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Dix ans de dévouement, de prière et de pauvreté - St Jean Bosco

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Dix ans de dévouement, de prière et de pauvreté - St Jean Bosco

Message par saint-michel le Dim 27 Nov 2016 - 7:37



Le treizième chapitre du livre « Telle mère, tels fils », issu de la vie de saint Jean Bosco, dont les pages sont consacrées à Mamma Margherita, s’intitule « dix ans de dévouement, de prière et de pauvreté ».


« Telle mère, tels fils ». Chapitre XIII. Dix ans de dévouement, de prière et de pauvreté. Page 95 à 102


« Près de son fils, comme le rappelle le marbre apposé au-dessous de la chambre où elle mourut, elle demeura environ dix ans. Cette dernière période de sa vie peut se partager ainsi : pendant environ sept ans, elle fut, sans exagération, l’âme du logis ; puis, durant les trois dernières années, elle s’effaça devant les premiers élèves de son fils revêtus de la soutane. Et pourtant, ces jeunes abbés, hier encore, étaient ses obligés : aujourd’hui même ils continuaient à lui donner le nom de mère. Mais cela ne faisait rien : ils avaient revêtu l’habit sacré, devant eux elle disparaissait, cédait la place, allait jusqu’à offrir son obéissance. Quel exemple d’esprit de la foi et l’humilité ! Du coup elle renonçait au rôle principal qu’elle avait joué jusqu’alors.


De fait, pendant les premières années de l’œuvre naissante, elle fut dans la maison le bras droit, et même à certains jours la remplaçante de son fils. Il était si souvent dehors, ce jeune apôtre, à visiter les prisons ou les hôpitaux, à prêcher à gauche et à droite des neuvaines et des triduums, à monter les escaliers des bienfaiteurs de son œuvre ou des patrons de ses fils, qu’il fallait bien, au logis, une main et un commandement pour mener toute l’entreprise. C’était Maman Marguerite qui les fournissait. Plus d’un s’étonnait qu’en dépit de ces absences réitérées ou prolongées l’œuvre allât bon train. L’explication était là : une pensée veillait, prudente, attentive, ferme, capable de résoudre toute difficulté, de prévenir tout malheur. Aucun incident ne la prenait au dépourvu. Elle recevait les visites, traitait avec les autorités, débrouillait les affaires les plus épineuses, achetait, vendait, négociait avec une simplicité de si bon aloi, et un bon sens d’une telle solidité que son fils n’eût pas fait mieux. Sans doute, jusqu’à la fin de ses jours, elle resta la paysanne illettrée des Becchi, mais bien rares étaient ceux qui arrivaient à surprendre son esprit averti. Aussi son fils se reposait-il pleinement sur elle.


Dans l’entourage de ce fils, parmi les bienfaiteurs, les amis, les célébrités qui l’approchaient, ce n’était qu’un éloge pour la vaillante femme.


Parfois il arrivait que l’un de ces personnages, rendant visite à Don Bosco, le trouvait déjà en conversation. D’antichambre, il n’y en avait pas à cette époque. Alors, pour se mettre à l’abri du soleil ou de la pluie, ou simplement de l’air frais qui balayait le balcon d’attente, plus d’un de ces messieurs poussait la porte de Maman Marguerite et entrait. L’accueil de la bonne vieille était aussi respectueux que charmant : elle avançait la chaise, offrait la tasse de café traditionnelle, déplorait la pauvreté du lieu, et… se remettait au travail avec mille excuses. Mais tandis qu’elle tirait l’aiguille ou maniait la paire de ciseaux, le visiteur manquait rarement de la lancer sur un sujet, de lui poser des questions, et pas toujours des questions commodes, de provoquer son avis sur tel incident du jour, voire sur des problèmes de théologie ou de politique. C’était merveille de voir l’habileté avec laquelle cette femme sans instruction s’en tirait. Elle n’avait pas réponse à tout ; tant s’en faut ! Mais sa longue expérience, la finesse de son esprit, sa science religieuse aussi, lui permettaient de dire son mot sur bien des points. Elle saupoudrait son avis de proverbes du cru ou de dictons évangéliques ; et, quand elle ne voyait pas clair dans l’interrogation, elle avait une façon à elle d’éluder la question ou de lui tourner le dos dans une pirouette, qui était délicieuse.


