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au sujet des divorcés-remariés

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par pedroso le Ven 4 Sep 2015 - 23:25

@Erg74 a écrit:
Vous savez, il y en a d'autres des points ou nous ne sommes pas sur "la même ligne":
Le filioque, le pape, l'église et son organisation, l'immaculée conception, l'assomption, présence du christ dans l'hostie...
Je ne les aborderai pas, je ne suis pas là pour ça Wink


Mais je sais très bien. Si l'on aborde ces points je crois que cela va être comique !

Vu la manière dont l'Eglise orthodoxe traite le sacrement du mariage institué par le Christ lui-même je ne donne pas chère des arguments que vous allez me sortir contre la Vérité Catholique sur les sujets que vous venez de citer.

A votre place je réfléchirai sur le bien fondé de certains points théologiques de votre Eglise que je respecte évidemment.


P+

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Erg74 le Ven 4 Sep 2015 - 23:45

@pedroso a écrit:

A votre place je réfléchirai sur le bien fondé de certains points théologiques de votre Eglise que je respecte évidemment.


P+

Il y a longtemps que j'y ai réfléchi puisque j'ai été cinquante ans dans l'église catholique romaine (du baptême à la rencontre de mon épouse orthodoxe) dont les trois dernières années à la FSSPX... et j'approche de la soixantaine.


Dernière édition par Erg74 le Sam 5 Sep 2015 - 0:05, édité 2 fois

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Erg74 le Ven 4 Sep 2015 - 23:48

@pedroso a écrit: Si l'on aborde ces points je crois que cela va être comique !

P+

J'en doute ... et cela me ferait passer la ligne rouge

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par pedroso le Sam 5 Sep 2015 - 0:03

@Erg74 a écrit:J'en doute ... et cela me ferait passer la ligne rouge

Si c'est fait dans la joie et la bonne humeur pourquoi pas. Mais ouvrez le fil vous aurez des réponses sans doute. Pas forcément de moi.


ET puis même à 60 ans les yeux peuvent se dessiller.



P+

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Neb le Sam 5 Sep 2015 - 0:39

Merci Pedro pour vos textes très interressant.

Erg je ne comprend toujours pas en quoi vous voyez la sainteté dans le second mariage. Moi j'y vois une trahison du premier. Pour moi qui suis jeune et pas encore marier je ne veux surtout pas me marier en pensant que le second mariage est possible et que le mariage que je fais est peut etre un leure.

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Erg74 le Sam 5 Sep 2015 - 0:54

Il n'est pas question de sainteté du second mariage (et où est la sainteté d'un premier mariage à l'Eglise lorsque les mariés se marient sans rien connaitre de ce sacrement catholique, voir même sans être croyants ou de religion différentes , mais juste pour le folkore, pour faire plaisir à la grand mère, etc ...)
Si votre mariage à venir neb se fait vous, votre future et Dieu, comme une trinité, et si vous priez en famille, il tiendra toute la vie, j'en suis persuadé

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Erg74 le Sam 5 Sep 2015 - 1:24

Pour conclure en ce qui me concerne, je dirai:

L'Eglise orientale a une vision charismatique fondée sur la miséricorde Divine et la sanctification par les sacrements, en particulier celui de l'Eucharistie.

L'Eglise occidentale a une conception juridique fondée sur le droit Romain. Elle exige la dignité et la perfection morale pour recevoir le sacrement. Pourtant, elle évolue petit à petit: Il y a une cinquantaine d'année, le divorcé était proscrit, interdit d'inhumation religieuse, interdit de baptême pour ses enfants, interdit de sacrements.

Attendons de voir ce qui va sortir du synode.

_________________
« Regardez comme est belle et salutaire la Tradition apostolique que nous avions jadis en commun ! »

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par tous artisans de paix le Sam 5 Sep 2015 - 4:36

Bonjour @Erg74


L'Eglise occidentale a une conception juridique fondée sur le droit Romain.


Je ne suis pas d'accord.


L'Eglise catholique a tout simplement une conception biblique, fondée sur la Bible.


Simplement, elle prend les commandements du Seigneur tels quels. Elle ne recule pas face à la difficulté, elle ne recule pas face à la croix.


Elle fait confiance à Dieu, elle s'en remet à Lui, à sa grâce, pour donner aux fidèles la force d'agir en conformité avec la parole de Dieu, même lorsque cela paraît dur: ce qui est impossible aux hommes est possible pour Dieu et, avec son aide, tout devient possible.


C'est cela, la grâce de Dieu qui nous sanctifie, qui nous transforme, qui nous rend meilleurs.


Les divorcés remariés, dans l'orthodoxie, ont droit, comme tout pécheur, à la confession ainsi qu'à la communion.


Chez nous aussi, les pécheurs ont le droit de communier après avoir confessé leurs péchés.


Mais lorsqu'un pécheur confesse son péché, en principe il s'engage à y renoncer, il s'engage à lutter contre ce péché et à ne plus le commettre.


Il peut lui arriver de chuter à nouveau.


Mais il est supposé lutter contre et non pas accepter de vivre avec ce péché.


Et le sacrement de la réconciliation est là pour l'aider dans cette lutte.


Il faut donc, au moment de la confession, faire le choix de renoncer au péché, pour que la purification puisse s'opérer.


Par ailleurs, voici comment Saint Justin décrivait la messe, au début du deuxième siècle:


Personne ne doit prendre part à l’Eucharistie, sinon celui qui croit à la vérité de notre doctrine, qui a été baptisé pour obtenir le pardon des péchés et la nouvelle naissance, et qui vit selon l’enseignement que le Christ nous a transmis.

Car nous ne prenons pas l’Eucharistie comme un pain ordinaire ou une boisson ordinaire. De même que Jésus Christ notre Sauveur, en s’incarnant par la Parole de Dieu, a pris chair et sang pour notre salut : ainsi l’aliment devenu eucharistie par la prière contenant sa parole, et qui nourrit notre sang et notre chair en les transformant, cet aliment est la chair et le sang de ce Jésus qui s’est incarné. Voilà ce qui nous est enseigné.

En effet, les Apôtres, dans leurs mémoires qu’on appelle évangiles, nous ont ainsi transmis l’ordre de Jésus : Il prit du pain, il rendit grâce et il dit : Faites cela en mémoire de moi. Ceci est mon corps. Il prit la coupe de la même façon, il rendit grâce et il dit : Ceci est mon sang. Et c’est à eux seuls qu’il le distribua. Depuis ce temps, nous n’avons jamais cessé d’en renouveler la mémoire entre nous.

Parmi nous, ceux qui ont de quoi viennent en aide à tous ceux qui sont dans le besoin, et nous sommes toujours unis entre nous. Dans toutes nos offrandes, nous bénissons le créateur de l’univers par son Fils Jésus Christ et par l’Esprit Saint.

Le jour appelé jour du soleil, tous, qu’ils habitent la ville ou la campagne, ont leur réunion dans un même lieu, et on lit les mémoires des Apôtres et les écrits des prophètes aussi longtemps qu’il est possible.
Quand le lecteur a fini, celui qui préside fait un discours pour nous avertir et pour nous exhorter à mettre en pratique ces beaux enseignements.

Ensuite nous nous levons tous et nous faisons ensemble des prières. Puis, lorsque nous avons fini de prier, ainsi que je l’ai déjà dit, on apporte le pain avec le vin et l’eau. Celui qui préside fait monter au ciel des prières et des actions de grâce, autant qu’il en est capable, et le peuple acclame en disant Amen. Puis on distribue et on partage à chacun les dons sur lesquels a été prononcée l’action de grâce ; ces dons sont envoyés aux absents par le ministère des diacres.

Les fidèles qui sont dans l’aisance et qui veulent donner donnent librement, chacun ce qu’il veut ; ce qu’on recueille est remis à celui qui préside et c’est lui qui vient en aide aux orphelins et aux veuves, à ceux qui sont dans le besoin par suite de maladie ou pour toute autre cause, aux prisonniers, aux voyageurs étrangers ; bref, il vient en aide à tous les malheureux.

C’est le jour du soleil que nous faisons tous notre réunion, d’abord parce que c’est le premier jour, celui où Dieu, à partir des ténèbres et de la matière, créa le monde ; et c’est parce que ce jour-là est encore celui où Jésus Christ, notre Sauveur, ressuscita d’entre les morts. La veille du jour de Saturne (du samedi), on l’avait crucifié, et le surlendemain, c’est-à-dire le jour du soleil, s’étant montré à ses Apôtres et à ses disciples, il leur enseigna ce que nous avons exposé.

Saint Justin, (v 100-165), Apologia 1, 66-67


Déjà, on demandait à ceux qui participaient à l'Eucharistie de vivre dans le respect des commandements du Seigneur.


Saint Paul demandait à ce que celui qui communie s'éprouve d'abord lui-même. (1 Corinthiens 11)


Dans l'Ancien Testament, on voit déjà une sorte de préfiguration de cela: il fallait être pur pour toucher aux choses sacrées.


Lévitique 22

1 Yahweh parla à Moïse, en disant :
2 "Parle à Aaron et à ses fils, afin qu'ils s'abstiennent des choses saintes que me consacrent les enfants d'Israël, et qu'ils ne profanent pas mon saint nom. Je suis Yahweh.
3 Dis-leur : Tout homme de votre race qui, dans toutes vos générations; ayant sur lui quelque impureté, s'approchera des choses saintes que les enfants d'Israël consacrent à Yahweh, sera retranché de devant moi. Je suis Yahweh.
4 Tout homme de la race d'Aaron qui aura la lèpre ou une gonorrhée, ne mangera pas des choses saintes, jusqu'à ce qu'il soit pur. Il en sera de même de celui qui aura touché une personne souillée par le contact d'un cadavre, de celui qui aura eu un épanchement séminal,
5 de celui qui aura touché soit un animal rampant qui l'ait rendu impur, soit un homme impur qui lui ait communiqué sa souillure quelle qu'elle soit.
6 Celui qui touchera ces choses sera impur jusqu'au soir et il ne mangera pas des choses saintes ; mais il baignera son corps dans l'eau
7 et, après le coucher du soleil, il sera pur;
il pourra manger alors des choses saintes, car c'est sa nourriture.


