les rideaux de fer cabossés, peints aux couleurs du drapeau syrien, sont baissés. Il y a un mois, une roquette venue d’on ne sait où est tombée sur une école. Les jardins d’enfants sont délabrés, déserts. La chaussée en piteux état. Les commerces équipés d’un générateur posé à même le trottoir éclairent les ruelles d’une lumière incongrue. Dans quelques cafés, on joue aux dames, au backgammon en fumant le narguilé, un café turc à la main dans cette atmosphère glauque.



Nous entrons dans la petite boutique de pâtisserie sur les talons d’Hugo, le chef de la mission d’SOS à Homs. Il devise gaiement de son plus bel arabe à l’accent jordanien, avec le gérant, un jeune homme jovial. Enjoué, ce dernier nous offre le thé et récite des vers d’une poésie de sa composition. Avant la guerre il participait à des concours et s’est même produit à Damas devant un parterre de lettrés. Un père de famille entre dans la petite échoppe. Au martèlement du générateur il a deviné que le congélateur fonctionnerait peut-être et ressort avec de la glace à la pistache pour ses enfants.

Le désert des tartares

Quand vient le soir une seule artère de la ville s’illumine de néons criards. Un restaurant joyeux nous régale de poisson frit, de mezzés étourdissants. Fumant le narguilé avec des amies, une femme élégante au visage impeccablement poudré, les sourcils soulignés de fard, me dit en souriant avec une aisance déconcertante : « Vous êtes Français ? On me dit que je parle français avec un accent parisien, vous ne trouvez pas ? ». À côté d’elle, un landau disparaît dans les volutes de tabac à la pomme et au citron mentholé. « Mon fils s’appelle Adam, j’étudie à l’ISIT (une école de traduction-interprétariat, Ndlr) et je vous remercie d’être venus en Syrie. Soyez les bienvenus à Homs, j’espère que vous passerez un agréable séjour dans mon pays. »

En rentrant du restaurant encore étourdis par cette ville aux contrastes si violents, on se demande qui perd la raison, des Homsiotes ou des visiteurs que nous sommes. Nous croisons les miliciens tenant toujours leurs positions face aux spectres de le rébellion comme le lieutenant Drogo dans le Désert des tartares de Dino Buzzati. Sous un drapeau en loques, la kalachnikov appuyée contre un muret, ils se réchauffent autour d’un braséro dans le noir et le silence absolus. Jamais on ne vit mieux la voie lactée, dans ce ciel pur de Homs, que pas une fumée d’industrie ni une lumière électrique ne viennent polluer. Les étoiles jouent sur les crêtes déchirées des immeubles, se montrent à l’embrasure des fenêtres et des trous d’obus perforants. Les constellations sont si nettes qu’il devient aisé d’en dessiner les contours, du bout des doigts comme si l’on pouvait les toucher.


* Un Homsiote se rend chez le concessionnaire pour s’acheter une nouvelle voiture. « J’ai de l’argent, je veux m’acheter une voiture rapide », dit-il au vendeur. « Cela tombe bien, j’en ai plusieurs : avec cette auto, en partant de Homs à minuit pour éviter les embouteillages, vous pouvez arriver à Damas à 2 heures du matin. Avec celle-ci vous arriverez à une heure et demie et avec celle-là, à une heure pile ! » Impressionné, le client veut quand même se donner le temps de la réflexion. Il revient le lendemain : « Finalement je ne la prends pas. J’en ai parlé à ma femme et elle ne voit pas ce qu’on irait faire à Damas à une heure du matin. »

** Le même Homsiote qui a fini par craquer pour la voiture la plus rapide veut vérifier si le vendeur a dit vrai. Il attend qu’il n’y ait plus d’embouteillages et part pour Damas à minuit pile. Il abat les 160 kilomètres de distance en 60 minutes, passe un coup de fil à sa femme à une heure du matin depuis le centre ville pour prouver son exploit et se remet en route. Une heure passe, puis deux, puis trois et il n’arrive toujours pas. À la nuit tombée l’homme rentre enfin chez lui, le dos complètement tordu, harassé par le voyage. « Eh bien que s’est-il passé ? » dit la femme à son mari. « Le vendeur m’a complètement berné ! Dans cette maudite voiture il y a cinq vitesses pour la marche avant mais une seule pour la marche arrière ! »

Pour devenir volontaire d’SOS Chrétiens d’Orient, c’est par ici :

http://www.soschretiensdorient.fr/



https://www.facebook.com/soschretiensdorient/videos/1472259176124864/

(Suite...)
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Re: Récit sur les traces des Chrétiens martyrs du Moyen-Orient

Message par Marie du 65 le Mer 28 Déc 2016 - 19:50

Palmyre est tombée pour la deuxième fois aux mains de l’État islamique
Nous visitions la perle miraculée du désert syrien quinze jours avant l'assaut de Daesh.


