1 h 20 : Nous arrivons au premier poste de contrôle à la base militaire. Nous allons jusqu'à l'entrée qui se trouve derrière la base. On nous fait signe de passer. Les gardiens reconnaissent notre voiture à nos plaques d'immatriculation. Ils arrêteraient tous ceux qu'ils ne connaîtraient pas, ou qui ne seraient pas autorisés à pénétrer. Nous passons par deux autres postes de contrôle avant de nous retrouver au lieu de rendez-vous. Il s'agit d'un vaste terrain situé dans cette grande base de la marine, et qui fait plusieurs centaines d'hectares. Des petites tentes sont dressées temporairement pour les exercices de cette nuit. Nous nous réunissons soit ici, soit dans deux autres lieux de réunions, trois fois par semaine.
Les gens bavardent en buvant du café. On sent un fort esprit de camaraderie, car tout le monde travaille pour le même objectif. Le travail est intensif, et la camaraderie est tout aussi forte. Je vais rejoindre un groupe de formateurs, que je connais bien. Je leur dis : "On dirait que Chrysa n'est pas là ! Je crois que cette paresseuse de fille de p… n'est pas arrivée à sortir de son lit !" Pendant la nuit, je ne suis plus du tout la même. J'emploie des termes qui m'horrifieraient pendant le jour. Je suis très méchante et vicieuse. Les autres se mettent à rire. Quelqu'un dit : "Il y a deux semaines, elle était déjà en retard ! Nous devrions peut-être faire un rapport sur elle !" Il ne plaisante qu'à moitié. Personne n'a le droit d'être en retard, ni malade. Personne ne doit arriver trop tôt non plus. Nous avons un laps de temps de dix minutes pendant lequel tout le monde doit arriver à la réunion. Sinon, les retardataires ou les absents sont punis, s'ils n'ont pas une bonne excuse. Les seules excuses admises sont une fièvre violente, une opération chirurgicale, ou un accident de voiture. Une simple fatigue ou une panne de voiture ne sont pas admises comme des excuses.
Nous buvons du café pour rester réveillés. Même dans notre personnalité dissociée, nous ne pouvons pas empêcher notre corps de protester contre le fait de nous lever en pleine nuit, après toute une journée de travail. Je vais dans la tente pour me changer et pour revêtir mon uniforme. Pendant la nuit, nous portons tous des uniformes. Nous avons aussi des grades, selon notre place dans la hiérarchie du groupe, et selon nos performances.
1 h 45 : Nous attaquons les tâches qui nous sont assignées. J'ai apporté mes journaux de route. C'étaient les "articles" que mon chef m'avait demandé de ne pas oublier. Je les garde dans un endroit secret de ma maison, dans une boîte en acier fermée à clef. Ces journaux contiennent toutes les informations concernant certains sujets sur lesquels nous travaillons.
Je me rends dans le bureau du chef formateur, dans un bâtiment proche. Je travaille avec lui, car je suis son adjointe dans le corps des formateurs. Nous nous méprisons mutuellement. Je pense qu'il aimerait beaucoup me faire un sale coup, car j'ai fait pas mal de plaisanteries cruelles à son sujet. Je suis censée avoir peur de lui, ce qui est le cas. Mais je ne peux pas le respecter, et il le sait. Je le reprends devant tous les autres quand il fait une faute, et il a souvent essayé de se venger.
1 h 50 : Cette pièce, qui se trouve dans un bâtiment qui ressemble à un entrepôt, a été équipée pour nous permettre de faire des expériences sur différents "sujets". Elle comprend une table de travail, un appareil d'éclairage, et divers équipements. Cette salle est consacrée à des activités qui sont différentes de celles qui se passent dehors, afin que les autres ne soient pas distraits par ce que nous faisons ici.
Le sujet est déjà là, prêt à se laisser manipuler. Il y a aussi une jeune formatrice avec moi. Je lui demande d'administrer le médicament au sujet. Nous étudions les effets de certains médicaments qui nous permettent de mieux hypnotiser les sujets. Nous étudions le comportement de ces sujets quand ils sont soumis à l'hypnose, et à divers traumatismes. Ce médicament est injecté par voie sous-cutanée, puis nous attendons. Dix minutes plus tard, le sujet se met à somnoler. Sa respiration ralentit et se fait plus lourde, mais ses yeux restent ouverts. C'est ce que nous voulions.