De même, on voit dans le livre des nombres que certains étaient privés de célébrer la Paque parce qu'ils ont approché un mort: ils n'étaient plus purs.


Dieu leur permit alors de célébrer la Paque plus tard, afin qu'ils puissent être redevenus purs:


Nombres 9


6 Il y eut des hommes qui, se trouvant impurs à cause d'un mort, ne pouvaient pas célébrer la Pâque ce jour-là. Ils se présentèrent le même jour devant Moïse et Aaron;
7 et ces hommes dirent à Moïse: Nous sommes impurs à cause d'un mort; pourquoi serions-nous privés de présenter au temps fixé l'offrande de Yahweh au milieu des enfants d'Israël?
8 Moïse leur dit: Attendez que je sache ce que Yahweh vous ordonne.
9 Et Yahweh parla à Moïse, et dit:
10 Parle aux enfants d'Israël, et dis-leur: Si quelqu'un d'entre vous ou de vos descendants est impur à cause d'un mort, ou est en voyage dans le lointain, il célébrera la Pâque en l'honneur de Yahweh.
11 C'est au second mois qu'ils la célébreront, le quatorzième jour, entre les deux soirs
; ils la mangeront avec des pains sans levain et des herbes amères.
12 Ils n'en laisseront rien jusqu'au matin, et ils n'en briseront aucun os. Ils la célébreront selon toutes les ordonnances de la Pâque.


Or, le salaire du péché, c'est la mort. Le péché entraîne la mort, la mort est une conséquence du péché. Les deux sont liés.


mort = péché
péché = mort


Approcher un cadavre rendait impur. Pourquoi? Parce qu'approcher la mort, cela signifie toucher au péché. Toucher au péché nous rend impur.


"Laisse les morts enterrer leurs morts"
"Mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé"


On voit encore cette notion de purification avec Jésus qui lave les pieds de ses disciples avant la cène.


Bilan: pour communier, en principe, il faut se purifier régulièrement des ses péchés, par la confession et la pénitence.


Or, quand on confesse sa faute et que l'on fait une pénitence, c'est que l'on reconnait que ce que l'on a fait est mal: si on reconnait que c'est mal, on est supposé rectifier le tir; on n'est pas censé continuer de la même manière.


C'est pourquoi l'idée de faire une pénitence qui autoriserait un remariage nous paraît curieuse. scratch


D'un côté, on reconnaît que quitter son conjoint pour se remarier n'est pas une bonne chose, que c'est une faute; et donc on fait une pénitence pour avoir commis cette faute.


Et en même temps, à l'issue de la pénitence, le remariage - la faute - est autorisé(e).    Confus


Bref.


Quoiqu'il en soit, la différence entre l'Eglise catholique et l'Eglise orthodoxe, c'est que l'Eglise orthodoxe accepte les remariages et considère qu'il n'y a plus de péché une fois que certaines formalités pénitentielles ont été accomplies par celui qui a commis la faute de quitter son conjoint (si j'ai bien compris?)


L'Eglise catholique, quant à elle, s'en tient à ce que le Seigneur Jésus a dit: "Ce que Dieu a uni, que l'Homme ne le sépare pas".


Si l'Eglise a le droit de lier et de délier, elle ne s'autorise pas à délier lorsque le Seigneur Lui-même a expressément demandé à ce que l'Homme ne délie pas ce que Dieu a lié.


(Cas de nullités mis à part, car dans ces cas là, le lien de mariage n'a jamais été valide).


Enfin, Saint Paul en a rajouté une couche:


1 Corinthiens 7

10 Quant aux personnes mariées, j'ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare point de son mari; -
11 si elle en est séparée, qu'elle reste sans se remarier ou qu'elle se réconcilie avec son mari; pareillement, que le mari ne répudie point sa femme.


Saint Paul est très clair: si une personne est séparée de son conjoint, elle ne doit pas se remarier. Et il précise bien qu'il s'agit là d'un ordre qui vient, non pas de lui, mais du Seigneur.


Plus loin, il donnera un conseil et précisera que cela vient de lui:


12 Aux autres, je dis, moi, non le Seigneur: Si quelque frère a une femme qui n'a pas la foi, et qu'elle consente à habiter avec lui, qu'il ne la renvoie point;
13 et si une femme a un mari qui n'a pas la foi, et qu'il consente à habiter avec elle, qu'elle ne renvoie point son mari.


Saint Paul fait donc parfaitement la différence entre ce qui vient de lui et ce qui vient expressément du Seigneur.


Or, Saint Paul nous dit que le Seigneur a expressément demandé à ce que la personne séparée n'aille pas avec quelqu'un d'autre mais demeure seule ou se réconcilie avec son conjoint.


On ne peut pas tellement se tromper: si la parole du Seigneur, dans l'Evangile, n'était pas suffisamment claire, les propos de Saint Paul viennent encore clarifier les choses.


Enfin, Saint Paul va jusqu'à comparer l'union d'un homme et d'une femme à l'Union entre le Christ et son Eglise. Et inversement.


Ephésiens 5

31 À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un.
32 Ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église.
33 Pour en revenir à vous, chacun doit aimer sa propre femme comme lui-même, et la femme doit avoir du respect pour son mari.


D'ailleurs, dans la Bible, l’idolâtrie est toujours comparée à l'adultère, à une infidélité à Dieu, qui avait pourtant conclu une alliance avec son Peuple.


Une alliance, ce n'est donc pas à prendre à la légère.



Dans la paix de Jésus-Christ

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"Procurer la paix à quelqu'un, voilà une des plus grandes joies qu'il nous soit donné de vivre. Nous rencontrons souvent des êtres angoissés, inquiets du lendemain, torturés par le remords, englués dans un conflit, rongés par une maladie sans espoir de guérison. Nous pouvons les aider à se pacifier, par un regard, une simple présence, un toucher, une parole" (Père Guy GILBERT, "Jésus, un regard d'amour")

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Erg74 le Sam 5 Sep 2015 - 10:31

@ tous artisans de paix
Nous connaissons comme vous ces passages de la bible sur l'indissolubilité du mariage, mais il y a la lettre et il y a l'esprit, parce que si l'on s'en tient à la lettre, une affirmation du Christ ou d'un apôtre ne peut être remise en cause... a moins qu'une chose soit dite et son contraire, ce qui sous entend que la règle n'est pas à prendre toujours à la lettre, selon le cas.
Jésus nous dit: "Mais quand le Consolateur sera venu, lequel moi je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de vérité, qui procède du Père, celui-là rendra témoignage de moi." Jn 15,26 
Saint Paul nous avertit : "Car il n'y a qu'un Dieu, et qu'un seul médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus" ( 1 Tim II:5)
Et pourtant ces deux écrits furent "discutés" et l'enseignement modifié Wink
Je pourrai ajouter le "tu ne tueras point" et pourtant Jésus n'a pas critiqué le centurion , le soldat qui donne sa vie (au combat) pour sauver celle des autres.
Toute parole du christ n'est pas forcement à prendre à la lettre, il a bien bien dit: "Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands"

Vous voyez, tout ceci n'est pas simple: Que se diraient aujourd'hui saint Pie X et le pape François s'ils pouvaient se parler ?

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par pedroso le Sam 5 Sep 2015 - 10:39

@Erg74 a écrit:Pour conclure en ce qui me concerne, je dirai:

L'Eglise orientale a une vision charismatique fondée sur la miséricorde Divine et la sanctification par les sacrements, en particulier celui de l'Eucharistie.

L'Eglise occidentale a une conception juridique fondée sur le droit Romain. Elle exige la dignité et la perfection morale pour recevoir le sacrement. Pourtant, elle évolue petit à petit: Il y a une cinquantaine d'année, le divorcé était proscrit, interdit d'inhumation religieuse, interdit de baptême pour ses enfants, interdit de sacrements.

Attendons de voir ce qui va sortir du synode.


C'est incroyable ce que vous racontez la ! Vous ignorez absolument l'histoire de l'Eglise d'Orient manisfestement. L'Eglise orthodoxe fait un sacrilège quand elle communie un divorcé-remarié. Cela il faut que vous le compreniez. Ces gens se condamnent. St Paul l'affirme.
Ce que vous appelez miséricorde est le fruit d'une influence foncièrement politique qui remonte à l'empereur Justinien que vous même avez cité précédemment. C'est une conception erronée de l'Amour de Dieu.
Toute l'histoire disciplinaire et spirituel de l'Eglise d'Orient est mélée de politique. Donc ne venez pas nous dire que l'Eglise catholique ne s'inspire pas de la Sainte Tradition et de la Sainte Ecriture. C'est tout le contraire !

Et ce qui me révulse encore plus c'est que le Card.KASPER prend comme modèle une pratique foncièrement mauvaise pour réformer, soi-disant, l'Eglise catholique. C'est cela le plus grave à mon avis. Après les orthodoxes ils font ce qu'ils veulent c'est leur affaire.

Je vous rappelle un fond historique. Lisez-le sérieusement.


SÉPARATION, DIVORCE, DISSOLUTION DU LIEN ET DEUXIÈME MARIAGE. LES APPROCHES THÉOLOGIQUES ET PRATIQUES DES ÉGLISES ORTHODOXES

par Cyril Vasil, S.J. est l'archevêque, âgé de 49 ans, slovaque, jésuite. Il est le secrétaire de la congrégation pour les Églises orientales au Vatican.