L’État islamique a lancé une contre-offensive le 8 décembre qui a conduit 4000 fantassins aux portes de Palmyre. La ville, aux vestiges classés au patrimoine mondial de l’Unesco, était restée pendant dix mois sous le contrôle des terroristes de Daesh avant d’être reprise en mars dernier par l’armée syrienne et ses alliés. Un pavillon russe flottait encore il y a quelques jours sur l’ancien complexe touristique de la cité mythique. Tombée rapidement entre les mains du « califat », reprise brièvement et perdue à nouveau, 64 attaques aériennes russes n’ont pas suffi à la libérer, ni la destructions d’une dizaine de chars et d’une trentaine de véhicules légers.
Dans la mire de l’EI, les puits de pétrole

L’organisation terroriste, dont les bastions de Raqqa en Syrie et Mossoul en Irak sont ébranlés par la coalition menée par les États-Unis d’une part et l’armée irakienne d’autre part, tente par tous les moyens de renflouer ses réserves financières et énergétiques en s’accaparant les gisements de gaz et de pétrole de Djazal et de Chaer, dans la périphérie Est de Palmyre.

La mobilisation à Alep d’une majeure partie des forces aériennes disponibles, syriennes et russes, explique probablement le succès du raid mené par l’EI sur la « Perle du désert ». Le chaudron d’Alep repris par les forces loyalistes, mobilisant 40 000 soldats, le monde ne regardait plus vers Palmyre, pourtant harcelée sans répit depuis le mois de mars.

Le désert appartient aux djihadistes

La cité et son aéroport sont situés à l’orée d’Al-Badya al-Sham, le désert syrien. Bordé à l’ouest par la vallée de l’Oronte (vers Homs) et à l’est par l’Euphrate (en Irak). Au nord il s’ouvre sur le croissant fertile à Deir ez-Zor et s’enfonce au sud vers la Jordanie où il se déploie, brûlant et sablonneux, jusqu’en Arabie Saoudite. Dans cette étendue de cailloux et de buissons rares et épineux, la route qui relie Palmyre au nord-est appartient aux djihadistes. Les convois lourdement armés n’étaient qu’à deux heures de leur cible, qu’ils viennent de Raqqa, la « capitale » de l’EI, ou de Deir ez-Zor, où une poche de résistance de 80 000 habitants et des troupes syriennes sont totalement cernées depuis deux ans, impuissantes.


Palmyre, la miraculée est en sursis

Daesh a occupé Palmyre de mai 2015 à mars 2016, mettant à sac le musée d’archéologie, pillant le sous-sol en lançant des fouilles sauvages, infligeant de sérieux dégâts à la cité antique avant d’en être chassé par les forces loyalistes. Dépassant tout dans l’horreur, les terroristes avaient mis en scène la décapitation du directeur des antiquités de la ville dans le théâtre gréco-romain, ou l’assassinat de soldats syriens par de jeunes adolescents. Il y a quinze jours, nous traversions le désert depuis Homs, longeant le pipeline enfoui par les Britanniques pendant le mandat jusqu’à la cité antique.

Le désert de cailloux rouges s’étend à perte de vue, mordu par le soleil et balayé par un vent glacé. Jusqu’à la guerre, l’État veillait jalousement sur ses buissons épineux que seuls les dromadaires peuvent mâcher, régulant la transhumance des bédouins et de leurs troupeaux pour laisser à la nature le temps de se régénérer. La route enjambe de nombreux torrents à sec qui creusent leurs rides dans cette terre infertile et sans âge. Le voyage est scandé par les checkpoints et le relai des automitrailleuses qui nous ouvrent la voie. Les petites maisons en pisé surmontées d’un toit en forme de cône, abris rudimentaires des bergers, tièdes l’hiver et fraiches l’été, apparaissent à l’horizon à mesure que s’estompent, au sud, les reliefs de la chaîne de l’Anti-Liban qui court jusqu’à Damas.

