Les avantages du jeûne ont été constamment célébrés par les Pères, les Docteurs, les maîtres de la vie spirituelle ; et le soin extrême que les Saints ont toujours apporté à l'observance de ce précepte montre qu'il fait le tenir, sans aucun doute, pour un instrument capital de la sanctification.
"C'est par lui, chante la Préface du Cârême, que les vices sont étouffés, que l'esprit s'élève, que l'âme se trouve fortifiée et enrichie. Grâce à lui, la prière monte légère et droite vers le trône de Dieu ; le coeur s'ouvre à la componction, l'esprit s'aiguise, s'affine, pénètre plus profondément dans l'intelligence des Ecritures et des divins mystères.
Grâce à lui, l'homme s'élève du domaine matériel où le retient la chair, vers les régions célestes, vers le commerce des esprits bienheureux, car le jeûne est la "nourriture des Anges".
Mon ami, disait le Curé d'Ars à un jeune prêtre qui lui demandait le secret de ses premières conquêtes, ce qui met le démon en déroute, c'est la privation dans le boire,le manger, le dormir. Il n'y a rien qu'il redoute comme cela.
Ce n'est pas du jeûne que nous devons avoir peur, disait St Jean Chrysostome, prêchant à ses fidèles, mais de l'ivrognerie et de la gourmandise. Ces vices nous rendent esclaves de nos passions et de nos appétits ; mais le jeûne nous délivre de cette servitude, pour nous rendre notre première liberté. Dès le commencement du monde, le jeûne fut recommandé au premier homme :
Vous mangerez du fruit de tous les arbres du Paradis ; mais pour celui de la science du bien et du mal, vous n'en mangerez point. Voilà une espèce de jeûne que Dieu prescrivait au premier homme ; or, si cette vertu était nécessaire dans le Paradis terrestre, elle l'est bien davantage maintenant que nous en sommes bannis. si ce remède était salutaire avant la blessure, il est bien plus nécessaire depuis que nous sommes malades.
Pour ceux qui seraient vraiment dans l'impossibilité d'observer le précepte à la lettre, qu'ils veuillent bien se souvenir du conseil de St Benoît, que, du moins, "ils aiment le jeûne" ! Qu'ils se contentent des adoucissements nécessaires et conservent l'usage de quelques privations pour les jours de pénitence... peut-être leur mortification sera-t-elle l'équivalent de ces deux oboles que la pauvre veuve porta au trésor du temple et qui lui méritèrent les éloges du Sauveur...
extrait de "Les instruments de la Perfection "de Dom Jean de Monléon
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c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra (saint Luc 12,39-48 )