L’influence des droits civils romain et byzantin sur le divorce et sur les seconds mariages

A l’époque préchrétienne, le droit romain autorisait le divorce en général pour deux types de motifs : d’une part par accord entre les deux parties (dissidium), et d’autre part sur la base d’une faute commise par l’une ou l’autre des deux parties (repudium). […]

Le plus grand réformateur du droit romain, l’empereur Justinien (527–565), désirait personnellement que sa réforme du droit relatif au mariage soit également appliquée au sein de l’Église. […] La novelle 117 de Justinien constituait un compromis entre la tradition de l’Église d’Orient - qui autorisait la séparation des époux en cas d’adultère ou pour permettre l’entrée dans un monastère - et le droit romain, qui autorisait le divorce pour un grand nombre d’autres raisons.

On dit souvent que l’Église d’Orient, dans son désir de vivre en harmonie avec les autorités civiles, a fréquemment fait des concessions, portant ainsi atteinte au message de l’Évangile. Mais on peut dire que, au cours du premier millénaire, même en Orient, l’Église a adhéré à l’axiome de Saint Jérôme : “aliæ sunt leges Cæsarum aliæ Christi” (les lois de César sont une chose, les lois du Christ en sont une autre). […]

C’est dans le Nomocanon en 14 titres qui fut compilé en 883 par Photius, le patriarche de Constantinople, que l’on note pour la première fois un véritable changement. Cette collection de textes affirme l’indissolubilité du mariage mais elle fournit également une liste de causes de divorce qui ont été introduites par la législation de Justinien. Le développement ultérieur de l’empire byzantin renforça le rôle de l’Église, tandis que celle-ci acceptait d’avoir une relation d’un nouveau genre avec l’État. […]


et je vous remet le petit passage qui vous a échappé sans doute. Passage qui montre bien que l'Eglise d'Orient fut OBLIGE d'appliqué des lois civiles dans sa pratiques. Lois civiles issu du droit ROMAIN et BYZANTIN.


Jusqu’à la fin du IXe siècle, il était encore possible de se marier civilement, mais en l’an 895, sur la base de la novelle 89 de l’empereur Léon VI, il fut déclaré que l’Église (d'Orient) était la seule institution ayant la compétence légale pour la célébration des mariages. En conséquence, la bénédiction par le prêtre devint une partie nécessaire de l’acte légal du mariage.

C’est de cette façon que l’Église (d'Orient) devint la garante du mariage en tant qu’institution sociale. À la suite de ce changement, les tribunaux ecclésiastiques devinrent progressivement, et de manière définitive en 1086, les seuls organismes compétents pour l’examen des affaires concernant des mariages. Cela eut comme conséquence que l’Église d’Orient dut mettre sa pratique en conformité avec la législation d’état et civile. Dès lors, quand la législation civile commença à autoriser le divorce et les remariages qui y faisaient suite, l’Église d’Orient fut obligée de reconnaître ces pratiques.



Vous faites peut-être bien de conclure. On vous donne la Vérité sur votre Eglise soi-disant modèle du card. Kasper. Pour vous cela ne change rien. Vous savez faire des compromis. Moi je suis très inquiet pour l'avenir de l'Eglise catholique.


P+

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Erg74 le Sam 5 Sep 2015 - 10:53

@pedroso a écrit:L'Eglise orthodoxe fait un sacrilège quand elle communie un divorcé-remarié. Cela il faut que vous le compreniez. Ces gens se condamnent. St Paul l'affirme.

P+
Je ne peux vous laisser dire de nous cet affront !
Dieu seul juge ! qui aurait parié que le larron sur la croix serait le soir même au paradis avec le Seigneur sans même passer par le "purgatoire" ? ... et votre affirmation de sacrilège, un catholique romain de la FSSPX, fidèle à l'enseignement de l'Eglise de toujours qui a fait des millions de saints, vous la retournerait (hostie donnée dans la main, le prêtre qui tourne le dos à Dieu, présence réelle, etc ...)

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Emmanuel le Sam 5 Sep 2015 - 11:02

À ce sujet, le Concile de Trente a tranché, rendant ainsi infaillible cette doctrine. En effet, il n'y a pas que les dogmes ex-cathedra prononcés par le pape qui jouissent de l'infaillibilité doctrinale, mais toute déclaration solennelle faite par les évêques du monde en union avec le Saint-Père lors d'un Concile également.

C'est ce que firent les pères du Concile de Trente en utilisant "l'anathème", expression la plus forte et employée depuis les débuts de l'Histoire de l'Église et même aux temps apostoliques pour réprouver une doctrine hérétique et énoncer une vérité en matière de foi ou de morale:

« Si quelqu'un dit qu'à cause de l'hérésie ou à cause des difficultés de la vie en commun, ou à cause de l'absence systématique d'un époux, le lien du mariage peut être rompu, qu'il soit anathème » (Conc. Trid., sess. XXIV, ch. V.)

« Si quelqu'un dit que l'Eglise s'est trompée quand elle a enseigné et lorsqu'elle enseigne, conformément à la doctrine évangélique et apostolique, qu'à raison de l'adultère d'un des époux le lien du mariage ne peut être rompu et qu'aucun des deux, même l'époux innocent, ne peut, du vivant de l'autre époux, contracter un autre mariage, et que celui qui, ayant renvoyé sa femme adultère en prend une autre, commet un adultère, et pareillement celle qui, ayant renvoyé son époux, s'est unie à un autre : qu'il soit anathème. » (Conc. Trid., sess. XXIV, ch. VII.)

Ces deux déclaration confirment l'enseignement de l'Église et portent le sceau de l'infaillibilité doctrinale.

Fraternellement,

Emmanuel

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par pedroso le Sam 5 Sep 2015 - 11:09

@Erg74 a écrit:
Je ne peux vous laisser dire de nous cet affront !
Dieu seul juge ! qui aurait parié que le larron sur la croix serait le soir même au paradis avec le Seigneur sans même passer par le "purgatoire" ? ... et votre affirmation de sacrilège, un catholique romain fidèle à l'enseignement de l'Eglise de toujours vous la retournerait (hostie donnée dans la main, le prêtre qui tourne le dos à Dieu, présence réelle, etc ...)
Puisque vous citez Saint Paul: il a aussi affirmé que seul Christ était médiateur ( 1 Tim II:5)

Ce que vous appelez un affront c'est l'histoire de l'Eglise d'Orient. Vous voyez bien qu'elle avait bien ( elle a toujours) plus de liens avec l'Etat et ses lois que l'Eglise catholique dont le pape est le chef de pouvoir divin. Aucune loi étatique ne peut donc infléchir la théologie.

Je ne vois pas en quoi communier dans la main est un sacrilège. Par contre communier dans un état d'adultère d'autant plus autorisé et béni par l'Eglise elle-même, est très grave car St Paul dit bien :

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens - Chapitre 11-29 :
Celui qui mange et qui boit mange et boit son propre jugement s’il ne discerne pas le corps du Seigneur.


Sur certains points vous rejoignez les protestants finalement.

P+

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Erg74 le Sam 5 Sep 2015 - 13:51

@pedroso a écrit:


Sur certains points vous rejoignez les protestants finalement.

P+

Oui, c'est vrai, mais quand j'assiste à une messe d'aujourd'hui, je ne vois guère de différence avec un culte protestant ... mais pensez bien que venant du catholicisme et persuadé d'être dans la vérité, je me suis empressé de chercher ce qui nous différencie; et dans l'essentiel, c'est que l'orthodoxie a gardé la doctrine catholique qui nous était commune au premier millénaire. Elle est restée fidèle à la théologie des pères et n'a pas suivi dans la nouvelle doctrine romaine, qui pour l'orthodoxie comporte des erreurs.; d'où le "grand écartement".

Je vous mets un bon résumé de l'essentiel car on pourrait en rajouter ... en copié collé avec le lien en desous



Un peu d’histoire …
A la fin du Premier millénaire, il y avait dans le monde cinq patriarcats (évêchés importants regroupant par régions d’autres évêchés) : Rome, Constantinople, Alexandrie, Jérusalem et Antioche.
Au début du Deuxième millénaire (la date du schisme est 1054), le patriarcat de Rome prend son indépendance, entraînant les évêchés d’Europe occidentale.
Il développe progressivement une doctrine différente de celle des autres patriarcats:
sur la Trinité : le Père et le Fils sont tous deux source unique de l’Esprit (la doctrine orthodoxe est que le Père est source unique du Fils et de l’Esprit, d’après l’Evangile selon saint Jean). Le Symbole de Foi (« Credo ») est modifié par Rome qui y introduit la formule :  » le Saint-Esprit procède du Père et du Fils « ;
sur l’Eglise : le Pape de Rome, appelé  » évêque des évêques « , a une autorité supérieure à celle des conciles – rassemblement des évêques (la doctrine orthodoxe est que tous les évêques sont égaux : un patriarche est un évêque parmi d’autres, le  » premier parmi les égaux « ;
sur Marie la Mère de Dieu : la papauté introduit la doctrine de l’Immaculée conception, suivant laquelle la Vierge aurait été conçue  » sans péché  » (la doctrine orthodoxe est que seul le Christ est sans péché, puisqu’ Il est Dieu) ;
sur le salut : la papauté introduit la doctrine du Purgatoire, lieu spirituel où les défunts expient les péchés de leur vie (cette doctrine n’existe pas dans la tradition orthodoxe) ;
Le patriarcat de Rome développe également une discipline différente de celle des Eglises orthodoxes : les évêques des différents pays sont nommés par le Vatican (dans l’Eglise orthodoxe, les évêques sont élus par les prêtres et les fidèles de chaque diocèse avant d’être consacrés par trois autres évêques) ; le clergé est obligatoirement célibataire (le clergé paroissial orthodoxe est marié, suivant la tradition ancienne de l’Eglise) ;
Dans le domaine liturgique, l’ « épiclèse » – prière à l’Esprit-Saint après les paroles du Christ dans l’Eucharistie – disparaît (elle est conservée dans la liturgie orthodoxe : c’est par l’action du Saint Esprit que le pain et le vin sont identifiés au corps et au sang du Christ).

http://www.sagesse-orthodoxe.fr/jaimerais-savoir/questions-dactualite/culture/religions-et-oecumenisme/quelles-sont-les-differences-entre-catholiques-et-orthodoxes

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Erg74 le Sam 5 Sep 2015 - 13:55

Le divorce par consentement mutuel fut toléré jusqu'à ce qu'une loi, édictée par l'empereur Théodose II en 449 l'interdise ; mais il fut à nouveau autorisé par Justin II en 566. La loi de Justin II ne fut abrogée qu'au VIIIe siècle. Pendant toute cette période, le divorce, avec le droit de se remarier, fut accordé non seulement pour cause d'adultère, mais aussi pour des raisons telles que trahison politique, projet de meurtre, disparition de cinq ans ou plus, accusation d'adultère injustifiée et finalement vœux monastiques de l'un des conjoints.