Aux premiers barrages qui contrôlent l’accès à la cité, nous croisons des soldats chiites du Hezbollah libanais, des miliciens afghans aux yeux bridés comme des Mongols, des pasdarans iraniens sous leur étendard jaune et devinons, derrière les filets de camouflage et les fils de fer barbelés, un important contingent russe sur le pied de guerre. Sans le sauf-conduit délivré par le Patriarcat melkite catholique, rien n’aurait été possible : pour accéder à Palmyre, l’autorisation du ministère du tourisme et de l’ambassade de Russie en Syrie étant indispensables. Depuis la libération de la ville et le concert donné dans l’amphithéâtre de la cité antique par l’orchestre symphonique du théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg dirigé par Valéri Guerguiev le 5 mai dernier, quelques dizaines d’occidentaux seulement ont visité les lieux.


Passé Le château de Qalat ibn Maan, construit par les Mamelouks vers le XIIIe siècle, surplombant le site antique de Palmyre, la guérite veillant sur son accès est peinte de l’aigle bicéphale russe. Les djihadistes ont dynamité le temple de Bêl, consacré en 32 ap. J.-C. et celui de Baalshamin, fondé au IIIe siècle av. J.-C., agrandi sous l’empereur romain Hadrien vers 130 et reconverti en église au Ve siècle. L’arc triomphal qui ouvrait le decumanus n’est plus qu’un tas de gravats et de poussière mais la chaussée bimillénaire est toujours là. Cette voie, longue de 1500 mètres, est plantées de 750 colonnes. Elle était bordée de temples et de termes et longeait le théâtre resplendissant comme l’or dans le soleil qui se penche sur l’horizon. Combien de temps encore ces vestiges défieront-ils l’érosion lente de la pluie et celle, fulgurante, de la mitraille des hommes ?




« Daesh fait subir aux chrétiens un double déshonneur »
Le père Najeeb Michaeel, dominicain du couvent de Mossoul, est le pasteur du troupeau dispersé de la plaine de Ninive.



Aleteia vous emmène à la rencontre des chrétiens persécutés du Moyen-Orient. Un itinéraire qui nous a conduit au Liban, en Syrie et en Irak. En Syrie, nous avons vu Mhardeh, petit village chrétien noyé sous les obus d’Al-Nosra, Homs, où la guerre civile syrienne a débuté et Palmyre, la perle du désert syrien reprise par l’État islamique. En Irak, vous découvrirez les camps de réfugiés de Bagdad et d’Erbil, Qaraqosh la ville fantôme, Al-Qosh la miraculée et Mangesh, aux confins du Kurdistan. Découvrez le récit exceptionnel de cette aventure sur les traces des chrétiens martyrs plongés dans une guerre qui n’en finit plus.

Un groupe d’étudiants se penche attentivement sur un manuscrit, jauni, fragile, aux pages cassantes comme du verre. Dans cette maisonnette bien tenue qui borde le quartier d’Ankawa, à quelques pas des camps de chrétiens de la plaine de Ninive, réfugiés dans ce faubourg d’Erbil, capitale du Kurdistan irakien, on devise à voix basse, d’un ton posé. L’exposé du jour porte sur la pulpe des arbres, sur la séparation de la lignine et de la cellulose qui la composent afin d’en exploiter la fibre qui assure au bois ses propriétés mécaniques et aux livres, leur exceptionnelle longévité. Les étudiants sont tous réfugiés mais poursuivent sans relâche le travail de restauration et de sauvegarde des manuscrits anciens de la Mésopotamie. Sous l’œil attentif et bienveillant du père Najeeb Michaeel, ces jeunes Irakiens entretiennent et sauvent leur histoire. À leur manière, ils en écrivent aussi les nouvelles pages.

Le père dominicain du couvent de Mossoul a fui la ville par une porte avec ses plus précieux livres sous le bras, pendant que Daesh pénétrait par l’autre. Il a accueilli à Erbil les familles de tous les villages qui ceinturaient la deuxième ville irakienne. Retourné plusieurs fois sur place depuis le reflux des armées du califat, il a vu les églises profanées et les villages libérés entièrement calcinés.

Aleteia : Avons-nous franchi un nouveau stade dans la persécution systématique des chrétiens ?
Père Najeeb Michaeel, op : Mettre le feu à une maison, c’est un double déshonneur : les habitants doivent la démolir de leurs propres mains pour la rebâtir. En plus du génocide en cours, le message est clair : « Ne revenez plus, vous n’êtes plus chez vous ».