Je ne décrirai pas le reste de la session, car c'est encore trop pénible pour moi de décrire cela. Je crois que ces expériences sur des êtres humains sont cruelles et devraient être interdites. Mais le groupe auquel j'appartenais les pratiquait constamment.
Nous écrivions toutes les informations dans un journal de route, pendant tout le temps que dure l'expérience. J'avais aussi un ordinateur portable, dans lequel je rentrais aussi toutes sortes d'informations. Nous étudiions non seulement les effets du médicament, mais aussi le comportement des sujets. Nous obtenions ainsi des profils très complets sur chaque sujet, depuis sa plus tendre enfance. Je pouvais ainsi consulter n'importe quel profil individuel, pour consulter tout ce qui concernait une personne : ses couleurs et ses nourritures favorites, ses préférences sexuelles, les techniques qu'il utilisait pour se relaxer, et toute une liste de codes qui devaient déclencher certaines réponses précises de sa part. Je disposais aussi d'un diagramme décrivant son monde intérieur, celui que nous avions créé au fil des années, ainsi que le détail de ses diverses personnalités dissociées.
Le sujet sur lequel nous travaillions était facile, et les choses avançaient rapidement. A un moment donné, j'ai dû corriger la jeune formatrice, car elle avait commencé trop tôt une certaine opération. Je la grondai en allemand : "Il faut que tu apprennes la patience !" Pendant la nuit, nous parlons tous allemand entre nous. L'anglais et l'allemand sont les deux langues courantes dans notre groupe. Mon assistante me dit : "Excusez-moi, je croyais que c'était le moment". Je lui appris alors à discerner les signes montrant que le sujet était prêt pour l'opération suivante. C'est pour cela que j'étais une formatrice principale. C'est moi qui devais former les jeunes formateurs. Après des années de pratique, je maîtrisais complètement l'anatomie, la physiologie et la psychologie. Heureusement que j'ai arrêté la jeune formatrice avant qu'elle ne commette une erreur. Si elle l'avait commise, j'aurais été obligée de la punir.
Pendant la nuit, on n'accepte aucune erreur, jamais ! Dès que l'un de nos enfants atteint l'âge de deux ou trois ans, il est entraîné à réussir correctement tout ce qu'on lui donne à faire, sinon il est brutalisé. Ce genre de formation continue jusqu'à ce qu'il soit adulte.
2 h 35 : La session est presque terminée, et le sujet reprend ses esprits. Ce médicament agit rapidement, et le sujet aura recouvré tous ses moyens à temps pour entrer chez lui en voiture. Je le laisse aux soins de ma jeune assistante. Je me rends dans la salle de repos et je prends un café pour me détendre. Je bois mon café et je fume en compagnie des autres formateurs. Pendant le jour, je ne fume jamais, et le café me rend malade. Mais ici, pendant la nuit, c'est complètement différent.
Jamie, une amie, me demande : "Comment se passe ta nuit ?" Je la connais sous le nom de Jamie, mais ce n'est pas son vrai nom. Nous avons tous d'autres noms pendant la nuit. Elle enseigne aussi dans la même école chrétienne que moi. Mais, pendant le jour, nous ne sommes pas du tout des amies. Je lui réponds : "Pas trop bien. Il a fallu que je corrige une autre stupide gosse". Pendant la nuit, je ne suis jamais aimable, parce que personne n'a jamais été aimable avec moi. Nous vivons dans une ambiance de compétition. Nous sommes toujours comme chiens et chats, et ce sont les plus cruels qui gagnent.
Je lui dis : "Et pour toi ?" Elle grimace : "J'ai dû faire faire des exercices à quelques gosses". Elle parlait des exercices militaires que doivent faire les enfants de 8 à 10 ans. Il y a des exercices militaires toutes les nuits, car le groupe se prépare à une éventuelle prise de pouvoir. Les enfants sont répartis en groupes d'âge, et un certain nombre d'adultes les entraînent à tour de rôle. Nous bavardons quelques minutes, puis nous retournons à nos occupations.