Aucun Père de l'Église ne dénonça ces lois comme contraires au christianisme.

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Invité le Sam 5 Sep 2015 - 14:05

Vous ne croyez pas au purgatoire? alors que pensez vous des nombreuses visites d'âmes du purgatoire au Saint? notament Saint Padre Pio?

bien à vous

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Emmanuel le Sam 5 Sep 2015 - 14:12

Les explications de la vision "orthodoxe" de l'histoire ci-dessus sont tellement simplistes et erronées qu'on se demande si ça vaut la peine d'y répondre. Ouf.

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Erg74 le Sam 5 Sep 2015 - 14:13

@Emmanuel a écrit:À ce sujet, le Concile de Trente a tranché, rendant ainsi infaillible cette doctrine.
Emmanuel

Pour l'Eglise orthodoxe les sept premiers conciles œcuméniques dont le derniers fût convoqué à Nicée en 787, sont les seuls conciles infaillibles et d'autorité universelle que reconnaît notre Eglise. Elle ne s'est jamais éloignée d'eux. Rappelons à cet effet que l'Eglise Orthodoxe n'a connu ni la Scolastique médiévale de l'Occident ni la Réforme et la Contre-Réforme. Rappelons aussi que l'Orthodoxie ne cherche pas à convaincre .

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Erg74 le Sam 5 Sep 2015 - 14:13

Eucharistie a écrit:Vous ne croyez pas au purgatoire? alors que pensez vous des nombreuses visites d'âmes du purgatoire au Saint? notament Saint Padre Pio?

bien à vous

Tous ici argumenter avec des paroles d’apôtres ou de Jésus ... donnez m'en sur le purgatoire !

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Invité le Sam 5 Sep 2015 - 14:29

1 Corinthiens 3, 15 si son oeuvre est consumée, il en subira la perte; quant à lui, il sera sauvé, mais comme à travers le feu.

Matthieu 5, 25 Hâte-toi de t'accorder avec ton adversaire, tant que tu es encore avec lui sur le chemin, de peur que l'adversaire ne te livre au juge, et le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison.
Matthieu 5, 26 En vérité, je te le dis : tu ne sortiras pas de là, que tu n'aies rendu jusqu'au dernier sou.

Malachie : « Le Seigneur purifiera les enfants de Lévi, et il les passera au creuset comme l’or. »

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Emmanuel le Sam 5 Sep 2015 - 14:42

@Erg74 a écrit:
@Emmanuel a écrit:À ce sujet, le Concile de Trente a tranché, rendant ainsi infaillible cette doctrine.
Emmanuel
Pour l'Eglise orthodoxe  les sept premiers conciles œcuméniques dont le derniers fût convoqué à Nicée en 787,  sont les seuls conciles infaillibles et d'autorité universelle que reconnaît notre Eglise. Elle ne s'est jamais éloignée d'eux. Rappelons à cet effet que l'Eglise Orthodoxe n'a connu ni la Scolastique médiévale de l'Occident ni la Réforme et la Contre-Réforme. Rappelons aussi que l'Orthodoxie ne cherche pas à convaincre .
Si une église s'était séparée de Pierre en l'an 200 avant le Concile de Nicée, par exemple, elle aurait pu proclamer comme vous "qu'elle a conservé les enseignements et les traditions de l'Église" alors que les autres ont innové, en développant la doctrine de l'union hypostatique, de la Trinité ou de Marie Mère de Dieu.

À toute époque, un groupe de catholiques aurait pu faire cela et s'arroger le principe de la "préservation des principes originaux".

La vérité est qu'à travers l'Histoire, l'Esprit-Saint a toujours inspiré l'Église dans le développement de sa doctrine afin que la compréhension de la Révélation devienne toujours plus près de "la vérité toute entière".

Tout comme dans mon scénario ci-dessus, l'histoire de l'Église aurait continué de se poursuivre après l'an 200, de la même manière, l'histoire de l'Église ne s'est pas arrêtée en 1054 et l'Esprit-Saint n'a pas cessé d'inspirer les Conciles parce qu'un groupe s'est séparé de la vigne.

Pour le reste, concernant le Purgatoire, la mention faite ci-dessus est fausse, les orthodoxes ayant une version du Purgatoire qui est simplement différente dans la façon dont ils le conçoivent mais qui lui ressemble en plusieurs aspects néanmoins.

À propos de Marie "conçue sans péché" qui poserait problème car ce privilège serait réservé au Christ qui est Dieu, alors, il y a un problème, car Adam et Ève également ont été créés sans la Faute originelle.

Il y a un problème au niveau de l'Évangile également, alors que l'ange désigne Marie comme "comblée de grâces". Or, la grâce, à l'époque de la Sainte Vierge, avait été perdue par l'homme et ce n'est que la Rédemption du Christ qui a permis à nouveau aux hommes d'en vivre en recevant le Baptême. Marie ne pouvait donc pas avoir la Grâce à l'époque de l'apparition de l'ange, à moins qu'elle aie été préservée de la Faute originelle par un privilège spécial.

Je pourrais continuer, mais je ne perçois vraiment pas d'ouverture de votre part, @Erg74. Ce qui m'amène à nouveau à me demander si vous êtes venu ici pour polémiquer et mener des querelles doctrinales, ou pour échanger dans le respect du caractère catholique du forum et de la foi catholique.

Fraternellement,

Emmanuel

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Erg74 le Sam 5 Sep 2015 - 23:39

@Emmanuel a écrit:
Je pourrais continuer, mais je ne perçois vraiment pas d'ouverture de votre part, @Erg74. Ce qui m'amène à nouveau à me demander si vous êtes venu ici pour polémiquer et mener des querelles doctrinales, ou pour échanger dans le respect du caractère catholique du forum et de la foi catholique.

Fraternellement,

Emmanuel

Je n'ai aucune envie de querelles doctrinales, ça ne m’intéresse absolument pas. D'ailleurs, j'aimerai qu'on ne me demande plus ce qui nous différencie, il y a des livres pour cela; au mieux je peux vous en indiquer quelques uns de très sérieux  ... à  partir de là, il n'y a pas de raison pour que ça ne se passe pas bien ...
Il faut dire que ce sujet est "brûlant" et je sais de quoi je parle puisque je suis un divorcé remarié
... j'ai hâte de voir ce qui va sortir du synode.


Un jour, un prêtre de la FSSPX m' a dit:  "si tu meurs dans cet état de péché mortel,  tu vas en Enfer". Pour avoir droit au sacrement de pénitence, il aurait fallu que nous vivions comme frère et sœur mais  nous n'y sommes pas arrivé (j'aurai peut être du prendre une femme moche ) . Alors je lui ai posé cette question, pour montrer ce qui me paraissait illogique : " Puisque par ma faiblesse, je suis condamné à l'enfer: Damné pour damné, si je tue mon ex, je ne serai plus en état d'adultère puisque je serai veuf ? Et les sacrements ne sont pas interdit aux criminels ! "



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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par tous artisans de paix le Dim 6 Sep 2015 - 2:37

Bonjour @Erg74


Vous êtes donc divorcé-remarié? J'avoue que je m'en doutais un peu. Du moins, je me posais la question. Very Happy


Loin de moi de vous jeter la pierre!


Je ne vous juge pas: j'ignore ce que vous avez traversé et Dieu est Seul juge.


Lui Seul peut porter un jugement sur vous. Qui suis-je, moi, pour vous juger?


Mais je dois néanmoins dire ce que j'ai à dire et je vous prie de me pardonner si je devais vous causer de la peine, par mes paroles.


J'ai toujours de la compassion pour les divorcés-remariés qui ne peuvent plus communier. Crying or Very sad


Je me dis que c'est triste, d'être ainsi coupé du Seigneur. Je ne sais pas ce que je ferais, si je ne pouvais plus communier.  Sad


Je ne les envie pas, les pauvres.


Néanmoins - ce que je vais dire n'est vraiment pas facile à dire - il leur est demandé de faire un choix (certes, difficile):


- soit pouvoir communier et choisir de se séparer de leur second conjoint (ou au moins, s'ils en sont capables, de renoncer à avoir des relations charnelles avec lui et de vivre ensemble comme frère et sœur).


- soit renoncer à communier et demeurer avec leur second conjoint.


Ils ont choisi le conjoint plutôt que la communion.


En d'autres termes, ils ont donné la priorité au conjoint, plutôt qu'au Seigneur.


Or, cela peut sembler difficile au premier abord, mais il est bien écrit:


Luc 14

26 « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.
27 Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple.


Dieu doit toujours être mis à la première place. C'est connu. L'Eglise catholique n'invente rien.


On a vu des convertis perdre leur famille, leurs enfants, leurs amis, leur position sociale, leur réputation... même leur vie, parfois.


Le rabbin Drach, lorsqu'il s'est converti au catholicisme (19ème siècle), a failli perdre ses enfants.


Sa femme était d'abord partie avec eux, je crois. Mais il a pu finalement retrouver ses enfants, il me semble.


Mais malheureusement, les convertis sont souvent confrontés à ce genre de situations très difficiles, où ils doivent faire un choix entre le Seigneur et leur famille, leurs amis, leur situation sociale....


Dans certains pays, quitter l'Islam pour se convertir au christianisme est passible de mort.


Suivre le Seigneur et obéir à ses commandements implique des sacrifices: Jésus ne nous a pas pris en traîtres, il nous a bien avertis qu'il fallait "calculer la dépense".