Daesh [acronyme arabe de l’État islamique ou califat, Ndlr] a des racines qui plongent 1400 ans en arrière avec les razzias de la conquête arabe. Dans les villages tout était permis pour imposer par l’intimidation et l’épée un islam de soumission. Daesh ne laisse même plus aux villageois le choix de la conversion ou de la djizîa, la dîme frappant les non-musulmans : c’est le vol et la mort. Rappelons-nous que dès 2005, cinq prêtres et un évêque étaient abattus sommairement.

Aujourd’hui encore, les menaces de mort qui parviennent aux chrétiens portent noir sur blanc des versets coraniques sensés les justifier. Aucune abomination n’est comparable à celle dont Daesh s’est rendu coupable, motivé par une idéologie, plus que par une religion, totalement incompatible avec la modernité.

La réconciliation est-elle possible ?
La réconciliation est une utopie. Faire protéger les chrétiens par la force internationale dans un État de droit, pourquoi pas. Compter sur la seule protection des Kurdes comme aujourd’hui à Erbil ne nous prémunira jamais des soubresauts de l’histoire. Ici chacun conserve la mémoire des chrétiens anéantis par les mêmes Kurdes sous l’empire ottoman. Mais Daesh a fait mûrir dans le cœur de tous les chrétiens un sentiment profondément catholique, une aspiration à se défendre de tous les terrorismes, tous les fondamentalismes. En remettant l’homme au cœur de la politique, on y arrivera.

Envisagez-vous de rentrer chez vous un jour ?
20 à 25% des réfugiés ont trouvé un travail ici. Les autres affrontent la barrière de la langue kurde. Rentrer chez soi sera une aventure, un défi plus dangereux encore que l’arrivée de Daesh : comment voisiner quand la confiance est rompue ? La trahison, nous l’avons vue à visage découvert. Elle porte le nom de chaque voisin qui vous a dénoncé comme chrétien, qui convoitait pour lui votre fille ou votre épouse qui a été enlevée, qui s’est servi chez vous en votre absence, chez qui vous retrouvez vos meubles, votre voiture. Beaucoup veulent recommencer ailleurs mais pas là où tout peut recommencer en une génération, à cause de l’oubli.





Faut-il changer les systèmes politiques arabes ?
Avant tout faire face à la corruption, « plus vieux gagne-pain du monde » selon moi. En s’éloignant des principes humains élémentaires, on y tombe. Mais on peut la contrôler par la loi si elle est bien appliquée. Si seulement les Occidentaux nous vendaient leurs « valeurs » avec leurs armes ! Y compris les valeurs de la République, pourquoi pas… Le respect des minorités existe en Irak mais il n’est pas appliqué. Avec des hommes plus humains au gouvernement nous y arriverons peut-être.

Quel est le devoir des Occidentaux ?
Il faut maîtriser l’incendie. L’Europe, les États-Unis, Trump ou Fillon doivent et peuvent contrôler les attaques contre les minorités, qu’elles soient yézidie, mandéenne, chrétienne, etc. Puis il faut rééduquer les terroristes prisonniers de leur idéologie. Pour aider les pays du sud, la culture et les écoles sont essentielles, indispensables. Quand la France dominait la région [pendant le Mandat français sur la Syrie et le Liban, institué par la Société des Nations entre 1920 et 1946, Ndlr], elle construisait des écoles. Les Anglais [pendant le Mandat britannique de Mésopotamie, 1920-1932, Ndlr], comme des sangsues, n’ont jamais rien construit et n’ont laissé debout que le squelette de l’Irak, où personne n’a jamais appris leur langue !

Avez-vous été sensible aux manifestations de soutien des chrétiens occidentaux ?
La France, fille aînée de l’Église a « dorloté » les autres églises orientales. L’Église de France a relevé la tête des chrétiens orientaux. Les musulmans eux-mêmes sont envieux du soutien de l’Église universelle, de ses pasteurs qui nous ont pris en charge. La première Église a avoir pris la mesure de l’aide matérielle nécessaire ici et rassuré les fidèles de sa présence physique est l’Église de France. Une seule personne qui se mobilise représente tout son pays et relève le niveau de tous. Le père Rodolphe Vigneron, représentant le diocèse de Strasbourg, est venu plus de 20 fois ici et sa communauté a offert un atelier de couture tout équipé ; la fondation Mérieux et les Œuvres pontificales missionnaires ont construit un hôpital et un camp de réfugiés ; l’Œuvre d’Orient a bâti des dispensaires ; SOS Chrétiens d’Orient a construit et équipé une école et vient en aide aux familles isolées, etc.