Ces bienfaits de l’Œuvre de son fils, qui lui faisaient l’honneur d’entrer bavarder, elle les entourait de la plus profonde des gratitudes. Ce n’était pas un vain mot sur les lèvres que la phrase tant de fois répétée par elle :


« Je prierai le bon Dieu de vous solder notre dette de reconnaissance en vous comblant de prospérité. »


Maman Marguerite priait sans cesse. Chaque matin elle assistait à la messe, et elle y communiait souvent ; et, dans l’après midi, pour rien au monde, elle n’eût omis sa visite au Saint-Sacrement. Dans l’intervalle de ces grands exercices de piété, entre ses prières du matin et celles du soir, les lèvres de la sainte femme ne cessaient de murmurer des oraisons. À voix basse, à voix haute, elle les redisait sans cesse. C’était même amusant, parfois, de l’entendre intercaler ses phrases latines entre deux ordres jetés à des enfants, ou deux réponses sollicitées par des fournisseurs.


« Allons, apporte-moi du bois pour nourrir mon feu… Et dimitte nobis debita nostra, sicut et nos… Veux-tu bien te dépêcher à m’éplucher mes patates… dimittimus debitoribus nostris, et ne nos inducas in tentationem… Tu ne pourrais pas prendre ce balai et balayer l’escalier si sale… Sed libera a malo. Amen. »


« … Eia ergo, advocata nostra… Mais non, je n’ai pas besoin d’huile aujourd’hui… Illos tuos misericordes oculos ad nos converte… Regarde ce drap que le vent a enlevé à la corde où il séchait ; va le remettre… Et Jesum benedictum fructum ventris tui… Veux-tu bien laisser le chat tranquille : qu’est-ce qu’elle t’a fait cette bête ?… Post hoc exsillium ostende… On ne pourra donc jamais prier tranquille dans cette maison de tapage… O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria. »


Parfois, de la chambre voisine, un enfant, absorbé dans quelque travail, ou un abbé occupé à recoudre des boutons de sa soutane, l’entendant monologuer à haute voix, interrogeait :


« Maman, avec qui vous disputiez-vous ?
– Avec personne mon fils : je récitais un bout de prière pour le plus méchant d’entre vous. »


Une de ses plus douces joies était de découvrir parmi les élèves de la maison les enfants vraiment pieux.


« Tu as ici, disait-elle à son fils, de bien bons enfants, mais pas un ne vaut Dominique Savio.
– Et qu’en savez-vous, ma mère ?
– Je le vois sans cesse en prières. Il demeure à l’église, même après les offices ; et souvent il y entraîne, pour réciter un peu de chapelet, tout un groupe d’amis. Chaque jour, il s’échappe de la cour pour une visite au Saint-Sacrement. Et souvent, à prier ainsi, il en oublie son petit déjeuner. Aux pieds du tabernacle il se tient comme un ange du Paradis.
– En revanche, ajoutait le fils, il y en a d’autres : mais espérons.
– Espérons, oui, c’est ça. »


Et vraiment la confiance de l’humble femme attendait de la prière le retournement, la conversion des têtes fortes de la maison. Elle le leur faisait savoir d’ailleurs.