Il a bien insisté sur la nécessité d'accepter de renoncer à soi-même, de faire face à l'adversité.


On ne s'engage pas à Sa suite à la légère.


Il faut savoir que cela implique de porter une croix (mais que de compensations en ce monde et quelle belle récompense en retour! Very Happy )


Ce n'est pas pour rien que Jésus disait:


Luc 14

28 Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ?
29 Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever, tous ceux qui le verront vont se moquer de lui :
30 “Voilà un homme qui a commencé à bâtir et n’a pas été capable d’achever !”
31 Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ?
32 S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander les conditions de paix.
33 Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple.
34 C’est une bonne chose que le sel ; mais si le sel lui-même se dénature, avec quoi lui rendra-t-on sa saveur ?
35 Il ne peut servir ni pour la terre, ni pour le fumier : on le jette dehors ! Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende !


Ne vous méprenez-pas!


Je ne dis pas qu'un divorcé-remarié n'aime pas le Seigneur. Et encore moins que le Seigneur ne l'aime pas!


Le Seigneur est un Père, qui aime tendrement ses enfants et qui attend patiemment le retour de ceux qui se sont éloignés.


Quant au divorcé remarié, c'est sans doute un chrétien sincère et qui aime le Seigneur.


Mais c'est, je pense, un chrétien qui a besoin de se rapprocher encore davantage du Seigneur, qui a besoin de grandir dans l'amour du Seigneur et de progresser dans la foi, afin d'être véritablement en mesure de mettre le Seigneur à la première place.


En tout cas, cela permet de mieux comprendre la position du pape, qui semble (?) vouloir que les divorcés-remariés soient réintégrés à la vie de l'Eglise.


Comment progresser dans la foi, comment se rapprocher du Seigneur, comment grandir dans l'amour du Seigneur, loin de son Eglise?


Comment trouver la force de faire ce qu'il faut, loin du Seigneur?


Comment poursuivre sa conversion, comment résister à la tentation et être en mesure de renoncer à son péché, loin de l'Eglise?


Ne sont-ce pas les malades, qui ont besoin du médecin? Le Seigneur n'est-il pas venu appeler les pécheurs à la conversion?


Quoiqu'il en soit, je le répète: je ne vous jette pas la pierre.


D'une part, parce que je n'ai pas à vous juger.


D'autre part, parce que je n'ai jamais été confrontée à ce que vous vivez: aurais-je eu le force de résister, à votre place?


J'aimerais le croire.


Mais comment l'affirmer avec certitude? Pierre disait qu'il irait jusqu'à mourir pour le Seigneur. Et pourtant, il l'a renié trois fois!


Donc, je ne vous juge pas. Mais ne pas juger ne veut pas dire qu'il ne faille pas dénoncer ce qui ne va pas.


C'est le péché que l'on doit dénoncer, non le pécheur que l'on doit condamner.


Aussi, je devais dire ce que je devais dire. En espérant que vous ne m'en voudrez pas trop.


C'est difficile de devoir dire certaines choses, mais c'est pourtant un devoir envers nos frères que de leur rappeler certaines vérités: le Seigneur doit être mis à la première place.


@Erg74, je vous souhaite de tout coeur de retrouver la paix à l'égard de l'Eglise catholique.


(Et de ne pas non plus en vouloir au Seigneur, soit dit en passant)


Je sens une certaine amertume à l'égard de l'Eglise catholique, dans vos propos.


Mais interrogez-vous: cette amertume ne viendrait-elle pas de ce que vous vous doutez, dans le fond, qu'elle a raison?


N'essayez-vous pas de vous rassurer en vous disant que l'Eglise orthodoxe a raison, parce que la position de cette Eglise vous arrange?


En suivant d'aussi près le Synode, n'essayez-vous pas de vous rassurer, en vous disant que l'Eglise catholique se rangera finalement à l'avis de l'Eglise orthodoxe?  


En vérité, l'Eglise orthodoxe, en tolérant certaines choses, n'aurait-elle pas choisi la solution de facilité?


N'aurait-elle pas "tiédi"? N'aurait-elle pas perdu un peu de son mordant, n'aurait-elle pas perdu un peu de son "sel"?


Luc 14

34 C’est une bonne chose que le sel ; mais si le sel lui-même se dénature, avec quoi lui rendra-t-on sa saveur ?
35 Il ne peut servir ni pour la terre, ni pour le fumier : on le jette dehors ! Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende !


Que faire alors?


Interroger l'Esprit Saint. Lui demander conseil. Feuilleter la Bible, demander à Dieu sa Lumière, lui demander où se trouve la Vérité.


Puis courir vers Jésus et déposer son fardeau au pied de sa croix, en lui demandant, en retour, la grâce par laquelle tout est possible et sans laquelle on ne peut rien.


Que le Dieu de paix vous réconforte et vous fortifie dans la foi.


Qu'il vous fasse sentir son amour pour vous et vous donne de l'aimer toujours davantage. Qu'il vous donne sa paix.


Et qu'il fasse de même pour chacun d'entre nous.  Jésus confiance


Dans la paix de Jésus Christ. Coucou


PS: Vous disiez avoir fréquenté la FSSPX. A noter, tout de même, que la FSSPX n'est pas en pleine communion avec l'Eglise catholique.

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"Procurer la paix à quelqu'un, voilà une des plus grandes joies qu'il nous soit donné de vivre. Nous rencontrons souvent des êtres angoissés, inquiets du lendemain, torturés par le remords, englués dans un conflit, rongés par une maladie sans espoir de guérison. Nous pouvons les aider à se pacifier, par un regard, une simple présence, un toucher, une parole" (Père Guy GILBERT, "Jésus, un regard d'amour")

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par pedroso le Dim 6 Sep 2015 - 13:29

@Erg74 a écrit:Je n'ai aucune envie de querelles doctrinales, ça ne m’intéresse absolument pas. D'ailleurs, j'aimerai qu'on ne me demande plus ce qui nous différencie, il y a des livres pour cela; au mieux je peux vous en indiquer quelques uns de très sérieux  ... à  partir de là, il n'y a pas de raison pour que ça ne se passe pas bien ...
Il faut dire que ce sujet est "brûlant" et je sais de quoi je parle puisque je suis un divorcé remarié
... j'ai hâte de voir ce qui va sortir du synode.


Tout le monde a hâte de voir ce qu'il va se passer. Que va décidé le pape ? Pour moi, et beaucoup de cardinaux, c'est faire le choix en une conception laxiste voir marxiste de la miséricorde contre une pratique plus proche de la Parole de Jésus.
Le pape a voulu donné la parole à tous les évêques on verra bien où tout cela nous ménera car dans le fond il s'agit bien de doctrine plus que de pratique.

@Erg74 a écrit:
Un jour, un prêtre de la FSSPX m' a dit:  "si tu meurs dans cet état de péché mortel,  tu vas en Enfer". Pour avoir droit au sacrement de pénitence, il aurait fallu que nous vivions comme frère et sœur mais  nous n'y sommes pas arrivé (j'aurai peut être du prendre une femme moche ) . Alors je lui ai posé cette question, pour montrer ce qui me paraissait illogique : " Puisque par ma faiblesse, je suis condamné à l'enfer: Damné pour damné, si je tue mon ex, je ne serai plus en état d'adultère puisque je serai veuf ? Et les sacrements ne sont pas interdit aux criminels ! "


Là où le raisonnement devient presque absurde voir fallacieux c'est quand on utilise toujours l'argumentaire de la "faiblesse". Certes nous sommes faibles et pécheurs mais le but de la Parole et l'Objectif de l'Eglise c'est de nous mener vers une forme de sainteté sinon la sainteté même (pour certains). La Vérité, la sainteté ne sont plus le dénominateur de la foi mais la faiblesse humaine. Pour moi ce prêtre a raison. L'enfer est pavé de bon sentiment.

Un criminel qui se confesse et se repent véritablement et ne commet plus de meurtre peut communier. Un divorcé-remarié qui se confesse mais continue de pécher à cause de sa situation d'adultère permanente ne peut pas communier. Va et ne pèche plus ! dit le Christ. Ce n'est pas le cas des divorcé remarié. Personne n'a de droit sur l'eucharistie. Et j'ai l'impression en vous lisant que c'est plus par jalousie enfantine que par véritable foi que vous réclamez la communion.

En ce sens je trouve que la pratique de l'Eglise catholique en la matière se rapproche de la Vérité de la Parole contrairement à l'Eglise orthodoxe comme on l'a vu à travers l'histoire, a intégré par compromission et par obligation des lois civiles sur le divorce facilitant ainsi les remariages. Ce n'est pas vrai que l'Eglise orthodoxe se réclame de l'Eglise primitive en tout cas sur ce sujet. Je reconnais effectivement que sa liturgie est belle mais ni sa doctrine, ni sa théologie, si sa pratique ne sont à prendre. Au regard du résumé que vous avez donné plus haut. On y voit à travers ce simple résumé un déconcertante simplicité d'esprit théologique qui n'a pas fructifié, qui ne s'est développé depuis justement le 8e siècle. L'Esprit saint est vivant et il irrigue le corps pour que celui se développe et grandisse. C'est le cas de l'Eglise catholique avec des défauts certes mais beaucoup plus développé que la vôtre.
Finalement je m'étais trompé sur votre église. Je la voyais plus rigoureuse, plus proche de la Tradition primitive mais au contraire c'est navrant sauf sur la liturgie comme je le disais.

P+

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Erg74 le Dim 6 Sep 2015 - 15:26

On parle toujours des divorcés remariés, mais il en est de même pour ceux qui vivent maritalement, et ils sont nombreux (jeunes couples non mariés, divorcés non remariés mais en couple). Pourquoi l'Eglise parle t'elle des remariés, car ce remariage n'est qu'une parodie civile ?
En fait je suis plus attaché au sacrement de pénitence qu'à l'Eucharistie car il redonne la grâce.
Maintenant, pensez vous qu'il pourrait sortir de ce synode un ordre aux prêtres de ne plus marier le gens (bien que le prêtre ne soit que le témoin de l'Eglise) si le sacrement du mariage n'est pas compris ?