La France a donné un visage chrétien et catholique à l’action en faveur des réfugiés. C’est le premier pays a avoir accueilli des réfugiés chrétiens en leur accordant des visas au titre des persécutions qu’ils subissaient. Il faut désormais nous organiser pour relancer les villages situés dans la plaine de Ninive.

Quel sort réserve l’avenir aux chrétiens réfugiés ?
La souffrance psychologique est dure, l’espoir a disparu, le désarroi est total. Tous les jeunes veulent partir. L’Église n’a pas le droit de leur demander de rester ni de les pousser dehors. Ils sont tiraillés entre l’Occident et leur pays d’origine. Il faut leur trouver une solution et pourquoi pas les accepter, leur adaptation est possible. D’ailleurs pourquoi n’acceptez-vous pas les chrétiens en priorité ? Pourquoi ne pas tendre la main à ceux qui veulent aider la France ? Vous observez actuellement en Europe l’entrée massive de migrants majoritairement musulmans qui se détournent des États voisins d’Égypte, d’Iran ou des pays du golfe, pourquoi ? Parmi eux, combien entrent chez vous pour déstabiliser vos nations selon les plans tracés par d’autres ? Vous devez rester clairvoyants.

Comment avez-vous vécu l’accueil de plusieurs familles de réfugiés musulmans par le pape François ?
S’il faut reconnaître que le geste a pu faire grincer des dents ici, n’oublions pas que le Saint-Père n’agit pas sur le même plan que nous, ni motivé par les mêmes raisons. Son geste est admirable et il est prophétique.

Et si les jeunes chrétiens restent ?
Alors il faut nous mobiliser pour prendre les Iraniens de vitesse car l’histoire se répète. Une vieille légende raconte qu’au XIXe siècle, les Shabaks originaires d’Iran ont pris pied autour de Ninive et se sont arrêtés aux portes des villages chrétiens illuminés par une apparition de la Sainte-Vierge, comme à Lépante. Les Irakiens chiites reçoivent aujourd’hui des subsides pour acheter à vil prix les maisons abandonnées par les chrétiens en fuite. L’humiliation perdure, le croissant chiite se reforme et la changement démographique s’accélère. Offrons aux jeunes de quoi rebâtir les villages mieux qu’avant. Si le soutien ne vient pas, il n’y aura aucun avenir.

Propos recueillis par Alexandre Meyer.







Pour en savoir plus…

La Bibliothèque du couvent des Dominicains de Mossoul, au nord de l’Irak, abritait plus de 800 manuscrits du XIIIe au XIXe siècle. Le père Najeeb s’est fixé la mission de poursuivre le sauvetage de ses « précieux compagnons — les hommes et leurs livres anciens — », et de les sauver des fanatiques, des mites et de l’humidité. Ces manuscrits témoignent, par la calligraphie et l’enluminure, de la culture des chrétiens de Mésopotamie. Ce fonds exceptionnel demeure un remarquable témoignage de la richesse de la tradition des Églises orientales entre le Tigre et l’Euphrate, depuis l’aube du christianisme jusqu’au XXIe siècle.

Récemment transférée à Erbil pour être mise en sécurité, cette collection regroupe des manuscrits enluminés appartenant à toutes les disciplines : liturgie, théologie, spiritualité (chrétienne et islamique), hagiographie, histoire, philosophie, science et astrologie, langues, littérature et musique…

Le père Najeeb était de passage à Paris en 2015 pour l’inauguration de l’exposition « Mésopotamie, carrefour des cultures — Grandes Heures des manuscrits irakiens ».

Les plus belles pièces de ce fonds exceptionnel étaient présentées du 20 mai au 24 août 2015 aux Archives Nationales, à l’Hôtel de Soubise à Paris, ainsi que le travail scientifique et de restauration opéré par le couvent dominicain de Mossoul, avec la collaboration de la Bibliothèque apostolique vaticane et de l’Université Saint John’s à Collegeville.




<iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/iPo0booXHLM" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>


Source ALETEIA
Vous trouverez ici toutes les images et vidéos!!


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Re: Récit sur les traces des Chrétiens martyrs du Moyen-Orient

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