« Qu’est-ce que l’on m’a dit, confiait-elle à un de ces terribles garçons ? Tu ne veux rien faire ici. Alors pourquoi y es-tu venu ? Tu sais bien que quand Don Bosco t’a admis, tu vagabondais sans travail et sans pain. Où iras-tu finir ? En prison pour sûr, si ce n’est à deux pas d’ici, au Rondo, où l’on exécute les grands criminels. La paresse mène à tout crois-le… Non, non, ne t’éloigne pas, j’ai encore quelque chose à te dire. Il faut me promettre de changer. Il y a un remède à tout ; essaie de devenir un fils appliqué, travailleur, de fuir les mauvais amis… C’est difficile, dis-tu : d’accord ; mais si tu pries le bon Dieu, tu verras que tu en viendras à bout. Avec l’aide de Notre-Seigneur et de la Sainte Vierge, on triomphe de tout… Allons, va jouer maintenant, mais reviens souvent causer avec moi à la cuisine. »


Et l’enfant partait, une goutte de remords au cœur et un germe de désir de conversion dans la volonté.


Elle vécut dans ce logis dix années de dévouement, de prières et de pauvreté, note le marbre qui, sous les arcades de la grande maison, rappelle le rôle qu’elle y joua. Très juste, cette épigraphe : ce fut bien dix années de misère qu’elle passa sous le toit de son fils. La pauvreté était de rigueur dans la maison. Voici, par exemple, le menu du pauvre abbé Bosco, menu dressé par lui et préparé par sa mère. Premier service : la soupe qu’il dégustait en compagnie des enfants ; deuxième et dernier service : une pitance infâme cuisinée le dimanche et qui devait aller jusqu’au jeudi soir, une tourte la plupart du temps. Pour le vendredi et le samedi, Maman Marguerite confectionnait un autre plat, maigre celui-là : et l’on recommençait ainsi cinquante-deux fois dans l’année.


Jamais on ne vit sur le dos de Maman Marguerite une autre robe que celle qu’elle portait chaque jour. Elle la recousait, la rapiéçait, la reprisait, mais ne la changeait pas. À la fin, son fils en eut comme honte :


« Maman, lui dit-il un jour, vous savez que nous recevons ici quantité de personnes très bien, du monde plutôt distingué : ne pensez-vous pas que votre robe n’est plus de mise ?
– La trouves-tu sale ?
– Dieu m’en garde ! Pas une tâche ! Mais que de reprises, que de pièces ! Vraiment, cela devient un peu mal séant.
– Et qu’y faire, mon pauvre Jean ? Tu sais notre misère.
– Tenez, maman, voici vingt francs. Achetez-vous de quoi vous en faire une autre. La Providence se chargera bien de nous ramener cette somme. »


Quinze jours passèrent et la robe neuve n’apparaît toujours pas.


« Eh bien, et cette robe, maman ?
– Mais une robe, ça coûte, mon fils.
– C’est bien pour cela que je vous avais donné vingt francs.
– Ah, ils sont loin tes vingt francs. J’avais besoin de sel, de sucre et d’huile ; puis j’ai vu un de tes enfants sans souliers, je lui en ai acheté une paire ; avec le reste je me suis procuré un petit coupon pour tailler une culotte à un malheureux : tu vois.
– Vous avez parfaitement agi ; mais je reste à mon idée : votre robe n’est plus convenable.
– Mais dis-moi comment faire.
– Tenez, voici encore vingt francs, mais j’exige que cette fois-ci vous les dépensiez uniquement pour votre robe.
– Sois tranquille, sois tranquille ! Un de ces jours, tu me la verras sur le dos. »
Hélas ! Jamais son fils ne la vit apparaître. Et quand elle mourut, sa vieille maman dut être ensevelie dans les humbles vêtements qu’elle portait. C’était toute sa garde-robe.


La maison même était si pauvre, cette année-là, que son cadavre alla reposer dans la fosse commune.


Au-delà de la tombe, Maman Marguerite semblait vouloir encore demeurer une pauvresse. »


Spoiler:

Source : https://saintmichelarchange.wordpress.com/2016/11/27/dix-ans-de-devouement-de-priere-et-de-pauvrete/


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saint-michel
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