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Erg74 le Dim 6 Sep 2015 - 15:48

Trouvé sur "La vie"...

Le retour à l'Eglise des débuts

« Il est indubitable que, dans l’Église des débuts, beaucoup d’Églises locales, en vertu d’un droit coutumier, pratiquaient, après un temps de repentir, la tolérance pastorale, la clémence et l’indulgence. Il faut peut-être également inclure dans le contexte de cette pratique le canon 8 du concile de Nicée (325), tourné contre le rigorisme de Novatien. Ce droit coutumier est expressément signalé par Origène, qui ne le juge pas déraisonnable. De même Basile le Grand, Grégoire de Nazianze et quelques autres y font référence. Ils expliquent le “pas déraisonnable” par l’intention pastorale d’“éviter le pire”. (…) J. Ratzinger a suggéré de reprendre d’une manière nouvelle l’opinion de Basile. Il semble que ce soit une solution appropriée, qui est également à la base des réflexions que je vous livre aujourd’hui. Nous ne pouvons pas faire référence à l’une ou l’autre interprétation historique, qui reste toujours sujette à controverse, pas plus que nous ne pouvons reproduire simplement les solutions de l’Église des débuts dans notre situation présente, qui est complètement différente. Cependant, dans la situation actuelle changée, nous pouvons en reprendre les concepts de base et chercher à les concrétiser aujourd’hui, d’une manière juste et équitable à la lumière de l’Évangile. »

Eviter le pire

« Cette voie possible ne serait pas une solution générale. Ce n’est pas la voie large de la grande masse, mais plutôt la voie étroite de la partie probablement la plus petite des divorcés remariés, sincèrement intéressée par les sacrements. Ne faut-il pas éviter le pire précisément sur ce point ? En effet, lorsque les enfants des divorcés remariés ne voient pas leurs parents s’approcher des sacrements, d’habitude ils ne trouvent pas non plus le chemin vers la confession et vers la communion. Est-ce que nous ne prendrons pas en compte le fait que nous perdrons aussi la génération suivante et peut-être même celle qui viendra ensuite ? Est-ce que notre pratique confirmée ne se montre pas contreproductive ? »


Et un commentaire qui ne manque pas de bon sens:
Lorsque le Christ recommandait de ne pas séparer ce que Dieu avait uni , Il s'adressait au juifs , pour lesquels il était permis de se séparer avec une grande facilité de leur épouse par une simple lettre de répudiation , Il attirait alors leur attention sur le caractère sacré du mariage ce que les premiers chrétiens avaient parfaitement compris ...alors que plus tard l'église en a fait une obligation de vivre seul si la vie de couple devient impossible.

http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/sur-les-divorces-remaries-la-theologie-sereine-du-cardinal-kasper-03-03-2014-50491_16.php

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par doucenuit le Dim 6 Sep 2015 - 16:08

Bonjour,je vous lis car le sujet m'interesse étant moi-même divorcée et étant allée me confesser récemment,cela faisait un bail et plus..et j'en avais une envie urgente étant consciente de la gravité de mes actes (divorce,avortement par r.u je précise car je n'aurai pas pu prendre la décision d'un avortement chirurgical et c'est ce qui m'a induit en erreur à l'époque,l'impression que cela soit fait "proprement" )et donc même si la confession n'a duré qu'une vingtaine de minutes,j'aurai aimé pouvoir parler davantage avec le prêtre,..enfin il manque de prêtres,peut-être est-ce là la raison,toujours est-il que lorsque je lui parlais de mon désir de communier sans le pouvoir à cause de mon divorce il m'a dit que oui je pouvais communier de tps en tps ce qui me laisse un peu perplexe car je m'attendais à un oui ou à un non mais du coup je me demande quand y aller où pas,ceci dit je préfère bien entendu cette réponse à un non catégorique et le Père me suis-je dis à ces raisons et sait ce qu'il dit..je crois que l'essentiel est un profond repentir et si on se retrouve devant le prêtre après tant d'années d'abandon de la foi,cela ne peut être que sincère car ce n'est pas si facile de refaire les premiers pas vers l'église et surtout la confession..Dieu m'y a aidé,la Vierge Marie m'a guidé,Alleluia,Merci Seigneur Jésus

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Invité le Dim 6 Sep 2015 - 16:15

Dieu ne condamne personne, c'est l'âme elle même qui se met en enfer volontairement ! Dieu veut tous nous sauver ! ne l'a t'il pas prouver à la Croix????

Ceci dit , mourrir en état de péché mortel nous "complique la tâche" si je puis dire pour choisir notre éternité (Paradis, ou enfer), au moment où nous verrons notre Seigneur face à face (Jugement ), mais rien n'est impossible à Dieu !

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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par Neb le Dim 6 Sep 2015 - 16:21

Doucenuit :
La réponse du prêtre me parait bizare.
A mon avis l'idéal serait d'alors voir un autre prêtre qui ne chronomètre pas ses confessions et qui vous donne une réopnse clair et net.
De lui poser clairement la question. Et s'il dit pas oui franchement, lui demander pourquoi et ce que vous devez faire.

Une fois confessé validement de ses péchés normalement on peut communier.


Neb
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Re: au sujet des divorcés-remariés

Message par tous artisans de paix le Dim 6 Sep 2015 - 16:24

Bonjour @Erg74


J'ai l'impression que vous avez simplement éludé tout ce qui vous a été dit, sans chercher réellement à vous interroger sur le sujet.


C'est dommage.  Désolé


Vous dites être plus attaché au sacrement de pénitence qu'à la communion, car, dites-vous, "le sacrement de pénitence redonne la grâce".


Oui la pénitence redonne la grâce... à condition de regretter son péché et de choisir d'y renoncer.


On ne fait pas une pénitence dans l'espoir que cette pénitence nous donnera le droit de persévérer dans l'erreur.


À cet égard vaut la norme répétée par Jean-Paul II dans l'Exhortation apostolique postsynodale Familiaris consortio, n° 84 : « La réconciliation par le sacrement de pénitence – qui ouvrirait la voie au sacrement de l’Eucharistie – ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l’indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement que, lorsque l’homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs – par exemple l’éducation des enfants –, remplir l’obligation de la séparation, “ils prennent l’engagement de vivre en complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux” ». Cf. aussi Benoît XVI, Exhortation apostolique postsynodale Sacramentum caritatis, n° 29.


Vous citez, plus haut, le cardinal Ratzinger.


Alors, voici ce qu'il disait très exactement à propos des divorcés-remariés (ee vous invite à lire tout particulièrement le point n'°2):


À PROPOS DE QUELQUES OBJECTIONS À LA DOCTRINE DE L'ÉGLISE CONCERNANT LA RÉCEPTION DE LA COMMUNION EUCHARISTIQUE DE LA PART DES FIDÈLES DIVORCÉS REMARIÉS (1)

Joseph Card. Ratzinger



La Lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi concernant la réception de la communion eucharistique de la part des fidèles divorcés remariés du 14 septembre 1994 a rencontré un grand écho en divers lieux de l’Église. À côté de nombreuses réactions positives, on a aussi entendu bon nombre de critiques. Les objections essentielles faites à la doctrine et à la pratique de l’Église sont présentées ci-dessous sous une forme par ailleurs simplifiée.

Certaines objections plus significatives – surtout la référence à la pratique, jugée plus souple, des Pères de l’Église, qui inspirerait la pratique des Églises orientales séparées de Rome, de même que l’invitation à recourir aux principes traditionnels de l’epikeia et de l’aequitas canonica – ont été étudiées d’une manière approfondie par la Congrégation pour la doctrine de la foi. Les articles des professeurs Pelland, Marcuzzi et Rodriguez Luño (2) ont été élaborés au cours de cette étude. Les résultats principaux de cette recherche, qui indiquent la direction d’une réponse aux objections avancées, seront également brièvement résumés ici.


1. Beaucoup estiment, alléguant divers passages du Nouveau Testament, que la parole de Jésus sur l’indissolubilité du mariage permet une application souple et ne peut pas être classée avec rigidité dans une catégorie juridique.

Quant à l’indissolubilité du mariage, certains experts ont avancé, de manière critique, que le Magistère citerait presque exclusivement une seule péricope – c’est-à-dire Mc 10, 11-12 – et ne tiendrait pas suffisamment compte d’autres passages de l’évangile de Matthieu et de la première lettre aux Corinthiens. Ces passages bibliques mentionneraient quelques « exceptions » à la parole du Seigneur sur l’indissolubilité du mariage, c’est-à-dire dans le cas de la porneia (cf. Mt 5, 32 ; 19, 9) et dans celui de la séparation pour raison de foi (cf. 1 Co 7, 12-16). Ces textes seraient des indications que les chrétiens se trouvant dans des situations difficiles auraient connu, déjà aux temps apostoliques, une application souple de la parole de Jésus.

On doit répondre à cette objection que les documents magistériels n’ont pas l’intention de présenter d’une manière complète et exhaustive les fondements bibliques de la doctrine sur le mariage. Ils laissent cette tâche importante aux experts compétents. Le Magistère souligne cependant que la doctrine de l’Église sur l’indissolubilité du mariage découle de la fidélité envers la parole de Jésus. Jésus définit clairement la pratique vétérotestamentaire du divorce comme une conséquence de la dureté du cœur de l’homme. Il renvoie – au-delà de la loi – au commencement de la création, à la volonté du Créateur, et résume son enseignement par ces mots : « Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mc 10, 9.) Avec la venue du Rédempteur, le mariage est donc ramené à sa forme originelle à partir de la création et soustrait à l’arbitraire humain, surtout à l’arbitraire du mari car, de fait, il n’y avait pas en réalité de possibilité de divorce pour la femme. La parole de Jésus sur l’indissolubilité du mariage est le dépassement de l’ancien ordre de la loi par l’ordre nouveau de la foi et de la grâce. C’est seulement ainsi que le mariage peut rendre pleinement justice à l’appel de Dieu à l’amour et à la dignité humaine, et devenir un signe de l’Alliance d’amour inconditionnel de la part de Dieu, c’est-à-dire un « sacrement » (cf. Ep 5, 32).