2 h 45 : Je passe à une nouvelle session, qui doit être brève. Il s'agit d'une "remise à niveau" d'un de nos membres, qui est l'un de nos chefs militaires. Je sors son profil et je l'étudie avant de commencer à travailler. Le chef formateur et un autre formateur travaillent avec moi. Nous mettons rapidement le sujet sous hypnose, et nous contrôlons sa programmation. Nous renforçons sa programmation mentale au moyen de divers chocs traumatiques, et nous contrôlons tous les paramètres. Tout va bien, il répond correctement. Je pousse un soupir de soulagement. Il s'agit d'un sujet facile, et il n'a manifesté aucune agressivité contre nous. Quand tout est fini, je me relaxe et je me montre aimable : "Tu t'es bien comporté", lui dis-je. Je ressens toujours un nœud au creux de l'estomac quand je suis obligée d'employer la violence pour former quelqu'un. Il acquiesce de la tête, encore légèrement étourdi par la session. J'ajoute : "Tu peux être fier de toi". Je lui tapote la main. Il reçoit donc sa récompense, et passe un moment avec un enfant. Il est pédophile, et c'est ainsi qu'il est récompensé après une bonne session.
3 h 30 : Nous enlevons nos uniformes, que nous rangeons dans un endroit spécial pour qu'ils soient nettoyés. Je remets mes habits, qui étaient proprement pliés sur une étagère. Nous remontons dans notre voiture et nous rentrons à la maison. Ma fille nous dit avec fierté : "La semaine prochaine, j'aurai une promotion. Ils m'ont dit que j'avais très bien réussi mes exercices cette nuit !"
Elle sait que nous serons présents, avec d'autres adultes, à la cérémonie qui sera organisée pour honorer ceux qui seront promus. Je lui dis : "C'est bien, je suis contente". Mais je me sens très lasse. D'habitude, je suis de bonne humeur. Pourtant, cette nuit-là, malgré la routine, c'était dur. Depuis quelque temps, je ressens parfois en moi quelques frissons de terreur. C'est comme si j'entendais, tout au fond de moi, un enfant qui hurle. Je transpire à présent quand je travaille avec des enfants et des adultes. Je me demande combien de temps je vais pouvoir continuer à faire cela ! J'ai entendu parler de certains formateurs qui ont craqué et qui ne pouvaient plus continuer à faire leur travail. J'ai aussi entendu ce qui leur était arrivé par la suite ! Cela me donnait des cauchemars, mais je cachais mon anxiété.
4 h 00 : Nous arrivons chez nous, et je m'écroule dans mon lit. Je m'endors instantanément. Les enfants s'étaient déjà endormis dans la voiture, et nous devons les porter dans leur lit. Nous dormons tous profondément d'un sommeil sans rêves.
7 h 00 : J'ouvre les yeux à la sonnerie du réveil, fatiguée. J'ai l'impression d'être tout le temps fatiguée. Ce matin-là, j'ai une légère migraine. Je me dépêche pour faire lever les enfants, et je me prépare pour une nouvelle journée d'enseignement. Je me demande s'il y a quelque chose qui ne va pas en moi, car j'ai de plus en plus besoin de sommeil, et je me réveille toujours fatiguée. J'ai complètement oublié que, la nuit dernière, j'étais sortie mener une autre vie !
Certains de mes lecteurs pourront sans doute trouver incroyable que l'on puisse ainsi vivre une double vie sans même s'en rendre compte ! Mais c'est pourtant la nature de cette amnésie artificiellement provoquée. Si la programmation mentale est bien faite, notre vie pendant la nuit restera complètement indétectable, et nous serons complètement amnésiques, pendant la journée, à la vie que nous menons pendant la nuit. C'est ce que l'on appelle une dissociation de la personnalité. La plupart des membres des sectes semblables à la nôtre, au service des Illuminati depuis des générations, souffrent de cette dissociation de la personnalité, telle que je l'ai décrite dans cet article.
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Tout pour la gloire de Dieu et le salut du monde!