La possibilité d’une séparation, que Paul envisage en 1 Co 7, concerne les mariages entre un conjoint chrétien et un autre qui n’est pas baptisé. La réflexion théologique postérieure a clarifié le fait que seuls les mariages entre baptisés sont « sacrement », au sens strict du mot, et que l’indissolubilité absolue ne vaut que pour les mariages qui se situent dans le cadre de la foi dans le Christ. Ce que l’on appelle le « mariage naturel » a sa dignité à partir de l’ordre de la création et est donc orienté vers l’indissolubilité, mais il peut être dissous, dans des circonstances déterminées, en raison d’un bien plus élevé, en l’occurrence la foi. Ainsi, la systématisation théologique a classifié juridiquement l’indication de saint Paul comme « privilège paulin », c’est-à-dire comme possibilité de dissoudre, pour le bien de la foi, un mariage non sacramentel. L’indissolubilité du mariage vraiment sacramentel est donc sauvegardée ; il ne s’agit donc pas d’une exception à la Parole du Seigneur. Nous y reviendrons plus loin.

En ce qui concerne la compréhension correcte des clauses sur la porneia, il existe une vaste littérature avec beaucoup d’hypothèses diverses, même contradictoires. De fait, il n’y a pas, parmi les exégètes, unanimité sur cette question. Beaucoup pensent qu’il s’agit ici d’unions matrimoniales invalides et non pas d’exceptions à l’indissolubilité du mariage. En tout cas, l’Église ne peut construire sa doctrine et sa pratique sur des hypothèses exégétiques incertaines. Elle doit s’en tenir à l’enseignement clair du Christ.


2. D’autres objectent que la tradition patristique laisserait place à une pratique plus différenciée, qui rendrait mieux justice aux situations difficiles ; à ce propos, l’Église catholique pourrait apprendre quelque chose du principe d’« économie » des Églises orientales séparées de Rome.

On affirme que le Magistère actuel ne s’appuierait que sur un filon de la tradition patristique, mais non pas sur tout l’héritage de l’Église ancienne. Si les Pères s’en sont clairement tenus au principe doctrinal de l’indissolubilité du mariage, certains d’entre eux ont toléré, sur le plan pastoral, une certaine souplesse devant des situations particulières difficiles. Sur cette base, les Églises orientales séparées de Rome auraient développé plus tard, à côté du principe d’« acribie », de la fidélité à la vérité révélée, le principe de l’« économie », c’est-à-dire de la condescendance bienveillante, dans des circonstances particulières difficiles. Sans renoncer au principe de l’indissolubilité du mariage, elles permettraient, dans des cas déterminés, un deuxième et même un troisième mariage qui, par ailleurs, est différent du premier mariage sacramentel et est marqué du caractère de la pénitence. Cette pratique n’aurait jamais été condamnée explicitement par l’Église catholique. Le Synode des évêques de 1980 aurait suggéré d’étudier à fond cette tradition, afin de mieux faire resplendir la miséricorde de Dieu.

L’étude faite par le Père Pelland montre la direction où il faut chercher la réponse à ces questions. Pour l’interprétation des textes patristiques pris en particulier, l’historien reste naturellement compétent. Étant donné la difficulté de situer ces textes, les controverses ne s’apaiseront pas, même dans le futur. Du point de vue théologique, on doit affirmer :

a) Il existe un clair consensus des Pères en faveur de l’indissolubilité du mariage. Puisque celle-ci découle de la volonté du Seigneur, l’Église n’a aucun pouvoir sur elle. C’est bien pour cela que, dès le début, le mariage chrétien fut différent du mariage de la civilisation romaine même si, dans les premiers siècles, il n’existait encore aucune réglementation canonique le concernant. L’Église du temps des Pères exclut clairement le divorce et un nouveau mariage, et cela à cause d’une obéissance fidèle au Nouveau Testament.

b) Dans l’Église du temps des Pères, les fidèles divorcés remariés ne furent jamais admis officiellement à la sainte communion après un temps de pénitence. Il est vrai, en revanche, que l’Église n’a pas rigoureusement révoqué en tous les pays des concessions en la matière, même si elles étaient qualifiées de non compatibles avec la doctrine et la discipline. Il semble qu’il soit également vrai que certains Pères, par exemple Léon le Grand, ont cherché des solutions « pastorales » pour de rares cas limites.

c) Par la suite, on en arriva à deux développements opposés l’un à l’autre :

- Dans l’Église impériale, après Constantin, on chercha, à la suite de l’imbrication toujours plus forte entre l’État et l’Église, une plus grande souplesse et une plus grande disponibilité au compromis dans des situations matrimoniales difficiles. Jusqu’à la réforme grégorienne, cette tendance se manifesta aussi dans les milieux gaulois et germanique. Dans les Églises orientales séparées de Rome, ce développement se poursuivit au cours du second millénaire et conduisit à une pratique toujours plus libérale. Il existe aujourd’hui, en de nombreuses Églises orientales, toute une série de motifs de divorce, sinon même une « théologie du divorce », qui n’est, en aucune manière, conciliable avec les paroles de Jésus sur l’indissolubilité du mariage. Ce problème doit être absolument abordé dans le dialogue œcuménique.

- En Occident, grâce à la réforme grégorienne, on retrouva la conception originelle des Pères. Ce développement trouva, d’une certaine manière, sa confirmation lors du concile de Trente et fut à nouveau proposé comme doctrine de l’Église par le concile Vatican II.

La pratique des Églises orientales séparées de Rome, conséquence d’un processus historique complexe, d’une interprétation toujours plus libérale – et qui s’éloignait toujours davantage de la Parole du Seigneur – de certains passages patristiques obscurs, influencée aussi à l’évidence par la législation civile, ne peut pas, pour des motifs doctrinaux, être assumée par l’Église catholique. À cet égard, il n’est pas exact d’affirmer que l’Église catholique aurait simplement toléré la pratique orientale. Certes, le concile de Trente n’a prononcé aucune condamnation formelle. Néanmoins, les canonistes médiévaux en ont parlé constamment comme d’une pratique abusive. De plus, il existe des témoignages selon lesquels des groupes de fidèles orthodoxes, qui devenaient catholiques, devaient signer une confession de foi avec mention expresse de l’impossibilité d’un second mariage.


3. Beaucoup proposent de permettre des exceptions à la norme ecclésiale, sur la base des principes traditionnels de l’epikeia et de l’aequitas canonica.

Certains cas matrimoniaux, dit-on, ne peuvent être réglés au for externe. L’Église pourrait non seulement renvoyer à des normes juridiques, mais devrait aussi respecter et tolérer la conscience des individus. Les doctrines traditionnelles de l’« épikie » et de l’« équité canonique » pourraient justifier, du point de vue de la théologie morale ou du point de vue juridique, une décision de la conscience qui s’éloignerait de la norme générale. Surtout dans la question de la réception des sacrements, l’Église devrait faire des pas en avant et ne pas simplement opposer aux fidèles des interdictions.

Les deux contributions de Don Marcuzzi et du professeur Rodriguez Luño illustrent cette problématique complexe. À cet égard, on doit distinguer clairement trois types de questions.

a) L’epikeia et l’aequitas canonica sont d’une grande importance dans le cadre des normes humaines et purement ecclésiales, mais elles ne peuvent pas être appliquées dans le cadre de normes sur lesquelles l’Église n’a aucun pouvoir discrétionnaire. L’indissolubilité du mariage est une de ces normes qui remontent au Seigneur lui-même et qui sont donc désignées comme normes de « droit divin ». L’Église ne peut pas non plus approuver des pratiques pastorales – par exemple dans la pastorale des sacrements – qui contrediraient le clair commandement du Seigneur. En d’autres mots, si le mariage précédent de fidèles divorcés et remariés est valide, leur nouvelle union ne peut être considérée en aucune circonstance comme conforme au droit et donc, pour des motifs intrinsèques, la réception des sacrements n’est pas possible. La conscience de chacun est liée, sans exception, par cette norme. (3)

b) En revanche, l’Église a le pouvoir de tirer au clair les conditions à remplir pour qu’un mariage puisse être considéré comme indissoluble selon l’enseignement de Jésus. Dans la ligne des affirmations pauliniennes de 1 Co 7, elle a décidé que seuls deux chrétiens peuvent contracter un mariage sacramentel. Elle a développé les figures juridiques du « privilège paulin » et du « privilège pétrinien ». En référence aux clauses sur la porneia chez Matthieu et en Ac 15, 20, des empêchements matrimoniaux ont été formulés. On a en outre identifié toujours plus clairement les motifs de nullité matrimoniale et on a largement développé les procédures processuelles. Tout cela a contribué à délimiter et à préciser le concept de mariage indissoluble. On pourrait dire que, de cette manière, même dans l’Église occidentale, on a fait une place au principe de l’« économie », sans toucher cependant à l’indissolubilité du mariage comme tel.

C’est dans cette ligne aussi que se situe le développement juridique ultérieur apparu dans le Code de 1983, selon lequel même les déclarations des parties ont force probatoire. En soi, au jugement de personnes compétentes, semblent ainsi pratiquement exclus les cas où l’invalidité d’un mariage ne pourrait pas être prouvée comme telle par la voie processuelle. Étant donné que le mariage a essentiellement un caractère public et ecclésial, et que vaut le principe fondamental « Nemo iudex in propria causa » (« Nul n’est juge dans sa propre cause »), les questions matrimoniales doivent être résolues au for externe. Chaque fois que des fidèles divorcés remariés estiment que leur mariage précédent n’a jamais été valide, ils sont donc obligés de s’adresser au tribunal ecclésiastique compétent, qui devra examiner le problème objectivement et en appliquant toutes les possibilités juridiquement disponibles.

c) Certes, il n’est pas exclu que des erreurs se produisent dans les procès matrimoniaux. En certaines régions de l’Église, il n’y a pas encore de tribunaux ecclésiastiques qui fonctionnent bien. Parfois, les procès ont une durée excessivement longue. En certains cas, ils se terminent par des sentences problématiques. Il ne semble pas que soit ici exclue, en principe, l’application de l’epikeia au « for interne ». On fait allusion à cela dans la lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 1994, quand il est dit que, avec les nouvelles voies canoniques, devrait être exclue « le plus possible », toute discordance entre la vérité vérifiable lors du procès et la vérité objective (cf. Lettre, 9). De nombreux théologiens pensent que les fidèles doivent absolument s’en tenir, même au « for interne », aux jugements du tribunal même si, à leur avis, ils sont erronés. D’autres estiment que, au « for interne », des exceptions sont pensables parce que, dans la législation concernant les procès, il ne s’agit pas de normes de droit divin, mais de normes de droit ecclésial. Cette question exige cependant des études et des clarifications ultérieures. On devrait en effet clarifier d’une manière très précise les conditions pour que se vérifie une « exception », dans le but d’éviter l’arbitraire et de protéger le caractère public – soustrait au jugement subjectif – du mariage.


4. Certains accusent le Magistère actuel d’involution par rapport au Magistère du Concile et de proposer une vision préconciliaire du mariage.

Certains théologiens affirment que, à la base des nouveaux documents magistériels sur les questions du mariage, on trouverait une conception naturaliste, légaliste, du mariage. L’accent serait mis sur le contrat entre les époux et sur le « ius in corpus ». Le Concile aurait dépassé cette compréhension statique et décrit le mariage d’une manière plus personnaliste, comme pacte d’amour et de vie. Il aurait ainsi ouvert la possibilité de résoudre d’une manière plus humaine des situations difficiles. Développant cette ligne de pensée, certains spécialistes posent la question de savoir si on ne peut pas parler de « mort du mariage » quand le lien personnel de l’amour entre deux époux n’existe plus. D’autres soulèvent la vieille question si, en de tels cas, le pape n’aurait pas la possibilité de dissoudre le mariage.

Pourtant, quiconque a lu attentivement les récentes déclarations ecclésiastiques reconnaîtra que, dans leurs affirmations centrales, elles se fondent sur Gaudium et spes et que, par des traits totalement personnalistes, elles développent davantage, sur la trace indiquée par le Concile, la doctrine qui y est contenue. Il est cependant inadéquat d’introduire une opposition entre la visée personnaliste et la visée juridique du mariage. Le Concile n’a pas rompu avec la conception traditionnelle du mariage, mais l’a développée. Quand, par exemple, on répète continuellement que le Concile a remplacé le concept strictement juridique de « contrat » par le concept plus large et théologiquement plus profond de « pacte », on ne peut oublier à ce propos que même le « pacte » contient l’élément du « contrat », bien qu’il se situe dans une perspective plus large. Que le mariage aille bien au-delà de l’aspect purement juridique, enraciné qu’il est dans la profondeur de l’humain et dans le mystère du divin, en réalité cela a toujours été affirmé par le mot « sacrement », mais, certes, souvent cela n’a pas été mis en lumière avec la clarté que le Concile a donnée à ces aspects. Le droit n’est pas tout, mais il est une partie absolument indispensable, une dimension du tout. Il n’existe pas de mariage sans prescriptions juridiques, qui l’insèrent dans un ensemble global de société et d’Église. Si la réorganisation du droit après le Concile touche aussi le domaine du mariage, alors cela n’est pas une trahison du Concile, mais l’exécution de son mandat.

Si l’Église acceptait la théorie qu’un mariage est mort quand deux conjoints ne s’aiment plus, elle approuverait alors le divorce et ne soutiendrait plus l’indissolubilité du mariage que de manière purement verbale, mais non pas dans les faits. L’opinion selon laquelle le pape pourrait éventuellement dissoudre un mariage sacramentel consommé, qui a abouti de manière irrémédiable à un échec, doit donc être qualifiée d’erronée. Un tel mariage ne peut être dissous par personne. Lors de la célébration nuptiale, les époux se promettent la fidélité jusqu’à la mort.

En revanche, des études ultérieures approfondies sont nécessaires pour éclaircir la question si des chrétiens non croyants – des baptisés qui n’ont jamais cru ou ne croient plus en Dieu – peuvent vraiment contracter un mariage sacramentel. En d’autres mots, on devrait clarifier la question de savoir si vraiment tout mariage entre deux baptisés est ipso facto un mariage sacramentel. De fait, le Code lui-même indique que seul le contrat matrimonial « valide » entre baptisés est en même temps sacrement (cf. CIC, can. 1055, § 2). La foi appartient à l’essence du sacrement ; reste à éclaircir la question juridique, quant à savoir quelle évidence de « non-foi » aurait pour conséquence qu’un sacrement ne se réalise pas. (4)


5. Beaucoup affirment que l’attitude de l’Église dans la question des divorcés remariés est unilatéralement normative et non pas pastorale.

Toute une série d’objections critiques à l’encontre de la doctrine et de la pratique de l’Église concerne des problèmes de caractère pastoral. On dit, par exemple, que le langage des documents ecclésiaux serait trop légaliste, que la dureté de la loi prévaudrait sur la compréhension de situations humaines dramatiques. L’homme d’aujourd’hui ne pourrait plus comprendre ce langage. Jésus aurait prêté une oreille attentive aux besoins de tous les hommes, surtout de ceux qui étaient en marge de la société. Au contraire, l’Église apparaîtrait plutôt comme un juge qui exclut des sacrements et de certaines charges, des personnes blessées.

On peut sans doute admettre que, parfois, les formes d’expression du Magistère ecclésial n’apparaissent pas précisément comme facilement compréhensibles. Elles doivent être traduites par les prédicateurs et les catéchistes dans un langage qui corresponde aux diverses personnes et à leur milieu culturel respectif. Le contenu essentiel du Magistère ecclésial à ce sujet doit pourtant être maintenu. On ne peut l’atténuer pour des motifs que l’on estime « pastoraux », parce qu’il transmet la vérité révélée. Certes, il est difficile de faire comprendre les exigences de l’Évangile à l’homme sécularisé. Mais cette difficulté pastorale ne peut amener à des compromis avec la vérité. Dans sa lettre encyclique Veritatis splendor, Jean-Paul II a clairement repoussé les solutions prétendument « pastorales », qui sont en contradiction avec les déclarations du Magistère (cf. ibid., n° 56).

En ce qui concerne la position du Magistère sur le problème des divorcés remariés, il faut en outre souligner que les documents récents de l’Église unissent, de manière très équilibrée, les exigences de la vérité et celles de la charité. Si, par le passé, dans la présentation de la vérité, parfois la charité n’a pas resplendi suffisamment, à l’inverse le danger est grand aujourd’hui de se taire ou de compromettre la vérité au nom de la charité. Certes, la parole de vérité peut faire mal et être incommode. Mais elle est le chemin de la guérison, de la paix, de la liberté intérieure. Une pastorale qui veut vraiment aider les personnes doit toujours se fonder sur la vérité. Seul ce qui est vrai peut être aussi pastoral. « Alors, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32).


NOTES

(1) Ce texte reprend la troisième partie de l’Introduction du cardinal Joseph Ratzinger au numéro 17 de la collection « Documenti e Studi », dirigée par la Congrégation pour la doctrine de la foi, Sulla pastorale dei divorziati risposati, LEV, Cité du Vatican 1998, p. 20-29. Les notes ont été ajoutées.

(2) Cf. Angel Rodríguez Luño, L’epicheia nella cura pastorale dei fedeli divorziati risposati, ibid., p. 75-87 ; Piero Giorgio Marcuzzi, S.D.B., Applicazione di “aequitas et epikeia” ai contenuti della Lettera della Congregazione per la Dottrina della Fede del 14 settembre 1994, ibid., p. 88-98 ; Gilles Pelland, S.J., La pratica della Chiesa antica relativa ai fedeli divorziati risposati, ibid., p. 99-131.

(3) À cet égard vaut la norme répétée par Jean-Paul II dans l'Exhortation apostolique postsynodale Familiaris consortio, n° 84 : « La réconciliation par le sacrement de pénitence – qui ouvrirait la voie au sacrement de l’Eucharistie – ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l’indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement que, lorsque l’homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs – par exemple l’éducation des enfants –, remplir l’obligation de la séparation, “ils prennent l’engagement de vivre en complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux” ». Cf. aussi Benoît XVI, Exhortation apostolique postsynodale Sacramentum caritatis, n° 29.

(4) Durant une rencontre avec le clergé du diocèse d’Aoste, le 25 juillet 2005, le Pape Benoît XVI a affirmé au sujet de cette question difficile : « la situation est particulièrement douloureuse pour les personnes qui se sont mariées à l’Église, mais qui ne sont pas vraiment croyantes et qui l’ont fait par tradition, puis ayant contracté un nouveau mariage non valide, se convertissent, trouvent la foi et se sentent exclues du Sacrement. Cela est réellement une grande souffrance, et lorsque j’étais Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, j’ai invité plusieurs Conférences épiscopales et spécialistes à étudier ce problème : un sacrement célébré sans foi. Je n’ose pas m’avancer en affirmant que l’on puisse trouver ici réellement un motif d’invalidité parce qu’il manquait une dimension fondamentale au mariage. Je le pensais personnellement, mais à la suite des discussions que nous avons eues, j’ai compris que le problème est très difficile et doit être encore approfondi ».


Source: le site officiel du Vatican

http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19980101_ratzinger-comm-divorced_fr.html


@doucenuit

Je comprends que vous soyez perplexe. C'est justement à cela que doit servir le synode: il doit servir à clarifier les choses.


Amitiés Coucou

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Re: au sujet des divorcés-remariés

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